Interview : Omar Barghouti, l’homme à la base du mouvement BDS

A mesure que le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) prend de l’ampleur, son cofondateur, Omar Barghouti, est devenu une cible de diabolisation, pour Israël. Rami Younis, de +972, s’est assis un moment avec Barghouti pour une discussion des plus intéressantes sur les objectifs des BDS, sur leurs récents succès et sur les accusations de plus en plus fréquentes prétendant que le mouvement de boycott est une manifestation d’antisémitisme.

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Graffiti sur le mur de séparation à Bethléem, par Ryan Rodrick Beiler/Activestills.org

Omar Barghouti est l’un des noms les plus honnis actuellement dans les cercles pro-israéliens et les cercles gouvernementaux israéliens. Des responsables politiques ont qualifié ce militant palestinien des droits de l’homme et dirigeant du mouvement BDS – qu’il a cofondé voici dix ans et qu’il dirige actuellement – de « menace existentielle » pour l’État d’Israël. Une menace dans quelle mesure ?

Eh bien, la semaine dernière, précisément, le quotidien le plus vendu d’Israël, Yedioth Ahronot, a publié tout un article à la une sur cet homme, le surnommant même « Omar l’explosif ». Et, si lui et son mouvement de boycott suscitent de tels accès de panique chez les responsables sionistes et dans leurs médias, on ne peut que présumer qu’il agit à très bon escient.

« Est-ce l’époque de la Renaissance, pour les BDS ?
», lui demandé-je lors d’un appel téléphonique. Il rit et me dit que bien des choses doivent encore venir.

Pourtant, Barghouti, 51 ans, refuse de répondre à ses accusateurs — il poursuit le boycott des médias israéliens. Il a accepté de participer à cette interview particulière en raison de mon identité palestinienne et à condition qu’elle serait d’abord publiée en arabe sur le site palestinien « Bokra » – bien qu’elle soit également publiée en anglais sur +972 Magazine, et en hébreu, sur Local Call, dont je suis un des blogueurs. Un antisionisme trilingue uni dans sa plus belle expression, dois-je ajouter.

Barghouti explique son choix de ne pas adresser la parole aux médias israéliens, ainsi que la logique qui sous-tend l’appel plus général aux boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël dans l’ensemble : « Dans toute autre situation d’oppression prolongée, les groupements des droits de l’homme réclament des mesures punitives contre l’État et ses institutions, et pas simplement contre une étroite composante de l’État directement impliqué dans l’injustice en cours. Personne n’a appelé au boycott des produits des sociétés soudanaises produisant au Darfour, suite aux crimes de guerre commis là-bas par le régime soudanais. C’est le Soudan dans sa totalité qui a été visé. »

« Comme l’a dit un jour l’archevêque Desmond Tutu, Israël a été mis sur un piédestal, en Occident, et il a été traité comme s’il était au-dessus des lois internationales. Les BDS cherchent à mettre un terme à cet exceptionnalisme israélien et à cette impunité dans le crime. Israël doit être traité comme tout autre pays qui commet des crimes du même acabit. »

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Le cofondateur du mouvement BDS Omar Barghouti rencontre l’archevêque Desmond Tutu au Cap, en Afrique du Sud, en 2013. (Photo : Yazeed Kamaldien)

Si t’achètes pas mes patates,
c’est que t’es rien qu’un sale nazi !

Cela devait fatalement arriver, sans doute doit-on s’étonner qu’il ne l’ait pas fait plus tôt : Benjamin Netanyahu a comparé la campagne BDS aux nazis. C’était ce lundi 15 juin 2015, au cours d’une rencontre avec le premier ministre polonais Grzegorz Schetyna.

«Les attaques contre les Juifs ont toujours été précédées par des calomnies contre les Juifs. Ce qui a été fait pour le peuple juifà cette époque [du régime nazi], est fait pour l’Etat juif aujourd’hui», a-t-il déclaré.

«A l’époque, nous ne pouvions rien faire. Aujourd’hui, nous pouvons nous exprimer et défendre notre territoire. Nous allons faire les deux», a-t-il ajouté.

La semaine précédente, l’ancien ministre des Finances israélien, le « centriste » Yaïr Lapid a quant à lui expliqué avec un sérieux imperturbable, au cours d’une conférence à New-York que la campagne BDS n’est qu’une marionnette du Hamas, que ses dirigeants sont « des antisémites fanatiques » et qu’ils sont « liés au Grand Mufti Palestinien qui a collaboré avec les nazis ».

Dans un discours prononcé à la synagogue de Park Avenue, Lapid a exhorté son auditoire à «rappeler au monde que derrière ces mouvements se cachent ceux qui sont responsables des attentats du 11 septembre, des attentats de Madrid et de Londres et de la mort des 250.000 personnes qui ont déjà été tuées en Syrie».

Distrait, il a oublié d’attribuer les épidémies du virus Ebola et le récent tremblement de terre au Népal à BDS

L.D.

Le mouvement BDS a été lancé le 9 juillet 2005, lorsqu’une large alliance de plus de 170 partis politiques, syndicats, réseaux de réfugiés, ONG et associations citoyennes de Palestine ont publié un appel ouvert au boycott, adressé aux organisations internationales de la société civile et aux gens dotés d’une conscience. Il appelait à « imposer d’importants boycotts et appliquer des initiatives de désinvestissement contre Israël, similairement aux mesures appliquées à l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid », explique Barghouti. « Aujourd’hui, le mouvement BDS international est dirigé par la plus importante coalition de la société palestinienne, le Comité national BDS (BNC). »

Le mouvement BDS réclame : la fin de l’occupation par Israël des territoires palestiniens et arabes depuis 1967, y compris le démantèlement du mur et des colonies; la fin du système israélien de discrimination raciale à l’égard de ses citoyens palestiniens; le respect du droit fondamental, avalisé par les Nations unies, des réfugiés palestiniens à regagner leurs foyers.

« Ces trois droits fondamentaux correspondent aux trois principales composantes du peuple palestinien : ceux de la bande de Gaza et de Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est ; ceux du territoire de 1948 qui vivent sous l’apartheid israélien, et ceux qui sont en exil », déclare Barghouti. Il insiste sur le fait que, quelle que soit la dimension que prendra la solution au conflit, elle devra s’appuyer sur ces principes.

L’instrument que les 170 organisations de la société civile palestinienne ont choisi dans leur lutte pour revendiquer ces droits et pour combattre l’occupation israélienne s’appuie entièrement sur un discours des droits de l’homme et sur l’action non violente – par opposition à la violence de l’occupation même. Pour cette raison au moins, il importe d’entendre et de comprendre ce que Barghouti a à nous dire.

Q. Vous avez connu bien des succès dans votre campagne, dernièrement. Deux exemples : Lauryn Hill annulant son spectacle en Israël et Orange menaçant de retirer sa marque du pays. De quels autres succès pouvez-vous parler et qui n’ont pas bénéficié d’autant d’attention des médias ?

« L’énorme fonds de pension hollandais, PGGM, dont les investissements internationaux avoisinent les 200 milliards de USD, a décidé l’an dernier de désinvestir des cinq principales banques israéliennes en raison de leur implication dans le financement de l’occupation.

« Cela a été suivi par la décision de l’Église presbytérienne américaine de désinvestir de Caterpillar, HP et Motorola Solutions à cause de leur complicité dans l’occupation, et du désinvestissement de Bill Gates de G4S, la plus importante société de sécurité dans le monde et qui est impliquée dans les crimes israéliens contre le peuple palestinien. Les BDS parviennent à révéler la toxicité de la ‘marque’ Israël. »

Q. Certains activistes BDS choisissent de boycotter complètement Israël et pas uniquement les sociétés ou les institutions qui tirent directement profit de l’occupation. Pourquoi ?

« La distinction artificielle et indéfendable entre Israël et ‘l’occupation’ est politique et idéologique ; elle ne s’appuie pas sur des considérations pratiques, juridiques ou morales. C’est Israël que le droit international considère comme la puissance occupante et, par conséquent, il est la partie responsable de la construction et de la maintenance non seulement des implantations coloniales, mais aussi de tout le régime d’occupation.

« Israël est également responsable de ce que même le ministère américain des Affaires étrangères a critiqué en tant que discrimination institutionnelle, juridique et sociétale à l’égard des citoyens palestiniens d’Israël, et un tel système correspond à la définition de l’apartheid telle que l’entend l‘ONU. »

«Mais l’injustice la plus profonde de la part d‘Israël, affirme Barghouti, réside dans le refus du droit au retour des réfugiés palestiniens. Ces réfugiés, déracinés et dépossédés en 1948, constituent 68 % du peuple palestinien. Eux aussi méritent l’égalité des droits de l’homme», insiste-t-il.

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Omar Barghouti,
cofondateur du Mouvement BDS à Bruxelles, le 30 avril 2015. (Photo : intal.be / CC 2.0)

Q. Une accusation habituelle contre la campagne internationale de BDS est qu’elle se nourrit de l’antisémitisme. Que répondez-vous à cela ?

« BDS est un mouvement non violent des droits de l’homme et qui recherche la liberté, la justice et l’égalité pour le peuple palestinien. Il s’appuie sur le droit international et sur les principes universels des droits de l’homme. En tant que tel, BDS a toujours rejeté catégoriquement toutes les formes de discrimination et de racisme, y compris l’antisémitisme, ainsi que les innombrables lois racistes en Israël.

« Notre combat non violent n’a jamais été contre les Juifs ou les Israéliens en tant que Juifs, mais contre un régime injuste qui asservit notre peuple par le biais de l’occupation, de l’apartheid et de la négation des droit des réfugiés tels que définis par l’ONU. Nous sommes fiers du nombre disproportionnellement élevé d’activistes juifs au sein du mouvement BDS, particulièrement aux États-Unis.

« Faire l’amalgame entre les boycotts honorés par le temps et s’appuyant sur les droits de l’homme, contre les violations par Israël du droit international, et le racisme anti-juif est non seulement incorrect, mais c’est également une tentative raciste de mettre tous les Juifs dans le même sac et de les impliquer dans les crimes d’Israël contre les Palestiniens.

« L’accusation de racisme lancée par Israël contre le mouvement BDS, c’est comme si le Ku Klux Klan avait accusé Martin Luther King Jr. et Rosa Parks de racisme ! C’est vraiment de la propagande flagrante ! »

Q. Comment identifiez-vous un individu, une organisation ou une quelconque identité à cibler ? Et, une fois que vous les avez identifiés, comment procédez-vous, dès cet instant ?

« Les trois critères généraux recommandés par le BNC palestinien dans le choix des cibles stratégiques sont : primo, le degré de complicité – concentrer son attetion sur les sociétés et produits qui sont le plus clairement et directement impliqués dans les violations des droits de l’homme par Israël et les plus aisés à expliquer à un large public.

« Secundo, la possibilité d’alliances entre mouvements : donner la priorité aux sociétés ou produits qui rendent possible la création de larges alliances de luttes conjointes. Par exemple, la campagne visant à faire cesser les contacts avec la société israélienne de l’eau, Mekorot, engage un large éventail de campagnes pour l’environnement et contre la privatisation.

« Et, tertio, le potentiel de succès : une campagne BDS devrait avoir une chance réaliste de succès, en sus d’accroître simplement la conscientisation, en étant par exemple à même de persuader une société ou institution internationale de cesser de soutenir une société israélienne. »


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Des membres de la Coalition de Chicago pour le boycott de SodaStream participent à la Marche de la Journée
de la Terre à Chicago, Illinois, le mardi 22 avril 2014. Le rassemblement faisait partie de la Journée
internationale de la Terre organisée à l’échelle mondiale en guise de soutien à la protection
de l’environnement. (Tess Scheflan/Activestills.org)

Il y a quelques mois, j’ai assisté à une discussion publique de Barghouti face à 400 citoyens palestiniens d’Israël, dans la ville d‘Ara’ra. Avant de commencer, j’ai demandé aux membres de l’audience de lever la main s’ils avaient déjà entendu parler du mouvement BDS. Vingt personnes seulement l’ont fait. J’ai regardé Barghouti : il souriait. Il savait ce que j’allais demander. Ici, je me souviens bien de lui à ce moment-là.

(Note préalable : les termes « région de 1948 » et « Palestiniens de 1948 » font référence à la zone située à l’intérieur des frontières d’Israël d’avant 1967 et aux citoyens palestiniens d’Israël.)

« Les accords d’Oslo ont privé les Palestiniens de la région de 1948 de leurs droits de représentation, ce qui a provoqué une sérieuse rupture », explique-t-il. « Au contraire, le mouvement BDS insiste sur le droit de tous les Palestiniens d’exercer l’autodétermination en tant que peuple unifié et, en tant que tel, insiste sur les droits de tous les Palestiniens, y compris les Palestiniens de 1948. D’importants groupes au sein de 1948 ont participé au lancement des BDS en 2005, mais le mouvement n’en a pas fait assez pour accroître la conscience là-bas.

« De même, la lutte pour décoloniser nos esprits est une lutte qui monte dans la région de 1948, du fait que le processus d’« israélisation », ou colonisation de nos esprits, s’est fortement implanté au cours des sept dernières décennies. Une partie essentielle de ce que fait le mouvement BDS, c’est d’écarter le désespoir et d’alimenter l’espoir et la conviction que nous, les opprimés, sommes capables de mettre un terme à l’oppression. »

Q. De plus en plus de sociétés sont susceptibles de quitter Israël au cours des prochaines années suite aux efforts des BDS et ce serait un succès pour le mouvement. Cependant, que dites-vous aux citoyens palestiniens en Israël qui pourraient être confrontés à des licenciements ou à d’autres conséquences économiques suite au fait que des sociétés multinationales quitteraient le marché israélien ?

« C’est le régime israélien d’oppression, et non la résistance à l’occupation et à l’apartheid, qui est responsable de ceci et de toute autre conséquence de cette résistance à l’oppression.

« Ceux qui prétendent que les BDS font du tort aux Palestiniens n’expriment pas seulement des idées non fondées et sans éthique, incapables de comprendre comment la résistance coûte toujours cher au début, mais ils se montrent également condescendants en disant aux Palestiniens qu’ils comprennent mieux nos intérêts que nous ne les comprenons nous-mêmes. Nous rejetons complètement cette attitude colonialiste. Rien ne blesse autant le peuple palestinien, que ce soit en 1948, en 1967 ou en exil, que ne l’a fait l’oppression raciste et coloniale de la part d’Israël. »

Q. En tant que citoyen palestinien d’Israël qui ne peut soutenir publiquement les BDS en raison de lois restrictives, je pense que je ne puis rallier réellement votre mouvement populaire non violent. Comment les activistes locaux peuvent-ils toujours vous soutenir ?

« C’est un malentendu à propos de la loi israélienne anti-BDS, une loi draconienne et antidémocratique. Aussi mauvaise soit-elle, cette loi n’empêche pas en fait le soutien aux BDS. Elle rend uniquement illégal le fait de soutenir publiquement le boycott contre Israël ou l’une ou l’autre des institutions du pays. Tout citoyen juif ou palestinien d’Israël qui souhaite soutenir le mouvement BDS peut déclarer publiquement son soutien sans violer la loi – pour autant qu’il ou elle ne lance pas directement un appel au boycott.

(Note du rédacteur en chef : La loi israélienne contre le boycott ne criminalise pas l’appel au boycott d‘Israël et de ses institutions, mais elle permet aux citoyens individuels de poursuivre pour dommages financiers toute personne qui lance un tel appel public.)

« Il existe diverses façons de contourner cette loi répressive. Par exemple, je puis expliquer pourquoi la Société X est complice de violations du droit international et dire ensuite : ‘Moi-même, je boycotte les produits de cette société mais, en raison de la loi répressive contre le boycott, je n’ai pas le droit de vous inviter à la boycotter aussi.’ De cette façon, je lance un appel indirect au boycott sans enfreindre la loi.

« Mais, en fin de compte, nous avons besoin d’une désobéissance civile largement répandue contre cette loi et toutes les autres lois draconiennes d’Israël, comme cela a été le cas au sein du mouvement américain pour les droits civiques et du mouvement anti-apartheid sud-africain. On ne devrait jamais obéir à des lois contraires à l’éthique et injustes. Les gens dotés d’une conscience devraient désobéir cottectivement et activement à ces lois et, finalement, les rejeter. »

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Un militant palestinien du boycott au marché public de Ramallah, expliquant aux marchands palestiniens le boycott
des marchandises israéliennes. 17 mars 2015. (Activestills.org)

Q. Un autre succès récent de la campagne BDS qui a fait les gros titres en Israël et dans le monde entier n’a pas été organisé – et c’est surprenant – par Barghouti et le BNC, mais par l’Autorité palestinienne. En tant que membre de la FIFA, la Fédération palestinienne de football association a été en mesure de menacer Israël d’expulsion des tournois sportifs internationaux et l’a finalement forcé à modifier sa politique concernant le football palestinien. Je voudrais comprendre comment Barghouti ressent la chose – ainsi que l’Autorité palestinienne elle-même.

« Les BDS sont un mouvement des droits de l’homme émanant de la base et de la société civile et il est entièrement indépendant des structures palestiniennes officielles et de tout gouvernement», insiste Barghouti. « Il a joué un rôle critique dans la campagne visant à exclure Israël de la FIFA et la plupart des observateurs reconnaissent ce rôle. Les activistes palestiniens de la solidarité, dont presque tous sont des partisans des BDS, luttent depuis des mois pour accroître la conscience à propos des violations par Israël des droits des athlètes palestiniens dans le contexte général de l’occupation et de l’oppression.

« Le fait que des hauts responsables palestiniens ont dirigé l’effort public à ce propos a été notre talon d’Achille, car l’Autorité palestinenne est enchaînée aux humiliants accords d’Oslo et elle n’est pas destinée à résister au régime israélien d’oppression de quelque façon significative et stratégique que ce soit. »

Q. Le mouvement BDS devient de plus en plus populaire. Où voyez-vous aller le mouvement à la fois dans un futur proche et dans un futur lointain ?

« Nous entrons de plus en plus dans les moeurs traditionnelles. C’est notre défi. Nous ne mendions pas la charité; nous lançons un appel en faveur d’une solidarité réelle. Comme Martin Luther King Jr. l’a dit un jour, le boycott à un niveau basique entraîne ‘le retrait de la coopération avec un système mauvais’. Quand nous demandons à des institutions et à des organisations de désinvestir des sociétés impliquées dans les crimes d’Israël, nous ne demandons rien d’héroïque. Nous demandons tout simplement à ces organisations de remplir une obligation profondément morale. Telle est la logique contraignante et éthique des BDS et c’est le principal facteur que l’on trouve derrière l’impressionnant développement du mouvement au cours de cette dernière décennie.

« Le mouvement BDS atteint un point critique surtout parce que sa stratégie fonctionne – et bien – et parce qu’Israël a basculé vers la droite fanatique en introduisant des éléments fascistes dans son gouvernement, laissant ainsi tomber le dernier masque de sa ‘démocratie’ trompeuse. Peut-être notre réalisation la plus importante est-elle d’unir les Palestiniens, par-delà tout l’éventail politique et idéologique, en une plate-forme des droits de l’homme et derrière une forme non violente de résistance qui, de plus, est ancrée dans la législation internationale. »

À en juger par les victoires que les BDS ont engrangées récemment, il semble que, finalement, cette stratégie qui s’appuie sur un ensemble de pressions soutenues et de plus en plus fortes sur Israël dans tous les domaines – académique, culturel, économique et militaire – commence par avoir des effets réels et sérieux. Ou, pour reprendre les mots d’Omar Barghouti, « nous n’y sommes pas encore, mais nous sommes en train d’atteindre notre intensité sud-africaine ».


Interview réalisé par Rami Younis. L’article a d’abord paru en arabe sur Bokra.net. Une version de cet article a également été publiée en hébreu sur Local Call, un site où l’auteur se charge d’un blog.

 L’interview a été publié sur +972Mag le 14 juin 2015. Traduction : Jean-Marie Flémal.

Source : http://www.pourlapalestine.be/index.php?option=com_content&view=article&id=2021:interview-lhomme-a-la-base-du-mouvement-bds&catid=76:partout-il-y-a-des-gens-qui-agissent




Succès du meeting BDS contre le sionisme et l’antisémitisme avec Pierre Stambul à Toulouse

Environ 300 personnes se sont pressées hier soir salle Barcelone à Toulouse pour écouter et débattre avec Pierre Stambul, coprésident de l’Union juive française pour la paix, soutenu par la présence de Georges Gumpel et d’André Rosevègue, autres personnalités de l’UJFP. Un débat sur l’opposition juive au sionisme et aux raisons du soutien de l’UJFP à la campagne BDS. Un public bien plus nombreux que celui des réunions publiques précédentes sur la Palestine depuis la fin de la deuxième Intifada.

Cette soirée n’avait pourtant rien eu d’évident. Une des raisons de son organisation conjointe par l’UJFP et par BDS France Toulouse était de répondre, politiquement et symboliquement, à l’interdiction, le 31 mars, de la même salle municipale pour une réunion avec le professeur Farid Esack, président de BDS Afrique du Sud. Pour justifier cette interdiction, combinant mensonge et calomnie, le maire de Toulouse a écrit qu’il s’agissait d’une « réunion publique autour de personnes condamnées pour discrimination et incitation à la haine raciale ». Aussi la réunion d’hier intitulée « Antisionisme/antisémitisme : à qui profite l’amalgame » avait pour but de mettre au défi le maire d’interdire une réunion exposant le soutien des Juifs progressistes antisionistes à la campagne BDS.

Les groupes d’extrême droite pro-Israël ne s’y sont pas trompés. A commencer par le site JSSNews dirigé depuis Jérusalem, appelant à empêcher physiquement la réunion, ou au moins à fournir un prétexte à une annulation pour « risque de trouble à l’ordre public ». Ensuite par le site des nervis de la LDJ, qui proposait d’appeler la ville et la préfecture pour faire interdire la réunion.

La tenue de la réunion a été un double échec pour les sionistes. La municipalité a eu le bon sens de ne pas pratiquer l’antisémitisme contre l’UJFP, et la contre-manifestation (« Des bus partiront de toutes les grandes villes de France (Nice, Marseille…) et les groupes parisiens arriveront par voiture, avion et train ») s’est limitée à une vingtaine d’individus qui sont restés tenus à distance par un solide service d’ordre que nous remercions.

Le succès de la réunion a tenu aussi à la présence d’une assistance jeune qui, en grande partie, entendait pour la première fois l’exposition de l’opposition juive au sionisme et son soutien au BDS. C’est aussi un nouvel encouragement pour le comité BDS France Toulouse. La conférence de Pierre Stambul sera transcrite.

Plus que jamais le combat continue !

BDS-France Toulouse




Communiqué : l’extrême droite israélienne cherche à faire interdire une conférence de l’Union Juive Française pour la Paix

 Le blog JSSNews a publié le 5 juin un papier appelant à un « grand rassemblement des associations juives  » le 9 juin à 20 heures devant la salle Barcelone de Toulouse pour empêcher la tenue de la conférence-débat annoncée pour 20h30 sur le thème « Antisionisme / Antisémitisme : à qui profite l’amalgame ? », conférence animée par Pierre Stambul de l’Union juive française pour la paix (UJFP).
JSSnews, animé par un franco-israélien installé à Jérusalem, nous a habitué aux menaces, aux mensonges et aux rodomontades typiques de l’extrême-droite israélienne. L’objectif de cette grossière manœuvre est clair, tenter de faire interdire la réunion du 9 juin pour risque réel ou imaginaire de trouble à l’ordre public. C’est aux garants de la liberté de réunion de prendre leurs responsabilités afin que cette réunion puisse se dérouler normalement.

UJFP, UJFP Toulouse, Campagne BDS-France, comité BDS-France Toulouse

Annonce de l’évènement sur le site de l’UJFP : http://www.ujfp.org/spip.php?article4174
Page Facebook de l’évènement : https://www.facebook.com/events/1146904595327074/




Action nationale contre LIDL – 23 Mai 2015

Compte-rendu de l’action nationale contre LIDL, le samedi 23 Mai (à Paris et Paris-Sud, Lyon, Toulouse, Montpellier, Tours, Orléans, Perpignan, Clermont-Ferrand, Nîmes, Villefranche S/Saône, Lamalou…)


Argenteuil

Notre association Argenteuil Solidarité Palestine a participé ce matin à l’opération nationale de boycott des produits israëliens dans les magasins LIDL. Les produits Jaffa, Mehadrin avaient disparu des rayons …..sans doute préventivement !!! Nous avons discuté  avec de nombreuses personnes, pris des contacts et vendu des tshirts BDS. Le combat continue !


Clermont-Ferrand

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La Coalition BDS 63 a organisé deux actions sur des magasins LIDL, le 21 mai (près de la place du 1er mai à Clermont-Ferrand) et le 23 mai (à Cébazat)

Vingt militant(e)s (AFPS, ATTAC, NPA, PG, FSU, RESF, CGT) ont participé à ces actions. En amont, des contributions au matériel, et aux visites des magasins ont aussi été faites par ADECR, EELV, JCF, MRAP, PCF, SUD, UEC.

Le tract et la pétition signés par 40 organisations, qui ont été utilisés devant les magasins LIDL, et la lettre envoyée à la direction de LIDL, sont disponibles sur http://www.france-palestine.org/Action-BDS-LIDL-26273 .

Devant chaque magasin, la gérante nous a envoyé son vigile pour nous faire quitter le parking privé, puis a appelé la police après un certain temps. Le 21 mai, deux motards sont venus, ont constaté notre action pacifique, et relevé l’identité du représentant de la Coalition BDS 63. Puis deux agents des RG sont passés en voiture, et nous leur avons expliqué le sens de notre action. Pour le 23 mai, nous avions prévenu la préfecture en amont, et la police ne s’est pas déplacée. Nous avons proposé copie de la lettre à LIDL aux deux gérantes, mais l’une d’entre elles n’en a pas voulu, considérant que cela ne regardait que la direction générale de LIDL.

Durant ces deux actions de 2 heures nous avons distribué près de 500 tracts et recueilli 128 signatures de la pétition, et reçu un très bon accueil de la grande majorité des clients, certains prenant même quelques tracts à distribuer dans leur entourage.

A noter que les fruits et légumes israéliens proposés varient selon la saison. Au cours de nos visites du mois de mai sur 5 magasins, on a trouvé surtout des mandarines Jaffa-ORRI, et des pommes de terre nouvelles Vitalis. Ainsi que toujours des lingettes bébé de marque TOUJOURS. Mais le 23 mai, pas de fruits et légumes israéliens à Cébazat. Coïncidence ?


Lamalou (34)

En réponse à l’appel national de BDS, le comité BDS 34 Hauts-Cantons a organisé une action d’information devant le Lidl de Lamalou.

Plus d’une dizaine de militants du comité se sont déplacés afin d’informer les clients sur le commerce illégal que pratique l’enseigne depuis longtemps. Certes nous avons pu constater qu’il n’y avait plus de produits issus de la colonisation dans les rayons mais il était important de sensibiliser le public sur ce commerce odieux, injuste et illégal.
Les RG avaient été prévenus de notre action ce qui n’a pas empêché les gendarmes d’intervenir sur demande de la direction nationale de Lidl ! Nous avons été contraints d’évacuer notre stand au bout d’une heure, soit disant placé sur un espace privé appartenant à l’enseigne… Nous nous sommes alors retranchés sur le carrefour à l’entrée du magasin. Cela ne nous a pas empêché de continuer à attirer l’attention des passants et de continuer à expliquer notre action et le rôle de BDS même si la
tâche s’avérait évidemment plus compliquée. Nous avons eu le plaisir de rencontrer des camardes du comité BDS de Marseille qui nous ont donné un coup de main !


Lyon

Lyon

Plus d’une douzaine de militants se sont retrouvés pour sensibiliser la clientèle au boycott des produits israéliens dans le cadre de la « journée nationale d’action Lidl ».

– 400 tracts ont été distribués, avec un très bon accueil de la clientèle et des passants.

– Un courrier a été remis à la direction qui n’a pas souhaité nous rencontrer et a choisi la police pour nous parler…

La Campagne BDS France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international) appelait à participer le samedi 23 mai à une journée de sensibilisation et de boycott des entreprises et produits israéliens dans les magasins LIDL

Cette chaîne de magasins vend des produits israéliens : les lingettes « Toujours » et en particulier des fruits et légumes commercialisés par la société Mehadrin.

Photos : https://www.facebook.com/media/set/?set=a.674517199321438.1073741874.116919255081238&type=3


Montpellier

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Nous étions une quinzaine et avons fait deux actions de boycott dans deux LIDL.

Malgré une semaine chargée à préparer la riposte à la journée sioniste du 6 et 7 juin et une diffusion de tracts le matin sur le marché de La Paillade, nous étions quinze à participer à la journée nationale d’action BDS France.

Cette semaine nous avions fait le tour des magasins LIDL pour voir où étaient les produits et qui on allait visiter. Nous n’avons trouvé aucun fruit et légume en provenance d’Israël (seulement les lingettes BB « Toujours »).

Et aujourd’hui bien sûr, pas un seul fruit et légume au LIDL « Voltaire » (que des lingettes) et pareil au LIDL St. Martin (même pas des lingettes !).

LIDL est tellement prévisible que nous avions anticipé le coup et photographié la semaine précédente divers produits dans plusieurs magasins. Et en particulier nous avons photographié des fraudes à l’étiquetage.

Des pamplemousses « Jaffa – Mehadrin » annoncés « Origine France » au LIDL Lattes

Des mandarines « Jaffa – Mehadrin » étiquetées « Origine Maroc » encore au LIDL Lattes.

Si bien que malgré l’absence de produit nous avons mené des actions très efficaces.

Nous avons expliqué la grossière manœuvre de la direction et montré qu’en raison de boycott des clients les directions des magasins répondaient par la fraude à l’étiquetage en trichant sur l’origine des produits. Ce qui a beaucoup intéressé les clients qui ont tendu l’oreille. C’est bien la preuve de la réceptivité et du soutien des clients qui n’achètent pas les produits israéliens.

Nous sommes restés 45mn au premier et plus d’une heure dans le second magasin. L’accueil est toujours aussi bon. Nous avions oublié les coupons de solidarité (faute professionnelle!) mais distribué plus de 250 tracts.

Un client nous a acheté un tee Shirt (on en a toujours avec nous) et une intervention de Saadia a été applaudie spontanément par quatre clients rejoints par quelques autres. Plusieurs personnes nous ont dit discrètement ou plus ouvertement leur soutien.

Lors d’une intervention alors que nous disions qu’ils avaient retiré les produits mais que nous reviendrions dès mardi pour vérifier, un client a dit : «  ils sont peut-être dans la réserve les produits » et on lui a répondu : « nous seuls on peut pas aller vérifier mais si vous tous êtes d’accord (il y avait une douzaine de personnes aux caisses) on peut aller voir ensemble. » Ce qui a déclenché rires et sourires complices entre nous et les clients qui tout d’un coup ont imaginé et se sont vus, avec nous, visiter la réserve. Peut-être le ferons nous un jour 🙂

Dans ces conditions vous comprendrez que la direction et la sécurité renoncent à toute tentative pour nous expulser. D’ailleurs les relations avec les agents de sécurité sont très bonnes, on se connaît, on leur a dit qu’on les comprenait, qu’on les respectait et qu’on savait qu’ils faisaient leur travail. De la même manière nous annonçons notre départ en nous excusant auprès des caissières et des personnels en disant que bien évidemment nous n’avions rien contre elles-eux etc.

Evidemment, comme d’habitude, à peine entrés dans le magasin nous informons la police de notre présence. Elle se déplace chaque fois mais n’intervient pas puisqu’il n’y a aucun motif à leur intervention.


Nîmes 

Nmes

Bien que la ville de Nîmes ait été totalement prise dans l’ambiance de la Féria de Pentecôte, le comité BDS 30 a participé, samedi 23 mai à la journée nationale contre le commerce avec Israël chez LIDL en improvisant un « BDS tour ». Les militantEs (entre 15 et 20 selon les moments) sont intervenus dans les 4 magasins de la ville de Nîmes avec diffusion du tract spécifique à l’action auprès des clientEs, signatures du coupons… et lettre remise à la responsable avec mission de la faire remonter à la direction.

Des vigiles nous attendaient à l’entrée des différents magasins avec la consigne de nous interdire l’entrée.

Les fruits et légumes incriminés avaient été retirés quelques jours auparavant, mais nous avions des photos qui témoignaient qu’ils y étaient les semaines précédentes.

Pour la première intervention qui se passait à l’extérieur, nous pouvons dire que les clients ont été pris en otages par l’enseigne puisqu’ils ont fermé les portes pendant un certain temps. Nous avons tout de même pu rencontrer une « responsable » à l’extérieur et mener notre action d’information.

Pour la seconde, il a fallu « forcer » l’entrée… et bien que ça ait été un peu tendu avec les vigiles, nous avons évité l’affrontement et pu pénétrer dans la première partie du magasin, avec panneaux et banderole. Des prises de parole ont été faites de façon audible au micro.

A la sortie, deux motards de la gendarmerie étaient à proximité de même qu’une voiture de la police, mais ils ne savaient même pas pourquoi ils avaient été appelés. C’est nous qui les avons informés et rassurés.

Pour la troisième, l’accueil a été plutôt courtois même si nous devions rester à l’extérieur. Deux militants ont été reçu (rapidement mais aimablement) par la responsable. L’action s’est déroulée comme nous le souhaitions.

En début d’après midi, nous nous sommes mêlés au rassemblement contre MONSANTO au cœur de la ville où nous avons rencontré des militantEs solidaires de la Campagne BDS : Confédération paysanne, faucheurs volontaires, NPA, CGT cheminot, etc.

Nos tee shirt ont attiré des personnes, très intéressées, avec lesquelles des contacts ont été pris.

Notre 4ème et dernière intervention dans un LIDL à deux pas des ZUP nord et ouest de la ville s’est déroulée sans encombre. Si les clientEs ont été majoritairement favorables à notre action, la « responsable », manifestement hostile, nous a fait savoir qu’elle n’avait que faire de nos interventions et qu’ils ne changeraient pas leur politique … mais ne nous a pas précisé de quelle politique il s’agissait.

La journée a été longue mais riche, tant par les qualités de sérieux et d’engagement des militantEs, que par l’accueil des clientEs sensibles à l’information que nous leur avons apportée.

Du côté des « responsables » des magasins rencontrés, certains paraissent embarrassés car ils ne sont que des salariéEs.

Nous avons fait savoir que nous allions revenir …

Le petit plus, c’est d’avoir donné du travail à des personnes appelées spécifiquement ce jour là pour assurer la sécurité …Dans toutes les enseignes les vigiles présents étaient plutôt solidaires … mais avaient à accomplir leur mission.

On lâche rien NON AU COMMERCE AVEC ISRAEL CHEZ LIDL !!!


Orléans

LIdl_St_Jean_de_Braye_23.05.15Dans le cadre de la journée nationale contre LIDL, 6 membres du collectif de BDS Orléans ont réalisé une diffusion de tracts devant le magasin Lidl de St Jean de Braye (45).

Elle a commencé dans la tension puis s’est finalement très bien déroulée.
Comme les autres villes nous avons constaté qu’aucun fruits et légumes en provenance d’Israël n’étaient sur les étalages. Nous avons au départ demandé à rencontrer le directeur pour lui remettre une lettre, afin de lui demander de ne plus distribuer les produits Mehadrin et les lingettes Toujours. Etant indisponible une de ses collaboratrice nous informe qu’elle fera suivre le courrier. Nous lui avons ensuite indiqué que nous tracterons sur le parking. C’est à ce moment que le ton a changé.
Au bout de 2 minutes de tract, une représentante est sortie et a cherché à nous intimider en voulant appeler la police, mais nous ne nous sommes pas laissés faire et avons continué de tracter sur le parking. Elle est revenue nous voir nous informant qu’elle avait scanné notre lettre et qu’elle a été envoyée à la direction régionale, à Tours. Elle nous a également demandé, sur un ton beaucoup plus apaisé, si on ne pouvait pas se diviser en petit groupe pour ne pas effrayer la clientèle.
Les polices municipale et nationale sont venus sur les lieux et les échangent furent très courtois.
Très bon accueil du public.


Paris

Paris_mini

Nous étions une vingtaine de militants de la Campagne BDS (Génération Palestine, UJFP, Front de Gauche et Argenteuil Palestine Solidarité) à mener cette action nationale contre LIDL, pendant deux heures.
Nous avions repéré des produits incriminés dans le grand magasin LIDL situé sur le Boulevard de Belleville à Paris.
600 tracts ont été distribués aux passants et aux clients du magasin et des dizaines de signatures ont été ajoutées à notre pétition qui sera adressée à la Direction LIDL.
L’ambiance était bonne enfant, les échanges cordiaux en règle générale avec les clients entrants et sortants du magasin, ainsi qu’avec les passants.
La police a été toutefois contactée par un anonyme (certainement une passante qui nous avait injurié peu avant), indiquant qu’un groupe antisémite commettait des dégradations au magasin.Ils nous ont d’abord dit que nous n’avions pas le droit d’être ici, du fait qu’aucune autorisation n’avait été au préalable déposée à la Préfecture, mais nous avions anticipé : le boulevard sur lequel nous étions ne nécessitait aucune autorisation. L’agent de police s’est bien évidemment trouvé bête, arguant que nous étions « malins » et que nous détournions un peu la loi…
Ne leur restait que le relevé d identité, qui a été refusé , et ils n’ont pas insisté, d’autant qu’on leur disait qu’on avait terminé et qu’on s’apprêtait à lever l’ancre.
Nous avons longuement échangé avec le Directeur du magasin, très sympathique et à l’écoute. Il a même discuté avec les agents de police, leur disant que notre présence ne le dérangeait pas, tant qu’on restait aussi pacifiques devant l’enseigne.
Nous lui avons expliqué qu’il s’agissait d’une action nationale, menée dans plusieurs villes de France, et que l’on avait déjà contacté le PDG de Lidl France à Rungis.
Il ne connaissait pas précisément la problématique, et a été ravi d’apprendre que certains de ses produits étaient vendus de manière totalement illégale. Il fera remonter l’information, et a sourit quand on lui a suggéré d’agir à son niveau, en réduisant progressivement les stocks de lingettes, couches, fruits et légumes avec pour origine Israël, jusqu’à en arriver à les supprimer totalement.


Paris Sud

Dans le cadre de la journée nationale Lidl lancée par la Campagne BDS France, le Collectif Palestine 13e, impulsé par l’AFPS Paris-Sud, a organisé une action Lidl dans le 13e arrondissement de Paris.

Nous étions 6, avons distribué environ 300 tracts, réalisé 17 signatures sur l’adresse aux enseignes du 13e arrondissement, dont Lidl, ce qui porte le total des signatures sur cette adresse à 314.

Nous avons remis également des skickers Teva à certains des signataires, occasion de donner des informations sur les raisons de cette campagne.


Perpignan

Perpignan Nous étions 5 à Perpignan du comité BDS France 66, nous avons distribué des tracts en centre ville car il n’y avait aucun LIDL avec des produits Mehadrin et Jaffa. Par contre « Toujours » les lingettes sionistes. Nous avons tenu une table place Arago avec tee shirts et drapeaux palestiniens.


Toulouse

Nous étions une dizaine à Toulouse sur un LIDL, il n’y avait pas de produits frais venant de Palestine et on est restés plus d’une heure à l’extérieur, 200 tracts distribués, très bonne réception des clients. A un moment donné, deux employés sont sortis nous demander de partir puis ont appelé de gérant, lequel a lu le tract, a promis de transmettre la lettre qui lui était destinée, et… nous a souhaité « bonne distribution » avant de repartir.


Tours

Tours

Nous étions une dizaine de militants devant le LIDL de Tours Nord ce samedi matin (nouveau quartier exploré), où nous sommes restés durant 1h15.

Nous n’avons pas été dérangés par la Direction locale du magasin, malgré la lettre et le tract remis au personnel en début d’action.

Il y a 4 jours, il y avait dans ce magasin, des pamplemousses et des pommes de terre « Israël », il n’y avait plus rien ce matin hormis les lingettes (hier dans un autre magasin LIDL de l’agglomération, il n’y avait pas non plus de produits israéliens). Ont-ils flairés la journée nationale LIDL ?

L’accueil a été en général bon dans ce quartier peu exploré, habité par une population plutôt modeste. Pas mal d’encouragements pour que nous continuions nos actions.

Nous avons également distribué des tracts aux personnes qui fréquentaient la piscine toute proche sur le même parking (la population plus jeune nous a réservé un très bon accueil) , et nous avions prévu aussi un panneau sur l’affaire foot-FIFA (mais assez peu de discussions initiées à ce sujet).


Villefranche s/Saône

Villefrance
Nous étions une dizaine de militants du collectif caladois pour le peuple palestinien a nous rendre au magasin Lidl, notre action s’inscrivait dans le cadre de la campagne BDS France, événement national d’appel au boycott contre les enseignes Lidl initiée par cette même campagne.
A notre venue tous les fruits et légumes en provenance d’Israël avaient été vidés de leurs étalages, comme par hasard tout avait disparu alors que quelques jours auparavant, nous remarquions que la vente de ses fruits et légumes étaient belle et bien là.
Nous avons quand même vidé les rayons où figuraient les lingettes et autres produits en provenance d’Israël
Nous avons demandé à rencontrer le responsable a qui nous avons remis un courrier et lui expliquant le pourquoi de notre présence et que c’était pas la première fois que nous signalions la vente de ces produits en lui rappelant que sa direction régionale n’avait pas donné suite au courrier qui lui avait été adressé en février (action BDS contre Lidl février 2015).
Des slogans, des prises de paroles, des tracts distribués au sein de l’enseigne et la mise en évidence de nos pancartes ont été l’essence de notre action.
Au bout de 3/4 h de présence, la police nationale faisait son apparition et après s’être entretenue avec nous sur le pourquoi de notre action, nous demandait gentiment d’évacuer les lieux.
Un courrier en recommande sera envoyé prochainement à la direction Rhône-Alpes de Lidl et le boycott de Lidl n’est certainement pas terminé.




De la part de citoyens israéliens à la FIFA : Sortez le carton rouge contre Israël maintenant !

Mai 2015

A ceux que cela peut concerner,

Nous sommes des citoyens israéliens qui militent contre la politique raciste, d’occupation et d’apartheid de notre gouvernement. Alors que s’ouvre le Congrès de la FIFA, nous aimerions déclarer clairement : l’apartheid israélien, tout comme l’apartheid sud-africain à l’époque, n’a pas sa place dans le football international !

Les crimes de notre gouvernement contre le peuple palestinien sont constants. L’Association du Football Israélien (IFA) est une institution sponsorisée par l’État, et qui plus est, elle est directement complice de ces crimes.

De nombreux rapports ont illustré la façon dont Israël détruit les vies d’athlètes palestiniens et leurs infrastructures sportives. Nous savons aussi qu’Israël autorise les équipes des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie occupée à faire partie de ses ligues.

Des analystes israéliens admettent qu’il faut exercer des pressions pour changer l’horrible réalité dont nous sommes témoins ici.

Par exemple, le journaliste israélien Gideon Levy fait observer : « Un interdit sur le football ne tue personne. Un boycott ne répand pas de sang. C’est une arme légitime pour asseoir la justice et faire appliquer le droit international. »

(http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.656746)

Uzi Dann, rédacteur spécialisé en sport international au journal israélien Haaretz, a dit le 18 avril 2014 : « D’après mon expérience, seules des menaces et des pressions obligeront le gouvernement israélien à prendre des mesures. »

(http://www.aljazeera.com/football/2014/04/should-israel-be-kicked-out-fifa-20144188948651966.html)

Le temps est venu pour notre gouvernement de cesser de bombarder des stades, d’emprisonner des footballeurs, de tirer sur des joueurs, et d’annexer les colonies israéliennes dans ses ligues sportives.

En tant que citoyens israéliens, nous en appelons à vous : Sortez le carton rouge contre Israël maintenant !

Sincèrement, de la part de Boycott ! Soutien à l’Appel BDS palestinien de l’Intérieur ( http://boycottisrael.info/))

 

Noa Abend
Ronnie Barkan
Ofra Ben-Artzi
Dr. Uri Davis
Eran Efrati
Rami Elhanan
Shir Hever
Dr. Anat Matar
Ofer Neiman
Herzl Schubert
Yonathan Shapira
Prof. Eyal Sivan – cinéaste
Amir Terkel
Roni Terkel
Sahar Vardi
Maya Wind

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine




Sortie du livre : « Être palestinien en Israël – Ségrégation, discrimination et démocratie » de Ben White

Les éditions La Guillotine, avec le soutien de la campagne BDS France, annoncent la publication d’ÊTRE PALESTINIEN EN ISRAËL

Le livre traite d’une question clé ignorée par le “processus de paix” officiel et par les commentateurs les plus influents : celle de la minorité palestinienne à l’intérieur d’Israël. Malgré sa considérable population palestinienne en pleine croissance, ce pays se définit, non comme un État de ses citoyens, mais comme un État juif. White démontre que l’insistance à privilégier constamment un groupe ethnoreligieux sur un autre n’est pas compatible avec les valeurs démocratiques. À moins d’y remédier, cette politique ne peut que saper toute tentative de trouver une paix durable. Ce livre démolit de façon convaincante le mythe d’Israël “seule démocratie” du Moyen-Orient. Comme le montre Ben White, le traitement des Palestiniens en Israël est la preuve ultime qu’Israël est tout sauf démocratique.

ÊTRE PALESTINIEN EN ISRAEL est la traduction française du livre de Ben White « Palestinians in Israel » publié par Pluto Press en 2011.

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 https://assolaguillotine.wordpress.com/etre-palestinien-en-israel-de-ben-white/

editionlaguillotine@gmail.com

Lire ici un extrait du livre

Parution le 12 mai 2015. 160 pages, prix public: 10€. Voir les conditions de commande ci-dessous.

Les commandes individuelles et de librairies peuvent être adressées dès maintenant à La Guillotine: https://assolaguillotine.wordpress.com/commander/

Le livre est disponible au prix de 7€/exemplaire, port compris, avec un minimum de commandes de 5 exemplaires, pour tous les comités (associations et collectifs)

soutenant la cause de la justice en Palestine. Pour passer commande, écrire à palenisbw@gmail.com




Le comité BDS France 34 fait sa Comédie à Montpellier

COMMUNIQUÉ : NON AUX MENSONGES ET A LA CALOMNIE, Retrait de la plainte de la LDH !

https://bdsf34.wordpress.com/2015/04/17/communique-non-aux-mensonges-et-a-la-calomnie-retrait-de-la-plainte-de-la-ldh-2/




Succès de la tournée de Farid Esack a Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse et Montpellier !

Malgré les pressions du lobby pro-israélien, succès de la tournée de Farid Esack à Paris, Lyon, Lille, Bordeaux, Toulouse et Montpellier !

 

Dans le cadre de la semaine contre l’apartheid israélien (IAW), la Campagne BDS France a organisé la tournée de Farid Esack en France du 26 mars au 1er avril. Farid Esack est une figure majeure de la lutte sud-africaine pour la libération, ancien commissaire pour l’égalité des genres nommé par Nelson Mandela et éminent universitaire international. Il est actuellement président de BDS Afrique du Sud, une plateforme qui soutient l’appel palestinien pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël.

 

Farid Esack, lors des conférences a fait le parallèle entre l’apartheid israélien et l’apartheid sud-africain et a souligné que le boycott d’Israël est plus urgent que dans le cas de l’Afrique du Sud.

 

Son parcours et son expérience personnels,  la rigueur de ses analyses, son charisme militant, sa volonté d’être en prise avec les différentes situations qu’il a rencontrées dans ses étapes ici, nous ont beaucoup apporté et  nous renforcent dans notre détermination à lutter efficacement contre l’apartheid israélien. Nous lirons avec intérêt les newsletters de BDS South Africa.

 

Mensonge du lobby pro israélien et pétition pour la liberté d’expression

 

Le 24 mars, l’UEJF publiait sur son site internet un appel, à l’attention des présidents d’Universités, pour interdire la conférence arguant que Farid Esack incarnait l’antisémitisme et la violence.

La réponse faites à ces allégations fallacieuses a été unanime et rapide. En effet, comme en témoigne cette pétition, lancée 2 jours plus tard et signée par plusieurs ministres sud-africains et plus de 400 universitaires renommés dans le monde entier, « le professeur Esack, dans toutes ses publications et discours, a montré un engagement remarquable pour les principes de justice et de lutte contre toutes formes de racisme -y compris l’antisémitisme, le sexisme, l’exploitation économique et l’homophobie. Son engagement dans la lutte pour la justice en faveur du peuple Palestinien n’est que la suite logique d’une vie d’engagement pour la justice. »

Une lettre ouverte à destination des administrateurs des universités françaises a également été publiée par la Campagne palestinienne pour le boycott  académique et culturel d’Israël (PACBI)  pour leur demander d’arrêtez de réduire au silence les défenseurs des droits palestiniens.

 

Succès des conférences dans les Universités

 

Malgré ce soutien considérable en faveur du maintien des conférences, l’Université Paris1 a décidé d’appliquer la censure de l’événement prévu qui s’est finalement déroulé devant les grilles de l’établissement, attirant beaucoup de passants qui n’auraient pas participé à la conférence.

Les autres Universités ont adopté une position plus raisonnable en indiquant qu’elles ne succomberaient pas au mensonge du lobby pro-israélien.

Ainsi les conférences prévues à l’Université de Lille1, de l’IEP de Bordeaux, de Toulouse2 et de Montpellier Paul-Valéry ont été de véritables succès.

A noter : aucune difficulté pour l’événement à Lille1, des pressions infructueuses de l’UEJF jusqu’à le tenue des conférences à Bordeaux IEP et Toulouse 2, et le soutien du syndicat majoritaire SNESUP à Montpellier Paul Valery.

 

Le maire de Toulouse a osé

 

Deux autres événements étaient également prévus dans des salles municipales à Lyon et Toulouse.

Alors que l’évènement à Lyon s’est déroulé sans problème, le maire de Toulouse a eu une position étonnante en interdisant la conférence par voie de presse trois heures avant sa tenue suscitant un large soutien contre l’interdiction. Une action juridique est en cours afin de faire condamner le maire.

La campagne BDS France se félicite du succès de cette tournée et vous invite à participer nombreux et nombreuses à l’IAW 2016.

Voir la vidéo de la tournée :




Comment Orange a soutenu le massacre israélien à Gaza

 

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Orange fournissant un service gratuit aux soldats israéliens déployés près de Gaza pendant l’attaque qui a tué plus de 2200 Palestiniens l’été dernier. La filiale israélienne de la compagnie de télécommunications française a « adopté » une unité militaire qui a opéré dans des lieux ou des centaines de civils furent tués (via Frumline)

 

 

La filiale israélienne d’Orange, multinationale française de télécommunications, a fourni un soutien matériel direct aux soldats israéliens participant l’été dernier à l’assaut meurtrier contre Gaza.

L’entreprise a aussi parrainé deux unités militaires israéliennes pendant plusieurs années, preuve d’une profonde complicité avec l’occupation militaire israélienne et avec les violations des droits humains.

L’une de ses unités, la compagnie de tank « Ezuz », a pris part aux attaques contre Gaza l’été dernier et était en activité dans des lieux précis ou des centaines de civils palestiniens ont été tués.

Orange, connu précédemment sous le nom de France Télécom, est un important fournisseur de téléphonie mobile, de réseaux et de services Internet en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, y compris en Jordanie et en Égypte (via sa filiale Mobinil).

En Israël, Orange tire profit de l’octroi de sa marque à une compagnie israélienne détenue indépendamment, Partner Communications Ltd. et en lui vendant des équipements et d’autres services.

Une aide à l’attaque de Gaza

 

Les avions et l’artillerie israéliens ont fait tomber l’équivalent d’une bombe atomique sur Gaza pendant 51 jours en juillet et août dernier, détruisant de vastes zones et tuant plus de 2200 Palestiniens et parmi eux plus de 500 enfants.

 

D’après Amnesty International, les forces israéliennes ont opéré avec « une impitoyable indifférence envers le carnage causé » par leurs attaques.

 

Des familles entières ont été annihilées pendant que les forces israéliennes visaient les habitations civiles systématiquement et délibérément.

 

Au cours de cette horreur qu’Israël a qualifiée « opération Bordure protectrice », Orange a été sur la ligne de front, fournissant un soutien matériel et élevant le moral de ceux qui menaient l’assaut.

 

D’après Israel Hayom, Orange exonéra de frais de service les soldats «situés dans la zone autour de Gaza» pendant l’attaque.

 

Pendant l’attaque, Orange envoya quotidiennement « trois unités mobiles aux points rencontre des soldats autour de Gaza », d’après le site Web Frumline dans un article du 22 juillet 2014 intitulé « Orange en action à la frontière en raison de l’opération Bordure protectrice ».

 

« Les unités mobiles sont équipées de générateurs, de chargeurs pour tous les types d’appareils, de centaines de batteries préchargées et de portables pour permettre aux soldats d’être en contact avec chez eux », indiquait Frumline.

 

À Gaza, les Palestiniens qui ont survécu à l’attaque ont parlé de soldats israéliens exécutant leurs proches de sang-froid.

 

Dans le même temps, en Israël, des dizaines d’employés d’Orange se dispersaient dans le pays, rendant visite aux soldats israéliens “et distribuant des tablettes tactiles pour rendre plus agréable leur séjour à l’hôpital.”

« Adoptez un soldat »

 

Le soutien d’Orange à l’armée israélienne date de bien avant l’attaque contre Gaza l’été dernier.

 

« Notre lien actuel avec les troupes a commencé avec l’établissement du projet Adoptez un Soldat de l’Association pour le Bien-être des Soldats d’Israël », explique Orange dans la page “responsabilité de l’entreprise” de son site.

 

Dans le cadre de ce projet, la compagnie a « adopté » deux unités : la compagnie de chars « Ezuz » depuis 2005 et, depuis 2008, l’unité « Shachar » de recherches et sauvetage. Des dizaines d’entreprises, en grande majorité israéliennes, participent au projet Adopt A Soldier – “Ametz Lohem” en hébreu. Parmi les plus connues internationalement, on trouve la compagnie aérienne El Al et Strauss, le fabricant du houmous Sabra.

 

La participation d’une multinationale comme Orange se singularise – la seule autre firme internationale reconnaissable est le cabinet d’audits financiers Ernst & Young, qui parraine une unité de drones.

 

D’après le site Internet d’Orange, « l’adoption » consiste en « des activités conjointes de soldats avec des employés de la compagnie, par exemple : sports, utilisation des installations de la compagnie pour l’entraînement et des conférences, soutien aux soldats isolés, accompagnement des soldats démobilisés dans leur parcours vers la vie civile et financement d’activités de divertissement à l’échelle de bataillons : randos, journée d’athlétisme, cérémonies de décoration de soldats exemplaires, etc. ».

 

Ezuz dans l’attaque contre Gaza

 

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Un article de Shiryon (Armure) glorifie le rôle de la brigade blindée parrainée par Orange « Ezuz » lors de l’assaut sur Gaza à l’été 2014.

Un article du numéro de novembre 2014 du magazine militaire israélien Shiryon (hébreu pour « Armure ») et révèle que l’unité Ezuz a participé directement à l’attaque de Gaza et était présente au moment et sur les lieux ou des centaines de civils ont été tués et des milliers de maisons détruites.

 

Le Lieutenant colonel commandant d’unité, Aryeh Berger, a déclaré à Shiryon qu’Ezuz faisait partie des forces qui ont envahi Deir al-Balah au centre de la bande de Gaza. Il a indiqué que là, ses hommes ont « attaqué des maisons des militants de Hamas » et « purifié » les immeubles.

 

Human Rights Watch a condamné et qualifié d’“illégal » le ciblage délibéré des maisons par Israël sous le prétexte qu’elles auraient appartenu aux familles de personnes associées à Hamas ou à d’autres organisations armées de résistance.

 

Berger a aussi révélé que son unité a été active dans la zone de Khan Younis au sud de Gaza dans la même période où la capture près de Rafah d’un soldat israélien, Hadar Goldin de la brigade Givati, a été annoncée. La capture s’est produite le 1er août 2014.

 

Ceci situe l’unité Ezuz dans deux zones spécifiques ou des tueries massives ont eu lieu. Berger révèle que dans la zone de Khan Younis, ses forces avaient pour tâche « d’isoler » un village – qu’il ne nomme pas. Une fois la capture de Goldin annoncée, dit Berger, « il fallut quitter notre tâche en urgence pour renforcer la brigade Givati, et nous y sommes arrivés en trois heures. »

 

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Palestiniens fouillant les gravats de leurs maisons détruites par les frappes israéliennes à Khuzaa, à l’est de Khan Younis, dans la bande de Gaza, 5 août 2014.

(Yasser Qudih / APA images)

 

 

Le Centre palestinien des droits de l’homme a rapporté que des dizaines de civils ont été tués dans et autour de Khan Younis par des bombardements aériens et de l’artillerie provenant de tanks et de navires de guerre.

 

Le 1er août, au cours d’un bref « cessez-le-feu humanitaire », des équipes médicales, des journalistes et des habitants sont entrés dans le village de Khuzaa, à l’est de Khan Younis, qui avait été assiégé par les forces israéliennes. Ils découvrirent les corps de dizaines de civils tués.

 

Certains avaient été tués alors qu’ils tentaient de fuir en agitant des drapeaux blancs. D’autres moururent quand leur maison fut détruite au-dessus d’eux.

 

La chaîne britannique Channel 4 documenta les scènes de destruction et de carnage quand les gens entrèrent dans le village le 1er août :

 

Les effets déchirants de la rupture du cessez-le-feu à Gaza / Channel 4 News

À Rafah – probablement là où Ezuz s’est redéployé pour renforcer la brigade Givati après l’annonce de la capture de Goldin – les forces israéliennes ont accompli ce qu’on appelle la “Directive Hannibal”: un bombardement en tapis de la ville par voie de terre, mer et air, tuant plus de 200 civils et détruisant plus de 2500 maisons.

Il y eut tant de morts que les hôpitaux furent obligés d’entreposer les corps et les membres dans des glacières pour ice-creams .

 

Le commandant Berger d’Ezuz déclara qu’à Gaza, il ordonna à ses hommes de ne pas rouler sur les routes ou par les carrefours. Quand les commandants de tanks demandèrent où ils devaient passer, Berger répondit : « Partout ailleurs ! »

 

Il considéra l’assaut sur Gaza comme une rare occasion d’entraînement : « J’ai affecté à un de mes commandants de compagnie de documenter cela par vidéo, pour qu’on puisse l’illustrer à l’entraînement, en leur montrant par exemple comment un tank roule dans un verger, parce qu’ils croient que ce n’est pas possible, ou comment les tanks tirent dans différentes situations. Parce qu’à l’entraînement, on ne dispose pas de zones de vergers sur lesquelles passer et repasser, ni d’une variété de maisons ‘vivantes’ sur lesquelles tirer.

 

Voilà l’unité qu’Orange a parrainée pendant une décennie.

 

« Responsabilité sociale d’entreprise »

 

Orange dit qu’il a un programme mondial complet de “responsabilité sociale d’entreprise.”

 

La compagnie prétend que « notre engagement d’entreprise citoyenne donne le même sens  à toutes nos activités : faire du numérique un accélérateur de progrès pour la société et pour chacun. »

 

Mais en soutenant l’armée israélienne via sa filiale israélienne, Orange a aidé à accélérer la destruction de la société palestinienne et à tuer et blesser des milliers de gens.

 

Malgré le fait qu’Orange ne possède pas Partner Communications Ltd., il reste responsable et doit rendre compte des activités de Partner menées en son nom et sous sa marque. Orange tire directement profit des activités de Partner via son accord de redevance, fournit Partner en équipements et est responsable de la gestion et de la réputation de la marque Orange dans le monde entier.

 

Promouvoir Israël

 

Circonstance aggravante, la compagnie mère semble être pleinement complice en aidant Israël à blanchir sa réputation. En mai 2014, son groupe de réflexion Orange Institute a sponsorisé une conférence à Tel-Aviv et à Jérusalem intitulée «Comment Israël est devenu un labo technologique pour le monde.”

 

Le matériel promotionnel déclarait qu’en 2014 « la formule d’ ‘Israël nation start-up’ luit encore plus brillamment qu’à la première visite d’Orange Institute en 2011. »

 

Et Orange Institute de s’épancher : « De ce petit pays de 8 millions d’habitants, nous continuons de constater d’énormes retours [sur investissement]. »

 

La conférence fit la promotion de sujets tels que « l’emploi des drones civils » et « les innovations de cyber-sécurité dans le cyber-écosystème israélien. »

 

Orange veut s’attribuer le mérite d’initiatives « soutenant la culture numérique » et promouvant « des solutions écologiques. »

 

Il devrait être aussi tenu responsable de sa complicité dans les crimes de guerre d’Israël à Gaza. Les consommateurs pourraient le faire en refusant d’être des clients d’Orange.

 

Orange est déjà mis sous la pression de la société civile française à propos de la complicité dans la colonisation israélienne de la Cisjordanie occupée et du plateau du Golan de sa filiale israélienne. Une déclaration signée par des dizaines d’organisations françaises appelle Orange à mettre fin à son accord avec Partner Communications Ltd. à cause des opérations de ce dernier dans les territoires occupés.

 

L’an dernier, le gouvernement français a averti les entreprises françaises des risques de faire des affaires dans les colonies israéliennes des territoires occupés, qui sont illégales aux yeux du droit international.

 

Mais la possibilité existe aussi que des Palestiniens – individuellement ou au titre d’organisations des droits humains – cherchent à tenir Orange responsable de la fourniture d’un soutien matériel à des crimes de guerre – y compris sous la forme d’équipements fournis à Partner – dans le cadre de la doctrine émergente de la responsabilité d’entreprise pour les graves violations des droits humains.

 

Le bureau de presse du siège parisien d’Orange n’a pas répondu à des demandes réitérées de commenter.

 

Ali Abunimah, 4 avril 2015

Remerciements à Dena Shunra pour ses recherches et traductions.

 

 

Source: How Orange telecom supported Israel’s massacre in Gaza

http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/how-orange-telecom-supported-israels-massacre-gaza

 

Traduction de l’anglais: JPB pour BDS France 




Le boycott d’Israël est plus urgent que dans le cas de l’Afrique du Sud, affirme un vétéran de l’anti-apartheid

Adri Nieuwhof – The Electronic Intifada – 6 avril 2015

Pour Farid Esack, l’appel au boycott d’Israël est un boycott progressiste. (Meraj Chhaya/Flickr)

Farid Esack, professeur d’études islamiques à l’université de Johannesburg, s’est trouvé confronté à de fortes objections de la part du lobby sioniste de France contre une série de conférences sur le parallèle entre l’apartheid israélien et l’apartheid sud-africain. À cause de cette pression, il lui a été interdit de prendre la parole à des initiatives prévues à Paris et à Toulouse.

Vétéran de campagnes contre le racisme, Esack s’est fait également le champion de la défense des droits des femmes et des personnes atteintes du SIDA. Il a été nommé commissaire à l’égalité des sexes par le regretté Nelson Mandela. Il est actuellement président de BDS Afrique du Sud, un groupe qui soutient l’appel palestinien pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël.

J’ai parlé avec Esack de sa tournée de conférences en France.

Adri Nieuwhof : Vous êtes venu en France pour une tournée de conférences et vous avez eu l’interdiction de prendre la parole à certaines occasions. Pouvez-vous nous dire ce qu’il s’est passé ?

Farid Esack : Il y a eu d’énormes pressions sur toutes les sept universités où je devais intervenir. Seule l’université de Paris-Sorbonne m’a interdit de prendre la parole. L’université a argué qu’elle le faisait pour des raisons techniques parce que les formulaires qu’il fallait remplir pour demander une salle ne l’avaient pas été correctement. Les étudiants ont essayé de négocier avec l’université pendant une semaine pour corriger l’erreur, ce qui a été refusé par l’université.

Je pense que pour la Sorbonne, le mauvais remplissage du formulaire n’a été qu’un prétexte. Les étudiants ont fait valoir que le syndicat des étudiants remplissait ces formulaires depuis des années. Et que dans le passé, l’université n’avait jamais attiré leur attention sur la moindre erreur. La seule explication plausible à laquelle nous arrivons, c’est que derrière mon interdiction se cache la pression du syndicat des étudiants juifs de France.

Il m’a été aussi interdit de m’exprimer lors d’une réunion publique à Toulouse, dans une salle municipale, par le maire de Toulouse et ce, sur la base des mêmes allégations exprimées dans les lettres aux universités. Où il est dit essentiellement que je suis un antisémite, et que moi, en tant président du BDS Afrique du Sud, j’avais soutenu et/ou fomenté des actions de protestions violentes en Afrique du Sud.

AN : Que s’est-il passé après l’interdiction ?

FE : Il est apparu que la Sorbonne était parvenue à un accord tacite avec la police pour que je sois autorisé à parler à l’extérieur de la porte principale de l’université. Debout devant moi, il y avait une vingtaine de personnes de la sécurité pour nous empêcher d’entrer. J’avais des militants sur ma gauche et des militants sur ma droite. Mais ce qui est très intéressant, c’est que le proviseur adjoint de l’université est venu m’accueillir et me dire qu’il regrettait que l’université avait interdit ma conférence publique. Il est resté toute la durée de ma conférence et ensuite, il m’a remercié.

À Toulouse, nous avons aussi résisté à l’interdiction. J’ai pris la parole à l’extérieur du lieu prévu.

AN : Les groupes pro-Israël et sionistes s’en prennent régulièrement au mouvement BDS et à ses militants Cette fois, c’est vous qui avez été ciblé. Quelle appréciation portez-vous sur de telles agressions ?

FE : Ils ont fait une erreur tactique énorme en m’attaquant, parce que le BDS dans son ensemble est profondément engagé contre toutes les formes de racismes, y compris l’antisémitisme. Mais dans ce cas particulier, ils ont eu affaire à un individu qui intervient de façon très régulière contre l’antisémitisme. Toutes ces 25 dernières années, j’ai abordé le problème de l’antisémitisme de façon générale, mais plus particulièrement au sein de la communauté musulmane. C’est pourquoi beaucoup de mes collègues pourraient se rallier à mon soutien.

Le lobby pro-Israël place de façon fort commode le récit BDS à l’intérieur de l’histoire de l’antisémitisme européen, où les nazis furent les premiers à lancer un appel à boycotter les juifs. Mais ils le font d’une façon très calculée, stratégique et manipulatrice.

Ces mêmes sionistes, par exemple, en Europe et plus particulièrement en Israël, réclameront volontiers des sanctions contre l’Iran. Ils ne diront pas un mot sur les dommages que cela cause au peuple iranien. Ce n’est que lorsque il s’agit des juifs qu’ils invoquent le récit de l’antisémitisme nazi.

Les mêmes Européens qui nous accusent et invoquent le discours antisémite nazi, ces mêmes Européens imposeront volontiers des sanctions contre la Russie en raison de présumées manœuvres russes en Ukraine. Les mêmes pays seront unanimes pour imposer des sanctions contre, disons la Corée du Nord, ou le Zimbabwe. Ce sont ces mêmes États-Unis qui avancent l’argument de l’antisémitisme qui ont imposé des sanctions contre Cuba pendant cinquante ans.

Donc, pour eux il ne s’agit pas d’une question de principe. C’est simplement un dispositif retors, technique, venant du lobby sioniste et qui vise à culpabiliser les Européens et les autres Occidentaux pour un crime qui a été commis par des Européens contre d’autres Européens. Cela n’a rien à voir avec les Palestiniens.

Notre discours de boycott, et ils le savent très bien, se place dans une tradition de gauche, dans une tradition progressiste. Cela consiste, par exemple – et à un niveau libéral – à choisir des produits avec le label du commerce équitable, quand vous voulez acheter des produits où le maximum de profit s’en va aux agriculteurs. En choisissant le commerce équitable, vous boycottez les autres produits qui maximalisent le profit pour les intermédiaires, les exploiteurs capitalistes et les affairistes en bout de chaîne alimentaire.

Ou quand un végétarien décide de ne pas manger de viande, le végétarien n’a rien contre l’éleveur. Le végétarien fait un choix éthique car il ne veut pas prendre part à une cruauté infligée aux animaux. Le végétarien est un militant de boycott, désinvestissement et de sanctions, en lien avec la cruauté infligée aux animaux.

Donc, le mouvement BDS se situe dans un discours progressiste, humaniste, de gauche. Il n’a rien à voir avec le discours nazi. Le lobby pro-Israël le sait sacrément bien. C’est simplement une question d’opportunité et pour jouer la carte de la culpabilité avec l’Europe et les États-Unis.

AN : Comment évaluez-vous le rôle du mouvement BDS contre Israël comparé au militantisme BDS contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud ?

FE : La lutte sud-africaine n’a acquis son sex-appeal que dans les cinq dernières années qui précédèrent la fin de l’apartheid. Et Mandela a acquis le sien qu’une fois libéré et devenu le réconciliateur. Mais le BDS vivait avant cela, depuis 25 ans. Cette année, nous célébrons les dix ans de BDS contre Israël. Il est de loin beaucoup plus développé, il a remporté bien plus de victoires que le mouvement anti-apartheid n’en a remportées quand il était à sa dixième année.

Autre différence, l’Afrique du Sud n’a jamais eu comme projet d’importer toutes les races blanches du monde entier en Afrique du Sud. Le BDS est maintenant aux prises avec un mouvement qui a, comme projet fondamental, d’importer d’autres colons, d’autres colonialistes, venant d’autres parties du monde. En Afrique du Sud, nous avions affaire à un colonialisme implanté. Dans le cas d’Israël, vous êtes confrontés à un colonialisme en cours et qui se renforce de jour en jour. Aussi la nature de l’ennemi, l’étendue de sa brutalité et de sa détermination s’accélèrent-elles chaque jour.

En tant que mouvement BDS, nous nous trouvons confrontés à des défis. Contrairement à l’Afrique du Sud, où nous avions un mouvement de libération clairement orienté, les forces du mouvement de libération en Palestine sont très tronquées. Vous avez l’équivalent de ces gouvernements d’Afrique du Sud feignant toujours d’être des mouvements de libération, alors qu’ils se sont déjà vendus. Et vous avez d’importants mouvements de résistance, tous de la société civile de Palestine et, en théorie, tous les partis politiques qui ont appelé au BDS.

Après le Printemps arabe, la solidarité avec les Palestiniens venant des États en première ligne s’est effondrée. En Afrique du Sud, nous avons pu compter sur le soutien – à des degrés différents – de tous les pays voisins, à l’exception du Malawi. La Palestine est entourée de collaborationnistes, de régimes dévoués à l’Occident. Non seulement nous ne pouvons attendre aucun soutien de leur part mais, au contraire, dans certains cas, par exemple l’Égypte et l’Arabie saoudite, ils ont en réalité rejoint le camp de l’ennemi et collaborent activement avec l’État israélien pour anéantir le mouvement de résistance.

Cela rend l’urgence et le besoin d’un mouvement BDS beaucoup plus impérieux que dans le cas de l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Du fait des succès de BDS, le lobby israélien a vraiment amélioré son jeu. Avec chaque victoire que nous obtenons, nous nous créons beaucoup plus de travail. Le défi est de savoir comment transformer le vaste niveau de soutiens que nous avons dans la plupart des pays du monde en une base large de militants pour assumer les plus grosses tâches et répondre aux plus grandes urgences auxquelles nous sommes confrontés.

http://electronicintifada.net/blogs/adri-nieuwhof/boycotting-israel-more-urgent-case-south-africa-says-anti-apartheid-veteran

Traduction : JPP pour l’AURDIP




Réponse à la direction de LIDL

 

Paris, le 3 avril 2015

Lettre recommandée avec A.R.

                                                                         Monsieur Friedrich FUCHS,

                                                                         Gérant de LIDL France,
                                                                         72 avenue Robert Schuman,
                                                                         Zone commerciale Silic,
                                                                         94 150 RUNGIS

Monsieur,

Par courrier du 17 mars 2015, vous avez répondu à notre courrier du 9 mars dernier dans lequel nous vous demandons de cesser toute relation commerciale avec la société israélienne Mehadrin

Vos allégations selon lesquelles il serait certain que les produits de l’entreprise Mehadrin que vous vendez ne proviennent pas des territoires palestiniens occupés sont infondées. La carte des implantations des cultures de la société Mehadrin que vous nous avez transmise ignore les implantations de cette société en Cisjordanie et sur le plateau du Golan.

Nous vous transmettons ci-joints deux documents qui prouvent que Mehadrin est bien implantée dans des colonies israéliennes, en violation du droit international : il s’agit d’une fiche de l’ONG israélienne « Who Profits » sur l’entreprise israélienne Mehadrin, fiche mise à jour le 25 04 2014 que vous pouvez trouver sur le lien http://www.whoprofits.org/company/mehadrin-group et d’un rapport de l’entreprise Corporate Watch du 22 janvier 2013, que vous pouvez trouver sur le lien http://www.jordanvalleysolidarity.org/index.php/fr/rapports-et-videos/rapports-et-videos-2012/668-mehadrin-de-nouvelles-preuves-de-produits-des-colonies-mal-etiquetes

Comment l’entreprise LIDL vérifie-t-elle l’origine exacte des produits qu’elle met en vente ? Qu’est-il écrit sur les bons de livraison des produits LIDL ?

Il est de notoriété publique que l’Etat d’Israël cherche à masquer l’origine des produits issus des colonies.

Des campagnes internationales se développent depuis longtemps pour dénoncer cette situation et exiger le retrait de ces produits, ce qu’ont réalisé des responsables de diverses grandes surfaces en Europe : en Angleterre, en Irlande, en Hollande, en Italie, en Suisse …, sans que cela leur porte préjudice.

Il est inadmissible de fermer les yeux sur les infractions au droit international.

Un tel comportement ne consiste pas à « ne pas faire de politique » ainsi que vous le prétendez, mais à cautionner une politique unanimement condamnée par de multiples résolutions internationales.

C’est pourquoi nous maintenons les termes de notre courrier du 17 mars et vous assurons que jusqu’à ce que les produits Mehadrin soient retirés de la vente nous continuerons à attirer l’attention de vos clients et de vos directions régionales sur vos manquements au respect du droit international.

Nous vous réitérons nos sincères salutations,

La Campagne BDS France.




Succès de la conférence de Farid Esack à Science-Po Bordeaux : quand l’UEJF perd une bataille et s’entête dans le mensonge !

Le 24 mars dernier, l’UEJF publiait sur son site internet un appel, notamment à l’attention de la direction de Science Po Bordeaux, pour interdire la conférence arguant que Farid Esack incarnait l’antisémitisme et la violence.

La réponse faites à ces allégations fallacieuses a été unanime et rapide. En effet, comme en témoigne cette pétition, lancée 2 jours plus tard et signée par plusieurs ministres sud-africains et plus de 300 universitaires renommés dans le monde entier, « le professeur Esack, dans toutes ses publications et discours, a montré un engagement remarquable pour les principes de justice et de lutte contre toutes formes de racisme -y compris l’antisémitisme, le sexisme, l’exploitation économique et l’homophobie. Son engagement dans la lutte pour la justice en faveur du peuple Palestinien n’est que la suite logique d’une vie d’engagement pour la justice. »

L’UEJF, malgré le soutien considérable en faveur du maintien des conférences IAW prévues en France, s’est entêté en vain : arrachage d’affiches, diffusion de fausses informations concernant la tenue de cette conférence, intimidations visant personnellement les organisateurs de cette conférence sur les réseaux sociaux, pression sur la direction de Science Po.

Ainsi, le directeur de Science Po a été dans l’obligation d’ adresser un message aux organisateurs le jour même de la conférence pour mettre fin aux pressions de l’UEJF.
« Le directeur de Sciences Po Bordeaux, Vincent Hoffmann-Martinot, n’a pas souhaité donner suite aux différentes demandes qui lui ont été adressées visant à annuler la conférence prévue à 17h30 ce jour et pour laquelle vous avez fait une demande de réservation de l’amphi C en votre qualité de responsables d’un syndicat étudiant et d’élu·e·s étudiant·e·s au CA de l’Institut. Le principe de respect de la liberté d’expression a motivé cette décision. »

Malgré cette nouvelle désillusion, une dizaine de membres (bordelais et parisiens) de l’UEJF se sont retrouvés devant les portes de l’IEP avant la conférence pour distribuer un tract reprenant les allégations mensongères, mais cette fois co-signé par l’UNEF Science Po et MET-UNI Science Po.

Malgré les demandes d’un responsable de l’IEP adressées à l’UEJF les invitant à évacuer pour ne pas bloquer l’entrée de l’IEP, ces derniers ont interpellé Farid Esack en insinuant une nouvelle fois qu’il était antisémite dès son arrivée dans l’enceinte de l’Institut.

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Pourtant accueillis et invités à participer à la conférence et à poser toutes leurs questions, les membres de l’UEJF ont quitté l’amphithéâtre au moment des questions de la salle, le cœur plein d’amertume suite à cette victoire du BDS face à la propagande pro-israélienne dont ils sont le relais dans les universités françaises.




Communiqués de soutien suite à l’interdiction de la conférence organisée par BDS-France Toulouse

Vous trouverez ci-dessous la liste des communiqués de soutien suite à l’interdiction de la conférence organisée par BDS-France Toulouse :

Communiqué de BDS-France Toulouse :
http://bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=3585%3Ale-maire-de-toulouse-a-ose-&catid=49%3Aactualites&lang=fr

Communiqués d’autres organisations :

ATTAC Toulouse : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=805310936211940&id=192154917527548&pnref=story

Casa Nova Toulouse Métropole : http://casa-nova-toulousemetropole.fr/a-toulouse-la-menardisation-de-jean-luc-moudenc-continue/

– Collectif Palestine Libre : http://www.ism-france.org/communiques/Communique-du-Collectif-Palestine-Libre-Libertes-d-expression-d-opinion-et-de-reunion-baillonnees-en-France-article-19507

Ensemble! : https://www.facebook.com/myriam.martin.9465/posts/980516608640324

– Europe Ecologie-Les Verts Toulouse (élus) : http://www.toulouse.elusverts.fr/spip.php?article939

Ligue des Droits de l’Homme Toulouse : https://www.facebook.com/LigueDesDroitsDeLHommeToulouse/photos/a.257903730975137.50925.254314904667353/748743651891140/?type=1&theater

Mouvement de la Paix Haute-Garonne : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=805315589544808&id=192154917527548

– NPA 31 : http://www.npa31.org/actualite-politique-locale/liberte-dexpression-bafouee-et-calomnies-moudenc-va-trop-loin.html

– OCML Voie Prolétarienne Toulouse : http://www.vp-partisan.org/article1433.html

– Parti de Gauche 31 : http://www.pg31.fr/articles/le-pg31-condamne-linterdiction-de-la-reunion-de-la-campagne-bds

– Parti des Indigènes de la République Toulouse : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=689959601113228&id=392761860833005

Parti Ouvrier Indépendant Haute-Garonne

Union Juive Française pour la Paix (lettre ouverte à la mairie de Toulouse) : http://www.ujfp.org/spip.php?article4056




Le maire de Toulouse a osé !

licence CC-BY Gyrostat-SA

M. Moudenc, maire de Toulouse, a pris la honteuse décision d’interdire une réunion publique prévue dans le cadre de « la Semaine contre l’apartheid israélien », animée par Farid Esack, professeur à l’université de Johannesburg, connu pour son opposition à l’Apartheid et sa nomination par Nelson Mandela comme commissaire à l’égalité des sexes. Cette interdiction n’a été connue des organisateurs que le 31 mars vers 17h par la presse  locale. C’est à dire moins de quatre heures avant le début de la réunion et sans même avoir cherché à nous rencontrer.

L’argument du maire concernant « le risque de trouble à l’ordre public » parait pour le moins fallacieux. Aucun appel à perturber cette réunion n’a été porté à la connaissance du public. Les personnes venues pour assister à la réunion ont eu la surprise de constater qu’aucune présence policière n’avait été prévue. De même, aucun trouble à l’ordre public n’a pu être constaté durant le rassemblement devant la salle qui a duré jusqu’à 22h.
Quant aux accusations calomnieuses portées par le Maire contre BDS France, il sera bien incapable de les étayer. Dans les procès contre des actions BDS, la justice n’a jamais retenu un motif de « discrimination et incitation à la haine raciale ».

Second argument du Maire encore plus douteux : il interdit une réunion qui « risque de prôner la discrimination ». Comme il était facile de le vérifier, et notamment lors des précédentes interventions de Farid Esack en France (Paris, Lyon, Lille, Bordeaux), le Maire – qui prétendait défendre la liberté d’expression dans les rues de Toulouse début janvier – a censuré, en fait, des paroles de droits humains, de fraternité et de justice.
Enfin et pour que les choses soient claires pour nous M. Moudenc, le conflit israélo-palestinien n’est nullement un conflit religieux. L’appel au boycott n’a rien à voir avec la religion juive mais avec la politique d’un État qui pratique la colonisation et la discrimination.
Nous ne nous laisserons pas faire. En matière de réunion publique le principe qui gouverne est la liberté, les autorités administratives ne pouvant interdire une réunion de se tenir que lorsque les risques de troubles à l’ordre public sont réels et que les forces de police ne sont pas en mesure d’assurer la tenue de l’événement dans le calme.
La décision prise par la mairie est particulièrement grave. Il s’agit purement et simplement de l’interdiction de l’exercice d’une liberté fondamentale, et ce sans aucun motif valable et sans respecter les règles de forme. Nous n’avons été appelé à fournir aucune observation préalablement à l’édiction de la mesure.
Nous nous réservons donc le droit d’attaquer la légalité de la décision prise par le maire de Toulouse devant les juridictions administratives.

BDS-France Toulouse




Droit de réponse à l’Agence info libre

A Agence Info Libre,

A Ugo Passuello

Bonjour,

C’est avec surprise que nous avons pris connaissance de votre reportage intitulé « Face à face entre la LDJ et BDS devant L’Université Paris 1 ».

Vous n’avez semble-t-il pas trouvé nécessaire de vous présenter aux organisateurs de cette conférence, tenue le jeudi 26 mars devant l’université Paris 1 – Tolbiac suite à son interdiction. Pensiez-vous peut être que vous n’étiez pas les bienvenus ?

Effectivement vous ne l’êtes pas, comme vous l’avait déjà fait remarquer le comité toulousain de la Campagne BDS France :

« Aucun compromis de la campagne BDS avec des médias au service de l’extrême droite.

La dernière action menée par BDS31 contre la complicité de Carrefour avec les entreprises israéliennes a failli être récupérée par une agence de presse au service de la droite antisémite. Mal renseignés sur l’Agence Info Libre (AIL), nous avons accepté qu’elle nous accompagne au cours de l’action. Mais renseignements pris nous avons exigé de cette agence qu’elle ne mette pas en ligne la vidéo de 20 minutes qu’elle avait préparé.

La campagne BDS vaut pour son refus de toute complaisance avec des médias relayant les thèses de l’extrême droite, amalgamant ainsi antisionisme et antisémitisme. Et c’est le cas d’AIL. Après notre refus de voir sa vidéo publiée AIL cherche à salir la campagne BDS. Ceci en dit long sur son intérêt pour la campagne que nous menons. »

Concernant le 26 mars dernier, c’est déjà votre titre qui en dit long sur votre intérêt pour la campagne de boycott que nous menons. « Face à face entre la LDJ et BDS devant L’Université Paris 1 » : vous mettez donc dos à dos le groupuscule violent LDJ (que vous connaissez pourtant bien pour avoir eu affaire à eux), et les militants de la campagne BDS. De plus, dans ce titre et le court article qui accompagne la vidéo, vous mettez en avant ce « face à face » et non l’objet de la conférence, faisant ressorti le côté « sensationnel » pour « buzzer », faire du clic… N’est-ce pas là un des reproches que vous faites aux médias « mainstream » ? Si c’est votre conception de l’ « Info Libre », permettez-nous de nous en passer.

Nous vous demandons de retirer votre vidéo et de publier ce droit de réponse pour justifier ce retrait.

Génération Palestine Paris et  la Campagne BDS France




« Un de nous est blessé… » par Farid Esack

Farid Esack est en tournée en France dans le cadre de l’édition 2015 de l’Israeli Apartheid Week.

Introduction à la vidéo de Sally Shawl, texte lu par Farid Esack, An Open Letter to the Palestinian People, https://www.youtube.com/watch?v=1skU_nVaMl8.

Je suis allé en Israël et en Cisjordanie en novembre 2010 pour y voir sur place la situation : pour rencontrer les gens et entendre leurs histoires ; pour sentir la réalité de la vie quotidienne de part et d’autres d’Israël comme de la Cisjordanie.

En chemin entre une rencontre à Jérusalem et une autre près de Ramallah, la route nous a mené au long du mur de séparation froid et gris érigé par Israël. Alors que nous roulions, j’ai commencé à remarquer qu’il y avait un texte près du sommet, qui s’étendait dans les deux sens aussi loin que l’on pouvait voir. Il ressemblait à un message parlant de l’apartheid. Nous avons fait demi-tour, nous sommes revenus au début et nous l’avons filmé dans sa totalité. Comme il s’est avéré, c’est une Lettre ouverte au peuple de Palestine du théologien sud-africain le docteur Farid Esack. Voici son message ci-après.

Un de nous est blessé…

Mes chers sœurs et frères palestiniens,

Je suis arrivé dans votre pays, et j’y ai reconnu les ombres qui ont plané sur mien. Mon pays a été, autrefois, un pays où certains s’imaginaient pouvoir construire leur sécurité au dépens de la sécurité d’autres personnes. Selon eux, leur peau plus claire et leurs origines européennes leur donnaient le droit de déposséder ceux à la peau plus noire qui vivaient dans le pays depuis des millénaires. Je viens d’un pays où un groupe de personnes, les Afrikaners, ont connu de réelles souffrances aux mains des Anglais.  Ces Anglais les méprisaient et en ont emprisonné beaucoup dans des camps de concentration. Près d’un sixième de leur population a péri à l’époque.

Alors les Afrikaners ont dit, “Plus jamais !” Ils voulaient dire par là qu’il ne fallait plus jamais qu’on les fasse souffrir sans comprendre que leur humanité était liée à celle de tous autres humains. De leur douleur est née l’idée qu’ils étaient un peuple élu par Dieu pour vivre dans une Terre Promise. Et c’est ainsi qu’ils ont occupé cette terre, cette terre qui appartenait à d’autres, et qu’ils se sont construit leur sécurité aux dépens de la sécurité du peuple noir. Plus tard, ces Afrikaners se sont alliés aux descendants de leurs ennemis d’autrefois, ceux qu’on appelait « les Anglais ». Les nouveaux alliés, appelés maintenant simplement « les Blancs », se sont dressés contre les Noirs, qui ont du payer un terrible tribut : dépossédés, exploités et marginalisés par le racisme des Blancs qui s’est entremêlé avec les peurs des Afrikaners et l’idée du peuple élu. Et bien sûr, avec ce crime vieux comme le monde : la rapacité.

Je suis issu de l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid.

A mon arrivée dans votre pays, le sentiment du « déjà vu » était incontournable. Je suis frappé par les similitudes. Nous sommes tous en quelque sorte les enfants de notre histoire. Mais nous pouvons aussi choisir d’être touchés par les histoires des autres. Cette capacité est sans doute ce que nous appelons la moralité. Nous ne sommes pas toujours en mesure d’agir face à ce que nous voyons, mais nous avons toujours la liberté de voir, et d’être touchés.

Je viens d’un pays où des gens, au nom de la liberté, ont affronté des attaques au bulldozer, des tirs de fusil, de mitrailleuse et de gaz lacrymogènes. Nous avons résisté à une époque où résister n’était pas à la mode. Et maintenant que nous sommes libres, tout le monde affirme qu’ils ont toujours été avec nous. C’est un peu comme en Europe après la deuxième guerre mondiale. Pendant la guerre, les résistants étaient peu nombreux. Après, on ne trouvait plus un seul sympathisant des nazis, et la très grande majorité déclarait avoir toujours soutenu la résistance.

Je suis étonné de voir à quel point des gens tout à fait honnêtes et bien intentionnés par ailleurs se mettent à tergiverser dès qu’il est question d’Israël et des souffrances des Palestiniens. Voyant cela, je me pose des questions sur ce que nous entendons par honnêteté. L’objectivité, la modération, la capacité de voir les choses des deux côtés, tout ce qui marque la pensée honnêtes, n’ont-elles pas des limites? La modération en présence d’une réelle injustice est-elle réellement de mise ? Les deux parties méritent-elles toujours le même traitement, par exemple dans une situation de violence conjugale – une femme battue par un homme qui avait lui-même subi des violences de son père il y a longtemps – parce l’homme aussi est une « victime »?

Nous demandons au monde d’agir maintenant pour mettre fin à la dépossession des Palestiniens. Nous devons faire cesser leur humiliation quotidienne aux checkpoints, en finir avec la honte de ce Mur de l’Apartheid qui coupe les gens de leurs terres, de leur travail et de leur histoire, et lutter contre la torture, l’incarcération sans jugement et les assassinats ciblés de ceux qui osent résister. Notre humanité exige que chacun qui reconnaît le mal en son temps se dresse contre lui, même si ce n’est pas à la mode. Reconnaître et agir contre le mal, c’est réellement renforcer notre humanité. Devant l’oppression, la dépossession ou l’occupation, nous agissons pour que notre propre humanité ne soit pas diminuée par notre silence face à la dégradation d’autres membres de notre famille humaine. Si on vous dévalorise en tant qu’être humain, on me dévalorise aussi. En agissant pour vous défendre, je me défends aussi – je défends l’humain que je suis aujourd’hui, mais aussi mon humanité vulnérable de demain.

Parler de moralité, c’est parler de la capacité d’être touché par des intérêts au-delà de son appartenance ethnique, religieuse ou nationale. Quand notre vision du monde et nos relations avec les autres sont modelés par l’égocentrisme — vis à vis de notre religion, notre survie, notre sécurité ou notre ethnicité – alors, inéluctablement, nous en deviendrons  tôt ou tard les victimes à notre tour. Quand les humains revendiquent « la réalité », ou la « realpolitik », comme des valeurs en soi, ils le font en général dans leur propre intérêt, même s’ils le justifient selon une logique fondée sur l’ethnicité. Ainsi, même si le but de votre action est d’obtenir du pétrole ou un avantage stratégique, vous la justifiez en invoquant la nécessité d’instaurer la démocratie. Ou encore, vous cherchez à justifier votre pratique de l’esclavage sous le prétexte rassurant que les victimes noires du système seraient peut-être mortes de faim si on les avait laissé en Afrique. Etre un humain, un vrai – être mensch – c’est autre chose. C’est être capable de dépasser les intérêts particuliers et de comprendre que l’approfondissement de l’humanité est liée au bien de l’autre. Quand la ségrégation des humains devient un dogme et une idéologie, quand elle est imposée et mise en application par la loi, cela s’appelle l’apartheid. Quand certains sont privilégiés simplement parce qu’il sont nés dans un groupe ethnique donné et qu’ils exploitent leurs privilèges pour déposséder d’autres personnes et user de pratiques discriminatoires à leur encontre, cela s’appelle l’apartheid. Aussi réel que soit le traumatisme qui l’a engendré, aussi profonde que soit la croyance religieuse qui sous-tend le tout, cela s’appelle l’apartheid. Notre façon de répondre à notre propre souffrance et à l’indifférence ou la culpabilité du monde ne justifie jamais le fait de faire souffrir d’autres personnes ou de rester indifférent face au traumatisme qu’ils subissent. La ségrégation devient alors un principe qui permet d’ignorer l’existence de l’autre avec lequel nous partageons un espace de vie. Et il devient aussi le moyen de nier les souffrances et les humiliations subies par l’autre.

Nous ne nions en aucun cas les souffrances subies par les oppresseurs au cours de leur existence individuelle ou collective; simplement, nous refusons l’idée que d’autres doivent en devenir les victimes par la suite. Nous refusons la manipulation de ces souffrances pour servir des intérêts politiques et expansionnistes. Nous n’acceptons pas de payer le prix de la dépossession parce qu’une puissance impérialiste a besoin d’un allié solide en cette partie du globe.

Pour les Sud-africains, s’exprimer sur la vie ou la mort du peuple palestinien, c’est aussi tenter de préserver notre idéal d’une société morale qui ne serait jamais complice de la souffrance des autres. Il existe bien sûr d’autres exemples d’oppression, de dépossession et de marginalisation dans le monde. Pourtant, aucun n’est aussi reconnaissable pour nous qui avons subi, survécu et finalement surmonté l’apartheid. Pour ceux d’entre nous qui avons vécu l’apartheid en Afrique du Sud et lutté pour nous libérer de ce régime et de tout ce qu’il représentait, la Palestine illustre à bien des égards ce qui reste inachevé dans notre lutte.

Je suis donc venu ici, comme beaucoup d’autres qui ont participé à la lutte contre l’apartheid, et nous avons vu des choses qui nous rappellent ce que nous avons subi. L’Archevêque Desmond Tutu avait évidemment raison de dire à quel point la condition des Palestiniens lui rappelait ce qui nous était arrivé en Afrique du Sud, et de se demander: “Pourquoi avons-nous la mémoire si courte ?  Les Juifs qui sont nos frères et sœurs ont-ils oublié leur propre humiliation ?” Pourtant, à plusieurs égards, ce que nous voyons ici dans votre pays est plus brutal encore, plus implacable et plus inhumain que tout ce que nous avons vécu pendant l’apartheid. En quelque sorte, mes frères et sœurs, je suis gêné de vous voir obligés d’utiliser ce mot qui était autrefois réservé à notre situation, afin d’attirer l’attention à la vôtre.

Les Blancs d’Afrique du Sud ont bien sûr essayé de contrôler les Noirs. Cependant, ils n’ont jamais tenté de nier l’existence même des Noirs, ni entretenu le fantasme de leur disparition pure et simple. Nous n’avons pas vécu une occupation militaire qui privait les occupés de tous leurs droits. Nous n’avons pas connu la barbarie multiforme de ces punitions collectives consistant à démolir les maisons et détruire les vergers appartenant aux familles de rebelles présumés, ni l’expulsion physique de ces familles. Les tribunaux de l’apartheid en Afrique du Sud n’ont jamais légitimé la torture. Les Blancs sud-africains n’ont jamais eu carte blanche pour humilier les Sud-africains noirs comme les colons semblent l’avoir ici. Mêmes les pires fanatiques n’auraient jamais imaginé quelque chose d’aussi macabre que ce mur. Ni la police ni l’armée de l’apartheid n’a jamais tiré des missiles ou envoyé des bombes sur des cibles majoritairement civiles. Les Blancs en Afrique du Sud formaient une communauté stable qui, au bout de plusieurs siècles, a finalement du composer avec les Noirs (ne serait-ce que parce que leur économie en dépendait). L’idée sioniste qui fait d’Israël le lieu de rassemblement de tous les Juifs – anciens et nouveaux, convertis, reconvertis ou « régénérés » – est profondément problématique, car l’idée de tendre la main à son voisin n’y a aucune place.  L’idée semble au contraire de se débarrasser de ses voisins –  ce l’on appelle le nettoyage ethnique – et de les remplacer systématiquement par d’autres.

Au temps de notre résistance à l’apartheid, nous étions conscients de la contribution inestimable de la solidarité internationale à la lutte pour mettre fin à des siècles d’oppression.   Aujourd’hui, nous n’avons d’autre choix que de contribuer à notre tour au combat des Palestiniens pour la liberté. Nous le faisons en ayant pleinement conscience que votre liberté contribuera aussi à la liberté de bien des Juifs de réaliser pleinement leur humanité, tout comme la fin de l’apartheid a rendu cette même liberté aux Blancs d’Afrique du Sud. Au plus fort de notre combat pour la liberté, nous n’avons jamais cessé de rappeler à notre peuple que notre combat était aussi un combat pour la libération des Blancs. L’apartheid diminuait les Blancs dans leur humanité tout comme l’injustice envers les femmes diminue l’humanité des hommes. C’est la libération qui permet à l’oppresseur de reconquérir son humanité, et Israël ne fait pas exception à cet égard. Lors des rassemblements publics pendant le combat pour la liberté en Afrique du Sud, l’orateur du moment lançait souvent « Un de nous est blessé… » et la foule répondait « …Nous sommes tous blessés! ». A l’époque, pour nous, la portée de cette phrase était quelque peu limitée, et peut-être en sera-t-il toujours ainsi. Mais ce que nous savons, c’est que la blessure infligée au peuple palestinien est une blessure pour nous tous. Inéluctablement, une blessure infligée à autrui revient hanter l’agresseur. Il est impossible d’arracher la peau d’un autre humain sans porter atteinte en même temps à sa propre humanité. Face à cette monstruosité, ce Mur de l’apartheid, nous vous offrons autre chose – notre solidarité avec le peuple palestinien. Nous vous déclarons notre engagement à vos côtés dans votre combat pour mettre fin à la ségrégation, pour surmonter l’injustice et pour venir à bout de la rapacité, la division et l’exploitation.

Nous avons vu que nos opprimés de hier – en Afrique du Sud pendant l’apartheid et en Israël aujourd’hui – peuvent devenir les oppresseurs d’aujourd’hui.  Nous sommes donc à vos côtés pour réaliser votre rêve de créer une société où tous, de toutes origines ethniques et de toutes religions, vivront libres et égaux.

Nous continuons à nous inspirer des paroles de Nelson Mandela, père de notre nation et héros du peuple palestinien. En 1964, il a été jugé coupable de trahison et condamné à mort. Il s’est tourné vers les juges et leur a dit: « J’ai lutté contre la domination des blancs, et j’ai lutté contre la domination des noirs. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait en harmonie et avec les mêmes chances. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre. Mais, s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ».

 

Traduit en français par Ilona Bossanyi

Texte original: Farid Esack: Open Letter to the Palestinian People

Source: An Injury to one… http://electronicintifada.net/content/injury-one/8223

Mur_texte_Farid_Esack_02

Je suis allé en Israël et en Cisjordanie en novembre 2010 pour y voir sur place la situation : pour rencontrer les gens et entendre leurs histoires ; pour sentir la réalité de la vie quotidienne de part et d’autres d’Israël comme de la Cisjordanie.

En chemin entre une rencontre à Jérusalem et une autre près de Ramallah, la route nous a mené au long du mur de séparation froid et gris érigé par Israël. Alors que nous roulions, j’ai commencé à remarquer qu’il y avait un texte près du sommet, qui s’étendait dans les deux sens aussi loin que l’on pouvait voir. Il ressemblait à un message parlant de l’apartheid. Nous avons fait demi-tour, nous sommes revenus au début et nous l’avons filmé dans sa totalité. Comme il s’est avéré, c’est une Lettre ouverte au peuple de Palestine du théologien sud-africain le docteur Farid Esack. Voici son message ci-après.

(Introduction à la vidéo de Sally Shawl, texte lu par Farid Esack, An Open Letter to the Palestinian People, https://www.youtube.com/watch?v=1skU_nVaMl8).

Un de nous est blessé…

Mes chers sœurs et frères palestiniens,

Je suis arrivé dans votre pays, et j’y ai reconnu les ombres qui ont plané sur mien. Mon pays a été, autrefois, un pays où certains s’imaginaient pouvoir construire leur sécurité au dépens de la sécurité d’autres personnes. Selon eux, leur peau plus claire et leurs origines européennes leur donnaient le droit de déposséder ceux à la peau plus noire qui vivaient dans le pays depuis des millénaires. Je viens d’un pays où un groupe de personnes, les Afrikaners, ont connu de réelles souffrances aux mains des Anglais.  Ces Anglais les méprisaient et en ont emprisonné beaucoup dans des camps de concentration. Près d’un sixième de leur population a péri à l’époque.

Alors les Afrikaners ont dit, “Plus jamais !” Ils voulaient dire par là qu’il ne fallait plus jamais qu’on les fasse souffrir sans comprendre que leur humanité était liée à celle de tous autres humains. De leur douleur est née l’idée qu’ils étaient un peuple élu par Dieu pour vivre dans une Terre Promise. Et c’est ainsi qu’ils ont occupé cette terre, cette terre qui appartenait à d’autres, et qu’ils se sont construit leur sécurité aux dépens de la sécurité du peuple noir. Plus tard, ces Afrikaners se sont alliés aux descendants de leurs ennemis d’autrefois, ceux qu’on appelait « les Anglais ». Les nouveaux alliés, appelés maintenant simplement « les Blancs », se sont dressés contre les Noirs, qui ont du payer un terrible tribut : dépossédés, exploités et marginalisés par le racisme des Blancs qui s’est entremêlé avec les peurs des Afrikaners et l’idée du peuple élu. Et bien sûr, avec ce crime vieux comme le monde : la rapacité.

Je suis issu de l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid.

A mon arrivée dans votre pays, le sentiment du « déjà vu » était incontournable. Je suis frappé par les similitudes. Nous sommes tous en quelque sorte les enfants de notre histoire. Mais nous pouvons aussi choisir d’être touchés par les histoires des autres. Cette capacité est sans doute ce que nous appelons la moralité. Nous ne sommes pas toujours en mesure d’agir face à ce que nous voyons, mais nous avons toujours la liberté de voir, et d’être touchés.

Je viens d’un pays où des gens, au nom de la liberté, ont affronté des attaques au bulldozer, des tirs de fusil, de mitrailleuse et de gaz lacrymogènes. Nous avons résisté à une époque où résister n’était pas à la mode. Et maintenant que nous sommes libres, tout le monde affirme qu’ils ont toujours été avec nous. C’est un peu comme en Europe après la deuxième guerre mondiale. Pendant la guerre, les résistants étaient peu nombreux. Après, on ne trouvait plus un seul sympathisant des nazis, et la très grande majorité déclarait avoir toujours soutenu la résistance.

Je suis étonné de voir à quel point des gens tout à fait honnêtes et bien intentionnés par ailleurs se mettent à tergiverser dès qu’il est question d’Israël et des souffrances des Palestiniens. Voyant cela, je me pose des questions sur ce que nous entendons par honnêteté. L’objectivité, la modération, la capacité de voir les choses des deux côtés, tout ce qui marque la pensée honnêtes, n’ont-elles pas des limites? La modération en présence d’une réelle injustice est-elle réellement de mise ? Les deux parties méritent-elles toujours le même traitement, par exemple dans une situation de violence conjugale – une femme battue par un homme qui avait lui-même subi des violences de son père il y a longtemps – parce l’homme aussi est une « victime »?

Nous demandons au monde d’agir maintenant pour mettre fin à la dépossession des Palestiniens. Nous devons faire cesser leur humiliation quotidienne aux checkpoints, en finir avec la honte de ce Mur de l’Apartheid qui coupe les gens de leurs terres, de leur travail et de leur histoire, et lutter contre la torture, l’incarcération sans jugement et les assassinats ciblés de ceux qui osent résister. Notre humanité exige que chacun qui reconnaît le mal en son temps se dresse contre lui, même si ce n’est pas à la mode. Reconnaître et agir contre le mal, c’est réellement renforcer notre humanité. Devant l’oppression, la dépossession ou l’occupation, nous agissons pour que notre propre humanité ne soit pas diminuée par notre silence face à la dégradation d’autres membres de notre famille humaine. Si on vous dévalorise en tant qu’être humain, on me dévalorise aussi. En agissant pour vous défendre, je me défends aussi – je défends l’humain que je suis aujourd’hui, mais aussi mon humanité vulnérable de demain.

Parler de moralité, c’est parler de la capacité d’être touché par des intérêts au-delà de son appartenance ethnique, religieuse ou nationale. Quand notre vision du monde et nos relations avec les autres sont modelés par l’égocentrisme — vis à vis de notre religion, notre survie, notre sécurité ou notre ethnicité – alors, inéluctablement, nous en deviendrons  tôt ou tard les victimes à notre tour. Quand les humains revendiquent « la réalité », ou la « realpolitik », comme des valeurs en soi, ils le font en général dans leur propre intérêt, même s’ils le justifient selon une logique fondée sur l’ethnicité. Ainsi, même si le but de votre action est d’obtenir du pétrole ou un avantage stratégique, vous la justifiez en invoquant la nécessité d’instaurer la démocratie. Ou encore, vous cherchez à justifier votre pratique de l’esclavage sous le prétexte rassurant que les victimes noires du système seraient peut-être mortes de faim si on les avait laissé en Afrique. Etre un humain, un vrai – être mensch – c’est autre chose. C’est être capable de dépasser les intérêts particuliers et de comprendre que l’approfondissement de l’humanité est liée au bien de l’autre. Quand la ségrégation des humains devient un dogme et une idéologie, quand elle est imposée et mise en application par la loi, cela s’appelle l’apartheid. Quand certains sont privilégiés simplement parce qu’il sont nés dans un groupe ethnique donné et qu’ils exploitent leurs privilèges pour déposséder d’autres personnes et user de pratiques discriminatoires à leur encontre, cela s’appelle l’apartheid. Aussi réel que soit le traumatisme qui l’a engendré, aussi profonde que soit la croyance religieuse qui sous-tend le tout, cela s’appelle l’apartheid. Notre façon de répondre à notre propre souffrance et à l’indifférence ou la culpabilité du monde ne justifie jamais le fait de faire souffrir d’autres personnes ou de rester indifférent face au traumatisme qu’ils subissent. La ségrégation devient alors un principe qui permet d’ignorer l’existence de l’autre avec lequel nous partageons un espace de vie. Et il devient aussi le moyen de nier les souffrances et les humiliations subies par l’autre.

Nous ne nions en aucun cas les souffrances subies par les oppresseurs au cours de leur existence individuelle ou collective; simplement, nous refusons l’idée que d’autres doivent en devenir les victimes par la suite. Nous refusons la manipulation de ces souffrances pour servir des intérêts politiques et expansionnistes. Nous n’acceptons pas de payer le prix de la dépossession parce qu’une puissance impérialiste a besoin d’un allié solide en cette partie du globe.

Pour les Sud-africains, s’exprimer sur la vie ou la mort du peuple palestinien, c’est aussi tenter de préserver notre idéal d’une société morale qui ne serait jamais complice de la souffrance des autres. Il existe bien sûr d’autres exemples d’oppression, de dépossession et de marginalisation dans le monde. Pourtant, aucun n’est aussi reconnaissable pour nous qui avons subi, survécu et finalement surmonté l’apartheid. Pour ceux d’entre nous qui avons vécu l’apartheid en Afrique du Sud et lutté pour nous libérer de ce régime et de tout ce qu’il représentait, la Palestine illustre à bien des égards ce qui reste inachevé dans notre lutte.

Je suis donc venu ici, comme beaucoup d’autres qui ont participé à la lutte contre l’apartheid, et nous avons vu des choses qui nous rappellent ce que nous avons subi. L’Archevêque Desmond Tutu avait évidemment raison de dire à quel point la condition des Palestiniens lui rappelait ce qui nous était arrivé en Afrique du Sud, et de se demander: “Pourquoi avons-nous la mémoire si courte ?  Les Juifs qui sont nos frères et sœurs ont-ils oublié leur propre humiliation ?” Pourtant, à plusieurs égards, ce que nous voyons ici dans votre pays est plus brutal encore, plus implacable et plus inhumain que tout ce que nous avons vécu pendant l’apartheid. En quelque sorte, mes frères et sœurs, je suis gêné de vous voir obligés d’utiliser ce mot qui était autrefois réservé à notre situation, afin d’attirer l’attention à la vôtre.

Les Blancs d’Afrique du Sud ont bien sûr essayé de contrôler les Noirs. Cependant, ils n’ont jamais tenté de nier l’existence même des Noirs, ni entretenu le fantasme de leur disparition pure et simple. Nous n’avons pas vécu une occupation militaire qui privait les occupés de tous leurs droits. Nous n’avons pas connu la barbarie multiforme de ces punitions collectives consistant à démolir les maisons et détruire les vergers appartenant aux familles de rebelles présumés, ni l’expulsion physique de ces familles. Les tribunaux de l’apartheid en Afrique du Sud n’ont jamais légitimé la torture. Les Blancs sud-africains n’ont jamais eu carte blanche pour humilier les Sud-africains noirs comme les colons semblent l’avoir ici. Mêmes les pires fanatiques n’auraient jamais imaginé quelque chose d’aussi macabre que ce mur. Ni la police ni l’armée de l’apartheid n’a jamais tiré des missiles ou envoyé des bombes sur des cibles majoritairement civiles. Les Blancs en Afrique du Sud formaient une communauté stable qui, au bout de plusieurs siècles, a finalement du composer avec les Noirs (ne serait-ce que parce que leur économie en dépendait). L’idée sioniste qui fait d’Israël le lieu de rassemblement de tous les Juifs – anciens et nouveaux, convertis, reconvertis ou « régénérés » – est profondément problématique, car l’idée de tendre la main à son voisin n’y a aucune place.  L’idée semble au contraire de se débarrasser de ses voisins –  ce l’on appelle le nettoyage ethnique – et de les remplacer systématiquement par d’autres.

Au temps de notre résistance à l’apartheid, nous étions conscients de la contribution inestimable de la solidarité internationale à la lutte pour mettre fin à des siècles d’oppression.   Aujourd’hui, nous n’avons d’autre choix que de contribuer à notre tour au combat des Palestiniens pour la liberté. Nous le faisons en ayant pleinement conscience que votre liberté contribuera aussi à la liberté de bien des Juifs de réaliser pleinement leur humanité, tout comme la fin de l’apartheid a rendu cette même liberté aux Blancs d’Afrique du Sud. Au plus fort de notre combat pour la liberté, nous n’avons jamais cessé de rappeler à notre peuple que notre combat était aussi un combat pour la libération des Blancs. L’apartheid diminuait les Blancs dans leur humanité tout comme l’injustice envers les femmes diminue l’humanité des hommes. C’est la libération qui permet à l’oppresseur de reconquérir son humanité, et Israël ne fait pas exception à cet égard. Lors des rassemblements publics pendant le combat pour la liberté en Afrique du Sud, l’orateur du moment lançait souvent « Un de nous est blessé… » et la foule répondait « …Nous sommes tous blessés! ». A l’époque, pour nous, la portée de cette phrase était quelque peu limitée, et peut-être en sera-t-il toujours ainsi. Mais ce que nous savons, c’est que la blessure infligée au peuple palestinien est une blessure pour nous tous. Inéluctablement, une blessure infligée à autrui revient hanter l’agresseur. Il est impossible d’arracher la peau d’un autre humain sans porter atteinte en même temps à sa propre humanité. Face à cette monstruosité, ce Mur de l’apartheid, nous vous offrons autre chose – notre solidarité avec le peuple palestinien. Nous vous déclarons notre engagement à vos côtés dans votre combat pour mettre fin à la ségrégation, pour surmonter l’injustice et pour venir à bout de la rapacité, la division et l’exploitation.

Nous avons vu que nos opprimés de hier – en Afrique du Sud pendant l’apartheid et en Israël aujourd’hui – peuvent devenir les oppresseurs d’aujourd’hui.  Nous sommes donc à vos côtés pour réaliser votre rêve de créer une société où tous, de toutes origines ethniques et de toutes religions, vivront libres et égaux.

Nous continuons à nous inspirer des paroles de Nelson Mandela, père de notre nation et héros du peuple palestinien. En 1964, il a été jugé coupable de trahison et condamné à mort. Il s’est tourné vers les juges et leur a dit: « J’ai lutté contre la domination des blancs, et j’ai lutté contre la domination des noirs. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait en harmonie et avec les mêmes chances. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre. Mais, s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ».

Traduit en français par Ilona Bossanyi

Texte original: Farid Esack: Open Letter to the Palestinian People

Source: An Injury to one… http://electronicintifada.net/content/injury-one/8223




CHANGEMENT DE DATE ! L’apartheid israélien s’invite à Sciences Po !

La semaine contre l’Apartheid israélien, qui dénonce chaque année dans les universités du monde entier la politique coloniale d’Israël, est encore une fois victime de la censure en France. Le 9 mars dernier, la présidence de Paris 8 tentait en effet d’empêcher une conférence-débat portant sur le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions), qui vise à mobiliser la société civile internationale pour mettre fin à la politique expan-sioniste israélienne. L’université Paris 1 souhaite désormais interdire la tenue d’une conférence le 26 mars à laquelle devait participer un ancien conseiller du président Mandela, sur la base de motifs administratifs fallacieux.Alors que toute critique radicale de la politique israélienne est menacée de censure dans les universités françaises, Sciences Po autorise la tenue d’une conférence propagande qui, sous couvert d’un thème progressiste, normalise la politique criminelle de l’État israélien contre les Palestiniens.

Le lundi 30 mars [REPORTE AU MERCREDI 1ER AVRIL], l’association « Paris Tel-Aviv » organise une conférence sur le thème « Être femme en Israël ». Parmi les invitées figurent Michal Philosph, porte-parole de l’ambassade d’Israël en France. Celle-ci déclarait à l’antenne de la radio RMC le 19 novembre 2014 que la colonisation israélienne, illégale au regard du droit international, n’était que « le fruit d’une croissance naturelle » des colonies. Bar Ben Yaacov, autre invitée de la conférence, est quant à elle déléguée de l’Agence Juive, institution-clef de la colonisation israélienne. M. Bar Ben Yaacov est par ailleurs ancienne officier de l’armée israélienne, responsable de la mort de plus de 2100 personnes, dont 70% de civils, lors de la dernière agression contre Gaza. « Paris Tel Aviv » invite enfin Muriel Touaty, président de l’Association France du Technion, qui collabore directement avec l’industrie militaire israélienne responsable des massacres de civils palestiniens.

Cette conférence ne se contente pas de normaliser la politique criminelle de l’Etat israélien. Sous couvert d’un thème progressiste, celui de l’autonomisation des femmes, elle invite en plus ses représentantes officielles, y compris  une ancienne officier de l’armée !

Contre la normalisation de l’Etat d’apartheid israélien, nous exigeons l’annulation de cette conférence qui offre une tribune scandaleuse à des représentants officiels d’un Etat voyou. Si celle-ci ne devait pas être annulée, nous appelons à un

 

Rassemblement de protestation devant Sciences Po le MERCREDI 1ER AVRIL dès 17h au 27 rue Saint-Guillaume

 

​Premiers signataires :
​Solidaires Etudiant-e-s Sciences Po, BDS, Sortir du Colonialisme, PIR, UJFP, Collectif Palestine P8, Americans Against the War et Génération Palestine​


SciencesPo rolls out the red carpet to the Israeli apartheid

The Israeli Apartheid Week, that aims to advocate against the Israeli Apartheid policies on campus world wide, is once again tried to be shut down in France. The Mars 9, the Presidency of Paris 8 Saint-Denis tried to prevent the conference on the BDS campaign, that mobilizes the international civil society to end the Israeli expan-sionist-ic policy. Paris 1 Sorbonne refuses to host too a conference that condemn the Israeli criminal policy. The censorship of the conference, featuring Mandela former appointee, has been as always justify by spurious administrative excuses.

While any radical criticisms againt the israeli policies are threatened to be censored in every french universities, SciencesPo hosts a propaganda conference that, under the guize of progressive themes, normalizes the criminal policies of the State of Israel against the Palestinians.

In deed, Monday March the 30th, the student association « Paris Tel aviv » organized a conference on « Being a woman in Israel ». Among the speaker, Michal Philosoph, spokesperson of the Israeli embassy in France, who declared on the radio RMC November 19 2014 the colonization, illagale according to international laws, is « the outcome of the natural growing » of the settlements.

Bar Ben Yaacov is representative of the Jewish Agency, zionist organization that acttively promote the jewish immigration to israel, while millions of Palestinians living in refugees camps are still forbidden to return to their home land. She is also a former officer of the IDF, the « most moral army in the world », this army responsible of the death of more than 2100 people, 70% civilians according to the UN, last summer attack on Gaza.

If this was not enough already, Paris Tel Aviv, misleadingly a cultural association, invites Muriel Touaty, president of the Association France du Technion, that collaborates with the military-industrial complex, responsible of killing Palestinians civilians. This conference, with every others actions of Paris Tel Aviv, is not only aiming to normalize the criminal policy of the State of Israel, it also invites its official representatives, including former military officer. Adding insult to injury, it does this under the guize of the progressive subject that are women rights.

Against the normalization of the Israeli Apartheid State, we demands the cancellation of the conference, that offers a scandalous forum to officials representatives of a rogue State. If this was cancelled, we are calling for

a demonstration before SciencesPo, Wednesday April the 1st starting at 5pm, 27 rue saint Guillaume

 

​​First signatories :

Solidaires Etudiant-e-s Sciences Po, BDS, Sortir du Colonialisme, PIR, UJFP, Collectif Palestine P8, Americans Against the War et Génération Palestine​​
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Appel de centaines de personnalités du monde entier contre la censure




Contre la censure à l’Université Paris 1


English version below

Le 26 mars prochain, Génération Palestine Paris organise une réunion publique dans le cadre de la « Israeli Apartheid Week » : semaine d’action internationale dans les universités. C’est dans ce cadre que s’inscrit la conférence-débat, qui a pour but de dénoncer la politique coloniale, expansionniste et d’apartheid mise en place par l’État d’Israël, en faisant intervenir des acteurs de renom sur le sujet.

Les intervenants à cette conférence-débat sont : Farid Esack, président de la campagne BDS Afrique du Sud (Boycott Désinvestissement Sanctions contre Israël) et ancien commissaire à l’égalité des sexes nommé par Mandela en tournée exceptionnelle en France (ceci est sa première date),  Bilal Afandi, militant palestinien titulaire d’un master en travail social de passage en France et Ivar Ekeland, président de l’Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine et universitaire de renom.

Alors qu’une demande a été soumise à l’administration pour l’attribution d’un amphithéâtre au centre Pierre Mendès France, rattaché à l’Université Paris 1, l’université nous a informé de l’interdiction de cette conférence le 24 mars soit deux jours avant l’événement dans l’objectif de nous prendre au dépourvu, d’empêcher toute possibilité d’y organiser notre réunion publique et de minimiser notre capacité de réaction.

Les raisons de la censure de cet événement ne sont pas clairement énoncées par l’administration qui prétexte l’interdiction par des formalités administratives qui ne conviendraient pas.

Cédant une fois de plus à l’autoritarisme, la faculté de Paris 1 cautionne par sa décision de nous censurer la politique criminelle d’Israël en empêchant, comme par le passé, toute expression allant à l’encontre de la politique de colonisation israélienne.

Les raisons de la censure de cet événement ne sont pas claires. Serait-ce parce que les étudiant.e.s mobilisé.e.s de l’université auraient l’audace d’inscrire leur événement dans le cadre de la « Israeli Apartheid Week », semaine internationale de lutte et de réflexion contre la politique d’apartheid d’Israël ? Doit-on rappeler que cette semaine se tient depuis des années dans de nombreuses autres universités dans le monde, Angleterre, aux États-Unis, en Palestine, en Afrique du Sud, et dans plusieurs pays d’Amérique Latine ? En France, les tentatives de censure sont systématiques et les facultés parisiennes n’en sont pas à leur premier coup d’essai.

Après Stéphane Hessel censuré à l’ENS en 2011, un colloque sur la Palestine censuré en 2012 à Paris8, une conférence censurée à l’IEP de Lyon en 2012 et 2014, une conférence censurée à Science Po Nancy en février, une exposition censurée à l’Université d’Aix en Provence en mars, c’est cette fois l’Université de Paris1 qui s’illustre dans ce type d’entrave à la liberté d’expression au sein du milieu universitaire.

Cette criminalisation du mouvement de solidarité avec la Palestine est inacceptable et exige une mobilisation de toutes les forces progressistes de la faculté et d’ailleurs. Pour que la faculté reste un espace où règne la liberté d’expression !

Malgré la censure de l’université, la calomnie des médias sionistes quant aux intervenants, la conférence aura lieu !!! Nous vous donnons rendez-vous devant l’université Paris 1 (Tolbiac, Métro Olympiades, ligne 14, à 18 heures) ce jeudi, où les intervenants vous attendent de pied ferme. L’université est un lieu d’échange et de débat, et nous le prouverons !

Génération Palestine Paris, le 24/03/2015.

 

Signataires :  Génération Palestine Europe, Americans Against the War (AAW), Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine-Strasbourg, Sortir Du Colonialisme, CCIPPP34 (Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien 34), AURDIP (Association des Universitaires pour le respect du Droit International en palestine), communauté des familles franco-palestinienne de France (Abna Philistine), Fédération Solidaires Etudiant-e-s, Union Syndicale Solidaires, Sud éducation Paris 1, Solidaire Étudiants Paris1, Palestine 52, Survivants 13, l’AFPS Paris-Sud (Paris 13e), AFPS 63, Collectif Intifada 76, AFPS Paris centre, Association des Marocains de France…

Avec le soutien de la campagne BDS France* qui organise la tournée de Farid Esack en France
*liste des organisations signataires de la Campagne BDS France
ASSOCIATIONS/ ORGANISATIONS NATIONALES
ABNA PHILISTINE
ALLIANCE FOR FREEDOM AND DIGNITY (AFD)
ALTERNATIVE LIBERTAIRE
AMÉRICAINS CONTRE LA GUERRE – AMERICANS AGAINST THE WAR (AAW FRANCE)
ASSOCIATION DES PALESTINIENS EN FRANCE (APF)
ASSOCIATION DES TRAVAILLEURS MAGHRÉBINS EN FRANCE (ATMF)
ASSOCIATION DES TUNISIENS EN FRANCE (ATF)
ASSOCIATION DES UNIVERSITAIRES POUR LE RESPECT DU DROIT INTERNATIONAL EN PALESTINE (AURDIP)
ATTAC FRANCE
CAMPAGNE CIVILE INTERNATIONALE POUR LA PROTECTION DU PEUPLE PALESTINIEN (CCIPPP)
COLLECTIF CALADOIS DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN
COLLECTIF DES FEMINISTES POUR L’EGALITE (CFPE)
COLLECTIF JUDEO ARABE ET CITOYEN POUR LA PALESTINE
COLLECTIF DES MUSULMANS DE FRANCE (CMF)
COMITES PALESTINIENS POUR LE DROIT AU RETOUR
CONFEDERATION NATIONALE DU TRAVAIL (CNT)
CONFEDERATION PAYSANNE
COORDINATION INTER ASSOCIATIVE POUR LA PALESTINE (CIAPP)
COORDINATION UNIVERSITAIRE POUR LA PALESTINE (CUP)
DROIT SOLIDARITE
EMANCIPATION SYNDICALE ET PEDAGOGIQUE
EMERGENCE
ENSEMBLE
FÉDÉRATION ARTISANS DU MONDE
FÉDÉRATION DES TUNISIENS POUR UNE CITOYENNETE DES DEUX RIVES (FTCR)
FÉDÉRATION POUR UNE ALTERNATIVE SOCIALE ET ÉCOLOGIQUE (FASE)
FORUM SOCIAL DES QUARTIERS POPULAIRES (FSQP)
FONDATION FRANTZ FANON
FRONT POPULAIRE TUNISIEN EN ILE DE FRANCE
GAUCHE ANTI-CAPITALISTE (GA)
GENERAL UNION OF PALESTINIAN STUDENTS (GUPS)
GÉNÉRATION PALESTINE (GP)
ISM FRANCE
LE PARTI DE GAUCHE
LES DESOBEISSANTS
MOUVEMENT DES QUARTIERS POUR LA JUSTICE SOCIALE (MQJS)
MOUVEMENT IMMIGRATIONS BANLIEUES (MIB)
MOUVEMENT POUR UNE ALTERNATIVE NON VIOLENTE (MAN)
NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE (NPA)
ORGANISATION COMMUNISTE LIBERTAIRE
PARTICIPATION ET SPIRITUALITÉ MUSULMANES (PSM)
PARTI DES INDIGENES DE LA REPUBLIQUE (PIR)
RÉSEAU SORTIR DU COLONIALISME
RÉSEAU JUIF INTERNATIONAL ANTISIONISTE – INTERNATIONAL JEWISH ANTI-ZIONIST NETWORK (IJAN)
RESPAIX
RÉVEIL DES CONSCIENCES
UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
UNION DES ASSOCIATIONS DE PALESTINIENS EN FRANCE
UNION DES TRAVAILLEURS IMMIGRES TUNISIENS (UTIT)
UNION FRANCAISE DES CONSOMMATEURS MUSULMANS
UNION JUIVE FRANCAISE POUR LA PAIX (UJFP)

ASSOCIATIONS/COLLECTIFS LOCAUX :
AMERICAINS POUR LA PAIX ET LA JUSTICE (APJ) – MONTPELLIER
ASSOCIATION « UNE TOILE CONTRE LE MUR » – ANNEMASSE
ASSOCIATION ORLEANS LOIRET PALESTINE
ASSOCIATION « NOGENT-AIDA »
ASSOCIATION « CREIL-PALESTINE »
COLLECTIF 69 DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN
COMITE BDS FRANCE CLICHY PALESTINE
COMITE BDS FRANCE MONTPELLIER
COMITE BDS FRANCE PARIS NORD EST
COMITE ORNE PALESTINE – ALENCON
COMITE BDS MULHOUSE
AFPS GENNEVILLIERS
AFPS MONTELIMAR/CRUAS
COMITE BDS FRANCE ARDECHE- MERIDIONALE
COMITE BDS FRANCE COMMINGES
COMITE BDS MONTARGOIS
COMITE BDS FRANCE 30
AFPS CALVADOS
COMITE PALESTINE 81
GROUPE DES ASSOCIATIONS DE BAGNOLET ( GAB)
AFPS41 GROUPE LOIR ET CHER
COMITE SAINTONGE PALESTINE
AFPS LE HAVRE
COLLECTIF PALESTINE METZ BDS
COLLECTIF CALADOIS POUR LE PEUPLE PALESTINIEN
ASSOCIATION COUSERANS (09) PALESTINE
INTIFADA 76
COLLECTIF BDS XIBEROA
AFPS ALBERTVILLE SAVOIE
AFPS 84
FSU 31
AFPS 59/62
AFPS 63
AFPS Paris Sud
PALESTINE 33
COLLECTIF PALESTINE SUD AVEYRON
COMITE AFPS MONTLUCON
CGT EDUC’ACTION 56
COMITE BDS FRANCE BEZIERS
UNION LOCALE CGT DE MARTIGUES
COLLECTIF BDS 37
COMITE BDS FRANCE SUD 34 HAUTS CANTONS
COMITE BDS SAINT ETIENNE
COLLECTIF STEPHANOIS DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN
BDS MARSEILLE
AFPS ROUEN
COMITE ORLYSIEN DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN
COMITE BDS FRANCE TOULOUSE
COLLECTIF BDS 57
COLLECTIF SOLIDARITE PALESTINE OUEST ETANG DE BERRE


No to censorship at Paris 1 University

Génération Palestine Paris is planning a public meeting on March 26 as part of the “Israeli Apartheid Week”, a week of international events held at universities around the world. Our conference aims at denouncing Israel’s colonial and expansionist policies as well as the apartheid through which the Israeli government discriminates against Palestinian people.

Some eminent speakers have agreed to participate in this conference such as : Farid Esack – a member of the management committee of the BDS campaign in South Africa and a former gender equity commissioner appointed by Nelson Mandela (Farid Esack is just starting an exceptional tour of the country); Bilal Afandi, a Palestinian activist who holds a Masters in social work and who is currently travelling through the country and Professor Ivar Ekeland, the president of the Association of Academics for the Respect of International Law in Palestine.

After we formally asked the administration of the University of Paris 1 for an amphitheatre at the Pierre Mendès France centre to hold the meeting, the faculty informed us only two days before the due date that they would not allow it. We are therefore in a position where there is insufficient time to find an alternative venue.

The reasons for the censorship of this event are not clearly set out by the administration: the pretext is that the formalities have not been made in the rules. In so doing, Paris 1 is censoring again any form of expression that would run counter to Israel’s colonial policy.

The reasons we were given are unclear: could this be because the students taking part have dared to organize this conference as part of the Israeli Apartheid Week, a week-long international event to protest against and discuss Israel’s apartheid politics? Should we remind the people in France that many universities around the world have actually hosted such events during the Israeli Apartheid Week over the past years, in the UK, in the US, in Palestine, in South Africa and in several South American countries? This is unfortunately not the first time Paris universities have censored such initiatives.

After Stéphane Hessel censored an event at the ENS in 2011, a conference on Palestine was censored at Paris8 in 2012 as well as at IEP in Lyon in 2014. The trend continued this year when in February a conference was censored at Sciences Po Nancy and an exposition was censored at Aix en Provence in March. Now the conference at the University of Paris 1 has been censored. This is illustrative of an untoward restriction on freedom of expression within academia.

This criminalisation of solidarity movements with Palestine is not acceptable: all progressive forces at universities and elsewhere have to react and respond so that universities remain places where freedom of expression remains alive.

Génération Palestine Paris, le 24/03/2015.

Signed by :  Génération Palestine Europe, Americans Against the War (AAW), Union Juive Française pour la Paix (UJFP), Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine-Strasbourg, Sortir Du Colonialisme, CCIPPP34 (Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien 34), AURDIP (Association des Universitaires pour le respect du Droit International en palestine), communauté des familles franco-palestinienne de France (Abna Philistine), Fédération Solidaires Etudiant-e-s, Union Syndicale Solidaires, Sud éducation Paris 1, Solidaire Étudiants Paris1, Palestine 52, Survivants 13, l’AFPS Paris-Sud (Paris 13e), AFPS 63, Collectif Intifada 76, AFPS Paris centre, Association des Marocains de France…

With the support of BDS France* campaign which organizes the tour of Farid Esack in France
 :

*Organisations of BDS France campaign
 : ASSOCIATIONS/ ORGANISATIONS NATIONALES
ABNA PHILISTINE
ALLIANCE FOR FREEDOM AND DIGNITY (AFD)
ALTERNATIVE LIBERTAIRE
AMÉRICAINS CONTRE LA GUERRE – AMERICANS AGAINST THE WAR (AAW FRANCE)
ASSOCIATION DES PALESTINIENS EN FRANCE (APF)
ASSOCIATION DES TRAVAILLEURS MAGHRÉBINS EN FRANCE (ATMF)
ASSOCIATION DES TUNISIENS EN FRANCE (ATF)
ASSOCIATION DES UNIVERSITAIRES POUR LE RESPECT DU DROIT INTERNATIONAL EN PALESTINE (AURDIP)
ATTAC FRANCE
CAMPAGNE CIVILE INTERNATIONALE POUR LA PROTECTION DU PEUPLE PALESTINIEN (CCIPPP)
COLLECTIF CALADOIS DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN
COLLECTIF DES FEMINISTES POUR L’EGALITE (CFPE)
COLLECTIF JUDEO ARABE ET CITOYEN POUR LA PALESTINE
COLLECTIF DES MUSULMANS DE FRANCE (CMF)
COMITES PALESTINIENS POUR LE DROIT AU RETOUR
CONFEDERATION NATIONALE DU TRAVAIL (CNT)
CONFEDERATION PAYSANNE
COORDINATION INTER ASSOCIATIVE POUR LA PALESTINE (CIAPP)
COORDINATION UNIVERSITAIRE POUR LA PALESTINE (CUP)
DROIT SOLIDARITE
EMANCIPATION SYNDICALE ET PEDAGOGIQUE
EMERGENCE
ENSEMBLE
FÉDÉRATION ARTISANS DU MONDE
FÉDÉRATION DES TUNISIENS POUR UNE CITOYENNETE DES DEUX RIVES (FTCR)
FÉDÉRATION POUR UNE ALTERNATIVE SOCIALE ET ÉCOLOGIQUE (FASE)
FORUM SOCIAL DES QUARTIERS POPULAIRES (FSQP)
FONDATION FRANTZ FANON
FRONT POPULAIRE TUNISIEN EN ILE DE FRANCE
GAUCHE ANTI-CAPITALISTE (GA)
GENERAL UNION OF PALESTINIAN STUDENTS (GUPS)
GÉNÉRATION PALESTINE (GP)
ISM FRANCE
LE PARTI DE GAUCHE
LES DESOBEISSANTS
MOUVEMENT DES QUARTIERS POUR LA JUSTICE SOCIALE (MQJS)
MOUVEMENT IMMIGRATIONS BANLIEUES (MIB)
MOUVEMENT POUR UNE ALTERNATIVE NON VIOLENTE (MAN)
NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE (NPA)
ORGANISATION COMMUNISTE LIBERTAIRE
PARTICIPATION ET SPIRITUALITÉ MUSULMANES (PSM)
PARTI DES INDIGENES DE LA REPUBLIQUE (PIR)
RÉSEAU SORTIR DU COLONIALISME
RÉSEAU JUIF INTERNATIONAL ANTISIONISTE – INTERNATIONAL JEWISH ANTI-ZIONIST NETWORK (IJAN)
RESPAIX
RÉVEIL DES CONSCIENCES
UNION SYNDICALE SOLIDAIRES
UNION DES ASSOCIATIONS DE PALESTINIENS EN FRANCE
UNION DES TRAVAILLEURS IMMIGRES TUNISIENS (UTIT)
UNION FRANCAISE DES CONSOMMATEURS MUSULMANS
UNION JUIVE FRANCAISE POUR LA PAIX (UJFP)


ASSOCIATIONS/COLLECTIFS LOCAUX :
AMERICAINS POUR LA PAIX ET LA JUSTICE (APJ) – MONTPELLIER
ASSOCIATION « UNE TOILE CONTRE LE MUR » – ANNEMASSE
ASSOCIATION ORLEANS LOIRET PALESTINE
ASSOCIATION « NOGENT-AIDA »
ASSOCIATION « CREIL-PALESTINE »
COLLECTIF 69 DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN
COMITE BDS FRANCE CLICHY PALESTINE
COMITE BDS FRANCE MONTPELLIER
COMITE BDS FRANCE PARIS NORD EST
COMITE ORNE PALESTINE – ALENCON
COMITE BDS MULHOUSE
AFPS GENNEVILLIERS
AFPS MONTELIMAR/CRUAS
COMITE BDS FRANCE ARDECHE- MERIDIONALE
COMITE BDS FRANCE COMMINGES
COMITE BDS MONTARGOIS
COMITE BDS FRANCE 30
AFPS CALVADOS
COMITE PALESTINE 81
GROUPE DES ASSOCIATIONS DE BAGNOLET ( GAB)
AFPS41 GROUPE LOIR ET CHER
COMITE SAINTONGE PALESTINE
AFPS LE HAVRE
COLLECTIF PALESTINE METZ BDS
COLLECTIF CALADOIS POUR LE PEUPLE PALESTINIEN
ASSOCIATION COUSERANS (09) PALESTINE
INTIFADA 76
COLLECTIF BDS XIBEROA
AFPS ALBERTVILLE SAVOIE
AFPS 84
FSU 31
AFPS 59/62
AFPS 63
AFPS Paris Sud
PALESTINE 33
COLLECTIF PALESTINE SUD AVEYRON
COMITE AFPS MONTLUCON
CGT EDUC’ACTION 56
COMITE BDS FRANCE BEZIERS
UNION LOCALE CGT DE MARTIGUES
COLLECTIF BDS 37
COMITE BDS FRANCE SUD 34 HAUTS CANTONS
COMITE BDS SAINT ETIENNE
COLLECTIF STEPHANOIS DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN
BDS MARSEILLE
AFPS ROUEN
COMITE ORLYSIEN DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN
COMITE BDS FRANCE TOULOUSE
COLLECTIF BDS 57
COLLECTIF SOLIDARITE PALESTINE OUEST ETANG DE BERRE




IAW : Appel au Boycott Universitaire à Bordeaux

Une campagne s’engage afin de demander la fin du partenariat entre Science-Po et l’Université Ben Gourion.

Plusieurs membres de Solidaires Etudiants, siégeant au CA, ont fait une remarquable intervention auprès des administrateurs afin de leur expliquer la situation et la nécessité de la fin du partenariat avec l’Université Ben Gourion.

Néanmoins, la convention régissant ce partenariat a été reconduite lors du Conseil d’Administration de l’IEP ce vendredi.

Pour plus d’information, cf le tract ci dessous.

Pour comprendre d’avantage de quoi retourne le partenariat dénoncé, RDV le 30 Mars à 17h30 à Science-Po  Bordeaux pour une conférence en présence de Farid Esack, professeur à l’Université de Johannesburg, qui reviendra sur le rôle des universités israéliennes dans le processus colonial.

 


Le tract :

Pour trouver de l’argent, l’IEP fricotte avec des partenaires privés… pas très fréquentables !

Étudiant, étudiante, as-tu déjà entendu parlé des chaires de l’IEP ? Oui ? Non ? Et bien c’est dommage, car quand on cherche un petit peu dedans, on trouve quelques trucs assez sympathiques…

À l’IEP, on trouve ainsi la chaire Jean Zay (issue de la Fondation du Grand Orient de France), la chaire Défense et Aérospatial (avec le gratin de l’industrie de l’armement français), la chaire GDF Suez, et la chaire Michel Vaisan. Ces chaires permettent à l’IEP de recevoir quelques milliers d’euros fort appréciables en temps de disette budgétaire : 14 500€ pour la seule Michel Vaisan. Le partenaire s’engage en contrepartie à faciliter les stages, les conférences, les échanges avec ses gentils partenaires, « dans un souci permanent d’ouverture au monde et d’attractivité », bien entendu.

Cependant, lorsque l’on creuse un peu, on est un peu titillé-e-s par la nature de nos partenaires, notamment en ce qui concerne la chaire Michel Vaisan. En effet, celle-ci permet aux étudiant-e-s de l’IEP : d’obtenir des bourses pour que des étudiant-e-s de Sciences Po Bordeaux aillent en Israël, pour que des chercheurs et un enseignant travaillant dans des universités israéliennes puissent venir à Sciences Po Bordeaux. Un programme d’échange universitaire tout ce qu’il y a de plus banal me direz vous.

Oui mais voilà, les universités israéliennes ne sont pas isolées du contexte politique et social de l’Etat d’Israël, et soutiennent sa politique raciste et violente.

Ainsi, les universités d’Ariel, de Bar Ilan et le Collège Herzog ont ouvert leur campus en territoire occupés. Certaines facs, à l’image de celle d’Haifa, obligent les étudiant-e-s à faire leur service militaire avant de pouvoir entrer dans l’université. Elles participent aussi à empêcher l’accès à la culture et à l’éducation des Arabes : les tests d’entrée à l’université d’Oranim sont exclusivement en Hébreu alors que l’Arabe est une langue officielle en Israël et la langue maternelle de 25% des étudiant-e-s.

Avec la chaire Michel Vaisan, Sciences Po Bordeaux est partenaire de l’une de ces universités : celle de Ben Gourion (UBG). Lors de l’opération militaire israélienne de 2008-2009, l’UBG a versé une allocation spéciale d’environ 35€ par jour à chaque étudiant-e s’engageant comme réserviste. Elle développe aussi des programmes de recherche d’armement avec RAFAEL (l’autorité israélienne pour le développement d’armes et de technologie militaire) et le ministère de la Défense d’Israël. On rappellera au passage que selon l’ONU, plus de 2000 palestinien-ne-s ont été tué-e-s par l’armée israélienne,  lors du massacre de cet été.

Ainsi, dans le cadre de la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions), nous appelons au boycott universitaire. Nous demandons la fin du partenariat qui lie l’université de Ben Gourion à Sciences-Po Bordeaux.

Nous rappelons d’ailleurs que l’université Ben Gourion a déjà été boycottée, par l’université de Johannesburg. Cette campagne de boycott fut soutenue par de très nombreuses personnes en Afrique du Sud, dont l’archevêque Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix 1984.

Photo : Plusieurs étudiant-e-s ont distribué ce 13 mars, devant l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux, un tract d’appel au boycott universitaire.