Colère contre les entreprises complices de la colonisation

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Plusieurs chefs d’entreprises françaises, de France Télécom Orange, EDF Energies Nouvelles, la SNCF, Alcatel, Alstom et d’autres, ont profité de la visite diplomatique du Président François Hollande en novembre 2013 pour nouer des contrats avec des entreprises ou avec l’Etat israélien.

La Campagne BDS France s’associe à la colère de toutes celles et tous ceux qui, parmi les employés et les clients de ces entreprises, sont outrés que leurs patrons sans scrupules se rendent ainsi complices de la politique coloniale et raciste de l’Etat israélien, de la fermeture de ses frontières aux millions de réfugiés palestiniens, des centaines de résolutions de l’ONU violées, de la situation d’apartheid mise en place, de la construction du Mur illégal de Cisjordanie, du blocus illégal de la Bande de Gaza, de l’occupation, des destructions de maisons et de la construction toujours croissante de colonies illégales. En particulier, nous remercions le syndicat SUD Rail d’avoir réagi si vite à la signature d’un accord de partenariat entre la SNCF et son homologue israélienne (1), à l’occasion de laquelle Guillaume Pépy, président de la SNCF, a rencontré Shimon Peres, criminel de guerre.

Au lieu de ternir ainsi leur image de marque, et afin d’aider à mettre fin à l’impunité de l’Etat israélien, ces chefs d’entreprises auraient du, au contraire, profiter de leur position pour faire pression sur cet Etat afin qu’il applique le Droit international et les Principes universels des Droits humains, comme le demandent de nombreuses organisations palestiniennes depuis 2005 dans leur appel au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions contre l’Etat d’Israël.

La Campagne BDS France réitère son appel et enjoint les entreprises françaises à respecter leurs propres chartes éthiques, à suivre l’appel au BDS, à cesser tout investissement en Israël et à rompre tous les accords passés avec des entreprises ou avec l’Etat israélien, tant que cet Etat ne respectera pas le Droit international.

La Campagne BDS France
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
www.bdsfrance.org




Lettre aux participants du colloque de Science Po, Avril 2013

Une version pdf de cette lettre, envoyée à touTEs les participantEs du colloque, est  disponible ici

Un colloque est annoncé du 18 au 20 avril 2013 à Science Po Paris, intitulé « Attitudinal change towards Jews and Muslims in France in a comparative perspective » qui pose plusieurs problèmes politiques et scientifiques.

Alors qu’une comparaison entre antisémitisme et islamophobie peut en effet faire l’objet de débats passionnants, ce colloque a choisi de le faire en insistant sur les tensions entre « communautés » plutôt qu’en dénonçant le racisme d’Etat qui frappait les Juifs au XXème siècle et qui frappe aujourd’hui les Musulmans.

Contrairement à certains sociologues invités dont nous voulons croire qu’ils ont été sincèrement trompés, nous ne sommes pas dupes d’une telle démarche : noyer les critiques de l’islamophobie par un grand nombre d’experts incontestables sur l’antisémitisme et la Shoah, renverser les rôles en insistant sur l’antisémitisme des musulmans (4 interventions sur une quinzaine) et confondre antisémitisme avec antisionisme (utilisation du terme de judéophobie forgé par le très controversé Pierre-André Taguieff). La présence de plusieurs équipes israéliennes à l’initiative de ce projet et dans l’organisation de ce colloque, pose quelques questions supplémentaires : si elle n’était pas univoque, pourquoi n’aborderait-elle pas la question de l’islamophobie en Israël ? Pourquoi ne pas évoquer les collusions entre extrêmes droites européennes et partis politiques israéliens ?

Les réponses à ces questions coulent de source quand on découvre les positions de certains des organisateurs. Eli Avraham est responsable, au département de communication de l’Université de Haifa, du programme “Web Ambassadors” qui entraîne des étudiants à la propagande d’Etat israélienne (1). Quant à l’historien Arieh Kochavi, il est co-signataire d’un texte paranoïaque qui assimile toute critique d’Israël à de l’antisémitisme d’origine islamiste, et donne des conseils pour renverser la vapeur en critiquant les leaders musulmans (2). Il n’a d’ailleurs pas défendu son collègue historien Ilan Pappé lorsqu’il fut violemment attaqué par l’Université de Haïfa en 2005. Comment ces chercheurs pourraient-ils parler d’islamophobie avec une quelconque objectivité?

La campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) qui s’oppose à l’intervention d’institutions étatiques israéliennes dans le champ universitaire le fait précisément parce que de telles interventions visent, toujours aux dépens de la rigueur scientifique et parfois subtilement, à défendre les actions d’un Etat qui discrimine une population et occupe son territoire. De plus la complicité des universités israélienne dans le processus de colonisation étatique n’est plus un secret pour personne (3). Ce colloque est la parfaite démonstration que le boycott des institutions israéliennes doit donc également s’appliquer au champ universitaire. En suivant le modèle de la campagne de boycott de l’apartheid en Afrique du Sud, qui visait aussi ses universitaires, 170 organisations de la société civile palestinienne appellent depuis 2005 les universitaires de conscience à boycotter l’Etat israélien tant qu’il ne respectera pas le Droit International.

Nous espérons que ce courrier aura fait réfléchir les participants prévus à ce colloque qu’en aucun cas nous ne voulons censurer, et qu’il leur aura fait prendre une décision compatible avec la rigueur scientifique, mais aussi avec une position politique moralement défendable compte tenu de l’actualité tragique au Moyen-Orient.

La Campagne BDS France
CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
Pour plus d’informations: http://www.bdsfrance.org

 

  1. http://newmedia-eng.haifa.ac.il/?p=5778
  2. http://www.inminds.com/article.php?id=10304
  3. http://www.bdsfrance.org/images/stories/universitaire/AIC09.pdf



Jacky Terrasson : les réponses à son tour manager

Alors que nos courriers représentaient le message de la campagne BDS implorant un artiste de respecter une certaine éthique, la réponse de M. Deghelt reflète plutôt l’embarras d’un manager pris dans un tissu de contradictions, et se réfugiant dans l’invective insultante et agressive. Soit.

« Vous nous dîtes que certains Palestiniens ne pourront pas assister au concert de Jacky, c’est effectivement bien triste, mais nous serons heureux de jouer en Palestine si on nous y invite (ce qui n’a pas encore été le cas). Nous ne sommes pas responsables de cette situation et ne pouvons que la déplorer. »
Il nous parait incroyable que M. Deghelt reconnaisse que les Palestiniens ne pourront pas assister au concert de Jacky Terrasson, mais que ce dernier accepte quand même de jouer avec l’apartheid…

Alors que le festival de jazz d’Eilat commence ce soir, en pleine campagne électorale qui annonce une victoire écrasante de la droite et de l’extrême-droite, c’est une Israélienne, Tali Shapiro, qui répond à M. Deghelt, et nous avons traduit son message que nous reproduisons ci-dessous, en dessous des derniers échanges que nous avons eus avec lui…

La Campagne BDS France


Cher Dror,

j’ai oublié de vous préciser que nous utiliserons les mêmes moyens de communication que les vôtres… en beaucoup plus grand.. à savoir:

Sur notre blog notre réponse et nos échanges :
http://deghelt-productions.com/blog/files/25f794123d7d6608b1088b4398601079-17.html

– notre compte twitter: 57 869 Followers

– le compte de Jacky Terrasson: 25 837 Followers

– notre compte facebook: 5527 Amis

– le compte facebook de Jacky: 7958 Amis

pour communiquer à nos fans (ceux la même que vous essayez de convaincre de notre erreur de venir jouer à Eilat)… nous utilisons les mêmes méthodes que vous, et irons sur vos facebook page aussi. Comment oser vous dire que vous n’avez pas reçu de réponse de notre part ? Nous ne vous craignons pas, loin de là. Vos pressions sont minuscules, vos idées plus que contestables, et il est temps de laisser les artistes libres de leur art, et nous les défendrons.

Face à votre propagande détestable, nous opposerons toujours l’Amour, l’Amitié et la Paix entre les peuples,

Bien Cordialement,

Christophe,

Christophe Deghelt Production


Cher Christophe,

Je vous remercie encore une fois pour le temps que vous avez pris à nous répondre, même si parfois votre fougue vous entraîne un peu au-delà de la mesure que vous prétendez défendre.

Malgré vos attaques personnelles, il me paraît préférable que ce soit la Campagne, dont je ne suis qu’un représentant, qui vous réponde. La Campagne comprend des fans et de simples citoyens attachés à ce que les artistes respectent une certaine éthique.

Le jazz est une musique appréciée par nombre de nos amis, en particulier pour la culture de résistance et de l’oppression dont elle reste l’emblème. A titre personnel, je suis aussi un très grand fan de Giovanni Mirabassi (ne me dites pas que lui aussi va aller en Israel?!). 

Au nom de la Campagne, dont vous avez décelé les faibles moyens, je vous remercie également d’avoir publié nos échanges et de les avoir diffusés à grande échelle, ce que nous n’étions malheureusement pas en mesure de faire sans votre aide.

Un jour, vous nous rejoindrez,

Cordialement,

Dror, pour la Campagne BDS France


Réponse à l’agent de Jacky Terrasson, Christophe Deghelt, à propos du Festival de jazz de la Mer Rouge

par Tali Shapiro – Boycott From Within/Pulse Media

14 janvier 2013 – Pulse Media

Mercredi dernier, l’agent de Jacky Terrason, Christophe Deghelt, a répondu à une campagne massive pour boycotter l’État d’Israël qui sponsorise le Festival de jazz de la Mer Rouge (pour avoir plus de détails sur l’agencement du festival et ses liens avec les entreprises, voir cet article). Son post n’ayant montré vraiment aucune considération, je pense que nous, mouvement BDS, devons y répondre. Alors voici notre réponse, point par point. J’espère qu’elle fera avancer le débat public, comme le fait souvent BDS, puisque, tout comme Christophe Deghelt, c’est un « débat qui me tient à cœur ».

Note : Je ne parle pas français, je réponds à une version traduite de Google d’un post original, aussi je vais m’abstenir de mon attention particulière habituelle à la sémantique, pour ne pas m’arrêter à ce qui pourrait être une erreur technique de traduction.

Sur les notions de guerre, paix et lutte populaire

« Voilà un post qui risque de faire des vagues, mais j’avais envie de partager ici un débat qui nous tient à coeur.

Depuis quelques temps, les artistes invités à faire des concerts en Israël sont systématiquement interpellés par des associations les priant ne pas se produire dans ce pays, et ne pas soutenir le gouvernement actuel et sa politique, estimant que l’Etat d’Israël pratique un Apartheid, une politique de colonisation et des crimes de guerre envers les Palestiniens. Il est évident que dans cette région du monde, dans une guerre sans répit, longue et violente, le débat est extrêmement animé et complexe. La Culture semble être aujourd’hui un enjeu, voir un nouveau champ de bataille de ce bien triste conflit… »

Les deux dernières phrases semblent charpenter le reste du post. J’aimerais les traiter ici et maintenant, ainsi nous pouvons dissiper certaines idées :

Il n’y a pas de guerre dans les territoires palestiniens occupés, il y a une occupation militaire qui transforme certaines parties de la région en zones de guerre, et d’autres parties en « lieux de refuge » pour ceux que la puissance occupante identifie comme de « confession juive ». Dans les zones de guerre, l’armée israélienne contrôle militairement les civils palestiniens. Pendant les 65 années de ce contrôle militaire, il y a eu, et il y a toujours, une résistance armée palestinienne à l’occupation militaire. Elle n’est pas importante et est faible surtout si on la compare à l’armée israélienne, la quatrième armée la mieux équipée au monde, assistée par les États-Unis d’Amérique avec plus de 3 milliards de dollars, par an, en « aide » militaire.

A la différence de la résistance armée, qui est un outil pour quelques-uns dans la société palestinienne, il existe une résistance populaire, très large, qui s’illustre en une phrase, très populaire dans ces régions : « Exister, c’est résister ».

En effet, quand « respirer tout en étant arabe » (comme l’un de mes amis l’a défini) est considéré comme un crime par l’État, alors le simple fait d’exister devient une dissidence par défaut. Cette situation – inhérente à l’occupation militaire d’Israël – mise à part, de nombreux exemples de résistance populaire peuvent être constatés dans tous les territoires palestiniens occupés, telles les manifestations hebdomadaires contre le mur d’apartheid, les plus récentes d’une série d’actions directes contre les mécanismes spécifiques de l’occupation, tels encore les procédures judiciaires et, bien sûr, le mouvement BDS qui souligne que la culture a toujours été dans ce champ de bataille.

Je comprends qu’avec cette quantité massive d’informations il ne soit pas facile de réfléchir à cette question. Pas pour les 65 ans (et quelques autres) d’histoire. Je veux juste être sûre que cet argument, « c’est compliqué », soit le point de départ d’un enseignement, et non une réponse définitive qui nous rendrait facile, à nous, de nous laver les mains de ces graves parodies, comme c’est souvent le cas.

Le conflit du Festival de la Mer Rouge

«  …Depuis quelques jours, deux artistes de jazz, Erik Truffaz et Jacky Terrasson sont pris à parti dans une polémique féroce, via facebook, les réseaux sociaux, les sites internet, débat qui déchaine les passions par leur venue au Red Sea Jazz Festival, à Eilat en Israel ce mois ci. Ces deux artistes sont connus et reconnus pour leur talent, leurs qualités humaines, leur grande ouverture d’esprit, leur position pacifiste et leur générosité.

Voici donc, dans ce post notre position sur ce débat. Pour essayer de sortir d’une polémique difficile, et d’éviter les pièges du manichéisme, de l’aveuglement, de la manipulation et de l’intolérance.

Pour situer le contexte, tout d’abord voici un bref historique.

Le 12 Décembre 2012, nous concluons un contrat pour deux concerts au Red Sea Jazz Festival de Jacky Terrasson en trio avec les organisateurs du festival.

Le 2 Janvier, nous recevons un courrier du BDS France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) nous demandant de boycotter ce concert. Voici cette lettre :

Lettre BDS

Le 4 Janvier, je prends contact avec le représentant de cette association, Monsieur Dror. Nous parlons une bonne heure au téléphone, nous essayons d’expliquer pourquoi nous avons accepté de jouer en Israel et notre refus d’être instrumentalisé dans ce conflit, et notre refus de boycotter ce festival et nos fans en Israel tout en expliquant notre sympathie envers la cause Palestinienne, notre tristesse dans cette guerre féroce, et notre mission première, à savoir de délivrer un message de paix…  »

Il semble que Christophe Deghelt a déjà fait son choix (je me demande si Jacky Terrasson a fait le sien ?). Il veut que M. Terrasson ne soit pas « exploité dans ce conflit ». Je ne suis pas sûre de quel « conflit » il parle ; de celui qu’on appelle le « conflit Israël-Palestine, ou du conflit du Festival de jazz de la Mer Rouge. Dans un cas comme dans l’autre, je comprends ce qu’il dit comme, « nous ne voulons pas être impliqués dans tout cela ». Mais j’arguerais d’abord que si vous voyez un policier frapper un enfant (sur le dessus de la tête) et que vous « ne voulez pas vous impliquer », vous prenez parti pour le policier armé (et Desmond Tutu tend à être d’accord avec moi…).

Mon deuxième argument est qu’en jouant en Israël, les artistes se mettent d’eux-mêmes au coeur de l’action. C’est à ces artistes qu’en premier lieu, le mouvement BDS s’adresse spécifiquement, et non à ceux qui n’ont jamais choisi d’être mêlés à cette région du globe. Et non seulement les premiers s’impliquent d’eux-mêmes, mais dans le cas du Festival de jazz de la Mer Rouge, ils récupèrent de l’argent de l’occupant, de ses institutions, et d’entreprises qui profitent de la situation de guerre. Il s’ensuit alors que si vous acceptez ce prix du sang, vous ne pouvez compter que les victimes se taisent, ou ne manifestent leur désapprobation devant les choix qui sont les vôtres. Votre « sympathie » est plutôt vide de sens si par ailleurs vous n’êtes qu’indifférence, hostilité ou désapprobation, et votre « message de paix » est à l’avance perdu.

Parler de « paix », abattre le messager

« …Dans le même temps, la RTS (Radio Suisse) organise un débat le dimanche soir en direct, au sujet de la présence d’Eric Truffaz au Red Sea Jazz Festival (son animateur nous ayant contacté dans le week-end, mais nous n’étions pas disponibles pour participer à ce débat). Nous constatons que les murs facebook des pages de fans d’Erik et de Jacky sont envahis de commentaires, de pressions, pas par nos fans habituels, mais des militants. Certains commentaires sont franchement désagréables, et c’est vraiment du harcèlement et du dénigrement caractérisé. Les murs deviennent des champs de bataille entre les militants activistes du boycott, les fans et les israéliens et pro-israéliens. Quelle tristesse !… »

Comme mes lecteurs réguliers le savent, je me concentre sur cette idée étrange que la politique et la musique ne se mélangeraient pas. Étant donné que la culture ne se crée pas dans un vide, il va de soi que certains fans de musique auront plus à dire – à leur idole – que simplement, « vous rockez ». Ce dernier paragraphe ne veut rien dire, n’apporte rien, sinon qu’il renforce une culture superficielle de la célébrité, l’ironie est qu’il classe le « militant » comme quelqu’un de malhonnête, et le « fan », d’honnête, et que les deux en quelque sorte se neutralisent mutuellement. Je rappelle aux agents, tirant un pourcentage sur les artistes qu’ils représentent (permettez-moi de me citer) :

« Les célébrités incarnent un espace unique et très emblématique dans le système capitaliste dans lequel elles sont des personnages humains et, dans le même temps, des notoriétés. Elles soutiennent souvent des produits et des services dont elles bénéficient. Bien sûr, il serait naïf de supposer que leur jouissance de ces produits et services et que leur approbation qui en découle relèvent d’un processus organique. Percevant l’influence que peut avoir le statut de célébrité, les sociétés séduisent des acteurs et des musiciens de renom avec des milliers de dollars en paniers-cadeaux d’échantillons et en services gratuits, dans l’espoir que la célébrité rattache sa notoriété à la marque de la société.
Le problème avec ce système, comme cela est courant avec le capitalisme, c’est que dans la majorité des cas, les célébrités ne vérifient pas le label, pour parler ainsi, et souvent soutiennent des sociétés qui violent l’environnement, les animaux et les humains.
»

« Quelle tristesse » en effet ! Mais n’est-il pas merveilleux que les espaces des artistes s’animent par l’intérêt de la politique ?!

«  …Le 7 Janvier, nouvelle communication du BDS, cette fois ci par émail. Se faisant plus pressante. Le festival est marqué par “le sceau de la honte”. Voici cet émail :

———————-
Cher Christophe,

Nous nous sommes parlés vendredi dernier au sujet du voyage prévu de Jacky Terrason en Israël, et je vous suis très reconnaissant de nous avoir accordé autant de votre temps.

Comme vous devez être au courant, les choses se précipitent à ce sujet, et vous ne pouvez plus prétendre, dans le contexte actuel, que le choix de se rendre au festival d’Eilat peut rester un choix purement artistique exempt de signification politique. Que vous le vouliez ou non, la politique vous a rattrapé…

Stanley Jordan, la tête d’affiche du festival, a annulé son voyage (faisant suite au Portico Quartet), Erik Truffaz s’est exprimé publiquement, sa page facebook est envahie de commentaires et nos amis Suisses n’ont pas renoncé à le faire changer d’avis, une campagne de boycott commence en Pologne etc.

Nous, avec nos amis palestiniens et israéliens progressistes, n’avons pas renonçé non plus à faire changer Jacky d’avis. Sa page facebook (vierge à ce jour de tout commentaire politique) débute par un article du Jerusalem Post faisant état de sa participation au festival. Il ne peut malheureusement pas rester neutre, car il n’y a pas de neutralité dans cette région du monde. Au mieux, il peut annuler discrètement, sans en faire état publiquement. Mais s’il y va, il ne peut pas rester discret car il n’y a pas non plus de discrétion dans cette région du monde : il sera publiquement vu comme ayant fait un choix, ayant choisi un camp, le soutien au gouvernement israélien, le côté de l’oppresseur.

Lors de la campagne contre l’Afrique du Sud dans les années 1980, très peu d’artistes ont rompu le boycott culturel de ce pays, même s’ils ne voulaient pas faire de politique, même s’ils y avaient des fans qui n’étaient pas directement mêlés à l’apartheid. Ceux qui l’ont rompu en ont honte aujourd’hui.

Pour Jacky, pour qu’il ne regrette pas amèrement sa décision, il est encore temps d’annuler sa participation à ce festival désormais marqué du sceau de la honte…

Cordialement, et avec espoir,
Dror, pour la Campagne BDS France
————————————

«  Ce sont à présent des emails directement envoyés à notre bureau, aux artistes, de personnes inconnus, et c’est un vrai raz de marée. Face à cette pression et ce harcèlement nous avons décidé de répondre, de publier cette réponse sur notre blog et nos réseaux sociaux et de défendre notre position. Je pense que notre réponse montre une troisième voie, plus juste, plus tolérante pour sortir de ce conflit où l’on souhaite instrumentaliser les artistes. La voici :

«  Cher Dror,
Comme je vous l’ai indiqué au téléphone, nous ne partageons pas vos méthodes de « pression sur les artistes », votre Boycott Culturel. Nous refusons d’être instrumentalisé et nous ne céderons pas à vos pressions par courrier, par mail, par téléphone et sur facebook… »

Quelques observations avant d’aller plus loin :

1 – Oui, il est honteux de participer au Festival de jazz de la Mer Rouge. Pas pour son contenu, mais pour l’exploitation politique qui en est faite par l’État d’Israël, qui blanchit ainsi ses crimes de guerre contre la population palestinienne sous sa domination.

2 – Le mouvement BDS n’exploite pas les artistes, il fournit des informations sur le lieu où ils se produisent, qui se trouve être dans une zone de guerre, et par là, il leur donne une occasion de prendre une décision éclairée à propos de leurs spectacles.

3 – Qualifier les pétitions à l’attention des célébrités de harcèlement réduit la capacité d’une société civile à se protéger contre le mal. Nous, gens simples, quand nous demandons justice (comme nous en avons le droit), n’avons pas le privilège des gouvernements qui peuvent avoir recours à une ordonnance judiciaire, aussi notre seul recours est-il la pression populaire. Mélanger un appel à l’aide fort et désespéré, avec de l’« intimidation », « manipulation », « intolérance », du « terrorisme », est un acte de lâcheté, et c’est souvent le privilège de ceux qui ont le choix (pour ne pas dire de ceux qui s’inscrivent dans la droite ligne de la définition qu’a l’État d’Israël pour tout acte de résistance des Palestiniens ou de ceux qui les soutiennent).

« …Jouer en Israël ne veut pas dire que nous approuvons la politique de son gouvernement, et ne veut pas dire que nous ne comprenons pas le désarroi et la souffrance de la population palestinienne. Votre tentative d’enfermer les artistes dans un dilemme manichéen est une malhonnêteté intellectuelle. Prétendre que soit nous jouons au Red Sea Jazz Festival donc nous soutenons la politique d’Israel ou soit nous annulons et nous montrons notre compassion pour le peuple Palestinien est une attitude bien trop réductrice, et nous refusons de rentrer dans aucune de ces deux cases là… »

C’est là un dilemme manichéen, mais ce n’est pas le mouvement BDS qui l’a créé, il l’a seulement identifié. Malheureusement, une fois que vous acceptez l’argent de l’État d’Israël, vous acceptez l’argent de l’entité qui contrôle la vie des Palestiniens et qui l’utilise de façon criminelle. En outre, la culture est considérée par l’État comme un domaine permettant de détourner l’opinion internationale de ses violations des droits humains, canalisant ainsi la participation des artistes à ses évènements culturels dans cet objectif précis. Pour parler simple, jouer en Israël revient à approuver sa politique et à prendre une part active dans son blanchiment.

« …1/Jacky n’a pas joué en Israel depuis plus de 15 ans, et nous avons de nombreux fans qui se réjouissent de sa venue. Nous aimons les êtres humains, qu’ils soient israéliens, palestiniens, juifs, musulmans, et nous jouerons toujours pour l’humanité. Nous ne faisons pas de ségrégation de notre audience et de nos fans… »

Jouer en Israël signifie qu’environ quatre millions d’être humains palestiniens, que vous aimez, et qui sont pris au piège dans une bande de Gaza assiégée et par un système d’autorisations en Cisjordanie, n’auront pas la possibilité d’assister à votre spectacle (ce qui, je présume, est le moindre de leurs problèmes). Vous pouvez ne pas faire de ségrégation de votre audience et de vos fans, mais Israël en fait. Si cela vous convient, alors certainement, continuez à jouer.

« …2/ Nous ne faisons pas de politique et nous jouons de la musique, et nous portons une parole de paix et d’amour. Le conflit Israelo-Palestinien est extrêmement complexe, nous désapprouvons tout acte de violence, de part et d’autre et sommes profondément attristés par ce conflit et ses conséquences dramatiques… »

Comme je l’ai dit, si la situation vous paraît complexe actuellement, veuillez prendre le temps de l’étudier avec soin, avant de vous décider.

Il est vrai que des deux côtés, il y a beaucoup de tristesse en raison des conséquences de l’occupation militaire d’Israël des terres palestiniennes et de son système d’apartheid mis en place contre la population palestinienne, mais n’oublions pas qui opprime qui, et pourquoi nous devons agir afin de mettre fin à cette oppression.

« …3/ Si le Festival d’Eilat est financé en partie par le gouvernement israélien, c’est un signe d’ouverture vers la culture et le jazz, et cela ne peut être que bénéfique pour confronter nos cultures. Une dictature n’invite pas les artistes étrangers, bien au contraire. Les fans de Jacky en Israel sont comme tous les fans de jazz des gens humains, pacifistes, et qui espèrent la paix dans cette région du monde. Ils sont vos meilleurs alliés et vous semblez vouloir les punir. De plus le festival d’Eilat est un festival internationalement reconnu pour sa qualité et son ouverture sur le monde… »

En effet, le gouvernement d’Israël est ouvert à la culture du Jazz et au monde. Il l’est moins à la culture palestinienne et à la présence palestinienne, ce qui est à la source de notre problème. Une dictature fait ce qu’elle peut pour perpétuer les mécanismes de sa domination. Israël ne répond pas à la définition de dictature, c’est davantage une ethnocratie tyrannique. En tant que citoyenne d’Israël, je n’ai nul besoin qu’on m’explique l’humanité des « fans israéliens ». En tant que militante BDS, j’ai pu voir leur côté humain, espérant la paix, bien souvent. Je ne peux pas vraiment dire que ce sont mes « meilleurs amis », et personnellement, j’ai tendance à ne pas décider de mes amitiés en inspectant une carte d’identité (en Israël, à ce propos, la carte d’identité désigne aussi la religion, et c’est ce qui détermine votre liberté de mouvement).

« …4/ Boycotter le festival, c’est un message injuste envers l’ensemble de la population israélienne, envers nos fans et nos amis, et c’est stigmatiser une population et un pays au lieu d’apporter une contribution pacifique et un message d’espoir. Nous sommes libres en Israel d’exprimer nos convictions, et j’en ai parlé avec les organisateurs du festival. Poussons votre raisonnement jusqu’au bout, plus aucun artiste étranger ne vient se produire en Israel… plus de festival de jazz… qui aura gagné ? où est l’ouverture, la liberté ? la possibilité de porter une culture différente ? d’exprimer nos opinions ? Que dire de la politique artistique en Iran, en Syrie, au Mali aujourd’hui ? Plus aucun artiste étranger n’est invité. Est ce là votre sens de l’ouverture et du Dialogue ?…  »

J’espère que maintenant il est clair que ce qui est en jeu, c’est le « droit » des citoyens agréés par Israël à se divertir, contre le droit de la population palestinienne non reconnue à la vie, aux mouvements, à l’eau, à la protection contre les arrestations arbitraires et les tortures, à l’enseignement, à l’occupation (j’entends par là, le « travail »), à l’autodétermination et aux innombrables autres droits humains fondamentaux qu’Israël viole quotidiennement. Moi, citoyenne d’Israël, je crois que le moins que je puisse faire, c’est de renoncer au privilège d’aller au festival de jazz, pour que les Palestiniens puissent faire un pas de plus vers la libération. Je crois que si un citoyen d’Israël n’est pas d’accord avec cette dernière déclaration, c’est que, soit il est délibérément égoïste et extrêmement cruel, soit il a besoin d’examiner la situation afin de se décider en conscience.

Vous pouvez être libres d’exprimer vos opinions en Israël, mais pas les Palestiniens. Et moi non plus. Tout récemment, Israël a voté une loi qui interdit ces boycotts. Ceci signifie qu’en écrivant pour vous répondre, je risque des poursuites en vertu du droit des sociétés et il n’y aura même pas à prouver l’existence d’un préjudice. Où sont l’ouverture, la liberté, la possibilité de porter une culture différente, d’exprimer nos opinions ?

Quant à l’Iran, la Syrie, le Mali et tous les autres endroits dans le monde où est entravée la liberté d’expression, quel qu’en soit le moyen, s’il vous plaît, allez-y et prenez les mesures que désirent leurs habitants. Mais ne vous servez pas d’une situation désastreuse pour en favoriser une autre.

« …5/ Vous nous dîtes que certains Palestiniens ne pourront pas assister au concert de Jacky, c’est effectivement bien triste, mais nous serons heureux de jouer en Palestine si on nous y invite (ce qui n’a pas encore été le cas). Nous ne sommes pas responsables de cette situation et ne pouvons que la déplorer. Le chemin est long vers un monde meilleur… »

Comme je l’ai mentionné précédemment, que quatre millions de Palestiniens ne soient pas effectivement en mesure de participer à votre concert parce qu’ils sont sous le contrôle militaire d’Israël, n’est pas la question. Cette observation est adressée aux artistes pour leur montrer l’impact du contrôle militaire. De toute évidence, la question est le contrôle militaire lui-même, et non le manque de loisirs. Soyons sérieux maintenant.

«  …6/ Nous rejoignons Eric Truffaz dans sa réponse, si nous devions être d’accord avec les politiques des gouvernements des pays qui nous invitent, nous n’aurions pas beaucoup d’endroits où nous jouerions. Notre mission est ailleurs, dans la musique et dans l’espoir de porter un message de paix et de tolérance aux peuples de notre planète… ».

Une fois encore, l’analyse du lien entre les évènements culturels en Israël et la politique de blanchiment de ses crimes de guerre et de ses violations des droits humains, est particulière à Israël. Ailleurs, il existe d’autres analyses sur les situations et actions pour corriger la situation. Les Palestiniens demandent que leur analyse de leur oppression soit respectée par ceux qui comprennent leurs douleurs. Comme je l’ai dit, si vous ne sympathisez qu’avec des mots, votre « message de paix » musical sonnera creux.

Eh bien, ça dégénère vite…

« …7/ Votre activisme et votre intolérance sont insupportables. De « faux fans facebook » publient des messages demandant expressément aux musiciens de ne pas jouer en Israel, et c’est bien du harcèlement que vous faîtes auprès des artistes. C’est d’ailleurs très étonnant car ces fans qui prétendent influencer les artistes ne sont pas de vrais fans, mais simplement votre armée de petis soldats qui viennent polluer un espace paisible et positif que sont les murs facebooks des artistes.

«  8/ Lors de notre conversation téléphonique, vous avez insinué assez sournoisement que vous êtes un grand fan de Jacky Terrasson et que vous achetiez ces disques et veniez à ces concerts, mais que vous allez y réfléchir à deux fois maintenant que vous savez qu’il joue pour Israel. Ces propos contestables comme le ton de votre dernier mail ne changeront pas nos convictions. Je ne crois pas un seul instant que vous soyez fan de Jacky Terrasson… »

J’ai déjà répondu à ces arguments, mais je vous fais remarquer que les mouvements de la société civile ne sont pas des armées. Si l’idée touche au fait que nous avons réussi à nous organiser avec succès, et vous diffamez cette réalité, je vous suggère d’examiner l’agenda de ceux que vous êtes en train d’encourager.

« …9/ Ce qui me dérange le plus dans votre démarche… c’est la haine d’Israel que vous avez, une haine maladive, aveugle et bien sur dissimulée par du « politiquement correct ». Par vos actions, ce ne sont pas les Palestiniens que vous aimez et que vous défendez, ce sont les Israeliens que vous haïssez. En d’autres temps, on sait très bien où cette folie à pu conduire notre monde. Vous êtes antisionniste et sournoisement et paradoxalement antisémite (vous le petit fils d’un rabbin connu pour ses positions humanistes), vous le dissimulez sous un prétexte d’organisation humanitaire, et de justicier du monde... »

Il n’y a rien de morbide, ni de « politiquement correct » dans la haine d’un régime violent qui anéantit systématiquement la vie d’êtres humains, parce qu’ils sont arabes, musulmans ou palestiniens. Ce qui me préoccupe dans votre approche, c’est que vous êtres plus gêné par la démarche de Dror que par ce que fait l’État d’Israël aux Palestiniens et leur utilisation du concert de M. Terrasson pour le fairer oublier (lequel Dror, dans ses lettres que vous publiez, se distingue particulièrement par sa politesse et sa préoccupation de ce qui pourrait advenir à l’image de M. Terrasson, si celui-ci décidait de persister avec le Festival de jazz de la Mer Rouge).

Je trouve cette dichotomie entre « Palestiniens que vous aimez » et « Israéliens que vous haïssez » plutôt bizarre, venant de quelqu’un qui a de la « sympathie » pour la douleur palestinienne, et spécialement quand cela concerne Dror, que je ne connais pas personnellement, mais dont le nom est explicitement israélien. Cette attaque contre lui, son caractère, et cette incursion dans sa vie privée, le qualifiant d’antisémite et en insinuant l’insulte éculée du « juif haineux de lui-même », tout cela relève, véritablement, du harcèlement et d’une intolérance intolérable. Il y a beaucoup de citoyens d’Israël et de personnes de confession juive dans le mouvement, comme il y a beaucoup de chrétiens, musulmans, bouddhistes et wiccans. Ceci devrait d’autant plus renforcer votre confiance dans ce mouvement antiraciste, et ne pas vous encourager à faire des déclarations qui – très franchement – ont elles-mêmes une connotation d’antisémitisme.

« …10/ Si Stanley Jordan, le Portico Quartet ont annulé leur concert au Red Sea Jazz Festival, c’est leur choix, que nous respectons. Certains de nos artistes refusent de jouer en Israel. Ce sont leurs convictions politiques et nous vivons en démocratie, et nous respectons sincèrement toutes les opinions. Mais respectez les nôtres, nous pensons être plus utile en étant invité à exprimer notre musique pour le peuple israélien plutôt qu’à refuser de venir jouer dans un pays dont nous désapprouvons les décisions gouvernementales. Libre à Jacky Terrasson de se faire sa propre opinion, après sa venue. Ne forcez pas les gens à penser ce que vous souhaitez qu’ils pensent… c’est de la dictature intellectuelle et de la manipulation, celle là même que vous prêtez aux dirigeants israéliens… »

Nous respectons votre opinion, votre sympathie, mais nous ne pouvons respecter votre volonté de prendre l’argent du régime d’apartheid d’Israël aux fins de blanchir ses crimes de guerre. Nous demander de respecter cela est immoral. Une fois encore, je suis obligée de le rappeler, le mouvement BDS n’est pas une armée, ni un gouvernement capable de faire appliquer une « dictature intellectuelle ». Un mouvement de la société civile se construit avec les gens (ils peuvent être militants, ils peuvent être des fans de musique, ils peuvent être les deux à la fois, ils peuvent être ni l’un ni l’autre). Ces personnes peuvent seulement vous parler de leur cas et elles espèrent que vous les écouterez. Nous n’imputons pas la tyrannie à l’État d’Israël comme un exercice intellectuel, nous le faisons parce que c’est une réalité que les Palestiniens et les citoyens d’Israël vivent, tous les jours.

« …11/ La Palestine a besoin de soutiens internationaux, d’actions positives, de paix et ce n’est pas en prônant la violence (intellectuelle et verbale) et l’intolérance, que vous aiderez la Palestine. Je me suis moi-même rendu à Ramallah, pour y produire un concert gratuit de Shakti, soutenu par les Nations Unies, et nous avons aidé à financer une école de musique pour les enfants victime de la guerre. Voilà des actions positives, pacifistes qui ont un sens, de l’humanité. Mettre dos à dos les deux camps, ce n’est pas oeuvrer pour la Paix, c’est mettre de l’huile sur le feu... »

C’est très bien que des artistes veuillent réaliser un travail communautaire dans les communautés palestiniennes et tant mieux pour vous. Comme je l’ai répété à Stanley Jordan à plusieurs reprises dans les discussions qu’il a ouvertes sur Facebook, cette option est toujours sur la table, mais cela n’a rien à voir avec la participation à un concert qui est payé par le gouvernement d’apartheid, et utilisé pour blanchir ses crimes de guerre. Vous pouvez toujours faire les deux. Vous pouvez respecter ce que la société civile palestinienne considère comme une « action positive », « et » annuler un concert complice, « et » agir dans les communautés palestiniennes qui souffrent, étant ainsi solidaires.

« …12/ Votre comparaison avec l’Apartheid en Afrique du Sud est fausse. L’Apartheid en Afrique du Sud fut condamnée par les Nations Unies et se définie par une ségrégation raciale, qui donna lieu dès le 2 Décembre 1968 à une recommandation de suspendre tous les échanges culturels, educatifs et sportifs avec l’Afrique du Sud, et dès 1973 par la résolution 3068 de l’ONU. Nous ne serions pas aller jouer en Afrique du Sud… et je pense que la couleur de peau de Jacky Terrasson (que vous ne semblez décidement pas connaître, cela en devient risible) ne nous aurait bien évidemment pas permis d’ y être invité. Le régime en Afrique du Sud était un régime totalitaire, illégitime, anti-démocratique et raciste. A ce jour l’ONU n’a pas appelé publiquement ou par résolution au boycott d’Israel, ni la France, ni les Etats-Unis qui sont les deux pays de Jacky Terrasson. Si tel était le cas, nous n’irions pas jouer en Israël… »

Malheureusement, la comparaison avec l’Afrique du Sud de l’apartheid n’est pas fausse, tel est le cas, et Jacky Terrasson est sur le point de jouer dans l’Israël de l’apartheid. Je suis très contente que vous ayez une connaissance approfondie, détaillée, de ce qu’il s’est passé dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, afin de parachever votre tableau, j’aimerais vous donner connaissance de façon tout aussi approfondie de ce qu’il se passe dans les territoires palestiniens occupés. Heureusement, d’autres l’ont déjà fait de façon très méticuleuse, aussi, je vous recommande, ainsi qu’à Mr Terrasson, de prendre le temps de consulter ces quelques sources excellentes :

http://en.wikipedia.org/wiki/Israel…
http://electronicintifada.net/conte…
http://www.youtube.com/watch?v=Bzey…

« …Dans mon agence, je représente des artistes musulmans, des artistes israéliens, beaucoup de religions différentes, de nationalités, et c’est un espace de tolérance, de paix, de dialogue. J’ai produit plus de 3000 concerts dans le monde, et c’est la première fois que je reçois autant de missives désagréables. Vous l’homme de science, vous devriez faire confiance à la rigueur de l’analyse au lieu de rentrer dans un conflit ouvert avec les artistes... »

Puisque votre bureau est un lieu de tolérance, de paix et de dialogue, il n’aimerait probablement pas être éclaboussé avec l’analyse rigoureuse qui précède. Si vous pensez autrement, vous pourriez vouloir fournir votre propre analyse rigoureuse, réfutant l’analyse rigoureuse des autres. Je souligne qu’il vous reste encore à le faire.

« …Je terminerais par cette citation de Koffi Annan, « la Tolérance est une Vertu qui rend la paix possible« … »

La tolérance est une vertu, en effet, qui rend la paix possible. Le fait qu’Israël en manque, et quelques autres, fait qu’il n’y a pas de paix.

Un débat qui nous tient à cœur : peut-on encore aller faire des concerts en Israël ?

«  …Bien Cordialement,

Christophe Deghelt,

Quelques liens pour nourrir votre réflexion, nous avons volontairement laissé toutes les opinions s’exprimer.

Le Site du BDS – la Page sur Jacky Terrasson
Le Site de Creative Community for Peace
La page Facebook – Stand with Us
La page Facebook de Jacky Terrasson
La page Facebook d’Erik Truffaz
Réécoutez l’émission sur RTS
Blog Le Monde Et si les Israéliens étaient plus ouverts que leurs partis politiques sur la Palestine ?… 
»

Avant d’en arriver à la conclusion, je voudrais réagir à certains de ces liens que vous donnez afin de m’assurer que vous comprenez bien leur contexte politique. Je prends en considération que le fait pour vous de les publier ne signifie pas que vous les approuvez.

Stand With Us est une organisation qui travaille pour et avec le gouvernement d’Israël dans les campus à l’étranger. Je recommande fortement l’analyse rigoureuse de Tom Pessah sur de tels groupes, afin de mieux comprendre le contexte politique dans lequel ils opèrent (dans le cas où les emblèmes sur leur banderole ne vous auraient pas alerté encore). Ils travaillent ensemble avec la soi-disant Communauté créative pour la paix, qui est une organisation d’agents des célébrités les plus en vue du monde, et qui oeuvre aussi de concert avec le gouvernement d’Israël, qui en reçoit de l’argent, afin de faire connaître son agenda. Ils prétendent, hypocritement, être des organisations à but non lucratif, alors qu’en réalité, ils agissent pour empêcher toute tentative de s’assurer que leurs artistes ne profitent pas de l’occupation militaire. En échange, l’État d’Israël a transformé les boycotts qui « nuisent à l’État d’Israël » en une « faute civile », accordant aux entreprises le droit de poursuivre les personnes au motif qu’elles les ont boycottées pour des raisons morales, sans avoir à prouver l’existence d’un préjudice.

S’agissant de l’article dont vous nous donnez le lien, il fera sérieusement l’objet d’une autre réponse de ma part, en attendant, je vous propose des articles ayant rapport à la question que cet article tente d’aborder.

http://www.guardian.co.uk/world/201…
http://www.haaretz.com/print-editio…
http://littlegreenfootballs.com/pag…
http://www.haaretz.com/news/nationa…

Arrivant au terme de cette longue discussion, j’aimerais noter que la publication sur un blog qui n’offre aucune possibilité de commentaires étouffe quelque peu la possibilité d’avoir ce « débat qui nous tient à cœur ». Mais quand on veut, on peut. Je serais heureuse d’être contactée pour plus d’informations. Je serais même encore plus heureuse si vous poursuiviez ce débat, en public.

Enfin, sur votre question : « Peut on encore aller faire des concerts en Israël ? »

Oui, vous pouvez. Et aussi Jacky Terrasson le peut. Vous avez le privilège de faire ce que vous voulez, mais par respect pour les Palestiniens sous la botte de l’oppression d’Israël, nous vous demandons d’annuler votre concert en Israël, un concert soutenu par son gouvernement oppressif d’apartheid et utilisé pour blanchir ses violations des droits humains des Palestiniens.

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Tali Shapiro
 est une militante israélienne de 24 ans, membre des Anarchistes contre le Mur et de Boycott from Within

Source : http://pulsemedia.org/2013/01/14/a-response-to-jacky-terrassons-agent-christophe-deghelt-about-the-red-sea-jazz-festival/

traduction : JPP




Lettre à Jacky Terrasson / Letter to Jacky Terrasson

Malgré ses tentatives pour rester apolitique ou neutre, la politique a rattrapé Jacky Terrasson, sa page facebook se remplit de messages sionistes, son silence et son inaction ne sont plus acceptables.

Le grand Stanley Jordan s’est ajouté au Portico Quartet dans les artistes qui ont annulé leur participation au festival de jazz d’Eilat.

Jacky Terrasson les rejoindra-t-il ou se tiendra-t-il aux côtés des artistes qui, comme au temps de l’apartheid en Afrique du Sud, préféraient ignorer les appels au boycott et chanter pour les blancs en prétendant ne pas faire de politique?

Voici la lettre que la Campagne BDS France avait envoyé à Jacky Terrasson en début d’année / Here is the letter that the French BDS Campaign sent to Jacky Terrasson at the beginning of the year

Suite à cette lettre, un débat s’est engagé que vous pouvez trouver ici / Following this letter, a debate has started and you can find it here
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Paris, le 2 janvier 2013

Cher Jacky Terrasson, 

Tout d’abord, nous vous souhaitons une bonne année 2013. Pour commencer l’année, vous êtes invités à jouer au festival de jazz d’Eilat en Israël le mois prochain. Eilat est une station balnéaire, éloignée de la politique et des événements tragiques qui parcourent cette région. Mais suffit-il de s’éloigner du champ de bataille pour ne plus entendre ce qui se passe à quelques dizaines de kilomètres de là ?

Savez-vous pourtant qu’une partie de la population, exclue, ne pourra pas venir écouter les sonorités de votre piano. En effet, le peuple palestinien reste relégué, en dépit des conventions de l’ONU, derrière un mur de séparation illégal, occupé et colonisé en Cisjordanie, assiégé sous blocus à Gaza, sous un régime de discriminations légales en Israël, et réfugié dans le reste du monde. 

Cher Jacky Terrasson, sur votre page facebook vous vous prononcez contre la circulation d’armes à feu aux Etats-Unis. Pourriez-vous, aujourd’hui, vous rendre dans un pays aussi violent que l’est Israël pour sa propre population autochtone, et jouer pour le gouvernement qui met en place et encourage cette violence?

Il faut que vous sachiez que le festival de jazz d’Eilat n’est pas uniquement un événement musical et culturel. Organisé avec l’aide des ministères de la culture et du tourisme israélien, il est directement associé au gouvernement et à sa propagande, pour tenter de faire passer Israël pour un État comme les autres. Israël se sert en effet de la culture et des événements culturels, sur place comme à l’étranger, comme autant de porte paroles de la «démocratie» israélienne. Il est essentiel pour lui de montrer sa «normalité» à ses citoyens comme à l’étranger. 

Pourtant Israël n’est pas un État normal ou démocratique pour tous ses citoyens: il viole quotidiennement le droit International par l’occupation et la colonisation de territoires, il maintient un blocus illégal sur Gaza, privant ainsi toute une population de vivres et de matériel médical, il continue chaque jour à expulser, emprisonner, à détruire des maisons de familles palestiniennes. Depuis la récente reconnaissance de la Palestine comme État observateur à l’ONU, le gouvernement israélien a riposté en engageant la construction de plus de 2600 logements illégaux supplémentaires dans les colonies de Jérusalem-Est. En Cisjordanie, plus de 600 check-points privent les Palestiniens de leur liberté de circulation, rendant leur accès à l’eau, à l’éducation, à la santé ou au travail dépendant de l’arbitraire militaire.

La communauté internationale ferme les yeux, et le gouvernement israélien agit en toute impunité. Face à ces injustices, les composantes de la société civile palestinienne, soutenues par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens, ont décidé en 2005 de mettre en place la campagne BDS. Il s’agit d’un appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée de la non-violence de Gandhi et du combat des Sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale. Nous, citoyens français de diverses associations, avons formé la Campagne BDS France pour relayer cette lutte à tous les niveaux de la société française. 

De nombreuses personnalités artistiques ont déjà choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Récemment les groupes Portico Quartet et Tuba Skinny, les pianistes Jason Moran et Eddie Palmieri, eux aussi invités au festival de jazz d’Eilat, ont annulé leur participation.

Parmi les autres artistes qui ont annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes, on compte également votre amie Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, Les Pixies ou Massive Attack.

Cher Jacky Terrasson, nous vous demandons de rejoindre tous ces artistes qui refusent aujourd’hui d’être utilisés dans le blanchiment du régime israélien, et choisissent de boycotter ce régime tant qu’il ne respectera pas le droit international. Nous vous demandons de bien débuter l’année et d’annuler votre participation au festival de jazz d’Eilat et de dire ainsi votre refus d’être manipulé, au service d’une injustice que vous ne cautionnez pas.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

La Campagne BDS France

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Dear Jacky Terrasson,

First, let us wish you a happy new year 2013. You have been invited to play at the jazz festival in Eilat, Israel next month. Eilat is a seaside resort, distant from the politics and tragic events in the region. But does being far from the battlefield mean not hearing what’s happening a few dozen miles away?

Do you know that a whole swathe of the population is excluded and won’t be able to come and listen to the sounds of your piano? Despite UN Conventions, the Palestinian people remain under occupation and colonisation, confined behind an illegal separation Wall in the West Bank, hemmed in by the siege of Gaza, or living under a regime of State discrimination in Israel. The rest are refugees all around the world.

Dear Jacky Terrasson, on your Facebook page you denounce the prevalence of fire-arms in the United States. Could you today go to a country as violent as Israel is towards the native population, and play for a government that puts in place and encourages such violence?

You should know that the Eilat jazz festival is not merely a musical and cultural event. Organised with the aid of the Israeli Ministries of Culture and Tourism, it is directly associated with the government and its propaganda, attempting to pass Israel off as a State like any other. Israel uses such cultural events, at home and abroad, as a showcase for Israeli “democracy”. It wants at all cost to display its “normality”, to its own citizens and to foreigners abroad.

But Israel is not a normal State, nor is it democratic for all its citizens. It violates international law daily by its occupation and colonisation of land, it maintains an illegal blockade of Gaza, depriving a whole population of basic supplies and medical equipment, it continues day after day to expel, to imprison, and to demolish the homes of Palestinian families. Since the recent recognition of Palestine as an observer State at the United Nations, the Israeli government has retaliated by announcing the illegal construction of over 2,600 additional homes in the colonies of East Jerusalem. In the West Bank, over 600 checkpoints deprive the Palestinians of their freedom of movement, making access to water, to schooling, to health care, to employment, dependent on the arbitrary will of the military.

The international community closes its eyes and the Israeli government acts with total impunity. In the face of such injustice, Palestinian civil society, supported by the most progressive fringe of Israeli citizens, decided in 2005 to launch the BDS campaign: a call for boycott, divestment and sanctions as long as Israel goes on flouting international law. We, French citizens belonging to a variety of associations, formed the BDS French Campaign in order to pursue the struggle at all levels of French society.

Numerous international artists have already chosen not to play in Israel until its changes its politics. Just recently the groups Portico Quartet and Tuba Skinny, as well as the pianists Jason Moran and Eddie Palmieri, who were all invited to the Eilat jazz festival, have cancelled their performances there.

Other artists who have also cancelled their appearance in different Israeli cities include your friend Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, The Pixies and Massive Attack.

Dear Jacky Terrasson, we are asking you to join all these artists who refuse to be used to whitewash the Israeli regime and who choose to boycott that regime until it respects international law. To start the year well, we are asking you to cancel your participation in the Eilat jazz festival, showing that you refuse to be manipulated in the service of injustice that you do not support.

The French BDS Campaign




Lettre ouverte à Erik Truffaz

Nous publions la lettre que nous avons envoyé à Erik Truffaz au sujet de sa participation prévue au festival de jazz d’Eilat (English translation below):
A rejoindre aussi cette page qui vient d’être créée pour l’occasion sur facebook pour demander à Eric Truffaz de renoncer à s’y produire
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Cher Erik Truffaz,

Vous êtes invité à jouer au festival de jazz d’Eilat en Israël du 17 au 19 janvier prochain.

Vous qui êtes un grand trompettiste, qui aimez le métissage des genres musicaux, le mélange des sonorités, savez-vous que le pays dans lequel vous vous apprêtez à aller jouer refuse le métissage de sa population et ne donne toujours pas les mêmes droits aux citoyens d’origine palestinienne résidant en Israël ?

Savez-vous qu’en vous produisant à Eilat, vous privez toute une population de pouvoir venir entendre les sonorités feutrées de votre trompette. En effet, le peuple palestinien reste relégué depuis de nombreuses années, et en dépit des conventions de l’ONU, derrière un mur de séparation illégal.

Même depuis la récente reconnaissance de la Palestine comme État observateur à l’ONU, le gouvernement israélien a riposté en engageant la construction de plus de 2600 logements illégaux supplémentaires dans les colonies de Jérusalem-Est.

Le festival de jazz d’Eilat est organisé avec l’aide du ministère de la culture et du ministère du tourisme israélien. Loin de n’être qu’un événement culturel, il est donc directement associé au gouvernement et à sa propagande, pour tenter de faire passer Israël pour un État comme les autres.

Cher Erik Truffaz, Israël n’est pas un État comme les autres, Israël viole quotidiennement le droit International. Le gouvernement israélien maintient son blocus illégal à Gaza, privant ainsi toute une population de vivres, de matériel médical, etc. Le gouvernement israélien continue chaque jour à coloniser, à expulser, à détruire les maisons des familles palestiniennes. En Cisjordanie, plus de 600 check-points entravent les déplacements des Palestiniens, de telle sorte que l’accès à l’eau, à l’éducation, à la santé sont aléatoires.

Face à ces injustices, face à l’impunité du gouvernement israélien, les composantes de la société civile palestinienne, soutenues par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens, ont décidé en 2005 de mettre en place la campagne BDS. Il s’agit d’un appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée de la non-violence de Gandhi et du combat des Sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et, depuis plus de six ans, des campagnes de boycott de l’État israélien se développent dans tous les pays. Nous, citoyens français de diverses associations, avons formé la Campagne BDS France pour relayer ce combat à tous les niveaux de la société française.

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Récemment le groupe de jazz Portico Quartet, lui aussi invité au festival de jazz d’Eilat, a annoncé qu’il n’y participerait pas, à cause de la poursuite de la colonisation israélienne, et qu’il rejoignait la campagne BDS.

Parmi les autres artistes qui ont annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes, on compte les cinéastes Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh ; les musiciens Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, les Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault, Lhasa ou Vanessa Paradis.

Cher Erik Truffaz, le titre de votre dernier album laisse à penser que vous êtes un artiste engagé. Alors que dans Yabous, vous défendez l’égalité des droits entre juifs et musulmans, et que Let Me Go semble écrite pour les Palestiniens, vous ne pouvez pas, aujourd’hui, vous placer du côté de l’oppresseur.

Nous vous demandons donc de rejoindre les artistes qui boycottent Israël tant que cet État ne respectera pas le droit international et d’annuler votre participation au festival de jazz d’Eilat.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

La Campagne BDS France
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English translation:

Dear Erik Truffaz,

You have been invited to play at the jazz festival being held in Eilat, Israel from 17 to 19 January next.

You, as a great trumpeter who loves the fusion of musical genres and the mix of sounds, did you know that the country where you plan to perform rejects the ethnic mix within its population, and still doesn’t grant equal rights to its citizens who are of Palestinian origin?

Did you know that while you’ll be playing in Eilat, a whole swathe of the population will be unable to come and enjoy the mellow sounds of your trumpet?  Because, in spite of UN Conventions, the Palestinian people have been confined for years behind an illegal separation Wall.

Since the recent admission of Palestine as an Observer State at the United Nations, the Israeli government has retaliated by announcing the illegal construction of over 2,600 homes in the colonies of East Jerusalem.

The Eilat jazz festival is organised with the aid of the Israeli Ministry of Culture and the Ministry of Tourism.  Far from being merely a cultural event, it is thus directly associated with the government and with its propaganda, which attempts to pass Israel off as a State like others.

Dear Erik Truffaz, Israel is not a State like others, it violates international law daily. It maintains its illegal blockade of Gaza, depriving the population of basic supplies and medical equipment. Every day it continues its colonisation, expulsions, and the demolition of Palestinian families’ homes in the West Bank. Over 600 checkpoints block Palestinians’ free movement and hinder their access to water, to schooling, to health care.

In the face of such injustice, and the impunity of the Israeli government, in 2005 Palestinian civil society, supported by the most progressive fringe of Israeli citizens, launched the BDS campaign:  boycott, divestment and sanctions as long as Israel does not respect international law.  This struggle, inspired by the non-violence of Gandhi and by the South Africans’ struggle against apartheid, has taken on an international dimension and, six years on, campaigns to boycott the State of Israel have developed worldwide.  We, French citizens belonging to different associations, formed the BDS French Campaign in order to pursue this struggle at all levels of French society.  .

Numerous international artists have now chosen not to play in Israel until that State changes its politics.  The Portico Quartet, also invited to the jazz festival in Eilat, recently announced that it would not take part due to the on-going Israeli occupation, and that it was joining the BDS campaign.

Among other artists having cancelled their appearance in different Israeli cities are film directors Ken Loach, Jean-Luc Godard and Mike Leigh; film stars Dustin Hoffman and Meg Ryan; and musicians such as Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, The Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault, Lhasa and Vanessa Paradis.

Dear Erik Truffaz, the title of your latest album leads us to believe that you are a politically aware artist.  When in ‘Yabous’ you promote equal rights for Jews and Muslims, and when the words of ‘Let Me Go’ could have been written for the Palestinians, surely you cannot, today, stand on the side of the oppressor.

We therefore ask you to join your fellow artists who are boycotting Israel as long as that State doesn’t respect international law, and to cancel your participation in the jazz festival in Eilat.

We are at your full disposal for any further information.

The French BDS Campaign




Action en Allemagne

Déclaration de Direct Action Berlin
7 octobre 2012
http://www.facebook.com/DirectActionBerlin

Le 4 Octobre 2012, un événement de collecte de fonds en faveur du FNJ (KKL) a eu lieu à Berlin. Le FNJ est l’un des instruments les plus anciens et les plus efficaces de l’apartheid et de l’oppression sioniste en Palestine. Grâce à la création et au financement de colonies illégales, la suppression et le déplacement de la population non-juive, en achetant ou en enlevant la terre de ses habitants, le FNJ met en œuvre les idéaux sionistes de discrimination et de ségrégation « sur le terrain ». Le FNJ n’est pas « juste » une organisation officielle israélienne, il est l’un des principaux exécuteurs de la politique raciste d’Israël contre les non-juifs vivant sur son territoire.

Nous ne nous tiendrons pas tranquillement pendant que ces organisations sont financées. Nous ne voudrions pas voir de tels événements se produire sans offrir de résistance, une résistance qui est entraînée par notre solidarité avec la lutte palestinienne pour la liberté, avec la lutte du peuple des villages bédouins en cours de démolition chaque mois par le FNJ, et avec tous les militants qui risquent leur liberté et leur vie à se battre pour une existence libre et juste pour eux-mêmes et pour les autres, qui ne peuvent pas lutter contre ces combats seuls.

Considérant cela, nous avons entrepris avec d’autres militants d’interrompre et de résister à un événement que nous considérons comme prenant une part active dans les crimes de guerre et l’apartheid illégal. Notre acte de résistance était symbolique et non-violent. À notre tour, nous avons été brutalement agressés par les spectateurs, une réaction violente qui était déplacée. La réponse exagérée de la foule et de la police de Berlin, qui a répondu en poursuivant nos militants par des policiers en civil, en les arrêtant et les traitant comme des criminels, a montré une fois encore que l’Etat d’Israël et son partenaire allemand en crime ne sont pas capables de traiter la résistance pacifique. Encore une fois, les cris à l’antisémitisme ont été entendus. Résister à l’apartheid n’est pas de l’antisémitisme. Résister à des crimes de guerre n’est pas de l’antisémitisme. Critiquer Israël n’est pas de l’antisémitisme.

Nous envoyons cette action comme une salutation de solidarité avec nos frères et sœurs qui luttent pour un meilleur Moyen-Orient, et comme un signe d’encouragement pour les autres militants à travers le monde pour aller avec leur lutte juste et courageuse. Nous continuerons de résister à l’apartheid israélien, où qu’il se trouve. La Palestine sera libre.

Action directe Berlin

La vidéo de l’action:




Action en Irlande

L’IPSC tient des « Cartes postales pour la Palestine » lors de l’événement «Open House» parrainé par l’ambassade d’Israël
5 octobre 2012
http://www.ipsc.ie/press-releases/report-ipsc-hold-postcards-for-palestine-action-at-israeli-embassy-sponsored-open-house-event

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Pendant une sombre, froide et morne soirée à Dublin, des membres et sympathisants de la campagne Irlande-Palestine Solidarité (IPSC) ont injecté un peu de couleur vive dans le crépuscule avec des « Cartes postales pour la Palestine ». L’événement a été organisé à la dernière minute pour contrer une exposition parrainée par l’ambassade d’Israël en cours de lancement au Dublin Civic Trust sur Castle Street, le jeudi 4 Octobre, invitant les Dublinois à envoyer des cartes postales à destination de Tel Aviv. L’événement parrainé par l’État israélien, honteusement sous les auspices du festival Open House architectural, est la dernière d’une ligne d’événements culturels de propagande que l’Etat a récemment mis en scène dans ce pays, dans le cadre de leurs efforts pour blanchir l’occupation, l’apartheid et les crimes de guerre. Le ministère des Affaires étrangères israélien a déclaré explicitement qu’il considère « la culture comme un outil de hasbara [propagande] de premier rang » et ne « fait pas de distinction entre la hasbara et la culture ». Scandaleusement, l’événement a été officiellement lancé par le ministre irlandais de l’Education, Ruairi Quinn.

En réponse, l’IPSC a organisé « Cartes postales pour la Palestine » à l’extérieur, afin de rappeler à ceux qui assistent qu’aujourd’hui encore, l’Etat d’Israël mène une politique de démolitions de maisons et de construction de colonies dans les Territoires palestiniens occupés.

En plus de distribuer des centaines de tracts aux passants, IPSC invitait les personnes à écrire des cartes postales de solidarité aux familles de réfugiés des villages dépeuplés palestiniens, privés de leur droit au retour dans leur patrie. Nous avons recueilli des dizaines de cartes postales, qui seront numérisées et mises en ligne, afin que les gens de Sheikh Muwannis, Jammusin, Salame et Summeil sachent que leurs histoires ne sont pas oubliées. Plusieurs éminents architectes irlandais ont également publié une lettre dans le journal Irish Times sur la question.

En particulier, l’IPSC a été déçu par la facilitation du Dublin Civic Trust à cet événement, étant donné que sa mission inclue « la reconnaissance et la protection du patrimoine architectural de la ville […] générer une plus grande prise de conscience de Dublin sur son environnement bâti historique […] prendre connaissance de son passé tout en embrassant l’avenir » est en contradiction totale avec la possibilité d’être associé à un événement parrainé par l’Etat israélien, compte tenu de la politique impitoyable d’Israël de destruction sociale et architecturale.

En 1948, Israël a été formé par l’épuration ethnique de plus de 700.000 Palestiniens autochtones impliquant le dépeuplement forcé de 531 villes et villages et 11 quartiers urbains. Par la suite, les forces israéliennes ont délibérément rasé 70% de ces zones au sol, 22% ont été « en grande partie détruit », moins de 2% ont été détruits à peine, moins de 2% ont été pris en charge par des colons israéliens, et le statut des 5% restants est indéterminé.

En effet, contrairement à l’affirmation de l’ambassade israélienne (sur l’invitation à l’événement «Cartes postales») que Tel-Aviv « a émergé à partir des dunes de sable », la ville est, en partie, construit sur les restes de quatre villages palestiniens – Sheikh Muwannis, Jammusin , Salame et Summeil. Aujourd’hui, seulement 4% de la population de la ville sont palestiniens. Le professeur israélien Moshe Zuckerman l’a décrit ainsi: « nous avons détruit une culture, détruit une vie, détruit l’éducation, détruit ce qui était ici ».

Un tel comportement destructif n’est pas non plus reléguée dans le passé. Depuis 1967, Israël a démoli plus de 25.880 structures palestiniennes dans les territoires occupés, pour ne pas mentionner l’assaut massif sur l’infrastructure civile de Gaza pendant l’attaque de l’exercice 2008-09 « Opération Plomb Durci « , qui a aussi laissé plus de 1.400 morts. En raison de la persistance du blocus israélien de Gaza, qui comprend des restrictions sévères à l’importation de matériaux de construction, les Palestiniens ont trouvé incroyablement difficile de reconstruire leur société. Dans le même temps, Israël continue à financer la construction de colonies de peuplement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, une grave violation de la quatrième Convention de Genève, et administre un système d’apartheid et d’occupation militaire contre les Palestiniens.

En outre, les citoyens palestiniens d’Israël sont les principales cibles d’expulsions par la «gentrification» des structures historiques palestiniennes et les districts mixtes (juifs et arabes) des villes – et ce n’est nulle part plus évident qu’à Tel-Aviv. Alors que Tel-Aviv fait des appels à la tolérance, la réalité de la discrimination contre les Palestiniens indigènes à Tel-Aviv est pire aujourd’hui que jamais. Dans de larges zones de la ville, un système informel de logement et la discrimination existe qui ne serait pas déplacé dans le Sud profond des Etats-Unis dans les années 50. Par ailleurs, les Arabes bédouins dans le désert du Néguev (Naqab) subissent systématiquement des réinstallatiosn forcées, avec un village, al-Araqib, détruit plus de trois douzaines de fois.

La prétention d’Israël au pluralisme sonner creux elle aussi. En 2009, le Département d’Etat américain a noté qu’en Israël la «Loi de 1967 de protection des lieux saints s’applique aux lieux saints de tous les groupes religieux dans le pays et dans l’ensemble de Jérusalem, mais que le gouvernement ne met en œuvre la réglementation uniquement pour les sites juifs. Les lieux saints non-juifs ne bénéficient pas de la protection juridique en vertu de ce que le gouvernement ne les reconnaît pas comme des lieux saints officiels. À la fin de 2008, il y avait 137 lieux saints désignés, qui étaient tous juifs. En outre, le Gouvernement a élaboré des règlements pour n’identifier, ne protéger et ne financer que des lieux saints juifs. Alors que des sites bien connus ont une protection de facto en raison de leur importance internationale, de nombreux sites musulmans et chrétiens sont négligés, inaccessibles ou menacés par les promoteurs immobiliers et les municipalités».

Enfin, bien que l’invitation décrit Tel Aviv comme «Ville UNESCO de l’architecture », il convient de noter qu’Israël a retiré son financement pour l’UNESCO en Novembre 2011 après que l’organisation a admis la Palestine en tant que membre. Voilà pour la tolérance culturelle!

Que le Dublin Civic Trust joue à permettre à ses locaux d’être utilisés pour une journée portes ouvertes et permettre que son nom soit associé à un événement parrainé par un État avec un tel bilan catastrophique en matière de droits de l’homme et de manque de respect pour les Palestiniens sur le plan architectural, culturel et patrimoine spatial est inadmissible. En s’associant à un tel événement, ils contribuent à légitimer ces actions de propagande de la «marque Israël».

Le tract:
http://www.ipsc.ie/docs/pdf/%5B2012-10%5DNoOpenHouseApartheidLeaflet.pdf

Plusieurs éminents architectes irlandais ont publié une lettre dans le journal Irish Times sur la question:
http://www.irishtimes.com/newspaper/letters/2012/1004/1224324835696.html

La vidéo de l’action:




Mashrou’ Leila, Professor et Gorillaz Sound System en France!

Rendons hommage aux artistes qui ne vont PAS en Israêl se faire de l’argent sur la souffrance des Palestiniens, qui comprennent la situation sur place et le pouvoir qu’ils ont entre leurs mains lorsqu’ils décident de s’y rendre ou de ne pas s’y rendre.

En particulier, rappelons le courage du groupe de rock libanais Mashrou’ Leila qui a annulé sa participation au concert des Red Hot Chili Peppers à Beyrouth au début de ce mois, pour protester contre leur concert à Tel Aviv. Donnons tort à tous leurs détracteurs et réservons leur notre meilleur accueil le 3 octobre à la Cigale, à Paris.

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Parmi les artistes qui s’intéressent au sort des Palestiniens, on trouve également The Professor, Harrisson Stafford, chanteur du groupe de reggae Groundation avec lequel il avait déjà composé le titre Hebron. Il revient maintenant d’un voyage en Cisjordanie et il publie un premier album solo, Madness, qui parle énormément de l’occupation israélienne, comme en témoigne le titre Intifada
Voici ce qu’il en dit: 
« Ces chansons ont été écrites en décembre 2009 lorsque je visitais Israël et les territoires palestiniens de la Cisjordanie. Elles ont été inspirées par des méditations nocturnes à travers les villes de Jerusalem-Sheik Jarrah, Hebron, Jericho, Ramallah, Nablux, et Qalqiliya.
L’idée d’enregistrer ces chansons m’est venue en repensant à une conversation déterminante que j’ai eu à Ramallah avec un poète arabe d’une cinquantaine d’années. Il m’a dit qu’il connaissait le Reggae et il mentionna plus particulièrement Bob Marley. J’ai été surpris quand il m’a dit, en toute honnêteté, qu’il n’aimait pas la musique Reggae à cause du message négatif qu’elle véhiculait. J’étais abasourdi. Je n’avais jamais entendu personne associer la musique de Marley à autre choses que des vibrations positives et un message positif.
Le poète me dit : « laisse-moi te demander ceci : pourquoi la musique Reggae est-elle aussi sioniste dans le message qu’elle fait passer? » Wahou, ça a pris tout son sens ! Si à travers la plupart du monde, le Reggae est aimé pour son engagement envers la liberté et l’égalité, ici en Palestine, il est considéré comme une musique pro-israélienne et symboliquement forte pour les supporteurs d’Israël et de l’occupation.
Et si j’écrivais de la musique Reggae Roots originale selon la perspective palestinienne? J’ai alors décidé que j’enregistrerais ces chansons en Jamaïque dans l’un des studios historiques de Kingston en regroupant des musiciens Jamaïcains pour poser les rythmes. »
Il sera:
le 2 octobre à Paris au Divan du Monde
le 4 octobre à Mâcon à la Cave à Musique
le 5 octobre à Pagney chez Paulette
le 6 octobre à Bagneux au Theatre Victor Hugo
le 7 octobre à Bruxelles à l’Ancienne Belgique
le 9 octobre à Rillieux La Pape à la MJC O Totem
le 10 octobre à Ramonville au Bikini
le 11 octobre à Bordeaux à la Rock School Barbey
le 12 octobre à Alençon, à La Luciole

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Enfin, le 23 novembre au Centquatre à Paris, le groupe Gorillaz Sound System viendra participer à un festival de musique électronique, le Télérama Dub Festival. Il avait annulé sa participation à un tel festival à Tel Aviv en juin 2010 pour protester contre l’attaque meurtrière de l’armée israélienne contre la Flottille de la Liberté pour Gaza.




En Israël, aucune critique n’est permise

Communique de l’AURDIP (Association des Universitaires pour le Respect du Droit Intenational en Palestine)
20 septembre 2012

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Le département de sciences politiques de l’Université Ben Gourion, en Israël, est menacé de fermeture. Ce département est réputé pour accueillir quelques uns des rares chercheurs critiques de la politique israélienne vis à vis des Palestiniens, dont Haim Yacobi, son directeur, et Niv Gordon, le précédent directeur. La plupart des commentateurs s’accordent à dire que ces deux faits sont liés, comme en témoigne  cet article de Haaretz traduit en français .

Alors qu’au même moment, un établissement des territoires illégalement occupés depuis 1967 vient de se voir élever au titre d’Université (à Ariel) par le gouvernement de Benyamin Netanyahou, alors que les universités palestiniennes survivent à peine, on voit encore une fois à quelles fins est utilisée l’Université en Israël.

L’autorité universitaire israélienne et l’écrasante majorité de ses membres est alliée au gouvernement israélien, au service de sa politique, de son idéologie et de son armée. Ces récents événements confirment, si besoin était, que l’institution universitaire mérite bien d’être boycottée en tant que telle, comme le confirme cet article du Guardian traduit en français.

Les voix dissidentes, progressistes et courageuses au sein des universités israéliennes, qui soutiennent l’appel palestinien à mettre en place des stratégies de boycott institutionnel de l’Etat israélien, se font de plus en plus rares, et pour cause. Soutenons les contre leurs tutelles et réitérons notre refus de collaborer avec les universités israéliennes tant qu’Israël ne respectera pas le droit international en Palestine.

AURDIP




Peter Brook décline l’invitation du théâtre Cameri en Israël

La Campagne BDS France a appris avec satisfaction la décision du metteur en scène franco-britannique Peter Brook de décliner l’invitation du théâtre israélien Cameri de Tel-Aviv où il devait présenter en décembre prochain la pièce « The Suit ».

La Campagne BDS France, le Pacbi (campagne palestinienne pour le boycott culturel et universitaire), et aussi des membres   du mouvement israélien du boycott de l’intérieur « Boycott from within » avaient en effet tenu à alerter Peter Brook de ce que pourrait signifier sa présence dans ce théâtre israélien, en termes de caution donnée à la « démocratie israélienne » et de déni de la réalité de l’occupation, de la colonisation et du système légal de discriminations mis en place par cet État. Un certain nombre d’acteurs et metteurs en scène du Cameri avaient même signé, il y a quelques mois, un texte signifiant leur refus d’aller jouer dans les colonies des Territoires Palestiniens Occupés.

Certes la décision de Peter Brook est singulière et répond à ses analyses et conclusions personnelles, ne recoupant pas forcément l’ensemble de nos points de vue. Mais notre propos et notre rôle est précisément de maintenir un niveau d’information sérieux auprès des artistes et intellectuels qui sont invités à participer à la vie culturelle israélienne, les incitant à la réflexion sur le sens de ce qui est aujourd’hui un acte politique.

Pour preuve, le quotidien israélien Yediyot Aharonot fait part de l’intention du théâtre Cameri d’attaquer Peter Brook en justice. L’invitation du Cameri était donc bien une convocation. Nous nous  réjouissons donc de la décision éthique de Peter Brook qui, par sa  réputation, servira d’exemple à tout artiste placé dans une situation  analogue.

LA CAMPAGNE BDS FRANCE




Red Hot Chili Peppers: la campagne continue!

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Bravo à Mashrou’ Leila, le groupe de rock libanais qui devait ouvrir le concert des Red Hot Chili Peppers à Beyrouth le 6 septembre, et qui a prévenu qu’il annulait sa participation si le groupe américain ne renonçait pas à son concert en Israël le 10 septembre…

Rappelons que les Palestiniens vivant sous le régime d’apartheid ne pourrons pas assister à ce concert, de même qu’ils n’ont pas pu assister à celui de Madonna.

Rappelons que le concert est prévu de se dérouler dans le parc Hayarkon, lieu du village palestinien détruit de Jarisha.

Rappelons que 13 lettres ouvertes ont été envoyées au groupe pour leur demader de renoncer à ce voyage de promotion de l’Etat israélien.

Rappelons que plus de 7400 personnes ont signé la pétition et que plus de 1200 personnes ont rejoint la page facebook consacrées à cette campagne de boycott culturel, tant qu’Israël ne respectera pas le Droit International.

Vous aussi, vous pouvez encore signer cette pétition.

Comme Mashrou’ Leila, vous pouvez encore agir pour demander aux Red Hot Chili Peppers de ne pas participer à l’apartheid!

La Campagne BDS France




Lettre à André Minvielle et Lionel Suarez du groupe Tandem

A l’attention de André Minvielle et Lionel Suarez du groupe Tandem, Némo Music, Paris, le 9 juillet 2012

tandem

Chers André Minvielle et Lionel Suarez, à la fin du mois, vous avez prévu de donner deux concerts au Festival de Jazz d’Eilat, sponsorisé par l’Etat d’Israël pour redorer son blason. Vous avez sans doute remarqué qu’Eilat était une station balnéaire, éloignée de la politique et des événements tragiques qui parcourent cette région.

Mais suffit-il de s’éloigner du champ de bataille pour ne plus entendre ce qui se passe à quelques dizaines de kilomètres de là ? Nous posons cette question aux spectateurs israéliens, soldats en permission qui cherchent à oublier les crimes commis la veille ou membres du ministère de la culture qui cherchent à faire oublier les exactions de leurs collègues au ministère de la défense. Nous posons cette question aux Palestiniens qui auraient bien aimé venir vous écouter, mais qui ne pourront pas le faire parce qu’ils sont relégués derrière un mur de séparation. Enfin, nous vous posons cette question : savez-vous qu’Eilat n’est qu’une ville d’un Etat qui pratique une politique d’apartheid à l’égard de sa population palestinienne, en réduisant ses droits les plus fondamentaux: accès à l’eau, à l’éducation, aux soins, à la nationalité, liberté de circulation ?

Vous qui êtes attachés aux droits des minorités, vous devez agir pour les Palestiniens. C’est un peuple colonisé en Cisjordanie, un peuple sous blocus à Gaza, un peuple discriminé en Israël, un peuple réfugié dont le droit au retour a été reconnu par l’ONU mais jamais mis en application par Israël. La communauté internationale ferme les yeux et le gouvernement israélien agit en toute impunité.

Face à ces injustices, la société civile palestinienne a décidé en 2005 d’appeler au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions contre l’Etat d’Israël, tant qu’il ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée par le combat des sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et des campagnes de boycott des institutions israéliennes se développent dans tous les pays, y compris à l’appel de certains israéliens qui sont engagés dans le mouvement Boycott From Within.

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques du monde entier ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Au festival d’Eilat l’an dernier, le groupe américain Tuba Skinny, le pianiste américain Jason Moran et le pianiste portoricain Eddie Palmieri avaient annulé leur participation. Certes, Elton John, Lady Gaga, Justin Bieber ou Madonna ont cédé aux sirènes commerciales et rompu le blocus, mais tel n’est pas le cas de Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Gil Scott-Heron ou Massive Attack.

Chers André Minvielle et Lionel Suarez, la vague de solidarité grandit, rejoignez-la ! Comme Claude Nougaro au tabac, dites nonau Festival d’Eilat !

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

La Campagne BDS France
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
http://www.bdsfrance.org/

 Lettre au format pdf




Lettre ouverte à Richard Bona

A l’attention de Richard Bona,

Paris, le 9 juillet 2012

Cher Richard Bona,

A la fin du mois vous avez prévu de donner des concerts au Festival de Jazz d’Eilat, sponsorisé par l’Etat d’Israël pour redorer son blason. Vous êtes pourtant déjà allés à ce festival l’an dernier, et vous avez sans doute remarqué qu’Eilat était une station balnéaire, éloignée de la politique et des événements tragiques qui parcourent cette région.

Mais suffit-il de s’éloigner du champ de bataille pour ne plus entendre ce qui se passe à quelques dizaines de kilomètres de là ? Nous posons cette question aux spectateurs israéliens, soldats en permission qui cherchent à oublier les crimes commis la veille ou membres du ministère de la culture qui cherchent à faire oublier les exactions de leurs collègues au ministère de la défense. Nous posons cette question aux Palestiniens qui auraient bien aimé venir vous écouter, mais qui ne pourront pas le faire parce qu’ils sont relégués derrière un mur de séparation. Enfin, nous vous posons cette question : savez-vous qu’Eilat n’est qu’une ville d’un Etat qui pratique une politique d’apartheid à l’égard de sa population palestinienne (sans compter les immigrés africains qu’Israël enferme dans des camps avant de les expulser), en réduisant ses droits les plus fondamentaux: accès à l’eau, à l’éducation, aux soins, à la nationalité, liberté de circulation ?

C’est un peuple colonisé en Cisjordanie, un peuple sous blocus à Gaza, un peuple discriminé en Israël, un peuple réfugié dont le droit au retour a été reconnu par l’ONU mais jamais mis en application par Israël. La communauté internationale ferme les yeux et le gouvernement israélien agit en toute impunité.

Face à ces injustices, la société civile palestinienne a décidé en 2005 d’appeler au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions contre l’Etat d’Israël, tant qu’il ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée par le combat des sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et des campagnes de boycott des institutions israéliennes se développent dans tous les pays, en particulier en Afrique du Sud, et y compris à l’appel de certains israéliens qui sont engagés dans le mouvement Boycott From Within.

Vous avez personnellement connu les discriminations en France, votre pays d’origine, le Cameroun, a longtemps été colonisé. Nous sommes étonnés que vous puissiez donner un concert dans un pays colonisé en vous plaçant du côté de l’Etat colonial, et en faisant comme si rien d’inacceptable ne s’y déroulait. Auriez-vous chanté à Sun City en 1985 ?

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques du monde entier ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Au festival d’Eilat l’an dernier, le groupe américain Tuba Skinny, le pianiste américain Jason Moran et le pianiste portoricain Eddie Palmieri avaient annulé leur participation. Certes, Elton John, Lady Gaga, Justin Bieber ou Madonna ont cédé aux sirènes commerciales et rompu le blocus, mais tel n’est pas le cas de Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Gil Scott-Heron ou Massive Attack.

Nous pouvons imaginer que vous ne connaissez pas bien la situation sur place, mais dorénavant vous ne pourrez plus dire « je ne savais pas ». Si vous souhaitez être informé plus en détails de la politique du gouvernement israélien, nous le ferons volontiers.

Cher Richard Bona, nous vous demandons de rejoindre les artistes qui boycottent Israël tant que cet état ne respectera pas le droit international et d’annuler votre concert au Festival d’Eilat.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

La Campagne BDS France
CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
http://www.bdsfrance.org

 La lettre en formatr pdf




Encore deux victoires en Afrique du Sud

Au delà du boycott, la Campagne BDS marque des points dans les esprits.
Campagne BDS France, 16 mai 2012

Si l’on signale les dizaines d’artistes qui annulent leurs concerts prévus en Israël, on ne signale pas les centaines d’autres qui n’y vont pas, soit parce qu’ils sont connus pour être des soutiens indéfectibles des droits humains et ne seront donc jamais contactés par des tourneurs israéliens, soit parce qu’ils ont été contactés par ces tourneurs et qu’ils ont décliné l’invitation avant qu’elle ne soit publique. Ces cas sont, par définition, difficiles à recenser, mais une fuite récente dans la presse israélienne nous a permis d’apprendre que l’écrivain et Prix Nobel sud-africain John Maxwell Coetzee avait ainsi refusé l’invitation (avant même qu’elle ne soit officielle, donc) à se rendre au salon du livre israélien qui se déroule en ce moment même à Jérusalem, « tant que le processus de paix ne serait pas en route », ce qui lui laisse un certain temps devant lui…
http://mondoweiss.net/2012/05/nobel-prize-laureate-j-m-coetzee-appears-to-boycott-international-writers-festival-in-jerusalem.html

On apprend le même jour que le ministre de l’agriculture sud-africain, Gerrit van Rensburg, avait lui aussi renoncé à se rendre en Israël pour une visite purement technique. Il n’y a, en effet, pas de place pour des visites « purement techniques » pendant que des milliers de prisonniers palestiniens sont en grève de la faim, des centaines sont victimes de crimes de guerre, des milliers d’autres sont expulsés de leurs maisons pour agrandir les territoires colonisés, des centaines de milliers sont discriminés quotidiennement, et des millions sont empêchés de rentrer chez eux!
http://www.iol.co.za/capetimes/minister-abandons-israel-visit-1.1296867

La normalisation ne sera à l’ordre du jour que lorsque Israël respectera le droit international et les droits humains. En attendant, Boycott, Désinvestissement et Sanctions!




Cassandra Wilson du bon côté de l’Histoire

Il devient de plus en plus facile de convaincre les artistes de ne pas se rendre en Israël, pour ne pas se rendre complices de la politique de promotion de cet Etat criminel. Il suffit maintenant de les informer et de leur montrer la longue liste des artistes qui ont été convaincus avant eux pour que, très rapidement, ils se rendent à l’évidence: on ne peut pas, aujourd’hui, chanter en Israël sans faire de politique, sans trahir les Palestiniens…

C’est ce qu’ont compris, dans les dernières semaines, deux groupes et une chanteuse américains, Tune-Yards, The Pains of Being Pure at Heart et Cat Power.

C’est aussi ce qu’a compris l’immense chanteuse américaine de jazz Cassandra Wilson qui, en annulant son concert en Israël déclare, sans peur et sans hypocrisie: « En tant que militante des droits de l’homme, je m’identifie avec le boycott culturel d’Israël« 

Si les Palestiniens et tout le mouvement de solidarité, remercient et félicitent Cassandra Wilson, nous la soutenons également alors qu’elle subit maintenant des attaques racistes de la part de militants sionistes (en particulier sur son compte twitter: http://twitter.com/#!/reallycassandra ), qui ne feront que la conforter dans la justesse de son choix. Madame Wilson, vous vous êtes placée du bon côté de l’Histoire!

La Campagne BDS France




La campagne BDS convainc Jacques Rancière !

Jacques Rancière, philosophe politique et éminent intellectuel, professeur émérite à l’Université Paris 8, était récemment invité à l’Université de Tel Aviv, en Israël, pour y donner une conférence publique. La Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI) lui a immédiatement demandé d’annuler cette conférence (i).

Jacques Rancière, comme nous, est « opposé aux sanctions collectives à l’égard de tous les citoyens d’un État et à l’égard de ses chercheurs« . Le PACBI, comme le Collectif Palestine Paris 8, l’AURDIP et la Campagne BDS France (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’apartheid israélien), ne condamne pas le dialogue entre intellectuels de tous les pays, israéliens y compris. Nous accusons, en revanche, l’Université de Tel Aviv comme toutes les autres universités israéliennes, de complicité avec les politiques ségrégationnistes de l’Etat israélien, mais aussi avec sa politique d’occupation militaire. Nous nous élevons, par conséquent, contre la possibilité que le prestige d’un intellectuel tel que Jacques Rancière serve à une telle institution.

La Campagne BDS France se réjouit aujourd’hui que Jacques Rancière ait entendu notre appel et annulé son voyage en Israël. C’est la première victoire de l’année pour le volet culturel et universitaire de la Campagne BDS France, que nous espérons suivie de nombreuses autres. Jacques Rancière rejoint ainsi une longue lignée d’intellectuels engagés du côté de la Justice et des droits humains, tels que Eduardo Galeano, Arundhati Roy, Andre Brink, Naomi Klein, Augusto Boal, Vincenzo Consolo, Steven Rose, Henning Mankell, John Berger ou Judith Butler. Nous réitérons avec eux notre opposition à toute collaboration avec des institutions culturelles ou universitaires israéliennes, tant que ce pays ne respectera pas le droit des Palestiniens: le droit à leur terre, le droit d’y rentrer pour les réfugiés, et le droit d’y être traités comme les autres.

La Campagne BDS France
http://www.bdsfrance.org/

L’AURDIP
http://www.aurdip.fr

Le Collectif Palestine Paris 8
http://www.cup-france.com/

(i) Lettre du PACBI à Jacques Rancière




Lettre du PACBI à Jacques Rancière

Lettre ouverte au Professeur Jacques Rancière.
http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=1793

Ramallah occupé,

Il est venu à notre attention, dans le cadre de la campagne Palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), que vous donnerez une conférence publique au Centre des sciences humaines Minerva à l’Université de Tel-Aviv, en date du 25 janvier 2012. Si notre information est correcte, alors nous vous incitons, au plus haut point, à annuler votre visite à cette institution, complice de maintenir un régime d’occupation, de colonialisme et d’apartheid [i]. L’université de Tel-Aviv, en particulier, est partenaire à part entière dans le maintien de l’infrastructure militaire et sécuritaire de l’Etat israélien, comme exposé dans 2 récents rapports [ii].
En tant que savant reconnu, vous savez certainement qu’Israël a bafoué le droit international depuis plusieurs décennies. Puisque les puissances mondiales hégémoniques sont activement complices de la mise en pratique ainsi que de la perpétuation des politiques oppressives et coloniales israéliennes, nous croyons que la seule voie ouverte à la réalisation de la justice et au respect du droit international est un travail constant de la part de la société civile palestinienne et internationale pour faire pression sur Israël et ses institutions complices, dans le but de mettre fin à cette oppression.

En 2004, inspiré par le boycott culturel triomphant de l’apartheid sud africain et soutenu par les unions clés et groupes culturels palestiniens, PACBI a lancé un appel au boycott académique et culturel des institutions impliquées dans l’occupation et l’apartheid d’Israël [iii]. Dans cet appel que nous vous adressons, nous souhaitons montrer l’importance de l’appel palestinien ; souligner la raison d’être du mouvement mondial de boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) contre Israël, duquel PACBI est membre ; et vous inciter au respect de l’appel palestinien pour le boycott académique et culturel d’Israël.

L’appel palestinien de 2004 a demandé à la communauté académique internationale de « s’abstenir de participer à de quelconques coopérations académiques et culturelles, collaborations ou projets communs avec les institutions israéliennes », entre autres [iv]. Suite à cela, en 2005, une grande majorité de la société civile palestinienne a appelé pour une campagne englobant la totalité du BDS, basé sur des principes de droits humains, justice, liberté et égalité [v]. Le mouvement BDS adopte une stratégie non violente et moralement cohérente afin de tenir Israël responsable des mêmes droits humains et normes du droit international que les autres nations. Il est demandé à la communauté académique internationale de tenir compte de l’appel au boycott, comme elle l’a fait durant la lutte contre l’apartheid sud africain, jusqu’à ce qu’ « Israël se retire de toutes les terres occupées depuis 1967, incluant Jérusalem Est ; démantèle toutes ses colonies de ces terres ; se conforme aux résolutions des Nations Unies pertinentes pour la restitution des droits des réfugiés palestiniens ; et mette fin à son système d’apartheid » [vi].

Votre décision d’intervenir à l’Université de Tel-Aviv violera l’appel palestinien au boycott, et constituera un rejet brutal de l’appel de plus de 170 organisations de la société civile qui composent le mouvement palestinien BDS.

Israël soumet les palestiniens à un système cruel de dépossession et de discrimination raciale.

Votre conférence serait perçue comme une dissimulation des pratiques israéliennes, en agissant comme si les relations avec Israël devraient rester habituelles.
Concrètement, Israël viole quotidiennement les droits humains fondamentaux des palestiniens, notamment des façons suivantes :

Les palestiniens de Cisjordanie et de la Bande de Gaza vivent sous une occupation militaire brutale et illégale. Israël entrave les libertés de circulation et d’expression ; bloque l’accès aux terres, aux soins de santé et à l’éducation ; emprisonne les dirigeants et militants des droits humains palestiniens sans inculpation ni procès ; et inflige quotidiennement l’humiliation et la violence aux plus des 600 checkpoints militaires et barrages routiers qui étranglent la Cisjordanie. Pendant ce temps, Israël continue de construire son mur illégal sur la terre palestinienne occupée, et de soutenir le réseau sans-cesse croissant de colonies illégales exclusivement juives, qui divisent la Cisjordanie en bantoustans. Dans son avis de 2004, la Cour Internationale de Justice a conclu que le mur ainsi que les colonies israéliennes, construits sur le territoire palestinien occupé, sont illégaux [vii].

Les citoyens palestiniens d’Israël font face à un système d’apartheid croissant à l’intérieur des frontières d’Israël, avec des lois et politiques qui leur renient des droits dont leurs homologues juifs bénéficient pleinement. Ces lois et politiques affectent l’éducation, la propriété foncière, le logement, l’emploi, le mariage et d’autres aspects de la vie quotidienne de ces personnes. A bien des égards, ce système ressemble étroitement à Jim Crow et l’apartheid d’Afrique du Sud.

Depuis 1948, quand les milices sionistes et plus tard Israël ont dépossédé plus de 750 000 palestiniens pour créer un Etat exclusivement juif, Israël dénie le droit internationalement reconnu au retour des réfugiés palestiniens dans leur maison et sur leurs terres. Israël continue également l’expulsion des communautés palestiniennes de leurs terres à Jérusalem, dans la Vallée du Jourdain et au Naqab (Negev). Aujourd’hui, il existe plus de 7 millions de réfugiés palestiniens qui luttent toujours pour leur droit au retour, comme tous les réfugiés du monde entier.

A Gaza, les palestiniens sont soumis à un siège criminel et immoral depuis 2006. Dans le cadre de ce siège, Israël n’empêche pas seulement divers types de médicaments, bougies, instruments de musique, crayons, vêtements, chaussures, couvertures, pâtes, thé, café et chocolat, mais aussi les livres, d’atteindre les 1,5 millions de palestiniens incarcérés dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde [viii].

Pouvez-vous intervenir à l’université d’un tel Etat, avec une bonne conscience ?

La considération nécessaire et importante de la liberté académique, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels auprès des Nations-Unies définit la liberté académique comme incluant :

La liberté pour les individus d’exprimer librement leurs opinions sur l’institution ou le système dans lequel ils travaillent, de remplir leurs fonctions sans discrimination ou peur de répression de l’Etat ou d’autres acteurs, de participer aux corps académiques représentatifs ou professionnels, et de bénéficier des droits humains reconnus applicables aux autres personnes dans la même juridiction. La jouissance de la liberté académique emporte des obligations, telles que le devoir de respecter la liberté académique des autres, d’assurer le débat équitable entre points de vue opposés, et de traiter tout le monde sans discrimination fondée sur l’un des motifs interdits. [ix]
Gardant en mémoire la validité de cette définition, nous sommes profondément conscients de l’importance de la liberté académique de l’individu, mais nous reconnaissons également que de telles libertés ne devraient pas être automatiquement étendues aux institutions. Judith Butler nous a demandé de remettre en question la conception libérale classique de la liberté académique avec un point de vue qui saisit les réalités politique en jeu, et de prendre conscience que nos luttes pour la liberté académique doivent agir de concert avec l’opposition à la violence d’Etat, la surveillance idéologique, et la dévastation systématique de la vie quotidienne. [x]

Il incombe aux universitaires de développer une telle compréhension nuancée de la liberté académique si nous nous apprêtons à exiger une justice sociale et agir aux côtés des oppressés dans leurs luttes.

L’académie israélienne n’est pas le bastion de la contestation et du libéralisme, mais est l’évidence d’être de ceux qui tendent à défendre Israël, et de la sorte tentent de délégitimer l’appel au boycott académique. La grande majorité de la communauté académique israélienne néglige l’oppression du peuple palestinien – à la fois à l’intérieur d’Israël et dans les territoires occupés – et ne s’est jamais battue pour s’opposer aux pratiques et politiques de leur Etat. En fait, ils servent dûment dans les forces de réserve de l’armée d’occupation, et en tant que tels, sont soit auteurs, soit témoins silencieux de la brutalité quotidienne de l’occupation. Dans leur recherche académique, ils n’hésitent également pas à s’associer à l’institution militaro-sécuritaire qui est le chef architecte et l’exécuteur de l’occupation et d’autres formes d’oppression du peuple palestinien. Une pétition, rédigée par quatre universitaires israéliens demandant seulement au gouvernement israélien « d’autoriser le libre accès des étudiants et professeurs [palestiniens] à tous les campus dans les territoires [occupés], et d’autoriser les étudiants et professeurs détenant un passeport étranger à enseigner et étudier sans être menacé par le retrait d’un visa de résidence », n’a été soutenue que par 407 universitaires israéliens sur 9000 – moins de 5% de ceux qui ont été invités à la signer [xi].

Ceci est sans mentionner la complicité académique de diverses structures institutionnelles d’oppression, telles que le soutien à l’armée, les universités construites sur la terre palestinienne dépossédée, ou la pratique de formes de discrimination contre les étudiants palestiniens. Tout ceci et plus, rend l’académie israélienne profondément complice des pratiques et la subsistance de l’occupation, du colonialisme et de l’apartheid.

Nous faisons donc appel à vous, encore une fois, pour que vous annuliez votre conférence à l’Université de Tel-Aviv.

Sincèrement,
PACBI
www.pacbi.org

[i] Dans sa session la plus récente à Cape Town (Afrique du Sud), le Tribunal Russel sur la Palestine a conclu que la domination d’Israël sur le peuple palestinien, où qu’il réside, revient au total à un seul régime d’apartheid ».
http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/south-africa

[ii] Centre d’Information Alternative, « L’économie et l’occupation : le boycott académique d’Israël », Octobre 2009.  http://www.alternativenews.org/images/stories/downloads/Economy_of_the_occupation_23-24.pdf;
et SOAS Société Palestinienne, « Note urgente : L’Université de Tel-Aviv – Un centre de recherche militaire israélien de pointe », Février 2009. http://www.electronicintifada.net/downloads/pdf/090708-soas-palestine-society.pdf

[iii] http://pacbi.org/etemplate.php?id=869

[iv] lbid

[v] http://bdsmovement.net/?q=node/52

[vi] http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=868

[vii] http://www.icj-cij.org/docket/index.php?pr=71&code=mwp&p1=3&p2=4&p3=6&ca

[viii] http://news.bbc.co.uk/2/hi/middle_east/7545636.stm

[ix] Comité des droits économiques, sociaux et culturels auprès des Nations-Unies, « Le droit à l’éducation (art. 13) », 8 Décembre 1999. http://www.unhchr.ch/tbs/doc.nsf/(Symbol)/ae1a0b126d068e868025683c003c8b3b?Opendocument.

[x] Judith Butler, « Israël/Palestine et les paradoxes de la liberté académique » dans « Radical Philosophy ». Vol 135, pp 8-17, Janvier/Février 2006. http://www.egs.edu/faculty/judith-butler/articles/israel-palestine-paradoxes-of-academic-freedom/ (Accessible le 10 Décembre 2011)

[xi] http://pacbi.org/etemplate.php?id=792




Encore un coup dur pour Veolia

23 décembre 2011

La Campagne BDS France ainsi que les militants des droits de l’homme du monde entier se réjouissent encore une fois après que l’autorité des déchets de l’ouest de Londres (la « WLWA ») a décidé d’exclure la multinationale française Veolia d’un contrat de 485 millions de Livres, pour le traitement des déchets ménagers de 1,4 million d’habitants de plusieurs arrondissements de Londres. Cet échec est un coup dur pour la société, qui arrive six mois après un autre échec, celui concernant un contrat de 300 millions de Livres dans le comté de Ealing.

Les raisons derrière la décision prise par la WLWA d’exclure Veolia sont confidentielles, mais l’impact des militants des droits humains ne doit pas être sous-estimé. Au cours des six derniers mois, des militants ont fait pression sur les conseillers et fonctionnaires et ont envoyé une lettre à la WLWA – signée par près de 600 résidents locaux – pour documenter la complicité directe de Veolia dans de graves violations du droit international humanitaire à Jérusalem et en Cisjordanie.

Les militants ont rappelé l’implication de Veolia dans la construction et l’exploitation d’un tramway qui relie Jérusalem aux colonies illégales en Cisjordanie palestinienne, ainsi que celle de la compagnie de bus de la route 443, dont les Palestiniens sont exclus. Veolia prend également en charge des déchets en provenance d’Israël et de ces mêmes colonies illégales, pour les déverser sur des terres palestiniennes dans la décharge de Tovlan. Enfin, les politiques de recrutement de Veolia en Israël ont été dénoncées comme racistes.

Pour toutes ces raisons, Veolia est une cible internationale de la Campagne pour le Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’apartheid israélien, lancée par des organisations palestiniennes de la société civile, à laquelle la Campagne BDS France est associée.

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Le communiqué de la Palestine Solidarity Campaign au Royaume-Uni:
http://www.palestinecampaign.org/index7b.asp?m_id=1&l1_id=4&l2_id=25&Content_ID=2312




Le groupe de metal Arch Enemy s’enfonce dans l’apartheid…

Non content de programmer un concert en Israël en Janvier, le groupe de metal suédois Arch Enemy qui prétend défendre la liberté d’expression (voir l’hypocrise de leur photo), s’en prend sur internet à tous ses fans qui les supplient de ne pas cautionner l’apartheid israélien et censure leurs messages sur Facebook.

Le groupe, par la voix de sa chanteuse Angela Gossow, s’enfonce dans des justifications mensongères, comme par exemple le fait d’être soutenus dans leur démarche par Amnesty International (AI les a soutenu pendant leur tournée Nord Américaine, mais pas en israel, pas plus qu’elle n’avait soutenu Leonard Cohen en 2009).

En tournée en Angleterre, les membres de la Campagne BDS ont distribué des tracts devant l’un de leurs concerts à Londres le 6 décembre dernier. Leur message est simple: respectez l’appel des Palestiniens, boycottez Israël, annulez votre concert.

Ce message est aussi simple que celui de Nissim Ben Shetrit, directeur général adjoint du ministère israélien des Affaires étrangères qui expliquait en 2005 dans le journal israélien Ha’aretz «Nous voyons la culture comme outil de propagande de premier rang, et je ne fait pas de distinction entre la propagande et la culture»

Les fans ont été très réceptifs au message de la Campagne BDS, car ils sont majoritairement sympathisants de la cause palestinienne, et surpris que Arch Enemy qui se dit révolutionnaire, contre toutes formes d’oppression et anarchistes, soutienne en même temps l’apartheid israélien. Pas un seul tract n’a été jeté par terre et certains fans ont même poursuivi ces discussions, manquant ainsi le début du concert.
http://www.inminds.co.uk/article.php?id=10530
http://www.youtube.com/watch?v=c0-nT4ayldI

La tournée d’Arch Enemy se poursuit maintenant: Pays-Bas, Allemagne, France (ils sont ce soir à Reims, et dans les prochains jours à Rouen, Vannes et Limoges), Suisse, Roumanie, Grèce, Turquie, Russie, Finlande, Japon, Suède, Portugal, Belgique ainsi qu’Israël. Réservons leur le meilleur accueil possible.

Prochains concerts prévus:
14.12.2011 – Le Cartonnerie – Reims, France
16.12.2011 – Le 106 – Rouen, France
17.12.2011 – L’Echonova – Vannes, France
18.12.2011 – CC John Lennon – Limoges, France
20.12.2011 – Backstage Werk – München, Germany
21.12.2011 – Garage – Saarbrücken, Germany
22.12.2011 – Z7 – Pratteln, Switzerland
18.01.2012 – Arenele Romane – Bucharest, Romania
20.01.2012 – Gagarin 205 – Athens, Greece
21.01.2012 – Block 33 – Thessaloniki, Greece
24.01.2012 – Barbie Club – Tel Aviv, Israel




Encore un message à Hindi, Bijan et Oumou…

Encore des nouvelles sur le front du boycott culturel:

Un article sur Hindi Zahra:
http://www.pipole.net/hindi-zahra-en-israel-critiques/122464/

La compagnie Riverdance s’était produit en israel contre l’avis de son créateur, Robert Ballagh, qui, par conséquent, a reversé l’ensemble de ses droits d’auteur à la Flottile de la Liberté!
http://www.irishcentral.com/news/Robert-Ballagh-donates-Israeli-Riverdance-profits-to-Gaza-flotilla-132988893.html

Il y a quelques mois, la chanteuse Macy Gray avait lancé un débat sur sa page facebook: devait-elle ou non chanter en israel? Après un débat houleux, elle avait décidé de s’y rendre et son voyage avait, comme prévu, était récupéré par les officines sionistes. Aujourd’hui, elle le regrette sur son compte twitter. La Campagne BDS a décidé de ne pas lui répondre officiellement, mais vous pouvez lui donner (gentiment) vos opinions personnelles sur son compte facebook ou twitter…
http://twitter.com/#!/MacyGraysLife
http://www.facebook.com/macygrayslife?sk=wall

A l’approche des concerts prévus de Hindi Zahra, Bijan Chemirani et Oumou Sangaré, la Campagne BDS France décide de renvoyer à ces artistes un nouveau communiqué, en Français et en Anglais, les enjoignant de ne pas aller chanter pour l’apartheid…

Est-ce que Hindi Zahra sait que son site facebook censure les commentaires pro-palestiniens et limite la liberté d’exprimer la défense des droits humains?

Nous vous invitons à publier cet appel là où vous pouvez…

La Campagne BDS France
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Hindi Zahra, Bijan Chemirani, Oumou Sangaré: les Palestiniens sont-ils des humains comme les autres? Ont-ils le droit d’avoir une culture et une éducation comme tout le monde?

Depuis quelques mois, l’Etat d’Israël a fait tout ce qui lui était possible pour s’opposer à l’acceptation de la Palestine comme membre de l’UNESCO. Rappelons que l’UNESCO est l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, ce qui est assez ironique quand on entend les représentants israéliens reprocher à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) de mélanger la culture et la politique.

Hindi Zahra, Bijan Chemirani, Oumou Sangaré: maintenant que la majorité des pays du monde a accepté la Palestine comme membre à part entière d’une organisation consacrée à l’éducation, la science et la culture, allez-vous rester du côté de ceux qui les punissent, en les expropriant et en les volant?

En effet, comme mesures de rétorsion, et malgré les protestations de Paris, Berlin ou Londres, l’Etat d’Israël a décidé d’accélérer la colonisation illégale à Jérusalem-Est et en Cisjordanie et de voler aux Palestiniens les 50 millions de dollars par mois correspondant au remboursement des droits de douane et de TVA prélevés sur les produits qui transitent obligatoirement par les ports et aéroports israéliens.

Hindi Zahra, Bijan Chemirani, Oumou Sangaré: vous ne pouvez pas jouer dans un pays qui empêche un peuple entier d’avoir sa culture représentée à l’ONU!

Hindi Zahra, Bijan Chemirani, Oumou Sangaré: rejoignez-nous du côté de de la paix et de la justice, dans celui du boycott de l’Etat israélien tant que celui ci ne respectera pas le droit international et, s’il vous plait, annulez vos concerts prévus en Israël!

La Campagne BDS France

Hind Zahra, concert prévu le 12 novembre
Le 8 novembre, elle sera à Tenerife, Espagne, Auditorio Caja Canarias
Le 9 novembre, elle sera à Lisbonne, Portugal, Sala TMN
http://fr-fr.facebook.com/hindizahra
http://www.lastfm.fr/music/Hindi+Zahra
Agent: e.ziller@3pomprod.com

Bijan Chemirani, concert prévu le 13 novembre
le facebook de son frère Keyvan:
http://fr-fr.facebook.com/pages/Keyvan-Chemirani/172212799501364?sk=wall
Agents: info@helicomusic.com, promotion@helicomusic.com, booking@helicomusic.com

Oumou Sangaré, concert prévu le 9 décembre
http://fr-fr.facebook.com/pages/Oumou-Sangare/9288724562
Agents: juan@cityzenmusic.com, Hannah@worldcircuit.co.uk
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Hindi Zahra, Bijan Chemirani, Oumou Sangare: Aren’t Palestinians humans like everyone else? Do they have the right to have a culture and an education like everyone else?

In recent months, the State of Israel has done everything it could to oppose the granting of Palestine as a member of UNESCO. Recall that UNESCO is the United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization, which is quite ironic when we hear Israeli officials accuse the Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) campaign to mix culture and politics.

Hindi Zahra, Bijan Chemirani, Oumou Sangare: Now that the majority countries of the world has accepted Palestine as a full member of an organization devoted to education, science and culture, will you stay on the side of those who punish them by expropriation and theft?

Indeed, as a retaliation, and despite the protests of Paris, Berlin or London, the State of Israel has decided to accelerate the construction of illegal settlements in East Jerusalem and the West Bank and to steal from the Palestinians $ 50 million per month, corresponding to reimbursement of customs duties and VAT levied on products required to pass through Israeli ports and  airports.

Hindi Zahra, Bijan Chemirani, Oumou Sangare: You can NOT play in a country that forbids an entire people to have their culture represented at the UN!

Hindi Zahra, Bijan Chemirani, Oumou Sangare: Join us on the side of peace and justice, in the boycott of Israel, as long as this state does not respect international law and, please, cancel your scheduled concerts in Israel!

The French BDS Campaign

Hind Zahra, concert scheduled on 12 novembre
On november 8 she will be in Tenerife, Spain, Auditorio Caja Canarias
On november 9 she will be in Lisbon, Portugal, Sala TMN
http://fr-fr.facebook.com/hindizahra
http://www.lastfm.fr/music/Hindi+Zahra
Agent: e.ziller@3pomprod.com

Bijan Chemirani, concert scheduled on 13 novembre
the fabook page of his brother Keyvan:
http://fr-fr.facebook.com/pages/Keyvan-Chemirani/172212799501364?sk=wall
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Oumou Sangaré, concert scheduled on 9 decembre
http://fr-fr.facebook.com/pages/Oumou-Sangare/9288724562
Agents: juan@cityzenmusic.com, Hannah@worldcircuit.co.uk