En Israël, aucune critique n’est permise

Communique de l’AURDIP (Association des Universitaires pour le Respect du Droit Intenational en Palestine)
20 septembre 2012

alt

Le département de sciences politiques de l’Université Ben Gourion, en Israël, est menacé de fermeture. Ce département est réputé pour accueillir quelques uns des rares chercheurs critiques de la politique israélienne vis à vis des Palestiniens, dont Haim Yacobi, son directeur, et Niv Gordon, le précédent directeur. La plupart des commentateurs s’accordent à dire que ces deux faits sont liés, comme en témoigne  cet article de Haaretz traduit en français .

Alors qu’au même moment, un établissement des territoires illégalement occupés depuis 1967 vient de se voir élever au titre d’Université (à Ariel) par le gouvernement de Benyamin Netanyahou, alors que les universités palestiniennes survivent à peine, on voit encore une fois à quelles fins est utilisée l’Université en Israël.

L’autorité universitaire israélienne et l’écrasante majorité de ses membres est alliée au gouvernement israélien, au service de sa politique, de son idéologie et de son armée. Ces récents événements confirment, si besoin était, que l’institution universitaire mérite bien d’être boycottée en tant que telle, comme le confirme cet article du Guardian traduit en français.

Les voix dissidentes, progressistes et courageuses au sein des universités israéliennes, qui soutiennent l’appel palestinien à mettre en place des stratégies de boycott institutionnel de l’Etat israélien, se font de plus en plus rares, et pour cause. Soutenons les contre leurs tutelles et réitérons notre refus de collaborer avec les universités israéliennes tant qu’Israël ne respectera pas le droit international en Palestine.

AURDIP




La maison Baramki : Absente/Présente

La Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI) appelle la société civile internationale à soutenir ses efforts pour rendre la maison Baramki à Jérusalem à ses propriétaires palestiniens légitimes, la famille Baramki.

L’histoire

En 1932, l’éminent architecte palestinien Andoni Baramki a bâti sa stupéfiante maison à Jérusalem. Il l’a dédiée à son épouse, Eveline. En 1948, pendant la campagne sioniste de nettoyage ethnique, ou Nakba, la famille Baramki, comme des centaines de milliers de Palestiniens, a été déracinée et s’est retrouvée, pendant quelques temps, à Gaza, puis ensuite à Ramallah. La Maison Baramki avait été transformée en avant-poste militaire : le poste Turjeman. Elle est située sur la lisière entre ce qui est devenu Israël et ce qui est devenu la Cisjordanie , en face de la Porte Mandelbaum, le seul point de passage entre les côtés de la ville divisée de Jérusalem.

Après la guerre de 1967, Israël a occupé le reste de la Palestine historique et placé la Cisjordanie et la Bande de Gaza sous contrôle militaire. La Porte Mandelbaum a été retirée et l’avant-poste militaire abandonné.
Photo
La Porte Mandelbaum et la Maison Baramki

Andoni et Eveline Baramki étant résidents de Jérusalem Est maintenant occupée, les autorités israéliennes leur ont octroyé des cartes d’identité israéliennes. L’armée israélienne n’avait plus besoin de la maison comme avant-poste, alors la famille Baramki a pensé que sa demande de restitution de la maison allait enfin aboutir. Hélas, les autorités israéliennes ont rejeté la requête de la famille, en vertu de la loi raciste de 1950 sur les biens des absents (en anglais sur Unispal.un.org) qui a été utilisée pour piller les biens des Palestiniens ethniquement nettoyés pendant la Nakba et même les biens de ceux qui avaient été déplacés en interne et déclarés « présents-absents »(1). Cette loi inique reconnaît la présence des Palestiniens déplacés en interne comme « résidents ou citoyens » de l’État d’Israël, mais « absents » pour ce qui concerne leurs propriétés.

Jusqu’à sa mort en 1972, Andoni Baramki allait voir sa précieuse maison tous les jours. Il marchait autour plusieurs fois par jour, mais il n’a jamais été autorisé à y entrer.

Photo
Inscription au néon en hébreu, en arabe et en anglais sur la Maison Baramki : « Les oliviers seront nos frontières » [attention à l’invasion, les Provençaux ! (ndt)]

Après la mort de son père, Gabi Baramki a continué à essayer de récupérer la maison familiale, mais en vain. En 1999, la Fondation israélienne de Jérusalem a transformé la Maison Baramki en « Musée de la Couture« , dont la mission déclarée est l’espoir de « faire avancer le dialogue parmi nous malgré nos points de vue divergents. Nous devons nous engager dans un dialogue social fondé sur ce que nous avons en commun et ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise et nous éloigne. » Le projet a été rendu possible par le « soutien généreux de la famille allemande von Holtzbrinck« .

L’histoire de la Maison Baramki n’est qu’une histoire parmi des milliers d’autres semblables ; mais ce cas particulier est l’exemple d’une injustice encore plus grande. En août 2012, Gabi Baramki est décédé, laissant derrière lui un riche héritage de lutte pour les droits palestiniens et pour le développement des institutions scolaires palestiniennes. La lutte pour la liberté, pour la justice et l’égalité des droits, à laquelle Gabi a consacré toute sa vie, continue.

Photo
Gabi Baramki (1929-2012)

Nous, à PACBI, considérons ce Musée comme une incarnation de la criminalité israélienne, de l’hypocrisie, du vol des biens, de la colonisation, de l’oppression et du déni persistant de la présence même des Palestiniens et des droits qui l’accompagne. Nous exigeons l’application du droit international, et que la Maison Baramki soit restituée à ses propriétaires palestiniens légitimes, la famille Baramki.

Que peut-on faire ?

Suggestions d’actions :

● Empêcher Israël de participer à tout événement architectural ou cultural à moins qu’il ne rende la Maison Baramki à ses propriétaires légitimes, qu’il admette et répare l’injustice inhérente à la confiscation massive des biens dans le cadre de sa loi des « présents absents » et abroge cette loi raciste ;

● Soulever la question de la Maison Baramki lors de tout événement architectural et culturel dans lequel Israël peut être présent et insister sur le fait qu’Israël doit se conformer au droit international et rende les biens pillés à leurs propriétaires respectifs ;

● Explorer toutes les possibilités de tenir pour complice de ce crime la famille allemande von Holtzbrinck (Verlagsgruppe Georg von Holtzbrinck, Holtzbrinck family Publishing/Stuttgart, Allemagne ; revenus : 2.2 milliards de dollars US ; salariés : 12.600), puisque cette famille a grandement facilité le transfert d’une propriété privée palestinienne à une institution culturelle israélienne, en violation du droit international – et peut-être du droit allemand. Ce fonds généreux d’une société/famille allemande n’est qu’un exemple de la manière dont l’aide à Israël par l’Allemagne, l’Europe ou les États-Unis a fait de ces bienfaiteurs des partenaires dans les crimes commis par l’État d’Israël. Cette aide à Israël a invariablement aidé à dissimuler les vieux crimes d’Israël ou à faciliter les nouveaux ;

● Utiliser toutes les options juridiques possibles disponibles en vertu du droit international pour récupérer la Maison.

Quelles sont nos cibles ?

L’UNESCO, toutes les institutions architecturales et culturelles, et tous les organismes archéologiques et culturels mondiaux.

Références :
1) Pour plus d’informations, voir par exemple (en anglais) :
– Masalha, Nur (1992), Expulsion of the Palestinians: the Concept of « Transfer » in Zionist Political Thought, 1882-1948. Washington: Institute for Palestine Studies.
– Massalha, Nur (1997), A Land Without a People: Israël, Transfer and the Palestinians 1949-96. London: Faber and Faber.
– Tom Segev, Arlen Neal Weinstein (Tanslator) (1998) 1949, The First Israëlis, Henry Holt & Company, Bottom of Form.

Note ISM : Pour avoir une idée, s’il en était besoin, et surtout des preuves de la réécriture falsifiée de l’histoire par le régime sioniste, lire l’article « Jérusalem à nu« , sur le site du ministère israélien des Affaires étrangères, sur le soi-disant « Musée de la Couture ».

Photo
Les activistes israéliens de Boycott from Within Ronnie Barkan et Renen Raz rendent hommage à Gabi Baramki en appelant le musée israélien qui occupe la Maison Baramki à rendre la maison pillée à ses propriétaires légitimes

Source : Pacbi

Traduction : MR pour ISM




Agissez : Dites aux joueurs de la NBA « non à l’apartheid israélien ! »

Dimanche, 29 juillet 2012 12h26 Alternative Information Center (AIC)

La NBRPA (Association des joueurs retraités de la NBA) tiendra un « séminaire éducatif » en Israël en partenariat avec l’AIEF (Fondation américano-israélienne d’éducation), l’organisme de bienfaisance affilié au lobby pro-Israël AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). Cette visite est planifiée du 30 juillet au 7 août, alors il n’est pas trop tard pour dire aux participants « non à l’apartheid israélien ! »
Le séminaire éducatif, selon le communiqué de presse publié par l’AIEF, « donnera de l’autorité aux voix des anciens joueurs à l’égard des questions du Moyen Orient. » Lors de leur séjour en Israël, les participants « verront et auront une expérience de certains des sites religieux et politiques les plus importants d’Israël tout en participant à une série de discussions constructives avec de nombreux officiels du gouvernement et des militaires… »
Contactons la NBRPA ici et demandons-leur d’annuler le séminaire et ainsi d’honorer l’appel palestinien de boycotter, désinvestir de et sanctionner Israël jusqu’à ce qu’il respecte le droit international et les principes universelles des droits humains.
Informons les de l’attaque récente d’Israël contre le footballeur palestinien Mahmoud Sarsak, qui était forcé à entamer une grève de la faim de 92 jours afin d’être relâcher après trois ans d’emprisonnement, détenu sans être inculper ni juger.
Contactons les joueurs qui doivent participer au voyage et demandons leur de ne pas participer au blanchiment des crimes d’Israël contre le peuple palestinien.

Demandez-leur de ne pas se laisser instrumentaliser par l’AIPAC pour la propagande israélienne :
Stephen Bardo: https://twitter.com/stephenbardo/
Dr. Dick Barnett: https://twitter.com/dickbarnett
Kenny Battle: https://twitter.com/teamgotgroupies (twitter of his son)
Willie Burton: http://www.willieburton.com/contact_us/#
Joe Barry Carroll: http://en.wikipedia.org/wiki/Joe_Barry_Carroll
Cedric Ceballos: https://twitter.com/cedceballos
Dale Ellis: http://en.wikipedia.org/wiki/Dale_Ellis
Spencer Haywood: https://twitter.com/spencerhaywood
Stephen Howard: https://twitter.com/stephen_speaks; http://www.stephenhoward.com/ (He has already sent a tweet saying how “excited” he is to be on the trip.
Marvin Roberts: http://www.legendsofbasketball.com/board/marvin-roberts/
Danny Schayes (co-leader of trip): http://en.wikipedia.org/wiki/Danny_Schayes
Sedric Toney: http://en.wikipedia.org/wiki/Sedric_Toney
Sam Vincent: http://en.wikipedia.org/wiki/Sam_Vincent_(basketball)
Jerome Williams (co-leader of trip): https://twitter.com/JunkYardDogJW



« Non à l’Euro 2013 en Israël », une vidéo de la Campagne, à diffuser largement !

Aidez-nous à convaincre l’UEFA de ne pas laisser le soin à Israël d’accueillir les phases finales de l’Euro Espoirs en juin 2013.

Depuis un an, 42 clubs de football Palestiniens attendent une réponse du Président de l’UEFA Michel Platini à leur appel visant à ne pas récompenser Israël pour sa politique raciste à leur égard.
Lire l’appel des clubs de Palestine sur le site: http://cartonrougeapartheidisrael.weebly.com/

S’il vous plaît, SIGNEZ LA PÉTITION demandant à l’UEFA de dire à Israël qu’il n’accueillera pas l’Euro 2013.

Avec Éric Cantona, Noam Chomsky, Ken Loach : Contre la tenue de l’Euro des moins de 21 ans en Israël !

Dans une lettre rendue publique à l’occasion de l’Euro de football, Éric Cantona, Noam Chomsky et Ken Loach observent avec satisfaction que «certains membres de gouvernements ont décidé de boycotter les matchs de groupe en Ukraine en raison des violations des droits humains observées dans ce pays. » avant de demander « pourquoi les mêmes acteurs sont-ils si silencieux quand Israël reçoit l’Euro 2013 des moins de vingt-et-un an ? Le racisme, les violations des droits de l’homme et les violations flagrantes du droit international sont des faits quotidiens dans ce pays.»

Le maintien d’Israël comme pays organisateur de l’Euro 2013 des moins de 21 ans est d’autant plus surprenant qu’en 2010, Michel Platini, président de l’UEFA (Union of European Football Associations), avait menacé Israël de sanctions sportives, en raison des restrictions imposées pour les allers et venues des sportifs palestiniens, et des difficultés à pouvoir importer des équipements sportifs. Michel Platini avait alors déclaré « Israël n’a qu’un seul choix : laisser le sport palestinien se développer, ou il doit assumer tout seul les conséquences de son attitude ».

Il serait donc inadmissible qu’Israël puisse organiser l’Euro 2013 des moins de 21 ans, alors que rien n’a changé dans la situation d’apartheid imposée aux Palestiniens.
Israël ne respectant pas les droits fondamentaux des Palestiniens, ni le développement du sport en Palestine, la Campagne BDS France  lance une pétition demandant  à l’UEFA et à son président Michel Platini que l’Euro 2013 des moins de 21 ans ne se tienne pas en Israël:

Signez la pétition 

www.bdsfrance.orgcampagnebdsfrance@yahoo.fr

 




Pétition : Un million de voix à l’ONU « Stop Israel Nuclear »

(Signez la pétition)

Depuis l’approbation par l’ONU, en 1974 , de la Résolution 3263 (XXIX) demandant l’établissement au Moyen Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive (ADM), les Nations Unies comme d’autres organismes internationaux n’ont cessé à maintes reprises de lancer le même appel… aucune de ces démarches n’a atteint l’objectif escompté. Le dernier appel a été lancé en 2010, à l’occasion de la Conférence de révision du Traité de Non-Prolifération Nucléaire (NPT) pour demander la tenue d’une conférence en 2012 dans le but de mettre en marche le processus et cette initiative, une fois encore, fut boycottée par l’Israël et les États-Unis.

La déclaration du Moyen-Orient comme zone exempte d’armement nucléaire impliquerait l’adhésion de l’Israël au TNP en qualité d’état non nucléaire et la mise sous contrôle de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique(AIEA) de toutes ses installations, ainsi que l’ont déjà fait les autres états de la région.

Si l’Israël ouvrait ses installations à l’examen des inspecteurs de l‘AIEA, le Conseil de Sécurité de l’ONU (CS) serait en mesure de connaître les véritables dimensions du danger que représentent ces arsenaux supposés secrets et il serait dans l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour éliminer la menace plane sur la paix fragile de la région.

En attendant, la réalité n’est pas ce qu’elle devrait. Le Conseil de Sécurité, faisant preuve d’une irresponsabilité aussi insensée qu’intéressée, laisse libre l’Israël d’accroître sa puissance nucléaire,exempte de tout contrôle, il s’abstient d’enjoindre à ce pays de respecter ses propres résolutions et se montre incapable de conjurer une catastrophe aux conséquences qui ne sont que trop facilement prévisibles.

Mais cette passivité irresponsable et les intérêts troubles qui en sont la cause ne doivent pas être un obstacle qui empêche les citoyens de prendre les actions qu’il faudra pour sauvegarder la paix et réclamer, d’une voix plurielle et unanime à la fois, que soient prises les mesures indispensables pour contraindre l’Israël à soumettre ses installations atomiques à l’examen de l’AIEA.

alt

Texte à l’ONU

Le 18 septembre 2009 la ConférenceGénérale de l’Agence Internationale de l’ÉnergieAtomique (ci-devant AIEA) a approuvé la Résolution GC (53) / RES / 17 portant sur la capacité nucléaire israélienne et dans laquelle elle se déclare préoccupée par la menace que continue de faire peser la prolifération des armesnucléaires sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orients, elle demande instamment à Israël d’adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (ci-devant TNP)et de soumettre toutes ses installations nucléaires aux garanties généralisées del’AIEA.

Suite à cette résolution, le Conseil des Gouverneurs de l’AIEA a débattu, lors de sa réunion de 2010, de la question de la capacité nucléaire israélienne afin de répondre à un message du Secrétaire Général remis aux États membres en avril 2010 demandant leur avis et leurs contributions après examen de ce dossier. Comme à d’autres reprises par le passé, le gouvernement israélien s’est à nouveau refusé à coopérer avec l’AIEA et à signer le TNP.

Étant donné que l’établissement au Proche Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive serait une contribution décisive pour la paix dans la région, et vu que le refus de l’Israël de signer le TNP et de soumettre toutes ses installations et dispositifs atomiques à l’inspection del’AIEA constitue clairement une menace pour la paix dans le sens du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, nous, soussigné, demandons :

  1. Que le Conseil de Sécurité de l’ONU réclame auprès de l’État d’Israël sa signature du TNP et qu’il soumettetoutes ses installations et dispositifs atomiquesà l’inspection de l’AIEA dans le but d’établir au Proche Orient une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive.
  2. Que, si l’État d’Israël refusait de s’exécuter de son plein gré, le Conseil de Sécurité adopte toutes les mesures qui s’imposent, en vertu des art.  41 et 42 de la Charte des Nations Unies, afin d’atteindre aux objectifs énoncés ci-dessus.



Lettre ouverte à Renaud Garcia-Fons

 

Paris, le 17 Avril 2012

Cher Renaud Garcia-Fons,

alt

Le 6 mai prochain, vous prévoyez de donner un concert à Tel Aviv, dans le cadre du Festival de musique « de la ville blanche ».

Nous sommes étonnés que vous, qui êtes attaché au respect de la dignité humaine, alliez donner un concert dans un pays qui bafoue le droit international depuis plus de soixante ans.

Nous nous souvenons que vous aviez en effet participé à un « Orchestre pour la Paix » à travers un « Concert de la solidarité humaine » à Paris en 2002.

Miguel Angel Estrella, qui était alors à vos cotés lors de ce concert, est aujourd’hui membre du comité de parrainage du tribunal Russell pour la Palestine. Les conclusions* de ce tribunal lors de sa dernière session au Cap en Afrique du Sud sont sans équivoque : Israël est responsable de graves violations du droit international et est coupable du crime d’apartheid.

Renaud Garcia-Fons, savez vous que pendant que des centaines de mélomanes pourront profiter de votre talent à Tel Aviv, ce sont des milliers d’autres qui en seront privés parce que relégués derrière un mur de séparation.

Depuis longtemps le peuple palestinien subit la politique d’apartheid israélienne, qui réduit scandaleusement ses droits les plus fondamentaux : accès à l’eau, à l’éducation, aux soins, liberté de circulation…

C’est un peuple colonisé en Cisjordanie, un peuple sous blocus à Gaza, un peuple discriminé en Israël, un peuple réfugié dont le droit au retour a été reconnu par l’ONU mais jamais mis en application par Israël. La communauté internationale ferme les yeux et le gouvernement israélien agit en toute impunité : des centaines de civils tués en 2009 pendant l’opération plomb durci à Gaza, des incursions militaires régulières et des check-points en Cisjordanie, l’inégalité entre citoyens palestiniens et juifs en Israël dans de nombreux domaines comme la santé, le travail, les services publics, des milliers de palestiniens, déracinés, réfugiés partout dans le monde, des militants pacifistes tués à bout portant lors de la Flottille pour la liberté en 2010.

Face à ces injustices, les composantes de la société civile palestinienne ont décidé en 2005 de mettre en place la campagne BDS. Il s’agit d’un appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée par le combat des sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et depuis quelques temps des campagnes de boycott de l’État israélien se développent dans tous les pays.

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Parmi les cinéastes, Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh. Parmi les musiciens, Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, les Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault, Vanessa Paradis, entre autres, ont récemment annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes.

En vous rendant en Israël vous participeriez à la normalisation d’une situation coloniale.

Ne contribuez pas à fermer les yeux des citoyens français en faisant comme si rien d’inacceptable ne se déroulait là-bas. Nous pouvons sans peine imaginer que vous ne connaissiez pas la situation sur place, mais dorénavant vous ne pourrez plus dire « je ne savais pas ! ».

Si vous souhaitez être informé plus en détails de la politique du gouvernement israélien, nous le ferons volontiers.

Cher Renaud Garcia-Fons, nous vous demandons de rejoindre les artistes qui boycottent Israël tant que cet état ne respectera pas le droit international et d’annuler votre concert au Festival de Tel Aviv.

 Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

La Campagne BDS France

CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
http://www.bdsfrance.org/

* http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/south-africa/south-africa-session-full-findings-french




Appel pour le Forum Social Mondial « Palestine Libre », Brésil, novembre 2012

alt

par la Campagne Stop The Wall
publié le vendredi 10 février 2012.

Dans ce monde, la Palestine occupée est chère à nos cœurs et sa cause continue d’inspirer la solidarité autour du globe. Le Forum Social Mondial Free Palestine est une expression de l’instinct humain pour la justice et la liberté. C’est un écho de l’opposition des Forums Sociaux Mondiaux à la domination, au colonialisme et au racisme néolibéraux, par les luttes pour des alternatives sociales, politiques et économiques promouvant la justice, l’égalité et la souveraineté des peuples.

Le FSM Palestine Libre sera une rencontre générale des mobilisations populaires et de la société civile dans le monde. Il vise à :

1. Montrer la force de la solidarité avec les appels du peuple palestinien et la diversité des initiatives et des actions qui visent à promouvoir la justice et la paix dans la région.

2. Créer des actions efficaces pour conduire à l’autodétermination palestinienne, à la création d’un État palestinien avec Jérusalem comme capitale et à la réalisation des droits humains et du droit international, en :

a) mettant fin à l’occupation israélienne et à la colonisation des terres arabes et en démantelant le Mur ;

b) assurant le droit fondamental des citoyens arabes palestiniens d’Israël à une complète égalité ; et

c) promouvant, protégeant et exécutant le droit des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs foyers et sur leurs terres comme le stipule par la résolution 194 de l’ONU.

3. Etre un espace de discussion, d’échanges d’idées, d’élaboration stratégique et de planification pour améliorer l’organisation de la solidarité.

Exactement 65 ans après que le Brésil ait présidé l’Assemblée générale de l’ONU qui se mit d’accord pour partager la Palestine, le Brésil accueillera un autre type de forum mondial : une chance historique pour les peuples du monde entier de se dresser là où les gouvernements ont failli. Les peuples du monde viendront ensemble discuter de nouvelles visions et d’actions efficaces pour contribuer à la justice et à la paix dans la région.

Nous appelons toutes les organisations, mouvements, réseaux et syndicats du monde à rejoindre le FSM Palestine Libre en novembre 2012 à Porto Alegre. Nous vous appelons à rejoindre le Comité international du FSM Palestine Libre que nous allons établir dès que possible. La participation à ce forum renforcera structurellement la solidarité avec la Palestine, promouvra l’action pour réaliser les droits légitimes des Palestiniens et pour tenir Israël et ses alliés responsables devant le droit international.

Ensemble, nous pouvons porter la solidarité avec la Palestine à un nouveau niveau.

Comité préparatoire palestinien pour le FSM Palestine libre

Membres du secrétariat :

PNGO – Palestinian NGO Network Stop the Wall – Palestinian grassroots Anti-Apartheid Wall Campaign, OPGAI – Occupied Palestinian Golan Heights Advocacy Initiative

Alternatives representées par : Alternative Information Center, Teacher Creativity Center Ittijah General Union of Palestinian women

Bureau de coordination : PNGO – Palestinian NGO Network Tel : +970 2 2975320/1 Fax : +970 2 2950704 E mail : samahd@pngo.net

Publié originellement le 19 janvier 2012 par Campagne StopTheWall Traduction : JPB-CCIPPP

Campagne Stop The Wall



Omar Barghouti lance un appel aux célébrités à rejoindre BDS

Au cours de l’entretien, il déclare :

« Israël et ses groupes de pressions bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’intimidation, de pression et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici, ils ont misérablement échoué, comme ils l’admettent parfois eux-mêmes ».

Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux-clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et museler entièrement le débat ».

« L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent « convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement de n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi », [2] position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

Interview avec Omar Barghouti

Omar Barghouti est commentateur palestinien, militant des droits humains et écrivain. Il est l’un des dirigeants du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé par la société civile palestinienne et l’un des membres fondateurs de la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, lancé en 2004. Il a récemment écrit un livre intitulé « BDS – The Global Struggle for Palestinian Rights » (BDS-la lutte mondiale pour les droits des Palestiniens ).

HC : vous êtes un des membres fondateurs du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), campagne qui a été lancée en 2005. Qu’est-ce qui vous a incité à participer à ce mouvement et pourquoi l’année 2005 était-elle propice pour lancer l’initiative mondiale de BDS ?

OB : j’ai toujours cru que dans la réalité palestinienne très complexe du siège israélien, caractérisé par l’oppression coloniale et l’apartheid, la résistance populaire et pacifique est la forme la plus efficace de lutte pour obtenir nos droits inaliénables en vertu du droit international.

Chercher à atteindre nos objectifs de liberté, de justice et d’égalité -but du mouvement BDS- a toujours été notre principale motivation. Après des décennies de nettoyage ethnique permanent et de dépossession de notre peuple par Israël, la société civile palestinienne s’est rendue compte que la prétendue « communauté internationale » sous l’hégémonie des USA, ne peut absolument pas nous obtenir nos droits, ni forcer Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international. Inspirés par un siècle de résistance civile palestinienne au colonialisme et aux expulsions et fortement influencés par le mouvement anti-apartheid d’Afrique du Sud, les figures clés de la société civile palestinienne ont décidé de lancer la campagne BDS. Immédiatement, la grande majorité de partis politiques palestiniens, de syndicats, de mouvements de masse mobilisés par des ONG, de réseaux de défense des droits des réfugiés, et d’autres ont appuyé la campagne, dont ils ont ainsi montré le pouvoir unique d’unifier, de donner le pouvoir d’agir, d’assurer la cohérence morale et une large représentation.

Nous avons lancé le BDS le 9 juillet 2005, premier anniversaire de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice condamnant Israël pour l’illégalité du mur et des colonies construites sur le territoire palestinien occupé. Dans son avis, la CIJ disait expressément que tous les États « sont dans l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction ; tous les États parties à la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, ont en outre l’obligation, dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans cette convention ». Quand les gouvernements n’ont pas rempli cette obligation minimale, la société civile palestinienne à décidé d’en appeler aux personnes de conscience, aux citoyens et à la société civile internationale pour qu’ils assument la responsabilité morale de demander des comptes à Israël.

HC : pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, quels sont les principaux objectifs du mouvement BDS et à quel stade estimerez-vous que vos demandes auront été satisfaites et mettrez-vous fin à la campagne ?

OB : le BDS vise à permettre au peuple palestinien d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination en mettant fin au système à trois niveaux appliqué par Israël qui nous refuse nos droit fondamentaux sanctionnés par les Nations unies. Plus précisément, nous demandons la fin de l’occupation israélienne de toutes les terres arabes qu’ Israël contrôle depuis 1967, notamment à Jérusalem-Est ; la pleine égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël et la fin du système israélien institutionnalisé et légalisé de discrimination raciale à leur rencontre ; le respect et la mise en application du droit au retour des réfugiés reconnu par la communauté internationale, réfugiés chassés lors du nettoyage ethnique par les forces sionistes et ensuite par Israël lors de la Nakba de 1948 et depuis lors.

HC : à quel rythme estimez-vous que le mouvement BDS prendra racine à un niveau comparable au mouvement BDS mondial qui a permis de renverser l’apartheid en Afrique du Sud ? Faudra-t-il d’après vous au mouvement BDS des dizaines d’années pour avoir un impact ou êtes-vous confiant qu’elle aura des effets plus rapides ?

OB : les Sud-Africains ont lancé leur appel au boycott à la fin des années 50. Dans les pays les plus puissants du monde, particulièrement en Occident, les couches du mainstream ont effectivement adopté le boycott et le désinvestissement contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud au cours des années 80. Par comparaison, bien que le boycott n’ait que six ans, le mouvement BDS mondial lancé par les Palestiniens a déjà atteint le grand public en Occident et a remporté des victoires majeures dans les domaines économique, culturel et universitaire. Le nombre de personnalités culturelles, d’intellectuels et d’artistes de premier plan qui, soit ont appuyé le BDS soit l’ont au moins respecté, a progressé à une vitesse impressionnante depuis la guerre d’agression illégale et manifestement immorale lancée par Israël contre la bande de Gaza sous siège et toujours occupée.

HC : beaucoup de publicité a entouré notamment les musiciens qui ont récemment décidé de ne pas jouer en Israël. Est-il important que ces célébrités participent également au mouvement BDS ?

OB : après qu’ Israël eut massacré neuf Turcs sans armes, humanitaires et défendeurs des droits humains -dont un avait la double nationalité turque/US- et en eut blessé des dizaines d’autres en provenance de plusieurs pays, de grands artistes et orchestres ont répondu à notre appel au boycott culturel.

L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent« convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi »[2], position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

Beaucoup de personnalités littéraires et universitaires britanniques ont publié une lettre dans The Independent disant « nous lançons un appel aux écrivains et savants britanniques afin qu’ils boycottent toutes les visites littéraires, culturelles et universitaire en Israël sponsorisées par le gouvernement israélien, notamment celles qui sont organisées par des fondations culturelles et des universités israéliennes ».

Dans le monde du spectacle, parmi d’autres grands orchestres, Massive Attack, a refusé de jouer en Israël pour protester contre la manière dont celui-ci traite les Palestiniens ; les Klaxons, le Gorillaz Sound System, les Pixies et d’autres groupes de premier plan ont annulé les concerts qui étaient déjà au programme. L’auteur de best-sellers mondiaux, le Suédois Henning Mankell, qui se trouvait à bord de la flottille lorsqu’elle a été attaquée a demandé des sanctions mondiales de type sud-africain contre Israël pour protester contre sa brutalité.

L’auteure US de best-sellers , Alice Walker, rappelant le boycott déclenché par Rosa Parks et dirigé par Martin Luther King contre une société de bus raciste de Montgomery en Alabama pendant le mouvement US pour les droits civils, a appelé à un large soutien au mouvement BDS contre Israël, devoir moral de solidarité avec les Palestiniens « afin d’atténuer la douleur et de partager les peines d’un peuple maltraité depuis des générations ».

Au cours des semaines qui ont précédé l’attaque de la flottille, des artistes du calibre de Elvis Costello, Gil Scott-Heron et Carlos Santana ont tous annulé des concerts déjà programmés en Israël après avoir reçu des appels émanant de groupes BDS palestiniens et internationaux.

Récemment, Roger Waters a explicitement appuyé le BDS dans un article annoncé de longue date dans le Guardian. La chanteuse française, Vanessa Paradis et le baryton allemand, Thoman Quasthoff, ont également annulé leur concert en Israël.

Lorsque les célébrités de cet acabit annulent leur venue en Israël à cause de son non-respect des droits humains, elles contribuent à faire connaître la véritable nature de cet État qui pratique l’occupation, le colonialisme-colonisation et l’apartheid ; elles aident aussi à contester l’impunité de ce pays et ses infractions au droit international.

HC : Votre dernier livre « BDS – The Global Struggle for Palestinian Rights » a reçu et un accueil très favorable de la part des universitaires et des militants de la paix tels que le professeur Ilan Pappé, l’archevêque Desmond Tutu, le prix Nobel de la paix Mairead Maguire et beaucoup d’autres ; comment a-t-il été accueilli dans la communauté israélienne et par le leadership israélien en général ?

OB : franchement, je n’en ai pas la moindre idée.

HC : vous avez vécu de longues années aux USA et en fait vous avez obtenu votre Bachelor et votre Mastère à la Columbia University de New York ; vous deviez aller aux USA pour présenter votre nouveau livre sur le BDS, et pourtant on vous a refusé le visa. Vous a-t-on donné la raison de ce refus et quelle serait la vraie raison pour laquelle les USA vous refusent l’entrée dans leur pays ?

OB : mon visa a été « retardé » pendant de longues semaines sans être refusé. L’on s’est contenté de dire qu’il fallait d’autres « démarches administratives », même après qu’il eut été approuvé en janvier ce dont j’avais été officiellement informé au consulat US à Jérusalem. De l’avis de mon éditeur Haymarket, et du mien, ce retard tenait à des raisons politiques ; il était délibéré pour nous obliger à annuler ma tournée d’auteur. On ne peut que voir une influence israélienne directe sur ce « processus » du consulat US. Après une campagne de lettres, organisée par Haymarket, et aussi par Jewish Voice for Peace, j’ai reçu mon visa quelques jours avant mon envol vers les USA. En dépit de cela nous avons réussi notre tournée de promotion du livre dans les principales universités telles que Harvard, Columbia, Princeton, Brown, Brandeis, Massachusetts-Amherst, et Rutgers. La merveilleuse détermination, l’engagement et la créativité des groupes de solidarité palestinienne dans tous les campus ont été la clé du succès de notre tournée.

HC : que répondriez-vous à ceux qui disent que leur décision de boycotter les marchandises israéliennes ne changera rien de tangible sur le terrain pour les Palestiniens parce qu’ ils ne représentent « qu’une personne » ? Une personne peut-elle vraiment changer les choses s’agissant du BDS ?

OB : Moi aussi, je n’étais qu’« une personne » dans la lutte contre l’apartheid sud-africain à Columbia University dans les années 80. A moi aussi, les sceptiques ont dit « arrête de rêver ! Crois-tu que l’apartheid sera aboli de ton vivant ? » Et je répondais chaque fois : « non, il est probable que non, mais je crois néanmoins que montrer sa solidarité avec les opprimés en participant à cette lutte est une obligation morale ». Toutefois, l’apartheid s’est effondré en Afrique du Sud ! Et cela personne ne peut me l’enlever. Les efforts collectifs d’un grand nombre de personnes peuvent permettre de faire un bond, d’arriver au point de rupture où le prix du maintien d’un système d’oppression dépasse de loin ses avantages et amène finalement son démantèlement.

En outre, je crois que le principe fondateur de la solidarité internationale est d’écouter les opprimés eux-mêmes exprimer leurs besoins et leurs aspirations, non pas de penser à leur place, comme si nous ne pouvions pas penser juste ou que nous ne comprenions pas ce qui nous sert le mieux. C’est l’ attitude coloniale et condescendante par excellence.

HC : en février, la Knesset a voté un projet de loi criminalisant essentiellement les activités de soutien au boycott d’Israël. Si cette loi est adoptée, les citoyens israéliens appuyant le BDS pourraient encourir des amendes d’environ $ 8200 (en équivalent) ; ceux qui ne sont pas citoyens et qui participent aux actions BDS en Israël pourraient être interdits de séjour pendant au moins 10 ans. Cela prouve sans aucun doute combien Israël craint les effets du BDS. Que répondriez-vous à la réaction israélienne envers le mouvement BDS ?

OB : Israël et ses groupes de pression bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’ intimidation, de pressions et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici ils ont misérablement échoué, comme ils l’ admettent parfois eux-mêmes. Étant donné que son programme est moralement cohérent, non-violent, fondé sur la défense des droits humains et qu’il défend la règle du droit international, la pleine égalité de tous les êtres humains et le rejet catégorique de toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme, le mouvement mondial BDS a traîné Israël sur le « champ de bataille » où nous avons une supériorité éthique décisive et où nous neutralisons l’impressionnant arsenal israélien d’armes, y compris des armes nucléaires.

Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et entièrement museler le débat ».

Ceci s’inscrit dans la logique de cette nouvelle mesure draconienne que le gouvernement Israélien d’extrême droite espère faire adopter dans un parlement israélien pas moins fanatique. Le problème est uniquement pragmatique. Si cette mesure anti BDS prend force de loi, Israël aura renoncé à une de ses dernières couches ou masques de « démocratie », mettant à nu son système irréparable d’oppression colonialiste et raciste qui appelle le même traitement que celui qui a été appliqué à l’apartheid en Afrique du Sud : le BDS. Loin de décourager le BDS au d’arrêter sa progression impressionnante, cette loi anti BDS peut en fait se retourner contre ses auteurs et donner une forte impulsion au mouvement dans le monde entier. Comme l’établissement israélien s’est plusieurs fois tiré une balle dans le pied, on peut très bien imaginer qu’il adopte cette loi indépendamment des considérations pragmatiques évidentes.

Israël et ses lobbys répètent que le BDS, axé sur les trois droits palestiniens fondamentaux, « délégitime » Israël et cherche sa « destruction ». Ils visent spécifiquement, le deuxième droit, celui de la pleine égalité pour tous les citoyens palestiniens Israël. Si l’égalité « détruit » Israël, qu’est-ce que cela révèle sur Israël ? L’égalité a-t-elle « détruit » l’Afrique du Sud ? A-t-elle « délégitimé » les Blancs dans les États du Sud des USA après l’abolition de la ségrégation ? La seule chose que l’égalité, le respect des droits humains et la justice détruisent véritablement est le système d’injustice, d’inégalité et de discrimination raciale. Nous, dans le mouvement BDS disons ouvertement et fièrement que nous visons l’occupation israélienne, son régime d’apartheid et le déni des quatre droits des réfugiés sanctionnés par les Nations unies ; nous travaillons à la réalisation des slogans de notre mouvement : liberté, justice et égalité.

HC : que répondez-vous à ceux qui reprochent au boycott universitaire de restreindre la liberté d’expression et d’empêcher la tenue de débats sérieux dans un forum universitaire ?

OB : la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël est un élément-clé de la campagne BDS étant donné la collusion enracinée et persistante des institutions universitaires et culturelles israéliennes avec le maintien et le blanchiment de l’occupation de l’apartheid israélien. Il importe de souligner que notre campagne vise les institutions universitaires et culturelles Israéliennes et non pas les individus ; par conséquent, prétendre que notre boycott empêcherait les universitaires ou les artistes israéliens d’avoir des échanges avec leurs homologues dans le monde est simplement faux et intentionnellement fallacieux. Peu importe, ceux qui s’opposent au boycott parce qu’ils croient à tort qu’il empiète sur la liberté d’expression en Israël semblent oublier que les Palestiniens ont, eux aussi, ce droit. Le fait que l’oppression coloniale israélienne, qui dure depuis des décennies, prive les Palestiniens de leurs droits fondamentaux, y compris de leur liberté d’expression et souvent de leur droit à l’éducation, ne mérite pas cette critique. Lorsque Israël a criminalisé l’éducation palestinienne et a fermé toutes les universités palestiniennes (certaines pendant quatre années consécutives), des écoles et même des jardins d’enfants pendant la première intifada, qui était extrêmement pacifique, nous n’avons pas entendu de protestation de la part de ceux qui attaquent actuellement le boycott universitaire à cause de son prétendu impact sur la liberté universitaire israélienne. C’est cette hypocrisie qui nous amène à demander si ces gens croient véritablement que tous les êtres humains méritent des droits égaux indépendamment de leur identité.

HC : quelle est la prochaine étape du mouvement BDS ? Les groupes pro palestiniens font déjà de leur mieux pour faire connaître la campagne en protestant (avec succès) devant les magasins comme ceux de Ahava (qui fabrique des produits de beauté dans les colonies israéliennes illégales avec des ressources volées sur les terres palestiniennes volées) ; ou en demandant à des célébrités de ne pas participer à des concerts ni à des remises de prix en Israël etc. Quelle est la prochaine grande étape que les militants du BDS doivent franchir pour que le mouvement réalise vraiment son potentiel maximum ?

OB : il nous faut continuer, étant donné que notre action semble porter des fruits. Le mouvement BDS augmente de façon impressionnante depuis l’attaque israélienne mortelle contre la bande de Gaza occupées et assiégée (que le premier ministre britannique a appelé « un camp de prisonniers »). Son principal moteur est la créativité et l’engagement moral de nombreux citoyens de conscience dans le monde qui sont fatigués de l’impunité et de l’exception Israéliennes et du rôle que jouent leurs impôts dans le maintien d’un système injuste et oppressant. Il nous faut encore plus de créativité et de persévérance et l’extension de notre réseau pour que le mouvement remonte plus haut dans le grand public. Basé sur les trois droits fondamentaux au coeur du BDS et sur le besoin essentiel de concevoir et de mettre efficacement en oeuvre des tactiques et des stratégies BDS au niveau local en tenant compte du contexte, nous pouvons étendre le BDS davantage au sein de la société civile internationale. Nos droits en vertu du droit international ne sont pas négociables, par conséquent l’application du boycott et le choix des cibles les plus pratiques sont à décider par les militants sur le terrain dans leur contexte particulier.

Dans un avenir proche, nous intensifierons les campagnes de désinvestissement et viserons des sociétés qui profitent de l’occupation israélienne et d’autres violations du droit international. La campagne que Jewish Voice for Peace a entreprise aux USA pour que le plan de retraite TIAA-CREF se désinvestisse de cinq sociétés qui profitent de l’occupation et des crimes israéliens est un bon exemple de l’évolution du militantisme BDS, spécialement aux USA. Le travail accompli par la campagne de solidarité avec la Palestine au Royaume-Uni qui cherche à obtenir l’appui des syndicats pour le BDS et à mettre en oeuvre une campagne efficace à cet égard illustre également un effort BDS très important particulièrement prometteur qui inspire les Palestiniens. L’énorme coalition anti Agrexco/Carmel en France avec des partenaires en Italie, en Belgique, en Espagne, au Royaume-Uni et ailleurs, est un modèle de militantisme BDS bien ciblé, intelligent et rapide, basé sur le vaste appui de la société civile. L’établissement de la plate-forme européenne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël avec des représentants de nombreuses campagnes européennes, promet de relever le niveau de coordination entre les campagnes nationales et d’avoir plus d’impact sur les politiques européennes.

La campagne mondiale pour le déraillement de Veolia/Alstom dont le succès impressionnant à coûté à Veolia des milliards de dollars en contrats perdus à cause de son implication dans le projet de tram colonial israélien absolument illégal en territoire palestinien occupé est peut-être le cas le plus significatif à incorporer dans la campagne BDS. Récemment, l’université de Johannesburg a décidé de rompre ses liens avec l’université israélienne Ben Gourion cette dernière coopérant avec l’État pour violer le droit international ; on peut prétendre que c’est le premier succès concret et pratique de boycott universitaire dans le monde.

Ces victoires et beaucoup d’autres enregistrées du Brésil à l’Inde, à la Norvège et au Canada montrent que nous sommes finalement arrivés au stade de l’Afrique du Sud .

(JPG)

* Omar Barghouti est un commentateur palestinien, militant des droits de humains et écrivain.

6 mai 2011 – Middle East Monitor – Cet article peut être consulté ici :

Source anglaise sur le Middle East Monitor
Source en français : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10625
Traduction : Anne-Marie Goossens