Agissez : Dites aux joueurs de la NBA « non à l’apartheid israélien ! »

Dimanche, 29 juillet 2012 12h26 Alternative Information Center (AIC)

La NBRPA (Association des joueurs retraités de la NBA) tiendra un « séminaire éducatif » en Israël en partenariat avec l’AIEF (Fondation américano-israélienne d’éducation), l’organisme de bienfaisance affilié au lobby pro-Israël AIPAC (American Israel Public Affairs Committee). Cette visite est planifiée du 30 juillet au 7 août, alors il n’est pas trop tard pour dire aux participants « non à l’apartheid israélien ! »
Le séminaire éducatif, selon le communiqué de presse publié par l’AIEF, « donnera de l’autorité aux voix des anciens joueurs à l’égard des questions du Moyen Orient. » Lors de leur séjour en Israël, les participants « verront et auront une expérience de certains des sites religieux et politiques les plus importants d’Israël tout en participant à une série de discussions constructives avec de nombreux officiels du gouvernement et des militaires… »
Contactons la NBRPA ici et demandons-leur d’annuler le séminaire et ainsi d’honorer l’appel palestinien de boycotter, désinvestir de et sanctionner Israël jusqu’à ce qu’il respecte le droit international et les principes universelles des droits humains.
Informons les de l’attaque récente d’Israël contre le footballeur palestinien Mahmoud Sarsak, qui était forcé à entamer une grève de la faim de 92 jours afin d’être relâcher après trois ans d’emprisonnement, détenu sans être inculper ni juger.
Contactons les joueurs qui doivent participer au voyage et demandons leur de ne pas participer au blanchiment des crimes d’Israël contre le peuple palestinien.

Demandez-leur de ne pas se laisser instrumentaliser par l’AIPAC pour la propagande israélienne :
Stephen Bardo: https://twitter.com/stephenbardo/
Dr. Dick Barnett: https://twitter.com/dickbarnett
Kenny Battle: https://twitter.com/teamgotgroupies (twitter of his son)
Willie Burton: http://www.willieburton.com/contact_us/#
Joe Barry Carroll: http://en.wikipedia.org/wiki/Joe_Barry_Carroll
Cedric Ceballos: https://twitter.com/cedceballos
Dale Ellis: http://en.wikipedia.org/wiki/Dale_Ellis
Spencer Haywood: https://twitter.com/spencerhaywood
Stephen Howard: https://twitter.com/stephen_speaks; http://www.stephenhoward.com/ (He has already sent a tweet saying how “excited” he is to be on the trip.
Marvin Roberts: http://www.legendsofbasketball.com/board/marvin-roberts/
Danny Schayes (co-leader of trip): http://en.wikipedia.org/wiki/Danny_Schayes
Sedric Toney: http://en.wikipedia.org/wiki/Sedric_Toney
Sam Vincent: http://en.wikipedia.org/wiki/Sam_Vincent_(basketball)
Jerome Williams (co-leader of trip): https://twitter.com/JunkYardDogJW



Lettre ouverte de l’Union Juive Française pour la Paix à Jean-Jack Queyranne

Lettre ouverte à Monsieur Jean-Jack Queyranne, Président de la région Rhône Alpes, ancien ministre

 

Le 11 juillet 2012

Monsieur le Président,

Nous voulons en premier lieu remercier la Région Rhône Alpes et vous-même pour avoir permis que se déroule dans les meilleures conditions l’Université d’été de 2012 de la solidarité internationale, et notamment son module 11 dont nous avons pris l’initiative qui a été consacré au thème : « Citoyenneté de demain : Le cas de la Palestine ». La réalisation de ce module a été un réel succès, tant en ce qui concerne la qualité des intervenants et des débats qu’en ce qui concerne le nombre et la variété des participants.

Nous tenons d’autant plus à vous remercier que, respectueux de la liberté d’expression, vous avez parrainé une manifestation malgré les désaccords que vous pouviez avoir avec des associations et des intervenants, et particulièrement sur la question d’Israël et de la Palestine.
Nous prenons au sérieux vos objections et tenons donc à vous répondre.
Nous ne pouvons être d’accord avec vous quand vous présentez Israël comme un pays « qui reste une des seules démocraties du Proche-Orient ».
Israël se veut un « Etat juif et démocratique ». C’est un oxymore. Il n’est démocratique que pour les Juifs, et oppose son caractère juif à tous les autres, et en premier lieu aux Palestiniens.
Vous ne pouvez pas ignorer l’ensemble des résolutions de l’ONU qu’Israël refuse d’appliquer. Vous ne pouvez pas ignorer l’illégalité du Mur, du blocus, de l’occupation, de l’annexion de Jérusalem Est, du plan Prawer concernant les Bédouins du Néguev.
Vous ne pouvez pas ignorer les discriminations dont sont victimes les Palestiniens en Israël même en matière de logement, d’éducation, de mariage, d’emploi, sans oublier les villages non reconnus privés d’eau et d’électricité. C’est pour cela que le concept d’apartheid à l’égard d’Israël correspond bien à la réalité.
Il ne s’agit pas de calquer l’analyse de l’apartheid sud-africain sur la situation en Israël. Il s’agit de prendre en compte la définition en Droit international du crime d’apartheid, et de constater que les discriminations dont est victime le peuple palestinien répondent à cette définition. C’est la conclusion à laquelle est parvenue la troisième session du Tribunal Russell sur la Palestine qui s’est tenue au Cap en novembre dernier, et qui a bénéficié du soutien des militants de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, au premier rang desquels le Président Nelson Mandela et Desmond Tutu. Comme le dit ce dernier, non seulement il y a apartheid, mais la situation est pire pour les Palestiniens car jamais les Blancs d’Afrique du Sud n’ont voulu nous expulser, jamais ils n’ont bombardé les Bantoustans.
Situation d’apartheid, c’est aussi la conclusion à laquelle est parvenue le groupe international d’experts sur l’accès des peuples à l’eau, groupe auquel participait le député français Jean Glavany.

Alors, il devient impossible de ne pas entendre l’appel de la société civile palestinienne. Appeler au boycott des institutions israéliennes, c’est effectivement dire aux Israéliens : vous vous mettez au ban des nations. Il n’y aura pas de paix possible au Proche Orient pour une communauté juive sans reconnaissance des torts faits au peuple palestinien.
Nous ne boycottons pas les personnes. Des Israéliens participent à nos initiatives. Mais à l’image de la campagne qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, le boycott économique, culturel, universitaire et sportif appelle les dirigeants de la communauté internationale à mettre fin à l’impunité d’Israël dans sa violation permanente du droit international.

Voilà, Monsieur le Président, ce que nous tenions à vous dire en réponse à vos mots de bienvenue.
Et nous souhaitons que ce premier échange puisse être poursuivi. Nous sommes à votre disposition pour cela.
Nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à notre indéfectible attachement au caractère universel des droits humains.

L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

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« Non à l’Euro 2013 en Israël », une vidéo de la Campagne, à diffuser largement !

Aidez-nous à convaincre l’UEFA de ne pas laisser le soin à Israël d’accueillir les phases finales de l’Euro Espoirs en juin 2013.

Depuis un an, 42 clubs de football Palestiniens attendent une réponse du Président de l’UEFA Michel Platini à leur appel visant à ne pas récompenser Israël pour sa politique raciste à leur égard.
Lire l’appel des clubs de Palestine sur le site: http://cartonrougeapartheidisrael.weebly.com/

S’il vous plaît, SIGNEZ LA PÉTITION demandant à l’UEFA de dire à Israël qu’il n’accueillera pas l’Euro 2013.

Avec Éric Cantona, Noam Chomsky, Ken Loach : Contre la tenue de l’Euro des moins de 21 ans en Israël !

Dans une lettre rendue publique à l’occasion de l’Euro de football, Éric Cantona, Noam Chomsky et Ken Loach observent avec satisfaction que «certains membres de gouvernements ont décidé de boycotter les matchs de groupe en Ukraine en raison des violations des droits humains observées dans ce pays. » avant de demander « pourquoi les mêmes acteurs sont-ils si silencieux quand Israël reçoit l’Euro 2013 des moins de vingt-et-un an ? Le racisme, les violations des droits de l’homme et les violations flagrantes du droit international sont des faits quotidiens dans ce pays.»

Le maintien d’Israël comme pays organisateur de l’Euro 2013 des moins de 21 ans est d’autant plus surprenant qu’en 2010, Michel Platini, président de l’UEFA (Union of European Football Associations), avait menacé Israël de sanctions sportives, en raison des restrictions imposées pour les allers et venues des sportifs palestiniens, et des difficultés à pouvoir importer des équipements sportifs. Michel Platini avait alors déclaré « Israël n’a qu’un seul choix : laisser le sport palestinien se développer, ou il doit assumer tout seul les conséquences de son attitude ».

Il serait donc inadmissible qu’Israël puisse organiser l’Euro 2013 des moins de 21 ans, alors que rien n’a changé dans la situation d’apartheid imposée aux Palestiniens.
Israël ne respectant pas les droits fondamentaux des Palestiniens, ni le développement du sport en Palestine, la Campagne BDS France  lance une pétition demandant  à l’UEFA et à son président Michel Platini que l’Euro 2013 des moins de 21 ans ne se tienne pas en Israël:

Signez la pétition 

www.bdsfrance.orgcampagnebdsfrance@yahoo.fr

 




Pétition : Un million de voix à l’ONU « Stop Israel Nuclear »

(Signez la pétition)

Depuis l’approbation par l’ONU, en 1974 , de la Résolution 3263 (XXIX) demandant l’établissement au Moyen Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive (ADM), les Nations Unies comme d’autres organismes internationaux n’ont cessé à maintes reprises de lancer le même appel… aucune de ces démarches n’a atteint l’objectif escompté. Le dernier appel a été lancé en 2010, à l’occasion de la Conférence de révision du Traité de Non-Prolifération Nucléaire (NPT) pour demander la tenue d’une conférence en 2012 dans le but de mettre en marche le processus et cette initiative, une fois encore, fut boycottée par l’Israël et les États-Unis.

La déclaration du Moyen-Orient comme zone exempte d’armement nucléaire impliquerait l’adhésion de l’Israël au TNP en qualité d’état non nucléaire et la mise sous contrôle de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique(AIEA) de toutes ses installations, ainsi que l’ont déjà fait les autres états de la région.

Si l’Israël ouvrait ses installations à l’examen des inspecteurs de l‘AIEA, le Conseil de Sécurité de l’ONU (CS) serait en mesure de connaître les véritables dimensions du danger que représentent ces arsenaux supposés secrets et il serait dans l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour éliminer la menace plane sur la paix fragile de la région.

En attendant, la réalité n’est pas ce qu’elle devrait. Le Conseil de Sécurité, faisant preuve d’une irresponsabilité aussi insensée qu’intéressée, laisse libre l’Israël d’accroître sa puissance nucléaire,exempte de tout contrôle, il s’abstient d’enjoindre à ce pays de respecter ses propres résolutions et se montre incapable de conjurer une catastrophe aux conséquences qui ne sont que trop facilement prévisibles.

Mais cette passivité irresponsable et les intérêts troubles qui en sont la cause ne doivent pas être un obstacle qui empêche les citoyens de prendre les actions qu’il faudra pour sauvegarder la paix et réclamer, d’une voix plurielle et unanime à la fois, que soient prises les mesures indispensables pour contraindre l’Israël à soumettre ses installations atomiques à l’examen de l’AIEA.

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Texte à l’ONU

Le 18 septembre 2009 la ConférenceGénérale de l’Agence Internationale de l’ÉnergieAtomique (ci-devant AIEA) a approuvé la Résolution GC (53) / RES / 17 portant sur la capacité nucléaire israélienne et dans laquelle elle se déclare préoccupée par la menace que continue de faire peser la prolifération des armesnucléaires sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orients, elle demande instamment à Israël d’adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (ci-devant TNP)et de soumettre toutes ses installations nucléaires aux garanties généralisées del’AIEA.

Suite à cette résolution, le Conseil des Gouverneurs de l’AIEA a débattu, lors de sa réunion de 2010, de la question de la capacité nucléaire israélienne afin de répondre à un message du Secrétaire Général remis aux États membres en avril 2010 demandant leur avis et leurs contributions après examen de ce dossier. Comme à d’autres reprises par le passé, le gouvernement israélien s’est à nouveau refusé à coopérer avec l’AIEA et à signer le TNP.

Étant donné que l’établissement au Proche Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive serait une contribution décisive pour la paix dans la région, et vu que le refus de l’Israël de signer le TNP et de soumettre toutes ses installations et dispositifs atomiques à l’inspection del’AIEA constitue clairement une menace pour la paix dans le sens du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, nous, soussigné, demandons :

  1. Que le Conseil de Sécurité de l’ONU réclame auprès de l’État d’Israël sa signature du TNP et qu’il soumettetoutes ses installations et dispositifs atomiquesà l’inspection de l’AIEA dans le but d’établir au Proche Orient une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive.
  2. Que, si l’État d’Israël refusait de s’exécuter de son plein gré, le Conseil de Sécurité adopte toutes les mesures qui s’imposent, en vertu des art.  41 et 42 de la Charte des Nations Unies, afin d’atteindre aux objectifs énoncés ci-dessus.



Succès de la journée d’action nationale BDS « Beauté Volée, Sephora Complice »

Ce vendredi 01 et samedi 02 Juin 2012, de nombreux militant-es de la Campagne BDS se sont mobilisés pour dénoncer la commercialisation par Sephora  des produits de la marque « Ahava », dont le siège se situe dans la colonie israélienne de Mizpe Shalem en Cisjordanie.

Orléans

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Lille

A Strasbourg, Orléans, Paris, Lyon, Lille des rassemblements ont eu lieu devant des magasins de l’enseigne et des milliers de tracts distribués à ses clients.

Sephora commercialise les produits de la marque Ahava au mépris du droit international.

En effet, selon le droit international et notamment la Quatrième Convention de Genève (notamment ses articles 49 et 53) les colonies israéliennes en Territoire Palestinien occupé sont illégales et il est interdit à l’État d’Israël d’y implanter sa population et d’en exploiter les ressources. Sephora, par la vente de ces produits participent donc à la colonisation et l’exploitation illégale des Territoires palestiniens.

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Strasbourg

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Paris

En outre, en vendant ces produits, Sephora se rend coupable d’une tromperie sur l’origine puisqu’ils portent la mention provenant d’Israël alors qu’ils sont fabriqués en territoire Occupé. Ce délit tombe sous le coup des articles 211-1 et suivants du code de la consommation qui prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses de nature à induire le consommateur en erreur.

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Lyon

Voici sur les liens plus bas quelques photos et vidéos de ces mobilisations :

 http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article457

http://www.youtube.com/watch?v=OVIJcyPkGX0

Strasbourg :

 http://la-feuille-de-chou.fr/archives/34410#comment-11610

Orléans :

http://www.youtube.com/watch?v=e5bPJPv0Oxk&feature=share&noredirect=1

 http://orleansloiretpalestine.net/2012/06/02/sephora-beaute-volee-action-bds-a-orleans-samedi-02-juin-2012-devant-le-magasin/

Paris :

 http://www.youtube.com/watch?v=yf8v-b17Bhw&noredirect=1

 https://picasaweb.google.com/114854276580538414707/JourneeDActionNationaleBeauteVoleeActionCommuneAFPSBDSFranceLe02Juin2012AParis

Lille :

 https://picasaweb.google.com/114854276580538414707/JourneeNationaleBDSBeauteVoleeLe02Juin2012ALille

Les militant-e-s de la campagne BDS continueront donc dans les prochaines semaines et les prochains mois d’une part les actions de protestations visant à exiger le retrait des produits étiquetés « Israel »  à Sephora mais aussi à se mobiliser plus largement contre l’impunité de l’état d’Israël.

Campagne BDS France – Campagnebdsfrance@yahoo.fr – www.bdsfrance.org




Lettre ouverte à Renaud Garcia-Fons

 

Paris, le 17 Avril 2012

Cher Renaud Garcia-Fons,

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Le 6 mai prochain, vous prévoyez de donner un concert à Tel Aviv, dans le cadre du Festival de musique « de la ville blanche ».

Nous sommes étonnés que vous, qui êtes attaché au respect de la dignité humaine, alliez donner un concert dans un pays qui bafoue le droit international depuis plus de soixante ans.

Nous nous souvenons que vous aviez en effet participé à un « Orchestre pour la Paix » à travers un « Concert de la solidarité humaine » à Paris en 2002.

Miguel Angel Estrella, qui était alors à vos cotés lors de ce concert, est aujourd’hui membre du comité de parrainage du tribunal Russell pour la Palestine. Les conclusions* de ce tribunal lors de sa dernière session au Cap en Afrique du Sud sont sans équivoque : Israël est responsable de graves violations du droit international et est coupable du crime d’apartheid.

Renaud Garcia-Fons, savez vous que pendant que des centaines de mélomanes pourront profiter de votre talent à Tel Aviv, ce sont des milliers d’autres qui en seront privés parce que relégués derrière un mur de séparation.

Depuis longtemps le peuple palestinien subit la politique d’apartheid israélienne, qui réduit scandaleusement ses droits les plus fondamentaux : accès à l’eau, à l’éducation, aux soins, liberté de circulation…

C’est un peuple colonisé en Cisjordanie, un peuple sous blocus à Gaza, un peuple discriminé en Israël, un peuple réfugié dont le droit au retour a été reconnu par l’ONU mais jamais mis en application par Israël. La communauté internationale ferme les yeux et le gouvernement israélien agit en toute impunité : des centaines de civils tués en 2009 pendant l’opération plomb durci à Gaza, des incursions militaires régulières et des check-points en Cisjordanie, l’inégalité entre citoyens palestiniens et juifs en Israël dans de nombreux domaines comme la santé, le travail, les services publics, des milliers de palestiniens, déracinés, réfugiés partout dans le monde, des militants pacifistes tués à bout portant lors de la Flottille pour la liberté en 2010.

Face à ces injustices, les composantes de la société civile palestinienne ont décidé en 2005 de mettre en place la campagne BDS. Il s’agit d’un appel au boycott, aux désinvestissements et aux sanctions tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Cette lutte, inspirée par le combat des sud-africains contre l’apartheid, a pris une dimension internationale et depuis quelques temps des campagnes de boycott de l’État israélien se développent dans tous les pays.

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités artistiques ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet État ne changera pas sa politique. Parmi les cinéastes, Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh. Parmi les musiciens, Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, les Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault, Vanessa Paradis, entre autres, ont récemment annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes.

En vous rendant en Israël vous participeriez à la normalisation d’une situation coloniale.

Ne contribuez pas à fermer les yeux des citoyens français en faisant comme si rien d’inacceptable ne se déroulait là-bas. Nous pouvons sans peine imaginer que vous ne connaissiez pas la situation sur place, mais dorénavant vous ne pourrez plus dire « je ne savais pas ! ».

Si vous souhaitez être informé plus en détails de la politique du gouvernement israélien, nous le ferons volontiers.

Cher Renaud Garcia-Fons, nous vous demandons de rejoindre les artistes qui boycottent Israël tant que cet état ne respectera pas le droit international et d’annuler votre concert au Festival de Tel Aviv.

 Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information.

Cordialement,

La Campagne BDS France

CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
http://www.bdsfrance.org/

* http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/south-africa/south-africa-session-full-findings-french




Journée de la terre et d’action mondiale BDS: Mobilisations réussies de la campagne BDS France !

Le 30 mars est la journée palestinienne de la terre, au cours de laquelle des citoyens de tous pays affirment leur solidarité envers le peuple palestinien.
Dans le cadre de cette journée de la Terre, de la journée mondiale BDS et en soutien au prochain forum social mondial « Free Palestine » de Porto Alegre en novembre 2012, des militants de la Campagne BDS France ont menés des actions coordonnées à l’échelle nationale.
Voici ci-dessous la vidéo d’une action à Bagnolet et Marseille:

{youtube}OeDMvVEj8DA{/youtube}


A Toulouse, Albi, Lyon, Montpellier, Marseille,Paris, Orléans, Blois, Montargis et dans diverses autres villes de France, ces mobilisations réussies ont été l’occasion de dénoncer les violations constantes du droit international par Israël contre le peuple palestinien et de rappeler l’importance d’intensifier la Campagne de Boycott, Désinvestissements, Sanctions contre l’apartheid israélien.

Des milliers de tracts ont été distribués lors de ces journées, différentes actions (tables d’informations, distributions de tracts, flahsmobs, actions de sensibilisation dans des supermarchés ) ont été menées.

Quelques photos de ces mobilisations sont consultables ici : www.picasaweb.google.com/Campagnebdsfrance

Certaines de ses actions ont également été l’occasion de dénoncer dans les enseignes de grande distribution la présence de l’entreprise israélienne Méhadrin, rouage essentiel de la politique de colonisation des Territoires Palestiniens. La plupart de ses productions proviennent des colonies israéliennes dont celles de la vallée du Jourdain où 7000 colons se sont appropriés 95% des terres des paysans palestiniens et contrôlent 98% de l’eau..
Au regard du droit international, en particulier de la 4° convention de Genève, les activités de Mehadrin sont criminelles.
Auchan, Carrefour, Leclerc et d’autres sont des distributeurs français de ces produits, et, en dépit des chartes de bonne conduite que ces enseignes se sont données, ces groupes n’ont formulé jusqu’à présent aucune exigence à l’égard de ces produits fabriqués et distribués en violation des droits humains et du droit international.

Les militant-e-s de la campagne française continueront donc dans les prochaines semaines et les prochains mois d’une part les actions de protestations visant à exiger le retrait des produits Mehadrin ans les enseignes de la grande distribution mais aussi à se mobiliser plus largement contre l’impunité de l’état d’Israël.

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31 mars 2012 : Journée de la Terre à Auchan

Action BDS dans le cadre de la journée d’action mondiale BDS / Journée de la terre

{youtube}PaSTed3UhJk{/youtube}

– Selon le droit international, il est interdit de vendre des produits venant de l’exploitation de terres colonisées
– L’accord d’association Union européenne-Israël, dans son article 83, exclut les produits des colonies des avantages fiscaux dont jouissent ceux « du territoire israélien ». Autrement dit, ils doivent acquitter des taxes qu’ils fraudent en se présentant comme produits d’Israël.
– Le Code français du commerce interdit la falsification des « règles d’origine » des produits (et donc la mention « made in Israël » au lieu de « made in Palestine » ou « made in Westbank », etc.) ;
– La Directive européenne 2005/29/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2005, relayée dans le droit français (code de la consommation) prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses reposant sur des allégations ou présentations fausses de nature à induire le consommateur en erreur.




La semaine contre l’apartheid israélien à Bordeaux en mars 2012!

{youtubejw}waeaL_i9pVI{/youtubejw}
L’ IAW est un évènement international (de l’Australie à la Palestine, de
l’Afrique du Sud à l’Angleterre) qui a lieu chaque année, notamment dans
les universités, visant à dénoncer le système d’apartheid sur lequel
repose l’ État israélien!

Plus d’infos sur le tribunal Russell qui a conclu qu’ Israël est un état d’apartheid
et plus d’infos sur la campagne BDS sur www.bdsfrance.org

BDS France Bordeaux




Laissez-nous parler de la Palestine ! Meeting avec Stéphane Hessel et Omar Barghouti

Peut-on parler de la Palestine dans les Universités françaises ?

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À l’université Paris 8, à l’ENS et à l’EHESS, des colloques, conférences et réunions publiques traitant de la question palestinienne viennent d’être interdites. Nous pensons que l’université doit rester un lieu d’ouverture et de pluralisme où aucun sujet ne doit être considéré comme tabou, quand bien même il s’agirait de s’interroger sur la notion d’apartheid israélien ou sur la pertinence d’un boycott universitaire d’Israël.

Nous dénonçons ces pratiques. D’autant plus que celles-ci interviennent dans des lieux réputés pour être des lieux d’avant garde. Cela devrait être la fierté de Paris 8, de l’ENS et de l’EHESS que de savoir poser les questions et les débats aussi difficiles et sensibles soient-ils.

C’est pourquoi des professeurs et des étudiants de l’Université Paris 8, de l’ENS et de l’EHESS mobilisés contre la censure sur la Palestine dans les universités françaises vous invitent à un :

GRAND RASSEMBLEMENT CONTRE LA CENSURE
ET POUR LA LIBERTE D’EXPRESSION

Le 29 février à 19h à la Bourse du Travail de Paris
3 rue du Château d’Eau
75010 Paris
Métro République
En présence de :
Stéphane Hessel, Ivar Ekeland, Omar Barghouti , Mbuyiseni Ndlozi
et de nombreux-ses professeurs et étudiant-e-s de l’ENS, de l’Université Paris 8 et de l’EHESS.


Réservation obligatoire à :
 conference29fevrier@gmail.com




15 et 23 mars : rassemblements de soutien aux militant-e-s BDS poursuivis

Deux rassemblements de soutiens  à des militants poursuivis pour leur participation à la Campagne BDS sont prévus le mois prochain, voici les dates:

  • Le 15 Mars devant le tribunal de Bobigny à partir de 10h en soutien à Maha, Mohamed, Olivia et Ulrich
  • Le 23 mars prochain devant le tribunal de Pontoise à partir de 12h30 en soutien à 7 militants du Val d’Oise (Merci de relayer largement cet appel et l’affiche en pièce jointe!)
Solidarité avec tous les militant-e-s poursuivis de la Campagne BDS !

La Campagne BDS France appelle à une large mobilisation en soutien aux militants poursuivis, et appelle à participer massivement aux rassemblements de soutien.

METTONS ISRAEL SUR LE BANC DES ACCUSES !



Commémoration de la Journée palestinienne de la terre : rejoignez la journée d’action mondiale BDS

En commémoration de la Journée de la terre, le Comité national palestinien du BDS (BNC) invite les personnes de conscience du monde entier à s’unir pour une journée d’action mondiale BDS le 30 mars 2012 en solidarité avec la lutte du peuple palestinien pour la liberté, la justice, l’égalité et pour le Boycott, les Désinvestissements et les Sanctions (BDS) contre Israël jusqu’à ce qu’il se soumette aux obligations du droit international.

Faisons connaître nos succès du BDS par des actions créatrices et des efforts médiatiques et mobilisons pour le Forum Social Mondial Palestine Libre de novembre 2012.

Lancée pour la première fois au Forum Social Mondial de 2009, la journée mondiale d’action BDS du 30 mars coïncide avec la Journée palestinienne de la terre, commencée en 1976, lorsque les forces de sécurité israélienne ont tué six citoyens palestiniens d’Israël et blessé beaucoup d’autres lors d’une tentative pour écraser les protestations contre le vol des terres palestiniennes en cours. 36 ans plus tard, Israël continue d’approfondir son régime d’occupation, de colonisation et d’apartheid et intensifie partout ses graves violations des droits élémentaires des Palestiniens, que ce soit ceux qui vivent sous occupation, les Palestiniens d’Israël ou la majorité des Palestiniens, les réfugiés.

L’an dernier, nous avons continué à assister à un élan historique du pouvoir populaire, motivé par la soif de justice et par celle de se libérer de la tyrannie et de la cupidité des grandes sociétés. Il y a une croyance renouvelée dans les luttes populaires comme moyen de parvenir à l’émancipation et à la prise de responsabilité. Les gens ordinaires se sont dressés bravement contre les vieux régimes de la région de la région arabe, surmontant leur peur et refusant leur ancien asservissement. Largement inspirés par le soulèvement populaire arabe et par les soulèvements similaires antérieurs d’Amérique latine, les peuples ont « occupé » les centres de l’exploitation capitaliste ou se sont mobilisés pour exiger la justice sociale et la fin des guerres dévastatrices. Le « printemps arabe » a donné une nouvelle impulsion à la lutte en cours dans le Sud contre l’hégémonie impériale et un nouveau rayonnement aux alternatives au néolibéralisme. Les 99 % mondiaux s’unissent et connectent encore plus leurs luttes pour la justice, les droits et la dignité.

Dans cet esprit de lutte partagée, nous invitons les militants solidaires de la Palestine du monde entier et tous ceux qui sont actifs sur les causes de la justice sociale et des droits humains à utiliser cette journée d’action pour lancer une mobilisation à grande échelle en vue du Forum Social Mondial Palestine Libre qui se tiendra à Porto Alegre, Brésil, en novembre 2012 et pour mettre en valeur et développer les campagnes clés de notre mouvement mondial.

Le forum fournira un espace unique pour la discussion d’une stratégie mondiale unifiée pour faire respecter les droits inaliénables du peuple palestinien, dont le droit à l’autodétermination et la fin des violations du droit international par Israël.

Idées d’actions

La journée d’action mondiale BDS est une occasion de faire connaître les réalisations de notre mouvement mondial et diversifié par des actions visibles et imaginatives. Le BDS appelle les supporters des droits palestiniens à se focaliser sur le développement de campagnes BDS stratégiques, bien documentées et avec une base large, basées sur les trois principes opérationnels du mouvement : prise en compte du contexte, caractère graduel et duurable. Développer une telle vision à long terme est essentiel pour la croissance et pour le succès durable du mouvement.

Avec ces critères en tête, le BNC suggère les formes d’actions suivantes pour ce jour d’action mondiale BDS :

1. Organisez une protestation visible et créatrice, flash mob ou action promouvant une campagne existante à long terme pour un nouveau public ;

2. Préparez des actions de propagation : meetings, événements ou initiatives médiatiques, à amener le BDS à de nouveaux publics;

3. Lancez des initiatives de mobilisation pour le FSM Palestine Libre, qui se tiendra fin novembre à Porto Alegre au Brésil. Considérez d’annoncer la formation de comités de mobilisation nationaux, régionaux ou de secteurs et de commencer la communication vers le public et les médias. Les comités de mobilisation pour le FSM Palestine Libre servent à mobiliser et à discuter de la façon d’utiliser cette possibilité pour renforcer les efforts locaux de solidarité et pour leur donner un objectif et une exposition mondiale. Plus d’informations ici.

4. Là où c’est possible, utilisez la journée d’action mondiale BDS comme rampe de lancement pour de nouvelles initiatives de campagne BDS ;

5. Appelez les gouvernements à mettre en œuvre des sanctions graduées contre Israël, en s’inspirant de l’appel de la société civile palestinienne pour un embargo militaire d’Israël ou en suspendant les accords de libre-échange et les autres accords ;

6. Faites connaître, promouvoir et utiliser le rapport publié récemment par les chefs de mission de l’Union européenne dans Jérusalem occupée appelant à empêcher et à décourager « les transactions financières soutenant l’activité de colonisation [israélienne] ». Ceci peut être correctement interprété comme un appel à bannir l’entrée des produits des colonies sur le marché européen et à des mesures efficaces contre tous les acteurs impliqués dans la colonisation de Jérusalem et du reste des TPO par Israël.

Joignez-vous à la journée d’action mondiale BDS de la Journée de la terre, le 30 mars 2012 !

Pour des informations sur le moyen de vous joindre à cet événement mondial et de développer l’action BDS en cours dans votre pays, organisations et réseaux, SVP contactez le comité national BDS (BNC) à: bdsdayofaction@bdsmovement.net.

Nous mettrons en valeur toutes les actions de la journée sur le site web bdsmovement.net, aussi, s’il vous plaît, envoyez auparavant toute information sur les actions prévues à bdsdayofaction@bdsmovement.net.

Le jour même, utilisons Twitter hashtag #bds pour promouvoir nos actions et n’oubliez pas de suivre @bdsmovement pour connaître l’action au fur et à mesure !

 

Pour plus d’inspiration :

Communiqué de presse, journée mondiale d’action BDS 2011

Communiqué de presse, journée mondiale d’action BDS 2010

Source : Communiqué du 10 février 2012 du Comité national palestinien du BDS.




Appel pour le Forum Social Mondial « Palestine Libre », Brésil, novembre 2012

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par la Campagne Stop The Wall
publié le vendredi 10 février 2012.

Dans ce monde, la Palestine occupée est chère à nos cœurs et sa cause continue d’inspirer la solidarité autour du globe. Le Forum Social Mondial Free Palestine est une expression de l’instinct humain pour la justice et la liberté. C’est un écho de l’opposition des Forums Sociaux Mondiaux à la domination, au colonialisme et au racisme néolibéraux, par les luttes pour des alternatives sociales, politiques et économiques promouvant la justice, l’égalité et la souveraineté des peuples.

Le FSM Palestine Libre sera une rencontre générale des mobilisations populaires et de la société civile dans le monde. Il vise à :

1. Montrer la force de la solidarité avec les appels du peuple palestinien et la diversité des initiatives et des actions qui visent à promouvoir la justice et la paix dans la région.

2. Créer des actions efficaces pour conduire à l’autodétermination palestinienne, à la création d’un État palestinien avec Jérusalem comme capitale et à la réalisation des droits humains et du droit international, en :

a) mettant fin à l’occupation israélienne et à la colonisation des terres arabes et en démantelant le Mur ;

b) assurant le droit fondamental des citoyens arabes palestiniens d’Israël à une complète égalité ; et

c) promouvant, protégeant et exécutant le droit des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs foyers et sur leurs terres comme le stipule par la résolution 194 de l’ONU.

3. Etre un espace de discussion, d’échanges d’idées, d’élaboration stratégique et de planification pour améliorer l’organisation de la solidarité.

Exactement 65 ans après que le Brésil ait présidé l’Assemblée générale de l’ONU qui se mit d’accord pour partager la Palestine, le Brésil accueillera un autre type de forum mondial : une chance historique pour les peuples du monde entier de se dresser là où les gouvernements ont failli. Les peuples du monde viendront ensemble discuter de nouvelles visions et d’actions efficaces pour contribuer à la justice et à la paix dans la région.

Nous appelons toutes les organisations, mouvements, réseaux et syndicats du monde à rejoindre le FSM Palestine Libre en novembre 2012 à Porto Alegre. Nous vous appelons à rejoindre le Comité international du FSM Palestine Libre que nous allons établir dès que possible. La participation à ce forum renforcera structurellement la solidarité avec la Palestine, promouvra l’action pour réaliser les droits légitimes des Palestiniens et pour tenir Israël et ses alliés responsables devant le droit international.

Ensemble, nous pouvons porter la solidarité avec la Palestine à un nouveau niveau.

Comité préparatoire palestinien pour le FSM Palestine libre

Membres du secrétariat :

PNGO – Palestinian NGO Network Stop the Wall – Palestinian grassroots Anti-Apartheid Wall Campaign, OPGAI – Occupied Palestinian Golan Heights Advocacy Initiative

Alternatives representées par : Alternative Information Center, Teacher Creativity Center Ittijah General Union of Palestinian women

Bureau de coordination : PNGO – Palestinian NGO Network Tel : +970 2 2975320/1 Fax : +970 2 2950704 E mail : samahd@pngo.net

Publié originellement le 19 janvier 2012 par Campagne StopTheWall Traduction : JPB-CCIPPP

Campagne Stop The Wall



Appel à la 8e Semaine internationale contre l’apartheid israélien

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                                                                                                  LA CAMPAGNE CONTRE MEHADRIN PARTICIPERA A LA SEMAINE

– Dans le sud : du 2 au 10 mars (Avignon, Nîmes, Montpellier, Perpignan…

ET VOUS ?

contact : mehadrindegage@gmail.com

 

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SITE PALESTINIEN : www.apartheidweek.org




Bilan BDS de l’année 2011

L’année 2011 de la Campagne BDS contre l’apartheid israélien

Encore une belle année de Boycotts, Désinvestissements et Sanctions contre l’apartheid israélien, toujours en expansion, six ans après l’appel à la solidarité lancé en ce sens par la société palestinienne, pour faire pression sur israel afin que soient respectés les droits des Palestiniens : droit à leur terre, droit d’y rentrer pour les réfugiés, et droit d’y être traités comme les autres.

Si le boycott économique a atteint un rythme de croisière, avec des cibles comme Carrefour, Ahava, Soda Stream ou Agrexco / Mehadrin, et quelques belles victoires (la mise en liquidation d’Agrexco en septembre, cible unitaire européenne), c’est dans le domaine du boycott culturel que la quantité d’actions et de succès en un an est impressionnante. Même en France, où c’est la première année qu’il est véritablement mis en œuvre, ce sont 4 artistes qui annulent leurs concerts prévus en israel. Le boycott universitaire rencontre plus d’obstacles, en particulier en France. On notera quand même l’immense geste de l’Université de Johannesburg, la première université au monde à rompre toutes relations avec israel.

Les désinvestissements et sanctions, qui sont moins l’œuvre de simples militants, connaissent aussi une progression constante, avec de véritables gifles infligées à Véolia ou Alstom, et la montée en puissance des campagnes contre KKL d’une part et pour un embargo sur les armes d’autre part.

Bravo à touTEs, et continuons comme ça !

La Campagne BDS France

Version pdf de cet article:  bdsbilan2011.pdf

Boycott économique

En France, on observe toujours de nombreuses actions, devant les supermarchés Carrefour, les magasins Darty, Sephora/Ahava etc., mais aussi contre le salon du Tourisme (en mars), contre Soda Stream au salon Marjolaine (en novembre)… Elles sont de plus en plus festives, accompagnées de chansons, flashmobs ou slams. Enfin, des plaintes sont aussi déposées contre Agrexco et Darty.

Une grande conférence européenne contre Agrexo est organisée à Montpellier les 4 et 5 juin. En septembre, Agrexco est en liquidation et une entreprise irlandaise renonce à le racheter, sous pression de BDS. Une nouvelle coalition se met en place contre Mehadrin et de premières actions ont déjà lieu en novembre !

En février, Sephora retire ses produits Ahava à Mulhouse. En juillet, les supermarchés suédois Coop arrêtent de vendre des produits Soda Stream. En septembre, le magasin Ahava ferme à Londres.

Boycott culturel et sportif

Par la renommée des artistes concernés, l’année 2011 est moins spectaculaire que les années précédentes. En effet, les israéliens ne se risquent plus à inviter les artistes ayant déjà refusé de cautionner l’apartheid, ou ceux qui soutiennent la Campagne BDS, c’est à dire à peu près tous les musiciens qui ont un cerveau en état de marche. Restent quelques seconds couteaux, quelques vieilles biques, quelques cyniques et quelques naïfs…

En janvier, premier succès de la Campagne BDS France dans son versant culturel: suite à un envoi de lettres de France, du Canada, d’Israël et de Palestine, Vanessa Paradis et Johnny Depp annulent leur voyage prévu en israel. Sur sa lancée, la Campagne BDS France enverra des lettres à Emir Kusturica, Charles Aznavour, Jenifer, Michel Platini, Natacha Altlas, Oumou Sangaré, Mireille Mathieu, Bijan Chemirani, Hindi Zahra et quelques festivals et salles de concert ayant accepté le KKL comme sponsor de leur festival de musique. Si ces lettres ne rencontrent pas toujours un succès, elles permettent quand même de plus en plus souvent de faire reprendre le message BDS par la presse…

Natacha Atlas annulera finalement son concert en septembre, Mireille Mathieu en novembre et Oumou Sangaré en décembre. Ce sont 4 annulations d’artistes françaises ou habitant en France et la Campagne BDS France est fière de ce succès alors que c’est la première année qu’il est véritablement mis en œuvre! Elle lance alors une grande compagne pour convaincre Jane Birkin d’annuler son concert en israel. Six lettres seront envoyées, de Palestine, France, Belgique, Maroc, Espagne et Israel. Là encore, pas de succès mais une excellente couverture de la campagne de boycott culturelle dans les plus grands journaux français !

En janvier, le chanteur américain Bon Jovi annule son concert en israel. Roger Waters, l’ancien leader de Pink Floyd, réitère son engagement auprès de la campagne BDS. Enfin, l’AMARC (Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires) rejoint la campagne BDS.

En février, le chanteur classique Thomas Quasthoff annule son concert en israel suivi, en avril, du groupe sud-africain Ladysmith Black Mambazo. Dans le domaine sportif, Adidas abandonne le sponsor du marathon de Jérusalem.

En mai, le chanteur anglais Marc Almond, le guitariste américain Andy Mc Kee et le groupe de heavy metal américain August Burns Red annulent leurs concerts en israel. Le groupe anglais Faithless et son leader David Randall confirment leur engagement dans BDS en publiant un clip et le titre collectif « Freedom For Palestine ».

En mai toujours, le réalisateur finlandais Aki Kaurismaki déclare son soutien à la campagne BDS. Il est suivi en juillet par la réalisatrice Barbara Hammer qui refuse un prix de la Fondation Juive pour la Culture Nationale et refuse de présenter ses films dans des endroits qui reçoivent un financement du gouvernement israélien.

En juin, une nouvelle piste est tentée, celle de fédérer des musiciens (mais on peut faire de même avec d’autres professions) d’un même style. Alors que les rappeurs belges s’étaient unis en 2009, ce sont ici les punks du monde entier qui mettent en place Punks Against Apartheid. Leur première victoire est l’annulation du concert du célèbre Jello Biafra, ancien chanteur des Dead Kennedys, suivie en novembre de celle en du groupe moldave Zdob si Zdub. Dans la suite des actions collectives plutôt qu’individuelles, en septembre, un groupe d’artistes indiens annule sa participation à une exposition en israel, et publie un communique pour BDS. En novembre, ce sont plus de 150 artistes suisses qui signent un appel au boycott culturel d’israel.

En juin encore, Kareel Abdul-Jabbar, la star du basket américain, annule également son voyage en israel.

En juillet, le grand Paco Ibanez déclare boycotter la langue israélienne qu’il parle pourtant! Le mois suivant, à Burgos en Espagne, se monte une campagne contre la présence de troupes de danse israéliennes au concours international de chorégraphie. Le même mois, le groupe américain Tuba Skinny, le pianiste américain Jason Moran et le grandissime pianiste portoricain Eddie Palmieri annulent leur participation à un festival de jazz en israel.

Les tournées de l’orchestre philharmonique israélien (OPI) et du Jerusalem string quartet sont perturbées en Amérique du Nord et en Europe. En septembre, nos amis anglais interrompent même le concert de l’OPI au Royal Albert Hall, et ses représentations sont annulées en Finlande, mais maintenues à Paris. Des musiciens de l’orchestre philharmonique de Londres qui avaient soutenu cette initiative sont punis. La Campagne BDS France les soutient.

En septembre toujours, le festival Gay et Lesbien de Lisbonne abandonne son partenariat avec israel sous pression des militants BDS. Le festival international féministe lesbien à Paris fera de même. Une grande campagne est lancée en Suisse contre le fait qu’israel soit l’invité d’honneur du festival Culturescapes à Genève. La Campagne BDS France se joint également à cette initiative.

En septembre enfin, la grande chanteuse Natacha Atlas annule sa tournée en israel et publie une très belle déclaration. Il en est de même du rappeur sud-african Ewok qui sera suivi, en novembre, par le rappeur américain MF Doom.

En octobre, John Michael Mc Donagh, réalisateur irlandais, annule sa participation à un événement culturel en israel. Il en va de même du groupe anglais les Yardbirds et du couturier italien Roberto Cavalli. Le même mois en France, le CRIF tente d’empêcher la diffusion d’un documentaire sur France 2.

Octobre est aussi un fabuleux mois du côté du boycott sportif, avec une escrimeuse tunisienne (Sara Besbes), un fleurettiste et un joueur d’échec iranien (Ehsan Ghaem Maghami) qui boycottent leurs matches face à des adversaires israéliens, tandis qu’une action BDS France à Troyes perturbe le match de foot féminin France-Israël.

Si notre lettre à Bijan Chemirani ne porte pas ses fruits, la grecque Martha Frintzila et le turc Hosam Hayek annuleront leur participation au même festival où ils étaient invités. Notre lettre à Mireille Mathieu est accompagnée d’autres lettres de Gaza, et elle annulera finalement son concert en novembre. Notre lettre à Oumou Sangaré est accompagnée d’autres lettres du Mali, d’Italie… et elle annulera finalement son concert en décembre.

Fin décembre, le chanteur américain Joe Lynn Turner et le jeune musicien de dubstep anglais Joker terminent la liste de la trentaine d’artistes ou de groupes ayant annulés leurs concerts prévus en israel en 2011.

En 2011, on remarque un nouveau phénomène, celui des artistes qui se sont rendus en israel contre les mises en garde de la campagne BDS et qui, à leur retour dans leurs pays, affirment regretter leur acte, qu’on ne les y reprendrait plus et qu’ils rejoignent à présent BDS, au moins en partie. C’est le cas en janvier pour le grand chanteur américain Pete Seeger, pour la chanteuse hollandaise Denise Jannah en septembre, et pour Macy Gray, chanteuse américaine, en novembre.

On finit l’année avec un événement symptomatique : en décembre, le couturier Lacoste élimine Larissa Sansour, artiste palestinienne, d’un concours artistique qu’il sponsorise. L’art et la politique sont donc liés après tout, et la discrimination touche avant tout les Palestiniens. Heureusement, le musée suisse annule alors le concours pour protester contre cette censure.

Boycott universitaire

En janvier, 150 universitaires israéliens de renom se joignent au mouvement de boycott des colonies, initié par 150 artistes et intellectuels en 2010. En septembre, ce sont 200 universitaires suédois qui signent un appel au boycott universitaire d’israel.

Le syndicat étudiant de l’Université d’Arizona (en janvier), celui des étudiants écossais EUSA (en mars), celui des étudiants de l’université Carleton d’Ottawa (en avril) et celui de l’université de Londres (l’ULU, le plus grand syndicat étudiant européen), en mai, votent des motions de boycott contre l’apartheid israélien. En juillet, l’organisation étudiante internationale IGLYO (International lesbian, gay, bisexual, transgender, queer youth & student organisation) décide de ne PAS tenir sa prochaine assemblée générale en israel

En mars, c’est l’apothéose, avec l’Université de Johannesburg toute entière qui est la première université au monde à rompre ses liens avec toute institution israélienne !

Mais dans le reste du monde, on assiste à une censure grandissante de débats universitaires portant sur la Palestine: à la London School of Economics, à la York University of Toronto, à la University of California Irvine (dont 11 étudiants en septembre seront déclarés coupables de complot pour avoir perturbé en février le discours de l’ambassadeur d’israel), mais aussi en France, à l’Ecole Normale Supérieure de Paris (par deux fois), à l’Ecole des Beaux Arts de Marseille, à l’Université de Paris Sorbonne Nouvelle, et à celle de Metz.

Néanmoins, pour la première fois, la France participe à la semaine internationale contre l’apartheid israélien en mars 2011 dans les universités de Lille, Lyon, Montpellier et à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à Paris. D’autres débats sont organisés dans des universités, à l’Université Paris 8 et à Sciences Po en février et en mars. D’autre part, la levée de bouclier contre la censure, en particulier à l’ENS, donne l’occasion à la Campagne BDS France de publier de nombreux articles, y compris dans Le Monde. Omar Barghouti tiendra quand même une conférence à Paris, mais au CICP, et Monique Canto-Sperber sera poursuivie par les militants lors de tous ses déplacements, pour lui rappeler sa responsabilité dans cette honteuse censure, en particulier en juillet à Figeac.

Le 16 novembre, à l’occasion de la 9e Semaine Internationale contre le Mur d’Apartheid en Palestine, une journée spéciale est organisée à l’Université Paris 8. En décembre, des sympathisants de la Campagne BDS France protestent contre des propos assimilant antisionisme et antisémitisme dans le journal de CNRS.

L’acceptation de la Palestine à l’UNESCO et son refus par israel (et les USA) démontrent l’importance du volet éducatif et culturel dans les actions de solidarité avec la Palestine, y compris dans le boycott, n’en déplaise à certains… Le bon côté est que la cérémonie pour le centenaire du Technion qui devait se dérouler à l’UNESCO est déplacée dans la beaucoup moins prestigieuse Maison de la Chimie, où des protestations auront quand même lieu, en décembre. La soirée se finit mal avec deux militants blessés par les CRS protégeant les sionistes.

En revanche, et malgré les protestations, la candidature d’israel est acceptée dans les agences européennes de recherche nucléaire et spatiale, et le septième programme cadre européen fournit toujours des fonds de recherche à des universités et des entreprises israéliennes (Technion, Ahava, Elbit…).

Boycott Syndical

En janvier, le syndicat français SUD PTT appelle Orange au désinvestissement en israel. En mai, la Campagne BDS France appelle tous les syndicats de Orange à faire pression sur leur entreprise. SUD PTT réagit en diffusant à partir du mois de juin, une pétition à l’attention de tout le personnel d’Orange. En fin d’année, l’AFPS met à son tour en place une campagne contre Orange.

En octobre, la CGT-AFPA invite un représentant de BDS à son congrès. La CGT-INRA envoie un message de solidarité aux ouvriers et paysans palestiniens à l’occasion de la 9ème semaine contre le Mur de l’Apartheid. En décembre, une mission BDS syndicale française part en Palestine.

La Campagne BDS France regroupe à présent des centrales syndicales nationales telles que Solidaires, la CNT, la Confédération Paysanne et la GUPS, ainsi que certains syndicats de branches tels que la CGT-ACSE, la CGT-INRA et la CGT-FNAF et certaines unions locales, départementales ou régionales de la CGT, de la FSU, de FO et de l’UNEF…

En février, l’union syndicale de base italienne (USB) et la plus grande confédération des syndicats brésiliens (CUT), en avril le congrès des syndicats écossais (STUC) ainsi qu’un autre syndicat brésilien (CSP-Conlutas), en juillet la fédération syndicale indépendante égyptienne (EIUF), et en novembre le Conseil syndical des transports londoniens terrestres et maritimes (RMT) rejoignent la campagne BDS. En septembre, le TUC anglais (6.5 millions de syndiqués) réitère son soutien à BDS et dénonce la Histadrout, le syndicat raciste israélien.

En avril, une conférence en Palestine fonde la Plateforme des syndicats pour BDS, qui regroupe tous les syndicats de branche palestiniens. C’est maintenant notre interlocuteur en la matière.

Désinvestissement

En février, la ville de Copenhague annule ses contrats avec la société G4S, parce que cette société joue un rôle actif dans la sécurisation des colonies israéliennes illégales. Par voie de conséquence, G4S annonce qu’elle va arrêter ses opérations en Cisjordanie.

En mars, la banque belge Triodos se désinvestit de Dexia en raison de son implication dans les colonies israéliennes. Par voie de conséquence, Dexia israel sera bientôt vendue.

Mais c’est la campagne contre Véolia qui domine les autres, avec une manifestation dans et devant son assemblée générale à Paris en mai et le rejet de deux offres (300 millions de Livres en juin, et 485 millions de Livres en décembre) de Veolia pour retraiter les déchets ménagers dans plusieurs arrondissements de Londres. Toutes ces campagnes permettent de rappeler partout l’implication de Véolia dans la gestion des déchets dans les territoires occupés, et sa participation dans la construction d’un tramway illégal en israel. Par voie de conséquence, Veolia connaît des difficultés financières et se retire de ses opérations israéliennes dans le transport. La Deutsche Bahn allemande se retire également du projet de construction d’un nouveau train illégal en israel pour ne pas subir les mêmes déconvenues.

En juillet, Unilever déménage son usine des territoires occupés vers Safed, en « territoire 48 ».

En septembre, l’Eglise Presbytérienne recommande le désinvestissement de Caterpillar, HP et Motorola, pour leur participation à l’occupation israélienne.

Belle façon de finir l’année avec l’annonce en octobre qu’Alstom perd un contrat de 10 milliards de dollars en Arabie Saoudite et, en novembre, que la banque française BNP-Paribas se retire d’israel.

Sanctions

Les révolutions arabes, les conséquences du massacre de la Flottille de la Liberté en 2010 et les discussions sur l’acceptation de la Palestine à l’ONU rendent les relations diplomatiques avec israel plus difficiles. En mai, le premier ministre écossais, Alex Salmond, demande des sanctions contre israel. En juillet, l’ONU publie le rapport Palmer qui critique israel pour son usage excessif de la force contre la Flottille de la Liberté. Comme ce rapport n’est pas suivi de sanctions, la Turquie renvoie l’ambassadeur d’israel dans l’attente d’excuses officielles. En août, israel assassine 5 gardes frontières égyptiens, entraînant des manifestations de colère au Caire et le renvoi, là aussi, de l’ambassadeur israélien. Alors que les Etats et les partis politiques se polarisent en octobre, suite au débat sur la Palestine à l’ONU, en décembre, l’Islande est le premier Etat Européen à reconnaître l’Etat Palestinien.

Deux campagnes marqueront l’année 2011. On remarque d’abord les progrès faits dans la reconnaissance du caractère raciste, et donc infréquentable, du KKL. Ainsi, le Parti Vert écossais rejoint officiellement la campagne contre KKL en novembre, alors que la ville de Genève se distancie publiquement de cette organisation et que David Cameron, premier ministre britannique, se retire de sa position de parrain du KKL. La Campagne BDS France met également la dernière touche à sa brochure sur le sujet.

L’autre campagne qui gagne du terrain est celle pour l’embargo sur les armes en direction ou en provenance d’israel. En juillet, BDS Finlande demande à son gouvernement de ne pas acheter de drones de guerre à israel. On espère compter sur le soutien de M. Tuomioja, ministre finlandais des affaires étrangères, qui était opposé au commerce des armes avec israel lorsqu’il était dans l’opposition. En octobre, BDS Corée du Sud demande quant à lui à son gouvernement de ne pas vendre d’avions de guerre à israel. Enfin, en décembre, c’est au tour de BDS France de demander à son gouvernement de ne pas acheter de drones de guerre à israel.

Autres évènements connexes

En février, se déroule le Forum Social Mondial à Dakar, avec une très forte présence de BDS, où de nombreux liens internationaux sont noués.

En juillet, une première flottille de la liberté, composée de 10 bateaux, tente de rompre le blocus illégal de Gaza. Un seul parviendra à quitter la Grèce et sera arraisonné par l’armée israélienne. En novembre, deux autres bateaux, un irlandais et un canadien, reprendront la mer, mais seront arraisonnés de la même façon.

En 2011, trois procès, et trois victoires pour BDS : en mai, Alexandre Moumbaris est relaxé à Flers (pour avoir diffusé la version 2010 du présent bilan BDS de l’année!!!), en juillet, Olivia Zémor est relaxée à Paris, et en décembre, ce sont les 12 militants BDS qui sont relaxés au procès de Mulhouse… mais le parquet, dans un acharnement partisan, fait appel.

En novembre, le Tribunal Russell sur la Palestine confirme que les pratiques en israel relèvent de l’Apartheid. Comme pour le confirmer, le même mois, des Palestiniens essayent sans succès de monter à bord de bus réservés aux seuls colons israéliens.

Comme chaque année, on déplore des centaines d’assassinats de Palestiniens, mais aussi ceux des activistes avec lesquels nous étions en contact, en particulier Juliano Mer Khamis et Vittorio Arrigoni. On se réjouit, en revanche, de la libération des prisons israéliennes d’un millier de Palestiniens, et en particulier de celle de Salah Hamouri.




Succès du 3e week-end national de la Campagne BDS France

Succès du 3e week-end national de formation et d’échanges de la Campagne BDS France

Le troisième week-end national de formation et d’échanges de la campagne BDS France qui s’est déroulé à Lyon les 14 et 15 janvier 2012 a été un grand succès.

Plus d’une centaine de militants, venus de toute la France, se sont retrouvés pour partager des  expériences et échanger sur différents aspects de la campagne.

Le succès de la campagne BDS France contre l’entreprise israélienne Agrexco, définie comme cible prioritaire l’an dernier, a été souligné. Les mobilisations citoyennes ont contribué de manière décisive à la mise en liquidation judiciaire d’Agrexco, qui constitue une victoire importante contre
la colonisation et l’apartheid.
L’année 2011 a aussi été émaillée de plusieurs succès BDS, notamment sur le terrain du boycott culturel.

Lors de ces journées, une douzaine d’ateliers ont permis de souligner l’importance de travailler selon plusieurs axes de mobilisation. En 2012, la campagne BDS France concentrera ses activités sur deux axes majeurs :
– La campagne contre Méhadrin, société israélienne qui exporte massivement des produits des colonies, c’est-à-dire les fruits d’un crime de guerre, en France et en Europe. Objectifs : obtenir le retrait pur et simple de ces marchandises illégales des rayons des grandes chaînes de distribution.

– La poursuite du développement du boycott des institutions universitaires et culturelles, institutions qui jouent un rôle actif dans la politique de colonisation, d’occupation et d’apartheid israéliens. La coopération avec l’Europe dans les domaines de l’enseignement, de la recherche et de la culture sont largement utilisés comme une arme politique dont Israël se sert pour redorer son image pendant que cet état opprime, dans ces domaines comme dans les autres, les Palestiniens. Ce boycott vise, nous tenons à le rappeler, les institutions et non les individus.

En même temps, la campagne BDS construira les bases du développement du boycott sportif en France, et appuyera la demande palestinienne du BNC représenté par son coordinateur européen Michael Deas en faveur d’un embargo militaire immédiat contre Israël.

Le tribunal Russel a reconnu Israël coupable du crime d’apartheid lors de sa dernière session du Cap en Afrique du sud. Ses conclusions, que son coordinateur Pierre Galland nous a présenté au cours de ce week-end, soulignent une nouvelle fois l’importance d’amplifier la Campagne BDS et sa légitimité face à l’impunité d’Israël.
La médiatisation grandissante  de la Campagne BDS, les campagnes de sensibilisations accrues auprès de l’opinion publique et la relaxe des militants poursuivis dans le cadre de leur participation
à la Campagne BDS renforcent notre détermination.

2012, une nouvelle année de boycott et de victoires !
Campagne BDS France –  www.bdsfrance.orgcampagnebdsfrance@yahoo.fr


Success for the BDS French Campaign’s third national weekend of training and debates

The third national weekend of training and debates organised by the BDS French Campaign and held in Lyons on 14 and 15 January 2012 was highly successful.

More than 100 activists came from all over France to share their experiences and exchange their views on different aspects of the campaign.

The French campaign’s successful operations against the Israeli firm AGREXCO, which had been designated as our priority target last year, were underlined.  The citizens’ actions  and demonstrations played a decisive role in the legal liquidation of the company, which represented an important victory over colonization and apartheid.     

2011 was also studded with several successful outcomes for BDS, notably in the field of the cultural boycott. 

During this two-day encounter, a dozen separate workshops all showed the importance  of working along different lines of action.  In 2012, the BDS French Campaign will concentrate its efforts along two major axes:  
.
– The campaign against Mehadrin, the Israeli company handling the mass export to France and Europe of goods from the colonies, i.e. the produce of a war crime.  The aim: to achieve  no less than the withdrawal of this illegal merchandise from the shelves of the major chain stores.

– The strengthening of the boycott of academic and cultural institutions which play an  active role in the Israeli policies of colonization, occupation and apartheid.   Cooperation with Europe in the areas of education, research and culture is largely used by Israel as a political weapon with which to boost its image, whilst that state oppresses the Palestinians in those very same areas of activity, as it does in others.  We wish to reiterate that this boycott targets institutions and not individuals.
.
Simultaneously, the campaign will lay the foundations to develop the sports boycott in France.  It will also support the Palestinian BNC, represented by its European Coordinator Michael Deas, in its demand for an immediate military embargo against Israel.

The Russell Tribunal, at its latest session in Cape Town in South Africa, recognized Israel as guilty of the crime of apartheid.  The Tribunal’s conclusions, presented by its coordinator Pierre Galland during this weekend gathering, underlined once again the importance of reinforcing the BDS campaign and its legitimacy in the face of Israel’s impunity.

The increasing media publicity given to the BDS campaign, the growing awareness-raising campaigns aimed at public opinion, and the acquittal of activists prosecuted in France on account of their participation in the campaign, have all served to strengthen our determination.

2012, a New Year of boycott and victories !

BDS French Campaign
www.bdsfrance.orgcampagnebdsfrance@yahoo.fr

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Rencontre régionale en Midi-Pyrénées : en avant pour le BDS !


Samedi dernier, Albi a accueilli une réunion de rencontre et d’organisation de 50 militant-e-s de huit villes de Midi-Pyrénées et de quatre autres villes du Sud Ouest, impliqués ou désireux de s’impliquer dans la campagne BDS. Cette rencontre s’est appuyée en partie sur le réseau de solidarité pour la Palestine établi au cours des dix dernières années, mais nombreux ont été ceux qui se sont rencontrés pour la première fois à la suite de l’appel ad hoc lancé pour la rencontre d’Albi : http://boycottisrael-mp.blogspot.com/2011/11/developper-la-campagne-bds-contre.htm

La matinée a été consacrée à des interventions et débats sur plusieurs thèmes : la dimension internationale de la campagne, son développement et ses victoires, avec Michael Deas, coordinateur pour l’Europe du Comité national palestinien du BDS ; les avancées en France et la lutte contre la répression judiciaire, avec Florent Schaeffer pour BDS-France.

Le reste de la journée a porté sur les campagnes BDS que les militants et leurs comités vont mener conjointement. La première campagne retenue est celle contre l’emploi de l’argent public pour servir les intérêts israéliens. C’est la suite de la mobilisation de 2011 contre une subvention du Conseil régional à la chambre de commerce France-Israël (voir notre article). La seconde est la campagne contre Mehadrin, société devenue l’exportatrice n°1 de fruits et légumes israéliens depuis la mort d’Agrexco, et impliquée comme Agrexco dans l’exploitation coloniale des territoires palestiniens occupés. Les militant-e-s vont préparer une journée ou semaine d’action régionale contre Mehadrin, et qui pourrait prendre une dimension nationale. La troisième, également plébiscitée, est la campagne contre Veolia. Veolia ne participe pas seulement à l’exploitation du tramway colonial à Jérusalem Est, il opère 4 lignes de bus pour les colonies de Cisjordanie et une immense décharge dans la vallée du Jourdain occupée, pour le seul bénéfice des Israéliens. D’importants succès ont été opérés par la campagne BDS contre Véolia, la décision est d’agir maintenant et ici pour que Veolia se retire d’Israël.

La réunion a mis en place un cadre de travail régional pour ces trois campagnes, un premier bilan des actions sera fait en mars 2012.

A sa façon, la Dépêche du Midi : http://www.ladepeche.fr/article/2011/12/04/1231181-les-partisans-du-boycott-d-israel-reunis.html a rendu compte de la rencontre.




Omar Barghouti lance un appel aux célébrités à rejoindre BDS

Au cours de l’entretien, il déclare :

« Israël et ses groupes de pressions bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’intimidation, de pression et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici, ils ont misérablement échoué, comme ils l’admettent parfois eux-mêmes ».

Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux-clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et museler entièrement le débat ».

« L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent « convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement de n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi », [2] position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

Interview avec Omar Barghouti

Omar Barghouti est commentateur palestinien, militant des droits humains et écrivain. Il est l’un des dirigeants du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé par la société civile palestinienne et l’un des membres fondateurs de la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, lancé en 2004. Il a récemment écrit un livre intitulé « BDS – The Global Struggle for Palestinian Rights » (BDS-la lutte mondiale pour les droits des Palestiniens ).

HC : vous êtes un des membres fondateurs du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), campagne qui a été lancée en 2005. Qu’est-ce qui vous a incité à participer à ce mouvement et pourquoi l’année 2005 était-elle propice pour lancer l’initiative mondiale de BDS ?

OB : j’ai toujours cru que dans la réalité palestinienne très complexe du siège israélien, caractérisé par l’oppression coloniale et l’apartheid, la résistance populaire et pacifique est la forme la plus efficace de lutte pour obtenir nos droits inaliénables en vertu du droit international.

Chercher à atteindre nos objectifs de liberté, de justice et d’égalité -but du mouvement BDS- a toujours été notre principale motivation. Après des décennies de nettoyage ethnique permanent et de dépossession de notre peuple par Israël, la société civile palestinienne s’est rendue compte que la prétendue « communauté internationale » sous l’hégémonie des USA, ne peut absolument pas nous obtenir nos droits, ni forcer Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international. Inspirés par un siècle de résistance civile palestinienne au colonialisme et aux expulsions et fortement influencés par le mouvement anti-apartheid d’Afrique du Sud, les figures clés de la société civile palestinienne ont décidé de lancer la campagne BDS. Immédiatement, la grande majorité de partis politiques palestiniens, de syndicats, de mouvements de masse mobilisés par des ONG, de réseaux de défense des droits des réfugiés, et d’autres ont appuyé la campagne, dont ils ont ainsi montré le pouvoir unique d’unifier, de donner le pouvoir d’agir, d’assurer la cohérence morale et une large représentation.

Nous avons lancé le BDS le 9 juillet 2005, premier anniversaire de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice condamnant Israël pour l’illégalité du mur et des colonies construites sur le territoire palestinien occupé. Dans son avis, la CIJ disait expressément que tous les États « sont dans l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction ; tous les États parties à la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, ont en outre l’obligation, dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans cette convention ». Quand les gouvernements n’ont pas rempli cette obligation minimale, la société civile palestinienne à décidé d’en appeler aux personnes de conscience, aux citoyens et à la société civile internationale pour qu’ils assument la responsabilité morale de demander des comptes à Israël.

HC : pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, quels sont les principaux objectifs du mouvement BDS et à quel stade estimerez-vous que vos demandes auront été satisfaites et mettrez-vous fin à la campagne ?

OB : le BDS vise à permettre au peuple palestinien d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination en mettant fin au système à trois niveaux appliqué par Israël qui nous refuse nos droit fondamentaux sanctionnés par les Nations unies. Plus précisément, nous demandons la fin de l’occupation israélienne de toutes les terres arabes qu’ Israël contrôle depuis 1967, notamment à Jérusalem-Est ; la pleine égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël et la fin du système israélien institutionnalisé et légalisé de discrimination raciale à leur rencontre ; le respect et la mise en application du droit au retour des réfugiés reconnu par la communauté internationale, réfugiés chassés lors du nettoyage ethnique par les forces sionistes et ensuite par Israël lors de la Nakba de 1948 et depuis lors.

HC : à quel rythme estimez-vous que le mouvement BDS prendra racine à un niveau comparable au mouvement BDS mondial qui a permis de renverser l’apartheid en Afrique du Sud ? Faudra-t-il d’après vous au mouvement BDS des dizaines d’années pour avoir un impact ou êtes-vous confiant qu’elle aura des effets plus rapides ?

OB : les Sud-Africains ont lancé leur appel au boycott à la fin des années 50. Dans les pays les plus puissants du monde, particulièrement en Occident, les couches du mainstream ont effectivement adopté le boycott et le désinvestissement contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud au cours des années 80. Par comparaison, bien que le boycott n’ait que six ans, le mouvement BDS mondial lancé par les Palestiniens a déjà atteint le grand public en Occident et a remporté des victoires majeures dans les domaines économique, culturel et universitaire. Le nombre de personnalités culturelles, d’intellectuels et d’artistes de premier plan qui, soit ont appuyé le BDS soit l’ont au moins respecté, a progressé à une vitesse impressionnante depuis la guerre d’agression illégale et manifestement immorale lancée par Israël contre la bande de Gaza sous siège et toujours occupée.

HC : beaucoup de publicité a entouré notamment les musiciens qui ont récemment décidé de ne pas jouer en Israël. Est-il important que ces célébrités participent également au mouvement BDS ?

OB : après qu’ Israël eut massacré neuf Turcs sans armes, humanitaires et défendeurs des droits humains -dont un avait la double nationalité turque/US- et en eut blessé des dizaines d’autres en provenance de plusieurs pays, de grands artistes et orchestres ont répondu à notre appel au boycott culturel.

L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent« convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi »[2], position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

Beaucoup de personnalités littéraires et universitaires britanniques ont publié une lettre dans The Independent disant « nous lançons un appel aux écrivains et savants britanniques afin qu’ils boycottent toutes les visites littéraires, culturelles et universitaire en Israël sponsorisées par le gouvernement israélien, notamment celles qui sont organisées par des fondations culturelles et des universités israéliennes ».

Dans le monde du spectacle, parmi d’autres grands orchestres, Massive Attack, a refusé de jouer en Israël pour protester contre la manière dont celui-ci traite les Palestiniens ; les Klaxons, le Gorillaz Sound System, les Pixies et d’autres groupes de premier plan ont annulé les concerts qui étaient déjà au programme. L’auteur de best-sellers mondiaux, le Suédois Henning Mankell, qui se trouvait à bord de la flottille lorsqu’elle a été attaquée a demandé des sanctions mondiales de type sud-africain contre Israël pour protester contre sa brutalité.

L’auteure US de best-sellers , Alice Walker, rappelant le boycott déclenché par Rosa Parks et dirigé par Martin Luther King contre une société de bus raciste de Montgomery en Alabama pendant le mouvement US pour les droits civils, a appelé à un large soutien au mouvement BDS contre Israël, devoir moral de solidarité avec les Palestiniens « afin d’atténuer la douleur et de partager les peines d’un peuple maltraité depuis des générations ».

Au cours des semaines qui ont précédé l’attaque de la flottille, des artistes du calibre de Elvis Costello, Gil Scott-Heron et Carlos Santana ont tous annulé des concerts déjà programmés en Israël après avoir reçu des appels émanant de groupes BDS palestiniens et internationaux.

Récemment, Roger Waters a explicitement appuyé le BDS dans un article annoncé de longue date dans le Guardian. La chanteuse française, Vanessa Paradis et le baryton allemand, Thoman Quasthoff, ont également annulé leur concert en Israël.

Lorsque les célébrités de cet acabit annulent leur venue en Israël à cause de son non-respect des droits humains, elles contribuent à faire connaître la véritable nature de cet État qui pratique l’occupation, le colonialisme-colonisation et l’apartheid ; elles aident aussi à contester l’impunité de ce pays et ses infractions au droit international.

HC : Votre dernier livre « BDS – The Global Struggle for Palestinian Rights » a reçu et un accueil très favorable de la part des universitaires et des militants de la paix tels que le professeur Ilan Pappé, l’archevêque Desmond Tutu, le prix Nobel de la paix Mairead Maguire et beaucoup d’autres ; comment a-t-il été accueilli dans la communauté israélienne et par le leadership israélien en général ?

OB : franchement, je n’en ai pas la moindre idée.

HC : vous avez vécu de longues années aux USA et en fait vous avez obtenu votre Bachelor et votre Mastère à la Columbia University de New York ; vous deviez aller aux USA pour présenter votre nouveau livre sur le BDS, et pourtant on vous a refusé le visa. Vous a-t-on donné la raison de ce refus et quelle serait la vraie raison pour laquelle les USA vous refusent l’entrée dans leur pays ?

OB : mon visa a été « retardé » pendant de longues semaines sans être refusé. L’on s’est contenté de dire qu’il fallait d’autres « démarches administratives », même après qu’il eut été approuvé en janvier ce dont j’avais été officiellement informé au consulat US à Jérusalem. De l’avis de mon éditeur Haymarket, et du mien, ce retard tenait à des raisons politiques ; il était délibéré pour nous obliger à annuler ma tournée d’auteur. On ne peut que voir une influence israélienne directe sur ce « processus » du consulat US. Après une campagne de lettres, organisée par Haymarket, et aussi par Jewish Voice for Peace, j’ai reçu mon visa quelques jours avant mon envol vers les USA. En dépit de cela nous avons réussi notre tournée de promotion du livre dans les principales universités telles que Harvard, Columbia, Princeton, Brown, Brandeis, Massachusetts-Amherst, et Rutgers. La merveilleuse détermination, l’engagement et la créativité des groupes de solidarité palestinienne dans tous les campus ont été la clé du succès de notre tournée.

HC : que répondriez-vous à ceux qui disent que leur décision de boycotter les marchandises israéliennes ne changera rien de tangible sur le terrain pour les Palestiniens parce qu’ ils ne représentent « qu’une personne » ? Une personne peut-elle vraiment changer les choses s’agissant du BDS ?

OB : Moi aussi, je n’étais qu’« une personne » dans la lutte contre l’apartheid sud-africain à Columbia University dans les années 80. A moi aussi, les sceptiques ont dit « arrête de rêver ! Crois-tu que l’apartheid sera aboli de ton vivant ? » Et je répondais chaque fois : « non, il est probable que non, mais je crois néanmoins que montrer sa solidarité avec les opprimés en participant à cette lutte est une obligation morale ». Toutefois, l’apartheid s’est effondré en Afrique du Sud ! Et cela personne ne peut me l’enlever. Les efforts collectifs d’un grand nombre de personnes peuvent permettre de faire un bond, d’arriver au point de rupture où le prix du maintien d’un système d’oppression dépasse de loin ses avantages et amène finalement son démantèlement.

En outre, je crois que le principe fondateur de la solidarité internationale est d’écouter les opprimés eux-mêmes exprimer leurs besoins et leurs aspirations, non pas de penser à leur place, comme si nous ne pouvions pas penser juste ou que nous ne comprenions pas ce qui nous sert le mieux. C’est l’ attitude coloniale et condescendante par excellence.

HC : en février, la Knesset a voté un projet de loi criminalisant essentiellement les activités de soutien au boycott d’Israël. Si cette loi est adoptée, les citoyens israéliens appuyant le BDS pourraient encourir des amendes d’environ $ 8200 (en équivalent) ; ceux qui ne sont pas citoyens et qui participent aux actions BDS en Israël pourraient être interdits de séjour pendant au moins 10 ans. Cela prouve sans aucun doute combien Israël craint les effets du BDS. Que répondriez-vous à la réaction israélienne envers le mouvement BDS ?

OB : Israël et ses groupes de pression bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’ intimidation, de pressions et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici ils ont misérablement échoué, comme ils l’ admettent parfois eux-mêmes. Étant donné que son programme est moralement cohérent, non-violent, fondé sur la défense des droits humains et qu’il défend la règle du droit international, la pleine égalité de tous les êtres humains et le rejet catégorique de toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme, le mouvement mondial BDS a traîné Israël sur le « champ de bataille » où nous avons une supériorité éthique décisive et où nous neutralisons l’impressionnant arsenal israélien d’armes, y compris des armes nucléaires.

Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et entièrement museler le débat ».

Ceci s’inscrit dans la logique de cette nouvelle mesure draconienne que le gouvernement Israélien d’extrême droite espère faire adopter dans un parlement israélien pas moins fanatique. Le problème est uniquement pragmatique. Si cette mesure anti BDS prend force de loi, Israël aura renoncé à une de ses dernières couches ou masques de « démocratie », mettant à nu son système irréparable d’oppression colonialiste et raciste qui appelle le même traitement que celui qui a été appliqué à l’apartheid en Afrique du Sud : le BDS. Loin de décourager le BDS au d’arrêter sa progression impressionnante, cette loi anti BDS peut en fait se retourner contre ses auteurs et donner une forte impulsion au mouvement dans le monde entier. Comme l’établissement israélien s’est plusieurs fois tiré une balle dans le pied, on peut très bien imaginer qu’il adopte cette loi indépendamment des considérations pragmatiques évidentes.

Israël et ses lobbys répètent que le BDS, axé sur les trois droits palestiniens fondamentaux, « délégitime » Israël et cherche sa « destruction ». Ils visent spécifiquement, le deuxième droit, celui de la pleine égalité pour tous les citoyens palestiniens Israël. Si l’égalité « détruit » Israël, qu’est-ce que cela révèle sur Israël ? L’égalité a-t-elle « détruit » l’Afrique du Sud ? A-t-elle « délégitimé » les Blancs dans les États du Sud des USA après l’abolition de la ségrégation ? La seule chose que l’égalité, le respect des droits humains et la justice détruisent véritablement est le système d’injustice, d’inégalité et de discrimination raciale. Nous, dans le mouvement BDS disons ouvertement et fièrement que nous visons l’occupation israélienne, son régime d’apartheid et le déni des quatre droits des réfugiés sanctionnés par les Nations unies ; nous travaillons à la réalisation des slogans de notre mouvement : liberté, justice et égalité.

HC : que répondez-vous à ceux qui reprochent au boycott universitaire de restreindre la liberté d’expression et d’empêcher la tenue de débats sérieux dans un forum universitaire ?

OB : la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël est un élément-clé de la campagne BDS étant donné la collusion enracinée et persistante des institutions universitaires et culturelles israéliennes avec le maintien et le blanchiment de l’occupation de l’apartheid israélien. Il importe de souligner que notre campagne vise les institutions universitaires et culturelles Israéliennes et non pas les individus ; par conséquent, prétendre que notre boycott empêcherait les universitaires ou les artistes israéliens d’avoir des échanges avec leurs homologues dans le monde est simplement faux et intentionnellement fallacieux. Peu importe, ceux qui s’opposent au boycott parce qu’ils croient à tort qu’il empiète sur la liberté d’expression en Israël semblent oublier que les Palestiniens ont, eux aussi, ce droit. Le fait que l’oppression coloniale israélienne, qui dure depuis des décennies, prive les Palestiniens de leurs droits fondamentaux, y compris de leur liberté d’expression et souvent de leur droit à l’éducation, ne mérite pas cette critique. Lorsque Israël a criminalisé l’éducation palestinienne et a fermé toutes les universités palestiniennes (certaines pendant quatre années consécutives), des écoles et même des jardins d’enfants pendant la première intifada, qui était extrêmement pacifique, nous n’avons pas entendu de protestation de la part de ceux qui attaquent actuellement le boycott universitaire à cause de son prétendu impact sur la liberté universitaire israélienne. C’est cette hypocrisie qui nous amène à demander si ces gens croient véritablement que tous les êtres humains méritent des droits égaux indépendamment de leur identité.

HC : quelle est la prochaine étape du mouvement BDS ? Les groupes pro palestiniens font déjà de leur mieux pour faire connaître la campagne en protestant (avec succès) devant les magasins comme ceux de Ahava (qui fabrique des produits de beauté dans les colonies israéliennes illégales avec des ressources volées sur les terres palestiniennes volées) ; ou en demandant à des célébrités de ne pas participer à des concerts ni à des remises de prix en Israël etc. Quelle est la prochaine grande étape que les militants du BDS doivent franchir pour que le mouvement réalise vraiment son potentiel maximum ?

OB : il nous faut continuer, étant donné que notre action semble porter des fruits. Le mouvement BDS augmente de façon impressionnante depuis l’attaque israélienne mortelle contre la bande de Gaza occupées et assiégée (que le premier ministre britannique a appelé « un camp de prisonniers »). Son principal moteur est la créativité et l’engagement moral de nombreux citoyens de conscience dans le monde qui sont fatigués de l’impunité et de l’exception Israéliennes et du rôle que jouent leurs impôts dans le maintien d’un système injuste et oppressant. Il nous faut encore plus de créativité et de persévérance et l’extension de notre réseau pour que le mouvement remonte plus haut dans le grand public. Basé sur les trois droits fondamentaux au coeur du BDS et sur le besoin essentiel de concevoir et de mettre efficacement en oeuvre des tactiques et des stratégies BDS au niveau local en tenant compte du contexte, nous pouvons étendre le BDS davantage au sein de la société civile internationale. Nos droits en vertu du droit international ne sont pas négociables, par conséquent l’application du boycott et le choix des cibles les plus pratiques sont à décider par les militants sur le terrain dans leur contexte particulier.

Dans un avenir proche, nous intensifierons les campagnes de désinvestissement et viserons des sociétés qui profitent de l’occupation israélienne et d’autres violations du droit international. La campagne que Jewish Voice for Peace a entreprise aux USA pour que le plan de retraite TIAA-CREF se désinvestisse de cinq sociétés qui profitent de l’occupation et des crimes israéliens est un bon exemple de l’évolution du militantisme BDS, spécialement aux USA. Le travail accompli par la campagne de solidarité avec la Palestine au Royaume-Uni qui cherche à obtenir l’appui des syndicats pour le BDS et à mettre en oeuvre une campagne efficace à cet égard illustre également un effort BDS très important particulièrement prometteur qui inspire les Palestiniens. L’énorme coalition anti Agrexco/Carmel en France avec des partenaires en Italie, en Belgique, en Espagne, au Royaume-Uni et ailleurs, est un modèle de militantisme BDS bien ciblé, intelligent et rapide, basé sur le vaste appui de la société civile. L’établissement de la plate-forme européenne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël avec des représentants de nombreuses campagnes européennes, promet de relever le niveau de coordination entre les campagnes nationales et d’avoir plus d’impact sur les politiques européennes.

La campagne mondiale pour le déraillement de Veolia/Alstom dont le succès impressionnant à coûté à Veolia des milliards de dollars en contrats perdus à cause de son implication dans le projet de tram colonial israélien absolument illégal en territoire palestinien occupé est peut-être le cas le plus significatif à incorporer dans la campagne BDS. Récemment, l’université de Johannesburg a décidé de rompre ses liens avec l’université israélienne Ben Gourion cette dernière coopérant avec l’État pour violer le droit international ; on peut prétendre que c’est le premier succès concret et pratique de boycott universitaire dans le monde.

Ces victoires et beaucoup d’autres enregistrées du Brésil à l’Inde, à la Norvège et au Canada montrent que nous sommes finalement arrivés au stade de l’Afrique du Sud .

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* Omar Barghouti est un commentateur palestinien, militant des droits de humains et écrivain.

6 mai 2011 – Middle East Monitor – Cet article peut être consulté ici :

Source anglaise sur le Middle East Monitor
Source en français : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10625
Traduction : Anne-Marie Goossens




1er mai – Montpellier : Le « Triomphe » de BDS France

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