« Nous refusons d’être complices » : déclaration des artistes en Suisse

« Nous refusons d’être complices. »

Déclaration des artistes en Suisse en réponse à l’appel des Palestiniens à la solidarité.

Au moment où Israël, avec le festival « Culturescapes Israel », mène en Suisse une vaste opération visant à promouvoir son image, au moment où, avec le programme « Swiss Season  », des artistes suisses sont invités à présenter leurs créations en Israël dans des cadres prestigieux, les artistes et acteurs culturels signataires de la présente déclaration, choisissent d’exprimer leur rejet des politiques d’État israéliennes qui violent depuis plus de 60 ans les droits du peuple palestinien.

L’image flatteuse d’un pays où la créativité s’épanouit librement, qu’Israël s’efforce d’entretenir, contraste avec la réalité que doit endurer le peuple palestinien : les réfugiés sont toujours interdits de droit au retour, ceux qui vivent en Israël subissent des ségrégations légales et culturelles ; la bande de Gaza est toujours sous blocus, les Territoires palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem Est sont toujours sous occupation militaire. Au mépris du droit et des protestations, Israël poursuit la colonisation et la construction du Mur de séparation en Cisjordanie et à Jérusalem. Nous reconnaissons dans ces politiques les traits d’un régime d’Apartheid, tel qu’il est défini dans le droit international.

 

Pour faire face à cette situation d’oppression, et pour lutter contre l’impunité dont bénéficie l’État d’Israël auprès des grandes puissances, la société civile palestinienne a lancé un appel à la solidarité par le moyen du boycott, des désinvestissements et des sanctions contre l’État israélien (BDS). Nous observons que le boycott pacifique, quand il est suivi par de nombreuses personnes, constitue un moyen de pression efficace sur les puissants. La société israélienne Agrexco, qui exploitait les terres cultivables dans les territoires occupés vient de faire faillite ; la multinationale Veolia, qui est impliquée dans la construction du tramway qui relie les colonies illégales au centre de Jérusalem, a aussi subi avec succès la pression des adhérents du BDS. Le BDS est même relayé par des citoyens israéliens réunis dans le groupe Boycott from Within, qui poursuivent leur action en dépit de la loi anti-boycott votée récemment par le parlement israélien. De leur côté, les artistes et intellectuels palestiniens ont lancé, à l’intention de leurs confrères du monde entier, l’Appel palestinien au boycott culturel et académique de l’État d’Israël (PACBI), auquel ont répondu des personnalités reconnues au niveau international comme John Berger, Bjork, Elvis Costello, Brian Eno, Eduardo Galeano, Mike Leigh, Ken Loach, Henning Mankell, Massive Attack, Arundhati Roy, Carlos Santana. L’actuelle offensive de séduction médiatique israélienne en Suisse nous donne l’occasion de répondre à notre tour à cet appel des Palestiniens à la solidarité.

 

Nous refusons d’être complices. Conscients de notre responsabilité politique d’artistes et de citoyens, nous exprimons notre adhésion au boycott et nous nous engageons à refuser de présenter nos créations en Israël tant que persistera l’occupation et la colonisation des Territoires palestiniens, tant que l’égalité des droits sera refusée aux citoyens palestiniens vivant en Israël et tant qu’Israël refusera le droit au retour des réfugiés palestiniens.

 

Premiers signataires

Myriam Abourousse (artiste plasticienne)
Joël Aguet (historien du théâtre, dramaturge)
Laurence Amy (comédienne)
Ariane Arlotti (photographe)
Oke Asso (artiste peintre)
Pascal Auberson (chanteur, compositeur)
Jacques Basler (sculpteur)
Julien Basler (metteur en scène, comédien)
Carmen Bayenet (peintre)
Ahmed Belbachir (comédien)
Martine Benoît (art thérapeute)
Néfissa Bénouniche (conteuse)
Fabienne Berger (danseuse, chorégraphe)
Marco Berrettini (chorégraphe)
Éliane Beytrison (plasticienne)
Jean-Luc Bideau (comédien)
William Blank (compositeur, chef d’orchestre)
Jean-Philippe Bolle (peintre, dessinateur)
Wolfgang Bortlik (écrivain)
Alain Bottarelli (distributeur cinéma)
Pascal Bourquin (peintre)
Maya Bösch (metteuse en scène)
Giorgio Brasey (comédien, metteur en scène)
Michel Bühler (chanteur, écrivain)
Antonio Buil Pueyo (comédien)
Ozan Çagdas (musicien, chanteur, saz)
Mat Callahan (musicien, producteur)
Fiamma Camesi (comédienne, metteuse en scène)
Nicolas Cantillon (danseur, chorégraphe)
Nicolas Carrel (poète sonore)
Isabelle Chladek (comédienne)
Frédéric Choffat (cinéaste)
Paed Conca (musicien, compositeur)
Martine Corbat (comédienne)
Catherine Corthésy (plasticienne)
Michèle Courvoisier (pianiste)
Roger Cuneo (écrivain, chanteur, comédien)
Sami Daher (conteur)
Claude Darbellay (baryton basse)
Tareq Daoud (réalisateur)
Anne Delahaye (danseuse, chorégraphe)
Amina Djahnine (cinéaste)
Alois Dubach (sculpteur)
Valentine Dubois (créatrice de bijoux)
Jean-Jacques Dünki (pianiste, compositeur)
Yan Duyvendak (performeur)
Christine Ferrier (communication culturelle)
Heike Fiedler (auteure, poétesse, performeure)
Deirdre Foster (comédienne, conteuse)
Foofwa d’Imobilité (danseur-chorégraphe)
Maoro Frascotti (peintre, bédéiste)
Céline Froidevaux (plasticienne)
Hubert Froidevaux (Plonk & Replonk, éditeur)
Jacques Froidevaux (Plonk & Replonk, éditeur)
Massimo Furlan (performeur)
Jorge Gajardo Muñoz (historien)
Jacques Gardel (metteur en scène)
Rita Gay (comédienne)
André Gazut (réalisateur)
Julie Gilbert (dramaturge, scénariste)
Oskar Gómez Mata (metteur en scène, comédien)
Claude Goretta (cinéaste)
Pascal Gravat (chorégraphe, danseur)
Jean Grädel (metteur en scène)
Sébastien Grosset (auteur, dramaturge)
Karine Guignard, La Gale (rappeuse)
Christine Guye (pianiste)
François Guye (violoncelliste)
Anne-Marie Haller (réalisatrice)
Wenzel A. Haller (directeur artistique)
Nadia Hammadi (créatrice de bijoux)
Redouane Haribe (musicien, oud)
Blaise Hofmann (écrivain)
Yann Hynek (peintre)
Robert Indermaur (sculpteur)
Anina Jendreyko (comédienne)
Jopo (saxophoniste)
Nathan Jucker (graphiste, vidéaste)
Huguette Junod (écrivaine)
Michael Khouri (créationiste)
Heidi Kipfer (comédienne)
Yaëlle Kneubühler (créatrice de bijoux)
Oliver Krähenbühl (artiste plasticien)
Daniel Künzi (cinéaste)
Thomas Laubacher (comédien)
Pierre Lautomne (chanteur)
Béatrice Leresche (conteuse)
Frédérique Leresche (comédienne)
Nicolas Leresche (comédien, chorégraphe)
Logovarda (peintre)
Juan-José Lozano (réalisateur)
Yann Marussich (performeur)
Janine Massard (écrivaine)
Jean Mayerat (photographe)
Fernand Melgar (réalisateur)
Yann Mercanton (comédien, metteur en scène)
Michèle Millner (chanteuse, comédienne)
Patrick Mohr (metteur en scène, comédien)
Muchach (rappeur)
Thaddeus Nsumpi (chanteur, compositeur)
Guido Nussbaum (peintre)
Martine Paschoud (metteuse en scène, comédienne)
Maria Pérez (comédienne)
Daniel Perrin (compositeur)
Michaël Perruchoud (écrivain)
Dany Petermann (peintre)
Yves Pinguely (comédien, metteur en scène)
Stefania Pinnelli (comédienne)
Ingeborg Poffet (chanteuse, accordéoniste)
POL (musicien électronique)
Isabelle Pralong (scénariste-dessinatrice)
Arthur de Pury (curateur)
Francis Reusser (cinéaste)
Claire de Ribaupierre (dramaturge)
La Ribot (chorégraphe)
François Rochaix (metteur en scène)
Coralia Rodriguez (conteuse)
Edurne Rodriguez (plasticienne)
Annette Rommel (gestionnaire culturelle)
Rafik Ben Salah (écrivain)
Boubacar Samb (comédien)
Suzan Samanci (écrivaine)
Samir (cinéaste)
Christoph Schaub (cinéaste)
Lucas Schlaepfer (sculpteur)
Karim Slama (humoriste
Alain Tanner (cinéaste)
Tenko (peintre, illustrateur)
Udo Theiss (illustrateur, bédéiste)
Anne-Dominique Thiébaud (créatrice de bijoux)
José Tippenhauer, Geos (rappeur)
Tom Tirabosco (illustrateur, bédéiste)
Teslim Töre (écrivain)
David Valère (comédien)
Roberto Ventrella (designer)
Jacqueline Veuve (réalisatrice)
Grégoire Vuilleumier, Greis (rappeur)
Nicolas Wadimoff (réalisateur)
Dominique Ziegler (auteur, metteur en scène)
Vanessa Zurini (comédienne)

(La liste est actualisée régulièrement.)

Envoyez-nous un message à l’adresse suivante : culture@bds-info.ch
Déclaration en PDF avec les 136 premiers signataires publié dans le « Le Courrier » du 19 novembre 2011.

Source BDS Suisse ici

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Quelques nouvelles sur le front culturel

La Campagne BDS France rappelle et condamne la tenue prochaine d’un festival de Oud en Israël, sous le patronnage de Nir Barkat, le Maire de Jérusalem, responsable de l’expulsion de familles palestiniennes de leurs quartiers pour les remplacer par des familles de colons racistes et violents. Ce festival présente honteusement le Oud arabe comme un instrument de musique israélien, de la même façon que la propagande sioniste confisque le Houmous, plat palestinien, comme une spécialité israélienne.

A l’initiative de la campagne internationale pour le BDS culturel, de nombreux artistes grecs et turcs ont été interpelés, et nous vous rappelons que la Campagne BDS France a également écrit au musicien iranien, vivant en France, Bijan Chemirani (qui peut être contacté aux adresses suivantes: info@helicomusic.com, promotion@helicomusic.com, booking@helicomusic.com), en espérant sa rétractation prochaine du programme du festival.

Peut-être serait-il judicieux de le contacter à nouveau pour lui préciser que deux des invités les plus célèbres de ce festival ont déjà annulés leur participation, la grecque Martha Frintzila et le turc Hosam Hayek, et qu’il ne tient qu’à lui de se placer du bon côté de l’Histoire…

D’autres bonnes nouvelles sur le front du BDS culturel:

Le groupe anglais les Yardbirds a « reporté » son concert prévu la semaine dernière, sans donner ni d’explication ni de nouvelle date. En gros, ils ont annulé!
http://www.facebook.com/Yardbirds.Dont.Play.Apartheid.Israel

Le couturier italien Roberto Cavalli a, lui aussi, cessé d’apparaître dans le programme de la Semaine de la Mode prévue à Tel Aviv fin novembre. Là aussi, ça ressemble à une annulation discrète…

Nous nous en réjouissons,

La Campagne BDS France




Un nouveau groupe de la Campagne BDS internationale écrit à Oumou Sangaré !

Chère Oumou Sangaré,
En 2005, la société civile palestinienne, presque à l’unanimité, a appelé les artistes internationaux à refuser de se produire en Israël et ce, dans le cadre de la campagne BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions), une campagne à méthode non violente qui veut qu’Israël ait des comptes à rendre quant au respect des normes d’égalité et de droits humains auxquelles les nations  comme les nôtres sont habituées. Si vous vous produisez en Israël, ce sera un refus de cet appel qui n’est pas lancé juste par le mouvement BDS palestinien, mais par le mouvement BDS mondial.
Quand vous avez retenu votre concert en Israël, vous n’avez probablement pas pensé au siège de Gaza ou aux tapis de bombes israéliennes tombées sur la bande de Gaza, des bombes au phosphore blanc et d’autres armes brutales qui ont provoqué la mort de plus de 1400 Palestiniens, dont plus de 300 enfants, et des milliers de personnes handicapées.
Par un aspect spécifique de la propagande israélienne, les gens sont conduits à approuver les besoins des Israéliens et à se concentrer sur les souffrances israéliennes, tout en ignorant celles, ô combien plus grandes, imposées par Israël qui contraint des millions de Palestiniens à vivre comme des réfugiés et dans le dénuement. Le boycott consiste à se détourner de cette politique d’apaisement de l’oppresseur et à se dresser solidairement aux côtés de l’opprimé.
La campagne qui vous demande d’annuler votre concert n’a aucunement l’intention de vous blesser ou de vous embarrasser, cependant, une grande douleur et une grande consternation se sont emparées de beaucoup de vos fans quand ils vous ont entendue choisir d’aller divertir l’État qui a provoqué les massacres de tant d’enfants à Gaza. Oumou Sangaré, beaucoup de vos chansons dénoncent la violence contre les femmes. Le mal qu’Israël inflige aux femmes et aux enfants palestiniens se retrouve bien dans le travail artistique des enfants et dans l’œuvre d’art intitulée  « Tourment », de Najah.
1
« Tourment » de Najah
(http://boycott-israel-harp-contest.posterous.com/palestinian-art-depicts-womans-childrens-suff)

Tous les artistes qui s’opposent aux actions du régime israélien et qui ont retenu des représentations en Israël les ont justifiées comme des actes de soutien aux « peaceniks » israéliens. Récemment, une autre musicienne de scène, Natacha Atlas, a écrit : « J’ai pensé que me produire en Israël serait une occasion unique d’encourager et de soutenir chez mes fans une opposition aux actes du gouvernement et à sa politique actuelle. J’aurais personnellement demandé à mes fans israéliens de faire face pour combattre cet apartheid avec la paix dans leur cœur… »
Natacha Atlas confirmait ensuite sa décision d’annulation, expliquant : « Après avoir bien réfléchi, je voix maintenant qu’il est plus efficace de déclarer ne pas aller en Israël tant que cet apartheid systématisé ne sera pas aboli une fois pour toute. Par conséquent, je retire publiquement ma décision, bien intentionnée, de me rendre et de me produire en Israël… » (http://www.facebook.com/pages/Natacha-Atlas-Official/125501987488351)
Certains des artistes qui au début ne respectaient pas le boycott et se produisaient en Israël, croyant soutenir la justice en apaisant ceux que l’on appelle les « peaceniks » israéliens, appuient désormais sans réserve le boycott culturel. Par exemple, Roger Waters ne respectait pas le boycott, puis il a changé sa position et plus tard il a déclaré : « Là où les gouvernements refusent d’agir, les gens le doivent, avec les moyens pacifiques dont ils disposent. Pour moi, cela signifie déclarer mon intention d’être solidaire, non seulement avec le peuple de Palestine mais aussi avec ces milliers d’Israéliens qui désapprouvent la politique de leur gouvernement, en rejoignant la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions contre Israël. Ceci est (cependant) un appel à mes collèges de l’industrie de la musique, et aussi aux artistes des autres disciplines, à se joindre à ce boycott culturel. »
Les artistes ont eu raison de refuser de jouer à Sun   City en Afrique du Sud jusqu’à ce que l’apartheid tombe et que les populations blanche et noire jouissent de droits égaux. Et nous avons raisons de refuser de jouer en Israël. » (http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/mar/11/cultural-boycott-west-bank-wall)
L’archevêque sud-africain Desmond Tutu a cette opinion : « Les boycotts, désinvestissements et sanctions contre le régime d’apartheid, combinés avec un combat de masse à l’intérieur de l’Afrique du Sud, ont conduits à notre victoire… Tout comme nous avons dit durant l’apartheid qu’il n’était pas opportun pour les artistes internationaux de se produire en Afrique du Sud dans une société fondée sur des lois discriminatoires et une exclusivité raciale, de même il serait une erreur… de se produire en Israël ».
Oumou Sangaré, votre association défend la liberté, la justice, et les droits des enfants et des femmes dans le monde. Pour cette raison, nous pensons que vous êtes une musicienne de l’intégrité, et nous espérons que vous aussi soutiendrez les Palestiniens opprimés. Nous savons que vous avez ressenti la douleur de Gaza quand Israël l’a pilonnée avec des milliers de tonnes d’explosifs. Vous savez que les enfants à Gaza ne sont pas juste des enfants. Comme dans ce court métrage bouleversant : « Une famille à Gaza », les enfants jouent dans les décombres de leur maison, mais leurs petites âmes ne peuvent échapper au traumatisme d’être pris pour cible et de voir leur maison bombardée et leur frère recevoir des balles, plusieurs fois, même après qu’il fut mort. Jen Marlowe, qui a réalisé ce film, montre les enfants jouant, elle ne montre pas les bombardements, mais laissent leurs parents aimants parler de leurs angoisses :
Vidéo
L’État israélien a une hasbara (l’équivalent hébreu pour le mot propagande) de plusieurs millions de dollars et des milliers de recrues pour propager la hasbara, spécialement en prenant pour cible les réseaux sociaux. Les promoteurs israéliens qui font venir les artistes ont même été invités à la Knesset (parlement) israélienne pour discuter d’une campagne anti-boycott et le régime israélien a accepté de soutenir financièrement ceux qui font venir les artistes de l’étranger. Des ministres israéliens ont affirmé l’importance de la culture dans l’absolution des crimes d’Israël (ils ont utilisé une autre expression mais nous serions heureux de vous envoyer les citations).
Inutile de vous dire comment les grands médias en France font dans l’ignorance des crimes israéliens contre les Palestiniens, depuis la Nakba en 1948 jusqu’à l’apartheid et le racisme d’aujourd’hui.
De temps à autre, nous recevons un bon coup de fouet pour notre campagne, quand des artistes choisissent de faire une déclaration dans les médias, comme Massive Attack (sur http://www.newstatesman.com/music/2010/09/israel-interview-boycott-naja).
Pareillement lorsque Elvis Costello a publié son message sur son propre site, que les médias internationaux et israéliens ont repris largement.
Contre la hasbara israélienne, massive et bien huilée, nous avons la sphère publique, notamment les blogs et les réseaux sociaux comme Facebook. Voilà comment nous diffusons le mot de BDS à toutes celles et tous ceux qui se soucient des droits humains. En l’honneur des droits des femmes palestiniennes, de la liberté, de la justice et des droits des enfants innocents, tels les êtres chers du film de Jen Marlowe, s’il vous plaît, abstenez-vous d’aller en Israël.
Cordialement
« Ne jouez pas dans l’Israël d’apartheid »
Nous sommes un groupe de 780 membres, représentant de nombreuses nations à travers le monde, qui pensent qu’il est essentiel pour les musiciens et tous les autres artistes de répondre à l’appel de PACBI, et de rejoindre le boycott d’Israël. C’est essentiel afin d’œuvrer pour la justice pour le peuple palestinien sous occupation, et aussi dans les camps de réfugiés et la diaspora dans le monde.

 http://refrainplayingisrael.posterous.com/open-letter-to-oumou-sangaredont-close-your-e

voir aussi :
lettre ouverte de BDS à Oumou Sangaré :
http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=562:lettre-ouverte-adressee-a-la-chanteuse-malienne-oumou-sangare&catid=9:evenements-bds-france

Traduction : JPP



Un promoteur de concert libanais intente un procès à des militants BDS

Des militants libanais anti-israéliens sont poursuivis en justice par un promoteur de concert pour leur campagne de boycott contre un groupe de rock britannique populaire.
Durant la campagne de boycott, l’an dernier.
(Photo archives al-Akhbar)

Samah Idriss, directeur de la maison d’édition Dar al-Adab, a reçu ce jeudi une convocation du tribunal de commerce de Beyrouth. Idriss est cité en justice pour son implication l’année dernière dans la campagne libanaise de boycott contre le groupe de rock britannique Placebo. Jihad el-Murr, qui dirige la société qui avait organisé l’évènement, a déposé plainte le 10 juillet 2011.

El-Murr poursuit Idriss, ainsi que trois autres organisations engagées dans la campagne : le Centre Aidoun pour les droits des réfugiés, la Campagne pour le boycott des partisans d’Israël au Liban, et la Campagne mondiale BDS au Liban. El-Murr, un homme d’affaires qui se dit lui-même célèbre issu d’une grande famille, demande 180 000 dollars US d’indemnisation pour le préjudice financier pour sa société que lui aurait causé, selon lui, la campagne de boycott.

Les militants libanais avaient appelé au boycott pour protester contre la représentation de Placebo à Tel Aviv quatre jours avant la date de son concert à Beyrouth, programmé pour le 9 juin 2010, au Forum de Beyrouth. Ce n’est qu’en juillet 2011, un an après la tenue du spectacle, qu’el-Murr remarque « le préjudice financier » qu’il dit avoir subi du fait de la campagne. Il qualifie la campagne contre toute normalisation culturelle avec Israël à la fois de « calomnieuse et trompeuse ». El-Murr soutient que la loi libanaise de 1955 permettant un boycott limité d’Israël n’est pas applicable pour le concert de Placebo. «  Le célèbre groupe de rock ne s’occupe même pas de politique » ajoute-t-il.

Idriss, qui est également rédacteur en chef du magazine al-Adab, avance un point de vue différent pour justifier le boycott de groupes comme Placebo. « Le groupe a joué à Tel Aviv peu après l’offensive contre la flottille du Mavi Marmara. Ce qui démontre une indifférence manifeste pour les crimes perpétrés par l’occupation (israélienne). » Il poursuit, « Si nous choisissions de rentrer dans la même logique que le plaignant, nous pourrions dire que le concert du groupe en Israël, auquel 7000 personnes ont assisté, a rapporté plus de 3 millions de dollars US aux organisateurs et tourisme israéliens. Par conséquent, les artistes qui se produisent en Israël ne font pas que participer à absoudre les crimes de l’entité sioniste, ils apportent aussi des revenus financiers à Israël. Les boycotts culturels, artistiques et universitaires d’Israël ne servent pas qu’à mettre moralement en avant les crimes israéliens ; ils représentent aussi un effort pour réduire le soutien financier à Israël. »

Idriss a évoqué l’action de Placebo dans le cadre du climat plus général du militantisme. « Le boycott contre le spectacle de Placebo au Liban s’inscrit dans le contexte des victoires de plus en plus nombreuses des campagnes BDS mondiales. Des artistes de portée internationale, comme Carlos Santana, Elvis Costello, et Gorillaz, ont suivi les appels BDS ». El-Murr semble se préoccuper plus des pertes financières de sa société, s’élevant à quelques milliers de dollars, que de la politique. En revanche, des stars comme Roger Waters de Pink Floyd ont refusé de se produire dans des spectacles à haut budget en Israël qui contribuaient à camoufler la réalité de l’apartheid d’Israël. Dès que des informations arriveront sur le procès, des écrivains, intellectuels et artistes ont annoncé d’ores et déjà qu’ils seraient solidaires d’Idriss et de ses amis.

Une de ces lettres de soutien vient de l’auteur et intellectuel public libanais Elias Khoury, qui écrit à Idriss, « Nous sommes avec vous dans cette bataille ».

(JPG)

Samah Idriss
(Photo Stefan Christoff – The Electronic Intifada)

Traduit de l’arabe. Article actualisé le 17 octobre 2011. Une version antérieure date par erreur la loi libanaise relative au boycott à 1985, au lieu de 1955.

16 octobre 2011 – Al-Akhbar – traduction : JPP




BDS culturel : deux articles sur les artistes israéliens

Ein Hod : un village d’artistes très fermé
Emmanuel Dror
Le Courrier (Genève)
15 octobre 2011
http://www.lecourrier.ch/occupation_artistique
 
On entend souvent dire qu’il ne faut pas mélanger la culture et la politique, que les artistes sont des agents de paix et qu’une œuvre d’art ne doit pas payer le prix de son origine géographique. En temps de guerre, les circonstances sont parfois plus complexes. Exemple avec le village d’Ein Hod, au nord-ouest d’Israël, l’un des seuls villages d’artistes au monde. Comme partout ailleurs dans le pays, les quelques centaines de Palestiniens de ce village – autrefois appelé Ayn Hawd – ont été expulsés lors de la guerre de 1948 (la Nakba). La plupart se réfugient alors en Cisjordanie, dans le camp de Jénine. Une trentaine d’entre eux s’échappent néanmoins, se cachent dans les collines environnantes et construisent un nouveau village à moins de 2 km du premier, qu’ils baptisent à nouveau Ayn Hawd.

L’histoire de ces deux villages ne s’arrête pas là. Après l’expropriation des villages palestiniens, l’armée israélienne avait pour habitude d’en détruire systématiquement les maisons. L’ancien village de Ayn Hawd fait figure d’exception grâce au peintre et architecte Marcel Janco, qui travaillait alors pour le gouvernement israélien: il obtient en 1953 l’autorisation de préserver les maisons et d’en faire le village d’artistes qu’on connaît aujourd’hui sous le nom légèrement modifié de Ein Hod.

C’est la raison pour laquelle on est frappé par la beauté de ses maisons, palestiniennes et par conséquent très différentes des autres habitations de cette région du nord d’Israël. Les villages palestiniens avoisinants, comme ceux de Kafr Saba, Al Tira, Qaqun ou Tantoura, n’ont pas eu cette «chance»: ils ont été rayés de la carte après l’expulsion de leurs habitants, forcés de s’enfuir, ou massacrés dans le cas de Tantoura. A Ein Hod, seule la mosquée a été partiellement détruite pour être transformée en café-restaurant aujourd’hui envahi par les touristes.

Symbole de la «ségrégation»
Le Fonds national juif a planté des centaines de milliers de pins sur les collines, pour cacher les ruines des villages palestiniens détruits. Fierté de l’agriculture sioniste qui faisait «fleurir le désert», ces arbres causent par la suite d’importants dégâts écologiques: inadaptés à l’écosystème local, ils doivent être replantés fréquemment et leurs aiguilles, en tombant au sol, détruisent la flore autochtone. En décembre 2010, c’est la présence massive de ces pins qui a accéléré les incendies dramatiques durant lesquels les villages de Ein Hod et Ayn Hawd ont été touchés et temporairement évacués. Aujourd’hui, une coalition d’artistes réunis autour de Dan Ben-Arye, sculpteur à Ein Hod, exige l’arrachage de ces arbres…

A leur manière, ces deux villages illustrent la «ségrégation» en Israël et montrent ce qu’impliquerait, pour chaque Israélien, de renoncer à certains privilèges pour rendre justice aux Palestiniens. En effet, les artistes de Ein Hod créent des œuvres d’art et habitent dans de magnifiques maisons dont les véritables propriétaires palestiniens vivent juste à côté, dans des habitations de fortune et des conditions précaires. Jusqu’en 2005, bien que payant des impôts, les Palestiniens de Ayn Hawd n’étaient pas reliés à une route goudronnée, n’avaient pas accès à l’éducation, ni aux services de santé publique, à l’eau courante et l’électricité.

A Ein Hod, en revanche, les quelques 600 artistes israéliens bénéficient de 22 galeries, 14 ateliers, deux musées, une salle de concerts et un amphithéâtre. Depuis 1953, le village de Ein Hod est régi par un comité, avec des règles strictes pour accepter ou refuser tout résident. Jamais ce comité n’a accepté que d’anciens habitants palestiniens du village y reviennent, comme des citoyens égaux en droit. C’est au prix d’un combat de plusieurs décennies que les habitants de Ayn Hawd ont finalement obtenu, en 2005 et sans l’aide de leurs voisins, que l’Etat israélien reconnaisse officiellement leur existence et leur accorde les ressources dont sont encore privés des dizaines d’autres villages palestiniens non reconnus.

Plutôt que de chercher le dialogue, les artistes de Ein Hod préfèrent oublier, voire nier l’existence de leurs voisins de Ayn Hawd. Le journaliste Max Blumenthal relate ainsi en 2010 que, selon une guide officielle de Ein Hod, aucune recherche historique ne permettait d’affirmer avec certitude que ce village avait été occupé par des Arabes avant 1948! D’autres habitants de Ein Hod lui certifient que les relations entre les deux villages sont «bonnes», alors que les Palestiniens de Ayn Hawd affirment qu’elles sont inexistantes.

Plutôt conformistes
La fierté des artistes de Ein Hod est que dix d’entre eux ont reçu le prestigieux «Prix Israël» depuis 1955. Parmi ceux-ci, on trouve Haim Hefer, ancien soldat et auteur de chansons nationalistes et militaristes, ou Nathan Zach, poète d’origine allemande. Tous deux s’étant rendus célèbres pour leurs remarques racistes à l’encontre de la communauté juive sépharade, on imagine sans peine ce qu’ils pensent des Palestiniens. Fer de lance de l’art en Israël, Dana Gilerman constate pour sa part, dans un article de Haaretz, qu’«aucun artiste révolutionnaire n’est jamais sorti de Ein Hod». Plutôt conformistes, ils aspirent surtout à recevoir des subventions étatiques et leurs créations dérivent lentement vers un artisanat pittoresque pour touristes.

Enfin, sur le plan politique, ils se mobilisent essentiellement pour préserver leur village. Ainsi, dans le même article, l’architecte Ayelet Shalev redoute qu’à cause des promoteurs immobiliers, Ein Hod ne devienne «un simple village pour riches». Le directeur administratif du village s’inquiète quant à lui qu’une modification de la législation puisse attirer de nouveaux citoyens de l’ancienne Union soviétique, de Turquie ou de France. Mais à aucun moment ils n’envisagent qu’il puisse y avoir des candidats Palestiniens…

L’exemple d’Ein Hod montre donc que culture et politique sont bien imbriquées, mais que les artistes israéliens ne sont pas toujours du côté de la réconciliation et de la justice.
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En Israël : des artistes complices ou solidaires?
Emmanuel Dror
Inédit
15 octobre 2011

On note que, dans leur ensemble, les artistes de Ein Hod n’ont pas particulièrement œuvré pour la paix et qu’ils furent souvent sourds, indifférents, voire complices de la dépossession initiale et de la discrimination ultérieure des Palestiniens. Aujourd’hui encore, ils nient l’existence de leurs voisins de Ayn Hawd, ou évitent le sujet, comme dans la plupart des interviews qu’ils donnent dans les journaux ou les notices historiques qu’on trouve dans leurs divers musées. Le site web officiel du village, par la voix de l’artiste multimédia Amichai Shavit, loue la diversité (juive) du village et cite les occupants antérieurs « des croisades chrétiennes à l’Empire turc », contournant ainsi les mots « arabe », « musulman » ou « palestinien ». A Ein Hod comme ailleurs en Israël, la stricte séparation et l’inégalité de traitement des Juifs et des Palestiniens, pourtant tous citoyens israéliens, rappelle le système d’apartheid qui sévissait en Afrique du Sud.

C’est dans ce contexte général que s’est développé l’appel au boycott des institutions israéliennes, y compris culturelles, jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et les droits humains. La campagne BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) contre l’État d’Israël s’est développée sur le modèle de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980, quand Marlon Brando, Bob Dylan ou Peter Gabriel refusaient de s’y rendre tant que le système raciste y serait en vigueur. Insufflée par la société civile palestinienne en 2005, la campagne BDS a depuis trouvé de nombreux relais dans le monde entier et plusieurs organisations appellent notamment au boycott du festival Culturescapes qui se déroule en Suisse jusqu’au 27 novembre, dont l’invité d’honneur cette année est l’Etat d’Israël (http://www.bds-info.ch/). Porte-parole de la campagne BDS en Suisse, Birgit Althaler dénonce: « en mettant en avant la créativité et la diversité culturelle israéliennes, Culturescapes occulte volontairement la destruction de la culture et de la société palestinienne, et contribue ainsi à l’apartheid ». Si les spectateurs sont invités à ne pas participer au festival, il est également demandé aux artistes de prendre position, comme l’a fait le Trio Joubran en renonçant à participer à Culturescapes.

Cet événement possède un volet international puisque la fondation Culturescapes organise également la « Swiss Season », où ce sont des artistes suisses qui sont invités en Israël. Cette année, les chorégraphes Guilherme Botelho et Heinz Spoerli, ou l’acteur Bruno Ganz ont déjà été sollicités. La campagne BDS leur demande de ne pas servir de caution morale au blocus de Gaza, à l’occupation militaire et à la discrimination institutionnalisée des Palestiniens en Israël. Elle leur demande un acte symbolique fort, celui d’annuler leur voyage pour signifier leur désaccord avec la politique israélienne, comme l’ont fait avant eux les cinéastes Ken Loach, Jean-Luc Godard ou Mike Leigh, les musiciens Roger Waters, Elvis Costello ou Natacha Atlas, les intellectuels John Berger, Naomi Klein ou Slavoj Zizek, quelques 500 artistes montréalais, 150 artistes irlandais, une trentaine d’artistes plasticiens indiens et des dizaines d’autres à travers le monde…




BDS culturel en Suisse

Culturescapes et Swiss Season: deux cibles, une seule campagne!

Alors que le festival Culturescapes se déroule en ce moment en Suisse, avec pour invité de deshonneur l’Etat israélien, un festival « symétrique » va bientôt commencer, la « Swiss Season » où ce sont des artistes suisses qui sont invités à se rendre dans le pays de l’apartheid.

La Campagne BDS France s’associe à ses amis suisses dans leurs initiatives pour empêcher ces honteuses manifestations de se dérouler normalement:

La lettre aux partenaires de Culturescapes: http://www.bds-info.ch/fr/file_download/42
La lettre aux participants de la Swiss Season: http://www.bds-info.ch/fr/file_download/63
La page de la Campagne BDS Suisse:http://www.bds-info.ch/fr/?id=73




Omar Barghouti lance un appel aux célébrités à rejoindre BDS

Au cours de l’entretien, il déclare :

« Israël et ses groupes de pressions bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’intimidation, de pression et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici, ils ont misérablement échoué, comme ils l’admettent parfois eux-mêmes ».

Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux-clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et museler entièrement le débat ».

« L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent « convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement de n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi », [2] position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

Interview avec Omar Barghouti

Omar Barghouti est commentateur palestinien, militant des droits humains et écrivain. Il est l’un des dirigeants du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé par la société civile palestinienne et l’un des membres fondateurs de la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, lancé en 2004. Il a récemment écrit un livre intitulé « BDS – The Global Struggle for Palestinian Rights » (BDS-la lutte mondiale pour les droits des Palestiniens ).

HC : vous êtes un des membres fondateurs du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), campagne qui a été lancée en 2005. Qu’est-ce qui vous a incité à participer à ce mouvement et pourquoi l’année 2005 était-elle propice pour lancer l’initiative mondiale de BDS ?

OB : j’ai toujours cru que dans la réalité palestinienne très complexe du siège israélien, caractérisé par l’oppression coloniale et l’apartheid, la résistance populaire et pacifique est la forme la plus efficace de lutte pour obtenir nos droits inaliénables en vertu du droit international.

Chercher à atteindre nos objectifs de liberté, de justice et d’égalité -but du mouvement BDS- a toujours été notre principale motivation. Après des décennies de nettoyage ethnique permanent et de dépossession de notre peuple par Israël, la société civile palestinienne s’est rendue compte que la prétendue « communauté internationale » sous l’hégémonie des USA, ne peut absolument pas nous obtenir nos droits, ni forcer Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international. Inspirés par un siècle de résistance civile palestinienne au colonialisme et aux expulsions et fortement influencés par le mouvement anti-apartheid d’Afrique du Sud, les figures clés de la société civile palestinienne ont décidé de lancer la campagne BDS. Immédiatement, la grande majorité de partis politiques palestiniens, de syndicats, de mouvements de masse mobilisés par des ONG, de réseaux de défense des droits des réfugiés, et d’autres ont appuyé la campagne, dont ils ont ainsi montré le pouvoir unique d’unifier, de donner le pouvoir d’agir, d’assurer la cohérence morale et une large représentation.

Nous avons lancé le BDS le 9 juillet 2005, premier anniversaire de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice condamnant Israël pour l’illégalité du mur et des colonies construites sur le territoire palestinien occupé. Dans son avis, la CIJ disait expressément que tous les États « sont dans l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction ; tous les États parties à la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, ont en outre l’obligation, dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans cette convention ». Quand les gouvernements n’ont pas rempli cette obligation minimale, la société civile palestinienne à décidé d’en appeler aux personnes de conscience, aux citoyens et à la société civile internationale pour qu’ils assument la responsabilité morale de demander des comptes à Israël.

HC : pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, quels sont les principaux objectifs du mouvement BDS et à quel stade estimerez-vous que vos demandes auront été satisfaites et mettrez-vous fin à la campagne ?

OB : le BDS vise à permettre au peuple palestinien d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination en mettant fin au système à trois niveaux appliqué par Israël qui nous refuse nos droit fondamentaux sanctionnés par les Nations unies. Plus précisément, nous demandons la fin de l’occupation israélienne de toutes les terres arabes qu’ Israël contrôle depuis 1967, notamment à Jérusalem-Est ; la pleine égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël et la fin du système israélien institutionnalisé et légalisé de discrimination raciale à leur rencontre ; le respect et la mise en application du droit au retour des réfugiés reconnu par la communauté internationale, réfugiés chassés lors du nettoyage ethnique par les forces sionistes et ensuite par Israël lors de la Nakba de 1948 et depuis lors.

HC : à quel rythme estimez-vous que le mouvement BDS prendra racine à un niveau comparable au mouvement BDS mondial qui a permis de renverser l’apartheid en Afrique du Sud ? Faudra-t-il d’après vous au mouvement BDS des dizaines d’années pour avoir un impact ou êtes-vous confiant qu’elle aura des effets plus rapides ?

OB : les Sud-Africains ont lancé leur appel au boycott à la fin des années 50. Dans les pays les plus puissants du monde, particulièrement en Occident, les couches du mainstream ont effectivement adopté le boycott et le désinvestissement contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud au cours des années 80. Par comparaison, bien que le boycott n’ait que six ans, le mouvement BDS mondial lancé par les Palestiniens a déjà atteint le grand public en Occident et a remporté des victoires majeures dans les domaines économique, culturel et universitaire. Le nombre de personnalités culturelles, d’intellectuels et d’artistes de premier plan qui, soit ont appuyé le BDS soit l’ont au moins respecté, a progressé à une vitesse impressionnante depuis la guerre d’agression illégale et manifestement immorale lancée par Israël contre la bande de Gaza sous siège et toujours occupée.

HC : beaucoup de publicité a entouré notamment les musiciens qui ont récemment décidé de ne pas jouer en Israël. Est-il important que ces célébrités participent également au mouvement BDS ?

OB : après qu’ Israël eut massacré neuf Turcs sans armes, humanitaires et défendeurs des droits humains -dont un avait la double nationalité turque/US- et en eut blessé des dizaines d’autres en provenance de plusieurs pays, de grands artistes et orchestres ont répondu à notre appel au boycott culturel.

L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent« convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi »[2], position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

Beaucoup de personnalités littéraires et universitaires britanniques ont publié une lettre dans The Independent disant « nous lançons un appel aux écrivains et savants britanniques afin qu’ils boycottent toutes les visites littéraires, culturelles et universitaire en Israël sponsorisées par le gouvernement israélien, notamment celles qui sont organisées par des fondations culturelles et des universités israéliennes ».

Dans le monde du spectacle, parmi d’autres grands orchestres, Massive Attack, a refusé de jouer en Israël pour protester contre la manière dont celui-ci traite les Palestiniens ; les Klaxons, le Gorillaz Sound System, les Pixies et d’autres groupes de premier plan ont annulé les concerts qui étaient déjà au programme. L’auteur de best-sellers mondiaux, le Suédois Henning Mankell, qui se trouvait à bord de la flottille lorsqu’elle a été attaquée a demandé des sanctions mondiales de type sud-africain contre Israël pour protester contre sa brutalité.

L’auteure US de best-sellers , Alice Walker, rappelant le boycott déclenché par Rosa Parks et dirigé par Martin Luther King contre une société de bus raciste de Montgomery en Alabama pendant le mouvement US pour les droits civils, a appelé à un large soutien au mouvement BDS contre Israël, devoir moral de solidarité avec les Palestiniens « afin d’atténuer la douleur et de partager les peines d’un peuple maltraité depuis des générations ».

Au cours des semaines qui ont précédé l’attaque de la flottille, des artistes du calibre de Elvis Costello, Gil Scott-Heron et Carlos Santana ont tous annulé des concerts déjà programmés en Israël après avoir reçu des appels émanant de groupes BDS palestiniens et internationaux.

Récemment, Roger Waters a explicitement appuyé le BDS dans un article annoncé de longue date dans le Guardian. La chanteuse française, Vanessa Paradis et le baryton allemand, Thoman Quasthoff, ont également annulé leur concert en Israël.

Lorsque les célébrités de cet acabit annulent leur venue en Israël à cause de son non-respect des droits humains, elles contribuent à faire connaître la véritable nature de cet État qui pratique l’occupation, le colonialisme-colonisation et l’apartheid ; elles aident aussi à contester l’impunité de ce pays et ses infractions au droit international.

HC : Votre dernier livre « BDS – The Global Struggle for Palestinian Rights » a reçu et un accueil très favorable de la part des universitaires et des militants de la paix tels que le professeur Ilan Pappé, l’archevêque Desmond Tutu, le prix Nobel de la paix Mairead Maguire et beaucoup d’autres ; comment a-t-il été accueilli dans la communauté israélienne et par le leadership israélien en général ?

OB : franchement, je n’en ai pas la moindre idée.

HC : vous avez vécu de longues années aux USA et en fait vous avez obtenu votre Bachelor et votre Mastère à la Columbia University de New York ; vous deviez aller aux USA pour présenter votre nouveau livre sur le BDS, et pourtant on vous a refusé le visa. Vous a-t-on donné la raison de ce refus et quelle serait la vraie raison pour laquelle les USA vous refusent l’entrée dans leur pays ?

OB : mon visa a été « retardé » pendant de longues semaines sans être refusé. L’on s’est contenté de dire qu’il fallait d’autres « démarches administratives », même après qu’il eut été approuvé en janvier ce dont j’avais été officiellement informé au consulat US à Jérusalem. De l’avis de mon éditeur Haymarket, et du mien, ce retard tenait à des raisons politiques ; il était délibéré pour nous obliger à annuler ma tournée d’auteur. On ne peut que voir une influence israélienne directe sur ce « processus » du consulat US. Après une campagne de lettres, organisée par Haymarket, et aussi par Jewish Voice for Peace, j’ai reçu mon visa quelques jours avant mon envol vers les USA. En dépit de cela nous avons réussi notre tournée de promotion du livre dans les principales universités telles que Harvard, Columbia, Princeton, Brown, Brandeis, Massachusetts-Amherst, et Rutgers. La merveilleuse détermination, l’engagement et la créativité des groupes de solidarité palestinienne dans tous les campus ont été la clé du succès de notre tournée.

HC : que répondriez-vous à ceux qui disent que leur décision de boycotter les marchandises israéliennes ne changera rien de tangible sur le terrain pour les Palestiniens parce qu’ ils ne représentent « qu’une personne » ? Une personne peut-elle vraiment changer les choses s’agissant du BDS ?

OB : Moi aussi, je n’étais qu’« une personne » dans la lutte contre l’apartheid sud-africain à Columbia University dans les années 80. A moi aussi, les sceptiques ont dit « arrête de rêver ! Crois-tu que l’apartheid sera aboli de ton vivant ? » Et je répondais chaque fois : « non, il est probable que non, mais je crois néanmoins que montrer sa solidarité avec les opprimés en participant à cette lutte est une obligation morale ». Toutefois, l’apartheid s’est effondré en Afrique du Sud ! Et cela personne ne peut me l’enlever. Les efforts collectifs d’un grand nombre de personnes peuvent permettre de faire un bond, d’arriver au point de rupture où le prix du maintien d’un système d’oppression dépasse de loin ses avantages et amène finalement son démantèlement.

En outre, je crois que le principe fondateur de la solidarité internationale est d’écouter les opprimés eux-mêmes exprimer leurs besoins et leurs aspirations, non pas de penser à leur place, comme si nous ne pouvions pas penser juste ou que nous ne comprenions pas ce qui nous sert le mieux. C’est l’ attitude coloniale et condescendante par excellence.

HC : en février, la Knesset a voté un projet de loi criminalisant essentiellement les activités de soutien au boycott d’Israël. Si cette loi est adoptée, les citoyens israéliens appuyant le BDS pourraient encourir des amendes d’environ $ 8200 (en équivalent) ; ceux qui ne sont pas citoyens et qui participent aux actions BDS en Israël pourraient être interdits de séjour pendant au moins 10 ans. Cela prouve sans aucun doute combien Israël craint les effets du BDS. Que répondriez-vous à la réaction israélienne envers le mouvement BDS ?

OB : Israël et ses groupes de pression bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’ intimidation, de pressions et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici ils ont misérablement échoué, comme ils l’ admettent parfois eux-mêmes. Étant donné que son programme est moralement cohérent, non-violent, fondé sur la défense des droits humains et qu’il défend la règle du droit international, la pleine égalité de tous les êtres humains et le rejet catégorique de toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme, le mouvement mondial BDS a traîné Israël sur le « champ de bataille » où nous avons une supériorité éthique décisive et où nous neutralisons l’impressionnant arsenal israélien d’armes, y compris des armes nucléaires.

Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et entièrement museler le débat ».

Ceci s’inscrit dans la logique de cette nouvelle mesure draconienne que le gouvernement Israélien d’extrême droite espère faire adopter dans un parlement israélien pas moins fanatique. Le problème est uniquement pragmatique. Si cette mesure anti BDS prend force de loi, Israël aura renoncé à une de ses dernières couches ou masques de « démocratie », mettant à nu son système irréparable d’oppression colonialiste et raciste qui appelle le même traitement que celui qui a été appliqué à l’apartheid en Afrique du Sud : le BDS. Loin de décourager le BDS au d’arrêter sa progression impressionnante, cette loi anti BDS peut en fait se retourner contre ses auteurs et donner une forte impulsion au mouvement dans le monde entier. Comme l’établissement israélien s’est plusieurs fois tiré une balle dans le pied, on peut très bien imaginer qu’il adopte cette loi indépendamment des considérations pragmatiques évidentes.

Israël et ses lobbys répètent que le BDS, axé sur les trois droits palestiniens fondamentaux, « délégitime » Israël et cherche sa « destruction ». Ils visent spécifiquement, le deuxième droit, celui de la pleine égalité pour tous les citoyens palestiniens Israël. Si l’égalité « détruit » Israël, qu’est-ce que cela révèle sur Israël ? L’égalité a-t-elle « détruit » l’Afrique du Sud ? A-t-elle « délégitimé » les Blancs dans les États du Sud des USA après l’abolition de la ségrégation ? La seule chose que l’égalité, le respect des droits humains et la justice détruisent véritablement est le système d’injustice, d’inégalité et de discrimination raciale. Nous, dans le mouvement BDS disons ouvertement et fièrement que nous visons l’occupation israélienne, son régime d’apartheid et le déni des quatre droits des réfugiés sanctionnés par les Nations unies ; nous travaillons à la réalisation des slogans de notre mouvement : liberté, justice et égalité.

HC : que répondez-vous à ceux qui reprochent au boycott universitaire de restreindre la liberté d’expression et d’empêcher la tenue de débats sérieux dans un forum universitaire ?

OB : la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël est un élément-clé de la campagne BDS étant donné la collusion enracinée et persistante des institutions universitaires et culturelles israéliennes avec le maintien et le blanchiment de l’occupation de l’apartheid israélien. Il importe de souligner que notre campagne vise les institutions universitaires et culturelles Israéliennes et non pas les individus ; par conséquent, prétendre que notre boycott empêcherait les universitaires ou les artistes israéliens d’avoir des échanges avec leurs homologues dans le monde est simplement faux et intentionnellement fallacieux. Peu importe, ceux qui s’opposent au boycott parce qu’ils croient à tort qu’il empiète sur la liberté d’expression en Israël semblent oublier que les Palestiniens ont, eux aussi, ce droit. Le fait que l’oppression coloniale israélienne, qui dure depuis des décennies, prive les Palestiniens de leurs droits fondamentaux, y compris de leur liberté d’expression et souvent de leur droit à l’éducation, ne mérite pas cette critique. Lorsque Israël a criminalisé l’éducation palestinienne et a fermé toutes les universités palestiniennes (certaines pendant quatre années consécutives), des écoles et même des jardins d’enfants pendant la première intifada, qui était extrêmement pacifique, nous n’avons pas entendu de protestation de la part de ceux qui attaquent actuellement le boycott universitaire à cause de son prétendu impact sur la liberté universitaire israélienne. C’est cette hypocrisie qui nous amène à demander si ces gens croient véritablement que tous les êtres humains méritent des droits égaux indépendamment de leur identité.

HC : quelle est la prochaine étape du mouvement BDS ? Les groupes pro palestiniens font déjà de leur mieux pour faire connaître la campagne en protestant (avec succès) devant les magasins comme ceux de Ahava (qui fabrique des produits de beauté dans les colonies israéliennes illégales avec des ressources volées sur les terres palestiniennes volées) ; ou en demandant à des célébrités de ne pas participer à des concerts ni à des remises de prix en Israël etc. Quelle est la prochaine grande étape que les militants du BDS doivent franchir pour que le mouvement réalise vraiment son potentiel maximum ?

OB : il nous faut continuer, étant donné que notre action semble porter des fruits. Le mouvement BDS augmente de façon impressionnante depuis l’attaque israélienne mortelle contre la bande de Gaza occupées et assiégée (que le premier ministre britannique a appelé « un camp de prisonniers »). Son principal moteur est la créativité et l’engagement moral de nombreux citoyens de conscience dans le monde qui sont fatigués de l’impunité et de l’exception Israéliennes et du rôle que jouent leurs impôts dans le maintien d’un système injuste et oppressant. Il nous faut encore plus de créativité et de persévérance et l’extension de notre réseau pour que le mouvement remonte plus haut dans le grand public. Basé sur les trois droits fondamentaux au coeur du BDS et sur le besoin essentiel de concevoir et de mettre efficacement en oeuvre des tactiques et des stratégies BDS au niveau local en tenant compte du contexte, nous pouvons étendre le BDS davantage au sein de la société civile internationale. Nos droits en vertu du droit international ne sont pas négociables, par conséquent l’application du boycott et le choix des cibles les plus pratiques sont à décider par les militants sur le terrain dans leur contexte particulier.

Dans un avenir proche, nous intensifierons les campagnes de désinvestissement et viserons des sociétés qui profitent de l’occupation israélienne et d’autres violations du droit international. La campagne que Jewish Voice for Peace a entreprise aux USA pour que le plan de retraite TIAA-CREF se désinvestisse de cinq sociétés qui profitent de l’occupation et des crimes israéliens est un bon exemple de l’évolution du militantisme BDS, spécialement aux USA. Le travail accompli par la campagne de solidarité avec la Palestine au Royaume-Uni qui cherche à obtenir l’appui des syndicats pour le BDS et à mettre en oeuvre une campagne efficace à cet égard illustre également un effort BDS très important particulièrement prometteur qui inspire les Palestiniens. L’énorme coalition anti Agrexco/Carmel en France avec des partenaires en Italie, en Belgique, en Espagne, au Royaume-Uni et ailleurs, est un modèle de militantisme BDS bien ciblé, intelligent et rapide, basé sur le vaste appui de la société civile. L’établissement de la plate-forme européenne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël avec des représentants de nombreuses campagnes européennes, promet de relever le niveau de coordination entre les campagnes nationales et d’avoir plus d’impact sur les politiques européennes.

La campagne mondiale pour le déraillement de Veolia/Alstom dont le succès impressionnant à coûté à Veolia des milliards de dollars en contrats perdus à cause de son implication dans le projet de tram colonial israélien absolument illégal en territoire palestinien occupé est peut-être le cas le plus significatif à incorporer dans la campagne BDS. Récemment, l’université de Johannesburg a décidé de rompre ses liens avec l’université israélienne Ben Gourion cette dernière coopérant avec l’État pour violer le droit international ; on peut prétendre que c’est le premier succès concret et pratique de boycott universitaire dans le monde.

Ces victoires et beaucoup d’autres enregistrées du Brésil à l’Inde, à la Norvège et au Canada montrent que nous sommes finalement arrivés au stade de l’Afrique du Sud .

(JPG)

* Omar Barghouti est un commentateur palestinien, militant des droits de humains et écrivain.

6 mai 2011 – Middle East Monitor – Cet article peut être consulté ici :

Source anglaise sur le Middle East Monitor
Source en français : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10625
Traduction : Anne-Marie Goossens




Roger Waters, de Pink Floyd : mon ralliement à BDS

Je suis venu à Jérusalem et à Bethléhem. Rien n’aurait pu me préparer à ce que j’ai vu ce jour-là.

En 1980, une de mes chansons, Une autre brique dans le mur (partie 2), a été interdite par le gouvernement d’Afrique du Sud parce qu’elle était reprise par les enfants noirs sud-africains pour mettre en avant leurs droits à l’égalité dans l’enseignement. Ce gouvernement d’apartheid imposait, pour ainsi dire, un blocus culturel sur certaines chansons, dont la mienne.

Vingt-cinq ans plus tard, en 2005, des enfants palestiniens qui participaient à un festival en Cisjordanie ont chanté la même chanson pour protester contre le mur d’apartheid d’Israël. Ils chantaient « Nous n’avons pas besoin de l’occupation ! Nous n’avons pas besoin du mur raciste ! ». A l’époque, je n’avais pas vu, par moi-même, ce qu’ils évoquaient par cette chanson.

Un an plus tard, en 2006, j’ai signé un contrat pour jouer à Tel Aviv.

Des Palestiniens du mouvement qui promeut le boycott universitaire et culturel d’Israël m’ont exhorté à revoir ma position. Je m’étais déjà exprimé contre le mur, mais je n’étais pas certain qu’un boycott culturel était la bonne façon d’agir. Les Palestiniens militant pour le boycott m’ont alors invité à me rendre dans les territoires palestiniens, pour voir le Mur de mes propres yeux, avant de prendre toute décision. J’ai accepté.

Sous la protection des Nations-Unies, je suis venu à Jérusalem et à Bethléhem. Rien n’aurait pu me préparer à ce que j’ai vu ce jour-là. Le Mur est un édifice effroyable à voir. Il est surveillé par de jeunes soldats israéliens qui m’ont traité, moi l’observateur occasionnel qui venait d’un autre monde, avec une agressivité méprisante. S’il en était ainsi pour moi, un étranger, un visiteur, vous pouvez imaginer ce que ce doit être pour les Palestiniens, pour les sous-prolétaires, pour les porteurs d’autorisations. J’ai su alors que ma conscience ne me laisserait pas m’éloigner de ce Mur, du sort des Palestiniens que j’avais rencontrés, un peuple dont la vie est quotidiennement étouffée d’une multitude de façons par l’occupation israélienne. En solidarité, et me sentant quelque peu impuissant, j’ai écrit sur le Mur, ce jour-là : « Nous n’avons pas besoin de contrôle de la pensée ».

C’est alors, réalisant que ma présence sur une scène à Tel Aviv légitimerait malgré moi l’oppression dont j’étais le témoin, que j’ai décidé d’annuler mon concert de rock au stade de football de Tel Aviv et que je l’ai déplacé à Neve Shalom, une communauté agricole qui se consacre à la culture de pois chiches et aussi, admirablement, à la coopération entre les gens de confessions différentes, et où musulmans, chrétiens et juifs vivent et travaillent côte à côte en harmonie.

Contre toute attente, cela a été le plus grand évènement musical de la courte histoire d’Israël. 60 000 fans se sont confrontés aux embouteillages pour y assister. Cela a été extraordinairement émouvant pour moi et mon groupe, et à la fin du concert, j’ai pris l’initiative d’exhorter les jeunes qui étaient rassemblés là à exiger de leur gouvernement de faire la paix avec leurs voisins et de respecter les droits civils des Palestiniens qui vivent en Israël.

Malheureusement, dans les années qui ont suivi, le gouvernement israélien n’a rien tenté pour mettre en œuvre une législation garantissant des droits civils aux Arabes israéliens à égalité de ceux dont profitent les juifs israéliens, et le Mur est devenu plus long, annexant inexorablement, illégalement, toujours plus de la Cisjordanie.

J’ai appris ce jour de 2006, à Bethléhem, un peu de ce que cela veut dire, vivre sous une occupation, emprisonné derrière un Mur.

Cela signifie qu’un agriculteur palestinien doit regarder ses oliviers, vieux de plusieurs siècles, être déracinés. Cela signifie qu’un élève palestinien ne peut se rendre à son école, parce que le check-point est fermé. Cela signifie qu’une femme peut accoucher dans une voiture, parce que le soldat n’a pas voulu la laisser passer et aller à l’hôpital pourtant à 10 minutes de voiture. Cela signifie qu’un artiste palestinien ne peut se rendre à l’étranger pour exposer ses œuvres, ou présenter son film dans un festival international.

Pour la population de Gaza, enfermée dans une quasi prison, derrière le mur du blocus illégal d’Israël, cela signifie toute une série d’autres injustices. Cela signifie que les enfants vont dormir le soir avec la faim, que beaucoup souffrent d’une malnutrition chronique. Cela signifie que les pères et les mères, qui ne peuvent trouver de travail dans une économie laminée, n’ont aucun moyen de subvenir aux besoins des leurs. Cela signifie que les étudiants universitaires avec des bourses d’études pour l’étranger voient la chance de leur vie s’éloigner parce qu’ils ne sont pas autorisés à voyager.

De mon point de vue, le contrôle odieux et draconien qu’Israël exerce sur les Palestiniens assiégés dans la bande de Gaza et les Palestiniens de Cisjordanie occupée (y compris Jérusalem-Est), associé à son déni des droits des réfugiés de rentrer dans leurs foyers en Israël, exige de toutes celles et tous ceux qui sont épris de justice à travers le monde de soutenir les Palestiniens dans leur résistance civile, non violente.

Quand les gouvernements refusent d’agir, les peuples le doivent, avec tous les moyens pacifiques à leur disposition. Pour certains, cela a consisté à rejoindre la Marche pour la Liberté pour Gaza, pour d’autres, la flottille humanitaire qui a tenté d’acheminer une aide humanitaire si nécessaire à Gaza.

Pour moi, cela signifie de clamer mon intention de me porter solidaire, non seulement avec le peuple de Palestine, mais aussi avec les milliers d’Israéliens qui désapprouvent les politiques racistes et colonialistes de leurs gouvernements, en rejoignant la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre Israël, jusqu’à ce qu’il se conforme à ces trois droits humains fondamentaux, tel qu’exigé par le droit international :

Ma conviction est née avec cette idée que tous les peuples méritent les droits humains fondamentaux. Ma position n’est pas antisémite. Elle n’est pas une attaque contre le peuple d’Israël. Elle est, néanmoins, un appel à l’adresse de mes collègues de l’industrie de la musique, et aussi des artistes des autres disciplines, pour qu’ils rejoignent le boycott culturel.

Les artistes ont eu raison de refuser de jouer à Sun City, en Afrique du Sud, jusqu’à ce que tombe l’apartheid et que Blancs et Noirs jouissent des mêmes droits. Et nous avons raison de refuser de jouer en Israël jusqu’à ce que le jour vienne – et sûrement qu’il viendra – où le Mur de l’occupation tombera, et que les Palestiniens vivront aux côtés des Israéliens, dans la paix, la liberté, la justice et la dignité que tous, ils méritent. »

Le 25 février 2011

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10286

Lire également sur ce site : L’engagement de Roger Waters, de Pink Floyd, à BDS à la télévision et sur internet

Voir aussi :

- McEwan, ne faites pas que critiquer l’occupation, refusez-la ! – Boycott de l’intérieur – 24 février 2011
- Vanessa Paradis annule son concert en Israël – AFP – 16 janvier 2011
- BDS 2010 : plus puissant que l’épée – Eric Walberg – Moyen-Orient en ligne – 27 décembre 2010
- S’il vous plaît, boycottez-nous ! – Israélien anonyme – Ramallah on line – 24 décembre 2010
- Le boycott vise les stars, d’Elvis à Elton – Nathan Guttman – JDF – 19 mai 2010
- Roger Waters : Une autre pierre contre le mur – Ana Carbajo – El Païs – 20 août 2009

6 mars 2011 – Alternative Information Center – traduction : JPP




Le groupe Faithless appelle par un message vidéo les artistes a ne pas se produire en israel.

Le groupe Faithless est en tournée en ce moment en Afrique du Sud. Ils en profitent pour faire une campagne de pub (radio) avec le message suivant:

« Il y a 20 ans, nous n’aurions pas joué en Afrique du Sud de l’Apartheid.
Aujourd’hui, nous refusons de jouer en israel.
Soyez du bon côté de l’histoire. Ne jouez pas pour l’Apartheid.
Rejoignez le boycott international d’israel. »

http://www.youtube.com/watch?v=XpE5AjsBiqw
http://www.southafricanartistsagainstapartheid.com




Boycott ? Oui ! Culturel ? Aussi !


La campagne BDS

Face à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’Etat d’Israël, pour le forcer à respecter le droit international et les droits humains des Palestiniens, même les défenseurs d’Israël en sont réduits à demander : « Pourquoi ne boycotter que Israël et pas aussi les autres pays qui ne respectent pas non plus le droit international ? ». Au-delà de l’argument d’efficacité, la justification principale de cette stratégie (car le BDS est avant tout une stratégie) est qu’elle répond à un appel à la solidarité qui nous vient des Palestiniens eux-mêmes, depuis 2005[1]. Ce sont eux qui, aujourd’hui, nous demandent de mettre en œuvre cette campagne, et qui en définissent les contours.

Si BDS recueille un soutien populaire grandissant, c’est que l’opinion publique a fini par se lasser du « processus de paix » promis par nos dirigeants et jamais mis en place. Face à l’impuissance, si ce n’est à la collaboration active des gouvernements occidentaux dans la colonisation de la Palestine, la Campagne BDS[2] est une initiative non-violente dont peuvent s’emparer toutes les personnes solidaires du peuple palestinien, chacune à sa façon, en tant que militants politiques, consommateurs, professeurs, artistes, sportifs ou autres. La popularité de cette approche résulte également de sa résonance avec le boycott contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980. Le succès historique de cette campagne est une source d’inspiration pour les Palestiniens qui espèrent voir une solidarité similaire se mettre en place dans le monde entier.

Critiques du boycott culturel

Certains voudraient voir la campagne BDS se limiter aux biens de consommation, et en exclure l’art et la culture. Examinons les arguments en faveur d’une telle position, qui sont souvent les mêmes dans les domaines culturels et universitaires. Ils relèvent de quelques préjugés pourtant régulièrement démentis par des faits aisément vérifiables : le premier d’entre eux est que ce type de boycott va nous couper des artistes et des universitaires israéliens, pourtant les plus progressistes de leur société. L’appel au boycott, tel que défini par les Palestiniens, ne concerne que les institutions de l’Etat israélien, pas les individus. La campagne BDS n’empêche donc pas les rencontres avec des artistes israéliens, en particulier s’ils sont progressistes, pour faire avancer nos causes communes. Néanmoins, contrairement aux idées reçues, ces artistes, universitaires et intellectuels israéliens progressistes sont peu nombreux et ostracisés par leurs collègues qui, dans leur écrasante majorité, font corps avec les politiques d’occupation, de colonisation et de discrimination de leur gouvernement. D’aucuns pourraient donc, au contraire, attendre des intellectuels, comme lors de la lutte contre l’apartheid sud-africain, d’être à l’avant-garde de la prise de conscience humaine et politique de la détresse palestinienne. Dans ce cas, la campagne de pression internationale devrait porter en premier lieu sur les artistes et universitaires israéliens, plutôt que de les laisser dans leurs tours d’ivoire.

Un autre préjugé, qui dépasse le cadre moyen-oriental, affirme qu’on ne peut pas mélanger l’Art et la politique. Vraiment ? Les artistes israéliens ne sont-ils pas également des citoyens israéliens ? Leur art n’est-il pas influencé par la situation géopolitique et humaine dans laquelle ils se trouvent ? Et si ce n’est pas le cas, n’est-ce pas un luxe que la colonisation leur procure, mais qui est interdit aux artistes palestiniens ? Si l’on ne peut pas mélanger l’art et la politique alors pourquoi les artistes palestiniens sont-ils discriminés, en tant que Palestiniens, mais aussi en tant qu’artistes, avec moins d’accès aux ressources financières pour créer et diffuser leurs œuvres ? La culture est tellement politique que des artistes et intellectuels tels que Ghassan Kanafani ou Naji Al Ali furent assassinés par les services secrets israéliens, et que Annemarie Jacir, Cat Stevens ou Noam Chomsky se sont vus refuser le droit d’entrer en Israël.

La culture comme arme de guerre

L’art est tellement politique que l’Etat d’Israël l’utilise de plus en plus pour tenter de redorer son blason terni par le sang des 1400 Gazaouis massacrés en 2009 ou des 9 Turcs assassinés en 2010. Il finance profusion de festivals de littérature israélienne, d’évènements autour de l’anniversaire de Tel-Aviv, de tournées de troupes nationales de danse, etc. Cette campagne de marketing consiste à jeter de la poudre culturelle aux yeux du grand public, pour se donner une image positive, cultivée, moderne, « normale » en quelque sorte… Mais si Israël veut être traité comme un Etat « normal », il doit renoncer à l’impunité dont il bénéficie aujourd’hui. Tant que ce ne sera pas le cas, il sera montré du doigt, et aucun festival n’y changera quoi que ce soit.

Mise en œuvre du boycott culturel

L’appel palestinien définit très bien le cadre dans lequel le boycott culturel contre l’Etat israélien doit être mis en œuvre. Puisqu’il s’agit d’un boycott institutionnel, les Palestiniens ne nous demandent pas de boycotter des individus ou des groupes d’artistes en raison de leur nationalité israélienne. C’est donc, pour le moment, un boycott “doux”, contrairement au boycott de l’Afrique du Sud qui s’étendait également aux artistes, à titre individuel. En second lieu, le boycott ne s’applique aux évènements culturels en dehors d’Israël que s’ils sont financés ou soutenus par une agence gouvernementale israélienne (ministère, ambassade, consulat…), ou explicitement sioniste (le Fond National Juif, ou KKL, par exemple).

Les artistes

A titre individuel, un artiste peut simplement refuser de se produire en Israël, mais c’est à titre collectif que le boycott prend tout son sens politique : lorsque cette décision est rendue publique et qu’elle s’accompagne d’autres initiatives semblables. Depuis les bombardements sur Gaza, ce mouvement prend une ampleur considérable et il n’est pas une semaine sans qu’on apprenne qu’un artiste de premier plan annule un voyage prévu en Israël, profitant parfois de l’occasion pour écrire de véritables pamphlets dénonçant les conditions dans lesquelles vivent les Palestiniens. Rien que pour l’année 2010, les acteurs Meg Ryan et Dustin Hoffman, le metteur en scène Mike Leigh[3], les écrivains Henning Mankell, Iain Banks[4] et Alice Walker[5], les musiciens Carlos Santana, Devendra Banhart[6], Tommy Sands, Elvis Costello[7], Gil Scott-Heron, Annie Lennox[8] et les groupes The Klaxons, Gorillaz, The Pixies, Leftfield, Faithless[9], Tindersticks et Massive Attack[10] ont renoncé à se rendre en Israël !

Plus de 500 artistes montréalais[11] réunis dans la première des organisations « Artists Against Apartheid », plus de 150 artistes irlandais[12] et une centaine d’intellectuels norvégiens[13] se sont également engagés par écrit à boycotter Israël. Ils rejoignent ainsi des cinéastes (Ken Loach, Jean-Luc Godard…), des musiciens (Roger Waters, Brian Eno, Gilles Vigneault, Lhasa…), ou des écrivains de tous les pays (l’Uruguayen Eduardo Galeano, l’Indienne Arundhati Roy, le Sud-africain Andre Brink, la Canadienne Naomi Klein, le Brésilien Augusto Boal, l’Italien Vincenzo Consolo, l’Anglais John Berger, les Américaines Adrienne Rich, Sarah Schulman ou Judith Butler…).

Les citoyens

Pour ce qui est des évènements qui se déroulent en Israël, les militants ou les citoyens peuvent tenter de convaincre les artistes ressortissants de leurs pays de ne pas y participer et, si possible, de rendre leur décision publique. Dans le cas de Leonard Cohen, les nombreux courriers envoyés n’avaient pas réussi à lui faire annuler sa tournée en Israël en 2009, mais elles ont convaincu Amnesty International qui avait, au départ, prévu de s’associer à ces concerts, de se retirer de cette farce pseudo humanitaire et indirectement pro-gouvernementale[14].

Pour ce qui est des évènements qui se déroulent dans le reste du monde, le boycott doit s’attaquer à la stratégie israélienne de tentative d’amélioration de son image de marque internationale (le « rebranding »). Un festival de cinéma fera-t-il oublier les massacres et le blocus de Gaza ? Une exposition de peinture blanchira-t-elle l’assaut meurtrier de la Flottille de la Liberté ? La décision de participer ou de ne pas participer à ces manifestations culturelles revêt désormais un sens politique, car elle est identifiée comme un soutien ou comme une dénonciation de l’Etat d’Israël et de sa politique d’oppression. A titre individuel, le spectateur responsable refusera donc d’y collaborer ! A titre collectif, le citoyen responsable tentera d’élargir le soutien à la campagne de boycott, en revendiquant sa position, voire en la publiant. Le but de la campagne BDS n’est-il pas aussi de reprendre la parole dans les médias ? De parler de la Palestine et, qui plus est, d’en parler avec nos termes ?

Boycott de l’intérieur [15]

Si certains en France pensent que le boycott devrait se limiter aux produits de consommation et ne pas s’étendre à l’art, à l’éducation et à la culture, en Israël, paradoxalement, c’est le contraire qui se produit. Alors que seul un petit groupe d’Israéliens est convaincu par le boycott économique, une coalition beaucoup plus large, de 150 personnalités, universitaires, écrivains, artistes et acteurs israéliens a signé l’été dernier une pétition appelant à boycotter les manifestations culturelles et universitaires dans les colonies des territoires occupés depuis 1967[16]. Aux côtés d’intellectuels connus pour leur engagement contre l’occupation, tels Niv Gordon, Gideon Levy ou Shlomo Sand, on trouve des personnalités généralement plus discrètes comme l’historien Zeev Sternhell ou les célèbres écrivains David Grossman, A.B. Yehoshua et Amos Oz. Tandis qu’ils étaient sévèrement critiqués par le gouvernement israélien, ces personnalités israéliennes ont reçu une lettre de soutien de 150 autres artistes[17], principalement américains et anglais, dont Vanessa Redgrave, Cynthia Nixon ou Tony Kushner. Au-delà de ce coup d’éclat récent, les Palestiniens en appellent aux artistes israéliens progressistes de ne pas participer à des évènements culturels, festivals ou expositions financés par le gouvernement israélien. Certains, tel le cinéaste Eyal Sivan, le musicien Gilad Atzmon, l’éditrice Yaël Lerer ou l’écrivain Aharon Shabtai, se conforment à cet engagement moral.

Si nous dénonçons les discriminations que subissent les Palestiniens et, singulièrement, les artistes palestiniens, notre rôle est aussi de lutter contre cette discrimination. Car la politique israélienne, au-delà d’un simple favoritisme budgétaire, tente d’éteindre la résistance palestinienne en niant sa culture. Dans un contexte d’occupation coloniale, l’art palestinien contemporain est éminemment influencé par la situation politique. L’art palestinien est politique, et comment pourrait-il en être autrement ? La poésie de Mahmoud Darwish est politique, les écrits d’Edward Saïd ou de Ghassan Kanafani sont politiques, l’art plastique d’Emily Jacir est politique, les films de Michel Khleifi sont politiques, etc. A travers l’art de ces femmes et de ces hommes, ce sont l’histoire, la vie, les revendications et les souffrances des Palestiniens qu’on apprend à mieux connaître. A travers la musique « classique » de Rim Banna, du Trio Joubran ou de Kamilya Jubran, autant qu’à travers le rap de DAM, Ramallah Underground ou Shadia Mansour, c’est une culture vivante qui s’exprime et qui tente de nous transmettre une vérité qu’on ne lit pas dans les journaux. Au-delà du boycott des institutions culturelles israéliennes, il est donc également important d’écouter ce que les artistes palestiniens ont à nous dire…

Conclusion

Rappelons que le droit international exige de l’Etat israélien qu’il mette fin à l’occupation des terres arabes et au blocus de Gaza, qu’il démantèle le Mur de séparation, qu’il cesse toute discrimination basée sur l’origine ethnique ou religieuse et qu’il respecte le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs villages.

On aurait souhaité que « les deux parties » négocient une paix juste, mais l’histoire démontre que le dominant ne cède jamais de bon cœur aux exigences, même légitimes, du dominé. Pour que le colonisateur cesse de coloniser, il faut que le prix que lui coûte la colonisation soit plus élevé que celui qu’elle lui rapporte. Ce « prix » aujourd’hui ne se mesure pas en vies humaines, ni même en monnaie sonnante et trébuchante. Le prix que nous tentons de faire payer à l’Etat d’Israël est celui de sa réputation, en le montrant du doigt. La pression exercée par le boycott en général, et le boycott culturel en particulier, ne vise pas à ruiner les Israéliens, ni même à les priver de tout accès à la culture, elle ne vise qu’à rétablir la justice. La campagne BDS cessera lorsqu’Israël respectera, au minimum, les résolutions de l’ONU et de la Cour Internationale de Justice.

Les artistes ont joué un rôle clé pour isoler le régime d’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980, alors même que les gouvernements occidentaux poursuivaient leurs relations diplomatiques et économiques, dans une complicité criminelle. Aujourd’hui encore, il est trop tôt pour attendre de nos gouvernements de mettre Israël au ban des nations, ou même au banc des accusés ! Mais les artistes peuvent et doivent montrer la voie, suivis par les citoyens que nous sommes tous, pour qu’enfin cesse l’oppression du peuple palestinien.

Dror

[1] Appel des Palestiniens au BDS contre Israël : http://bdsmovement.net/?q=node/52#French

[2] Relais français de la campagne BDS internationale : http://www.bdsfrance.org/

[3] Déclaration de Mike Leigh :
http://artsbeat.blogs.nytimes.com/2010/10/18/war-of-words-after-mike-leigh-cancels-israeli-trip/?ref=movies

[4] Déclaration de Iain Banks :
http://www.guardian.co.uk/world/2010/jun/03/boycott-israel-iain-banks

[5] Déclaration de Alice Walker : http://electronicintifada.net/v2/article11319.shtml

[6] Déclarations de Devendra Banhart et de Tommy Sands :
http://english.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=8365&Itemid=56

[7] Déclaration d’Elvis Costello :
http://www.elviscostello.com/news/it-is-after-considerable-contemplation/44

[8] Déclaration d’Annie Lennox :
http://www.haaretz.com/culture/annie-lennox-i-have-no-interest-in-going-to-israel-1.318380?localLinksEnabled=false

[9] Déclaration de Maxi Jazz, de Faithless : http://www.maxijazz.co.uk/Welcome.htm

[10] Déclaration de Robert Del Naja, de Massive Attack :
http://www.newstatesman.com/music/2010/09/israel-interview-boycott-naja

[11] 500 artistes montréalais contre l’apartheid israélien : http://www.tadamon.ca/post/5824

[12] 150 artistes irlandais s’engagent à boycotter Israël : http://www.ipsc.ie/pledge/

[13] 100 intellectuels norvégiens : http://akulbi.net/

[14] Déclaration d’Amnesty International à propos de la tournée de Leonard Cohen :
http://www.france-palestine.org/article12450.html

[15] Relais israélien de la campagne de boycott : http://boycottisrael.info/

[16] 150 artistes israéliens boycottent les colonies israéliennes :
http://www.haaretz.com/print-edition/news/150-academics-artists-back-actors-boycott-of-settlement-arts-center-1.311149

[17] 150 artistes américains et anglais soutiennent les 150 artistes israéliens :
http://jvp.org/campaigns/making-history-support-israeli-artists-who-say-no-normalizing-settlements-4




Vanessa Paradis annule son concert en Israël – Communiqué de la Campagne BDS France

  La Campagne BDS France avait envoyée le 27 décembre dernier une lettre ouverte à l’attention de l’artiste l’invitant à refuser de se produire dans le pays de l’apartheid et des crimes de guerre. Une lettre signée par plusieurs israéliens membres du groupe « Boycott de l’intérieur » lui avait également été envoyée afin de lui demander de ne pas accepter d’être complice de la politique israélienne en donnant un concert dans ce pays.

A travers les invitations faites à différents artistes à se produire en Israel, l’état israelien veut redorer son image alors que les palestiniens continuent à subir l’apartheid, l’occupation, la colonisation et les crimes de guerres.

Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, les Pixies ou Massive Attack, entre autres, avaient déjà annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes.

Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’apartheid, la campagne « BDS » initiée en 2005 par toutes les composantes de la société civile palestinienne appelle au Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il applique le droit international et les principes universels des droits de l’homme.

La Campagne BDS France
campagnebdsfrance@yahoo.fr

Voir aussi à ce sujet :
 http://www.purepeople.com/article/vanessa-paradis-annule-sa-venue-en-israel-suite-a-des-pressions-politiques_a71988/

et la lettre qui avait été envoyée à Vanessa Paradis par la campagne BDS France




Vanessa Paradis encouragée à ne pas se rendre en Israël

Cette fois ci, c’est une association canadienne, CJPMO, après la Campagne BDS France et la campagne Boycott From Within, qui encourage Vanessa Paradis à annuler son concert dans le pays de l’apartheid.

La page que CJPMO consacre à cette campagne.

La lettre à Vanessa Paradis:

Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient
9880 rue Clark, suite # 225
Montreal, QC H3L 2R3
(438) 380-5410

30 décembre, 2010

Madame Vanessa Paradis
a/s Sylvie Bélair Adéquat
80, rue d’Amsterdam
75009 Paris
France

Chère Madame Paradis,

Je vous écris pour vous demander de ne plus vous produire en Israël jusqu’à ce que celui-ci mette un terme à son occupation des territoires palestiniens et son blocus de Gaza.

En 2005, plus de 170 organisations de la société civile palestinienne ont endossé un appel à la communauté internationale visant à imposer des campagnes de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre Israël. L’appel au boycott sera en vigueur jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international.

Comme vous le savez peut-être, Elvis Costello, The Pixies, Gorillaz, Gil Scott-Heron et plusieurs autres artistes ont récemment annulé leurs concerts en Israël, et avec raison. Brian Eno a ainsi résumé la situation :
C’est une tragédie de voir que les Israéliens – un peuple qui devrait comprendre mieux que quiconque les horreurs de l’oppression – agissent maintenant comme des oppresseurs. Un jour, le grand écrivain juif Primo Levi a dit : « Tout le monde a son Juif et pour les Israéliens, ce sont les Palestiniens ». En créant une version moyen-orientale du ghetto de Varsovie, ils sont en train de reproduire leur propre histoire, comme s’ils l’avaient oubliée. Et en essayant d’établir une équivalence entre les Palestiniens – avec leurs roquettes artisanales et leurs adolescents jetant des pierres – et eux-mêmes – avec l’une des machines de guerre les plus sophistiquées dans le monde – ils sacrifient toute crédibilité. (Voir l’article complet sur : http://www.counterpunch.org/eno01022009.html)

Vous voudrez peut-être prendre en considération les faits suivants :
-L’occupation depuis 43 ans des territoires palestiniens et l’établissement intensif de colonies israéliennes dans ces territoires sont également illégaux en vertu du droit international et ont été maintes fois condamnés par l’ONU. Le romancier israélien Amos Oz a récemment commenté sur l’urgence de mettre fin à l’occupation dans un article du New York Times : http://www.nytimes.com/2010/06/02/opinion/02oz.html
-Un racisme profond et systémique contre les Palestiniens est intégré dans les lois d’Israël, lesquelles sont discriminatoires à l’encontre des Israéliens d’origine arabe – soit 20 pour cent de la population – d’innombrables façons. Pour n’en citer que quelques-unes :
-La discrimination dans l’accès aux permis de construction;
-La discrimination dans les dépenses du gouvernement en éducation;
-La discrimination dans les lois en matière de visas de regroupement familial et d’immigration;
-La discrimination dans le financement attribué au développement municipal;
-Les mesures policières discriminatoires et le harcèlement;
-La discrimination dans la reconnaissance officielle des villages anciens;
-Le déni de l’égalité des chances et des services aux citoyens arabes d’Israël.
-La grande majorité des 1400 personnes tuées lors de l’attaque israélienne de 22 jours contre Gaza lancée le 27 décembre 2008 étaient des civils, dont plus de 300 enfants. En raison du nombre élevé de victimes civiles, Israël a été accusé de crimes de guerre par le juriste sud-africain (et juif) Richard Goldstone, lequel dirigeait l’enquête des Nations Unies sur l’attaque.

Préoccupés par la conduite du gouvernement israélien, des groupes israéliens de défense des droits de l’homme tel que B’Tselem (http://www.btselem.org) ont demandé à la communauté internationale de faire pression sur leur gouvernement afin qu’il respecte le droit international et les droits de l’homme, mette fin à l’occupation et permette aux Palestiniens d’établir leur propre État indépendant.

L’annulation de votre concert en Israël enverrait un message fort au gouvernement israélien à l’effet que vous trouvez son comportement inacceptable. Ce serait un acte de solidarité tant avec le mouvement israélien pour la paix et la démocratie qu’avec les Palestiniens, lesquels ont subi la perte de leurs terres, les exécutions extrajudiciaires, la démolition de leurs maisons, ainsi que la pauvreté et l’apatridie depuis plus de 43 ans maintenant. Comme vous le constatez vous-mêmes, les Palestiniens ont été « dupés » depuis des décennies et il est temps pour eux qu’on les laisse diriger leur propre vie.

L’Afrique du Sud a été boycottée pendant 30 ans avant que l’apartheid ne prenne fin. Avec l’application d’un boycott plus intense contre Israël, nous espérons qu’une solution juste au conflit israélo-palestinien pourra être mise en place en moins de temps. Votre décision vis-à-vis d’Israël peut soit retarder, soit accélérer les progrès vers cette solution.

En espérant votre réponse.

Cordialement,

Thomas E. Woodley
Président, Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient

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Subject: Vanessa Paradis – S’il vous plait, ne vous produisez pas en Israël
Message: Chère Mme Paradis,

Je suis étonné d’apprendre que vous avez choisi de vous produire en Israël. Le gouvernement israélien et plusieurs de ses dirigeants sont accusés de crimes de guerre innombrables, commis sur une période de plusieurs années. En planifiant des spectacles en Israël, vous laissez savoir au gouvernement israélien que la communauté internationale ne trouve rien à redire au sujet de ses violations répétées du droit international et des droits fondamentaux des Palestiniens. Ces violations du droit international se produisent dans les territoires palestiniens qu’Israël occupe militairement et contre les citoyens palestiniens vivant en Israël même.

Je sais que vous avez été impliqué dans un certain nombre de causes de bienfaisance, des campagnes de financement pour les sans-abri, pour les enfants et pour la lutte contre le sida, entre autres choses. Or, en vous produisant en Israël, vous montrez que vous tolérez les crimes continus d’Israël contre le peuple palestinien, y compris son agression de 22 jours contre la bande de Gaza ayant tué 1400 Palestiniens, dont plus de 300 enfants. Cela montre aussi que vous fermez les yeux sur les postes de contrôle militaires, les fermetures, les démolitions de maisons, les arrestations illégales, la torture et autres actes illégaux israéliens à l’encontre des Palestiniens.

Je vous prie de ne pas planifier de spectacles en Israël. S’il vous plaît, étendez votre soutien aux défavorisés et aux déshérités parmi les Palestiniens également.




Vanessa Paradis et Johnny Depp, ne permettez pas à l’Etat d’Israël de se servir de votre réputation

 Vanessa Paradis et Johnny Depp, ne permettez pas à l’Etat d’Israël de se servir de votre réputation pour blanchir ses crimes !

Par Boycott from Within, Israel – 04-01-2011


 
Chers Vanessa Paradis et Johnny Depp,
Nous sommes des citoyens israéliens. Nous avons appris que Vanessa Paradis a prévu de se produire en Israël le 10 février 2011, et que vous devez rencontrer ensemble le Président israélien Shimon Peres. Vous ne le savez peut-être pas, mais une campagne est en cours de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, motivée par sa politique d’apartheid et d’occupation. Nous, citoyens israéliens, adhérons à cette campagne, et nous vous exhortons à saisir cette occasion pour prendre position sur une question cruciale pour les droits de l’homme et donc pour des vies humaines.
Vous vous demandez peut-être ce que tout cela signifie, et ce que vous avez à voir là-dedans. Et vous pouvez avoir l’impression d’être plongés dans une situation qui a priori ne vous concerne pas. Cependant, nous espérons vous aider tous les deux à dépasser votre impression de déconnexion, vous montrer la réalité du monde glauque dans lequel vous entrez, et vous donner l’opportunité de choisir de faire la différence. Ne vous méprenez pas ; par votre statut de célébrités, le choix que vous ferez aura un effet instantané sur les vies de millions d’enfants, de femmes et d’hommes.
Les Palestiniens vivent sous un régime militaire brutal qui pratique une politique d’apartheid dans ce qui est connu sous le nom d’Israël et des Territoires occupés. L’armée qui contrôle toute la vie palestinienne, sous la menace des fusils, est l’armée d’Israël. Ce qui veut dire que les Palestiniens sont à la merci de cette armée contrôlée par le gouvernement israélien, qui, depuis plus de 60 ans, assassine, mutile, arrête les civils, tout en volant leurs terres par la force brutale et extrême.
Tandis que les colonies israéliennes illégales s’épanouissent en Territoires palestiniens, sous le couvert de « croissance naturelle« , la terre palestinienne est volée, les maisons sont démolies, des communautés entières sont laissées sans abri, dans les territoires occupés comme à l’intérieur d’Israël (contexte).
Le système de l’occupation israélienne est beaucoup trop complexe pour qu’une lettre si courte puisse l’examiner dans sa totalité (nous serons heureux de répondre à toutes questions que cette complexité soulève), mais il est important pour nous de vous informer de la deuxième partie de l’histoire :
En 2005, la société civile palestinienne (étudiants, syndicalistes, groupes de femmes, groupes pour les droits de enfants et beaucoup d’autres), a demandé d’une seule voix que les gens, les institutions, les Etats et les entreprises cessent toute coopération avec Israël. C’est ainsi qu’est né le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions. Nous soulignons : si les Palestiniens avaient des droits égaux en Israël et dans les territoires occupés, en vertu de la loi d’Israël, ils n’auraient aucune raison d’en appeler à la Cour et à la communauté internationales.
Comment tout ceci vous concerne-t-il ? Tout comme l’appel lancé dans les années 80 aux artistes qui envisageaient de se produire à Sun City, en Afrique du Sud, nous faisons aujourd’hui appel à vous. Dans l’asymétrie des relations entre l’Etat d’Israël en expansion et les morceaux de terre laissés aux Palestiniens, vous produire à Tel Aviv et sympathiser avec des hommes politiques israéliens sont des actes profondément partisans. L’appel que nous vous adressons, Mlle Paradis et M. Depp – en tant qu’individus, en tant qu’artistes-créateurs culturels, en tant que célébrités ayant de l’influence, est celui-ci : S’il vous plaît, ne divertissez pas l’apartheid ! S’il vous plaît, ne légitimez pas les personnalités responsables de cet apartheid au détriment de ses victimes. S’il vous plaît, souvenez-vous qu’une jeune fille qui aime votre musique et vit dans le village cisjordanien de Bil’in ne sera pas autorisée par Israël à venir vous entendre et vous voir à Tel Aviv.
De plus, compte tenu de l’empressement que vous avez exprimé à rencontrer le président israélien Shimon Peres (rapporté par nos médias locaux), nous pensons que nous devons aborder cette question de façon spécifique. Réfléchissez à ce qui suit :
Shimon Peres est tristement célèbre pour une longue liste de crimes de guerre présumés, comme il est l’architecte des diverses politiques israéliennes mises en place en violation grave du droit international et au mépris flagrant des droits de l’homme universellement reconnus, notamment :
– Shimon Peres a été à l’origine ou a soutenu plusieurs guerres d’agression au cours desquelles l’infrastructure civile a été ciblée et de nombreux civils innocents ont été ou tués ou mutilés, dont de nombreux enfants (notamment l’opération « Raisins de la Colère » en 1996).
– Shimon Peres a été le cerveau du programme israélien d’armes de destruction massive, faisant d’Israël la 4ème superpuissance nucléaire au monde aujourd’hui.
– Shimon Peres a ordonné l’enlèvement et le harcèlement brutal de Mordechai Vanunu, dénonciateur israélien de l’arsenal nucléaire, qui a été illégalement drogué et enlevé par le Mossad en septembre 1986 et maintenu en isolement absolu pendant 11 années. Même après avoir purgé ses 18 ans de prison, il est toujours persécuté.
– Shimon Peres s’est opposé avec véhémence à l’application du droit international, comme ce fut le cas lorsqu’il a refusé de laisser les tribunaux espagnols appliquer la juridiction universelle contre les criminels de guerre israéliens, ou lors de son attaque sur la légitimité et les conclusions du rapport de la commission d’enquête des Nations Unies conduite par le juge Goldstone suite à l’opération Plomb Durci contre Gaza (décembre 2008-janvier 2009).
– Shimon Peres a été une des forces motrices du développement des colonies illégales en Cisjordanie palestinienne occupée.
Cette liste est loin d’être exhaustive, mais nous pensons vous en avoir suffisamment dit à cet égard. Il est également important pour nous de préciser que votre rencontre avec Shimon Peres est d’ores et déjà utilisée à des fins de propagande, comme on peut s’en rendre compte dans le commentaire à un article annonçant cette rencontre : « Je ne suis pas un fan… mais s’ils aiment Israël… je les AIMERAI et je serai un de leurs plus grands fans… »
Il n’y a aucune échappatoire à ce que votre présence ici ne soit pas interprétée comme un acte politique. Ce ne sera donc pas une manifestation joyeuse autour de votre musique et de vos films. Au lieu de cela, elle aura pour effet de contribuer à l’image de normalité d’Israël et de son gouvernement aux yeux du monde. C’est pourquoi nous vous demandons de la reconsidérer.
S’il vous plaît, ne permettez pas à l’Etat d’Israël de se servir de votre réputation pour blanchir ses crimes !
Nous vous encourageons à vous informer plus avant et à suivre votre conscience,
Oshra Bar
Ofra Ben Artzi
Adi Dagan
Rachel Giora
Neta Golan
Iris Hefets
Shir Hever
Samieh Jabbarin
Liad Kantorowicz
Naomi lyth
Edo Medicks
Dorothy Naor
Ofer Neiman
David Nir
Itai Ryb
Tali Shapiro
Eyal Sivan
Jonatan Stanczak
Elian Weizman
Au nom du BOYCOTT ! En soutien à l’appel palestinien BDS,

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14819&type=communique&lesujet=Boycott

Boycott from Within.

                                      




BDS Culturel: lettre a Juan Carlos Caceres

Juan Carlos Caceres
c/o Vivement Ce Soir
Lot. Codani
Route de la mer
20260 Lumio

Paris, le 27 décembre 2010

Cher Juan Carlos Caceres,

Nous vous écrivons à la veille de votre participation prévue au Red Sea Winter Jazz Festival, dans l’espoir que vous annuliez votre voyage.

Vous ne savez peut-être pas que ce festival est parrainé par le gouvernement israélien, qui parraine en outre la dépossession des Palestiniens de leurs maisons, ainsi que de nombreuses lois discriminatoires à l’égard des « non-juifs », dans un système antidémocratique que l’on peut qualifier d’apartheid. De telles initiatives culturelles étatiques cherchent à masquer, derrière une propagande de « plaque tournante culturelle dynamique », une politique brutale et, pour la résumer en un seul mot, coloniale.

En réaction à des décennies d’oppression, couplées avec l’échec de toutes formes d’intervention internationale et de tentatives de paix, le peuple palestinien appelle les artistes de conscience au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions (BDS), jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international et aux principes universels des droits humains. Ce mouvement s’inspire de la lutte menée par les Sud-Africains contre l’apartheid. Une multitude d’artistes, récemment Elvis Costello, Gil Scott-Heron ou Carlos Santana, a répondu à l’appel au boycott et a annulé des spectacles prévus en Israël.

Vous avez étudié la culture des peuples autochtones et des peuples opprimés en Argentine, indiens et noirs. Vous avez voulu en révéler « l’histoire niée » par 150 ans de racisme des immigrés venus d’Europe. Vous ne pouvez donc pas être insensible à l’histoire et à la culture niée, sous vos yeux, du peuple palestinien, autochtone et opprimé par l’Etat israélien. Dans ce cas, comment pourriez-vous ne pas écouter son appel ?

Alors que certains ne manqueront pas d’interpréter votre concert comme un soutien politique, et pas seulement culturel, à l’Etat d’Israël, nous espérons au contraire pouvoir vous compter parmi les artistes qui se joindront à l’appel non-violent au boycott d’Israël, et en particulier au RSWJF, et ainsi, aider à atteindre l’égalité des droits et la justice en Palestine-Israël.

En réponse à l’appel palestinien à la solidarité internationale, refusez de jouer pour l’apartheid.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information, et pour vous rencontrer si vous le souhaitez.

 

Dror Warschawski pour la Campagne BDS France

 

 Campagne BDS France

21 ter rue Voltaire 75011 Paris

http://www.bdsfrance.org/

campagnebdsfrance@yahoo.fr

 


Label:
Mañana
17 rue Pascal
75005 Paris
Tel : 01 45 35 54 19
contact@mananamusic.com

Tourneur:
Vivement Ce Soir
Lot. Codani
Route de la mer
20260 Lumio
Tel : 04 95 46 29 82
magali@vivementcesoir.fr
www.vivementcesoir.fr




BDS culturel : le groupe anglais Tindersticks annule sa tournée en Israël !

L’année 2010 devrait être déclarée « année du boycott culturel de l’apartheid israélien ». Après les acteurs Meg Ryan et Dustin Hoffman, le metteur en scène Mike Leigh, les écrivains Henning Mankell, Iain Banks et Alice Walker, les musiciens Carlos Santana, Devendra Banhart, Tommy Sands, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Annie Lennox et les groupes The Klaxons, Gorillaz, The Pixies, Leftfield, Faithless et Massive Attack, c’est maintenant Tindersticks qui renonce à se rendre en Israël !

Un extrait de leur déclaration: « Nous avons cru que la musique que nous faisons est au-delà des considérations politiques. Au cours des dernières semaines, la pression exercée sur nous par des personnes et des organisations proches de nous, nous a montré que ce n’est pas le cas. Il est difficile de défier un mouvement en pleine expansion dont nous approuvons les objectifs, même si nous ne sommes pas tout à fait convaincu par leurs méthodes. »

Puissent d’autres artistes réaliser que la musique, l’art, la culture ne sont jamais au delà de considérations politiques, et en particulier dans le contexte palestinien…

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3988970,00.html




BDS Culturel: un de plus!

Le groupe anglais Tindersticks annule sa tournée en Israël!

L’année 2010 devrait être déclarée « année du boycott culturel de l’apartheid israélien ». Après les acteurs Meg Ryan et Dustin Hoffman, le metteur en scène Mike Leigh, les écrivains Henning Mankell, Iain Banks et Alice Walker, les musiciens Carlos Santana, Devendra Banhart, Tommy Sands, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Annie Lennox et les groupes The Klaxons, Gorillaz, The Pixies, Leftfield, Faithless et Massive Attack, c’est maintenant Tindersticks qui renonce à se rendre en Israël !

Un extrait de leur déclaration: « Nous avons cru que la musique que nous faisons est au-delà des considérations politiques. Au cours des dernières semaines, la pression exercée sur nous par des personnes et des organisations proches de nous, nous a montré que ce n’est pas le cas. Il est difficile de défier un mouvement en pleine expansion dont nous approuvons les objectifs, même si nous ne sommes pas tout à fait convaincu par leurs méthodes. »

Puissent d’autres artistes réaliser que la musique, l’art, la culture ne sont jamais au delà de considérations politiques, et en particulier dans le contexte palestinien…

http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3988970,00.html




Le boycott universitaire et culturel dʼIsraël prend une dimension européenne

Aujourd’hui, 8 novembre 2010, plusieurs organisations de pays membres de l’Union européenne annoncent la mise en place d’une plateforme commune pour le boycott académique et culturel d’Israël (EPACBI). La décision a été prise durant les rencontres pour le boycott universitaire et culturel d’Israël qui se sont tenues les 25 et 26 septembre à Paris. Ces rencontres rassemblaient une cinquantaine d’enseignants‐chercheurs, représentant les délégations d’une dizaine de pays européens et une délégation palestinienne, à l’invitation de l’AURDIP (Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine) et du BRICUP (British Committee for Universities of Palestine).

Ce mouvement de boycott se veut une réponse à l’appel de la société civile palestinienne intitulé PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel). Il consiste à remettre en cause les coopérations institutionnelles en matière d’enseignement et de recherche entre Israël et la communauté internationale, les programmes d’échange et les manifestations culturelles impliquant des institutions ou l’État d’Israël, afin de forcer cet État à respecter le droit international et les droits de l’homme. Il s’inscrit dans le cadre plus large de la campagne internationale pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions à l’encontre d’Israël (Campagne BDS).

Les délégations présentes ont posé les bases d’une coordination de leurs actions à l’échelle européenne dans la déclaration suivante:

Déclaration de Paris sur la mise en place d’une plateforme européenne pour le boycott académique et culturel d’Israël (EPACBI)
http://www.epacbi.eu/

Cette déclaration annonce la mise en place d’une plateforme européenne commune pour le boycott académique et culturel d’Israël. Les organisations nationales, régionales et locales et les mouvements adhérant à cette plateforme :
• acceptent et promeuvent le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes et le désinvestissement des compagnies qui contribuent aux graves violations par Israël du droit international et des droits de l’homme;
• soutiennent l’appel de la société civile palestinienne aux boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et acceptent les directives de mise en application publiées par la campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) et le comité national palestinien pour le boycott (BNC);
• s’accordent à développer et renforcer le boycott jusqu’à ce que le peuple palestinien obtienne une résolution des injustices actuelles conformément au droit international et aux droits de l’homme internationalement reconnus.

L’Europe, à la fois par les états qui la composent et par ses principales institutions d’intégration, joue un rôle-clé dans le maintien de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Son soutien a été maintenu en dépit des violations répétées et abondamment documentées des droits de l’homme des Palestiniens, qu’ils soient citoyens d’Israël, sous occupation israélienne ou réfugiés. Ce faisant, les institutions européennes ignorent et nient les principes de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui sous-tendent leurs textes fondateurs. Il revient donc à la société civile européenne de faire en sorte qu’elles se conforment à ces principes.

Le boycott, le désinvestissement et les sanctions sont une stratégie morale et non violente visant à obtenir des changements là où, durant des décennies, le programme consistant à « établir des ponts » avec l’oppresseur a manifestement échoué. Le boycott académique et culturel est particulièrement pertinent, étant donnée la complicité des institutions académiques et culturelles israéliennes dans les restrictions flagrantes des libertés académiques et culturelles palestiniennes, par leur soutien direct et indirect à la politique gouvernementale. L’importante contribution de BDS – y compris du boycott académique et culturel – à l’arrêt de la politique d’apartheid en Afrique du Sud démontre la potentielle efficacité de cette approche.

Nous enjoignons tous les universitaires, professionnels et praticiens de la culture européens à reconsidérer à la lumière de leur conscience les liens qu’ils ont ou envisagent d’avoir avec les institutions israéliennes dans leurs domaines respectifs. Nous exhortons ceux qui souhaitent établir la justice au Proche-Orient et promouvoir le respect du droit international dans le monde à constituer des structures locales, régionales et nationales pour la promotion de ce boycott. Nous les assisterons et les conseillerons dans la mise en place de telles organisations, de manière à réaliser une coordination des activités de boycott académique et culturel à l’échelle du continent.

Les organisations suivantes participent à la mise en place de la plateforme européenne pour le boycott académique et culturel d’Israël (EPACBI):

AKULBI : Akademisk og Kulturell Boikott av staten Israel (Norvège)

AURDIP : Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (France)

BAB : Berlin Academic Boycott (Allemagne)

BRICUP : British Committee for Universities for Palestine (Angleterre)

CUNCAP : Comissió Universitària Catalana per Palestina (Espagne)

ICACBI : Italian Campaign for the academic & cultural boycott of Israel (Italie)

PACBI : Palestinian campaign for the academic and cultural boycott of Israel (Palestine)

PSABI : Action Group at KTH for Boycott of Israel (Suède)

Des délégations belge et néerlandaise participent également au lancement d’EPACBI.

http://www.aurdip.fr/Declaration-de-Paris-sur-la-mise.html




Le boycott d’Israël par les artistes de Montréal fait tache d’huile

Les manifestations qui se sont produites en réponse aux violents bombardements sur Gaza, il y a près de deux ans, ont suscité de nouvelles initiatives non violentes visant à soutenir la lutte des Palestiniens. Parmi celles-ci, on peut citer les assignations en justice de présumés criminels de guerre israéliens, les missions civiles en Palestine pour témoigner de la brutalité de l’occupation militaire, les missions humanitaires pour rompre le blocus de Gaza ou la campagne de «boycott, désinvestissement et sanctions» (BDS) contre l’Etat israélien. Cette dernière reprend la stratégie de boycott mise en oeuvre contre l’Afrique du Sud, dans les années 1980, en dénonçant les discriminations subies par les Palestiniens, qualifiées d’apartheid.

Bien que le BDS soit né d’un appel lancé par la société civile palestinienne en 2005, c’est depuis l’attaque meurtrière de l’armée israélienne sur la flottille humanitaire au large de Gaza, fin mai 2010, que la stratégie BDS a le vent en poupe. Elle affirme que chaque citoyen a un rôle à jouer: en tant que consommateur, professeur, artiste, sportif ou autre, chacun est responsable de ses actions et peut refuser celles qui renforcent le pouvoir répressif de l’Etat d’Israël. Le boycott le plus connu est celui des produits israéliens, comme les cosmétiques Ahava, ou d’entreprises européennes participant à la colonisation, comme Connex qui construit un tramway dans la partie de Jérusalem que l’Etat israélien annexe illégalement. Mais cette campagne se décline également sous d’autres formes, universitaires, sportives et culturelles. Enfin, au-delà de cette prise de conscience individuelle, le BDS est une campagne de pression, en particulier médiatique, qui permet de rappeler les violations répétées du droit international et des droits humains à l’encontre des Palestiniens.

L’exemple de Sun City

Sur le plan culturel, les initiatives s’inspirent des musiciens qui, dans les années 1980, revendiquaient qu’ils «n’iraient pas jouer à Sun City», en Afrique du Sud. Ce mouvement prend une ampleur considérable: il n’est pas une semaine sans qu’on apprenne qu’un artiste de premier plan annule un voyage prévu en Israël, profitant parfois de l’occasion pour écrire de véritables pamphlets dénonçant les conditions dans lesquelles vivent les Palestiniens, sous occupation israélienne ou en exil. Rien que cette année, l’actrice Meg Ryan, les écrivains Henning Mankell, Iain Banks et Alice Walker, les musiciens Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron et les groupes The Klaxons, Gorillaz et The Pixies ont renoncé à se rendre en Israël. Pour des raisons similaires, le mois dernier, plus de 150 artistes irlandais se sont engagés par écrit à boycotter Israël, rappelant l’initiative des 500 artistes montréalais, déjà évoquée dans nos pages1. Tout récemment, c’est le groupe anglais Massive Attack qui a rejoint ce mouvement. Son chanteur, Robert Del Naja, déclarait: «Je ne peux pas jouer en Israël alors que les Palestiniens n’ont pas accès aux mêmes droits fondamentaux que les Israéliens.»

Pétition israélienne

Même en Israël, le boycott devient un moyen jugé pertinent de s’opposer à la poursuite de la colonisation par le gouvernement d’extrême droite dirigé par Benyamin Netanyahou. Ce mois-ci, alors que certains en Europe s’opposent en particulier au boycott universitaire et culturel, 150 universitaires, écrivains, artistes et acteurs israéliens ont signé une pétition appelant à refuser de se produire dans les colonies des territoires occupés en 1967. Aux côtés d’intellectuels connus pour leur engagement contre l’occupation, tels Niv Gordon, Gideon Levy ou Shlomo Sand, on trouve des personnalités généralement plus discrètes comme l’historien Zeev Sternhell ou les écrivains renommés David Grossman, A.B. Yehoshua et Amos Oz. Alors qu’elles étaient sévèrement critiquées par le gouvernement israélien, ces personnalités ont reçu une lettre de soutien de 150 autres artistes, étasuniens et anglais, dont Vanessa Redgrave, Cynthia Nixon ou Tony Kushner.

La limitation du boycott aux seules colonies est défendue par certains groupes de solidarité qui demandent la fin de l’occupation illégale de la Cisjordanie, de Gaza, de Jérusalem-Est et du Golan, le démantèlement du Mur et la levée du blocus de Gaza. Les partisans d’un boycott total rappellent quant à eux que les discriminations touchent également les Palestiniens à l’intérieur des frontières d’Israël. Enfin, la résolution 194 de l’ONU stipule le respect et la mise en oeuvre du droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs maisons. Selon la campagne BDS, ces deux points justifient de faire pression sur les institutions israéliennes, y compris à l’intérieur des frontières de 1948: en effet, n’aurait-il pas été absurde, à l’époque de l’apartheid, de ne boycotter que les bantoustans et pas le Cap, Johannesburg ou… Sun City?

La culture est une arme utilisée de part et d’autre. L’Etat d’Israël ne s’y trompe pas, qui non seulement tente de contrer la campagne BDS, mais multiplie également les festivals, expositions et autres manifestations artistiques ou sportives pour tenter de redorer son blason. De son côté, la campagne BDS appelle à ne pas participer à ces évènements, où qu’ils aient lieu: dans les colonies, en Israël ou même en Europe. De fait, ces manifestations culturelles ne sont plus anodines: on y participe ou pas mais, dans les deux cas, la décision revêt un sens politique. Si de plus en plus d’artistes répondent positivement à l’appel au boycott, celui-ci s’adresse désormais également aux simples spectateurs, citoyens responsables…
 
(1) Le Courrier du 7 avril 2010.

Quelques liens:
Cinq cents artistes montréalais contre l’apartheid israélien: http://www.tadamon.ca/post/5824
Cent cinquante artistes irlandais s’engagent à boycotter Israël: http://www.ipsc.ie/pledge/
Cent cinquante artistes israéliens boycottent les colonies israéliennes: http://www.haaretz.com/print-edition/news/150-academics-artists-back-actors-boycott-of-settlement-arts-center-1.311149
Cent cinquante artistes américains et anglais soutiennent les 150 artistes israéliens: http://jvp.org/campaigns/making-history-support-israeli-artists-who-say-no-normalizing-settlements-4
Appel de l’Autorité palestinienne à boycotter les produits des colonies: http://bdsmovement.net/?q=node/604
Appel des Palestiniens au boycott universitaire et culturel d’Israël: http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=869
Appel des Palestiniens au BDS contre Israël: http://bdsmovement.net/?q=node/52#French
Relais français de la campagne BDS internationale: http://www.bdsfrance.org/
Relais genevois de la campagne BDS internationale: http://www.urgencepalestine.ch/Activites/boycott.html

 




Débat européen sur le boycott scientifique et culturel des institutions israéliennes

L’Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP) et le British Committee for the Universities of Palestine (BRICUP) vous invitent (*) à un

Débat européen sur le boycott scientifique et culturel des institutions israéliennes

Samedi 25 Septembre 2010 à 20h à l’Auditorium de l’INHA, 2 rue Vivienne, 75002 Paris (Métro ligne 3 : Bourse ; lignes 7, 14 : Pyramides ; ligne 1 : Palais royal/Musée du Louvre)

avec la participation de:
-John Berger écrivain, critique d’art, scénariste
-Christophe Oberlin Professeur en médecine et Chirurgien à l’Hôpital Bichat à Paris
-Eyal Sivan producteur, réalisateur, essayiste, scénariste
-Un représentant de la Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israel (PACBI)
-Robert Boyce Secretary of BRICUP
-Ivar Ekeland Président de l’AURDIP
-et diverses délégations européennes

(*) Entrée libre et inscription préalable obligatoire. Pour s’inscrire, envoyez un message avec votre nom, prénom et adresse électronique à aurdip2010@gmail.com
 http://www.aurdip.org/Debat-europeen-sur-le-boycott.html
 Affiche au format jpg




« Boycott de l’intérieur »: Les artistes de théâtre israéliens refusent de jouer en Cisjordanie

Les artistes de théâtre israéliens refusent de jouer en Cisjordanie
Par RFI
Israël –
Article publié le : dimanche 29 août 2010 – Dernière modification le : dimanche 29 août 2010

Des acteurs et des dramaturges israéliens ont décidé de refuser de se produire désormais dans les théâtres situés dans les colonies juives de Cisjordanie, suscitant critiques et embarras au sein du gouvernement. Tout a commencé il y a plusieurs jours lorsque des personnalités du monde du théâtre israélien ont décidé de lancer une pétition contre l’ouverture prévue en novembre d’un théâtre national à Ariel, l’une des plus importantes colonies juives de Cisjordanie.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul

Ils sont 57 acteurs et auteurs de théâtre israéliens et ils ont signé une pétition appelant les directeurs de six compagnies théâtrales du pays à boycotter l’ouverture d’un nouveau théâtre subventionné par l’état, en novembre prochain à Ariel, une des plus grandes agglomérations juives de Cisjordanie.

« Nous refusons de nous produire dans des colonies de peuplement », soulignent les signataires du texte. Ils précisent encore qu’ils ne sont « prêts à jouer qu’à l’intérieur des frontières reconnues par la communauté internationale ».

Parmi eux, le dramaturge Yoshua Sobol et l’acteur Odet Kotler. Ce dernier explique : « mon contrat avec le théâtre stipule explicitement que je suis obligé de jouer en Israël, et Ariel ne fait pas partie de cet état ».

Les députés arabes de la Knesset approuvent mais lors du Conseil des ministres, le chef du gouvernement, Benjamin Netanyahu, affirmait qu’au moment où dans le monde entier, on essayait de délégitimer Israël, ce boycott venu de l’intérieur était inacceptable.

Plusieurs ministres ont proposé de supprimer les subventions aux compagnies qui n’accepteraient pas de se produire partout, y compris au-delà de la ligne verte.