Ohad Naharin et le ballet israélien Batsheva : rétablir quelques vérités

Le débat sur le boycott culturel d’Israël rebondit autour de l’attitude controversée du chorégraphe Ohad Navarin.

De nombreux articles de la presse nationale ont donné la parole à Ohad Naharin, le directeur du ballet israélien Batsheva, à l’occasion de sa tournée dans le cadre de la «saison croisée France-Israël».

Cette saison est contestée par la Campagne BDS France comme par de nombreux artistes français qui dénoncent une opération de blanchiment du régime israélien par la culture. Ces articles tendent tous à présenter Ohad Naharin comme un opposant au régime israélien victime à tort du boycott culturel, ce qui est très discutable au vu des faits.

Certains tendent aussi comme l’article de Libération du 17 octobre dernier (1) à dévaloriser la campagne BDS en France, indiquant par exemple que « les menaces sont plus virulentes cette année ». Les journalistes veulent sans doute parler des manifestations organisées par BDS, mouvement non violent qui informe et dénonce, et le terme est donc impropre.

L’argument aussi avancé est que Naharin dénonce dans des discussions avec le public, l’occupation israélienne et un certain racisme dans la société israélienne. Cela n’est pas contestable, ici en Europe, mais il serait difficile de trouver un mot de lui dénonçant dans son pays les innombrables violations des droits humains et du droit international de son pays .

Naharin prétend qu’il ne pourrait pas engager sa troupe s’il n’acceptait pas le cadre institutionnel israélien, en arguant du fait que, comme tout citoyen israélien, il paye des impôts. Or ce n’est pas ce qui lui est reproché. La troupe Batsheva qu’il dirige est en réalité financée de manière importante par l’État israélien mais également par des entreprises soutenant l’occupation et la colonisation (2).

Un régime d’apartheid

Tout ceci alors qu’en ce moment même, le régime israélien tue et estropie à Gaza sous blocus des centaines de manifestants désarmés, mobilisés pour le droit au retour. Bathseva accepte de représenter officiellement, dans le cadre de la saison croisée France-Israël par exemple, le régime qui veut raser le village bédouin de Khan al-Ahmar, poursuit la colonisation et instaure, de la Méditerranée au Jourdain, un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien, en constante violation du droit international.

Naharin pourrait, vue sa notoriété et celle de sa compagnie, présenter ses spectacles partout où il le souhaite sans le sceau d’Israël, et ne serait alors pas contesté comme c’est déjà le cas pour de nombreux artistes israéliens. Un artiste qui a une conception éthique de son travail ne peut pas moralement à la fois critiquer un État infréquentable et le représenter : il lui faut choisir, sauf à passer pour hypocrite et ou opportuniste.

Naharin pourrait s’inspirer de son collègue, le chorégraphe israélien Emmanuel Gat, qui a projeté des messages sur la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza, dans le cadre de son dernier spectacle au Festival d’Avignon. Il pourrait aussi considérer le choix du metteur en scène et comédien Tiran, qui a quitté Israël cet été en déclarant qu’à ses yeux l’appel au boycott culturel d’Israël était légitime.

La posture d’Ohad Naharin est d’autant plus intenable qu’il prétend apparaître comme un opposant politique, tout en servant de vitrine au régime israélien, propageant ainsi l’illusion qu’Israël est une démocratie ouverte même à ses opposants. Sa productrice, qui précise dans l’interview du 17 octobre précité, que « les arts sont traditionnellement dans l’opposition, et notre devoir est justement de prendre l’argent de ce ministère, qui n’a pas le pouvoir de nous censurer, pour prendre la parole », ne peut ignorer la censure subie par de nombreux spectacles et théâtres palestiniens d’Israël. Démocratie pour les uns… Au moment où le régime examine la possibilité de pénaliser les militants du BDS par une peine de sept ans de prison, cette posture est une imposture.

La normalisation des relations avec l’État d’Israël est tout aussi intolérable aujourd’hui qu’elle l’était hier avec l’Afrique du Sud de l’Apartheid.

(1) Voir ici.

(2) Voir ici.

Publié par la Campagne BDS France dans Politis, le 23 octobre 2018




#BoycottEurovision2019 : pétition européenne à signer!

La pétition ci-dessous est la version en français d’une pétition initiée par le PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel):

Nous, soussigné-e-s, habitant-e-s d’Europe et d’ailleurs, faisons appel aux membres de l’Union Européenne de Radiotélévision – les diffuseurs publics – pour qu’ils se retirent du Concours de l’Eurovision accueilli par Israël, afin qu’ils ne se rendent pas complices des violations par Israël des droits humains des Palestiniens.

Nous soutenons les nombreux artistes célèbres, dont d’anciens participant-e-s, qui ont endossé l’appel d’artistes et de journalistes palestiniens à se détourner de l’Eurovision 2019.

Nous exhortons les parolier-e-s et les interprètes à boycotter le concours 2019 accueilli par Israël, tout comme ils ont boycotté en son temps le régime d’apartheid d’Afrique du Sud.

Le contexte

Quelques jours à peine après la victoire d’Israël à l’Eurovision, les forces israéliennes ont massacré 62 Palestinien-nes à Gaza, dont six enfants, qui manifestaient pour la liberté et pour les droits des réfugiés. Depuis le début des manifestations de la Grande Marche du Retour, le 30 mars 2018, au moins 205 Palestinien-nes ont été tués par les forces israéliennes dans la bande de Gaza assiégée. Plus de 18 000 autres ont été blessés, et parmi eux des milliers se sont fait tirer dessus à balles réelles.

Le législateur israélien a récemment formalisé l’apartheid dans les lois fondamentales d’Israël, avec la « loi de l’État nation juif », qui confère un mandat constitutionnel de discrimination raciale contre les Palestiniens. En même temps, le régime d’apartheid d’Israël s’efforce de présenter « un visage plus agréable » d’Israël en utilisant l’art pour blanchir des décennies d’oppression et de dépossession des Palestiniens.

 SIGNER LA PÉTITION




Netta Barzilai, Ambassadrice culturelle du régime israélien d’occupation et d’apartheid

30 octobre 2018 – Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI)

En tant que gagnante de l’Eurovision pour Israël, Barzilaï représente l’État et participe aux efforts du gouvernement israélien pour créer une nouvelle image qui perpétue une fausse impression de normalité, tout en blanchissant ses violations des droits humains des Palestiniens et du droit international

Israël utilise ouvertement la culture comme forme de propagande pour blanchir, justifier ou détourner l’attention de son régime d’occupation, de colonialisme de peuplement et d’apartheid vis-à-vis du peuple palestinien.

L’appel du PACBI pour un boycott culturel d’Israël est strictement institutionnel, c’est à dire qu’il cible les institutions israéliennes pour leur complicité dans l’oppression des Palestiniens par Israël. Ancré dans les préceptes du droit international et des droits humains universels, le mouvement BDS, dont le PACBI, rejette par principe le boycott d’individus fondé sur leur identité (comme la citoyenneté, la race, le genre ou la religion) ou leur opinion.

Pour autant, si un individu représente l’État d’Israël ou une institution israélienne complice, ou bien s’il est missionné/recruté pour participer aux efforts d’Israël pour se créer une nouvelle image, alors ses activités sont sujettes au boycott institutionnel appelé par le mouvement BDS. Les ambassadeurs culturels ne sont pas de simples individus ; ils sont des représentants officiels du régime israélien d’occupation et d’apartheid.

Comme gagnante de l’Eurovision pour Israël, Netta Barzilaï est une représentante d’Israël et une ambassadrice culturelle de son régime d’occupation et d’apartheid. Elle a clairement été recrutée pour participer aux efforts d’Israël pour se créer une nouvelle image. Ces deux aspects rendent ses apparitions boycottables, étant donné qu’elles font partie des efforts d’Israël pour perpétuer une fausse impression de normalité, de blanchiment de ses violations des droits humains des Palestiniens et du droit international.

Le 14 mai, le jour où Israël a massacré 62 Palestiniens à Gaza, dont six enfants, Netta Barzilaï a donné un concert festif à Tel Aviv, accueilli par le maire et elle a dit : « Nous avons une raison d’être heureux ».

Benjamin Netanyahou, le premier ministre d’Israël a appelé Barzilaï « la meilleure ambassadrice d’Israël », soulignant le programme de blanchiment par l’art de son gouvernement d’extrême droite.

Dans une interview datant de juillet 2016 pour Associated Press, Barzilaï a dit « Israël est fantastique. Nous avons des gens fantastiques ». Elle a ajouté : « Nous sommes très chaleureux et vibrants et nous avons de bonnes valeurs (mais) de tellement mauvaises relations avec le monde ».

Les institutions du gouvernement israélien font régulièrement la promotion des spectacles de Barzilaï. Le consulat d’Israël aux États Unis a fait la promotion d’un spectacle en Caroline du Nord et l’ambassade d’Israël en Autriche, à Vienne.

Barzilaï participe aussi au programme de pinkwashing du gouvernement israélien, l’utilisation cynique des droits des LGBT pour masquer son déni continu des droits humains des Palestiniens. Elle s’est produite dans la Tel Aviv Pride soutenue par le gouvernement et à des événements de ce type dans toute l’Europe, notamment à Cologne avec l’ambassade d’Israël comme sponsor. Dans le cadre d’une tournée européenne en novembre 2018, elle se produira à Paris dans un événement organisé par Eliad Cohen de Papa Party et Arisa, qui font partie de la propagande et du pinkwashing d’Israël.

En septembre 2018, BarzilaÏ s’est produite dans un événement organisé par le Keren Hayesod- Appel unifié d’Israël, une quasi institution israélienne.

En août 2018, Barzilaï s’est produite à la fête d’anniversaire de Sheldon Adelson, le milliardaire américain anti palestinien, soutien fanatique du gouvernement d’extrême droite israélien. C’est un des plus gros donateurs aux organisations anti palestiniennes des États Unis et un de principaux financeurs des colonies israéliennes.

Avant de remporter l’Eurovision, Barzilaï s’est produite à la cérémonie d’ouverture de la célébration du 70ème anniversaire d’Israël avec illumination de flambeau, tandis que pour les Palestiniens c’étaient les 70 ans de dépossession et de déplacement depuis la Nakba.

Source: PACBI

Traduction SF pour BDS France




Saison France-Israël : Saison de l’apartheid, Interview de Juliette Simon (BDS France Marseille)

Séries de vidéos de la Campagne BDS France contre la saison France-Israël qui a lieu jusqu’en Novembre 2018.




Action BDS près du Théâtre de Chaillot à Paris : On ne danse pas avec l’apartheid

Le jeudi 11 octobre au soir une quinzaine de militant-e-s de la Campagne BDS France Paris se sont rassemblé-e-s sur le Parvis des Droits de l’Homme, près du Théâtre National de la Danse Chaillot pour dénoncer le spectacle de la troupe « Batsheva Dance Company»  qui a cours actuellement. Nous avons brandi des visuels « On ne danse pas avec l’apartheid », déployé la banderole « Israël Apartheid Boycott » et lu une déclaration pour dénoncer ce spectacle produit dans le cadre de la saison France-Israël.

VOIR LES PHOTOS

Nous avons été écoutés et photographiés par des touristes de passage.

Les organisateurs, côté israélien sont : le bureau du Premier Ministre, les ministères des Affaires étrangères, de la Culture, de l’Agriculture, de l’Économie, des Affaires stratégiques, des Affaires de Jérusalem, du Tourisme, de l’Industrie, des Sciences et l’Ambassade d’Israël en France !

La Saison croisée France/Israël 2018 organisent des événements culturels qui honorent l’État d’Israël, dont le 70ème anniversaire de sa création.

Elle permet de présenter Israël comme un pays attractif, respectueux des droits humains, ouvert à la diversité culturelle et même aux critiques. De fait elle est destinée à blanchir les crimes, à essayer de redorer l’image d’un État qui se caractérise par :

les récents massacres à Gaza contre les manifestant-e-s non violent-e-s des Marches pour le droit au retour des réfugiés (droit inscrit dans la résolution 194 de l’ONU), la dépossession continuelle du peuple autochtone palestinien, l’occupation, la colonisation, l’apartheid (récemment officialisé par une « Loi fondamentale » à valeur constitutionnelle), le blocus de Gaza, l’annexion de Jérusalem avec le soutien de Trump, les pratiques liberticides ou d’épuration ethnique contre les Palestiniens d’Israël dont les Bédouins, la violation constante des résolutions internationales, la répression criminelle contre les résistant-e-s qui se révoltent contre cette situation, la détention de milliers de prisonnier-e-s (dont 291 enfants en juin 2018) souvent sans charge ni jugement (la « détention administrative »), la répression sévère contre les artistes et les sportifs palestiniens, qui ne peuvent pas se déplacer librement, la fermeture des frontières à toute personne soupçonnée de participer de près ou de loin au BDS, ce qui revient à exclure du pays celles et ceux qui s’opposent à sa politique …

Le Théâtre National de la Danse Chaillot se rend donc complice des tentatives de l’État Israélien de normaliser son image.

Mais des artistes s’engagent !  Ainsi 80 personnalités issues du monde des arts, ont affirmé leur refus de participer à la « Saison France-Israël ». Parmi elles : Alain Damasio, Annie Ernaux, Tardi, Dominique Grange, Nathalie Quintane, Jean-Luc Godard et la chorégraphe Maguy Marin, Et une campagne importante se développe appelant à boycotter l’Eurovision 2019 s’il a lieu en Israël.

Israël doit faire l’objet de sanctions tant que cet État ne respecte pas le droit international. Souvenons-nous, qu’en 2011, la France annulait de nombreuses manifestations de la saison France-Mexique suite à la condamnation, par la justice mexicaine de la française Florence Cassez. Les crimes israéliens, sans commune mesure avec cette affaire, devraient commander une annulation des manifestations de la saison France Israël.

Refusons le blanchiment du colonialisme et de l’apartheid israélien !

Solidarité avec le peuple palestinien !

Soutien à la grande marche du retour à Gaza !

Saison France-Israël, saison de l’apartheid !

La Campagne BDS France à Paris


Don’t dance with Israeli Apartheid ! : BDS protest near Théâtre Chaillot against Batsheva company in Paris  – 11 october 2018
On the evening of October 11, 2018 around fifteen activists from the BDS France Paris Campaign gathered at the Parvis des Droits de l’Homme, near the Chaillot – National Theatre of Dance in Paris to denounce the forthcoming performance of the Batsheva Dance Company, which is scheduled to take place over a period of three days. They carried signs which read « Don’t dance with apartheid », unfurled an « Israel Apartheid Boycott » banner and read a statement denouncing this show which is produced as part of the France-Israel Season.
 
PHOTOS:
 
Tourists and other passersby in the area stopped to listen to and photograph us. 
 
The organizers, on the Israeli side, include the Prime Minister’s Office, the Ministries of Foreign Affairs, Culture, Agriculture, Economy, Strategic Affairs, Jerusalem Affairs, Tourism, Industry, and of Science as well as the Israeli Embassy in France.
 
The 2018 France-Israel Season organizes cultural events honoring the State of Israel, including the 70th anniversary of its creation. It portrays Israel as an attractive country, respectful of human rights, open to cultural diversity and even to criticism. Its goal is to whitewash Israel’s crimes, and to try and restore the image of a country characterized by:
 
–      the recent massacres in Gaza against non-violent protesters from the March for the Right of Return of Refugees (a right enshrined in UN resolution 194);
–      the continued dispossession of the Palestinian people through occupation, colonization and apartheid (recently formalized by a « Constitutional Law »);
–      the blockade of Gaza and the annexation of Jerusalem with the support of Trump;
–      the repression and ethnic cleansing of Bedouins and other Palestinians in Israel;
–      the constant violation of international resolutions, the criminal repression of anyone who resists this situation, and the “administrative detention” of thousands of Palestinian prisoners (including 291 children in June 2018) often without charge or sentencing; 
–      the repression against Palestinian artists and athletes, whose movements are severely restricted
–      and the closing of Israel/Palestine’s borders to anyone suspected of participating directly or indirectly in BDS, which effectively excludes from the country those who oppose Israeli government policy.
 
Given the above, the Chaillot – National Theatre of Dance is complicit in Israel’s attempts to whitewash its image. But artists are standing up to this attempt! So far 80 leading figures from the world of the arts have refused to participate in the France-Israel Season. They include Alain Damasio, Annie Ernaux, Tardi, Dominique Grange, Nathalie Quintane, Jean-Luc Godard and choreographer Maguy Marin. A major campaign is also underway calling for the boycott of Eurovision 2019 if it takes place in Israel.
 
Israel must be subject to sanctions as long as it does not respect international law. In 2011, France canceled many of its France-Mexico Season events following the sentencing of French citizen Florence Cassez by a Mexican court. Israeli crimes, which far exceed those of the Cassez case, should necessitate a cancellation of the of France-Israel Season planned events.
 
We must refuse the whitewashing of colonialism and Israeli apartheid!
Solidarity with the Palestinian people!
Support for the March of Return to Gaza!
Season France-Israel, Season of Apartheid!
The BDS French Campaign – Paris



Saison France-Israël : Saison de l’apartheid, Interview de Jérôme Faynel (Collectif 69 – BDS France)

Séries de vidéos de la Campagne BDS France contre la saison France-Israël qui a lieu jusqu’en Novembre 2018.




Saison France-Israël : Saison de l’apartheid, Interview d’Ivar Ekeland (Aurdip – BDS France)

Séries de vidéos de la Campagne BDS France contre la saison France-Israël qui a lieu jusqu’en Novembre 2018.




Magic System s’il vous plaît, ne chantez pas pour l’apartheid israélien

Chers A’salfo, Goudé, Manadja et Tino

Selon nos informations, vous êtes invités à vous produire à la fin du mois de septembre à Ashdod en Israël, lors des Francofolies.

Dans le cadre de la Campagne BDS Boycott-  Désinvestissement- Sanctions, nous nous joignons à la société civile palestinienne  pour vous demander de ne pas participer à ce festival.

Depuis 2006, le gouvernement israélien instrumentalise les prestations artistiques à des fins de propagandes à travers un programme appelé Brand Israël.

 Dans le cadre de la Saison croisée France-Israël,  ce festival participe d’une nouvelle opération  destinée à redorer l’image de ce pays sur la scène internationale. Rejoindre ce festival, c’est envoyer un message que ce que fait Israël est acceptable, c’est cautionner le blanchiment des crimes et des violations des Droits de l’Homme, tels les massacres commis à Gaza depuis ces douze années de blocus inhumain.

Chaque jour les colonies illégales israéliennes se répandent en Cisjordanie et volent toujours plus de terres aux Palestiniens. Entre mars et mai de cette année, les snipers de l’armée israélienne ont tué 140 manifestants pacifiques à Gaza. Gaza est bombardé presque chaque jour.

Au début du mois d’août, des missiles israéliens ont complètement détruit le centre culturel Al Mishal.

« C’est une guerre contre tout ce qui fait l’identité palestinienne: la musique, la culture ou même la danse », dit Nidal Eissa, le directeur adjoint du centre.

À chaque fois que l’occasion lui en est donnée, Israël s’efforce d’effacer la culture palestinienne.

Enfin, comble de l’immoralité, le parlement israélien vient de voter une loi décrétant l’État-nation du peuple juif. Israël a toujours pratiqué la discrimination envers les Palestiniens, mais cette loi entérine la domination d’une population sur une autre. De par la loi, seuls les Israéliens juifs ont droit à l’autodétermination; les Palestiniens, eux, en sont dépossédés et leurs droits élémentaires sont niés.

Et que dire des Juifs originaires d’Afrique, qui n’ont pas la « bonne couleur de peau » et qui subissent au quotidien un flagrant mépris, en n’étant pas admis dans les institutions et en étant frappés plus fort que les autres citoyens israéliens par la pauvreté et le chômage ?

Dans les années 1970 et 1980, de nombreux artistes ont boycotté un autre État qui avait légalisé la discrimination : l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Actuellement, de nombreux artistes dans le monde protestent contre la tenue de l’Eurovision en Israël et des milliers d’autres ont décidé de ne pas se produire en Israël, dont Lorde, Lauryn Hill, Shakira, Vanessa Paradis, Lhasa, Annie Lennox, Cat Power, Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Aziza Brahim, Roger Waters, Elvis Costello, Brian Eno, Thurston Moore, Gilberto Gil, Chuck D., Gil Scott-Heron, Jason Moran, Richard Bona, Eddie Palmieri, Salif Keita, Jello Biafra, Jean-Luc Godard, Tardi, Portishead, The Young Fathers ou Massive Attack!

Lorsqu’elle a été invitée au festival de cinéma d’Israël, la cinéaste indienne Mira Naïr a déclaré : « J’irai en Israël quand l’occupation sera terminée. J’irai en Israël quand l’État ne privilégiera pas une religion par rapport à une autre. J’irai en Israël quand il n’y aura plus d’apartheid ».

 Très récemment, de nombreux artistes internationaux, dont Lana Del Rey, ont annulé leur participation au Méteor Festival qui aura lieu dans quelques jours à Tel Aviv.

Rejoignez cette initiative pour la justice, entendez l’appel des Palestiniens qui vous demandent de ne pas faire partie de ceux qui cautionnent leur oppression !

Vous-mêmes, dans votre chanson « L’eau va manquer », vous prônez l’entraide et la liberté :

« il faut nous rassembler il faut s’entraider
chacun doit changer chacun peut changer
il faut se libérer nous réinventer car même l’eau va manquer »

Mais vous savez que l’eau manque déjà à Gaza puisque, en raison du blocus israélien, 95% de l’eau qui coule dans ce territoire est impropre à la consommation. Vous savez aussi que les colonies israéliennes volent aux Palestiniens les sources d’eau en Cisjordanie occupée…

Aujourd’hui le peuple palestinien nous demande de les aider en refusant toute complicité avec l’État israélien.

 Ne soyez pas insensible à cet appel…

Positionnez-vous du côté de la solidarité avec les Palestiniens qui subissent la violence et l’injustice en refusant de participer à ce festival des « Francofolies » et en transmettant ce message aux organisateurs.

Juliette, pour la Campagne BDS France



Plus de 140 artistes signent une lettre appelant au boycott de l’Eurovision 2019 si elle a lieu en Israël

Eurovision, ne blanchissez pas l’occupation militaire et les violations des droits humains par Israël

7 septembre 2018

Nous, sous-signés, artistes d’Europe et d’ailleurs, soutenons le vibrant appel des artistes palestiniens à boycotter le Concours de l’Eurovision 2019 qui doit être accueilli par Israël. Jusqu’à ce que les Palestiniens puissent jouir de la liberté, de la justice et des droits égaux de tous les êtres humains, il ne devrait pas y avoir de « business-as-usual » avec l’état qui dénie leurs droits fondamentaux.

Le 14 mai, quelques jours après la victoire d’Israël à l’Eurovision, l’armée israélienne a tué 62 manifestants palestiniens non armés à Gaza, dont six enfantset en a blessé des centainesla plupart à balles réellesAmnesty International a condamné la politique israélienne de « tirer-pour-tuer-ou-mutiler » et Human Rights Watch a décrit les massacres comme « illégaux et calculés ».

L’ Eurovision 2019 devrait être boycotté s’il est accueilli par Israël, alors que ce pays continue depuis des décennies ses graves violations des droits humains palestiniens.

Nous comprenons que l’Union européenne de radio-télévision demande qu’Israël trouve un lieu «  non conflictuel » pour l’Eurovision 2019. Elle devrait annuler complètement l’accueil du concours par Israël et le déplacer vers un autre pays avec un meilleur dossier en matière de droits humains. L’injustice divise, alors que la poursuite de la dignité et des droits humains réunit.

L-FRESH The LION, musician, Eurovision 2018 national judge (Australia)
Helen Razer, broadcaster, writer (Australia)
Candy Bowers, actor, writer, theatre director (Australia)
Blak Douglas, artist (Australia)
Nick Seymour, musician, producer (Australia)
DAAN, musician, songwriter (Belgium)
Daan Hugaert, actor (Belgium)
Alain Platel, choreographer, theatre director (Belgium)
Marijke Pinoy, actor (Belgium)
Code Rouge, band (Belgium)
DJ Murdock, DJ (Belgium)
Helmut Lotti, singer (Belgium)
Raymond Van het Groenewoud, musician (Belgium)
Stef Kamil Carlens, musician, composer (Belgium)
Charles Ducal, poet, writer (Belgium)
Fikry El Azzouzi, novelist, playwright (Belgium)
Erik Vlaminck, novelist, playwright (Belgium)
Rachida Lamrabet, writer (Belgium)
Slongs Dievanongs, musician (Belgium)
Chokri Ben Chikha, actor, theatre director (Belgium)
Yann Martel, novelist (Canada)
Karina Willumsen, musician, composer (Denmark)
Kirsten Thorup, novelist, poet (Denmark)
Arne Würgler, musician (Denmark)
Jesper Christensen, actor (Denmark)
Tove Bornhoeft, actor, theatre director (Denmark)
Anne Marie Helger, actor (Denmark)
Tina Enghoff, visual artist (Denmark)
Nassim Al Dogom, musician (Denmark)
Patchanka, band (Denmark)
Raske Penge, songwriter, singer (Denmark)
Oktoberkoret, choir (Denmark)
Nils Vest, film director (Denmark)
Britta Lillesoe, actor (Denmark)
Kaija Kärkinen, singer, Eurovision 1991 finalist (Finland)
Kyösti Laihi, musician, Eurovision 1988 finalist (Finland)
Kimmo Pohjonen, musician (Finland)
Paleface, musician (Finland)
Manuela Bosco, actor, novelist, artist (Finland)
Noora Dadu, actor (Finland)
Pirjo Honkasalo, film-maker (Finland)
Ria Kataja, actor (Finland)
Tommi Korpela, actor (Finland)
Krista Kosonen, actor (Finland)
Elsa Saisio, actor (Finland)
Martti Suosalo, actor, singer (Finland)
Virpi Suutari, film director (Finland)
Aki Kaurismäki, film director, screenwriter (Finland)
Pekka Strang, actor, artistic director (Finland)
HK, singer (France)
Dominique Grange, singer (France)
Imhotep, DJ, producer (France)
Francesca Solleville, singer (France)
Elli Medeiros, singer, actor (France)
Mouss & Hakim, band (France)
Alain Guiraudie, film director, screenwriter (France)
Tardi, comics artist (France)
Gérard Mordillat, novelist, filmmaker (France)
Eyal Sivan, film-maker (France)
Rémo Gary, singer (France)
Dominique Delahaye, novelist, musician (France)
Philippe Delaigue, author, theatre director (France)
Michel Kemper, online newspaper editor-in-chief (France)
Michèle Bernard, singer-songwriter (France)
Gérard Morel, theatre actor, director, singer (France)
Daði Freyr, musician, Eurovision 2017 national selection finalist (Iceland)
Hildur Kristín Stefánsdóttir, musician, Eurovision 2017 national selection finalist (Iceland)
Mike Murphy, broadcaster, eight-time Eurovision commentator (Ireland)
Mary Black, singer (Ireland)
Christy Moore, singer, musician (Ireland)
Charlie McGettigan, musician, songwriter, Eurovision 1994 winner (Ireland)
Mary Coughlan, singer (Ireland)
Luka Bloom, singer (Ireland)
Robert Ballagh, artist, Riverdance set designer (Ireland)
Aviad Albert, musician (Israel)
Michal Sapir, musician, writer (Israel)
Ohal Grietzer, musician (Israel)
Yonatan Shapira, musician (Israel)
Danielle Ravitzki, musician, visual artist (Israel)
David Opp, artist (Israel)
Assalti Frontali, band (Italy)
Radiodervish, band (Italy)
Moni Ovadia, actor, singer, playwright (Italy)
Vauro, journalist, cartoonist (Italy)
Pinko Tomažič Partisan Choir, choir (Italy)
Jorit, street artist (Italy)
Marthe Valle, singer (Norway)
Mari Boine, musician, composer (Norway)
Aslak Heika Hætta Bjørn, singer (Norway)
Nils Petter Molvær, musician, composer (Norway)
Moddi, singer (Norway)
Jørn Simen Øverli, singer (Norway)
Nosizwe, musician, actor (Norway)
Bugge Wesseltoft, musician, composer (Norway)
Lars Klevstrand, musician, composer, actor (Norway)
Trond Ingebretsen, musician (Norway)
José Mário Branco, musician, composer (Portugal)
Francisco Fanhais, singer (Portugal)
Tiago Rodrigues, artistic director, Portuguese national theatre (Portugal)
Patrícia Portela, playwright, author (Portugal)
Chullage, musician (Portugal)
António Pedro Vasconcelos, film director (Portugal)
José Luis Peixoto, novelist (Portugal)
N’toko, musician (Slovenia)
ŽPZ Kombinat, choir (Slovenia)
Lluís Llach, composer, singer-songwriter (Spanish state)
Marinah, singer (Spanish state)
Riot Propaganda, band (Spanish state)
Fermin Muguruza, musician (Spanish state)
Kase.O, musician (Spanish state)
Soweto, band (Spanish state)
Itaca Band, band (Spanish state)
Tremenda Jauría, band (Spanish state)
Teresa Aranguren, journalist (Spanish state)
Julio Perez del Campo, film director (Spanish state)
Nicky Triphook, singer (Spanish state)
Pau Alabajos, singer-songwriter (Spanish state)
Mafalda, band (Spanish state)
Zoo, band (Spanish state)
Smoking Souls, band (Spanish state)
Olof Dreijer, DJ, producer (Sweden)
Karin Dreijer, singer, producer (Sweden)
Dror Feiler, musician, composer (Sweden)
Michel Bühler, singer, playwright, novelist (Switzerland)
Wolf Alice, band (UK)
Carmen Callil, publisher, writer (UK)
Julie Christie, actor (UK)
Caryl Churchill, playwright (UK)
Brian Eno, composer, producer (UK)
AL Kennedy, writer (UK)
Peter Kosminsky, writer, film director (UK)
Paul Laverty, scriptwriter (UK)
Mike Leigh, writer, film and theatre director (UK)
Ken Loach, film director (UK)
Alexei Sayle, writer, comedian (UK)
Roger Waters, musician (UK)
Penny Woolcock, film-maker, opera director (UK)
Leon Rosselson, songwriter (UK)
Sabrina Mahfouz, writer, poet (UK)
Eve Ensler, playwright (US)
Alia Shawkat, actor (US)

Source: The Guardian



Des citoyens israéliens à Lætitia Sadier

Septembre 2018

Chère Laetitia Sadier,

Nous sommes un groupe de citoyens israéliens soutenant la campagne BDS.

Nous vous avons déjà envoyé une lettre, vous demandant de ne pas participer au Meteor Festival, qui est utilisé par l’état d’Israël pour se vendre comme « une démocratie multiculturelle cool ».

En réponse à votre note précédente, nous aimerions clarifier notre point. BDS est l’opposé d’une guerre. BDS est une campagne non violente pour mettre fin à la guerre et à l’oppression, à savoir l’apartheid et la guerre d’Israël contre le peuple palestinien. Nous pensons que votre note récente témoigne une certaine incompréhension de la situation ici et du rôle d’une manifestation politique.

Dans votre note, vous arguez que certains Israéliens sont opposés au gouvernement israélien pour justifier votre spectacle ici. Vous affirmez aussi que le festival « relie » les gens. Nous constatons que c’est complètement faux. D’abord, même s’il y a des dissidents israéliens (nous en sommes), l’opposition de terrain à l’intérieur d’Israël contre les crimes de guerre actuels d’Israël est très petite. De plus, des millions de Palestiniens vivant sous l’apartheid israélien, dans la bande de Gaza assiégée et bombardée ou en Cisjordanie occupée et colonisée, ne sont pas autorisés à traverser la ligne verte pour aller au festival. Aucun lien, aucun apaisement, ne peut avoir lieu dans de telles circonstances.

La musique ne peut jouer un rôle constructif que si elle fait partie d’une campagne politique pertinente fondée sur la réalité. Par exemple, des concerts par des artistes internationaux dans l’Afrique du Sud de l’apartheid avaient très peu de signification si l’idée était simplement « de promouvoir la paix ». D’un autre côté, un morceau de musique comme « I ain’t gonna play Sun City » [Je ne vais pas jouer à Sun City] par les Artistes Unis contre l’Apartheid a aidé à éduquer le public général et à galvaniser le mouvement international pour la justice et l’égalité en Afrique du Sud.

La campagne BDS pour mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud est considérée comme très justifiée de nos jours, même si quelques Blancs d’Afrique du Sud étaient opposés au régime d’apartheid. En fait, les militants anti-apartheid blancs en Afrique du Sud soutenaient la campagne.

Nous espérons que vous comprenez que la campagne BDS ne cible pas des individus, mais que son but est de mettre fin à une occupation militaire agressive et au régime d’apartheid de l’état d’Israël.

Nous voudrions citer une courageuse déclaration morale de Of Montreal, qui a annulé son spectacle au Meteor Festival :

« Ignorer l’appel à se lever pour soutenir un groupe opprimé d’êtres humains est une des pires choses qu’on peut faire ». 

Nous espérons que vous reconsidérerez votre décision, et annulerez votre spectacle au Meteor Festival.

Bien à vous

Boycott from Within (Citoyens israéliens pour BDS)

Source: Boycott From Within

Traduction: C.G pour BDS France




Itay Tiran, le comédien et metteur en scène de théâtre n°1 d’Israël : BDS est une forme légitime de résistance

 

Ravit Hecht – Haaretz – 5 septembre 2018

Tiran a insisté sur le fait que la situation politique n’est pas la raison principale pour laquelle il quitte le pays, et qu’il ne se considère pas comme un « exilé politique ».

« BDS est une forme tout à fait légitime de résistance. Et si nous voulons prôner un certain type de débat politique qui ne soit pas violent, nous devons renforcer ces voix, même si c’est difficile », dit Itay Tiran, largement considéré comme le comédien et metteur en scène de théâtre-phare d’Israël, dans une interview à Haaretz à la veille de son départ pour l’Allemagne.

« Je pense qu’une gauche politique normale devrait soutenir BDS » dit-il. Après tout, peu importe ce que fera le Palestinien. Quand il commet un acte terroriste, on l’appelle un terroriste violent et sanguinaire. Et quand il soutient BDS, c’est un terroriste politique ».

« Si ce qui conduit finalement à une solution ici est une pression non-violente, réalisée en tant que discours politique, alors pourquoi ne pas la soutenir ? C’est une approche humaniste et aussi pratique ; je pense qu’elle empêchera les guerres à venir » a-t-il dit.

Tiran, qui a 38 ans, et dont les déclarations de gauche ont attiré l’attention par le passé, faisait partie des premiers signataires de la pétition de gens de théâtre israéliens qui, en 2010 revendiquaient de ne pas se produire dans le nouveau centre culturel ouvert à Ariel.

Il quitte le Théâtre Cameri après 16 années où il était son principal acteur et il rejoint une troupe au Théâtre d’État de Stuttgart, après avoir déjà joué et mis en scène en Allemagne. Il envisage aussi la mise en scène, entre autres, au Burgtheater de Vienne. Il a récemment eu un rôle dans le film « Une araignée sur le Web », une coproduction belgo-néerlando-israélienne réalisée par Eran Riklis, dont Ben Kingsley et Monica Belluci sont les vedettes.

À propos de la situation politique en Israël, il a dit : « Je pense qu’on a touché le fond avec l’assassinat de Rabin, qui a modelé ma conscience politique d’enfant et le dernier coup fut la guerre de 2014 à Gaza. Et entre les deux, il y a plein d’autres points. Vous vous levez le matin, buvez votre café et lisez le journal. Vous lisez un article et vous dites : alors est-ce le moment où on est devenus fascistes ou non » ?

Vous êtes seul et vous jouez à un jeu, et peu à peu vous vous rendez compte que tout ce que vous faites est de continuer à vous poser cette question et de jouer à ce jeu, sans décider » a-t-il dit.

Pour autant, Tiran a insisté sur le fait que la situation politique n’est pas la raison principale pour laquelle il quitte le pays, et qu’il ne se considère pas comme un « exilé politique ».

« Si la loi de l’État-Nation est une référence à partir de laquelle vous calculez où en est la société israélienne, alors la loi est clairement raciste, inégalitaire ; c’est une nouvelle étape dans le tournant nationaliste pris ici. D’un autre côté, je dis qu’elle n’est pas seulement mauvaise. Pourquoi ? Parce qu’elle extirpe une sorte d’inconscient collectif qui a toujours existé ici » a-t-il dit.

« La Déclaration d’Indépendance et le discours sur l’égalité et les valeurs, tout ça c’était l’auto-lissage d’une fanfaronnade colonialiste d’un libéralisme éclairé. Il y a des gens qui se caractérisent encore par «centre-gauche » et qui pensent toujours que s’ils mettent le mot égalité dans la loi, tout ira bien. Ce n’est pas mon avis. Et vraiment, le contre-argument justifié par la droite était : Attendez, il y la Loi du Retour. Qu’est ce qui fait que c’est seulement la loi de l’État-nation qui vous rend fous ? » remarque-t-il.

Donc vous dites que le sionisme est un racisme, de toute façon ?

Oui

Que le sionisme est un colonialisme ?

Oui, exactement. Donc il nous faut tous regarder la vérité en face, et choisir son camp.

Source: Haaretz

Traduction SF pour BDS France

 




Une réponse de citoyens israéliens à Ivan Smagghe

Septembre 2018

Cher Ivan Smagghe,

Nous sommes une association de citoyens israéliens qui soutenons BDS.

Nous vous avons déjà envoyé une lettre , vous demandant de ne pas prendre part au Festival Meteor, qui sert à l’État d’Israël à se vendre en tant que « tranquille démocratie multiculturelle ».

Nous avons été déçus en lisant votre récente note qui, à notre avis, ne traite pas le cœur du sujet.

Dans votre note, vous mettez en avant que vous comprenez la situation ici. Pourtant, quand vous prétendez que certains Israéliens (vos « amis ») s’opposent au gouvernement israélien afin de justifier votre présence ici, c’est faux. Nous entendons très souvent cet argument. Alors qu’il est vrai que ce type d’Israéliens existe (nous sommes quelques uns d’entre eux), l’opposition sur le terrain à l’intérieur d’Israël aux crimes de guerre incessants d’Israël est très réduite.

La campagne BDS pour mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud est considérée comme très légitime. Pourtant, quelques blancs d’Afrique du Sud étaient opposés au régime d’apartheid.

Il n’y a là aucune contradiction. Les citoyens israéliens qui sont en totale solidarité avec le peuple palestinien ne devraient avoir aucun problème à justifier la campagne BDS non violente, démocratique, populaire pour mettre fin aux atrocités d’Israël. BDS a été efficace en Afrique du Sud et les militants blancs anti-apartheid d’Afrique du Sud ont soutenu cette campagne.

Nous espérons que vous comprenez que la campagne BDS ne vise pas les individus, mais que son but est de mettre fin à l’occupation militaire belliqueuse et au régime d’apartheid de l’État d’Israël.

Nous aimerions citer une déclaration moralement courageuse de Of Montreal qui a annulé sa présence au Festival Meteor :

« Ignorer l’appel à se tenir aux côtés d’un groupe humain opprimé, c’est l’une des pires choses que l’on puisse faire. »

Nous espérons que vous reconsidérerez votre décision et que vous annulerez votre présence au Festival Meteor.

Sincèrement,

Boycott From Within [Boycott de l’Intérieur], citoyens israéliens pour BDS.

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Laetitia Sadier, Ivan Smagghe: s’il vous plaît annulez votre concert! #Meteor

Cher Ivan Smagghe,

Chère  Laetitia Sadier,

Vous êtes invité·e à vous produire au festival Meteor en Israël en septembre. Nous nous joignons à la société civile palestinienne et à des Israéliens pour vous demander de ne pas y aller.

Lana Del Rey vient d’annoncer sur Twitter l’annulation de sa participation:

comme avant elle Khalas, Zenobia , le duo sud africain Black Motion , Volvox et DJ Python et quatre autres artistes qui étaient également annoncés ou invités à ce festival.

Israël a toujours pratiqué la discrimination envers les Palestiniens, mais pas plus tard que le mois dernier, le parlement israélien a franchi une étape supplémentaire. Il a voté la loi de l’État -Nation Juif. Cette loi donne au groupe ethnique dominant des droits que d’autres n’ont pas. De par la loi, seuls les Israéliens juifs ont droit à l’autodétermination; les Palestiniens n’ont pas ce droit.

Dans les années 1970 et 1980, des musiciens ont boycotté un autre État qui avait légalisé la discrimination – c’est l’Afrique du Sud de l’apartheid. Nous vous demandons d’adopter la même position envers Israël de l’apartheid.

Vous ne seriez pas seul·e. Des milliers d’artistes dans le monde ont décidé de ne pas se produire en Israël, dont Lorde, Mme Lauryn Hill, Thurston Moore, Shakira, Wolf Alice, Chuck D, Portishead, Brian Eno, et les Young Fathers.

Le gouvernement israélien utilise des prestations internationales comme une marque d’approbation. Se produire dans un festival international de musique en Israël envoie comme message que ce que fait Israël est acceptable. C’est du blanchiment.

Voilà ce qu’Israël blanchit: il utilise tous les moyens en sa possession pour effacer la culture palestinienne. Ses colonies illégales se répandent en Cisjordanie par le vol de terres aux Palestiniens. Entre mars et mai de cette année, ses snipers ont tué 140 manifestants pacifiques à Gaza. Gaza est bombardé presque chaque jour. Au début de ce mois, des missiles israéliens ont attaqué le centre culturel Al Mishal et l’ont complètement détruit. « C’est une guerre contre tout ce qui fait l’identité palestinienne: la musique, la culture ou même la danse Dabké », dit Nidal Eissa, le directeur adjoint du centre.

Pendant que vous vous produirez à Meteor, des Palestiniens endureront ce type de violence.

La cinéaste Mira Naïr a dit, lorsqu’elle a été invitée au festival de cinéma d’Israël: « J’irai en Israël quand l’occupation sera terminée. J’irai en Israël quand l’État ne privilégiera pas une religion par rapport à une autre. J’irai en Israël quand il n’y aura plus d’apartheid ».

C’est le message dont nous espérons que vous le transmettrez aux organisateurs de Météor.

Dans l’attente de votre réponse,

Bien à vous,

Imen pour la Campagne BDS France




Plus de la moitié des conférenciers invités se retirent d’un colloque scientifique dans une université israélienne des colonies

20 août 2018 / Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)

 

Six des onze conférenciers invités ont confirmé l’annulation de leur participation à un colloque de physique à l’université Ariel, construite en territoire palestinien occupé dans une colonie israélienne illégale. Les universitaires palestiniens demandent aux conférenciers restants de se retirer de la conférence.

La lettre suivante a été envoyée le 2 août 2018 aux conférenciers invités du colloque « Inflation, alternatives et ondes gravitationelles » qui doit se tenir du 3 au 6 septembre à l’université Ariel. Cette université est construite en terre palestinienne occupée, dans la colonie israélienne illégale d’Ariel. Plus de la moitié de ceux invités à parler ont confirmé qu’ils n’y assisteraient pas. Bien que certains se soient retirés depuis plusieurs semaines, le site web du colloque continue, de manière trompeuse, à afficher leurs noms. Nous demandons aux conférenciers restants de soutenir leurs collègues palestiniens et de se retirer du colloque.

Nous vous écrivons en tant que conférencier invité au colloque intitulé « Inflation, alternatives et ondes gravitationelles » à l’université Ariel, 3-6 septembre 2018. Nous, Fédération palestinienne des syndicats de professeurs et d’employés d’universités (PFUUPE) et Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), nous vous demandons d’annuler votre participation à cette université, qui est construite en terre palestinienne occupée en violation du droit international.

L’université Ariel est construite dans la colonie israélienne illégale du même nom en Cisjordanie palestinienne occupée. Le consensus international est que les colonies israéliennes sont illégales. La résolution 2334 du Conseil de sécurité des Nations Unies a récemment reconfirmé cette position, maintenant que l’activité de colonisation d’Israël « n’a aucune validité juridique et constitue une violation flagrante selon le droit international ». Selon la 4ème Convention de Genève, les colonies israéliennes constituent un crime de guerre.

La colonie d’Ariel a été construite sur des terrains volés aux villages palestiniens alentour et sur des terres que des familles palestiniennes ont cultivées pendant des générations. Le mur d’apartheid construit pour annexer Ariel à Israël, et déclaré illégal en 2004 par la Cour pénale internationale (ICJ), sépare des villages palestiniens les uns des autres et restreint leur liberté de mouvement et leur développement. Les Palestiniens doivent vivre avec la puanteur des eaux usées d’Ariel, ce qui affecte leur santé, détruit leurs récoltes et pollue leurs sources d’eau.

Les colonies, qui privent les Palestiniens de terres et de ressources, font partie du système israélien d’oppression qui domine tous les aspects de la vie palestinienne, en particulier l’éducation.

Les checkpoints militaires israéliens restreignent les déplacements vers, et depuis, les universités des étudiants, chercheurs et professeurs palestiniens. Israël empêche les étudiants palestiniens dans Gaza assiégée, où près de deux millions de personnes vivent avec quatre heures d’électricité par jour, d’étudier dans les universités palestiniennes de Cisjordanie ou de quitter Gaza pour des universités à l’étranger.

Israël refuse des permis de voyage aux universitaires palestiniens, limitant sévèrement leur accès à des conférences internationales.

Depuis le début de l’année universitaire, Israël a refusé l’entrée ou refusé de renouveler des visas d’un grand nombre d’universitaires des universités palestiniennes détenant des passeports étrangers.

Israël dénie aux Palestiniens le droit fondamental à la liberté académique et l’université Ariel joue un rôle actif [en cela].

L’Union européenne et la Fondation binationale pour la science US-Israël excluent les institutions universitaires israéliennes dans les territoires occupés, comme l’université Ariel, de leurs subventions et de leurs programmes de recherche.

Des associations universitaires israéliennes, dont l’Association israélienne d’anthropologie et la Société israélienne de sociologie, ainsi que 1200 universitaires israéliens, ont banni l’université Ariel et refusent de collaborer avec elle.

Plus tôt dans l’année, l’université Kasetsart de Bangkok a mis fin à son partenariat avec l’université Ariel pour une conférence d’études sur les femmes.

Ces mesures prennent acte du fait que collaborer avec l’université Ariel signifie nécessairement normaliser les politiques illégales d’Israël qui dénie les droits palestiniens et étouffe l’enseignement supérieur palestinien.

En participant à un colloque à l’université Ariel, vous prêterez votre nom et votre savoir à cet objectif, ce que, nous en sommes sûrs, vous ne voulez pas faire.

Nous, universitaires palestiniens et défenseurs des droits humains, vous demandons de faire ce qui est juste et d’annuler votre participation à cette conférence dans la colonie illégale d’Ariel.

Dans l’attente de votre réponse et du plaisir de discuter plus longuement avec vous,

Cordialement,

La Fédération palestinienne des syndicats de professeurs et d’employés d’universités (PFUUPE)

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI)

La Fédération palestinienne des syndicats de professeurs et d’employés d’universités (PFUUPE) représente plus de 6 000 membres du personnel universitaire palestinien dans 13 institutions d’enseignement supérieur en territoire palestinien occupé.

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a été lancée en 2004 afin de contribuer au combat pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens. PACBI défend le boycott des institutions universitaires et culturelles israéliennes, étant donné leur profonde et persistante complicité dans le déni par Israël des droits palestiniens tels qu’ils sont stipulés dans le droit international.

Source: PACBI

Traduction: C.G pour BDS France




Lettre aux artistes: Boycottez le festival Pop-Kultur!

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël appelle au boycott de Pop-Kultur Berlin, jusqu’au rejet du financement d’Israël.

Laura Perrudin, Valérie Renay, Malik Djoudi, Agar Agar, Voyou,  rejoignez les nombreux artistes qui ont annulé leurs participations au festival Pop Kultur qui aura lieu du 15 au 17 Août 2018!

Lettre aux artistes:

Nous sommes des militants de la campagne BDS France, et nous vous écrivons au sujet de votre participation au Festival Pop-Kultur de Berlin.

Les nombreux artistes qui se sont retirés du Festival Pop-Kultur, cette année ainsi qu’en 2017, ont attiré notre attention sur le partenariat existant entre le festival et l’ambassade d’Israël. Ce n’est pas souvent que des artistes renoncent aux opportunités qu’offre un festival tel que Pop-Kultur. Nous espérons sincèrement que vous prêterez attention à leurs réflexions et que vous envisagerez de les rejoindre dans leur annulation de principe.

Vous êtes sans aucun doute au courant des massacres à répétitions que perpétue Israël à Gaza. Massacre de manifestants désarmés qui réclament la fin du siège que leur impose Israël depuis plus de dix ans, ainsi que le droit au retour à leurs terres d’origine. Rien que ces trois derniers mois, l’armée israélienne a tué plus de 150 Palestiniens dans la Bande de Gaza, dont des enfants. Les enquêtes internes de l’armée considèrent ces tirs de sniper des « incidents opératoires ».

En Cisjordanie, Israël met en place depuis plus de 50 ans un régime militaire brutal et belliqueux et développe son projet de colonisation de peuplement, qu’un récent rapport du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme décrit comme une “[violation des droits humains] généralisée et désastreuse, impactant chaque aspect de la vie des Palestinien.ne.s”.

A l’intérieur même d’Israël, les citoyens palestiniens sont sujets à plus de 65 lois niant leur égalité et leurs droits humains et civiques. La loi la plus récente a été votée dans le cadre de la « Loi sur l’État-Nation », qui a, de fait, entériné l’apartheid dans la constitution israélienne.

Israël utilise ouvertement et activement la culture dans le cadre de sa stratégie de communication. Le ministère israélien des affaires étrangères avoue ouvertement qu’il dépense des centaines de millions de dollars chaque année pour améliorer l’image d’Israël. Le “Brand Israel” a été conçu il y a une dizaine d’années afin de changer l’image ternie d’Israël dans la monde. Image que des décennies d’occupation, d’apartheid et d’attaques militaires ont sérieusement endommagé. L’objectif de cette campagne de communication est de détourner activement l’attention du régime militaire et des crimes d’Israël vers ses succès culturels ou technologiques, ou encore – ironiquement – vers sa soit-disant « démocratie et son respect des droits humains « .

Il est important de comprendre, particulièrement en Allemagne, que la campagne de BDS est une campagne initiée et conçue par la société civile palestinienne et qui fait consensus dans ses différents espaces – en Cisjordanie, à Gaza, à l’intérieur d’Israël et au sein des réfugiés à travers le monde. Ce sont ceux directement affectés par la politique israélienne qui nous demande, en tant que personnes de conscience, de boycotter Israël. De nombreuses personnes juives de conscience, à travers le monde et à l’intérieur même d’Israël, ont signé l’appel au BDS.

Ce sont pour toutes ces raisons que nous vous demandons de revoir votre participation au Festival Pop-Kultur de Berlin, jusqu’à ce qu’il n’ait plus de lien avec l’ambassade israélienne.

Dans l’attente de votre réponse,

Yasmine, pour la Campagne BDS France

 




Les Palestiniens appellent au boycott du Festival de la musique Meteor en Israël

3 aout 2018 – Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI)

Les Palestiniens exhortent les artistes participants à se retirer du festival pour montrer de façon significative qu’ils contribuent à notre lutte pour la liberté, la justice et l’égalité.

Nous, organisations culturelles, municipalités et campagnes palestiniennes pour les droits de l’homme, appelons au boycott du Festival Meteor en Israël, prévu du 6 au 8 septembre 2018. Nous demandons instamment aux artistes participants de respecter la résistance non violente des Palestiniens et à se retirer de ce festival complice, comme une contribution, forte de signification, à notre lutte pour la liberté, la justice et l’égalité.

Naranja, les organisateurs israéliens du Festival Meteor, fait venir des artistes internationaux en Israël pour servir plus tard d’ambassadeurs pour le pays. En 2009, quelques mois seulement après qu’Israël a tué plus de 1400 Palestiniens à Gaza, Naranja oeuvrait à « l’amélioration de l’image d’Israël en Scandinavie ». Naranja disait vouloir que le Festival Meteor crée une « réalité alternative ». Mais la réalité pour les Palestiniens, c’est 70 années de régime d’occupation, de colonisation et d’apartheid.

Pas plus tard que la semaine dernière, Israël s’est déclaré effectivement comme un État d’apartheid en adoptant la « loi de l’État-nation juif », une loi qui dénie constitutionnellement à tout citoyen palestinien des droits égaux et qui légalise leur exclusion.

Le Festival Meteor recommande d’aménager dans les colonies israéliennes illégales, construites en violation du droit international sur le plateau du Golan syrien. Ces colonies israéliennes illégales de plus en plus importantes volent la terre et les ressources des millions de Palestiniens qui vivent sous l’occupation militaire. Les bulldozers d’Israël démolissent les maisons et les villages des Palestiniens, laissant des familles et des communautés entières de réfugiés sans abri, dans notre propre pays.

Depuis 2004, les artistes et organisations culturelles palestiniens exhortent leurs collègues internationaux à ne pas se produire en Israël aussi longtemps que cet État continuera de violer les droits de l’homme des Palestiniens en toute impunité. Les artistes ont joué un rôle important dans l’isolement de l’Afrique du Sud de l’apartheid en refusant de jouer à Sun City. Aujourd’hui, des milliers d’artistes à travers le monde soutiennent l’appel palestinien au boycott ou respectent notre ligne de protestation, et notamment Lorde, Mme Lauryn Hill, Thurston Moorre, Shakira, Wolf Alice, Chuck D, Portishead, Brian Eno et Young Fathers.

Le gouvernement israélien se sert des spectacles internationaux comme d’un accord qui serait donné à son régime d’oppression et de nettoyage ethnique et à ses violentes attaques contre la vie et la culture palestiniennes. Se produire dans un festival international de musique en Israël, c’est faire passer le message que les actions d’Israël ne sont pas si terribles après tout. Comme le Washington Post le notait plus tôt cette année, « À partir de maintenant, si ce n’était pas déjà le cas, le simple fait de prévoir une date de concert en Israël sera considéré comme un acte politique ».

Israël confine deux millions de Palestiniens dans Gaza sous un siège cruel depuis plus dix ans maintenant. Les Nations-Unies ont déclaré la bande de Gaza « invivable ». Alors que des dizaines de milliers de Palestiniens à Gaza manifestaient pacifiquement pour leurs droits garantis par les Nations-Unies dans une Marche, les tireurs d’élite israéliens ont pratiqué un « tirer pour tuer ou mutiler », et ils ont tué plus de 140 Palestiniens et en ont blessé 16 000 autres, dont beaucoup restent mutilés à vie. Amnesty International et Human Rights Watch font partie de ces organisations qui condamnent le massacre que commet Israël à Gaza.

Dans la région autour du site du festival se trouvent les ruines de dizaines de villes, parfois importantes, et de villages qui ont été détruits par la violence lors de l’établissement d’Israël sur les décombres de la Palestine. Plus de 500 centres de population palestiniens ont été méthodiquement détruits de cette façon durant la Nakba (la « catastrophe »). De nombreuses communautés palestiniennes en Israël se voient refuser les services de base, comme l’électricité, l’eau, les écoles et les routes, et souffrent sous un système de discrimination raciale qui s’appuie sur plus de 60 lois racistes.

Contre cette oppression et cette dépossession, comme tous les peuples opprimés, nous résistons. Une part importante de notre résistance passe par la culture, la musique, la poésie, la littérature, le cinéma, la danse et le théâtre. Israël répond en mettant en détention et en arrêtant les artistes palestiniens aux check-points, en montant des raids sur les festivals, en fermant les cinémas palestiniens, et en interdisant les évènements culturels des Palestiniens.

Nous demandons aux artistes prévus au spectacle de Meteor : simplement, ne faites pas de mal ; respectez la ligne de protestation non violente des Palestiniens, et ne prêtez par votre nom au blanchiment par l’art des crimes que commet Israël contre nous. Prenez position en faveur de la liberté, de la justice et de l’égalité. Annulez votre participation au Festival Meteor.

Ont signé :

la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI)

la municipalité de Ramallah

le groupe Sareyyet de Ramallah

le Centre culturel Yabous

Le Réseau palestinien des arts du spectacle

le Théâtre national palestinien Al Hakawati

la Société culturelle et des arts Alrowwad

la Société KHOTWA pour le développement communautaire

le Centre Baladi pour la culture et les arts

le Centre culturel Khalil Sakakini

le Réseau des arts de Jérusalem « SHAFAQ » qui comprend :

– la Fondation Al-Ma’mal pour l’art contemporain

– le Conservatoire national de la musique Edward Saïd

– la Cour de l’art palestinien Al Hoash

– le Théâtre national palestinien

– le Centre culturel Yabous

le Réseau palestinien des arts du spectacle (PPAN) qui comprend :

– le Théâtre de la Liberté

– les Productions du théâtre au quotidien

– le Théâtre Ashtar

– le Théatre Yes

– le Conservatoire national de la musique Edward Saïd

– l’Association Al-Kamandjati

– l’Institut Magnificat

– le Centre de l’art populaire

– la Troupe de danse populaire palestinienne El Funoun

– l’École de cirque palestinienne

Nawa pour l’Association de la culture et des arts

l’Association Ohour pour la culture et le développement

le Centre de l’art populaire Naqsh

le Centre de l’art Oushaq

la Troupe de danse Asayel

le Centre culturel d’Ibda’a

Ayyam Al Masrah

Source: PACBI

Traduction : JPP pour BDS FRANCE




Les Palestiniens exhortent l’Association irlandaise de football à annuler le match « amical » avec l’Israël de l’apartheid

Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël/Irlande(PACBI) – 27 juillet 2018

Organiser un match amical avec Israël, c’est envoyer le message que briser les rêves des footballeurs palestiniens n’est pas important. Les Palestiniens exhortent l’Association irlandaise de football à prendre position en faveur de la justice et à annuler son match amical avec Israël.

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël appelle l’Association irlandaise de football à annuler son match « amical » entre l’Irlande du Nord et Israël, prévu le 11 septembre 2018.

Israël utilise les événements sportifs internationaux pour soutenir son image défaillante alors qu’il se trouve de plus en plus isolé en raison de son mépris flagrant des droits des Palestiniens.

Le 30 mars 2018, les tireurs d’élite israéliens ont tiré sur le footballeur Muhammad Khalil Obeit, le blessant dans les deux genoux. Lui et des dizaines de milliers de Palestiniens à Gaza manifestaient pacifiquement contre le déni d’Israël de leur droit, consacré par les Nations-Unies, au retour dans leurs foyers, et contre son siège de plus en plus dur contre Gaza. Ce siège à lui seul empêche les athlètes palestiniens de recevoir les soins indispensables pour leurs blessures avec, comme conséquences, des amputations et des handicaps à vie.

En 100 jours, Israël a tué plus de 130 manifestants palestiniens à Gaza, et en a blessé plus de 14 000, beaucoup étant maintenant handicapés à vie. Gaza a une équipe de football, nouvelle formée, composée uniquement de joueurs amputés. Près de 90 % de ses joueurs ont perdu au moins un membre à cause des violentes attaques militaires d’Israël sur la population civile.

La Fédération israélienne de football comprend six équipes qui sont basées dans des colonies de peuplement illégales et qui privent les Palestiniens de leurs ressources et poussent les familles palestiniennes hors de leurs terres. Israël démolit les maisons et des communautés entières palestiniennes pour faire la place à ces colonies racialement exclusives sur des terres volées.

Les familles palestiniennes sont séparées de leurs terres et les unes des autres par le mur d’apartheid d’Israël. Des check-points militaires et les refus de permis pour voyager empêchent les Palestiniens de voyager librement vers, depuis et à l’intérieur de notre pays d’origine, et notamment les athlètes de se déplacer pour les matchs de championnat.

Des soldats israéliens enlèvent des enfants palestiniens, en pleine nuit, lors de raids terrifiants. Israël retient en détention actuellement près de 300 enfants palestiniens dans des prisons où la torture a été amplement documentée.

Et ce n’est là qu’un petit échantillon d’une oppression violente de 70 années contre les Palestiniens. C’est cela qu’Israël espère tenir à l’écart.

Organiser un match amical avec Israël, c’est envoyer le message que le massacre aveugle des Palestiniens par Israël est acceptable ; que briser systématiquement les rêves de jeunes footballeurs palestiniens qui promettent n’est pas important. Pire même, cela donne à Israël le feu vert pour poursuivre ses crimes, en toute impunité.

La société civile palestinienne a appelé à ne pas faire comme si de rien n’était avec Israël, aussi longtemps qu’il dénie les droits de l’homme des Palestiniens. L’Association irlandaise de football a le pouvoir d’annuler ce match amical, contrairement aux matchs officiels sous l’égide de la FIFA, et de se placer du bon côté de l’histoire.

Le mois dernier, l’équipe nationale d’Argentine a annulé le match amical avec Israël. L’attaquant Gonzalo Higuain, « El Pipita », a dit que « la meilleure chose à faire, c’était ne pas aller en Israël ». Plus de la moitié d’une délégation de joueurs de la NFL (Ligue nationale de football américain) s’est retirée d’un voyage parrainé par le gouvernement israélien en 2017.

Les boycotts sportifs ont joué un rôle important dans la remise en cause de l’apartheid sud-africain. Un nombre croissant de personnalités sportives reconnaissent aujourd’hui qu’Israël utilise les compétitions d’athlétisme pour laver, par le sport, ses attaques contre les Palestiniens, et elles refusent d’y prendre part.

Nous exhortons l’Association irlandaise de football à prendre position en faveur de la justice et à annuler son match amical avec Israël.

Il n’y a rien d’amical dans l’oppression par Israël des Palestiniens. Jusqu’à ce que les Palestiniens puissent vivre dans la liberté, la justice et l’égalité, il n’y a pas de place pour les « matchs amicaux » avec l’apartheid israélien.

 

Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël.

https://bdsmovement.net/nothing-friendly

Traduction : JPP pour BDS FRANCE




Non à la saison France-Israël à Marseille !

Dans le cadre de la saison croisée France-Israël 2018, l’Alcazar, bibliothèque municipale de Marseille, organisait le 21 juillet une conférence en accès libre sur le jazz israélien intitulée : « un état des lieux du jazz aujourd’hui en Israël », par Barak Weiss, directeur artistique du Festival de Tel-Aviv.

Nous sommes une douzaine de militant-e-s BDS, bien préparé-e-s par notre lecture des différentes interviews de Barak Weiss, pas vraiment un fanatique de la politique de Netanyahou, on pourrait même dire un sioniste de gauche. Nous entrons dans la salle de conférence en petits groupes, tous et toutes chargé-e-s d’intervenir au bon moment pour dénoncer cette récupération de la culture par le gouvernement israélien pour redorer son image ! Notre action ne vise pas les artistes israéliens qui sont les bienvenus à titre personnel mais PAS dans le cadre du blanchiment des crimes de l’apartheid israélien.

Une petite centaine de personnes dans la salle, un public majoritairement féminin, âgé, quelque peu ignorant de ce que le Jazz a pu représenter, n’ayant sans doute pas pris le temps de lire l’entretien de Barak Weiss: « le jazz américain est toujours associé aux aspects sociaux et politiques des choses. » Notre première intervention, celle de Samhar réfugié de Safed en Palestine, provoque de sérieux remous dans ce public persuadé que la musique n’est pas politique, affichant par là son ignorance et sa prise de position bien politique, elle, puisque nous entendrons, pendant chacune de nos interventions, des hurlements et insultes en hébreu, des accusations portant sur le « Ramas » … Lorsque l’un.e d’entre nous s’assoit un.e autre se lève, une image de balle « papillon » est brandie, plus loin un portrait de Razzan secouriste assassinée ou de Salah Hamouri notre compatriote détenu sans procès .

Plusieurs personnes quittent la salle, un bon nombre pour manifester leur désapprobation de cette utilisation « propagandaire » de la culture. Des vigiles de l’entreprise Onet sont appelés en renfort et tentent de nous convaincre de quitter la salle. En vain ! Sous la contrainte nous ne sortirons pas ! Nous signifions que nous partirons sitôt que Barak Weiss aura donné sa position sur cette opération. Il prend finalement la parole et se lance dans un gloubi-boulga peu explicite où sa seule réponse est de nous demander de rester pour l’écouter…. mais ce n’est pas de chance, on nous expulse et nous devons quitter la salle avec au moins un agent de « sécurité » qui tente, en vain, de faire son Alexandre Benalla alors que les autres restent extrêmement courtois

A 20h, c’est au MUCEM que se retrouve BDS France Marseille pour distribuer des tracts à l’entrée du Fort St Jean qui présente, dans le cadre du festival Marseille Jazz des Cinq continents, quatre concerts avec, en tête d’affiche, le trompettiste israélien Avishai Cohen. Nous avons là l’occasion d’entamer de belles discussions sur la culture comme outil de propagande, au moins trois sionistes excitées et trois fois plus de francs soutiens dont un « S’ils veulent redorer leur image par la culture, ils vont avoir du boulot ! » Et nous, nous allons leur compliquer la tâche, nous continuerons à la rentrée nos actions d’appel au boycott puisque la saison France-Israël se poursuit jusqu’en novembre !

Nous laissons le mot de la fin à Barack Weiss : « Je peux vous dire qu’il y a des musiciens de jazz de renommée mondiale qui ne veulent pas venir en Israël à cause de la situation politique. » SIC !!!!




Défendre le cadre politique du boycott culturel d’Israël

ON NE DANSE PAS AVEC L’APARTHEID ISRAÉLIEN, ON LE BOYCOTTE !

La majorité des arguments contre le boycott culturel met en avant l’opposition des artistes israélien.ne.s à la politique de leur gouvernement. Ce faisant, les adversaires du boycott culturel déplacent le débat et opèrent une substitution de cible. Dès lors le débat ne porte plus sur les crimes de l’État d’apartheid israélien, sur le blanchiment de ses crimes et comment le boycott culturel peut-il contribuer à les stopper ? mais il porte sur l’évaluation de l’engagement des artistes israélien.ne.s contre la politique de leur gouvernement et le soutien à leur apporter. La cible n’est plus Israël, sa politique criminelle  et comment la combattre ; l’objectif n’est plus de faire pression sur Israël. La cible c’est le  boycott culturel qui s’attaque aux « courageux » artistes israéliens et l’objectif est comment les « protéger » du boycott.

Si on écarte les ennemis des Palestiniens sans doute à l’origine de ce montage pervers habituel de la propagande israélienne qui transforme en victime l’agresseur, on peut faire l’hypothèse que la facilité de dérapage vers ce procédé et son adoption par la grande masse des gens qui disent et pensent sincèrement « soutenir les Palestiniens » tient d’une part, à  « l’interdit » d’attaquer  frontalement l’État d’Israël qui constitue un véritable tabou et à la prégnance de la stratégie d’Oslo et son idéologie pernicieuse du « dialogue » et de l’égalité entre colonisateur / colonisé qui structurent ce tabou.

 Le rétablissement et le ferme maintien du « cadre palestinien » du débat sur le boycott culturel sont la condition de sa compréhension et de son développement.

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Une centaine d’habitants du quartier se sont rassemblés devant le Théâtre jean Vilar pour demander l’annulation du psectacle soutenu par le ministère de la culture israélien.  16 décembre 2017.

UN COURANT D’OPINION S’OPPOSE AU BOYCOTT CULTUREL AU NOM DU SOUTIEN AUX ARTISTES ISRAÉLIENS CRITIQUES À L’ÉGARD DE LEUR GOUVERNEMENT.

Voici l’exemple significatif de deux personnalités qui présentent leur refus du boycott comme une position en faveur des intérêts des Palestiniens et qui rejoint le courant d’opinion rencontré lors des diffusions de tracts à l’entrée des spectacles.

Dans une discussion privée, le directeur du théâtre Jean Vilar n’hésite pas à déclarer que oui, il y a un apartheid israélien vis à vis des Palestiniens, qu’il n’est pas pour les états religieux, qu’il ne soutient pas un État juif. Et dans les échanges par mail avec BDS France Montpellier, il justifie en ces termes son opposition au boycott d’un spectacle soutenu par le ministère de la culture israélien : « We love arabs est (…) un spectacle impitoyable envers les préjugés qui frappent les Arabes (…) il ne parle pas d’Israël mais de racisme et de fraternité retrouvée (…) il ne fera que réveiller les consciences sur le caractère profondément absurde du racisme (…) chaque communauté rejetée constitue une perte culturelle immense pour celui qui la rejette (…) j’ai donc bon espoir que vous partagerez ma conviction qu’aucun boycott culturel n’a sa place au théâtre Jean Vilar ».

Ainsi après avoir condamné en privé Israël, il justifie son opposition au boycott en raison du contenu du spectacle qu’il juge « antiraciste » et qu’il qualifie indirectement de critique à l’égard de la politique israélienne. 

Dans le dialogue à trois [1]que BDS France Montpellier entretient avec Marlene Monteiro Freitas, qui a créé et inauguré à Tel Aviv le spectacle (avec la Batsheva) produit dans le cadre de la saison France Israël au festival Montpellier Danse, celle-ci déclare : «(…) Ce fut une occasion de mieux comprendre ce qu’a été la Nakba (grâce à l’atlas de S.H. Abu-Sitta), comment tout s’est passé et que ce fut un processus de «nettoyage ethnique» (ici le pionnier a été Benny Morris, mais clairement la référence principale est Ilan Pappé, qui est un partisan actif de BDS), la dépossession des Palestiniens, la violence continue constituée par les colonies (très bien documentée par un certain nombre d’ONG) et comment tout cela fait partie de la carte d’identité colonialiste de l’idéologie sioniste (comme Shlomo Sand l’a argumenté, à juste titre), l’extrême violence que constitue l’occupation d’Hébron.(…) Bien que tout cela soit vrai, mon expérience artistique et professionnelle avec les gens de Batsheva m’amène à des conclusions très différentes à leur sujet que ce que vous suggérez (souligné par nous). En effet, je crois qu’ils sont pertinents sur le plan artistique et rien ne me fait croire qu’ils soutiennent l’oppression du peuple palestinien, les colonies, etc., plutôt le contraire. En effet, je crois qu’Ohad Narin et sa troupe constituent des amis de la cause palestinienne. Je me demande si le fait de les boycotter n’aliène pas les amis de votre cause ?! »(…)

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Affichage de la banderole et diffusion de tracts avant les specatcles boycottés. A droite, chemise blanche, lunettes noireS, le directeur du Festival Montpellier Danse qui a mené le blackout dans les médias locaux pour empêcher la publication de l’Appel des 36 artistes Montpelliérain.ne.s.

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Chez ces deux personnes, il y a – du moins en privé – une condamnation radicale de la politique gouvernementale israélienne et au delà, une condamnation du système d’apartheid chez l’un, du nettoyage ethnique et du sionisme chez l’autre. Puis aussitôt après, ignorant totalement le cadre de l’argumentation palestinienne du boycott culturel qui cible la manoeuvre de propagande israélienne, il-elle opèrent un glissement en prenant la défense d’un spectacle en raison de son contenu et la défense d’une troupe de danseurs en raison de leur supposée opposition individuelle à cette même politique israélienne. Faisant comme si le boycott s’attaquait aveuglément aux artistes, ils remplacent le débat sur la manipulation gouvernementale israélienne par un débat sur l’appréciation d’un contenu de spectacle ou sur l’engagement des artistes contre la politique de leur gouvernement.

LA SAISON FRANCE-ISRAËL UN PROTOTYPE INCONTESTABLE DE PROPAGANDE ÉTATIQUE

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 La saison France Israël est un cas d’école en matière d’opération d’instrumentalisation de la culture à des fins de propagande étatique. En voici la définition sur le site de l’Institut français :  « Les Saisons croisées sont décidées au plus haut niveau de l’État et reflètent les orientations stratégiques de la politique culturelle extérieure de la France ».

– (…) La Saison France-Israël 2018 a ainsi pour ambition de montrer la vitalité de la relation bilatérale dans les domaines culturels et scientifiques, de marquer une nouvelle étape dans les relations économiques et de renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France.

Cette instrumentalisation est tellement évidente qu’elle a fait bondir dès le 4 mai 2018, 80 personnalités du monde des arts et de la culture (https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/040518/contre-la-saison-france-israel?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66) , rejointes par 36 arce-israel/)

qui ont déclaré : «Pour nous, (…) cette initiative, sous couvert de promouvoir le dialogue et l’échange, est en réalité l’un des moyens mis en œuvre par le gouvernement israélien pour redorer le blason de l’Etat d’Israël, passablement terni par sa politique chaque jour plus dure à l’encontre des Palestiniens et son statut de start-up nation du sécuritaire. Comme l’a dit Reuven Rivlin, président de l’Etat d’Israël, « les institutions culturelles forment une vitrine dans laquelle Israël présente d’elle-même une image démocratique, libérale et critique ». Par solidarité avec les Palestiniens, nous refusons de figurer dans cette vitrine, nous ne participerons pas à la Saison France-Israël et nous appelons à ne pas y participer sous quelque forme que ce soit. »

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Les représentant.e.s des 36 artistes et acteur.trice.s culturel.le.s lors de la conférence de presse du 25 juin 2018 à Montpellier

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Confronté au même dilemme dans un autre contexte, le directeur artistique du Théâtre National du Portugal, Tiago Rodrigues a annulé son spectacle à Tel Aviv en juin 2018. En mai dernier, dans une lettre publique d’une très grande honnêteté intellectuelle, il déclare : « J’ai décidé de ne pas présenter mon spectacle en Israël festival en juin parce que je crois que c’est la seule façon de garantir que mon travail artistique ne servira pas à justifier ou à soutenir un gouvernement qui commet délibérément des violations des droits de l’homme et est actuellement en train d’attaquer violemment le peuple palestinien.(…) Je comprends maintenant qu’il est impératif de prendre une position claire. J’ai donc décidé non seulement d’annuler ma présence en Israël festival, mais aussi d’adhérer au mouvement de boycott culturel à Israël, dans la conviction que la pression globale et collective pourrait produire des résultats similaires à ceux du boycott à l’Afrique du sud pendant l’apartheid. »

Il est tout de même surprenant qu’une personnalité aussi perspicace et vive d’esprit que Marlene Monteiro Freitas refuse de voir dans la saison France Israël l’opération de blanchiment pourtant officiellement annoncée dans la présentation de cette saison destinée :« à renouveler le regard des français sur Israël » et massivement dénoncée en France. Surprenant qu’elle se soit laissée de A à Z instrumentaliser par un État qu’elle reconnaît coupable de la Nakba, de nettoyage ethnique, de colonisation etc. Surprenant que malgré les explications fournies par BDS Montpellier et par Riham Barghouti, une artiste palestinienne, elle continue d’ignorer le problème et réponde complètement à côté du sujet, sur l’engagement des artistes : »(…) rien ne me fait croire qu’ils soutiennent l’oppression du peuple palestinien, les colonies, etc., plutôt le contraire. En effet, je crois qu’Ohad Narin et sa troupe constituent des amis de la cause palestinienne. Je me demande si le fait de les boycotter n’aliène pas les amis de votre cause ?! »(…).

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Bouclage policier de  tout le quartier pour les 3 représentations de la Batsheva. Durant les 3 soirées, BDS Montpellier a diffusé des tracts et affiché 40 portraits des 139 martyrs de la Bande de gaza assassinés froidement par les snipers de l’armée israélienne.

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METTRE EN OEUVRE LE BOYCOTT CULTUREL CONFRONTE À L’INTERDIT D’ « ATTAQUER » ISRAËL

On peut donc légitimement s’interroger sur le fond politique de l’opposition au boycott culturel au nom de la défense des artistes israéliens et de la « liberté d’expression » car ce type d’argument opère un renversement des cibles et des objectifs. Alors que l’appel au boycott cible explicitement l’État d’Israël, les opposants au boycott culturel ciblent BDS qu’ils accusent d’attaquer les artistes israéliens, voire la culture en général. Ce faisant, ils éliminent du débat les causes et motifs fondamentaux du boycott d’Israël, c’est à dire la colonisation de peuplement, le système d’apartheid, le refus du retour des réfugiés et du coup, protègent Israël des attaques et des critiques sur ces sujets. Plus grave, ils lui substituent BDS mis en position de censeur et d’ennemi de la liberté d’expression, certains allant même jusqu’à en faire l’adversaire des Palestiniens. Sans doute ignorent-ils que le mouvement BDS international qui appelle au boycott est Palestinien et sous direction palestinienne ( !).

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15 mai 2018 lors de la manifestation contre la saison France Israël au Festival Montpellier Danse.

Il ne fait aucun doute que cette construction qui transforme la victime en agresseur est destinée à brouiller les cartes et à protéger Israël des critiques. Pour autant ce glissement se rencontre chez des gens qui non seulement disent désapprouver la politique israélienne mais qui affirment soutenir le peuple palestinien. Comme si au moment de sanctionner Israël par le boycott  un blocage psychologique et politique interdisait la prise de décision et l’acte. Impossible de s’en prendre frontalement à Israël. L’intériorisation des interdits sionistes, le poids de la menace d’antisémitisme, les restes d’une culpabilité européenne et française héritée de la collaboration avec l’occupant nazi associés à l’idéologie pernicieuse des accords d’Oslo, font obstacle à la décision rationnelle de sanction. Cet obstacle provoquerait ce que certains nomment une « dissonance cognitive » ouvrant la porte à n’importe qu’elle issue permettant d’échapper au dilemme[2]. La défense des artistes israéliens est une issue facile.

Le principal objectif des accords d’Oslo [3] était de  fournir aux pays occidentaux un leurre, l’illusion d’un « processus de paix » à l’abri duquel Israël pourrait amplifier sa politique coloniale. Ce leurre avait pour fonction de masquer le fait colonial, présenter Israël comme le champion du « dialogue » et imposer une symétrie de considération et de traitement entre deux « peuples » mis à égalité comme s’il n’y avait pas d’un côté le colonisateur et de l’autre le colonisé. C’est ce que les palestinien.nes appellent et dénoncent sous le terme de « normalisation ». Cela a fonctionné si bien que l’opinion occidentale a été formatée pour considérer qu’Israël est une « démocratie comme les autres » et qu’il est « normal » d’avoir avec elle des relations « normales ». C’est ce qui amène à trouver « normale » la saison France Israël, à trouver « normal » d’inviter, diffuser ou aller voir des spectacles soutenus officiellement par l’État israélien et « normal » de s’opposer au boycott culturel de ces spectacles.

LES ARTISTES ISRAÉLIENS QUI S’EXPORTENT AVEC LE SOUTIEN DE LEUR GOUVERNEMENT: PARLONS-EN !

« Nous enverrons à l’étranger des romanciers et des écrivains connus, des compagnies théâtrales, des expositions… On montrera ainsi un plus joli visage d’Israël, pour ne plus être perçus dans un contexte de guerre. » Arye Mekel du Ministère des affaires étrangères juste après l’agression meurtrière contre la Bande de Gaza en 2009.

Les films israéliens ou tout autre spectacle israélien se produisant indépendamment du soutien du gouvernement israélien n’entrainent aucune mesure de boycott. Répétons-le, le boycott culturel ne se décide pas en fonction du degré d’engagement d’un artiste ou du contenu d’un spectacle contre la politique – ou non – de son gouvernement mais en raison du soutien gouvernemental qui l’utilise afin de fabriquer une image trompeuse d’Israël.

Pour autant, s’il faut parler de l’engagement de ces artistes là (qui ne sont pas tou.te.s les artistes israélien.ne.s),  parlons-en !

Avez-vous lu quelque part en Israël ou ailleurs des déclarations de troupes de théâtre, de danse ou d’artistes divers, écrivain.e.s, réalisateur.trice.s etc. condamnant publiquement individuellement ou collectivement le blocus de Gaza, les 134 morts dont 18 enfants assassinés ces derniers mois dans la Bande de Gaza ou en Cisjordanie ou bien sûr condamnant les attaques contre la population civile de la Bande de Gaza en 2009, 2012, 2014 qui ont fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de blessés et handicapés à vie ? De telles déclarations n’auraient pas échappé aux Palestiniens qui sont à l’affût de toute prise de position en faveur du BDS, nous le saurions et surtout nous aurions été les premiers à le clamer partout !

Alors tou.t.e.s ces artistes prétendument antiracistes, solidaires des Palestinien.ne.e.s, contre la politique israélienne qui se produisent à l’étranger, les avez vous vu.e.s, entendu.e.s, par exemple, juste avant leur spectacle, leur film ou leur exposition, venir sur le devant de la scène et faire une déclaration publique ? se désolidariser de leur gouvernement et condamner ses crimes ? ou encore appeler à soutenir les trois revendications du BDS Palestinien, la plus grande coalition de la société civile palestinienne jamais réalisée : la fin de la colonisation, le retour des réfugié.e.s dans leurs maisons et l’égalité absolue pour les Palestinien.ne.e.s d’Israël ?

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Comment pourraient-ils le faire puisqu’ils ont signé pour ne pas le faire. En effet, pour être soutenu (financé, sponsorisé, labéllisé etc.) à l’étranger les artistes israélien.ne.s doivent signer un contrat spécial et très confidentiel avec le ministère de la culture. Ce contrat stipule « (…) qu’il ne devra pas se présenter comme un agent, émissaire ou représentant du ministère » mais qu’il s’engage en tant que prestataire « à fournir des services de qualité au ministère » pour « promouvoir les intérêts politiques de l’État d’Israël à travers la culture et les arts, en contribuant à créer une image positive d’Israël » [4]. Certains, comme Hillal Kogan l’a fait à Montpellier, n’hésitent pas à mentir et disent n’avoir rien signé. Ca se comprend, il n’y pas de quoi être fier.

Ces artistes savent très bien dans quel cadre et dans quel but leurs prestations sont utilisées par le pouvoir sioniste. Ce qui pose non seulement la question de leur probité intellectuelle mais celle de leur positionnement éthique. Se pose également la question de la nature de ces « œuvres » à l’export qui sont diffusées dans le cadre d’une « liberté d’expression » contrôlée par l’État d’Israël qui leur accorde le label de son soutien à l’exportation.

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Check-point de la police aux entrées des spectacles de la saison france israël à Montellier. 30 juin 2018. Diffusion de tract de la campagne BDS France

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[1] Echanges de mails entre M. Monteiro Freitas, BDS France Montpellier et le PACBI (Comité Palestinien pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël). Le PACBI membre fondateur du mouvement BDS palestinien est la composante spécialisée des questions académiques et culturelles du BNC (Comité National Palestinien du BDS).

[2] C’est également ce qui explique la position de certain.e.s, favorables à l’annulation de la saison France Israël mais opposé.e.s au boycott de la même saison. Dans les deux cas cela signifie que les spectacles n’aient pas lieu. Mais les tenant.e.s de l’annulation qui demandent aux décideurs de la saison de prendre la décision et mettre en acte le retrait, s’épargnent de sanctionner eux-elles-mêmes Israël ils-elles délèguent aux gouvernements le soin de le faire. La démarche de boycott est toute autre. Le boycott implique que chacun.e d’entre nous décide de la sanction et s’implique personnellement dans la mise en acte de la sanction (boycotter et appeler au boycott). Le boycott est une action directe personnelle, l’annulation est une délégation de la décision et de l’action à d’autres. L’appel des 80 combine les 2, appelle à l’annulation mais également au boycott, sans employer le terme (« nous ne participerons pas et appelons à ne pas y participer sous quelque forme que ce soit »).

[3] Certains dont Edward Said et bien d’autres avaient immédiatement dénoncé le danger politique de ces accords.

[4] Cet aspect est largement développé dans l’article : Boycotter les productions culturelles de l’État d’apartheid à l’export, c’est aussi défendre les droits des artistes israéliens

 




Non à la « saison France Israël » à la Maison de la danse de Lyon ! Lettre ouverte à Dominique Hervieu

Le 7 juillet 2018

LETTRE OUVERTE A Dominique Hervieu Maison de la danse – Lyon

Objet : la participation de la « Maison de la danse » à la Saison France Israël

Madame,

Vous avez programmé, à nouveau, la troupe « Batsheva Dance Compagnie » du 28 novembre au 1er décembre 2018. Outre que cette compagnie est désormais habituée des lieux (!) [1], elle se produira cette fois-ci dans un cadre totalement institutionnel et étatique ; la saison France-Israël. Les organisateurs, côté israélien sont : le bureau du Premier Ministre, les ministères des Affaires étrangères, de la Culture, de l’Agriculture, de l’Économie, des Affaires stratégiques, des Affaires de Jérusalem, du Tourisme, de l’Industrie, des Sciences et l’Ambassade d’Israël en France !

Dans le cadre de la Saison croisée France/Israël 2018, des événements culturels sont organisés en France et en Israël, créant ainsi une complicité des institutions culturelles françaises avec un état colonisateur qui nie depuis 70 ans les droits du peuple Palestinien.

Cette saison, permet à Israël, de se faire passer pour un pays attractif, respectueux des droits humains et ouvert à la diversité culturelle. De ce fait ces manifestations aident à « blanchir » l’image d’un État qui :

- Exécute ou blesse en toute impunité à GAZA, abattant de sang froid des citoyens, citoyennes désarmés. Des milliers de blessés sont à déplorer dont beaucoup de personnes qui doivent être amputés…et qui ne danseront plus !

- Dépossède le peuple palestinien de sa terre depuis 70 ans, bafouant systématiquement les résolutions de l’ONU et le droit international.

- Poursuit sans freins, les crimes de guerre et contre l’humanité, l’occupation, le blocus de Gaza, la colonisation et la politique d’apartheid.

Boycott Batsheva Lyon janvier 2015

Israël, État colonial et raciste, utilise la culture pour améliorer son image Comme l’a dit Reuven Rivlin, président de l’État d’Israël, « les institutions culturelles forment une vitrine dans laquelle Israël présente d’elle-même une image démocratique, libérale et critique ». Pour cette raison, il est une obligation morale pour toute personne de conscience de refuser la normalisation des relations avec l’État d’Israël.

Des artistes s’engagent Nous saluons l’appel des artistes qui dénoncent une opération où la Culture sert de « vitrine » à l’État d’Israël et à sa politique chaque jour plus dure envers les Palestiniens. 80 personnalités issues du monde des arts, ont affirmé leur refus de participer à la « Saison France-Israël ». Parmi eux-elles : Alain Damasio, Annie Ernaux, Tardi, Nathalie Quintane ou Jean-Luc Godard ainsi que Maguy Marin, chorégraphe hors pair, de la région lyonnaise.

Sanctions contre Israël Israël doit faire l’objet de sanctions tant que cet État ne respecte pas le droit international. Souvenons nous, qu’en 2011, la France annulait de nombreuses manifestations de la saison France-Mexique suite à la condamnation, par la justice mexicaine de la française Florence Cassez. Les crimes israéliens, sans commune mesure avec cette affaire, devraient commander une annulation pure et simple des manifestations de la saison France Israël.

La « Maison de la danse » ne peut se rendre complice des tentatives de L’État Israélien de normaliser son image. « La Maison de la danse » ne peut se prêter à ces manœuvres en novembre, deux mois après le défilé de la biennale sur le thème …de la paix !. Madame Hervieu, si vous voulez concourir à la paix, n’accueillez pas une manifestation officielle d’un État criminel qui tourne le dos à la paix.

Pour le Collectif 69 de soutien au Peuple Palestinien Jérôme Faÿnel Le 30/06/2018


[1]En janvier 2015 déjà, la maison de la danse programmait Batsheva. Nous avions rencontré Dominique Hervieu. Nous lui avions demandé de lire un texte aux spectateurs, cela nous a été refusé.