Montpellier : Action de boycott contre Sodastream et Mehadrin

Montpellier le 8 février 2014 :
Action de boycott, Géant Casino. Contre Sodastream et Mehadrin dans le cadre de la campagne BDS contre le commerce avec les entreprises israéliennes
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par le Comité BDS France 34 – www.bdsfrance.orgwww.mehadrindegage.org

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Montpellier 8 février 2014

Objet : demande de rendez-vous

M. le directeur, Mme la directrice,

L’évolution de l’opinion internationale opposée à la colonisation israélienne de la Palestine connaît un développement exceptionnel que tous ceux qui commercent avec Israël ne peuvent plus ignorer. Les entreprises et les commerces ne peuvent plus refuser de prendre en compte cette opinion sous peine de retombées médiatiques défavorables pour leur image et leurs parts de marché.

Aujourd’hui ce ne sont plus seulement les mouvements de solidarité à la Palestine portés par les sociétés civiles qui prennent l’initiative de mesures contre la colonisation israélienne, mais également l’Europe, des gouvernements, des grandes entreprises de la distribution et même des banques.

En voici un survol rapide et non exhaustif pour la seule Europe:

– Novembre 2011, après deux ans et demi d’une campagne européenne de boycott déclenchée depuis l’Hérault, l’entreprise israélienne Agrexco-Carmel déclare faillite.

– Avril 2012 : La CO-Opérative Group, cinquième détaillant alimentaire de Grande Bretagne annonce : « qu’il cesse de collaborer avec tout fournisseur de produits connu pour se fournir dans les colonies israéliennes» et en particulier les entreprises : Mehadrin, Arava Export Growers, Adafresh.

– Juillet 2013 : L’Union Européenne publie les « Lignes directrices » qui interdisent officiellement toute subvention européenne aux entités israéliennes dont le siège réside dans les colonies, en raison de l’illégalité de ces colonies au regard du droit international.

– Juillet 2013 : la branche Aldi-Pays-Bas de l’entreprise allemande Aldi ainsi que Hoogvlit, tous deux dans la distribution alimentaire, annoncent qu’ils ne vendront plus de produits en provenance des colonies israéliennes. Ils sont rapidement suivis par Bio Ekoplaza.

– Décembre 2013 : VITENS le N°1 de l’eau potable néerlandais annonce qu’il rompt tous ses contrats avec la Cie. Nationale des eaux israélienne Mekorot en raison des discriminations de cette compagnie à l’égard des palestiniens, notamment dans les colonies.

En 2014 les événements s’accélèrent :

– 8 janvier 2014: Le fonds de pension néerlandais PGGM, un des plus grands des Pays-Bas, annonce l’arrêt de sa collaboration avec cinq banques israéliennes (Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank et Mizrahi Tefahot Bank). Motif : ces banques financent la construction des colonies.

23 janvier 2014 : L’Allemagne exclut les colonies de ses subventions dans le domaine de la haute technologie. Appliquant en cela les « lignes directrices européennes ».

1er février 2014 : Deux groupes israéliens sont ré-exclus du fonds de pension du gouvernement norvégien. Exclus dans un premier temps en 2010, Africa Israel Investments (groupe AFI) et sa filiale Danya Cebus avaient prétendu ne plus être impliquées dans les constructions de colonies, et le Ministère des finances les avait réintégrées. Suite aux informations montrant qu’il s’agissait d’allégations mensongères, les deux groupes viennent d’être ré-exclus.

3 février 2014 : Le Danemark réagit à la politique de colonisation d’Israël. La première banque Danske Bank décide de boycotter la première banque israélienne, Bank Hapoalim, banque sioniste « historique » lourdement impliquée dans la colonisation.

Fin janvier et février 2014 : le scandale « SODASTREAM » qui vous concerne directement :

L’acceptation par l’actrice Scarlett Johansson de promouvoir la marque SODASTREAM a déclenché une véritable tempête médiatique. L’ONG humanitaire mondialement connue, OXFAM, qui en avait fait depuis 7 ans son ambassadrice à déclaré à cette occasion :« Oxfam s’oppose à tout commerce avec les colonies israéliennes qui sont illégales en vertu du droit international » et en conséquence « la promotion de SodaStream est incompatible avec le rôle d’ambassadrice d’Oxfam par l’actrice». Celle-ci a été contrainte de quitter OXFAM !

Au même moment débutait le 41ème Festival de la BD à Angoulème et une lettre ouverte d’une douzaine de dessinateurs déclenchait un nouvel emballement médiatique sur le choix de SODASTREAM comme sponsor du Festival. Aujourd’hui ce sont plus de 80 dessinateurs de plus de 10 pays, Jacques Tardi en tête (grand prix de la ville d’Angoulême) qui refusent la présence de SODASTREAM. Après avoir dénoncé le caractère colonial et illégal de SODASTREAM, ils concluent : « Angoulême a joué un rôle important dans la prise en compte de la bande dessinée comme une forme d’art depuis 40 ans. Il serait triste que SodaStream profite de ce festival pour essayer d’effacer ses crimes. Nous vous demandons de couper tous les liens entre le Festival et cette entreprise honteuse. »

Votre enseigne commerce avec les entreprises incriminées dans les colonies et en particulier avec SodaStream ( colonie de Ma’ale Adoumim), Mehadrin, Adiklaim (colonies dans la Vallée du Jourdain).

Depuis plusieurs années nous attirons votre attention sur l’illégalité des colonies israéliennes. Sur le fait que commercer avec ces entreprises constitue une violation de votre propre charte éthique (Dans le domaine du droit international, des droits humains et des droits sociaux). Peut-être pensiez-vous que nous n’étions qu’une poignée de militants…

Nous espérons que ces quelques informations vous convaincront de l’importance de la campagne internationale de Boycott engagée. Vous convaincront également de l’enjeu que représente la cessation du commerce avec les entreprises israéliennes, à commencer par celles qui travaillent directement ou indirectement dans ou avec les colonies israéliennes en territoires palestiniens occupés.

Nous espérons que vous mesurerez les risques d’image qu’il y aurait aux yeux de vos clients à vous rendre complice d’une colonisation mondialement décriée. (Vous n’ignorez pas que Sodastream a chuté en bourse suite à ce scandale…).

 

Pour toutes ces raisons nous souhaiterions vous rencontrer pour aborder ensemble ces questions.

Vous pouvez nous contacter : montpellier.bds@gmail.com

Comité BDS France 34, membre de la Campagne BDS France (www.bdsfrance.org)

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Le boycott est notre résistance non-violente palestinienne

La controverse de SodaStream, qui a récemment attiré l’attention des médias dans le monde, a mis en exergue l’occupation qu’Israël poursuit toujours et a contribué à la sensibilisation croissante d’une conscience à l’échelle mondiale et d’une responsabilité sociale envers la Palestine. Elle a exposé aux yeux de tous, et dans tous ses aspects, la question de l’impunité israélienne et de l’impératif d’une intervention à multiples facette et d’une mise en responsabilité.

Le choix de Scarlett Johansson de se faire l’image de Sodastream, une société qui exploite une usine dans la colonie illégale de Ma’ale Adumim, a amené au premier plan le débat sur l’activité coloniale israélienne qui se poursuit et sur le coût réel d’une telle politique, dangereuse et irresponsable. Mme Johansson, qui était en même temps l’ambassadrice d’une organisation de défense des droits de l’homme, Oxfam, s’est trouvée soudain confrontée à un conflit d’intérêts et à devoir assumer une responsabilité et un choix personnels. Le fait que Mme Johansson ait décidé de lier son sort à celui de SodaStream est, au mieux, naïf, et au pire, l’expression d’une absence totale de respect pour la justice et les droits humains.

Diverses formes complémentaires de résistance non-violente, qui partagent le respect du droit international, les valeurs et les principes universels comme les exigences d’une paix juste, ont commencé à prendre de l’essor dans l’arène internationale. Les objectifs de cette résistance sont d’abord que l’exceptionnalisme d’Israël et le sentiment que tout lui est dû doivent être conduits à leur terme ; et ensuite que les conséquences de son occupation qui se poursuit doivent être redirigées vers Israël, et notamment ses coûts moraux, économiques et politiques.

Initiée par la société civile palestinienne et soutenue par des organisations de solidarité et des gens de conscience à travers le monde, et même en Israël, le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) s’inspire, à plusieurs égards, du long mais efficace combat pour la fin de l’apartheid et du racisme institutionnel en Afrique du Sud. Qu’il ait réussi à lever une prise de conscience mondiale et à encourager des actions dans les sphères économique, culturelle et universitaire, a gagné progressivement l’adhésion.

Ce mouvement mondial constitue une manière efficace et responsable de s’affronter à l’escalade des violations israéliennes, surtout à ses activités de colonisation, à la confiscation de la terre palestinienne, à la démolition des maisons palestiniennes, au blocus militaire de la bande de Gaza, et à l’annexion et l’isolement de Jérusalem. Il constitue également une méthode proactive de résistance non violente essentielle à la lutte palestinienne pour l’égalité et la liberté. Il donne aux personnes, aux organisations et réseaux partout dans le monde la possibilité de s’engager efficacement et de changer les choses au moyen d’actes individuels et collectifs de responsabilité sociale.

Un tel mouvement habilite tant les Palestiniens que celles et ceux qui les soutiennent, et il leur permet de s’opposer aux mesures oppressives de l’occupation israélienne et de résister avec succès d’une manière responsable et non armée. Il démontre en outre que l’occupation est coûteuse et qu’elle crée une incitation pour les membres de la société civile israélienne à tenir leur gouvernement responsable, et à l’appeler à mettre fin à de telles politiques qui sapent leur propres intérêts nationaux et anéantissent la solution à deux États.

De plus en plus, des États, à titre individuel, se dissocient de l’entreprise coloniale de peuplement, que ce soit au niveau bilatéral ou multilatéral, ou dans les sphères publiques et privées. Ces étapes sont une mise en application de politiques et de principes, de même que de leur droit national et du droit international, et elles sont destinées à sauver la solution à deux États face à une politique profondément préjudiciable  d’expansion coloniale menée par Israël.

Avec ce changement de paradigme, les règles de l’engagement ont bougé. Les citoyens, les États et les gouvernements du monde ne sont plus prêts à tolérer la course effrénée du gouvernement israélien pour la création d’un « Grand Israël » ou d’un système d’apartheid d’occupation et de discrimination.  Quand le secrétaire d’État US, John Kerry, a fait allusion à cette réalité, plutôt que de tenir compte du message, les dirigeants israéliens se sont lancés dans une campagne hystérique contre le messager.

Aucune pirouette ni « hasbara » (une propagande pourtant largement financée) ne seront capables de contrer un tel mouvement mondial et en expansion. L’utilisation abusive de la vieille mantra usée de la « délégitimation » et du parti pris anti-israélien est fallacieuse étant donné les violations constantes et systématiques par le gouvernement israélien du droit international et du droit humanitaire international.

Si Israël choisit de se définir uniquement à travers son projet d’occupation par la colonisation et le nettoyage ethnique, alors il supporte seul l’entière responsabilité de sa propre « délégitimation ».

 

La Dr Hanan Ashrawi est membre du Comité exécutif de l’OLP et elle dirige le Département Culture et Information de l’OLP.

Ha’aretz : http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.573315

Traduction : JPP pour BDS FRANCE




L’œil de la rédaction de TV5 Monde : Le retour du boycott inquiète Israël

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Affiche de la campagne « Boycott, désinvestissement, sanctions »

Seuil d’alerte

07.02.2014
par Pascal Priestley

Cela aurait pu rester une histoire de bulles et de star. C’est devenu une affaire internationale, dans le plus vieux conflit du monde. Actrice américaine connue notamment par les films de Woody Allen, Scarlett Johansson est également – depuis huit ans – l’ « ambassadrice » de l’organisation humanitaire internationale Oxfam. Très récemment, elle a également été embauchée par la compagnie Sodastream, spécialisée dans la fabrication d’appareils de gazéification, pour en promouvoir les bienfaits.

Tout irait bien dans ce monde enchanté de la communication si Sodastream n’était pas une multinationale israélienne dont la principale usine se trouve à Misché Adounim, en Cisjordanie occupée. « Sodastream opère dans une colonie israélienne, dont la seule existence constitue une grave violation du droit international », s’inquiète Human Rights Watch, autre organisation humanitaire. « Il est impossible d’ignorer le système israélien de discrimination illégale, de confiscation de terres, de vol des ressources naturelles et de déplacement forcé des Palestiniens en Cisjordanie occupée, où Sodastream est situé ».

Zoom:

La publicité de Scarlett Johansson détournée sur les réseaux sociaux (photomontage)
Spontané ou non, un mouvement d’indignation se propage rapidement sur internet où l’actrice est montrée – dans un photomontage – une canette de soda à la main devant un barbelé. Des associations se mobilisent. Scarlett Johansson se défend maladroitement, disant avoir pensé que Sodastream était une entreprise engagée « à bâtir des ponts de paix entre Israéliens et Palestiniens ». La formule fait rire les internautes mais pas Oxfam, qui annonce le 30 janvier « accepter la démission » de son ambassadrice. « Le rôle de promotion de l’entreprise SodaStream par Mme Johansson est incompatible avec celui d’ambassadrice mondiale d’Oxfam », précise l’ONG. « Oxfam est opposé à tout échange commercial avec des colonies israéliennes, illégal en vertu du droit international ». Peut-être. Mais tant de sensibilité – réactive – d’une organisation internationale puissante et à domination anglo-saxonne n’en est pas moins nouvelle. Elle témoigne, certes, de la force croissante des réseaux sociaux – démultiplicateurs redoutables en l’espèce – mais aussi de l’impact d’une arme que l’on croyait désuète, que ni les grandes compagnies, ni les banques, ni le monde associatif et ni même les États ne peuvent plus ignorer : le boycott, ou sa menace.
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Affiche en faveur du boycott

Une histoire chargée

Surgi du passé, son nom même ranime en Israël de mauvais souvenirs. Instrument naguère très utilisé contre le jeune État, le boycott symbolisait sa mise au ban par ceux qui, souvent, remettaient en cause son existence même. La Ligue arabe l’emploie dès 1945 pour proscrire toute relation commerciale ou financière entre les États arabes et le futur Israël. Installé à Damas en 1951, un « bureau central du boycott » en coordonne la mise en œuvre. Celle-ci, renforcée après la guerre du Kippour (1973) par l’argument du pétrole, s’appliquera dans le monde avec une rigueur variable. Dans les deux décennies suivantes, pourtant, de multiples facteurs – disparition de l’allié soviétique, adoption dans certains pays de législations le proscrivant, traités de paix ou reconnaissances diplomatiques, poids de l’OMC … – rendent le boycott progressivement inopérant. A la fin des années 1990, seuls quelques pays (Syrie, Liban, Iran …) l’observent encore, avec plus de zèle que d’efficacité.

Apparu dans les années 2000, le nouveau mouvement international reprenant l’idée du boycott s’inscrit dans une autre logique, plus citoyenne qu’étatique, davantage fondée sur le droit et ses violations liées à l’occupation des territoires palestiniens, et vise particulièrement l’économie des colonies. Précédé de prises de positions remarquées, dont celle de l’archevêque sud-africain Desmond Tutu, il est lancé en 2005 au forum de Porto Allegre et rapidement repris par 172 organisations sous l’acronyme « BDS » ( boycott desinvestissement, sanctions).

Le langage employé et le cadre politique de référence diffèrent nettement de ceux qui prévalaient dans le demi-siècle précédent, où transparaissait la non-légitimité prêtée à l’État juif : « Nous faisons appel à vous, disent ses promoteurs, pour faire pression sur vos Etats respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international ». Ce n’est plus l’existence d’Israël qui se trouve mise en cause mais ses pratiques, singulièrement la colonisation issue de l’occupation. Publiée en 2009, la « charte de  BDS-France » se montre ainsi précautionneuse : « Notre action est éthique, citoyenne et politique. (…) Elle ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive (…) Ce boycott ne vise pas la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels, il vise la politique coloniale d’occupation israélienne et ses partisans ».

Scepticisme des uns, hostilité ou réticences des autres : les échos de la campagne sont d’abord modestes, quoique stimulés par les opérations militaires israéliennes sur Gaza ou le Sud-Liban, l’impasse des pourparlers et le développement de la colonisation. Les compagnies dénoncées (Mac Donald, IBM, Starbuck, l’Oréal, Danone) en ont vu d’autres et se croient peu vulnérables.

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Affiche contre le boycott

« Une arme indigne »

Les amis d’Israël ne s’en mobilisent pas moins. En France, un texte paraît en novembre 2010 sous la signature, parmi d’autres, d’Alain Finkielkraut, Bernard Henri Levy, Yvan Attal mais aussi de Manuel Valls et … François Hollande, encore loin du pouvoir l’un et l’autre. Le titre est explicite : « le boycott d’Israël est une arme indigne ». Balayant les précautions politiques de ceux qu’ils nomment « saboteurs », les auteurs dénoncent ses partisans, implicitement qualifiés d’exterminateurs masqués: « Au vu de leur charte, tout ce qui est israélien serait coupable, ce qui donne l’impression que c’est le mot même d’Israël que l’on souhaite, en fait, rayer des esprits et des cartes ». Sans nier le droit de mettre en cause « même de manière vive » le gouvernement israélien  (alors déjà dirigé par Benyamin Netanyahou), ils estiment que « rien ne saurait autoriser que l’on applique à la démocratie israélienne un type de traitement qui n’est réservé aujourd’hui à aucune autre nation au monde, fût-elle une abominable dictature »(1). Alors Première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry déclare devant le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France): « ceux qui prônent le boycott se trompent de combat : au lieu de porter la paix, ils portent l’intolérance, ils portent la haine ». Sous l’impulsion de la Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy, Michelle Aliot Marie, la justice française poursuit les appels au boycott assimilés au délit de discrimination.

Le mouvement n’en continue pas moins à travers le monde et marque des points, d’Amérique latine ( Bolivie, Venezuela) en Europe (Scandinavie, Grande Bretagne où des syndicats ou diverses organisations de la société civiles s’y associent), trouvant parfois des alliés, de fait, inattendus. Peu médiatisé, un rapport – secret mais vite éventé – des chefs de mission diplomatique (consuls généraux) de l’Union européenne à Jérusalem, vient en 2011 accuser en des termes inhabituels la puissance occupante de « perpétuer activement ses annexions en sapant systématiquement la présence palestinienne dans la ville par l’expansion de colonies ».

Plus inhabituel encore, les hauts diplomates préconisent pour « protéger le tissu social palestinien » une série de mesures qui, sans naturellement employer le terme de boycott ni de rétorsion, n’en sont pas très éloignés, même s’ils ne visent que l’économie des colonies. Parmi eux : « empêcher ou décourager les transactions financières venues d’États européens qui auraient pour but de financer les activités de colonisation et mettre en place une législation européenne dissuasive », « avertir les opérateurs touristiques européens afin que leurs visites n’alimentent pas les activités de colonisation », « s’assurer que les produits fabriqués dans les colonies de Jérusalem-Est ne bénéficient pas du traitement préférentiel de l’accord commercial UE/Israël », « sensibiliser le public sur l’origine de ces produits ». Le réquisitoire n’est pas suivi mais il n’est pas non plus ignoré et l’UE a récemment pris différentes mesures – opérationnelles au 1er janvier dernier – pour exclure effectivement les colonies de divers partenariats.

Zoom:

La colonie israélienne d’Har Homa, au nord de Bethléem, ne pourra plus bénéficier de financements européens à partir de 2014 afp (AFP)

Propagation

A partir de 2013, plusieurs institutions de pays du Nord (Norvège, Suède, Danemark) décident de rompre leurs liens avec des banques israéliennes impliquées dans le financement des colonies. Gérant pas moins de 150 milliards d’euros, le principal fonds de pension des Pays-Bas a cessé sa collaboration avec cinq établissements financiers pour la même raison. Un mois plus tôt, la société d’eau potable Vitens, autre géant néerlandais, a rompu avec la compagnie israélienne de distribution Mekorot, accusée de pratiquer une discrimination vis à vis des Palestiniens dans l’accès à l’eau. Traditionnelle alliée de Tel Aviv, la Roumanie faisait savoir presque au même moment qu’elle refusait que les travailleurs roumains partent travailler dans les Territoires occupés.

Loin d’une Europe mal aimée en Israël, le mouvement prospère également outre-Atlantique. La plus grande église protestante canadienne vient ainsi de rompre ses liens avec trois entreprises israéliennes. Pire, le principal allié de l’État hébreux dans le monde, les États-Unis, n’est plus préservé de la contagion. En décembre, l’American Studies Association (ASA), syndicat d’universitaires et de chercheurs aux États-Unis, adopte par 66 % des voix une résolution appelant au boycott académique d’Israël. Bien que cela ne concerne qu’une minorité du monde universitaire nord-américain, cette position émane d’une des organisations importante et ancienne de ce milieu. L’Association for american studies l’a précédé de quelques mois.

Surgie dans cette série funeste, l’ « affaire » Johansson-Sodastream, est à la fois plus anecdotique mais, par son considérable écho médiatique, plus gênante pour Israël et surtout inquiétante en terme de contagion. Un signe parmi d’autres : le parrainage du même SodaStream valait simultanément au 41e festival international de bande dessinée d’Angoulême (France) des explications orageuses et les foudres du dessinateur Tardi, pourtant héros de la fête (« Si j’avais su que le festival était financé par cette marque, jamais je n’aurais donné mon accord » ). D’autres voix s’étaient prononcées dans le même sens parmi lesquelles celles du dessinateur américain Joe Sacco.

Zoom:

Des enfants palestiniens regardent des maisons construites dans une colonie israëlienne, le 3 décembre 2013 près de Bir Zeit dans la bande de Gaza (afp)

Voix

La montée du mouvement en vient à inquiéter Washington, augmentant … l’irritation de Tel Aviv. Évoquant pour les déplorer les risques de boycottage visant Israël en cas d’échec des négociations en cours, le Secrétaire d’État américain John Kerry s’est vu reprocher par son homologue israélien Youval Steinitz des propos « offensants, injustes et intolérables ». Son (proche) Premier ministre Benyamin Netanyahu déclarait pour sa part plus sobrement que les « tentatives de boycotter l’Etat d’Israel » étaient « immorales et injustifiées ».

Telle n’est pas l’opinion de certains intellectuels israéliens, sans doute fort minoritaires mais parfois prestigieux. Dans un article du quotidien Haaretz , le célèbre historien Zeev Sternhell affirme : « ce n’est pas l’antisémitisme qui se trouve à la base du boycott des colonies qui se développe en Europe. Le boycott est tout d’abord une sorte de révolte contre le colonialisme et l’apartheid qui dominent les territoires ». Une approche développée plus crûment par un autre historien, Daniel Blatman dans une tribune du quotidien français Libération. Professeur à l’université hébraïque de Jérusalem celui-ci estime qu’ « après plus de quarante-cinq années d’occupation pendant lesquelles Israël a exercé sa domination sur un autre peuple, le cancer raciste a pénétré dans les couches profondes de la société israélienne ». « Il faut, considère t-il, boycotter, bannir et poursuivre en justice les colonies et tous ceux qui commettent des crimes de guerre dans les Territoires occupés ».


* BHL justifie pourtant à la même époque la légitimité du boycott d’autres pays tels le Soudan ou la Chine.

Source: http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Israel-Palestine-2013/p-27418-Le-retour-du-boycott-inquiete-Israel.htm




Festival de la BD d’Angoulême : un sponsor à controverse

Festival de la BD d'Angoulême : un sponsor à controverse

Daniel Marteau et Jean-Claude Caraire peaufinent leurs actions prévues pendant le Festival.

© Photo

ph. A. L.

Quand l’annonce du partenariat entre le Festival international de la bande dessinée et Sodastream a été révélée, les militants de l’association Charente Palestine Solidarité sont restés « la bouche ouverte ». La société israélienne qui fabrique des machines à gazéifier les boissons à domicile est dans le viseur des associations internationales de défense des territoires palestiniens.

Une de ses « principales implantations » se situe à l’est de Jérusalem-Est, dans la zone industrielle de Mishor Adumim, dans la colonie de Maale Adumim, « une colonie israélienne en Cisjordanie, et donc en territoire palestinien occupé », éclaire Daniel Marteau, président de l’association Charente Palestine Solidarité. Et de rappeler que cette colonie de peuplement et d’activité, comme les autres, viole le droit international et notamment la quatrième Convention de Genève et des résolutions de l’Organisation des Nations Unies.

L’importateur de Sodastream réagit

La marque incriminée par l’association Charente Palestine Solidarité réagit promptement. « L’usine de Mishor Adumim, maintenue dans un esprit social, existe depuis vingt-cinq ans et emploie plus de 500 Palestiniens dont le salaire est cinq fois supérieur au salaire moyen en Cisjordanie », appuie Philippe Chancellier, directeur général d’OPM France, distributeur et importateur exclusif de Sodastream en France, basée à Nantes.

Le patron préfère le vocable « territoire disputé » à celui de « territoire occupé ». Toujours est-il que Sodastream est une marque israélienne présente dans 42 pays, qui dispose de 18 usines dans le monde, dont trois en Israël et une en territoire occupé. C’est celle d’Alontravor, en Galilée, qui fournit le marché français des machines Sodastream. « L’Association France Palestine Solidarité a été condamnée le 23 janvier, au Tribunal de grande instance de Paris, pour dénigrement à l’encontre d’OPM France », précise Philippe Chancellier.

« Nous ne remettons pas en cause les conditions de travail (dont la nature est également controversée, NDLR). Même si elles étaient idylliques, nous dénoncerions quand même ce partenariat », assure Jean-Claude Caraire, membre de l’association.

« Israël bénéficie d’un accord commercial privilégié avec l’Union européenne, mais en cas de violation des droits de l’homme il doit être remis en cause. Or, ces colonies sont illégales. Nous demandons donc des sanctions. Nous serons très vigilants au moment des élections européennes pour sensibiliser les politiques », poursuit le militant.

Il y a deux ans, l’association avait déjà mené une opération de sensibilisation en écrivant aux 21 enseignes charentaises dans lesquelles l’appareil à gazéifier était disponible, afin de les inciter à le retirer de la vente avant d’aller tracter devant certaines enseignes. « Nous appelons toujours à boycotter ce produit, comme tous les autres biens fabriqués dans les territoires occupés. Nous ne dénigrons pas le produit en tant que tel, mais appelons à boycotter les produits de la colonisation israélienne », appuie Jean-Claude Caraire.

Une action coup de poing pendant le Festival

La semaine dernière, lors du Conseil communautaire de Grand-Angoulême, l’élu PCF Nicolas Balayneau a prévenu qu’il fallait s’attendre « à des réactions pendant le Festival. Une part importante de la population a été heurtée par ce partenariat ».

Ce que rappellent les membres de l’association à la direction du festival. «Nous sommes indignés de ce partenariat que nous désapprouvons totalement. Nous avons écrit au président du Festival à qui nous demandons un entretien et la remise en cause de ce partenariat», apprend Daniel Marteau.

L’association devrait également écrire aux parlementaires du département. Elle envisage d’être présente lors du FIBD « pour manifester contre ce sponsoring et pour que Sodastream apparaisse pour ce qu’il est vraiment ». Une action coup de poing et des opérations de sensibilisation sont d’ores et déjà prévues.

Source: http://www.sudouest.fr/2014/01/27/un-sponsor-a-controversel-importateur-de-sodastream-reagit-1442215-790.php




Lettre au directeur du Festival international de la bande dessinée

Monsieur Franck Bondoux

Direction du Festival international de la bande dessinée
71 rue Hergé
16000 Angoulême

 

Paris, le lundi 27 janvier 2014

 

Monsieur,

Quelle surprise et quelle déception de voir SodaStream partenaire et “boisson officielle” du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Vous ne savez peut-être pas que, ces dernières années, SodaStream est devenue l’objet d’appels internationaux au boycott, en raison de l’établissement de son site de production dans la colonie israélienne illégale de Ma’ale Adumin, en territoire palestinien occupé, en violation du droit international.

Bien que Sodastream se vante de faire travailler des Palestiniens – expropriés de leur terre – Kav LaOved, une organisation de défense des droits des salariés en Israël et en Palestine, en dénonce les conditions de travail déplorables. L’ONG Corporate Watch n’a par ailleurs pas obtenu l’autorisation de visiter le site de production en février dernier.

Les ressources des territoires occupés par l’entreprise (l’eau en particulier, rare dans cette région) appartiennent aux Palestiniens et sont prélevées par SodaStream en violation du droit international, sans respecter aucune régulation environnementale et avec la complicité du gouvernement israélien.

Dans le monde entier les campagnes de boycott de Sodastream s’intensifient, certains magasins retirent ces produits de la vente et dans certains salons de développement durable et d’économie responsable, Sodastream est désormais exclue des exposants ; cela est notamment le cas au salon Marjolaine à Paris.

SodaStream est une entreprise qui dépense l’énergie du désespoir à tenter de redorer son image, de plus en plus ternie par sa complicité active avec les aspects les plus vils de la colonisation en Israel. Il n’est pas pensable que le Festival international de la bande dessinée s’associe à une telle entreprise et participe indirectement à rendre légitime la colonisation de la Palestine.

La campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État israélien jusqu’à ce que celui-ci se conforme au Droit international) appelle les citoyens à boycotter toutes les entreprises israéliennes participant à la colonisation des territoires palestiniens occupés, à l’apartheid et à la dépossession des Palestiniens. Sodastream est au premier rang des entreprises visées par notre combat moral pour le respect de la justice et des droits humains.

Pour toutes ses raisons, nous demandons au Festival international de la bande dessinée de rompre son partenariat avec l’entreprise SodaStream. Nous connaissons vos difficultés financières dont SodaStream profite et si, pour des raisons contractuelles, ce contrat ne pouvait être rompu en 2014, nous vous conjurons de ne pas le renouveler en 2015.

Nous restons bien sûr à votre disposition pour plus d’information et/ou vous rencontrer.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur, nos sincères salutations.

 

Dror, pour la Campagne BDS France

www.bdsfrance.org

campagnebdsfrance@yahoo.fr




Publicité : les bulles israéliennes de Scarlett Johansson font polémique

 
Des photos en juxtaposition se propagent sur Twitter.

 

En devenant la nouvelle égérie de la marque SodaStream, Scarlett Johansson ne pensait pas s’attirer autant de reproches. L’annonce du contrat de l’actrice américaine avec cette société israélienne suscite depuis une semaine une vague de mécontentements. Sur les réseaux sociaux, l’image de la star glamour d’Hollywood est détournée à l’aide de photomontages. On peut y voir l’artiste toute sourire posant devant des travailleurs palestiniens ou devant le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie.

L’entreprise SodaStream, qui fabrique des machines à soda, est en effet vivement critiquée pour avoir implanté une de ses usines dans une colonie en Cisjordanie. Pour les défenseurs des droits des Palestiniens, ce site de production située à Mishor Adumin, à l’Est de Jérusalem est illégal au regard du droit international et notamment de la quatrième convention de Genève. Comme l’explique au « Los Angeles Times« , Mustafa Barghouti le secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, la star d’Hollywood cautionne finalement les colonies en vendant son image à SodaStream : « Elle n’a aucune excuse en se permettant de soutenir cette violation des lois internationales. C’est comme soutenir l’ancien système d’apartheid en Afrique du Sud ».

Voir l'image sur Twitter

Sur Twitter des militants des droits de l’Homme ont aussi appelé l’ONG britannique Oxfam, qui lutte contre cette implantation illégale, à revoir son partenariat avec l’actrice. Depuis 2004, Scarlett Johansson est en effet l’une de ses représentantes. Dans un communiqué, l’organisation de solidarité internationale a répondu à ces critiques en affirmant qu’elle respectait « l’indépendance de ses ambassadrices et ambassadeurs », tout en s’opposant « à toute forme de commerce avec les colonies israéliennes, lesquelles sont illégales au regard du droit international ».

Voir l'image sur Twitter

« Je ne suis pas le visage d’un mouvement social ou politique »

Dans une tribune publiée le 24 janvier sur le Huffington Post, la principale intéressée Scarlett Johansson, a tenté de son côté de calmer la polémique : « Je n’ai jamais voulu être la figure d’un quelconque mouvement social ou politique dans le cadre de mon contrat avec SodaStream ».

Connu pour ses opinions de gauche, l’actrice a toutefois défendu son nouveau partenaire publicitaire : « Je suis partisane d’une coopération économique et sociale entre Israéliens et Palestiniens. SodaStream est une entreprise engagée pour l’environnement. Elle construit un pont pour la paix entre Israël et la Palestine en employant des salariés des deux pays qui ont les mêmes salaires et les mêmes droits. C’est ce qui se passe tous les jours dans leur usine de Mishor Adumin. »

Ses explications n’ont pourtant pas convaincu les spécialistes du conflit israélo-palestinien. Sur son blog, la journaliste américano-israélienne Mairav Zonszein a jugé que l’actrice était naïve : « Même si cette entreprise israélienne est écologique et traite mieux ses travailleurs que dans d’autres usines, cela ne change rien au fait qu’elle est située sur un territoire occupé par la force, et que la population subit des règles contre sa volonté et souhaite la fin de cette occupation ». Dans un communiqué relayé par The Institute for Middle East Understanding, l’avocate palestinienne Diana Buttu s’est aussi étonnée de voir que la vedette de cinéma semble ignorer qu’à quelques mètres de l’usine de SodaStream les « Palestiniens vivent sans eau courante, sans électricité et sans sanitaires ».

Interrogé par le « New York Times« , le professeur palestinien Rashid Khalidi de l’Université de Columbia, estime également que Scarlett Johansson semble penser « que l’occupation militaire brutale ne pose pas de problème et que la paix peut être basée sur une telle situation. En réalité, elle ne peut être basée que sur une immédiate et complète fin de l’occupation et de la colonisation. »

La publicité de l’actrice ne s’est pas seulement attirée les foudres des défenseurs de la cause palestinienne. Initialement prévue pour être diffusée lors de la finale du Superbowl le 2 février, le spot de SodaStream ne sera finalement pas vu par les milliers de téléspectateurs américains. Selon le quotidien « USA Today« , la vidéo n’a en effet pas vraiment plu aux géants du secteur Coca-Cola et Pepsi qui auraient fait pression sur la chaîne Fox pour ne pas la programmer pendant la rencontre. À la fin de cette publicité, Scarlett Johansson déclare en effet avec un peu de provocation : « Désolé pour Coke et Pepsi ».

Source France 24 : http://www.france24.com/fr/20140128-scarlett-johansson-polemique-publicite-marque-israelienne-palestinien-colonies-superbowl/

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Résumé des succès du BDS en 2013

 Par le BNC, comité national palestinien du BDS

10 janvier 2014

http://www.bdsmovement.net/2014/2013-round-up-11579

Janvier

Veolia se retire des enchères pour un contrat sur l’eau en Californie après les protestations contre ses violations des droits des Palestiniens

Le retrait de Veolia des enchères sur le contrat de 325 millions de dollars a fait suite aux efforts des citoyens du comté Yolo d’empêcher l’attribution du contrat à cause de l’implication de la compagnie dans l’infrastructure illégale des colonies israéliennes.

Cinq grands syndicats de Galice en Espagne adoptent le BDS

Cinq syndicats importants de la région de Galice dans l’État espagnol ont annoncé leur soutien au BDS.

L’association des étudiants de Concordia soutient la campagne BDS contre l’apartheid israélien

L’assemblée générale des étudiants de l’université Concordia de Montréal a voté sa participation au mouvement BDS à une grande majorité.

Une compagnie agricole sud-africaine coupe ses liens avec l’exportateur israélien Hadiklaim

Karsten Farms a aussi entrepris de n’établir aucune relation future avec aucune entité israélienne complice de l’occupation israélienne illégale de la Palestine.

Les magasins Sud-africains de jouets Reggies stoppent leur soutien au KKL-FNJ

Le KKL-FNJ est un organisme para étatique israélien directement impliqué dans les violations des droits humains contre le peuple palestinien. Auparavant Reggies soutenait, était partenaire et contribuait financièrement au FNJ Israélien.

Hyundai cesse ses relations avec une compagnie participant à la démolition de maisons

La compagnie coréenne Hyundai avait fourni des pelleteuses à la société israélienne AEG, utilisées par les autorités israéliennes pour détruire les maisons palestiniennes.

Le guitariste Stanley Jordan annule sa performance à l’Israeli Jazz Festival

Guitariste créatif et acclamé, Jordan avait été annoncé parmi les têtes d’affiche du festival.

Le groupe de Trash Metal Kreator annule son concert en Israël

Kreator, qui ont joué en Israël en 2006, ont annulé leur concert puis choisi de ne pas le reprogrammer.

Février

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Des manifestations à Gaza et dans 40 villes européennes appellent à cesser le commerce avec les entreprises agricoles israéliennes

Les organisations agricoles palestiniennes ont lancé un appel à l’action de la société civile contre les compagnies israéliennes d’exportation agricole comme Mehadrin et Arava, en raison de leur rôle dans la colonisation de la Palestine et dans la destruction de l’agriculture palestinienne par Israël. L’appel et le document accompagnateur Farming Injustice (traduction : Cultures d’injustice) ont été lancées dans le cadre d’une journée d’action où des manifestations ont eu lieu à Gaza et dans 40 villes européennes.

Une commission d’enquête de l’ONU sur les colonies israéliennes appelle à des sanctions

Le rapport d’une commission d’enquête de l’ONU sur les colonies israéliennes illégales a appelé les Etats à accorder à Israël le traitement réservé aux Etats responsables de violations sérieuses similaires – c’est-à-dire une interdiction du commerce avec les colonies, et des boycotts et sanctions contre l’État d’Israël et ses institutions.

L’association des étudiants de l’université de Dundee vote pour la rupture des liens avec G4S

Les étudiants de l’association des étudiants de l’université de Dundee (DUSA) en Écosse ont voté à une grande majorité lors de leur assemblée générale annuelle la rupture des liens avec la société de sécurité anglo-danoise G4S pour son rôle dans le système carcéral et dans l’occupation israélienne.

Shuggie Otis annule son concert en Israël

Le chanteur compositeur légendaire Shuggie Otis a tranquillement annulé un concert en Israël

Mars

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Des manifestations en Palestine et des actions internationales BDS marquent la Journée de la terre palestinienne

Les supporters internationaux de la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité ont marqué la Journée de la terre par des actions et initiatives pour approfondir les campagnes de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël.

Un syndicat étudiant australien quitte un concours de SodaStream

Le syndicat des étudiants de l’université La Trobe applique le soutien au BDS en annulant un concours dans lequel une machine SodaStream était annoncée comme prix. SodaStream est une compagnie israélienne dont les machines à boisson sont fabriquées dans une colonie israélienne illégale.

Les étudiants californiens votent le soutien au BDS

Les conseils étudiants des collèges de l’Université de Californie à San Diego, Irvine, Riverside et Berkeley ont voté le soutien.

Le conseil du Clackmannanshire devient le troisième gouvernement local écossais à soutenir le boycott d’Israël

« Tout comme les sanctions individuelles contre l’apartheid en Afrique du Sud ont conduit finalement à sa chute, les sanctions individuelles et collectives contre l’État d’Israël mettront fin à l’apartheid et à la souffrance en Palestine », a exprimé la motion du gouvernement local. Les conseils de West Dunbartonshire et de Stirling soutiennent aussi le boycott.

La fédération des étudiants de York soutient la campagne BDS

Le bureau de la fédération des étudiants de York au Canada vote le soutien au BDS par 18 voix contre 2 et appelle l’université de York à retirer ses investissements des sociétés qui vendent des armes et de l’équipement militaire à Israël.

Le droit des syndicats universitaires britanniques à boycotter Israël est confirmé par un conseil des prud’hommes

Les organisations pro-israéliennes ont complètement échoué dans leurs tentatives soutenues par le gouvernement israélien de faire juger discriminatoire par le conseil des prud’hommes la position pour le boycott du Syndicat des universités et collèges.

L’église mennonite des USA désinvestit des violations israéliennes des droits humains

Le conseil des directeurs du comité central mennonite a décidé à l’unanimité que le MCC US n’investira pas consciemment dans des compagnies qui bénéficient des produits ou des services utilisés pour perpétrer des actes de violence contre les Palestiniens.

Avril

G4S-Oslo-University

Action mondiale contre G4S pendant le jour des prisonniers

G4S fournit des équipements de sécurité aux prisons israéliennes, aux check-point et aux colonies. Des actions contre G4S ont été organisées dans 11 pays pour coïncider avec le jour des prisonniers politiques palestiniens. Les protestations se sont tenues devant les bureaux de G4S ; le Scottish Trade Union Congress et des associations du Moyen-Orient ont publié des déclarations soutenant la campagne contre G4S.

Le syndicat des étudiants de l’université de Toronto Scarborough (SCSU) devient le neuvième syndicat d’étudiants canadiens à rejoindre le mouvement BDS

Les étudiants belges appellent au boycott universitaire

Une fédération représentant 100 000 étudiants belges de l’éducation supérieure a appelé à un gel de tous les partenariats universitaires avec les institutions universitaires israéliennes.

L’association d’études des Américains d’origine asiatique approuve à l’unanimité une résolution de boycott

L’assemblée générale de l’association d’études des Américains d’origine asiatique (AAAS) des USA a voté à l’unanimité pour une résolution soutenant le boycott des institutions universitaires israéliennes.

Les étudiants du Sussex appellent l’université à résilier les contrats avec Veolia

Des milliers d’étudiants de l’université du Sussex en Grande-Bretagne ont voté une résolution pressant le syndicat étudiant à soutenir une campagne pour que l’université résilie son contrat avec Veolia à en raison du rôle de la multinationale française dans la gestion de l’infrastructure des colonies israéliennes illégales.

Le syndicat des enseignants d’Irlande soutien le boycott universitaire

La motion du congrès annuel du syndicat des enseignants d’Irlande, qui qualifie Israël d’ « État d’apartheid », appelle « tous les membres à cesser toute collaboration culturelle et universitaire avec Israël, y compris l’échange de scientifiques, d’étudiants et de personnalités universitaires, ainsi que toute coopération dans les programmes de recherche ». La motion a été adoptée à l’unanimité.

Les étudiants de Sydney soutiennent le boycott universitaire

« Israël n’écoute ni les mots ni les motions et continue de violer les droits humains et d’agir en violation du droit international. Comme en Afrique du Sud, un changement n’aura lieu que par des actions pacifiques de campagnes telles que le BDS », explique la déclaration approuvée par le Conseil représentatif des étudiants de l’université de Sydney.

L’association d’études des Américains d’origine asiatique s’associe au boycott universitaire

L’association d’études des Américains d’origine asiatique vote de soutien au boycott universitaire des institutions académiques israéliennes, devenant la première organisation universitaire des USA à le faire.

Mai

 Hawking

Stephen Hawking s’associe au boycott universitaire d’Israël

Le physicien de renommée mondiale Stephen Hawking s’est retiré d’une conférence en l’honneur du président israélien Shimon Peres. Une déclaration publiée par le comité britannique pour les universités de Palestine avec l’approbation de Hawking décrit cette décision comme « sa décision indépendante de respecter le boycott, basée sur sa connaissance de la Palestine, et sur l’avis unanime de ses propres contacts universitaires là-bas ».

La commission chargée des associations de bienfaisance ouvre une enquête sur la légalité de la discrimination raciale du KKL-JNF

La décision d’ouvrir une enquête fait suite à une demande de la campagne Stop the JNF à la commission chargée des associations de bienfaisance pour retirer le Fonds National Juif du registre britannique des associations de bienfaisance.

L’université de Sheffield vire Veolia

L’Université de Sheffield a décidé de ne pas renouveler son contrat de collection des ordures avec la corporation multinationale Veolia, à la suite d’une campagne débutée par la Palestine Society du campus et soutenue par le syndicat étudiant. La décision couronne une année d’activité intense et réussie des militants étudiants britanniques.

La United Church of Canada débute une campagne de boycott des colonies

Cette campagne a été intitulée Unsettling Goods: Choose Peace in Palestine and Israel.

Juin

Un diplomate sud-africain rejette les honneurs du KKL-FNJ

Un ancien ambassadeur sud-africain en Israël dit qu’il va retourner un certificat l’informant que 18 arbres ont été plantés en son honneur dans une forêt israélienne par le Fonds National Juif (FNJ) et le ministère israélien des affaires étrangères.

Plus de 150 organisations de solidarité sont solidaires des militants français confrontés à des actions judiciaires

Les militants français sont confrontés à des accusations criminelles pour leur activité de solidarité BDS depuis 2009.

La réalisatrice Mira Nair soutient le boycott culturel

La réalisatrice de Bombay ! et de Monsoon Wedding refusé une invitation à porter en Israël son dernier film ‘L’intégriste malgré lui’, citant l’appel palestinien au boycott culturel dans une série de Tweets.

Juillet

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Les géants du rock US The Killers se retirent d’un concert en Israël

The Killers avaient déjà reçu la moitié de leurs honoraires pour le concert quand ils ont annoncé qu’ils annulaient la performance à la suite de lettres et d’appel des militants.

L’UE exclut les entités coloniales de la réception de prêts et de financements

Après des années de lobbying par la société civile sur cette question, l’UE a publié une directive empêchant les ministères, entités publiques et entreprises israéliennes opérant dans les territoires palestiniens occupés de recevoir des prêts, valant plusieurs centaines de millions d’euros par an, par la Banque d’Investissement Européenne. La directive stoppe aussi l’attribution de subventions aux ministères, entités publiques et entreprises privées israéliennes pour des activités prenant place dans les territoires occupés, même si leur siège est dans les frontières d’Israël d’avant 1967.

Les mouvements sociaux latino-américains appellent à la fin de l’accord de libre-échange avec Israël

La société civile des cinq pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Venezuela, Uruguay et Paraguay) ont adopté à nouveau au XVe sommet social un appel clair pour la fin de l’accord de libre-échange entre le Mercosur et Israël.

Une nouvelle frise chronologique interactive du mouvement BDS expose les succès

La frise chronologique, sur le site BDS movement.net, a été lancée pour commémorer le huitième anniversaire de l’appel BDS

Le fonds de pension géant étasunien TIAA-CREF désinvestit de SodaStream

« Quelle que soit la raison pour laquelle TIAA-CREF a laissé tomber SodaStream, nous y voyons une décision scrupuleuse », dit Sidney Levy de la campagne We Divest, qui mène campagne pour que TIAA-CREF désinvestisse des compagnies qui participent aux violations israéliennes du droit international.

Des distributeurs néerlandais boycottent les colonies

Les médias ont rapporté de Hollande que deux grandes chaînes de distribution du pays ont cessé de vendre des marchandises produites dans les colonies israéliennes.

Aout

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Une grande banque scandinave désinvestit de Cemex à cause de l’extraction des ressources naturelles palestiniennes

Nordea a exclu la compagnie à la suite de l’engagement militant de l’organisation Aide du peuple norvégien (NPA) et du Syndicat norvégien des employés municipaux et généraux (NUMGE).

Des musiciens de jazz boycottent le festival de la mer Rouge

Les artistes de jazz étasuniens Chris Daddy Dave et Matt Schofield avec son groupe, le Matt Schofield Trio, ont annulé leurs performances dans le festival israélien de musique.

Septembre
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Sous la pression du boycott, Veolia abandonne le réseau de bus des colonies

Veolia a révélé qu’il cessera d’exploiter les lignes de bus pour colons en Cisjordanie occupée car la compagnie continue de perdre des contrats en Europe et aux USA à cause de son soutien à l’apartheid israélien. Veolia continue d’exploiter le projet illégal de tramway à Jérusalem.

Une firme hollandaise se retire d’une usine traitement d’eaux usées pour les colons de Jérusalem Est

Royal HaskoningDHV a annoncé qu’il se retirait d’un projet d’usine de traitement d’eaux usées à Jérusalem Est occupé à la suite de pressions du gouvernement hollandais.

Les Quakers de trois états des USA appellent au boycott et au désinvestissement

Le Lac Erie Yearly Meeting, une organisation Quaker régionale regroupant Ohio, Michigan et Pennsylvanie Ouest, est devenu le premier Yearly Meeting Quaker étasunien à adopter officiellement le boycott et le désinvestissement visant les sociétés complices de l’occupation israélienne.

Octobre

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Un syndicat norvégien termine son contrat avec G4S, un « acte de solidarité » avec les Palestiniens

Industri Energi, un syndicat pour les travailleurs des secteurs de l’énergie et de l’industrie lourde, a saqué G4S comme agence de sécurité de ses bureaux à cause du rôle de la compagnie dans les prisons israéliennes, les check-points et les colonies. La même semaine, l’association des enseignants de Londres Est a passé une résolution condamnant le rôle de G4S dans la détention des enfants palestiniens.

Les contrats liés aux colonies des territoires occupés pourraient être « criminels », avertit un expert de l’ONU

Richard Falk a dit que son bureau à essayé d’informer les sociétés, parmi lesquelles le groupe bancaire européen Dexia et la société immobilière étasunienne Re/Max que la poursuite de leurs pratiques dans les territoires pourrait être « problématique ».

Les boycotts forcent à l’annulation d’un festival de rock en Israël

Circus Maximus (Norvège), Haken (UK), et Bumblefoot (USA) étaient supposés jouer en Israël au festival de rock Progstage. Après leurs annulations qui ont suivi les discussions avec les militants BDS, le festival entier a été annulé.

Novembre

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Un grand fonds de pension des USA désinvestit son fonds éthique de Veolia

Le fonds de pension géant étasunien TIAA-CREF a retiré Veolia Environnement du portefeuille de son Fonds de Choix Sociaux à la suite de la pression de la coalition We Divest.

St Louis jette le profiteur de l’occupation Veolia

L’opposition rencontrée par Veolia pour son rôle dans les colonies illégales israéliennes l’a conduit à se retirer de la ville. Veolia aurait dit que Saint-Louis « ne vaut pas le coup. Ça ne vaut pas les torts faits aux affaires [de Veolia]).

Une organisation de droits humains sud-africaine termine son contrat avec G4S

Le Trauma Centre du Cap a publié une déclaration s’opposant au rôle de G4S dans les prisons israéliennes où les Palestiniens sont détenus sans procès et torturés.

Le parti de gauche adhère à la campagne BDS

Le grand parti de gauche français, dont le leader Jean-Luc Mélenchon a gagné 11 % des voix aux élections présidentielles de 2012, s’est aussi engagé à soutenir les campagnes de BDS France.

La deuxième université norvégienne écarte G4S pour son soutien à l’apartheid israélien

L’université norvégienne de Bergen a choisi d’écarter G4S comme agent de sécurité à cause de son rôle dans le système carcéral israélien et dans les colonies illégales israéliennes.

La campagne de boycott coûte de contrats universitaires à G4S

Deux grandes universités britanniques ont choisi de ne pas accorder à G4S le contrôle de la sécurité des campus à la suite de campagnes des étudiants critiquant la compagnie

Décembre

La compagnie des eaux hollandaises Vitens boycotte la société des eaux de l’État israélien

Vitens, le premier fournisseur d’eau potable en Hollande, a mis fin à son accord de coopération avec la compagnie nationale des eaux d’Israël Mekorot à cause de son rôle dans le vol des eaux palestiniennes. Dans le même temps, le gouvernement hollandais prend des mesures pour empêcher qu’un forum d’affaires Israël-Hollande soit utilisé pour développer des liens avec les compagnies qui opèrent dans les colonies israéliennes illégales.

Le gouvernement britannique avertit les milieux d’affaires sur l’entreprise illégale israélienne de colonisation

Le gouvernement britannique a publié des conseils avertissant les milieux d’affaires sur les problèmes et les risques associés à la conduite d’affaires avec les colonies israéliennes illégales.

La Roumanie stoppe l’envoi de travailleurs du bâtiment en Israël en raison des colonies

Le gouvernement roumain a annoncé qu’il stoppera l’envoi de travailleurs du bâtiment en Israël si le gouvernement israélien ne s’engage pas à ce qu’ils ne travaillent pas en Cisjordanie.

Des détaillants de Rome boycottent SodaStream

La compagnie israélienne Sodastream est visée par une campagne internationale de boycott qui a comporté récemment 50 actions dans six pays.

Les campagnes de boycott prennent leur essor en Amérique latine

Les mouvements sociaux brésiliens mènent campagne contre l’accord de libre-échange entre le Mercosur et Israël, les groupes colombiens lancent une pétition Veolia et les militants mexicains protestent contre des événements de propagande israélienne.

Un syndicat hollandais élimine G4S pour son aide aux violations israéliennes des droits humains

AbvaKabo, un syndicat hollandais de 350 000 membres, a cessé ses relations avec G4S, une société de sécurité privée qui a équipé les prisons israéliennes en Cisjordanie occupée.

 

Traduction: JPB pour BDS France




Lettre de BDS France à Rémy Pflimlin, Président de France Télévision

Paris, le 14 janvier 2014

 

Monsieur le Président de France Télévisions,

Nous nous étonnons que France Télévisions serve de vitrine à un produit fabriqué dans une colonie implantée sur un territoire occupé, et donc illégal du point de vue du droit international.

En effet, les machines à gazéifier Sodastream ont une place de choix sur vos chaînes, que ce soit en espaces publicitaires ou en « cadeaux » offerts aux candidats de vos différents jeux (notamment « Tout le monde veut prendre sa place » et « Slam » sur France 2 ainsi que « Questions pour un champion » sur France 3). Or, le principal site de production de la société se situe dans la zone industrielle israélienne de Mishor Adomim*, reliée à la colonie Ma’ale Adomim, en Cisjordanie, territoire palestinien occupé.

Israël verse chaque année d’importantes sommes d’argent pour subventionner les résidents et l’industrie dans les colonies, colonies qui constituent un des obstacles principaux à la paix au Proche-Orient. Ces sociétés implantées dans les colonies contribuent aux violations israéliennes du droit international.

De plus, Sodastream importe ses produits en Europe en mentionnant qu’ils sont fabriqués en Israël (et ils bénéficient à ce titre d’exonérations de droits de douane, violant ainsi les  accords entre l’UE et Israël).

Nous vous demandons donc de cesser de faire la promotion d’une société qui contribue à la colonisation des territoires occupés palestiniens et donc de stopper toute publicité pour la marque Sodastream sur France Télévisions.

Nous restons bien sûr à votre disposition pour plus d’information et/ou vous rencontrer.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le président, nos salutations respectueuses.

 

La campagne BDS France




Tribunal Russel pour la Palestine et BDS

Une conséquence cruciale des conclusions du TRP est le soutien au développement de la Campagne BDS – c’est-à-dire de Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Le TRP a caractérisé la politique israélienne comme étant une politique d’apartheid et donc sujette aux sanctions ciblant tout régime d’apartheid.
Dans la synthèse des conclusions de sa troisième session, qui a eu lieu en Afrique du Sud à Cap Town entre les 5 et 7 novembre 2011 le Tribunal exhorte explicitement : « la société civile mondiale (y compris tous les groupes et individus qui travaillent de leur mieux en Israël et en territoire palestinien occupé pour lutter contre le système de domination raciale qui y règne) à reproduire l’esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, notamment en conscientisant les parlements nationaux par rapport aux conclusions de ce Tribunal et en soutenant la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) »

Cette déclaration est renouvelée à plusieurs reprises dans les conclusions finales formulées à Bruxelles.

Ainsi dans une partie intitulée « Futures actions et pistes pour l’avenir. Les initiatives de la société civile » nous pouvons lire :

« Le Tribunal renouvelle son soutien et se félicite de la campagne BDS, qui doit s’intensifier au sein de l’Union européenne et s’étendre à d’autre Etats, organisations régionales et institutions intergouvernementales »

Et plus loin :

« Le Tribunal promeut l’idée d’un partenariat entre les organes de l’ONU et la société civile afin de faire pression sur Israël sur les questions de BDS en s’inspirant directement de l’expérience du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970, 1980 et 1990 »

Tout ceci me conduit à vous donner des précisions sur l’histoire, les fondements et le contenu du mouvement BDS, puis à vous expliquer que la Campagne BDS ça marche, et qu’il faut donc persévérer dans cette voie.

La campagne BDS a été lancée le 9 juillet 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite.

Ces associations déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international»

Puis ces associations de la société civile palestinienne énoncent les 3 objectifs du mouvement BDS :
« 1. Mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le Mur ;

A ce premier objectif s’est ajouté depuis 2005 l’exigence de mettre fin au blocus de Gaza.
2. Reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respecter, protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU »

La campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.

Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009. Le site de la Campagne BDS France est : www.bdsfrance.org

La campagne se déploie selon plusieurs axes, comme c’était le cas du boycott de l’Afrique du Sud : les boycotts économique, sportif, universitaire et culturel.

Le boycott économique appelle les consommateurs ou n’importe organisme à ne pas se rendre complices d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens, qu’ils viennent des colonies de Cisjordanie ou du territoire israélien dans les frontière de 1967. Il vise aussi certaines sociétés non israéliennes qui participent directement à la répression du peuple palestinien.

Parmi l’ensemble de ces cas, citons les campagnes qui ciblent les entités suivantes :

  • la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies,

  • les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte,

  • la société qui commercialise les produits Sodastream (dont le gazéificateur),

  • Keter (qui fournit du petit matériel d’équipement),

  • les médicaments génériques TEVA (pour lesquels il est régulièrement fait une publicité sur France Info),

  • la société anglo-danoise G4S qui équipe les prisons israéliennes de son matériel dit de sécurité,

  • la société américaine Caterpillar, qui participe à la destruction du patrimoine palestinien et est complice de l’écrasement par ses bulldozers de citoyens Palestiniens et aussi de la militante pacifiste Rachel Corrie.

D’autres campagnes visent à ce que des sociétés se désinvestissent de leurs partenariats complices de la politique coloniale israélienne.

Ainsi la société Orange, qui a conclu un partenariat avec l’entreprise israélienne Partner Communications, qui installe des antennes et relais sur des terres confisquées aux Palestiniens pour le seul bénéfice de l’armée ou des colons. Ainsi aussi Veolia qui gère une déchetterie au service des colons et a d’importants projets d’investissements en Israël.

Venons-en à présent au boycott sportif, pour attirer l’attention sur le fait qu’il dénonce notamment la politique israélienne qui consiste à empêcher le peuple palestinien de pratiquer librement les sports et à se doter des moyens nécessaires, et qui consiste aussi à emprisonner arbitrairement des joueurs récalcitrants.

Les boycotts universitaire et culturel visent quant à eux des initiatives sponsorisées par l’Etat d’Israël. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et nous les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes. Des responsables israéliens de haut niveau avouent d’ailleurs eux-mêmes que la culture leur est très utile pour leur propagande.

BDS remporte d’importants succès, et particulièrement au cours de la dernière période.

Signalons la faillite en 2011 de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, les grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom, qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies, et Veolia, dont le cours de l’action a chuté, la crise de la banque franco-belge Dexia qui participe au financement des colonies …

D’importantes sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation, et récemment PGGM, la plus grande société de gestion de fonds de pension des Pays-Bas, a décidé de retirer l’ensemble de ses investissements de cinq grandes banques d’Israël. En Grande Bretagne, Hollande et Suisse des directions de grandes surfaces ont décidé de retirer de leurs étalages les produits des colonies, se conformant ainsi à l’esprit des lignes directrices de l’Union Européenne, aussi nommées « guidelines » entrées en application le 1er janvier 2014 et visant à proscrire tout financement et toute subvention aux sociétés travaillant pour les colonies.

Vivens, le plus gros fournisseur d’eau potable des Pays-Bas, a depuis peu mis fin à sa coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.
Dans des pays tels que l’Afrique du Sud, la Norvège, la Grande Bretagne, les Pays Bas, de très importantes fédérations syndicales renoncent aux services et aux contrats avec des firmes internationales complices de l’occupation, telles que Veolia et G4S.
D’importantes universités ont également rompu leurs relations, notamment en Afrique du Sud ou même aux Etats-Unis. Récemment l’une des principales institutions universitaires américaines, l’American Studies Association (ASA) a invité tous ses membres à couper toutes relations de nature institutionnelle avec les universités israéliennes.Diverses églises importantes se réclamant de divers courants religieux appellent aussi à BDS.

La Campagne BDS jouit également du soutien d’artistes de renom international, qui sont de plus en plus nombreux à refuser ou à annuler des tournées en Israël, d’intellectuels et de personnalités publiques jouissant d’une grande influence, dont des membres ou des parrains du Tribunal Russell : Desmond Tutu, Roger Waters des Pink Floyds, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, le cosmologue Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence de haut niveau en Israël …

Avant de conclure sur les perspectives du mouvement BDS, je veux signaler 2 questions importantes qui mobilisent la Campagne BDS France, questions que je ne développerai pas pour ne pas dépasser le temps qui m’est imparti.

La première c’est notre engagement actif contre le KKL, ou Fonds National Juif, qui est un organisme paraétatique israélien qui est depuis plus d’un siècle le fer de lance de la dépossession du peuple palestinien. Les dons à l’antenne française du KKL bénéficient d’une déductibilité d’impôts, cet organisme se faisant passer pour une association d’intérêt général, écolo et de bienfaisance, et nous sommes actuellement mobilisés contre le projet du KKL France de tenir le 2 février prochain une grande journée de propagande au Palais Brongniart à Paris.

La seconde question est que la France est le seul pays où des militants de la Campagne BDS sont poursuivis en justice, ce qui est conforté par la circulaire Alliot Marie, qui assimile les actions de sensibilisation à BDS à des appels à la discrimination raciale. Nous exigeons, avec de nombreuses associations, le retrait de cette circulaire et la relaxe des militants poursuivis, ce que d’ailleurs de nombreux juges comprennent.

Et je tiens à souligner que cette situation ne nous empêche pas de développer le mouvement BDS et ne fléchit pas notre détermination.

Quelles sont les perspectives du mouvement BDS ?

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme, les mouvements anti-guerre, les mouvements pour la justice sociale. Elle est porteuse de valeurs universelles.

Ce n’est pas sans raison que Netanyahou le premier ministre israélien, et d’autres ministres de ce pays ont déclaré que le mouvement BDS est une menace stratégique pour Israël. Il est significatif aussi qu’une centaine de grands patrons israéliens, redoutant le succès des appels au boycott, lancent un appel pour la paix avec les Palestiniens. Quand de son côté Omar Barghouti, co-fondateur de la Campagne BDS, pose la question « L’année 2014 verra-telle un tournant décisif pour la Campagne BDS ? », nous accueillons ce propos avec optimisme.

L’année 2014 a été déclarée année de la Palestine par décision de l’ONU. Nous veillerons à ce qu’elle soit en même temps l’année de BDS. Les régimes d’apartheid ne durent pas jusqu’à la fin des temps. L’Etat d’Israël fait et continuera de tout faire pour essayer de réduire le développement de BDS et pour vider de leur substance des mesures telles que les lignes directrices de l’Union Européenne.

Nous continuerons de nous y opposer résolument. Nous continuerons nos activités militantes avec enthousiasme, parce que les droits des peuples et la vraie justice sont de notre côté.

L’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il le sera aussi en Palestine et Israël !

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

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Enquête de l’OCDE sur les contrats de G4S dans les Territoires Occupés

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La technologie G4S dans les prisons israéliennes.

 

Selon nos sources, l’OCDE (L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques), et en l’occurrence son comité au Royaume-Uni, a indiqué qu’il enquêtera sur le travail fourni par la firme aux services de sécurité israéliens.

G4S (1) est accusé d’approvisionner Israël en équipements de surveillance à ses postes de contrôle dans les TPO, alors que la nature précise de ces équipements n’est pas connue.

L’OCDE, qui opère au R.U. sous le parapluie du Department of Business, doit investiguer si la fourniture des tels services contrevient à ses directives pour les entreprises multinationales – un ensemble de recommandations approuvées par le gouvernement pour la « conduite responsable des affaires » outremer.

Comme les colonies sont illégales au regard du droit international, on attend que l’OCDE demande à G4S si, en tant que firme d’un pays membre de l’OCDE, elle peut justifier la fourniture de services qui aident l’occupation.

Si l’Organisation découvre que G4S a agi abusivement, cela créera encore un peu plus de contre-publicité pour cette firme, déjà mise au pilori notamment pour avoir surtaxé les contribuables britanniques par son marquage électronique de prisonniers, et plus encore pour la mauvaise exécution de son contrat de surveillance des Jeux Olympiques et de son gardiennage dans des prisons comme Oakwood [Staffordshire, GB], qui a connu un incident de cinq heures le week-end dernier.

En juillet 2013, l’UE publiait les nouvelles directives destinées à mettre fin activement au financement de firmes et de projets israéliens dans les TPO. Le mois dernier encore, le gouvernement britannique mettait en garde les citoyens du Royaume-Unis contre les risques qu’ils prendraient à faire des affaires avec des colonies juives dans les TPO. Le site web Trade and Investment a été mis à jour pour alerter sur l’illégalité des colonies et sur les risques à y opérer.

Le site mettait en garde contre les transactions financières, les investissements, les achats ou les adjudications avec des entreprises locales, et le tourisme. Les citoyens et hommes d’affaires UE devraient « être conscients des implications possibles de leur réputation s’ils sont impliqués dans des activités économiques et financières avec les colonies, ainsi que des abus potentiels contre les droits individuels », ajoutant : « Ceux qui envisagent de s’engager économiquement ou financièrement dans les colonies devraient solliciter des conseils juridiques »

Cette mise à jour a marqué un réajustement sévère de la critique britannique contre les activités d’Israël en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. A la grande fureur d’Israël en juillet dernier, l’Union Européenne a exclu les subventions aux compagnies israéliennes ayant des liens avec les colonies.

L’OCDE en Grande-Bretagne n’a pas souhaité commenter l’enquête prévue mais sa décision d’avancer est vécue comme une victoire par les initiateurs des campagnes comme les ONG Lawyers for Palestinian Human Rights et War on Want.

Aux termes des directives édictées par le gouvernement britannique l’an dernier, G4S et d’autres firmes devront inclure une section sur leur protection des droits de l’homme.

(1) [Avec 657.000 employés dans 125 pays, G4S est la 3e plus grande entreprise au monde en terme d’employés. C’est également la plus grande société de services en termes de chiffre d’affaires.]

7 janvier 2014 – The Independant – Vous pouvez consulter cet article à : http://www.independent.co.uk/news/b…
Traduction : Info-Palestine.eu – AMM




Campagne de BDS contre Israël : l’année 2014 verra-t-elle un tournant décisif ?

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Il est à la fois curieux et surprenant de constater qu’Israël se sente vulnérable alors qu’il se trouve au sommet de sa puissance économique et militaire, notamment en matière de nucléaire. Cette fois, l’ironie veut que la menace provienne d’un mouvement non-violent ancré dans le droit international et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Au mois de juin de cette année, le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahu a en effet déclaré que le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), dirigé par les Palestiniens, représente une « menace stratégique » pour le régime israélien d’occupation, de colonisation et d’apartheid. Pour cela, Netanyahu a décidé de confier la responsabilité totale de la lutte contre le BDS au Ministre des Affaires Stratégiques.

Cette évolution spectaculaire reflète l’échec de « Brand Israel », une campagne israélienne bien huilée menée par le Ministre des Affaires Étrangères depuis le lancement du mouvement BDS en 2005, et dont la stratégie consistait à utiliser la culture comme instrument de propagande en faisant appel à des artistes et des écrivains israéliens dans l’objectif de présenter au monde entier une « meilleure image d’Israël. »

C’est en effet grâce aux gens de conscience depuis les quatre coins du monde, qui ont compris qu’on pouvait mettre fin à l’impunité d’Israël au moyen d’une résistance populaire en Palestine même et associée à une pression et responsabilité internationale à la fois efficace, moralement cohérente et permanente.

C’est cette prise de conscience qui a donné un grand élan aux campagnes de BDS. Plusieurs de ceux qui étaient jusqu’ici des partisans et des sympathisants d’Israël ont fini par s’en éloigner à cause, entre autres, 1) du brutal blocus israélien sur la Bande de Gaza, 2) de la construction sauvage de colonies illégales et du mur de séparation en Cisjordanie occupée, 3) de sa « stratégie de judaïsation » à Jérusalem, en Galilée, dans la Vallée du Jourdain et dans le Naqab (Le Néguev), comme démontré par des rapports officiels de l’ONU 4) de l’adoption de nouvelles lois racistes, et enfin 5) du déni des droits des réfugiés.

Il convient donc de considérer que les succès du mouvement de BDS au cours des dernières années seraient le facteur qui a ébranlé le régime Israélien. Le soutien en décembre 2012 du Congrès National Africain (The African National Congress) ; le soutien au BDS et l’annulation d’évènements qui devaient inclure les noms d’artistes et de groupes de musique de renommée mondiale ; la décision prise par l’éminent scientifique Stephen Hawking et qui consistait à appliquer le boycott et à annuler sa participation à une conférence à l’Université Hébraïque ; et la dernière vague de résolutions en faveur du boycott adoptées par des associations universitaires US, sont des éléments qui conforte l’analyse selon laquelle le mouvement de BDS atteindra bientôt le niveau de la mobilisation internationale contre l’apartheid en Afrique du sud.

Quant à sa position aux yeux de l’opinion publique mondiale, il faut reconnaitre que la réputation d’Israël s’est quelque peu érodée depuis un certain temps déjà. Deux facteurs majeurs en sont la cause. Il s’agit, premièrement, de la force morale du mouvement de BDS, y compris sa composante israélienne anticolonialiste cruciale. Et en second lieu, le changement politique israélien qui s’est clairement orienté vers l’extrême droite. Dans un sondage réalisé en 2013 par la BBC, les résultats ont fait ressortir la concurrence entre Israël et la Corée du Nord, perçus par la grande majorité des personnes en Europe et ailleurs, comme le troisième ou le quatrième des pires pays au monde.

Qu’est-ce que la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions ?

Le 9 juin 2005 a été le jour où l’appel au BDS était pour la première fois lancé par une alliance de plus de 170 organisations palestiniennes : syndicats, réseaux de réfugiés, ONG et associations locales. Le message transmis ce jour était un appel aux organisations de la société civile internationale et aux gens de conscience, afin qu’ils « imposent un boycott général et mettent en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, emboitant ainsi le pas aux mesures appliquées en Afrique du Sud durant la période où sévissait l’apartheid. »

Plus précisément, le BDS appelle à la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967, avec le démantèlement du mur et des colonies, la fin du système israélien de discrimination raciste contre ses citoyens palestiniens et le droit au retour inhérent et reconnu par l’ONU des réfugiés Palestiniens dans leur terre d’origine.

Ces trois droits fondamentaux correspondent aux trois composantes majeures du peuple palestinien : les citoyens de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est (38% de la population palestinienne d’après des statistiques de 2011), ceux du territoire de 1948 qui vivent sous le régime d’apartheid israélien (12%) et ceux de la diaspora, en exil (50%). Plus de deux tiers des Palestiniens ont le statut de réfugiés ou sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays.

Agir et s’imposer avec diplomatie et délicatesse

Pour Desmund Tutu, Roger Waters, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, Arundhati Roy, Marcel Khalife et Aijaz Ahmed – personnalités publiques jouissant d’une forte influence – la conclusion est on ne peut plus claire : c’est la même lutte menée en Afrique du sud du temps de l’Apartheid qui doit être suivie aujourd’hui. En effet, le mouvement de BDS est absolument indispensable pour obliger Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international.

En faisant appel aux gens de conscience, partout dans le monde, afin d’aider à mettre fin au système israélien d’oppression à trois facettes, le mouvement de BDS n’entend pas solliciter une action héroïque mais plutôt l’accomplissement et le respect d’une profonde obligation morale qu’est le renoncement à la complicité dans l’oppression.

Chaque année, les pays occidentaux, à l’instar des États-Unis et de l’Allemagne offrent des milliards de dollars à Israël, sans oublier le commerce militaire lucratif. De ce fait, les contribuables de ces pays occidentaux subviennent aux violations israéliennes du droit international pendant que leurs programmes sociaux domestiques subissent des coupes sombres, que le chômage atteint des niveaux alarmants et que l’environnement se fait massacrer et détruire. Tirer un trait sur la complicité avec les crimes israéliens ne joue pas en faveur du peuple palestinien seulement, mais il conviendra sans nul doute aux « 99% » des personnes aux quatre coins du monde qui luttent contre une guerre perpétuelle et pour une justice socio-économique.

S’appuyant sur son influence mondiale, le mouvement de BDS dirigé par la principale coalition dans la société civile palestinienne, le BNC [BDS National Committee] enregistre une percée à travers le monde, couronnée par d’importantes victoires.

Quelques jours auparavant, The American Studies Association [l’Association des Études Américaines] a adopté le principe du boycott universitaire d’Israël avec un ratio de soutien stupéfiant de 2:1 de l’ensemble de ses membres. En avril, The Association for Asian-American Studies [L’Association pour les Études Asiatiques Américaines] est devenue la première instance universitaire américaine à adopter le boycott d’Israël. Dans la même période, The Federation of French-Speaking Belgian Students (La Fédération des Étudiants Belges Francophones) qui compte 100 000 membres a également adopté le boycott des institutions universitaires israéliennes, tout comme le Syndicat des Enseignants Irlandais. En mars 2011, l’Université de Johannesburg a rompu des liens avec l’Université Ben Gourion à cause des violations des droits de l’homme.

Pour leur part, les Conseils d’Étudiants à travers plusieurs universités nord-américaines, dont l’Université de Californie, Berkeley, ont opté pour le désinvestissement de toutes les sociétés qui tirent profit de l’occupation israélienne.

Une liste de plus en plus longue

A travers des millions de membres – originaires, entre autres, d’Afrique du sud, de Grande-Bretagne, d’Irlande, d’Inde, du Brésil, de Norvège, du Canada, d’Italie, de France, de Belgique et de Turquie – ce sont les principales fédérations syndicales internationales qui ont apporté leur soutien au mouvement de BDS

Veolia qui est une société complice avec l’occupation israélienne, a perdu ou a dû se retirer d’appels d’offres qui valent des milliards de dollars, principalement en Suède, en Grande-Bretagne, en Irlande et maintenant aux États-Unis.

Le militantisme du BDS en Norvège, en Afrique du Sud, au Parlement Européen et dans plusieurs Universités Britanniques et ailleurs, a pu frapper G4S, la plus grande société de services de sécurité à l’échelle mondiale. L’entreprise fait actuellement face à d’importants échecs tout à fait significatifs résultant de son implication dans les prisons israéliennes où des détenus Palestiniens, notamment des enfants se font torturer. Elle est également impliquée dans plusieurs projets qui enfreignent le droit international.

En Grande-Bretagne, la cinquième plus grande chaîne de supermarché Co-op a adopté la politique de boycott des sociétés qui opèrent dans les Territoires Palestiniens Occupés.

L’an dernier, The United Methodist Church [L’Église Méthodiste Unie] a appelé au boycott des produits en provenance des colonies israéliennes. Une décision suivie par l’Église Presbytérienne Américaine et l’Église Unie du Canada. L’Église Mennonite Américaine est allée encore plus loin en décidant de ne pas investir dans les entreprises impliquées dans l’occupation israélienne.

Pour sa part, le gouvernement néerlandais a publiquement « dissuadé » les entreprises de son pays à renoncer au business avec les entités israéliennes opérant dans les Territoires Palestiniens Occupés, ce qui a poussé la plus grande entreprise de construction aux Pays-Bas, Royal Haskoning DHV, à se retirer d’un projet de traitement des eaux usées avec la municipalité israélienne de Jérusalem-Est occupée. Dans le même contexte, l’entreprise publique des eaux Vitens a également résilié un contrat avec l’entreprise israélienne des eaux, Mekorot.

Il en va de même pour le gouvernement britannique qui a publié une directive sur l’implication des entreprises dans les colonies illégales israéliennes. Ces étapes suivent la publication des directives européennes contre le financement des projets et entités israéliens dans les Territoires Palestiniens.

Deutsche Bahn, la compagnie allemande des chemins de fer et qui est contrôlée par le gouvernement, s’est retirée d’un projet israélien qui empiète et confisque la terre palestinienne occupée. Des responsables du Ministère allemand des Affaires Étrangères ont informé des représentants de la société civile palestinienne qu’ils ont recommandé à toutes les institutions académiques allemandes d’éviter tout échange avec l’université d’Ariel, une colonie israélienne en Cisjordanie.

Il est vrai que la violente répression israélienne, sa politique de nettoyage ethnique et son blocus à l’encontre des Palestiniens augmentent jour après jour. Néanmoins, nous demeurons confiants et convaincus que nous surmonterons les obstacles et que nous vaincrons. Grâce au mouvement de BDS, aujourd’hui devenu mondial et ayant réussi à conquérir les cœurs et les esprits des peuples, il se pourrait bien que nous atteignons le point ou tout basculera.

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Omar Barghouti est militant Palestinien indépendant des droits de l’homme et membre fondateur du mouvement de BDS. Il est l’auteur de « Boycott, Divestment, Sanctions : The Global Struggle for Palestinian Rights, » (Haymarket : 2011).

Du même auteur :

- Le succès ultime d’Israël pourrait bien signer la fin de son régime colonial – 9 octobre 2013
- Le mouvement BDS expliqué – Pourquoi j’ai boycotté Israël – 28 février 2013
- A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël – 25 octobre 2012
- BDS : Les Palestiniens veulent « toute la panoplie des droits » – 27 juin 2012
- BDS pour les droits des Palestiniens : « L’égalité ou rien ! » – 6 mai 2012
- BDS, des armes économiques pour relayer la politique – 31 décembre 2011
- Un criminel de la Haganah témoigne sur la Nakba – 30 décembre 2011
- Veolia toujours impliquée dans les violations israéliennes du droit international – 24 novembre 2011
- L’obstacle fondamental sur le chemin d’une solution à un État – 18 novembre 2011
- Ashton : l’attaque des colons contre la mosquée en Cisjordanie sape la paix au Proche-Orient – 12 septembre 2011
- Le dernier masque de démocratie tombe – 6 août 2011

22 décembre 2013 – Al Jazeera English – Vous pouvez consulter cet article en anglais à :
http://www.aljazeera.com/indepth/op…
Traduction : Info-Palestine.eu – Niha




Projection de BDS contre Sodastream sur un mur de Tokyo

Nos camarades japonais de « Artistes contre l’occupation » à Tokyo ont effectué une projection de grande taille dans la nuit du 20 décembre sur le mur du quartier Shinjuku, un des centres de Tokyo.

Ci-dessous quelques images de leur belle mobilisation : http://artistsagainst.seesaa.net/article/383324031.html

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Voeux 2014 pour BDS, par Jean-Guy Greilsamer

Ces deux grands hommes sont Stéphane Hessel, décédé le 26 février, et Nelson Mandela, décédé le 5 décembre.

Il serait un peu scolaire de comparer minutieusement les deux hommes, qui ont eu une vie très différente. Mais le bilan de leurs vies respectives dégage des enseignements communs qui, quand bien même paraissent-ils très simples, ont vocation à nous guider en tant que militants.

1. Toute notre politique part de notre révolte contre des injustices.

C’est évident concernant Mandela et l’Histoire sud-africaine, et Stéphane Hessel a atteint quant à lui une célébrité maximum après la publication de son petit livre « Indignez-vous ! »

Quant à nous, nous ne nous habituerons pas à la politique d’apartheid et d’épuration ethnique israélienne, nous ne nous résignerons pas, nous continuerons de manifester vivement la colère que suscite en nous cette politique cynique qui vise à constamment déposséder, humilier, persécuter, détruire, mettre à genoux tout un peuple, le peuple palestinien.

2. Etre inflexibles et persévérants sur les objectifs.

Les droits des peuples à la dignité, la justice, l’égalité, sont inaliénables.

Toute politique qui consiste à se contenter de remplacer une injustice par une « demi » injustice est inacceptable.

Mandela a refusé tout compromis qui lui aurait permis de sortir de prison beaucoup plus tôt.

La campagne internationale BDS se fixe trois objectifs (mettre fin à l’occupation et la colonisation, droit au retour des réfugiés et égalité absolue des droits des Palestiniens d’Israël) et, ainsi que le demandent les associations de la société civile palestinienne, elle n’est pas disposée à se contenter d’une réalisation partielle de ces objectifs.

3. Mettre en œuvre une politique rassembleuse.

C’est ce qui a toujours guidé aussi bien Mandela que Hessel.

Leur volonté de ne pas se polariser sur des divisions secondaires a permis d’amplifier les politiques dont ils étaient porteurs.

Il en va de même concernant la campagne BDS. Nous avons des sensibilités, des histoires ou même des approches diverses, mais il nous appartient de faire prédominer notre volonté commune de faire progresser concrètement nos objectifs.

4. Le rapport aux ennemis.

Sur ce point, les rapports de Mandela et de Hessel étaient remarquables aussi.

Ils ne confondaient pas les ennemis avec l’ensemble des communautés dont ils étaient issus. Ils avaient à cœur de permettre à ces communautés d’évoluer vers une reconnaissance des droits des opprimés et concevaient la perspective d’un avenir où les populations réconciliées vivraient pleinement dans l’égalité et la justice.

En Palestine et Israël nous sommes loin d’un processus de « Vérité et Réconciliation » tel qu’il a été mis en oeuvre en Afrique du Sud, mais les Juifs israéliens anticolonialistes et anti-apartheid, si minoritaires soient-ils, ont toute leur place dans le mouvement BDS.

 

Le principal représentant direct en France de la politique israélienne, le CRIF, n’avait pas hésité à insulter la mémoire de Stéphane Hessel lors de son décès. Concernant Mandela, il n’a pas osé renouveler ce comportement, préférant oublier les liens étroits que l’Etat d’Israël entretenait avec l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid.

Le mouvement BDS progresse, et gagne à s’inspirer de l’esprit constructif qui animait les deux grands hommes. Il a remporté de nouvelles victoires, tant en ce qui concerne les boycotts économique, culturel et académique.

Récemment, la prestigieuse « Association of American Studies », l’un des principaux syndicats américains de chercheurs et d’enseignants, a rejoint le boycott universitaire. En Europe, des désinvestissements et des sanctions se précisent. Le géant néerlandais de l’eau potable Vitens a arrêté sa collaboration avec la compagnie israélienne de distribution d’eau Mekorot.

L’Union Européenne a adopté en juillet dernier des lignes directrices destinées à cesser à partir du 1er janvier 2014 toute subvention et tout financement profitant aux colonies. Ici même, le mouvement BDS est fermement décidé à ne pas plier face aux procès intentés par les officines sionistes.

Des campagnes nationales se développent contre des sociétés telles que Mehadrin, qui est devenu le n° 1 des entreprises d’exportation des produits agricoles coloniaux israéliens, Sodastream (le gazéificateur), Orange (qui coopère avec la société de téléphonie israélienne Partner).

Nos appels en direction d’artistes pour les dissuader d’être utilisés pour blanchir l’apartheid israélien ne faiblissent pas et sont médiatisés, même s’ils ne sont pas toujours victorieux.

Formons le vœu qu’en 2014 le mouvement BDS continue de progresser de plus en plus et parvienne à convaincre de nombreux décideurs, qu’il s’agisse d’organismes, de sociétés, d’institutions ou d’Etats, à exercer des sanctions efficaces contre Israël.

Ainsi que l’a déclaré Marwan Barghouti, emprisonné depuis onze ans, « l’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il ne l’emportera pas en Palestine. »

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France et de l’UJFP




Staples Norvège cesse de vendre SodaStream dans ses magasins.

Le Secours Populaire Norvégien, le 20 décembre 2013

Dans un message twitter, ils écrivent: « Pour plusieurs raisons, Staples va éliminer SodaStream de ses magasins. Nous remercions @fagforbundet et @norskfolkehjelp (le compte twitter du Secours Populaire Norvégien) pour un bon dialogue ».

Le principal site de production de SodaStream est située dans une colonie israélienne illégale de la Cisjordanie palestinienne occupée. En utilisant cette installation pour la production, et en payant des impôts à la colonie, SodaStream soutient l’occupation illégale de la Palestine.

Le Secours Populaire Norvégien et Fagforbundet ont eu un bon dialogue avec Staples au sujet de la production de SodaStream sur le territoire palestinien occupé. La décision d’arrêter la vente de produits SodaStream est un geste que nous saluons, a déclaré Liv Torres, secrétaire général du Secours Populaire Norvégien.

Source : http://www.npaid.org/News/2013/Staples-Norway-to-quit-selling-SodaStream




Petit film de sensibilisation sur l’implication de G4S dans l’arrestation d’enfants palestiniens

Voici un film court de sensibilisation de palestinasolidariteit.be qui raconte l’histoire des enfants palestiniens arrêtés par l’armée israélienne et la complicité de G4S (firme européenne de surveillance).

En français :

{youtube}cht1th2dirY{/youtube}

En arabe :  http://youtu.be/Wz0Teq_KVZ8 In english : http://youtu.be/CufxnxYqy8U Dutch : http://www.youtube.com/watch?v=76aGugwb1ps

De réelles arrestations d’enfants palestiniens:

{youtube}io_vOk-3NRY{/youtube}




Cesser le commerce avec les entreprises agroalimentaires israéliennes

Du boycott des produits israéliens au boycott des entreprises agroalimentaires israéliennes

José Luis Moraguès

Membre de la coordination nationale CCIPPP et de la Campagne BDS France.

2005-2009 : Le boycott : d’un slogan à une campagne.

L’appel BDS des 170 organisations de la société civile palestinienne de juillet 2005 adressé aux sociétés civiles du monde et donc à nous tous-tes, vise l’autodétermination des Palestiniens. En raison du poids d’Oslo et malgré son évidence, cet appel n’a pas été entendu dans la plupart des pays européens jusqu’aux massacres à Gaza en 2008-2009. Par ailleurs ceux qui ont eu le mérite de lancer les premières actions l’ont fait de façon empirique sans réflexion sur les cibles. On parlait de Carmel comme de Coca-Cola, Danone ou starbuck café. Les entreprises israéliennes ou non étaient mélangées aux produits et labels. Il n’y avait pas non plus de réflexion stratégique. Produits et entreprises étaient listés, catalogués réduisant le mot d’ordre de boycott un simple slogan.

L’intervention du BNC dans la bataille contre Agrexco et la mise en place de la campagne BDS à direction palestinienne dès juin 2009 a clarifié les choses. Pour autant la question de l’adéquation entre ceux qui se réclament aujourd’hui du « BDS » et les attentes palestiniennes n’est pas complètement réglée en France et dans les autres pays du continent. Le présent article vise à préciser, en matière de boycott dans le champ de l’agroalimentaire, les pistes, fondées sur le droit international et les droits Humains, préconisées par les organisations palestiniennes.

 

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Mai 2009 : La Coalition contre Agrexco cible l’entreprise Agrexco

La force de la Coalition contre Agrexco a été d’avoir dès le début à la fois désigné une cible unique : « l’entreprise Agrexco » et un seul objectif : « Agrexco ni à Sète ni ailleurs ». Dans le bilan de cette bataille victorieuse nous avons surtout mis en évidence l’efficacité tactique du choix de cibler une entreprise. Mais nous n’avons pas assez souligné, comme facteur de succès, que le fait de cibler l’entreprise (au lieu des produits) avait une dimension stratégique qui a joué un rôle important dans la compréhension de la situation et dans la mobilisation contre Agrexco. Cibler l’entreprise a mis en évidence le rôle fondamental des entreprises agroalimentaires israéliennes dans le processus de colonisation et la destruction des ressources vitales palestiniennes.

Après la liquidation d’Agrexco, cette même logique a guidé la coordination BDS européenne animée par le BNC dans le choix de la nouvelle cible européenne. La journée d’action BDS européenne du 26 novembre 2011 a engagé la bataille contre l’entreprise Mehadrin devenue N°1 de l’agroalimentaire israélien.

 

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Avril 2012 : une décision exemplaire du CO-OP Group (Royaume –Uni)

C’est au Royaume-Uni que cette campagne a obtenu en 2012 le succès le plus significatif. Les discussions et la pression exercée en interne et externe sur le CO-OP Group, cinquième distributeur du pays, ont conduit à une décision exemplaire. Le 27 avril 2012 dans un communiqué à la presse la CO-OP Group déclare qu’elle : « cessera de collaborer avec tout fournisseur de produits, connu pour se fournir dans les colonies israéliennes ». C’est clair et net ! Les quatre entreprises concernées sont : Agrexco, ARAVA Export Growers, Adafresh et Mehadrin. Mehadrin cultive aussi des fruits et légumes en Israël, pourtant il tombe sous le coup du refus de la CO-OP Group, laquelle considère à juste titre que dès lors qu’une partie de l’entreprise produit ou commercialise dans les colonies, l’entreprise est toute entière dans l’illégalité. On voit bien ici la justesse et la pertinence qu’il y a à cibler les entreprises et non les produits. Cibler les produits, permet à certains de distinguer les produits des colonies, qu’il faudrait boycotter, de ceux produits en Israël qu’il ne faut pas boycotter. Mais le lien entre les colonies et l’état d’Israël n’est-il pas structurel, matriciel ? Ce n’est pas Israël qui va démentir ce lien. Pour l’état juif les colonies sont partie intégrante d’Israël. Ne sont-elles pas régies par les lois israéliennes ? ne relèvent-elles pas du même découpage administratif, réseau routier, énergétique, du code postal, du droits de vote, des financements et de la politique industrielle etc… israélienne ? Il est par conséquent impossible de caractériser d’illégales les colonies sans caractériser de la même illégalité les entreprises qui commercent avec les colonies et bien plus encore, l’état qui les implante et les administre.

Février 2013 : Appel à cesser tout commerce avec les entreprises agricoles israéliennes

L’Appel BDS de 2005 ne rentre pas dans les détails, il ne se prononce pas sur le boycott des produits ou des entreprises « (…) nous vous invitons à imposer de larges boycotts (…) contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. » Néanmoins il désigne clairement la cible : le boycott s’exerce contre Israël dont les violations du droit ont été énumérées dans la première partie de l’Appel. La référence à l’Afrique du Sud (cf. les oranges Outspan) a induit en France l’idée que boycott signifiait « boycott des produits », dans lequel les avocats remplaçaient les oranges dans une démarche individuelle de boycott.

Par contre l’Appel palestinien du 9 février 2013 (1) et le texte « Farming injustice » (2 publiés un peu plus d’un an après la victoire contre Agrexco apportent des réponses plus explicites à la question. Le texte « Farming injustice » qui développe l’argumentaire de l’appel montre comment l’agriculture de l’ensemble de la Cisjordanie et Gaza (sans oublier les pêcheurs) est victime du système colonial israélien. Les signataires – toutes les organisations paysannes, de la société civile palestiniennes sous occupation militaire et le BNC – appellent à « cesser tout commerce avec les Entreprises agroalimentaires Israéliennes ». Les cibles sont nommées : sept entreprises agroalimentaires dont une cible prioritaire Mehadrin, suivie de Hadiklaim. L’objectif est également fixé : la fin de tout commerce complice avec ces entreprises qui causent la destruction de l’agriculture palestinienne (3).

L’appel BDS de 2005 fonde sa stratégie sur les trois revendication fondamentales posées comme conditions d’accès au droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination : fin de la colonisation, retour des réfugiés et égalité absolue des palestiniens de 48. Le boycott, le désinvestissement, la lutte contre l’impunité et les sanctions contre Israël sont des moyens de pression pour obliger Israël à satisfaire aux trois revendications fondamentales de l’Appel de 2005 et ne sont pas une finalité en soi.

En ciblant les entreprises agricoles israéliennes l’appel de 2013 réaffirme son alignement stratégique sur le droit international, notamment en matière des colonies. Il refuse de prendre pour base de discussion les accords UE-Israël qui sont le résultat du rapport de force issu d’un « processus de paix » au service de la domination et de l’apartheid israélien. Non seulement les accords UE-Israël n’appliquent pas le droit international mais ils le violent souvent. Quand les produits des colonies clairement identifiés entrent en Europe après le simple paiement d’une taxe, au lieu d’être bloqués aux frontières et confisqués comme les produits de contrefaçon, il s’agit tout simplement d’une violation du droit. « Farming injustice » rappelle que les colonies sont illégales, que leur construction et le déplacement de population constituent un crime de guerre, donc que leurs productions sont illégales et a fortiori le commerce avec les entreprises qui produisent et/ou commercialisent ces produits.

L’étiquetage (4) des produits des colonies et le choix laissé au consommateur d’acheter ou non ces produits dans les magasins européens constituent également une violation du droit. Comme l’écrivent les signataires de l’appel de 2013 : « Tout commerce avec des entreprises agissant ou impliquées dans des colonies illégales israéliennes soutient la pérennité des colonies. (…) Le maintien des échanges commerciaux avec les entreprises opérant dans les colonies illégales accorde de facto une reconnaissance et une légitimité politique aux colonies. » (Farming injustice p.16). Même si c’est pour appeler à leur boycott ensuite, l’étiquetage des produits des colonies en ne s’opposant pas à leur entrée en UE, légalise de fait leur commerce. La seule réponse de droit est l’interdiction d’entrée de ces produits et le refus de commercer avec les entreprises israéliennes qui les cultivent et/ou les commercialisent.

 

Quelles pistes de travail pour cette campagne de boycott?

La demande palestinienne est explicite : prendre pour cible les entreprises agricoles prioritaires et comme objectif, la fin du commerce avec elles.

Nous avons vu les dérives possibles du boycott des seuls produits. Pour autant il ne s’agit pas d’opposer le boycott des produits au boycott des entreprises, ni de choisir l’un ou l’autre mais de redonner au boycott sa dimension stratégique en articulant le boycott des produits au boycott central des entreprises.

Dans ce cas l’information destinée à sensibiliser le public devrait mettre en évidence et titrer sur les entreprises à boycotter. Ainsi BDS France qui a toujours résisté à la diffusion d’une liste de produits a réalisé un tract national titré « Quelles entreprises boycotter ? » en informant sur ces entreprises et bien sûr en mentionnant leurs produits. Jusqu’ici nous avons surtout demandé aux clients de ne pas acheter les produits en raison des violations israéliennes etc.. Aujourd’hui il convient d’illustrer ces violations par le rôle joué par ces entreprises et de nous poser la question : comment faire en sorte que les clients des magasins et/ou les citoyens qui boycottent les produits israéliens exigent des chaines de distribution que celles-ci cessent le commerce avec Mehadrin, Hadiklaim etc. ?

Cibler les entreprises israéliennes exige que nous approfondissions notre expertise sur leur implantation, leurs antennes européennes et centres de conditionnements, leur fonctionnement, les lieux d’arrivée leurs produits (ports, aéroports), leurs transporteurs, leurs circuits de distribution, etc.

Et que nous préparions des actions d’information et de boycott bien ciblées contre leur antenne, le lieu de débarquement de leurs produits, leurs transporteurs etc. En France tout reste à inventer dans ce domaine. Le 29 juin 2013 BDS France a mené une action d’information destinée à faire connaître la présence de l’entreprise israélienne Mehadrin dans la région d’Avignon et dénoncer son rôle colonial. Une manifestation de 500 personnes dans la ville d’Avignon a crié « Mehadrin dégage » et dénoncé le commerce avec cette entreprise. 350 personnes ont marché 14km jusqu’au siège de Mehadrin en France à Chateaurenard. Là nous avons planté un village de tentes (comme le font les palestiniens) et écouté un message de Dawood Hammoudeh, directeur exécutif du syndicat des paysans palestiniens et coordinateur de la campagne contre le commerce avec les entreprises agricoles israéliennes. Nous devons maintenant construire des actions directes de boycott sans oublier les circuits Bio qui devraient être plus réceptifs à nos arguments.

La coordination BDS européenne animée par le BNC existe, elle a montré son efficacité à l’occasion d’Agrexco et depuis. Le succès exemplaire de la CO-OP Group montre qu’il est possible à des chaînes de distribution de refuser le commerce avec des entreprises agricoles israéliennes. Si pays par pays, nous mettons les entreprises au centre de notre cible de boycott, il devrait être possible en combinant nos expériences, de construire de façon coordonnée au plan européen, une méthode d’intervention et des actions contre les entreprises ciblées et ainsi atteindre l’objectif de respect du droit international demandé par les palestiniens.

 

Montpellier 26 octobre 2013.

3 Voir la vidéo : « Pour le boycott des entreprises agricoles israéliennes » Omar Barghouti : http://www.youtube.com/watch?v=6CTpbe-sOBU

4 Préconisé en France par la « Plateforme des ONG pour la Palestine ». Lire aussi l’excellent article « Etiquetage ou interdiction des produits des colonies ? » de Christophe Perrin : http://www.mehadrindegage.org/content/etiquetage-ou-interdiction-des-produits-des-colonies-0




L’atelier BDS attire de nombreux fermiers et responsables agricoles de Gaza

Lundi 25 novembre 2013, une conférence sur le mouvement Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre l’apartheid israélien, la colonisation et l’occupation, a été organisée à Gaza par le Centre arabe pour le développement agricole (Arab Center for Agricultural Development (ACAD) ) et l’organisation norvégienne Norwegian People’s Aid (NPA). Abeer Abu Shawish de l’ACAD coordonnait l’événement.
Environ 43 personnes, 22 femmes et 21 hommes y ont assisté — des agriculteurs, des représentants de la société civile et des organisations nationales du secteur agricole à Gaza, des représentants de NPA et des militants de BDS.

« Cette sorte de boycott d’Israël est historique en Palestine et a réussi à faire changer les choses dans le passé », a déclaré le directeur d’ACAD Muhsen Abu Ramadan. « Le mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud a réussi en utilisant cette stratégie du boycott. Nous devons boycotter et aussi demander un désinvestissement général d’Israël, et des colonies. Nous devons aussi promouvoir les produits locaux et encourager les investissements dans les produits palestiniens, en complément du boycott. Nous devons utiliser des produits de remplacements internationaux à la place des produits israéliens si nous n’avons pas de produits palestiniens.

Le boycott ne concerne pas seulement le commerce, mais aussi les centres d’éducation. Les universités israéliennes sont utilisées pour des recherches destinées à tuer les Palestiniens. L’expérience tirée des mouvements de boycott a montré que c’était une bonne façon d’affecter Israël. Il est difficile de pratiquer le boycott ici à Gaza à cause de nos options limitées, mais nous devons encourager une culture de boycott. Nous devons aussi boycotter certaines installations, les commerçants qui sont en affaire avec les Israéliens, parce qu’Israël essaie de montrer que le conflit ne concerne que les politiciens et n’est pas populaire auprès de la population. Ils disent donc aux autres pays : pourquoi nous boycottez-vous alors que les Palestiniens eux-mêmes ne nous boycottent pas ? Des syndicats d’agriculteurs en Europe ont adopté le mouvement de boycott et nous pouvons avoir une influence énorme en boycottant des produits agricoles. Nous devons faire attention aux procédures israéliennes qui visent à créer une normalisation entre les produits palestiniens et israéliens. Nous demandons des positions plus fermes contre l’importation de produits d’Israël en général, et pas seulement ceux des colonies. Nous devons défendre les droits de nos agriculteurs et leur droit d’importer et d’exporter des produits ».

Le directeur local représentant NPA, Mahmoud Hamada, a montré le résumé et les recommandations du rapport 2012 de son organisation, « Des liaisons dangereuses : les liens norvégiens à l’occupation israélienne ( “Dangerous Liaisons: Norwegian ties to the Israeli Occupation.”)

Il a remarqué que « le boycott est une stratégie nationale pour obtenir nos droits, particulièrement en l’absence de respect du droit international vis à vis des Palestiniens. C’est un moyen de punir Israël, qui utilise le marché palestinien pour en faire un simple marché de consommateurs de sorte qu’Israël puisse en bénéficier. Les Israéliens souhaitent créer une normalisation entre occupés et occupants. Nous avons découvert que 51 compagnies israéliennes et internationales investissent leur argent dans les colonies. Nous avons contacté ces compagnies, ainsi que le fond de pension norvégien afin de boycotter ces compagnies. Une de ces compagnies est G4S, la firme de sécurité anglo-danoise qui a établi un contrat pour fournir équipement et services au système israélien des prisons et des checkpoints depuis 2007. Caterpillar fournit l’armée israélienne en bulldozers armés utilisés pour détruire illégalement les maisons et les vergers des familles palestiniennes. Ce sont des bulldozers du même type que celui qui a tué en 2003 à Rafah Rachel Corrie, militante pacifiste de 23 ans, alors qu’elle essayait de protéger la maison de la famille Nasrallah. Hewlett Packard, HP, fournit la technologie des canonnières israéliennes qui tuent des pêcheurs palestiniens, ainsi que le système de repérage qui permet de contrôler tous les mouvements de Palestiniens aux checkpoints en Cisjordanie. Nous demandons de parler aux fonds d’investissements en Europe afin qu’ils boycottent toutes ces compagnies. Il est particulièrement triste de constater que certains pays arabes investissent dans ces compagnies ».

Mahmoud Hamada a aussi souligné l’importance de rejoindre le mouvement BDS, en refusant d’acheter tout produit israélien dans les marchés locaux et en encourageant les produits nationaux palestiniens : « Ainsi nous pourrons soutenir notre économie et détruire l’économie israélienne ».
« Nous n’avons pas d’expérience réelle de BDS à l’UAWC, ou toute autre organisation de la société civile à Gaza », a déclaré Sa’ad Ziada, coordinateur de projet pour l’union des comités de travail agricole (Union of Agricultural Work Committees (UAWC)). « Nous avons seulement quelques activités de boycott des produits israéliens. Nous avons établi le « Jour palestinien pour l’agriculture », le 9 février 2013. Nous avons discuté la manière dont nous pouvons exporter nos produits sans l’intervention des compagnies israéliennes. Nous devons créer une stratégie à long terme et nous devons parler avec toutes les factions pour les encourager à créer une culture du boycott d’Israël. Nous devons faire pression sur le gouvernement palestinien pour soutenir cette idée. Nous savons qu’il est vraiment difficile de boycotter Israël, spécialement à Gaza, parce la plupart de nos produits de base viennent d’eux, mais au moins nous pouvons boycotter les produits pour lesquels nous avons déjà des alternatives nationales. L’occupation israélienne est en train d’établir une nouvelle sorte de mort lente, avec le manque de travail, le problème de l’électricité, l’eau impure, l’éducation de mauvaise qualité, et l’utilisation de poisons dans des matériaux agricoles comme les engrais et les pesticides. Ceci conduit à tuer les Palestiniens lentement, pas directement avec des bombes, mais d’une autre façon. 95 millions de dollars, tel est le profit venant des biens israéliens importés dans la bande de Gaza, plus de quatre millions de dollars par an. Ceci veut donc dire que si nous boycottons Israël, nous pouvons réellement affecter l’économie d’Israël et changer leur politique à notre égard.

Le boycott est bien sûr une forme importante de résistance. Tout le monde ne va pas faire de la résistance armée, mais on peut faire cette sorte de résistance. »
Zaid Shuabi, agent de liaison du Comité national palestinien de BDS (Palestinian BDS National Committee (BNC)), a donné un rapport de la situation, par Skype, depuis la Cisjordanie. Il a commencé son discours par une brève introduction au BNC, son histoire, ses débuts, son rôle et ses activités en Palestine.
La coalition reflète « le large consensus au sein de la société civile palestinienne sur le besoin d’une campagne large et prolongée de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS)», a-t-il dit. « Ceci a provoqué l’appel palestinien pour le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israel lancé en juillet 2005, avec l’accord initial de plus de 170 organisations palestiniennes. Les signataires de cet appel représentent les trois composantes principales du peuple palestinien : les réfugiés en exil, les Palestiniens vivant sous l’occupation en Cisjordanie et les citoyens palestiniens opprimés de l’État israélien.

Les efforts pour coordonner le mouvement BDS, qui a commencé à croître rapidement après l’appel de 2005, ont abouti à la première conférence BDS palestinienne qui s’est tenue à Ramallah en novembre 2007. De cette conférence a émergé le comité national BDS (BNC) en tant qu’organe de coordination palestinien pour le mouvement international BDS.
Le mandat et le rôle du BNC sont de :
• renforcer et étendre la culture du boycott comme une forme centrale de résistance civile à l’occupation israélienne, au colonialisme et à l’apartheid ;
• formuler des stratégies et des programmes d’action conformément à l’appel BDS de la société civile palestinienne du 9 juillet 2005 ;
• servir de point de référence palestinien pour les campagnes BDS dans la région et dans le monde entier ;
• servir de point de référence national pour des campagnes anti-normalisation à l’intérieur de la Palestine ;
• faciliter la coordination et fournir soutien et encouragement aux actions de la campagne BDS en tout lieu.

Les activités principales du BNC incluent :
• de faire campagne avec les militants BDS localement et internationalement en préparant et en diffusant des déclarations de BNC ; en faisant des discours publics ; en organisant le jour annuel d’action globale BDS le 30 mars (Jour de la Terre palestinienne – Palestinian Land Day);
• de faire du lobbying, en informant les décideurs politiques et en faisant pression sur eux ;
• de maintenir une vigilance et de répondre rapidement, via les appels à l’action du BNC, contre les projets et initiatives qui reviennent à la reconnaissance ou à la coopération avec le régime israélien d’apartheid, de colonialisme et d’occupation (i.e., la normalisation);
• d’assurer la liaison avec les médias en Palestine et à l’étranger, sur la base d’une stratégie professionnelle de relations aux médias ;
• d’assurer la coordination avec les militants BDS localement et internationalement, y inclus la préparation de réunions et de conférences régionales et internationales ;
• d’éveiller la conscience et de former les militants et les organisations à propos de l’analyse de BDS, des standards et du travail de la campagne BDS, grâce à des groupes de travail, du matériel d’information de BNC et au site de la campagne BDS ;
• de développer le mouvement BDS dans les pays arabes ;
• de favoriser la recherche et le développement stratégique de BDS. »
En Cisjordanie, quelques progrès ont eu lieu dans le boycott d’Israël, bien qu’ils doivent faire face à de nombreux problèmes avec les Israéliens. Shuabi a parlé du boycott dans de nombreux pays ; il a aussi évoqué le fait que les commerçants palestiniens sont contraints d’acheter des produits israéliens, parfois ceux venant des colonies, de sorte qu’Israël peut affirmer aux Occidentaux que les Palestiniens eux-mêmes achètent à Israël. Il a expliqué les efforts faits pour exporter des produits grâce à des compagnies qui boycottent Israël. Ce projet a fait d’importants progrès en dehors de la Palestine.
Après ces discours, un débat animé a eu lieu entre les organisateurs et les participants.
(Traduction CG pour BDS France)

source : http://palsolidarity.org/2013/11/bds-workshop-draws-dozens-of-farmers-and-agricultural-officials-in-gaza/




Les campagnes de boycott coûtent à G4S deux contrats avec des universités

Michael Deas – The Electronic Intifada – 18 novembre 201

 

Des militants étudiants du King’s College de Londres dans une manifestation demandant
à l’université de ne pas attribuer un contrat de sécurité lucratif à G4S.
(KCL Action Palestine)

Deux grandes universités ont décidé de ne pas accorder à G4S le contrôle des services de sécurité de leur campus suite aux campagnes de critiques contre la société par les étudiants. G4S joue un rôle déterminant dans la fourniture de la sécurité et de l’équipement dans les prisons, les colonies et les checkpoints israéliens.

G4S était dans les favoris pour l’obtention de contrats importants au King’s College de Londres (KCL) et à l’université de Southampton, ayant déjà fourni des services dans ces deux universités.

Mais, la semaine dernière, toutes les deux ont annoncé qu’elles avaient choisi d’engager d’autres sociétés pour gérer et assurer la sécurité sur leur campus.

Le groupe Action Palestine du King’s College London, groupe d’étudiants pour la solidarité avec la Palestine, qui a lancé la campagne sur le campus contre G4S, a déclaré dans un communiqué que cette décision était le fruit d’un « effort continu de la résistance et du soutien par les étudiants et le personnel de KCL ».

KCL Action Palestine a organisé une manifestation sur le campus et lancé une pétition qui a été signée par plus de 500 étudiants. Ils ont mis au vote, avec succès, une motion au sein du syndicat étudiant de KCL pour soutenir la campagne, donnant mandat au syndicat pour appuyer sa campagne et faire pression sur l’université contre G4S.

La mobilisation, visible et largement soutenue, contre G4S a certainement eu un impact sur la décision finale.

Dans une lettre à Alberto Torres, responsable à l’éthique et à l’environnement au syndicat étudiant de KCL, un représentant de la direction du King’s College a déclaré que l’université était disposée à examiner les points de vue des étudiants et des autres parties prenantes dans les services fournis sous contrats et qui pourraient les affecter. »

Célébration

Ce sont les organisations de la société civile palestinienne qui, à l’origine, ont appelé à mener des campagnes contre G4S, à la veille des grèves de la faim, au printemps 2012, par 2000 prisonniers politiques palestiniens. G4S a été prise pour cible pour son rôle dans l’équipement des prisons israéliennes où les Palestiniens sont détenus sans procès et soumis à la torture.

Les étudiants qui font campagne à l’université de Southampton célèbrent aussi l’annonce de leur université jeudi qu’elle avait décidé de ne pas accorder à G4S le contrat de service de la sécurité sur le campus. Dans un communiqué, les étudiants pour la Palestine à l’université de Southampton ont déclaré :

« Nous nous félicitons de cette décision et nous sommes heureux de dire qu’il nous a été assuré, au nom de l’université, que les préoccupations des étudiants sont reconnues et particulièrement appréciées. L’université a invité des militants pour discuter davantage des questions liées à son investissement éthique et à sa politique d’approvisionnement avec l’espoir d’adopter une politique plus globale reflétant vraiment les idéaux moraux portés par ses étudiants et la communauté. »

Une pétition et une déclaration publique organisées par les étudiants pour la Palestine à l’université de Southampton ont été signées par 24 associations étudiantes, par des signataires allant de la Société marxiste au club de taekwondo.

En plus de soulever des préoccupations sur son rôle dans le système pénitentiaire d’Israël, les campagnes d’étudiants au King’s et à Southampton, par leur succès, ont haut et fort fait opposition au rôle tenu par G4S dans les violations du système d’immigration et d’expulsion du Royaume-Uni.

En octobre 2010, Jimmy Mubenga, angolais de 46 ans, a été tué par des gardes de G4S qui se sont servis d’une « force excessive » pour l’immobiliser durant son expulsion. Une enquête conduite en août a conclu qu’il avait été tué de façon illégale.

Des campagnes d’étudiants contre G4S sont également en cours dans plusieurs autres universités du Royaume-Uni, et notamment à l’université de Birmingham.

Une dynamique grandissante

Les actualités des universités britanniques optant contre l’octroi de contrats lucratifs à G4S font connaître des décisions d’exclusion de G4S du processus d’appel d’offres dans les universités d’Oslo et de Bergen, en Norvège, à cause de sa complicité avec l’apartheid israélien.

La campagne internationale contre G4S a vu des organismes publics, des ONG et des institutions financières mettre fin dans le monde entier à leurs contrats avec G4S.

La semaine dernière, le fameux Centre d’aide psychologique du Cap a mis fin à ses liens et contrats avec G4S. Le président du Centre, qui joua un rôle crucial dans la Commission Vérité et Réconciliation d’Afrique du Sud, a expliqué cette décision dans une déclaration publique :

« Le Centre d’aide psychologique s’est engagé à créer une société exempte de violences et de tortures, il s’est engagé dans une culture des droits humains… Par conséquent, nous notons avec une très forte préoccupation les allégations graves portées contre la société de sécurité G4S de complicité dans les incarcérations illégales et les tortures des Palestiniens, en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés… De tels actes violent les principes mêmes qui forment la base de notre existence en tant qu’organisation des droits humains. C’est en raison de ces graves préoccupations qui vont à l’encontre de nos valeurs fondamentales que le conseil d’administration du Centre d’aide psychologique a décidé de mettre fin à la relation de notre organisation avec G4S. »

The Electronic Intiada

http://electronicintifada.net/blogs/michael-deas/boycott-campaigns-cost-g4s-two-university-contracts#

traduction : JPP pour BDS FRANCE




Succès de la journée d’action nationale contre Sodastream le 16 novembre

Ce samedi 16 novembre 2013, dans plusieurs villes de France, de nombreux-ses militant-es de la Campagne BDS se sont mobilisé-e-s dans le cadre de la journée d’action nationale contre Sodastream pour dénoncer la commercialisation par certaines enseignes de produits de la marque « Sodastream », dont l’usine principale se situe dans la colonie israélienne de Ma’ale Adumim en Cisjordanie.

A Rouen, Villefranche-sur-Saône, Lyon, Montpellier, Lille, Paris, Perpignan, Marseille, Bordeaux, Strasbourg, et dans d’autres villes de France, des rassemblements ont eu lieu dans ou devant des magasins de ces enseignes et des milliers de tracts ont pu être distribués aux clients.

La vidéo de cette mobilisation nationale :

{youtube}wZk6mZdiwOE{/youtube}

Les enseignes de distribution qui commercialisent les produits de la marque Sodastream le font au mépris du droit international.

En effet, selon le droit international et notamment la Quatrième Convention de Genève (notamment ses articles 49 et 53) les colonies israéliennes en Palestine occupée sont illégales et il est interdit à l’État d’Israël d’y implanter une partie de sa population et d’en exploiter les ressources.

Il est utile aussi de savoir que Sodastream va construire une nouvelle usine dans le Néguev, au sud d’Israël, alors que dans cette région Israël, mène une politique d’épuration ethnique. Un projet de loi, le plan Prawer, vise à expulser de leurs villages environ 40 000 Bédouins palestiniens.

L’État d’Israël, qui poursuit en toute impunité sa politique d’exclusion, de dépossession et de répression du peuple palestinien, fait l’objet d’une campagne internationale de boycott lancée par plus que 170 associations de la société civile palestinienne et inspirée par la campagne qui avait contribué à mettre fin au régime d’apartheid d’Afrique du Sud. Il s’agit de la Campagne BDS : Boycott, Désinvestissement, Sanctions jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international.

Cette campagne remporte de nombreux succès. Des vendeurs de Sodastream et des exposants dans des salons ont été convaincus de retirer ce produit de leurs étalages.

Les militant-e-s de la campagne BDS sont déterminés à continuer les actions de protestation pour exiger le retrait des produits Sodastream des rayons, et à se mobiliser contre l’impunité du régime israélien d’apartheid.


Les comptes rendus de ces mobilisations :

Nous étions une dizaine hier samedi 16 novembre devant le magasin Darty à Vendenheim (banlieue de Strasbourg)
et nous avons distribué des tracts pendant une heure, après avoir fait remettre une lettre au Directeur. Celui-ci est venu peu après discuter avec nous. Ses arguments: « le commerce marche bien, vous faites du tort aux salariés ». Ceux-ci étaient d’ailleurs très intéressés par notre action, l’un d’entre eux est même venu rapidement nous encourager! L’accueil du public a été très amical dans l’ensemble. Il faisait par contre vraiment très froid, ce qui nous a dissuadé de continuer notre action  devant d’autres enseignes proches (Boulanger notamment).


A Villefranche sur Saône ce samedi 16 novembre dans le cadre de la journée d’action nationale contre Sodastream:

« Nous étions cinq, moi Fathi Claude Christel et Djamila.

Nous avons remis une lettre au directeur de l’enseigne, après l’avoir lu devant nous, nous lui avons fait remarqué que ces produits  » Made In Israël  » était fabriqué dans les colonies donc illegal et que part ailleurs Darty par la vente de ces produits cautionnait à cette politique colonialiste d’apartheid.

Nous lui avons fait savoir que nous distribuerions à la sortie du magasin des tracts pour informer les clients sur ce produit illégal fabrique dans les colonies, des pancartes était mis en évidence pour dénoncer le produit Sodastream et la politique d’Israel, quelques échanges avec des clients sur le but de notre action très intéressantes et qui approuvaient notre démarche . »

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Aujourd’hui samedi 16 décembre à Paris, la Campagne BDS a réuni une grosse vingtaine de militants pour aller intervenir avec des pancartes dans et devant un magasin Darty pour appeler au boycott des produits Sodastream.

« Nous sommes décidé à revenir dans des Darty tant que ne sera pas retiré de la vente le gazéificateur empesté de puanteurs coloniales et d’apartheid « 

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A Perpignan ce samedi 16 novembre, dans le cadre de la journée d’action BDS contre Sodastream:

« Nous avons distribué le tract pendant 1/2 heure ou nous dénonçons SODASTREAM et annonçons la venue à Perpignan d’Esti Micenmacher, pacifiste israélienne anticolonialiste de l’ONG « Who profits », qui fait une tournée en France pour la campagne internationale « Colonisation israélienne illégale, Palestine en danger ».

Venez nombreux la rencontrer :Mardi 26 novembre à 20h30

 Au Casal, centre culturel catalan (23 avenue du lycée, derrière le lycée Arago).

Par la suite, la sécurité nous a  invité vers la sortie gentiment, l’accueil des clients est comme toujours très cordial,nous étions peu ( Abdelaziz, Maryse,Florence, Annie, Maguy et Anne marie) mais très motivés et déterminés ! Boycott Sodastream!  »

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Vidéo de l’action de Perpignan
{youtube}ke9K9jZnjX8{/youtube}


A Montpellier ce samedi 16 novembre, dans le cadre de la journée d’action contre Sodastream:

« GEANT CASINO S’ASSOCIE A LA JOURNÉE NATIONALE DE BOYCOTT DE SODASTREAM en retirant des rayons les machines à gazéifier et les boissons sodastream. Et dans un élan de solidarité irrépressible il a même retiré les patates douces et avocats d’Israël qui étaient là la veille !

Nous étions attendus et on ne les a pas déçus ! Pendant une heure et demi, nous avons parcouru le magasin, du rayon sodastream à celui des fruits et légumes , diffusé 250 tracts, et expliqué calmement à la sono les raisons pour lesquelles il fallait boycotter Sodatream et Mehadrin. Dénoncé la complicité de Casino et le viol de sa propre charte éthique (droits humains, droit des enfants et droit du travail). Nous avons reçu un bon accueil des clients et comme toujours, aucun incident.
Photo: – Un palestinien (APLR) prends la parole (1),Les rayons vides (2), une partie des BDS ayant participé à l’action (3)… »

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{youtube}WJgp-rHvlNc{/youtube}


A Bordeaux aujourd’hui, dans le cadre de la journée d’action nationale contre #SODASTREAM:

« Action pour dégager Sodastream des rayons de Darty et d’Auchan Meriadeck ce samedi à Bordeaux comme dans plusieurs villes de France!
Refusons d’être complice de la colonisation en Palestine
· N’achetons pas les produits Sodastream,
· Exigeons de Darty et d’Auchan le retrait immédiat de ces produits de l’apartheid ! »

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A Lyon ce samedi 16 novembre dans le cadre de la journée d’action nationale contre Sodastream:

Tandis que se déroule la semaine de la solidarité internationale et dans le cadre de la journée nationale BDS , des militantes et militants se sont mobilisés ce samedi 16 novembre pour appeler au boycott des produits Sodastream:

http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article645

Album photo: https://www.facebook.com/media/set/?set=a.441223269317500.1073741835.116919255081238&type=1

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A Rouen ce samedi 16 novembre, dans le cadre de la journée d’action nationale contre Sodastream

« Aujourd’hui, dans le cadre de la journée d’action nationale contre la commercialisation en France de la marque Sodastream, le collectif Intifada 76 s’est rendu dans deux enseignes de grande distribution afin d’informer celles-ci sur la face cachée des produits qu’ils commercialisent et ainsi diffuser le message de la Campagne BDS France en remettant aux responsables des magasins Darty et La Fnac de Rouen une lettre leur intimant de retirer cette gamme de leurs rayons. Bon accueil chez Darty, responsable des ventes ouvert au dialogue. En ce qui concerne la Fnac, accueil largement plus froid avec intervention de la sécurité. Difficulté de s’adresser à un responsable directement mais avec persévérance et détermination face aux vigiles nous avons pu remettre la lettre d’appel au boycott de Sodastream. Le collectif s’est ensuite rendu au Festival du Film Palestinien qui se déroule en ce moment même et jusqu’à demain au Melville de Rouen où nous avons fait de belles rencontres, une en particulier, tu te reconnaitras. Merci à nos nouveaux camarades de terrains pour leur présence en espérant que nous lutterons longtemps côte à côte. »

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A Marseille ce samedi 16 novembre, dans le cadre de la journée d’action nationale contre Sodastream:

« Devant l’entrée de l’enseigne Carrefour, plus précisément devant l’accès piéton, nous avons distribués 500 tracts. Nous envisageons de renouveler ce type d’action à la veille des fêtes. »

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L’université de Bergen dit Non à G4S pour éviter de ternir sa réputation



(Photo : Université de Bergen – AIC :
http://www.alternativenews.)

Dans le Klassekampen (journal norvégien) d’aujourd’hui, il y a un article sur la décision prise par l’université de Bergen de ne pas conclure de contrat de sécurité avec G4S (http://www.klassekampen.no/62148/article/item/null/gs-i-ny-universitetstrid). Le prix que propose G4S est le plus bas des soumissions pour la sécurité. Cependant, l’université y a ajouté une perte estimée à 2,5 millions de couronnes norvégiennes (+300 000 €) du fait des dommages qui seraient causés à sa réputation si elle choisissait d’attribuer le marché à G4S.

L’université de Bergen fait clairement le lien entre cette décision et les activités de G4S en Cisjordanie occupée, et le fait qu’elle tient à ce que les valeurs fondamentales de l’Université se reflètent dans les choix de ses fournisseurs.

Message d’Ingvild Skogvold – Rådgiver / Conseiller

 

Ci-dessous, quelques parties significatives traduites de l’article :

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G4S à nouveau en conflit avec une université

L’université de Bergen (http://www.uib.no) a estimé qu’elle perdrait 2,5 millions de couronnes en réputation si elle prenait la société controversée G4S comme société pour la sécurité.

La société de sécurité G4S n’est pas simplement indésirable à l’université d’Oslo, maintenant c’est l’université de Bergen qui a dit non à l’utilisation des services de cette société à cause du risque élevé d’une atteinte à sa réputation. G4S s’est trouvée sous pression pendant une longue période à cause de ses activités en Cisjordanie occupée.

– Nous avons un ensemble clair de valeurs fondamentales, et négocier avec des entreprises qui n’ont pas la même plate-forme éthique que nous conduirait à porter atteinte à la réputation de notre institution. Ceci est spécifiquement lié aux comptes rendus des médias sur les activités de G4S en Cisjordanie, affirme Dag Rune Olsen, directeur de l’université de Bergen.

Au cours de l’appel d’offres pour les services de sécurité, l’université a spécifié que l’attribution du contrat à G4S conduirait à une perte estimée à 2,5 millions de couronnes.  La société proposait initialement un prix inférieur d’environ 2 millions de couronnes à ceux de ses concurrents.

– Ainsi, nous tentons de mettre en pratique notre décision de l’an dernier sur le commerce éthique. Nous voulons que les valeurs fondamentales de notre institution se traduisent dans les choix de nos fournisseurs, explique Olsen.

Une réputation en dollars et en cents

La société de sécurité a contesté la décision de l’université dans plusieurs lettres qu’elle lui a adressées. UIB a également averti que G4S était en train d’envisager de saisir la Commission d’examen des plaintes portant sur des marchés publics (Kofa).

– On peut bien sûr se demander si nous avons calculé correctement notre perte en réputation. Nous serions intéressés de savoir si on peut mettre une valeur monétaire sur une perte de réputation lors d’un appel d’offre, dit Dag Rune Olsen.

Il indique que ce n’est pas tous les jours que l’université prend une telle décision. Et d’ajouter que les critères éthiques pourraient être pondérés en fonction d’une note, mais que l’université avait choisi de baser la perte de réputation sur un prix.

– Nous ne calculons pas le coût d’une denrée ordinaire, par conséquent nous procédons à une estimation. Cela signifie qu’il y a une certaine marge d’appréciation discrétionnaire, dit-il.

Allégations de tortures

Oddny Miljeteig (Parti socialiste de gauche) est membre du conseil d’administration de l’université de Bergen, et elle se félicite de la décision de la direction de prendre une autre société sécurité que G4S.

– Cette décision de la direction de l’université est une suite satisfaisante de la résolution sur le commerce éthique. Il est clair qu’une grande partie des communautés intellectuelles et universitaires à Bergen auraient été scandalisées si l’université avait conclu avec G4S, a-t-elle dit.

Cette société a été critiquée pour la fourniture des systèmes de sécurité aux prisons israéliennes, où selon des rapports, des mauvais traitements sont imposés aux prisonniers palestiniens. En plus, la société de sécurité a conclu des contrats avec les autorités israéliennes dans les territoires occupés en Cisjordanie. Lundi, The Guardian a publié que la prison gérée par G4S en Afrique du Sud faisait l’objet d’une enquête suite à des allégations sur l’usage de tortures contre les détenus.

– Les autorités universitaires et locales ont une responsabilité qui va au-delà des résultats. La situation économique n’est pas si terrible qu’on ne puisse prendre en considération les droits humains fondamentaux et les préoccupations éthiques dans l’appréciation des services fournis, dit Miljeteig.

Traduction : JPP pour BDS France