Action Contre Agrexco en Belgique

BLOCAGE DE L’AEROPORT DE LIEGE CONTRE LES EXPORTATIONS D’AGREXCO


Communiqué de Presse – Vendredi 11 février 2010, Bierset, Liège

Les exportations de marchandises en provenance des colonies israéliennes illégales en Palestine sont bloquées.
Ce 11 février, vingt militants de la paix bloquent la sortie des camions de la filiale belge de la société israélienne Agrexco qui est établie sur l’aéroport de Liège. Ils protestent contre l’importation de marchandises provenant des colonies israéliennes en territoire palestinien occupé.
Ce commerce, selon les militants, est d’une violation du Droit International Humanitaire. Ils veulent, par leur action, éviter qu’Agrexco propage des produits illicites sur le marché européen.

Action pour la Paix et Vredesactie salue cette initiative et demandent au gouvernement d’agir contre les entreprises qui se rendent complices de crimes de guerre. Ils appellent les citoyens à porter plainte contre Agrexco et ses partenaires. Cette action de plainte s’inscrit dans la campagne War Starts Here qui dévoile nos liens économiques avec les guerres en cours. Action pour la Paix et Vredesactie montrent que le levier économique est l’un des moyens pour éviter ou résoudre ici-même les conflits.

Le blocage
Les militants se sont enchaînés aux portes de sortie de l’entreprise de distribution LACHS sur l’aéroport de Liège, pour bloquer les camions qui transportent les marchandises Agrexco. Ils exigent des garanties que les produits commercialisés par Agrexco ne proviennent pas des colonies illégales en territoires occupés palestiniens. Tant que la société ne donne pas ces garanties, ils veulent que le gouvernement arrête les flux suspects.

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Pas de Saint-Valentin pour la Palestine
Ces biens exportés d’Israël vers l’Europe par Agrexco sont principalement des légumes,des herbes, des fruits, du vin et des plats cuisinés. Mais en cette période de Saint-Valentin, on atteint un pic dans l’exportation de fleurs vers nos régions. Ces marchandises sont transportées par avion par la compagnie israélienne CAL, stockées et distribuées par la société de transport LACHS, une filiale d ‘Agrexco et de CAL. LACHS est la plaque tournante de la distribution européenne d’Agrexco et avait son siège à l’aéroport de Liège. Agrexco est détenue pour moitié par le gouvernement israélien.
Certains des produits Agrexco viennent de colonies israéliennes illégales en territoires palestiniens occupés. Ce commerce est de plus en plus sous le feu parce que la politique d’occupation d’Israël viole les Droits de l’Homme. Un militant se pose la question: « Les fleurs que nous achetons ici sont-elles cultivées sur des terres volées, avec de l’eau potable de personnes qui ont été chassées de leurs terres. Voulons-nous vraiment contribuer à ces pratiques? « 

Colonies de peuplement illégales
Les colonies dans les territoires occupés causent de pauvreté et de discrimination pour les 2,4 millions de Palestiniens qui vivent en Cisjordanie. Les Palestiniens doivent déjà se conformer à la rareté des ressources naturelles comme la terre et l’eau, mais, en plus, se voient contraints de les céder aux colons. Les colonies illégales et leurs infrastructures rendent pour plus de la moitié de la Cisjordanie la vie quotidienne des Palestiniens impossible.
La politique d’occupation d’Israël est une violation du droit international. L’article 49 de la quatrième Convention de Genève interdit à la puissance occupante le transfert d’une partie de sa population civile en zone occupée. Le gouvernement belge est tenu de retirer son soutien et d’empêcher la politique de colonisation. Les manifestants disent: «Le commerce de marchandises provenant des colonies doit cesser. Pour cela, nous ne devons pas créer de nouvelles lois, nous devons tout simplement faire respecter et appliquer le droit international parce que le commerce avec les colonies illégales est illégal. Les entreprises qui y contribuent devraient condamnées. « 

Plainte contre Agrexco
Action pour la Paix et Vredesactie appelle à porter plainte contre Agrexco et ses partenaires CAL (Cargo Air Lines),LACHS (LiègeAir Cargo Handling Services), pour recel et complicité de crimes de guerre.
Grâce à www.actionpourlapaix.be quiconque peut télécharger un formulaire de plainte. Un guide explique comment la plainte peut être déposée. Celle-ci peut être déposée personnellement à la police belge.

Le samedi 14 mai 2011 est organisé une journée de plainte nationale. Des mesures seront prises pour que la population puissent déposer plainte contre ces trois compagnies à leur poste de police local.

Contact presse :

Contact fr : 0487 44 11 92
Contact nl : 0471 74 91 77

European Coordination Via Campesina
www.eurovia.org

Rue de la Sablonnière 18, 1000 Brussel (BE)
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La « collaboration » des producteurs de Gaza : nouvelle tentative d’intox, nouvel échec d’Israël/Agrexco

On sait que derrière l’opération « fraises de Gaza » lancée par Agrexco/Carmel début décembre 2009 il y a l’état d’Israël tout entier.  L’entreprise d’état Agrexco/Carmel  emblème de la politique agricole israélienne a été choisie pour tenter de réhabiliter l’image de l’état israélien bien mal en point après les massacres et crimes de guerre perpétrés lors de la guerre contre Gaza l’hiver dernier. La méthode consiste à présenter Agrexco/Carmel comme une entreprise au service des Palestiniens qui exporterait leur produits, faisant vivre ainsi plus de 10 000 personnes dans la bande de Gaza. L’objectif était de miner de l’intérieur la Coalition contre Agrexco en lui faisant accepter les produits palestiniens de Gaza exportés par Agrexco sous le  label Coral (qui est un label israélien cf. le site agrexco). Du coup plus question de refuser l’arrivée des bateaux d’Agrexco à Vado (Italie) Sète (France) Valencia (Espagne) ou les avions chargés de fleurs à Liège et Londres. Bref c’en était fini de la campagne européenne contre Agrexco. La réponse cinglante du BNC Palestinien (Comité national Palestinien du BDS) signée de toutes les organisations paysannes palestiniennes et de tous les comités de résistance populaire, appelant au « boycott total d’Agrexco » et  renouvelant son soutien total à la Coalition contre Agrexco a fait de l’opération israélienne un fiasco total (lire la déclaration du 22/12/09 : (http://coalitioncontreagrexco.net/node/37).
Nouvelle tentative :  « La collaboration des producteurs de Gaza aux côtés des israéliens à Sète » : nouvel échec !
Le 18 janvier 2010  à l’occasion de l’arrivée, comme tous les mardis, du bateau Agrexco/Carmel à Sète, Israël a tenté une nouvelle opération de désinformation et de basse propagande.  Le CRIF, succursale israélienne en France, a invité les médias à une conférence de presse en territoire israélien, sur le bateau Agrexco/carmel à quai à Sète. L’invitation intitulée « Une rencontre fortement symbolique entre Israéliens et Palestiniens de Gaza dans notre région sur le port de Sète » affirme «  le soutien (du CRIF) à l’existence de 2 états, israéliens et palestiniens, vivant côte à côte dans le respect et la sécurité » et annonce la présence à la conférence de presse «  de producteurs Palestiniens de Gaza qui font un voyage d’étude en Europe, afin d’analyser les besoins du marché européen et de pouvoir développer leur activité agricole en conséquence« .
La manoeuvre n’est pas seulement grossière,  elle est ignoble. Pendant la guerre de Gaza les israéliens ont utilisé sur leurs chars des palestiniens comme boucliers humains pour pénétrer dans les villes. Dans cette version soft des boucliers humain, mais relevant du même principe odieux, Israël met en avant des producteurs Palestiniens pour pénétrer sans difficulté dans le port de Sète et ailleurs et ainsi forcer le boycott d’Agrexco. Mais la manoeuvre a lamentablement échoué pour la simple raison que les Palestiniens ont refusé de venir à Sète et de se prêter à cette mascarade sur le bateau israélien. Le directeur d’Agrexco a annoncé penaud qu’ils avaient reçu un ordre de Ramallah leur interdisant de venir… Pas de palestiniens, pas de « rencontre fortement symbolique », pas de photos de cette prétendue collaboration « vieille de 30 ans ». Comme l’a dit très justement une journaliste en sortant : « C’était un non événement ». Un nouvel échec pour Israël/Agrexco dans leur cynique tentative pour utiliser les palestiniens de Gaza contre les intérêts de leur propre peuple !
La collaboration des élus c’est une affaire qui marche !
Si « rencontre hautement symbolique » il y a eu, c’est entre les israéliens et « nos » élus. Il y en a qui n’ont honte de rien : Christian Bourquin, président du conseil Régional Languedoc-Roussillon (PS), François Commeinhes, maire de Sète (UMP) et Max Lévita (PS) représentant la mairie de Montpellier ont assisté à la mascarade. Invités par le CRIF L.R, nos élus sont allés faire la courbette au directeur d’Agrexco et au représentant du ministre de l’agriculture israélien qui avait fait le déplacement. Rien ne les y obligeait. Le même jour où le CRIF, ligotant la liberté d’expression, réussissait à interdire à Paris un meeting de Stéphane Hessel interdisant par là l’expression de l’ambassadrice de la Palestine Leila Shahid, le CRIF L.R se présentait ici comme l’ami des palestiniens. Par leur présence nos élus ont participé activement à cette tentative de désinformation visant à banaliser les agissements d’une entreprise coloniale qui vole les terres et l’eau des palestiniens, qui fraude les douanes et viole le droit international.  Par leur présence nos élus ont soutenu ouvertement Israël ! Ils auront à rendre compte, un jour ou l’autre,  de cette collaboration active avec un état criminel condamné par l’assemblée générale de l’ONU pour crimes de guerre !
Etre à la hauteur du courage des palestiniens
Revenons sur les questions que se posent certains sur le boycott des produits exportés par Agrexco en provenance de Gaza.  Il faut le dire haut et fort, les palestiniens n’ont pas le choix ! ils cultivent, ils travaillent et exportent pour Agrexco selon ses intérêts et le bon plaisir d’Agrexco. Et quand ils viennent en Europe dans ce contexte, c’est par chantage et menaces israéliennes cela ne fait aucun doute ! Pas question de faire le moindre reproche à ces Palestiniens, nous savons qu’ils sont contraints par la situation que le blocus aggrave d’autant plus.
Mais pour autant, devrions nous renoncer à nous opposer à Agrexco ?
Ce sont les ouvriers palestiniens qui dans leur grande majorité construisent les colonies, devrions nous pour autant renoncer à lutter contre les colonies et la colonisation ?
Ce sont les Palestiniens qui ont construit le mur, devrions pour autant renoncer à la lutte contre le Mur ?
Il faut entendre ce que nous disent et ce que nous demandent les Palestiniens (extrait de la déclaration du 22/12/09) :
« La campagne de lobbying d’Israël au service d’Agrexco doit être considérée comme une autre tentative désespérée d’Israël et des ses groupes de pression bien huilés pour contrer la montée rapide de la campagne BDS, en peignant le boycott comme « contre-productif » et « nuisible aux Palestiniens ». En plus de sa fausseté, c’est un argument paternaliste que nous rejetons. L’appel BDS a été signé par plus de 170 partis politiques, syndicats, ONG, réseaux et associations agricoles palestiniens représentant tout le spectre de la société civile palestinienne : sous occupation en Cisjordanie et à Gaza, en Israël et en exil. De plus, un boycott total de Carmel-Agrexco a été approuvé par la totalité des syndicats et comités agricoles et de fermiers Palestiniens. Quoique bien conscients du prix que nos agriculteurs pourraient payer du fait d’un boycott complet de Carmel Agrexco, nous considérons le BDS comme le moyen de solidarité le plus efficace pour provoquer la fin des différentes formes d’oppression par Israël qui empêchent nos agriculteurs et le peuple tout entier de jouir de la liberté et des droits de l’homme. »

Ce sont eux qui font les sacrifices en nous demandant le « boycott total d’Agrexco ».  Ne pas répondre à leur demande serait non seulement les laisser se sacrifier pour rien mais  bien plus grave, ce serait les trahir. Nous devons être à la hauteur de leur courage et des sacrifices qu’ils acceptent d’endurer.
JLM
18/01/2011



Victoire du mouvement BDS sur Ahava en Grande-Bretagne et au Canada

Victoire du mouvement BDS : les magasins John Lewis en Grande-Bretagne et les magasins La Baie au Canada cessent de vendre les produits Ahava

Campagne Solidarité Palestine

La décision de John Lewis représente une nouvelle victoire du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) en pleine expansion. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de sociétés qui tirent profit de l’occupation illégale israélienne.

Les produits Ahava, manufacturés sur la terre palestinienne, deviennent trop brûlants pour être gardés. L’une des plus importantes enseignes britanniques de distribution, John Lewis, (28 grands magasins, 174 supermarchés, des filiales de vente en ligne) refuse aujourd’hui de vendre cette marque toxique. Le distributeur canadien The Bay (HBC – 92 magasins) confirme lui aussi qu’il a cessé de commercialiser les produits Ahava (1).

La décision de John Lewis représente une nouvelle victoire du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) en pleine expansion. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de sociétés qui tirent profit de l’occupation illégale israélienne.

Le directeur général de John Lewis, Andy Street, écrit dans une lettre datée du 7 janvier à la Campagne Solidarité Palestine (CSP) : « En tant que distributeur socialement responsable, John Lewis prend très au sérieux le traitement des salariés et leurs conditions de travail. Nous attendons de tous nos fournisseurs qu’ils respectent non seulement la législation, mais aussi les droits, les intérêts et le bien-être de leurs employés, de leurs communautés et leur environnement. » Et de terminer en disant : « S’agissant de votre demande spécifique concernant les produits Ahava de la Mer Morte, je peux vous confirmer que John Lewis a cessé de vendre ces produits précis ».

Sarah Colborne, directrice des campagnes et opérations CSP, déclare :

« CSP se félicite de la décision de John Lewis d’arrêter la vente des produits Ahava. La poursuite des agressions d’Israël contre la population palestinienne – qu’elle vive sous le blocus brutal de la bande de Gaza, sous l’occupation illégale de la Cisjordanie dont Jérusalem-Est, ou qu’elle subisse les agressions permanentes à l’intérieur d’Israël – a conduit à un bouleversement sismique dans l’opinion publique à l’égard du mouvement pour la paix et la justice afin que les Palestiniens obtiennent un soutien massif internationalement.

« Les laboratoires Ahava de la Mer Morte, entreprise israélienne de cosmétiques, ont monté leur usine de production, avec un centre d’informations pour les visiteurs, dans la colonie israélienne illégale de Mitzpe Shalem, en Cisjordanie. La société est possédée à 44 % par la colonie Mitzpe Shalem et une autre colonie, Kalia, de sorte que les profits dégagés par Ahava subventionnent des colonies illégales.

« L’usine de production Ahava se trouve dans une colonie israélienne illégale, sur une terre palestinienne qui a été volée. Ses produits de beauté ne peuvent dissimuler le rôle qu’Ahava joue dans la sale occupation d’Israël. Ahava et les autres sociétés qui profitent de l’occupation israélienne illégale reçoivent un message clair des consommateurs qui refusent d’acheter leurs produits. Alors que les gouvernements, dont le nôtre, sont incapables de mettre fin aux violations par Israël du droit international et des droits humains, nous pouvons, nous tous, agir en refusant d’acheter les produits israéliens et rejoindre le mouvement de BDS. La Campagne Solidarité Palestine continuera de s’assurer que les sociétés qui profitent de l’occupation israélienne paient le prix de leur complicité des crimes d’Israël ».

En 2005, la société civile palestinienne a lancé un appel international aux boycotts, désinvestissements et sanctions contre Israël (2). CSP a lancé sa campagne nationale de boycotts en 2002, et elle soutient les manifestations qui ont lieu toutes les deux semaines devant le magasin Ahava à Covent Garden, Londres.

(1) – The Bay a confirmé avoir cessé la vente des produits Ahava ; son directeur général, Bonnie Brooks, déclare le 13 janvier dernier, « La Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) a abandonné les ventes des produits de beauté Ahava d’abord parce les résultats des ventes déclinaient depuis plusieurs années. » Et de reconnaître que « Bien que cette décision ait été prise par HBC uniquement pour des raisons commerciales, elle coïncide dans le temps avec une campagne agressive de différents groupes recommandant un boycott des produits Ahava ».

(2) Appel sur le site BDS France
http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=86%3Aappel-palestinien-bds&catid=1%3Apresentation&Itemid=1

Notamment sur cette entreprise coloniale :

Ahava traduite en justice suite à la campagne de boycott menée contre elle – Adri Nieuwhof – The Electronic Intifada

Les laboratoires de la Mer Morte : l’affaire Ahava – Nancy Kricorian

Washington – 14 janvier 2011 – Common Dreams.org
http://www.commondreams.org/newswire/2011/01/14-0
traduction : JPP




Agrexco : Les Fraises de Gaza comme Cheval de Troie

Face au développement de la campagne BDS en Europe et dans le monde, Israël riposte sur plusieurs fronts. Le premier, avec la complicité du gouvernement français, vise à criminaliser le mouvement BDS et applique la répression juridique à l’encontre des militants BDS. Mais le large courant de sympathie dans la population et le soutien de personnalités aux inculpés contraignent Israël à d’autres recours. Le déblocage de millions d’euros en vue de promouvoir par tous les moyens Israël dans les medias européens vient d’être acté.

C’est dans ce contexte que survient en France une opération anti-BDS de grande ampleur lancée par Israël via son entreprise d’état Agrexco Carmel. Quasi monopole dans l’exportation des fruits, légumes et fleurs dans le monde et surtout en Europe, cette entreprise est mieux connue en France depuis 19 mois. En effet un regroupement de 103 organisations, nommé Coalition contre Agrexco, a entrepris de la chasser de France et, avec les Coalitions contre Agrexco des autres pays, de la chasser d’Europe.

LES MESSAGES DE LA CAMPAGNE MEDIATIQUE : Israël desserre le blocus de Gaza ; Israël/Agrexco fait vivre les Palestiniens ; les boycotteurs sont contre les Palestiniens

L’opération a été lancée le lundi 6 décembre 2010 par l’agence française de communication Adocom, qui publie un communiqué de presse au nom d’Agrexco-Carmel intitulé « Agrexco-Carmel relance les exportations de produits agricoles depuis la bande de Gaza ». Le site du CRIF relaie l’information le même jour sous le même intitulé.

Cette première salve de communiqués délivre un double message :

1- Le blocus de Gaza se desserre

– Israël chouchoute les Palestiniens de Gaza, qui collaborent avec Israël à leur plus grand profit : Le « partenariat » avec Gaza est ancien (30 ans) et se « poursuit en dehors de toute polémique politique ou religieuse ». « Nous attachons beaucoup d’importance à ce partenariat et, en janvier prochain, nous accueillerons un groupe de producteurs palestiniens et nous lui ferons visiter le marché de Rungis ». Par dessus tout, Agrexco ferait travailler « 900 paysans qui font vivre 10 000 personnes ». Et annonce l’exportation de 700 tonnes de fraises et 2 millions de tiges de fleurs cet hiver.

– Agrexco exporte des produits 100% palestiniens de Gaza : 

Ainsi, « les Sweet Charly et les Tamar ont une touche de couleur et un parfum de soleil en provenance de Palestine ». Elles sont proposées en « contre saison ». Message sous jacent : elles ne concurrencent pas les productions locales.

Israël Valley le site de la chambre de commerce France-Israël, celle là même qui poursuit les militants BDS en justice, n’hésite pas à titrer : « Le blocus de Gaza se desserre : Agrexco commercialise des fraises et des fleurs de Gaza en Europe. Les exportations de la bande de Gaza vers d’autres pays étrangers deviennent entièrement libres » (sic).

Le 8 décembre, l’ambassade de France à Paris envoie un communiqué repris par l’AFP le jour même sous le titre : « Les amis des Palestiniens en France boycottent les travailleurs palestiniens de Gaza ». On est passé à l’étape suivante :

2 – Les opposants à Agrexco font obstacle à la paix. La cible est clairement désignée : « Des organisations proches des Palestiniens qui appellent au boycott du groupe privé israélien Agrexco/Carmel. » (Notons au passage le mensonge : Agrexco serait un groupe privé !). Pourtant, « la coopération entre les peuples israélien et palestinien est un moyen utile pour aboutir à la paix »… Le responsable du blog de l’ambassade d’Israël en France s’en donne à cœur joie : «  Il y a quelques jours arrivait au port français de Sète un navire de production agricole affrété par la société israélienne Agrexco. Des agitateurs pro-palestiniens sont là, évidement, prêts à se révolter contre cette injustice terrible: BOYCOTTONS !

« Mais pourquoi voulez-vous nous boycotter ? », s’étonne Agrexco, « nous acheminons en France et en Europe les fraises des agriculteurs palestiniens de Gaza, et d’ailleurs nous le faisons depuis 30 ans déjà, elles sont savoureuses ! » Et de conclure : « C’est ainsi qu’Israël défend la cause palestinienne. » (!) Dans la foulée, une douzaine de sites ouvertement sionistes ou proche des sionistes démultiplient ces messages avec plus ou moins de violence et de mensonges.

Le 8 décembre, l’AFP reprend un communiqué du bureau du Premier ministre, Benjamin Netanyahu : « Le cabinet de sécurité a décidé de prendre de nouvelles mesures qui vont permettre d’accroître les exportations de marchandises de la bande de Gaza », dans le but de « faciliter la vie à la population qui vit sous le régime de répression et de terreur imposé par le Hamas ».

Israël est l’ami des Palestiniens, il les protège du Hamas, Agrexco travaille pour la Paix, la Coalition contre Agrexco qui boycotte les produits palestiniens est contre les palestiniens.

LES OBJECTIFS ÉVIDENTS DE LA MANŒUVRE : Délégitimer la campagne contre Agrexco et faire exploser la Coalition contre Agrexco en neutralisant son action.

L’opération médiatique vise non seulement à délégitimer la campagne menée par « la Coalition contre Agrexco France», mais également à la miner de l’intérieur. Cette large mobilisation déterminée à chasser Agrexco de Sète et d’Europe représente un vrai danger pour Israël, faisons la exploser ! Comme le précise la Coalition dans un communiqué du 23 décembre : « Le message est grossier mais la manœuvre n’en est pas moins dangereuse. » Il ne faudrait plus refuser en bloc Agrexco mais seulement certains de ses produits ! Ceux portant le label Produit palestinien devraient être acceptés… Un distinguo piégé qui s’attaque à la revendication centrale de la Coalition et menace l’existence même de la Coalition.

Qu’Israël veuille se réhabiliter à travers Agrexco atteste du poids symbolique, économique et stratégique de cette entreprise pour Israël.

Que cette opération s’attaque à la Coalition contre Agrexco France atteste du danger que représente la Coalition pour Israël.

Que l’opération ait démarré en France atteste du rôle central du port de Sète dans la stratégie d’Agrexco.

Israël utilise Agrexco pour prétendre que le blocus de Gaza est allégé. Les exportations Agrexco de Gaza ne sont qu’un moyen mystificateur pour rendre plus acceptable le blocus aux yeux de l’opinion.

Il faut retourner cette tactique contre Israël et faire de la lutte contre Agrexco le fer de lance de la lutte contre le blocus de Gaza. En prenant Agrexco pour cible, l’escale à Sète du « Bateau français pour Gaza » permettrait de s’attaquer ici, en France, au blocus. De plus, le bateau reparti, le combat européen contre Agrexco/Israël se poursuivra renforcé.

LES BUTS CACHÉS DE L’OPÉRATION : Mettre en place une filière d’exportation sécurisée qui échappe au boycott

Le projet initial, préparé depuis 10 ans par Agrexco et engagé en 2008, vise à faire du port de Sète la porte d’entrée des produits Agrexco pour toute l’Europe (500 000 tonnes/an prévues). Mais ce projet se heurte aujourd’hui à la Coalition contre Agrexco et la campagne BDS. Le débarquement à Sète est massivement refusé et il ne suffit pas de débarquer des produits, encore faut-il qu’ils échappent au boycott.

D’où l’autre objectif de l’opération médiatique « Fraises de Gaza » : mettre en place une filière d’exportation moralement acceptable pour les consommateurs européens. L’enjeu principal est de pouvoir vendre les produits agricoles israéliens et ceux des colonies. Comment ? En estampillant Produit palestinien un maximum de produits israéliens.

La neutralisation de la Coalition contre Agrexco est indispensable au bon déroulement de ce plan. Il s’agit ensuite, avec l’appui des médias, de convaincre l’opinion qu’Agrexco fait une bonne action en exportant les produits palestiniens et que c’est une bonne action d’acheter les produits sous label Produit palestinien. Les communicants n’auront aucune difficulté à fabriquer de toute pièce l’image d’une filière moralement acceptable pour le public européen.

Une fois en place, avec des produits palestiniens de Gaza ou de Cisjordanie, cette filière dès lors « sécurisée » pourrait s’étendre à des produits des colonies et d’Israël. Les dattes des colonies sous label israélien sont boycottées ? Il suffira de les exporter sous label Produit palestinien… Qui nous dit qu’à Hashdot ou Haïfa, d’où partent les bateaux d’Agrexco, n’arriveront pas d’autres produits israéliens déjà emballés sous étiquette palestinienne prêts à l’exportation ?

Pure fiction ? Les constantes violations du droit, des accords et des règlements commerciaux par Israël devraient nous rendre plus vigilants !

Lors des 153e et 157e missions CCIPPP « Spécial Agrexco » (juillet et novembre 2009) nous avons rencontré les principales organisations paysannes (PARC, PFU, UAWC). Tous les représentants rencontrés, à Ramallah et dans la vallée du Jourdain nous ont dit qu’Israël exportait depuis peu ses propres produits sous le label Produit palestinien. Nous venions chercher des preuves qu’Agrexco exportait des produits des colonies sous label Produit israélien et ils nous disaient « Bien sûr, ça c’est évident, mais en plus Agrexco exporte aujourd’hui des produits israéliens sous label palestinien, particulièrement dans les pays anglo-saxons où le boycott est puissant. » Les deux missions ont visité longuement, dans la vallée du Jourdain, l’entreprise palestinienne Sinokrot. Créée par un ancien membre du gouvernement de l’Autorité Palestinienne qui lui a donné son nom, cette entreprise est fortement subventionnée par l’USAID américaine. C’est la seule entreprise palestinienne autorisée à exporter des produits palestiniens vers les pays arabes via la Jordanie. Nous avons vu chez Sinokrot des emballages estampillés Produit palestinien et Produit israélien. Des responsables nous ont appris que, bien sûr, les produits des colonies et de Palestine partaient sous label Produit israélien, mais que depuis peu, des produits israéliens (des colonies et hors colonies !) partaient sous le label Produit palestinien vers l’Europe.

Bien loin d’être une fiction, le détournement du label Produit palestinien pour des produits israéliens est déjà réalisé. En annonçant l’exportation massive de produits Produit palestinien, l’opération Fraises de Gaza ne vise qu’à préparer les consommateurs à acheter ces nouveaux produits… qui seront israéliens. Double gain pour Israël : le blocus de Gaza paraît allégé et le boycott européen est contourné ! Les « Fraises de gaza » comme cheval de Troie…

4 – UNE RIPOSTE PALESTINIENNE CATÉGORIQUE ET SANS APPEL : Boycott total d’Agrexco

La réponse sans ambiguïté des Palestiniens fait tourner au fiasco la manœuvre ! Non seulement ils démentent les allégations israéliennes qui faisaient d’Agrexco le sauveur des paysans palestiniens mais ils appellent au boycott total d’Agrexco !

« Toute affirmation selon laquelle les opérations d’Agrexco bénéficient aux paysans Palestiniens n’est rien d’autre qu’une feuille de vigne pour couvrir une complicité avec les violations du droit international et des droits du peuple palestinien par Israël. La levée du blocus de Gaza et la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid israéliens sont la solution la plus garantie et la plus durable pour permettre à nos agriculteurs de produire et d’exporter librement, sans être contraints à se confier à des compagnies complices de leur oppression et de leur dépossession. Nous appelons plutôt à intensifier la pression contre Agrexco par un boycott complet et systématique de tous les produits et services d’Agrexco. (…)

(…) De plus, un boycott total de Carmel-Agrexco a été approuvé par la totalité des syndicats et comités agricoles et de fermiers Palestiniens. Quoique bien conscients du prix que nos agriculteurs pourraient payer du fait d’un boycott complet de Carmel Agrexco, nous considérons le BDS comme le moyen de solidarité le plus efficace pour provoquer la fin des différentes formes d’oppression par Israël qui empêchent nos agriculteurs et le peuple tout entier de jouir de la liberté et des droits de l’homme.

(Lire le communiqué du BNC en entier : www.protection-palestine.org).

Dans ce contexte, la Coalition contre Agrexco déclare dans un communiqué : « Conformément à l’Appel initial de la Coalition contre Agrexco et forte du soutien renouvelé du BNC (Comité National Palestinien pour le Boycott, Désinvestissement et Sanctions) en date du 22 décembre 2010, la Coalition contre Agrexco réaffirme son refus total de l’implantation de l’entreprise d’état israélienne Agrexco/Carmel/Coral à Sète et ailleurs. » (www.coalitioncontreagrexco.net)

Il appartient aux campagnes BDS en France, en Europe et à l’ensemble du mouvement de solidarité de s’emparer du mot d’ordre du BNC palestinien de boycott total d’Agrexco et de le mettre en œuvre partout, en lien avec les contextes locaux.

José Luis Moraguès

CCIPPP – 26/12/2010




Le BNC Palestinien réaffirme son soutien total à la Coalition contre Agrexco

Le BNC Palestinien réaffirme son soutien total à la Coalition contre Agrexco : les organisations paysannes et les Comités de Résistance Populaires s’impliquent dans la plainte juridique contre Agrexco.

Nous avons le plaisir de partager avec vous tous-tes cette excellente nouvelle que nous apporte le courrier ci-dessous (traduction JPB) .

Le BNC palestinien a non seulement soutenu la Coalition dès sa création mais contribue activement à son activité depuis. Aujourd’hui, il réaffirme avec la même détermination son soutien à la coalition et via une vingtaine d’associations concernées par le problème, il s’engage à nos côtés dans la plainte contre Agrexco.

Nous espérons que cette prise de position et cette implication dans la bataille, à nos côtés, de ces organisations sera un encouragement à amplifier les actions de la Coalition.

Vous noterez au côtés des organisations paysannes comme le PARC, le PFU ; l’UAWC ou GUPPCG, la présence du Comité National de Résistance Populaire ainsi que les Comités de Résistance Populaires des célèbres villages qui luttent contre le Mur.

Message du BNC à la Coalition contre Agrexco

 

La société civile palestinienne, y compris les organisations agricoles,
appelle les tribunaux français à prononcer la responsabilité de Carmel Agrexco.


Palestine occupée, 25-11-2010. Nous, soussignés représentants de la société civile palestinienne, incluant les organisations agricoles et les comités populaires, écrivons pour exprimer notre total soutien à l’action judiciaire concernant Carmel Agrexco, entreprise par des organisations de la société civile française devant le tribunal de commerce de Créteil. De plus nous soutenons totalement les efforts de la coalition contre Carmel Agrexco en France et en Europe.


Carmel Agrexco, l’exportateur appartenant partiellement à l’État israélien, viole la loi internationale car il est responsable de la commercialisation de 60 à 70 % des produits agricoles cultivés dans les colonies illégales israéliennes des territoires palestiniens occupés (TPO) (i). Agrexco fait partie intégrante du processus d’occupation militaire et de colonisation des TPO. Il joue un rôle-clé dans le développement d’un agrobusiness à l’échelle industrielle, qui fournit une incitation économique à l’occupation et la dépossession ; il profite ainsi du déni systématique des droits des Palestiniens et soutient les violations israéliennes de la loi internationale, dont la quatrième Convention de Genève. Au sein du cadre légal et éthique de la responsabilité d’entreprise et de la complicité d’entreprise, une compagnie porte la responsabilité de toutes ses initiatives commerciales pouvant violer les droits de l’homme, du travail et les standards environnementaux. Nous souhaitons souligner que sur la base du jugement de 2004 de la Cour Internationale de Justice et de l’opinion légale d’experts renommés en loi internationale, les Etats ont des responsabilités selon la loi internationale qui devraient les conduire à décourager les relations d’affaires avec Carmel Agrexco, une compagnie qui viole la loi internationale et qui profite des colonies illégales d’Israël dans les territoires palestiniens occupés et du vol des ressources palestiniennes en terre et en eau qui s’y trouvent.


Les exportations israéliennes, et les produits de Carmel Agrexco en particulier, ont été régulièrement étiquetés faussement, et les sociétés d’exportation et responsables Israéliens ont régulièrement induit en erreur les gouvernements et les compagnies partenaires. Dans le cadre de son jugement indiquant que les produits israéliens originaires des colonies de Cisjordanie occupée n’ont pas droit à un traitement douanier préférentiel selon l’accord EU-Israël, la cour de justice de l’Union Européenne a critiqué les autorités d’exportations israéliennes pour leurs obstructions dans les réponses aux demandes faites par des responsables de l’Union Européenne (ii). Le gouvernement britannique a exprimé ses doutes sur la traçabilité de tous les produits marqués ‘made in Israël’ (iii). Des chercheurs ont documenté plusieurs fois des preuves de l’implication de Carmel Agrexco lui-même dans l’étiquetage trompeur délibéré de produits venant des colonies israéliennes illégales (iv). Étant directement affectés par les actions de Carmel Agrexco, nous appelons les responsables du système judiciaire français à s’assurer que celui-ci agisse dans les intérêts de la justice et au service de la loi nationale et internationale, et qu’elle rende responsables tout ceux qui contribuent activement aux violations par Israël de la loi internationale et des droits humains.


Signé par: The Palestinian Boycott, Divestment and Sanctions National Committee (BNC)*

General Union of Palestinian Peasants and Co-op Groups

Palestinian Agricultural Relief Committees (PARC)

Union of Palestinian Farmers Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign (STW)

National Committee for Popular Resistance

Popular Committees against the wall and settlements in Ni’lin, Bil’in, Al-Maasara, Nabi Saleh, Budros, Beit Jala and Wadi Rahal

Union of Palestinian Agricultural Engineers

Union of Agricultural Work Committee (UAWC)


i http://www.corporatewatch.

ii http://bdsmovement.net/?q=

iii http://www.theyworkforyou.

iv http://corporateoccupation.wordpress.com/2010/03/23/%E2%80%9Cproduce-of-israel%E2%80%9D-britishcompany– found-in-breach-of-labelling-guidelines/




Communiqué de la Coalition contre Agrexco

Le port de Marseille est en grève pour les retraites

Pour briser la grève plusieurs bateaux de Marseille

débarquent à Sète

Ne les laissons pas briser la grève !

Depuis plus d’une semaine les bateaux bloqués à Marseille par la grève des

travailleurs du port sont détournés sur Sète où ils débarquent leur marchandise.

C’est la méthode que le conseil Régional applique pour le prétendu

« développement » du port de Sète. Hier, au nom de la création d’emploi il n’a pas

hésité à accueillir l’entreprise d’état israélienne Agrexco/Carmel qui fraude les

douanes et viole le droit en Palestine. Aujourd’hui le Conseil Régional n’hésite pas à

briser la grève des travailleurs du port de Marseille pour montrer aux entreprises que

la « paix sociale » règne Sète.

Depuis cette nuit, le bateau « Bio top » de l’entreprise Agrexco est à quai, il va

décharger ses fruits et légumes qui proviennent en partie de l’exploitation illégale des

terres palestiniennes par les colons israéliens.

Il y a trois semaines, 8 organisations (Confédération Paysanne, Union Juive

Française pour la Paix, CIMADE, CCIPPP, AURDIP, ISM, Collectif 69 Palestine,

Association des Palestiniens du L.R) ont déposé une plainte contre Agrexco

concernant l’origine des produits exportés. Le 18/10 à la Chambre d’agriculture du

Gard, la Confédération Paysanne a déposé une motion pour protester contre les

importations massives de fruits et légumes par Agrexco et les conséquences

terribles de cette politique sur les paysans de la région.

Le Conseil Régional, GF.Group et Agrexco/Carmel, voudraient faire demain, de

Sète un port de la colonisation !

Ne les laissons pas en faire, aujourd’hui, un port « jaune », briseur de grève !

AGREXCO NI A SETE NI AILLEURS !

LA COALITION CONTRE AGREXCO/CARMEL

coalitioncontragrexco@gmail.com

19 octobre 2010

AGREX CO




Salon SIAL: Non aux entreprises israéliennes à Paris !

Le salon SIAL qui doit avoir lieu du 17 au 21 octobre prochain (http://www.sial.fr) est un très important salon mondial ou les industries de l’agro alimentaire viennent faire leurs achats. Environ 150 000 visiteurs du monde entier sont attendus. Selon les informations reçues de la Coalition des femmes pour la Paix il s’avère qu’au moins 3 des entreprises israéliennes présentes au salon sont directement implantées dans les territoires occupés : BETH EL FOODS – SHIRAZ COHEN-OR LTD – WISSOTZKY TEA LTD (Usine. unité de production et bureau). A partir de ces informations, une lettre a été rédigée au nom de la Campagne BDS France pour l’exclusion de ces entreprises criminelles.  Lire la lettre.
Nous avons eu un contact téléphonique et par e-mail avec la directrice, qui doit « revenir vers nous ». Voici toutes les adresses e-mails des personnes auprès desquelles nous vous invitons à faire connaître cette lettre (vous pouvez nous mettre en copie à cette adresse sialbdsfrance@yahoo.fr) :
Adeline Vancauwelart, directrice du salon Adeline.VANCAUWELAERT@comexposium.com
Renaud Hamaide, président du directoire du salon SIAL : renaud.hamaide@comexposium.com ; renaud.hamaide@viparis.com
info@exposium.com
Direction de Comexposium jean-luc.neez@comexposium.com;  vincent.buffin@comexposium.com ; jean-pierre.bourgeois@comexposium.com




BDS Londres : Le magasin AHAVA à nouveau occupé… et obligé de fermer samedi

Les militants se sont enchaînés à partir de 11 H 30, samedi, la police est arrivée plus tard sur les lieux, mais il lui a fallu pas mal de temps pour dégager les militants solidement enchaînés entre eux par les bras au travers d’un tube en acier difficile à casser sans blesser les protestataires. Pendant ce temps d’autres militants diffusaient des tracts devant le magasin, expliquant la situation aux passants, et les invitant à ne pas encourager la colonisation et les crimes de guerre israéliens, en achetant les produits AHAVA, soi-disant « made in Israël ».

Quasiment tous les samedis désormais, de telles manifestations ont lieu devant le magasin de Londres. Et un prochain piquet est annoncé samedi 9 octobre de midi à 14 H devant le magasin.

AHAVA qui avait porté plainte contre ces actions, a obtenu que des militants comparaissent devant un tribunal il y a quelques semaines. Non seulement les responsables d’AHAVA n’ont pas osé se présenter devant les juges, mais les militants de la campagne BDS ont montré le caractère illicite des cosmétiques mis en vente sous une marque mensongère et produits dans des colonies. Ils ont ont tous été relaxés.

http://www.indymedia.org.uk/en/2010/10/464058.html

Traduction : CAPJPO-Europalestine




Ahava : Victoire juridique pour les militants du BDS

L’inculpation de quatre militants du BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) a été annulée à Londres à cause des activités de toute évidence illégales d’une firme israélienne de produits cosmétiques contre laquelle les quatre militants avaient manifesté. L’affaire a suscité quelques arguments juridiques inhabituels et probablement révolutionnaires.

Selon le droit international, les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée sont illégales. L’Union européenne, les Nations unies et la Cour internationale de justice ont toutes confirmé le caractère illégal des colonies, position reconnue par la majorité des nations dans le monde. Étant donné que la situation est bien avérée, il s’ensuit que les sociétés qui utilisent des terres illégalement occupées pour fabriquer et vendre leurs produits quels qu’ils soient, produisent et vendent des produits illégaux. Il s’ensuit aussi que quiconque achète de telles marchandises aide à financer l’ actuelle occupation illégale des terres palestiniennes. C’est ce message que les militants du BDS ont essayé de diffuser auprès du public.

Un week-end sur deux, il y a une petite manifestation devant Ahava, magasin israélien de produits cosmétiques et de beauté situé dans le quartier à la mode de Covent Garden à Londres. Il s’agit de protester contre la vente de produits de beauté fabriqués dans la colonie israélienne illégale de Mitzpe Shalem en Cisjordanie occupée avec de la boue prise dans la mer Morte près de Kaliya. L’enlèvement de cette boue se fait sans que les Palestiniens auxquels la terre appartient l’aient autorisé ou aient reçu un dédommagement.

En septembre et en décembre 2009, quatre militants sont entrés dans le magasin Ahava, se sont attachés à des barils remplis de béton et ont refusé de sortir. Les deux fois, le magasin a dû fermer pendant plusieurs heures. Les « Quatre de Ahava » ont par la suite été accusés de deux infractions pour intrusion en vertu de la section 68 et de la section 69 du code de justice criminelle et d’ordre public de 1994.

Lorsque l’affaire a été portée devant le tribunal, au premier jour de l’audience le ministère public a laissé tomber la section 68 se rapportant à une intrusion aggravée en vertu de laquelle l’infraction exige que l’accusé soit surpris en délit d’intrusion sur une terre et commettant un acte de nature à perturber ou à empêcher toute « activité légale » sur cette terre. Bien entendu, si Ahava vend des produits provenant d’une colonie illégale, le magasin ne mène alors pas une activité légale et par conséquent, l’action des militants ne perturbe pas une « activité légale ». Le ministère public se heurtait à un problème dès le début et le fait qu’il ait laissé tomber cette accusation parle de lui-même.

En outre, Ahava étiquette ses produits « fabriqué par Dead Sea Laboratories Limited, mer Morte, Israël », en infraction évidente de la loi britannique ; on considère que les entreprises commettent une infraction si leur étiquetage fournit au public une information erronée au sujet de l’origine de leurs produits (Consumer Protection from Unfair Trading Regulations 2008). En étiquetant Made in Israel des produits fabriqués dans une colonie illégale , la société enfreint les normes commerciales du Royaume-Uni. Selon les propres directives DEFRA du gouvernement britannique de 2009 « le gouvernement considère que les commerçants induiraient les consommateurs en erreur et commettraient ainsi presque certainement une infraction s’ils devaient déclarer leurs produits provenant de [territoires palestiniens occupés] (y compris ceux de la Cisjordanie) comme des « produits d’Israël… ». La raison en est que cette zone ne relève pas des frontières internationalement reconnues de l’État d’Israël ». À ce titre, si le ministère public avait décidé de poursuivre l’action contre les manifestants, il aurait abouti au règlement de ces questions juridiques également, ce que beaucoup de sociétés israéliennes ne voulaient pas risquer.

La deuxième série d’inculpations se rapportant à la section 69 ont également été abandonnées parce que la gérante de la filiale Ahava qui avait été convoquée en tant que principal témoin a refusé de se présenter au tribunal malgré l’assignation à comparaître et la menace d’une arrestation. La raison en est probablement que Ahava ne voulait pas que ses activités soient dévoilées au public si l’affaire était poursuivie.

En l’état actuel des choses, on peut compter cela comme une victoire juridique pour le mouvement BDS dans la mesure où des sociétés telles que Ahava savent que leurs activités sont indéfendables. Ce devrait être un avertissement pour ces sociétés et les autres engagées dans des activités illégales similaires qui enfreignent aussi bien le droit britannique intérieur que le droit international ; elles sont averties que si elles continuent à produire et à vendre les marchandises des colonies illégales, elles ne le feront pas sans opposition.

L’issue de cette affaire servira également à enhardir les militants protestant contre la société Ahava et d’autres comme elle. Les protestations contre Ahava ne se limitent pas aux magasins de Londres ; aux USA, CodePink (groupe US de femmes militant contre la guerre et pour la paix) a mené une campagne prometteuse contre la société. Ce groupe a fait campagne à New York, au Texas, à Washington et dans d’autres parties des USA en brandissant des bannières « Ahava est un business sale » et « Ahava cache ses crimes sous un joli visage ». Ailleurs, des groupes comme la Dutch Bathrobe Brigade (brigade néerlandaise des sorties de bain) a tenu de nombreuses protestations à Amsterdam, tandis que des militants français ont contesté juridiquement les sociétés telles que Sephora (chaîne française de produits cosmétiques) qui vendent des produits Ahava.

Chose surprenante, c’est à des individus et à des groupes BDS qu’il incombe de révéler ces faits. Quand il est tellement évident qu’il y a infraction aux lois, le gouvernement britannique et les autres ainsi que leurs agences devraient mettre leurs propres lois en application. Jusqu’à ce qu’ils le fassent, il y aura de plus en plus de personnes qui se joindront quotidiennement au mouvement BDS et chacune d’entre elles contribuera à mettre fin au commerce honteux des marchandises en provenance des colonies illégales.

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9282




Nouvelle victoire du BDS: Deux supermarchés italiens suspendent la vente des produits AGREXCO

Les chaînes de supermarché COOP et Nordiconad suspendent la commercialisation des produits des colonies provenant des territoires palestiniens occupés

 

Un succès important de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’apartheid israélien

 

22 mai 2010 – Suite à la campagne de pression de la coalition italienne contre Carmel-Agrexco, deux importantes chaînes italiennes de supermarché, COOP et Nordiconad, ont annoncé la suspension de la vente des produits Agrexco, le principal exportateur des produits agricoles en provenance d’Israël et des colonies israéliennes illégales dans les territoires palestiniens occupés. Nordiconad est le groupe coopératif servant de centrale d’achat et de distribution de CONAD, qui opère en Italie du Nord. Le directeur de Nordiconad, M. Covili, a déclaré qu’on ne trouve plus aucun produit reconnu comme provenant d’Agrexco dans leurs supermarchés depuis fin avril. COOP Italia, via son directeur de la qualité M. Zucchi, a quant à lui affirmé qu’il existe un problème de traçabilité commerciale : le consommateur n’est pas en mesure de vérifier si le produit en question provient ou non des territoires occupés. COOP Italia a donc décidé de « suspendre l’approvisionnement de produits provenant des territoires occupés ».

 

La campagne de pression sur les entreprises de la grande distribution a été lancée en janvier cette année après une rencontre nationale de la coalition Stop Agrexco à Savona, lieu d’accostage des bateaux d’Agrexco pour la distribution en Italie. Elle est coordonnée au niveau européen avec des mouvements analogues, dont la Coalition contre Agrexco en France, qui réunit plus de 90 associations dans l’objectif commun de s’opposer à l’installation de l’entreprise israélienne dans le port de Sète (Languedoc-Roussillon). En Italie, les clients et actionnaires de Coop ainsi que des associations actives dans la campagne ont commencé à envoyer des lettres de protestation aux revues de consommateurs de COOP pour demander de retirer de la vente les biens produits dans les colonies dans les territoires occupés. Cette initiative a ensuite été étendue à CONAD. La campagne a culminé le 30 mars quand, à l’occasion de la Journée de la Terre palestinienne et de la Journée mondiale BDS, des manifestations, sit in et actions d’information ont eu lieu de façon coordonnée dans les supermarchés de plusieurs villes italiennes. Suite à ces actions, une correspondance a commencé avec les dirigeants de COOP et CONAD, menant à des contacts directs et des rencontres avec la Coalition italienne Stop Agrexco. Lors de ces réunions, les représentants de la Coalition ont fourni de la documentation supplémentaire détaillée dénonçant la commercialisation illégale des produits provenant des colonies et la situation de violation des lois internationales et des droits humains en Palestine qui caractérise la production de ces produits.

 

Le résultat obtenu grâce aux pressions du côté des consommateurs responsables, des actionnaires et des militants est sous aucun doute positive. Toutefois les militants et militantes de Stop Agrexco continueront à veiller à ce que les déclarations soient suivies de faits, et invitent tout le monde à participer à cette lutte pour le respect du droit international, la liberté et l’autodétermination du peuple palestinien.

 

Contacts :

 Stop Agrexco Italia
333 11 03 510
stopagrexcoitalia@gmail.com




La Coalition contre Agrexco en Italie est lancée !

http://www.stopagrexcoitalia.org/

Campagne de boycott de la société Agrexco

L’Europe, l’ONU et la Communauté internationale considèrent les colonies israéliennes construites sur le territoire palestinien non seulement illégales mais comme un obstacle sérieux à la paix au Moyen-Orient. Pourtant, la colonisation de vastes zones de  Cisjordanie continue, confisquant la terre, les ressources, le travail à une population placée depuis des décennies sous l’emprise de l’occupation militaire israélienne. De plus le gouvernement israélien s’est  de nombreuses fois rendu coupable de crimes de guerre contre l’humanité ; il a été  dénoncé et condamné par des institutions comme l’ONU, l’Europe et des ONG comme Amnesty international et l’Observatoire des Droits de l’Homme.

Acheter des produits en provenance d’Israël, spécialement des colonies, signifie soutenir directement et de façon consciente ce régime d’apartheid. C’est pour cela que nous invitons les consommateurs italiens à agir concrètement en participant au boycott de la société israélienne Agrexco.

Agrexco est le principal exportateur de produits agricoles israéliens., commercialisant 70% des fruits, légumes fleurs et herbes aromatiques produits en Israël et dans les colonies. Avec la marque Carmel, Agrexco commercialise  70% des fruits et légumes produits par les colonies dans les territoires occupés ainsi que l’a admis un procès pénal en Angleterre à l’encontre de cette même société. Beaucoup de ces colonies se trouvent dans la vallée du Jourdain, la région la plus fertile de Cisjordanie, dont 95% sont occupés par les colonies illégales, les plantations coloniales et les bases militaires.  80% des produits de Carmel-Agrexco sont exportés et vendus en Europe, depuis l’été 2009 par le port italien de Vado Ligure (Savone).

Sur la base de accords commerciaux entre l’Europe et Israël, les produits israéliens jouissent d’allègements fiscaux, c’est-à-dire exemptés de paiement des taxes  de douanes. Dans une récente condamnation,  la Cour européenne de justice a cependant révélé que beaucoup des produits des colonies, qui ne devraient pas jouir de ces exemptions , arrivent étiquetés comme provenant d’Israël et sont ainsi exportés illicitement à couts réduits. Le résultat est que les fruits d’un système illégal et de violations des droits internationaux finissent sur nos tables à des prix injustement plus bas et concurrentiel .

Il  est temps de dire : « BASTA »

Boycottons les fruits de l’apartheid

Boycottons Carmel-Agrexco

source: http://www.stopagrexcoitalia.org/




1300 personnes ont manifesté contre l’implantation d’Agrexco -Midi Libre

Sète: 1 300 personnes ont manifesté contre l’implantation d’Agrexco sur le port

Sète a été le point d’orgue, hier, d’une journée d’action nationale contre cette société israélienne accusée d’exploiter les paysans palestiniens.

« Agrexco, casse-toi, le port de Sète n’est pas à toi ! ». C’était l’un des slogans les plus entendus hier après-midi dans les rues de Sète. L’Ile Singulière était le point d’orgue d’une journée d’action nationale (et même européenne) contre l’implantation de cette société israélienne sur le futur terminal fruitier à 45 M€.

Une décision de Georges Frêche qui en a aussi pris pour son grade hier. Car cette entreprise d’Etat est accusée d’exporter 70 % de ses produits (fruits, légumes, fleurs) des colonies israéliennes, et donc «

italic; »>de voler l’eau et les terres des paysans palestiniens qui sont obligés d’y travailler ». Et ce en violant la 4e convention de Genève qui interdit l’exploitation économique des territoires occupés. Quant aux 150 à 200 emplois promis par le président de la Région, « c’est un mensonge ! ».

Il était 16 h lorsque les participants à la marche, partie dans la matinée de Montpellier, sont arrivés, via Frontignan, sur l’esplanade (la place Aristide-Briand) dont le kiosque était enrubanné de banderoles. Selon les organisateurs issus des 93 (!) associations et mouvements divers regroupés dans la coalition anti-Agrexco, la mobilisation était trois fois supérieure à celle espérée puisqu’elle aurait rassemblé 1 500 personnes (1 100, selon la police) dont 700 marcheurs.

Après les interventions d’un paysan palestinien, d’un cinéaste israélien ou encore de Nicolas Duntze de la Confédération paysanne, un cortège s’est formé pour défiler jusqu’à l’entrée de la gare maritime, en passant devant la mairie, par le quai Lemaresquier et la rue Euzet. Le port, dont l’accès était barré, était placé sous haute surveillance, entre les gendarmes mobiles et maritimes, les policiers et même un hélicoptère. La manifestation s’est dispersée sans incident.

Marc CAILLAUD




Marche contre Agrexco à Montpellier – AFP

Environ 400 manifestants opposés au projet d’implantation de l’importateur israélien de fruits Agrexco sur le port de Sète se sont rassemblés ce matin à Montpellier, avant d’entamer une marche qui doit les mener à Sète dans l’après-midi.

« Agrexco, le port de Sète n’est pas à toi », ont scandé les manifestants rassemblés devant le conseil régional Languedoc-Roussillon, propriétaire et gestionnaire du port de Sète. Sur des pancartes, on pouvait lire des slogans hostiles au projet défendu par Georges Frêche, président sortant DVG de la Région Languedoc-Roussillon et candidat à sa succession.

A une semaine du premier tour des élections régionales, la marche anti-Agrexco a d’ailleurs pris des allures de fronde anti-Frêche, avec la présence, à son départ de Jean-Louis Roumégas, tête de liste d’Europe Ecologie en Languedoc-Roussillon, Paul Alliès, porte-parole de la candidate socialiste Hélène Mandroux, et René Revol (Front de Gauche/NPA).

« Violation du droit international »

« Je suis opposé à la venue d’Agrexco à Sète pour deux raisons, a expliqué Jean-Louis Roumégas. D’une part, on ne peut pas commercer à n’importe quel prix, en fermant les yeux. Les produits d’Agrexco viennent de terres volées, où la liberté et l’eau sont volées. On est dans la violation du droit international. D’autre part, en développant ce type d’emploi sur le port de Sète, ne tue-t-on pas l’emploi de dizaines et de centaines de producteurs locaux? ».

« On ne veut pas d’Agrexco à Sète car cette entreprise exploite les produits des colonies palestiniennes, a renchéri Jean-Paul Nunez, délégué régional de la Cimade. C’est contraire à la 4ème convention de Genève. Agrexco est une entreprise criminelle, qui n’a rien à faire sur le port de Sète ».

José-Luis Moragues, animateur de la coalition anti-Agrexco, a annoncé deux actions en justice, « une au niveau européenne, devant la Cour pénale internationale, en invoquant l’exploitation économique de territoires occupés; une, plus urgente, au niveau civil, pour demander une enquête sur l’origine des produits ».

AFP
06/03/2010




Mobilisation nationale contre Agrexco le 6 mars: Tous à Montpellier et à Sète !

Le combat mené par la Coalition contre Agrexco contre l’implantation de l’entreprise israélienne à Sète est un enjeu régional, mais aussi national et européen. C’est un symbole pour la campagne BDS et cette lutte recueille le soutien de nombreuses organisations locales non spécialistes de la Palestine sur d’autr
es enjeux (emploi, environnement…). A la veille des élections régionales, c’est un rendez-vous citoyen à ne pas manquer.

 
La Campagne BDS France appelle donc à une large mobilisation nationale pour la Marche du 06 mars 2010 de Montpellier à Sète.

Elle met en place un car au départ de Paris le vendredi 5 mars à 21h pour un retour dans la nuit à partir de Sète le samedi 6 mars à 19h30.

 
Les places sont limitées, alors inscrivez-vous avant le 26 février à cette adresse: marcheagrexco@yahoo.fr
Le prix est de 40 euros aller-retour, à payer d’avance pour la réservation du bus
(Pour ceux qui souhaitent rester sur place, des hébergements solidaires sont possibles)

Retrouvez l’appel à la journée de mobilisation sur le site de la Campagne : www.bdsfrance.org
Et relayez l’appel sur vos sites et sur Facebook : http://www.facebook.com/event.php?eid=309980376519&index=1
Le site de la Coalition : www.coalitioncontreagrexco.com  

 

Samedi 6 mars Journée d’action Nationale de la Coalition contre Agrexco à Sète
POUR LE PORT DE SÈTE,
Le Droit, l’Emploi et la Région
AGREXCO NE PASSERA PAS

8h Conseil Régional Montpellier MARCHE CONTRE AGREXCO/Carmel – Montpellier -Sète (35km)
14h RASSEMBLEMENT Place Aristide Briand Sète (distributions de tracts, prises de parole)
16h Arrivée de la MARCHE et MANIFESTATION de la place Aristide Briand jusqu’à l’entrée du port
18h30 fin de la journée d’action

 

http://www.coalitioncontreagrexco.com/

 




Un député interpelle François Fillon sur le BDS suite à ses déclarations au dîner du CRIF

07/02/2010

QUESTION ECRITE

 

Daniel GARRIGUE, député de la Dordogne, fait part à Monsieur François FILLON, Premier Ministre, de son étonnement devant les propos que ce dernier a tenus le 3 février 2010 lors d’un dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) au sujet d’une campagne de boycott qui concernerait les produits israéliens mais aussi, selon lui, les produits casher.

Il lui rappelle que, de fait, la société civile palestinienne – associations, universitaires, artistes, sportifs – a lancé le 9 juillet 2005 un appel au Boycott, aux Désinvestissements et aux Sanctions contre Israël jusqu’à la fin de l’occupation des territoires palestiniens et tant qu’Israël ne respecte pas le droit international. Cet appel, connu sous le nom de campagne « BDS » a été relayé à l’échelle internationale par un certain nombre de personnalités, dont l’essayiste canadienne Naomi Klein, et d’associations. Cet appel n’a jamais comporté aucune dimension religieuse.

On peut certes se demander, en l’absence de décision impliquant la France, quelle est la régularité d’un appel au boycott sur notre territoire. Interrogée lors des questions d’actualité du mercredi 20 mai 2009, Madame Michèle Alliot-Marie, alors ministre de l’Intérieur, avait répondu, à propos de l’intervention d’associations de défense de la cause palestinienne dans des grandes surfaces que « si des plaintes précises étaient déposées, ou si des infractions pénales étaient constituées, des poursuites auraient lieu », mais qu’à cette date, aucune plainte n’avait été déposée. Mais selon elle, également, « ces opérations, il faut bien le préciser, touchent des produits importés d’Israël et non des produits casher ».

Aussi, Daniel Garrigue demande à monsieur le Premier Ministre, pour quelle raison il a procédé à un amalgame qu’avait formellement écarté Madame la Ministre de l’Intérieur, attribuant à ces opérations une dimension religieuse qui n’est nullement poursuivie par les associations de défense de la cause palestinienne, et engageant ainsi le Gouvernement  dans une prise de position de nature religieuse et partisane qui n’est pas conforme au principe de laïcité. Il lui demande, d’autre part, quels contrôles sont mis en œuvre par les autorités françaises pour s’assurer que les produits en provenance des colonies israéliennes dans les territoires occupés ne bénéficient pas des accords commerciaux conclus entre l’Union Européenne et Israël.




Campagne Agrexco/Carmel

La campagne BDS France soutient activement la Coalition contre Agrexco et a fait de la lutte contre l’implantation de la société israélienne Agrexco-Carmel un de ses axes stratégiques.

NON A L’IMPLANTATION DE L’ENTREPRISE ISRAELIENNE AGREXCO-CARMEL A SETE !

PAS UN EURO D’ARGENT PUBLIC CONTRE LE PEUPLE PALESTINIEN !

OUI A LA CREATION D’EMPLOIS RESPECTANT LES DROITS DES PALESTINIENS ET PROTEGEANT LES PAYSANS LANGUEDOCIENS

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En pleine guerre contre la population de Gaza en janvier dernier, le président de la région Languedoc-Roussillon, engageant tout le conseil régional, annonçait à grand renfort de promesses d’emplois et de subventions régionales l’implantation dans le port de Sète de l’entreprise israélienne AGREXCO-CARMEL. Incluant cette opération dans un plan d’investissement de 200M d’€ sur 10 ans, il promettait – sur fond d’élections régionales prochaines – la création de 200 emplois et 500 000 t de trafic supplémentaire. Même si l’opération médiatique est certaine, il n’en demeure pas moins que l’opérateur portuaire italien GF Group a remporté l’appel d’offres pour l’exploitation d’un terminal fruitier et d’un terminal conteneur pour « Port Sud de France » (nouveau nom selon Frêche du port de Sète) et qu’AGREXCO-CARMEL a remporté l’appel d’offres d’exportation des fruits et légumes et signé convention avec la Région. Si l’on ajoute les divers déplacements –largement médiatisés – en France des responsables de ces deux groupes et ceux du président de la Région en Israël, tout indique que le processus est engagé et qu’une « politique de l’autruche » serait lourde de conséquences.

AGREXCO-CARMEL INSTRUMENT DIRECT DE LA COLONISATION AGRICOLE

Au nom du respect des droits humains, de la morale et de la justice et des décisions des instances internationales, les raisons ci-dessus seraient largement suffisantes pour refuser l’implantation d’une entreprise israélienne de quelque secteur que ce soit à Sète ou ailleurs, car toutes les entreprises israéliennes, tirent directement ou indirectement, profit d’une colonisation condamnée depuis des décennies par les instances internationales ! Mais le choix d’AGREXCO-CARMEL (fruits, légumes et fleurs) est caricatural car elle est l’instrument N°1 de la colonisation dans l’agriculture. D’abord parce que l’entreprise est directement liée au ministère de l’agriculture israélien qui la contrôle à 50% et dont elle applique la politique, mais aussi parce que les 70% de ses exportations proviennent des colonies (reconnu en 2006 par le directeur d’agrexco-Carmel lors d’un procès en Grande Bretagne). Notamment des colonies de la vallée du Jourdain où 7000 colons se sont appropriés 95% des terres et contrôlent 98% de l’eau ! Réduisant à la misère ou à l’exil les paysans palestiniens des zones où sévit cette entreprise.

LE CHOIX D’AGREXCO-CARMEL EST CONTRAIRE A L’ETHIQUE ET AUX VALEURS DES DROITS HUMAINS

Aurait-on dans les années 70, en plein apartheid sud africain, – au nom de la seule création d’ emplois – accepté l’implantation de l’entreprise « Outspan » pour en faire la porte d’entrée européenne des oranges « Outspan » symbole d’un apartheid boycotté par le monde entier ? C’est en ces termes qu’il faut raisonner ! C’est la raison pour laquelle nous répondons à « l’Appel BDS » lancé par 171 organisations palestiniennes en juillet 2005 et refusons cette implantation  Pour autant et parce que la question de l’emploi est au centre de nos préoccupations, notre intérêt pour les emplois sur le port et les activités du port nous amènent aussi à nous préoccuper des emplois dans l’agriculture. Quelles conséquences auraient les importations massives de fruits et légumes largement subventionnés en Israël sur l’économie paysanne de la région ? Et par voie de conséquence quels risques de pénurie alimentaire et de destruction de savoir-faire encourons nous ? Va t-on, au prétexte de la création d’emplois de manutentionnaires précarisés sur le port, participer à la liquidation d’emplois agricoles paysans réels ? Pire encore, cela se ferait avec l’argent public ? C’est inacceptable et nous le refusons.

Et puisque le président de Région a annoncé un plan d’investissement de 200 millions d’euros sur 10 ans, il ne fait aucun doute qu’il soit possible de mettre en place d’autres projets alternatifs, réellement créateurs d’emplois pour le port de Sète, en synergie avec un autre type de développement régional, tant au plan agricole qu’en terme d’infrastructures et qui seraient conformes à l’éthique et aux valeurs des droits humains.

Nous appelons toutes les organisations, partis, syndicats et associations à rejoindre cette coalition « Pour des emplois conforme à l’éthique et avec l’agriculture régionale, contre l’implantation d’AGREXCO-CARMEL à Sète ».

Site web de la Coalition contre Agrexco.

Texte sur la situation de l’Agriculture en Palestine

Texte sur la situation de l’Agriculture dans la vallée du Jourdain

Soutenir l’appel de la Coalition et signer la pétition.

Liste des membres de la COALITION contre Agrexco (au 16/10/09)

1. AC ! 34 (Agir ensemble contre le Chomage et la précarité)

2. ACEM (Association Citoyenneté Euro Méditerranéenne-Martigues

3. AFD France (Alliance for Freedom and Dignity)

4. AFPS (Association France Palestine Solidarité)

5. A.I.P.P.P. (Association Internationale pour la Préservation du Patrimoine Palestinien- Strasbourg)

6. AL (Alternative Libertaire)

7. ALPG (Agir Local, Penser Global 59)

8. AES (Amis de l’Emancipation Sociale Belfort – 90)

9. AJEA (Association Jeunesse Energie Avignonaise 84)

10. ALTERNATIFS

11. APJ (Les Américains pour la Paix et la Justice, Montpellier)

12. AP-LR (Association des Palestiniens Languedoc-Roussillon)

13. APTI (Association pour la Promotion des Travailleurs Immigrés 30)

14. ASDIPL (assoc de solidarité et soutien au dialogue des hommes de paix d’ Israël, Palestine et Liban)

15. ASSOCIATION ESPRIT LIBRE (Béziers 34)

16. ADOC (Association des Objecteurs de Croissance)

17. ASSOCIATION SALAM (66)

18. ASTI (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés, 66)

19. ATAF (Association des Travailleurs Algériens en France)

20. ADM (Artisans Du Monde, 30)

21. ATTAC FRANCE

22. ATU (Association Trait d’Union 93)

23. CAPJPO (Europalestine)

24. CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien),

25. CDTM34 (Centre de Documentation Tiers Monde de Montpellier)

26. CIMADE,

27. CIVIMED INITIATIVES ( Strasbourg)

28. CJACP (Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Paix – Strasbourg)

29. CMF (Collectif des Musulmans de France),

30. COMITE BDS (Comité Boycott, Désinvestissement, Sanctions, Montpellier)

31. CCPP (collectif caladois pour le peuple palestinien)

32. COLLECTIF SOLIDARITE PALESTINE AUBENAS (Ardèche méridionale)

33. COLLECTIF PALESTINE LA CIOTAT (13)

34. COLLECTIF PALESTINE (Narbonne),

35. COLLECTIF PALESTINE de Marseille

36. COLLECTIF 69 DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN

37. CPP (Collectif pour la Paix en Palestine – Montbeliard – 25)

38. CCPM (Comité contre le parti du mépris – Montpellier)

39. CONFEDERATION PAYSANNE,

40. CONSTRUIRE UN MONDE SOLIDAIRE

41. COUSERANA-PALESTINE (Ariège)

42. CREF (Centre Râzî d’Enseignement et de Formation,66)

43. CRI (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie)

44. CUALs (Comités Unitaires pour une Alternative au Libéralisme : Mtp Centre, Mtp. Cévennes Petit Bard, Mtp.La Paillade, Mèze)

 

45. EUROPE ECOLOGIE

46. EXPRESSION MUSULMANE (66)

47. FARRAH-FRANCE (réfugiés – Strasbourg)

48. FEDERATION 34 (pour une alternative Sociale et Ecologique au Libéralisme)

49. FEDERATION ARTISANS DU MONDE -Paris

50. FEDERATION SUD EDUCATION.

51. FEMMES SOLIDAIRES 66

52. FRANCE-EL DJAZAÏR Languedoc-Roussillon

53. FSU 34

54. GENERATION PALESTINE

55. IDENTITE PLURIELLE (66)

56. HANDICAP SOLIDARITES (Strasbourg)

57. IJAN (Réseau Juif Antisioniste International)

58. IPAM (réseau Initiatives Pour un Autre Monde)

59. JMF (Jeunes Musulmans de France- Montpellier)

60. Le PHILISTIN (12)

61. Les Femmes en Noir (Caen)

62. Les Verts,

63. LDH (Ligue des Droits de l’Homme, sections : Montpellier, Béziers, Alès, Uzès, Sainte Anastasie, 66)

64. LISTE EGALITE (Bruxelles- Belgique)

65. MAN (Mouvement pour une Alternative Non violente)

66. MCD (Mouvement Citoyen pour la Divesité)

67. MDPL (Mouvement pour le Désarmement la Paix et la Liberté)

68. MPEP (Mouvement Politique d’Education Populaire)

69. MIB (Mouvement Immigration Banlieues)

70. MIR (Mouvement des Indigènes de la République)

71. MdlP (Mouvement de La Paix, Montpellier, Dijon et Côte d’Or)

72. MOTIVES (Montagnac 34)

73. MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)

74. NPA ( Nouveau Parti Anticapitaliste)

75. PALESTINE PORTE VOIX (Carcassonne)

76. PALESTINE 12

77. PARASOL (Palestine, Résistance, Action Solidarité),

78. PCF (Parti Communiste Français)

79. PG (Parti de Gauche)

80. PCM (Plateforme Citoyenne de Montpellier)

81. POLE ETHIQUE (66)

82. RCM (Respaix Conscience Musulmane)

83. R&D (Rencontre et Dialogue 59)

84. RESISTANCE 30

85. RESISTANCE PALESTINE (69)

86. SOLIDARITE FEMININE 66

87. STOP APARTHEID (31)

88. UCCFMM (30)

89. UCDR (Union des citoyens des deux rives 30)

90. UNION SYNDICALE SOLIDAIRES

91. UJFP (Union Juive Française pour la Paix)

92. UJM (Union des Jeunes Musulmans Lyon 69)

93. VIVRE EN PAIX

Soutenu par :

BNC (Comité National palestinien du BDS) Ramallah

AIC (Alternative Information Center) Bethléem-Jérusalem

Coalition of Women for Peace (Israel)




Agrexco à Sète : une caution à la colonisation israélienne ?

Polémique sur l’accueil dans le port d’une société d’export israélienne non respectueuse du droit international.

A l’approche de la rentrée, une polémique prend forme à Sète, où une coalition de plus de 85 organisations s’oppose fermement au projet porté par le président de Région, George Frêche, d’implantation d’une entreprise israélienne, Agrexco. En cause : l’implication de la société d’exportation de fruits et légumes dans la colonisation des territoires palestiniens. Une « mission civile » d’enquête est revenue de Palestine fin juillet.

Le conseil régional du Languedoc-Roussillon, présidé par l’ancien socialiste et très pro-israélien George Frêche, doit investir dans les infrastructures permettant à Agrexco d’installer d’ici septembre 2010 un hangar frigorifique de 20 000 mètres carrés dans le port de Sète. Agrexco pourrait y traiter 200 000 tonnes de fruits et légumes d’importation. Dans un entretien accordé à Midi-Libre le 5 mai, George Frêche déclarait ainsi vouloir faire d’« Israël un nouvel allié commercial pour la région ». Agrexco, installée dans le port de Marseille depuis trente-cinq ans, à quitté la cité phocéenne début 2009.

Ce projet s’inscrit plus largement dans le cadre du développement du port de Sète, deuxième port commercial français sur la Méditerranée en terme de tonnage, après Marseille. Pour George Frêche, il s’agit d’en faire « l’un des grands ports de la Méditerranée entre Gênes et Barcelone ». Au total, ce sont 200 millions d’euros que la Région accordera à cet investissement sur dix ans, en partenariat avec plusieurs sociétés privées qui y consacreront 110 millions d’euros. Le groupe italien GF Group doit diriger la réalisation du nouveau terminal fruitier, pour lequel la Région investira 25 millions d’euros.

L’opposition s’organise

85 organisations contestent ce projet. Parmi les signataires de l’appel de la Coordination internationale contre l’implantation d’Agrexco, des partis politiques (Verts, PCF, NPA, PG, Alternatifs), syndicats, associations de soutien aux Palestiniens, associations de défense des droits de l’homme (comme la LDH), organisations musulmanes, mais aussi organisations juives (dont l’UJFP).

Elles dénoncent toutes le rôle d’Agrexco dans le processus de colonisation des territoires palestiniens, l’exploitation illégale des ressources de la vallée du Jourdain, et l’exportation sous l’étiquette « produit d’Israël » de produits cultivés dans les colonies. La Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP) a réalisé une vidéo sur la mobilisation du 25 juin dernier : (Voir la vidéo)

Au principal argument avancé par la Région, la création de 200 emplois, Vincent Mazurek, membre du NPA et de la coalition, rétorque :

« La question de l’emploi est très importante, ce qui fait que le personnel du port est favorable à l’implantation d’Agrexco. Nous ne sommes pas contre le développement du port. Mais nous voulons que cela se fasse avec des sociétés propres. Il suffit de trouver un autre client. »

Dans une lettre à George Frêche le 21 mai 2009, l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS) écrit :

« S’il est légitime que, président de la région Languedoc-Roussillon, vous vous attachiez à agir pour le développement économique de votre région et favorisiez la création d’emplois en cette période de crise, cela ne saurait se faire au prix de la violation du droit international ni des textes qui régissent les accords entre l’UE et Israël, en particulier ceux qui ont trait au respect des droits de l’homme (art. 2, 76 et 79) et à la règle d’origine qui proscrit les produits des colonies. »

Dans un courrier très court, le président du Languedoc-Roussillon répond :

« Je n’ai pas l’habitude de mêler la politique et l’économie (…) Vous mélangez tout. Je n’ai pas à vous répondre. »

Une entreprise impliquée dans le processus de colonisation

Pourtant, il ne s’agit pas seulement de politique, mais de droit international. Agrexco est l’office national des exportations de produits frais d’Israël. La société appartient à 50% à l’Etat israélien et à 50% à des entreprises agricoles. Ses produits frais sont exportés dans l’ensemble de l’Europe sous diverses marques : Carmel Ecofresh, Carmel Biotop (produits bios), Jordan River, Jaffa, Alesia et Coral.

Lors d’un procès en Grande-Bretagne en 2006, dans lequel était impliqué Agrexco, le directeur général d’Agrexco Royaume-Uni, Amos Orr, avait dû reconnaitre devant le tribunal que l’entreprise exportait entre 60 et 70% des productions cultivées dans les colonies illégales installées dans les territoires occupés. La partie adverse avait notamment plaidé le non-respect de la quatrième Convention de Genève.

Cette politique de colonisation agricole prend particulièrement corps dans la vallée du Jourdain (voir la photo ci-dessus), une des zones les plus fertiles du Proche-Orient, transformée en véritable « no man’s land » palestinien.

Plusieurs dizaines de colonies agricoles ont été installées dans cette région depuis 2005. Les colons y contrôlent 95% de la terre et 98% de l’eau (l’Autorité palestinienne contrôle 45 des 2 400 kilomètres carrés de territoire). Depuis l’ordre militaire pris en 2005, les Palestiniens de Cisjordanie n’ont plus le droit d’y accéder sans autorisation spéciale. Des barrières électrifiées ont par ailleurs été installées à l’abord des sources d’eau.

Premier point de contestation : Agrexco est l’une des principales entreprises à exploiter les ressources agricoles de ces colonies, qui sont illégales au regard du droit international. Si les Palestiniens veulent vendre leurs propres cultures, ils doivent passer par de nombreux checkpoints, dont celui de Tayasir. Le transport peut ainsi prendre de nombreuses heures, rendant les produits frais pratiquement invendables. Le seul moyen de subsister est soit de vendre la production à des entreprises israéliennes comme Agrexco, soit de travailler directement pour elles. Les produits vendus par Agrexco sont alors présents en quelques heures sur les marchés européens.

La main-d’œuvre palestinienne est payée en moyenne 40 à 50 shekel (soit 7 à 9 euros) par journée de travail, sans contrat, et est logée dans des abris en plastique. Dans cette vidéo britannique, des paysans témoignent : (Voir la vidéo)

 

Deuxième problème : Agrexco exporte les produits des colonies sous le label « produit d’Israël », seconde entorse au droit international et aux accords UE-Israël. L’entreprise possède notamment des usines d’emballage dans les colonies de Mekhora, Mehola, Argaman, Ro’I, Hamra, Gaddid et Bet Ha Arava, dans la vallée du Jourdain. Des étiquettes israélienne y sont apposées sur les produits palestiniens, afin notamment de bénéficier de termes commerciaux préférentiels.

Les accords d’association de libre échange Union Européenne-Israël (fondé sur « le respect partagé des valeurs démocratiques et des droits de l’Homme »), prévoient que seuls les produits israéliens élaborés dans les frontières de l’état d’Israël d’avant 1967 puissent bénéficier exemptions de droits de douanes.

Cette politique agricole fait partie intégrante du processus de colonisation.

Mission d’enquête en Palestine

Quatre représentants d’organisations membres de la coalition sont partis en Palestine du 17 au 26 juillet 2009, afin d’observer la situation sur place et de collecter des témoignages dans le cadre de la 153e mission CCIPPP : Jean-Paul Nunez de la Cimade, Vincent Mazurek du NPA, José-Louis Moragues de la CCIPPP, et Ennasri Nabil du Collectif des musulmans de France, qui a été refoulé à l’aéroport de Tel Aviv.

La mission s’est rendue dans des exploitations de la vallée du Jourdain, ainsi que dans des usines d’emballage d’Agrexco, afin de prendre photos et vidéos.

Il s’agissait pour eux de recueillir suffisamment d’éléments, qui pourraient servir lors d’une éventuelle action en justice, comme l’explique Jean-Paul Nunez :

« Nous avons maintenant les preuves de ce que nous affirmons. Nous allons donc nous appuyer sur ce qui a été fait au Royaume-Uni. Nous avons deux possibilités : saisir la Cour de justice des communautés européennes car cela pose un problème juridique que d’accepter des produits qui viennent des territoires occupés. Ou attaquer en droit interne français, en saisissant le tribunal de grande instance de Montpellier. Mais la question se pose alors de savoir qui attaquer : GF Group ? Le Languedoc-Roussillon ? L’Etat ? Car ils sont responsables de laisser faire ce type de commerce. »

Pour la Région, contactée par Rue89, le « Languedoc-Roussillon à toujours agi en respectant le droit international et continuera de le faire. Ce droit international est et sera toujours appliqué à Sète. Les douanes sont chargées de vérifier ce qui descend des navires. »

La mission s’est par ailleurs entretetenue avec le ministre de l’Agriculture de l’Autorité palestinienne, Ismail Daiq. Celui-ci s’est adressé aux pouvoirs publics français :

« Je tiens à dire que toute production en provenance des colonies via des sociétés israéliennes, comme Agrexco ou autres, encourage les colons à poursuivre les violations des droits humains, les agressions, les assassinats et les destructions. Tout soutien à ces gens est un soutien apporté à la violation des droits des palestiniens. »

Le produit des témoignages vidéos recueillis doit être publié à la rentrée, le temps de monter et de traduire les six heures trente d’images. Les membres de la mission espèrent également transformer leur mobilisation en combat européen et inscrivent d’ailleurs cette action dans le cadre de la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions). Comme l’explique Vincent Mazureck :

« Ce n’est pas un combat local. Si Agrexco est rejeté de Sète et s’installe à Barcelone, cela sera la même chose. »

Une nouvelle mobilisation est prévue pour le 10 octobre.

Photos : le port de Sète (Région Languedoc-Roussillon). Des serres agricoles dans la vallée du Jourdain (Jean-Paul Nunez/153e mission CCIPPP). Dans une usine d’emballage Agrexco, vallée du Jourdain (Jean-Paul Nunez/153e mission CCIPPP). Une usine d’emballage Agrexco dans la vallée du Jourdain (Jean-Paul Nunez/153e mission CCIPPP).

source:

http://www.rue89.com/2009/08/22/agrexco-a-sete-une-caution-a-la-colonisation-israelienne