Que Choisir place Sodastream sur un podium : lettre de BDS au rédacteur Jean-Paul Geai

Paris, le 18 juin 2012

Monsieur le Rédacteur en Chef de « QUE CHOISIR »,
233, boulevard Voltaire
75011 Paris

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Nous avons pris connaissance dans le dernier numéro de QUE CHOISIR d’un test comparatif de gazéificateurs et avons découvert qu’une marque retenue est Sodastream.
Votre revue se fonde sur l’éthique du consommateur et tient à communiquer des informations objectives à ses lecteurs.
Cet état d’esprit, que nous approuvons, devrait donc vous conduire à exclure tout produit illégal au regard du droit international.
Nous vous informons que c’est le cas du gazéificateur Sodastream.

La société Sodastream commercialise en effet des gazéificateurs fabriqués dans la colonie israélienne de Mishor Adumim en Cisjordanie.
Elle développe ainsi sa production en toute illégalité et participe à l’occupation que l’Etat d’Israël impose au peuple palestinien, occupation condamnée par le droit international.
L’exploitation économique des territoires palestiniens occupés est expressément condamnée par la IVème convention de Genève sur les Droits de l’Homme.
L’étiquetage du gazéificateur Sodastream dissimule cette réalité et constitue donc une fraude sur l’origine.

La société Sodastream fait depuis plusieurs années l’objet de condamnations répétées par les défenseurs des droits humains et du droit commercial.
Dans plusieurs pays, des vendeurs du gazéificateur ont été convaincus de retirer ce produit de leur étalage. A Paris il y a quelques années la société Soda-Club (rebaptisée ultérieurement « Sodastream ») s’est résolue suite aux protestations à renoncer à participer à la Fête des Vendanges à Montmartre.

Pour toutes ces raisons, nous vous prions de publier dans votre prochain numéro une précision faisant état de la nature illégale des produits Sodastream au regard du droit international.

Nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous adressons, Monsieur le Rédacteur en Chef, nos cordiales salutations.

 

La Campagne BDS France

 

 

Campagne BDS France
CICP -21 ter rue Voltaire – 75011 Paris
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Carton rouge à Bordeaux

300 Bordelais ont signé la pétition hier rue Sainte Catherine à Bordeaux.
Nous avons dans un premier temps défilé dans la rue piétonne puis nous sommes arrêtés à un endroit stratégique afin de faire signer la pétition.

Nous avons préparé un carton rouge géant qui nous a permis d’être visible de tous les passants.
Si vous avez un peu de temps dans votre ville, c’est pas mal et ça attire l’œil et suscite la curiosité des passants.

Vous pouvez signer et faire signer à vos amis cette pétition « M. Platini – Président de l’UEFA: Revenez sur votre décision d’organiser l’Euro Espoirs 2013 en Israël. »

L’UEFA a choisi Israël pour accueillir l’Euro Espoir 2013. Nous demandons à M. Platini de revenir sur cette décision
pour montrer à Israël que la morale et l’éthique sportives ne peuvent tolérer les violations du droit pratiquées par l’état d’Israël.
L’histoire a montré, du temps de l’apartheid en Afrique du Sud, que le boycott sportif était une arme non violente pour combattre le racisme et les injustices: la Fédération Sud-Africaine avait ainsi été exclue de la FIFA en 1976.


Campagne « un Carton Rouge pour l’Apartheid Israélien »

Aidez-nous à convaincre l’UEFA de ne pas laisser le soin à Israël d’accueillir les phases finales du championnat d’Europe des moins de 21 ans en juin 2013.

Depuis un an, 42 clubs de football palestiniens de Gaza attendent une réponse du Président de l’UEFA Michel Platini à leur appel visant à ne pas récompenser Israël pour sa politique raciste à leur égard.
Lire l’appel des clubs de Palestine

S’il vous plaît, SIGNEZ LA PÉTITION et écrivez à Platini à info@UEFA.com en demandant à l’UEFA de dire à Israël qu’il n’accueillera pas les jeux de 2013.

Contactez l’équipe de la campagne à infocartonrouge@gmail.com
Cliquez ici pour plus d’informations.
Entrez en action
Informez vos élus du fait qu’Israël viole le Droit International selon l’article 9 de la Convention Internationale des Droits Civils et Politiques (ICCPR) qui énonce que personne  « ne devrait faire l’objet d’arrestation et de détention arbitraire ».

Demandez à vos élus d’écrire au Ministre des Affaires Étrangères afin de lui demander de condamner formellement la détention administrative utilisée par Israël et d’en appeler à son arrêt immédiat et définitif.




Caterpillar retiré du Fonds de pension TIAA-CREF

WeDivest.org

Une victoire pour les défenseurs du désinvestissement

Le 16 mars 2003, un bulldozer Caterpillar, conduit par un soldat israélien, a tué la militante états-unienne, Rachel Corrie, alors qu’elle s’opposait pacifiquement à la démolition de maisons palestiniennes à Rafah, dans la bande de Gaza.
Le fonds de pension géant TIAA-CREF a retiré Caterpillar de son portefeuille du Fonds à critère social. Le 1er mai 2012, les données financières affichées sur le site de TIAA-CREF chiffraient les actions du Fonds à critère social dans la société Caterpillar à 72 943 861 $. Aujourd’hui elles sont à zéro.
« Nous applaudissons à cette décision » dit la rabbin Alissa Wise, directrice des campagnes de Jewish Voice for Peace (JVP), et coordinatrice nationale de la campagne We Divest. Il est grand temps que TIAA-CREF applique sa devise Des services financiers pour le bien de tous quand il s’agit d’Israël et de la Palestine.
Depuis 2010, We Divest exhorte TIAA-CREF à abandonner Caterpillar et d’autres sociétés qui encouragent et profitent de l’occupation militaire et la colonisation par Israël, et depuis 45 ans, de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la Bande de Gaza palestiniennes.
« En vendant des bulldozers équipés militairement à Israël, Caterpillar se rend complice des violations systématiques d’Israël contre les droits humains palestiniens » dit la rabbin Wise. « Nous sommes heureux de voir que la communauté d’investissement socialement responsable semble le reconnaître et commence à agir de façon appropriée. »
Caterpillar fait l’objet de critiques croissantes de la part des organisations des droits de l’homme ces dernières années alors qu’elle continue à fournir des bulldozers à Israël qui les utilise pour démolir les maisons des civils palestiniens et détruire les cultures et les terres agricoles dans les territoires occupés, et pour construire des colonies illégales, réservées aux juifs, sur la terre palestinienne.
Dans les semaines qui viennent, beaucoup vont être attentifs à l’assemblée générale de l’Église presbytérienne (USA) qui se tiendra à Pittsburg, et où les membres de la commission auront à voter sur une motion pour se désinvestir de Caterpillar et de deux autres sociétés, Motorola Solutions, et Hewlett-Packard, qui sont toujours dans le Fonds à critère social de TIAA-CREF.
Le mois dernier, Friends Fiduciary (Les Amis de la Fiduciaire), une institution quaker, s’est désinvestie pour un montant de 900 000 $ d’actions dans Caterpillar déclarant : « Nous sommes mal à l’aise pour défendre notre position sur ces valeurs ».
Ce que pensent les autres
– Omar Barghouti, militant palestinien des droits de l’homme et membre fondateur du mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) : « CAT est sorti du sac des sociétés socialement responsables de TIAA-CREF, merci à la campagne exaltante menée par JVP et ses partenaires, avec sagacité, persistance et habileté tactique. La société civile palestinienne, représentée par le Comité national BDS (BNC), apprécie grandement ces efforts et pense que plus de pressions encore finiront par convaincre TIAA-CREF de s’acquitter pleinement de son obligation morale et, au bout du compte, de se désinvestir de CAT et de toutes les sociétés complices des violations graves et croissantes du droit international et des droits humains ».
– Cindy et Craig Corrie, parents de Rachel Corrie : « Depuis près d’une décennie, nous assistons à des atteintes aux droits humains perpétrées avec le matériel de Caterpillar en Cisjordanie et à Gaza, et nous nous sommes à ces milliers de personnes qui demandent à la société d’arrêter de soutenir ces actes. Nous sommes extrêmement satisfaits que TIAA-CREF ait pris cette décision. Quand les gouvernements et les sociétés veulent ignorer leurs responsabilités, nous devons refuser de profiter nous-mêmes de leurs violations. Notre famille salue, et remercie, TIAA-CREF pour sa décision qui pousse chacun de nous devant ses responsabilités ».
– Jennifer Bing, directrice du Programme pour le Moyen-Orient du bureau de Chicago d’American Friends Service Committee (AFSC), organisation membre du comité de coordination de la campagne We Divest : « En tant qu’institution cliente de TIAA-CREF, qui s’est elle-même désinvestie de Caterpillar, c’est pour nous un encouragement de voir que cette première et grande décision faire un grand pas vers la création d’un portefeuille libéré de l’occupation que mes collègues et moi-même sommes impatients d’avoir comme option de placement ».
– Samia Shafi, d’ Adalah-New York, organisation membre du comité de coordination de la campagne We Divest : « Cette petite et premier mesure montre que TIAA-CREF n’est pas insensible aux pressions en faveur des droits humains des Palestiniens. Notre campagne We Divest va continuer ses pressions sur TIAA-CREF jusqu’à notre victoire totale pour le désinvestissement hors de toutes les sociétés du portefeuille TIAA-CREF qui tirent profit des violations des droits humains des Palestiniens. »
– Anna Baltzer, organisatrice nationale de la Campagne US pour la Fin de l’Occupation israélienne – une coalition de plus de 380 organisations à travers le pays – et membre du comité de coordination de la campagne We Divest : « Après des années de refus de Caterpillar de modifier ses pratiques, nous sommes heureux que cette société américaine, TIAA-CREF, et d’autres comme elle, prenne conscience que soutenir la politique d’occupation et d’apartheid d’Israël a un prix élevé. On ne peut plus traiter comme on le faisait avec de telles institutions. Le vent est en train de tourner ».
Contexte
La Mission responsabilité du comité d’investissements (MRTI) de l’Église presbytérienne (USA) a tenté, en vain, de négocier avec Caterpillar avant d’appeler au désinvestissement sélectif. Le rapport de MRTI sur son engagement à l’égard des sociétés sur les questions liées à Israël/Palestine, note que :
« La complicité de Caterpillar dans les activités non pacifiques a conduit l’assemblée générale de 2010 à dénoncer les profits que fait cette entreprise par son implication dans les violations des droits de l’homme. Malheureusement, en dépit d’un soutien important en faveur de la résolution des actionnaires appelant à réexaminer sa politique des droits de l’homme, Caterpillar s’est faite encore plus intransigeante. Elle a coupé toute communication avec les actionnaires religieux. Caterpillar persiste à n’accepter aucune responsabilité dans l’utilisation finale de ses matériels. »
En 2004, Amnesty International a exhorté Caterpillar à prendre des mesures en réaction à l’usage, sur lequel elle est parfaitement informée, qui est fait de ses bulldozers pour violer le droit international dans les territoires occupés, notant que « des milliers de familles ont eu leur maison et leurs biens détruits sous des lames fabriquées aux États-Unis pour l’armée israélienne ».
Human Rights Watch, le Haut-Commissariat pour les droits de l’homme, et l’Église presbytérienne (USA) ont tous formulé des recommandations similaires à Caterpillar, en vain.

En 2003, un bulldozer Caterpillar, conduit par un soldat israélien, a tué la militante états-unienne, Rachel Corrie, alors qu’elle s’opposait pacifiquement à la démolition de maisons palestiniennes à Rafah, dans la bande de Gaza.

À propos de TIAA-CREF
TIAA-CREF est une société de services financiers américaine gérant 487 milliards de dollars US d’actif (au 31 mars 2012) et est le principal fournisseur de services de retraite dans les domaines scolaire, médical, culturel et de la recherche. TIAA-CREF Asset Management offre des services de conseils et de gestion de portefeuille au groupe de sociétés TIAA-CREF par l’intermédiaire des entités suivantes : Teachers Advisors, Inc., TIAA-CREF Investment Management, LLC et Teachers Insurance and Annuity Association® (TIAA®). Teachers Advisors, Inc., est conseiller en placements inscrit et filial en propriété exclusive de Teachers Insurance and Annuity Association (TIAA).

Source

Voir aussi :

Un important fonds de pension américain confirme son désinvestissement d’une firme israélienne – Ora Coren – Ha’aretz
et sur Caterpillar :
Neuvième anniversaire de l’acte de solidarité de Rachel Corrie à Gaza – Cindy et Craig Corrie – AIC
Le Comité de l’Église presbytérienne pour le désinvestissement de Caterpillar, Hewlett-Packard et Motorola – Adam Horowitz – MondoWeiss

21 juin 2012 – WeDivest – traduction : JPP




Victoire du désinvestissement d’Israël en Norvège

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Les fonds de pension gérés par le gouvernement de Norvège, le plus grand fonds de pension en Europe, ont annoncé qu’ils allaient céder toutes ses actions d’une société immobilière israélienne, Shikun Binui, dont les bénéfices proviennent d’activités illégales de l’Etat d’Israël.

Le Fonds norvégien, qui vaut 587 milliards de dollars, et cette décision de désinvestissement affectera plus de 1 million dollars d’actions israéliennes.

Source:http://in.reuters.com/article/2012/06/15/norway-shikunandbinui-idINO9E8H600F20120615




Lettre à Peter Brook et à la troupe des Bouffes du Nord

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A Peter Brook et à la troupe des Bouffes du Nord,
37bis boulevard de la Chapelle,
75010 Paris

Cher Monsieur, chère troupe,

Nous avons appris que vous projetiez de donner suite à l’invitation que le théâtre israélien Cameri vous a adressée pour présenter votre pièce « Le costume » en décembre 2012 à Tel Aviv.

Nous tenons à vous informer que ce théâtre, qui s’affiche dans une brochure comme « Ambassadeur d’Israël dans les festivals internationaux », donne des représentations dans la colonie d’Ariel en territoire occupé palestinien et a donné son accord pour se produire dans la colonie de Kiryat Arba, l’une des plus impliquées dans les cas de violence raciste à l’égard des Palestiniens.

Le Cameri a également mis en scène dans la colonie d’Ariel une pièce du dramaturge Shmuel Hasfari, bien que ce dernier ait désespérément essayé d’empêcher cette représentation, y compris en menaçant le théâtre de poursuite en justice.

Ainsi ce théâtre est directement complice de la violation du droit international par l’Etat d’Israël, de sa politique de colonisation, du vol des ressources et d’atteinte au droit fondamental du peuple palestinien à vivre librement.

Nous n’imaginons pas que vous qui avez dénoncé l’apartheid en Afrique du Sud, vous qui respectez les droits du peuple palestinien, vous qui avez aidé le Théâtre de la Liberté de Jénine, vous qui avez parrainé la tournée d’une troupe de ce théâtre en France, vous puissiez accepter l’invitation d’un théâtre qui contrevient au respect des droits humains.

Nous vous signalons d’ailleurs qu’en septembre 2010, une soixantaine d’acteurs israéliens ont décidé de boycotter le nouveau centre culturel d’Ariel. Ils ont été soutenus par une pétition signée par plus de 150 professeurs d’universités israéliens, qui affirment : « Nous ne prendrons part à aucune des activités culturelles qui auront lieu au delà de la ligne verte. Nous ne participerons à aucune discussion, aucun séminaire, aucun cours ou conférence dans ces colonies, quel qu’en soit le cadre universitaire ».

(source et précisions sur : http://www.haaretz.com/print-edition/news/150-academics-artists-back-actors-boycott-of-settlement-arts-center-1.311149 )

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons instamment de refuser l’invitation que vous a faite le Théâtre Cameri, invitation qui déshonorerait votre réputation d’artistes attachés à la liberté et à la justice.

Nous nous tenons à votre disposition pour toute précision ou pour vous rencontrer.

Dans l’attente d’une réponse, nous vous adressons nos cordiales salutations.

Campagne BDS France

CICP -21 ter rue Voltaire – 75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.frhttp://www.bdsfrance.org/




Accord de libération : Mahmoud Al-Sarsak arrête sa grève de la faim

Mahmoud al-Sarsak, en grève de la faim dans une geôle israélienne depuis 92 jours, a accepté de recommencer à s’alimenter aujourd’hui suite à un accord qui verra sa libération le 10 juillet, a déclaré son avocat. Mohammad Jaberein a dit qu’al-Sarsak avait signé l’accord pendant sa visite au prisonnier aujourd’hui. Les autorités pénitentiaires de l’occupation ont demandé à al-Sarsak de manger quelque chose en leur présence pour ratifier l’accord, après quoi il a pris un morceau de chocolat, a dit Jaberein.

Selon l’accord, al-Sarsak restera en prison à la clinique de Ramle jusqu’à sa libération, le 10 juillet, a ajouté l’avocat. Le groupe « Médecins pour les Droits de l’Homme-Israël » dit que la clinique n’est pas équipée pour soigner les grévistes de la faim de longue durée ni pour gérer les risques lorsqu’ils recommencent à s’alimenter.

Le footballeur de 25 ans, originaire de la Bande de Gaza, est emprisonné par Israël sans inculpation ni procès depuis le 22 juillet 2009.

Il est le seul prisonnier détenu sous le statut de « Combattant illégal », dont Israël se sert pour séquestrer des Palestiniens de Gaza pendant des durées illimitées, sans accusation ni procès.

Photo
Une des seules photos de Mahmoud al-Sarsak qui a pu filtré des geôles sionistes pendant sa grève de la faim

Source : Maan News

Traduction : MR pour ISM




« Sans fusils ils ne valent rien » Edinburgh, Ecosse, Juin 2012

Match de foot féminin à Edinburgh entre les équipes israéliennes et écossaises.

Soutien nombreux, coloré et bruyant des supporteurs écossais aux Palestiniens, et en particulier au footballeur palestinien détenu sans raison depuis 3 ans en israel et en grève de la faim depuis 3 mois, Mahmoud Sarsak.
Comme le dit le titre de cette vidéo: sans fusils, ils ne valent rien, et le match se termine sur le score de 8 à 0 pour les Ecossaises.




Communiqué de l’AURDIP sur les suites d’un examen de médecine humanitaire à l’Université Paris-Diderot

Communiqué de l’AURDIP | 15 Juin 2012 |

Un enseignant de l’université Paris-Diderot ( professeur Christophe Oberlin), dans le cadre d’un examen de médecine humanitaire, a demandé aux étudiants d’appliquer les critères de classement du droit international à un exemple précis, tiré d’un épisode du conflit israélo-palestinien. L’exemple était décrit de manière purement factuelle. Le président de l’université, M. Vincent Berger, a pourtant réagi très vivement à cet examen par un communiqué à tout le personnel de l’université : il y conteste le bien fondé de la question, accuse l’enseignant de déroger au principe de laïcité et de neutralité de l’université, et annonce une enquête. Plusieurs autres réactions sont venues appuyer ce communiqué.

L’AURDIP, Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine, est extrêmement préoccupée par ces réactions, qui nous paraissent, dans l’état des informations données par la présidence, contrevenir au principe de laïcité et de neutralité, à la différence de la question incriminée. Il semble normal que des éléments de droit international soient enseignés aux étudiants de médecine humanitaire, et que ces étudiants apprennent à les appliquer à des situations concrètes (situations qu’ils sont susceptibles de rencontrer dans l’exercice de leur métier). Il fait pleinement partie des attributions pédagogiques d’un universitaire qui enseigne ce sujet de soumettre une telle situation à ses élèves pendant un examen et de leur demander de la qualifier juridiquement ; un enseignant qui ne proposerait pas de tels cas concrets pourrait, à juste titre, se le voir reprocher.

Aucun choix de conflit réel ne pourrait en lui-même être considéré comme neutre. Le traitement de la situation, en revanche, peut et doit l’être, dans le cadre de l’université. Or, rien dans la description fournie par la présidence, qui ne concerne que le choix de l’exemple, ne permet de juger que l’enseignant a failli sur ce point.

Faut-il en conclure qu’aucun événement lié au conflit israélo-palestinien ne peut être mentionné dans un cours ? Que toute référence à ce conflit (même lorsqu’elle ne contient comme ici aucune allusion à une religion quelconque) doit être interprétée comme une atteinte à la laïcité ? Ceci nous paraît manifester des prises de position idéologiques justement contraires à l’objectivité.

Voici déjà longtemps que les universités françaises censurent les débats sur la Palestine. L’AURDIP s’inquiète de ce que la censure des opinions s’étende désormais à celle des faits. Elle y voit un grave danger pour la liberté d’expression et la valeur même de l’enseignement dispensé dans les universités.

Ivar Ekeland, président honoraire de l’université Paris-Dauphine, président de l’AURDIP

Sonia Dayan-Herzbrun, professeure à l’université Paris-Diderot, vice-président de l’AURDIP

Joseph Oesterlé, professeur à l’université Pierre-et-Marie-Curie, vice-président de l’AURDIP




Pas de coupe de l’UEFA au pays de l’Apartheid !

Les dirigeants du football palestiniens ont exhorté l’UEFA à éliminer Israël en tant que pays hôte de la coupe de l’UEFA en 2013, pour cause d’emprisonnement sans procès ni accusation de joueurs de l’équipe nationale palestinienne.
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Le patron de la Fifa Joseph Blatter a demandé à la fédération israélienne de football d’intervenir en faveur du joueur palestinien. Un signe que la mobilisation autour de son cas commence à payer. Arrêté à sa sortie de Gaza et incarcéré en Israël depuis bientôt trois ans, le jeune sportif a entamé fin mars une grève de la faim pour réclamer sa libération.

Jibril Rajoub, président de la fédération palestinienne de football a écrit au président de l’UEFA Michel Platini, disant que le gouvernement d’Israël agit en « violation directe de la réglementation de la FIFA. »

« Nous vous demandons, Excellence, de ne pas donner à Israël l’honneur d’accueillir le prochain championnat de l’UEFA » a dit Rajoub, dans une lettre transmise à l’Associated Press ce jeudi. « Nous sommes profondément préoccupés par la situation de nos footballeurs. »

Israël doit accueillir le tournoi des huit nations pour quatre matchs du 5 au 18 juin l’année prochaine.

Le comité exécutif de l’UEFA a voté en faveur d’Israël en janvier 2011 face à des offres concurrentes en provenance de Bulgarie, de la République tchèque, de l’Angleterre et du Pays de Galles.

Rajoub presse Platini pour qu’il intervienne au nom de la Palestine alors que le joueur Mahmoud Sarsak s’approche de son quatrième mois de grève de la faim.

Israël a kidnappé Sarsak il y a 3 ans, alors que celui-ci passait un barrage israélien pour se rendre à un match en Cisjordanie, et le retient depuis prisonnier sans procès ni accusation comme « combattant illégal », déclare Rajoub.

« Pour les athlètes en Palestine, il n’y a pas de réelle liberté de mouvement, et les risques d’être détenus ou même tués sont toujours imminents pour eux, » écrit-il.

La lettre de Rajoub mentionne deux autres joueurs, Omar Rweis et Mohamed Nimer, qui sont également détenus sans procès.

Le président de la FIFA, Sepp Blatter, et le réseau mondial des syndicats de joueurs, la FIFPro, ont pris position en faveur de Sarsak.

Vous pouvez agir !!!! en signant la pétition: ici

Aidez-nous à convaincre l’UEFA de ne pas laisser le soin à Israël d’accueillir les phases finales du championnat d’Europe des moins de 21 ans en juin 2013.

Depuis un an, 42 clubs de football palestiniens de Gaza attendent une réponse du Président de l’UEFA Michel Platini à leur appel visant à ne pas récompenser Israël pour sa politique raciste à leur égard.
Lire l’appel des clubs de Palestine

S’il vous plaît, écrivez rapidement à Platini à info@UEFA.com en demandant à l’UEFA de dire à Israël qu’il n’accueillera pas les jeux de 2013.

Contactez l’équipe de la campagne à infocartonrouge@gmail.com
Cliquez ici pour plus d’informations.

Lire également :

La FIFA intervient en faveur de Mahmoud al-Sarsak – 13 juin 2012
Mahmoud al-Sarsak entre la vie et la mort – 13 juin 2012
Mahmoud Al-Sarsak peut mourir d’un instant à l’autre – 7 juin 2012
Liberté pour Mahmoud Sarsak, victime de la guerre que livre Israël au football palestinien – 5 juin 2012
Israël interdit à des médecins indépendants de visiter les grévistes de la faim – 1e juin 2012
Il faut sauver la vie de Mahmoud al-Sarsak, en grève de la faim depuis 73 jours – 31 mai 2012
Appel du père et des frères de Mahmoud Sarsak pour sauver sa vie ! – 29 mai 2012

14 juin 2012 – Al-Akhbar – Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.al-akhbar.com/conten…
Traduction : Info-Palestine.net


 




Au gouvernement britannique : Pourquoi permettez-vous à G4S, d’assurer la sécurité des JO ?

Donald Macintyre révèle le scandale qui s’amplifie à propos d’une entreprise qui travaille aussi dans les colonies juives « illégales » en Cisjordanie.
(JPG)

Des militants manifestent contre G4S devant la Bourse de Londres, hier 7 juin.

Donald Macintyre The Independent
Source:
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=12281

Le gouvernement va être contesté au parlement la semaine prochaine à propos des services fournis aux colonies israéliennes, dans les territoires palestiniens occupés, par l’entreprise qui a été choisie pour assurer la sécurité aux Jeux olympiques 2012 de Londres.

G4S, désigné « fournisseur officiel des services de sécurité et de transports de fonds aux Jeux olympiques », opère également dans les colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, colonies considérées par le Royaume-Uni – et par presque tous les autres pays représentés aux Jeux – comme illégales en vertu du droit international.

L’éminent homme d’affaires et pair travailliste, Lord Holllick, va déposer une question écrite lundi demandant aux ministres quelles mesures ils ont prises pour s’assurer que la société basée au Royaume-Uni ne fournisse pas les services de sécurité dans les colonies illégales en Cisjordanie. G4S, qui se targue d’être « un groupe leader mondial en matière de solutions de sécurité » a déjà grossi ses effectifs de 10 400 nouveaux salariés pour les JO.

Son initiative fait suite à une condamnation internationale récente de l’expansion coloniale d’Israël, que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, est déterminé à poursuivre. Cette semaine, il vient d’annoncer des projets – très vite dénoncés par les États-Unis – de construction de 850 nouveaux logements juifs en Cisjordanie, pour compenser l’évacuation ordonnée par la Cour suprême d’un avant-poste colonial où s’étaient installées 30 familles.

William Hague (ministre des Affaires étrangères – conservateur) a condamné lui aussi à plusieurs reprises les colonies, disant en avril que «  l’activité de colonisation israélienne, systématique, illégale, constitue la menace la plus grave et la plus directe pour la viabilité de la solution à deux États… la politique du gouvernement israélien est illégale en vertu du droit international, elle est contreproductive, déstabilisante et provocatrice ».

G4S a déjà été critiqué pour la fourniture et la maintenance des équipements de détection de plusieurs check-points militaires en Cisjordanie. Il a fourni aussi les systèmes de sécurité pour le centre d’Ofer, près de Ramallah – qui abrite une prison et un tribunal militaire où des détenus palestiniens, notamment des enfants, sont enfermés et jugés -, et le siège de la police pour la Cisjordanie, dans le Corridor E1 qui relie l’importante colonie de Maale Adumim à Jérusalem et dont la construction a fortement été contestée par la communauté internationale, y compris l’administration Bush aux États-Unis.

En réaction aux pressions, le groupe a décidé de « résilier » les contrats concernant Ofer, les check-points et le quartier général de la police de Cisjordanie, tout en indiquant qu’il ne lui sera pas possible d’aller au bout de ce processus avant 2015. Mais il dit aussi que les contrats avec les détaillants et les banquiers israéliens qui opèrent dans les colonies ne seront pas modifiés, de même que pour certains systèmes de sécurité pour les particuliers. G4S installe et entretient des systèmes d’alarme sur ces commerces de détails et autres commerces en Cisjordanie, et fournit un « petit nombre » d’agents sécurité pour « prévenir les vols d’objets durant leur transport ou dans les magasins de détail ».

Dans la colonie ultra-orthodoxe de Modiin Illit cette semaine, un garde sécurité, en uniforme et portant l’insigne de la société, a travaillé dans une succursale locale de Zol Veshefa, chaîne nationale israélienne de supermarchés ; son logo a aussi été affiché dans le magasin Yesh Hakol Vebezol. Les deux magasins desservent les 40 000 résidents juifs de la colonie. La société, qui disait ne pouvoir indiquer quelle était la part dans les 120 millions de recettes de sa succursale israélienne de l’an dernier qui venait de Cisjordanie, a participé également à une journée d’orientation au collège d’Ariel, dans la colonie d’Ariel.

N’ont pas non plus été résiliés les contrats de fournitures et de services des systèmes de sécurité périphérique et des salles de contrôle dans les prisons à l’intérieur d’Israël, notamment celles où se trouvaient des détenus parmi les 1500 qui ont participé récemment à la grève de la faim contre les conditions de détention et la détention administrative sans procès.

Certaines ONG israéliennes soulignent que l’incarcération de prisonniers palestiniens à l’intérieur d’Israël est une violation de l’interdiction de la Quatrième Convention de Genève de transférer des prisonniers hors d’un territoire occupé. La Cour suprême a longtemps soutenu que le droit national – s’agissant des dispositions d’urgence régissant la détention – prévalait sur le droit international relatif à de tels transferts.

La détention des prisonniers, à l’instar des check-points, a été mise en évidence dans un rapport de 2010 du département gestion des actifs de la Co-operative, qui indique que G4S avait des problèmes pour sa « proximité avec les violation des droits humains » pour ses fonds sous contrôle éthique.

G4S répond : « Notre politique s’est toujours conformée au droit international dans chacune des juridiction où nous opérons. Nous prenons notre responsabilité morale très au sérieux et fonctionnons selon des normes élevées partout dans le monde. » En mars 2011, il a engagé un professeur danois en droit international, Hjalte Rasmussen, qui a examiné ses opérations en Cisjordanie et a conclu que G4S « ne violait aucune loi nationale ou internationale ».

Un contrôle de gestion ultérieur est arrivé à la conclusion que, « un certain nombre de nos contrats avec des entreprises privées pour des services de sécurité et de surveillance traditionnels n’étaient ni discriminatoires ni controversés et… aidaient à assurer la sûreté et la sécurité pour le grand public quel que soit son contexte ».

En fait, les Palestiniens sont empêchés par l’armée de pénétrer dans les colonies israéliennes sans autorisation. Emily Shaeffer, avocate israélienne défendant les droits humains, a cependant affirmé hier que la non-discrimination que revendique le groupe était un « faux-fuyant », ajoutant : « Même s’il s’avérait que les affaires dans les colonies étaient accessibles également aux Palestiniens… la simple présence d’une colonie civile israélienne, résidentielle et commerciale, dans un territoire occupée, constitue sans aucune équivoque une violation du droit international ».

Le Foreign Office lui-même a signé un contrat de trois ans, de 27 millions de livres, en mars 2010, avec G4S pour des services de sécurité au Royaume-Uni et en Afghanistan. Le FCO (Foreign and Commonwealth Office) a déclaré hier que G4S apportait un « service de qualité » qui protégeait son personnel. Et d’ajouter : « Nous avons exprimé clairement notre position sur les colonies à G4S et aux autres entreprises privées qui opèrent en Israël et dans les Territoires occupés. »

Christian Aid (ONG chrétienne britannique) a dit que « les sociétés internationales telles que G4S ne devaient (rien faire) qui contribue à violer les droits humains dans le territoire palestinien occupé, et notamment traiter des affaires dans les colonies illégales… Travailler dans ces colonies ne fait que perpétuer leur existence, consolider l’occupation, obstruer le développement économique palestinien et mettre ainsi la paix elle-même hors d’atteinte. »

Environ 70 manifestants ont protesté lors de l’assemblée générale du groupe hier, contre son « épouvantable bilan sur les droits humains » en différents endroits, et notamment dans les prisons israéliennes.

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Du même auteur :

- La feuille de route de Blair vers la rédemption ?
- Un triomphe pour le Hamas… mais une tragédie pour les Palestiniens ?
- Olmert privilégie des pourparlers de paix avec la Syrie tout en préparant la guerre
- Mort tragique de la fille d’un militant

8 juin 2012 – The Independent – traduction : Info-Palestine.net/JPP





Faut-il boycotter Israël ?

L’initiative Boycott-désinvestissement-sanction (BDS) visant l’Etat d’Israël tant qu’il ne respecte pas les droits nationaux du peuple palestinien, se poursuit. Lancée il y a sept ans, le 9 juillet 2005, par 172 organisations palestiniennes, cette campagne civile internationale s’inscrit dans la résurgence des initiatives de lutte populaires non-violentes sur la question de Palestine -rassemblement hebdomadaire de Bil’in en Cisjordanie, flotille internationale, etc. En France, une contre-campagne s’est organisée, notamment via le Crif rendu fébrile par les décisions de justice qui ont donné raison à des militants hexagonaux.

Source: http://www.regards.fr/resistances/faut-il-boycotter-israel

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Comment et jusqu’où faut-il boycotter Israël ? Dominique Vidal et Julien Salingue échangent leurs points de vue sur les implications et les perspectives de cette campagne.

 

Regards.fr : Sept ans après le lancement de BDS, quel bilan dressez-vous l’un et l’autre de cette campagne de boycott ?

Dominique Vidal : Nous sommes devant un conflit où si on laisse face à face le pot de terre et le pot de fer, avec l’arbitre américain qui joue dans l’une des équipes, il n’y a pas d’issue. Donc le mouvement de solidarité a la responsabilité de faire en sorte que « la communauté internationale » intervienne ; à la fois l’opinion publique mais aussi les Etats et les gouvernements, pour imposer à Israël l’application du Droit international.

De ce point de vue, l’idée de BDS est géniale parce qu’elle permet à chaque citoyen dans n’importe quel pays d’intervenir dans le conflit en disant « moi je boycotte les produits des colonies ; je ne veux pas que ma banque investisse dans les colonies ni que l’Ue continue d’importer des produits israéliens », etc. Et cela répond à cette question qui nous est posée dans tous les débats : qu’est ce qu’on peut faire, nous ? Quant au bilan, un tiers des patrons israéliens se disent aujourd’hui préoccupés par le boycott, que ce soit celui des colonies ou celui des produits israéliens. Donc, BDS répond à une vraie question politique et stratégique et son bilan est d’ores et déjà non-négligeable.

Julien Salingue : Il y avait deux enjeux idéologiques sur cette campagne. Le premier : rappeler que les Palestiniens sont un peuple composé de trois groupes – les Palestiniens des territoires occupés, ceux d’Israël et ceux de l’extérieur – et que leurs droits sont liés et ne peuvent être pensés de manière séparée. Dans l’appel, les trois composantes ont signé et on trouve le rappel de ces trois revendications : le droit à l’égalité pour les Palestiniens d’Israël, le droit à l’autodétermination pour les Palestiniens des territoires occupés et le droit au retour pour les réfugiés. BDS permet donc de rompre avec cette perception assez répandue depuis quelques décennies selon laquelle les Palestiniens sont les habitants de Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem. Le deuxième enjeu, c’est le rapport au Droit. On cesse avec BDS de quémander aux Nations Unies que les droits nationaux des Palestiniens soient satisfaits, pour dire « tant qu’Israël ne respecte pas les droits, il faut le sanctionner ». On renverse la logique et on fait bouger les lignes. Cela fait sortir de la réthorique sur les torts partagés et met le curseur sur le fait que Israël ne respecte pas le droit. Point.

Regards.fr : Ce « renversement de logique » est-il si nouveau au sein du mouvement de solidarité ?

Dominique Vidal : Ce qui est nouveau c’est l’idée qu’au-delà des missions, des meetings, des conférences, des films, etc. – tout ce que le mouvement devait faire et a su faire -, on peut intervenir comme acteur avec des initiatives telles que BDS ou la flotille. Cela prend de l’ampleur depuis quelques années et s’ajoute à l’isolement croissant de l’Etat d’Israël – confirmé par le vote du Comité des affaires sociales humanitaires et culturelles de l’Assemblée générale à 166 voix contre 5 pour réaffirmer le droit à l’autodétermination des Palestiniens. Avec une campagne comme BDS, des milliers de gens sur le terrain peuvent contribuer à renforcer l’étau régional et international qui existe aujourd’hui autour des dirigeants israéliens.

Julien Salingue : Dire aux gens « battez vous pour l’application des résolutions des Nations-Unies ! », c’est assez désarmant. Leur dire « battez-vous pour sanctionner l’Etat qui ne respecte pas ces résolutions ! », cela ouvre plus de possibles… Parce que dans sa vie quotidienne, il est plus facile d’agir pour sanctionner l’Etat d’Israël que pour faire appliquer une résolution des Nations-unies !

Regards.fr : La référence à la lutte contre l’apartheid sud-africain est omniprésente tant dans l’appel lui-même que dans les discours des militants. Jusqu’à quel point cette référence vous paraît-elle fondée ?

Julien Salingue : Elle est fondée si il s’agit de discuter de quel type de campagne il faut mener pour isoler un Etat dont la survie politique, économique et diplomatique dépend du soutien qu’il a de l’étranger. Mais je suis pour être prudent sur les parallèles avec l’Afrique du Sud. D’abord parce que l’appel au boycott international s’y appuyait sur un combat très structuré, puissant, qui mêlait lutte politique, lutte armée et appel à l’international alors qu’aujourd’hui en Palestine, le boycott vient plutôt par défaut, s’appuyant beaucoup moins sur la réalité du combat quotidien mené sur place. Mais c’est bien le caractère de discrimination de toute une population par un régime soutenu par l’Occident qui le justifie. Et le fait que pour faire tomber ce régime, il faut qu’il ne soit plus soutenu.

Dominique Vidal : Je crois que la question centrale est que les dirigeants israéliens, américains, ou européens sont beaucoup plus sensibles qu’on ne le croit à la dégradation de l’image d’Israël. Il suffit de voir ce qui s’écrit dans la presse des uns et des autres… Aussi, manifester de manière évidente la réprobation des politiques menées par les gouvernements israéliens à l’égard des Palestiniens constitue un facteur important. Dans ce cadre-là, l’utilisation du terme apartheid ne me pose aucun problème majeur. Ce que les dirigeants israéliens font des Territoires occupés relève de toute évidence d’une logique qui n’est pas étrangère à celle de l’apartheid : en Cisjordanie et à Jérusalem-est, il y a bien une population qui a tous les droits y compris politique, et une autre qui n’en a aucun. Et ça se manifeste physiquement par les routes de contournement, le mur, le double système d’imposition, etc. Tout est fait selon deux législations. Par contre, si on parle d’Israël dans les frontières de 1967, la comparaison est un peu moins pertinente puisque les Palestiniens d’Israël ont encore le droit de vote, de s’organiser et ils sont représentés à la Knesset. Etant sensible au fait que c’est aux Palestiniens de définir leur stratégie, j’observe par ailleurs que les Palestiniens d’Israël n’utilisent pas le terme.

Enfin, n’oublions pas que la bataille contre l’apartheid sud-africain a été très longue et n’a pris vraiment un caractère de masse que très tard. Et c’est quand il y a eu une implication forte d’un certains nombre de forces en Occident, y compris de grandes entreprises qui ont commencé à douter de la validité de leurs liens avec Pretoria, que les choses ont bougé. Pendant des années, on était resté dans le symbolique.

Julien Salingue : Poser la question de l’utilité scientifique du terme apartheid, permet de tester… Moi, par exemple, cela m’a fait retravailler la question de la situation des Palestiniens en Cisjordanie et m’interroger sur le double système économique et judiciaire avec les colons d’un côté, les Palestiniens de l’autre. Cela dit, je suis également, bien entendu, pour écouter les premiers concernés. Mais je note aussi que toute une partie des anciens leaders sud-africains de l’ANC disent aujourd’hui que les territoires occupés c’est l’apartheid ; et le tribunal Russel sur la Palestine, en entendant des experts venus d’un peu partout, en arrive à une conclusion que la politique israélienne dans les territoires palestiniens peut être qualifiée de politique d’apartheid. Alors, ayons le débat, n’utilisons pas le mot gratuitement, mais à partir du moment où il a une pertinence on peut s’appuyer dessus parce que ça parle aux gens.

Regards.fr : Un autre débat intéresse le mouvement de solidarité, celui de la surface du boycott. Faut-il boycotter seulement les produits issus de la colonisation ou tout ce qui vient d’Israël ?

Julien Salingue : Pour ma part, je partage complètement le point de vue défendu par Omar Barghouti, l’un des initiateurs palestiniens de BDS : c’est Israël qu’il faut boycotter, pas l’occupation. Car il n’y a en réalité aucun secteur de l’économie israélienne qui échappe directement ou indirectement à l’exploitation économique des territoires palestiniens. Par ailleurs, Israël ne nous donne pas les moyens de découper dans les cibles, puisqu’ils ne disent pas quels sont les produits qui viennent des colonies. Et ce n’est quand même pas à nous de faire le boulot d’étiquetage qu’ils refusent de faire ! Une autre question est de savoir comment dans un contexte national donné, on décline la campagne de boycott. Omar Barghouti et d’autres animateurs de BDS ne sont pas opposés en soi à ce que dans certains pays, on boycotte uniquement les produits des colonies. Pourquoi pas ? A partir du moment où on ne fait pas passer ça pour l’objet de la campagne internationale. Il faut de la souplesse politique, de l’agilité tactique dans la construction mais sans transformer le message de BDS ni ses objectifs.

Est-ce que ce sont les Palestiniens qui fixent les règles du jeu ? C’est là où il y a débat, avec quelque chose de sous-jacent dans la perception internationale des mouvements de solidarité. Ainsi, dans l’appel BDS, il n’y a rien concernant la solution politique à moyen et à long terme. Donc, quand le mouvement de solidarité dit « nous boycotterons les produits israéliens jusqu’à ce qu’il y ait un Etat palestinien aux côtés d’Israël », c’est quelque chose qui, de fait, sort du cadre fixé par la campagne BDS international.

Dominique Vidal : Je rappelle d’abord que la justice a tranché : le jugement du 8 juillet 2011 de la 17ème chambre correctionnelle de Paris dit en toute lettre que l’appel au boycott fait partie de la liberté d’expression. Après, pour ma part, j’ai tendance à penser que le boycott des produits des colonies est un facteur d’unification. A la fois de la bataille qui est menée maintenant dans les territoires occupés – où il y a une loi et même une campagne menée par l’Autorité nationale, c’est dire, avec un catalogue de produit à boycotter très bien fait ; de celle qu’il faut mener en Israël où il est quand même un peu plus facile d’avancer l’idée du boycott des colonies que celui d’Israël ; et de l’opinion mondiale. Ces trois piliers importants peuvent être unis par le boycott des colonies, me semble-t-il. Ceci étant, je ne vois aucun problème ni de légitimité ni de praticabilité, à un boycott plus général.

Julien Salingue : L’appel palestinien est un appel au boycott total, pas seulement au boycott économique, il faut aussi le rappeler…

Dominique Vidal : Et on ne parle pas seulement d’actions de militants en France. BDS, c’est ce que font sans le savoir les fonds souverains de la Norvège, ou des banques importantes en se retirant des colonies ou en cessant d’y investir.

Julien Salingue : Quand l’Université de Johannesburg rompt ses liens avec une université israélienne ou quand un groupe comme Massiv Attac refuse de jouer en Israël à cause de la politique israélienne, on est sur des volets moins évidents du boycott. Mais très importants. On a du mal à se positionner sur ces terrains, universitaires, culturels, etc., notamment en France, et il faut en discuter. Parce que l’on touche là au blanchiment de l’image, à la normalisation de l’Etat d’Israël, sur le thème « la culture, c’est pas politique ». Pour saisir l’enjeu, il suffit de lire ce qu’écrivent les lobbys aux Etats-Unis, expliquant qu’il faut passer par les canaux du sport, de l’université, de la culture, des coopérations scientifiques et technologiques, pour redorer l’image de l’Etat d’’Israël. Une campagne de boycott qui, je pense, va durer des années, ne peut pas contourner ces problématiques .

Dominique Vidal : Là-dessus, on est d’accord. Le problème c’est qu’il faut mettre un pas en avant et pas deux. Prenons l’exemple du cinéma israélien qui est un cinéma très souvent critique. On sait bien que parfois la critique sert de cache-sexe mais en même temps les films peuvent porter cette critique, surtout auprès de gens qui n’ont pas une grande familiarité avec le sujet. Alors comment faire ? Je pense que tout dépend de qui organise. Si c’est un festival organisé par des associations de solidarité qui accompagnent les films de débats permettant de les prolonger, pas de problème. Mais si c’est l’ambassade d’Israël qui passe les mêmes films, ce n’est plus pareil. Même chose avec les universités. Il est évident qu’un accord de partenariat entre une université française et une université israélienne a une signification qui va au-delà de la simple collaboration entre universitaires, elle sert aussi de caution à la politique de l’Etat d’Israël. En même temps, il faut bien trouver les moyens de continuer à travailler avec des universitaires engagés en Israël. On ne va pas boycotter Schlomo Sand ou Gadi Algazy, il y a là un problème de tactique… Notre but est de faire progresser le maximum de gens et, en même temps, que le niveau de condamnation et de sanction à l’égard de la politique israélienne monte.

Julien Salingue : La distinction entre les institutions et les individus me paraît être le bon discriminant. A moins d’avoir affaire à un criminel de guerre, je suis contre tout boycott individuel, y compris de cinéaste si il est indépendant, sous prétexte qu’il est israélien.

Regards.fr : En septembre dernier, Omar Barghouti a émis de sérieux bémols sur l’initiative palestinienne à l’Onu. On a pu y voir une intrusion de BNC, le BDS national palestinien, sur le terrain de la stratégie politique. Qu’est ce que cela dit de la crise du mouvement national palestinien ? Cette campagne n’est-elle pas aussi en train de combler un vide politique en interne ?

Julien Salingue : Il n’y a pas de prétention du BNC de se substituer au mouvement national. Ce qui a été exprimé par rapport à la démarche à l’Onu n’est qu’un rappel des principes de la campagne : les Droits des palestiniens sont inséparables et la démarche d’Abbas à l’Onu ne doit pas focaliser toute l’attention sur la question de l’Etat indépendant au risque de faire disparaître les autres questions. Il faut bien relever que BDS arrive à un moment historique précis. Il y a eu les années 60, 70, 80, l’Intifada, les accords d’Oslo, le processus négocié, la lutte armée et à l’arrivée, une déroute… Il y a donc des interrogations, une réévaluation. Un bilan critique des différentes stratégies et de la polarisation du mouvement national palestinien par les factions. La démarche BDS est à situer dans ce contexte-là. Ce n’est pas un hasard si l’appel sort en 2005.

Dominique Vidal : Oui, l’appel date de 2005 et on est aujourd’hui en 2012… Certains aspects ont été très négatifs entre temps, notamment la division ouverte du mouvement palestinien, et on a été au bout de sa crise qui est double : échec de la stratégie bi-étatique de l’OLP choisie en 1974 au Caire ; et échec des partisans de la lutte armée. On est donc dans une période de reconstruction, je crois, d’une stratégie palestinienne autour de plusieurs axes : la bataille pour la reconnaissance à l’Onu afin que le consensus autour du droit palestinien à l’autodétermination soit le plus large possible ; une tentative de réunification de l’ensemble du mouvement et notamment du Fatah et du Hamas. Et tout ce qu’il y a autour de la résistance populaire non-violente, dont BDS. Il y a eu en mai 2011, à Hébron, la réunion de la quasi-totalité des associations palestiniennes, israéliennes et israélo-palestiniennes et il y avait là une plateforme, locale certes, mais qui a eu vocation à unifier tout le monde sur ces questions. Quelque chose d’important à mon avis, qui se construit en bas.

Julien Salingue : Il est intéressant de voir qui sont les animateurs de BDS, sociologiquement. Ces gens sont assez homogènes des points de vue générationnel et du parcours politique : des Palestiniens qui ont été des militants de la première Intifada, plutôt situés à gauche, et qui après les accords d’Oslo et la construction de l’Autorité palestinienne ont eu l’impression qu’ont leur avait volé leur lutte. Ils se sont trouvés totalement marginalisés dans le champ politique palestinien. BDS est aujourd’hui un des éléments dans lequel une partie de cette génération-là réoccupe une place. Et cela se fait aussi contre les vieux appareils dont, de mon point de vue, il n’y a plus rien à attendre. Il faudra une refonte généralisée du mouvement national palestinien qui tirera je pense, beaucoup d’enseignements d’initiatives telles que Bil’in et BDS.




Un célèbre musicien indien annule sa venue en Israël

11 juin 2012 – Ha’aretz

Zakir Hussain, internationalement renommé comme joueur de tabla (tambour à main), considéré comme l’un des musiciens indiens les plus influents dans le monde, a annulé ses spectacles prévus à Jérusalem et Tel Aviv en juillet.

La raison invoquée est la crainte pour la sécurité de la personne de Hussain et celles de ses musiciens, en raison des tensions dans la région.

 « Il a rencontré de fortes objections à sa venue en Israël, objections qui se sont manifestées par des requêtes personnelles et une pétition internet qui a recueilli les signatures de 85 artistes indiens » a déclaré son agent.

  Ha’aretz

Appel à Zakir Hussain pour annuler un spectacle en Israël en juillet 2012
                                INCAPBI
(Campagne indienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël)

New Delhi,
le 31 mai 2012

Cher Zakir Hussain,

Nous, groupe d’artistes, universitaires et militants en Inde, nous sommes réunis en juin 2010 pour mener campagne contre un autre régime d’apartheid en apportant notre soutien à la campagne internationale pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (voir :http://www.incacbi.in)

Nous savons que vous envisagez de jouer en Israël en juillet prochain. Nous faisons appel à vous, artiste de conscience, pour annuler le spectacle que vous avez projeté en Israël. Faire autrement serait cautionner par mégarde la politique de colonisation, d’apartheid et d’occupation d’Israël. Israël doit-il être admis dans l’arène culturelle mondiale alors qu’il ne respecte pas le droit international et ne reconnait pas le droit du peuple palestinien à la liberté, à l’égalité et à la justice ? A un moment où le mouvement international pour isoler Israël gagne du terrain pour réagir contre l’escalade dans la politique coloniale et raciste d’Israël, nous vous exhortons à réfléchir sur les implications éthiques de votre acceptation d’une invitation à jouer en Israël.

Votre spectacle en Israël contribuerait à mettre hors de cause les pratiques d’Israël, faisant accroire que les affaires avec Israël doivent se poursuivre comme si de rien n’était.

Nous sommes conscients qu’en février 2012, l’association palestinienne Al Mada, pour le développement de l’art communautaire, en partenariat avec l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) et l’UNICEF, vous a accueilli avec le groupe Remember Shakti à Ramallah. Vous avez joué gratuitement en toute connaissance que le spectacle était un concert de solidarité et de collecte de fonds pour la promotion des programmes de musicothérapie pour les enfants réfugiés palestiniens. En PLUS de votre musique, c’est ce que nous admirons en vous.

Aussi, nous vous en prions, ne permettez pas que votre magnifique musique serve à légitimer les démolitions de maisons, les raids illégaux, l’usage de phosphore blanc, les emprisonnements politiques et d’enfants, la prohibition raciste de mariages, la piraterie et les exécutions dans les eaux internationales, les punitions collectives, l’occupation, les check-points, les barrages routiers, et les bombardements et fermetures d’institutions éducatives. Si vous annulez votre spectacle en Israël, vous encouragerez aussi d’autres artistes à suivre votre exemple. Et vos fans à travers le monde sauront que vous êtes du côté de la justice et pour la fin d’un apartheid.

Pour INCACBI
> (Campagne indienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël)
>
>       * Gargi Sen (cinéaste, organisateur)
>       * Dhruv Sangari (musicien)
>       * Vidya Rao (éditeur, chanteur)
>       * Saeed Mirza (cinéaste)
>       * Sudanwa Deshpande (personne de théâtre)
>       * M.K. Raina (personne de théâtre)
>       * N. Pushpamala (artiste)
>       * Ram Rahman (artiste)
>       * Amar Kanwar (artiste)
>       * Sheba Chhachhi (artiste)
>       * Saba Hasan (artiste)
>       * Ayisha Abraham (artiste)
>       * Githa Hariharan (auteur)
>       * Anand Patwardhan (cinéaste)
>       * et 85 autres d’INCACBI

  Zakir Hussain, né le 9 mars 1951, fils du joueur de tablâ Alla Rakha, est le plus connu des percussionnistes d’Inde.

Il débute les tournées à l’âge de 12 ans. Zakir va aux États-Unis en 1970 et débute une carrière internationale avec pas moins de 150 concerts par an. Il est consideré comme l’un des plus grands joueurs de tablâs de sa génération. Il a joué avec les plus grands solistes indiens comme Ravi Shankar, Ali Akbar Khan, Shivkumar Sharma ouHariprasad Chaurasia. Il excelle aussi dans les solos de tablâs accompagnés par le sarangi de Sultan Khan. Il a participé à plus de 250 enregistrements en studio ou live.

 Il joue avec le groupe Shakti et John McLaughlin, mais aussi au sein d’autres formations telles Ancient Future, Bustan Abraham, etc. Il est aussi l’auteur de musiques de films tels que One Dollar Curry de Vijay Singh et apparaît comme acteur dans trois films, en 1983, 1997 et 2004.

  Wikipédia

  Site de Zakir Hussai

  31 mai 2012 – INCACBI – 11 juin 2012 – Ha’aretz – traduction : JPP




Pétition : Un million de voix à l’ONU « Stop Israel Nuclear »

(Signez la pétition)

Depuis l’approbation par l’ONU, en 1974 , de la Résolution 3263 (XXIX) demandant l’établissement au Moyen Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive (ADM), les Nations Unies comme d’autres organismes internationaux n’ont cessé à maintes reprises de lancer le même appel… aucune de ces démarches n’a atteint l’objectif escompté. Le dernier appel a été lancé en 2010, à l’occasion de la Conférence de révision du Traité de Non-Prolifération Nucléaire (NPT) pour demander la tenue d’une conférence en 2012 dans le but de mettre en marche le processus et cette initiative, une fois encore, fut boycottée par l’Israël et les États-Unis.

La déclaration du Moyen-Orient comme zone exempte d’armement nucléaire impliquerait l’adhésion de l’Israël au TNP en qualité d’état non nucléaire et la mise sous contrôle de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique(AIEA) de toutes ses installations, ainsi que l’ont déjà fait les autres états de la région.

Si l’Israël ouvrait ses installations à l’examen des inspecteurs de l‘AIEA, le Conseil de Sécurité de l’ONU (CS) serait en mesure de connaître les véritables dimensions du danger que représentent ces arsenaux supposés secrets et il serait dans l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour éliminer la menace plane sur la paix fragile de la région.

En attendant, la réalité n’est pas ce qu’elle devrait. Le Conseil de Sécurité, faisant preuve d’une irresponsabilité aussi insensée qu’intéressée, laisse libre l’Israël d’accroître sa puissance nucléaire,exempte de tout contrôle, il s’abstient d’enjoindre à ce pays de respecter ses propres résolutions et se montre incapable de conjurer une catastrophe aux conséquences qui ne sont que trop facilement prévisibles.

Mais cette passivité irresponsable et les intérêts troubles qui en sont la cause ne doivent pas être un obstacle qui empêche les citoyens de prendre les actions qu’il faudra pour sauvegarder la paix et réclamer, d’une voix plurielle et unanime à la fois, que soient prises les mesures indispensables pour contraindre l’Israël à soumettre ses installations atomiques à l’examen de l’AIEA.

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Texte à l’ONU

Le 18 septembre 2009 la ConférenceGénérale de l’Agence Internationale de l’ÉnergieAtomique (ci-devant AIEA) a approuvé la Résolution GC (53) / RES / 17 portant sur la capacité nucléaire israélienne et dans laquelle elle se déclare préoccupée par la menace que continue de faire peser la prolifération des armesnucléaires sur la sécurité et la stabilité du Moyen-Orients, elle demande instamment à Israël d’adhérer au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (ci-devant TNP)et de soumettre toutes ses installations nucléaires aux garanties généralisées del’AIEA.

Suite à cette résolution, le Conseil des Gouverneurs de l’AIEA a débattu, lors de sa réunion de 2010, de la question de la capacité nucléaire israélienne afin de répondre à un message du Secrétaire Général remis aux États membres en avril 2010 demandant leur avis et leurs contributions après examen de ce dossier. Comme à d’autres reprises par le passé, le gouvernement israélien s’est à nouveau refusé à coopérer avec l’AIEA et à signer le TNP.

Étant donné que l’établissement au Proche Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive serait une contribution décisive pour la paix dans la région, et vu que le refus de l’Israël de signer le TNP et de soumettre toutes ses installations et dispositifs atomiques à l’inspection del’AIEA constitue clairement une menace pour la paix dans le sens du chapitre VII de la Charte des Nations Unies, nous, soussigné, demandons :

  1. Que le Conseil de Sécurité de l’ONU réclame auprès de l’État d’Israël sa signature du TNP et qu’il soumettetoutes ses installations et dispositifs atomiquesà l’inspection de l’AIEA dans le but d’établir au Proche Orient une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive.
  2. Que, si l’État d’Israël refusait de s’exécuter de son plein gré, le Conseil de Sécurité adopte toutes les mesures qui s’imposent, en vertu des art.  41 et 42 de la Charte des Nations Unies, afin d’atteindre aux objectifs énoncés ci-dessus.



Pourquoi le Parlement européen doit déchirer les accords d’échanges avec Israël

Israël, comme l’Afrique du Sud, est un Etat d’apartheid. Ces mots ont été prononcés au début des années 60 par Henrik Verwoerd, le Premier Ministre sud-africain. Étant lui-même un raciste incorrigible, il n’avait pas de difficultés à reconnaitre la fondation de l’Etat d’Israël comme un projet raciste.

Deux fois au cours des dernières semaines, j’ai vu « Roadmap to Apartheid », un puissant nouveau documentaire dirigé par Eron Davidson et Ana Nogueira, qui compare Israël avec l’Afrique du Sud sous la domination blanche. Ce qui me frappe est que la pratique et la terminologie utilisée dans les deux situations est pratiquement identique. En Afrique du Sud, les Noirs étaient considérés comme des “natifs étrangers” ; Israël considère les Palestiniens comme des “absents présents”. Dans les deux cas, ce vocabulaire obscène est utilisé pour dépouiller les êtres humains de droits essentiels sous le prétexte fallacieux qu’ils n’appartiennent pas a la terre à laquelle ils sont indigènes.

Les Nations-Unies définissent l’apartheid comme la domination d’un groupe racial ou ethnique sur les autres. Quand la définition est appliquée à Israël, nous pouvons conclure que l’oppression d’Israël sur les Palestiniens est plus extrême que l’oppression de l’Afrique du Sud sur la majorité noire africaine durant l’apartheid. Comme « Roadmap to Apartheid » le démontre, les Sud-Africains noirs n’ont jamais été sujets a une campagne de bombardement de trois semaines comme l’a infligé Israël sur les 1,5 million d’habitants de Gaza en décembre 2008 et janvier 2009.

Le boycott grandit

La domination blanche a finalement été renversée en Afrique du Sud grâce à une combinaison de résistance interne et de pression internationale. Il est frappant qu’Israël fait face maintenant à une campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) qui grandit plus rapidement qu’une mobilisation internationale similaire contre l’Apartheid en Afrique du Sud. Le premier appel pour un boycott général de l’Afrique du Sud a été lancé dans les années 50 mais n’avait pas eu un impact sérieux avant les années 80. L’appel palestinien pour un BDS date à peine de 7 ans mais s’est déjà distingué de victoires significatives.

Même le Parlement européen a récemment annulé un contrat avec la compagnie de sécurité G4S parce qu’elle offrait un service dans les prisons israéliennes.

Malheureusement, le Parlement n’a pas pleinement adhéré à l’engagement du BDS.

Durant les prochains mois, un vote des membres du Parlement européen est prévu sur un nouvel accord d’échange UE-Israël. Connu sous le nom d’Accords sur l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels (Conformity Assessment and Acceptance of Industrial Products ou ACAA), il permettrait aux autorités israéliennes de garantir à leurs produits manufacturés le même statut que celui garanti par les autorités au sein de l’Union européenne. Cela permettra à Israël d’exporter plus facilement des produits par ici. Au départ, cet accord sera limité aux produits pharmaceutiques mais il pourrait rapidement être étendu à d’autres catégories.

Pour le gouvernement de Benyamin Netanyahu, obtenir l’approbation du Parlement pour l’ACAA est top prioritaire. Il a engagé Gavin Anderson, RP de la firme Kreab, pour l’assister dans ses efforts. Karl Isarksson, chef de la branche bruxelloise de Kreab, m’a dit que sa boîte fournissait à Israël des conseils en « messages politiques ».

Les trois Stooges (*)

Isaksson a précédemment travaillé comme conseiller en chef pour les eurodéputés conservateurs de Suède. Le fait que le plus actif supporter de l’ACAA est Christoffer Fjellner, des eurodéputés conservateurs suédois, ne peut pas être une coïncidence.

En février, Fjellner et deux autres eurodéputés (le Polonais Marek Siwiec et la Britannique Sarah Ludford) ont signé un article qui sentait bon la Hasbara (terme hébreu pour désigner la propagande). Il laissait entendre qu’Israël allait nous permettre de vivre plus longtemps et nous sortir de la récession.

Selon les trois Stooges, l’ACAA est nécessaire pour augmenter l’offre de « médicaments de grande qualité et abordables » en Europe. Israël est « un leader en innovation pour les produits et services de soins de santé » soutient leur article. Il ajoute que stimuler le commerce avec « nos principaux partenaires » est « sans aucun doute d’une importance accrue en ces temps de détérioration des finances publiques et vu le besoin de couper dans les dépenses gouvernementales à travers le continent. »

Karel de Gucht, le commissaire européen au commerce, a essayé de persuader les eurodéputés d’entériner l’ACAA en le présentant comme « rien de plus qu’un accord technique ».

Ce que dit de Gucht n’est pas sincère. Dans un rapport d’étape de 2009 sur Israël, la Commission européenne déclarait que l’entrée en vigueur de l’ACAA marquerait le premier pas de l’intégration d’Israël dans le marché unique de l’UE pour les biens et les services. De Gucht ne peut pas sérieusement maintenir que le marché unique n’est qu’une simple question technique ; c’est profondément politique.

Les gouvernements de l’UE ne voient pas non plus l’ACAA comme «  rien de plus qu’un accord technique ». Répondant à une demande d’un eurodéputé l’année dernière, le Conseil des Ministres disait que l’ACAA est « susceptible d’avoir un impact positif sur les relations bilatérales entre l’UE et Israël ».

Avant de démissionner en tant que chef de la diplomatie européenne en 2009, Javier Solana décrivait Israël comme un membre de l’Union sans en être un membre de ses institutions. L’ACAA va renforcer une relation déjà forte.

C’est insultant pour les sympathisants sionistes de présenter Israël comme un leader médical. Halla Shoaibi de l’université du Michigan (USA) a fourni une documentation sur 69 Palestiniennes qui ont du accoucher à des barrages routiers parce qu’elles étaient empêchées de gagner des hôpitaux entre 2000 et 2007. En conséquence de quoi, cinq des mères et trente-cinq bébés sont morts.

L’Etat d’Israël décide qui peut aller à l’hôpital et, dans bien des cas, qui peut vivre ou mourir sur base de critères religieux et ethniques. Un régime sud-africain avait un jour pris des décisions comparables sur base de la couleur de peau.

Ne vous y trompez pas : Israël est un Etat d’apartheid.

(*) Trio de comiques ayant marqué le vaudeville américain

* David Cronin est l’auteur de Europe’s Alliance With Israel : Aiding the Occupation (Pluto Press, 2011). Il a notamment écrit pour The Guardian, The Wall Street Journal Europe, European Voice, the Inter Press Service, The Irish Times et The Sunday Tribune. Militant politique, il a essayé de procéder à l’arrestation citoyenne de Tony Blair et d’Avigdor Lieberman pour crimes contre l’humanité.

31 mai 2012 – Investig’Action – Traduit de l’anglais par G. César




Israël est la nouvelle Afrique du Sud tandis que les appels au boycott se multiplient

Jonathan Owen
The Independent

Madonna a entamé sa tournée mondiale la semaine dernière tandis que les militants exhortent à rompre les liens culturels.

Certaines parmi les plus grandes stars à travers le monde – de Madonna à Red Hot Chili Peppers – sont accusées, avec des réactions de plus en plus dures contre les artistes qui se produisent en Israël, de mettre leur profit avant les principes.
Des militants indignés par les violations des droits humains contre le peuple palestinien – symbolisées par la politique d’Israël de démolition de maisons de Palestiniens et autorisant les colons israéliens à s’emparer de leurs terres – demandent le boycott des lieux d’accueil israéliens dans le cadre d’une campagne qui fait écho aux manifestations des années quatre-vingt contre l’Afrique du Sud et le lieu infâme de Sun City.
 La semaine dernière, Madonna a essuyé les critiques pour avoir décidé de se produire en Israël comme coup d’envoi de sa tournée mondiale, jeudi dernier. «  En se produisant en Israël, Madonna a consciemment et honteusement prêté son nom pour essayer de faire oublier l’occupation et l’apartheid israéliens, elle a montré ainsi son désintérêt pour les droits humains » a dit Omar Barghouti, de la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël.

Les tentatives de Madonna pour détourner les critiques en offrant des billets gratuits aux militants locaux de la campagne ont obtenu l’effet inverse, recueillant un certain nombre de refus de cette offre.
Boycott from Within, organisation israélienne, a accusé la chanteuse de «  tentative flagrante de blanchiment des crimes israéliens ». Et Mr Barghouti d’ajouter : « Comme nous l’avons appris du combat sud-africain pour la liberté, divertir l’apartheid israélien ne doit jamais être qualifié de chanson pour la paix ».

L’agent de la star n’a pas voulu répondre aux demandes de commentaires.

Des actes tels que les crimes de guerre présumés commis lors de l’invasion de 2008 par Israël de la bande de Gaza, et les meurtres en 2010 de militants de la paix par les commandos israéliens sur un navire acheminant de l’aide, ont fait que la campagne anti-apartheid a pris une ampleur jamais vue en une génération. Saeed Amireh, 21 ans, militant pacifiste de Ni’lin en Cisjordanie, a dit : « Nous n’avons pas la liberté de nous déplacer. Ils ne veulent pas la paix ; ils veulent juste nous voir disparaître. Ils suppriment notre existence même. »

Les appels au boycott sont soutenus par des centaines d’artistes à travers le monde, du réalisateur Ken Loach à l’ancien leader des Pink Floyd, Roger Waters, et à l’écrivain Alice Walker. Des artistes comme Carlos Santana et Elvis Costello ont annulé des représentations sous la pression des militants ces dernières années ; Coldplay, U2 et Bruce Springsteen ont décliné les invitations à se produire en Israël sans pour autant soutenir publiquement le boycott. Paul McCartney, Elton John, Rihanna et Leonard Cohen sont de ceux qui ont ignoré les appels à ne pas y chanter.

Les Red Hot Chili Pepers, Lenny Kravitz et les Guns N’Roses ont en projet des spectacles en Israël cette année, ce qui a conduit le groupe des Artistes contre l’Apartheid à lancer cet appel : « Comme cela s’est fait dans le cas de l’apartheid sud-africain, n’hésitez pas à nous rejoindre dans le boycott culturel d’Israël, et aidez-nous en arrêtant de divertir l’apartheid ». La campagne a ébranlé l’industrie de la musique, amenant un groupe de cadres américains et israéliens à monter une Communauté créative pour la Paix, l’an dernier, pour tenter de contrer le boycott culturel.

Elle a également semé le trouble chez de hauts responsables politiques israéliens : une loi a été votée par la Knesset l’an dernier stipulant que celles et ceux qui appelleraient au boycott seraient poursuivis devant les tribunaux. Le gouvernement israélien a également mis en place une commission pour étudier la façon d’indemniser les promoteurs israéliens dans les cas d’ « annulations pour motifs politiques ».

La controverse sur le traitement par Israël des Palestiniens a provoqué des protestations aussi chez les acteurs. Emma Thompson est l’une des plus de 30 acteurs, réalisateurs et dramaturges, qui ont condamné le Théâtre du Globe de Londres pour avoir inclus la compagnie du Théâtre national d’Israël dans son Festival Shakespeare la semaine dernière.
L’ambassade israélienne a, ce week-end, rejeté les critiques d’Israël comme « mouvement anti-israélien » et le Conseil des représentants des juifs britanniques a prétendu que les comparaisons avec l’Afrique du Sud de l’apartheid étaient « une tentative spécieuse et désespérée d’une campagne de boycott défaillante ». Le président d’Israël, Shimon Peres, n’en a pas moins reconnu plus tôt cette année : « Si son image empire, Israël va commencer à souffrir des boycotts. Il existe déjà un boycott artistique contre nous, et les signes d’un boycott financier non déclaré commencent à émerger. »

La Co-op a annoncé un boycott des produits provenant des colonies de Cisjordanie, le mois dernier.

3 juin 2012 – The Independent – traduction : JPP




Succès de la journée d’action nationale BDS « Beauté Volée, Sephora Complice »

Ce vendredi 01 et samedi 02 Juin 2012, de nombreux militant-es de la Campagne BDS se sont mobilisés pour dénoncer la commercialisation par Sephora  des produits de la marque « Ahava », dont le siège se situe dans la colonie israélienne de Mizpe Shalem en Cisjordanie.

Orléans

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Lille

A Strasbourg, Orléans, Paris, Lyon, Lille des rassemblements ont eu lieu devant des magasins de l’enseigne et des milliers de tracts distribués à ses clients.

Sephora commercialise les produits de la marque Ahava au mépris du droit international.

En effet, selon le droit international et notamment la Quatrième Convention de Genève (notamment ses articles 49 et 53) les colonies israéliennes en Territoire Palestinien occupé sont illégales et il est interdit à l’État d’Israël d’y implanter sa population et d’en exploiter les ressources. Sephora, par la vente de ces produits participent donc à la colonisation et l’exploitation illégale des Territoires palestiniens.

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Strasbourg

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Paris

En outre, en vendant ces produits, Sephora se rend coupable d’une tromperie sur l’origine puisqu’ils portent la mention provenant d’Israël alors qu’ils sont fabriqués en territoire Occupé. Ce délit tombe sous le coup des articles 211-1 et suivants du code de la consommation qui prévoient et répriment les pratiques commerciales trompeuses de nature à induire le consommateur en erreur.

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Lyon

Voici sur les liens plus bas quelques photos et vidéos de ces mobilisations :

 http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article457

http://www.youtube.com/watch?v=OVIJcyPkGX0

Strasbourg :

 http://la-feuille-de-chou.fr/archives/34410#comment-11610

Orléans :

http://www.youtube.com/watch?v=e5bPJPv0Oxk&feature=share&noredirect=1

 http://orleansloiretpalestine.net/2012/06/02/sephora-beaute-volee-action-bds-a-orleans-samedi-02-juin-2012-devant-le-magasin/

Paris :

 http://www.youtube.com/watch?v=yf8v-b17Bhw&noredirect=1

 https://picasaweb.google.com/114854276580538414707/JourneeDActionNationaleBeauteVoleeActionCommuneAFPSBDSFranceLe02Juin2012AParis

Lille :

 https://picasaweb.google.com/114854276580538414707/JourneeNationaleBDSBeauteVoleeLe02Juin2012ALille

Les militant-e-s de la campagne BDS continueront donc dans les prochaines semaines et les prochains mois d’une part les actions de protestations visant à exiger le retrait des produits étiquetés « Israel »  à Sephora mais aussi à se mobiliser plus largement contre l’impunité de l’état d’Israël.

Campagne BDS France – Campagnebdsfrance@yahoo.fr – www.bdsfrance.org




Le cercle BDS-ULB reconnu par l’Université Libre de Bruxelles

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Le bâtiment S, abritant le conseil d’administration

 

Ce lundi 21 mai 2012, le conseil d’administration de l’université libre de Bruxelles s’est prononcé favorablement à la reconnaissance du cercle étudiant « Comité BDS-ULB ».

C’est une belle victoire ! Nous pourrons donc doréanavant organiser des événements sur le campus de l’ULB sans avoir à passer par l’intermédaire d’autres cercles étudiants. Il en va de notre indépendance.

C’est une victoire symbolique également, puisque la campagne BDS est régulièrement la cible d’attaques en tous genres. Il est ici reconnu que notre campagne est compatible avec les statuts et les valeurs de l’université du libre examen.

 

Voici le communiqué de Priorité Étudiante, signé par la majorité des étudiants administrateurs, que nous remercions pour leur soutien :

Le cercle BDS a été reconnu après plus d’un an de mise en stand-by et après plus de deux heures de débats au Conseil d’Administration.
Ce cercle a pour objet est la sensibilisation et la mise en débat au sujet du conflit israélo-palestinien.
Verdict : Entre 55-60 % des membres présents du CA en faveur de la reconnaissance et 40-45% contre la reconnaissance du cercle.
Le cercle n’entrait pas en contradiction avec les statuts de l’ULB, est n’est pas contraire aux lois belges. La cellule juridique de l’ULB avait elle-même précisé qu’il s’agissait d’une question politique.


Nous refusions que pour des raisons politiques, le cercle ne soit pas reconnu, et la liberté d’expression menacée pour les étudiants sur le campus.
Les débats ont essentiellement tourné autour de la question du boycott académique mais également du rôle, des missions de l’Université. L’université serait-elle absente de tous les débats de société ?
L’ULB est un acteur politique de poids dans la société. Certes, elle doit faire des liens avec un maximum d’universités. Mais ne se doit-elle pas également de prendre position et éventuellement de questionner ses liens académiques avec des institutions dans certains contextes politiques ? Le débat était très intéressant. Dans le passé, l’ULB a déjà opéré le boycott académique à l’époque concernant certaines universités autrichiennes présumées d’être liées au gouvernement d’extrême droite. Ainsi donc, elle n’est pas neutre. L’ULB a aussi, rappelons-le, remis le prix honoris causa à la militante Angela Davis il y a moins d’une semaine. Cette militante s’est également battue pour les droits égaux aux Etats Unis.


Si nous ne demandions pas à l’ULB de soutenir le boycott académique revendiqué par BDS, nous revendiquions que l’ULB laissent les gens s’exprimer et défendre les étudiants du cercle, et ainsi mettre en pratique la liberté d’expression qu’elle se targue de défendre depuis si longtemps.
Le cercle BDS, les étudiants administrateurs, ainsi que tous les étudiants, chercheurs et professeurs qui ont soutenu ce droit à la reconnaissance, peuvent se féliciter.

Les délégués Priorité Etudiante du CA

Source: http://bds-ulb.over-blog.com/article-le-cercle-bds-ulb-reconnu-par-l-ulb-105614282.html




Boycott politique de l’Euro 2012, boycott sportif de l’Euro 2013

Dans moins d’un mois va débuter la plus importante compétition de football au niveau continental, le Championnat d’Europe des Nations 2012 de l’UEFA (Euro 2012) dont la quatorzième édition a lieu cette année en Pologne et en Ukraine. Si Varsovie accueillera le match d’ouverture le 8 juin, tous les yeux d’Europe voire du monde seront rivés le 1er juillet vers Kiev pour la finale qui couronnera la meilleure équipe du tournoi.

Indignation sélective

A l’heure où les championnats nationaux se terminent et que tout semble prêt pour laisser place à l’événement sportif de l’année derrière les Jeux Olympiques d’été de Londres, une polémique se fait actuellement entendre au sein du Vieux Continent : celle d’un éventuel boycott politique de la compétition.

En effet, les responsables politiques se posent actuellement la question quant à leur présence ou non aux matchs se déroulant en Ukraine, pour dénoncer ce que subit depuis plusieurs mois l’ex-première ministre Ioulia Timochenko. Condamnée en octobre 2011 à sept ans de prison pour abus de pouvoir, l’icône de la Révolution Orange de 2004 est également accusée de détournement de fonds et d’évasion fiscale. L’Union Européenne voit un motif politique dans cette condamnation et ces accusations compte tenu de sa forte rivalité avec le président actuel Ianoukovitch. L’UE fait ouvertement pression pour exiger la libération de cette principale opposante au pouvoir actuel, pression qui s’est accrue par ailleurs depuis qu’elle s’est mise en grève de la faim du 20 avril au 8 mai 2012 pour dénoncer les violations qu’elle subit en prison.

Même si aucune personnalité française ne s’est exprimée pour le moment sur le sujet du fait du contexte électoral actuel, le débat divise profondément la classe politique européenne. Si certains ont ouvertement affirmé leur non-participation catégorique à l’événement, d’aucuns hésitent à prendre clairement position. Parmi les arguments cités par les plus indécis sont évoqués la mauvaise réputation injuste qui pourrait toucher la Pologne, pays co-organisateur de la compétition, ou bien l’existence d’instruments beaucoup plus efficaces et pertinents que le boycott, tels que la suspension d’accords, notamment ceux de type commerciaux, supposant implicitement que politique et sport ne devraient pas se mélanger. [1]

Boycott politique de l’Euro 2012 ou sanctions à l’égard du régime ukrainien, tous s’indignent d’une manière ou d’une autre en ce qui concerne le sort de Timochenko. Ces mêmes personnalités politiques restent étonnamment silencieuses par rapport à une autre situation relativement similaire :

En 2013 est prévu le déroulement de la même compétition européenne, réservée celle-ci aux espoirs du ballon rond – les joueurs de moins de 21 ans – en Israël, dont les prisons ont récemment été ébranlées par un mouvement massif de désobéissance non-violente lancé le 17 avril ; des milliers de prisonniers palestiniens se sont mis en grève de la faim durant près d’un mois afin d’obtenir leurs droits humains les plus élémentaires longtemps déniés par les autorités israéliennes : visites des proches, accès à l’information, à l’éducation, amélioration des soins médicaux. La mise à terme des pratiques cruelles que sont la détention administrative et l’isolement carcéral qui violent de façon flagrante le droit international faisaient également partie des revendications principales.

Aucune déclaration ni menace de boycott ne se sont faites entendre alors que la phase finale aura lieu dans tout juste un an. Classique deux poids-deux mesures dès lors qu’il s’agit du sort de Palestiniens.

Et si Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo étaient des prisonniers palestiniens ?

Mahmoud Sarsak

De plus, contrairement à ce qui se passe en Ukraine, l’aspect sportif et même footballistique était foncièrement présent dans ce mouvement généralisé de grève de la faim dans la mesure où parmi ces prisonniers se trouvait une vedette du football palestinien, membre de la sélection nationale, Mahmoud Sarsak. Après 4 semaines de privation de toute forme de nourriture et de liquide – sauf l’eau – le jeune homme de 25 ans est tombé gravement malade et a été hospitalisé.
Vivant dans le camp de réfugiés de Rafah au sud de la Bande de Gaza, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre l’Equipe de Palestine de football en Cisjordanie , via le checkpoint d’Erez, Mahmoud est arrêté par les soldats de l’occupation en juillet 2009. Malgré l’autorisation officielle qui lui a été fournie par l’Autorité Palestinienne, les soldats estiment qu’il représente une menace pour Israël, l’enferme en prison et est toujours incarcéré depuis maintenant 3 ans en vertu de la loi dite des « combattants illégitimes ». Et selon le principe de la détention administrative, qui permet à l’occupant israélien d’arrêter tout Palestinien sans aucune inculpation officielle, ni présentation devant quelconque organe judiciaire, ni raison fournie aux proches. Une véritable épée de Damoclès au-dessus de la tête des nationalistes et militants des droits humains. [2]

Arrêtons-nous un instant et imaginons l’une des stars du football en Europe, Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo arrêtés sans raison légitime, depuis trois ans, entamant une grève de la faim pour faire valoir ses droits les plus fondamentaux. Comment aurait réagi le monde face à cela ? Probablement que l’affaire ferait la une de tous les journaux, que tous les supporters y compris ceux de leur club adversaire porteraient des T-shirts ou des badges de soutien, probablement que les puissantes organisations sportives telles que la FIFA ou l’UEFA feraient pression sur le gouvernement responsable de cette injustice pour libérer la star du ballon rond. Mais les Palestiniens, eux, sont condamnés à sacrifier leur vie pour s’attirer l’attention du monde. [3]

Bien que que les revendications de Mahmoud s’inscrivent dans celles défendues par le mouvement général de grève de la faim, il a, en réalité, commencé sa lutte un mois avant, le 19 mars 2012, suite aux grèves de ses compatriotes successifs Khader Adnan, Hana Shalabi, Thaer Halahleh et Bilal Diab. Il a aussi rejeté l’accord trouvé le 14 mai entre les autorités pénitentiaires israéliennes et les représentants des prisonniers. Et donc à l’heure où l’on publie ce texte, Mahmoud entame son 64ème sans nourriture.

Quant aux mesures gagnées par l’accord du 14 mai, l’association de défense des prisonniers Addameer, par un communiqué, se dit « préoccupée par le fait que cet accord ne soit pas très explicite en ce qui concerne la détention administrative, qui est une violation du droit international et qui devrait être purement et simplement supprimée. Elle souligne par ailleurs qu’Israël, à de nombreuses autres occasions, n’a pas respecté ses engagements, et repris d’une main ce qui avait été donné de l’autre. » [4]

Comme nous le rappelle Ameer Makhoul, la bataille des prisonniers est « un combat contre le projet colonialiste dans son ensemble et pas seulement contre l’un de ses outils. » [5] Elle ne doit pas nous faire oublier que la colonisation emprisonne la population palestinienne sous d’autres formes illégales, qui ont un impact majeur sur le sport palestinien: les checkpoints et contrôles réguliers qui rendent très difficiles les rencontres sportives entre équipes des villes du Nord et Sud de la Cisjordanie (pourtant de taille comparable à celle d’un département français) tandis que le blocus imposé dans la bande de Gaza interdit tout développement des infrastructures et comme dans le cas de Mahmoud, toutes sorties des talentueux sportifs gazaouis pour aller représenter leur nation à l’étranger. [6]

Pour un boycott sportif de l’Euro 2013

Toute personne de bonne conscience favorable à un boycott politique de l’Euro 2012, afin de délégitimer le régime ukrainien pour son acharnement sur Mme Timochenko, devrait donc de facto encourager un boycott sportif de l’Euro 2013 contre Israël, pays qui viole impunément le droit international et les résolutions de l’ONU depuis plus de soixante ans.

Si le courage de Mahmoud Sarsak et celui des prisonniers nous ont fait prendre conscience de l’impérativité d’inclure leur lutte dans la campagne BDS internationale, [7] il est également crucial d’agir en faveur du boycott de la prochaine édition de ce championnat d’Europe des moins de 21 ans, comme l’ont annoncé un groupe international de footballeurs militants the Football Beyond Borders (Football au-delà des frontières – FBB – une organisation internationale dirigée par des étudiants). [8]

Il s’agit certes d’une compétition de moindre envergure que celle des équipes nationales principales mais elle représente une porte ouverte pour Israël vers l’organisation d’un tournoi majeur du type Coupe du Monde dans un futur proche, synonyme de normalisation définitive des relations avec le régime sioniste, à l’échelle mondiale.

Comme systématiquement dans la stratégie générale de BDS, appuyons-nous sur les récentes conclusions du Tribunal Russell sur la Palestine, réuni en novembre 2011 lors de sa 3ème session au Cap, qui démontrent que le régime discriminatoire israélien vis-à-vis de la population palestinienne dans son ensemble mérite la qualification d’apartheid, et ce de façon comparable, non pas dans la forme mais dans le fond, au régime sud-africain des années 1948 à 1994, pour rendre inévitable la question du boycott de l’événement. [9]

Dans les années 1980, l’ensemble de la communauté internationale rejetait la politique d’apartheid et le boycott sportif faisait consensus. Il suffit de relire l’allocution du Directeur Général de l’UNESCO à la Conférence internationale sur le boycottage de l’Afrique du Sud dans les sports pour s’en convaincre. Dans ce discours il rappelait la Résolution adoptée par la comité intergouvernemental pour l’Education Physique et le Sport.

Celle-ci invitait « les Etats et toutes les organisations intergouvernementales et non gouvernementales à entreprendre tous les efforts pour veiller au respect du principe olympique de non-discrimination, des principes condamnant l’apartheid formulés par l’ONU, et à ces fins, à prendre toutes les mesures de nature à décourager la participation de leurs ressortissants aux épreuves sportives organisées dans les pays pratiquant une politique d’apartheid, et aux rencontres sportives avec des personnes ou des équipes représentant ces pays. »

Et concluait : « Il s’agit ainsi de boycotter, non le sport mais le racisme. Précisément pour rendre au sport toute la noblesse de sa vocation. C’est pour œuvrer dans un tel sens que se tient votre Conférence. Et c’est pourquoi, au nom de nos espoirs communs, je vous souhaite le plus franc des succès. » [10]

———————-

[1] « Ukraine: l’Europe hésite sur un boycott politique de l’Euro-2012 de foot » http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120514.AFP6138/ukraine-l-europe-hesite-sur-un-boycott-politique-de-l-euro-2012-de-foot.html

[2] Al Haq Human Rights
http://www.youtube.com/watch?v=BF_492Mlazk&feature=youtu.be

[3] « What If Kobe Bryant Were an Imprisoned Palestinian Soccer Player? »
http://www.thenation.com/blog/167827/what-if-kobe-bryant-was-imprisoned-palestinian-soccer-player

[4] « Une avancée pour le mouvement des prisonniers : la grève de la faim de masse des prisonniers palestiniens se termine après la signature d’un accord »
http://www.ism-france.org/communiques/Une-avancee-pour-le-mouvement-des-prisonniers-la-greve-de-la-faim-de-masse-des-prisonniers-palestiniens-se-termine-apres-la-signature-d-un-accord-article-16985

[5] Ameer Makhoul : « Pour quoi se battent les prisonniers politiques palestiniens »
http://www.ism-france.org/analyses/Pour-quoi-luttent-les-prisonniers-palestiniens-article-16793

[6] A voir aussi le témoignage du footballeur franco-palestinien, Mohamed-Ali Abou Shatrit, membre de la sélection nationale palestinienne
http://www.youtube.com/watch?v=NT453OetVhA

[7] JL Moraguès : « La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques Palestiniens et les tâches du mouvement de solidarité internationaliste  »
http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11747

[8] Un groupe de footballeurs militants solidaire avec le footballeur palestinien emprisonné et avec tous les grévistes de la faim http://www.pourlapalestine.be/index.php?option=com_content&view=article&id=1316:un-groupe-de-footballeurs-militants-solidaire-avec-le-footballeur-palestinien-emprisonne-et-avec-tous-les-grevistes-de-la-faim&catid=1:latest-news

[9] Résumé des conclusions de la 3ème session du Tribunal Russell sur la Palestine
http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/wp-content/uploads/2012/01/TRP-Concl.-CapeTown-FRpdf.pdf

[10] Allocution de Amadou Mahtar M’Bow, Directeur Général de l’UNESCO, à la Conférence internationale sur le boycottage de l’Afrique du Sud dans les sports http://unesdoc.unesco.org/images/0006/000642/064231FB.pdf

 Campagne BDS-France




Yousry Nasrallah refuse que son film soit diffusé en Israël

Le Monde, 17.05.2012 à 16h56 • Mis à jour le 17.05.2012 à 18h19

Le réalisateur égyptien, en compétition à Cannes , a précisé jeudi qu’il ne voulait pas que le film soit vendu à Israël, estimant que ce pays n’est « pas un allié » de la révolution égyptienne.
Lors de la conférence de presse qui a suivi la projection de son film au Palais des festivals, il a déclaré : « Je ne sais pas du tout si le film a été vendu à Israël mais si vous voulez connaître mon avis, non, je ne veux pas qu’il soit vendu à Israël. Pas tant que les Israéliens occupent encore les territoires palestiniens ».
« De merveilleux réalisateurs israéliens sont mes amis, Avi Mograbi par exemple ou Amos Gitaï », a-t-il ajouté. « Ce n’est moi qui décide si les films sont vendus ou pas en Israël. De tout façon, ils sont montrés là-bas ». Mais de conclure : « Je ne pense pas qu’au moment où les Egyptiens sont encore en train d’essayer de franchir la première étape vers une libération vis-à-vis de leur propre régime, de l’oppression et d’une gouvernance militaire, Israël soit un allié pour cette libération ».
Après la bataille, l’un des 22 longs-métrages en lice pour la Palme d’Or, suit l’un des cavaliers des pyramides au Caire qui, privés de touristes et donc de moyens de subsistance pendant la révolution égyptienne en 2011, fondirent sur la place Tahrir pour charger les insurgés. L’un d’eux, humilié et en quête d’une dignité retrouvée, croise une militante de la révolution, urbaine, laïque et émancipée, à l’opposé de son univers. (avec AFP.)




Encore deux victoires en Afrique du Sud

Au delà du boycott, la Campagne BDS marque des points dans les esprits.
Campagne BDS France, 16 mai 2012

Si l’on signale les dizaines d’artistes qui annulent leurs concerts prévus en Israël, on ne signale pas les centaines d’autres qui n’y vont pas, soit parce qu’ils sont connus pour être des soutiens indéfectibles des droits humains et ne seront donc jamais contactés par des tourneurs israéliens, soit parce qu’ils ont été contactés par ces tourneurs et qu’ils ont décliné l’invitation avant qu’elle ne soit publique. Ces cas sont, par définition, difficiles à recenser, mais une fuite récente dans la presse israélienne nous a permis d’apprendre que l’écrivain et Prix Nobel sud-africain John Maxwell Coetzee avait ainsi refusé l’invitation (avant même qu’elle ne soit officielle, donc) à se rendre au salon du livre israélien qui se déroule en ce moment même à Jérusalem, « tant que le processus de paix ne serait pas en route », ce qui lui laisse un certain temps devant lui…
http://mondoweiss.net/2012/05/nobel-prize-laureate-j-m-coetzee-appears-to-boycott-international-writers-festival-in-jerusalem.html

On apprend le même jour que le ministre de l’agriculture sud-africain, Gerrit van Rensburg, avait lui aussi renoncé à se rendre en Israël pour une visite purement technique. Il n’y a, en effet, pas de place pour des visites « purement techniques » pendant que des milliers de prisonniers palestiniens sont en grève de la faim, des centaines sont victimes de crimes de guerre, des milliers d’autres sont expulsés de leurs maisons pour agrandir les territoires colonisés, des centaines de milliers sont discriminés quotidiennement, et des millions sont empêchés de rentrer chez eux!
http://www.iol.co.za/capetimes/minister-abandons-israel-visit-1.1296867

La normalisation ne sera à l’ordre du jour que lorsque Israël respectera le droit international et les droits humains. En attendant, Boycott, Désinvestissement et Sanctions!