Omar Barghouti lance un appel aux célébrités à rejoindre BDS

Au cours de l’entretien, il déclare :

« Israël et ses groupes de pressions bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’intimidation, de pression et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici, ils ont misérablement échoué, comme ils l’admettent parfois eux-mêmes ».

Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux-clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et museler entièrement le débat ».

« L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent « convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement de n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi », [2] position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

Interview avec Omar Barghouti

Omar Barghouti est commentateur palestinien, militant des droits humains et écrivain. Il est l’un des dirigeants du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) lancé par la société civile palestinienne et l’un des membres fondateurs de la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, lancé en 2004. Il a récemment écrit un livre intitulé « BDS – The Global Struggle for Palestinian Rights » (BDS-la lutte mondiale pour les droits des Palestiniens ).

HC : vous êtes un des membres fondateurs du mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), campagne qui a été lancée en 2005. Qu’est-ce qui vous a incité à participer à ce mouvement et pourquoi l’année 2005 était-elle propice pour lancer l’initiative mondiale de BDS ?

OB : j’ai toujours cru que dans la réalité palestinienne très complexe du siège israélien, caractérisé par l’oppression coloniale et l’apartheid, la résistance populaire et pacifique est la forme la plus efficace de lutte pour obtenir nos droits inaliénables en vertu du droit international.

Chercher à atteindre nos objectifs de liberté, de justice et d’égalité -but du mouvement BDS- a toujours été notre principale motivation. Après des décennies de nettoyage ethnique permanent et de dépossession de notre peuple par Israël, la société civile palestinienne s’est rendue compte que la prétendue « communauté internationale » sous l’hégémonie des USA, ne peut absolument pas nous obtenir nos droits, ni forcer Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international. Inspirés par un siècle de résistance civile palestinienne au colonialisme et aux expulsions et fortement influencés par le mouvement anti-apartheid d’Afrique du Sud, les figures clés de la société civile palestinienne ont décidé de lancer la campagne BDS. Immédiatement, la grande majorité de partis politiques palestiniens, de syndicats, de mouvements de masse mobilisés par des ONG, de réseaux de défense des droits des réfugiés, et d’autres ont appuyé la campagne, dont ils ont ainsi montré le pouvoir unique d’unifier, de donner le pouvoir d’agir, d’assurer la cohérence morale et une large représentation.

Nous avons lancé le BDS le 9 juillet 2005, premier anniversaire de l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice condamnant Israël pour l’illégalité du mur et des colonies construites sur le territoire palestinien occupé. Dans son avis, la CIJ disait expressément que tous les États « sont dans l’obligation de ne pas reconnaître la situation illicite découlant de la construction du mur et de ne pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par cette construction ; tous les États parties à la Quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, du 12 août 1949, ont en outre l’obligation, dans le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international, de faire respecter par Israël le droit international humanitaire incorporé dans cette convention ». Quand les gouvernements n’ont pas rempli cette obligation minimale, la société civile palestinienne à décidé d’en appeler aux personnes de conscience, aux citoyens et à la société civile internationale pour qu’ils assument la responsabilité morale de demander des comptes à Israël.

HC : pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, quels sont les principaux objectifs du mouvement BDS et à quel stade estimerez-vous que vos demandes auront été satisfaites et mettrez-vous fin à la campagne ?

OB : le BDS vise à permettre au peuple palestinien d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination en mettant fin au système à trois niveaux appliqué par Israël qui nous refuse nos droit fondamentaux sanctionnés par les Nations unies. Plus précisément, nous demandons la fin de l’occupation israélienne de toutes les terres arabes qu’ Israël contrôle depuis 1967, notamment à Jérusalem-Est ; la pleine égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël et la fin du système israélien institutionnalisé et légalisé de discrimination raciale à leur rencontre ; le respect et la mise en application du droit au retour des réfugiés reconnu par la communauté internationale, réfugiés chassés lors du nettoyage ethnique par les forces sionistes et ensuite par Israël lors de la Nakba de 1948 et depuis lors.

HC : à quel rythme estimez-vous que le mouvement BDS prendra racine à un niveau comparable au mouvement BDS mondial qui a permis de renverser l’apartheid en Afrique du Sud ? Faudra-t-il d’après vous au mouvement BDS des dizaines d’années pour avoir un impact ou êtes-vous confiant qu’elle aura des effets plus rapides ?

OB : les Sud-Africains ont lancé leur appel au boycott à la fin des années 50. Dans les pays les plus puissants du monde, particulièrement en Occident, les couches du mainstream ont effectivement adopté le boycott et le désinvestissement contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud au cours des années 80. Par comparaison, bien que le boycott n’ait que six ans, le mouvement BDS mondial lancé par les Palestiniens a déjà atteint le grand public en Occident et a remporté des victoires majeures dans les domaines économique, culturel et universitaire. Le nombre de personnalités culturelles, d’intellectuels et d’artistes de premier plan qui, soit ont appuyé le BDS soit l’ont au moins respecté, a progressé à une vitesse impressionnante depuis la guerre d’agression illégale et manifestement immorale lancée par Israël contre la bande de Gaza sous siège et toujours occupée.

HC : beaucoup de publicité a entouré notamment les musiciens qui ont récemment décidé de ne pas jouer en Israël. Est-il important que ces célébrités participent également au mouvement BDS ?

OB : après qu’ Israël eut massacré neuf Turcs sans armes, humanitaires et défendeurs des droits humains -dont un avait la double nationalité turque/US- et en eut blessé des dizaines d’autres en provenance de plusieurs pays, de grands artistes et orchestres ont répondu à notre appel au boycott culturel.

L’écrivain britannique de renommée mondiale, Iain Banks, a écrit dans le Guardian que la meilleure manière dont les artistes, les écrivains et les universitaires internationaux peuvent« convaincre Israël de sa déchéance morale est « simplement n’avoir plus rien à faire avec cet Etat hors-la-loi »[2], position qui a été ultérieurement appuyée par Stéphane Hessel, coauteur de la déclaration universelle des droits de l’homme, survivant de l’holocauste et ancien diplomate français.

Beaucoup de personnalités littéraires et universitaires britanniques ont publié une lettre dans The Independent disant « nous lançons un appel aux écrivains et savants britanniques afin qu’ils boycottent toutes les visites littéraires, culturelles et universitaire en Israël sponsorisées par le gouvernement israélien, notamment celles qui sont organisées par des fondations culturelles et des universités israéliennes ».

Dans le monde du spectacle, parmi d’autres grands orchestres, Massive Attack, a refusé de jouer en Israël pour protester contre la manière dont celui-ci traite les Palestiniens ; les Klaxons, le Gorillaz Sound System, les Pixies et d’autres groupes de premier plan ont annulé les concerts qui étaient déjà au programme. L’auteur de best-sellers mondiaux, le Suédois Henning Mankell, qui se trouvait à bord de la flottille lorsqu’elle a été attaquée a demandé des sanctions mondiales de type sud-africain contre Israël pour protester contre sa brutalité.

L’auteure US de best-sellers , Alice Walker, rappelant le boycott déclenché par Rosa Parks et dirigé par Martin Luther King contre une société de bus raciste de Montgomery en Alabama pendant le mouvement US pour les droits civils, a appelé à un large soutien au mouvement BDS contre Israël, devoir moral de solidarité avec les Palestiniens « afin d’atténuer la douleur et de partager les peines d’un peuple maltraité depuis des générations ».

Au cours des semaines qui ont précédé l’attaque de la flottille, des artistes du calibre de Elvis Costello, Gil Scott-Heron et Carlos Santana ont tous annulé des concerts déjà programmés en Israël après avoir reçu des appels émanant de groupes BDS palestiniens et internationaux.

Récemment, Roger Waters a explicitement appuyé le BDS dans un article annoncé de longue date dans le Guardian. La chanteuse française, Vanessa Paradis et le baryton allemand, Thoman Quasthoff, ont également annulé leur concert en Israël.

Lorsque les célébrités de cet acabit annulent leur venue en Israël à cause de son non-respect des droits humains, elles contribuent à faire connaître la véritable nature de cet État qui pratique l’occupation, le colonialisme-colonisation et l’apartheid ; elles aident aussi à contester l’impunité de ce pays et ses infractions au droit international.

HC : Votre dernier livre « BDS – The Global Struggle for Palestinian Rights » a reçu et un accueil très favorable de la part des universitaires et des militants de la paix tels que le professeur Ilan Pappé, l’archevêque Desmond Tutu, le prix Nobel de la paix Mairead Maguire et beaucoup d’autres ; comment a-t-il été accueilli dans la communauté israélienne et par le leadership israélien en général ?

OB : franchement, je n’en ai pas la moindre idée.

HC : vous avez vécu de longues années aux USA et en fait vous avez obtenu votre Bachelor et votre Mastère à la Columbia University de New York ; vous deviez aller aux USA pour présenter votre nouveau livre sur le BDS, et pourtant on vous a refusé le visa. Vous a-t-on donné la raison de ce refus et quelle serait la vraie raison pour laquelle les USA vous refusent l’entrée dans leur pays ?

OB : mon visa a été « retardé » pendant de longues semaines sans être refusé. L’on s’est contenté de dire qu’il fallait d’autres « démarches administratives », même après qu’il eut été approuvé en janvier ce dont j’avais été officiellement informé au consulat US à Jérusalem. De l’avis de mon éditeur Haymarket, et du mien, ce retard tenait à des raisons politiques ; il était délibéré pour nous obliger à annuler ma tournée d’auteur. On ne peut que voir une influence israélienne directe sur ce « processus » du consulat US. Après une campagne de lettres, organisée par Haymarket, et aussi par Jewish Voice for Peace, j’ai reçu mon visa quelques jours avant mon envol vers les USA. En dépit de cela nous avons réussi notre tournée de promotion du livre dans les principales universités telles que Harvard, Columbia, Princeton, Brown, Brandeis, Massachusetts-Amherst, et Rutgers. La merveilleuse détermination, l’engagement et la créativité des groupes de solidarité palestinienne dans tous les campus ont été la clé du succès de notre tournée.

HC : que répondriez-vous à ceux qui disent que leur décision de boycotter les marchandises israéliennes ne changera rien de tangible sur le terrain pour les Palestiniens parce qu’ ils ne représentent « qu’une personne » ? Une personne peut-elle vraiment changer les choses s’agissant du BDS ?

OB : Moi aussi, je n’étais qu’« une personne » dans la lutte contre l’apartheid sud-africain à Columbia University dans les années 80. A moi aussi, les sceptiques ont dit « arrête de rêver ! Crois-tu que l’apartheid sera aboli de ton vivant ? » Et je répondais chaque fois : « non, il est probable que non, mais je crois néanmoins que montrer sa solidarité avec les opprimés en participant à cette lutte est une obligation morale ». Toutefois, l’apartheid s’est effondré en Afrique du Sud ! Et cela personne ne peut me l’enlever. Les efforts collectifs d’un grand nombre de personnes peuvent permettre de faire un bond, d’arriver au point de rupture où le prix du maintien d’un système d’oppression dépasse de loin ses avantages et amène finalement son démantèlement.

En outre, je crois que le principe fondateur de la solidarité internationale est d’écouter les opprimés eux-mêmes exprimer leurs besoins et leurs aspirations, non pas de penser à leur place, comme si nous ne pouvions pas penser juste ou que nous ne comprenions pas ce qui nous sert le mieux. C’est l’ attitude coloniale et condescendante par excellence.

HC : en février, la Knesset a voté un projet de loi criminalisant essentiellement les activités de soutien au boycott d’Israël. Si cette loi est adoptée, les citoyens israéliens appuyant le BDS pourraient encourir des amendes d’environ $ 8200 (en équivalent) ; ceux qui ne sont pas citoyens et qui participent aux actions BDS en Israël pourraient être interdits de séjour pendant au moins 10 ans. Cela prouve sans aucun doute combien Israël craint les effets du BDS. Que répondriez-vous à la réaction israélienne envers le mouvement BDS ?

OB : Israël et ses groupes de pression bien huilés ont essayé tous les trucs dans leur panoplie de diffamation, d’ intimidation, de pressions et de terrorisme intellectuel pour décourager ou calomnier les militants et les dirigeants BDS partout dans le monde. Jusqu’ici ils ont misérablement échoué, comme ils l’ admettent parfois eux-mêmes. Étant donné que son programme est moralement cohérent, non-violent, fondé sur la défense des droits humains et qu’il défend la règle du droit international, la pleine égalité de tous les êtres humains et le rejet catégorique de toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme, le mouvement mondial BDS a traîné Israël sur le « champ de bataille » où nous avons une supériorité éthique décisive et où nous neutralisons l’impressionnant arsenal israélien d’armes, y compris des armes nucléaires.

Ayant perdu la bataille pour gagner les coeurs et les esprits dans plusieurs États occidentaux clés, ils ont eu recours à l’arme ultime, à savoir criminaliser la dissidence et entièrement museler le débat ».

Ceci s’inscrit dans la logique de cette nouvelle mesure draconienne que le gouvernement Israélien d’extrême droite espère faire adopter dans un parlement israélien pas moins fanatique. Le problème est uniquement pragmatique. Si cette mesure anti BDS prend force de loi, Israël aura renoncé à une de ses dernières couches ou masques de « démocratie », mettant à nu son système irréparable d’oppression colonialiste et raciste qui appelle le même traitement que celui qui a été appliqué à l’apartheid en Afrique du Sud : le BDS. Loin de décourager le BDS au d’arrêter sa progression impressionnante, cette loi anti BDS peut en fait se retourner contre ses auteurs et donner une forte impulsion au mouvement dans le monde entier. Comme l’établissement israélien s’est plusieurs fois tiré une balle dans le pied, on peut très bien imaginer qu’il adopte cette loi indépendamment des considérations pragmatiques évidentes.

Israël et ses lobbys répètent que le BDS, axé sur les trois droits palestiniens fondamentaux, « délégitime » Israël et cherche sa « destruction ». Ils visent spécifiquement, le deuxième droit, celui de la pleine égalité pour tous les citoyens palestiniens Israël. Si l’égalité « détruit » Israël, qu’est-ce que cela révèle sur Israël ? L’égalité a-t-elle « détruit » l’Afrique du Sud ? A-t-elle « délégitimé » les Blancs dans les États du Sud des USA après l’abolition de la ségrégation ? La seule chose que l’égalité, le respect des droits humains et la justice détruisent véritablement est le système d’injustice, d’inégalité et de discrimination raciale. Nous, dans le mouvement BDS disons ouvertement et fièrement que nous visons l’occupation israélienne, son régime d’apartheid et le déni des quatre droits des réfugiés sanctionnés par les Nations unies ; nous travaillons à la réalisation des slogans de notre mouvement : liberté, justice et égalité.

HC : que répondez-vous à ceux qui reprochent au boycott universitaire de restreindre la liberté d’expression et d’empêcher la tenue de débats sérieux dans un forum universitaire ?

OB : la campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël est un élément-clé de la campagne BDS étant donné la collusion enracinée et persistante des institutions universitaires et culturelles israéliennes avec le maintien et le blanchiment de l’occupation de l’apartheid israélien. Il importe de souligner que notre campagne vise les institutions universitaires et culturelles Israéliennes et non pas les individus ; par conséquent, prétendre que notre boycott empêcherait les universitaires ou les artistes israéliens d’avoir des échanges avec leurs homologues dans le monde est simplement faux et intentionnellement fallacieux. Peu importe, ceux qui s’opposent au boycott parce qu’ils croient à tort qu’il empiète sur la liberté d’expression en Israël semblent oublier que les Palestiniens ont, eux aussi, ce droit. Le fait que l’oppression coloniale israélienne, qui dure depuis des décennies, prive les Palestiniens de leurs droits fondamentaux, y compris de leur liberté d’expression et souvent de leur droit à l’éducation, ne mérite pas cette critique. Lorsque Israël a criminalisé l’éducation palestinienne et a fermé toutes les universités palestiniennes (certaines pendant quatre années consécutives), des écoles et même des jardins d’enfants pendant la première intifada, qui était extrêmement pacifique, nous n’avons pas entendu de protestation de la part de ceux qui attaquent actuellement le boycott universitaire à cause de son prétendu impact sur la liberté universitaire israélienne. C’est cette hypocrisie qui nous amène à demander si ces gens croient véritablement que tous les êtres humains méritent des droits égaux indépendamment de leur identité.

HC : quelle est la prochaine étape du mouvement BDS ? Les groupes pro palestiniens font déjà de leur mieux pour faire connaître la campagne en protestant (avec succès) devant les magasins comme ceux de Ahava (qui fabrique des produits de beauté dans les colonies israéliennes illégales avec des ressources volées sur les terres palestiniennes volées) ; ou en demandant à des célébrités de ne pas participer à des concerts ni à des remises de prix en Israël etc. Quelle est la prochaine grande étape que les militants du BDS doivent franchir pour que le mouvement réalise vraiment son potentiel maximum ?

OB : il nous faut continuer, étant donné que notre action semble porter des fruits. Le mouvement BDS augmente de façon impressionnante depuis l’attaque israélienne mortelle contre la bande de Gaza occupées et assiégée (que le premier ministre britannique a appelé « un camp de prisonniers »). Son principal moteur est la créativité et l’engagement moral de nombreux citoyens de conscience dans le monde qui sont fatigués de l’impunité et de l’exception Israéliennes et du rôle que jouent leurs impôts dans le maintien d’un système injuste et oppressant. Il nous faut encore plus de créativité et de persévérance et l’extension de notre réseau pour que le mouvement remonte plus haut dans le grand public. Basé sur les trois droits fondamentaux au coeur du BDS et sur le besoin essentiel de concevoir et de mettre efficacement en oeuvre des tactiques et des stratégies BDS au niveau local en tenant compte du contexte, nous pouvons étendre le BDS davantage au sein de la société civile internationale. Nos droits en vertu du droit international ne sont pas négociables, par conséquent l’application du boycott et le choix des cibles les plus pratiques sont à décider par les militants sur le terrain dans leur contexte particulier.

Dans un avenir proche, nous intensifierons les campagnes de désinvestissement et viserons des sociétés qui profitent de l’occupation israélienne et d’autres violations du droit international. La campagne que Jewish Voice for Peace a entreprise aux USA pour que le plan de retraite TIAA-CREF se désinvestisse de cinq sociétés qui profitent de l’occupation et des crimes israéliens est un bon exemple de l’évolution du militantisme BDS, spécialement aux USA. Le travail accompli par la campagne de solidarité avec la Palestine au Royaume-Uni qui cherche à obtenir l’appui des syndicats pour le BDS et à mettre en oeuvre une campagne efficace à cet égard illustre également un effort BDS très important particulièrement prometteur qui inspire les Palestiniens. L’énorme coalition anti Agrexco/Carmel en France avec des partenaires en Italie, en Belgique, en Espagne, au Royaume-Uni et ailleurs, est un modèle de militantisme BDS bien ciblé, intelligent et rapide, basé sur le vaste appui de la société civile. L’établissement de la plate-forme européenne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël avec des représentants de nombreuses campagnes européennes, promet de relever le niveau de coordination entre les campagnes nationales et d’avoir plus d’impact sur les politiques européennes.

La campagne mondiale pour le déraillement de Veolia/Alstom dont le succès impressionnant à coûté à Veolia des milliards de dollars en contrats perdus à cause de son implication dans le projet de tram colonial israélien absolument illégal en territoire palestinien occupé est peut-être le cas le plus significatif à incorporer dans la campagne BDS. Récemment, l’université de Johannesburg a décidé de rompre ses liens avec l’université israélienne Ben Gourion cette dernière coopérant avec l’État pour violer le droit international ; on peut prétendre que c’est le premier succès concret et pratique de boycott universitaire dans le monde.

Ces victoires et beaucoup d’autres enregistrées du Brésil à l’Inde, à la Norvège et au Canada montrent que nous sommes finalement arrivés au stade de l’Afrique du Sud .

(JPG)

* Omar Barghouti est un commentateur palestinien, militant des droits de humains et écrivain.

6 mai 2011 – Middle East Monitor – Cet article peut être consulté ici :

Source anglaise sur le Middle East Monitor
Source en français : http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10625
Traduction : Anne-Marie Goossens




Belgique. Journée nationale de plaintes contre Agrexco & co

En février 2011, Action pour la Paix, le MIR-IRG et Vredesactie lancent l’action de plaintes contre les entreprises AGREXCO Ltd., CAL (Cargo Air Lines) et LACHS (Liège Air Cargo Handling Services). Il s’agit d’entreprises qui participent à l’économie de guerre. Nos gouvernements ont la capacité d’y mettre un terme, en appliquant tout simplement la loi. En effet, ces entreprises sont en infraction avec le droit international. Profiter de violations graves des Droits de l’Homme est illégal et nos gouvernements ne réagissent toujours pas.
C’est pourquoi Action pour la Paix, le MIR-IRG et Vredesactie appellent chacun d’entre nous à déposer une plainte en son nom contre ces entreprises entre février et novembre 2011.

Le samedi 14 mai est déclaré journée nationale de plaintes. Ce jour là, dans toute la Belgique les citoyens se rendront à leur bureau de police local afin de déposer plainte contre AGREXCO Ltd., CAL et LACHS, pour recel et complicité de crimes de guerre.

alt
http://www.facebook.com/event.php?eid=198069686877613
.

Journée nationale de plaintes, le 14 mai 2011: Rejoins-nous   

http://www.actionpourlapaix.be/item.php?id=257

Le samedi 14 mai 2011 est la « journée nationale de plaintes ». Dans toute la Belgique des citoyens se rendront ensemble à leur bureau de police local afin déposer plainte contre Agrexco Ltd., CAL et LACHS pour recel et complicité de crimes de guerre.

alt.

Pourquoi ces entreprises ?

Les entreprises AGREXCO Ltd., CAL et LACHS importent des produits qui sont le résultat d’actes criminels ou de délits, particulièrement en ce qui concerne les productions agricoles cultivées dans les colonies israéliennes des Territoires palestiniens occupés.

L’entreprise israélienne Agrexco achète et exporte la plus grande partie de la production agricole des colonies dans la vallée du Jourdain et est aussi impliquée dans l’exportation de produits agricoles d’autres colonies. Dans la vallée du Jourdain, Agrexco exploite trois entrepôts dans les colonies de Massu’a, Netiv Hagedud et Beqa’ot et participe ainsi directement à la colonisation. Agrexco donne des indications directement aux agriculteurs des colonies, par exemple concernant l’emballage de leurs produits.
Agrexco exporte d’Israël ses produits agricoles vers le Benelux via l’aéroport de Bierset. La livraison aéroportée est prise en charge par la compagnie aérienne CAL. À Bierset, le traitement des biens est fait par LACHS, une entreprise belge, filiale d’Agrexco (50%) et de CAL (50%). Ensuite, Agrexco assure la distribution en Belgique et aux Pays-Bas par le biais de son implantation de Schiedam (Pays-Bas) tandis que les fleurs passent, elles, par celle de Aalsmeer (Pays-bas). Agrexco est actif en Belgique par ces représentants commerciaux.

L’implantation des colonies israéliennes dans les Territoires occupés palestiniens va à l’encontre du Droit International Humanitaire. L’article 49 de la 4ème Convention de Genève interdit le transfert par la puissance occupante d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle. Les colonies constituent une infraction importante selon l’article 147 de cette Convention, ce qui en Belgique est passible de peine pour crime de guerre et est punissable ( art 136 quater, 31°CP).

Les colonies sont construites sur des terrains confisqués à la population locale palestinienne, terrains qui ne cessent de croître grâce à l’appropriation des terres locales palestiniennes par des colonisateurs israéliens et ce, avec le soutien de l’armée israélienne. De plus, l’accès aux resources aquifères est interdit à la population palestinienne et les réserves d’eau sont monopolisées par les colonies, comme dans la vallée du Jourdain où le manque d’eau ne permet pas à la population palestinienne de développer son agriculture de façon durable. Finalement, les villages palestiniens dans la vallée du Jourdain sont constamment menacés de destruction par l’armée israélienne ; ainsi en 2010 le village d’Al Farasiya a été presque totalement détruit à deux reprises. Tout cela revient à de la destruction et de l’appropriation non justifiées de biens pour des besoins militaires. De plus, cela est exécuté sur une grande échelle de façon illégitime et intentionnelle, alors que c’est interdit explicitement par art. 53 de la 4ème Convention de Genève. Il s’agit ici d’une infraction grave (article 147) à cette Convention et en Belgique cela est passible de peine pour crimes de guerre sous (art 136quater, 31°CP).
Les produits agricoles cultivés dans ces colonies sont donc des biens provenant de crimes et délits. Agrexco achète ces produits et prend en charge la distribution dans le Benelux, soutenue par LACHS et CAL.

Cela constitue du recel, passible de peine ( art. 505 CP). De plus, Agrexco se rend complice des crimes de guerre mentionnés ci-dessus, par le bénéfice provenant des exploitations agricoles et de ses entrepôts dans les colonies.

Associations soutenant cette action

Association belgo-palestinienne | Campagne BDS comité ulb | Mouvement Chrétien pour la paix (mcp) | Union des Progressistes Juifs de Belgique | égalité




L’Université de Johannesburg rompt ses liens avec Israël

Aujourd’hui , s’est produit un précédent mondial dans le boycott universitaire envers Israël : l’Université de Johannesburg (UJ) a effectivement rompu ses liens avec l’Université Ben Gourion (BGU) en Israël.
Ceci après que l’Assemblée de l’UJ a rejeté une motion de défiance proposée par des lobbyistes pro-israéliens en vue d’avoir deux accords bilatéraux séparés – l’un avec une université palestinienne et l’autre avec une université israélienne. L’UJ a choisi de maintenir sa résolution initiale qui souhaitait la prééminence des universités palestiniennes ; celles-ci avaient rejeté à l’unanimité toute collaborationa avec BGU (sous toutes ses formes) et avaient demandé l’appui total pour le boycott académique. l’UJ a choisi de respecter cette demande.
L’UJ est la première institution qui rompt officiellement ses relations avec une université israélienne – un moment crucial dans la généralisation de la campagne BDS. Durant cette campagne, des universitaires et des militants des Droits de l’Homme avaient espéré cette décision. En effet, une telle décision, venant d’une institution sud-africaine, a un sens particulier. Cela crée un précédent et peut provoquer un effet domino !
Le mouvement a été aidé par l’incroyable succès de la pétition de l’UJ (www.ujpetition.com) initiée par des universitaires et des étudiants qui ont appellé à la fin des relations entachées d’apartheid avec BGU. A l’Assemblée ce jour, environ 400 universitaires sud-africains, y compris neuf vice-chanceliers et le représentant des vice-chancelliers ont signé la pétition.
Parmi les signataires, on trouve quelques voix éminentes : les professeurs Neville Alexander, Kader Asmal, Allan Boesak, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antje Krog, Barney Pityana et Sampie Terreblanche. Le plus célèbre dessinateur de B.D. Jonathan « Zapiro  » Shapiro, le Prix Nobel Desmond Tutu, l’Evêque Rubin Phillips, l’ancien Ministre Ronnie Kasrils et le militant Zackie Achmat ont aussi répondu à l’appel.
Par la suite, d’autres soutiens internationaux ont apporté leur nom, dont les professeurs Judith Butler, Vijay Prashad, Michael Burawoy, Wendy Brown, Ernesto Laclau et l’auteur anglais John Berger.
Aujourd’hui, l’UJ a fait l’Histoire en créant l’intégrité morale au sein de l’Université. Les Palestiniens, les Sud-Africains et la communauté universitaire internationale célèbrent cette victoire qui isole l’Etat d’Israel et sa politique d’Apartheid et qui réclame la liberté, la justice et la dignité pour le peuple palestinien. L’UJ poursuit à présent le mouvement anti-apartheid contre l’apartheid d’Israël.

Original :

PRESS RELEASE
UJ ENDS ISRAELI LINKS – Historic moment for boycott of Israel movement

Today, setting a worldwide precedent in the academic boycott of Israel, the University of Johannesburg (UJ) has effectively severed ties with Israel’s Ben-Gurion University (BGU).

This was after UJ’s Senate rejected a last ditch motion by pro-Israeli lobbyists to have two separate bilateral agreements – one with a Palestinian University and another with an Israeli University. UJ chose instead to uphold its previous Senate Resolution that required taking leadership from Palestinian universities. Palestinian universities unanimously rejected any collaboration with BGU (in any form) and have come out in full support of the the academic boycott of Israel. UJ chose to respect this.

UJ is the first institution to officially sever relations with an Israeli university – a landmark moment in the growing Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) of Israel campaign. Throughout the campaign, academics and international human rights activists have been anticipating this decision. This boycott decision, coming from a South African institution, is of particular significance. This has set a precedent and must start a domino boycott effect!

The movement to end ties with BGU was boosted by the overwhelming support given to the UJ Petition (www.ujpetition.com) – a statement and campaign in support of UJ academics and students who were calling on their university to end its apartheid-era relationship with BGU. As the UJ senate met today, over 400 South African academics, including nine Vice-Chancellors and Deputy Vice-Chancellors, had signed the UJ Petition.

Included in the list of supporters are some of South Africa’s leading voices: Professors Neville Alexander, Kader Asmal, Allan Boesak, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antjie Krog, Barney Pityana and Sampie Terreblanche. South Africa’s popular cartoonist Jonathan “Zapiro” Shapiro, Nobel Laureate Desmond Tutu, Bishop Rubin Phillips, former Minister Ronnie Kasrils and leading social activist Zackie Achmat also backed the campaign.

Further, over 100 internationals began to lend their support, including several prominent international scholars: Professors Judith Butler, Vijay Prashad, Michael Burawoy, Wendy Brown, Ernesto Laclau, and acclaimed British author, John Berger.

Today UJ has made history by upholding and advancing academic moral integrity. Palestinians, South Africans and the international academic and solidarity community celebrate this decisive victory in isolating Israeli apartheid and supporting freedom, dignity and justice for the Palestinian people. UJ now continues the anti-apartheid movement – against Apartheid Israel.

ISSUED BY BDS WORKING GROUP (South Africa)

www.ujpetition.com




L’Université de Johannesburg fait l’Histoire

L’Université de Johanesburg (l’UJ) a rompu ses liens avec l’Université israélienne Ben Gourion (l’UBG).

Cette décision historique mérite un petit commentaire pour ceux qui ne mesurent pas son importance:

D’abord, parce que l’UJ est la première université au monde à entrer dans BDS, c’est à dire à rompre ses liens avec toute institution israélienne (l’UBG étant la seule université israélienne en relation avec l’UJ).

Mais aussi parce que ce résultat qui devrait servir d’exemple est celui d’un long et patient processus entrepris par nos collègues sudafricains et palestiniens. Ce processus est, lui aussi, une leçon pour tous les militants BDS de par le monde (http://www.ujpetition.com/):

1) Une première motion avait été mise au vote en septembre 2010, accompagnée de la mobilisation de nombreuses personalités sudafricaines et internationales. Cette première motion, comme celle d’aujourd’hui, n’appelait qu’à rompre ses relations avec l’UBG.

2) Alors que cette motion n’était pas passée, les discussions avaient néanmoins permis aux mentalités d’évoluer et de passer une motion intermédiaire qui exigeait que certaines conditions soient remplies par l’UBG pour que ces relations perdurent, et que ces conditions seraient vérifiées 6 mois plus tard, pour remettre en jeu la rupture des liens entre les deux universités.

Ces conditions avaient été choisies de telle sorte qu’elles soient évidentes en regard des droits et des usages internationaux en terme de relations universitaires, mais il était néanmoins clair que l’UBG refuserait de s’y plier:
-Une première condition était de couper les relations de type militaires.
-Une deuxième condition était la suivante: les relations bi-partites entre l’UJ et l’UBG devaient devenir des relations tri-partites entre l’UJ, l’UBG et une université palestinienne. Attention, cela ne veut pas dire qu’il suffisait de deux relations bi-partites, entre l’UJ et l’UBG d’une part, et entre l’UJ et une université palestinienne d’autre part, mais une véritable relation tri-partite, y compris donc entre l’UBG et une université palestinienne. La différence est subtile mais importante car PACBI et le BNC refusent, bien entendu, qu’une relation bi-partite « humanitaire » serve de cache sexe à une relation bi-partite scandaleusement illégale au regard du droit international.

3) Un tel partenariat entre l’UBG et une université palestinienne n’a pas pu être trouvé, et pour cause. Comme le disent et le répètent les tenant du boycott universitaire des institutions israéliennes: les universités israéliennes, comme toutes les institutions officielles israéliennes sont en état de guerre coloniale et ne considèrent pas les universités palestiniennes comme des partenaires mais comme des vassales. Ceci n’est pas vrai des professeurs qui ne sont d’ailleurs pas visés par le boycott, mais de l’université en tant qu’institution.

4) La motion a été revotée 6 mois plus tard (cette semaine, donc), toujours avec le soutien de nombreuses personnalités sudafricaines et internationales. La deuxième condition n’étant pas respectée, cette fois ci la motion est passée.

5) l’UJ, en rompant ses relations avec l’UBG, pour la simple raison qu’aucune université palestinienne accepte de collaborer avec l’UBG et réciproquement, entre de fait dans BDS, et c’est la première université au monde à le faire.

Un exemple et une tactique à suivre…

—————————————–

L’Université de Johannesburg fait l’Histoire : le Sénat de l’UJ décide de rompre les liens avec l’apartheid israélien

PACBI

Ramallah occupé, 23 mars 2011

http://pacbi.org/etemplate.php?id=1526

La campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), représentant un large spectre dans les universités palestiniennes, salue nos collègues Sud-Africains de l’université de Johannesburg (UJ) pour leur soutien motivé à la cause de la justice en Palestine, en confirmant la décision du 29 septembre 2010 du Sénat de l’UJ de rompre ses liens avec l’université Ben Gourion (BGU) [1]. Le communiqué de presse de l’UJ note que :

« Lors d’un débat vif et prolongé, le Sénat de l’université de Johannesburg (UJ) a voté aujourd’hui pour autoriser l’expiration de sa relation formelle avec l’université Ben Gourion (BGU) d’Israël au 1er avril 2011 » [2].

La décision du Sénat est un pas louable dans la direction de la fin des relations avec les institutions israéliennes impliquées dans la politique d’apartheid et dans le soutien à l’occupation. Cette décision résonnera certainement autour du monde ! La vraie victoire réside aussi dans la mobilisation intense et le travail de conscientisation des militants et des universitaires de premier plan en Afrique du Sud qui ont montré au-delà de tout doute possible l’ampleur de la mobilisation de soutien aux droits des Palestiniens dans le pays et qui ont joué un rôle clé dans le vote du Sénat de l’UJ.

Remarquablement, une pétition pressant l’UJ à rompre ses liens avec BGU a réuni plus de 400 signatures d’universitaires de toutes les institutions universitaires d’Afrique du Sud, incluant neuf vice-recteurs et vice-recteurs adjoints. La pétition était aussi soutenue par les principaux syndicats du pays, dont la COSATU et la NEHAWU [3]. De plus, il y eut une attention sans précédent des principaux médias, en Afrique du Sud et internationalement, sur les actes de complicité de BGU et sur la lourde responsabilité morale placée sur les épaules des institutions sud-africaines, en particulier, pour mettre fin à toute forme de coopération avec toute institution israélienne pratiquant l’apartheid. À la fin, les points de vue favorables à la justice et soutenant la loi internationale ont été largement divulgués et ont triomphé.

PACBI salue chaleureusement tous ceux qui ont travaillé sur et soutenu la campagne pour couper les liens avec BGU. Cette initiative qui crée un précédent, avalisée par des leaders de premier plan comme l’archevêque Desmond Tutu, Breyten Breytenbach, John Dugard, Antjie Krog, Barney Pityana, et Kader Asmal, n’a pas mâché ses mots en appelant à rompre les liens avec BGU ; de plus elle implique une terminaison de collaboration avec toutes les institutions israéliennes complices de violation du droit international.

L’archevêque Tutu a défendu l’appel à rompre les liens avec les institutions israéliennes complices en disant : « Cela ne peut jamais être ‘business as usual’. Les universités israéliennes font intimement partie du régime israélien, par choix délibéré ». [4] Renouvelant son soutien sans faille pour la campagne mondiale à direction palestinienne pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions (BDS) contre Israël, il ajoute éloquemment :

«Avec les peuples avides de paix sur cette terre, je condamne toute forme de violence – mais certainement, ne devons-nous pas reconnaître que les peuples enfermés, affamés et dépouillés de leurs droits essentiels matériels et politiques doivent résister à leurs pharaons ? Certainement la résistance nous rend t’elle aussi humain ? Les Palestiniens ont choisi, comme nous l’avons fait, les moyens non-violents du boycott, du désinvestissement et des sanctions [5].

Cette décision ne peut être vue que comme un triomphe de la logique du boycott universitaire contre les universités complices d’Israël, comme le reflètent régulièrement les positions de la Fédération palestinienne des syndicats de professeurs et d’employés universitaires (PFUUPE), ainsi que le PACBI et ses partenaires dans le monde, dont l’Afrique du Sud. C’est effectivement un pas significatif dans la direction de rendre les institutions israéliennes responsables pour leur collusion dans le maintien de l’occupation, de la colonisation et du régime d’apartheid de l’État contre le peuple palestinien. Comme l’a écrit l’ancien ministre sud-africain et leader de l’ANC Ronnie Kasrils dans le Guardian : « Les universités israéliennes ne sont pas visées par le boycott à cause de leur identité ethnique ou religieuse, mais à cause de leur complicité dans le système israélien d’apartheid » [6].

BGU est une institution coupable de complicité dans l’occupation israélienne et les politiques d’apartheid comme toute autre institution universitaire en Israël ; rien ne peut rendre moralement acceptable un projet « environnemental » ou « purement scientifique » conduit avec l’UJ jusqu’à ce qu’elle mette fin à cette complicité complètement et de manière vérifiable. Quand la science est utilisée comme couverture à de graves violations des droits de l’homme et du droit international, elle ruine toute prétention à un « caractère sacré » et perd sa raison morale d’être. La culpabilité de l’institution entière dans les violations du droit international et des droits de l’homme ne peut pas être balayée en réduisant la réflexion ou en détournant l’attention sur les seuls détails du projet avec UJ.

Comme l’a dit l’archevêque Tutu :
« Ces dernières années, nous avons observé avec plaisir la transformation d’UJ depuis la Rand Afrikaans University, avec toutes ses réalisations scientifiques mais aussi ses affreux engagements idéologiques. Nous suivons avec intérêt une transformation en cours des principes.» [7]

Une université sud-africaine post-apartheid qui est en cours de se transformer en une vraie institution démocratique a prouvé qu’elle ne peut pas compléter cette nécessaire transformation tout en maintenant un partenariat avec une institution d’apartheid ailleurs. Nous saluons sincèrement l’UJ pour avoir rompu complètement ses liens institutionnels avec BGU et nous nous tournons vers les autres universités autour du monde pour qu’elles s’inspirent de ce précédent historique en mettant fin à leurs propres liens avec les institutions universitaires israéliennes complices de la violation du droit international et de tous les principes élémentaires des droits humains. Nous appelons aussi toutes les personnes de conscience dans les universités autour du monde à suivre la voie de l’UJ, à adopter le BDS comme un moyen global pour mettre fin au crime contre le peuple palestinien, et à appeler leurs institutions à rompre les liens institutionnels avec les universités israéliennes.

PACBI
www.pacbi.org

pacbi@pacbi.org

[1] http://www.ujpetition.com/2010/10/uj-senate-resolution-29-september-2010.html
[2] http://www.uj.ac.za/EN/Newsroom/News/Pages/UJSenatevotesonBenGurionpartnership.aspx

—————————————————

Le Sénat de l’UJ vote sur le partenariat avec Ben Gourion

Lors d’un débat vif et prolongé, le Sénat de l’université de Johannesburg (UJ) a voté aujourd’hui pour autoriser l’expiration de sa relation formelle avec l’université Ben Gourion (BGU) en Israël au 1er avril 2011.

C’était une des deux options soumises au vote du Sénat, la seconde étant de permettre aux relations formelles avec BGU de se poursuivre et de développer les relations bilatérales à la fois avec BGU et avec des universités palestiniennes.

60 % du Sénat (72 membres présents) ont voté pour permettre au Protocole d’accord avec BGU d’expirer, tandis que 40 % (45 membres présents) ont voté pour des accords bilatéraux.

Le vote du Sénat confirme effectivement une résolution antérieure qui mettait des conditions à la poursuite de ses relations avec BGU, dont l’inclusion de partenaires universitaires palestiniens.

Le vote du Sénat aujourd’hui n’exclut pas les collaborations individuelles des universitaires d’UJ, de BGU ou de toute université palestinienne. Le vote du Sénat encourage les universitaires d’UJ, de BGU et les universités palestiniennes à poursuivre des projets de recherche sans accords institutionnels formels.

[3] http://www.ujpetition.com/
[4] http://www.timeslive.co.za/world/article675369.ece/Israeli-ties–a-chance-to-do-the-right-thing
[5] Ibid.
[6] http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/sep/29/south-africa-boycott-israel
[7] http://www.timeslive.co.za/world/article675369.ece/Israeli-ties–a-chance-to-do-the-right-thing




Les étudiants de l’Université d’Edimbourg s’engagent dans BDS

Lors de leur Assemblée Générale du 14 Mars 2011, les étudiants de l’Université d’Edimbourg ont voté massivement pour le boycott des produits israéliens, avec 270 votes pour et 20 votes contre, sous les applaudissements de la salle.

La motion note qu’Israël est un Etat d’apartheid et l’association des étudiants de l’Université d’Edimbourg a décidé de s’affilier à la campagne internationale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), de boycotter les produits israéliens dans les chaînes d’approvisionnement sur le campus de l’université et de faire pression sur l’Université pour qu’elle fasse de même.

Ce résultat est dans le sillage des récentes manifestations contre les responsables israéliens s’exprimant à l’Université : Ismaël Khaldi, le conseiller du ministre des Affaires étrangères israélien Avidgor Lieberman en février ou, il ya deux semaines, l’ambassadeur d’Israël Ron Prosor.

Des motions semblables ont été passées à la SOAS de Londres, aux universités de Manchester et du Sussex ces dernières années. Ce dernier résultat semble une indication claire que les étudiants au Royaume-Uni continuent de jouer un rôle de premier plan dans la campagne pour une paix juste en Palestine.




Une société danoise se désengage…

G4S désinvestit en Cisjordanie
11 Mars 2011

Après que DanWatch a révélé que le groupe de sécurité G4S fournissait des services de sécurité aux postes de contrôle du Mur, aux prisons et aux commissariats de police de Cisjordanie, la société danoise a annoncé qu’elle cessera certaines de ses activités dans les colonies illégales de Cisjordanie.

G4S écrit dans son communiqué que les services de sécurité en Cisjordanie ne sont pas en conformité avec leur politique d’éthique, même si leurs prestations ne sont « ni discriminatoires ni controversées. »
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10320

On se souvient que la ville de Copenhague avait annulé ses contrats avec G4S, après qu’il soit apparu que que G4S jouait un rôle actif dans la sécurisation des colonies israéliennes illégales:
http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=368%3Adesinvestissement-au-danemark&catid=10%3Aactualites-bds-dans-le-monde&Itemid=1

On peut donc encore mettre cette victoire sur le compte de la Campagne internationale de BDS contre le colonialisme brutal de l’Etat israélien




Evénement annulé à New-York : victoire!

Les étudiants de « Justice in Palestine », de l’université NYU à New-York (USA), et d’autres avaient appelé à une protestation contre le discours prévu par un membre des commandos israélien sur leur campus jeudi soir dernier. Il est l’un des premiers militaires israéliens qui aborda illégalement le Mavi Marmara de la Flotille de la Liberté qui se dirigeait vers la bande de Gaza au printemps dernier. Au cours de l’assaut donné par les Israéliens, neuf militants des droits humains, non armés avaient été tués, y compris un turco-américain, et plus d’une cinquantaine de personnes avaient été blessées.

La protestation a pris de l’ampleur en un temps très court, et a envoyé un message fort: nous ne resterons silencieux tandis que les criminels de guerre sont bien accueillis et salués comme des héros dans nos universités.

Les organisateurs ont dit qu’ils étaient « contraints d’annuler » l’événement « en raison de graves problèmes de sécurité ». Quelle que soit la raison, nous allons continuer à exposer les injustices du gouvernement israélien, dont les actions ne sont possibles qu’avec le soutien du gouvernement américain.

NOUS NE SERONS PAS SILENCIEUX
NOUS SERONS ENTENDUS




Roger Waters, de Pink Floyd : mon ralliement à BDS

Je suis venu à Jérusalem et à Bethléhem. Rien n’aurait pu me préparer à ce que j’ai vu ce jour-là.

En 1980, une de mes chansons, Une autre brique dans le mur (partie 2), a été interdite par le gouvernement d’Afrique du Sud parce qu’elle était reprise par les enfants noirs sud-africains pour mettre en avant leurs droits à l’égalité dans l’enseignement. Ce gouvernement d’apartheid imposait, pour ainsi dire, un blocus culturel sur certaines chansons, dont la mienne.

Vingt-cinq ans plus tard, en 2005, des enfants palestiniens qui participaient à un festival en Cisjordanie ont chanté la même chanson pour protester contre le mur d’apartheid d’Israël. Ils chantaient « Nous n’avons pas besoin de l’occupation ! Nous n’avons pas besoin du mur raciste ! ». A l’époque, je n’avais pas vu, par moi-même, ce qu’ils évoquaient par cette chanson.

Un an plus tard, en 2006, j’ai signé un contrat pour jouer à Tel Aviv.

Des Palestiniens du mouvement qui promeut le boycott universitaire et culturel d’Israël m’ont exhorté à revoir ma position. Je m’étais déjà exprimé contre le mur, mais je n’étais pas certain qu’un boycott culturel était la bonne façon d’agir. Les Palestiniens militant pour le boycott m’ont alors invité à me rendre dans les territoires palestiniens, pour voir le Mur de mes propres yeux, avant de prendre toute décision. J’ai accepté.

Sous la protection des Nations-Unies, je suis venu à Jérusalem et à Bethléhem. Rien n’aurait pu me préparer à ce que j’ai vu ce jour-là. Le Mur est un édifice effroyable à voir. Il est surveillé par de jeunes soldats israéliens qui m’ont traité, moi l’observateur occasionnel qui venait d’un autre monde, avec une agressivité méprisante. S’il en était ainsi pour moi, un étranger, un visiteur, vous pouvez imaginer ce que ce doit être pour les Palestiniens, pour les sous-prolétaires, pour les porteurs d’autorisations. J’ai su alors que ma conscience ne me laisserait pas m’éloigner de ce Mur, du sort des Palestiniens que j’avais rencontrés, un peuple dont la vie est quotidiennement étouffée d’une multitude de façons par l’occupation israélienne. En solidarité, et me sentant quelque peu impuissant, j’ai écrit sur le Mur, ce jour-là : « Nous n’avons pas besoin de contrôle de la pensée ».

C’est alors, réalisant que ma présence sur une scène à Tel Aviv légitimerait malgré moi l’oppression dont j’étais le témoin, que j’ai décidé d’annuler mon concert de rock au stade de football de Tel Aviv et que je l’ai déplacé à Neve Shalom, une communauté agricole qui se consacre à la culture de pois chiches et aussi, admirablement, à la coopération entre les gens de confessions différentes, et où musulmans, chrétiens et juifs vivent et travaillent côte à côte en harmonie.

Contre toute attente, cela a été le plus grand évènement musical de la courte histoire d’Israël. 60 000 fans se sont confrontés aux embouteillages pour y assister. Cela a été extraordinairement émouvant pour moi et mon groupe, et à la fin du concert, j’ai pris l’initiative d’exhorter les jeunes qui étaient rassemblés là à exiger de leur gouvernement de faire la paix avec leurs voisins et de respecter les droits civils des Palestiniens qui vivent en Israël.

Malheureusement, dans les années qui ont suivi, le gouvernement israélien n’a rien tenté pour mettre en œuvre une législation garantissant des droits civils aux Arabes israéliens à égalité de ceux dont profitent les juifs israéliens, et le Mur est devenu plus long, annexant inexorablement, illégalement, toujours plus de la Cisjordanie.

J’ai appris ce jour de 2006, à Bethléhem, un peu de ce que cela veut dire, vivre sous une occupation, emprisonné derrière un Mur.

Cela signifie qu’un agriculteur palestinien doit regarder ses oliviers, vieux de plusieurs siècles, être déracinés. Cela signifie qu’un élève palestinien ne peut se rendre à son école, parce que le check-point est fermé. Cela signifie qu’une femme peut accoucher dans une voiture, parce que le soldat n’a pas voulu la laisser passer et aller à l’hôpital pourtant à 10 minutes de voiture. Cela signifie qu’un artiste palestinien ne peut se rendre à l’étranger pour exposer ses œuvres, ou présenter son film dans un festival international.

Pour la population de Gaza, enfermée dans une quasi prison, derrière le mur du blocus illégal d’Israël, cela signifie toute une série d’autres injustices. Cela signifie que les enfants vont dormir le soir avec la faim, que beaucoup souffrent d’une malnutrition chronique. Cela signifie que les pères et les mères, qui ne peuvent trouver de travail dans une économie laminée, n’ont aucun moyen de subvenir aux besoins des leurs. Cela signifie que les étudiants universitaires avec des bourses d’études pour l’étranger voient la chance de leur vie s’éloigner parce qu’ils ne sont pas autorisés à voyager.

De mon point de vue, le contrôle odieux et draconien qu’Israël exerce sur les Palestiniens assiégés dans la bande de Gaza et les Palestiniens de Cisjordanie occupée (y compris Jérusalem-Est), associé à son déni des droits des réfugiés de rentrer dans leurs foyers en Israël, exige de toutes celles et tous ceux qui sont épris de justice à travers le monde de soutenir les Palestiniens dans leur résistance civile, non violente.

Quand les gouvernements refusent d’agir, les peuples le doivent, avec tous les moyens pacifiques à leur disposition. Pour certains, cela a consisté à rejoindre la Marche pour la Liberté pour Gaza, pour d’autres, la flottille humanitaire qui a tenté d’acheminer une aide humanitaire si nécessaire à Gaza.

Pour moi, cela signifie de clamer mon intention de me porter solidaire, non seulement avec le peuple de Palestine, mais aussi avec les milliers d’Israéliens qui désapprouvent les politiques racistes et colonialistes de leurs gouvernements, en rejoignant la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) contre Israël, jusqu’à ce qu’il se conforme à ces trois droits humains fondamentaux, tel qu’exigé par le droit international :

Ma conviction est née avec cette idée que tous les peuples méritent les droits humains fondamentaux. Ma position n’est pas antisémite. Elle n’est pas une attaque contre le peuple d’Israël. Elle est, néanmoins, un appel à l’adresse de mes collègues de l’industrie de la musique, et aussi des artistes des autres disciplines, pour qu’ils rejoignent le boycott culturel.

Les artistes ont eu raison de refuser de jouer à Sun City, en Afrique du Sud, jusqu’à ce que tombe l’apartheid et que Blancs et Noirs jouissent des mêmes droits. Et nous avons raison de refuser de jouer en Israël jusqu’à ce que le jour vienne – et sûrement qu’il viendra – où le Mur de l’occupation tombera, et que les Palestiniens vivront aux côtés des Israéliens, dans la paix, la liberté, la justice et la dignité que tous, ils méritent. »

Le 25 février 2011

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10286

Lire également sur ce site : L’engagement de Roger Waters, de Pink Floyd, à BDS à la télévision et sur internet

Voir aussi :

- McEwan, ne faites pas que critiquer l’occupation, refusez-la ! – Boycott de l’intérieur – 24 février 2011
- Vanessa Paradis annule son concert en Israël – AFP – 16 janvier 2011
- BDS 2010 : plus puissant que l’épée – Eric Walberg – Moyen-Orient en ligne – 27 décembre 2010
- S’il vous plaît, boycottez-nous ! – Israélien anonyme – Ramallah on line – 24 décembre 2010
- Le boycott vise les stars, d’Elvis à Elton – Nathan Guttman – JDF – 19 mai 2010
- Roger Waters : Une autre pierre contre le mur – Ana Carbajo – El Païs – 20 août 2009

6 mars 2011 – Alternative Information Center – traduction : JPP




Dépêche AFP : l’Israélien Agrexco accusé d’exporter illégalement


Ce constat d’huissier, établi sur le port de Sète (sud), « fait clairement apparaître que Agrexco débarque des produits provenant des colonies illégales et fraude sur l’origine des produits, les documents de certification d’origine les présentant comme provenant d’Israël », dénonce la coalition contre Agrexco qui regroupe des associations, syndicats et partis de gauche.

Ce collectif rappelle dans son communiqué que la Cour européenne de justice a jugé en février 2010 que les marchandises originaires des colonies israéliennes en Cisjordanie « ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel accordé par l’Union européenne à Israël ».

Le 25 janvier, un huissier de justice, mandaté par le tribunal de commerce de Montpellier qui avait été saisi par le syndicat Confédération paysanne, s’est rendu sur le port de Sète, où les fruits et légumes d’Agrexco sont débarqués depuis octobre 2010 à raison d’un bateau par semaine.
Dans l’échantillon de documents douaniers saisis ce jours-là, l’un d’entre eux porte sur des conteneurs de dattes provenant de Gilgal et Peza’el, des colonies israéliennes en Cisjordanie, et ne comprend pas, contrairement à d’autres, la mention « préférence non sollicitée » qui signifie que l’exportateur renonce à bénéficier des préférences tarifaires.

« Nous avons maintenant la preuve factuelle de ce que nous dénonçions depuis longtemps », a indiqué à l’AFP Christophe Perrin, de l’association La Cimade. « Nous allons pouvoir poursuivre notre action judiciaire contre Agrexco ».
Ces organisations avaient déjà lancé en septembre une action en justice contre Agrexco devant le tribunal de commerce de Créteil, en région parisienne.

La direction d’Agrexco France n’a pu être jointe. Fin décembre, l’ambassade d’Israël en France avait défendu Agrexco en soulignant que le groupe avait un « partenariat de plus de 30 ans » avec des producteurs palestiniens de la bande de Gaza dont elle distribue les produits (fraises, fleurs, herbes aromatiques) en Europe.

http://www.coalitioncontreagrexco.net/node/58

A la Une du JT 19/20 Languedoc Roussillon du 18/02/2011 – France 3

{dmotion}xh64t7{/dmotion}

 

Journal Montpellier du 18/02/2011 – TV Sud

http://www.tvsud.fr/




Une procédure judiciaire révèle les violations du droit et la fraude commises par Agrexco-Carmel

LA COALITION CONTRE AGREXCO COMMUNIQUE :

Port de Sète :

A l’initiative de la Coalition contre Agrexco

une procédure judiciaire révèle les violations du droit et la fraude commises par  la société Agrexco-Carmel

Dans l’objectif de permettre à la Coalition contre Agrexco d’intervenir sur le plan juridique, huit organisations membres (AURDIP, AP-LR, CCIPPP, CIMADE, CONFEDERATION PAYSANNE, COLLECTIF 69, ISM, UJFP) se sont regroupées au sein d’une structure ad hoc : La coalition juridique.

Après évaluation des différentes voies d’actions juridiques possibles (pénale, civile, administrative), la coalition juridique s’est engagé en 2010 dans une première procédure civile devant le tribunal de commerce de Créteil (territorialement compétent du fait que le siège d’Agrexco-France se trouve à Rungis). Cette procédure visait à obliger Agrexco à nous fournir l’ensemble de la documentation administrative certifiant l’origine des produits importés, afin de démontrer clairement les faits que dénonce la Coalition :

► Agrexco exporte des produits issus des colonies illégales

► Agrexco ne respecte pas la législation européenne

Une première audience s’est déroulée en décembre 2010 lors de laquelle Agrexco a demandé au juge de Créteil le renvoi de l’affaire.

Un fait nouveau nous a conduit a entreprendre une nouvelle procédure. En effet, comme vous le savez, le blocage du port de Marseille par les dockers pendant le mouvement social de l’automne a accélérer le transfert des activités d’Agrexco vers le port de Sète. Depuis octobre 2010, les bateaux d’Agrexco arrivent à Sète chaque mardi. Ce fait nouveau nous a offert la possibilité d’agir localement. C’est ainsi qu’une requête portée par la Confédération Paysanne, dont l’intérêt à agir avait toute les chances d’être jugé recevable, a été présentée au président du tribunal de commerce de Montpellier. La requête lui demandait précisément de nommer par ordonnance un huissier de justice, et de le missionner aux fins de se rendre un mardi sur le port de Sète pour assister aux opérations de débarquement, interroger les personnes présentes assurant la direction de ces opérations, et se faire remettre tout document sur les produits débarqués, notamment ceux concernant la certification de leur origine.

Le président du tribunal de commerce de Montpellier a jugé recevable la requête présentée et à signé une ordonnance en ce sens. L’huissier est intervenu le 25 janvier sur le port de Sète et vient de rendre son rapport. Le contenu du rapport sera présenté demain lors d’une conférence de presse dans les locaux de la Cimade. Vous trouverez les détails concernant cette conférence de presse dans le communiqué de presse.(www.coalitioncontreagrexco.net)




Les syndicats de base italiens amplifient le boycott de l’économie israélienne

Les syndicats de base italiens adhèrent à la manifestation de Livourne pour le boycott de l’économie israélienne.

L’union syndicale de base – USB (http://www.rdbcub.it/) – adhère à l’initiative du boycott de l’économie israélienne qui se tiendra à Livourne le 12 février 2011 devant le terminal passager  Place del Luogo Pio. Livourne est depuis des années la plus importante étape italienne de ZIM Integrated Shipping Services, le plus grand opérateur maritime israélien (et parmi les 12 premiers opérateurs mondiaux), dont l’histoire est à l’origine même de l’Etat d’Israël. Le choix de Livourne de la part de ZIM comme hub italien est fortement lié à la proximité du Camp Darby. L’axe Etats-Unis-Livourne-Israël est un axe essentiel pour l’approvisionnement militaire d’Israël.

 

Le syndicalisme de base est proche du peuple palestinien qui lutte pour conquérir sa propre patrie et sont également proche des travailleurs palestiniens contraints de travailler avec des salaires de famine pour l’économie de guerre et d’apartheid de l’Etat d’Israël. L’occupation raciste israélienne de la Palestine est soutenue de manière bipartisane en bonne partie par la classe politique et syndicale italienne et européenne. Il y a pourtant un mouvement de solidarité enraciné dans le monde entier qui depuis des années soutient la lutte du peuple palestinien, depuis 2005 ce mouvement a donné le coup d’envoi à une campagne internationale de Boycott Désinvestissement et Sanctions contre l’économie israélienne, lancée par les organisations pacifistes et syndicales palestiniennes (PACBI).

L’USB et les organisations adhérentes à la Fédération Mondiale des Organisations Syndicales (WFTU) sont engagées dans la campagne BDS. Le boycott des marchandises et technologies israéliennes peut être un formidable instrument de pression envers l’Etat d’Israël




Débat à l’Université de Montpellier

Mardi 15 février 2011 à 18h30
Amphi H de l’Université Paul-Valéry-Montpellier 3

« Universités: Quelle solidarité avec les Palestiniens? « 

Avec Joseph Oesterlé (AURDIP), J.-P. Nunez (CIMADE)…




Action Contre Agrexco en Belgique

BLOCAGE DE L’AEROPORT DE LIEGE CONTRE LES EXPORTATIONS D’AGREXCO


Communiqué de Presse – Vendredi 11 février 2010, Bierset, Liège

Les exportations de marchandises en provenance des colonies israéliennes illégales en Palestine sont bloquées.
Ce 11 février, vingt militants de la paix bloquent la sortie des camions de la filiale belge de la société israélienne Agrexco qui est établie sur l’aéroport de Liège. Ils protestent contre l’importation de marchandises provenant des colonies israéliennes en territoire palestinien occupé.
Ce commerce, selon les militants, est d’une violation du Droit International Humanitaire. Ils veulent, par leur action, éviter qu’Agrexco propage des produits illicites sur le marché européen.

Action pour la Paix et Vredesactie salue cette initiative et demandent au gouvernement d’agir contre les entreprises qui se rendent complices de crimes de guerre. Ils appellent les citoyens à porter plainte contre Agrexco et ses partenaires. Cette action de plainte s’inscrit dans la campagne War Starts Here qui dévoile nos liens économiques avec les guerres en cours. Action pour la Paix et Vredesactie montrent que le levier économique est l’un des moyens pour éviter ou résoudre ici-même les conflits.

Le blocage
Les militants se sont enchaînés aux portes de sortie de l’entreprise de distribution LACHS sur l’aéroport de Liège, pour bloquer les camions qui transportent les marchandises Agrexco. Ils exigent des garanties que les produits commercialisés par Agrexco ne proviennent pas des colonies illégales en territoires occupés palestiniens. Tant que la société ne donne pas ces garanties, ils veulent que le gouvernement arrête les flux suspects.

Flickr : http://www.flickr.com/photos/actionpourlapaix/
Twitter : http://twitter.com/#!/ActionPaix

Pas de Saint-Valentin pour la Palestine
Ces biens exportés d’Israël vers l’Europe par Agrexco sont principalement des légumes,des herbes, des fruits, du vin et des plats cuisinés. Mais en cette période de Saint-Valentin, on atteint un pic dans l’exportation de fleurs vers nos régions. Ces marchandises sont transportées par avion par la compagnie israélienne CAL, stockées et distribuées par la société de transport LACHS, une filiale d ‘Agrexco et de CAL. LACHS est la plaque tournante de la distribution européenne d’Agrexco et avait son siège à l’aéroport de Liège. Agrexco est détenue pour moitié par le gouvernement israélien.
Certains des produits Agrexco viennent de colonies israéliennes illégales en territoires palestiniens occupés. Ce commerce est de plus en plus sous le feu parce que la politique d’occupation d’Israël viole les Droits de l’Homme. Un militant se pose la question: « Les fleurs que nous achetons ici sont-elles cultivées sur des terres volées, avec de l’eau potable de personnes qui ont été chassées de leurs terres. Voulons-nous vraiment contribuer à ces pratiques? « 

Colonies de peuplement illégales
Les colonies dans les territoires occupés causent de pauvreté et de discrimination pour les 2,4 millions de Palestiniens qui vivent en Cisjordanie. Les Palestiniens doivent déjà se conformer à la rareté des ressources naturelles comme la terre et l’eau, mais, en plus, se voient contraints de les céder aux colons. Les colonies illégales et leurs infrastructures rendent pour plus de la moitié de la Cisjordanie la vie quotidienne des Palestiniens impossible.
La politique d’occupation d’Israël est une violation du droit international. L’article 49 de la quatrième Convention de Genève interdit à la puissance occupante le transfert d’une partie de sa population civile en zone occupée. Le gouvernement belge est tenu de retirer son soutien et d’empêcher la politique de colonisation. Les manifestants disent: «Le commerce de marchandises provenant des colonies doit cesser. Pour cela, nous ne devons pas créer de nouvelles lois, nous devons tout simplement faire respecter et appliquer le droit international parce que le commerce avec les colonies illégales est illégal. Les entreprises qui y contribuent devraient condamnées. « 

Plainte contre Agrexco
Action pour la Paix et Vredesactie appelle à porter plainte contre Agrexco et ses partenaires CAL (Cargo Air Lines),LACHS (LiègeAir Cargo Handling Services), pour recel et complicité de crimes de guerre.
Grâce à www.actionpourlapaix.be quiconque peut télécharger un formulaire de plainte. Un guide explique comment la plainte peut être déposée. Celle-ci peut être déposée personnellement à la police belge.

Le samedi 14 mai 2011 est organisé une journée de plainte nationale. Des mesures seront prises pour que la population puissent déposer plainte contre ces trois compagnies à leur poste de police local.

Contact presse :

Contact fr : 0487 44 11 92
Contact nl : 0471 74 91 77

European Coordination Via Campesina
www.eurovia.org

Rue de la Sablonnière 18, 1000 Brussel (BE)
tel: +32 2 2173112
mob: +32 474 847280
fax: +32 2 2184509
skype: anneliessch




Le groupe Faithless appelle par un message vidéo les artistes a ne pas se produire en israel.

Le groupe Faithless est en tournée en ce moment en Afrique du Sud. Ils en profitent pour faire une campagne de pub (radio) avec le message suivant:

« Il y a 20 ans, nous n’aurions pas joué en Afrique du Sud de l’Apartheid.
Aujourd’hui, nous refusons de jouer en israel.
Soyez du bon côté de l’histoire. Ne jouez pas pour l’Apartheid.
Rejoignez le boycott international d’israel. »

http://www.youtube.com/watch?v=XpE5AjsBiqw
http://www.southafricanartistsagainstapartheid.com




Syndicat de la Magistrature : « Ce que nous voulions dire à Normale Sup »

L’annulation, à la demande du Crif, d’une conférence-débat qui devait se tenir à l’Ecole normale supérieure sur la question du boycott crée une indignation légitime. Les motifs de «sécurité», timidement avancés par la direction de l’école pour tenter de la justifier, dissimulent mal la logique du musellement de l’expression publique qui est clairement à l’œuvre sur un sujet – les modes de résistance à la politique d’un Etat – dont il ne pourrait pas être débattu, d’après le Crif, parce que cet Etat s’appelle Israël.

Comment ne pas voir que cette logique de bâillonnement est exactement la même que celle qui sous-tend, précisément, l’exercice de poursuites pénales contre ceux qui, s’inscrivant dans une longue tradition de résistance citoyenne, ont choisi de faire du boycott un instrument de contestation des Etats par les sociétés civiles. Ce que cette annulation révèle, finalement, c’est que, dans une sorte de continuum de la censure, la pénalisation du boycott se doublerait d’une interdiction de la contester.

Comme d’autres, nous avions accepté de participer à la conférence, dont la vocation n’était autre que de soutenir Stéphane Hessel et l’ensemble des personnes aux prises avec la justice pour des faits de boycott. Qu’allions-nous dire à l’Ecole normale supérieure ? Il ne pouvait s’agir de prendre position sur l’«opportunité» de boycotter les produits israéliens, sujet sur lequel nous n’avions bien entendu ni compétences ni qualité pour intervenir. Il était en revanche évident, pour nous comme pour les organisateurs, que notre propos devait se donner pour objet de contester la «pénalisation» du boycott.

Un mot sur la genèse de cette pénalisation. Un texte de loi, réprimant la «provocation publique à la discrimination envers une nation», a été voté en 1977, sur le fondement duquel peut être réprimé tout appel au boycott d’un Etat. Le nombre de poursuites pour ce type de faits était toutefois extrêmement faible jusqu’à ce que le ministère de la Justice n’invite, dans une circulaire du 12 février 2010, les procureurs à assurer une répression «ferme et cohérente» de ces agissements. Résultat : plus de quatre-vingts personnes sont actuellement sous le coup d’une procédure judiciaire pour avoir, à des degrés divers, participé à des actions de boycott.

Il fallait donc rappeler une fois de plus que la nécessité de mobiliser la loi pénale ne s’évalue pas à l’aune des intérêts communautaires ou partisans des uns et des autres et que les libertés publiques, au nombre desquelles figure la libre contestation de l’action des Etats comme de celle des hommes, ne sont pas solubles dans ces intérêts. L’enjeu, qui n’est rien moins que la liberté d’expression, dépasse de très loin le problème israélo-palestinien : des actions de boycott contre des Etats ont déjà été conduites dans le passé à l’égard de l’Afrique du Sud, de la Chine ou de l’Inde. Prisonniers de leur logique, ceux qui, aujourd’hui, traînent les militants propalestiniens devant les tribunaux sont-ils bien certains de vouloir contribuer à l’interdiction, en tous temps et en tous lieux, d’actions qui, un jour, pourraient éclore au service de l’émancipation des peuples et des idéaux démocratiques qu’ils défendent ?

Le boycott ne vise rien d’autre qu’à donner forme, dans une action pacifique individuelle, à une opposition politique élaborée collectivement. Sa pénalisation s’inscrit dans un contexte d’intimidations envers toutes les formes d’action militante individuelles et collectives : les poursuites contre l’auteur du fameux «Sarkozy je te vois», l’explosion des procédures pour outrage et pour refus de prélèvement ADN, les arrestations aléatoires de manifestants, l’invention de la «mouvance anarcho-autonome» présumée «terroriste», les procédures contre des ouvriers victimes de plans sociaux, contre des bénévoles qui viennent en aide aux sans-papiers, contre les sans-logis.

Tel pouvait donc être le sens d’une intervention d’un représentant du Syndicat de la magistrature à un débat dont le principe même serait pourtant insupportable à certains. En dénonçant la mobilisation d’un arsenal répressif antiboycott, il s’agissait de revendiquer une libre voix pour une contestation politique qu’il n’y a, en l’occurrence, aucune raison de pénaliser, quoi que l’on pense par ailleurs de ce boycott en particulier. Bref, pas de quoi se faire traiter d’«ennemi d’Israël».

http://www.liberation.fr/monde/01012314984-ce-que-nous-voulions-dire-a-normale-sup




La « collaboration » des producteurs de Gaza : nouvelle tentative d’intox, nouvel échec d’Israël/Agrexco

On sait que derrière l’opération « fraises de Gaza » lancée par Agrexco/Carmel début décembre 2009 il y a l’état d’Israël tout entier.  L’entreprise d’état Agrexco/Carmel  emblème de la politique agricole israélienne a été choisie pour tenter de réhabiliter l’image de l’état israélien bien mal en point après les massacres et crimes de guerre perpétrés lors de la guerre contre Gaza l’hiver dernier. La méthode consiste à présenter Agrexco/Carmel comme une entreprise au service des Palestiniens qui exporterait leur produits, faisant vivre ainsi plus de 10 000 personnes dans la bande de Gaza. L’objectif était de miner de l’intérieur la Coalition contre Agrexco en lui faisant accepter les produits palestiniens de Gaza exportés par Agrexco sous le  label Coral (qui est un label israélien cf. le site agrexco). Du coup plus question de refuser l’arrivée des bateaux d’Agrexco à Vado (Italie) Sète (France) Valencia (Espagne) ou les avions chargés de fleurs à Liège et Londres. Bref c’en était fini de la campagne européenne contre Agrexco. La réponse cinglante du BNC Palestinien (Comité national Palestinien du BDS) signée de toutes les organisations paysannes palestiniennes et de tous les comités de résistance populaire, appelant au « boycott total d’Agrexco » et  renouvelant son soutien total à la Coalition contre Agrexco a fait de l’opération israélienne un fiasco total (lire la déclaration du 22/12/09 : (http://coalitioncontreagrexco.net/node/37).
Nouvelle tentative :  « La collaboration des producteurs de Gaza aux côtés des israéliens à Sète » : nouvel échec !
Le 18 janvier 2010  à l’occasion de l’arrivée, comme tous les mardis, du bateau Agrexco/Carmel à Sète, Israël a tenté une nouvelle opération de désinformation et de basse propagande.  Le CRIF, succursale israélienne en France, a invité les médias à une conférence de presse en territoire israélien, sur le bateau Agrexco/carmel à quai à Sète. L’invitation intitulée « Une rencontre fortement symbolique entre Israéliens et Palestiniens de Gaza dans notre région sur le port de Sète » affirme «  le soutien (du CRIF) à l’existence de 2 états, israéliens et palestiniens, vivant côte à côte dans le respect et la sécurité » et annonce la présence à la conférence de presse «  de producteurs Palestiniens de Gaza qui font un voyage d’étude en Europe, afin d’analyser les besoins du marché européen et de pouvoir développer leur activité agricole en conséquence« .
La manoeuvre n’est pas seulement grossière,  elle est ignoble. Pendant la guerre de Gaza les israéliens ont utilisé sur leurs chars des palestiniens comme boucliers humains pour pénétrer dans les villes. Dans cette version soft des boucliers humain, mais relevant du même principe odieux, Israël met en avant des producteurs Palestiniens pour pénétrer sans difficulté dans le port de Sète et ailleurs et ainsi forcer le boycott d’Agrexco. Mais la manoeuvre a lamentablement échoué pour la simple raison que les Palestiniens ont refusé de venir à Sète et de se prêter à cette mascarade sur le bateau israélien. Le directeur d’Agrexco a annoncé penaud qu’ils avaient reçu un ordre de Ramallah leur interdisant de venir… Pas de palestiniens, pas de « rencontre fortement symbolique », pas de photos de cette prétendue collaboration « vieille de 30 ans ». Comme l’a dit très justement une journaliste en sortant : « C’était un non événement ». Un nouvel échec pour Israël/Agrexco dans leur cynique tentative pour utiliser les palestiniens de Gaza contre les intérêts de leur propre peuple !
La collaboration des élus c’est une affaire qui marche !
Si « rencontre hautement symbolique » il y a eu, c’est entre les israéliens et « nos » élus. Il y en a qui n’ont honte de rien : Christian Bourquin, président du conseil Régional Languedoc-Roussillon (PS), François Commeinhes, maire de Sète (UMP) et Max Lévita (PS) représentant la mairie de Montpellier ont assisté à la mascarade. Invités par le CRIF L.R, nos élus sont allés faire la courbette au directeur d’Agrexco et au représentant du ministre de l’agriculture israélien qui avait fait le déplacement. Rien ne les y obligeait. Le même jour où le CRIF, ligotant la liberté d’expression, réussissait à interdire à Paris un meeting de Stéphane Hessel interdisant par là l’expression de l’ambassadrice de la Palestine Leila Shahid, le CRIF L.R se présentait ici comme l’ami des palestiniens. Par leur présence nos élus ont participé activement à cette tentative de désinformation visant à banaliser les agissements d’une entreprise coloniale qui vole les terres et l’eau des palestiniens, qui fraude les douanes et viole le droit international.  Par leur présence nos élus ont soutenu ouvertement Israël ! Ils auront à rendre compte, un jour ou l’autre,  de cette collaboration active avec un état criminel condamné par l’assemblée générale de l’ONU pour crimes de guerre !
Etre à la hauteur du courage des palestiniens
Revenons sur les questions que se posent certains sur le boycott des produits exportés par Agrexco en provenance de Gaza.  Il faut le dire haut et fort, les palestiniens n’ont pas le choix ! ils cultivent, ils travaillent et exportent pour Agrexco selon ses intérêts et le bon plaisir d’Agrexco. Et quand ils viennent en Europe dans ce contexte, c’est par chantage et menaces israéliennes cela ne fait aucun doute ! Pas question de faire le moindre reproche à ces Palestiniens, nous savons qu’ils sont contraints par la situation que le blocus aggrave d’autant plus.
Mais pour autant, devrions nous renoncer à nous opposer à Agrexco ?
Ce sont les ouvriers palestiniens qui dans leur grande majorité construisent les colonies, devrions nous pour autant renoncer à lutter contre les colonies et la colonisation ?
Ce sont les Palestiniens qui ont construit le mur, devrions pour autant renoncer à la lutte contre le Mur ?
Il faut entendre ce que nous disent et ce que nous demandent les Palestiniens (extrait de la déclaration du 22/12/09) :
« La campagne de lobbying d’Israël au service d’Agrexco doit être considérée comme une autre tentative désespérée d’Israël et des ses groupes de pression bien huilés pour contrer la montée rapide de la campagne BDS, en peignant le boycott comme « contre-productif » et « nuisible aux Palestiniens ». En plus de sa fausseté, c’est un argument paternaliste que nous rejetons. L’appel BDS a été signé par plus de 170 partis politiques, syndicats, ONG, réseaux et associations agricoles palestiniens représentant tout le spectre de la société civile palestinienne : sous occupation en Cisjordanie et à Gaza, en Israël et en exil. De plus, un boycott total de Carmel-Agrexco a été approuvé par la totalité des syndicats et comités agricoles et de fermiers Palestiniens. Quoique bien conscients du prix que nos agriculteurs pourraient payer du fait d’un boycott complet de Carmel Agrexco, nous considérons le BDS comme le moyen de solidarité le plus efficace pour provoquer la fin des différentes formes d’oppression par Israël qui empêchent nos agriculteurs et le peuple tout entier de jouir de la liberté et des droits de l’homme. »

Ce sont eux qui font les sacrifices en nous demandant le « boycott total d’Agrexco ».  Ne pas répondre à leur demande serait non seulement les laisser se sacrifier pour rien mais  bien plus grave, ce serait les trahir. Nous devons être à la hauteur de leur courage et des sacrifices qu’ils acceptent d’endurer.
JLM
18/01/2011



Une action de projection : Les artistes contre l’occupation « Tokyo »

Une action de projection : Les artistes contre l’occupation ont projeté sur le mur d’une boutique à Tokyo en lui remerciant de boycotter Israël le 12 déc 2010.




Boycott ? Oui ! Culturel ? Aussi !


La campagne BDS

Face à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’Etat d’Israël, pour le forcer à respecter le droit international et les droits humains des Palestiniens, même les défenseurs d’Israël en sont réduits à demander : « Pourquoi ne boycotter que Israël et pas aussi les autres pays qui ne respectent pas non plus le droit international ? ». Au-delà de l’argument d’efficacité, la justification principale de cette stratégie (car le BDS est avant tout une stratégie) est qu’elle répond à un appel à la solidarité qui nous vient des Palestiniens eux-mêmes, depuis 2005[1]. Ce sont eux qui, aujourd’hui, nous demandent de mettre en œuvre cette campagne, et qui en définissent les contours.

Si BDS recueille un soutien populaire grandissant, c’est que l’opinion publique a fini par se lasser du « processus de paix » promis par nos dirigeants et jamais mis en place. Face à l’impuissance, si ce n’est à la collaboration active des gouvernements occidentaux dans la colonisation de la Palestine, la Campagne BDS[2] est une initiative non-violente dont peuvent s’emparer toutes les personnes solidaires du peuple palestinien, chacune à sa façon, en tant que militants politiques, consommateurs, professeurs, artistes, sportifs ou autres. La popularité de cette approche résulte également de sa résonance avec le boycott contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980. Le succès historique de cette campagne est une source d’inspiration pour les Palestiniens qui espèrent voir une solidarité similaire se mettre en place dans le monde entier.

Critiques du boycott culturel

Certains voudraient voir la campagne BDS se limiter aux biens de consommation, et en exclure l’art et la culture. Examinons les arguments en faveur d’une telle position, qui sont souvent les mêmes dans les domaines culturels et universitaires. Ils relèvent de quelques préjugés pourtant régulièrement démentis par des faits aisément vérifiables : le premier d’entre eux est que ce type de boycott va nous couper des artistes et des universitaires israéliens, pourtant les plus progressistes de leur société. L’appel au boycott, tel que défini par les Palestiniens, ne concerne que les institutions de l’Etat israélien, pas les individus. La campagne BDS n’empêche donc pas les rencontres avec des artistes israéliens, en particulier s’ils sont progressistes, pour faire avancer nos causes communes. Néanmoins, contrairement aux idées reçues, ces artistes, universitaires et intellectuels israéliens progressistes sont peu nombreux et ostracisés par leurs collègues qui, dans leur écrasante majorité, font corps avec les politiques d’occupation, de colonisation et de discrimination de leur gouvernement. D’aucuns pourraient donc, au contraire, attendre des intellectuels, comme lors de la lutte contre l’apartheid sud-africain, d’être à l’avant-garde de la prise de conscience humaine et politique de la détresse palestinienne. Dans ce cas, la campagne de pression internationale devrait porter en premier lieu sur les artistes et universitaires israéliens, plutôt que de les laisser dans leurs tours d’ivoire.

Un autre préjugé, qui dépasse le cadre moyen-oriental, affirme qu’on ne peut pas mélanger l’Art et la politique. Vraiment ? Les artistes israéliens ne sont-ils pas également des citoyens israéliens ? Leur art n’est-il pas influencé par la situation géopolitique et humaine dans laquelle ils se trouvent ? Et si ce n’est pas le cas, n’est-ce pas un luxe que la colonisation leur procure, mais qui est interdit aux artistes palestiniens ? Si l’on ne peut pas mélanger l’art et la politique alors pourquoi les artistes palestiniens sont-ils discriminés, en tant que Palestiniens, mais aussi en tant qu’artistes, avec moins d’accès aux ressources financières pour créer et diffuser leurs œuvres ? La culture est tellement politique que des artistes et intellectuels tels que Ghassan Kanafani ou Naji Al Ali furent assassinés par les services secrets israéliens, et que Annemarie Jacir, Cat Stevens ou Noam Chomsky se sont vus refuser le droit d’entrer en Israël.

La culture comme arme de guerre

L’art est tellement politique que l’Etat d’Israël l’utilise de plus en plus pour tenter de redorer son blason terni par le sang des 1400 Gazaouis massacrés en 2009 ou des 9 Turcs assassinés en 2010. Il finance profusion de festivals de littérature israélienne, d’évènements autour de l’anniversaire de Tel-Aviv, de tournées de troupes nationales de danse, etc. Cette campagne de marketing consiste à jeter de la poudre culturelle aux yeux du grand public, pour se donner une image positive, cultivée, moderne, « normale » en quelque sorte… Mais si Israël veut être traité comme un Etat « normal », il doit renoncer à l’impunité dont il bénéficie aujourd’hui. Tant que ce ne sera pas le cas, il sera montré du doigt, et aucun festival n’y changera quoi que ce soit.

Mise en œuvre du boycott culturel

L’appel palestinien définit très bien le cadre dans lequel le boycott culturel contre l’Etat israélien doit être mis en œuvre. Puisqu’il s’agit d’un boycott institutionnel, les Palestiniens ne nous demandent pas de boycotter des individus ou des groupes d’artistes en raison de leur nationalité israélienne. C’est donc, pour le moment, un boycott “doux”, contrairement au boycott de l’Afrique du Sud qui s’étendait également aux artistes, à titre individuel. En second lieu, le boycott ne s’applique aux évènements culturels en dehors d’Israël que s’ils sont financés ou soutenus par une agence gouvernementale israélienne (ministère, ambassade, consulat…), ou explicitement sioniste (le Fond National Juif, ou KKL, par exemple).

Les artistes

A titre individuel, un artiste peut simplement refuser de se produire en Israël, mais c’est à titre collectif que le boycott prend tout son sens politique : lorsque cette décision est rendue publique et qu’elle s’accompagne d’autres initiatives semblables. Depuis les bombardements sur Gaza, ce mouvement prend une ampleur considérable et il n’est pas une semaine sans qu’on apprenne qu’un artiste de premier plan annule un voyage prévu en Israël, profitant parfois de l’occasion pour écrire de véritables pamphlets dénonçant les conditions dans lesquelles vivent les Palestiniens. Rien que pour l’année 2010, les acteurs Meg Ryan et Dustin Hoffman, le metteur en scène Mike Leigh[3], les écrivains Henning Mankell, Iain Banks[4] et Alice Walker[5], les musiciens Carlos Santana, Devendra Banhart[6], Tommy Sands, Elvis Costello[7], Gil Scott-Heron, Annie Lennox[8] et les groupes The Klaxons, Gorillaz, The Pixies, Leftfield, Faithless[9], Tindersticks et Massive Attack[10] ont renoncé à se rendre en Israël !

Plus de 500 artistes montréalais[11] réunis dans la première des organisations « Artists Against Apartheid », plus de 150 artistes irlandais[12] et une centaine d’intellectuels norvégiens[13] se sont également engagés par écrit à boycotter Israël. Ils rejoignent ainsi des cinéastes (Ken Loach, Jean-Luc Godard…), des musiciens (Roger Waters, Brian Eno, Gilles Vigneault, Lhasa…), ou des écrivains de tous les pays (l’Uruguayen Eduardo Galeano, l’Indienne Arundhati Roy, le Sud-africain Andre Brink, la Canadienne Naomi Klein, le Brésilien Augusto Boal, l’Italien Vincenzo Consolo, l’Anglais John Berger, les Américaines Adrienne Rich, Sarah Schulman ou Judith Butler…).

Les citoyens

Pour ce qui est des évènements qui se déroulent en Israël, les militants ou les citoyens peuvent tenter de convaincre les artistes ressortissants de leurs pays de ne pas y participer et, si possible, de rendre leur décision publique. Dans le cas de Leonard Cohen, les nombreux courriers envoyés n’avaient pas réussi à lui faire annuler sa tournée en Israël en 2009, mais elles ont convaincu Amnesty International qui avait, au départ, prévu de s’associer à ces concerts, de se retirer de cette farce pseudo humanitaire et indirectement pro-gouvernementale[14].

Pour ce qui est des évènements qui se déroulent dans le reste du monde, le boycott doit s’attaquer à la stratégie israélienne de tentative d’amélioration de son image de marque internationale (le « rebranding »). Un festival de cinéma fera-t-il oublier les massacres et le blocus de Gaza ? Une exposition de peinture blanchira-t-elle l’assaut meurtrier de la Flottille de la Liberté ? La décision de participer ou de ne pas participer à ces manifestations culturelles revêt désormais un sens politique, car elle est identifiée comme un soutien ou comme une dénonciation de l’Etat d’Israël et de sa politique d’oppression. A titre individuel, le spectateur responsable refusera donc d’y collaborer ! A titre collectif, le citoyen responsable tentera d’élargir le soutien à la campagne de boycott, en revendiquant sa position, voire en la publiant. Le but de la campagne BDS n’est-il pas aussi de reprendre la parole dans les médias ? De parler de la Palestine et, qui plus est, d’en parler avec nos termes ?

Boycott de l’intérieur [15]

Si certains en France pensent que le boycott devrait se limiter aux produits de consommation et ne pas s’étendre à l’art, à l’éducation et à la culture, en Israël, paradoxalement, c’est le contraire qui se produit. Alors que seul un petit groupe d’Israéliens est convaincu par le boycott économique, une coalition beaucoup plus large, de 150 personnalités, universitaires, écrivains, artistes et acteurs israéliens a signé l’été dernier une pétition appelant à boycotter les manifestations culturelles et universitaires dans les colonies des territoires occupés depuis 1967[16]. Aux côtés d’intellectuels connus pour leur engagement contre l’occupation, tels Niv Gordon, Gideon Levy ou Shlomo Sand, on trouve des personnalités généralement plus discrètes comme l’historien Zeev Sternhell ou les célèbres écrivains David Grossman, A.B. Yehoshua et Amos Oz. Tandis qu’ils étaient sévèrement critiqués par le gouvernement israélien, ces personnalités israéliennes ont reçu une lettre de soutien de 150 autres artistes[17], principalement américains et anglais, dont Vanessa Redgrave, Cynthia Nixon ou Tony Kushner. Au-delà de ce coup d’éclat récent, les Palestiniens en appellent aux artistes israéliens progressistes de ne pas participer à des évènements culturels, festivals ou expositions financés par le gouvernement israélien. Certains, tel le cinéaste Eyal Sivan, le musicien Gilad Atzmon, l’éditrice Yaël Lerer ou l’écrivain Aharon Shabtai, se conforment à cet engagement moral.

Si nous dénonçons les discriminations que subissent les Palestiniens et, singulièrement, les artistes palestiniens, notre rôle est aussi de lutter contre cette discrimination. Car la politique israélienne, au-delà d’un simple favoritisme budgétaire, tente d’éteindre la résistance palestinienne en niant sa culture. Dans un contexte d’occupation coloniale, l’art palestinien contemporain est éminemment influencé par la situation politique. L’art palestinien est politique, et comment pourrait-il en être autrement ? La poésie de Mahmoud Darwish est politique, les écrits d’Edward Saïd ou de Ghassan Kanafani sont politiques, l’art plastique d’Emily Jacir est politique, les films de Michel Khleifi sont politiques, etc. A travers l’art de ces femmes et de ces hommes, ce sont l’histoire, la vie, les revendications et les souffrances des Palestiniens qu’on apprend à mieux connaître. A travers la musique « classique » de Rim Banna, du Trio Joubran ou de Kamilya Jubran, autant qu’à travers le rap de DAM, Ramallah Underground ou Shadia Mansour, c’est une culture vivante qui s’exprime et qui tente de nous transmettre une vérité qu’on ne lit pas dans les journaux. Au-delà du boycott des institutions culturelles israéliennes, il est donc également important d’écouter ce que les artistes palestiniens ont à nous dire…

Conclusion

Rappelons que le droit international exige de l’Etat israélien qu’il mette fin à l’occupation des terres arabes et au blocus de Gaza, qu’il démantèle le Mur de séparation, qu’il cesse toute discrimination basée sur l’origine ethnique ou religieuse et qu’il respecte le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs villages.

On aurait souhaité que « les deux parties » négocient une paix juste, mais l’histoire démontre que le dominant ne cède jamais de bon cœur aux exigences, même légitimes, du dominé. Pour que le colonisateur cesse de coloniser, il faut que le prix que lui coûte la colonisation soit plus élevé que celui qu’elle lui rapporte. Ce « prix » aujourd’hui ne se mesure pas en vies humaines, ni même en monnaie sonnante et trébuchante. Le prix que nous tentons de faire payer à l’Etat d’Israël est celui de sa réputation, en le montrant du doigt. La pression exercée par le boycott en général, et le boycott culturel en particulier, ne vise pas à ruiner les Israéliens, ni même à les priver de tout accès à la culture, elle ne vise qu’à rétablir la justice. La campagne BDS cessera lorsqu’Israël respectera, au minimum, les résolutions de l’ONU et de la Cour Internationale de Justice.

Les artistes ont joué un rôle clé pour isoler le régime d’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980, alors même que les gouvernements occidentaux poursuivaient leurs relations diplomatiques et économiques, dans une complicité criminelle. Aujourd’hui encore, il est trop tôt pour attendre de nos gouvernements de mettre Israël au ban des nations, ou même au banc des accusés ! Mais les artistes peuvent et doivent montrer la voie, suivis par les citoyens que nous sommes tous, pour qu’enfin cesse l’oppression du peuple palestinien.

Dror

[1] Appel des Palestiniens au BDS contre Israël : http://bdsmovement.net/?q=node/52#French

[2] Relais français de la campagne BDS internationale : http://www.bdsfrance.org/

[3] Déclaration de Mike Leigh :
http://artsbeat.blogs.nytimes.com/2010/10/18/war-of-words-after-mike-leigh-cancels-israeli-trip/?ref=movies

[4] Déclaration de Iain Banks :
http://www.guardian.co.uk/world/2010/jun/03/boycott-israel-iain-banks

[5] Déclaration de Alice Walker : http://electronicintifada.net/v2/article11319.shtml

[6] Déclarations de Devendra Banhart et de Tommy Sands :
http://english.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=8365&Itemid=56

[7] Déclaration d’Elvis Costello :
http://www.elviscostello.com/news/it-is-after-considerable-contemplation/44

[8] Déclaration d’Annie Lennox :
http://www.haaretz.com/culture/annie-lennox-i-have-no-interest-in-going-to-israel-1.318380?localLinksEnabled=false

[9] Déclaration de Maxi Jazz, de Faithless : http://www.maxijazz.co.uk/Welcome.htm

[10] Déclaration de Robert Del Naja, de Massive Attack :
http://www.newstatesman.com/music/2010/09/israel-interview-boycott-naja

[11] 500 artistes montréalais contre l’apartheid israélien : http://www.tadamon.ca/post/5824

[12] 150 artistes irlandais s’engagent à boycotter Israël : http://www.ipsc.ie/pledge/

[13] 100 intellectuels norvégiens : http://akulbi.net/

[14] Déclaration d’Amnesty International à propos de la tournée de Leonard Cohen :
http://www.france-palestine.org/article12450.html

[15] Relais israélien de la campagne de boycott : http://boycottisrael.info/

[16] 150 artistes israéliens boycottent les colonies israéliennes :
http://www.haaretz.com/print-edition/news/150-academics-artists-back-actors-boycott-of-settlement-arts-center-1.311149

[17] 150 artistes américains et anglais soutiennent les 150 artistes israéliens :
http://jvp.org/campaigns/making-history-support-israeli-artists-who-say-no-normalizing-settlements-4




Vanessa Paradis annule son concert en Israël – Communiqué de la Campagne BDS France

  La Campagne BDS France avait envoyée le 27 décembre dernier une lettre ouverte à l’attention de l’artiste l’invitant à refuser de se produire dans le pays de l’apartheid et des crimes de guerre. Une lettre signée par plusieurs israéliens membres du groupe « Boycott de l’intérieur » lui avait également été envoyée afin de lui demander de ne pas accepter d’être complice de la politique israélienne en donnant un concert dans ce pays.

A travers les invitations faites à différents artistes à se produire en Israel, l’état israelien veut redorer son image alors que les palestiniens continuent à subir l’apartheid, l’occupation, la colonisation et les crimes de guerres.

Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, les Pixies ou Massive Attack, entre autres, avaient déjà annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes.

Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’apartheid, la campagne « BDS » initiée en 2005 par toutes les composantes de la société civile palestinienne appelle au Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il applique le droit international et les principes universels des droits de l’homme.

La Campagne BDS France
campagnebdsfrance@yahoo.fr

Voir aussi à ce sujet :
 http://www.purepeople.com/article/vanessa-paradis-annule-sa-venue-en-israel-suite-a-des-pressions-politiques_a71988/

et la lettre qui avait été envoyée à Vanessa Paradis par la campagne BDS France




Victoire du mouvement BDS sur Ahava en Grande-Bretagne et au Canada

Victoire du mouvement BDS : les magasins John Lewis en Grande-Bretagne et les magasins La Baie au Canada cessent de vendre les produits Ahava

Campagne Solidarité Palestine

La décision de John Lewis représente une nouvelle victoire du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) en pleine expansion. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de sociétés qui tirent profit de l’occupation illégale israélienne.

Les produits Ahava, manufacturés sur la terre palestinienne, deviennent trop brûlants pour être gardés. L’une des plus importantes enseignes britanniques de distribution, John Lewis, (28 grands magasins, 174 supermarchés, des filiales de vente en ligne) refuse aujourd’hui de vendre cette marque toxique. Le distributeur canadien The Bay (HBC – 92 magasins) confirme lui aussi qu’il a cessé de commercialiser les produits Ahava (1).

La décision de John Lewis représente une nouvelle victoire du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) en pleine expansion. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de sociétés qui tirent profit de l’occupation illégale israélienne.

Le directeur général de John Lewis, Andy Street, écrit dans une lettre datée du 7 janvier à la Campagne Solidarité Palestine (CSP) : « En tant que distributeur socialement responsable, John Lewis prend très au sérieux le traitement des salariés et leurs conditions de travail. Nous attendons de tous nos fournisseurs qu’ils respectent non seulement la législation, mais aussi les droits, les intérêts et le bien-être de leurs employés, de leurs communautés et leur environnement. » Et de terminer en disant : « S’agissant de votre demande spécifique concernant les produits Ahava de la Mer Morte, je peux vous confirmer que John Lewis a cessé de vendre ces produits précis ».

Sarah Colborne, directrice des campagnes et opérations CSP, déclare :

« CSP se félicite de la décision de John Lewis d’arrêter la vente des produits Ahava. La poursuite des agressions d’Israël contre la population palestinienne – qu’elle vive sous le blocus brutal de la bande de Gaza, sous l’occupation illégale de la Cisjordanie dont Jérusalem-Est, ou qu’elle subisse les agressions permanentes à l’intérieur d’Israël – a conduit à un bouleversement sismique dans l’opinion publique à l’égard du mouvement pour la paix et la justice afin que les Palestiniens obtiennent un soutien massif internationalement.

« Les laboratoires Ahava de la Mer Morte, entreprise israélienne de cosmétiques, ont monté leur usine de production, avec un centre d’informations pour les visiteurs, dans la colonie israélienne illégale de Mitzpe Shalem, en Cisjordanie. La société est possédée à 44 % par la colonie Mitzpe Shalem et une autre colonie, Kalia, de sorte que les profits dégagés par Ahava subventionnent des colonies illégales.

« L’usine de production Ahava se trouve dans une colonie israélienne illégale, sur une terre palestinienne qui a été volée. Ses produits de beauté ne peuvent dissimuler le rôle qu’Ahava joue dans la sale occupation d’Israël. Ahava et les autres sociétés qui profitent de l’occupation israélienne illégale reçoivent un message clair des consommateurs qui refusent d’acheter leurs produits. Alors que les gouvernements, dont le nôtre, sont incapables de mettre fin aux violations par Israël du droit international et des droits humains, nous pouvons, nous tous, agir en refusant d’acheter les produits israéliens et rejoindre le mouvement de BDS. La Campagne Solidarité Palestine continuera de s’assurer que les sociétés qui profitent de l’occupation israélienne paient le prix de leur complicité des crimes d’Israël ».

En 2005, la société civile palestinienne a lancé un appel international aux boycotts, désinvestissements et sanctions contre Israël (2). CSP a lancé sa campagne nationale de boycotts en 2002, et elle soutient les manifestations qui ont lieu toutes les deux semaines devant le magasin Ahava à Covent Garden, Londres.

(1) – The Bay a confirmé avoir cessé la vente des produits Ahava ; son directeur général, Bonnie Brooks, déclare le 13 janvier dernier, « La Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) a abandonné les ventes des produits de beauté Ahava d’abord parce les résultats des ventes déclinaient depuis plusieurs années. » Et de reconnaître que « Bien que cette décision ait été prise par HBC uniquement pour des raisons commerciales, elle coïncide dans le temps avec une campagne agressive de différents groupes recommandant un boycott des produits Ahava ».

(2) Appel sur le site BDS France
http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=86%3Aappel-palestinien-bds&catid=1%3Apresentation&Itemid=1

Notamment sur cette entreprise coloniale :

Ahava traduite en justice suite à la campagne de boycott menée contre elle – Adri Nieuwhof – The Electronic Intifada

Les laboratoires de la Mer Morte : l’affaire Ahava – Nancy Kricorian

Washington – 14 janvier 2011 – Common Dreams.org
http://www.commondreams.org/newswire/2011/01/14-0
traduction : JPP