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Montpellier : Un contre sommet “Afrique-France” anti-colonialiste

 

Le racisme et la discrimination sont les anthithèses de la Liberté, de la Justice et de l’Égalité

“(…) Guidés par l’agenda inclusif de la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée, qui s’est tenue en 2001 à Durban, en Afrique du Sud, les principes du mouvement BDS incluent les valeurs de la diversité culturelle, de la solidarité et du soutien mutuel avec les victimes du racisme et de la discrimination raciale.
Sur la base de ces valeurs, nous sommes solidaires des personnes d’origine africaine, des peuples indigènes, des sans-terre, des réfugiés et des migrants, des personnes exploitées et opprimées pour le progrès économique de quelques-uns, et de celles qui sont discriminées et persécutées pour leurs croyances ou leur identité, incluant la caste. Nous soutenons leurs luttes respectives pour la justice raciale, économique, sexuelle, environnementale et sociale.(…)”
(BNC 7 mars 2017- https://bdsf34.wordpress.com/2017/03/08/le-racisme-et-la-discrimination-raciale-sont-les-antitheses-de-la-liberte-de-la-justice-et-de-legalite/)

En opposition au sommet “Afrique-France” d’E. Macron et à l’ appel d’une centaine d’organisations et associations, se sont tenus à Montpellier, durant plus d’une semaine des actions, conférences et ateliers qui ont dénoncé le caractère colonialiste de ce sommet et de la présence française en Afrique.  La Marche nationale des sans papiers qui était largement représentée a été la cible de la répression du préfet de l’Hérault. Dans la foulée de la destruction sans sommation et au bulldozer de plusieurs bidonvilles de Montpellier en septembre dernier, M. le préfet s’est payé une rafle de sans papiers en gare de Montpellier. 8 arrestations à la descente du train : deux personnes expédiées en CRA (Centre de rétention administrative), les 6 autres se sont vues imposées une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français). La carotte pour les un.e.s (du sommet) et le bâton pour les autres (du contre-sommet).  Une bonne illustration de la politique coloniale.

Répondant à l’Appel du BNC,  BDS France Montpellier a signé l’appel au Contre Sommet et participé aux diverses activités.

Hommage à Thomas Sankara dont le procès de son assassinat commence le 11 octobre 2021 à Ouagadougou.

En présence de Maryam Sankara, veuve de T. Sankara,  domiciliée à Montpellier, Aziz Fall a retracé les conditions difficiles de l’ouverture du procès. Le soir même il développera le sujet dans sa conférence intitulée “Lutte contre l’impunité : Sankara et panafricanisme”.

Mme Sankara, Aziz Fall et le président du comité T. Sankara 34 (à droite).

Mireille Fanon Mendès-France participait à l’événement.

Invitée par l’UJFP elle a participé à diverses  activités du contre sommet et tenu une conférence remarquée :

” Frantz Fanon, de l’anticolonialisme à la pensée décoloniale”.  (voir sur Youtube  et FB )

Voici pour BDS France le décryptage du “Sommet France Afrique” d’E. Macron par Mireille Fanon Mendès-France.

Sommet dont la caractéristique a été d’écarter unilatéralement les représentants officiels des État (chefs d’Étas, ministres etc.) au profit de personnalités du commerce, de la communication, du design ou du numérique, notamment de la diaspora africaine.

En fin d’interview elle mentionne la gravité de la possible admission d’Israël en tant qu’État observateur à l’Union Africaine.

Conférence de Raphaël Granvaud (SURVIE) :” Présence militaire française au Mali “.( Voir sur FB ) Toutes les conférences sont disponibles

 

L’exposition du GISTI a consacré un panneau à la colonisation de la Palestine et mentionné BDS. Tout à droite l’affichage de BDS France Montpellier de l’appel du BNC aux États africains contre l’entrée d’Israël au sein de l’UA (Union Africaine ) en tant qu’observateur. C’était l’axe de la présence de BDS France Montpellier à la manifestation.

 

Images de la manifestation

 

 

 




ILS* interdisent la manifestation anti-apartheid israélien : une manifestation anti-raciste et non-violente

Manifestation BDS France Montpellier, 22 mai 2021 en solidarité avec le soulèvement du peuple palestinien et contre les bombardements de Gaza.

Criminaliser et réprimer la critique de l’État d’Israël

Par arrêté préfectoral du 18 juin 2021 le préfet de l’Hérault interdit la manifestation déclarée par BDS France Montpellier :

CET ARRÊTÉ INTERDIT DE DÉNONCER LE CARACTÈRE COLONIAL DE CETTE JOURNÉE QUI PROCLAME JÉRUSALEM CAPITALE D’ISRAËL

CET ARRÊTÉ CONSIDÈRE QUE DÉNONCER “L’ANNEXION DE JÉRUSALEM”, “JÉRUSALEM CAPITALE D’ISRAËL” ET “L’APARTHEID ISRAÉLIEN” CONSTITUENT DES “PROPOS HAINEUX” .

Mais alors pourquoi le préfet n’assigne t-il pas BDS France Montpellier au tribunal ? Par ce que rien de tout ce qui est écrit, dit ou filmé ne prête à procès. Croyez-vous qu’ILS* auraient hésité une seconde s’ils avaient trouvé matière à poursuite ? Ça fait des années qu’ils en rêvent. Cette fois-ci ils n’ont même pas tenté d’utiliser l’arme “fatale”  “d’antisémitisme” tellement elle est mensongère contre BDS.

Rassemblement 19 juin 2021 place de la comédie.

L’objectif stratégique est d’éliminer de la vie publique toute critique du caractère colonial, d’apartheid et donc raciste de l’État d’Israël.

La tactique consiste :

  • D’une part à intimider ceux et celles qui osent dénoncer le système d’apartheid et la colonisation de peuplement et par voie de conséquences, intimider tous ceux et celles qui seraient tenté.e.s de le faire et tous ceux et celles qui seraient tenté.e.s de les médiatiser (journalistes).
  • D’autre par il s’agit de disqualifier ceux et celles qui portent ces critiques en les qualifiant (sans avancer arguments) d’”antisémites”, “leurs propos de haineux”, “islamistes”, “c’est le Hamas” etc. et si ça ne suffit pas viennent les attaques qui visent la personne elle même, sa vie privée etc. La méthode est connue, en attaquant celui ou celle qui émet la critique on déplace sur lui ou elle la discussion, le but étant de ne pas parler du contenu, du fond, qui eux sont indéfendables : colonisation, crimes de guerre, apartheid, persécutions, crimes contre l’humanité, blocus de Gaza, le Mur etc.
  • Avec la criminalisation vient progressivement la répression :  après les procès, les PV et amendes, les auditions au commissariat, viennent la confiscation-vol du matériel (chapiteau, tables pour un montant de 700€), les refus systématiques d’autorisations de stand place de la comédie et les interdictions de manifestations. Il s’agit “d’habituer” le public et ainsi banaliser l’atteinte majeure au droit constitutionnel  que constituent la liberté d’expression et de manifester sur la voie publique.
  • Certain.e.s qualifient ce processus qui se généralise au prétexte de la pandémie comme un processus de fascisation.

Prise de parole pour présenter les activités de BDS France Montpellier et les Campagnes en cours (PUMA, AXA, HP(Hewlett Packard…).

L’apartheid israélien est une réalité avérée

Il est aujourd’hui impossible d’ignorer ce fait :

2009 : le Tribunal Russel lors de sa 3ème session en Afrique du Sud conclut :« Israël soumet le peuple palestinien à un régime institutionnalisé de domination considéré comme apartheid en vertu du droit international.

2017 : rapport Falk/Tilley pour l’ONU conclut : «(…) le poids des preuves est suffisant pour soutenir, au-delà de tout doute raisonnable, qu’Israël est coupable d’imposer au peuple palestinien un régime d’apartheid, ce qui constitue un crime contre l’humanité (…).

2021  12 janvier: L’ONG israélienne des droits humains B’tselem conclut : « Un régime de suprématie juive du Jourdain à la Méditerranée : C’est l’apartheid ».

2021 27 avril, l’ONG internationale Human Rights Watch conclut : «  Les autorités israéliennes commettent les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution contre les Palestiniens vivant dans le territoire occupé, y compris Jérusalem-Est. »

En décembre 2018 la Knesset a adopté la “Loi fondamentale” qui stipule  qu’ ” Israël est l’État nation du peuple juif”. Cette loi, qui s’appliquait de fait,  officialise dans la loi l’apartheid en Israël.

PEUT-ON EN MÊME TEMPS COMBATTRE EN FRANCE LES IDÉES D’EXTRÊME DROITE ET SOUTENIR L’APARTHEID ISRAÉLIEN EN ISRAËL ?

Comment  les exécutifs de la Région, du Département et de la Ville de Montpellier  (tous à majorité PS) peuvent-ils se prétendre pour les libertés démocratiques, contre le racisme, contre la droite et l’extrême droite et depuis 44 ans soutenir politiquement et financièrement une fête coloniale d’un État d’apartheid ?

LE “EN MÊME TEMPS” EST UNE FORMULE HYPOCRITE AU SERVICE DE L’OPPRESSEUR

E. Macron en Algérie a qualifié la colonisation “de crime contre l’humanité” et de “vraie barbarie” mais  mais en même temps son préfet interdit une manifestation contre la colonisation israélienne. Quand Israël bombarde la Bande de Gaza et que les assassinats de civils dont de nombreux enfants sont médiatisés, E. Macron déclare : “Israël à le doit de se défendre” ce qui signifie : Israël à le droit de défendre son système colonial et son système d’apartheid.

Peut-on être en même temps une démocratie et un État d’apartheid ?

COMBATTRE LES IDÉES D’EXTRÊME DROITE PARTOUT OÙ ELLES SE MANIFESTENT

Qu’y a t-il de plus “extrême droite” qu’un système d’apartheid ? Et donc soutenir Israël c’est soutenir les idées d’extrême droite.

 

Une intervention plus détaillée sur les événements : sur FB : https://fb.watch/6f0M3bOniP/

 

 




ils soutiennent l’apartheid et piétinent les 66 enfants martyrs de Gaza !

La journée coloniale à Montpellier

La journée coloniale dans Jérusalem occupée

 

Au mépris des 254 morts palestinien.e.s dont 66 enfants dans la Bande de Gaza, en pleine offensive israélienne de nettoyage ethnique à Jérusalem-est (Sheik Jarrah et Silwan) et de répression féroce contre les Palestiniens de 48 (vivant en Israël), la présidente du Centre Culturel juif de Montpellier (CCJM) annonce la tenue de :la :
44 ème journée coloniale qui célèbre la « réunification de Jérusalem » c’est à dire son annexion par Israël.

Voici comment Frédéric CORCOS, Président du Centre Communautaire et Culturel juif (CCCJ) de Montpellier, annonçait en 2010 à la 33ème « journée de Jérusalem » à Montpellier :
« Notre attachement à cette commémoration de la réunification de la ville de Jérusalem reste un particularisme spécifique à Montpellier et unique en Diaspora… A travers le symbole de cette journée, nous crions, avec tous nos amis, haut et fort, notre sionisme et notre soutien à l’Etat d’Israël !… JERUSALEM EST ET DOIT RESTER LA CAPITALE DE L’ETAT D’ISRAËL !
(…) Venez très nombreux commémorer ce 33ème anniversaire de la Journée de Jérusalem et soutenir ainsi l’Etat d’Israël, seul rempart de notre Peuple. Vive Israël ! »

En 2021, Mme Michèle Bensoussan, présidente du même centre culturel juif annonce la 44ème journée coloniale, ainsi: « Nous fêtons au parc Grammont la réunification de Jérusalem intervenue après la guerre des six jours.(…) En 2020 nous n’avons pas pu réaliser la Journée de Jérusalem et nous voulons donner à cette édition l’ampleur qu’elle mérite pour souligner le soutien de notre communauté à Israël et à sa capitale Jérusalem. (…)
Nous  avons tous souffert de voir nos frères israéliens être bombardés par 4300 missiles tirés depuis Gaza et il faut montrer notre solidarité car ce n’est pas le tout de déplorer ces évènements, il faut agir(…) et elle appelle les communautés juives de la région à participer à la journée coloniale. Bien sûr l’événement se tient en présence du consul israélien et on se lève pour écouter la Marseillaise et l’hymne national israélien.

C’est évident, il s’agit d’une manifestation politique de soutien à la colonisation et à l’État d’apartheid israélien.

LES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES SOUTIENNENT L’APARTHEID ISRAÉLIEN !

Inaugurée par le socialiste G.Frêche en 1977, cette journée coloniale est soutenue politiquement et financièrement depuis 44 ans (!) par les 3 collectivités territoriales, toutes aux mains du PS : La région Occitanie, Le département Hérault et la Ville de Montpellier dont les délégations, trumpistes avant l’heure et en violation flagrante du droit international, célèbrent « Jérusalem capitale une et indivisible de l’État d’Israël ». Et les candidats de ce parti voudraient qu’on leur fasse confiance et qu’on vote pour eux ?

L’APARTHEID EST UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ

Sans compter les rapports et témoignages des palestinien.ne.s, les preuves sont là :

– 2009 : le Tribunal Russel lors de sa 3ème session en Afrique du Sud conclut :« Israël soumet le peuple palestinien à un régime institutionnalisé de domination considéré comme apartheid en vertu du droit international.
2017 : rapport Falk/Tilley pour l’ONU conclut : «(…) le poids des preuves est suffisant pour soutenir, au-delà de tout doute raisonnable, qu’Israël est coupable d’imposer au peuple palestinien un régime d’apartheid, ce qui constitue un crime contre l’humanité (…).
– 2021  12 janvier: L’ONG israélienne des droits humains B’tselem conclut : « Un régime de suprématie juive du Jourdain à la Méditerranée : C’est l’apartheid ».
– 2021 27 avril, l’ONG internationale Human Rights Watch conclut : «  Les autorités israéliennes commettent les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution contre les Palestiniens vivant dans le territoire occupé, y compris Jérusalem-Est. »

SOUTENIR CETTE JOURNÉE c’est se rendre complice DU CRIME D’APARTHEID

Combattre les “idées d’extrême droite” partout où elles se manifestent !




Montpellier : 22 Mai, plus de 700 personnes se mobilisent contre l’apartheid israélien

Plus de 700 personnes, beaucoup de jeunes, beaucoup de jeunes filles ont répondu à l’appel des associations organisatrices de la manifestation. Une manifestation riche en drapeaux palestiniens, banderoles et panneaux. Une manifestation dont le dynamisme et l’énergie ont été remarqués et qui a suscité beaucoup de sympathie sur son passage. Une manifestation qui a fermement dénoncé les crimes israéliens, la colonisation, le système d’apartheid et la complicité de l’Union Européenne et de la France en particulier : “Israël assassin, Macron complice” ! a t-on entendu fréquemment.

DES INTERVENANTS EN COLÈRE !

Youssef Djoufelkit, représentant du Collectif des Musulmans de Montpellier.

Nous sommes la voix de ces enfants palestiniens.
Nous ne nous tairons pas.

Le représentant du Collectif des Musulmans de France a cité le cas de Mariam un bébé de 3 ans assassiné par un missile israélien, assassiné en même temps que sa mère et son frère de 5 ans. Un bébé qui ne pourra pas être enterré car son corps a été totalement pulvérisé… “et si ça avait été la fille de Boris Johnson ? ou de Biden ?” questionne l’intervenant !

Quand c’est le bébé royal à Londres qui vient au monde tout le monde
vient pour l’accueillir dans la joie. Alors que le monde entier reste
indifférent face à la mort des enfants de Gaza.”

La famille de Mariam nous dit :
“Nous n’avons plus de mots pour décrire la brutalité de l’armée
d’occupation “israélienne”
Nous n’avons plus de mots pour décrire le monde injuste dans lequel nous
vivons.”

Et l’orateur de poursuivre :

Nous sommes la voix de ces enfants palestiniens.
Nous ne nous tairons pas.
Nous ne serons pas silencieux.
Nous sommes du coté de ceux qui sont opprimés.”

(…)

“On nous parle de cycle de la violence,
Il n’y a pas de cycle de la violence !
Il y a un agresseur et un agressé !
Ce ne sont pas les résistants Palestiniens qu’il faut condamner mais ce
sont les occupants israéliens qu’il faut condamner.
Depuis 73 ans les Palestiniens sont massacrés et expulsés de leur
terre.
C’est une colonisation de la Palestine.
C’est une colonisation de remplacement.”(…)

 

 Sami, le représentant du FUIQP (Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires) a commencé en rappelant que :

” (…) le sionisme n’est même pas une excroissance du judaïsme, c’est une idéologie coloniale,  nationaliste, suprémaciste et donc  raciste, qui est née en Europe, pour régler le problème de l’antisémitisme européen et qui se sert du judaïsme pour alimenter un mythe messianique. (…)

Il a dénoncé et démonté l’élément de langage  : “Israël a le droit de se défendre” qui masque la réalité coloniale du système en place. Formule reprise en choeur par tous les complices de l’apartheid et ” les nostalgiques de l’Algérie française qui aimeraient reconquérir les 600 “territoires perdus de la République” mettre des check-points comme en Israël avec la permission de tirer sans sommation.

L’’idéologie coloniale qui perdure en France et qui se sert du même schéma que la politique israélienne, pour fabriquer un ennemi de l’intérieur en France. Les musulmans et musulmanes pour qui le gouvernement fait une loi d’exception “ la loi sur le séparatisme” qui permet de discriminer toute une partie de la population française. D’interdire à des mamans d’accompagner leurs enfants à des sorties scolaires, interdire aux français issus de l’immigration de s’investir dans des structures non gouvernementales, écoles, associations anti-racistes ou humanitaires … Mais surtout qui nous interdit de lutter pour nos droits et contre l’islamophobie d’État. 

Et c’est en cela que nous nous sentons proches de nos frères et soeurs palestinien.ne.s.

 

José-Luis pour la campagne BDS France Montpellier,

Pour la première fois on assiste à l’émergence massive et combative du peuple palestinien dont l’unité de ses 3 composantes est reconstituée par l’entrée en lutte en même temps et sur des objectifs communs.  C’est l’événement majeur.

Après avoir rappelé que la Nakba n’est pas seulement la “catastrophe” ponctuelle de 1948 mais qu’elle se perpétue dans le système d’apartheid “avec la colonisation de peuplement, c’est à dire le vol des maisons et des terres et le remplacement des Palestiniens par les colons juifs israéliens. C’est le nettoyage ethnique, l’épuration ethnique…

L’intervenant aborde l’événement que constitue l’émergence des Palestiniens de 48 :” Ce n’est pas d’aujourd’hui que les Palestiniens de 48 mènent des luttes. (…) On a longtemps méconnu, ignoré et/ou sous estimé qu’ils étaient aussi victimes des vols de maisons, de terres etc.

Nombreux à venir prier à Al Aqsa à l’occasion du Ramadan, ils ont subi la répression et se sont révoltés au coude à coude avec les Palestiniens de Cisjordanie et Jérusalem. Rentrés en Israël ils ont manifesté dans plusieurs grandes villes leur solidarité avec Sheick jarrah, AL Aqsa et contre les bombardements de Gaza.

La spécificité du système d’apartheid israélien c’est d’avoir fait éclater et compartimenté le peuple palestinien dans des secteurs géographiques différents qui de plus sont régis par les législations différentes.

Ce qui vient de se passer est historique car malgré cet apartheid et par delà ce morcellement, les 3 composantes du peuple palestiniens : les Palestiniens colonisés (Cisjordanie, Gaza et Jérusalem) les Réfugiés (80% des habitants de Gaza) et les Palestiniens de 48 en Israël, se sont mobilisés en même temps et sur des objectifs communs.

Un Israélien de Tel Aviv disait sur France inter son inquiétude face aux événements : « Je n’ai pas peur des roquettes du Hamas mais je m’inquiète des problèmes que soulèvent les réactions des Arabes israéliens ». Il a bien raison car l’unité recomposée et retrouvée du peuple Palestinien est potentiellement la force susceptible de bouleverser la donne et ouvrir de nouveaux horizons pour le peuple palestinien. Au mouvement de solidarité de voir comment il peut accompagner cette nouvelle dynamique et surtout ne pas y faire obstacle par des revendications obsolètes.

Après avoir fustigé la complicité de l’Union Européenne et de la France, le racisme, héritage du système colonial a été pointé comme à l’origine de cette complicité. Les lois “sécurité globale ” et “séparatisme” en particulier attestent de cette volonté de gestion coloniale des quartiers populaires et au delà.

C’est important de comprendre cela, car cela signifie que le combat contre le racisme structurel (qui ne saurait se limiter à l’antiracisme moral)  est désormais une question centrale pour tous les mouvements sociaux.

La conclusion a rappelé brièvement les 3 revendications stratégiques BDS, dont on peut aujourd’hui saisir toute la pertinence dans la reconstruction de l’unité du peuple palestinien. Et appel a été lancé à tous et toutes pour participer dès lundi  24 mai à une réunion BDS ouverte en vue de rejoindre le mouvement et relancer l’activité, autour des campagnes internationales du BDS et de la construction des ZLAI (Zones Libres d’Apartheid israélien) dans les quartiers populaires.

 

DES MANIFESTANT.E.S DÉTERMINÉ.E.S !

 

De nombreuses familles présentes. A un responsable de la police nationale qui venait préciser un détail du parcours à un représentant BDS France Montpellier, ce dernier lui a dit : “vous avez vu ? les séparatistes, les terroristes islamistes ils sont tous là et regardez on n’a même pas besoin de service d’ordre ! alors ? il est où le danger ?” . Le policier a pris le parti d’en rire…

Les jeunes filles et jeunes femmes , très nombreuses et motivées !

Ichem qui ne rate pas une seule manifestation !! est venu avec la délégation de Nîmes et leur drapeau immense…

Les 3 grâces saluent le drapeau palestinien !

COMBATTRE L’APARTHEID QUI EST UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ

Manifestation à l’initiative de : Association des Palestiniens Languedoc-Roussillon (APLR), Campagne BDS France Montpellier, Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP34), Collectif des Musulmans de Montpellier (CMM), Décolonial News, Front contre l’Islamophobie (FCI 34), Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP34), Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), Réseau de la Jeunesse Algérienne (RJA), Union Juive Française pour la Paix (UJFP34).

Et le soutien de :
ATTAC Montpellier, Ensemble 34, La CIMADE, Confédération Nationale du Travail (CNT34) ESS, La Libre Pensée34, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA 34), Parti de gauche (PG34), Participation et Spiritualité Musulmanes (PSM Languedoc-Roussillon), Union Communiste Libertaire (UCL34)

 

 




Apartheid – La riposte des quartiers populaires : 100 commerçants se déclarent solidaires de la Palestine ! 3 ZLAI à Montpellier

Apartheid Free Zone : Les Zones Libres d’Apartheid israélien (ZLAI) c’est quoi ?

La création en Europe des ZLAI (2014) est une initiative du BDS Palestinien. C’est une des 10 campagnes internationales du BNC. Les ZLAI se définissent comme un territoire qui condamne le système d’apartheid israélien et qui refuse toute complicité avec ce système. La ZLAI est donc un territoire (quartier, village, ville…) où s’applique le plus rigoureusement et exhaustivement possible le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS)  de sorte qu’on veille à ne pas engager des actions de “normalisation” avec l’apartheid israélien sur le terrain des relations institutionnelles, commerciales, culturelles, religieuses, académiques et sportives .  Le boycott, inspiré du combat contre l’apartheid en Afrique du Sud est le moyen choisi pour créer un rapport de force contraignant Israël à appliquer le droit international et les droits humains.

L’Espagne et l’Italie et les Pays-Bas ont fait un travail fantastique dans ce domaine.

La ZLAI à La Paillade (Quartier populaire au nord de Montpellier)

Le boycott des fruits et légumes a été la première étape dans l’édification de la ZLAI

BDS France Montpellier a lancé en premier la construction de la ZLAI à la Paillade dans la foulée des actions de boycott des fruits et légumes de l’apartheid israélien menées depuis 2009 dans ce quartier. Cette étape nous a fait connaître auprès des commerçant.e.s et client.e.s du quartier. Interventions régulières dans les marchés, les halles et dans les magasins et de nombreuses discussion, parfois vives mais toujours respectueuses et argumentées, avec certain.e.s commerçant.e.s ont eu raison des plus récalcitrants au bout de trois ans. Le soutien des client.e.s a pesé dans les décisions de cesser la vente des fruits et légumes israéliens.

 

Inclusion du boycott culturel dans le champ de la ZLAI

Fin 2017 et 2018 la question du boycott culturel a été intégrée dans les objectifs de la ZLAI. Au cours d’une campagne de près de 8 mois contre la venue d’un spectacle – We love arabs –  soutenu par le ministère de la culture israélien nous avons associé les commerçant.e.s à cette campagne via l’affichage des affiches BDS dans leurs vitrines durant toute la campagne.

Le 20 mars 2018, premier jour du spectacle, une forte mobilisation des habitant.e.s du quartier déclenchait l’arrivée d’un nombre important des forces de police dont la simple présence faisait voler en éclats l’illusion d’une possible “normalisation ” avec l’état colonisateur. Les interventions en direct par skype de Haidar Eid et de Bassem Tamimi  venus renforcer  l’appel au boycott du spectacle ont contribué à légitimer et créditer les actions du comité BDS France Montpellier dans ce quartier.

Relance de la ZLAI (après l’épisode COVID) : Passage du boycott des entreprise à la solidarité politique contre l’apartheid

Ouvrir le chantier de deux ZLAI supplémentaires

Au sortir du confinement, un plan de travail ambitieux sur un temps court, 3 mois, a articulé les campagnes à venir (dont l’IAW en particulier) avec la relance de la ZLAI, à La Paillade en premier lieu mais également dans deux autres quartiers (Plan Cabannes et Les Cévennes) où nous étions intervenu.e.s de nombreuses fois mais non systématiquement. Le boycott des dattes israéliennes dans la perspective du Ramadan a été le support de la campagne. Au terme de deux mois d’intervention 100 petits commerçants ont participé activement aux affichages et à la Paillade, 6 d’entre eux ont accepté de coller sur leur vitrine le sticker de la ZLAI de La Paillade marquant ainsi leur adhésion au projet.

Les Palestinien.e.s de Montpellier et environs avec le comité BDS France Montpellier leur ont diffusé une lettre de remerciements lors de la dernière tournée des magasin (cette semaine). Ils en ont été surpris, très touchés …

Cliquez sur   Merci pour lire la lettre .

 

Affichage du sticker ZLAI Paillade sur les portes d’entrés

Créer un “climat” de solidarité affichée avec la Palestine

Par exemple sur les 45 magasins visités dans le quartier du Plan Cabannes, 5 seulement ont refusé de placarder l’affichette de boycott des dattes israéliennes et 3 seulement avaient des dattes israéliennes. Alors nous avons décidé de sortir du strict boycott des produits pour proposer l’affichage du boycott des dattes à tous les magasins ouverts : coiffeurs, boulangeries, boucheries, téléphonie, tabacs… Ce faisant la cible devenait l’apartheid et la demande implicite faite à ces commerçant.e.s était de se positionner directement sur le registre d’une solidarité politique contre l’apartheid.

 

  

“Commerçants des Cévennes”

Participer directement à la campagne contre l’apartheid initiée par le BNC palestinien

La violence de la colonisation de peuplement, la répression israélienne à Sheikh Jarrah et sur l’esplanade des mosquées ainsi que la courageuse résistance de la jeunesse palestinienne ont facilité ce passage. Les bombardements sur Gaza et la révolte des palestiniens de 48 ont levé tous les obstacles. Dans ce contexte il devenait possible d’avancer. De partager avec les commerçants de la Paillade la mise en oeuvre de la ZLAI et afficher les adhésions au projet. De partager avec les commerçants des deux autres quartiers les campagnes du BNC et notamment la campagne “Levez la main contre l’apartheid”. C’est avec enthousiasme que la quasi totalité des commerçants contactés a répondu.

La prochaine étape va consister à impliquer des associations dans la ZLAI.

Commerçants du plan Cabannes, “lèvent la main contre l’apartheid” en présentant l’affiche de l’appel à la manifestation du 22 mai.

D’autres affichages d’appel à la manifestation du 22 mai au centre ville

 




Plan Cabannes (Montpellier) : La Campagne contre les dattes de l’apartheid se poursuit

 

Le commerçant (qui vends des dattes – Algériennes !- ) solidaire de la campagne de boycott des dattes de l’apartheid israélien.

PENDANT LE RAMADAN, PLUS QUE JAMAIS, SOLIDARITÉ AVEC LA PALESTINE !

Nouvelle action de la Campagne BDS France Montpellier pour le boycott des dattes de l’apartheid israélien. Un petit groupe de militant.e.s a sillonné les magasins ouverts ce samedi 17 avril au matin. En raison des conditions sanitaires il n’est pas possible d’avoir de longues conversations avec les commerçants quand les gens font la queue, mais au second jour du ramadan la fréquentation des quelques magasins ouverts était réduite. Si bien que c’est au pas de charge que 23 magasins ont été visités et 20 affichettes déposées sur les vitrines avec le sourire des commerçants.

Les magasins ouverts ont été visités sur deux rues : épiceries, coiffeurs, boutiques de téléphones, boucheries et tabacs.

En effet l’important étant d’afficher dans le maximum de magasins y compris ceux qui ne vendent pas de dattes pour montrer la solidarité de tous.tes avec la Palestine dans ce quartier.

En seul magasin vendait, parmi les nombreuses dattes d’Algérie et d’Iran, des dattes Bio d’Israël étiquetées « Produits de Cisjordanie, colonies israéliennes ».

La plupart des dattes Medjool sont des dates d’origine Sud Africaine :

 

L’accueil est toujours aussi chaleureux, un commerçant et un client ont même voulu se faire photographier devant notre affichette.

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Montpellier : IAW, boycott des dattes de l’apartheid israélien

 

St Paul – La Paillade (Montpellier)

Une semaine d’actions contre l’apartheid israélien (IAW)

Samedi 20 mars à 10h30 au centre commercial St Paul .

La Campagne BDS France Montpellier avait décidé consolider la ZLAI de La Paillade (Zone Libre d’Apartheid Israélien). Quinze militant.e.s réparti.e.s en 3 groupes on parcouru les boutiques du centre commercial St. Paul du centre le La Paillade. Ils et elles ont proposé aux commerçant.e.s d’apposer dans leur vitrine l’affichette de boycott des dattes israéliennes.
Comme toujours l’accueil a été chaleureux. Le salon de thé a offert un thé vert aux 5 chanceux qui l’avaient dans leur liste. 28 affichettes ornent depuis ce matin les vitrines de ce magasins. Seulement 3 refus.
Plusieurs boutiques ont accepté de coller sur leur vitrine ou dans le magasin l’autocollant de la ZLAI (deux formats  9 et 20 cm de diam.)
Certains ont demandé des petits formats pour les mettre sur leur voiture…
(Voir le live : https://fb.watch/4zSEU9oJP4/ ).

Samedi 27 mars 2021 – Quartier Plan Cabannes – Figuerolles

Un groupe de six militant.e.s  a répété l’opération de la semaine précédente  St Paul et apposé une vingtaine d’affichettes dans une quinzaine de Magasins.
Les commerçant.e.s de ce quartier ont été largement informé.e.s de l’importance du boycott des dattes israéliennes qui pour la plupart proviennent de la Vallée du Jourdain où elles sont cultivées sur des terres volées aux palestinien.e.s. Les fruits et légumes des entreprises israéliennes étaient nombreux sur les étals mais l’intervention régulière durant plusieurs années du comité BDS France Montpellier en a réduit considérablement la présence.
Le Plan Cabannes est l’objet d’une surveillance renforcée de la police municipale qui essaye d’interdire les petites puces “sauvages” ainsi que les étals de vente de menthe et de coriandre frais qui permettent à certains de gagner quelques euros… Ici la loi “séparatisme” est déjà en application, la présence policière est renforcée, au prétexte de la chasse aux “petits trafics”. Les commerçant.e.s qui ont des boutiques sur le boulevard sont interdits d’étals sur leur devanture… Bref le climat de répression se fait lourdement sentir.
Pour autant l’accueil à la Palestine, via BDS reste chaleureux et majoritaire. (Voir la vidéo). https://youtu.be/oD91LZ9A4DY
Jusqu’au Ramadan le comité BDS France Montpellier poursuivra son action pour le boycott des dattes de l’apartheid dans ces deux quartiers.

Depuis 17 ans, la Semaine Internationale contre l’Apartheid Israélien (IAW) a pour vocation de d’intensifier la dénonciation de l’apartheid israélien, de mobiliser l’opinion et les personnes dans les campagnes BDS. Les palestinien.e.s se battent pour la Liberté, la Justice et l’Égalité. Ces mobilisations en soutien aux luttes des palestinien.e.s contribuent à dynamiser l’opinion créant ainsi un rapport de force favorable en vue de mettre fin à ce système d’oppression.

Cette année, l’IAW rejoint la Journée internationale contre le racisme du 21 mars en organisant une manifestation virtuelle mondiale et massive de résistance à la discrimination raciale, au colonialisme et à l’apartheid et pour célébrer la diversité et l’intersectionnalité de nos luttes.

Apartheid là-bas,

L’Apartheid est sans doute modèle le plus abouti de l’ État raciste. Le système mis en place par Israël depuis sa création en est l’exemple contemporain le plus flagrant. Le racisme qui s’exprime par la déshumanisation des palestinien.ne.s, leur qualification de « terroristes » et les constantes persécutions fonde et justifie la colonisation de peuplement de la Cisjordanie, le génocide progressif des palestinien .ne.s de Gaza. La loi fondamentale votée en 2018 qui fait d’Israël l’« État nation (exclusif!) du peuple juif » légalise l’apartheid à l’égard des ressortissants Palestiniens vivant en Israël.

« Séparatisme » ici !

De la même manière, la loi « Séparatisme » est en France le mode d’expression du racisme d’État – islamophobie – qui assure le continuum de domination héritée de la colonisation sur les populations issues de l’immigration coloniale. Ce continuum de racisme d’Etat s’exprime ouvertement en France dans la bien nommée loi « séparatisme ». En effet, au prétexte de lutte contre le terrorisme cette loi sépare et isole du reste de la société – pour mieux les réprimer – les populations issues de l’immigration coloniale, en particulier musulmanes, pour en faire un ennemi intérieur qui menacerait « notre république ».

Mais qui sépare, ségrègue et ghettoïse ? (plans d’urbanisme, attribution des logements sociaux, scolarité), discrimine ? (à l’emploi, au logement) traque ? depuis des décennies et parfois même assassine les habitant.e.s de ces quartiers ? si ce n’est l’Etat français lui-même dont les services publics disparaissent des quartiers populaires?

Pour une solidarité intersectionnelle et inclusive !

Nous partageons cette déclaration du Bureau national BDS Palestinien : « Les principes du mouvement BDS exigent une solidarité proactive avec les communautés opprimées du monde entier, et avec toutes les victimes des actes racistes et de la rhétorique raciste, car notre cause est une cause commune. ».

Nous considérons que le soutien aux palestiniens en lutte contre l’apartheid passe par l’ouverture ici, en France, d’un front de lutte contre le racisme d’État. Il serait illogique de soutenir les luttes contre le racisme d’État des palestinien.ne .s ou de nos frères et sœurs de BLM aux États uUnis et ne pas soutenir celles et ceux qui ici, en France subissent et s’opposent au racisme d’État.

La question palestinienne sera au coeur des luttes en cours dans la mesure où ses militant.e.s, et ses associations seront partie prenantes de ces luttes en cours.

Nous vous appelons à soutenir la lutte des palestinien.ne.s contre l’apartheid et à soutenir les luttes contre l’islamophobie et contre le séparatisme mis en place par l’État français.

 




Procès BDS France Montpellier : « Retournement »… de situation !

Mercredi 9 septembre 2020,  8h15. Une vingtaine de personnes sont passées pour exprimer leur soutien à BDS France Montpellier…

Contre toute attente,  la juge (Mme A. Labrousse) qui avait à deux reprises et sans hésitation, prononcé la relaxe aux deux précédents procès a immédiatement annoncé, après les explications du militant  BDS, José-Luis Moraguès et de la plaidoirie de Me Ottan,  sans mise en délibéré et sans exposer ses motifs, la condamnation du militant BDS et à travers lui de BDS France -Montpellier, à 150€ d’amende, la confiscation du matériel (d’un montant de 400€, déjà aux mains de la police) et au paiement des frais de justice.

BDS France Montpellier a décidé de faire appel de la décision.

Nous attendrons le jugement rendu par la juge (Mme Delabrousse) pour faire nos éventuels commentaires.

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QUELQUES TÉMOIGNAGES DE SOLIDARITÉ  (recueillis avant le jugement sur le parvis du tribunal)

Pierre Stambul, Porte parole de UJFP, venu tout spécialement de Marseille :

Nicole Ziani, pour le comité BDS France Nîmes et AFPS Nîmes

Sarah Katz, représentante d’ISM France et membre du comité G.I Abdallah

Bruno Alonso et Isabelle Quaglia, membres du « Collectif contre les armes mutilantes » de Montpellier:

Deux ami.e. de BDS France Montpellier




Montpellier : 3ème procès rocambolesque contre un militant BDS France !

A l’heure où la Cour Européenne de justice condamne la France à verser plusieurs dizaines de milliers d’euros pour atteinte à la liberté d’expression – aux militants BDS de Mulhouse condamnés par la justice française pour avoir appelé au boycott des produits israéliens, le préfet de Montpellier, non seulement porte atteinte à la liberté d’expression de BDS France Montpellier, mais confisque le 7 mars 2020 le chapiteau BDS et les deux tables et comble de … (on vous laisse choisir) cite devant le tribunal de police le 9 septembre 2020 un militant BDS au motif rocambolesque de : « Embarras d’une voie publique par dépôt ou abandon sans nécessité d’objets ou matériaux entravant la libre circulation. « Art. 644-2 du C. pénal.

Le ridicule et deux procès perdus ne semblent pas constituer un frein à ce type de répression.

Procès du 16 octobre 2019 : Le prévenu n’était même pas au lieu ni heure du PV dressé contre lui. RELAXE !

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Procès du 3 juin 2020 : Tapage nocturne à 19h30 en Juin c’est l’heure ou l’on se protège encore du soleil ! témoins et vidéo ont attesté qu’il n’y avait aucun bruit. RELAXE

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3ème procès : le mercredi 9 septembre 2020, 8h, TGI place Pierre Flotte – Montpellier

Motif :

 

L’incohérence des motifs prouve au moins deux choses :

– Que la Ville de Montpellier et la préfecture n’hésitent pas à instrumentaliser la justice (et au passage la surcharger) à des fins politiques puisqu’il s’agit avant tout d’empêcher l’expression des positions stratégiques du BDS pour l’autodétermination (Fin de la colonisation, retour des réfugié.e.s dans leurs maisons et terres et égalité absolue pour les palestiniens d’Israël) et les actions offensives de BDS France Montpellier.

– Que les police municipale comme nationale se sentent tellement « couvertes » par leur hiérarchie qu’elles peuvent se permettre n’importe quoi en toute impunité. On le voit avec la répression des Gilets jaunes et de l’ensemble du mouvement social.

UNE ATTAQUE EN RÈGLE :

Samedi 7 mars 2020, juste avant le confinement,  BDS France Montpellier tenait un stand place de la Comédie pour dénoncer l’annexion de la Palestine par Israël, l’apartheid et le génocide progressif des palestinien.e.s de la Bande de gaza. La Mairie ayant systématiquement refusé à plusieurs associations l’autorisation de tenir un stand en solidarité avec la Palestine, les militant.e.s sont contraints à la désobéissance civile pour informer la population des crimes et des constantes violations du droit international et des droits humains commis par Israël en toute impunité.

A peine arrivés, les militant.e.s BDS reçoivent la visite de la police municipale du maire P. Saurel (non réélu) qui dresse son habituel PV pour occupation illégale de l’espace public.

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Puis presque aussitôt comme dans un ballet bien réglé arrive un peloton de gendarmerie renforcé par la police nationale à la tête desquels une commissaire de la PJ (Police judiciaire) relève deux noms et annonce le PV de 4ème catégorie et la confiscation du chapiteau et des deux tables tapissier en aluminium.

A ceux et celles qui se lamentent ou se plaignent à juste titre de l’encombrement et de la lenteur de la justice en France nous leur suggérons d’adhérer à BDS France, le service est ultra rapide. Dans le cas du 7 mars, on n’est même pas passé par les cases « contravention », « contestation, « ordonnance pénale « et « opposition » c’est passé direct du PV (qui ne nous a même pas été remis le 7 mars) à la case procès avec au passage 700€ euros pour l’avocat…

Deux lettres recommandées avec A/R ont été envoyées à la commissaire et au procureur demandant comment récupérer le matériel, ni l’un ni l’autre n’ont daigné répondre.

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Petit moment de perplexité face à la procédure de démontage… c’est sûr que c’est plus compliqué que d’appuyer sur la gâchette du LBD…

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Celle-là elle va pas nous échapper…

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Armure et masque à gaz contre une petite table en alu…

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Même la table tapissier résiste !

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Et quand c’est fini on défile comme à la parade, fiers de la mission accomplie et d’avoir sauvé les montpelliérain.e.s de l’ennemi intérieur N°1…

On n’est pas content.e.s mais on lâche rien et on reviendra !




Montpellier : 18 organisations manifestent contre « l’annexion » et l’apartheid israélien !

Malgré l’interdiction de la manifestation contre l’Annexion de la Palestine par Israël du samedi 27 juin et malgré les pressions suite à la déclaration de manifestation pour le 4 juillet, 18 organisations (Assos, syndicats et partis) ont défilé pour affirment leur opposition à « l’Annexion » et à l’apartheid israélien !

C’est une  victoire !

– Pour le mouvement social montpelliérain qui dans un contexte où l’état d’urgence sanitaire n’est qu’un alibi pour museler toute tentative de révolte a réussi à imposer et reconquérir sur le terrain son droit d’expression et de manifestation.

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– Pour la Campagne BDS France et son comité local qui depuis 2015, suite aux pression du CRIF et de la LICRA, résistent à un harcèlement  judiciaire sélectif, abusif et à une répression féroce de la part de la Ville de Montpellier et de la Préfecture de l’Hérault. PV, auditions au commissariat, procès, bris de chapiteau, confiscation de chapiteau et de matériel (tables), rappels à la loi etc. sont le quotidien des militant.e.s BDS France Montpellier. Ce retour dans l’espace public est le fruit d’une résistance sans faille.

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– Pour le mouvement BDS Palestinien qui à travers ses trois revendications fondamentales (Fin de la colonisation, retour des réfugiés et égalité pour les palestiniens d’Israël) fait de l’apartheid israélien et de sa disparition l’objectif principal en vue d’accéder à l’autodétermination du peuple palestinien, c’est la satisfaction de voir que la question de l’apartheid et son ciblage est portée par le mouvement de solidarité et gagne en centralité.

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Capture d’écran 2020-07-05 à 09.04.25L’intervenant de BDS France Montpellier terminait son intervention introductive de la manifestation par ces mots :

Je voudrais attirer l’attention du mouvement social sur l’apartheid israélien et sur la légitime et nécessaire inclusion de la lutte contre l’apartheid israélien dans les luttes actuelles contre le racisme. Le racisme est à la base de la colonisation et de toutes les formes de domination et d’inégalités sociales, de sexe, de genre etc. L’apartheid est une des applications les plus violente et les plus inhumaine du racisme.

Le comité national BDS Palestinien nous appelle à mobiliser toutes les femmes et tous les hommes épris de justice contre l’apartheid. Il nous appelle à créer partout des « Zones libres d’apartheid israélien» (ZLAI) c’est à dire des zones où les acteurs de la société civile, les partis et syndicats mais aussi les élus, s’engagent à ne pas commercer ni échangera à quelque niveau que ce soit avec l’apartheid israélien.

Aujourd’hui la question du boycott d’Israël et de sa prétendue « illégalité » vient d’être tranchée sans appel par la Cour Européenne des droits de l’Homme. La France vient d’être condamnée pour atteinte à la liberté d’expression et le droit à l’appel au boycott pour motifs politique a été reconnu. Aussi nous allons reprendre nos actions de Boycott !

Nous vous contacterons prochainement et nous espérons que dans ces conditions du droit au boycott vous serez nombreuses et nombreux à répondre à cet appel pour faire de Montpellier une « zone libre d’apartheid israélien ».

Pour toutes ces raisons la manifestation a spontanément renoué avec l’ambiance combattive des manifs « Palestine » à la grande joie des participant.e.s. Renoué aussi avec la solidarité du Sud, puisque étaient représenté.e.s des militant.e.s de Nîmes, Béziers, Avignon et même Pierrelate !

 

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Une partie de la manifestation devant la préfecture

Devant la préfecture quelques un.e.s des signataires ont pris la parole :

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Alban, Libre pensée Montpellier

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Martine, NPA 34

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Valérie, UJFP Montpellier

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Linda, Comité Béziers

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Françoise, Arrêt du Nucléaire 34

Au retour Place de la comédie dernière prise de parole et appel à s’inscrire sur les listes pour recevoir les infos BDS et les invitations pour les actions à venir.

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Manu, BDS France Montpellier

Dernière information:

Une semaine avant les élections municipales (donc avant de savoir qui serait le maire élu) le MAN Montpellier a déposé une demande d’autorisation de stand place de la comédie en « Solidarité avec la Palestine ».




En interdisant la manifestation de BDS France Montpellier, la préfecture de Montpellier s’oppose à la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) en matière de liberté d’expression.

logoCEDH

COMMUNIQUÉ

La Campagne BDS France Montpellier a déclaré en bonne et due forme une manifestation pour le 27 juin 2020 à 16h30 au départ de la place de la Comédie.
L’objet de la manifestation mentionné dans la déclaration : « Stop à l’annexion de la Vallée du Jourdain et respect du droit international par Israël ».

L’appel à cette manifestation est co-signée par :

« AFPS 34 (Association France Palestine Solidarité), APLR (Association des palestiniens L.R), ATTAC Montpellier, BDS France Montpellier, CCIPPP34 (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien), CIMADE, CNT ESS34, Ensemble 34FUIQP (Front Uni des Quartiers Populaires et de l’Immigration),Libre Pensée Montpellier,  MAN (Mouvement pour une Alternative Non-violente), NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), PG (Parti de gauche), UCL (Union Communiste Libertaire), UJFP (Union Juive Française pour la Paix) … »

La Campagne BDS France Montpellier, mouvement antiraciste, non violent et populaire est l’objet d’un harcèlement constant depuis 2015 par la Ville de Montpellier et la préfecture. Plus d’une quinzaine de PV, plus d’une vingtaine d’auditions au commissariat, rappels à la loi (pour des faits non fondés), plainte pour diffamation (classée sans suite), deux procès au tribunal de police (deux relaxes !), destruction du chapiteau BDS (17/10/2015), confiscation du chapiteau et de 2 tables, non rendus à ce jour (7 mars 2020)  – liste non exhaustive…

La dénonciation de l’apartheid israélien, des violations du droit international et des droits humains et l’appel au boycott d’Israël sont la cause de ce harcèlement.

Déjà la première interdiction de manifestation le 31 octobre 2015 reposait sur ce « considérant » principal :

Extrait :

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Nul ne saurait ignorer que le 11 juin 2020 la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a conclu que la condamnation de 11 militant.e.s pour leurs actions de campagne appelant au boycott des produits israéliens bafouait leur droit à la liberté d’expression. Elle a rétabli le droit d’appeler au boycott d’Israël et a condamné la France pour la violation de la liberté d’expression à verser plus de 7000€ par requérant.

On aurait pu penser que les services de la Préfecture de l’Hérault seraient attentifs à ce verdict. Il n’en est rien puisque l’arrêté d’interdiction de la manifestation de samedi 27 juin 2020 mentionne comme « considérant » spécifique à BDS France Montpellier que celui-ci diffuse (…) des « informations contenant des slogans hostiles à l’État d’Israël générant des troubles à l’ordre public ».(…)

xtrait arrêtépref26juin2020

La condamnation de militant.e.s qui ont mené des actions de boycott de produits israéliens dans un magasin a été sanctionnée d’atteinte à la liberté d’expression par la CEDH.

Après avoir interdit la manifestation, la préfecture de l’Hérault va t-elle poursuivre les manifestant.e.s dont le slogan « hostile » est : « Stop à l’annexion de la Vallée du Jourdain et respect du droit international par Israël » ?

Faut-il rappeler à la préfecture que l’annexion de la Vallée du Jourdain est unanimement condamnée par l’ONU, l’UE et la France.

 

Dernière minute :

La préfecture vient d’envoyer sa police notifier au domicile des 3 signataires de la déclaration de manifestation et à un militant habituellement ciblé ( !) l’interdiction de manifester en insistant sur les sanctions encourues (au pénal) en cas de transgression par toute personne présente sur les lieux.

Dans ces conditions ne voulant exposer personne à la répression policière et judiciaire, BDS France Montpellier a décider d’annuler la manifestation ce samedi 27 juin et fixera la date d’une nouvelle manifestation très prochainement soyez-en assuré.e.s.

Conférence de presse lundi 29 juin, 11h Café du Dôme (St Denis).




St Paul (La Paillade) accueille BDS France Montpellier

Imposer la liberté d’expression sur le terrain, poursuivre les actions de solidarité avec la Palestine et inscrire la lutte contre le racisme structurel au coeur de la stratégie de solidarité…

Après le vol du chapiteau, des tables et les PV, les actions de la Campagne BDS France Montpellier sont structurées par une triple exigence.  Aussi modestement que ce soit, il s’agit de contribuer à mettre en échec sur le terrain l’instrumentalisation gouvernementale de l’état d’urgence sanitaire à des fins d’interdiction de manifester et de répression. C’est la condition  première d’une possible activité militante autre que virtuelle. Pour un mouvement de solidarité avec la Palestine et dans le contexte actuel, il s’agit de se mobiliser pour maintenir la visibilité de la gravité de l’annexion en cours de la Palestine, du blocus de la Bande de Gaza et d’une manière générale augmenter le rapport de force international en faveur du BDS. Les événements mondiaux déclenchés par les crimes racistes de la police étasunienne mettent en évidence la persistance du racisme structurel en tant que composante  basique de la colonialité constitutive des démocraties occidentales. Les projecteurs semblent enfin se tourner vers les violences au quotidien et les crimes racistes commis par la police contre les personnes des quartiers populaires.  Pour toutes ces raisons et avec le déconfinement,  les militant.e.s BDS France Montpellier ont repris le chemin de La Paillade. Le marché en plein air n’étant pas autorisé.

Le commerçant.e.s et client.e.s centre commercial St Paul solidaires de la Palestine

Le centre commercial St Paul décrié par les médias comme lieux « chaud » est en fait très chaleureux avec la Palestine et les militant.e.s BDS  qu’ils connaissent bien. Il a une longue tradition de solidarité à la Palestine. La présence de produits israéliens a disparu des étals et à de rares exceptions près, tous.tes les commerçant.e.s se sont engagé.e.s dans l’action de soutien au boycott de la pièce de théâtre soutenue par le ministère de la culture israélien que la direction du théâtre Jean Vilar avait eu la mauvaise idée de programmer en mars 2018.

Le marché de plein air étant encore fermé et les Halles filtrées nous nous sommes installé.e.s à St Paul. A peine arrivée.e.s qu’un des clients installé en terrasse déposait une table devant nos pancartes, commandait du thé à la menthe et nous apportait des gâteaux…

Cette hospitalité présentait sans doute un risque de trouble à l’ordre public car il semble qu’une voiture de la BAC (repérée par les habitués) a dû prévenir la police nationale qui est arrivée (juste trop tard) pour nous verbaliser pour « manifestation interdite (encore !)…

Voir le résumé de l’action sur la vidéo :

 

Le deux poids deux mesures de la police

Une entreprise privée assure la sécurité du centre commercial. Après le départ de la police un agent de sécurité qui faisait ses courses au moment de l’intervention policière est venu spontanément nous voir : « C’est à peine croyable, nous quand il y a un incident sur le site et qu’on appelle la police ils ne viennent jamais et là il suffit qu’il y ait une poignée de personnes pour la Palestine et ils arrivent tout de suite….

 




La Mairie de Montpellier perd son second procès contre BDS France Montpellier

UNE INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE À DES FINS POLITIQUES

En un quart d’heure l’audition était « pliée ». La juge qui avait déjà prononcé la relaxe lors du premier procès de la Mairie contre José-Luis a estimé, à juste titre, que déjà trop de temps avait été perdu. Tout en respectant scrupuleusement la procédure elle a prononcé la relaxe : « Tapage nocturne à 19h39 au mois de juin à Montpellier, j’ai quand même vérifié les horaires de lever et coucher du soleil mais il faisait soleil. » Le commissaire représentant le ministère public n’a fait aucun commentaire ni posé aucune question au prévenu ni aux témoins, pressé lui aussi d’en finir. Le prévenu et son avocat ont également abrégé leur défense tant il était évident que le tribunal avait conscience de l’instrumentalisation de la justice à des fins politique par la mairie de Montpellier…

LE HARCELLEMENT DE BDS FRANCE MONTPELLIER DOIT CESSER !

L’affaire n’en coûtera pas moins de 1000€ environ pour BDS France Montpellier et beaucoup de temps perdu. Mais aussi un climat de stress permanent bien entretenu par la mairie de Montpellier qui depuis 2015 s’efforce – en vain ! – de chasser de la Comédie les drapeaux palestiniens, les panneaux d’informations, les diffusions de tracts et les explications et informations fournies par les militant.e.s BDS à l’occasion des nombreux stands. En effet malgré les intimidations , les plaintes et PV, BDS France Montpellier a maintenu les stands jusqu’à ce que la police nationale, sur ordre du préfet, démonte et emporte le 7 mars chapiteau et deux tables (qu’ils refusent de rendre!). C’est le second chapiteau mis hors service par la police. D’où les nouvelles formes d’intervention du comité pour maintenir la visibilité de la Palestine sous apartheid et sous pandémie pendant l’état d’urgence pseudo sanitaire en France.

LES PROCHAINES ÉCHÉANCES SERONT UN TEST

3 contraventions pour « bruit » ont été dressées par la police municipale: 18 mai, 16 juin et 30 juin 2018. Nous avons refusé de payer les deux premieres d’où les procès intentés – et perdus – par la Mairie. Après deux procès perdus, la Mairie va -t-elle persévérer dans l’échec ou va t-elle renoncer au troisième procès en cours de procédure mais non encore annoncé ?

Le 16 mai dernier lors de notre première action de déconfinement place de la Comédie le préfet a envoyé sa police distribuer 6 contraventions de 4ème catégorie (135 €) aux militant.e.s BDS pour « participation à une manifestation interdite sur la voie publique ». Cette verbalisation relève du même tribunal de police que les précédents procès. Nous allons contester le motif de la verbalisation… la préfecture va t-elle tirer les leçons des précédents procès perdus ou foncer tête baissée dans le rouge du drapeau palestinien ?

C’EST GRÂCE À VOTRE SOLIDARITÉ ET VOTRE SOUTIEN QUE NOUS CONTINUONS À PORTER LA PALESTINE PLACE DE LA COMÉDIE (et ailleurs) !

Merci à vous tous et vous toutes ! En 2015 pendant que la police tentait d’embarquer le stand (et à fini par casser l’armature), vous avez versé plus de 300€ au moment même de l’agression. Nous avons ainsi pu racheter un chapiteau. Le 7 mars dernier idem, pendant que la police démontait le stand et malgré le barrage de la police qui tentait d’isoler le stand, vous avez versé 174€ en quelques minutes. Les frais du premier procès ont été entièrement couverts par la collecte et la nouvelle collecte lancée le 21 mai dernier pour les frais du second procès a très bien démarré… Alors « on est là ! ».

AVEC VOUS ET GRÂCE À VOUS : ON LÂCHE RIEN !

 




NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SOUTIEN

Pour la liberté d’expression de la Campagne BDS France Montpellier
Contre la répression judiciaire des militant.e.s BDS Montpellier

LOGODER copie60*

Depuis 2015 nous résistons place de la Comédie pour INFORMER la population des crimes d’apartheid, des crimes de guerre, du blocus et du génocide progressif à Gaza commis par l’État d’Israël.  Mais aussi POUR TÉMOIGNER de l’héroïque résistance du peuple palestinien. Résistance au quotidien ou de façon collective comme dans les Grandes marches du Retour à Gaza.

Soucieux de notre indépendance nous ne sollicitons aucune aide institutionnelle, nous fonctionnons exclusivement grâce à vos petits sous, collectés sur notre stand.

La police a confisqué notre stand et nous sommes interdits de rassemblement place de la comédie au prétexte de la sécurité sanitaire.

NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SOUTIEN,

CE NE SONT PAS LES RICHES QUI NOUS SOUTIENNENT !

CHAQUE EURO EST IMPORTANT CAR IL PORTE VOTRE SOLIDARITÉ !

MERCI DE NOUS AIDER À DÉVELOPPER LE BDS PALESTINIEN POUR

LA LIBERTÉ, LA JUSTICE ET L’ÉGALITÉ !

Pour donner cliquer ici

 

La Campagne BDS France Montpellier est membre de la Campagne BDS France, composante de la Campagne BDS internationale sous direction palestinienne lancée en 2005 par 372 organisations palestiniennes. Les succès internationaux du BDS en ont fait la cible du gouvernement Netanyahu qui le considère comme « une menace existentielle pour Israël ». Cela a pour conséquence de multiples opérations bien orchestrées, de dénigrement et de poursuites judiciaires, de votes de motions ou lois amalgamant l’antisionisme à l’antisémitisme, en particulier en Europe et aux Etats-Unis.

C’est dans ce contexte que depuis 2015, BDS France Montpellier est devenu la cible du CRIF régional et de ses satellites dont la LICRA qui ont tout mis en œuvre pour interdire l’expression publique de BDS France Montpellier, en particulier Place de la comédie. Ce courant qui se revendique ouvertement du sionisme a trouvé un partenaire et allié en la personne du Maire de Montpellier qui depuis 2015 tente d’interdire à BDS la place de la Comédie en envoyant sa police municipale dresser des PV (près d’une vingtaine à ce jour), soutenu en cela par le Préfet qui envoie sa police et ses gendarmes confisquer le chapiteau et le matériel BDS et expulser ses militant.e.s.

En 2018 et 2019 à l’occasion des stands BDS de soutien aux grandes marches du Retour à Gaza, 13 PV nominatifs pour « occupation illégale de l’espace public » ont été dressés et 3 contraventions nominatives pour « bruit et nuisance sonores ». Depuis 2015, quatre militant.e.s totalisent plus de 20 auditions libres suite à des plaintes diverses du CRIF, de la Mairie…

1er Procès 16 octobre 2019 : RELAXE !

Suite à la contestation puis l’opposition au paiement de la première contravention la mairie a assigné au tribunal de police José-Luis Moraguès le 16 octobre 2019, pour « Émission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme » le 19 mai 2018 place de la Comédie à 16h01. Le tribunal a relaxé le militant BDS !

2ème procès : 3 juin 2020 8h au TGI, place Pierre Flotte Montpellier.

Suivant la même procédure la Mairie a assigné au tribunal de police le même militant pour « Bruit ou tapage nocturne troublant la tranquillité d’autrui » place de la Comédie le 16 juin 2018 à 19h39. La seule citation de 2 témoins pour le procès coûte 298€ ! Et nous aurons environ 700 pour l’avocat…

Le samedi 16 mai 2020, respectant scrupuleusement les consignes de sécurité sanitaires (en nombre, masques et distances) 10 militant.e.s BDS immobiles et aligné.e.s, portant pancartes contre le blocus de Gaza, l’annexion de la Palestine etc. et drapeaux palestiniens 6 d’entre nous ont reçu une contravention de catégorie 4 (135€) pour « manifestation interdite » soit 810€ …

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État d’urgence sanitaire et État de guerre contre le mouvement social

La Campagne BDS France Montpellier est depuis des années largement impliquée dans les mouvements sociaux de ces dernières années, de façon plus soutenue depuis le mouvement des Gilets Jaunes (Novembre 2018) et plus récemment le mouvement pour le climat. Suivant en celà les recommandations maintes fois affirmées du Comité National BDS Palestinien et en particulier d’Omar Barghouti qui en 2016 déclarait : « Il est très important de créer des coalitions intersectionnelles avec des groupes de Noirs, de Latinos, de femmes et tant de groupes opprimés dans le monde ou ceux qui luttent pour toutes formes de justice. Il nous faut voir BDS pour les Palestiniens comme partie intégrante de cette communauté  mondiale luttant pour la justice et pour une paix véritable basée sur l’égalité des droits, sur la liberté et la dignité de tous. »  On ne peut pas d’un côté demander au mouvement social l’inclusion de la solidarité avec le peuple Palestinien et de l’autre tenir le mouvement de solidarité à la Palestine à l’extérieur de ce même mouvement social. Ainsi le matin du samedi 16 mai, certain.e.s d’entre nous participaient à une action antipub d’Extinction Rébellion.

C’est la raison pour laquelle la Campagne BDS France Montpellier a décidé d’être présente, place de la Comédie ce samedi, premier samedi du déconfinement malgré l’interdiction de la manifestation appelée par tout un courant du mouvement social montpelliérain. Nous voulions  montrer à ce gouvernement que nous n’étions pas dupes et que nous refusions l’instrumentalisation de la crise sanitaire au profit d’un « état d’urgence – arme de guerre ». « Arme de guerre » contre toute contestation de la politique gouvernementale (et la désignation des habituels boucs émissaires), contestation du système néo-libéral aussi bien sur le plan intérieur que sur le plan international (Palestine bien sûr mais également Afrique et Mali en particulier).

L’ÉTAT D’URGENCE SANITAIRE POUR LA RÉPRESSION DU MOUVEMENT SOCIAL

La répression et les tentatives d’interdire l’expression de BDS France Montpellier place de la Comédie datent de 2015. Après un an de répit en 2019, obtenu grâce au soutien des Gilets jaunes en 2019, dès 2020 la répression s’est affirmée plus violente jusqu’à la confiscation du chapiteau et des tables du comité et l’usage de tirs de canon à eau contre les militant.e.s BDS avant les problèmes du virus.

Samedi 16 mai, respectant les consignes sanitaires :  10 membres de BDS France Montpellier se sont placé.e.s à l’endroit habituel de la sortie du parking place de la comédie. Masqué.e.s, à plus de 1m de distance, trois d’un côté et 5 de l’autre (voir photos) et deux autres qui filmaient.

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En moins de demie-heure police nationale et gendarmerie dont on aperçoit les fourgons bleus (sous les arbres) détachaient une dizaine de policiers sans doute de la police judiciaire qui dressaient des PV (catégorie A) à 6 militant.e.s au motif que les manifestations étaient interdites par ordre du préfet.

Nous avons expliqué que nous étions dix, que les rassemblements de plus de dix étaient interdits et pas ceux de 10, que nous portions tous.tes des masques et que nous étions à distance les un.e.s des autres… mais rien n’y a fait.

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On voit ici « l’espace BDS initial »quadrillé par les policiers qui continuent d’interroger certain.e.s militant.e.s BDS après avoir confisqué les pancartes et 3 drapeaux palestiniens (!). Au fond devant le théâtre : les manifestant.e.s regroupé.e.s malgré l’interdiction de manifester.

Après confiscation du matériel les membres de BDS Montpellier sont resté.e.s sur place avec tee shirts… la police nationale et la gendarmerie sont allés « s’occuper » des manifestant.e.s et appliquer « leurs gestes barrières »…

Plusieurs arrestations également, dont ces deux-ci …




DEMAIN EST AUJOURD’HUI ET LA PALESTINE EN FAIT PARTIE (2)

 « L’internationalisme n’est pas un ajout à une politique locale et nationale, il est l’essence même de la capacité à remettre en question le système qui nous a desservis, tous, d’une manière ou d’une autre. »[1]

La Campagne BDS France Montpellier est un mouvement non-violent, antiraciste et populaire, membre de la Campagne BDS France, composante de la Campagne internationale BDS sous direction palestinienne. Nous sommes avec ceux et celles qui disent qu’il faut, dès aujourd’hui, reconstruire ensemble le jour d’après et nous partageons la position que cette construction devra être en rupture avec les politiques menées jusqu’ici.

Notre contribution sur le sujet, limitée à la Palestine, portera sur la question de comment, face à la crise écologique, intégrer dans le quotidien de la vision de l’avenir, dans les revendications et dans les luttes des mouvements sociaux pour la justice climatique et sociale :

– La question coloniale et son corollaire : l’autodétermination des peuples et en particulier, celle du peuple palestinien,

– Le problème du racisme structurel au fondement de l’idéologie coloniale occidentale, qui se perpétue dans les formes contemporaines de la colonialité constitutives de la mondialisation capitaliste.

 

CENTRALITÉ DE LA CRISE ÉCOLOGIQUE

La succession de catastrophes dites « naturelles » (inondations, raz-de marées, typhons, incendies, épidémies…) survenues ces dernières années et les alertes répétées des scientifiques spécialistes de la biodiversité et des écosystèmes ont porté sur le devant de la scène la crise écologique. A eux seuls, le réchauffement climatique et son impact dans de nombreux domaines attestent que désormais l’étendue de la crise écologique est planétaire. Les conséquences de cette crise (émission du CO2 et réchauffement climatique, extinction des espèces etc.) qui affectent déjà la biodiversité constitueraient à terme une menace existentielle pour l’espèce humaine, animale et l’ensemble du vivant sur la planète Terre.

Dans ce contexte de crise écologique et comme pour en faire mesurer la gravité, surgit la pandémie du Corona Virus dont l’urgence sanitaire surpasse l’urgence climatique et mobilise-immobilise la planète.

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BDS France Montpellier présent en soutien à une action des jeunes pour le climat (Youths for climate) 21 septembre 2019

 

Vouloir introduire la question de la Palestine en ce moment, autrement que sur le versant de l’aide humanitaire sanitaire, pourra paraitre à beaucoup déplacé.

De la même manière, poser aujourd’hui la question des choix politiques qui ont produit les vulnérabilités économiques et sociales et conduit au désastre sanitaire actuel responsable de milliers de morts par manque de lits hospitaliers, de personnels soignants, de masques, de tests, de matériels spécialisés, de médicaments etc. est considéré comme déplacé ou manœuvre politicienne.

La question écologique n’est sûrement pas une priorité du gouvernement et il est hors de son horizon de mettre en cause la mondialisation capitaliste dans les crises actuelles.

Aux questions sur le sujet, M. Castaner répond invariablement : « L’heure n’est pas aux introspections mais à l’action ! » ce qui est inquiétant venant du ministre de la répression que l’on sait.

  1. Macron dès le discours du 17 mars 2020 a brandi le bouclier habituel de « l’union nationale ». Mais chute dans les sondages d’opinion oblige, il conclue « le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous serons plus forts moralement, nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences ». Toutes les promesses sont bonnes pour désamorcer le mécontentement. Il déclarera aussi « qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché », il envisagera la possibilité de nationalisations…

Le discours du 16 avril délivre une autre musique, il ne s’agit plus de « tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences » (bis). Le problème désormais serait psychologique :  « (…) le moment que nous vivons est un ébranlement intime et collectif, sachons le vivre comme tel (…) et ne cherchons pas tout de suite à y trouver confirmation de ce en quoi nous avions toujours cru. Sachons en ce moment sortir des sentiers battus, des idéologies et nous réinventer, moi le premier ». Faisons table rase ! Comme si rien ni personne n’avait auparavant dénoncé les plans d’austérité hospitaliers, ni lancé d’alerte plus globale sur la crise écologique à venir et ses conséquences observables déjà dramatiques.  Et il annonce la construction d’un « autre projet, dans la concorde » dont il tâchera (lui-même bien sûr) de « dessiner le chemin » qui nous permettra de… « retrouver les jours heureux ». Retrouver, la période des jours heureux, d’avant la crise évidemment.

Nous n’avons rien à attendre de ce président, de son gouvernement, de ses amis d’hier et de demain. Au contraire tout est à craindre y compris et surtout la « stratégie du choc » (Naomi Klein) qui décrit comment les gouvernements néo libéraux profitent des crises pour imposer leur politique. Des sortes de coup d’État à coup « d’États d’urgence ». On a connu ça avec avec Hollande au prétexte de la lutte contre le terrorisme. L’État d’urgence sanitaire pourrait être le nouveau coup d’État pour imposer une sortie de crise conforme au vœux du MEDEF et des Banques.

S’ATTAQUER AUX CAUSES DE LA CRISE ÉCOLOGIQUE (ET SANITAIRE)

La crise écologique : une priorité ?

La gravité et l’urgence du problème font dire à certain.e.s que la question écologique est désormais prioritaire car elle dépasse, surpasse voire sur-détermine toutes les autres questions. Effectivement, vu sous l’angle des conséquences de la crise, dès lors que l’humain et le vivant dans son ensemble sont menacés, cette problématique devient prioritaire. Elle « chapeaute » « englobe » tous les autres problèmes. Ce qui signifierait que toutes les activités de ceux et celles qui luttent pour de vrais changements devraient intégrer, inclure cette question dans leur agenda (penser global) soutenir et participer aux initiatives dans ce domaine.

Mais certains dirigeant.e.s des partis politiques « verts » prennent une autre direction quand ils affirment que « la question écologique transcende la question sociale ». Une telle opération qui se prévalant de la gravité des conséquences de la crise écologique, écarterait toute possibilité d’analyse et de mise en évidence des causes de cette crise, non seulement sèmerait la confusion, mais surtout nous priverait des possibilités de lutter efficacement contre la crise écologique, dont la crise sanitaire actuelle est un des rejetons directs.

Preuve en est l’actuelle pandémie.  Produit de la crise écologique, la pandémie du Covid 19  est une conséquence de l’anthropocène [2]: les déforestations massives bouleversent l’habitat animal qui migre. Les virus avec, qui passant par d’autres animaux, mutent (zoonose) et finissent par contaminer mortellement les humains (Sras, Ebola, Mers, Nipah…)… La rapidité inouïe de la diffusion du Covid-19, se fait aussi grâce à la mondialisation intense des échanges aériens entre les pays du Nord Global (pays de l’hémisphère nord) qui sont de ce fait les plus touchés.

Web conférence du professeur au Collège de France Philippe Sansonetti prononcée le 16 mars 2020

Une crise de la mondialisation capitaliste

Si l’on veut apporter des réponses sérieuses et durables à la crise écologique et au désastre sanitaire que la pandémie révèle, il faut s’attaquer aux causes de cette crise et les causes de la vulnérabilité de nos sociétés qui transforment les aléas, les accidents, en catastrophes.

Sans titre

Tout un courant de la société civile, des mouvements sociaux et de chercheurs ont depuis longtemps montré que la « mondialisation capitaliste » dans sa course au profit immédiat et maximum est à l’origine de cette crise écologique. Les vulnérabilités mises à jour par la crise sanitaire révèlent à leur tour les liens structurels entre la crise sociale-économique et la crise écologique puisque toutes deux issues de la mondialisation capitaliste.

Et aujourd’hui les faits leur donnent pleinement raison !

Les choix économiques néolibéraux (circulation sans entrave de capital, division du travail, délocalisations, plans d’austérité draconiens dans les services publics etc.), ont pour conséquence des milliers de morts en raison de l’impossibilité de prévention et de soins adaptés.

Dans un précédent article «Palestine : Ne laissons pas le virus masquer l’apartheid » nous avons montré comment le colonialisme et l’apartheid israélien en Palestine avec notamment 14 ans de blocus pour près de 2,5 millions de palestiniens de la Bande de Gaza, étaient la cause d’une vulnérabilité maximale face à la pandémie. Depuis, les sabotages et attaques directes des colons et de l’armée israélienne d’occupation contre des installations de prévention ou de soins palestiniens se sont multipliés.

JUSTICE CLIMATIQUE & JUSTICE SOCIALE POUR QUI ? …

Ces deux mots d’ordre portés ensemble marquent la jonction, l’interdépendance et la volonté de mener de front ces deux thématiques par des courants importants du mouvement social les Gilets Jaunes inclus.e.s dont une bonne partie a intégré ce nouveau périmètre d’action. La cible est désignée, le « système », la mondialisation capitaliste.

L’idée d’une justice climatique apparaît en 2003 avec le constat que les pays du Nord sont les principaux responsables du réchauffement climatique (émission de CO2) et que ce sont les populations des pays du Sud, dits en développement, qui en subissent les plus graves conséquences. Privés des infrastructures de base et précarisées ces populations sont plus vulnérables aux aléas climatiques et sanitaires. Ainsi entre 2008 et 2015, 203,4 millions de personnes ont été déplacées en raison de catastrophes naturelles et ce chiffre a doublé depuis 1970 au motif des catastrophes climatiques. L’afflux de réfugié.e.s dans les pays du Nord et en Europe en particulier n’est évidemment pas étranger à la prise en compte du problème.

Aujourd’hui en Europe et en France le terme de « Justice climatique » qui rassemble l’ensemble des courants mobilisés sur le « Climat » s’oriente, en matière de justice, vers la mise en cause des États que ne respectent pas leurs engagements des accords européens et de l’Accord de Paris de 2015, comme par exemple « L’Affaire du siècle ».

Concernant la justice climatique dans un communiqué du 29 novembre 2019 le Bureau National BDS Palestinien déclarait : « L’apartheid israélien n’est pas « vert » (…) Les luttes contre le colonialisme, le racisme et la militarisation, et pour le climat, la justice économique et sociale, sont profondément interconnectées. Les Palestiniens, comme tous les peuples du monde, recherchent la justice climatique en tenant pour responsables les gouvernements et les sociétés (..) ».

 

La notion de Justice sociale est plus ancienne et mieux connue. Apparue au milieu du XIX siècle portée par le mouvement ouvrier, elle se définit comme un principe moral et politique qui vise à réduire les inégalités de droits, de salaire, de sexe, de situation etc. par une redistribution plus équitable des richesses entre les membres d’une même société. Relancée avec force par le mouvement des Gilets Jaunes, la justice sociale a élargi son périmètre au fur et à mesure de la prise de conscience du mouvement qui aujourd’hui remet en cause « le système » dans sa totalité.

BDS France Montpellier acte dès novembre 2018 son soutien aux GJ sur la base du partage des mêmes valeurs de Liberté, Justice et Égalité et de la lutte contre la répression policière et judiciaire.

 

Ces revendications sont évidemment justifiées et indiscutables. Mais alors qu’il est question de mondialisation, les réponses, notamment pour la justice sociale sont généralement restreintes à l’hexagone et la dimension économique y est dominante. C’est également le cas pour la justice climatique : (…) L’aide aux pays du Sud devrait prendre la forme d’une aide directe plutôt que de prêts assortis de conditions néolibérales. La dette publique devrait être annulée afin que les pays puissent réorienter leurs ressources vers la lutte contre la crise sanitaire.(…) Déclaration des Attac d’Europe – Un autre avenir après le Covid-19. 16 avril 2020.

Revendications justifiées et pertinentes mais à nouveau le rapport de domination sur ces pays et peuples du Sud est vu sous l’angle de l’exploitation économique de la force de travail. Comment ne pas souligner l’absence d’une solidarité internationale politique avec les peuples du Sud, contre l’impérialisme, le colonialisme, le néo-colonialisme, « la françafrique » qui mettrait l’accent sur l’aspect racial de la domination coloniale. C’est pourtant cet aspect qui se manifeste dans les métropoles occidentales à l’encontre des populations immigrées ou issues de l’immigration coloniale qui sont racialisé.e.s[3]. Ceux là mêmes qui sont les premières victimes des crises écologique, économique et de la pandémie.

Sur la justice sociale, dans un communiqué du 7 mars 2017 « Le racisme, la discrimination raciale sont les antithèses de la Liberté, de la justice et de l’Egalité » le Bureau national BDS Palestiniens déclarait :

« Adhérant à la définition des Nations-Unies pour la discrimination raciale, le mouvement BDS ne tolère aucun acte ni discours qui adopte ou promeut, entre autres, le racisme anti-Noir, le racisme anti-Arabe, l’islamophobie, l’antisémitisme, le sexisme, la xénophobie, ou l’homophobie. (…) »

Sur la base de ces valeurs, nous sommes solidaires des personnes d’origine africaine, des peuples indigènes, des sans-terre, des réfugiés et des migrants, des personnes exploitées et opprimées pour le progrès économique de quelques-uns, et de celles qui sont discriminées et persécutées pour leurs croyances ou leur identité, incluant la caste. Nous soutenons leurs luttes respectives pour la justice raciale, économique, sexuelle, environnementale et sociale.

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12 Octobre 2019. Rassemblement de soutien à BDS France Montpellier contre la répression judiciaire et policière

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Aux États-Unis, les afro-américains, principales victimes du covid-19

La crise sanitaire révélée par la pandémie met en évidence la vulnérabilité des populations les plus pauvres, les plus précarisées qui sont généralement les personnes racisées.

Il n’est pas surprenant que l’exemple le plus méprisable en la matière nous vienne des Etats-Unis qui ont été parmi les derniers à abolir l’esclavage en 1865, vite remplacé par la ségrégation officielle des Noirs jusqu’au rétablissement des droits civiques le 3 juillet 1964 et des mariages mixtes en 1967. C’est dire le lourd héritage d’un racisme d’État structurel, à ciel ouvert qui se perpétue dans ce pays reconnu comme avant-garde et modèle de la démocratie occidentale.

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Les travailleurs Noirs s’exposent à de grands risques personnels dans le domaine des soins de santé et des services essentiels. Photographie : William Volcov/Rex/Shutterstock

Après plusieurs articles, dès le 7 avril 2020 dans le Washington Post (puis dans The Guardian), l’AFP a diffusé une dépêche largement reprise en France. On y apprend que les Noirs sont les principales victimes du Codiv19 :  « Mais d’autres juridictions ont choisi de publier des chiffres qui sont alarmants: dans l’Illinois, les Noirs représentent 14% de la population mais 42% des décès de l’épidémie. A Chicago, c’est 72% des morts, alors qu’ils représentent moins d’un tiers des habitants: des disparités qui «coupent le souffle», a dit la maire de la ville, Lori Lightfoot. »

A Washington, 13 des 22 morts étaient Noirs. «J’ai très peur de l’impact disproportionné que ce virus aura sur les Afro-Américains», a dit mardi la maire de la capitale américaine, Muriel Bowser, sur MSNBC. En Caroline du Nord, 31% des morts étaient Noirs, contre 22% de la population. En Louisiane, où se trouve La Nouvelle-Orléans, la disproportion est plus grande encore: 33% des habitants sont Noirs mais 70% des morts l’étaient. »

« Cette pandémie est également révélatrice de disparités raciales qui existent depuis longtemps en matière de santé. En raison de facteurs structurels tels que le racisme, la discrimination en matière de logement, la pauvreté et le traitement inégal et discriminatoire dans le système médical, les Noirs américains sont plus susceptibles de présenter un certain nombre de comorbidités en matière de santé qui font courir aux individus un risque plus élevé de décès par Covid-19. »(The Guardian):Le fardeau des coronavirus pèse lourdement sur les Noirs américains. Pourquoi ?)

En France, dans les quartiers populaires également…

Le problème est de même nature dans les quartiers populaires en France compte tenu de la « gestion coloniale des quartiers » qu’on peut voir à l’œuvre une fois de plus.

Inégalités sociales

Dans Médiapart du 14 avril 2020 et intitulé : « Covid-19 : Les quartiers populaires en première ligne » on peut lire :

« Nombre de personnes ont eu des proches atteints gravement par le virus, et beaucoup sont morts. Les premiers chiffres en attestent, avec l’augmentation de plus de 40% du taux de mortalité en un mois en Seine-Saint-Denis. Si le virus provient du pangolin, ce n’est pas lui le responsable. Par contre, ce sont bien les inégalités sociales et raciales qui contribuent à tuer ces habitants à petit feu.

Depuis des décennies, les moyens pour la santé sont de plus en plus rares. Les lits en réanimation par habitants sont moins nombreux dans les quartiers populaires et certaines campagnes qu’ailleurs. Concernant les médecins, on compte 54,6 médecins généralistes pour 100 000 habitants dans le 93 contre 71,7 en Ile de France. Les gens meurent car il est devenu de plus en plus difficile pour eux d’avoir accès aux soins. Les inégalités perdurent pendant le confinement.(…) ».

La répression policière est omniprésente comme toujours.

« (…) Rappelons que le premier jour du confinement, le département de Seine-Saint-Denis, qui représente 2,4 % de la population française, avait concentré à lui seul 10 % des verbalisations.(…) ».

Racisme et répression,

Médiapart publie quelques extraits de propos échangés par les membres des forces de l’ordre sur un  groupe FaceBook privé de 7000 membres révélant ainsi le racisme qui s’y exprime à l’état brut : « (…) Au milieu de propos outranciers comparant les habitants des banlieues à des « animaux », les traitant de « connards » ou appelant à les « laisser mourir » après les avoir entourés de barbelés, les membres du groupe rivalisent d’inventivité dans leurs commentaires.

        Quartier du Petit Bard à Montpellier, hommage à Abdenour TATAÏ, animateur du MIB local, prématurément décédé.

 

La plupart ont pris suffisamment de précautions pour ne pas être identifiables. Un commandant de police à la retraite, par ailleurs adjoint au maire d’une petite commune dans l’Ardèche, s’en donne néanmoins à cœur joie sous son vrai nom. « Ne dispersons pas notre énergie à courir après eux. Faisons le “siège” (comme à l’époque féodale) de ces quartiers. Plus personne ne rentre ou n’en sort. Verrouillage absolu des voies d’accès (barrage – herse – chicane – couvre-feu). On les laisse mariner dans leur jus… À l’issue, dans 3 ou 4 semaines, la sélection naturelle aura fait son choix. » (…) ».

LE JOUR D’APRÈS … AVEC QUI ET POUR QUI ?

Comment construire le jour d’après sans la population des quartiers populaires qui compte parmi la plus opprimée, discriminée, exploitée et réprimée. Il ne s’agit pas d’une question de morale ou de charité. Il s’agit de décoloniser notre vision du monde. La disparition en tant que telles des colonies n’a pas entrainé la disparition du système de domination qui a muté et déployé ses tentacules jusqu’à produire le modèle occidental de la mondialisation.

Notre monde, notre civilisation occidentale, se sont construits – à tous les niveaux – dans la colonisation et la domination des autres peuples.

Les études décoloniales mettent l’accent sur la base raciale de la domination coloniale, laquelle se poursuit malgré la disparition de l’appareil administratif et militaire de la métropole. La Colonialité [4]  se constitue à partir d’un enchevêtrement d’hégémonies politiques, économiques et culturelles basées sur la domination raciale héritée du colonialisme. Ces réseaux constituent la structure de la modernité occidentale et leurs articulations au niveau planétaire le système de pouvoir occidental.

Selon Ramon Grosfoguel : « (…) Il s’agit d’une civilisation ayant produit un système économique et non pas d’un système économique ayant produit une civilisation[5]. Il s’agit d’une civilisation qui a détruit toutes les autres civilisations et qui est devenue, à partir du début du XXe siècle, une civilisation planétaire.(…)  Cette civilisation produit de la richesse, de la vie et des privilèges pour une très faible partie de la population tout en produisant de la pauvreté, de la violence et la mort pour le reste de l’humanité. »

Dans le même sens on ne saurait réduire les dimensions coloniales, racistes et déshumanisantes des États-nation et la matrice de pouvoir mondial à sa dimension capitaliste : « (…) Fanon lui-même, dans Les Damnés de la terre, mettait en garde contre les propositions qui réduisent le problème du colonialisme et du racisme à une problématique de classe : « Aux colonies l’infrastructure économique est également une superstructure. La cause est conséquence : on est riche parce que blanc, on est blanc parce que riche. C’est pourquoi les analyses marxistes doivent être toujours légèrement distendues chaque fois qu’on aborde le problème colonial  » (1981 : 9)[6].

La discrimination raciale qui déshumanise ces populations est perçue par elles comme plus importante que la question économique car il y va de leur dignité à être traitées comme des êtres humains à part entière.

Pour toutes ces raisons, si nous voulons un « jour d’après » inclusif, ouvert aux populations racisées des quartiers populaires, prendre en compte et respecter leurs priorités amènerait à considérer la question du racisme d’État comme centrale et à l’intégrer dès aujourd’hui dans nos agendas et actions [7].

ET LA PALESTINE ?

La Palestine est au cœur de ces problématiques de justice climatique, justice sociale, domination coloniale racialisée, apartheid…

L’État d’Israël est à la fois :

-Un reliquat de l’extrême barbarie du mode de colonisation initial (première génération),

– Le prototype de la colonialité occidentale contemporaine dans le domaine de la barbarie numérique et sécuritaire,

– Le chef de file d’un courant raciste, fascisant et suprémaciste qui rêve d’une planète far-west à dominer où règne la loi du plus fort, ce qui constitue une menace de guerres.

  • Le colonialisme commence en 1492 avec la « découverte »( !) de l’Amérique par Christophe Colomb. «Le colonialisme c’est l’occupation militaire violente, l’esclavage et le travail forcé comme mode d’exploitation brutale du travail et l’extermination des peuples colonisés pendant quatre cents ans » nous disent les décoloniaux d’Amérique latine. Un demi siècle environ après la « fin des colonies » la colonisation israélienne voit le jour en Palestine. A peu de choses près les méthodes et fondements du colonialisme sont les mêmes. Massacres des populations, vol des terres, tentative de destruction de la culture palestinienne, sociocide, interdiction du drapeau, emprisonnements de masse, y compris des enfants, torture, check-points, entraves à la liberté de circulation contrôle et limitation de sortie du territoire, couvre feux, attaques, terrorisme d’État, génocide progressif dans la Bande de Gaza, violations constantes du droit international, des conventions de Genève et des droits humains, refus d’appliquer les résolutions de l’ONU etc.

Il n’existe aujourd’hui aucun pays au monde aussi criminel, aussi hors la loi et aussi impuni pour ses violations du droit et des droits humains qu’Israël. Le système d’apartheid mis en place et officialisé par la loi fondamentale qui définit Israël comme « État nation du peuple juif » constitue à lui seul un crime contre l’humanité selon les critères de l’ONU. Il n’existe aucune colonisation aussi barbare et dans la durée que la colonisation de la Palestine[8]. C’est dire la complicité de la « communauté internationale » qui cautionne ces crimes depuis plus de 70 ans.

9
Gaza, fresque en solidarité avec les prisonnier.e.s palestinien.e.s, pour leur libération.

  • Israël, est un laboratoire de la colonialité du pouvoir dans le domaine du « Sécuritaire » au XXI siècle. Le contrôle de masse des populations civiles et de la répression d’État s’exerce désormais via les technologies du numérique. L’industrie technologique de pointe travaille directement avec l’appareil militaire et celui du renseignement de l’État. Le matériel et les méthodes sont testées sur les cobayes palestinien.e.s lesquel.e.s vivent sous occupation militaire. Les matériels et systèmes sont estampillés « testés sur le terrain » et exportés notamment vers l’UE qui est le principal partenaire commercial d’Israël.

Les drones tueurs Hermes 900 testés sur les palestinien.e.s lors des bombardements de Gaza en 2014 sont actuellement loués par l’UE pour assister Frontex et les autorités nationales en Grèce, où migrants et réfugiés ont été ciblés en mer à balles réelles.

   Visuels de la campagne Palestinienne internationale contre le drones tueurs : https://petition.stopthewall.org/francaise/

 

Israël travaille avec plusieurs entreprises internationales dont une filiale de l’assureur AXA sur les cartes d’identité biométriques et la reconnaissance faciale. Ces technologies numériques sont testées sur les Palestinien.e.s aux check-points et maintenant sur le plan prétendument sanitaire (Covod-19).

L’État français utilise l’expertise israélienne en matière de surveillance, de contrôle, d’enfermement et de déshumanisation de catégories de populations dans la formation de ses cadres. Le champ d’application de ce « savoir-faire » testé et expérimenté dans la gestion coloniale des quartiers populaires depuis des décennies, s’est étendu à la répression des Gilets Jaunes, des militants anti-capitalistes et de tous les mouvements sociaux.

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Récemment, l’ambassadeur de l’Union européenne en Israël a annoncé le lancement de projets de coopération avec Israël dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Le groupe israélien NSO est à la pointe d’un projet de surveillance et du traçage des personnes atteintes du virus. Projet parrainé par le gouvernement israélien et qui pourrait être adopté dans d’autres pays. NSO Group commercialise le logiciel espion Pegasus dénoncé par Amnesty International pour surveillance abusive et utilisé entre autres gouvernements, par le Maroc, le Mexique et les Émirats arabes unis contre des journalistes et des militants des droits de l’homme.

  • Enfin, La politique coloniale de peuplement et de ségrégation israélienne trouve naturellement son écho et son soutien auprès de l’internationale fascisante de Trump, Bolsonaro, Orban, Narendra Modi, et chez les anciennes puissances coloniales européennes.

«Le modèle israélien, dans sa vision raciste et sécuritaire ainsi que dans ses productions de l’armement et cyber-technologie du contrôle de masse des populations civiles est désormais un danger, une menace pour tous ceux et celles qui se dressent contre la mondialisation capitaliste dans les champs de la justice sociale et écologique ». Car « La façon dont Israël met ces mesures en application consiste en des paradigmes répressifs et en des méthodes de son industrie militaire, qui sont testées depuis longtemps sur les Palestiniens. La porte est ouverte aux formes extrêmes du biopouvoir, ou « une explosion de techniques nombreuses et diverses pour parvenir à l’assujettissement des corps et au contrôle des populations » comme l’a dit Michel Foucault. »

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Constatant ces faits, dans une interview du 3 avril 2020 Omar Barghouti déclarait : « Eh bien, nous sommes tous liés. Le colonialisme et la politique d’apartheid d’Israël sont étroitement liés avec ce que vous voyez dans vos pays[9], et l’Italie, et les États-Unis, et les autres pays, y sont aussi liés. Soit nous allons vers un agenda plus humain, plus social, avec plus de soutien social, de soins médicaux, d’éducation, soit nous continuons vers plus de destruction de l’environnement, d’entrées en guerre, et de guerres sans fin ».

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Apartheid : La déshumanisation dans toute sa violence.

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Check point de Bethléem : Photo Anne Paq.

Dès 3h du matin les travailleurs palestiniens se pressent au check-point en espérant passer en Israël pour travailler ; souvent sans contrat, non déclarés et pour des salaires de misère.

Un jour « d’après» qui n’inclurait pas dès aujourd’hui, dans la lutte contre la mondialisation capitaliste, l’urgence de la destruction radicale du système raciste d’apartheid serait sans avenir pour les humains, le vivant et la planète.

 

Campagne BDS France Montpellier 29 avril 2020

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[1] Trois leçons qui montent de la Palestine pour surmonter la pandémie

[2] L’anthropocène qui signifie « l’ère de l’humain » correspond à la période de l’humanité durant laquelle l’action de l’homme a profondément altéré les écosystèmes et la biodiversité au point de constituer une menace létale sur l’ensemble du vivant de la planète terre.

[3] Le mot « racisé » permet de nommer ce groupe social fondé non pas sur une couleur de peau ou une supposée appartenance ethnique, mais sur le partage de l’expérience sociale qu’est le racisme. Est racisé.e celle ou celui susceptible d’être assigné.e à une catégorie raciale, c’est-à-dire perçu.e comme appartenant à un groupe altérisé, distinct du groupe majoritaire ; comme un groupe homogène partageant des pratiques, des manières d’être, de vivre et de penser.

Le qualificatif ne désigne donc pas une qualité de l’être, mais une propriété sociale. Non pas une identité, mais une position dans la société, résultant d’un processus collectif : la racisation.

[4] « La colonialité est entendue ici comme un phénomène historique, allant jusqu’à nos jours, réellement plus complexe que le colonialisme. Alors que le colonialisme se réfère à la situation de soumission de certains peuples colonisés, à travers un appareil administratif et militaire métropolitain (disparu en tant que tel sur une grande partie du globe), la colonialité consiste, elle, en l’articulation planétaire d’un système de pouvoir «occidental» [Quijano, 2000]2. Ce dernier se fonde sur une infériorisation prétendument naturelle des lieux, des groupes humains, des savoirs et des subjectivités non occidentales. Une infériorisation qui prend appui sur l’extraction des ressources et l’exploitation de la force de travail, dans une logique de reproduction élargie du capital. Cette articulation planétaire de la domination « occidentale » a survécu historiquement au colonialisme ; elle agit par les biais de dispositifs «civilisationnels» contemporains tels que les discours et les technologies du développement ou de la globalisation. Elle comprend aussi bien des dimensions ontologiques (colonialité de l’être) qu’épistémiques (colonialité du savoir), révélant diverses modalités d’eurocentrisme. La colonialité renvoie donc à un phénomène de plus grande envergure que les conceptions, quelquefois simplistes, des relations planétaires de pouvoir s’exprimant dans les termes de néo-colonialisme ou d’impérialisme culturel. (Arturo Escobar et Eduardo Restrepo, Anthropologies hégémoniques et colonialité, Cahiers des Amériques latines, 62/2009)

[5] (Souligné par nous. Ndlr).

[6] (Souligné par nous Ndlr). Cité par Nelson Maldonado-Torres, « Avec Fanon, hier et aujourd’hui ». Groupe décolonial de traduction.

[7] L’approche décoloniale a fait une percée sensible dans l’espace écologique, voir : « Sentir-penser avec la terre »,d’ Arturo ESCOBAR et l’excellente présentation par Claire Galien. Dernièrement :  Une écologie décoloniale Malcom FERDINAND. Et sur la page Face Book d’Extinction Rebellion : Pour une écologie décoloniale par Seumboy Vrainom.

[8] D’autres colonisations persistent : Colonisation du Cachemire par l’Inde, du Tibet par la chine, Des Malouines par l’Angleterre, de l’Irak et Afghanistan par les USA…

[9] « Et nous voyons une montée de l’autoritarisme et de la xénophobie dans cette forme très sauvage de capitalisme (…)»

 




PALESTINE : NE LAISSONS PAS LE VIRUS MASQUER L’APARTHEID (1)

Dans le mouvement de solidarité à la Palestine et au-delà, les regards qui se portent aujourd’hui vers la Bande de Gaza sont dans l’attente anxieuse des effets catastrophiques d’une extension fulgurante du covid.19. La population de la Bande de Gaza est confrontée depuis bientôt 14 ans à une des modalités les plus meurtrières de l’apartheid israélien : l’enfermement et la privation de la liberté de circulation des humains comme des marchandises.  Des bombardements massifs presque tous les deux ans causant des milliers de mort-e-s et des dizaines de milliers de blessé-e-s dans la population civile confortent le constat d’un génocide progressif. Dans ce contexte il ne fait aucun doute que l’arrivée du virus dans une population épuisée par une crise humanitaire et dont la densité est de 5 400 ha au Km2 (117 en France) ouvre des probabilités effrayantes de catastrophe.

Comment aborder cette situation ? Que peut-on attendre d’Israël et de l’Union Européenne ? Que peut le mouvement de solidarité à la Palestine face à une telle situation ? quelles actions de solidarité et avec qui ? Aujourd’hui et dans l’après virus  ?

Nous ne prétendons pas pouvoir répondre seul.e.s et en une seule fois à toutes ces interrogations mais nous souhaitons ouvrir, localement au moins, le débat sur ces questions qui concernent l’ensemble des mouvements sociaux de la société civile. Nous le ferons à partir des repères fournis par le cadre stratégique de la Campagne BDS sous direction palestinienne dont BDS France Montpellier est membre via BDS France.

 

SE DÉGAGER DE LA FASCINATION PARALYSANTE DE LA CATASTROPHE

 

Essayons d’aborder l’ensemble du problème à la lumière du modèle de décryptage qu‘opère Said Bouamama  dans « Le Corona Virus comme analyseur : Autopsie de la vulnérabilité systémique de la mondialisation capitaliste ». L’auteur explique qu’entre les « aléas » c’est à dire les éléments extérieurs perturbateurs (ici le virus) et la « catastrophe » (les conséquences du virus) il y a la « vulnérabilité » c’est à dire les conditions qui ont plus ou moins contribué à produire ou non la « catastrophe ». Il compare «  les effets du cyclone Ivan qui touche Cuba en septembre 2004 et ceux du cyclone  Katrina qui s’abat sur la Floride, la Louisiane et le Mississipi un an après (…) Tous deux de catégories 5 c’est-à-dire avec des vitesses de vent dépassant 249 km/h, les deux cyclones se soldent pourtant par des bilans humains aux antipodes : aucun décès à Cuba ; 1836 morts et 135 disparus aux USA. » et l’auteur constate : « Des aléas similaires débouchent ainsi sur des conséquences diamétralement opposées ».

Ainsi la « vulnérabilité (qui) désigne pour sa part les effets prévisibles d’un aléa sur l’homme dépendant eux-mêmes d’un certain nombre de facteurs : densité de population des zones à risque, capacité de prévention, état des infrastructures permettant de réagir efficacement et rapidement, etc. » va en quelque sorte déterminer la gravité des conséquences des « aléas ».

Le centrage médiatique sur la « catastrophe » (ce que font généralement les gouvernements) est destiné à masquer les éléments de vulnérabilité et donc les décisions et choix politiques responsables de la vulnérabilité face aux aléas.

 

CERNER LES CAUSES DE LA VULNÉRABILITE DANS LA BANDE DE GAZA …

 

L’état des lieux de la « vulnérabilité » de la population de la Bande de Gaza est accablant.

Près de 2,5 millions d’habitant-e-s sur 360 km2 (5 400 ha au Km2). Près de 1,8 millions de réfugié-e-s (près de 80% de la population de la Bande de Gaza) entassé-e-s dans 8 camps.

L’ONU prévoyait en 2012 une crise humanitaire pour 2020. Nous y sommes, la crise humanitaire est là.

Après 14 ans de blocus : 44% de chômeurs dont 61% chez les jeunes. 80% de la population dépend d’une aide étrangère. 10% des enfants ont un retard de croissance dû à la malnutrition. Un taux de pauvreté de 53 %, un taux de mortalité infantile de 10,5 décès pour 1 000 naissances vivantes.

97% de l’eau est non potable et les problèmes d’assainissement sont énormes. 800 produits de consommation courante ou destinés aux entreprises selon une liste (changeante) établie par Israël, sont interdits d’entrée à Gaza.

« L’offre de soins de santé est en déclin constant. Selon l’ONG Medical Aid for Palestinians, depuis l’an 2000 « il y a eu une baisse du nombre de lits d’hôpitaux (de 1,8 à 1,58 pour mille), de médecins (1,68 à 1,42 pour mille) et d’infirmières (2,09 à 1,98 pour mille), avec un surpeuplement et une réduction de la qualité des services ». L’interdiction imposée par Israël à l’importation de technologies susceptibles d’être « à double usage » a restreint l’achat d’équipements, tels que les scanners à rayons X et les radioscopes médicaux.

Des coupures de courant régulières menacent la vie de milliers de patients qui dépendent d’appareils médicaux, avec parmi eux des bébés dans des incubateurs. Les hôpitaux manquent d’environ 40% des médicaments considérés essentiels, et les quantités de fournitures médicales de base, comme les seringues et la gaze, sont insuffisantes. »

Le bilan des Grandes marches du retour (du 30 mars 2018 à début 2020) est lourd, 301 mort-e-s dont 61 enfants de moins de 16 ans, 27 000 blessé-e-s, 130 amputé-e-s. Déjà les hôpitaux ont eu du mal à faire face à cet afflux de blessé-e-s.

DÉNONCER LES RESPONSABILITÉS CRIMINELLES DE L’ETAT D’APARTHEID …

Ceci n’est qu’un aperçu sommaire et incomplet de la situation dans la Bande de Gaza dont la responsabilité incombe entièrement à l’État d’Israël qui dès sa création a provoqué l’exode des réfugiés dans des camps, colonisé et occupé la Bande de Gaza, puis imposé depuis 14 ans le blocus, mené des bombardements massifs réguliers, des bombardements ponctuels, des assassinats ciblés, des vols permanents de drones, des arrestations arbitraires etc.

La catastrophe, la Nakba comme disent les Palestiniens, se perpétue depuis 1948. Colonisation de peuplement et nettoyage ethnique dans toute la Palestine dont Jérusalem et génocide progressif dans la Bande de Gaza, sans oublier les Palestiniens de 48 soumis à l’apartheid.

Israël devra de ce fait être tenu pour directement responsable des mort-e-s et des dégâts humains et matériels qui pourraient advenir du fait du Covid.19 dans la Bande de Gaza.

A L’OCCASION DE L’ÉPIDÉMIE DU CORONA VIRUS ISRAËL S’ATTAQUE À TOUTES LES COMPOSANTES DU PEUPLE PALESTINIEN

Sans doute l’extrême gravité de ce qui se passe à Gaza en fait un symbole et appelle notre solidarité active. A la fois, en raison de la politique génocidaire menée à l’encontre de sa population mais également en raison de la résistance exemplaire de cette même population. N’a-t-elle pas, après 12 ans de blocus et d’attaques aériennes massives et meurtrières réussi à lancer et maintenir pendant 2 ans, chaque vendredi, les grandes Marches du Retour, pour le Retour des réfugiés et la levée du blocus sous les tirs meurtriers des snippers israélien ? Mais l’attaque de l’occupant est généralisée contre l’ensemble des palestinien.e.s où qu’ils.elles se trouvent.

Dès la création de l’État d’Israël, par un découpage et des assignations géographiques spécifiques doublées de statuts juridiques différents, Israël a fait éclater l’unité du peuple Palestinien. Les palestinien-ne-s de Cisjordanie et de Gaza, de Jérusalem ou d’Israël sont soumis-e-s à des juridictions israéliennes différentes. La puissance stratégique de l’appel BDS Palestinien de 2005, en posant comme objectif l’autodétermination du peuple palestinien fixe comme condition préalable à une réelle autodétermination la satisfaction de trois revendications, chacune répondant au problème majeur de chacune des composantes du peuple palestinien. La fin de la colonisation (Cisjordanie et Gaza), retour des réfugiés dans leurs maisons (de tous-tes les Réfugié-e-s, extérieurs et intérieurs, Réolution. 194-ONU) et égalité absolue pour les palestiniens d’Israël (Palestiniens de 48). Cette stratégie refonde et reconstruit l’unité du peuple palestinien, condition première pour mettre fin à l’apartheid.

PALESTINIEN.NE.S DE 48

– Nous manquons (à ce jour) d’informations sur les discriminations et les inégalités subies par les palestinien.ne.s d’Israël (Palestinien.e.s de 48) dans les prises en charge sanitaires face à l’épidémie. Elles sont inévitables au regard de la nature officiellement raciste de l’État d’Israël. La loi fondamentale récemment votée déclarant qu’Israël est l’État nation du peuple juif officialise l’apartheid en faisant des 20% des palestinien.ne.s d’Israël des citoyens de seconde catégorie.

Dans le désert du Neguev, à la mi-mars, les autorités israéliennes ont détruit les plantations de centaines d’ha de terres agricoles dans deux communautés bédouines.  Alors que ces mêmes autorités appelaient à réductions d’activités et interdisaient les rassemblements de plus de 10 personnes, la police, une douzaine de tracteurs « protégés par des membres de la Patrouille verte, une force paramilitaire appartenant à l’Autorité foncière israélienne qui se concentre sur les problèmes d’application de la loi dans le Néguev, se sont présentés à la périphérie de Wadi al-Na’am, le matin, avec des tracteurs. Ils ont ensuite détruit systématiquement une grande partie des cultures, retournant du nord au sud une vaste étendue de terre où se trouvaient des stocks de blé et d’orge, utilisés pour nourrir les moutons et les vaches. »

Depuis des dizaines d’années Israël tente chasser les bédouins de leurs terres ancestrales, les confiner dans des « réserves » et de s’emparer de leurs terres.

Des tracteurs arrivent à Tel Arad pour raser les récoltes mercredi 18 mars (MEE/Me’eqel Al Hawashla)

PALESTINIEN.NE.S DE CISJORDANIE

Par contre nous avons les premiers éléments des réactions israéliennes à l’apparition du virus en Israël où viennent travailler de nombreux ouvriers frontaliers palestiniens, du sabotage des installations palestiniennes de soins et des inquiétudes des réfugiés du camp de Suhafat (Jérusalem-est) quant à l’accès aux soins.

L’épisode d’un ouvrier palestinien fiévreux et très mal, jeté à même le sol par les force de polices israéliennes du côté palestinien d’un check-point israélien à la périphérie du village de Beit Sira, à l’ouest de Ramallah a fait le tour des réseaux sociaux. Sans même attendre les résultats du test qu’il avait passé son patron l’a fait expulser par la police.

3 autres cas identiques ont été signalés et gageons que ce n’est que le début :  « C’est le vrai visage de l’occupation israélienne », affirme le jeune homme qui a secouru le malade au sol « Ils nous tuent tous les jours, donc ce n’est pas différent pour eux. » « C’est comme si nous étions leurs esclaves », poursuit-il. « Ils nous utilisent quand ils ont besoin de nous, et quand ils ont fini, ils se débarrassent de nous comme des ordures. »

– L’association des droits humains B‘Tselem dénonce l’intervention de l’armée israélienne du 26 mars dans la communauté palestinienne de Khirbet Ibziq, dans le nord de la vallée du Jourdain. Avec bulldozer et deux camions à plateau avec grues, l’armée a confisqué deux tentes destinées à une clinique de campagne contre le virus.

Les soldats ont également confisqué (volé) une cabane en tôle en place depuis plus de deux ans, ainsi qu’un générateur d’électricité et des sacs de sable et de ciment. Quatre palettes de parpaings destinées aux planchers des tentes ont été emportées et quatre autres démolies.

 

PALESTINIEN.NE.S DE JÉRUSALEM

Les  Réfugiés du Camp de Suafat, en périphérie de Jérusalem-est ont le statut de résident de Jérusalem et relèvent de la juridiction israélienne. Ils sont très inquiets des barrages et obstacles israéliens dans leur accès aux soins. « Le camp n’a qu’une clinique, aucun hôpital », détaille à MEE une porte-parole de l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme Association for Civil Rights in Israel. Les hôpitaux les plus proches sont tous israéliens.

« Nous payons nos taxes, nous demandons donc aux autorités israéliennes qu’elles s’occupent de nous avec le même soin avec lequel elles s’occupent de n’importe quel autre citoyen israélien. En tant qu’État occupant, Israël a le devoir de nous prendre en charge. Car où peut-on aller ? Vers qui peut-on se tourner ? », déplore Khaled al-Sheikh.

« Nous sommes seuls, nous n’avons aucun appui officiel », insiste-il. Pas de respirateur artificiel, pas de véhicule dédié pour le transport d’éventuels patients infectés par le coronavirus, ni de bâtiment officiel pour placer les cas suspects en quarantaine…

Même scénario dramatique pour les habitants de Kufr Aqab de l’autre côté du mur mais officiellement rattaché à la municipalité de Jérusalem. « Dans cette zone où s’entassent 70 000 Palestiniens, trois personnes infectées ont été éloignées la semaine dernière par les habitants, qui se sont organisés pour qu’elles soient tenues à l’écart du quartier, rapporte Mounir Zgheir, à la tête du comité qui représente les habitants. »

« Israël veut depuis des années se débarrasser de ces zones et de leurs habitants. Israël n’a pas construit la barrière de séparation de cette manière sans raison : il voulait couper ces zones de Jérusalem », poursuit le chercheur. En 2015, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait d’ailleurs évoqué la possibilité de révoquer le statut de résident des habitants de ces quartiers.

PALESTINIEN.NE.S – RÉFUGIÉ-E-S DE LA BANDE DE GAZA

Comme toujours Gaza bénéficie d’un régime spécial de répression. Le vendredi 27 mars en soirée trois raids de l’armée de l’air israélienne ont bombardé le nord de la Bande de Gaza où se trouve le camp de réfugiés de Jabalia.

ET LES 5000 PRISONNIER.E.S PALESTINIEN.NE.S…

5.000 prisonniers politiques palestiniens sont détenus par Israël dont 180 mineurs. « Notre inquiétude croissante pour les prisonniers et détenus palestiniens pendant l’évolution de la pandémie de COVID-19 vient de la négligence médicale systématique et quotidienne dans les centres de détention et d’interrogatoire israéliens », a dit mardi Addameer, l’association de défense des droits des prisonniers. L’association mène une campagne internationale pour demander la libération de tous les prisonniers.

Au prétexte de l’épidémie, Israël depuis début mars, multiplie les brimades, renforce l’isolement et viole les droits des prisonniers. Interdictions des visites des familles et des avocats. Refus d’installer des téléphones fixes pour permettre aux prisonniers de parler à leurs familles – comme cela avait été promis auparavant.

 

QU’ATTENDRE D’ISRAËL ET DE L’UE ?

De la part de l’État israélien et son gouvernement raciste rien de bon, c’est évident. Le pire est déjà là et il ne peut qu’empirer. Les bombardements ci-dessus et les quelques exemples cités en ce début d’épidémie montrent qu’Israël fera tout pour tirer partie de l’épidémie au profit de son nettoyage ethnique et du vol des terres palestiniennes. Quand à l’union européenne, la complicité est flagrante et dans cette période où « sauver le capitalisme » sera sa priorité absolue, il n’y en a rien à attendre non plus.

Mais ce constat ne date pas d’aujourd’hui. C’est ce constat qui a donné jour à l’appel BDS palestinien de 2005, qui constatant la complicité de la « communauté internationale » s’est tourné vers les sociétés civiles de la planète les appelant :

 » Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid.

Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs pour qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël.

Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix.

Ces mesures punitives non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international en :

  • 1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation de tous les terres Arabes et en démantelant le Mur
  • 2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens Arabo-Palestiniens d’Israël à une égalité absolue et
  • 3. Respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU »

Allons-nous répondre à cet appel ? comment aujourd’hui ? comment dans l’après virus et avec qui ?

Comité BDS France Montpellier

2 avril 2020




La police démonte et confisque le stand BDS place de la Comédie

COMMUNIQUÉ

La Campagne BDS France Montpellier est un mouvement de solidarité non-violent, antiraciste et populaire, adhérent de la Campagne BDS France. A Montpellier ce mouvement de solidarité avec la Palestine qui cible l’apartheid israélien, est l’objet depuis 2015 d’une offensive sans précédent de la part des organisations pro-israéliennes, CRIF et LICRA en tête. Celles-ci font pression sur la Ville et la Préfecture pour obtenir l’interdiction de toute expression publique de BDS. Elles ont obtenu du Maire de Montpellier qu’il interdise les stands BDS place de la Comédie.

Considérant que les violations du droit international et des droits humains par Israël constituent des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité (apartheid, blocus de Gaza…), tels des lanceurs d’alertes, les militant.e.s BDS France Montpellier ont maintenu leur présence place de la Comédie pour informer la population, dénoncer ces crimes et exiger du gouvernement l’application du droit.

La réponse du maire de Montpellier a été l’intensification de la répression policière et judiciaire qui depuis début 2020 connaît de nouveaux sommets.

Le 49/3 donne des ailes à la répression policière et judiciaire …

Double verbalisation pour les mêmes faits : La police municipale aux ordres de M. Philippe Saurel dresse des PV pour occupation illégale de l’espace public et le même jour, pour les mêmes faits, aux mêmes motifs, la police nationale dresse des PV à l’encontre des militant.e.s BDS.

Confiscation du chapiteau et du matériel :. Samedi 7 mars à 15h la police municipale dresse un PV contre un militant BDS et à 15h10 une quarantaine de gendarmes et policiers interviennent et encerclent le stand afin d’éloigner les passants. La commissaire de la PJ qui commande le peloton dresse une contravention de 4ème catégorie à deux militants BDS France Montpellier et donne l’ordre de confisquer le matériel. La police a démonté le chapiteau, les tables et les a emportés. « Si vous êtes relaxés vous pourrez récupérer votre matériel » a déclaré la commissaire.

Pendant que les gendarmes démontaient le chapiteau, une collecte a récolté en moins de 10mn, 192 € pour l’achat d’un nouveau chapiteau, car les militants BDS ont annoncé qu’ils reviendraient avec ou sans chapiteau car le crime d’apartheid est un crime contre l’humanité et qu’il faut le combattre sans trêve.

 

Campagne BDS France Montpellier

8 mars 2020

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     Démontage du Chapiteau

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 Démontage des tables

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Robocops contre petite table tapissière

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Ils embarquent la toile, la structure métallique et les tables.




ALLEZ VOIR et diffusez : « Contre-feux » ! résistance sociale et syndicale en Palestine ».

Une cinquantaine de personnes ont assisté à la projection de Contre-Feux, le film réalisé par Christophe Cordier et Adeline Gonin, deux animateur.trice de l’association « Canal Marches »  . Le débat était animé par le secrétaire de Solidaires 34 avec les deux réalisateur.trice et une des membres de la délégation Solidaires : Verveine Angéli, secrétaire nationale à Solidaires.

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UNE SITUATION CATASTROPHIQUE POUR LES TRAVAILLEURS.SES

En Cisjordanie occupée,

De la bouche même des syndicalistes palestinien.e.s, le constat tombe comme un couperet :  » Plusieurs organisations syndicales existent depuis des dizaines d’années mais elles ont échoué à faire pression sur le gouvernement palestinien pour créer un régime de protection sociale pour les travailleurs et pour les chômeurs qui n’ont pas d’indemnités. Concernant la sécurité sociale, en plus de la pauvreté et du chômage, il y a le problème de l’assurance santé : il y a 900 000 palestinien.ne.s non couvert.e.s par une assurance santé. (…) Les syndicats officiels ont perdu leur crédibilité car le principal intérêt de ces organisations est de travailler avec le gouvernement. (…) Dans le domaine de la protection sociale, nous constatons qu’ils n’ont jamais été aux côtés des droits des travailleurs. (…) Le dirigeant du syndicat officiel est nommé par l’Autorité palestinienne. Le gouvernement distribue les postes selon ses intérêts (…). »

En Palestine de 48,

Les Palestiniens d’Israël ne sont pas mieux lotis avec le quasi monopole du syndicat « Histadrout ». Ce syndicat d’État, maillon indispensable de la colonisation qui préconisait « le travail juif » contre l’embauche des Palestiniens. Les travailleurs palestiniens d’Israël ont dû créer, avec succès, depuis l’année 2000, malgré les multiples complications et obstacles, des syndicats indépendants. Dénonçant les accords d’Oslo, refusant une coexistence basée sur l’inégalité des droits, politiques, juridiques et économiques les syndicalistes rencontré.e.s préconisent « la solution à un État basé sur l’égalité des droits, sans discrimination ni sionisme« .

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Verveine Angéli, Christophe Cordier, Denis Orcel et Adeline Gonin

LES CONSÉQUENCES DE LA PARTITION DE LA PALESTINE

Sans se tromper de cible et sans discours pédagogique, la caméra, tantôt depuis la « zone de 48 » tantôt depuis la Cisjordanie occupée (Gaza étant inaccessible),  montre comment cette situation catastrophique qui va s’aggravant est la conséquence de la partition de la Palestine, de la colonisation et de l’apartheid. La « Nakba »a fait éclater le peuple palestinien en Réfugié.e.s, Palestinien.e.s de 48 et en Palestinien.e.s sous colonisation et ainsi multiplié les statuts juridiques et sociaux des travailleurs.ses palestinien.e.s où qu’ils-elles soient. Ceci au plus grand bénéfice des entreprises israéliennes qui en Israël ou dans les colonies tirent profits et abusent sans scrupules d’une situation taillée sur mesure.

UN SEUL PEUPLE, UNE MÊME RÉSISTANCE

Ce va et vient entre les palestiniens de la  « zone de 48 » et la Cisjordanie occupée restitue et donne à voir le lien solide et tenace qui malgré les disparités réelles se renforce à chaque nouvelle épreuve attestant de l’impérissable sentiment d’appartenir à un seul et même peuple. Et ce n’est pas une des moindre qualités de ce documentaire que d’avoir su, sans discourir, montrer et faire ressentir ce sentiment d’appartenance aux spectateurs.trices.

« Résistance sociale et syndicale » nous indique le titre. En effet, la résistance à l’occupant est partout et de chaque instant et une tension permanente (la boule au ventre) traverse le film. Le rappel de la répression et l’emprisonnement des enfants palestiniens s’y intègre naturellement et suscite tension et révolte.

Nous ne dévoilerons pas la fin du film sur le courrier et la poste palestinienne. C’est « un joyau de la colonisation » dont les réalisateur.trice présentent simplement les horribles facettes …

ET LE BDS DANS TOUT ÇA ?

Ben… le BDS ? il est partout ! Pas seulement par la présence d’Omar Barghouti dont la clarté d’expression n’a d’égal que la fermeté des positions, pas seulement parce que tous.tes les acteur.trices rencontré.e.s ont confirmé leur attachement et leur soutien à la campagne BDS internationale, mais tout simplement parce que réunir par la parole autour d’un même thème les composantes du peuple Palestinien (dans les contraintes d’un séjour de 10 jours dans un pays occupé militairement et l’interdiction d’entrer à Gaza), donner la parole aux israéliens anticolonialistes pro-BDS, tout cela c’est l’esprit même du BDS. Esprit dont Solidaires est porteur et que les réalisateur.trice on su magnifiquement traduire …

ALORS, N’ATTENDEZ PAS !

ALLEZ-VOIR CONTRE-FEUX,

organisez des projections, invitez le.la réalisateur.trice et les participant.e.s à la mission syndicale !!

Le film est visible sur le site « Canal Marches »

 LISEZ ET DIFFUSEZ :

le N° spécial de la revue Solidaires sur la Palestine, tout juste publiée,

En vente sur le stand BDS France Montpellier

revue palestineSolidaires

 




Le harcèlement de la Ville de Montpellier via sa police contre BDS France Montpellier et ses militant.e.s continue –

Après l’annonce de la relaxe lors du premier procès, 16 octobre 2019.

 Communiqué :

Après la convocation pour audition libre le 5 février 2020 suite à 4 plaintes supplémentaires contre BDS FRANCE Montpellier dont 3 nominatives contre José-Luis Moraguès (dont deux plaintes de Mme Perla Danan  présidente du CRIF L.R), plaintes pour lesquelles France 3 n’hésite pas à titrer : « Manifestation contre le harcèlement policier»,

et malgré la relaxe de José-Luis lors du précédent procès du 16 octobre 2019, pour :

« Emission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé  de l’homme » Place de la Comédie le 19 mai 2018 à 16h01.

SECOND PROCÈS CONTRE  José-Luis Moraguès 

CITÉ À COMPARAÎTRE LE 3 JUIN 2020 À 8h30  au tribunal de Police

POUR : « Bruit ou tapage nocturne troublant la tranquillité d’autrui »  place de la Comédie le 16 juin 2018 à 19h39..

Sur les photos il fait encore soleil à cette heure là !!

Ce procès s’inscrit dans le plan de harcèlement de la Ville de Montpellier contre BDS France Montpellier, plan activé par le CRIF et ses alliés pour interdire toute expression de BDS et donc toute expression de la dénonciation des crimes de l’État d’apartheid israélien.

On vous tient informé.e.s….
 
ON LÂCHE RIEN ! RÉSISTANCE !