Le métro de Mexico annule partiellement des événements israéliens et une exposition de photos à cause des mensonges de l’ambassade d’Israël

24 mai 2019 / Par Palestinian BDS National Committee (BNC) : Le Comité national palestinien de BDS (BNC) / Mexico, Latin America

À la suite de manifestations, le métro de la ville de Mexico a retiré 12 photographies de l’exposition « Un regard sur Israël » financée par l’ambassade d’Israël au Mexique.

Notre mobilisation a réussi à démonter la propagande israélienne :

Une partie de l’exposition de photos d’Israël et d’autres événements de « blanchiment culturel » dans le métro de la ville de Mexico ont été annulés !

À la suite de manifestations, le métro de la ville de Mexico a retiré 12 photos de l’exposition « Un regard sur Israël » financée par l’ambassade d’Israël au Mexique. L’exposition était installée dans deux stations de métro, dans le cadre d’un mois entier d’activités, qui incluaient également des danses, ainsi qu’une semaine de projections de films. Un spectacle de danse organisé par l’ambassade d’Israël le 15 mai, Jour de la Nakba, et la plupart des projections de films ont également été annulés à la suite de manifestations en faveur des droits des Palestiniens.

Le métro de la ville de Mexico transporte plus de 5.5 millions de passagers à travers la ville chaque jour.

La ville de Mexico a demandé que les photos soient retirées après que près de 40 organisations, syndicats et réseaux mexicains, ainsi que les missions diplomatiques de la Palestine, du monde arabe et d’États membres de l’Organisation de la coopération islamique se soient exprimé contre l’exposition parce qu’elle ne respectait pas le droit international et la position mexicaine officielle sur les territoires qu’Israël occupe.

L’administration de la ville a retiré les 12 photos immédiatement après avoir été notifiée qu’elles présentaient à tort des images du Plateau du Golan, de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie comme faisant partie d’Israël. Ces territoires sont soumis à l’occupation militaire brutale d’Israël. Selon la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations Unies, passée en 1967, ces territoires sont considérés comme occupés et n’appartiennent donc pas à Israël, une position adoptée par le Mexique la même année et qui n’a pas changé.

Mahmoud Nawaja’a, coordinateur général du Comité national palestinien pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BNC), a déclaré :

Le fait que l’ambassade d’Israël ait menti en présentant ces territoires comme israéliens n’est pas un hasard. Cela fait partie de la stratégie d’Israël pour légitimer ses tentatives pour annexer illégalement des terres palestiniennes et syrienne. Nous apprécions vivement l’action rapide de la ville de Mexico et son respect du droit international.

Des groupes de la société civile manifestent contre le mois entier d’activités organisées par l’ambassade d’Israël dans le métro de la ville de Mexico, y compris les photographies et événements restants, car ils participent à la tentative d’Israël de dissimuler son régime d’apartheid et l’occupation militaire en utilisant l’art et la culture.

Mahmoud Nawaja’a a déclaré:

Le gouvernement israélien utilise régulièrement l’art et la culture pour détourner l’attention de ses crimes contre le peuple palestinien et ses violations du droit international. Nous en appelons de tout notre cœur à la ville de Mexico et aux organisations des droits humains dans cette ville pour qu’ils refusent tous les spectacles ou expositions qui sont financés par le gouvernement israélien ou ses ambassades, jusqu’à ce qu’Israël respecte tous les droits des Palestiniens.

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Le Comité national de BDS (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Il dirige et soutient le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits des Palestiniens.

Traduction : MUV pour BDS France

Source : bdsmovement.net / BNC




Les Palestiniens condamnent unanimement l’attaque du Parlement allemand contre le droit de boycotter l’apartheid et la colonisation israéliens

24 mai 2019 / par le Comité National BDS palestinien (BNC)

À travers les déclarations émises, et par l’Organisation de Libération de la Palestine, seule représentante légitime du peuple palestinien, et les associations de la société civile palestinienne, et par les manifestations devant les Bureaux de la représentation allemande à Ramallah et à Gaza, les Palestiniens ont unanimement condamné la résolution du 17 mai du Parlement allemand qui a trompeusement qualifié d’antisémite le Mouvement BDS conduit par les Palestiniens.

Dans une déclaration du 19 mai, le Comité Exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine a dit de la résolution du Parlement allemand que c’était « une attaque contre le peuple palestinien et ses droits légitimes et inaliénables ». Le Comité Exécutif de l’OLP a dit que le mouvement BDS rejette « le racisme et la discrimination » et a appelé « le Parlement allemand à retirer cette décision » et « les partis allemands à rejeter la décision ». Il a par ailleurs averti que « le Comité Exécutif de l’OLP reconsidérera ses relations avec les syndicats, les partis et les institutions allemandes si l’Allemagne continue d’être complice de l’occupation et de s’élever contre les droits du peuple palestinien.

Dans une déclaration sur un tweet du 17 mai, jour de la résolution du Parlement, le Mouvement BDS a décrit la résolution comme « se fondant sur des mensonges éhontés. Ce n’est pas seulement du McCarthisme palestinien, c’est une trahison du droit international, de la démocratie allemande et du combat contre le véritable racisme anti-juif. »

Dans une manifestation avec 200 participants le mercredi 22 mai devant le Bureau de la Représentation allemande dans la ville de Ramallah occupée par Israël, les associations de la société civile palestinienne ont remis une lettre signée par les représentants de plus de 200 organisations de la société civile palestinienne. Cette lettre de la société civile disait que les associations « condamnent dans les termes les plus vifs » la résolution du Parlement, « rejettent les allégations et les inventions infondées du Bundestag » et appellent le Parlement allemand à « abroger cette résolution anti-palestinienne, anti-arabe ». Jeudi, une manifestation devant le Bureau de la Représentation allemande dans la Bande de Gaza, où vivent deux millions de Palestiniens dans une prison à ciel ouvert sous blocus israélien, a repris les mêmes messages.

La lettre de la société civile a dit que « Dénier aux Palestiniens le droit de plaider sans violence pour la liberté, la justice et l’égalité est anti-palestinien et met le Bundestag en porte-à-faux avec le droit international, avec les principes démocratiques universels et même avec la position officielle de l’Union Européenne ».

Les associations de la société civile palestinienne ont réaffirmé les principes que le Comité National palestinien de BDS avait tracés dans sa déclaration de 2017 intitulée « Racisme et discrimination raciale sont l’antithèse de liberté, justice et égalité », disant que « le mouvement BDS rejette toute forme de racisme et de discrimination, dont l’islamophobie, l’antisémitisme, le sexisme et le racisme anti-Noirs et l’homophobie, et s’inspire du mouvement anti-apartheid sud-africain et du mouvement américain pour les droits civiques. Le BDS cible la complicité, pas l’identité. » Ils ont appelé « l’Allemagne à mettre fin à toute forme de complicité avec l’occupation illégale et l’apartheid israéliens en interdisant les produits et les services des colonies illégales israéliennes, en mettant fin à tout commerce des armes et recherches militaires avec Israël et en soutenant la suspension de l’Accord d’Association UE-Israël. »

Une seconde lettre de la société civile palestinienne, émise jeudi, a appelé « le Gouvernement allemand à se retenir d’adopter cette résolution et de la faire passer dans la loi », disant qu’agir ainsi « menacerait encore plus les relations entre les sociétés civiles palestinienne et allemande ». La lettre appelait aussi le gouvernement allemand à imposer un embargo militaire à l’encontre d’Israël et à coopérer pour réaliser les droits du peuple palestinien, y compris le droit au retour des réfugiés palestiniens.

Dans une autre déclaration, l’association chrétienne palestinienne Kairos Palestine a dit que « les chrétiens de Palestine sont attristés et troublés » par la résolution du Parlement allemand. Kairos a expliqué : « L’État d’Israël, les institutions et les sociétés complices du déni des droits fondamentaux des Palestiniens sont les cibles du mouvement BDS. Tout le monde a le droit de critiquer les actions injustes d’un État et d’une société. Le mouvement BDS palestinien ne boycotte ni ne fait campagne contre aucun individu ni aucun groupe simplement parce qu’il est israélien. »

Le Comité National BDS palestinien (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Il dirige et soutient le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits des Palestiniens.

Droit au Boycott Droit au BDS

Source : BDS Movement

Traduction : J. Ch. pour BDS France

 




Et le gagnant de l’Eurovision dans la Tel Aviv de l’apartheid est…

18 mai 2019
Par : PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel), la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël de BDS

Alors que le concours de l’Eurovision touche à sa fin dans la Tel Aviv de l’apartheid, le gagnant est déjà connu : le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens.

Plus de 150 000 Européens ou autres ont signé des pétitions appelant au boycott du concours, des centaines d’artistes connus y ont apporté leur soutien, y compris d’anciens participants à l’Eurovision et l’un de ses gagnants, et plus de 100 organisations et centres LGBT+ se sont joint à l’appel.

Après avoir affirmé depuis des mois que des dizaines de milliers de touristes se rendraient à la Tel Aviv de l’apartheid pour le concours, les organisateurs israéliens admettent maintenant que seuls 5 000 à 7 000 personnes – une fraction de ceux qui était attendusétaient arrivés, signe clair que la campagne mondiale de BDS menée depuis une année est un succès.

Nous construisons notre mouvement, poussant à la reconnaissance des droits des Palestiniens, y compris les droits de nos réfugiés, et recevant un soutien sans précédent pour isoler le régime israélien d’apartheid et d’occupation. Ensemble, nous sommes parvenus à empêcher le régime israélien d’utiliser l’Eurovision, le plus grand événement non-sportif télévisé au monde, pour cacher derrière l’art ses crimes contre les Palestiniens, commis en particulier dans la Bande de Gaza assiégée.

Avec des mobilisations dans plus de 25 pays autour du monde, BDS a reçu un nouveau soutien pour notre mouvement grandissant, au-delà des attentes les plus optimistes, grâce au soutien de tant de personnes qui agissent au nom de leurs principes, et aux efforts sans relâche de militants des droits humains.

Nous vous présentons ici le contexte de cette campagne, célébrons notre travail collectif et listons les principales étapes.

Israël a massacré 62 Palestiniens à Gaza, dont 6 enfants, juste deux jours après sa victoire à l’Eurovision le 12 mai 2018. Plus tard ce même jour, la gagnante israélienne Netta Barzilai a donné un concert pour célébrer cette victoire dans la Tel Aviv de l’apartheid, organisé par le maire, et a déclaré « nous avons des raisons d’être heureux ».

L’appel à boycotter la tenue de l’Eurovision en Israël qui a suivi a été initié par des organisations culturelles et des journalistes palestiniens, demandant le 20 juin 2018 si les organisateurs de l’Eurovision auraient accepté que « le concours se tienne dans l’Afrique du Sud de l’apartheid ? ».

Ils ajoutaient que « seule une pression internationale efficace et soutenue obligerait Israël à respecter ses obligations en droit international et les droits humains des Palestiniens ».

Face à une campagne grandissante dans de nombreux pays, le gouvernement a rapidement laissé tomber sa demande insistante que le concours se tienne à Jérusalem, une première victoire pour la campagne de boycott du concours.

Mais quelle que soit la ville dans laquelle se tiendrait le concours, s’il était organisé par Israël, la campagne BDS menée contre lui devait continuer et s’intensifier.

Israël s’est effectivement déclaré lui-même un état d’apartheid peu après, son glissement continu vers l’extrême-droite se faisant plus évident que jamais.

Dans plus de la moitié des 41 pays participant au concours, des appels de BDS divers et créatifs ont été entendus, notamment en Allemagne, Australie, Belgique, au Danemark, dans l’État espagnol, en Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, à Malte, en Norvège, aux Pays-Bas, en Pologne, au Portugal, en République tchèque, au Royaume-Uni, en Slovénie, Suède et Suisse.

Aux États-Unis, Jewish Voice for Peace s’est joint aux appels grandissants au boycott du concours dans le monde.

En septembre dernier, un grand nombre d’artistes reconnus, d’anciens participants à l’Eurovision et l’un de ses gagnants ont soutenu « l’appel sincère des artistes palestiniens » dans une lettre ouverte qui a reçu une large couverture dans les médias du monde entier.

Ils ont écrit : « Tant que les Palestiniens ne jouiront pas de la liberté, de la justice et de droits égaux, on ne devrait pas continuer à traiter normalement avec l’État qui leur dénie leurs droits fondamentaux ».

La gagnante de l’Eurovision en 2018 et son ambassadrice culturelle, Netty Barzilai, a fait une tournée en Europe en novembre dernier. Des militants des droits humains ont manifesté lors de ses spectacles après un appel des queers palestiniens qui ont mis en lumière son recrutement comme ambassadrice d’Israël, ce qui soumet ses activités à ce boycott institutionnel auquel la société civile palestinienne appelle.

En décembre, des chanteurs éligibles à l’Eurovision, lors de la très populaire émission de télévision de l’État espagnol Operación Triunfo, ont déclaré que le fait qu’Israël accueille le concours était « regrettable » et qu’ils préfèreraient qu’il ait lieu ailleurs, étant donné la couverture médiatique croissante de la campagne de BDS.

Quelques semaines plus tard, le groupe britannique The Tuts, qui allaient ensuite faire une tournée avec The Specials, annonçait qu’il avait été invité à l’émission de télévision de la BBC You Decide, qui sélectionne le candidat du Royaume-Uni à l’Eurovision, mais qu’il avait refusé d’y participer, et il a été largement acclamé pour cela sur les réseaux sociaux.

Il y a juste quelques jours, des défenseurs des droits humains à Paris sont montés sur la scène, en live pendant l’émission télévisée de sélection du finaliste pour l’Eurovision, en clamant que le concours devait être boycotté.

Peu après, 50 personnalités culturelles britanniques connues ont écrit une lettre à la BBC, exhortant la chaîne à faire pression pour que l’Eurovision ait lieu ailleurs.

Le même jour, de nombreux groupes LGBT+ publiaient un appel au boycott de l’Eurovision et de la Gay Pride de Tel Aviv, en soutien aux queers palestiniens et contre la tentative cynique d’Israël de dissimuler sa politique envers les Palestiniens derrière un affichage pro-LGBT+ (« pinkwashing », mot proche de celui de blanchiment, mais avec la couleur rose).

Plus de 100 groupes, dont BeLongTo, l’organisation nationale irlandaise des jeunes LGBT+, et les sections de Naples et de Padoue d’Arcigay, la plus ancienne et plus grande organisation italienne pro-LGBT+, ont maintenant souscrit à l’appel.

En février, le réalisateur Julio Pérez del Campo a soutenu l’appel à boycotter l’Eurovision lors de son discours de remerciements aux Goya Awards (les « Oscars » de l’État espagnol).

Quelques semaines plus tard, le compositeur et producteur légendaire Brian Eno a écrit une tribune exhortant le candidat du Royaume-Uni à l’Eurovision à « contribuer à garantir qu’on se souviendrait de l’Eurovision 2019 comme de l’occasion qu’on avait eu de protester au nom de ses principes, et non comme d’un épisode supplémentaire de blanchiment culturel ».

Le mois suivant, Haneen Maikey, directrice de alQaws for Sexual & Gender Diversity in Palestinian Society (alQaws pour une diversité sexuelle et de genre dans la société palestinienne), une organisation politique populaire de queers palestiniens, basée à Jérusalem, et Hilary Aked, une auteure, chercheuse et militante basée à Londres, ont écrit un article dans The Independent, détaillant la manière dont Israël exploite l’identité LGBT+ pour camoufler ses crimes.

Cet article faisait suite à un autre article dans les médias irlandais sur la politique israélienne de dissimulation de l’occupation et de l’apartheid derrière une mise en avant des LGBT+.

Quelques mois avant le concours, alors que les pays en compétition étaient en train de sélectionner leurs candidats, le boycott de l’Eurovision était déjà soutenu par des syndicats, tels que le Musicians’ Union of Ireland (le syndicat des musiciens d’Irlande), Irish Equity et la CGT, ainsi que des partis politiques et des politiciens d’Europe et d’ailleurs.

Plus de 100 artistes palestiniens – dont des metteurs en scènes, des musiciens, des poètes et d’autres artistes récompensés – ont ensuite appelé les candidats à l’Eurovision à se retirer, dans une lettre ouverte.

« En tant qu’artistes palestiniens – brutalisés, assiégés, occupés ou exilés – nous ne pouvons pas offrir les paillettes et le glamour de l’Eurovision. Nous pouvons offrir beaucoup mieux : une place dans les livres d’histoire. »

Quelques jours plus tard, 26 artistes israéliens appelaient également les participants à l’Eurovision à se retirer, écrivant : « En tant qu’artistes, nous ne pouvons pas rester assis alors que nos homologues palestiniens souffrent d’être réduits au silence, déshumanisés et soumis à la violence, et nous vous demandons de vous joindre à nous pour le dénoncer ».

Des militants des droits humains et des artistes dans de nombreux pays participant au concours ont interpellé de manière privée ou publique des candidats à l’Eurovision, des médias, des organisateurs, des juges et d’autres encore.

Lorsqu’il a été annoncé en avril que Madonna se produirait à l’Eurovision, la couverture des médias a démontré la prédominance de BDS sur les tentatives d’Israël de blanchir l’apartheid par l’art.

PACBI a exhorté Madonna d’annuler, l’informant que « le gouvernement fanatique, d’extrême-droite d’Israël exploite cyniquement votre performance, et celle des candidats, pour marquer son oppression croissante des Palestiniens ».

Speed Sisters, une équipe féminine de course que Madonna avait louée auparavant pour leur « combat pour la liberté en Palestine », l’ont aussi appelé à annuler.

Près de 40 000 personnes ont signé la pétition de PACBI et de Jewish Voice for Peace exhortant Madonna à « se tenir avec nous du bon côté de l’histoire ».

Des dizaines de femmes artistes palestiniennes ont également écrit une lettre ouverte à Madonna : « Lorsque les murs s’écrouleront et que la liberté et la justice résonneront enfin, nous vous inviterons à venir partager votre musique avec nous tous dans ce pays ».

Le compositeur et musicien israélien Ohal Grietzer a écrit un appel à Madonna, lui reprochant d’« ignorer les femmes palestiniennes qui la supplient d’être à leurs côtés, ou au moins de ne pas leur faire entrave alors qu’elles établissent des voies pour défendre et réclamer leurs droits ».

Madonna a finalement montré que son soutien tant vanté aux droits humains n’allait pas jusqu’à soutenir les appels des opprimés qu’elle prétend soutenir. La réponse de PACBI a été largement couverte par les principaux médias et les agences internationales de presse.

Entre-temps, deux musiciens d’électro, Jaakko Eino Kalevi et Onra, s’étaient retirés de la soirée sur la plage Electrovision, sponsorisée par l’UE et organisée en marge de l’Eurovision au « village de l’Eurovision », dans le parc Charles Clore de Tel Aviv. Le parc est construit sur le site de Al Manshiyya, un quartier palestinien dont le nettoyage ethnique a ouvert la voie à la création d’Israël.

Comme un signe des liens de plus en plus étroits, au nom de leurs principes, de divers groupes populaires de lutte avec BDS, le centre LGBT+ El Casal Lambda de Barcelone, établi de longue date, a annulé sa fête de l’Eurovision, au nom de « sa grande et ancienne expérience de la défense des droits humains ». L’organisation des jeunes LGBT+ de Copenhague a annulé la projection de l’Eurovision et célébré à la place la musique des gagnants iconiques de l’Eurovision, Abba, en signe d’opposition à l’agenda de « pinkwashing » d’Israël.

Plusieurs tribunes, rapports et articles ont mis en lumière cette politique israélienne de « pinkwashing » et amplifié les voix des queers palestiniens, de militants israéliens et internationaux, d’artistes et d’écrivains.

Ghadir Shafie, Co-directrice d’Aswat, le Centre palestinien féministe pour les libertés sexuelles et de genre, et le militant palestinien LGBT+ Elias Wakeem ont été interviewés pour l’émission de la chaîne britannique Channel 4 « News Uncovered » sur le « pinkwashing » d’Israël.

Le syndicat des étudiants de la prestigieuse Queen’s University de Belfast a également annulé sa soirée Eurovision, et à Melbourne, un bar LGBT+ a annulé la projection de l’Eurovision lors de la sélection du candidat australien en raison des « problèmes de droits humains autour de l’Eurovision cette année ».

Des dizaines de soirées Eurovision « apartheid-free » ont été organisées en Europe par des fans de l’Eurovision et des défenseurs des droits humains à la place des émissions produites depuis la Tel Aviv de l’apartheid.

Plusieurs manifestations et perturbations ont eu lieu durant la semaine de l’Eurovision dans la Tel Aviv de l’apartheid, des militants internationaux et israéliens attirant ainsi l’attention des médias du monde entier.

Globalvision, un Eurovision alternatif qui sera retransmis en live, présentera au même moment que l’Eurovision des artistes palestiniens et internationaux, comme par exemple Brian Eno, DAM et beaucoup d’autres.

La campagne de toute une année de BDS pour boycotter la tenue de l’Eurovision dans l’Israël de l’apartheid a dépassé nos attentes, elle a apporté à notre mouvement de défense des droits humains de nouveaux soutiens, et nous a permis de créer des liens, au nom des principes que nous partageons, avec des combats anti-racistes, féministes, LGBT+ et d’autres encore.

C’est pourquoi le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens est le vrai gagnant de l’Eurovision !

Traduction : MUV pour BDS France
Source : bdsmovement.net / PACBI




Mettons fin à la Nakba grâce à l’espoir, la résistance et une véritable solidarité

15 Mai 2019

de Palestinian BDS National Committee (BNC)

Les Palestiniens, en Palestine et en exil, commémorent aujourd’hui le 71ème anniversaire de la Nakba de 1948, catastrophe en arabe. L’espoir nous permet de continuer à résister et à revendiquer nos droits à la liberté, la justice, l’égalité et la dignité.

Les Palestiniens, en Palestine et en exil, commémorent aujourd’hui le 71ème anniversaire de la Nakba de 1948, catastrophe en arabe. L’espoir nous permet de continuer à résister et à revendiquer nos droits à la liberté, la justice, l’égalité et la dignité.

Nous envoyons un message de détresse et un appel à une véritable solidarité, et non à la charité, au moment le plus difficile de notre lutte pour la libération. Israël intensifie impitoyablement ce que le regretté Edward Saïd décrivait comme la “disparition” du peuple palestinien, aussi bien d’un point de vue politique, que géographique et même physique. Cette disparition est facilité par le soutien inconditionnel à Israël et contre les Palestiniens de l’administration Trump et par la profonde complicité de l’Union Européenne et des autres puissances mondiales.

La Nakba a été un nettoyage ethnique délibéré et systématique, commis par les milices sionistes puis plus tard par l’État d’Israël, contre le peuple indigène palestinien en 1948 afin de faire de la place à la colonisation suprémaciste. Mais ce n’est pas qu’un crime du passé, ce crime n’a cessé depuis lors.

Le régime israélien d’occupation militaire, de colonisation et d’apartheid est plus vicieux que jamais et s’accapare un maximum de nos terres ancestrales avec le moins de Palestiniens possible.

Le Comité National palestinien du BDS (BNC) envoie cet appel de détresse. Le siège brutal israélien à rendu Gaza invivable, où deux millions de Palestiniens sont délibérément victimes de manque de nourriture, de médicaments, d’électricité, d’eau potable, de matériaux de construction, d’emplois, anéantissant ainsi toute chance de survie économique.

Il est devenu une obligation morale de premier ordre d’agir pour mettre fin à l’immunité d’Israël et à ses incessants crimes contre l’humanité.

Nous avons besoin de votre aide pour intégrer la lutte pour les droits des Palestiniens aux luttes mondiales pour la justice et les droits sociaux, économiques, climatiques, de genre, d’origine et de race.

Il est plus urgent que jamais que les personnes de conscience et que les mouvements progressistes à travers le monde rompent les liens de complicité qui unissent leurs entreprises, leurs institutions et leurs états au régime d’oppression israélien.

Inspiré du mouvement de solidarité avec la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, nous appelons à intensifier les campagnes pour :

  • Mettre fin au soutien militaire des États-Unis et de l’Europe à Israël, à leur commerce et aux recherches jointes sur le matériel de sécurité, à leurs fabricants d’armes (comme Elbit), et aux universités complices.
  • Se retirer de toutes les entreprises et banques, israéliennes et internationales, impliquées dans les violations israéliennes des droits fondamentaux des Palestiniens, y compris l’industrie du tourisme. Par exemples les banques Leumi et Hapoalim, HP, G4S, Caterpillar, Airbnb, Hyundai Heavy Industries, Cemex, le ciment Heidelberg entres autres.
  • Boycotter les institutions universitaires, culturelles et sportives israéliennes qui sont complices des crimes d’occupation et d’apartheid.

En solidarité,

Secrétariat du Comité National palestinien du BDS

Le Comité national palestinien (BNC) du BDS est la plus large coalition dans la société civile palestinienne qui dirige et soutien le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions.

Traduction : Lauriane G. pour BDS France

Source: BDS Movement




Des entreprises australiennes et canadiennes se désistent du projet de tramway dans les colonies israéliennes

The Electronic Intifada

Ali Abunimah 8 mai 2019

The Electronic Intifada est en mesure de révéler en exclusivité que le géant canadien de l’ingénierie Bombardier s’est retiré d’une offre pour étendre et exploiter un tramway israélien reliant les colonies en Cisjordanie occupée.

Bombardier est l’une des entreprises internationales — deux autres étant Macquarie d’Australie et Siemens d’Allemagne – à se retirer de l’appel d’offres pour construire la prochaine phase du tramway de Jérusalem.

Le système de tramway relie les colonies les unes aux autres, et à Jérusalem, contribuant à enraciner et à faciliter l’expansion coloniale d’Israël en territoire occupé — un crime de guerre.

Ce tramway est un symbole d’oppression pour les Palestiniens.

Le mois dernier, Globes, la publication commerciale d’Israël, a rapporté que le fonds d’investissement Macquarie retirait son soutien au consortium d’offres qui inclut Bombardier et la compagnie autrichienne Wiener Linien.

Selon Globes, le consortium « était en train de chercher un fonds d’investissement pour remplacer le fond australien Macquarie ».

Cependant, un porte-parole de Macquarie a confirmé mercredi à The Electronic Intifada que non seulement le financier australien s’était retiré, mais aussi l’ensemble entier du consortium piloté par Bombardier.

Une requête à commenter a été envoyée à Bombardier.

L’an dernier, la FIDH, une importante organisation internationale pour les droits humains, avait déclaré avoir reçu l’engagement de la compagnie publique française Systra qu’elle se retirait de l’appel d’offres pour le tramway.

FIDH avait remarqué à l’époque que le tramway était « un instrument de la politique de colonisation d’Israël et de son annexion de Jérusalem, en violation complète du droit international ».

Après une pression soutenue des militants des droits humains, la multinationale française d’infrastructure Veolia a vendu ses actions de CityPass, le consortium qui opère la ligne de tram existante, en 2015.

Une entreprise allemande se retire

Maintenant CityPass lui-même suit Veolia vers la sortie.

Le consortium CityPass, qui inclut Siemens, d’Allemagne, a notifié au gouvernement israélien qu’il se retirait de l’appel d’offres pour étendre et faire fonctionner la Ligne rouge du tramway de Jérusalem déjà existante et pour construire et exploiter la nouvelle Ligne verte.

La Ligne rouge sera étendue pour pénétrer plus profondément en Cisjordanie occupée, reliant les colonies de Pisgat Zeev et Neve Yaakov, qui font partie de l’anneau de colonies qu’Israël construit pour isoler les Palestiniens de Jérusalem de ceux du reste de la Cisjordanie occupée.

La Ligne verte ira du Mont Scopus dans Jérusalem-Est occupé jusqu’à la colonie de Gilo, au sud-ouest de Jérusalem.

The Times of Israel a indiqué clairement que le retrait du consortium était lié aux risques produits par l’occupation militaire prolongée d’Israël.

Selon la publication israélienne, CityPass « a pointé du doigt une longue série d’incidents concernant la sécurité, y compris des attaques terroristes palestiniennes et des jets de pierre, ainsi que des émeutes et des manifestations dans les zones ultra-orthodoxes, qui ont endommagé et retardé les trains ». La compagnie a dit que son contrat « ne la protégeait pas de manière adéquate des pertes subies pendant de tels événements », selon The Times of Israel.

« La pression de BDS marche »

Des militants palestiniens voient ces derniers retraits comme des victoires dans leurs efforts à faire rendre des comptes aux entreprises complices de l’occupation et de la colonisation par Israël.

Mahmoud Nawajaa, coordinateur général du Comité national palestinien du mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BNC), a déclaré à The Electronic Intifada : « Les retraits du projet israélien illégal du tramway de Jérusalem de la part d’un consortium incluant la compagnie canadienne Bombardier, et du consortium CityPass incluant Siemens, montrent une nouvelle fois que BDS marche en tant que forme de pression populaire ».

Mais les compagnies qui se désistent ne font que se conformer à leurs obligations basiques concernant les droits humains.

Ily a un consensus croissant, tant sur le plan juridique que sur celui des droits humains, selon lequel être en relation commerciale avec les colonies d’Israël implique une complicité inévitable dans des agressions majeures contre les droits humains, y compris dans des crimes de guerre, et que de tels échanges commerciaux doivent être bannis.

Complicité des entreprises

Si les retraits de Macquarie, Bombardier et Siemens seront des nouvelles bienvenues pour ceux qui militent en faveur des droits palestiniens, trois consortiums restent dans l’appel d’offres du projet et ils incluent plusieurs entreprises internationales apparemment désireuses de profiter des crimes d’Israël.

Un consortium, selon Globes, regroupe la compagnie israélienne d’infrastructure Electra avec le fabricant de trains basé en France Alstom, et Moventia, la compagnie qui exploite les transports publics à Barcelone.

Le deuxième consortium inclut le fabricant de train espagnol CAF, dont le conseil officiel des travailleurs a voté contre la participation au projet. Mais selon Globes, ce consortium maintient son offre.

Et le troisième consortium voulant aussi construire la ligne inclut le constructeur des colonies Shikun & Binui, la compagnie de trains chinoise CRRC et le fonds d’investissement français Meridiam.

Meridiam a été créée avec l’appui financier de la banque française Crédit Agricole.

Un quatrième consortium inclut deux compagnies grecques, la compagnie d’infrastructure GEK Terna, et l’opérateur du métro d’Athènes, l’entreprise publique STASY. Mais dans un développement potentiellement inquiétant du point de vue d’Israël, Globes note que « les intentions du consortium piloté par les Grecs n’étaient pas claires ».

Le gouvernement grec a donné son appui à l’offre, mais des députés du parti dominant nominalement de gauche en Grèce, Syriza, ainsi que des syndicats, ont exprimé une forte opposition à quelque engagement grec que ce soit dans le tramway des colonies.

Malgré la complicité actuelle, les militants espèrent que cette ruée vers la sortie ne sera pas la dernière.

« Comme Veolia auparavant, de plus en plus d’entreprises réalisent qu’investir dans les violations par Israël du droit international et des droits humains, et les permettre, n’est pas seulement illégal et immoral, mais mauvais pour les affaires », a déclaré Nawajaa de BNC.

« Un an après le déplacement de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, les retraits de ces compagnies montrent que les droits humains peuvent encore gagner contre le soutien américain à l’apartheid israélien. La pression doit continuer sur toutes les entreprises impliquées dans les appels d’offre, ou considérant la possibilité de soumettre une offre, jusqu’à ce que toutes se soient retirées de ce projet de tramway illégal ».

Ali Abunimah est cofondateur de The Electronic Intifada et l’auteur de The Battle for Justice in Palestine, paru chez Haymarket Books. Il a aussi écrit One Country: A Bold-Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse. Les opinions exprimées sont les siennes seules.

Source : The Electronic Intifada

Traduction : C.G pour BDS France




AXA IM se désinvestit d’Elbit Systems – impliqué dans des crimes de guerre israéliens

SumOfUs et la Coalition Stop Assistance to Israeli Apartheid se félicitent de la décision d’AXA de se retirer – en partie – du capital d’Elbit Systems mais appellent AXA à aller plus loin en mettant un terme à l’ensemble de ses investissements dans les sociétés complices de l’Occupation israélienne.

Suite à une année de campagne de pression citoyenne contre l’assureur français AXA, exigeant de la multinationale qu’elle cesse ses investissements dans le fabricant d’armes Elbit Systems et cinq banques israéliennes (Bank Hapoalim, Bank Leumi, Bank Mizrahi-Tefahot, First International Bank of Israel et Israel Discount Bank) impliqués dans les crimes de guerre de l’Etat Israélien, AXA commence discrètement à réduire ses investissements scandaleux en 2019.

SumOfUs, ONG internationale qui agit comme un contre-pouvoir des grandes entreprises, a lancé une pétition internationale en avril 2018 qui a réuni plus de 140 000 signatures, en soutien à la mobilisation Stop Assistance to Israeli Apartheid, en partenariat avec les nombreuses organisations du mouvement BDS France, à l’initiative de la campagne en 2016.

La fin de l’année 2018 a semble-t-il marqué un nouveau tournant pour les investissements peu scrupuleux des entreprises bancaires et financières dans le fabricant d’armes Elbit Systems — sordidement célèbre pour avoir fourni des armes à sous-munitions interdites par le droit international et des obus au phosphore blanc, tous deux utilisés contre les populations civiles palestiniennes – un usage également condamné par le droit international.

En décembre 2018, suite à la campagne menée par une coalition d’ONG britanniques contre ses investissements, HSBC a décidé de se retirer du capital d’Elbit Systems en raison de son implication dans la production et la commercialisation de bombes à sous-munitions. C’est aujourd’hui au tour d’AXA de prendre le chemin du désinvestissement et nous nous félicitons de ce premier pas.

AXA Investment Managers (une filiale appartenant totalement à AXA) a ainsi vendu toutes ses parts dans le fabricant d’armes le 31 décembre 2018 et nous a affirmé la semaine dernière « ne pas investir dans des producteurs d’armes à sous-munitions ».

Cependant AXA reste encore lié à Elbit Systems via sa filiale Alliance Bernstein (AB). Le mois dernier, nous avons appris qu’AXA ne contrôlait plus AB – passant de 65.6% à 31.7% de parts dans la société.

Si cette vente semble affecter le pouvoir décisionnel d’AXA au sein d’AB, elle ne déresponsabilise absolument pas la multinationale de sa complicité dans les investissements maintenus par AB dans le fabricant d’armes ainsi que dans cinq banques israéliennes — qui toutes participent au financement des activités illégales d’occupation militaire et de colonisation de l’Etat israélien.

De plus, cette vente ne vient en rien amoindrir les investissement directs détenus par AXA IM dans quatre des cinq banques israéliennes. Interrogés depuis plusieurs années sur ses investissements, à la fois dans le fabricant d’armes et les banques, l’assureur AXA continue de nier la problématique légale et morale qu’ils posent.

« Si nous saluons cette première décision de la part du groupe AXA, nous la considérons comme une première étape insuffisante vers la fin de la complicité d’AXA, aussi bien directe qu’indirecte, dans de graves violations du droit international et des droits humains, a exprimé Leyla Larbi, chargée de campagnes SumOfUs. Nous travaillons actuellement sur un rapport faisant la lumière sur l’ampleur des investissements d’AXA, qui participe toujours au financement de ces entreprises à hauteur de dizaines de millions via sa filiale AXA IM et ses participations au sein de sa filiale AB. Nous attendons de la multinationale AXA qu’elle aille jusqu’au bout de cette logique de désinvestissement afin de se mettre en totale conformité avec la législation internationale et qu’elle respecte enfin ses principes d’investissements responsables qu’elle promeut tant. »

La campagne contre les investissements problématiques d’AXA n’est pas prête de faiblir :

« En cette journée Internationale de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens, la Coalition Stop Assistance to Israeli Apartheid organise des actions à travers le monde pour appeler AXA à se désinvestir de ces compagnies qui violent le droit international et participent à maintenir un régime d’oppression violent et illégal contre les populations palestiniennes, a déclaré Imen Habib, coordinatrice de la campagne BDS France.

Lien vers la pétition :

« AXA doit cesser de faire du profit sur la colonisation de la Palestine »

Sources :

  • Base de données financières Fintel faisant état de la sortie d’AXA IM du capital d’Elbit Systems.
  • Communiqué du groupe AXA annonçant la diminution des ses parts dans AXA Equitable Holding, la filiale jusqu’alors actionnaire majoritaire du groupe AB.

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SumOfUs est un mouvement mondial de consommateurs, d’investisseurs et de travailleurs, unis pour contrebalancer le pouvoir grandissant des entreprises à travers le monde. Nous voulons acheter, travailler et investir dans des entreprises qui ne nuisent pas à l’environnement, traitent convenablement leurs salariés et respectent les droits humains.

 

 

 




Refus officiel d’entrer aux États Unis au cofondateur du mouvement palestinien BDS

11 avril 2019

Palestinian BDS National Committee (BNC) 

 United StatesPalestine

Le 10 avril, Omar Barghouti, défenseur palestinien des droits humains et cofondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens, s’est vu refuser l’entrée aux États Unis à l’aéroport Ben Gourion, bien qu’il eut un passeport et un visa en règle.

Le 10 avril, Omar Barghouti, défenseur palestinien des droits humains et cofondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens, s’est vu refuser l’entrée aux États Unis à l’aéroport Ben Gourion, bien qu’il eut un passeport et un visa en règle. Il devait faire une tournée étatsunienne et prendre la parole notamment à NYU à Washington, NYU à New York et à l’Université Harvard ; rencontrer aussi des acteurs politiques majeurs, des leaders d’opinion et des journalistes. Après sa tournée de meetings, Omar Barghouti devait être présent au mariage à venir de sa fille.

On trouvera ci-dessous le commentaire d’Omar Barghouti sur le refus étatsunien de le laisser entrer et un communiqué de presse de l’Institut Arabe Américain (AAI), l’une des organisations américaines qui prévoyaient de l’accueillir.

Omar Barghouti, défenseur palestinien des droits humains et cofondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits des Palestiniens, a déclaré :

Cette interdiction étatsunienne à mon égard, motivée idéologiquement et politiquement, fait partie de la répression grandissante contre les défenseurs des droits palestiniens, israéliens et internationaux du mouvement BDS pour la liberté, la justice et l’égalité. Israël n’est pas simplement dans la poursuite de son système de plusieurs décennies d’occupation militaire et de nettoyage ethnique ; il externalise sa répression honteuse, Maccarthiste, vers les États Unis et vers des groupes xénophobes et d’extrême droite dans le monde.

Les soutiens de l’apartheid israélien aux États Unis essaient désespérément de priver des députés étatsuniens, des media, le public de l’Université de New York, d’Harvard, de la librairie Oncle Bobbie à Philadelphie et de la synagogue Tsedek de Chicago, de leur droit à écouter en direct un défenseur palestinien des droits humains qui appelle à la fin de la complicité américaine avec les crimes israéliens contre notre peuple. Mais mon débat avec Peter Beinart s’est déroulé aujourd’hui sur le campus de NYU de Washington, DC et toutes mes autres interventions vont se dérouler comme prévu, le public me verra simplement à l’écran au lieu de me voir en personne.

Une chose dont cette interdiction me prive et dont je ne peux avoir de compensation, est le droit d’être présent au mariage de ma fille qui vit aux États Unis. J’en suis blessé mais non découragé.

Avec le développement de liens intersectionnels qui mettent en relation BDS pour les droits des Palestiniens avec les luttes des communautés de couleur, des Américains autochtones, des militantes pour les femmes, de jeunes juifs du millénaire, des syndicalistes, des universitaires, des artistes, des étudiants, des groupes LGBTQI, des mouvements contre la guerre et d’autres, nous l’emporterons. Nous allons intensifier notre combat commun contre le fascisme et le racisme sous toutes leurs formes par notre lutte cohérente moralement pour la justice, la dignité et pour une vie qui vaille d’être vécue, comme notre défunt poète Mahmoud Darwich a dit un jour.

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’INSTITUT ARABE AMÉRICAIN

POUR PUBLICATION IMMÉDIATE

CONTACT: Tess Waggoner, twaggoner@aaiusa.org, 202-429-9210

L’ADMINISTRATION TRUMP REFUSE L’ENTRÉE À UN ÉMINENT DÉFENSEUR PALESTINIEN DES DROITS HUMAINS

La veille de sa tournée de conférences aux États Unis, le cofondateur de BDS, Omar Barghouti, interdit d’entrer.

WASHINGTON, D.C. (11 avril 2019) – Le 10 avril, Omar Barghouti, un éminent défenseur palestinien des droits humains, s’est vu interdire, à l’aéroport Ben Gourion, d’entrer aux États Unis, bien qu’il eut un titre de voyage valide. L’Institut Arabe Américain l’a invité à Washington pour participer à un certain nombre de conférences et de programmes éducatifs.

Barghouti, qui est cofondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) dirigé par la société civile palestinienne, devait se rendre aux USA pour une tournée de conférences qui incluaient notamment des interventions publiques à NYU de Washington, DC, NYU de New York et à l’Université Harvard ; et des réunions avec des acteurs politiques de premier plan, des leaders d’opinion et des journalistes. Après sa tournée de conférences, Barghouti prévoyait d’assister au mariage imminent de sa fille.

Les difficultés à voyager qu’a eues Barghouti par le passé étaient dues aux restrictions imposées par le gouvernement israélien à ses entrées et sorties d’Israël en ne lui renouvelant pas son passeport. En ce sens, Amnesty International a lancé un appel le 7 février 2019, exigeant d’Israël qu’il « mette fin à l’interdiction arbitraire de voyager au défenseur des droits humains, Omar Barghouti ».

En conséquence, il a reçu un passeport israélien. Comme il possédait déjà un visa pour les USA jusqu’en janvier 2021, le projet de sa tournée de conférences a été confirmé. Le 10 avril, cependant, Barghouti a été informé à l’aéroport Ben Gourion par la compagnie aérienne que le Consulat américain de Tel Aviv avait des instructions des Services Étatsuniens de la Citoyenneté et de l’immigration (USCIS) pour lui refuser de se rendre aux États Unis. Aucune explication n’a été donnée à Barghouti pour ce refus, sinon « une question d’immigration ».

Le Président de l’AAI, James Zogby a fait la déclaration suivante:

Omar Barghouti est une voix palestinienne majeure sur les droits humains. Le refus d’entrer imposé à Omar est le dernier exemple en date du mépris de ces droits par l’administration Trump. Les visites d’Omar aux États Unis n’ont jamais auparavant posé de problème, du fait de sa longue présence ici comme étudiant et lors de ses tournées de conférences. Il est clair que cette décision politique arbitraire est motivée par les efforts de cette administration pour faire taire les voix palestiniennes. Au moment où des membres du Congrès plaident pour des lois et des résolutions rétrogrades contre BDS, où des États ont voté des lois visant le mouvement non violent de boycott en violation de nos droits protégés par le Premier Amendement, il est perturbant que des acteurs politiques et le peuple américain n’aient pas l’opportunité d’écouter en direct les points de vue d’Omar. Les voix des défenseurs des droits des Palestiniens, que ce soit par des ciblages politiques ou par des lois rétrogrades et discriminatoires, sont étouffées lorsque des discussions ou des débats sont refusés.

Source : BDS movement

Traduction : SF pour BDS France




L’université du Cap vote la condamnation des violations des droits humains des Palestiniens par Israël, et se réserve le droit de se «dissocier» des institutions académiques qui rendent possibles ces violations

30 mars 2019

Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI)/Afrique du Sud

 Le conseil de l’Université du Cap, la première université d’Afrique, vote pour se réserver le droit de se dissocier des institutions académiques qui soutiennent ou rendent possible, directement ou indirectement, la violation des droits humains.

Nous nous réjouissons du vote de l’Université du Cap par lequel elle « condamne les atrocités et les violations des droits humains perpétrées dans les territoires palestiniens occupés » et se réserve le droit de se dissocier des « institutions académiques qui soutiennent (directement ou indirectement) la violation des droits humains et/ou rendent possible la violation de ces droits humains ».

Les Palestiniens appellent à un boycott académique des universités israéliennes qui en sont complices en raison de leur rôle dans la justification, la planification, la mise en œuvre et le maintien du système d’Israël d’oppression, incluant le vol de la terre, le siège cruel et les attaques qui se poursuivent contre Gaza, et les lois d’apartheid.

Aujourd’hui, alors que les Palestiniens commémorent la Journée de la Terre et une année de manifestations de la Grande Marche du Retour à Gaza, nous savons que, tout comme en Afrique du Sud, le régime apartheid d’Israël finira par s’effondrer sous le poids combiné des personnes de conscience unies aux Palestiniens dans notre combat pour la liberté, la justice et l’égalité.

Nous remercions le Forum de la solidarité avec la Palestine de l’Université du Cap pour ses efforts inlassables. Nous exhortons les universitaires dans le monde à travailler pour veiller à ce que le milieu universitaire ne rende pas possible, directement ou indirectement, l’oppression des Palestiniens par Israël.

 

Source : PACBI

Traduction : JPP pour BDS FRANCE




Au premier anniversaire de la Grande Marche du Retour, le Comité national du BDS réitère son appel pour un embargo militaire contre Israël

Comité national palestinien du BDS (BNC) / Palestine

30 mars 2019 – Les Palestiniens dans la bande de Gaza célèbrent la Journée de la Terre et le premier anniversaire de la Grande Marche du Retour de Gaza en protestant contre le siège cruel israélien et en exigeant leurs droits. Ces manifestants non armés sont confrontés aux tirs des tireurs embusqués israéliens qui, à ce jour, ont tué 195 manifestants, et en ont blessé 29 000. La Commission d’enquête des Nations-Unies a fait le constat que les attaques israéliennes contre les manifestants « peuvent constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité ».

Aujourd’hui, la société civile palestinienne renouvelle son appel pour un embargo militaire contre Israël et amplifier les campagnes BDS pour mettre fin à l’impunité d’Israël et le tenir responsable de ses crimes.

Sabreen Al Najjar, auxiliaire médicale de Gaza :

« Ma fille, Razan Al Najjar, auxiliaire médicale, a été abattue par un tireur embusqué israélien alors qu’elle avait revêtu son uniforme blanc et qu’elle tentait de porter secours à des blessés qui manifestaient pour leurs droits. Durant la courte vie de Razan, elle a été contrainte de rester dans une bande de terre qui est une prison, densément peuplée, enfermée par les blocus et les murs israéliens. Elle a été le témoin de trois agressions militaires israéliennes qui ont blessé et tué des milliers de Palestiniens innocents. Pour elle et pour nous tous, les Palestiniens, la Grande Marche du Retour est notre cri pour la justice.

En nous rassemblant pacifiquement, chaque fin de semaine, pour des droits et libertés qui sont sans aucune hésitation librement reconnus à d’autres, c’est une obligation pour la communauté internationale que d’agir et de cesser de fournir à Israël les armes qu’il a utilisées pour tuer Razan, et tant d’autres comme elle. Je m’adresse aux organisations et aux États pour qu’ils mettent en pratique notre appel palestinien pour un embargo militaire contre Israël, afin que nous puissions vivre dans la liberté et la paix. »

 Abulrahman Abunahel, organisateur communautaire et coordinateur du Comité national palestinien du BDS (BNC), basé à Gaza :

« Depuis plus de sept décennies, les Palestiniens luttent pour rentrer dans leurs foyers dont ils ont été déracinés lors de la Nakba en 1948. Israël nous prive de notre droit au retour. Au premier anniversaire de la Grande Marche du Retour qui se poursuit à Gaza, nous réitérons l’appel au boycott, au désinvestissement et à des sanctions pour les droits des Palestiniens. Il est grand temps d’isoler totalement et de poursuivre en justice le régime israélien de colonialisme de peuplement, d’occupation et d’apartheid. L’effusion de sang, à Gaza et ailleurs en Palestine, doit être arrêtée. »

 Najwan Berekdar, défenseur des droits humains, de Nazareth :

« En tant que citoyens palestiniens d’Israël, nous nous joignons à la Grande Marche du Retour pour exiger le respect du droit, reconnu par les Nations-Unies, au retour de tous les réfugiés palestiniens. Comme la plupart des Palestiniens de Gaza, beaucoup d’entre nous, Palestiniens de 48, avons été contraints de quitter nos foyers durant la Nakba de 1948, et nous n’avons jamais été autorisés à y retourner. Nous avons vécu sous une loi martiale jusqu’en 1966, et nous souffrons encore aujourd’hui sous les lois de l’apartheid israélien. La Journée de la Terre, que tous les Palestiniens célèbrent aujourd’hui, commémore ce jour de 1976 où les forces israéliennes ont tué six Palestiniens lors de manifestations de masse pacifiques en Galilée contre la confiscation par Israël de leur terre ancestrale. Israël doit être tenu responsable de ses crimes. »

 Le Comité national palestinien du BDS (BNC) est la plus large coalition de la société civile palestinienne. Il dirige et soutient le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits des Palestiniens.

Source : BDS Movement

Traduction : JPP pour BDS France

 




Soirée de mobilisation contre Elbit Systems le 21/02/19 à Bruxelles: intervention sur l’expérience de BDS France

Soirée de mobilisation contre Elbit Systems le 21 février 2019 à Bruxelles

 Intervention sur l’expérience de BDS France

 

Pour introduire mon exposé je veux d’abord rappeler que l’État français a une longue histoire de son soutien à la politique militaire israélienne.

Il y eu le soutien avec la Grande Bretagne à l’intervention militaire israélienne en 1956 contre la nationalisation du Canal de Suez sous le président égyptien Nasser et il y a eu aussi une aide directe à la mise au point de la bombe atomique. Plus récemment, les présidents Sarkozy, Hollande et aujourd’hui Macron n’ont pas ménagé pas leur soutien à la politique israélienne. Il y a eu sous Hollande un exercice d’entrainement commun en Corse des armées de l’air israélienne et française et l’an dernier, donc sous Macron, il y a eu à Toulon un exercice des marines française et israélienne. Le commerce d’armes avec Israël est actif lui aussi, mais c’est un domaine plus opaque, sur lequel il est plus difficile d’avoir des informations sûres.

Face à ce contexte et à cette Histoire, il y a aussi en France une longue histoire des militants anticolonialistes et de la solidarité avec le peuple palestinien.

Cette solidarité s’incarne aujourd’hui en particulier dans le mouvement BDS, qui continue son développement malgré les tentatives d’intimidations visant à le museler.

L’une de nos campagnes prioritaires est l’embargo sur le commerce d’armes avec Israël.

Et dans cette campagne nous sommes souvent intervenus contre Elbit Systems

Je vais vous présenter ces interventions puis vous dire quelles leçons nous pouvons en tirer.

 

Nous avons déployé les interventions contre Elbit dans 4 directions : 1. dans le cadre des appels d’offres du ministère de la défense pour le renouvèlement de son matériel militaire, matériel directement offensif ou de surveillance, 2. dans le cadre de notre campagne globale pour l’embargo sur le commerce d’armes avec Israël, 3. dans le cadre d’actions dans des salons de l’armement et 4. dans le cadre de la campagne contre la complicité de la société AXA avec les violations du droit international par Israël.

 

  1. Nous sommes intervenus 2 fois dans le cadre d’appels d’offres du ministère de la défense qui pouvaient être remportés par Elbit et les 2 fois nous avons gagné

La première fois c’était contre l’achat du drone de combat Watchkeeper, basé sur la technologie d’Elbit et qui devait être réalisé par le groupe Thales.

Une pétition au Ministre de la Défense lancée en 2015 et ayant recueilli plus de 8000 signatures et des milliers de cartes postales adressées au Président de la République ont contribué à sensibiliser l’opinion publique.

Nous avons précisé que le drone Watchkeeper est issu du drone Hermès 450, qui est une des armes privilégiées qu’utilise l’armée israélienne pour commettre des crimes de guerre, voire des crimes contre l’Humanité, contre la population palestinienne en général et celle de la bande de Gaza en particulier, comme en attestent les plus hautes instances internationales ainsi que les ONG spécialisées.

Par ailleurs, comme le revendiquent pleinement les acteurs principaux du complexe militaro-industriel israélien, dont Elbit, la population palestinienne sert de cobaye pour tester leurs armes. Nous avons souligné que les États, dont la France au regard de ses engagements européens et internationaux, ont pour obligation de garantir qu’Israël, comme tout autre État, se conforme au droit international et que si l’achat du drone Watchkeeper se confirmait, le gouvernement porterait la responsabilité de rendre les contribuables français complices du manquement de la France à ses obligations mais aussi d’un soutien de fait à une industrie militaire israélienne au service d’une politique coloniale, meurtrière et illégale.

Dans notre communiqué après que le Watchkeeper ait été écarté, au début 2016, nous avons précisé :

« La campagne BDS France prend acte du choix de l’armée française, qui n’a pas choisi le Watchkeeper et qui, après un appel d’offre a finalement confié à Sagem (groupe Safran) la fabrication de drones Patroller.

Si le choix de Sagem ne vaut pas une totale indépendance vis à vis d’Israël, l’abandon du drone Thales-Elbit est une réussite de la campagne BDS.

Pour autant, on ne peut se réjouir du choix de telles armes qui pourrait ouvrir la voie aux drones armés dans l’armée française et alors que ceux-ci contribuent à tuer ou faire tuer des populations civiles, comme le fait l’armée israélienne à Gaza.

En développant cette campagne, BDS France s’est engagé dans l’action pour l’embargo militaire vis à vis d’Israël, et a participé à isoler « Elbit System. »

Nous avons été confrontés en 2016 à un second appel d’offres. Cette fois il s’agissait pour le ministère de la défense de renouveler son parc de drones dits « de reconnaissance », qui sont

utilisés pour aider notamment à guider les tirs meurtriers des avions de chasse. Elbit a alors subi une seconde défaite, son offre de drones Skylark 1LE pour un montant de 100 millions d’euros ayant été écartée.

Nous nous étions activement mobilisés, à travers entre autresl’envoi de milliers de cartes postales au Président de la République, de pétitions à l’attention du ministère de la défense et de deux journées d’actions nationales, les 24 septembre et 10 décembre 2016. Ces journées ont mobilisé des dizaines de villes et des centaines de militants, et ont été renforcées par un tweetstorm visant le ministre de la défense.

Le ministère de la Défense a finalement annoncé au début 2017 un autre choix, la raison invoquée étant que le gouvernement français souhaitait pour des raisons d’indépendance nationale développer une filière française pour ce type de drones et d’aider pour cela l’entreprise Thales.

 

  1. Un second axe de mobilisation est la campagne globale pour l’embargo sur le commerce d’armes avec Israël

 Nous sommes souvent intervenus dans des initiatives portant de manière plus générale sur l’embargo sur le commerce d’armes avec Israël ou contre les politiques militaristes ou sécuritaires dans le monde et  nous avons alors souvent évoqué le cas d’Elbit.

Ainsi lors d’une réunion publique à Paris le 29 avril 2015 avec une militante de Stop The Wall, coordinatrice des relations internationales pour la Campagne palestinienne et membre du secrétariat du BNC, qui est la direction palestinienne du BDS.

Ainsi suite aux massacres à Gaza ou dans le cadre de la campagne #StopArmingIsrael.

Nous avons organisé des journées de mobilisation consacrées à l’embargo et nous sommes souvent sollicités par diverses associations pour intervenir sur la dangerosité de la politique israélienne ou pour tenir des tables de presse.

Nous avons animés des conférences débats sur l’embargo, par exemple à Fête annuelle du journal l’Humanité, en y invitant Patrice Bouveret, directeur de l’observatoire des armements.

Nous sommes aussi intervenus plusieurs fois dans des débats après la projection du film The Lab de Yotam Feldman, qui porte sur l’industrie militaire israélienne.

Nous dénonçons les programmes de recherche qui dans le cadre de l’Union Européenne profitent à Elbit, en particulier le programme horizon 2020, ainsi que les liens d’établissements d’enseignement supérieur en France (telle l’École Polytechnique) avec le Technion, Institut de technologie d’Israël qui collabore avec le complexe militaro-industriel dont Elbit.

Par ailleurs depuis plusieurs années nous participons aux Marches annuelles pour la Paix, organisées en France notamment par le Mouvement de la Paix, et nous y évoquons également la mobilisation contre Elbit.

Assez récemment nous avons décidé d’inviter les parlementaires, du moins celles et ceux qui sont invitables, à demander, tel que l’ont fait d’importantes ONG, l’embargo sur le commerce d’armes avec Israël.

Je voulais signaler toutes ces initiatives disparates parce qu’elles contribuent à amplifier la mobilisation contre Elbit.

 

  1. Un troisième axe de mobilisation est dans le cadre de salons de l’armement

 Il a en France 4 salons internationaux de l’armement ou la défense et au moins 2 salons régionaux.

Les salons internationaux se tiennent chacun tous les 2 ans en région parisienne : le salon de la défense Eurosatory, Milipol qui est le salon mondial de la sécurité intérieur des États, le salon de l’aéronautique du Bourget, et Euronaval, consacré à la sécurité navale et maritime.

Elbit expose dans ces 4 salons.

Nous sommes intervenus 5 fois dans ces salons : une fois dans et deux fois devant le salon Eurosatory, et 2 fois devant le stand d’Elbit au salon du Bourget.

En 2014 des camarades de BDS France et du collectif Stop Armes ont fait irruption et ont manifesté devant le stand d’Israël à Eurosatory ; les services de sécurité les ont expulsés vivement mais il est resté une petite vidéo qui a beaucoup circulé. En 2016 et 2018 nous sommes intervenus devant l’entrée du salon avec banderoles et autres visuels et avec d’autres associations : le Mouvement de la Paix, l’Association France Palestine Solidarité, l’Union Juive Française pour la Paix, des associations féministes, Les Désobéissants … Ces rassemblements ont été tolérés et nous ont permis d’interpeller ou de huer des exposants, et en 2018 il y a eu des mises en scènes : fanfare militante, die in, etc.

Au salon du Bourget nous sommes intervenus en 2015 et 2017 devant le stand d’Elbit. Nous sommes entrés en simples visiteurs, nous avions rendez-vous à une heure précise près du stand, et au signal d’une ou d’un camarade nous avons enfilé rapidement nos T-Shirts BDS et nous nous sommes assis en cercle devant le stand alors que des camarades déployaient des banderoles et prenaient la parole. Puis nous sommes repartis en manif encadrée par la police qui nous a reconduit jusqu’à l’entrée pour contrôle d’identité.

Les 2 salons régionaux sont des salons de l’aérospatial dans la région de Toulouse. A l’un des deux, le salon Aeromart à Toulouse les militants ont obtenu en 2012 suite à leur mobilisation que les entreprises israéliennes Elbit Systems et Israel Aerospace Industries ne soient pas invitées.

Nos interventions dans ou devant les salons ne rallient certes sur place qu’un public restreint, mais elles ont un impact médiatique par les vidéos, les photos, les tweets et les reportages qu’elles génèrent, et elles affichent notre détermination à ne pas tolérer l’étalage cynique des produits de l’industrie militaire israélienne.

 

  1. Un 4ème axe de mobilisation est notre campagne en direction du groupe AXA

Nous exigeons qu’AXA, qui est une société d’assurance et un groupe bancaire, se conforme aux principes directeurs du Pacte Mondial des Nations Unis auquel il a adhéré et donc cesse d’être complice des violations du droit international par Israël.

Cette campagne a commencé en 2016 et s’est progressivement intensifiée. Outre le fait d’être actionnaire de 5 banques israéliennes participant à des financements permettant le maintien et le développement de la colonisation, AXA participe, ainsi que sa filiale Allianz Bernstein, au capital d’Elbit. Comme cette participation au capital d’Elbit est financièrement assez faible, nous avons pris en considération que cela ne ruinerait donc pas AXA et sa filiale d’y mettre fin.

Notre campagne a traversé diverses phases et la politique que nous avons mise en œuvre concernant la participation au capital d’Elbit est la suivante.

Nous avons constamment expliqué à tous niveaux les responsabilités d’Elbit : fourniture d’armes testées contre le peuple palestinien, de drones de combat, d’armes interdites par les conventions internationales, notamment le phosphore blanc et des armes à sous-munitions qui ont servi à des offensives meurtrières contre des populations civiles, implication dans les massacres à Gaza, fourniture de l’équipement électronique du mur d’apartheid déclaré illégal par la Cour internationale de Justice en 2004 …

Nous avons eu de multiples correspondances avec la direction d’AXA, qui soit a nié sa participation directe au capital d’Elbit, minimisé la participation de sa filiale et prétendu que les pratiques d’Elbit ne dérogent as au droit international, soit ne nous a pas répondu, soit a refusé de nous recevoir.

Nous avons animé 2 importantes journées nationales d’action, en février et décembre 2018, mobilisant des comités BDS dans de nombreuses villes avec des banderoles ou des pancartes s’en prenant à l’image de marque d’AXA  en affichant des slogans tels que : AXA n’assurez pas l’apartheid israélien, AXA doit mettre fin à sa complicité, AXA tire profit de l’oppression du peuple palestinien, AXA = assistance à l’apartheid israélien …

Nous avons développé une campagne de cartes postales/pétitions adressées à la direction d’AXA et effectué un tweetstorm  lors de la journée des investisseurs d’AXA à Londres le 28 novembre dernier, de nombreux tweets mettant en avant qu’AXA, qui est censé assurer la vie des gens, finance aussi la mort par les armes, les destructions, les crimes de guerre …

Nous sommes intervenus avec d’autres associations devant l’assemblée générale annuelle des actionnaires en avril à Paris en 2017, 2018 et bientôt le 24 avril et avons attiré l’attention des actionnaires sur le fait que des sociétés telles que Veolia, Orange et des fonds de pension ont fini par retirer leurs investissements illégaux.

Nous avons ouvert la campagne à d’autres associations qui l’ont intégré, notamment le mouvement international SumOfUs, qui a lancé une pétition qui a recueilli plus que 140 000 signatures !

Notre prochaine échéance sera le 17 avril une journée internationale de mobilisation contre AXA. Ce sera en semaine mais ce jour est la journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens.

Je vous invite à participer à cette journée de mobilisation, en particulier devant des agences d’AXA.

 

En conclusion

Pour conclure je souhaite souligner certains points.

Il serait possible de cibler toutes les entreprises d’armement israéliennes, mais si nous voulons être efficaces il faut privilégier une cible.

De ce point de vue Elbit est une cible bien choisie parce que sa contribution aux violations du droit international et des droits humains universels est clairement identifiée, par les images des drones tueurs, des massacres perpétrés par ces drones, des armes interdites produites par Elbit, de l’équipement électronique des checkpoints, par la taille de l’entreprise et par ses importantes relations commerciales.

La présence d’Elbit dans divers domaines permet des victoires partielles et l’accumulation des victoires partielles est une bonne chose.

Un bilan de nos interventions est qu’il ne faut pas hésiter à intervenir à chaque fois que possible ; même si certaines interventions paraissent limitées elles contribuent à mieux faire connaitre Elbit à un public large.

Il est important aussi d’élargir nos campagnes à diverses associations qui interviennent sur des thèmes avec lesquels la compagne anti Elbit entre en résonance : ainsi l’éthique d’entreprise, la non-violence, l’antimilitarisme, le respect du droit international, etc.

Il est clair aussi que pour affaiblir Elbit il faut lui faire perdre des marchés ou des financeurs, ce qui nécessite parfois d’étudier des situations complexes vue la complexité de certains montages capitalistes et financiers.

Au-delà de toutes ces considérations, les victoires contre le régime d’apartheid israélien sont liées à divers facteurs dont l’évolution de la situation internationale, qui est en partie imprévisible. Mais le peuple palestinien continue de résister à la situation tragique qu’il subit, et la Campagne internationale BDS continuent et continuera de se développer malgré les tentatives d’intimidations.

Nous avons la possibilité de remporter des victoires. C’est un devoir moral et politique de développer ou d’imaginer les politiques qui nous permettront de remporter ces victoires !

 

Jean-Guy Greilsamer, membre de l’équipe d’animation de BDS France

 




Communiqué de la Campagne BDS France suite aux propos de Macron au dîner du CRIF

Le 25 février 2019

 

Parmi les derniers événements en France dans la période actuelle, il y a eu le traditionnel dîner annuel du CRIF.

Dîner marqué par le non moins traditionnel discours du président de la République et aussi par l’inquiétude face à la multiplication récente d’actes antisémites.

Le président Macron ayant mis en cause les amis de la Palestine et le mouvement BDS, il nous appartient de réagir à ce titre, l’objectif du mouvement BDS étant uniquement de pratiquer les Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.

Réaffirmant que « l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme« , et promettant de mieux lutter contre « ceux qui cachent derrière le rejet d’Israël la négation même de l’existence d’Israël » le président Macron a poursuivi en déclarant : « De la même manière il n’y aura aucune complaisance à l’égard des pratiques de boycott et du BDS plusieurs fois condamnées en France et qui le seront à nouveau ». Ce glissement et cet amalgame sont inacceptables.

 

En réalité la très grande majorité des plaintes contre des militant-e-s du BDS n’ont pas donné lieu à des condamnations : soit elles n’ont pas été instruites, soit elles se sont terminées par des relaxes ou des prescriptions.

Rappelons que la pratique du boycott est une forme fréquente de protestation contre des injustices et qu’elle a été pratiquée par des figures historiques telles Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela.

Elle relève de la liberté d’expression, ainsi que l’ont déclaré Frederica Mogherini, haute représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et de nombreux autres personnalités et organismes prestigieux.

Rappelons aussi que les autorités israéliennes usent de moyens particulièrement ignobles pour exclure le peuple palestinien de son pays : colonisation permanente, blocus de Gaza, stricte interdiction du droit au retour des réfugiés, répression criminelle de manifestant-e-s non violent-e-s, chantages à l’antisémitisme, promulgation récente d’une loi fondamentale à valeur constitutionnelle qui institutionnalise un régime d’apartheid à l’encontre de la population autochtone palestinienne …

 

Cela n’est-il pas suffisant pour répondre à l’appel au BDS lancé par le peuple palestinien ?

 

Le BDS serait-il antisémite ?  Nos actions et nos écrits le démentent chaque jour. L’appel au boycott cible strictement l’Etat d’Israël, ses institutions, ses représentants ainsi que les entreprises israéliennes ou non, pour leur complicité dans l’oppression des Palestiniens par Israël. Ancré dans les préceptes du droit international et des droits humains universels, le mouvement BDS rejette par principe le boycott d’individus fondé sur leur identité (comme la citoyenneté, la race, le genre ou la religion).

Rappelons notre charte ainsi que le communiqué du 7 mars 2017 du Comité national palestinien du

BDS.

De plus, de nombreux Juifs ou associations juives attachés à la justice et à la libération des peuples colonisés ont rallié le BDS : ainsi Jewish Voice for Peace (JVP) aux États-Unis, ou l’Union Juive Française pour la Paix en France (UJFP) en France.

Et ménager l’État d’Israël, qui prétend représenter les Juifs du monde entier, ne peut que conduire une partie de l’opinion publique internationale à considérer que cet État est dispensé de respecter le droit international et que les populations juives dans leur grande majorité soutiennent sa politique.

 

Le mouvement BDS est un mouvement international qui progresse et qui continuera à progresser malgré les menaces de gouvernements racistes et xénophobes tels que ceux d’Israël, des États-Unis ou du Brésil et malgré la complicité de gouvernements tels que le nôtre.

Ici même nous poursuivons les mobilisations : contre la tenue de l’Eurovision 2019 à Tel Aviv, contre la société AXA complice de graves violations du droit international par Israël, etc

 

Le président Macron a terminé son discours par cette phrase : Nous n’effacerons pas le mal de notre société, ni par une loi, ni par un discours, ni par un acte ; mais nous devons être, tous ensemble, les combattants de cet Outrenoir, de ces lignes de force, de ce courage inlassable, de cette forme d’humanité et d’intelligence que nous devons donner, même au noir qu’il y a dans notre société, parce qu’il est là ; mais nous tiendrons, et à la fin, nous gagnerons.

 

A cela nous répondons : Nous n’effacerons pas la lutte anti-apartheid de notre société et la critique de la politique israélienne, ni par une loi, ni par un discours, ni par un acte ; mais nous devons être, tous ensemble, les combattants  de cet engagement ; nous tiendrons, et à la fin, nous gagnerons.

La Campagne BDS France




Elbit Systems : profil d’entreprise

par CorporateWatch1 / 06 février 2019

Elbit Systems, basé à Haïfa, est la plus grande entreprise privée d’armement et de « sécurité » d’Israël. Écrit pour soutenir le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, ce profil d’entreprise étudie en détail comment les armes d’Elbit sont utilisées en Palestine et dans le monde, ses actionnaires et ses dirigeants, ainsi que la résistance à ses activités.

Contenu

Expansion récente ; Palestine ; Golan syrien ; Liban, Syrie, Irak et Iran ; extension des « zones de conflit » ; Royaume-Uni ; la frontière États-Unis/Mexique ; Géorgie ; Turquie ; Inde ; Philippines ; Espagne ; Suisse ; Brésil ; Union européenne ; liens avec les universités israéliennes ; vue d’ensemble et finances de l’entreprise ; employés ; filiales ; adresses ; propriétaires ; produits ; fabrication ; transporteurs ; drones ; principaux partenaires d’affaires ; salons de l’armement ; résistance ; appel à l’intensification des actions ; fondements de la technologie des drones

Expansion récente

Elbit croît rapidement. Elle a absorbé des dizaines d’entreprises depuis 2000 et emploie maintenant plus de 12 700 personnes, tout en contrôlant un réseau mondial considérable, de plus de 80 filiales et compagnies associées i.

Elbit fournit jusqu’à 85% de l’équipement terrestre de l’armée israélienne ii et environ 85% de ses drones iii, mais c’est aussi une entreprise d’envergure internationale – 80% de son marché se trouve hors d’Israël iv. La compagnie a des contrats militaires avec des gouvernements aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Elle fabrique la plupart de ses équipements en Israël, aux États-Unis, en Europe et au Brésil.

Elbit a été active dans l’acquisition d’entreprises concurrentes depuis huit ans, achetant les compagnies d’armement israéliennes NICE Systems, Tadiran, Elisra et Soltam Systems v. En août 2018, l’organisme régulateur israélien a approuvé l’achat par Elbit de l’entreprise publique IMI Systems pour 520 millions USD (458 millions €) vii. IMI est le seul fournisseur de munitions de petit calibre de l’armée israélienne. Elle emploie plus de 3 000 ix personnes et a vendu pour 330 millions USD (290 millions €) d’armes à l’armée israélienne en 2016. Elbit a vendu de l’équipement pour une valeur de 610 millions USD (537 millions €) pendant la même année. Le rachat de IMI, qui a maintenant été finalisé, va considérablement augmenter la taille d’Elbit et en faire l’un des plus gros fournisseurs d’armes de l’armée israélienne, avec une part du marché de toutes les armes qu’on estime à 30% x.

Elbit a également ouvert un bureau à Berlin en 2018 xi et acheté la compagnie états-unienne Universal Avionics System, qui a trois sites aux États-Unis et un bureau en Suisse. Le PDG d’Elbit, Bezhalel Machlis, a affirmé que l’entreprise était intéressée à s’étendre encore. Il a déclaré à Reuters : « Nos marchés cible sont les États-Unis, l’Europe, l’Australie… Nous continuons à chercher de nouvelles acquisitions xii ».

La compagnie finance cette expansion globale massive en empruntant plus auprès de banques et sur les marchés financiers, espérant peut-être que l’État israélien la renflouera si les choses tournent mal xiii.

Appel à l’action de la société civile palestinienne

Le Comité national palestinien de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), le comité constitué de représentants de plus de 150 organisations de la société civile qui a publié l’appel de BDS, considère Elbit comme une cible clé et appelle à organiser des manifestations et des campagnes de désinvestissement à l’encontre de la compagnie. La déclaration suivante apparaît sur leur site internet :

« Israël ne parvient à agir avec une telle impunité que parce que des gouvernements et des entreprises du monde entier coopèrent avec son armée et ses entreprises militaires. La société civile palestinienne a appelé à un embargo militaire global et immédiat contre Israël. Les campagnes de BDS commencent à avoir un impact sur les entreprises militaires israéliennes telles qu’Elbit Systems xiv. »

Elbit et les guerres de drones d’Israël

Environ 85% des drones utilisés par l’armée israélienne sont fabriqués par Elbit xv. Les drones armés d’Elbit sont utilisés par l’armée israélienne pour la surveillance au quotidien et les attaques sur Gaza xvi. De fait, Elbit commercialise ses équipements avec l’argument qu’ils ont été testés au combat sur la population de Gaza. Par exemple, le site internet d’Elbit fait la promotion du drone Hermes 450 en vantant le fait qu’il a fait ses preuves en situations effectives de combat et qu’il est « la plateforme principale des forces armées israéliennes pour leurs opérations de contre-terrorisme xvii ».

L’armée israélienne ne reconnaît pas encore ouvertement son utilisation de drones armés pour mener des frappes contre Gaza xviii. Cependant, cette utilisation de drones par Israël pour perpétrer des assassinats est bien documentée par des groupes locaux xix, des ONG et des messages révélés par Wikileaks. Des drones sont également utilisés pour la surveillance, la reconnaissance et la définition des cibles qui seront attaquées par des avions pilotés xx,xxi.

En 2016, The Intercept a révélé que depuis 2008 les agences de renseignement du Royaume-Uni et des États-Unis avaient consulté les enregistrements vidéo des drones israéliens, y compris des drones Hermes d’Elbit. Les enregistrements semblaient montrer que certains drones portaient des missiles xxii. On possède maintenant la preuve solide que tant les drones Hermes 450 que les Hermes 900 ont été déployés et armés par les militaires israéliens xxiii.

L’utilisation de la technologie du drone a changé la nature de la guerre moderne, en permettant à des gouvernements de lancer des attaques sans avoir à envoyer des forces sur le terrain ou à déclarer la guerre. Des drones fournis par Elbit et d’autres entreprises ont ainsi été utilisés par l’armée israélienne pour perpétrer des assassinats au Soudan et en Égypte alors qu’Israël n’était pas officiellement « en guerre » contre ces pays. Ils ont été utilisés pour espionner des personnes en Irak, en Iran et au Liban (voir ci-dessous).

Utilisation de l’équipement d’Elbit à Gaza

Les drones Hermes d’Elbit sont l’un des deux modèles aéronautiques sans pilote qui ont été utilisés pour attaquer la population à Gaza pendant l’opération israélienne Plomb durci de 2009, qui a tué plus de 1 400 Palestiniens. Selon Human Rights Watch (HRW) :

« L’Hermes peut survoler jusqu’à 24 heures d’affilée, à des altitudes allant jusqu’à 18 000 pieds, et il a un arsenal de senseurs optiques, à infra-rouge et laser qui permettent à l’opérateur d’identifier et suivre des cibles, ainsi que de guider des munitions en vol. L’Hermes porte deux missiles Spike-MR (de moyenne portée) xxiv. »

HRW rapporte que le drone Hermes est équipé d’un système de caméras qui permettent au pilote du drone de voir si une personne est armée et s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte. Les missiles du drone sont également équipés de caméras et peuvent être déviés jusqu’à la dernière seconde. Ceci signifie que les pilotes des drones israéliens et leurs commandants auraient dû savoir qu’ils ciblaient des civils et pourraient être coupables de crimes de guerre perpétrés à l’aide de drones Elbit. HRW a également demandé que les enregistrements des caméras pris par les drones Hermes soient divulgués et mis au service d’une enquête pour crimes de guerre. Il est inutile de préciser que cette demande n’a pas été honorée xxv.

Drone Hermes d’Elbit. Photo : Matthieu Sontag, Licence CC-BY-SA

 L’assassinat du commandant du Hamas Ahmed Jabari – qui a marqué le début de l’assaut israélien de 2012 sur Gaza, l’opération Colonne de nuée – a été perpétré par un drone Hermes 450 d’Elbit selon Defence Today xxvi.

Le mini-UAV (« Unmanned Aerial Vehicle », véhicule aérien sans pilote) ou mini-drone 7.5 Skylark d’Elbit, opérationnel au sein de l’armée israélienne depuis 2008, a été largement utilisé en soutien aux actions militaires au sol pendant l’attaque israélienne de 2014 sur Gaza, l’opération Bordure protectrice, qui a tué 2 202 Palestiniens. Les Hermes 450 et 900 ont également été utilisés tout au long de cette attaque.  

À ce moment-là, le PDG d’Elbit confirmait à des médias israéliens que « tous [les produits Elbit] étaient utilisés de manière opérationnelle par l’armée israélienne lors des récents combats et ils ont fait leurs preuves xxviii ».

Pendant l’attaque israélienne de 2014 sur Gaza, quatre jeunes enfants ont été tués après qu’un drone israélien, manœuvré à distance par des soldats depuis la base aérienne de Palmachim en Israël, les ait visés alors qu’ils jouaient sur la plage. Les opérateurs du drone prétendent qu’ils auraient confondus ces quatre cousins palestiniens, tous âgés de 10 ou 11 ans, avec des « militants du Hamas ». Un rapport de police israélien consulté par The Intercept montre que, vers 15h30, les opérateurs d’un drone israélien Hermes 450 ont filmé les garçons. Puis un commandant de l’armée de l’air a ordonné aux opérateurs d’un deuxième drone de tirer, tuant l’un des garçons. Après avoir tiré le premier missile, les opérateurs du deuxième drone ont poursuivi les autres garçons, et auraient demandé par radio s’ils avaient l’ordre d’effectuer un second tir dans une zone civile. Ils n’ont pas reçu d’ordre mais ont tiré néanmoins. Les deux tirs de missile ont tué les quatre garçons et en ont blessé quatre autres. Tous ces enfans étaient de la famille Bakr. La famille a soumis une plainte dans l’espoir d’obtenir justice xxix.

Pendant l’enquête sur le meurtre des garçons Bakr, les opérateurs des drones ont prétendu qu’ils « ne pouvaient pas savoir que c’était des enfants ». Si cela est vrai, cela remet en question la qualité des images filmées par le drone d’Elbit xxx.

L’utilisation de drones Elbit pour commettre des crimes de guerre signifie un plus gros volume d’affaires. Un an après que l’Hermes 900 d’Elbit ait été introduit dans le ciel de Gaza, l’armée israélienne a ordonné un perfectionnement du drone. Elbit a également reçu des commandes pour le Hermes 900 de la part de la Suisse et d’un « client latino-américain », selon le Jerusalem Post xxxi.

Mur de l’apartheid en Cisjordanie

Elbit est l’un des principaux fournisseurs du système de barrière à détection électronique du Mur de l’apartheid en Cisjordanie xxxii. La Cour pénale internationale a jugé ce mur illégal xxxiii.

Arrestations en Cisjordanie

Le drone Skylark d’Elbit a été utilisé pour de nombreuses arrestations à domicile par l’armée israélienne en Cisjordanie en 2014 xxxiv.

Le rachat d’IMI par Elbit et les massacres de manifestants palestiniens

L’année dernière, les régulateurs antitrust israéliens ont approuvé le rachat par Elbit d’IMI Systems, le seul fournisseur de munitions de petit calibre de l’armée israélienne. La vente a maintenant été conclue.

Depuis mars 2018, des manifestants à Gaza ont manifesté devant le Mur de l’apartheid qui les sépare d’Israël sous la bannière de la « Grande marche du retour ». Les troupes israéliennes ouvrent régulièrement le feu contre eux à balles réelles. Au moment où nous écrivons ceci, plus de 183 personnes ont été tuées et plus de 10 391 blessées xxxv au cours de ces manifestations.

En juin 2018, des chercheurs de Corporate Occupation ont trouvé une balle de IMI Systems à la base militaire de Nahal Oz, près d’où les soldats tiraient sur les manifestants de la Marche du retour.

Étrangler Gaza avec des murs

Elbit est actuellement engagée dans un projet du ministère israélien de la Défense pour la construction d’une barrière extrêmement hi-tech autour de la Bande de Gaza, qui renforcera la barrière actuelle qui assiège les Gazaouïs.

L’entreprise tente déjà d’augmenter ses bénéfices en capitalisant sur son expérience de l’intensification du siège israélien de Gaza. Selon Who Profits, Elbit insiste auprès du gouvernement israélien pour qu’il l’autorise à exporter le système de détection des tunnels qu’elle a développé pour l’armée israélienne xxxvi.

Bateaux fantômes mortels

Les produits d’Elbit incluent xxxvii également des bateaux armés contrôlés à distance, capables de lancer des torpilles xxxviii. Des pêcheurs palestiniens ont dit à des chercheurs de Corporate Occupation qu’ils avaient été attaqués par de tels bateaux sans pilote au large des côtes de Gaza.

Les bateaux sans pilote d’Elbit ont été exposés xxxix au salon aéronautique de Singapour en 2016 et ont été déployés lors d’exercices d’entraînement de l’OTAN en 2018 xl. GRSE, une entreprise appartenant à l’État indien, est partenaire xli d’Elbit dans un projet de véhicules de surface sans pilote (Unmanned Surface Vehicles).

Golan syrien occupé par Israël

En 2010, des chercheurs de Corporate Watch ont découvert qu’Elbit possédaient des sites dans la colonie de Bnei Yehuda, sur des terres prises à la Syrie par la force militaire en 1967. La colonie est illégale en droit international xlii.

Attaques israéliennes au Soudan et en Égypte

En 2009, des drones Hermes 450 ont été utilisés pour attaquer un convoi au Soudan, qui transportait apparemment des armes destinées à Gaza xliii.

Il y a de plus en plus de preuves que des drones Hermes israéliens ont été utilisés en soutien aux attaques de l’Égypte contre des groupes islamistes et anti-gouvernementaux dans le nord de la péninsule du Sinaï. En 2012, des drones Hermes 450 d’Elbit ont été impliqués dans un assassinat au nord du Sinaï xliv. En 2013, un Hermes 450 a disfonctionné alors qu’il volait « près de la frontière égyptienne ». Les militaires prétendent qu’il a été intentionnellement abattu du côté israélien de la frontière xlv. En 2017, une attaque par un drone israélien a tué une personne à Rafah xlvi. En août 2018, des sources anonymes au sein de l’armée égyptienne ont déclaré au journal israélien Haaretz que des drones israéliens avaient mené une attaque qui avait fait cinq morts à Rafah, du côté égyptien de la frontière xlvii. Il n’est pas sûr que ce soit l’équipement d’Elbit qui ait été utilisé dans ces deux dernières attaques, mais l’entreprise voit clairement la situation au Sinaï comme une opportunité pour accroître ses bénéfices. Elad Ahronson, cadre chez Elbit, a évoqué la péninsule du Sinaï, dans une interview dans la presse spécialisée à propos des produits Elbit, en 2015 xlviii.

Liban, Syrie, Irak et Iran

Les drones Hermes 450 d’Elbit ont été largement utilisés pendant l’attaque israélienne sur le Liban en 2006.

En avril 2018, un drone armé israélien Hermes 450, fabriqué par Elbit, s’est écrasé au sud du Liban. Des témoins ont rapporté qu’un deuxième drone avait tiré un missile sur le missile écrasé au sol, le détruisant partiellement, vraisemblablement pour éviter qu’on puisse en extraire des informations. L’armée israélienne a affirmé dans une déclaration publique que le drone lui appartenait xlix. Il a été rapporté que le drone Elbit était armé de quatre missiles Mikholit fabriqués en Israël.

L’armée israélienne a déployé des drones Hermes 900 près de la frontière israélo-syrienne li. En 2017, un mini-drone Skylark fabriqué par Elbit a été abattu par des forces pro-Assad en Syrie, au-dessus de la ville de Quneitra lii. Plus tôt dans l’année, une frappe effectuée par un drone israélien non-identifié avait tué un commandant de milice pro-Assad au sud de la Syrie liii.

En 2014, on a rapporté qu’un drone Hermes israélien avait été abattu près de l’aéroport de Bagdad en Irak. L’armée israélienne a refusé de confirmer ou de réfuter cette information liv.

Les drones d’Elbit sont aussi des éléments clé de l’espionnage mutuel auquel se livrent Israël et l’Iran. Un drone Hermes 450 Elbit a été abattu en 2014 en Iran, près d’une usine d’enrichissement d’uranium lv. Cela a peut-être aidé l’Iran pour sa propre industrie du drone car il a développé des drones basés sur le Hermes lvi.

Elbit affirme que son gros drone Hermes 900 StarLiner est bien adapté à des attaques de « cibles » éloignées telles que l’Iran et la Syrie lvii.

Repousser les limites des « zones de conflit »

En 2018, Elbit a présenté une version du drone Hermes 900 qui lui permet de survoler l’espace aérien civil, au milieu des avions civils. « Certains clients voudraient utiliser le système pour récolter du renseignement », a déclaré le PDG d’Elbit, Bezhalel Machlis. « Un autre exemple pourrait être son application à la sécurité intérieure, avec le survol d’une région pour assurer une surveillance des activités terroristes. » Au moment où nous écrivons ce rapport, des communiqués de presse indiquent que « Elbit espère recevoir l’approbation de ses produits par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) dans les mois à venir lviii ». Bien sûr, cela peut bien n’être que du battage médiatique à fins de relations publiques. Si c’est vrai, cependant, cela pourrait signifier que les drones développés pour le siège et les attaques de Gaza pourraient être utilisés de manière courante à l’échelle mondiale par des États désirant espionner leur propre population.

Accords et partenariats d’Elbit dans le monde

Royaume-Uni

Par le biais de la compagnie française Thales lix, Elbit a loué des drones Hermes 450 aux forces armées du Royaume-Uni, qui les ont utilisés en Irak et en Afghanistan de 2007 à 2014. Ces drones auraient survolé l’Afghanistan pendant au moins 86 000 heures lx.

Le Royaume-Uni a aussi utilisé des drones Hermes 450 au-dessus de l’Afghanistan et déployé son nouveau drone Watchkeeper, basé sur le Hermes 450 (voir ci-dessous). Le Canada aussi a acheté des drones Skylark d’Elbit pour les utiliser en Afghanistan lxi.

En 2005, le Royaume-Uni a annoncé qu’il allait acheter de nouveaux drones basés sur le modèle du Hermes 450. De ce fait, Elbit a alors constitué le partenariat U-TacS (dont il est propriétaire à 51%) avec la compagnie française Thales, pour fournir 54 drones Watchkeeper au ministère de la Défense. Bien que le Watchkeeper apparaisse comme un drone de reconnaissance, il a été présenté portant des missiles lors de plusieurs salons de l’armement. Il n’y a cependant pas de preuve que le Royaume-Uni l’ait déployé armé.

Les moteurs des Watchkeeper sont produits par l’usine de moteurs pour UAV d’Elbit à Shenstone, dans le Staffordshire (Royaume-Uni). Des soldats britanniques sont allés se former en Israël dans le cadre du programme Watchkeeper. Les essais ont lieu depuis le ParcAberporth dans les Galles de l’Ouest, et depuis Boscombe Down dans le Wiltshire lxii. Cependant, durant l’hiver 2015, le ministère de la Défense a déplacé le programme Watchkeeper à la colonie britannique d’Ascension, au milieu de l’Atlantique, invoquant un meilleur climat lxiii. Éviter l’attention publique pourrait également avoir joué un rôle dans cette décision.

Manifestation contre Elbit

Un drone Watchkeeper a été déployé pour la première fois en Afghanistan en 2014. Mais ce déploiement a plus servi comme discours commercial pour U-TacS qu’il n’a présenté de réel avantage opérationnel. L’armée française, potentielle acheteuse du Watchkeeper, avait été invitée à assister au vol depuis Camp Bastion, et la promotion du drone indique depuis qu’il a fait ses preuves au combat.

Cependant, en 2016, l’armée française choisit d’acheter un drone Sagem au lieu du Watchkeeper lxiv. Le fait que le programme britannique du Watchkeeper ait subit de sérieux retards et échecs a sans doute joué un rôle dans cette décision, ainsi que la campagne menée par les militants de BDS en France lxv.

Le Watchkeeper est aussi un peu dépassé maintenant, du fait qu’il requiert que l’opérateur soit assez proche, comparé aux drones états-uniens Predator et Reaper.

En 2018, un Watchkeeper s’est écrasé à Ceredigon, dans les Galles de l’Ouest. C’était le cinquième drone à s’écraser, jusqu’à maintenant. La population locale est inquiète pour sa sécurité et près de 30 000 livres Sterling ont été gaspillées lxvi. Le programme Watchkeeper, comme une contribution surprise d’Israël au mouvement anti-guerre au Royaume-Uni, a coûté au ministère de la Défense plus d’un milliard de livres Sterling au cours des 12 dernières années, pour seulement 146 heures d’utilisation en opérations.

En réponse à une question parlementaire en 2018, le ministère de la Défense a déclaré qu’il avait reçu 45 des 54 drones Watchkeeper commandés, ce qui signifie que neuf doivent encore être livrés, cinq ans après la date de livraison. Cinq de ces 45 drones se sont écrasés pendant les essais lxvii.

Tout cela n’a pas constitué une très bonne publicité pour U-TacS et Elbit. Cependant, cela ne semble pas avoir empêché Elbit d’entreprendre de nouveaux partenariats au Royaume-Uni dans le but d’obtenir plus de contrats avec le ministère de la Défense.

Peut-être pour contrer toute cette publicité négative potentielle, ainsi que les critiques des militants de BDS, Elbit s’est adjoint les services d’une agence britannique de relations publiques et de stratégie nommée TWC Associates, qui a des liens avec le Parti conservateur lxviii.

Depuis 2016, Elbit gère conjointement avec la compagnie états-unienne KBR une co-entreprise nommée Affinity Training. Affinity possède une école de formation au pilotage sur la base de l’armée de l’air britannique de Cranwell dans le Lincolnshire, où elle forme les pilotes britanniques en partenariat avec le ministère de la Défense lxix. Le contrat d’Affinity avec le Ministère est de 500 000 livres Sterling sur 18 ans lxx.

En 2017, l’entreprise a également signé un accord avec Babcock International, une multinationale britannique, pour créer une co-entreprise qui fournira un autre programme de formation au ministère de la Défense lxxi. Le plan consiste à fournir des formations externalisées aux forces armées pendant une période de quinze ans lxxii.

Les contrats successifs que le ministère de la Défense réalise avec Elbit sont un soutien direct au complexe militaro-industriel israélien.

Ferranti, l’une des filiales d’Elbit au Royaume-Uni, mène une campagne de relations publiques à Oldham. Elle participe à des événements au Centre Mahdlo, où les jeunes sont encouragés à venir parler avec l’entreprise des possibilités de « carrière ». Le site internet de Ferranti se vante de leur avoir distribué gratuitement des « balles anti-stress et des bonbons ».

États-Unis et mur de la frontière mexicaine

Elbit travaille avec le département de la Sécurité intérieure depuis 2006 lxxiii. En 2014, son expérience dans la fourniture d’éléments électroniques pour les Murs de l’apartheid en Cisjordanie et à Gaza lui a permis de remporter un contrat avec les États-Unis pour développer des tours de surveillance sur la frontière entre l’Arizona et le Mexique. Le cahier des charges de ce contrat de 145 000 dollars US, attribué à la filiale d’Elbit aux États-Unis, demandait qu’on puisse « être en mesure de détecter un seul adulte, marchant, de taille moyenne, à une distance de 5 miles » lxxiv.

Frontière de sécurité Elbit. Photo : www.elbitsystems.com

  En 2017, l’administration Trump a attribué à Elbit un contrat de travail sur l’extension du mur de frontière avec le Mexique. Le Comité national palestinien du boycott (Palestinian Boycott National Committee, BNC) a appelé à la solidarité des mouvements de base des États-Unis et du Mexique, déclarant : « Lorsque nous Palestiniens voyons comment l’escalade de la militarisation sur la frontière Mexique/États-Unis s’oppose à la liberté de circulation des migrants, nous pensons à l’intense militarisation par Israël de la Cisjordanie occupée et à quel point celle-ci restreint également la liberté de circulation des Palestiniens » lxxv.

Certaines des tours sont maintenant opérationnelles. George Kesting, de Elbit Systems of America, a déclaré : « Les agents [des douanes] sont à même de …utiliser le système de caméras pour observer en détail ce qui se passe et ceux qui se dirigent vers eux » lxxvi. L’entreprise cherche maintenant de nouvelles opportunités pour exploiter le contrôle de l’État sur les mouvements des personnes le long de la frontière lxxvii.

Depuis l’acquisition d’IMI, Elbit/IMI fournit également des systèmes d’armement pour les Bradley Fighting Vehicles (BFV, véhicules militaires blindés) états-uniens lxxviii.

Géorgie

La Géorgie a utilisé à son avantage des drones Hermes 450 dans son conflit avec la Russie sur l’Ossétie du Sud. La Russie a répliqué en achetant ses propres drones israéliens, fabriqués par le concurrent d’Elbit, IAI lxxix.

Turquie

Le président turc Erdogan essaye de se poser en opposant au siège de Gaza par Israël, alors même qu’il opprime les Kurdes et impose lui-même une occupation et un siège à Rojava. Bien qu’elle ait annoncé des embargos militaires de courte durée, la Turquie n’a pas répondu aux appels de la société civile palestinienne à boycotter l’armement israélien. Joseph Ackermann, d’Elbit, fanfaronnait en 2011, disant que la situation politique qui opposait les deux pays n’avait eu « aucun effet » sur Elbit lxxx. Campaign Against the Arms Trade (Campagne contre le marché de l’armement) rapporte qu’Elbit a des propositions d’exportation d’armes à la Turquie depuis ses usines du Royaume-Uni chaque année entre 2010 et 2015 lxxxi. Il est possible que les exportations aient été faites via le Royaume-Uni pour éviter des controverses politiques entre Israël et la Turquie, qui se sont mutuellement déclaré des embargos sporadiques depuis 2010 lxxxii.

Inde

En 2018, Elbit a engagé une association d’entreprise avec la firme indienne Adani pour monter une usine de production de drones à Hyderabad lxxxiii. Adani est déjà la cible d’un mouvement de masse en Australie à cause de son projet d’ouvrir une des plus grosses mines de charbon sur des terres appartenant aux peuples des premières nations. Si elle était réalisée, cette mine contribuerait de façon significative au changement climatique global et les bateaux transportant le charbon vers l’Inde détruiraient la Grande Barrière de Corail lxxxiv.

Philippines

En 2014, le gouvernement des Philippines a signé un contrat de 20 millions USD (17,6 millions €) avec Elbit pour 28 véhicules blindés améliorés à livrer en 2015. Le BNC et le parti socialiste philippin Akbayan ont fait la déclaration suivante :

« Nous exhortons le Congrès à se joindre à Akbayan, au BNC et au peuple de Palestine pour appeler le gouvernement à éliminer le contrat avec Elbit Systems. La modernisation de l’armée philippine ne doit certainement pas se faire aux dépends de la vie d’innocents Palestiniens et de la paix en Palestine et Israël. Nous proposons que l’annulation de ce contrat d’armement inacceptable soit avancée dans la discussion à venir du budget du Département de la Défense Nationale lxxxv.

Espagne

En 2011, Elbit a remporté un contrat de 8,5 millions USD (7,5 millions €) pour fournir à l’armée espagnole des obus de mortier sur une période de 12 mois lxxxvi.

Suisse

En 2014, Armasuisse, l’agence des marchés militaires suisse, a consenti à Elbit un marché de 280 millions USD (247 millions €) pour des drones Hermes 900. Cela, après le bombardement de Gaza par Israël en 2012, au cours duquel plus de 2 000 personnes ont été tuées par des drones plus que par aucune autre arme. Le contrat de livraison s’étend sur 5 ans jusqu’en 2020lxxxvii. Les drones suisses avaient auparavant été fournis par IAI, le concurrent d’Elbit.

Brésil

Le Brésil a utilisé des Hermes 450 et 900 de surveillance pendant la coupe du monde de 2014. Elbit a un réseau de filiales et d’usines de production dans le pays lxxxviii. Mais, grâce aux efforts de militants qui ont mené des campagnes de pression sur l’ancien gouvernement du Parti des travailleurs, Elbit a eu des difficultés à agir au Brésil (voir la section résistance plus bas). En 2015, le site israélien The Marker dédié aux affaires a écrit que des « raisons politiques » avaient conduit à un gel de fait des transactions militaires avec le Brésil – une situation particulièrement néfaste pour Elbit Systems lxxxix.

Cette situation semble avoir changé depuis l’élimination en 2016 de la présidente Dilma Rousseff du Parti des Travailleurs. En 2017, la filiale brésilienne d’Elbit, Arès, a signé un nouveau contrat pour la fourniture de systèmes d’armes contrôlables à distance aux forces armées brésiliennes.

Elbit et l’Union européenne

Elbit reçoit de généreuses subventions de l’Union Européenne dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020 xc. La firme a eu l’avantage d’être incluse dans cinq projets européens dans le cadre du Septième Programme Cadre pour la recherche et le développement technologique. Les Palestiniens ont fait appel à l’UE xci pour qu’elle mette fin à tous ses contrats avec Elbit et d’autres firmes d’armement israéliennes. Selon la campagne palestinienne Stop The Wall :

« La question ce n’est pas le projet lui-même mais la contribution de l’argent des contribuables de l’UE à la solvabilité de la firme. Ces projets sont de fait une subvention à la firme pour sa production de drones, d’armes et de technologie dans la construction du Mur et des colonies xcii ».

En 2017, selon The Electronic Intifada, Elbit a reçu près de 6 millions USD (5,2 millions €) d’argent des contribuables européens au titre de Horizon 2000 et des flux de fonds de recherche. Des campagnes ont mis en avant que ces subventions étaient données en dépit de l’absence de garantie par Elbit que ses armes de sont pas utilisées avec des munitions en grappe, ce que l’UE est désormais obligée de faire dans le cadre de la Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions.

Elbit et les attaques sur les migrants en Europe

En 2013-2014, Elbit a été partie prenante à l’Agence des frontières européennes et des gardes-côtes, connue sous le nom de Frontex, sur la possibilité d’utilisation de ses drones Hermes 900 pour la surveillance des migrants xcv. Frontex semble néanmoins favoriser maintenant des concurrents d’Elbit, les Israéliens Aerospace Industries et Leonardo.

Liens avec des universités israéliennes

Les universités israéliennes sont profondément enchevêtrées avec l’industrie d’armement israélienne. Les étudiants du Technion de Haïfa ont reçu des bourses pour accéder au laboratoire de recherche d‘Elbit, tandis que le président du conseil d’administration de l’Université Hébraïque de Jérusalem est Michael Federmann, qui préside aussi le conseil d’administration d’Elbit xcvi.

Elbit cherche aussi à établir de nouveaux partenariats avec des universités à l’étranger. En 2017, Elbit a annoncé de nouveaux partenariats avec l’Université Métropolitaine d’État du Minnesota et avec l’Université Regent en Virginie xcvii.

Aperçu et finances de l’entreprise

L’industrie : fabrication d’équipements militaires, de sécurité et de surveillance. Drones sans pilote, armes de terre et navales, entraînement et simulation de vol, instruments médicaux xcviii.

Bourse : NASDAQ (ESLT) | TASE

Revenus/profits: en 2017, la firme a déclaré des revenus de 3,37 milliards USD (3 milliards €) et un revenu net de 239 millions USD (211 millions €)xcix. Cliquer ici pour voir le dernier rapport annuelc. Les revenus de la firme ont augmenté au cours des dix dernières années. Pendant cette période, l’armée israélienne a utilisé ses équipements dans trois attaques majeures sur Gaza.

Emploi : Plus de 12 700 employés ci (essentiellement en Israël et aux États-Unis)

Filiales cii : 

Filiales israéliennes : Elop, Elisra SCD. Cyberbit, Semi-Conductor Devices (copropriété de Rafael Advanced Defense Systems) et Opgal (50%). Elbit Systems Land et C4, Elbit Security Systems, Cyclone, ELSEC, Kinetics, ITL Optronics, SCD (50%), Tor (50%).

Filiales aux États-Unis : Elbit Systems of America, Merrimack Operations (Kollsman Inc), EFW, KMC Systems, Fort Worth Operations, International Enterprises, Talladega Operations (IEI), Mclean Operations (ICI), San Antonio Operations (M7), M7 Aerospace, Real Time Laboratories, Boca Raton Operations, VSI et RCEVS.

Elbit Systems of America (ESA), qui est possédé à 100% par Elbit, est un fournisseur du Programme de vente américaine à des armées étrangères et jouit d’un dispositif de sécurité spécial auprès du Département Américain de la Défense, qui lui permet l’accès à des données classifiéesciii.

La filiale KMC de ESA est engagée dans la fabrication de matériel médical utilisé par des fournisseurs de services médicaux et ESA est engagée dans la fabrication de matériel de communication destiné à la police et aux services d’urgence.

Canada : GeoSpectrum Technologiesciv

Australie : Elbit Systems of Australia

Inde : Halbit

Corée du Sud : SESA

Brésil : Ares, AEL

Filiales britanniques : UAV Engines (UEL), Ferranti Technologies, Elite KL, Instro Precision, UTacS

Autres filiales européennes : Elbit (Belgique) et Elbit (Roumanie), Telefunken RACOMs (Allemagne), Elbit (Autriche)

Adresses

En Grande-Bretagne :

Ferranti Technologies, Cairo House, Greenacres Road, Waterhead, Oldham, Lancashire, OL4 3JA, http://www.ferranti-technologies.co.uk/

Voir la carte interactive de la Campagne Contre le Commerce des Armes

Le site internet de Ferranti fait état de systèmes air et sol dont des visiocasques pour véhicules de combat blindés et de l’alimentation électrique pour des avions militaires cv.

UAV Engines Ltd, Lynn Lane, Shenstone, Lichfield, WS14 0DT, Voir ici

Le site de UAV Engine affiche des moteurs pour drones cvi. En 2010, UAV Engines a été candidat à l’obtention de deux licences d’exportation militaire vers Israël pour des moteurs de drones. Le gouvernement du Royaume-Uni a préalablement prétendu que l’équipement fourni par cette firme « n’a été produit que pour que les moteurs soient assemblés en Israël puis exportés ». Un doute a cependant été émis sur cette annonce par de nombreux commentateurs, dont Amnesty International cvii.

Elite KL, Sandy Way, Amington Industrial Estate, Tamworth, Staffordshire, B77 4DS, http://www.elitekl.co.uk/military/, Voir ici

Le site d’Elite KL présente des systèmes de refroidissement militairescviii.

Instro Precision, 15 Hornet Close, Pysons Road Industrial Estate, Broadstairs, Kent, CT10 2YD, http://www.instro.com, Voir ici

Le site d’Instro présente des systèmes de caméras de surveillance et l’obtention de ciblescix

Instro est sur le point de changer de locaux. La nouvelle adresse sera Discovery Park Site North East, Ramsgate Road, Sandwich, CT13 9ND. Il est prévu que cette adresse remplace finalement l’adresse de Broadstairs

Le siège d’Elbit :

Advanced Technology Center, POB 539, Haïfa 31053, Israel.

Site internet : elbitsystems.com

Propriétaires

À la fin septembre 2018, Elbit est contrôlé par la famille Federmann via Ferdemann Entreprises (à 46%). Les autres principaux investisseurs sont Psagot Investment House, FMR, Invesco, Gilder Gagnon Howe & Co, Renaissance Technologies, Altshuler Shaham, Delek Group, Vanguard Group et Deutsche Bankcx.

Le Canadian Public Sector Pension Investment Board, la Bank of Montreal and la Royal Bank of Canada ont aussi des partscxi.

Deux banques de High Street, HSBC et Barclays, sont des actionnaires historiques d’Elbit. Les deux banques ont des parts au nom de leurs clients via les services de courtiers qui facilitent l’achat et la vente d’actions. Si la décision d’acheter ou de vendre revient aux clients des banques, les banques pourraient adopter la position éthique d’exclure Elbit et d’autres marchands d’armes de leurs plateformes.

En 2015, il y a eu des campagnes célébrant le fait que Barclays n’était plus sur la liste des actionnaires d’Elbitcxii. Au moment d’écrire cet article, Barclays était cependant inscrit parmi les actionnaires de la firme sur le NASDAQcxiii.

HSBC a annoncé désinvestir de Elbit à la fin de 2018 (voir ci-dessous)

Voir la liste complète de ceux qui ont investi dans Elbit ici.

Les produits fabriqués par Elbit :

Drones, systèmes de visualisation munis de casques, systèmes d’affichage et d’armes pour les hélicoptères Apache, systèmes de roquettes et de guidage, réservoirs de fuel pour des F-16, bateaux sans pilote, systèmes pour l’aviation civile, tourelles de contrôle à distance pour véhicules blindés améliorés, systèmes d’artillerie, systèmes de contrôle de tirs depuis des tanks, véhicules routiers de contrôle à distance, systèmes radio et satellites, systèmes de barrières électroniques, caméras à imagerie thermique, technologie de satellites pour des programmes spatiaux, systèmes pour des véhicules de combat Bradley, simulateurs de vol, instruments médicauxcxiv.

Fabrication : Elbit dit fabriquer la plupart de ses produits aux États-Unis, en Israël, en Europe, en Inde et au Brésilcxv.

Transporteurs : APL & Maersk, le transporteur américain, un conglomérat de transport danois ont tous deux transporté des produits d’Elbit par le passécxvi. En 2018, Seamax Shipping basé à Dubaï, a transporté un chargement d’Elbit Israël chez Triumph Aérostructures aux États Uniscxvii.

Drones couramment fabriqués par Elbitcxviii 

Skylark I Lex mini-UAS ; Skylark II, Skylark 3, Skylark C (pour usage naval)

DA-VINCI Multi-Rotor Mini-UAS

Hermes 90

Hermes 180

Hermes 450

Hermes 900

Hermes 1500 (avec la firme israélienne Silver Arrow)cxix

Watchkeeper WK450 (au titre du partenariat avec Thalès sur U-TacS)

Bateau Seagull sans pilote

Les Hermes 450 et 900 ont été employés par l’aviation militaire israélienne pour mener des attaques.cxx

Elbit produit aussi le drone suicide Skystriker, un mélange de missile et de drone.cxxi

Pays d’exportation des drones d’Elbitcxxii 

Argentine (entreprise conjointe)

Grande-Bretagne

États-Unis

Philippines

Azerbaïdjan

Botswana

Brésil

Chili

Colombie

Croatie

République tchèque

France

Canada

Uruguay

Suède

Hongrie

Macédoine

Pays-Bas

Pologne

Slovaquie

Corée du Sud

Australie

Canada

Géorgie

Italie (entreprise conjointe)

Mexique

Singapour

Afrique du Sud

Ouzbekistan

Thaïlandecxxiii

Suisse (à venir en 2019)cxxiv

Principaux partenaires industriels

Babcock (Grande-Bretagne)cxxv, Thalès (France)cxxvi, KBR (États-Unis) cxxvii, Rockwell Collins (États-Unis)cxxviii, Embraer (Brésil)cxxix, Kraken (Canada)cxxx, GRSE (Inde)cxxxi, Boeing (États-Unis)cxxxii, Adani (Inde)cxxxiii, General Dynamics (États-Unis)cxxxiv, Ashok Leyland (Inde)cxxxv.

Participation à des salons de l’armement

Elbit fait régulièrement son autopromotion dans des salons internationaux d’armement dont DSEI (Londres), Land Forces (Australie), MSPCO Kielce (Pologne), ADAS (Philippines), Paris Air Show (France), Farnborough Airshow (UK), Singapore Airshow (Singapour), ADEX Baku (Azerbaijan), BIDEC (Bahrein), Eurosatory (France), IDEF (Turquie)cxxxvi, DefExpo (Inde)cxxxvii.

Résistance

Depuis l’appel de la société civile palestinienne au boycott, au désinvestissement et aux sanctions de 2005, une campagne de désinvestissement a été menée contre Elbit. Le fonds de pension de l’État norvégien, la première banque norvégienne, Danske Bank, le fonds de pension néerlandais géant ABP, le fonds de pension suédois AP et le suédois Folksam ont tous désinvesti leurs actionscxxxviii. Des experts en investissement ont dit à ceux qui mènent campagne qu’Elbit est désormais présent sur la plupart des listes noires mises au point par des bureaux de recherche sur les investissements « socialement responsables ».

Barclays est la seule banque européenne ayant pignon sur rue à apparaître sur la liste des actionnaires internationaux d’Elbit publiée par NASDAQ.com. Cela permet de penser que la plupart des banques européennes croient que le rôle de la firme dans les crimes de guerre d’Israël en fait une destination d’investissement inappropriée.

En 2011, un appel de la société civile palestinienne a réclamé un double embargo sur les ventes d’armes vers et depuis Israël et les firmes israéliennescxxxix. Des campagnes menées par des antimilitaristes ont ciblé Elbit en ligne avec cet appel et ont lancé des campagnes appelant les investisseurs à désinvestir de cette société.

La campagne a pris de l’ampleur depuis l’attaque israélienne sur Gaza en 2014. Pendant l’attaque, des militants ont occupé le toit de la filiale britannique d’Elbit à Shenstone, ce qui a entraîné la fermeture de l’usine pendant 48 heures. Une occupation similaire a eu lieu en Australiecxl. Des manifestations ont toujours lieu à l’usine Elbit de Shenstone.

En réponse au massacre de 2014, des mouvements sociaux et des syndicats du Brésil ont fait pression sur le gouvernement de l’État brésilien de Rio Grande do Sul pour qu’il mette fin à un contrat de collaboration avec Elbit. Le gouvernement de l’État a finalement accepté d’annuler le contrat, au nom de préoccupations éthiques. Le plan annulé incluait un projet de construction de satellites militaires pour un montant de 17 millions USD (15 millions €)cxli.

En 2016, le ministère brésilien de la défense, alors dirigé par un membre du parti communiste brésilien pro-palestinien, refusa d’approuver le financement d’une recherche sur des drones et un projet de développement avec Elbit. Elbit fut obligé d’abandonner le projet et, par la suite, de fermer Harpia Sistemas, la firme alliée à la firme brésilienne Embraercxlii.

Au Pays de Galles, des campagnes donnent lieu à des manifestations depuis des années contre l’expérimentation des drones Watchkeeper dans les Galles de l’Ouestcxliii.

Des militants ont également mené une campagne intensive appelant Barclays à désinvestir d’Elbit, tenant des piquets, faisant des blocus, des occupations et des manifestations devant des agences de Barclays. Lors d’une journée d’action en novembre 2014, 15 actions ont été menées simultanément contre des agences de Barclays dans tout le Royaume-Uni. En 2015, des militants ont fêté le désinvestissement par Barclays de ses partscxliv. En 2018 cependant, Barclays figure de nouveau sur la liste des actionnaires d’Elbit sur le NASDAQcxlv.

Une campagne réussie de désinvestissement a eu lieu contre HSBC, appelant la banque à faire cesser les achats de parts d’Elbit par ses clients sur sa plateforme d’investissement. En juillet 2017, des manifestations ont eu lieu devant des agences HSBC à Brighton, Manchester et Londres, accompagnées du slogan « la banque la plus mortelle du mondecxlvi ». Des manifestations ont également eu lieu devant l’Assemblée Générale Annuelle 2018 d’HSBC et un jour supplémentaire d’action s’est tenu devant des agences HSBC dans tout le Royaume-Uni en septembrecxlvii.

Manifestation de la campagne de solidarité avec la Plaestine (PSC) à Brighton

Ryvka Bernard de War On Want a dit:

« HSBC a fait un premier pas positif en désinvestissant d’Elbit Systems, le célèbre fabricant de drones, d’armes chimiques, de systèmes d’artillerie de bombes à fragmentation et d’autres technologies utilisées pour attaquer des civils palestiniens et pour militariser des murs et des frontières dans le monde. Commercer avec des firmes comme Elbit signifie profiter de la violence et de la violation des droits humains, ce qui est à la fois immoral et contradictoire avec le droit international.

« HSBC continue pourtant à faire des affaires avec plus d’une douzaine de sociétés qui vendent des équipements militaires et de la technologie utilisés dans la violation des droits humains : c’est le cas de Caterpillar, dont les bulldozers sont utilisés à la démolition de maisons et de biens appartenant à des Palestiniens ; c’est le cas aussi de BAE Systems, dont les armes sont utilisées dans les crimes de guerre d’Israël, d’Arabie Saoudite et d’autres régimes répressifs. Jusqu’à ce que HSBC mette fin à son soutien à des sociétés qui arment la répression, la campagne continuera. »

Blocages, manifestations, occupations

Le salon de l’armement DSEI bi annuel de Londres, où Elbit est un exposant régulier, est face à la résistance actuellement organisée par la Coalition Stop au Salon de l’Armement. 2017 a vu la plus grosse mobilisation depuis des années, avec des milliers de gens tentant d’empêcher les exposants de l’armement d’accéder au saloncxlviii. Le prochain salon de l’armement DSEI aura lieu en septembre 2019.

La résistance s’est aussi focalisée sur Thalès, le partenaire d’Elbit dans le programme Watchkeeper. En juin 2014, une manifestation a eu lieu devant le siège de la société à Londres. En octobre 2014 une occupation du toit d’une usine Thalès de Glasgow a été conduitecxlix.

Des militants du Kent ont mené une action directe contre l’usine Instro Precision, par de multiples occupations de toits et séquestrationscl. Des campagnes ont permis de contribuer à la décision de conseil local de refuser une candidature pour un nouveau site d’une filiale d’Elbit à l’aéroport du Kent à Manstoncli.

Elbit a été très prudent lorsqu’il a poursuivi des militants. En 2015, le service des poursuites de la couronne a abandonné la procédure contre neuf manifestants qui avaient occupé le toit de l’usine de moteurs UAV l’été précédent. Les prévenus avaient argumenté que leurs actions étaient justifiées par la complicité d’Elbit dans des crimes de guerre. Il fut crucial que la défense ait demandé la mise à disposition à la cour des documents sur les licences d’exportation d’Elbit.

Il semble probable que la firme ait retiré sa plainte pour éviter un contrôle public. Ewa Jasiewicz, une des prévenus, a dit qu’Elbit était maintenant “une cible prioritaire” d’actions directes destinées à faire fermer l’usineclii.

Par la suite en 2015, alors que des groupes d’action pour la Palestine organisaient des manifestations sous l’égide de Bloquer l’Usine, une injonction civile a été accordée à l’usine Elbit de Shenstone par la Cour Suprême. La police a violemment tenté d’appliquer cette injonction, ce qui a conduit à 19 arrestations. Pour autant, l’injonction a été levée lors d’une audience en octobre étant donné qu’Elbit n’avait pas réussi à fournir à la cour les documents adéquats. Un porte parole de Bloquer l’Usine a dit à ce moment-là : « Ce sont Elbit Systems et ses usines d’armement qui devraient être interdits, et non nos manifestations. La décision d’aujourd’hui renforcera encore l’énergie de notre campagnecliii ».

Depuis, il n’y a pas eu de poursuites contre des militants ayant ciblé les filiales d’Elbit au Royaume-Uni et très peu d’arrestations.

En 2017, cinq manifestants ont été arrêtés devant l’usine de Shenstone des moteurs UAV, la filiale d’Elbit, au nom de la loi de 1992 renforcée sur les syndicats et les relations de travail, au motif du blocage des portes de l’usine ; les accusations furent cependant, de nouveau, abandonnéescliv.

Récemment, des militants ont organisé des journées d’action coordonnées, engageant des actions simultanément devant les filiales d’Elbit au Royaume-Uni, dans le Kent, à Staffordshire et à Manchesterclv. Certaines de ces actions ont aussi ciblé Thalès, le partenaire d’Elbitclvi. Lors de l’événement le plus récent, en juin 2018, la militante Susannah Mengesha a expliqué les raisons de cette action :

« Elbit facilite le meurtre de Palestiniens à une échelle industrielle. Chaque jour où ses usines restent ouvertes aura un coût civil. On peut tracer une ligne directe depuis les process de fabrication d’usines comme Instro Precision jusqu’aux crimes de guerre israéliens. Je me refuse à croire que la vie de gens qui vivent dans des endroits comme Gaza ont moins de valeur que la vie ailleurs. Mon cœur est ouvert aux mères de Gaza, qui ont certainement souffert davantage que la plupart des gens au cours des dernières semaines et années. Je veux leur dire que les gens ici n’acceptent pas que ces usines soient ici et que nous ferons tout notre possible pour les arrêterclvii. »

Des campagnes font aussi pression sur l’UE pour exclure Elbit et d’autres sociétés d’armement israéliennes de ses financements de recherche. War on Want, La Campagne de Solidarité avec la Palestine et d’autres organisations de base du Royaume-Uni ont été impliquées dans des campagnes de lobbying conjointement avec des militants de base.

L’action contre Elbit s’est aussi intensifiée en France. L’inclusion d’Elbit dans un processus de candidature pour la réalisation d’un nouveau drone français a semé une vague de protestations dans tout le pays et la demande d’exclusion de la firme de ce processus. Elbit a été finalement battu par un drone fabriqué par Sagem (lequel, c’est ironique, comporte des pièces d’Elbit)clviii. En 2017, BDS France a perturbé le stand d’Elbit au Salon de l’Air de Parisclix. De semblables manifestations contre la présence d’Elbit à ce salon se produisent chaque année. Des militants ont aussi commencé une campagne contre l’assureur AXA, l’incitant à désinvestir d’Elbitclx.

Appel à accroître l’action

En 2018, Abdulrahman Abunahel, le coordinateur du comité national palestinien du BDS (le BNC) pour la bande de Gaza, a relancé l’appel pour un embargo sur les armes à double sens. Cela vient après les assassinats par Israël de manifestants palestiniens de la Grande Marche du Retour et après le pire bombardement aérien de Gaza depuis 2014. Voici ce qu’il a dit :

« L’industrie de l’armement et de la sécurité mondiale joue un rôle central dans l’aide à Israël pour le maintien de son régime militaire d’un demi-siècle sur quatre millions et demi de Palestiniens avec son siège dévastateur et illégal qui étouffe près de deux millions d’entre nous ici à Gaza, son vol illégal de la terre palestinienne qui se poursuit et sa politique d’apartheid qui nous discrimine, nous le peuple indigène de cette terre.

« Rien que depuis le 30 mars, lorsque nous, Palestiniens de Gaza occupée, avons participé à des manifestations de masse pour simplement exprimer notre revendication de liberté et notre droit en tant que réfugiés de retourner chez nous, Israël a tué plus de 130 personnes parmi nous et a effectué des bombardements à répétition de zones densément peuplées.

« Israël teste effectivement des armes sur le terrain, sur nous Palestiniens de Gaza avant de les exporter dans d’autres pays, principalement dans le Sud global. En même temps, des gouvernements et des sociétés privées internationales d’armement et de sécurité du Nord global, fournissent des armes et de la technologie à Israël, qu’Israël a utilisé pour tuer et réprimer les Palestiniens.

« Le monde doit agir pour mettre fin à ces relations de mort et arrêter d’armer Israël. J’ai un espoir fondé sur le fait que de plus en plus de gens et d’institutions appellent à ce que prennent fin toutes les formes de coopération militaire et de sécurité avec Israël et cherchent à imposer un embargo militaire total jusqu’à ce qu’Israël mette fin à ses brutales violations des droits des Palestiniens. »

Concernant les perspectives de la campagne contre Elbit, Maren Mantovani et Jamal Jumaaf de Stop The Wall sont confiants :

« Elbit Systems, aussi gros qu’il soit, est particulièrement vulnérable à l’action militante. C’est la seule firme israélienne d’armement privée de cette taille et donc elle est plus vulnérable à des crises, à des risques de spéculation financière et de restructuration économique. Elbit Systems est fortement endetté et doit nécessairement assurer un cash flow continu au service de cette dette. Sa présence à l’échelle mondiale toujours en expansion facilite la tâche des militants de différents pays pour s’en prendre à Elbit ou à ses filiales. De plus, la dépendance croissante de l’industrie d’armement sur le budget de l’État d’Israël pour le secourir le rend vulnérable aussi, tandis que cela accroît la vulnérabilité de l’État.

« Lorsque Bezhalel Machlis, PDG d’Elbit a été interrogé récemment sur l’impact de BDS sur les opérations d’Elbit Systems, il a admis : ‘Je n’essaie pas de dire que ce n’est pas une menace, mais je pense que globalement nous pouvons la gérer’. Des défenseurs des droits humains sont désormais face au défi de développer la capacité du mouvement BDS de manière qu’il fasse pression sur l’économie de guerre israélienne au point d’évoluer de l’état de menace à celui d’empêchementclxi. »

Le contexte

Les champs de bataille du militarisme et de l’occupation israéliens ont constitué des tests de terrain efficaces pour de nouveaux types d’armement. L’état de guerre permanent d’Israël a assuré une place fiable sur le marché aux fabricants d’armes israéliens. Selon Drone Wars UK, des drones de surveillance ont d’abord été utilisés en Égypte en préparation de l’attaque israélienne de 1973. La première utilisation enregistrée d’un drone israélien d’aide aux avions de chasse pilotés pour bombarder des cibles a eu lieu en 1982 dans la course à l’invasion et l’occupation israéliennes du Liban.

Le Centre Al Mezan pour les droits humains dit que la première utilisation enregistrée d’un drone armé par Israël date de 2004. L’expérience accumulée pendant les années de répression militaire a fait d’Israël le plus gros exportateur au monde de la technologie des drones. Les sociétés d’armement israéliennes ont vendu des drones à plus de 50 pays.

Selon Human Rights Watch (HRW):

« Le missile envoyé d’un drone a ses propres caméras qui permettent à l’opérateur d’observer la cible à partir du moment où le tir est déclenché. Le système optique du drone comme du missile ont des caméras à infrarouge qui permettent aux opérateurs de voir des individus de nuit comme de jour. Avec ces possibilités visuelles, les opérateurs de drones auraient dû être capables de faire la différence entre des combattants et autres personnes participant aux hostilités, qui sont des cibles légitimes, et des civils, qui sont préservés des attaques, et de s’abstenir de tirer si cela ne pouvait être déterminé. Si un doute de dernière minute surgit sur une cible, l’opérateur de drone peut avoir recours au guidage à distance du missile pour détourner le missile enflammé et l’éloigner de la cible avec sa manette. »

Malgré cela, le nombre de morts (en proportion du total des morts) causées par des frappes de drones a été croissant. Lors de notre visite de 2013 à Gaza, Corporate Watch a interviewa plusieurs survivants d’attaques de drones israéliens qui n’avaient été engagés dans aucun combat auparavant d’être ciblés, tandis que la plupart de ceux qui ont été tués par des attaques de drones sont des enfants. Le Centre Al Mezan pour les droits humains de Gaza a fourni à Corporate Watch les données suivantes pour les années 2000-2012 :

 

Année

Nombre total de tués par les attaques israéliennes à Gaza Nombre de gens tués par des drones israéliens à Gaza (% of total)

2000

123

0 (0%)

2001

243

0 (0%)

2002

472

0 (0%)

2003

398

0 (0%)

2004

646

2 (0.3%)

2005

99

0 (0%)

2006

534

91 (17%)

2007

281

98 (34.9%)

2008

769

172 (22.4%)

2009

1058

461 (43.6%)

2010

72

19 (26.4%)

2011

112

58 (51.8%)

2012

255

201 (78.8%)

Les frappes de drones israéliens sont lancées depuis les bases Palmachin et Tel Nof de l’armée de l’airclxii.

Texte de Tom Anderson du Collectif Shoal, une coopérative d’écrivains et de chercheurs qui écrivent pour la justice sociale et pour un monde au-delà du capitalisme. @shoalcollective

Les écrits de Tom en soutien au mouvement BDS peuvent être consultés sur corporateoccupation.org. @CorpOccupation

iBureau Van Dyck, Elbit Systems, Accessed Aug 2018.

iihttps://www.haaretz.com/israel-news/business/elbit-systems-to-buy-imi-in-major-israeli-defense-merger-1.5891233

iiihttp://www.israeldefense.co.il/en/content/elbit-systems%E2%80%99-hermes-900-uav-headed-fifth-country

ivhttps://www.jpost.com/Israel-News/Elbit-upgrades-IAFs-fleet-of-Hermes-900-drones-438803

vhttps://www.haaretz.com/israel-news/business/elbit-systems-to-buy-imi-in-major-israeli-defense-merger-1.5891233

vihttps://www.nasdaq.com/article/israel-regulator-okays-defence-firm-elbits-bid-to-buy-imi-20180819-00027

viihttps://www.timesofisrael.com/elbit-buys-state-owned-arms-maker-imi-for-nis-1-8-billion/

viiihttps://www.shootingillustrated.com/articles/2017/4/3/review-imi-ammunition/

ixhttps://www.shootingillustrated.com/articles/2017/4/3/review-imi-ammunition/

xhttps://www.haaretz.com/israel-news/business/elbit-systems-to-buy-imi-in-major-israeli-defense-merger-1.5891233

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clxi https://bdsmovement.net/news/%E2%80%9Cs%E2%80%9D-bds-lessons-elbit-systems-campaign

clxii Rosa Luxemburg Foundation(2014).

Traduction : SF et MUV pour BDS France et l’AURDIP

Source : Corporate Watch




7ème week-end annuel de la Campagne BDS France à Lille

Le 08/02/2019

Les 02 et 03 février 2019 s’est tenu le 7ème week-end annuel de la Campagne BDS France.

Dans le contexte actuel du renforcement de la politique coloniale, criminelle et d’apartheid israélienne, mais aussi de l’accroissement des victoires de la campagne internationale BDS, des militant-e-s de plus d’une quinzaine de villes se sont réuni-e-s à Lille.

Ils ont été chaleureusement accueillis par l’AFPS 59-62 et l’UD CGT du Nord dans les locaux CGT de la Bourse du travail.

Il a pu être acté collectivement lors de ce week-end l’échec de la saison de propagande « France-Israël » en 2018, contre laquelle de nombreux groupes BDS partout en France s’étaient mobilisés.

En 2019, une mobilisation se poursuit contre l’Eurovision 2019 en Israël, dans le cadre d’une campagne internationale.

Lors du week-end, une action BDS a d’ailleurs eu lieu devant le siège local de France Télévisions à Lille.

Avec une banderole et des pancartes, les militant-e-s réunis lors de ce weekend ont chanté:

« Je boycotte, tu boycottes, nous boycottons l’Eurovision en Israël »

 

D’autres photos ICI

 

Parmi les autres cibles prioritaires de la Campagne BDS France, l’assureur et groupe bancaire AXA, qui investit dans 5 banques israéliennes et dans l’entreprise d’armement israéliennes Elbit Systems.

Alys Samson Estape, coordinatrice du BNC (direction palestinienne du BDS) en Europe a dénoncé lors du week-end la complicité d’AXA dans les violations du droit international en Palestine occupée, et a annoncé le lancement prochain d’une coalition européenne pour amener AXA à cesser ses investissements contraires à son « Code de déontologie professionnelle », qui exige le respect des principes directeurs du Pacte Mondial des Nations Unies.

L’un des grands défis de la Campagne BDS est celui d’un enracinement dans la jeunesse, qui sera stimulé notamment par l’organisation de la semaine internationale contre l’apartheid israélien à laquelle la Campagne BDS France participera à nouveau cette année dans plusieurs villes à partir du 20 mars prochain.

Le week-end a analysé les tentatives pour intimider, réprimer et salir le mouvement BDS. Les militant.e.s de BDS France sont déterminé.e.s à les exposer et à les dénoncer. Tout en gardant le cap sur l’essentiel : intensifier le mouvement BDS, en solidarité avec le peuple palestinien et pour mettre fin à l’impunité de l’État colonial d’Israël.

La Campagne BDS France




La Campagne Eurovision devant FR3 Auvergne

Dix neuf militant-e-s d’un collectif AFPS 63, BDSF 63, Amis Monde Diplomatique 63, Amis Temps des Cerises, CGT-UD 63, LDH Clermont-Riom, MRAP 63, NPA 63, PCF 63, RESF 63, Solidaires Auvergne, UNEF Auvergne,
se sont rassemblés le 18 janvier devant le siège de FR3 Auvergne à Chamalières (63), sous l’œil de deux véhicules de police envoyés par la préfecture.
Ils ont été reçus devant les grilles de FR3 par le rédacteur en chef adjoint, qui a discuté avec eux pendant environ 30 minutes. Il nous a expliqué qu’il comprenait notre action et le courrier que nous leur avions envoyé, et qu’il feraient remonter à France TV et à FR2. Ils sont conscients des problèmes éthiques que pose la tenue de l’Eurovision en Israël. Nous sommes convenus de rester en contact pour nos actions futures.
Des photos de groupe, ainsi que de 4 nouveaux militant-e-s voulant figurer dans notre album photo BoycottEurovision2019 sur Facebook, ont été faites. Notre tract explicatif a été distribué aux automobilistes au feu rouge proche, certains nous ont encouragé, d’autres ont klaxonné gaiement nos drapeaux palestiniens, en passant.
Un reportage a été publié sur le site de FR3 Auvergne



Le mouvement BDS rend hommage à Angela Davis

DÉCLARATION DU PACBI

10 Janvier 2019

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI), qui est un membre fondateur du mouvement BDS pour les droits des Palestiniens rend hommage à Angela Davis pour la lutte qu’elle a mené toute sa vie pour la justice et exprime sa totale solidarité avec elle.

L’inversion de la décision de l’Institut de Birmingham pour les Droits Civils (BRCI) de décerner un prix pour la défense des droits humains au professeur Davis est dû à son « soutien de longue date pour la Palestine » comme elle l’a dit. C’est manquer une occasion d’honorer une icône qui incarne sans cesse, depuis des dizaines d’années, les valeurs que la récompense entend reconnaître.

Notre profonde déception de la décision du BRCI est tempérée non seulement par l’énorme déferlement de soutien reçu par Davis, mais aussi par sa décision d’assister, à la place, à un événement alternatif qui mettra l’accent sur le lien organique existant entre la lutte pour la justice aux niveaux local et mondial.

Il est de plus en plus clair que le lobby israélien, y compris son aile fanatique des Chrétiens sionistes, alimente un nouveau McCarthisme aux États Unis et ailleurs, faisant de la loyauté au régime israélien d’extrême droite un critère déterminant. La suppression de la liberté d’expression et le travail de sape contre la solidarité intersectionnelle sont les éléments clef de cette répression accrue.

Continuer à défendre « l’indivisibilité de la justice », comme Davis l’a fait depuis si longtemps, doit être notre réponse à la brutalité de l’injustice. Aussi appelons nous le BRCI à ne pas se soumettre aux pressions du lobby israélien et à maintenir ses valeurs en tant qu’institution luttant pour les droits humains en honorant Angela Davis comme elle était censée l’être.

Source: BDS Movement

Traduction SF pour BDS France

 




Interview de Shir Hever – Université d’été 2018 – Grenoble

Shir Hever est économiste, journaliste et écrivain israélien




La Campagne BDS France sollicite votre soutien

BDS France, le 31 décembre 2018

L’année 2018 se termine dans un climat de tensions et de dangers multiples, nationaux et internationaux, et les gens de bonne volonté sont sollicités pour de multiples bonnes causes.

Parmi ces situations la solidarité avec le peuple palestinien pour sa survie, la sauvegarde du droit international, la paix dans le monde et le vivre ensemble dans les pays marqués par des politiques et des courants racistes et xénophobes.

L’État d’Israël, soutenu par l’alliance, la complicité ou le silence des États-Unis et de la majorité des États européens, a renforcé en 2018 sa politique coloniale et la répression contre le peuple palestinien qu’il pousse au désespoir. Il a officialisé son régime d’apartheid par une loi à valeur constitutionnelle, et il continue de perpétrer des massacres contre les manifestant-e-s non violent-e-s à Gaza.

La meilleure façon de soutenir le peuple palestinien aujourd’hui est de s’engager dans la Campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international). La Campagne BDS a été lancée en 2005 par la société civile palestinienne, et elle s’est développée en France à partir de début 2009, suite à un massacre à Gaza. L’opération « plomb durci » avait duré 22 jours, provoqué la mort de près de 1500 Palestiniens, causé près de 6000 blessés, et détruit plus de 4000 habitations, usines, entrepôts et écoles.

Depuis 10 ans, les citoyens qui soutiennent la Campagne BDS France ont remporté ou participé à de nombreuses victoires : la faillite d’Agrexco, société israélienne d’exportation de fruits et légumes, le retrait des sociétés Veolia et Orange d’Israël, les vœux de plusieurs conseils municipaux pour l’interdiction en France des produits des colonies israéliennes, mais aussi de nombreux autres succès, notamment concernant le boycott culturel, et dernièrement la mise en échec de la Saison croisée France-Israël 2018. En près de 15 ans dans le monde entier, les victoires s’accumulent, au point que des géants comme Airbnb ou HSBC préfèrent retirer leurs investissements israéliens les plus controversés plutôt que de subir l’opprobre internationale portée par la Campagne BDS.

Ces succès poussent le gouvernement israélien et ses représentants en France, dont le CRIF, à essayer de faire interdire le boycott d’Israël. Mais malgré toutes ces tentatives d’intimidations et des attaques calomnieuses, la campagne BDS se développe inexorablement, parce que la cause du peuple palestinien est juste, et parce qu’elle joue un rôle très important dans les mobilisations internationales contre les régimes et les courants politiques discriminatoires, racistes, nationalistes et xénophobes qui sévissent actuellement dans le monde.

En 2019 en France nous nous mobiliserons notamment contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël, nous poursuivrons la mobilisation contre AXA qui se rend complice de l’oppression des Palestiniens, et nous continuerons à démasquer les tentatives de délégitimation du mouvement BDS.

Toutes ces mobilisations nécessitent votre soutien, mais aussi des dépenses, pour l’édition de documents, mais aussi pour des frais de justice. C’est pourquoi nous vous invitons à aider au financement de la Campagne BDS France en faisant un chèque à l’ordre de

« Solidarité – Palestine » à l’adresse suivante :

Solidarité Palestine

21 ter rue Voltaire

75011 Paris

Nous vous invitons à faire circuler ce message autour de vous et vous en remercions, en vous souhaitant une bonne année 2019 et la libération de la Palestine !




Le géant bancaire HSBC se désengage d’un fabricant d’armes israélien suite aux pressions des militants des droits humains

 

27 décembre 2018 –
Communiqué de presse

 

  • HSBC a confirmé aux militants qu’elle s’était totalement retirée du fabricant de drones israélien Elbit Systems, qui vend à l’armée israélienne des armes utilisées lors d’attaques contre les Palestiniens.

 

  • Plus de 24 000 personnes ont communiqué par mail avec HSBC pour s’inquiéter de ses investissements dans Elbit Systems et d’autres sociétés vendant des armes à l’armée israélienne, et 40 succursales de la HSBC au Royaume-Uni ont été piquetées chaque mois pour la même raison.

 

  • Les militants s’engagent à poursuivre la campagne, car HSBC entretient des relations commerciales avec plus d’une douzaine d’autres sociétés vendant des armes et des technologies à l’armée israélienne.

 

Les militants des droits de l’homme ont déclaré leur victoire après que le géant mondial des banques, HSBC, ait confirmé sa décision de se séparer complètement du fabricant d’armes israélien Elbit Systems après une année de campagne.

 

Elbit Systems est un des plus grands fabricants d’armes d’Israël, réputé pour ses drones meurtriers utilisés lors d’attaques de civils palestiniens et commercialisés à l’étranger comme «éprouvés au combat». La société a également fabriqué du phosphore blanc et des systèmes d’artillerie pouvant être utilisés pour les armes à sous-munitions.

 

Elbit Systems a été exclu de fonds de pension et d’investissement du monde entier pour sa participation à la fourniture de systèmes de surveillance et d’autres technologies au mur de séparation israélien et aux colonies situées en Cisjordanie. Elbit a également fourni une technologie de surveillance à utiliser le long de la frontière américano-mexicaine.

 

Le lien de HSBC avec Elbit Systems a été révélé pour la première fois en 2017 dans un rapport de War on Want sur les relations commerciales des banques britanniques avec des sociétés vendant du matériel et des technologies militaires à Israël. La campagne appelant HSBC à se désengager des entreprises complices a reçu un élan décisif lorsque Palestine Solidarity Campaign et d’autres groupes ont adhéré, piquetant les succursales de la banque au Royaume-Uni pour ses relations avec Elbit et d’autres sociétés.

 

HSBC a une « Politique relative au secteur des équipements de défense » spécifiant que la banque ne fournirait pas de services financiers aux entreprises impliquées dans la production ou la vente d’armes à sous-munitions. Les militants ont souligné que son implication dans Elbit Systems, même si elle s’affirmait depuis longtemps «au nom de ses clients», violait cette politique ainsi que les Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

 

Selon des rumeurs, Elbit Systems serait sur une liste actuellement dressée par le Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies sur les entreprises qui violent le droit international en soutenant l’entreprise israélienne illégale de colonisation.

 

Ryvka Barnard, responsable de la campagne sur le militarisme et la sécurité chez War on Want, a déclaré:

«HSBC a fait un premier pas positif en désinvestissant d’Elbit Systems, le fabricant réputé de drones, d’armes chimiques, de systèmes d’artillerie à bombes à fragmentation et d’autres technologies utilisées lors d’attaques contre des civils palestiniens, et de militarisation des murs et des frontières dans le monde entier. Faire des affaires avec des entreprises telles qu’Elbit, c’est profiter de la violence et des violations des droits humains, ce qui est à la fois immoral et contraire au droit international.  »

«Toutefois, HSBC continue de traiter avec plus d’une douzaine de sociétés vendant du matériel et des technologies militaires, notamment Caterpillar, dont les bulldozers sont utilisés pour la démolition de maisons et de biens palestiniens, et BAE Systems, dont les armes sont utilisées pour les crimes de guerre par Israël, l’Arabie saoudite et d’autres régimes répressifs.  »

 

Ben Jamal, directeur de la Palestine Solidarity Campaign (PSC) a déclaré:

«Cette annonce est la preuve positive que les campagnes collectives fonctionnent. Des centaines de personnes à travers le Royaume-Uni, y compris de nombreux membres et comités de la PSC, ont contribué à pousser HSBC à se séparer d’Elbit, au moyens de piquets de grève, de campagnes par mèls et d’autres actions conçues pour faire pression sur la compagnie. L’annonce de HSBC démontre l’efficacité du boycott, du désinvestissement et des sanctions en tant que tactique contre le mépris constant par Israël du droit international et des droits de l’homme. Nous appelons maintenant HSBC à rester fidèle au principe de l’investissement éthique en coupant les liens avec toutes les entreprises qui soutiennent le régime militaire israélien.  »

 

Contacts presse:
Ryvka Barnard (War on Want): rbarnard@waronwant.org / 07983 550 728
Hope Worsdale (Palestine Solidarity Campaing) media@palestinecampaign.org / 07590862268

Notes aux rédacteurs:

– Le 23 décembre 2018, HSBC a confirmé sa décision et en a informé par courrier électronique War on Want et la Palestine Solidarity Campaign.

– Les participations de HSBC dans Elbit Systems ont été révélées pour la première fois dans le rapport de ‘Deadly Investments’ de War on Want en juillet 2017, puis ont été suivies d’une lettre à la société détaillant la complicité d’Elbit dans la violence et exigeant un désinvestissement en septembre 2018.

– Pour plus d’informations sur Elbit Systems et l’exclusion d’Elbit par des fonds de pension et d’investissement, voir la base de données  ‘Investigate’.

– Les membres de Palestine Solidarity Campaign et d’autres militants ont organisé des piquets de grève mensuels dans les succursales HSBC HSBC du Royaume-Uni, appelant HSBC à se séparer d’Elbit et d’autres sociétés armant Israël, dans le cadre de la campagne «Arrêtez d’armer Israël».

– Pour plus d’informations sur la liste des entreprises impliquées dans les colonies israéliennes illégales par le Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies et sur les rumeurs concernant la présence d’Elbit sur cette liste, voir cet article ainsi que les questions et réponses les plus récentes sur la liste.

– HSBC fait suite à d’autres entreprises et organisations qui ont cherché cette année à réduire ou à supprimer leurs liens avec les crimes de guerre et autres violations des droits des Palestiniens, notamment Airbnb, les Quakers de Grande-Bretagne et l’Université de Leeds.

 

Banking giant HSBC divests from Israeli arms manufacturer following pressure from human rights campaigners

Traduction : JPB pour BDS France

Source: Waronwant




Protests increase against AXA, complicit in apartheid! National week of action in France, 10 to 15 December 2018

BDS France, SumOfUs
19 December 2018

The week of action from 10 to 15 December was an important stage of this campaign.

BDS France activists had already demonstrated in fifteen cities on 10 February to demand that AXA stop investing in three Israeli banks that contribute to the colonisation of the West Bank and stop investing, through its subsidiary AB (AllianzBernstein) in Elbit Systems, it being one of the Israeli weapons companies most heavily involved in the criminal, illegal attacks on the Palestinian people.

Since then our demonstrations have continued, and we have been joined by the international movement SumOfUs, which launched the petition that obtained 140,000 signatures.

Together we protested on 25 April in Paris during the General Assembly of AXA shareholders.

While investigating AXA’s violation of its own ethics charter, we discovered that its complicity in Israeli apartheid is more extensive than we had stated back in February: it concerns not three but five banks, and AXA is in fact a direct investor in Elbit Systems.

Since February there have also been the Israeli army’s massacres of non-violent demonstrators in Gaza taking part in the marches for the right of return (stipulated in UN Resolution 194), and the Israeli parliament’s adoption of a law, with constitutional status, which legalised the apartheid regime.

It is in this context that we launched the national week of action, an initiative which had a large impact, with over 20 cities and towns* in France taking part.

Dossiers about the complicity in violations of international law and human rights were delivered to numerous AXA agencies and our discussions with many agents showed that they are sensitive to the issue of the AXA group’s investment policies; members of the public who talked to us were equally interested in the issue and signed the postcards/petition addressed to the AXA president; the AXA agents’ trade union was also informed of the situation.

We are still ready and willing to meet the AXA management, which persists in ignoring our letters.
Our demonstrations will continue and intensify until AXA abides by its ethics charter, which is based on the UN Global Compact which stipulates that companies must not be complicit in violations of international law and human rights!

* including Albertville – Argenteuil – Clermont-FerrandGrenoble – Lille – LyonMartigues/MarseilleMetzMillauMontargisMontpellierNîmes – Orléans – Paris – Rennes – Saint-ÉtienneSaint-NazaireSoissonsStrasbourg – Toulouse



Semaine d’action nationale du 10 au 15 décembre : La mobilisation contre AXA complice de l’apartheid israélien se renforce !

BDS France, SumOfUs, le 19 octobre 2018

Cette semaine s’est déroulée du 10 au 15 décembre et a été une étape importante.

Les militant-e-s de BDS France s’étaient déjà mobilisés le 10 février dans 15 villes pour exiger d’AXA de cesser d’être actionnaire dans trois banques israéliennes contribuant à la colonisation de la Cisjordanie et de participer par sa filiale AB (Allianz Bernstein) au capital d’Elbit Systems, qui est l’une des entreprises d’armement israéliennes les plus impliquées dans les agressions criminelles et illégales contre le peuple palestinien.

Depuis lors notre mobilisation a continué.

Le mouvement international SumOfUs a rallié cette mobilisation et a lancé la pétition qui a recueilli 140 000 signatures.

Nous sommes intervenus le 25 avril lors de l’Assemblée Générale des actionnaires d’AXA.

Poursuivant notre enquête sur les violations de sa charte éthique, nous avons appris que la complicité d’AXA avec l’apartheid israélien est plus forte que ce que nous affirmions en février : elle concerne cinq banques et une participation également directe d’AXA au capital d’Elbit Systems.

Depuis février il y a eu aussi les massacres de l’armée israélienne contre les manifestant-e-s non violent-e-s de Gaza participant aux marches pour le droit au retour (inscrit dans la résolution 194 de l’ONU), et une loi à valeur constitutionnelle du 19 juillet du parlement israélien a officialisé le régime d’apartheid.

C’est dans ce contexte que nous avons lancé une semaine d’action nationale, du 10 au 15 décembre. Cette initiative a eu un impact important, près de 20 villes* en France s’étant mobilisées.

Des dossiers sur les complicités de violations du droit international et des droits humains ont été remis à de nombreuses agences ; les discussions avec de nombreux Agents Généraux ont montré qu’ils sont sensibles à la politique d’investissement du groupe AXA ; le public rencontré s’est comme souvent montré sensible à la question et a voulu signer les cartes postales / pétitions au président d’AXA que nous proposions, le syndicat professionnel des agents d’AXA a été informé de la situation…

Nous sommes toujours disposé-e-s à rencontrer la direction d’AXA, qui persiste encore à ignorer nos courriers.

Notre mobilisation continuera et s’amplifiera jusqu’à ce qu’AXA se conforme à sa charte éthique, qui se base sur le Pacte Mondial des Nations Unis et prescrit clairement de ne pas se rendre complice des violations du droit international et des droits humains !

*dont: Albertville – Argenteuil – Clermont-FerrandGrenoble – Lille – LyonMartigues/MarseilleMetzMillauMontargisMontpellierNîmes – Orléans – Paris – Rennes – Saint-ÉtienneSaint-NazaireSoissonsStrasbourg – Toulouse