Le mouvement BDS rend hommage à Angela Davis

DÉCLARATION DU PACBI

10 Janvier 2019

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI), qui est un membre fondateur du mouvement BDS pour les droits des Palestiniens rend hommage à Angela Davis pour la lutte qu’elle a mené toute sa vie pour la justice et exprime sa totale solidarité avec elle.

L’inversion de la décision de l’Institut de Birmingham pour les Droits Civils (BRCI) de décerner un prix pour la défense des droits humains au professeur Davis est dû à son « soutien de longue date pour la Palestine » comme elle l’a dit. C’est manquer une occasion d’honorer une icône qui incarne sans cesse, depuis des dizaines d’années, les valeurs que la récompense entend reconnaître.

Notre profonde déception de la décision du BRCI est tempérée non seulement par l’énorme déferlement de soutien reçu par Davis, mais aussi par sa décision d’assister, à la place, à un événement alternatif qui mettra l’accent sur le lien organique existant entre la lutte pour la justice aux niveaux local et mondial.

Il est de plus en plus clair que le lobby israélien, y compris son aile fanatique des Chrétiens sionistes, alimente un nouveau McCarthisme aux États Unis et ailleurs, faisant de la loyauté au régime israélien d’extrême droite un critère déterminant. La suppression de la liberté d’expression et le travail de sape contre la solidarité intersectionnelle sont les éléments clef de cette répression accrue.

Continuer à défendre « l’indivisibilité de la justice », comme Davis l’a fait depuis si longtemps, doit être notre réponse à la brutalité de l’injustice. Aussi appelons nous le BRCI à ne pas se soumettre aux pressions du lobby israélien et à maintenir ses valeurs en tant qu’institution luttant pour les droits humains en honorant Angela Davis comme elle était censée l’être.

Source: BDS Movement

Traduction SF pour BDS France

 




Interview de Shir Ever – Université d’été 2018 – Grenoble

Shir Hever est économiste, journaliste et écrivain israélien




La Campagne BDS France sollicite votre soutien

BDS France, le 31 décembre 2018

L’année 2018 se termine dans un climat de tensions et de dangers multiples, nationaux et internationaux, et les gens de bonne volonté sont sollicités pour de multiples bonnes causes.

Parmi ces situations la solidarité avec le peuple palestinien pour sa survie, la sauvegarde du droit international, la paix dans le monde et le vivre ensemble dans les pays marqués par des politiques et des courants racistes et xénophobes.

L’État d’Israël, soutenu par l’alliance, la complicité ou le silence des États-Unis et de la majorité des États européens, a renforcé en 2018 sa politique coloniale et la répression contre le peuple palestinien qu’il pousse au désespoir. Il a officialisé son régime d’apartheid par une loi à valeur constitutionnelle, et il continue de perpétrer des massacres contre les manifestant-e-s non violent-e-s à Gaza.

La meilleure façon de soutenir le peuple palestinien aujourd’hui est de s’engager dans la Campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international). La Campagne BDS a été lancée en 2005 par la société civile palestinienne, et elle s’est développée en France à partir de début 2009, suite à un massacre à Gaza. L’opération « plomb durci » avait duré 22 jours, provoqué la mort de près de 1500 Palestiniens, causé près de 6000 blessés, et détruit plus de 4000 habitations, usines, entrepôts et écoles.

Depuis 10 ans, les citoyens qui soutiennent la Campagne BDS France ont remporté ou participé à de nombreuses victoires : la faillite d’Agrexco, société israélienne d’exportation de fruits et légumes, le retrait des sociétés Veolia et Orange d’Israël, les vœux de plusieurs conseils municipaux pour l’interdiction en France des produits des colonies israéliennes, mais aussi de nombreux autres succès, notamment concernant le boycott culturel, et dernièrement la mise en échec de la Saison croisée France-Israël 2018. En près de 15 ans dans le monde entier, les victoires s’accumulent, au point que des géants comme Airbnb ou HSBC préfèrent retirer leurs investissements israéliens les plus controversés plutôt que de subir l’opprobre internationale portée par la Campagne BDS.

Ces succès poussent le gouvernement israélien et ses représentants en France, dont le CRIF, à essayer de faire interdire le boycott d’Israël. Mais malgré toutes ces tentatives d’intimidations et des attaques calomnieuses, la campagne BDS se développe inexorablement, parce que la cause du peuple palestinien est juste, et parce qu’elle joue un rôle très important dans les mobilisations internationales contre les régimes et les courants politiques discriminatoires, racistes, nationalistes et xénophobes qui sévissent actuellement dans le monde.

En 2019 en France nous nous mobiliserons notamment contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël, nous poursuivrons la mobilisation contre AXA qui se rend complice de l’oppression des Palestiniens, et nous continuerons à démasquer les tentatives de délégitimation du mouvement BDS.

Toutes ces mobilisations nécessitent votre soutien, mais aussi des dépenses, pour l’édition de documents, mais aussi pour des frais de justice. C’est pourquoi nous vous invitons à aider au financement de la Campagne BDS France en faisant un chèque à l’ordre de

« Solidarité – Palestine » à l’adresse suivante :

Solidarité Palestine

21 ter rue Voltaire

75011 Paris

Nous vous invitons à faire circuler ce message autour de vous et vous en remercions, en vous souhaitant une bonne année 2019 et la libération de la Palestine !




Le géant bancaire HSBC se désengage d’un fabricant d’armes israélien suite aux pressions des militants des droits humains

 

27 décembre 2018 –
Communiqué de presse

 

  • HSBC a confirmé aux militants qu’elle s’était totalement retirée du fabricant de drones israélien Elbit Systems, qui vend à l’armée israélienne des armes utilisées lors d’attaques contre les Palestiniens.

 

  • Plus de 24 000 personnes ont communiqué par mail avec HSBC pour s’inquiéter de ses investissements dans Elbit Systems et d’autres sociétés vendant des armes à l’armée israélienne, et 40 succursales de la HSBC au Royaume-Uni ont été piquetées chaque mois pour la même raison.

 

  • Les militants s’engagent à poursuivre la campagne, car HSBC entretient des relations commerciales avec plus d’une douzaine d’autres sociétés vendant des armes et des technologies à l’armée israélienne.

 

Les militants des droits de l’homme ont déclaré leur victoire après que le géant mondial des banques, HSBC, ait confirmé sa décision de se séparer complètement du fabricant d’armes israélien Elbit Systems après une année de campagne.

 

Elbit Systems est un des plus grands fabricants d’armes d’Israël, réputé pour ses drones meurtriers utilisés lors d’attaques de civils palestiniens et commercialisés à l’étranger comme «éprouvés au combat». La société a également fabriqué du phosphore blanc et des systèmes d’artillerie pouvant être utilisés pour les armes à sous-munitions.

 

Elbit Systems a été exclu de fonds de pension et d’investissement du monde entier pour sa participation à la fourniture de systèmes de surveillance et d’autres technologies au mur de séparation israélien et aux colonies situées en Cisjordanie. Elbit a également fourni une technologie de surveillance à utiliser le long de la frontière américano-mexicaine.

 

Le lien de HSBC avec Elbit Systems a été révélé pour la première fois en 2017 dans un rapport de War on Want sur les relations commerciales des banques britanniques avec des sociétés vendant du matériel et des technologies militaires à Israël. La campagne appelant HSBC à se désengager des entreprises complices a reçu un élan décisif lorsque Palestine Solidarity Campaign et d’autres groupes ont adhéré, piquetant les succursales de la banque au Royaume-Uni pour ses relations avec Elbit et d’autres sociétés.

 

HSBC a une « Politique relative au secteur des équipements de défense » spécifiant que la banque ne fournirait pas de services financiers aux entreprises impliquées dans la production ou la vente d’armes à sous-munitions. Les militants ont souligné que son implication dans Elbit Systems, même si elle s’affirmait depuis longtemps «au nom de ses clients», violait cette politique ainsi que les Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

 

Selon des rumeurs, Elbit Systems serait sur une liste actuellement dressée par le Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies sur les entreprises qui violent le droit international en soutenant l’entreprise israélienne illégale de colonisation.

 

Ryvka Barnard, responsable de la campagne sur le militarisme et la sécurité chez War on Want, a déclaré:

«HSBC a fait un premier pas positif en désinvestissant d’Elbit Systems, le fabricant réputé de drones, d’armes chimiques, de systèmes d’artillerie à bombes à fragmentation et d’autres technologies utilisées lors d’attaques contre des civils palestiniens, et de militarisation des murs et des frontières dans le monde entier. Faire des affaires avec des entreprises telles qu’Elbit, c’est profiter de la violence et des violations des droits humains, ce qui est à la fois immoral et contraire au droit international.  »

«Toutefois, HSBC continue de traiter avec plus d’une douzaine de sociétés vendant du matériel et des technologies militaires, notamment Caterpillar, dont les bulldozers sont utilisés pour la démolition de maisons et de biens palestiniens, et BAE Systems, dont les armes sont utilisées pour les crimes de guerre par Israël, l’Arabie saoudite et d’autres régimes répressifs.  »

 

Ben Jamal, directeur de la Palestine Solidarity Campaign (PSC) a déclaré:

«Cette annonce est la preuve positive que les campagnes collectives fonctionnent. Des centaines de personnes à travers le Royaume-Uni, y compris de nombreux membres et comités de la PSC, ont contribué à pousser HSBC à se séparer d’Elbit, au moyens de piquets de grève, de campagnes par mèls et d’autres actions conçues pour faire pression sur la compagnie. L’annonce de HSBC démontre l’efficacité du boycott, du désinvestissement et des sanctions en tant que tactique contre le mépris constant par Israël du droit international et des droits de l’homme. Nous appelons maintenant HSBC à rester fidèle au principe de l’investissement éthique en coupant les liens avec toutes les entreprises qui soutiennent le régime militaire israélien.  »

 

Contacts presse:
Ryvka Barnard (War on Want): rbarnard@waronwant.org / 07983 550 728
Hope Worsdale (Palestine Solidarity Campaing) media@palestinecampaign.org / 07590862268

Notes aux rédacteurs:

– Le 23 décembre 2018, HSBC a confirmé sa décision et en a informé par courrier électronique War on Want et la Palestine Solidarity Campaign.

– Les participations de HSBC dans Elbit Systems ont été révélées pour la première fois dans le rapport de ‘Deadly Investments’ de War on Want en juillet 2017, puis ont été suivies d’une lettre à la société détaillant la complicité d’Elbit dans la violence et exigeant un désinvestissement en septembre 2018.

– Pour plus d’informations sur Elbit Systems et l’exclusion d’Elbit par des fonds de pension et d’investissement, voir la base de données  ‘Investigate’.

– Les membres de Palestine Solidarity Campaign et d’autres militants ont organisé des piquets de grève mensuels dans les succursales HSBC HSBC du Royaume-Uni, appelant HSBC à se séparer d’Elbit et d’autres sociétés armant Israël, dans le cadre de la campagne «Arrêtez d’armer Israël».

– Pour plus d’informations sur la liste des entreprises impliquées dans les colonies israéliennes illégales par le Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies et sur les rumeurs concernant la présence d’Elbit sur cette liste, voir cet article ainsi que les questions et réponses les plus récentes sur la liste.

– HSBC fait suite à d’autres entreprises et organisations qui ont cherché cette année à réduire ou à supprimer leurs liens avec les crimes de guerre et autres violations des droits des Palestiniens, notamment Airbnb, les Quakers de Grande-Bretagne et l’Université de Leeds.

 

Banking giant HSBC divests from Israeli arms manufacturer following pressure from human rights campaigners

Traduction : JPB pour BDS France

Source: Waronwant




Protests increase against AXA, complicit in apartheid! National week of action in France, 10 to 15 December 2018

BDS France, SumOfUs
19 December 2018

The week of action from 10 to 15 December was an important stage of this campaign.

BDS France activists had already demonstrated in fifteen cities on 10 February to demand that AXA stop investing in three Israeli banks that contribute to the colonisation of the West Bank and stop investing, through its subsidiary AB (AllianzBernstein) in Elbit Systems, it being one of the Israeli weapons companies most heavily involved in the criminal, illegal attacks on the Palestinian people.

Since then our demonstrations have continued, and we have been joined by the international movement SumOfUs, which launched the petition that obtained 140,000 signatures.

Together we protested on 25 April in Paris during the General Assembly of AXA shareholders.

While investigating AXA’s violation of its own ethics charter, we discovered that its complicity in Israeli apartheid is more extensive than we had stated back in February: it concerns not three but five banks, and AXA is in fact a direct investor in Elbit Systems.

Since February there have also been the Israeli army’s massacres of non-violent demonstrators in Gaza taking part in the marches for the right of return (stipulated in UN Resolution 194), and the Israeli parliament’s adoption of a law, with constitutional status, which legalised the apartheid regime.

It is in this context that we launched the national week of action, an initiative which had a large impact, with over 20 cities and towns* in France taking part.

Dossiers about the complicity in violations of international law and human rights were delivered to numerous AXA agencies and our discussions with many agents showed that they are sensitive to the issue of the AXA group’s investment policies; members of the public who talked to us were equally interested in the issue and signed the postcards/petition addressed to the AXA president; the AXA agents’ trade union was also informed of the situation.

We are still ready and willing to meet the AXA management, which persists in ignoring our letters.
Our demonstrations will continue and intensify until AXA abides by its ethics charter, which is based on the UN Global Compact which stipulates that companies must not be complicit in violations of international law and human rights!

* including Albertville – Argenteuil – Clermont-FerrandGrenoble – Lille – LyonMartigues/MarseilleMetzMillauMontargisMontpellierNîmes – Orléans – Paris – Rennes – Saint-ÉtienneSaint-NazaireSoissonsStrasbourg – Toulouse



Semaine d’action nationale du 10 au 15 décembre : La mobilisation contre AXA complice de l’apartheid israélien se renforce !

BDS France, SumOfUs, le 19 octobre 2018

Cette semaine s’est déroulée du 10 au 15 décembre et a été une étape importante.

Les militant-e-s de BDS France s’étaient déjà mobilisés le 10 février dans 15 villes pour exiger d’AXA de cesser d’être actionnaire dans trois banques israéliennes contribuant à la colonisation de la Cisjordanie et de participer par sa filiale AB (Allianz Bernstein) au capital d’Elbit Systems, qui est l’une des entreprises d’armement israéliennes les plus impliquées dans les agressions criminelles et illégales contre le peuple palestinien.

Depuis lors notre mobilisation a continué.

Le mouvement international SumOfUs a rallié cette mobilisation et a lancé la pétition qui a recueilli 140 000 signatures.

Nous sommes intervenus le 25 avril lors de l’Assemblée Générale des actionnaires d’AXA.

Poursuivant notre enquête sur les violations de sa charte éthique, nous avons appris que la complicité d’AXA avec l’apartheid israélien est plus forte que ce que nous affirmions en février : elle concerne cinq banques et une participation également directe d’AXA au capital d’Elbit Systems.

Depuis février il y a eu aussi les massacres de l’armée israélienne contre les manifestant-e-s non violent-e-s de Gaza participant aux marches pour le droit au retour (inscrit dans la résolution 194 de l’ONU), et une loi à valeur constitutionnelle du 19 juillet du parlement israélien a officialisé le régime d’apartheid.

C’est dans ce contexte que nous avons lancé une semaine d’action nationale, du 10 au 15 décembre. Cette initiative a eu un impact important, près de 20 villes* en France s’étant mobilisées.

Des dossiers sur les complicités de violations du droit international et des droits humains ont été remis à de nombreuses agences ; les discussions avec de nombreux Agents Généraux ont montré qu’ils sont sensibles à la politique d’investissement du groupe AXA ; le public rencontré s’est comme souvent montré sensible à la question et a voulu signer les cartes postales / pétitions au président d’AXA que nous proposions, le syndicat professionnel des agents d’AXA a été informé de la situation…

Nous sommes toujours disposé-e-s à rencontrer la direction d’AXA, qui persiste encore à ignorer nos courriers.

Notre mobilisation continuera et s’amplifiera jusqu’à ce qu’AXA se conforme à sa charte éthique, qui se base sur le Pacte Mondial des Nations Unis et prescrit clairement de ne pas se rendre complice des violations du droit international et des droits humains !

*dont: Albertville – Argenteuil – Clermont-FerrandGrenoble – Lille – LyonMartigues/MarseilleMetzMillauMontargisMontpellierNîmes – Orléans – Paris – Rennes – Saint-ÉtienneSaint-NazaireSoissonsStrasbourg – Toulouse




La « saison » de propagande France-Israël se termine en fiasco

Ali Abunimah – 3 décembre 2018

Des militants manifestent le 30 novembre à Paris devant le siège de la télévision publique française, exhortant le diffuseur à ne pas « blanchir l’apartheid israélien en transmettant le prochain concours de l’Eurovision » (BDS France)

Un énorme travail de propagande, sponsorisé par les gouvernements français et israélien, a été un échec, ont reconnu les responsables israéliens.

La dite Saison France-Israël  était constituée de centaines d’événements « culturels » soutenus par les deux gouvernements, se déroulant sur six mois jusqu’à la fin novembre.

« Nous espérions que la culture aurait un impact diplomatique. Nous avons mis des sommes énormes dans cette opération, qui n’a eu aucun succès concernant l’image d’Israël en France », a dit la semaine dernière au journal Le Monde une source diplomatique israélienne.

BDS France, association qui soutient la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions, célèbre la reconnaissance de cet échec comme une victoire du militantisme pour la défense des droits des Palestiniens.

La Saison France-Israël a été une tentative « d’opération de blanchiment, pour laver l’État d’Israël de ses crimes contre le peuple palestinien, ses constantes violations du droit international et des droits de l’Homme universels», a déclaré samedi BDS France, faisant remarquer que des dizaines d’artistes français, dont le légendaire réalisateur Jean-Luc Godard, avaient déclaré qu’ils n’y coopéreraient pas.

« Le public français n’est pas tombé dans le panneau et la propagande ne marche plus du tout », a ajouté BDS France. « Les défenseurs et complices de l’apartheid israélien sont de plus en plus isolés, et notre solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la campagne BDS est plus forte que jamais. »

Les militants ont tenu des rassemblements contre les événements de la Saison France-Israël dans tout le pays, et l’un des premiers événements programmés – à l’université de Lille – a alors dû être abandonné.

« Beaucoup de ces événements présentés en France dans le programme de la Saison France-Israël ont eu lieu devant un maigre public », a dit BDS France. « Les préparatifs se sont déroulés dans une semi-clandestinité et les événements ont été annoncés à la dernière minute, tant les deux gouvernements craignaient des manifestations publiques. »

Rebuffade française

S’est ajouté à la déception d’Israël, selon Le Monde, le fait que le président Emmanuel Macron n’a pas tenu sa promesse d’aller en Israël pendant la saison.

En juin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a eu droit à un accueil sur tapis rouge de la part de Macron pour l’ouverture à Paris au Grand Palais de la Saison France-Israël.

Cependant, des manifestants traitant Netanyahu de criminel de guerre et accusant Macron d’être son complice ont réussi à bloquer les Champs Élysées.

A la cérémonie d’ouverture, Macron avait promis d’aller en Israël pendant la Saison France-Israël, mais cela s’est conclu par une défection.

A l’irritation d’Israël, s’est ajouté le fait que le Premier ministre français Edouard Philippe a lui aussi annulé son projet d’assister à l’ouverture de la saison conjointe en Israël.

Bien que des difficultés d’emploi du temps aient été alléguées pour l’expliquer, Philippe est revenu sur sa promesse de faire ce voyage en automne, et il n’y a toujours pas de date dans son agenda pour y satisfaire.

Bien que la Saison France-Israël ait été lancée avec fracas, elle s’est achevée dans l’expression d’un gémissement, alors que seul le ministre français de la Culture, et aucun responsable israélien de haut rang, assistait le 29 novembre à la cérémonie de clôture à Tel Aviv.

La rebuffade du gouvernement français est signe qu’il se sent incapable d’ignorer ce que ressent le public, malgré la politique résolument pro-israélienne de l’administration Macron.

Manifestations contre l’Eurovision

Après la campagne réussie contre la Saison France-Israël, BDS France a déclaré que sa « prochaine étape, c’est la mobilisation contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël ».

Des manifestations se sont poursuivies à travers l’Europe pour ne pas autoriser Israël à accueillir la prochaine édition du célèbre concours de chansons.

Le 30 novembre, des militants ont manifesté à Paris dans les locaux de la télévision publique française, exhortant le diffuseur à ne pas « blanchir l’apartheid israélien en transmettant le prochain concours de l’Eurovision ».

En Grande Bretagne, des militants ont tenu des rassemblements similaires devant les locaux de la BBC à Londres et à Manchester.

 

Et il y a déjà eu des manifestations le mois dernier à l’extérieur des concerts de Netta Barzilai, gagnante pour Israël de l’Eurovision 2018, largement utilisée en tant qu’élément des efforts de propagande internationale, officiellement soutenus, du pays.

 

Même l’Organisation de Libération de la Palestine, qui est sous le contrôle du chef de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, longtemps opposée au mouvement BDS, tente de s’y rallier – même si c’est de façon limitée.

L’OLP a demandé à l’Union Européenne de Radio-Télévision, organisme international qui produit l’Eurovision, de ne pas diffuser le concours dans les colonies israéliennes de la Cisjordanie occupée.

Il n’est pas certain qu’empêcher sélectivement la diffusion dans les seules colonies israéliennes soit même techniquement réalisable.

« Donner à Israël le privilège d’héberger l’Eurovision 2019 équivaut à l’en récompenser et à l’aider à dissimuler ses décennies d’occupation militaire et ses graves violations des droits nationaux et fondamentaux des Palestiniens », a déclaré la semaine dernière Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’OLP contrôlé par Abbas.

« A tout le moins, l’Union Européenne de Radio-Télévision (EBU) doit s’assurer que les colonies illégales d’Israël dans tout le territoire palestinien occupé soient strictement exclues de toute diffusion des activités de l’Eurovision. »

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : The Electronic Intifada




L’impact de BDS en 2018

BNC | 29 novembre 2018

Cher supporteur,

Aujourd’hui, c’est la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, et nous célébrons les avancées extraordinaires que le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens a obtenues avec votre soutien. Nous dévoilons les crimes et la politique d’apartheid d’Israël et nous organisons une pression pour y mettre fin.

S’il vous plait,  faites un don pour nous aider à faire encore mieux l’année prochaine.

Voici simplement quelques faits saillants de l’impact direct et indirect de BDS en 2018 :

  •  Juste la semaine dernière, Airbnb a décidé de ne plus profiter des colonies israéliennes tout à fait illégales sur la terre volée aux Palestiniens. Ceci faisait suite à une campagne internationale menée par la coalition d’organisations #StolenHomes (maisons volées), affiliée au mouvement BDS pour les droits des Palestiniens, et des organisations de défense des droits de l’Homme.
  •  Plus tôt ce mois-ci, Ilhan Omar est entrée dans l’histoire en devenant le premier membre du Congrès américain à souscrire publiquement à BDS en séance.
  •  Rashida Tlaib, première femme palestino-américaine élue au Congrès, a fait l’éloge du mouvement BDS et a soutenu la réduction de l’aide militaire américaine à Israël.
  •  Des mobilisations à travers le monde ont convaincu l’équipe nationale de football d’Argentine, menée par son capitaine Lionel Messi, à annuler sa rencontre amicale avec Israël.
  •  La chanteuse vedette Lana Del Rey est devenue l’une des 19 artistes à se retirer du Festival Meteor d’Israël, après que des milliers de fans et de militants du monde entier l’ait exhortée à respecter l’appel au boycott des Palestiniens. Shakira et Lorde font partie des autres grandes artistes qui ont annulé leurs concerts cette année en Israël. Plus de 100 DJ et artistes de musique électronique ont rejoint le boycott culturel sous le #DjsForPalestine.
  •  D’importantes organisations du mouvement des femmes indiennes, qui représentent plus de 10 millions de femmes, ont souscrit au mouvement BDS et réclamé la libération de tous les enfants palestiniens prisonniers.
  • Amnesty International a appelé à un embargo sur les armes pour Israël. Elle a dénoncé les États Unis et l’Union Européenne pour leurs accords militaires avec Israël et les a tenus pour responsables de « l’alimentation de violations massives » des droits fondamentaux des Palestiniens.
  •  Le Parti Travailliste britannique a récemment voté le gel des ventes d’armes à Israël. En Irlande, un ministre d’État et 50 députés irlandais ont appelé l’Irlande à cesser de fournir des armes à Israël. Plus tôt, Dublin est devenue la première capitale européenne à souscrire à BDS pour les droits des Palestiniens.
  •  Des parlementaires d’Espagne et du Portugal ont pris position pour les droits des Palestiniens et ont dénoncé les crimes de guerre d’Israël et sa loi raciste « d’État-nation du peuple juif ». Plusieurs villes d’Italie et l’État espagnol ont appelé à un embargo des armes sur Israël.
  •  Le Mouvement Black lives matter  a émis une vigoureuse déclaration de solidarité avec le peuple palestinien et a appelé les États Unis à mettre fin à son aide militaire annuelle de 38 milliards de dollars à Israël.
  •  40 organisations internationales juives pour la justice sociale reconnaissent que le mouvement BDS a un engagement reconnu dans le « combat contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme et de fanatisme ». Elles condamnent les tentatives pour étouffer la critique de la politique israélienne.
  •  Le Prix Nobel 2018 de Chimie, le professeur George P. Smith, a exprimé son soutien au mouvement BDS et à la baisse de l’aide militaire américaine à Israël.
  •  Adidas a cessé de parrainer l’Association de Football d’Israël (IFA), qui comprend des équipes basées dans les colonies illégales construites sur la terre volée aux Palestiniens, à la suite d’appels venus de plus de 130 clubs de sport palestiniens.
  •  Des syndicalistes et des militants des droits de l’Homme de Tunisie et du monde arabe ont obligé la compagnie maritime israélienne Zim à suspendre ses trajets vers la Tunisie.
  •  La Fédération Canadienne des Étudiants, qui représente plus de 500.000 étudiants, vient de voter à son Assemblée Générale annuelle le soutien au mouvement BDS.
  •  Leeds est devenue la première université britannique à se désinvestir de sociétés impliquées dans le commerce des armes avec Israël, suivant ainsi une campagne BDS par des militants de la solidarité avec la Palestine. L’université a désinvesti plus de 1.2 million de dollars d’avoirs de corporations qui font du commerce de matériel militaire avec Israël.
  •  Les Quakers sont devenus la première église du Royaume Uni à dire qu’elle « n’investira dans aucune société qui profite de l’occupation [militaire israélienne] ». Récemment, plusieurs églises américaines ont elles aussi voté le désinvestissement des sociétés israéliennes et internationales complices des violations des droits fondamentaux des Palestiniens par Israël.
  •  Depuis l’Afrique du Sud,Nkosi Zwelivelile Mandela, membre du parlement et petit-fils de Nelson Mandela, a affirmé le rôle essentiel joué par BDS pour mettre fin à l’apartheid israélien.

S’il vous plait faites un don à votre collecte de fonds de fin d’année, et aidez notre mouvement à devenir encore plus fort l’année prochaine.

Ensemble nous pouvons, et nous réussirons à faire des mots « liberté, justice et égalité » non pas une aspiration, mais une réalité.

Solidairement,

Omar Barghouti

Comité National BDS (BNC) palestinien

Le Comité National BDS palestinien (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Elle conduit et soutient le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits des Palestiniens.

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : BNC




Saison croisée France Israël : l’apartheid fait un bide!

 

[English below]

La Campagne BDS France, le 1er décembre 2018

La Saison croisée France Israël devait être un grand événement en l’honneur de la coopération culturelle, scientifique, gastronomique, etc … entre la France et Israël.

Ses promoteurs voulaient faire de cet évènement une opération pour blanchir l’État d’Israël de ses crimes contre le peuple palestinien, de ses violations constantes du droit international et des droits humains universels. Ce que nous avons dénoncé, avec des dizaines d’artistes et de structures artistiques françaises.

Le but de cette saison était pour les autorités israéliennes (et françaises!) de façonner  et d’imposer une « image » attractive, et conviviale : celle d’un État à la pointe du high tech, ouvert aux échanges, à la diversité culturelle, aux critiques et à des courants dissidents, et même respectueux des droits humains. Mais l’année 2018 restera comme celle du vote de la loi fondamentale de l’état-nation, qui donne à l’apartheid un statut constitutionnel et celle de massacres à Gaza contre des manifestant-e-s mobilisé-e-s pour le droit au retour – et dont beaucoup ont été délibérément estropiés par les tirs de l’armée israélienne.

BDS France est intervenue dès le premier évènement labellisé « Saison France Israël » : à l’Université de Lille 1, le 11 février dernier, et a dénoncé, avec le soutien de nombreux universitaires, l’exposition « Escale israélienne » qui a dû être annulée.

80 artistes dont Jean-Luc Godard ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à la Saison France-Israël.

Puis les mobilisations contre les évènements programmés se sont poursuivies dans différentes villes dont (par ordre alphabétique) : Choisy-le-Roi, Lyon, Marseille, Montpellier, Paris, Perpignan, Rennes, Strasbourg, Toulouse.

Le jour de l’inauguration officielle de la Saison croisée, alors que le Président Macron et le Premier ministre Netanyahou se rencontraient au Palais de la Découverte, notre manifestation sur les Champs Élysées a fait entendre la colère et le refus de cette opération.

Dans le registre de la prétendue ouverture d’Israël aux courants dissidents, plusieurs mobilisations ont démasqué le discours manipulateur d’Ohad Naharin, animateur de la Batsheva Dance Company, ainsi que cet article dans le journal Politis .

L’apothéose a été la représentation de cette troupe à la Maison de la danse à Lyon le 28 novembre dernier : des militants sont intervenus sur scène avec des pancartes « On ne danse pas avec l’apartheid ! » et ont été applaudis par le public!

En parallèle une saison alternative présentant des évènements de solidarité avec le peuple palestinien et intitulée « 2018 Le Temps de la Palestine » a rallié un public important​ sans aucun soutien institutionnel. Plus de 5000 personnes et des centaines de groupes ont organisé plus de 1000 événements labellisés du nom de cette campagne dans plus de 100 villes et villages de France. ( voir aussi la page Facebook:  2018 – Le Temps de la Palestine).

Maintenant, rideau ! : c’est l’heure des bilan​s …​

Beaucoup d’évènements dans le cadre de cette Saison croisée ont eu peu d’audience.​ La préparation et les annonces de la Saison ont du se faire quasi clandestinement  et toujours en dernière minute,  tant  les deux gouvernements associés craignaient les réactions de protestation.

L’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 30 novembre rapporte la ​​déception du gouvernement israélien.

Israël s’alarme de la faible résonance de la saison France Israël !

« On espérait que la culture aurait un impact diplomatique. On a mis énormément d’argent dans cette opération pour zéro succès, en ce qui concerne l’image d’Israël en France et celle de la France ici », explique une source diplomatique.

​Mais la société française ne marche pas dans la combine, et la propagande ne passe plus.

L​es défenseurs et les complices de l’apartheid israéliens sont de plus en plus isolés !

Notre solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la campagne BDS ​  en sort renforcée ​!

Et la prochaine étape, c’est la mobilisation contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël !​ ​

La Campagne BDS France

www.bdsfrance.org – campagnebdsfrance@yahoo.fr

FRANCE-ISRAEL SEASON: WHAT A FLOP!

BDS France Campaign, 1 December 2018

The six-month “France-Israel Season” was supposed to be a big celebration of cultural, scientific, gastronomic cooperation…. between France and Israel.

Its promoters wanted to turn this series of events into a whitewashing operation, cleansing the State of Israel of its crimes against the Palestinian people, its constant violations of international law and universal human rights; an operation denounced by us along with dozens of French artists.

For the Israeli (and French) authorities, the aim of this “season” was to fabricate an attractive, convivial image of a State at the cutting edge of high tech, open to exchanges and cultural diversity, open to criticism and dissident movements, and even respectful of human rights. But 2018 will for ever remain as the year of the “nation state” law, giving apartheid a constitutional status, the year when Palestinians in Gaza demonstrating for the right of return were massacred or deliberately maimed by the Israeli army.

The first “France-Israel Season” event announced was an exhibition entitled “Israeli Stopover” at the University of Lille. BDS France denounced it, with the support of numerous academics, and the exhibition was cancelled.

80 artists including Jean-Luc Godard publicly declared that they would not participate in the France-Israel Season.

Demonstrations against scheduled events took place in Choisy-le-Roi, Lyon, Marseille, Montpellier, Paris, Perpignan, Strasbourg and Toulouse.

On the day when President Macron and Prime Minister Netanyahu officially inaugurated the Season at the Palais de la Découverte in Paris, our demonstration on the Champs Elysées displayed the anger at and rejection of this operation.

In the context of the claimed openness of Israel to dissident views, the manipulative statements of Ohad Naharin, choreographer of the Batsheva Dance Company, were unmasked during several demonstrations, and by this article in Politis.

The high point of the protests against the Batsheva troupe came during its peformance in Lyon on 28 November, when activists got on to the stage, brandishing “Don’t dance with apartheid!” placards, and were applauded by the public.

Throughout 2018 an alternative “season” took place, a series of events tied to solidarity with the Palestinian people and entitled “ 2018 Le Temps de la Palestine”, which attracted a large public. More than 5,000 people and hundreds of groups organised over 1,000 events in more than 100 towns and villages in France (cf. Facebook page 2018 – Le Temps de la Palestine ).

Now that the curtain has come down, it’s time to assess the results….

Many of the events held in France as part of the France-Israel Season took place before a small audience. Preparations were carried out in a semi-clandestine manner and events were announced at the last minute, so much did the two governments fear public protests.

The Season is now over and Israel is dismayed that it did not have the desired effect.

An article in Le Monde of 30 November reports on the disappointment of the Israeli government

We were hoping that culture would have a diplomatic impact. We put an enormous amount of money into this operation, which had zero success regarding Israel’s image in France, or that of France here”, explained an Israeli diplomatic source.

The French public didn’t fall for the ruse and the propaganda doesn’t work any more. The defenders and accomplices of Israeli apartheid are increasingly isolated, and our solidarity with the Palestinian people in the framework of the BDS campaign is stronger than ever.

The next step is mobilisation against the holding of Eurovision 2019 in Israel!

 

BDS France Campaign

www.bdsfrance.org – campagnebdsfrance@yahoo.fr

 

 




Le corps enseignant de Pitzer vote en faveur du soutien au mouvement BDS pour les droits palestiniens

27 novembre 2018 / Par Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)

Le corps enseignant du Pitzer College en Californie a massivement voté en faveur de deux motions soutenant le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour les droits palestiniensAlors que les attaques d’Israël contre le système éducatif palestinien augmentent, professeurs et étudiants défendent les droits palestiniens.

Plus tôt ce mois-ci, les enseignants du Pitzer College en Californie ont massivement voté en faveur de deux motions soutenant le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour les droits palestiniens.

Dans la première motion, les enseignants ont rejeté une décision prise l’an dernier par le président et les administrateurs de Pitzer1 de rendre nulle une résolution du Conseil des étudiants soutenant BDS. Cette résolution du Conseil des étudiants, adoptée en avril 2017, visait à empêcher qu’une subvention pour des activités étudiantes soit utilisée pour acheter des biens d’entreprises complices dans l’occupation militaire illégale des territoires palestiniens par Israël.

Dans la deuxième motion, les enseignants ont appelé le Pitzer College à suspendre le programme d’échange universitaire avec l’université de Haifa jusqu’à ce qu’Israël cesse de restreindre l’admission selon l’ascendance ou les discours politiques et « adopte des politiques accordant des visas pour des échanges avec les universités palestiniennes sur une base totalement égale à ce qui se fait pour les universités israéliennes ».

Daniel Segal, Jean M. Pitzer Professeur d’anthropologie et professeur d’histoire, a expliqué :

« En tant que corps enseignant de Pitzer, nous avons massivement voté pour exprimer qu’il est inacceptable que le président de notre université et son conseil d’administration violent l’autonomie du conseil des étudiants dans le contrôle de ses fonds, en ciblant, comme base à cette interférence, les inquiétudes des étudiants à propos de la relation de Pitzer à la Palestine et à Israël. C’est la première fois dans l’histoire de l’université qu’il y a une tentative pour déroger à l’autonomie des étudiants quand ils décident comment accorder leurs subventions. C’est antidémocratique et contre tous les principes. Le conseil de Pitzer essaie d’appliquer une « exception palestinienne » à la libre expression.

Ce qui est important ici n’est pas seulement le résultat, qui est un soutien clair du corps enseignant en faveur des droits palestiniens. Ce qui est aussi important est que les enseignants de Pitzer ont voté après s’être informés des réalités de la vie des Palestiniens et des politiques et pratiques de l’état israélien. Mes collègues de Pitzer ont, pour résumer, rempli leurs responsabilités en tant qu’intellectuels. »

Samia Botmeh, professeure et doyenne à l’université Birzeit en Cisjordanie palestinienne occupée et responsable militante dans la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), a déclaré :

« Les enseignants et les étudiants de l’université Pitzer défendent les droits palestiniens à un moment critique. Les attaques d’Israël contre l’éducation palestinienne ne sont pas nouvelles, mais dans les deux dernières années, elles n’ont fait qu’augmenter.

J’ai des collègues avec des passeports étrangers, dont des professeurs chevronnés enseignant à mon université depuis des années, qui se sont vus refuser des visas ou des renouvellements de visas. Israël contraint les universitaires enseignant en Palestine occupée à abandonner leurs vies et leurs étudiants. Beaucoup d’entre eux ont des origines palestiniennes, tous sont confrontés à la menace d’être expulsés à cause de leur origine ethnique ou de leur engagement pour l’éducation palestinienne.

Israël repousse aussi beaucoup de nos étudiants internationaux aux frontières, les empêchant de s’inscrire à des cours ou de continuer leurs études en Palestine.

La répression par Israël de la liberté universitaire palestinienne et la perturbation de l’éducation palestinienne font partie intégrante du régime militaire qui nous est imposé et des efforts pour contrôler chaque aspect de notre vie.

Il est réconfortant de voir des collègues universitaires du monde entier se dresser à cette occasion pour s’assurer que ni eux, ni leurs institutions ne soient complices de ce dommage à l’éducation et à la vie des Palestiniens. C’est une responsabilité professionnelle et éthique. »

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël a été lancé en 2004 afin de contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité palestiniennes. PACBI plaide pour un boycott des institutions universitaires et culturelles israéliennes, étant donné leur profonde et persistance complicité avec le déni par Israël des droits palestiniens, tels qu’ils sont stipulés par le droit international.

1 Pitzer est un College au sens américain, c’est-à-dire un établissement d’enseignement supérieur de premier cycle.

Source: PACBI

Traduction: C.G pour BDS France




Décision d’Airbnb de quitter les colonies illégales d’Israël : une victoire partielle pour les droits humains et contre l’impunité

Le 20 novembre 2018

Par le Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC) / États-Unis

Nous saluons la décision d’Airbnb de cesser ses activités commerciales dans les colonies illégales d’Israël en territoire palestinien occupé, suite à une campagne mondiale menée par Human Rights Watch et un certain nombre d’organisations affiliées au mouvement BDS pour les droits des Palestiniens.

C’est un premier pas dans la bonne direction qu’Airbnb cesse de profiter du vol par Israël des terres appartenant aux autochtones palestiniens et de leurs ressources naturelles.

Airbnb, cependant, se contredit en ne supprimant pas de ses listes les biens situés dans des colonies israéliennes illégales à Jérusalem-Est occupé, y compris dans la Vieille-Ville. Toutes les colonies israéliennes dans des territoires palestiniens – et syriens – constituent des crimes de guerres selon le droit international. Jérusalem-Est ne fait pas exception.

Le tourisme socialement responsable et les pèlerinages devraient exclure tout logement illégal. L’industrie israélienne du tourisme utilise les maisons volées à des réfugiés palestiniens, par exemple, comme hôtels, chambres à louer, restaurants et autres.

La campagne contre Airbnb devrait continuer jusqu’à ce que la compagnie respecte entièrement ses obligations en matière de droits humains.

Nous reconnaissons aussi le rôle d’Airbnb au niveau mondial dans la détérioration systématique du droit au logement et du travail syndiqué dans le secteur hôtelier. Nous sommes solidaires avec ceux qui s’organisent pour que la compagnie rende des comptes sur ces sujets.

Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC)

Le Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC) est la plus grande coalition au sein de la société civile palestinienne. Il mène et soutient le mouvement mondial Boycott, Désinvestissement et Sanctions movement pour les droits des Palestiniens.

Traduction : MUV pour BDS France
Source : The Palestinian BDS National Committee (BNC), États-Unis




Ohad Naharin et le ballet israélien Batsheva : rétablir quelques vérités

Le débat sur le boycott culturel d’Israël rebondit autour de l’attitude controversée du chorégraphe Ohad Navarin.

De nombreux articles de la presse nationale ont donné la parole à Ohad Naharin, le directeur du ballet israélien Batsheva, à l’occasion de sa tournée dans le cadre de la «saison croisée France-Israël».

Cette saison est contestée par la Campagne BDS France comme par de nombreux artistes français qui dénoncent une opération de blanchiment du régime israélien par la culture. Ces articles tendent tous à présenter Ohad Naharin comme un opposant au régime israélien victime à tort du boycott culturel, ce qui est très discutable au vu des faits.

Certains tendent aussi comme l’article de Libération du 17 octobre dernier (1) à dévaloriser la campagne BDS en France, indiquant par exemple que « les menaces sont plus virulentes cette année ». Les journalistes veulent sans doute parler des manifestations organisées par BDS, mouvement non violent qui informe et dénonce, et le terme est donc impropre.

L’argument aussi avancé est que Naharin dénonce dans des discussions avec le public, l’occupation israélienne et un certain racisme dans la société israélienne. Cela n’est pas contestable, ici en Europe, mais il serait difficile de trouver un mot de lui dénonçant dans son pays les innombrables violations des droits humains et du droit international de son pays .

Naharin prétend qu’il ne pourrait pas engager sa troupe s’il n’acceptait pas le cadre institutionnel israélien, en arguant du fait que, comme tout citoyen israélien, il paye des impôts. Or ce n’est pas ce qui lui est reproché. La troupe Batsheva qu’il dirige est en réalité financée de manière importante par l’État israélien mais également par des entreprises soutenant l’occupation et la colonisation (2).

Un régime d’apartheid

Tout ceci alors qu’en ce moment même, le régime israélien tue et estropie à Gaza sous blocus des centaines de manifestants désarmés, mobilisés pour le droit au retour. Bathseva accepte de représenter officiellement, dans le cadre de la saison croisée France-Israël par exemple, le régime qui veut raser le village bédouin de Khan al-Ahmar, poursuit la colonisation et instaure, de la Méditerranée au Jourdain, un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien, en constante violation du droit international.

Naharin pourrait, vue sa notoriété et celle de sa compagnie, présenter ses spectacles partout où il le souhaite sans le sceau d’Israël, et ne serait alors pas contesté comme c’est déjà le cas pour de nombreux artistes israéliens. Un artiste qui a une conception éthique de son travail ne peut pas moralement à la fois critiquer un État infréquentable et le représenter : il lui faut choisir, sauf à passer pour hypocrite et ou opportuniste.

Naharin pourrait s’inspirer de son collègue, le chorégraphe israélien Emmanuel Gat, qui a projeté des messages sur la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza, dans le cadre de son dernier spectacle au Festival d’Avignon. Il pourrait aussi considérer le choix du metteur en scène et comédien Tiran, qui a quitté Israël cet été en déclarant qu’à ses yeux l’appel au boycott culturel d’Israël était légitime.

La posture d’Ohad Naharin est d’autant plus intenable qu’il prétend apparaître comme un opposant politique, tout en servant de vitrine au régime israélien, propageant ainsi l’illusion qu’Israël est une démocratie ouverte même à ses opposants. Sa productrice, qui précise dans l’interview du 17 octobre précité, que « les arts sont traditionnellement dans l’opposition, et notre devoir est justement de prendre l’argent de ce ministère, qui n’a pas le pouvoir de nous censurer, pour prendre la parole », ne peut ignorer la censure subie par de nombreux spectacles et théâtres palestiniens d’Israël. Démocratie pour les uns… Au moment où le régime examine la possibilité de pénaliser les militants du BDS par une peine de sept ans de prison, cette posture est une imposture.

La normalisation des relations avec l’État d’Israël est tout aussi intolérable aujourd’hui qu’elle l’était hier avec l’Afrique du Sud de l’Apartheid.

(1) Voir ici.

(2) Voir ici.

Publié par la Campagne BDS France dans Politis, le 23 octobre 2018




Le droit à l’appel au boycott reconnu par la Cour d’appel de l’Angleterre et du pays de Galles

|Ghislain Poissonnier |

La Cour d’appel de l’Angleterre et du pays de Galles (Division civile) a rendu le 3 juillet 2018 un arrêt dans une affaire opposant l’association « Jewish Human Rights Watch » à la mairie de Leicester. La Cour estime que l’appel au boycott des produits des colonies israéliennes, même lancé par un conseil municipal, relève de la liberté d’expression politique et n’y voit aucune incitation à la discrimination raciale (texte de l’arrêt).

L’affaire porte sur la légalité de la résolution adoptée par le conseil municipal de Leicester le 13 novembre 2014. La résolution appelle « au boycott de tout produit originaire des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et se retire des territoires palestiniens occupés ». L’association « Jewish Human Rights Watch » demande à la justice anglaise d’annuler la résolution, en faisant valoir son caractère discriminatoire et les risques qu’elle comporterait vis-à-vis de la communauté juive de la ville, notamment en ce qu’elle conforterait l’idéologie du mouvement BDS.

Dans un jugement du 28 juin 2016, la Haute cour de justice (division administrative) considère que la résolution n’a pas violé la règlementation anglaise, notamment les lois relatives à l’égalité de 2010 et aux collectivités locales de 1988 (texte du jugement). L’arrêt du 3 juillet 2018 de la Cour d’appel confirme le jugement du 28 juin 2016.

L’arrêt rendu est commenté en anglais par le professeur Robert Wintemute (professeur de droits de l’homme au King’s College de Londres), dans un article publié dans la newsletter de septembre 2018 (p. 5) de l’association « British Committee for the Universities of Palestine » (BRICUP).

L’arrêt de la haute cour de justice d’Angleterre sera probablement lu avec intérêt par les juges de la Cour européenne des droits de l’homme. Ces derniers statueront dans les prochains mois sur le recours porté par des membres de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) contre deux arrêts de la chambre criminelle de la Cour de cassation française du 20 octobre 2015 qui pénalisent l’appel au boycott des produits israéliens.

Rapportée à la situation en France, une lecture attentive de l’arrêt du 3 juillet 2018 peut donner lieu à trois observations

- L’arrêt mentionne spécifiquement que les citoyens peuvent, dans le cadre de la liberté d’expression, appeler au boycott de produits. Il ajoute que l’appel au boycott de produits constitue un geste de solidarité politique bien connu vis-à-vis de groupes opprimés à l’étranger, comme cela a été le cas lors des appels au boycott des produits sud-africains durant la période de l’apartheid. Il considère que l’appel au boycott des produits formulé par les élus de Leicester ne constitue pas un appel à la discrimination raciale ou nationale, prohibé par la loi de 2010 sur l’égalité. La généralité de la formule retenue par la Cour ne laisse guère de place au doute. Si la résolution du conseil municipal ne porte que sur le boycott des produits des colonies israéliennes (illégales au regard du droit international), l’appel au boycott de tous les produits israéliens (y compris ceux qui ne sont pas issus des colonies) semble aussi devoir être protégé par la liberté d’expression.

- L’arrêt mentionne spécifiquement qu’un conseil municipal, constitué de conseillers municipaux élus par les citoyens, est en droit d’appeler au boycott de produits dans le cadre d’un geste de solidarité politique. En l’espèce, la résolution adoptée était de nature politique et relevait bien de la liberté d’expression. Selon la Cour, il est en outre constant, dans cette affaire, que la résolution adoptée est sans effet sur la politique d’achat et d’appel d’offres de la municipalité. L’arrêt ne se prononce pas sur le pouvoir des conseils municipaux ou des maires d’ordonner des mesures administratives de boycott, mais il semble bien que la réponse serait alors assez différente. En effet, l’arrêt souligne que le maire, en tant que chef de l’administration municipale, est soumis au respect d’une réglementation (celle de 1988 sur les collectivités locales et celle de 2010 sur l’égalité) qui pourrait lui interdire une pratique de boycott des produits israéliens pour les achats et les appels d’offres de la municipalité. En ce sens, l’arrêt ne se place pas en contradiction avec l’arrêt rendu le 16 juillet 2009 par la Cour européenne des droits de l’homme (n°10883/05 Willem c/ France}]), qui semble opérer une distinction entre l’appel au boycott relevant d’un choix du consommateur et du citoyen, et celui lancé par le responsable d’une administration publique qui est soumis à des obligations légales précises ( Voir §37 et 38 de l’arrêt).

- L’arrêt accorde une importance particulière aux éléments de contexte qui entourent l’appel au boycott. L’arrêt souligne que la résolution a été adoptée lors d’un débat au conseil municipal au cours duquel les partisans comme les opposants au texte ont pu s’exprimer. La résolution adoptée contient un préambule qui appelle au respect des valeurs de tolérance, diversité, unité et de non-discrimination, valeurs que les différentes communautés de la ville sont invitées à respecter. La résolution reconnait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël. Et enfin, la résolution critique la politique israélienne de manière modérée et s’appuie sur des opinions ou décisions d’organismes internationaux. Pour la Cour, l’ensemble de ces éléments montre bien que le conseil municipal de Leicester ne peut être soupçonné d’avoir adopté un texte discriminatoire ou de nature antisémite.

Ainsi, après la Cour suprême américaine le 2 juillet 1982, voici donc que la plus haute Cour de justice d’Angleterre s’est prononcée en faveur d’un droit à l’appel au boycott des produits. Ces décisions ne sont finalement guère surprenantes, en ce qu’elles proviennent de juridictions d’Etats anglo-saxons où la tradition de l’appel au boycott est solidement ancrée dans les mœurs de la vie politique et militante. En France, où cette tradition est moins établie, la Cour de cassation a pour l’instant retenu une analyse différente, au détriment de la liberté d’expression.

L’émergence durable du mouvement BDS en France et de nouvelles pratiques citoyennes de boycott (Voir par exemple I-boycott) pourraient l’amener à reconsidérer sa position.

Ghislain Poissonnier, magistrat.

Source: AURDIP




Omar Barghouti, cofondateur de BDS : « Nous en perdons certaines, mais nous gagnons la plupart des batailles »

Pour Omar Barghouti, la campagne mondiale pour boycotter Israël est en bonne voie d’atteindre ses objectifs.

Omar Barghouti est un militant palestinien pour les droits de l’homme, auteur, et cofondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), la campagne mondiale pour le boycott d’Israël (Kevin van den pour Intal/Flickr)

Zahra Hankir – Middle East Eye – 29 novembre 2017

 

La semaine dernière, la Knesset d’Israël a adopté un vote préliminaire sur un projet de loi qui autorisera les Israéliens à intenter un procès à toute personne et tout groupe appelant au boycott des colonies de peuplement du pays. Avec cette loi, le demandeur n’a aucun besoin de prouver l’existence de dommages précis, et l’indemnisation pourra monter jusqu’à 500 000 shekels (plus de 120 000 €).

D’après la presse, Yoav Kish, le membre de la Knesset qui a soumis le projet, a déclaré qu’Omar Barghouti, militant palestinien pour les droits de l’homme, auteur, et cofondateur du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), qui est un résident permanent d’Israël, pourrait être poursuivi en vertu de la nouvelle loi.

Barghouti cependant voit cela comme un signe que la campagne mondiale pour le boycott d’Israël a gagné une telle popularité que ses adversaires doivent recourir à des « mesures désespérées » pour enrayer sa progression.

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Des manifestants pro-palestiniens portent des pancartes annonçant la marche BDS contre l’aide américaine à Israël, le 22 août 2016, Beverly Hills, CA (AFP)

« En raison de l’échec d’Israël à arrêter la croissance impressionnante du mouvement BDS et sa conquête des cœurs et des esprits dans le monde entier, Israël et ses groupes de pression ont recours aux mesures répressives, désespérées et peut-être illégales d’une guerre juridique qui vise à étouffer le mouvement », déclare Barghouti, 53 ans, à Middle East Eye.

Le projet de loi proposé est la plus récente de toute une série de motions en Israël, aux États-Unis et ailleurs dans le monde, qui visent à réduire l’impact du mouvement BDS.

Le BDS, qui se définit comme un mouvement qui « œuvre pour mettre fin au soutien international à l’oppression d’Israël contre les Palestiniens, et pour faire pression sur Israël pour qu’il se conforme au droit international », se trouve de plus en plus sous les feux des projecteurs alors qu’il fait face à un examen par des détracteurs qui vont de législateurs nord-américains à des militants étudiants en Autriche.

Cet examen, dit Barghouti, est une conséquence des nombreux succès du BDS, et il n’a pas entamé son optimisme. En fait, la campagne est en bonne voie d’atteindre ses objectifs, affirme le fondateur du BDS.

Controverses sur les campus

Alors que Barghouti était au Royaume-Uni plus tôt ce mois-ci pour prendre la parole à la London School of Economics – LSE (l’École d’économie et de sciences politiques de Londres) et à l’Université de Cambridge, des militants étudiants ont accusé ces deux universités de censurer les évènements qui mettent en vedette le fondateur du BDS.

Selon ces étudiants, l’Université de Cambridge aurait menacé d’interdire l’évènement à moins que les organisateurs ne retirent sa présidence à l’universitaire palestinienne Ruba Salih, se déclarant préoccupée quant à sa neutralité. Salih, qui enseigne à l’École des études orientales et africaines (SOAS), a par la suite été remplacée par Paul Mylrea, le directeur des communications de l’Université.

Lors d’un autre évènement sur le mouvement BDS, la LSE a demandé aux universitaires qui animaient la rencontre de remplacer la présidente qui était prévue, Ayca Cubukcu, une universitaire turque spécialisée dans le Moyen-Orient, par un universitaire « indépendant » nommé.

Cubukcu a ainsi été remplacée par Eric Neumayer, professeur au département de géographie de la LSE.

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« Les défenseurs des droits de l’homme ont seulement la ‘haine’ de l’injustice, de l’oppression, de l’apartheid, et des autres formes de déni des droits » (Kevin van den pour Intal/Fllickr)

 

Barghouti n’est pas préoccupé par ces revers et les autres. Au contraire, ils semblent avoir renforcé sa détermination. « Nous rejetons la sélectivité négative » dit-il, en notant que des dizaines d’associations d’étudiants sur les campus au Royaume-Uni, au Canada, aux États-Unis et ailleurs, ont mis en œuvre avec succès des mesures BDS.

De multiples syndicats d’étudiants au Royaume-Uni – dont le Syndicat national des étudiants, organisation de tutelle – ont effectivement soutenu les motions liées au BDS. Le syndicat des étudiants de la SOAS de Londres a été l’un des premiers du pays à approuver le BDS. Des syndicats d’étudiants au King’s College de Londres, à l’Université de Manchester, à l’University College de Londres, et à l’Université de Liverpool, ont adopté des résolutions similaires, entre autres.

Comme les syndicats d’étudiants sont agréés en tant qu’organisations caritatives au Royaume-Uni, ils ont l’obligation légale de soutenir les opinions de leurs membres.

Certaines universités ont pris du recul par rapport aux motions BDS en disant que les syndicats d’étudiants sont des entités distinctes des écoles elles-mêmes. La Commission sur les organisations caritatives serait en train d’enquêter pour savoir si les syndicats d’étudiants enfreignent la loi en soutenant le BDS.

Aux États-Unis, les conseils d’étudiants à l’UCLA, à Stanford et à l’université de Californie de Berkeley, ont adopté diverses résolutions de désinvestissement contre des entreprises affiliées à l’occupation militaire et aux colonies de peuplement israéliennes.

D’un autre côté, rien qu’au cours des trois dernières semaines, des dirigeants étudiants de l’Université du Maryland et de l’Université d’Ottawa au Canada, ont rejeté des motions de soutien aux boycotts d’Israël. Ces militants affirment qu’adopter le BDS « nuirait aux juifs et aux Israéliens » et créerait un précédent négatif pour les groupes faisant l’objet de discrimination aux États-Unis et au Canada.

Diverses formes de législation anti-BDS ont également été débattues ou promulguées aux États-Unis. Par exemple, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a fait adopter en mai un projet de loi qui interdit aux organismes d’État de faire travailler les entreprises qui boycottent Israël.

En octobre, l’Union américaine pour les libertés civiles a intenté un procès, au niveau fédéral, contre l’État du Kansas, faisant valoir qu’une loi anti-BDS violait le au premier amendement.

 

La Déclaration de Balfour

La venue de Barghouti au Royaume-Uni plus tôt ce mois-ci coïncidait avec le 100è anniversaire de la Déclaration de Balfour, cet accord qui a facilité la création de l’État d’Israël et qui a déclenché l’exode palestinien.

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Un Palestinien tient une banderole avec, écrit en anglais, « Boycott, le désinvestissement et les sanctions » lors d’une manifestation en juin 2013 près de la colonie juive de Bat Ayin, à l’ouest d’Hébron en Cisjordanie (AFP).

 

Le Royaume-Uni est resté drastiquement en deçà de ce qu’il doit aux Palestiniens.

« Le peuple palestinien tient à ce que le Royaume-Uni expie pour son rôle dans la destruction sioniste de la Palestine, le nettoyage ethnique des Palestiniens autochtones », dit Barghouti. « Au-delà des excuses, le Royaume-Uni doit mettre fin à sa complicité profonde dans les crimes et les violations des droits de l’homme commis par Israël contre le peuple palestinien ».

« À tout le moins, il doit mettre un terme à son commerce d’armes et à ses recherches militaires avec Israël, interdire l’importation des produits des entreprises israéliennes et internationales impliquées dans l’occupation militaire et l’apartheid israéliens, et mettre fin à la complicité des entreprises et institutions britanniques dans ces violations ».

Le Département pour les communautés au Royaume-Uni et le Gouvernement local ont tenté d’interdire les boycotts « inappropriés » par les conseils et les mairies, afin de les empêcher « d’imposer des restrictions aux entreprises et aux pays qu’ils utilisent – particulièrement en introduisant des boycotts sur les produits d’Israël ». Un porte-parole du Parti travailliste, le dirigeant Jeremy Corbyn, a qualifié l’an dernier cette initiative d’attaque contre la démocratie locale. En juin, la Haute Cour du Royaume-Uni jugeait que les tentatives de restreindre les boycotts « éthiques » d’Israël étaient illégales.

Mais le 2 novembre, Theresa May dînait avec le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, avec une foule de dignitaires, pour célébrer l’anniversaire de la Déclaration de Balfour, déclarant que la Grande-Bretagne est « fière » de son « rôle de pionnier dans la création de l’État d’Israël ».

 

« En progression »

« Le BDS, comme tous les mouvements des droits de l’homme et sociaux, ne progresse pas de façon linéaire » dit Barghouti. « Nous en perdons certaines, mais nous gagnons la plupart des batailles, donc la direction générale est en progression ».

Parmi les plus récentes victoires de BDS figurent la décision des fonds de pension danois Sampension de mettre sur liste noire quatre entreprises israéliennes qui offrent une variété de services dans les colonies de peuplement, notamment des opérations bancaires, des constructions et télécommunications, et, autre victoire, la plus importante organisation agricole de l’Inde qui s’est jointe au mouvement.

Le réalisateur britannique Ken Loach a fait don du produit des projections israéliennes de son film primé, I Daniel Blake, aux organisations populaires palestiniennes.

Parmi les pays où des responsables politiques ont exprimé leur soutien au BDS, mouvement fondé en tant que collectif en 2005 et qui s’inspire de la lutte de l’Afrique du Sud contre l’apartheid, se trouvent le Chili, la Bolivie, le Venezuela et l’Afrique du Sud, entre autres.

« Cette impressionnante croissance du BDS au niveau mondial explique pourquoi Israël a créé tout un ministère qui se consacre à la lutte contre le mouvement, et pourquoi il attribue des ressources financières et humaines massives à cette guerre », indique Barghouti.

 

« Des batailles remarquables »

Israël a effectivement intensifié ses efforts contre le BDS. Le 14 novembre, le ministre des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, déclarait que l’État est en train de passer de la « défensive à l’offensive » contre la campagne BDS, commentant la décision d’Israël de refuser l’entrée à sept membres d’une délégation de responsables européens qui soutiennent la campagne.

Cette évolution a été ancrée dans une loi promulguée cette année et qui impose, pour les militants du boycott anti-Israël, une interdiction d’entrer en Israël.

En octobre, le directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient à Amnesty International/États-Unis s’est vu interdire l’entrée en Cisjordanie occupée via la Jordanie alors qu’il venait visiter les membres de sa famille, après le décès de son père.

Amnesty a critiqué une loi adoptée par la Knesset en 2011 qui érige en infraction tout appel à un boycott contre Israël ou ses colonies de peuplement, en soutenant que la législation « aurait un effet effrayant sur la liberté d’expression en Israël ».

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Une soixantaine de personnes manifestent devant l’endroit où la vétéran de la résistance palestinienne, et deux fois pirate de l’air, Leila Khaled, sera présente à une initiative BDS, le 13 février 2015, au Cap.  (AFP)

 

De son côté, Erdan déclarait en 2015 que la campagne BDS est basée sur « une duperie et une déformation de la réalité. Elle espère qu’en empilant mensonge sur mensonge dans la salle du conseil, sur les campus des collèges, et à l’assemblée des Églises, elle arrivera à obscurcir la vérité. C’est immoral, et c’est anti-paix ».

En 2016, Netanyahu déclarait lors d’un sommet des Nations-Unies que « le BDS n’a rien à voir avec les droits de l’homme, rien à voir avec la justice ».

Et d’ajouter que : « La raison pour laquelle nous devons combattre le BDS, c’est parce que c’est faux ; c’est un scandale moral ».

Quant aux militants anti-BDS qui ont mené la campagne en faveur de certaines de ces mesures législatives, ils affirment souvent que le BDS nourrit « la haine ».

À ces critiques, Barghouti répond : « BDS est ancré dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’est un mouvement inclusif qui adopte une solide plate-forme antiraciste, et qui promeut la liberté, la justice, et l’égalité ».

« Les défenseurs des droits de l’homme ont seulement la ‘haine’ de l’injustice, de l’oppression, de l’apartheid, et des autres formes de déni des droits » ajoute-t-il.

 

Intersectionnalité

Selon Barghouti, le BDS est, fondamentalement, une campagne intersectionnelle qui « reconnecte la lutte palestinienne pour la liberté aux luttes internationales pour la justice raciale, autochtone, économique, sexuelle, sociale et climatique ».

« L’intersectionnalité de la lutte palestinienne pour la justice avec les autres luttes pour la justice dans le monde, à la lumière de la xénophobie, de l’extrême droite raciste à l’ère de Donald Trump, Marine Le Pen, Netanyahu et d’autres », est particulièrement pertinente et opportune, dit Barghouti.

Les partisans du BDS sont en effet très divers. La campagne compte des fonds de pension, des Églises, des syndicats, des associations académiques, des mouvements sociaux et des groupes LGBTQ parmi ses partisans ou adhérents. En 2016, le mouvement Black Lives Matter (Les vies des Noirs comptent) a approuvé le BDS sur sa plate-forme politique, critiquant les États-Unis pour leur fourniture d’aides militaires à Israël.

Les partisans et les membres BDS de la Campagne US pour les droits des Palestiniens ont, en retour, exprimé leur solidarité avec les luttes pour les droits civiques aux États-Unis.

Ces deux communautés se sont réunies pour réaliser une vidéo parlée, When I See Them I See Us (Quand je les vois, je nous vois), qui met en vedette Angela Davis, Lauryn Hill et différents artistes noirs et palestiniens, et elle a été diffusée.

D’éminentes personnalités publiques, dont les écrivains Arundhati Roy, Junot Diaz et Naomi Klein, la philosophe Judith Butler et le lauréat du prix Nobel Desmond Tutu, ont investi tout le poids de leur célébrité et de leurs prouesses intellectuelles dans la campagne.

Aux deux extrémités opposées du débat sur le boycott culturel se trouvent Radiohead et Roger Waters de Pink Floyd. Quand le groupe Radiohead s’est produit à Tel Aviv en juillet, rejetant les appels de BDS au boycott de l’État, il a été accueilli par un examen attentif des partisans de la campagne, et par un enthousiasme en Israël.

Selon le magazine Variety, un journal israélien a encouragé les habitués du concert à brandir les drapeaux israéliens lors du spectacle de soutien à l’État.

L’animateur de Radiohead soutenait à l’époque que « jouer dans un pays ne veut pas dire soutenir son gouvernement ».

Pendant ce temps, Waters a constamment maintenu son soutien au BDS malgré les critiques de certains de ses pairs, disant : « C’est la seule chose que j’ai vue qui n’a eu absolument aucun effet ».

Un boycott culturel et académique, en plus d’un boycott économique, est nécessaire, affirme Barghouti, parce ce qu’il souligne « le rôle pernicieux que jouent les institutions académiques d’Israël et, dans une moindre mesure, ses institutions culturelles, dans la planification, la mise en œuvre, la justification ou le blanchiment de ses crimes flagrants commis contre le peuple palestinien ».

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Zahra Hankir est une journaliste libanaise indépendante, basée à Londres, spécialisée dans le Moyen-Orient. Elle édite actuellement un livre d’essais par des journalistes femmes arabes, qui devrait être publié par Penguin Books en 2019.

 

http://www.middleeasteye.net/in-depth/features/facing-opposition-bds-founder-says-anti-israel-boycott-undeterred-415787540

Traduction : JPP pour BDS 34

 




Les athlètes palestiniens disent… Boycottez Puma! Pas de jeu loyal en terre palestinienne volée

31 octobre 2018
par Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)

Joignez les actions sur les réseaux sociaux et organisez une campagne #BoycottPuma pour inciter le fabricant global de sportswear à mettre fin à son soutien des colonies illégales d’Israël qui chassent les familles palestiniennes hors de leurs terres.

La pression monte sur Puma pour que la marque mette fin à son sponsoring de l’Association israélienne de Football (IFA). L’IFA inclut des clubs des colonies israéliennes illégales construites sur des terres palestiniennes volées. Plus de 200 clubs sportifs palestiniens ont envoyé une lettre exhortant Puma à mettre fin à son contrat de sponsoring.

Rien que la semaine dernière, plus de 1000 tweets ont exhorté Puma à faire de la fin de son soutien aux appropriations illégales de terres par Israël une priorité dans la campagne #REFORM pour la justice sociale que la marque a récemment lancée.

Nous savons que les dirigeants de Puma nous écoutent. Augmentons la pression pour convaincre Puma de faire le saut pour les droits palestiniens.

Aujourd’hui, avec les athlètes palestiniens, nous lançons un boycott de Puma jusqu’à ce que la marque mette fin à sa complicité dans le blanchiment par le sport des crimes de guerre et des violations des droits humains par Israël.

Joignez les actions sur les médias sociaux et commencez à organiser une campagne #BoycottPuma dans votre région !

Pourquoi boycotter Puma?

Puma sponsorise l’Association israélienne de football (IFA), qui encourage les clubs de football basés dans les colonies israéliennes illégales à participer à ses championnats et à ses compétitions.

L’occupation militaire israélienne expulse des familles palestiniennes, y compris les enfants, de leurs foyers, pour laisser la place à ces colonies. Les colonies israéliennes sont considérées comme des crimes de guerre selon le droit international.

En juillet dernier, il a été annoncé qu’Adidas ne sponsorisait plus l’IFA après une campagne internationale et la remise de 16 000 signatures au siège d’Adidas.

Nous pouvons le faire encore une fois.

Joignez les actions sur les réseaux sociaux #BoycottPuma et diffusez l’appel au boycott !

Les athlètes et les clubs sportifs palestiniens ont déjà démarré la campagne #BoycottPuma !

Suivez leur inspiration !

  1. Imprimez un panneau Boycott Puma, voir ci-dessous.

  2. Prenez une photo de vous ou de votre groupe tenant ce panneau.

  3. Postez la photo sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #BoycottPuma.

Organisez une campagne Boycott Puma dans votre région

Il y a de nombreuses façons de s’impliquer dans une campagne Boycott Puma. Vous pouvez organiser un boycott de l’équipement sportif Puma par les consommateurs, promouvoir le désinvestissement de la compagnie (pour que les fonds d’investissement et de pension socialement responsables vendent leurs actions Puma), et faire campagne pour mettre fin aux contrats de sponsoring avec la compagnie. Contactez-nous pour plus d’information sur la manière de commencer une campagne Boycott Puma.

Joignez l’appel palestinien à boycotter Puma ! Ensemble, nous pouvons faire en sorte que Puma
 fasse le saut en faveur des droits palestiniens.

Pancarte disponible :

Source: PACBI

Traduction: C.G pour BDS France




Témoignage: « Chantons pour eux, pas contre eux » – Dominique Grange

Ce texte est le témoignage de Dominique Grange, chanteuse engagée signataire de l’appel des 80 artistes contre la Saison France-Israël, lors d’un débat au stand de BDS France au cours de la dernière Fête de l’Humanité, en septembre 2018.

Un grand merci, tout d’abord, aux camarades de BDS qui m’ont invitée. Je suis touchée et fière d’avoir ici, aujourd’hui, l’opportunité de pouvoir publiquement réaffirmer mon soutien au peuple palestinien et mon adhésion profonde et entière à toute forme de Boycott impulsé par la Campagne BDS, notamment ce boycott culturel qu’exercent de nombreux artistes dans de nombreux pays, à l’égard d’un régime qui bafoue quotidiennement les principes fondamentaux du Droit International et de la Justice, violant les droits humains d’un peuple qu’il a spolié de ses biens et de ses terres et pratiquant le terrorisme d’État contre qui ose lui résister.

Pour moi, cette prise de conscience a pris racine il y a déjà longtemps. Je sais où et comment ça a commencé : je suis de cette génération née pendant, ou juste après la seconde guerre mondiale, une génération dont les familles ont vécu l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, ou en ont été chassées pour être expédiées vers les camps de la mort. Et en grandissant, j’ai entendu, puis lu les témoignages de ce qu’elles ont subi tout au long de ces cinq années sous la botte ennemie, quand seuls régnaient, l’arbitraire et la terreur -avec le soutien d’un gouvernement collaborationniste- et que la résistance populaire, à mesure qu’elle s’organisait, était l’objet de représailles sanglantes. Notre génération a grandi avec cette menace et la hantise que tout cela puisse recommencer…

D’autres guerres ont ensuite éclaté, mais elles étaient différentes : des guerres de Libération nationale, cette fois. J’étais encore petite au moment de la guerre d’Indochine, puis adolescente pendant la guerre d’Algérie, que le gouvernement français nomma tout d’abord « les évènements » d’Algérie ! Peu à peu, des mots nouveaux sont entrés dans ma tête via les nouvelles qui nous parvenaient sur l’unique chaîne d’une petite télé en noir et blanc que mon père avait achetée pour suivre les « Actualités »: impérialisme, colonisation, pacification, nettoyage, racisme, torture…mais aussi Front de Libération Nationale, Lutte armée, Guerre populaire, Résistance à l’occupant, Moudjahids… Alors, à partir de la Guerre d’Algérie, bien qu’encore très jeune, j’ai choisi mon camp.

En mai 68, le rejet de l’oppression et de toute forme d’autoritarisme a trouvé un terreau idéal au sein de notre génération dont les vingt ou trente premières années de vie venaient d’être si profondément marquées par les guerres. Nous étions prêts car notre conscience révolutionnaire s’était forgée dans les échos de luttes dans lesquelles nous nous reconnaissions: luttes anticolonialistes et anti-impérialistes, pour l’émancipation et l’autonomie des peuples.

En février 1969, sont nés les premiers Comités Palestine, à l’initiative de la Gauche prolétarienne et d’ouvriers maghrébins proches, pour « soutenir la lutte révolutionnaire du peuple palestinien contre le sionisme et contre l’impérialisme -avec à sa tête l’impérialisme américain-, et appuyer activement le mouvement de Libération Nationale de la Palestine ». La cause du peuple palestinien est alors devenue celle de nombreux jeunes comme moi, que le mouvement révolutionnaire de mai 68 avait mis en mouvement et qui ne s’avouaient pas vaincus par l’apparent « retour à la normale », ni par la répression policière dont ils avaient parfois été l’objet, pour la première fois de leur vie. Le massacre dit « de Septembre noir » (en 1970) par l’armée du roi Hussein de Jordanie dans les camps de réfugiés palestiniens fit près de 3.500 victimes et environ 11.000 blessés. Ce crime de masse contre le peuple palestinien a mobilisé très largement les travailleurs arabes en France et également toute une partie de la jeunesse, lycéens, étudiants, intellectuels, artistes, y compris dans des actions de rue violemment réprimées, au quartier latin, à l’Ambassade de Jordanie… Depuis lors, beaucoup d’entre nous avons soutenu sans réserve la résistance du peuple palestinien. Aussi, au jour d’aujourd’hui, cinquante après, le boycott culturel d’Israël est pour moi non seulement une évidence mais un devoir. Les artistes portent une responsabilité énorme lorsqu’ils acceptent d’aller pratiquer leur art en public, à l’invitation de ce gouvernement israélien scélérat et de son armée terroriste qui, depuis 70 ans, inflige à tout un peuple, dans la plus totale impunité et le silence des nations, humiliations, spoliations, violences, actes de torture, incarcérations et détentions administratives sans fin (comme pour Salah Hamouri), punitions collectives, expulsions, destructions de maisons, violations des libertés les plus essentielles, assassinats…!

La saison croisée France-Israël ne peut pas nous laisser sans réaction face à une aussi grossière entreprise de blanchiment de crimes. Que les Francofollies, entre autre, – le Festival fondé par Jean-Louis Foulquier en 1985 pour donner une nouvelle tribune à la jeune et bonne chanson française engagée – puissent être ainsi « exportées » vers Israël sans la moindre protestation de ceux qui ont contribué à lui donner son essor – Renaud, Lavilliers… entre autres ! –, est parfaitement insupportable. Nombre d’artistes revendiquent un certain apolitisme, une neutralité de bon ton qui leur évite de s’interroger sur le contexte dans lequel ils vont exercer leur art et de comprendre qui ils servent en acceptant de le faire dans un Etat ultras-sécuritaire où, contrairement à ce qu’on leur fait miroiter, « il ne fait pas bon vivre » pour tout le monde ! Cette soi-disant « neutralité » ne peut que réjouir ceux qui oppriment les Palestiniens. Aussi, les artistes ont-ils un rôle essentiel à jouer : nous n’avons pas le droit de rester neutres ! Mais sans doute un grand nombre ne l’a-t-il pas encore compris … L’appel au boycott par des organisations de la société civile palestinienne est pourtant une forme de résistance simple qui nous est proposée pour en finir avec une « collaboration »  culturelle qui ne peut trouver d’excuses tant que le gouvernement israélien poursuivra impunément sa politique de colonisation et d’apartheid.

En 2010, je suis allée chanter à Ramallah, en Cisjordanie occupée et par la suite, j’ai écrit une chanson, « Détruisons le Mur ! », pour témoigner de la douleur, de l’enfermement, de l’interdiction du droit au retour pour les exilés, et de toutes les injustices que subissent chaque jour les Palestiniens soumis à l’apartheid israélien. Parce qu’elle témoigne de la réalité, cette chanson est mon boycott à moi pour contribuer à désamorcer toute tentative de blanchiment de crimes de la part d’Israël…Je regrette seulement que le silence de nombre de mes « collègues » chanteur(se)s concernant l’occupation israélienne reste assourdissant. Pourquoi ne se sont-ils/elles pas élevé(e)s massivement contre les bombardements qui ont dévasté Gaza en 2008, puis en 2014 ? Pourquoi ne les entend-on pas aujourd’hui, protester contre les tireurs d’élite israéliens qui, chaque vendredi depuis le 30 mars 2018, lors de la Grande Marche du Retour, assassinent des enfants palestiniens, des membres des équipes de secours, des journalistes, des photographes, en blessant et en mutilant des milliers d’autres ? Je le répète, nous les chanteur(se)s, avons une responsabilité particulière parce que nous sommes « visibles » et « audibles » ! Nous paraissons en public, nous avons des micros pour porter la voix des plus faibles, de ceux qui n’ont pas la parole et résistent jour après jour, souvent au prix de leur liberté, voire de leurs vies. Aussi, j’espère que cet appel à la solidarité sera entendu et que nous serons nombreux à poursuivre le boycott de la Saison croisée France-Israël, les Francofollies, l’Eurovision, et toute manifestation culturelle organisée par Israël dans le but de masquer sa politique criminelle, raciste et génocidaire à l’égard du Peuple palestinien.

Et puisque nous, chanteurs/chanteuses, avons le pouvoir de briser le silence, refusons de nous rendre complices de ces crimes et soutenons la résistance héroïque des Palestiniens contre la colonisation et l’occupation militaire:

CHANTONS POUR EUX, PAS CONTRE EUX !

Dominique Grange, le 15 septembre 2018

(Chanteuse engagée à perpétuité)




Le récipiendaire du prix Nobel soutient le mouvement BDS pour les droits palestiniens et la fin de l’aide militaire à Israël

5 octobre 2018

Un prix Nobel a été décerné à George P. Smith, scientifique renommé et défenseur de longue date des droits palestiniens, qui soutient le mouvement BDS et a appelé à la fin de l’aide militaire américaine à Israël. Le mouvement BDS félicite le professeur Smith.

Un prix Nobel a été décerné à George P. Smith, scientifique renommé et défenseur de longue date des droits palestiniens, qui soutient le mouvement BDS et a appelé à la fin de l’aide militaire américaine à Israël. Le mouvement BDS félicite le professeur Smith.

Dr. Samia Botmeh, doyenne de l’université Birzeit en Cisjordanie palestinienne occupée et militante importante dans la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturelle d’Israël (PACBI), a déclaré :

« Félicitations au professeur George P. Smith pour avoir obtenu le prix Nobel de chimie 2018. Ses engagements de principe sont évidents autant dans son travail scientifique pour protéger la vie humaine que dans son soutien au mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour les droits palestiniens.

Le professeur Smith s’est constamment exprimé contre les violations flagrantes par Israël des droits humains palestiniens et a fait la démarche extrêmement importante d’appeler son gouvernement, aux Etats-Unis, à mettre fin aux ventes d’armes à l’armée israélienne. Son appel à mettre un terme à l’aide militaire à Israël n’est pas seulement profondément éthique, c’est aussi une forme critique et efficace de solidarité que nous espérons voir se multiplier. Le gouvernement américain devrait investir dans les besoins humains, comme la santé, l’éducation et un travail décent, plutôt que de donner à Israël 3, 8 milliards de dollars par an d’aide militaire pour réprimer et détruire la vie palestinienne.

Merci, Professeur Smith, pour votre inspirante solidarité. »

Le comité national palestinien BDS (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Il conduit et soutient le mouvement global de Boycott, désinvestissement et sanctions pour les droits palestiniens.

Source: BDS Movement

Traduction: C.G pour BDS France




Salon de l’automobile de Paris: Mondial.Tech, au service de l’apartheid israélien

La Campagne BDS France dénonce la mise à l’honneur d’Israël à Mondial.Tech, événement dédié aux professionnels de l’innovation dans l’industrie automobile, qui a lieu du 2 au 6 octobre au Salon de l’automobile de Paris.

Dans le cadre de l’initiative Innotech 2018, sous l’égide du département des affaires commerciales de l’ambassade d’Israël en France, et de l’Autorité israélienne d’innovation (organe du gouvernement israélien chargé de promouvoir le développement de la RD industrielle) en partenariat avec l’organisme de financement français BPI France, une délégation de plus de 60 start-ups israéliennes, entend ainsi présenter le « meilleur de l’innovation automobile israélienne » et son « savoir-faire » en matière de cybersécurité, de transport intelligent et de voitures connectées et autonomes, aux grands acteurs et investisseurs du domaine de la Mobilité.

L’État d’Israël est ainsi mis en avant et se vend comme étant la « Start up Nation », un pays attractif, à la pointe de l’innovation technologique, capable d’assurer notre sécurité, et d’améliorer nos vies.

Mais en réalité, la véritable identité de marque d’Israël est la colonisation, l’occupation et l’apartheid :

  • Israël dépossède le peuple palestinien de sa terre depuis 70 ans

  • Il impose au peuple palestinien une politique d’apartheid, comme le rappelle l’O.N.U (Rapport Tilley-Falk du 15 mars 2017)

  • Il bafoue systématiquement les résolutions de l’O.N.U contre l’occupation, le blocus de Gaza, le Mur, la colonisation, le droit au retour des réfugiés

  • Détient des milliers de prisonniers, hommes, femmes et enfants palestiniens, dont plus de 450 en « détention administrative », c’est-à-dire sans charges ni jugements

  • Il tue des civils palestiniens en toute impunité.

Le dernier exemple en date, est le carnage de ces derniers mois contre les Palestinien.ne.s de Gaza qui manifestent pacifiquement contre le blocus qui leur est imposé depuis 11 ans et pour leur droit au retour. Depuis fin mars, 180 personnes ont été abattues de façon délibérée par les snipers de l’armée israélienne, dont des enfants, des journalistes, des aides médicaux et plus de 18 000 ont été blessées dont certaines très grièvement.

Voilà ce qu’est le vrai visage de l’État d’Israël : un État d’apartheid, raciste et colonial qui pratique le nettoyage ethnique, réprime, emprisonne et assassine des civils résistant pour leurs droits fondamentaux en tant que peuple.

Nous dénonçons également le rôle du gouvernement français. Par l’initiative Innovatech menée par BPI France, destinée à favoriser la coopération entre la France et Israël et à encourager les investissements français, la France fait toujours le choix de soutenir le régime israélien d’apartheid, de contribuer à «blanchir» l’image d’Israël et de se faire complice de ses crimes.

Nous notons aussi la participation de la société d’assurances AXA en tant que sponsor de cet événement aux cotés, entre autres, de la banque israélienne Hapoalim. Ceci n’est pas anodin. Le groupe AXA est en effet actionnaire de cette banque israélienne connue pour être un acteur majeur du financement de la colonisation illégale en Cisjordanie occupée.

Non seulement AXA confirme son refus de désinvestir de firmes israéliennes impliquées dans des crimes de guerre contre les Palestinien.ne.s mais renforce ici sa collaboration avec l’apartheid israélien.

Il n’est plus possible qu’Israël soit ainsi mis à l’honneur et puisse faire du business en toute impunité, avec le soutien de sociétés et du gouvernement français. La Campagne BDS France refuse la normalisation des relations avec un tel régime et appelle à son boycott et à des sanctions jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.




Hommage à notre camarade et amie Gisèle Felhendler

Hommage à notre camarade et amie Gisèle Felhendler

Gisèle, notre camarade, notre amie, nous a quittés hier lundi 17 septembre 2018.

Nous avions rencontré Gisèle en tant que coordinatrice de la semaine anticoloniale pour la première fois en 2013. Elle souhaitait que la résistance du peuple palestinien et que la Campagne BDS soient dignement représentées durant cette grande initiative annuelle de solidarité avec les peuples en lutte, dans le programme des rencontres-débats, mais aussi au salon anticolonial et aux manifestations. Nous co-organisions chaque année en collaboration avec elle la soirée consacrée à BDS.

Grace à elle, « Sortir du Colonialisme », l’association qu’elle coanimait, a rejoint la Campagne peu de temps après.

Gisèle, c’était aussi notre camarade douée pour l’écriture qui se proposait spontanément et généreusement quand il fallait initier des lettres ouvertes au nom de la Campagne BDS France, comme celle en réponse à Juliette Gréco, ou pour dénoncer l’assimilation de l’antisionisme à de l’antisémitisme comme dans cette tribune.

Animatrice d’une émission sur Radio Libertaire puis FFP, elle ne manquait jamais l’occasion de promouvoir l’actualité de BDS à travers les ondes.

Gisèle était puissante, inspirante, exceptionnelle. Son humour, sa bienveillance, son dévouement, sa droiture et son intelligence nous manqueront terriblement.

Elle sera toujours dans la mémoire de celles et ceux qui ont eu la chance de militer avec elle.

Nous présentons nos condoléances à tous ses proches.

La Campagne BDS France Paris, comme d’autres groupes, lui rend ici hommage.

Gisèle avec des militantes de la Campagne BDS France – Paris




Oslo a 25 ans, la preuve que le BDS est essentiel pour un avenir libre et juste

13 septembre 2018 – Comité national palestinien de boycott, désinvestissement et sanctions (BNC)

 

Alors que les Accords d’Oslo arrivent à leur 25e année, nous voyons bien que le « processus de paix » a servi de couverture à Israël pour voler plus de terres palestiniennes, expulser plus de Palestiniens de leurs maisons et commettre des crimes de guerre contre les Palestiniens sans qu’il ait à rendre des comptes. Il est plus important que jamais de redoubler d’efforts pour isoler l’apartheid israélien et créer un avenir où nous serons tous libres.

Aujourd’hui, 13 septembre 2018, est le 25e anniversaire de la signature des Accords d’Oslo et depuis, la vie des Palestiniens n’a fait qu’empirer. Le « processus de paix » d’Oslo a servi de couverture à Israël pour voler plus de terres palestiniennes, expulser plus de Palestiniens de leurs maisons et commettre des crimes de guerre contre les Palestiniens sans qu’il ait à rendre des comptes. Israël a adopté une législation qui officialise son système d’apartheid, utilisant la loi pour discriminer systématiquement les Palestiniens originaires du pays et nous priver de nos droits inhérents.

Nous exigeons les droits globaux de notre peuple, que les Accords d’Oslo ont sapés, et plus particulièrement le droit de nos réfugiés à retourner dans leurs maisons d’origine, nous continuons donc de renforcer notre lutte populaire pour la liberté, la justice et l’égalité.

Nous continuons également à construire un mouvement BDS dans le monde entier comme la stratégie de solidarité la plus efficace pour couper les liens de complicité avec le régime d’oppression israélien. Après 25 ans d’ancrage de l’apartheid israélien par Oslo, il est grand temps que la justice soit rendue et que les responsables rendent des comptes.

Alors que l’Administration Trump se range sans aucune retenue aux côtés d’Israël et que l’Union européenne poursuit sa complicité, ne s’en tenant qu’à des déclarations, il est plus important que jamais pour les personnes de conscience du monde entier de soutenir notre mouvement pacifique, antiraciste.

Une solidarité efficace avec notre lutte aujourd’hui implique d’approuver un embargo militaire contre le régime d’apartheid d’Israël, de s’engager dans des initiatives pour le boycott académique et culturel de ses institutions complices, de faire campagne pour se désinvestir des entreprises qui se rendent complices de ses crimes, ou pour faire pression sur son régime d’extrême droite.

Comme dans la lutte pour la liberté en Afrique du Sud, la justice peut prévaloir en Palestine, avec le soutien des mouvements qui se battent dans le monde entier pour la justice.

Multiplions par deux nos efforts pour isoler l’apartheid israélien et nous créer un avenir où nous serons tous libres.

 

Le Comité national palestinien du BDS (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Elle dirige et soutient le mouvement mondial de boycott, désinvestissement et sanctions pour les droits des Palestiniens.

 

Source: BDS Movement

Traduction : JPP pour BDS FRANCE