Communiqué de la Campagne BDS France suite aux propos de Macron au dîner du CRIF

Le 25 février 2019

 

Parmi les derniers événements en France dans la période actuelle, il y a eu le traditionnel dîner annuel du CRIF.

Dîner marqué par le non moins traditionnel discours du président de la République et aussi par l’inquiétude face à la multiplication récente d’actes antisémites.

Le président Macron ayant mis en cause les amis de la Palestine et le mouvement BDS, il nous appartient de réagir à ce titre, l’objectif du mouvement BDS étant uniquement de pratiquer les Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international.

Réaffirmant que « l’antisionisme est une des formes modernes de l’antisémitisme« , et promettant de mieux lutter contre « ceux qui cachent derrière le rejet d’Israël la négation même de l’existence d’Israël » le président Macron a poursuivi en déclarant : « De la même manière il n’y aura aucune complaisance à l’égard des pratiques de boycott et du BDS plusieurs fois condamnées en France et qui le seront à nouveau ». Ce glissement et cet amalgame sont inacceptables.

 

En réalité la très grande majorité des plaintes contre des militant-e-s du BDS n’ont pas donné lieu à des condamnations : soit elles n’ont pas été instruites, soit elles se sont terminées par des relaxes ou des prescriptions.

Rappelons que la pratique du boycott est une forme fréquente de protestation contre des injustices et qu’elle a été pratiquée par des figures historiques telles Gandhi, Martin Luther King et Nelson Mandela.

Elle relève de la liberté d’expression, ainsi que l’ont déclaré Frederica Mogherini, haute représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, et de nombreux autres personnalités et organismes prestigieux.

Rappelons aussi que les autorités israéliennes usent de moyens particulièrement ignobles pour exclure le peuple palestinien de son pays : colonisation permanente, blocus de Gaza, stricte interdiction du droit au retour des réfugiés, répression criminelle de manifestant-e-s non violent-e-s, chantages à l’antisémitisme, promulgation récente d’une loi fondamentale à valeur constitutionnelle qui institutionnalise un régime d’apartheid à l’encontre de la population autochtone palestinienne …

 

Cela n’est-il pas suffisant pour répondre à l’appel au BDS lancé par le peuple palestinien ?

 

Le BDS serait-il antisémite ?  Nos actions et nos écrits le démentent chaque jour. L’appel au boycott cible strictement l’Etat d’Israël, ses institutions, ses représentants ainsi que les entreprises israéliennes ou non, pour leur complicité dans l’oppression des Palestiniens par Israël. Ancré dans les préceptes du droit international et des droits humains universels, le mouvement BDS rejette par principe le boycott d’individus fondé sur leur identité (comme la citoyenneté, la race, le genre ou la religion).

Rappelons notre charte ainsi que le communiqué du 7 mars 2017 du Comité national palestinien du

BDS.

De plus, de nombreux Juifs ou associations juives attachés à la justice et à la libération des peuples colonisés ont rallié le BDS : ainsi Jewish Voice for Peace (JVP) aux États-Unis, ou l’Union Juive Française pour la Paix en France (UJFP) en France.

Et ménager l’État d’Israël, qui prétend représenter les Juifs du monde entier, ne peut que conduire une partie de l’opinion publique internationale à considérer que cet État est dispensé de respecter le droit international et que les populations juives dans leur grande majorité soutiennent sa politique.

 

Le mouvement BDS est un mouvement international qui progresse et qui continuera à progresser malgré les menaces de gouvernements racistes et xénophobes tels que ceux d’Israël, des États-Unis ou du Brésil et malgré la complicité de gouvernements tels que le nôtre.

Ici même nous poursuivons les mobilisations : contre la tenue de l’Eurovision 2019 à Tel Aviv, contre la société AXA complice de graves violations du droit international par Israël, etc

 

Le président Macron a terminé son discours par cette phrase : Nous n’effacerons pas le mal de notre société, ni par une loi, ni par un discours, ni par un acte ; mais nous devons être, tous ensemble, les combattants de cet Outrenoir, de ces lignes de force, de ce courage inlassable, de cette forme d’humanité et d’intelligence que nous devons donner, même au noir qu’il y a dans notre société, parce qu’il est là ; mais nous tiendrons, et à la fin, nous gagnerons.

 

A cela nous répondons : Nous n’effacerons pas la lutte anti-apartheid de notre société et la critique de la politique israélienne, ni par une loi, ni par un discours, ni par un acte ; mais nous devons être, tous ensemble, les combattants  de cet engagement ; nous tiendrons, et à la fin, nous gagnerons.

La Campagne BDS France




Elbit Systems : profil d’entreprise

par CorporateWatch1 / 06 février 2019

Elbit Systems, basé à Haïfa, est la plus grande entreprise privée d’armement et de « sécurité » d’Israël. Écrit pour soutenir le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, ce profil d’entreprise étudie en détail comment les armes d’Elbit sont utilisées en Palestine et dans le monde, ses actionnaires et ses dirigeants, ainsi que la résistance à ses activités.

Contenu

Expansion récente ; Palestine ; Golan syrien ; Liban, Syrie, Irak et Iran ; extension des « zones de conflit » ; Royaume-Uni ; la frontière États-Unis/Mexique ; Géorgie ; Turquie ; Inde ; Philippines ; Espagne ; Suisse ; Brésil ; Union européenne ; liens avec les universités israéliennes ; vue d’ensemble et finances de l’entreprise ; employés ; filiales ; adresses ; propriétaires ; produits ; fabrication ; transporteurs ; drones ; principaux partenaires d’affaires ; salons de l’armement ; résistance ; appel à l’intensification des actions ; fondements de la technologie des drones

Expansion récente

Elbit croît rapidement. Elle a absorbé des dizaines d’entreprises depuis 2000 et emploie maintenant plus de 12 700 personnes, tout en contrôlant un réseau mondial considérable, de plus de 80 filiales et compagnies associées i.

Elbit fournit jusqu’à 85% de l’équipement terrestre de l’armée israélienne ii et environ 85% de ses drones iii, mais c’est aussi une entreprise d’envergure internationale – 80% de son marché se trouve hors d’Israël iv. La compagnie a des contrats militaires avec des gouvernements aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Europe, en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Elle fabrique la plupart de ses équipements en Israël, aux États-Unis, en Europe et au Brésil.

Elbit a été active dans l’acquisition d’entreprises concurrentes depuis huit ans, achetant les compagnies d’armement israéliennes NICE Systems, Tadiran, Elisra et Soltam Systems v. En août 2018, l’organisme régulateur israélien a approuvé l’achat par Elbit de l’entreprise publique IMI Systems pour 520 millions USD (458 millions €) vii. IMI est le seul fournisseur de munitions de petit calibre de l’armée israélienne. Elle emploie plus de 3 000 ix personnes et a vendu pour 330 millions USD (290 millions €) d’armes à l’armée israélienne en 2016. Elbit a vendu de l’équipement pour une valeur de 610 millions USD (537 millions €) pendant la même année. Le rachat de IMI, qui a maintenant été finalisé, va considérablement augmenter la taille d’Elbit et en faire l’un des plus gros fournisseurs d’armes de l’armée israélienne, avec une part du marché de toutes les armes qu’on estime à 30% x.

Elbit a également ouvert un bureau à Berlin en 2018 xi et acheté la compagnie états-unienne Universal Avionics System, qui a trois sites aux États-Unis et un bureau en Suisse. Le PDG d’Elbit, Bezhalel Machlis, a affirmé que l’entreprise était intéressée à s’étendre encore. Il a déclaré à Reuters : « Nos marchés cible sont les États-Unis, l’Europe, l’Australie… Nous continuons à chercher de nouvelles acquisitions xii ».

La compagnie finance cette expansion globale massive en empruntant plus auprès de banques et sur les marchés financiers, espérant peut-être que l’État israélien la renflouera si les choses tournent mal xiii.

Appel à l’action de la société civile palestinienne

Le Comité national palestinien de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), le comité constitué de représentants de plus de 150 organisations de la société civile qui a publié l’appel de BDS, considère Elbit comme une cible clé et appelle à organiser des manifestations et des campagnes de désinvestissement à l’encontre de la compagnie. La déclaration suivante apparaît sur leur site internet :

« Israël ne parvient à agir avec une telle impunité que parce que des gouvernements et des entreprises du monde entier coopèrent avec son armée et ses entreprises militaires. La société civile palestinienne a appelé à un embargo militaire global et immédiat contre Israël. Les campagnes de BDS commencent à avoir un impact sur les entreprises militaires israéliennes telles qu’Elbit Systems xiv. »

Elbit et les guerres de drones d’Israël

Environ 85% des drones utilisés par l’armée israélienne sont fabriqués par Elbit xv. Les drones armés d’Elbit sont utilisés par l’armée israélienne pour la surveillance au quotidien et les attaques sur Gaza xvi. De fait, Elbit commercialise ses équipements avec l’argument qu’ils ont été testés au combat sur la population de Gaza. Par exemple, le site internet d’Elbit fait la promotion du drone Hermes 450 en vantant le fait qu’il a fait ses preuves en situations effectives de combat et qu’il est « la plateforme principale des forces armées israéliennes pour leurs opérations de contre-terrorisme xvii ».

L’armée israélienne ne reconnaît pas encore ouvertement son utilisation de drones armés pour mener des frappes contre Gaza xviii. Cependant, cette utilisation de drones par Israël pour perpétrer des assassinats est bien documentée par des groupes locaux xix, des ONG et des messages révélés par Wikileaks. Des drones sont également utilisés pour la surveillance, la reconnaissance et la définition des cibles qui seront attaquées par des avions pilotés xx,xxi.

En 2016, The Intercept a révélé que depuis 2008 les agences de renseignement du Royaume-Uni et des États-Unis avaient consulté les enregistrements vidéo des drones israéliens, y compris des drones Hermes d’Elbit. Les enregistrements semblaient montrer que certains drones portaient des missiles xxii. On possède maintenant la preuve solide que tant les drones Hermes 450 que les Hermes 900 ont été déployés et armés par les militaires israéliens xxiii.

L’utilisation de la technologie du drone a changé la nature de la guerre moderne, en permettant à des gouvernements de lancer des attaques sans avoir à envoyer des forces sur le terrain ou à déclarer la guerre. Des drones fournis par Elbit et d’autres entreprises ont ainsi été utilisés par l’armée israélienne pour perpétrer des assassinats au Soudan et en Égypte alors qu’Israël n’était pas officiellement « en guerre » contre ces pays. Ils ont été utilisés pour espionner des personnes en Irak, en Iran et au Liban (voir ci-dessous).

Utilisation de l’équipement d’Elbit à Gaza

Les drones Hermes d’Elbit sont l’un des deux modèles aéronautiques sans pilote qui ont été utilisés pour attaquer la population à Gaza pendant l’opération israélienne Plomb durci de 2009, qui a tué plus de 1 400 Palestiniens. Selon Human Rights Watch (HRW) :

« L’Hermes peut survoler jusqu’à 24 heures d’affilée, à des altitudes allant jusqu’à 18 000 pieds, et il a un arsenal de senseurs optiques, à infra-rouge et laser qui permettent à l’opérateur d’identifier et suivre des cibles, ainsi que de guider des munitions en vol. L’Hermes porte deux missiles Spike-MR (de moyenne portée) xxiv. »

HRW rapporte que le drone Hermes est équipé d’un système de caméras qui permettent au pilote du drone de voir si une personne est armée et s’il s’agit d’un enfant ou d’un adulte. Les missiles du drone sont également équipés de caméras et peuvent être déviés jusqu’à la dernière seconde. Ceci signifie que les pilotes des drones israéliens et leurs commandants auraient dû savoir qu’ils ciblaient des civils et pourraient être coupables de crimes de guerre perpétrés à l’aide de drones Elbit. HRW a également demandé que les enregistrements des caméras pris par les drones Hermes soient divulgués et mis au service d’une enquête pour crimes de guerre. Il est inutile de préciser que cette demande n’a pas été honorée xxv.

Drone Hermes d’Elbit. Photo : Matthieu Sontag, Licence CC-BY-SA

 L’assassinat du commandant du Hamas Ahmed Jabari – qui a marqué le début de l’assaut israélien de 2012 sur Gaza, l’opération Colonne de nuée – a été perpétré par un drone Hermes 450 d’Elbit selon Defence Today xxvi.

Le mini-UAV (« Unmanned Aerial Vehicle », véhicule aérien sans pilote) ou mini-drone 7.5 Skylark d’Elbit, opérationnel au sein de l’armée israélienne depuis 2008, a été largement utilisé en soutien aux actions militaires au sol pendant l’attaque israélienne de 2014 sur Gaza, l’opération Bordure protectrice, qui a tué 2 202 Palestiniens. Les Hermes 450 et 900 ont également été utilisés tout au long de cette attaque.  

À ce moment-là, le PDG d’Elbit confirmait à des médias israéliens que « tous [les produits Elbit] étaient utilisés de manière opérationnelle par l’armée israélienne lors des récents combats et ils ont fait leurs preuves xxviii ».

Pendant l’attaque israélienne de 2014 sur Gaza, quatre jeunes enfants ont été tués après qu’un drone israélien, manœuvré à distance par des soldats depuis la base aérienne de Palmachim en Israël, les ait visés alors qu’ils jouaient sur la plage. Les opérateurs du drone prétendent qu’ils auraient confondus ces quatre cousins palestiniens, tous âgés de 10 ou 11 ans, avec des « militants du Hamas ». Un rapport de police israélien consulté par The Intercept montre que, vers 15h30, les opérateurs d’un drone israélien Hermes 450 ont filmé les garçons. Puis un commandant de l’armée de l’air a ordonné aux opérateurs d’un deuxième drone de tirer, tuant l’un des garçons. Après avoir tiré le premier missile, les opérateurs du deuxième drone ont poursuivi les autres garçons, et auraient demandé par radio s’ils avaient l’ordre d’effectuer un second tir dans une zone civile. Ils n’ont pas reçu d’ordre mais ont tiré néanmoins. Les deux tirs de missile ont tué les quatre garçons et en ont blessé quatre autres. Tous ces enfans étaient de la famille Bakr. La famille a soumis une plainte dans l’espoir d’obtenir justice xxix.

Pendant l’enquête sur le meurtre des garçons Bakr, les opérateurs des drones ont prétendu qu’ils « ne pouvaient pas savoir que c’était des enfants ». Si cela est vrai, cela remet en question la qualité des images filmées par le drone d’Elbit xxx.

L’utilisation de drones Elbit pour commettre des crimes de guerre signifie un plus gros volume d’affaires. Un an après que l’Hermes 900 d’Elbit ait été introduit dans le ciel de Gaza, l’armée israélienne a ordonné un perfectionnement du drone. Elbit a également reçu des commandes pour le Hermes 900 de la part de la Suisse et d’un « client latino-américain », selon le Jerusalem Post xxxi.

Mur de l’apartheid en Cisjordanie

Elbit est l’un des principaux fournisseurs du système de barrière à détection électronique du Mur de l’apartheid en Cisjordanie xxxii. La Cour pénale internationale a jugé ce mur illégal xxxiii.

Arrestations en Cisjordanie

Le drone Skylark d’Elbit a été utilisé pour de nombreuses arrestations à domicile par l’armée israélienne en Cisjordanie en 2014 xxxiv.

Le rachat d’IMI par Elbit et les massacres de manifestants palestiniens

L’année dernière, les régulateurs antitrust israéliens ont approuvé le rachat par Elbit d’IMI Systems, le seul fournisseur de munitions de petit calibre de l’armée israélienne. La vente a maintenant été conclue.

Depuis mars 2018, des manifestants à Gaza ont manifesté devant le Mur de l’apartheid qui les sépare d’Israël sous la bannière de la « Grande marche du retour ». Les troupes israéliennes ouvrent régulièrement le feu contre eux à balles réelles. Au moment où nous écrivons ceci, plus de 183 personnes ont été tuées et plus de 10 391 blessées xxxv au cours de ces manifestations.

En juin 2018, des chercheurs de Corporate Occupation ont trouvé une balle de IMI Systems à la base militaire de Nahal Oz, près d’où les soldats tiraient sur les manifestants de la Marche du retour.

Étrangler Gaza avec des murs

Elbit est actuellement engagée dans un projet du ministère israélien de la Défense pour la construction d’une barrière extrêmement hi-tech autour de la Bande de Gaza, qui renforcera la barrière actuelle qui assiège les Gazaouïs.

L’entreprise tente déjà d’augmenter ses bénéfices en capitalisant sur son expérience de l’intensification du siège israélien de Gaza. Selon Who Profits, Elbit insiste auprès du gouvernement israélien pour qu’il l’autorise à exporter le système de détection des tunnels qu’elle a développé pour l’armée israélienne xxxvi.

Bateaux fantômes mortels

Les produits d’Elbit incluent xxxvii également des bateaux armés contrôlés à distance, capables de lancer des torpilles xxxviii. Des pêcheurs palestiniens ont dit à des chercheurs de Corporate Occupation qu’ils avaient été attaqués par de tels bateaux sans pilote au large des côtes de Gaza.

Les bateaux sans pilote d’Elbit ont été exposés xxxix au salon aéronautique de Singapour en 2016 et ont été déployés lors d’exercices d’entraînement de l’OTAN en 2018 xl. GRSE, une entreprise appartenant à l’État indien, est partenaire xli d’Elbit dans un projet de véhicules de surface sans pilote (Unmanned Surface Vehicles).

Golan syrien occupé par Israël

En 2010, des chercheurs de Corporate Watch ont découvert qu’Elbit possédaient des sites dans la colonie de Bnei Yehuda, sur des terres prises à la Syrie par la force militaire en 1967. La colonie est illégale en droit international xlii.

Attaques israéliennes au Soudan et en Égypte

En 2009, des drones Hermes 450 ont été utilisés pour attaquer un convoi au Soudan, qui transportait apparemment des armes destinées à Gaza xliii.

Il y a de plus en plus de preuves que des drones Hermes israéliens ont été utilisés en soutien aux attaques de l’Égypte contre des groupes islamistes et anti-gouvernementaux dans le nord de la péninsule du Sinaï. En 2012, des drones Hermes 450 d’Elbit ont été impliqués dans un assassinat au nord du Sinaï xliv. En 2013, un Hermes 450 a disfonctionné alors qu’il volait « près de la frontière égyptienne ». Les militaires prétendent qu’il a été intentionnellement abattu du côté israélien de la frontière xlv. En 2017, une attaque par un drone israélien a tué une personne à Rafah xlvi. En août 2018, des sources anonymes au sein de l’armée égyptienne ont déclaré au journal israélien Haaretz que des drones israéliens avaient mené une attaque qui avait fait cinq morts à Rafah, du côté égyptien de la frontière xlvii. Il n’est pas sûr que ce soit l’équipement d’Elbit qui ait été utilisé dans ces deux dernières attaques, mais l’entreprise voit clairement la situation au Sinaï comme une opportunité pour accroître ses bénéfices. Elad Ahronson, cadre chez Elbit, a évoqué la péninsule du Sinaï, dans une interview dans la presse spécialisée à propos des produits Elbit, en 2015 xlviii.

Liban, Syrie, Irak et Iran

Les drones Hermes 450 d’Elbit ont été largement utilisés pendant l’attaque israélienne sur le Liban en 2006.

En avril 2018, un drone armé israélien Hermes 450, fabriqué par Elbit, s’est écrasé au sud du Liban. Des témoins ont rapporté qu’un deuxième drone avait tiré un missile sur le missile écrasé au sol, le détruisant partiellement, vraisemblablement pour éviter qu’on puisse en extraire des informations. L’armée israélienne a affirmé dans une déclaration publique que le drone lui appartenait xlix. Il a été rapporté que le drone Elbit était armé de quatre missiles Mikholit fabriqués en Israël.

L’armée israélienne a déployé des drones Hermes 900 près de la frontière israélo-syrienne li. En 2017, un mini-drone Skylark fabriqué par Elbit a été abattu par des forces pro-Assad en Syrie, au-dessus de la ville de Quneitra lii. Plus tôt dans l’année, une frappe effectuée par un drone israélien non-identifié avait tué un commandant de milice pro-Assad au sud de la Syrie liii.

En 2014, on a rapporté qu’un drone Hermes israélien avait été abattu près de l’aéroport de Bagdad en Irak. L’armée israélienne a refusé de confirmer ou de réfuter cette information liv.

Les drones d’Elbit sont aussi des éléments clé de l’espionnage mutuel auquel se livrent Israël et l’Iran. Un drone Hermes 450 Elbit a été abattu en 2014 en Iran, près d’une usine d’enrichissement d’uranium lv. Cela a peut-être aidé l’Iran pour sa propre industrie du drone car il a développé des drones basés sur le Hermes lvi.

Elbit affirme que son gros drone Hermes 900 StarLiner est bien adapté à des attaques de « cibles » éloignées telles que l’Iran et la Syrie lvii.

Repousser les limites des « zones de conflit »

En 2018, Elbit a présenté une version du drone Hermes 900 qui lui permet de survoler l’espace aérien civil, au milieu des avions civils. « Certains clients voudraient utiliser le système pour récolter du renseignement », a déclaré le PDG d’Elbit, Bezhalel Machlis. « Un autre exemple pourrait être son application à la sécurité intérieure, avec le survol d’une région pour assurer une surveillance des activités terroristes. » Au moment où nous écrivons ce rapport, des communiqués de presse indiquent que « Elbit espère recevoir l’approbation de ses produits par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) dans les mois à venir lviii ». Bien sûr, cela peut bien n’être que du battage médiatique à fins de relations publiques. Si c’est vrai, cependant, cela pourrait signifier que les drones développés pour le siège et les attaques de Gaza pourraient être utilisés de manière courante à l’échelle mondiale par des États désirant espionner leur propre population.

Accords et partenariats d’Elbit dans le monde

Royaume-Uni

Par le biais de la compagnie française Thales lix, Elbit a loué des drones Hermes 450 aux forces armées du Royaume-Uni, qui les ont utilisés en Irak et en Afghanistan de 2007 à 2014. Ces drones auraient survolé l’Afghanistan pendant au moins 86 000 heures lx.

Le Royaume-Uni a aussi utilisé des drones Hermes 450 au-dessus de l’Afghanistan et déployé son nouveau drone Watchkeeper, basé sur le Hermes 450 (voir ci-dessous). Le Canada aussi a acheté des drones Skylark d’Elbit pour les utiliser en Afghanistan lxi.

En 2005, le Royaume-Uni a annoncé qu’il allait acheter de nouveaux drones basés sur le modèle du Hermes 450. De ce fait, Elbit a alors constitué le partenariat U-TacS (dont il est propriétaire à 51%) avec la compagnie française Thales, pour fournir 54 drones Watchkeeper au ministère de la Défense. Bien que le Watchkeeper apparaisse comme un drone de reconnaissance, il a été présenté portant des missiles lors de plusieurs salons de l’armement. Il n’y a cependant pas de preuve que le Royaume-Uni l’ait déployé armé.

Les moteurs des Watchkeeper sont produits par l’usine de moteurs pour UAV d’Elbit à Shenstone, dans le Staffordshire (Royaume-Uni). Des soldats britanniques sont allés se former en Israël dans le cadre du programme Watchkeeper. Les essais ont lieu depuis le ParcAberporth dans les Galles de l’Ouest, et depuis Boscombe Down dans le Wiltshire lxii. Cependant, durant l’hiver 2015, le ministère de la Défense a déplacé le programme Watchkeeper à la colonie britannique d’Ascension, au milieu de l’Atlantique, invoquant un meilleur climat lxiii. Éviter l’attention publique pourrait également avoir joué un rôle dans cette décision.

Manifestation contre Elbit

Un drone Watchkeeper a été déployé pour la première fois en Afghanistan en 2014. Mais ce déploiement a plus servi comme discours commercial pour U-TacS qu’il n’a présenté de réel avantage opérationnel. L’armée française, potentielle acheteuse du Watchkeeper, avait été invitée à assister au vol depuis Camp Bastion, et la promotion du drone indique depuis qu’il a fait ses preuves au combat.

Cependant, en 2016, l’armée française choisit d’acheter un drone Sagem au lieu du Watchkeeper lxiv. Le fait que le programme britannique du Watchkeeper ait subit de sérieux retards et échecs a sans doute joué un rôle dans cette décision, ainsi que la campagne menée par les militants de BDS en France lxv.

Le Watchkeeper est aussi un peu dépassé maintenant, du fait qu’il requiert que l’opérateur soit assez proche, comparé aux drones états-uniens Predator et Reaper.

En 2018, un Watchkeeper s’est écrasé à Ceredigon, dans les Galles de l’Ouest. C’était le cinquième drone à s’écraser, jusqu’à maintenant. La population locale est inquiète pour sa sécurité et près de 30 000 livres Sterling ont été gaspillées lxvi. Le programme Watchkeeper, comme une contribution surprise d’Israël au mouvement anti-guerre au Royaume-Uni, a coûté au ministère de la Défense plus d’un milliard de livres Sterling au cours des 12 dernières années, pour seulement 146 heures d’utilisation en opérations.

En réponse à une question parlementaire en 2018, le ministère de la Défense a déclaré qu’il avait reçu 45 des 54 drones Watchkeeper commandés, ce qui signifie que neuf doivent encore être livrés, cinq ans après la date de livraison. Cinq de ces 45 drones se sont écrasés pendant les essais lxvii.

Tout cela n’a pas constitué une très bonne publicité pour U-TacS et Elbit. Cependant, cela ne semble pas avoir empêché Elbit d’entreprendre de nouveaux partenariats au Royaume-Uni dans le but d’obtenir plus de contrats avec le ministère de la Défense.

Peut-être pour contrer toute cette publicité négative potentielle, ainsi que les critiques des militants de BDS, Elbit s’est adjoint les services d’une agence britannique de relations publiques et de stratégie nommée TWC Associates, qui a des liens avec le Parti conservateur lxviii.

Depuis 2016, Elbit gère conjointement avec la compagnie états-unienne KBR une co-entreprise nommée Affinity Training. Affinity possède une école de formation au pilotage sur la base de l’armée de l’air britannique de Cranwell dans le Lincolnshire, où elle forme les pilotes britanniques en partenariat avec le ministère de la Défense lxix. Le contrat d’Affinity avec le Ministère est de 500 000 livres Sterling sur 18 ans lxx.

En 2017, l’entreprise a également signé un accord avec Babcock International, une multinationale britannique, pour créer une co-entreprise qui fournira un autre programme de formation au ministère de la Défense lxxi. Le plan consiste à fournir des formations externalisées aux forces armées pendant une période de quinze ans lxxii.

Les contrats successifs que le ministère de la Défense réalise avec Elbit sont un soutien direct au complexe militaro-industriel israélien.

Ferranti, l’une des filiales d’Elbit au Royaume-Uni, mène une campagne de relations publiques à Oldham. Elle participe à des événements au Centre Mahdlo, où les jeunes sont encouragés à venir parler avec l’entreprise des possibilités de « carrière ». Le site internet de Ferranti se vante de leur avoir distribué gratuitement des « balles anti-stress et des bonbons ».

États-Unis et mur de la frontière mexicaine

Elbit travaille avec le département de la Sécurité intérieure depuis 2006 lxxiii. En 2014, son expérience dans la fourniture d’éléments électroniques pour les Murs de l’apartheid en Cisjordanie et à Gaza lui a permis de remporter un contrat avec les États-Unis pour développer des tours de surveillance sur la frontière entre l’Arizona et le Mexique. Le cahier des charges de ce contrat de 145 000 dollars US, attribué à la filiale d’Elbit aux États-Unis, demandait qu’on puisse « être en mesure de détecter un seul adulte, marchant, de taille moyenne, à une distance de 5 miles » lxxiv.

Frontière de sécurité Elbit. Photo : www.elbitsystems.com

  En 2017, l’administration Trump a attribué à Elbit un contrat de travail sur l’extension du mur de frontière avec le Mexique. Le Comité national palestinien du boycott (Palestinian Boycott National Committee, BNC) a appelé à la solidarité des mouvements de base des États-Unis et du Mexique, déclarant : « Lorsque nous Palestiniens voyons comment l’escalade de la militarisation sur la frontière Mexique/États-Unis s’oppose à la liberté de circulation des migrants, nous pensons à l’intense militarisation par Israël de la Cisjordanie occupée et à quel point celle-ci restreint également la liberté de circulation des Palestiniens » lxxv.

Certaines des tours sont maintenant opérationnelles. George Kesting, de Elbit Systems of America, a déclaré : « Les agents [des douanes] sont à même de …utiliser le système de caméras pour observer en détail ce qui se passe et ceux qui se dirigent vers eux » lxxvi. L’entreprise cherche maintenant de nouvelles opportunités pour exploiter le contrôle de l’État sur les mouvements des personnes le long de la frontière lxxvii.

Depuis l’acquisition d’IMI, Elbit/IMI fournit également des systèmes d’armement pour les Bradley Fighting Vehicles (BFV, véhicules militaires blindés) états-uniens lxxviii.

Géorgie

La Géorgie a utilisé à son avantage des drones Hermes 450 dans son conflit avec la Russie sur l’Ossétie du Sud. La Russie a répliqué en achetant ses propres drones israéliens, fabriqués par le concurrent d’Elbit, IAI lxxix.

Turquie

Le président turc Erdogan essaye de se poser en opposant au siège de Gaza par Israël, alors même qu’il opprime les Kurdes et impose lui-même une occupation et un siège à Rojava. Bien qu’elle ait annoncé des embargos militaires de courte durée, la Turquie n’a pas répondu aux appels de la société civile palestinienne à boycotter l’armement israélien. Joseph Ackermann, d’Elbit, fanfaronnait en 2011, disant que la situation politique qui opposait les deux pays n’avait eu « aucun effet » sur Elbit lxxx. Campaign Against the Arms Trade (Campagne contre le marché de l’armement) rapporte qu’Elbit a des propositions d’exportation d’armes à la Turquie depuis ses usines du Royaume-Uni chaque année entre 2010 et 2015 lxxxi. Il est possible que les exportations aient été faites via le Royaume-Uni pour éviter des controverses politiques entre Israël et la Turquie, qui se sont mutuellement déclaré des embargos sporadiques depuis 2010 lxxxii.

Inde

En 2018, Elbit a engagé une association d’entreprise avec la firme indienne Adani pour monter une usine de production de drones à Hyderabad lxxxiii. Adani est déjà la cible d’un mouvement de masse en Australie à cause de son projet d’ouvrir une des plus grosses mines de charbon sur des terres appartenant aux peuples des premières nations. Si elle était réalisée, cette mine contribuerait de façon significative au changement climatique global et les bateaux transportant le charbon vers l’Inde détruiraient la Grande Barrière de Corail lxxxiv.

Philippines

En 2014, le gouvernement des Philippines a signé un contrat de 20 millions USD (17,6 millions €) avec Elbit pour 28 véhicules blindés améliorés à livrer en 2015. Le BNC et le parti socialiste philippin Akbayan ont fait la déclaration suivante :

« Nous exhortons le Congrès à se joindre à Akbayan, au BNC et au peuple de Palestine pour appeler le gouvernement à éliminer le contrat avec Elbit Systems. La modernisation de l’armée philippine ne doit certainement pas se faire aux dépends de la vie d’innocents Palestiniens et de la paix en Palestine et Israël. Nous proposons que l’annulation de ce contrat d’armement inacceptable soit avancée dans la discussion à venir du budget du Département de la Défense Nationale lxxxv.

Espagne

En 2011, Elbit a remporté un contrat de 8,5 millions USD (7,5 millions €) pour fournir à l’armée espagnole des obus de mortier sur une période de 12 mois lxxxvi.

Suisse

En 2014, Armasuisse, l’agence des marchés militaires suisse, a consenti à Elbit un marché de 280 millions USD (247 millions €) pour des drones Hermes 900. Cela, après le bombardement de Gaza par Israël en 2012, au cours duquel plus de 2 000 personnes ont été tuées par des drones plus que par aucune autre arme. Le contrat de livraison s’étend sur 5 ans jusqu’en 2020lxxxvii. Les drones suisses avaient auparavant été fournis par IAI, le concurrent d’Elbit.

Brésil

Le Brésil a utilisé des Hermes 450 et 900 de surveillance pendant la coupe du monde de 2014. Elbit a un réseau de filiales et d’usines de production dans le pays lxxxviii. Mais, grâce aux efforts de militants qui ont mené des campagnes de pression sur l’ancien gouvernement du Parti des travailleurs, Elbit a eu des difficultés à agir au Brésil (voir la section résistance plus bas). En 2015, le site israélien The Marker dédié aux affaires a écrit que des « raisons politiques » avaient conduit à un gel de fait des transactions militaires avec le Brésil – une situation particulièrement néfaste pour Elbit Systems lxxxix.

Cette situation semble avoir changé depuis l’élimination en 2016 de la présidente Dilma Rousseff du Parti des Travailleurs. En 2017, la filiale brésilienne d’Elbit, Arès, a signé un nouveau contrat pour la fourniture de systèmes d’armes contrôlables à distance aux forces armées brésiliennes.

Elbit et l’Union européenne

Elbit reçoit de généreuses subventions de l’Union Européenne dans le cadre du programme de recherche Horizon 2020 xc. La firme a eu l’avantage d’être incluse dans cinq projets européens dans le cadre du Septième Programme Cadre pour la recherche et le développement technologique. Les Palestiniens ont fait appel à l’UE xci pour qu’elle mette fin à tous ses contrats avec Elbit et d’autres firmes d’armement israéliennes. Selon la campagne palestinienne Stop The Wall :

« La question ce n’est pas le projet lui-même mais la contribution de l’argent des contribuables de l’UE à la solvabilité de la firme. Ces projets sont de fait une subvention à la firme pour sa production de drones, d’armes et de technologie dans la construction du Mur et des colonies xcii ».

En 2017, selon The Electronic Intifada, Elbit a reçu près de 6 millions USD (5,2 millions €) d’argent des contribuables européens au titre de Horizon 2000 et des flux de fonds de recherche. Des campagnes ont mis en avant que ces subventions étaient données en dépit de l’absence de garantie par Elbit que ses armes de sont pas utilisées avec des munitions en grappe, ce que l’UE est désormais obligée de faire dans le cadre de la Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions.

Elbit et les attaques sur les migrants en Europe

En 2013-2014, Elbit a été partie prenante à l’Agence des frontières européennes et des gardes-côtes, connue sous le nom de Frontex, sur la possibilité d’utilisation de ses drones Hermes 900 pour la surveillance des migrants xcv. Frontex semble néanmoins favoriser maintenant des concurrents d’Elbit, les Israéliens Aerospace Industries et Leonardo.

Liens avec des universités israéliennes

Les universités israéliennes sont profondément enchevêtrées avec l’industrie d’armement israélienne. Les étudiants du Technion de Haïfa ont reçu des bourses pour accéder au laboratoire de recherche d‘Elbit, tandis que le président du conseil d’administration de l’Université Hébraïque de Jérusalem est Michael Federmann, qui préside aussi le conseil d’administration d’Elbit xcvi.

Elbit cherche aussi à établir de nouveaux partenariats avec des universités à l’étranger. En 2017, Elbit a annoncé de nouveaux partenariats avec l’Université Métropolitaine d’État du Minnesota et avec l’Université Regent en Virginie xcvii.

Aperçu et finances de l’entreprise

L’industrie : fabrication d’équipements militaires, de sécurité et de surveillance. Drones sans pilote, armes de terre et navales, entraînement et simulation de vol, instruments médicaux xcviii.

Bourse : NASDAQ (ESLT) | TASE

Revenus/profits: en 2017, la firme a déclaré des revenus de 3,37 milliards USD (3 milliards €) et un revenu net de 239 millions USD (211 millions €)xcix. Cliquer ici pour voir le dernier rapport annuelc. Les revenus de la firme ont augmenté au cours des dix dernières années. Pendant cette période, l’armée israélienne a utilisé ses équipements dans trois attaques majeures sur Gaza.

Emploi : Plus de 12 700 employés ci (essentiellement en Israël et aux États-Unis)

Filiales cii : 

Filiales israéliennes : Elop, Elisra SCD. Cyberbit, Semi-Conductor Devices (copropriété de Rafael Advanced Defense Systems) et Opgal (50%). Elbit Systems Land et C4, Elbit Security Systems, Cyclone, ELSEC, Kinetics, ITL Optronics, SCD (50%), Tor (50%).

Filiales aux États-Unis : Elbit Systems of America, Merrimack Operations (Kollsman Inc), EFW, KMC Systems, Fort Worth Operations, International Enterprises, Talladega Operations (IEI), Mclean Operations (ICI), San Antonio Operations (M7), M7 Aerospace, Real Time Laboratories, Boca Raton Operations, VSI et RCEVS.

Elbit Systems of America (ESA), qui est possédé à 100% par Elbit, est un fournisseur du Programme de vente américaine à des armées étrangères et jouit d’un dispositif de sécurité spécial auprès du Département Américain de la Défense, qui lui permet l’accès à des données classifiéesciii.

La filiale KMC de ESA est engagée dans la fabrication de matériel médical utilisé par des fournisseurs de services médicaux et ESA est engagée dans la fabrication de matériel de communication destiné à la police et aux services d’urgence.

Canada : GeoSpectrum Technologiesciv

Australie : Elbit Systems of Australia

Inde : Halbit

Corée du Sud : SESA

Brésil : Ares, AEL

Filiales britanniques : UAV Engines (UEL), Ferranti Technologies, Elite KL, Instro Precision, UTacS

Autres filiales européennes : Elbit (Belgique) et Elbit (Roumanie), Telefunken RACOMs (Allemagne), Elbit (Autriche)

Adresses

En Grande-Bretagne :

Ferranti Technologies, Cairo House, Greenacres Road, Waterhead, Oldham, Lancashire, OL4 3JA, http://www.ferranti-technologies.co.uk/

Voir la carte interactive de la Campagne Contre le Commerce des Armes

Le site internet de Ferranti fait état de systèmes air et sol dont des visiocasques pour véhicules de combat blindés et de l’alimentation électrique pour des avions militaires cv.

UAV Engines Ltd, Lynn Lane, Shenstone, Lichfield, WS14 0DT, Voir ici

Le site de UAV Engine affiche des moteurs pour drones cvi. En 2010, UAV Engines a été candidat à l’obtention de deux licences d’exportation militaire vers Israël pour des moteurs de drones. Le gouvernement du Royaume-Uni a préalablement prétendu que l’équipement fourni par cette firme « n’a été produit que pour que les moteurs soient assemblés en Israël puis exportés ». Un doute a cependant été émis sur cette annonce par de nombreux commentateurs, dont Amnesty International cvii.

Elite KL, Sandy Way, Amington Industrial Estate, Tamworth, Staffordshire, B77 4DS, http://www.elitekl.co.uk/military/, Voir ici

Le site d’Elite KL présente des systèmes de refroidissement militairescviii.

Instro Precision, 15 Hornet Close, Pysons Road Industrial Estate, Broadstairs, Kent, CT10 2YD, http://www.instro.com, Voir ici

Le site d’Instro présente des systèmes de caméras de surveillance et l’obtention de ciblescix

Instro est sur le point de changer de locaux. La nouvelle adresse sera Discovery Park Site North East, Ramsgate Road, Sandwich, CT13 9ND. Il est prévu que cette adresse remplace finalement l’adresse de Broadstairs

Le siège d’Elbit :

Advanced Technology Center, POB 539, Haïfa 31053, Israel.

Site internet : elbitsystems.com

Propriétaires

À la fin septembre 2018, Elbit est contrôlé par la famille Federmann via Ferdemann Entreprises (à 46%). Les autres principaux investisseurs sont Psagot Investment House, FMR, Invesco, Gilder Gagnon Howe & Co, Renaissance Technologies, Altshuler Shaham, Delek Group, Vanguard Group et Deutsche Bankcx.

Le Canadian Public Sector Pension Investment Board, la Bank of Montreal and la Royal Bank of Canada ont aussi des partscxi.

Deux banques de High Street, HSBC et Barclays, sont des actionnaires historiques d’Elbit. Les deux banques ont des parts au nom de leurs clients via les services de courtiers qui facilitent l’achat et la vente d’actions. Si la décision d’acheter ou de vendre revient aux clients des banques, les banques pourraient adopter la position éthique d’exclure Elbit et d’autres marchands d’armes de leurs plateformes.

En 2015, il y a eu des campagnes célébrant le fait que Barclays n’était plus sur la liste des actionnaires d’Elbitcxii. Au moment d’écrire cet article, Barclays était cependant inscrit parmi les actionnaires de la firme sur le NASDAQcxiii.

HSBC a annoncé désinvestir de Elbit à la fin de 2018 (voir ci-dessous)

Voir la liste complète de ceux qui ont investi dans Elbit ici.

Les produits fabriqués par Elbit :

Drones, systèmes de visualisation munis de casques, systèmes d’affichage et d’armes pour les hélicoptères Apache, systèmes de roquettes et de guidage, réservoirs de fuel pour des F-16, bateaux sans pilote, systèmes pour l’aviation civile, tourelles de contrôle à distance pour véhicules blindés améliorés, systèmes d’artillerie, systèmes de contrôle de tirs depuis des tanks, véhicules routiers de contrôle à distance, systèmes radio et satellites, systèmes de barrières électroniques, caméras à imagerie thermique, technologie de satellites pour des programmes spatiaux, systèmes pour des véhicules de combat Bradley, simulateurs de vol, instruments médicauxcxiv.

Fabrication : Elbit dit fabriquer la plupart de ses produits aux États-Unis, en Israël, en Europe, en Inde et au Brésilcxv.

Transporteurs : APL & Maersk, le transporteur américain, un conglomérat de transport danois ont tous deux transporté des produits d’Elbit par le passécxvi. En 2018, Seamax Shipping basé à Dubaï, a transporté un chargement d’Elbit Israël chez Triumph Aérostructures aux États Uniscxvii.

Drones couramment fabriqués par Elbitcxviii 

Skylark I Lex mini-UAS ; Skylark II, Skylark 3, Skylark C (pour usage naval)

DA-VINCI Multi-Rotor Mini-UAS

Hermes 90

Hermes 180

Hermes 450

Hermes 900

Hermes 1500 (avec la firme israélienne Silver Arrow)cxix

Watchkeeper WK450 (au titre du partenariat avec Thalès sur U-TacS)

Bateau Seagull sans pilote

Les Hermes 450 et 900 ont été employés par l’aviation militaire israélienne pour mener des attaques.cxx

Elbit produit aussi le drone suicide Skystriker, un mélange de missile et de drone.cxxi

Pays d’exportation des drones d’Elbitcxxii 

Argentine (entreprise conjointe)

Grande-Bretagne

États-Unis

Philippines

Azerbaïdjan

Botswana

Brésil

Chili

Colombie

Croatie

République tchèque

France

Canada

Uruguay

Suède

Hongrie

Macédoine

Pays-Bas

Pologne

Slovaquie

Corée du Sud

Australie

Canada

Géorgie

Italie (entreprise conjointe)

Mexique

Singapour

Afrique du Sud

Ouzbekistan

Thaïlandecxxiii

Suisse (à venir en 2019)cxxiv

Principaux partenaires industriels

Babcock (Grande-Bretagne)cxxv, Thalès (France)cxxvi, KBR (États-Unis) cxxvii, Rockwell Collins (États-Unis)cxxviii, Embraer (Brésil)cxxix, Kraken (Canada)cxxx, GRSE (Inde)cxxxi, Boeing (États-Unis)cxxxii, Adani (Inde)cxxxiii, General Dynamics (États-Unis)cxxxiv, Ashok Leyland (Inde)cxxxv.

Participation à des salons de l’armement

Elbit fait régulièrement son autopromotion dans des salons internationaux d’armement dont DSEI (Londres), Land Forces (Australie), MSPCO Kielce (Pologne), ADAS (Philippines), Paris Air Show (France), Farnborough Airshow (UK), Singapore Airshow (Singapour), ADEX Baku (Azerbaijan), BIDEC (Bahrein), Eurosatory (France), IDEF (Turquie)cxxxvi, DefExpo (Inde)cxxxvii.

Résistance

Depuis l’appel de la société civile palestinienne au boycott, au désinvestissement et aux sanctions de 2005, une campagne de désinvestissement a été menée contre Elbit. Le fonds de pension de l’État norvégien, la première banque norvégienne, Danske Bank, le fonds de pension néerlandais géant ABP, le fonds de pension suédois AP et le suédois Folksam ont tous désinvesti leurs actionscxxxviii. Des experts en investissement ont dit à ceux qui mènent campagne qu’Elbit est désormais présent sur la plupart des listes noires mises au point par des bureaux de recherche sur les investissements « socialement responsables ».

Barclays est la seule banque européenne ayant pignon sur rue à apparaître sur la liste des actionnaires internationaux d’Elbit publiée par NASDAQ.com. Cela permet de penser que la plupart des banques européennes croient que le rôle de la firme dans les crimes de guerre d’Israël en fait une destination d’investissement inappropriée.

En 2011, un appel de la société civile palestinienne a réclamé un double embargo sur les ventes d’armes vers et depuis Israël et les firmes israéliennescxxxix. Des campagnes menées par des antimilitaristes ont ciblé Elbit en ligne avec cet appel et ont lancé des campagnes appelant les investisseurs à désinvestir de cette société.

La campagne a pris de l’ampleur depuis l’attaque israélienne sur Gaza en 2014. Pendant l’attaque, des militants ont occupé le toit de la filiale britannique d’Elbit à Shenstone, ce qui a entraîné la fermeture de l’usine pendant 48 heures. Une occupation similaire a eu lieu en Australiecxl. Des manifestations ont toujours lieu à l’usine Elbit de Shenstone.

En réponse au massacre de 2014, des mouvements sociaux et des syndicats du Brésil ont fait pression sur le gouvernement de l’État brésilien de Rio Grande do Sul pour qu’il mette fin à un contrat de collaboration avec Elbit. Le gouvernement de l’État a finalement accepté d’annuler le contrat, au nom de préoccupations éthiques. Le plan annulé incluait un projet de construction de satellites militaires pour un montant de 17 millions USD (15 millions €)cxli.

En 2016, le ministère brésilien de la défense, alors dirigé par un membre du parti communiste brésilien pro-palestinien, refusa d’approuver le financement d’une recherche sur des drones et un projet de développement avec Elbit. Elbit fut obligé d’abandonner le projet et, par la suite, de fermer Harpia Sistemas, la firme alliée à la firme brésilienne Embraercxlii.

Au Pays de Galles, des campagnes donnent lieu à des manifestations depuis des années contre l’expérimentation des drones Watchkeeper dans les Galles de l’Ouestcxliii.

Des militants ont également mené une campagne intensive appelant Barclays à désinvestir d’Elbit, tenant des piquets, faisant des blocus, des occupations et des manifestations devant des agences de Barclays. Lors d’une journée d’action en novembre 2014, 15 actions ont été menées simultanément contre des agences de Barclays dans tout le Royaume-Uni. En 2015, des militants ont fêté le désinvestissement par Barclays de ses partscxliv. En 2018 cependant, Barclays figure de nouveau sur la liste des actionnaires d’Elbit sur le NASDAQcxlv.

Une campagne réussie de désinvestissement a eu lieu contre HSBC, appelant la banque à faire cesser les achats de parts d’Elbit par ses clients sur sa plateforme d’investissement. En juillet 2017, des manifestations ont eu lieu devant des agences HSBC à Brighton, Manchester et Londres, accompagnées du slogan « la banque la plus mortelle du mondecxlvi ». Des manifestations ont également eu lieu devant l’Assemblée Générale Annuelle 2018 d’HSBC et un jour supplémentaire d’action s’est tenu devant des agences HSBC dans tout le Royaume-Uni en septembrecxlvii.

Manifestation de la campagne de solidarité avec la Plaestine (PSC) à Brighton

Ryvka Bernard de War On Want a dit:

« HSBC a fait un premier pas positif en désinvestissant d’Elbit Systems, le célèbre fabricant de drones, d’armes chimiques, de systèmes d’artillerie de bombes à fragmentation et d’autres technologies utilisées pour attaquer des civils palestiniens et pour militariser des murs et des frontières dans le monde. Commercer avec des firmes comme Elbit signifie profiter de la violence et de la violation des droits humains, ce qui est à la fois immoral et contradictoire avec le droit international.

« HSBC continue pourtant à faire des affaires avec plus d’une douzaine de sociétés qui vendent des équipements militaires et de la technologie utilisés dans la violation des droits humains : c’est le cas de Caterpillar, dont les bulldozers sont utilisés à la démolition de maisons et de biens appartenant à des Palestiniens ; c’est le cas aussi de BAE Systems, dont les armes sont utilisées dans les crimes de guerre d’Israël, d’Arabie Saoudite et d’autres régimes répressifs. Jusqu’à ce que HSBC mette fin à son soutien à des sociétés qui arment la répression, la campagne continuera. »

Blocages, manifestations, occupations

Le salon de l’armement DSEI bi annuel de Londres, où Elbit est un exposant régulier, est face à la résistance actuellement organisée par la Coalition Stop au Salon de l’Armement. 2017 a vu la plus grosse mobilisation depuis des années, avec des milliers de gens tentant d’empêcher les exposants de l’armement d’accéder au saloncxlviii. Le prochain salon de l’armement DSEI aura lieu en septembre 2019.

La résistance s’est aussi focalisée sur Thalès, le partenaire d’Elbit dans le programme Watchkeeper. En juin 2014, une manifestation a eu lieu devant le siège de la société à Londres. En octobre 2014 une occupation du toit d’une usine Thalès de Glasgow a été conduitecxlix.

Des militants du Kent ont mené une action directe contre l’usine Instro Precision, par de multiples occupations de toits et séquestrationscl. Des campagnes ont permis de contribuer à la décision de conseil local de refuser une candidature pour un nouveau site d’une filiale d’Elbit à l’aéroport du Kent à Manstoncli.

Elbit a été très prudent lorsqu’il a poursuivi des militants. En 2015, le service des poursuites de la couronne a abandonné la procédure contre neuf manifestants qui avaient occupé le toit de l’usine de moteurs UAV l’été précédent. Les prévenus avaient argumenté que leurs actions étaient justifiées par la complicité d’Elbit dans des crimes de guerre. Il fut crucial que la défense ait demandé la mise à disposition à la cour des documents sur les licences d’exportation d’Elbit.

Il semble probable que la firme ait retiré sa plainte pour éviter un contrôle public. Ewa Jasiewicz, une des prévenus, a dit qu’Elbit était maintenant “une cible prioritaire” d’actions directes destinées à faire fermer l’usineclii.

Par la suite en 2015, alors que des groupes d’action pour la Palestine organisaient des manifestations sous l’égide de Bloquer l’Usine, une injonction civile a été accordée à l’usine Elbit de Shenstone par la Cour Suprême. La police a violemment tenté d’appliquer cette injonction, ce qui a conduit à 19 arrestations. Pour autant, l’injonction a été levée lors d’une audience en octobre étant donné qu’Elbit n’avait pas réussi à fournir à la cour les documents adéquats. Un porte parole de Bloquer l’Usine a dit à ce moment-là : « Ce sont Elbit Systems et ses usines d’armement qui devraient être interdits, et non nos manifestations. La décision d’aujourd’hui renforcera encore l’énergie de notre campagnecliii ».

Depuis, il n’y a pas eu de poursuites contre des militants ayant ciblé les filiales d’Elbit au Royaume-Uni et très peu d’arrestations.

En 2017, cinq manifestants ont été arrêtés devant l’usine de Shenstone des moteurs UAV, la filiale d’Elbit, au nom de la loi de 1992 renforcée sur les syndicats et les relations de travail, au motif du blocage des portes de l’usine ; les accusations furent cependant, de nouveau, abandonnéescliv.

Récemment, des militants ont organisé des journées d’action coordonnées, engageant des actions simultanément devant les filiales d’Elbit au Royaume-Uni, dans le Kent, à Staffordshire et à Manchesterclv. Certaines de ces actions ont aussi ciblé Thalès, le partenaire d’Elbitclvi. Lors de l’événement le plus récent, en juin 2018, la militante Susannah Mengesha a expliqué les raisons de cette action :

« Elbit facilite le meurtre de Palestiniens à une échelle industrielle. Chaque jour où ses usines restent ouvertes aura un coût civil. On peut tracer une ligne directe depuis les process de fabrication d’usines comme Instro Precision jusqu’aux crimes de guerre israéliens. Je me refuse à croire que la vie de gens qui vivent dans des endroits comme Gaza ont moins de valeur que la vie ailleurs. Mon cœur est ouvert aux mères de Gaza, qui ont certainement souffert davantage que la plupart des gens au cours des dernières semaines et années. Je veux leur dire que les gens ici n’acceptent pas que ces usines soient ici et que nous ferons tout notre possible pour les arrêterclvii. »

Des campagnes font aussi pression sur l’UE pour exclure Elbit et d’autres sociétés d’armement israéliennes de ses financements de recherche. War on Want, La Campagne de Solidarité avec la Palestine et d’autres organisations de base du Royaume-Uni ont été impliquées dans des campagnes de lobbying conjointement avec des militants de base.

L’action contre Elbit s’est aussi intensifiée en France. L’inclusion d’Elbit dans un processus de candidature pour la réalisation d’un nouveau drone français a semé une vague de protestations dans tout le pays et la demande d’exclusion de la firme de ce processus. Elbit a été finalement battu par un drone fabriqué par Sagem (lequel, c’est ironique, comporte des pièces d’Elbit)clviii. En 2017, BDS France a perturbé le stand d’Elbit au Salon de l’Air de Parisclix. De semblables manifestations contre la présence d’Elbit à ce salon se produisent chaque année. Des militants ont aussi commencé une campagne contre l’assureur AXA, l’incitant à désinvestir d’Elbitclx.

Appel à accroître l’action

En 2018, Abdulrahman Abunahel, le coordinateur du comité national palestinien du BDS (le BNC) pour la bande de Gaza, a relancé l’appel pour un embargo sur les armes à double sens. Cela vient après les assassinats par Israël de manifestants palestiniens de la Grande Marche du Retour et après le pire bombardement aérien de Gaza depuis 2014. Voici ce qu’il a dit :

« L’industrie de l’armement et de la sécurité mondiale joue un rôle central dans l’aide à Israël pour le maintien de son régime militaire d’un demi-siècle sur quatre millions et demi de Palestiniens avec son siège dévastateur et illégal qui étouffe près de deux millions d’entre nous ici à Gaza, son vol illégal de la terre palestinienne qui se poursuit et sa politique d’apartheid qui nous discrimine, nous le peuple indigène de cette terre.

« Rien que depuis le 30 mars, lorsque nous, Palestiniens de Gaza occupée, avons participé à des manifestations de masse pour simplement exprimer notre revendication de liberté et notre droit en tant que réfugiés de retourner chez nous, Israël a tué plus de 130 personnes parmi nous et a effectué des bombardements à répétition de zones densément peuplées.

« Israël teste effectivement des armes sur le terrain, sur nous Palestiniens de Gaza avant de les exporter dans d’autres pays, principalement dans le Sud global. En même temps, des gouvernements et des sociétés privées internationales d’armement et de sécurité du Nord global, fournissent des armes et de la technologie à Israël, qu’Israël a utilisé pour tuer et réprimer les Palestiniens.

« Le monde doit agir pour mettre fin à ces relations de mort et arrêter d’armer Israël. J’ai un espoir fondé sur le fait que de plus en plus de gens et d’institutions appellent à ce que prennent fin toutes les formes de coopération militaire et de sécurité avec Israël et cherchent à imposer un embargo militaire total jusqu’à ce qu’Israël mette fin à ses brutales violations des droits des Palestiniens. »

Concernant les perspectives de la campagne contre Elbit, Maren Mantovani et Jamal Jumaaf de Stop The Wall sont confiants :

« Elbit Systems, aussi gros qu’il soit, est particulièrement vulnérable à l’action militante. C’est la seule firme israélienne d’armement privée de cette taille et donc elle est plus vulnérable à des crises, à des risques de spéculation financière et de restructuration économique. Elbit Systems est fortement endetté et doit nécessairement assurer un cash flow continu au service de cette dette. Sa présence à l’échelle mondiale toujours en expansion facilite la tâche des militants de différents pays pour s’en prendre à Elbit ou à ses filiales. De plus, la dépendance croissante de l’industrie d’armement sur le budget de l’État d’Israël pour le secourir le rend vulnérable aussi, tandis que cela accroît la vulnérabilité de l’État.

« Lorsque Bezhalel Machlis, PDG d’Elbit a été interrogé récemment sur l’impact de BDS sur les opérations d’Elbit Systems, il a admis : ‘Je n’essaie pas de dire que ce n’est pas une menace, mais je pense que globalement nous pouvons la gérer’. Des défenseurs des droits humains sont désormais face au défi de développer la capacité du mouvement BDS de manière qu’il fasse pression sur l’économie de guerre israélienne au point d’évoluer de l’état de menace à celui d’empêchementclxi. »

Le contexte

Les champs de bataille du militarisme et de l’occupation israéliens ont constitué des tests de terrain efficaces pour de nouveaux types d’armement. L’état de guerre permanent d’Israël a assuré une place fiable sur le marché aux fabricants d’armes israéliens. Selon Drone Wars UK, des drones de surveillance ont d’abord été utilisés en Égypte en préparation de l’attaque israélienne de 1973. La première utilisation enregistrée d’un drone israélien d’aide aux avions de chasse pilotés pour bombarder des cibles a eu lieu en 1982 dans la course à l’invasion et l’occupation israéliennes du Liban.

Le Centre Al Mezan pour les droits humains dit que la première utilisation enregistrée d’un drone armé par Israël date de 2004. L’expérience accumulée pendant les années de répression militaire a fait d’Israël le plus gros exportateur au monde de la technologie des drones. Les sociétés d’armement israéliennes ont vendu des drones à plus de 50 pays.

Selon Human Rights Watch (HRW):

« Le missile envoyé d’un drone a ses propres caméras qui permettent à l’opérateur d’observer la cible à partir du moment où le tir est déclenché. Le système optique du drone comme du missile ont des caméras à infrarouge qui permettent aux opérateurs de voir des individus de nuit comme de jour. Avec ces possibilités visuelles, les opérateurs de drones auraient dû être capables de faire la différence entre des combattants et autres personnes participant aux hostilités, qui sont des cibles légitimes, et des civils, qui sont préservés des attaques, et de s’abstenir de tirer si cela ne pouvait être déterminé. Si un doute de dernière minute surgit sur une cible, l’opérateur de drone peut avoir recours au guidage à distance du missile pour détourner le missile enflammé et l’éloigner de la cible avec sa manette. »

Malgré cela, le nombre de morts (en proportion du total des morts) causées par des frappes de drones a été croissant. Lors de notre visite de 2013 à Gaza, Corporate Watch a interviewa plusieurs survivants d’attaques de drones israéliens qui n’avaient été engagés dans aucun combat auparavant d’être ciblés, tandis que la plupart de ceux qui ont été tués par des attaques de drones sont des enfants. Le Centre Al Mezan pour les droits humains de Gaza a fourni à Corporate Watch les données suivantes pour les années 2000-2012 :

 

Année

Nombre total de tués par les attaques israéliennes à Gaza Nombre de gens tués par des drones israéliens à Gaza (% of total)

2000

123

0 (0%)

2001

243

0 (0%)

2002

472

0 (0%)

2003

398

0 (0%)

2004

646

2 (0.3%)

2005

99

0 (0%)

2006

534

91 (17%)

2007

281

98 (34.9%)

2008

769

172 (22.4%)

2009

1058

461 (43.6%)

2010

72

19 (26.4%)

2011

112

58 (51.8%)

2012

255

201 (78.8%)

Les frappes de drones israéliens sont lancées depuis les bases Palmachin et Tel Nof de l’armée de l’airclxii.

Texte de Tom Anderson du Collectif Shoal, une coopérative d’écrivains et de chercheurs qui écrivent pour la justice sociale et pour un monde au-delà du capitalisme. @shoalcollective

Les écrits de Tom en soutien au mouvement BDS peuvent être consultés sur corporateoccupation.org. @CorpOccupation

iBureau Van Dyck, Elbit Systems, Accessed Aug 2018.

iihttps://www.haaretz.com/israel-news/business/elbit-systems-to-buy-imi-in-major-israeli-defense-merger-1.5891233

iiihttp://www.israeldefense.co.il/en/content/elbit-systems%E2%80%99-hermes-900-uav-headed-fifth-country

ivhttps://www.jpost.com/Israel-News/Elbit-upgrades-IAFs-fleet-of-Hermes-900-drones-438803

vhttps://www.haaretz.com/israel-news/business/elbit-systems-to-buy-imi-in-major-israeli-defense-merger-1.5891233

vihttps://www.nasdaq.com/article/israel-regulator-okays-defence-firm-elbits-bid-to-buy-imi-20180819-00027

viihttps://www.timesofisrael.com/elbit-buys-state-owned-arms-maker-imi-for-nis-1-8-billion/

viiihttps://www.shootingillustrated.com/articles/2017/4/3/review-imi-ammunition/

ixhttps://www.shootingillustrated.com/articles/2017/4/3/review-imi-ammunition/

xhttps://www.haaretz.com/israel-news/business/elbit-systems-to-buy-imi-in-major-israeli-defense-merger-1.5891233

xihttp://elbitsystems.com/pr-new/elbit-systems-strengthens-its-presence-in-the-german-market-opens-office-in-berlin/?pageid=PR

xiihttp://corporateoccupation.org/2018/05/24/as-israeli-arms-company-elbit-expands-activists-resistance-grows/

xiiihttps://bdsmovement.net/news/%E2%80%9Cs%E2%80%9D-bds-lessons-elbit-systems-campaign

xivhttps://bdsmovement.net/military-embargo#news

xvhttp://www.israeldefense.co.il/en/content/elbit-systems%E2%80%99-hermes-900-uav-headed-fifth-country

xvihttp://archive.defensenews.com/article/20140812/DEFREG04/308120026/Israeli-Forces-Praise-Elbit-UAVs-Gaza-Op

xviiWar on Want, Killer Drones: UK Complicity in Israel’s Crimes Against the Palestinian People (2013), page 8.

xviiihttps://theintercept.com/2018/08/11/israel-palestine-drone-strike-operation-protective-edge/

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clxi https://bdsmovement.net/news/%E2%80%9Cs%E2%80%9D-bds-lessons-elbit-systems-campaign

clxii Rosa Luxemburg Foundation(2014).

Traduction : SF et MUV pour BDS France et l’AURDIP

Source : Corporate Watch




7ème week-end annuel de la Campagne BDS France à Lille

Le 08/02/2019

Les 02 et 03 février 2019 s’est tenu le 7ème week-end annuel de la Campagne BDS France.

Dans le contexte actuel du renforcement de la politique coloniale, criminelle et d’apartheid israélienne, mais aussi de l’accroissement des victoires de la campagne internationale BDS, des militant-e-s de plus d’une quinzaine de villes se sont réuni-e-s à Lille.

Ils ont été chaleureusement accueillis par l’AFPS 59-62 et l’UD CGT du Nord dans les locaux CGT de la Bourse du travail.

Il a pu être acté collectivement lors de ce week-end l’échec de la saison de propagande « France-Israël » en 2018, contre laquelle de nombreux groupes BDS partout en France s’étaient mobilisés.

En 2019, une mobilisation se poursuit contre l’Eurovision 2019 en Israël, dans le cadre d’une campagne internationale.

Lors du week-end, une action BDS a d’ailleurs eu lieu devant le siège local de France Télévisions à Lille.

Avec une banderole et des pancartes, les militant-e-s réunis lors de ce weekend ont chanté:

« Je boycotte, tu boycottes, nous boycottons l’Eurovision en Israël »

 

D’autres photos ICI

 

Parmi les autres cibles prioritaires de la Campagne BDS France, l’assureur et groupe bancaire AXA, qui investit dans 5 banques israéliennes et dans l’entreprise d’armement israéliennes Elbit Systems.

Alys Samson Estape, coordinatrice du BNC (direction palestinienne du BDS) en Europe a dénoncé lors du week-end la complicité d’AXA dans les violations du droit international en Palestine occupée, et a annoncé le lancement prochain d’une coalition européenne pour amener AXA à cesser ses investissements contraires à son « Code de déontologie professionnelle », qui exige le respect des principes directeurs du Pacte Mondial des Nations Unies.

L’un des grands défis de la Campagne BDS est celui d’un enracinement dans la jeunesse, qui sera stimulé notamment par l’organisation de la semaine internationale contre l’apartheid israélien à laquelle la Campagne BDS France participera à nouveau cette année dans plusieurs villes à partir du 20 mars prochain.

Le week-end a analysé les tentatives pour intimider, réprimer et salir le mouvement BDS. Les militant.e.s de BDS France sont déterminé.e.s à les exposer et à les dénoncer. Tout en gardant le cap sur l’essentiel : intensifier le mouvement BDS, en solidarité avec le peuple palestinien et pour mettre fin à l’impunité de l’État colonial d’Israël.

La Campagne BDS France




La Campagne Eurovision devant FR3 Auvergne

Dix neuf militant-e-s d’un collectif AFPS 63, BDSF 63, Amis Monde Diplomatique 63, Amis Temps des Cerises, CGT-UD 63, LDH Clermont-Riom, MRAP 63, NPA 63, PCF 63, RESF 63, Solidaires Auvergne, UNEF Auvergne,
se sont rassemblés le 18 janvier devant le siège de FR3 Auvergne à Chamalières (63), sous l’œil de deux véhicules de police envoyés par la préfecture.
Ils ont été reçus devant les grilles de FR3 par le rédacteur en chef adjoint, qui a discuté avec eux pendant environ 30 minutes. Il nous a expliqué qu’il comprenait notre action et le courrier que nous leur avions envoyé, et qu’il feraient remonter à France TV et à FR2. Ils sont conscients des problèmes éthiques que pose la tenue de l’Eurovision en Israël. Nous sommes convenus de rester en contact pour nos actions futures.
Des photos de groupe, ainsi que de 4 nouveaux militant-e-s voulant figurer dans notre album photo BoycottEurovision2019 sur Facebook, ont été faites. Notre tract explicatif a été distribué aux automobilistes au feu rouge proche, certains nous ont encouragé, d’autres ont klaxonné gaiement nos drapeaux palestiniens, en passant.
Un reportage a été publié sur le site de FR3 Auvergne



Le mouvement BDS rend hommage à Angela Davis

DÉCLARATION DU PACBI

10 Janvier 2019

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI), qui est un membre fondateur du mouvement BDS pour les droits des Palestiniens rend hommage à Angela Davis pour la lutte qu’elle a mené toute sa vie pour la justice et exprime sa totale solidarité avec elle.

L’inversion de la décision de l’Institut de Birmingham pour les Droits Civils (BRCI) de décerner un prix pour la défense des droits humains au professeur Davis est dû à son « soutien de longue date pour la Palestine » comme elle l’a dit. C’est manquer une occasion d’honorer une icône qui incarne sans cesse, depuis des dizaines d’années, les valeurs que la récompense entend reconnaître.

Notre profonde déception de la décision du BRCI est tempérée non seulement par l’énorme déferlement de soutien reçu par Davis, mais aussi par sa décision d’assister, à la place, à un événement alternatif qui mettra l’accent sur le lien organique existant entre la lutte pour la justice aux niveaux local et mondial.

Il est de plus en plus clair que le lobby israélien, y compris son aile fanatique des Chrétiens sionistes, alimente un nouveau McCarthisme aux États Unis et ailleurs, faisant de la loyauté au régime israélien d’extrême droite un critère déterminant. La suppression de la liberté d’expression et le travail de sape contre la solidarité intersectionnelle sont les éléments clef de cette répression accrue.

Continuer à défendre « l’indivisibilité de la justice », comme Davis l’a fait depuis si longtemps, doit être notre réponse à la brutalité de l’injustice. Aussi appelons nous le BRCI à ne pas se soumettre aux pressions du lobby israélien et à maintenir ses valeurs en tant qu’institution luttant pour les droits humains en honorant Angela Davis comme elle était censée l’être.

Source: BDS Movement

Traduction SF pour BDS France

 




Interview de Shir Hever – Université d’été 2018 – Grenoble

Shir Hever est économiste, journaliste et écrivain israélien




La Campagne BDS France sollicite votre soutien

BDS France, le 31 décembre 2018

L’année 2018 se termine dans un climat de tensions et de dangers multiples, nationaux et internationaux, et les gens de bonne volonté sont sollicités pour de multiples bonnes causes.

Parmi ces situations la solidarité avec le peuple palestinien pour sa survie, la sauvegarde du droit international, la paix dans le monde et le vivre ensemble dans les pays marqués par des politiques et des courants racistes et xénophobes.

L’État d’Israël, soutenu par l’alliance, la complicité ou le silence des États-Unis et de la majorité des États européens, a renforcé en 2018 sa politique coloniale et la répression contre le peuple palestinien qu’il pousse au désespoir. Il a officialisé son régime d’apartheid par une loi à valeur constitutionnelle, et il continue de perpétrer des massacres contre les manifestant-e-s non violent-e-s à Gaza.

La meilleure façon de soutenir le peuple palestinien aujourd’hui est de s’engager dans la Campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international). La Campagne BDS a été lancée en 2005 par la société civile palestinienne, et elle s’est développée en France à partir de début 2009, suite à un massacre à Gaza. L’opération « plomb durci » avait duré 22 jours, provoqué la mort de près de 1500 Palestiniens, causé près de 6000 blessés, et détruit plus de 4000 habitations, usines, entrepôts et écoles.

Depuis 10 ans, les citoyens qui soutiennent la Campagne BDS France ont remporté ou participé à de nombreuses victoires : la faillite d’Agrexco, société israélienne d’exportation de fruits et légumes, le retrait des sociétés Veolia et Orange d’Israël, les vœux de plusieurs conseils municipaux pour l’interdiction en France des produits des colonies israéliennes, mais aussi de nombreux autres succès, notamment concernant le boycott culturel, et dernièrement la mise en échec de la Saison croisée France-Israël 2018. En près de 15 ans dans le monde entier, les victoires s’accumulent, au point que des géants comme Airbnb ou HSBC préfèrent retirer leurs investissements israéliens les plus controversés plutôt que de subir l’opprobre internationale portée par la Campagne BDS.

Ces succès poussent le gouvernement israélien et ses représentants en France, dont le CRIF, à essayer de faire interdire le boycott d’Israël. Mais malgré toutes ces tentatives d’intimidations et des attaques calomnieuses, la campagne BDS se développe inexorablement, parce que la cause du peuple palestinien est juste, et parce qu’elle joue un rôle très important dans les mobilisations internationales contre les régimes et les courants politiques discriminatoires, racistes, nationalistes et xénophobes qui sévissent actuellement dans le monde.

En 2019 en France nous nous mobiliserons notamment contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël, nous poursuivrons la mobilisation contre AXA qui se rend complice de l’oppression des Palestiniens, et nous continuerons à démasquer les tentatives de délégitimation du mouvement BDS.

Toutes ces mobilisations nécessitent votre soutien, mais aussi des dépenses, pour l’édition de documents, mais aussi pour des frais de justice. C’est pourquoi nous vous invitons à aider au financement de la Campagne BDS France en faisant un chèque à l’ordre de

« Solidarité – Palestine » à l’adresse suivante :

Solidarité Palestine

21 ter rue Voltaire

75011 Paris

Nous vous invitons à faire circuler ce message autour de vous et vous en remercions, en vous souhaitant une bonne année 2019 et la libération de la Palestine !




Le géant bancaire HSBC se désengage d’un fabricant d’armes israélien suite aux pressions des militants des droits humains

 

27 décembre 2018 –
Communiqué de presse

 

  • HSBC a confirmé aux militants qu’elle s’était totalement retirée du fabricant de drones israélien Elbit Systems, qui vend à l’armée israélienne des armes utilisées lors d’attaques contre les Palestiniens.

 

  • Plus de 24 000 personnes ont communiqué par mail avec HSBC pour s’inquiéter de ses investissements dans Elbit Systems et d’autres sociétés vendant des armes à l’armée israélienne, et 40 succursales de la HSBC au Royaume-Uni ont été piquetées chaque mois pour la même raison.

 

  • Les militants s’engagent à poursuivre la campagne, car HSBC entretient des relations commerciales avec plus d’une douzaine d’autres sociétés vendant des armes et des technologies à l’armée israélienne.

 

Les militants des droits de l’homme ont déclaré leur victoire après que le géant mondial des banques, HSBC, ait confirmé sa décision de se séparer complètement du fabricant d’armes israélien Elbit Systems après une année de campagne.

 

Elbit Systems est un des plus grands fabricants d’armes d’Israël, réputé pour ses drones meurtriers utilisés lors d’attaques de civils palestiniens et commercialisés à l’étranger comme «éprouvés au combat». La société a également fabriqué du phosphore blanc et des systèmes d’artillerie pouvant être utilisés pour les armes à sous-munitions.

 

Elbit Systems a été exclu de fonds de pension et d’investissement du monde entier pour sa participation à la fourniture de systèmes de surveillance et d’autres technologies au mur de séparation israélien et aux colonies situées en Cisjordanie. Elbit a également fourni une technologie de surveillance à utiliser le long de la frontière américano-mexicaine.

 

Le lien de HSBC avec Elbit Systems a été révélé pour la première fois en 2017 dans un rapport de War on Want sur les relations commerciales des banques britanniques avec des sociétés vendant du matériel et des technologies militaires à Israël. La campagne appelant HSBC à se désengager des entreprises complices a reçu un élan décisif lorsque Palestine Solidarity Campaign et d’autres groupes ont adhéré, piquetant les succursales de la banque au Royaume-Uni pour ses relations avec Elbit et d’autres sociétés.

 

HSBC a une « Politique relative au secteur des équipements de défense » spécifiant que la banque ne fournirait pas de services financiers aux entreprises impliquées dans la production ou la vente d’armes à sous-munitions. Les militants ont souligné que son implication dans Elbit Systems, même si elle s’affirmait depuis longtemps «au nom de ses clients», violait cette politique ainsi que les Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.

 

Selon des rumeurs, Elbit Systems serait sur une liste actuellement dressée par le Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies sur les entreprises qui violent le droit international en soutenant l’entreprise israélienne illégale de colonisation.

 

Ryvka Barnard, responsable de la campagne sur le militarisme et la sécurité chez War on Want, a déclaré:

«HSBC a fait un premier pas positif en désinvestissant d’Elbit Systems, le fabricant réputé de drones, d’armes chimiques, de systèmes d’artillerie à bombes à fragmentation et d’autres technologies utilisées lors d’attaques contre des civils palestiniens, et de militarisation des murs et des frontières dans le monde entier. Faire des affaires avec des entreprises telles qu’Elbit, c’est profiter de la violence et des violations des droits humains, ce qui est à la fois immoral et contraire au droit international.  »

«Toutefois, HSBC continue de traiter avec plus d’une douzaine de sociétés vendant du matériel et des technologies militaires, notamment Caterpillar, dont les bulldozers sont utilisés pour la démolition de maisons et de biens palestiniens, et BAE Systems, dont les armes sont utilisées pour les crimes de guerre par Israël, l’Arabie saoudite et d’autres régimes répressifs.  »

 

Ben Jamal, directeur de la Palestine Solidarity Campaign (PSC) a déclaré:

«Cette annonce est la preuve positive que les campagnes collectives fonctionnent. Des centaines de personnes à travers le Royaume-Uni, y compris de nombreux membres et comités de la PSC, ont contribué à pousser HSBC à se séparer d’Elbit, au moyens de piquets de grève, de campagnes par mèls et d’autres actions conçues pour faire pression sur la compagnie. L’annonce de HSBC démontre l’efficacité du boycott, du désinvestissement et des sanctions en tant que tactique contre le mépris constant par Israël du droit international et des droits de l’homme. Nous appelons maintenant HSBC à rester fidèle au principe de l’investissement éthique en coupant les liens avec toutes les entreprises qui soutiennent le régime militaire israélien.  »

 

Contacts presse:
Ryvka Barnard (War on Want): rbarnard@waronwant.org / 07983 550 728
Hope Worsdale (Palestine Solidarity Campaing) media@palestinecampaign.org / 07590862268

Notes aux rédacteurs:

– Le 23 décembre 2018, HSBC a confirmé sa décision et en a informé par courrier électronique War on Want et la Palestine Solidarity Campaign.

– Les participations de HSBC dans Elbit Systems ont été révélées pour la première fois dans le rapport de ‘Deadly Investments’ de War on Want en juillet 2017, puis ont été suivies d’une lettre à la société détaillant la complicité d’Elbit dans la violence et exigeant un désinvestissement en septembre 2018.

– Pour plus d’informations sur Elbit Systems et l’exclusion d’Elbit par des fonds de pension et d’investissement, voir la base de données  ‘Investigate’.

– Les membres de Palestine Solidarity Campaign et d’autres militants ont organisé des piquets de grève mensuels dans les succursales HSBC HSBC du Royaume-Uni, appelant HSBC à se séparer d’Elbit et d’autres sociétés armant Israël, dans le cadre de la campagne «Arrêtez d’armer Israël».

– Pour plus d’informations sur la liste des entreprises impliquées dans les colonies israéliennes illégales par le Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies et sur les rumeurs concernant la présence d’Elbit sur cette liste, voir cet article ainsi que les questions et réponses les plus récentes sur la liste.

– HSBC fait suite à d’autres entreprises et organisations qui ont cherché cette année à réduire ou à supprimer leurs liens avec les crimes de guerre et autres violations des droits des Palestiniens, notamment Airbnb, les Quakers de Grande-Bretagne et l’Université de Leeds.

 

Banking giant HSBC divests from Israeli arms manufacturer following pressure from human rights campaigners

Traduction : JPB pour BDS France

Source: Waronwant




Protests increase against AXA, complicit in apartheid! National week of action in France, 10 to 15 December 2018

BDS France, SumOfUs
19 December 2018

The week of action from 10 to 15 December was an important stage of this campaign.

BDS France activists had already demonstrated in fifteen cities on 10 February to demand that AXA stop investing in three Israeli banks that contribute to the colonisation of the West Bank and stop investing, through its subsidiary AB (AllianzBernstein) in Elbit Systems, it being one of the Israeli weapons companies most heavily involved in the criminal, illegal attacks on the Palestinian people.

Since then our demonstrations have continued, and we have been joined by the international movement SumOfUs, which launched the petition that obtained 140,000 signatures.

Together we protested on 25 April in Paris during the General Assembly of AXA shareholders.

While investigating AXA’s violation of its own ethics charter, we discovered that its complicity in Israeli apartheid is more extensive than we had stated back in February: it concerns not three but five banks, and AXA is in fact a direct investor in Elbit Systems.

Since February there have also been the Israeli army’s massacres of non-violent demonstrators in Gaza taking part in the marches for the right of return (stipulated in UN Resolution 194), and the Israeli parliament’s adoption of a law, with constitutional status, which legalised the apartheid regime.

It is in this context that we launched the national week of action, an initiative which had a large impact, with over 20 cities and towns* in France taking part.

Dossiers about the complicity in violations of international law and human rights were delivered to numerous AXA agencies and our discussions with many agents showed that they are sensitive to the issue of the AXA group’s investment policies; members of the public who talked to us were equally interested in the issue and signed the postcards/petition addressed to the AXA president; the AXA agents’ trade union was also informed of the situation.

We are still ready and willing to meet the AXA management, which persists in ignoring our letters.
Our demonstrations will continue and intensify until AXA abides by its ethics charter, which is based on the UN Global Compact which stipulates that companies must not be complicit in violations of international law and human rights!

* including Albertville – Argenteuil – Clermont-FerrandGrenoble – Lille – LyonMartigues/MarseilleMetzMillauMontargisMontpellierNîmes – Orléans – Paris – Rennes – Saint-ÉtienneSaint-NazaireSoissonsStrasbourg – Toulouse



Semaine d’action nationale du 10 au 15 décembre : La mobilisation contre AXA complice de l’apartheid israélien se renforce !

BDS France, SumOfUs, le 19 octobre 2018

Cette semaine s’est déroulée du 10 au 15 décembre et a été une étape importante.

Les militant-e-s de BDS France s’étaient déjà mobilisés le 10 février dans 15 villes pour exiger d’AXA de cesser d’être actionnaire dans trois banques israéliennes contribuant à la colonisation de la Cisjordanie et de participer par sa filiale AB (Allianz Bernstein) au capital d’Elbit Systems, qui est l’une des entreprises d’armement israéliennes les plus impliquées dans les agressions criminelles et illégales contre le peuple palestinien.

Depuis lors notre mobilisation a continué.

Le mouvement international SumOfUs a rallié cette mobilisation et a lancé la pétition qui a recueilli 140 000 signatures.

Nous sommes intervenus le 25 avril lors de l’Assemblée Générale des actionnaires d’AXA.

Poursuivant notre enquête sur les violations de sa charte éthique, nous avons appris que la complicité d’AXA avec l’apartheid israélien est plus forte que ce que nous affirmions en février : elle concerne cinq banques et une participation également directe d’AXA au capital d’Elbit Systems.

Depuis février il y a eu aussi les massacres de l’armée israélienne contre les manifestant-e-s non violent-e-s de Gaza participant aux marches pour le droit au retour (inscrit dans la résolution 194 de l’ONU), et une loi à valeur constitutionnelle du 19 juillet du parlement israélien a officialisé le régime d’apartheid.

C’est dans ce contexte que nous avons lancé une semaine d’action nationale, du 10 au 15 décembre. Cette initiative a eu un impact important, près de 20 villes* en France s’étant mobilisées.

Des dossiers sur les complicités de violations du droit international et des droits humains ont été remis à de nombreuses agences ; les discussions avec de nombreux Agents Généraux ont montré qu’ils sont sensibles à la politique d’investissement du groupe AXA ; le public rencontré s’est comme souvent montré sensible à la question et a voulu signer les cartes postales / pétitions au président d’AXA que nous proposions, le syndicat professionnel des agents d’AXA a été informé de la situation…

Nous sommes toujours disposé-e-s à rencontrer la direction d’AXA, qui persiste encore à ignorer nos courriers.

Notre mobilisation continuera et s’amplifiera jusqu’à ce qu’AXA se conforme à sa charte éthique, qui se base sur le Pacte Mondial des Nations Unis et prescrit clairement de ne pas se rendre complice des violations du droit international et des droits humains !

*dont: Albertville – Argenteuil – Clermont-FerrandGrenoble – Lille – LyonMartigues/MarseilleMetzMillauMontargisMontpellierNîmes – Orléans – Paris – Rennes – Saint-ÉtienneSaint-NazaireSoissonsStrasbourg – Toulouse




La « saison » de propagande France-Israël se termine en fiasco

Ali Abunimah – 3 décembre 2018

Des militants manifestent le 30 novembre à Paris devant le siège de la télévision publique française, exhortant le diffuseur à ne pas « blanchir l’apartheid israélien en transmettant le prochain concours de l’Eurovision » (BDS France)

Un énorme travail de propagande, sponsorisé par les gouvernements français et israélien, a été un échec, ont reconnu les responsables israéliens.

La dite Saison France-Israël  était constituée de centaines d’événements « culturels » soutenus par les deux gouvernements, se déroulant sur six mois jusqu’à la fin novembre.

« Nous espérions que la culture aurait un impact diplomatique. Nous avons mis des sommes énormes dans cette opération, qui n’a eu aucun succès concernant l’image d’Israël en France », a dit la semaine dernière au journal Le Monde une source diplomatique israélienne.

BDS France, association qui soutient la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions, célèbre la reconnaissance de cet échec comme une victoire du militantisme pour la défense des droits des Palestiniens.

La Saison France-Israël a été une tentative « d’opération de blanchiment, pour laver l’État d’Israël de ses crimes contre le peuple palestinien, ses constantes violations du droit international et des droits de l’Homme universels», a déclaré samedi BDS France, faisant remarquer que des dizaines d’artistes français, dont le légendaire réalisateur Jean-Luc Godard, avaient déclaré qu’ils n’y coopéreraient pas.

« Le public français n’est pas tombé dans le panneau et la propagande ne marche plus du tout », a ajouté BDS France. « Les défenseurs et complices de l’apartheid israélien sont de plus en plus isolés, et notre solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la campagne BDS est plus forte que jamais. »

Les militants ont tenu des rassemblements contre les événements de la Saison France-Israël dans tout le pays, et l’un des premiers événements programmés – à l’université de Lille – a alors dû être abandonné.

« Beaucoup de ces événements présentés en France dans le programme de la Saison France-Israël ont eu lieu devant un maigre public », a dit BDS France. « Les préparatifs se sont déroulés dans une semi-clandestinité et les événements ont été annoncés à la dernière minute, tant les deux gouvernements craignaient des manifestations publiques. »

Rebuffade française

S’est ajouté à la déception d’Israël, selon Le Monde, le fait que le président Emmanuel Macron n’a pas tenu sa promesse d’aller en Israël pendant la saison.

En juin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a eu droit à un accueil sur tapis rouge de la part de Macron pour l’ouverture à Paris au Grand Palais de la Saison France-Israël.

Cependant, des manifestants traitant Netanyahu de criminel de guerre et accusant Macron d’être son complice ont réussi à bloquer les Champs Élysées.

A la cérémonie d’ouverture, Macron avait promis d’aller en Israël pendant la Saison France-Israël, mais cela s’est conclu par une défection.

A l’irritation d’Israël, s’est ajouté le fait que le Premier ministre français Edouard Philippe a lui aussi annulé son projet d’assister à l’ouverture de la saison conjointe en Israël.

Bien que des difficultés d’emploi du temps aient été alléguées pour l’expliquer, Philippe est revenu sur sa promesse de faire ce voyage en automne, et il n’y a toujours pas de date dans son agenda pour y satisfaire.

Bien que la Saison France-Israël ait été lancée avec fracas, elle s’est achevée dans l’expression d’un gémissement, alors que seul le ministre français de la Culture, et aucun responsable israélien de haut rang, assistait le 29 novembre à la cérémonie de clôture à Tel Aviv.

La rebuffade du gouvernement français est signe qu’il se sent incapable d’ignorer ce que ressent le public, malgré la politique résolument pro-israélienne de l’administration Macron.

Manifestations contre l’Eurovision

Après la campagne réussie contre la Saison France-Israël, BDS France a déclaré que sa « prochaine étape, c’est la mobilisation contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël ».

Des manifestations se sont poursuivies à travers l’Europe pour ne pas autoriser Israël à accueillir la prochaine édition du célèbre concours de chansons.

Le 30 novembre, des militants ont manifesté à Paris dans les locaux de la télévision publique française, exhortant le diffuseur à ne pas « blanchir l’apartheid israélien en transmettant le prochain concours de l’Eurovision ».

En Grande Bretagne, des militants ont tenu des rassemblements similaires devant les locaux de la BBC à Londres et à Manchester.

 

Et il y a déjà eu des manifestations le mois dernier à l’extérieur des concerts de Netta Barzilai, gagnante pour Israël de l’Eurovision 2018, largement utilisée en tant qu’élément des efforts de propagande internationale, officiellement soutenus, du pays.

 

Même l’Organisation de Libération de la Palestine, qui est sous le contrôle du chef de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, longtemps opposée au mouvement BDS, tente de s’y rallier – même si c’est de façon limitée.

L’OLP a demandé à l’Union Européenne de Radio-Télévision, organisme international qui produit l’Eurovision, de ne pas diffuser le concours dans les colonies israéliennes de la Cisjordanie occupée.

Il n’est pas certain qu’empêcher sélectivement la diffusion dans les seules colonies israéliennes soit même techniquement réalisable.

« Donner à Israël le privilège d’héberger l’Eurovision 2019 équivaut à l’en récompenser et à l’aider à dissimuler ses décennies d’occupation militaire et ses graves violations des droits nationaux et fondamentaux des Palestiniens », a déclaré la semaine dernière Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’OLP contrôlé par Abbas.

« A tout le moins, l’Union Européenne de Radio-Télévision (EBU) doit s’assurer que les colonies illégales d’Israël dans tout le territoire palestinien occupé soient strictement exclues de toute diffusion des activités de l’Eurovision. »

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : The Electronic Intifada




L’impact de BDS en 2018

BNC | 29 novembre 2018

Cher supporteur,

Aujourd’hui, c’est la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, et nous célébrons les avancées extraordinaires que le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens a obtenues avec votre soutien. Nous dévoilons les crimes et la politique d’apartheid d’Israël et nous organisons une pression pour y mettre fin.

S’il vous plait,  faites un don pour nous aider à faire encore mieux l’année prochaine.

Voici simplement quelques faits saillants de l’impact direct et indirect de BDS en 2018 :

  •  Juste la semaine dernière, Airbnb a décidé de ne plus profiter des colonies israéliennes tout à fait illégales sur la terre volée aux Palestiniens. Ceci faisait suite à une campagne internationale menée par la coalition d’organisations #StolenHomes (maisons volées), affiliée au mouvement BDS pour les droits des Palestiniens, et des organisations de défense des droits de l’Homme.
  •  Plus tôt ce mois-ci, Ilhan Omar est entrée dans l’histoire en devenant le premier membre du Congrès américain à souscrire publiquement à BDS en séance.
  •  Rashida Tlaib, première femme palestino-américaine élue au Congrès, a fait l’éloge du mouvement BDS et a soutenu la réduction de l’aide militaire américaine à Israël.
  •  Des mobilisations à travers le monde ont convaincu l’équipe nationale de football d’Argentine, menée par son capitaine Lionel Messi, à annuler sa rencontre amicale avec Israël.
  •  La chanteuse vedette Lana Del Rey est devenue l’une des 19 artistes à se retirer du Festival Meteor d’Israël, après que des milliers de fans et de militants du monde entier l’ait exhortée à respecter l’appel au boycott des Palestiniens. Shakira et Lorde font partie des autres grandes artistes qui ont annulé leurs concerts cette année en Israël. Plus de 100 DJ et artistes de musique électronique ont rejoint le boycott culturel sous le #DjsForPalestine.
  •  D’importantes organisations du mouvement des femmes indiennes, qui représentent plus de 10 millions de femmes, ont souscrit au mouvement BDS et réclamé la libération de tous les enfants palestiniens prisonniers.
  • Amnesty International a appelé à un embargo sur les armes pour Israël. Elle a dénoncé les États Unis et l’Union Européenne pour leurs accords militaires avec Israël et les a tenus pour responsables de « l’alimentation de violations massives » des droits fondamentaux des Palestiniens.
  •  Le Parti Travailliste britannique a récemment voté le gel des ventes d’armes à Israël. En Irlande, un ministre d’État et 50 députés irlandais ont appelé l’Irlande à cesser de fournir des armes à Israël. Plus tôt, Dublin est devenue la première capitale européenne à souscrire à BDS pour les droits des Palestiniens.
  •  Des parlementaires d’Espagne et du Portugal ont pris position pour les droits des Palestiniens et ont dénoncé les crimes de guerre d’Israël et sa loi raciste « d’État-nation du peuple juif ». Plusieurs villes d’Italie et l’État espagnol ont appelé à un embargo des armes sur Israël.
  •  Le Mouvement Black lives matter  a émis une vigoureuse déclaration de solidarité avec le peuple palestinien et a appelé les États Unis à mettre fin à son aide militaire annuelle de 38 milliards de dollars à Israël.
  •  40 organisations internationales juives pour la justice sociale reconnaissent que le mouvement BDS a un engagement reconnu dans le « combat contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme et de fanatisme ». Elles condamnent les tentatives pour étouffer la critique de la politique israélienne.
  •  Le Prix Nobel 2018 de Chimie, le professeur George P. Smith, a exprimé son soutien au mouvement BDS et à la baisse de l’aide militaire américaine à Israël.
  •  Adidas a cessé de parrainer l’Association de Football d’Israël (IFA), qui comprend des équipes basées dans les colonies illégales construites sur la terre volée aux Palestiniens, à la suite d’appels venus de plus de 130 clubs de sport palestiniens.
  •  Des syndicalistes et des militants des droits de l’Homme de Tunisie et du monde arabe ont obligé la compagnie maritime israélienne Zim à suspendre ses trajets vers la Tunisie.
  •  La Fédération Canadienne des Étudiants, qui représente plus de 500.000 étudiants, vient de voter à son Assemblée Générale annuelle le soutien au mouvement BDS.
  •  Leeds est devenue la première université britannique à se désinvestir de sociétés impliquées dans le commerce des armes avec Israël, suivant ainsi une campagne BDS par des militants de la solidarité avec la Palestine. L’université a désinvesti plus de 1.2 million de dollars d’avoirs de corporations qui font du commerce de matériel militaire avec Israël.
  •  Les Quakers sont devenus la première église du Royaume Uni à dire qu’elle « n’investira dans aucune société qui profite de l’occupation [militaire israélienne] ». Récemment, plusieurs églises américaines ont elles aussi voté le désinvestissement des sociétés israéliennes et internationales complices des violations des droits fondamentaux des Palestiniens par Israël.
  •  Depuis l’Afrique du Sud,Nkosi Zwelivelile Mandela, membre du parlement et petit-fils de Nelson Mandela, a affirmé le rôle essentiel joué par BDS pour mettre fin à l’apartheid israélien.

S’il vous plait faites un don à votre collecte de fonds de fin d’année, et aidez notre mouvement à devenir encore plus fort l’année prochaine.

Ensemble nous pouvons, et nous réussirons à faire des mots « liberté, justice et égalité » non pas une aspiration, mais une réalité.

Solidairement,

Omar Barghouti

Comité National BDS (BNC) palestinien

Le Comité National BDS palestinien (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Elle conduit et soutient le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits des Palestiniens.

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : BNC




Saison croisée France Israël : l’apartheid fait un bide!

 

[English below]

La Campagne BDS France, le 1er décembre 2018

La Saison croisée France Israël devait être un grand événement en l’honneur de la coopération culturelle, scientifique, gastronomique, etc … entre la France et Israël.

Ses promoteurs voulaient faire de cet évènement une opération pour blanchir l’État d’Israël de ses crimes contre le peuple palestinien, de ses violations constantes du droit international et des droits humains universels. Ce que nous avons dénoncé, avec des dizaines d’artistes et de structures artistiques françaises.

Le but de cette saison était pour les autorités israéliennes (et françaises!) de façonner  et d’imposer une « image » attractive, et conviviale : celle d’un État à la pointe du high tech, ouvert aux échanges, à la diversité culturelle, aux critiques et à des courants dissidents, et même respectueux des droits humains. Mais l’année 2018 restera comme celle du vote de la loi fondamentale de l’état-nation, qui donne à l’apartheid un statut constitutionnel et celle de massacres à Gaza contre des manifestant-e-s mobilisé-e-s pour le droit au retour – et dont beaucoup ont été délibérément estropiés par les tirs de l’armée israélienne.

BDS France est intervenue dès le premier évènement labellisé « Saison France Israël » : à l’Université de Lille 1, le 11 février dernier, et a dénoncé, avec le soutien de nombreux universitaires, l’exposition « Escale israélienne » qui a dû être annulée.

80 artistes dont Jean-Luc Godard ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à la Saison France-Israël.

Puis les mobilisations contre les évènements programmés se sont poursuivies dans différentes villes dont (par ordre alphabétique) : Choisy-le-Roi, Lyon, Marseille, Montpellier, Paris, Perpignan, Rennes, Strasbourg, Toulouse.

Le jour de l’inauguration officielle de la Saison croisée, alors que le Président Macron et le Premier ministre Netanyahou se rencontraient au Palais de la Découverte, notre manifestation sur les Champs Élysées a fait entendre la colère et le refus de cette opération.

Dans le registre de la prétendue ouverture d’Israël aux courants dissidents, plusieurs mobilisations ont démasqué le discours manipulateur d’Ohad Naharin, animateur de la Batsheva Dance Company, ainsi que cet article dans le journal Politis .

L’apothéose a été la représentation de cette troupe à la Maison de la danse à Lyon le 28 novembre dernier : des militants sont intervenus sur scène avec des pancartes « On ne danse pas avec l’apartheid ! » et ont été applaudis par le public!

En parallèle une saison alternative présentant des évènements de solidarité avec le peuple palestinien et intitulée « 2018 Le Temps de la Palestine » a rallié un public important​ sans aucun soutien institutionnel. Plus de 5000 personnes et des centaines de groupes ont organisé plus de 1000 événements labellisés du nom de cette campagne dans plus de 100 villes et villages de France. ( voir aussi la page Facebook:  2018 – Le Temps de la Palestine).

Maintenant, rideau ! : c’est l’heure des bilan​s …​

Beaucoup d’évènements dans le cadre de cette Saison croisée ont eu peu d’audience.​ La préparation et les annonces de la Saison ont du se faire quasi clandestinement  et toujours en dernière minute,  tant  les deux gouvernements associés craignaient les réactions de protestation.

L’article de Piotr Smolar dans Le Monde du 30 novembre rapporte la ​​déception du gouvernement israélien.

Israël s’alarme de la faible résonance de la saison France Israël !

« On espérait que la culture aurait un impact diplomatique. On a mis énormément d’argent dans cette opération pour zéro succès, en ce qui concerne l’image d’Israël en France et celle de la France ici », explique une source diplomatique.

​Mais la société française ne marche pas dans la combine, et la propagande ne passe plus.

L​es défenseurs et les complices de l’apartheid israéliens sont de plus en plus isolés !

Notre solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la campagne BDS ​  en sort renforcée ​!

Et la prochaine étape, c’est la mobilisation contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël !​ ​

La Campagne BDS France

www.bdsfrance.org – campagnebdsfrance@yahoo.fr

FRANCE-ISRAEL SEASON: WHAT A FLOP!

BDS France Campaign, 1 December 2018

The six-month “France-Israel Season” was supposed to be a big celebration of cultural, scientific, gastronomic cooperation…. between France and Israel.

Its promoters wanted to turn this series of events into a whitewashing operation, cleansing the State of Israel of its crimes against the Palestinian people, its constant violations of international law and universal human rights; an operation denounced by us along with dozens of French artists.

For the Israeli (and French) authorities, the aim of this “season” was to fabricate an attractive, convivial image of a State at the cutting edge of high tech, open to exchanges and cultural diversity, open to criticism and dissident movements, and even respectful of human rights. But 2018 will for ever remain as the year of the “nation state” law, giving apartheid a constitutional status, the year when Palestinians in Gaza demonstrating for the right of return were massacred or deliberately maimed by the Israeli army.

The first “France-Israel Season” event announced was an exhibition entitled “Israeli Stopover” at the University of Lille. BDS France denounced it, with the support of numerous academics, and the exhibition was cancelled.

80 artists including Jean-Luc Godard publicly declared that they would not participate in the France-Israel Season.

Demonstrations against scheduled events took place in Choisy-le-Roi, Lyon, Marseille, Montpellier, Paris, Perpignan, Strasbourg and Toulouse.

On the day when President Macron and Prime Minister Netanyahu officially inaugurated the Season at the Palais de la Découverte in Paris, our demonstration on the Champs Elysées displayed the anger at and rejection of this operation.

In the context of the claimed openness of Israel to dissident views, the manipulative statements of Ohad Naharin, choreographer of the Batsheva Dance Company, were unmasked during several demonstrations, and by this article in Politis.

The high point of the protests against the Batsheva troupe came during its peformance in Lyon on 28 November, when activists got on to the stage, brandishing “Don’t dance with apartheid!” placards, and were applauded by the public.

Throughout 2018 an alternative “season” took place, a series of events tied to solidarity with the Palestinian people and entitled “ 2018 Le Temps de la Palestine”, which attracted a large public. More than 5,000 people and hundreds of groups organised over 1,000 events in more than 100 towns and villages in France (cf. Facebook page 2018 – Le Temps de la Palestine ).

Now that the curtain has come down, it’s time to assess the results….

Many of the events held in France as part of the France-Israel Season took place before a small audience. Preparations were carried out in a semi-clandestine manner and events were announced at the last minute, so much did the two governments fear public protests.

The Season is now over and Israel is dismayed that it did not have the desired effect.

An article in Le Monde of 30 November reports on the disappointment of the Israeli government

We were hoping that culture would have a diplomatic impact. We put an enormous amount of money into this operation, which had zero success regarding Israel’s image in France, or that of France here”, explained an Israeli diplomatic source.

The French public didn’t fall for the ruse and the propaganda doesn’t work any more. The defenders and accomplices of Israeli apartheid are increasingly isolated, and our solidarity with the Palestinian people in the framework of the BDS campaign is stronger than ever.

The next step is mobilisation against the holding of Eurovision 2019 in Israel!

 

BDS France Campaign

www.bdsfrance.org – campagnebdsfrance@yahoo.fr

 

 




Le corps enseignant de Pitzer vote en faveur du soutien au mouvement BDS pour les droits palestiniens

27 novembre 2018 / Par Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)

Le corps enseignant du Pitzer College en Californie a massivement voté en faveur de deux motions soutenant le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour les droits palestiniensAlors que les attaques d’Israël contre le système éducatif palestinien augmentent, professeurs et étudiants défendent les droits palestiniens.

Plus tôt ce mois-ci, les enseignants du Pitzer College en Californie ont massivement voté en faveur de deux motions soutenant le mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour les droits palestiniens.

Dans la première motion, les enseignants ont rejeté une décision prise l’an dernier par le président et les administrateurs de Pitzer1 de rendre nulle une résolution du Conseil des étudiants soutenant BDS. Cette résolution du Conseil des étudiants, adoptée en avril 2017, visait à empêcher qu’une subvention pour des activités étudiantes soit utilisée pour acheter des biens d’entreprises complices dans l’occupation militaire illégale des territoires palestiniens par Israël.

Dans la deuxième motion, les enseignants ont appelé le Pitzer College à suspendre le programme d’échange universitaire avec l’université de Haifa jusqu’à ce qu’Israël cesse de restreindre l’admission selon l’ascendance ou les discours politiques et « adopte des politiques accordant des visas pour des échanges avec les universités palestiniennes sur une base totalement égale à ce qui se fait pour les universités israéliennes ».

Daniel Segal, Jean M. Pitzer Professeur d’anthropologie et professeur d’histoire, a expliqué :

« En tant que corps enseignant de Pitzer, nous avons massivement voté pour exprimer qu’il est inacceptable que le président de notre université et son conseil d’administration violent l’autonomie du conseil des étudiants dans le contrôle de ses fonds, en ciblant, comme base à cette interférence, les inquiétudes des étudiants à propos de la relation de Pitzer à la Palestine et à Israël. C’est la première fois dans l’histoire de l’université qu’il y a une tentative pour déroger à l’autonomie des étudiants quand ils décident comment accorder leurs subventions. C’est antidémocratique et contre tous les principes. Le conseil de Pitzer essaie d’appliquer une « exception palestinienne » à la libre expression.

Ce qui est important ici n’est pas seulement le résultat, qui est un soutien clair du corps enseignant en faveur des droits palestiniens. Ce qui est aussi important est que les enseignants de Pitzer ont voté après s’être informés des réalités de la vie des Palestiniens et des politiques et pratiques de l’état israélien. Mes collègues de Pitzer ont, pour résumer, rempli leurs responsabilités en tant qu’intellectuels. »

Samia Botmeh, professeure et doyenne à l’université Birzeit en Cisjordanie palestinienne occupée et responsable militante dans la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), a déclaré :

« Les enseignants et les étudiants de l’université Pitzer défendent les droits palestiniens à un moment critique. Les attaques d’Israël contre l’éducation palestinienne ne sont pas nouvelles, mais dans les deux dernières années, elles n’ont fait qu’augmenter.

J’ai des collègues avec des passeports étrangers, dont des professeurs chevronnés enseignant à mon université depuis des années, qui se sont vus refuser des visas ou des renouvellements de visas. Israël contraint les universitaires enseignant en Palestine occupée à abandonner leurs vies et leurs étudiants. Beaucoup d’entre eux ont des origines palestiniennes, tous sont confrontés à la menace d’être expulsés à cause de leur origine ethnique ou de leur engagement pour l’éducation palestinienne.

Israël repousse aussi beaucoup de nos étudiants internationaux aux frontières, les empêchant de s’inscrire à des cours ou de continuer leurs études en Palestine.

La répression par Israël de la liberté universitaire palestinienne et la perturbation de l’éducation palestinienne font partie intégrante du régime militaire qui nous est imposé et des efforts pour contrôler chaque aspect de notre vie.

Il est réconfortant de voir des collègues universitaires du monde entier se dresser à cette occasion pour s’assurer que ni eux, ni leurs institutions ne soient complices de ce dommage à l’éducation et à la vie des Palestiniens. C’est une responsabilité professionnelle et éthique. »

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël a été lancé en 2004 afin de contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité palestiniennes. PACBI plaide pour un boycott des institutions universitaires et culturelles israéliennes, étant donné leur profonde et persistance complicité avec le déni par Israël des droits palestiniens, tels qu’ils sont stipulés par le droit international.

1 Pitzer est un College au sens américain, c’est-à-dire un établissement d’enseignement supérieur de premier cycle.

Source: PACBI

Traduction: C.G pour BDS France




Décision d’Airbnb de quitter les colonies illégales d’Israël : une victoire partielle pour les droits humains et contre l’impunité

Le 20 novembre 2018

Par le Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC) / États-Unis

Nous saluons la décision d’Airbnb de cesser ses activités commerciales dans les colonies illégales d’Israël en territoire palestinien occupé, suite à une campagne mondiale menée par Human Rights Watch et un certain nombre d’organisations affiliées au mouvement BDS pour les droits des Palestiniens.

C’est un premier pas dans la bonne direction qu’Airbnb cesse de profiter du vol par Israël des terres appartenant aux autochtones palestiniens et de leurs ressources naturelles.

Airbnb, cependant, se contredit en ne supprimant pas de ses listes les biens situés dans des colonies israéliennes illégales à Jérusalem-Est occupé, y compris dans la Vieille-Ville. Toutes les colonies israéliennes dans des territoires palestiniens – et syriens – constituent des crimes de guerres selon le droit international. Jérusalem-Est ne fait pas exception.

Le tourisme socialement responsable et les pèlerinages devraient exclure tout logement illégal. L’industrie israélienne du tourisme utilise les maisons volées à des réfugiés palestiniens, par exemple, comme hôtels, chambres à louer, restaurants et autres.

La campagne contre Airbnb devrait continuer jusqu’à ce que la compagnie respecte entièrement ses obligations en matière de droits humains.

Nous reconnaissons aussi le rôle d’Airbnb au niveau mondial dans la détérioration systématique du droit au logement et du travail syndiqué dans le secteur hôtelier. Nous sommes solidaires avec ceux qui s’organisent pour que la compagnie rende des comptes sur ces sujets.

Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC)

Le Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC) est la plus grande coalition au sein de la société civile palestinienne. Il mène et soutient le mouvement mondial Boycott, Désinvestissement et Sanctions movement pour les droits des Palestiniens.

Traduction : MUV pour BDS France
Source : The Palestinian BDS National Committee (BNC), États-Unis




Ohad Naharin et le ballet israélien Batsheva : rétablir quelques vérités

Le débat sur le boycott culturel d’Israël rebondit autour de l’attitude controversée du chorégraphe Ohad Navarin.

De nombreux articles de la presse nationale ont donné la parole à Ohad Naharin, le directeur du ballet israélien Batsheva, à l’occasion de sa tournée dans le cadre de la «saison croisée France-Israël».

Cette saison est contestée par la Campagne BDS France comme par de nombreux artistes français qui dénoncent une opération de blanchiment du régime israélien par la culture. Ces articles tendent tous à présenter Ohad Naharin comme un opposant au régime israélien victime à tort du boycott culturel, ce qui est très discutable au vu des faits.

Certains tendent aussi comme l’article de Libération du 17 octobre dernier (1) à dévaloriser la campagne BDS en France, indiquant par exemple que « les menaces sont plus virulentes cette année ». Les journalistes veulent sans doute parler des manifestations organisées par BDS, mouvement non violent qui informe et dénonce, et le terme est donc impropre.

L’argument aussi avancé est que Naharin dénonce dans des discussions avec le public, l’occupation israélienne et un certain racisme dans la société israélienne. Cela n’est pas contestable, ici en Europe, mais il serait difficile de trouver un mot de lui dénonçant dans son pays les innombrables violations des droits humains et du droit international de son pays .

Naharin prétend qu’il ne pourrait pas engager sa troupe s’il n’acceptait pas le cadre institutionnel israélien, en arguant du fait que, comme tout citoyen israélien, il paye des impôts. Or ce n’est pas ce qui lui est reproché. La troupe Batsheva qu’il dirige est en réalité financée de manière importante par l’État israélien mais également par des entreprises soutenant l’occupation et la colonisation (2).

Un régime d’apartheid

Tout ceci alors qu’en ce moment même, le régime israélien tue et estropie à Gaza sous blocus des centaines de manifestants désarmés, mobilisés pour le droit au retour. Bathseva accepte de représenter officiellement, dans le cadre de la saison croisée France-Israël par exemple, le régime qui veut raser le village bédouin de Khan al-Ahmar, poursuit la colonisation et instaure, de la Méditerranée au Jourdain, un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien, en constante violation du droit international.

Naharin pourrait, vue sa notoriété et celle de sa compagnie, présenter ses spectacles partout où il le souhaite sans le sceau d’Israël, et ne serait alors pas contesté comme c’est déjà le cas pour de nombreux artistes israéliens. Un artiste qui a une conception éthique de son travail ne peut pas moralement à la fois critiquer un État infréquentable et le représenter : il lui faut choisir, sauf à passer pour hypocrite et ou opportuniste.

Naharin pourrait s’inspirer de son collègue, le chorégraphe israélien Emmanuel Gat, qui a projeté des messages sur la situation humanitaire catastrophique dans la bande de Gaza, dans le cadre de son dernier spectacle au Festival d’Avignon. Il pourrait aussi considérer le choix du metteur en scène et comédien Tiran, qui a quitté Israël cet été en déclarant qu’à ses yeux l’appel au boycott culturel d’Israël était légitime.

La posture d’Ohad Naharin est d’autant plus intenable qu’il prétend apparaître comme un opposant politique, tout en servant de vitrine au régime israélien, propageant ainsi l’illusion qu’Israël est une démocratie ouverte même à ses opposants. Sa productrice, qui précise dans l’interview du 17 octobre précité, que « les arts sont traditionnellement dans l’opposition, et notre devoir est justement de prendre l’argent de ce ministère, qui n’a pas le pouvoir de nous censurer, pour prendre la parole », ne peut ignorer la censure subie par de nombreux spectacles et théâtres palestiniens d’Israël. Démocratie pour les uns… Au moment où le régime examine la possibilité de pénaliser les militants du BDS par une peine de sept ans de prison, cette posture est une imposture.

La normalisation des relations avec l’État d’Israël est tout aussi intolérable aujourd’hui qu’elle l’était hier avec l’Afrique du Sud de l’Apartheid.

(1) Voir ici.

(2) Voir ici.

Publié par la Campagne BDS France dans Politis, le 23 octobre 2018




Le droit à l’appel au boycott reconnu par la Cour d’appel de l’Angleterre et du pays de Galles

|Ghislain Poissonnier |

La Cour d’appel de l’Angleterre et du pays de Galles (Division civile) a rendu le 3 juillet 2018 un arrêt dans une affaire opposant l’association « Jewish Human Rights Watch » à la mairie de Leicester. La Cour estime que l’appel au boycott des produits des colonies israéliennes, même lancé par un conseil municipal, relève de la liberté d’expression politique et n’y voit aucune incitation à la discrimination raciale (texte de l’arrêt).

L’affaire porte sur la légalité de la résolution adoptée par le conseil municipal de Leicester le 13 novembre 2014. La résolution appelle « au boycott de tout produit originaire des colonies israéliennes illégales de Cisjordanie jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international et se retire des territoires palestiniens occupés ». L’association « Jewish Human Rights Watch » demande à la justice anglaise d’annuler la résolution, en faisant valoir son caractère discriminatoire et les risques qu’elle comporterait vis-à-vis de la communauté juive de la ville, notamment en ce qu’elle conforterait l’idéologie du mouvement BDS.

Dans un jugement du 28 juin 2016, la Haute cour de justice (division administrative) considère que la résolution n’a pas violé la règlementation anglaise, notamment les lois relatives à l’égalité de 2010 et aux collectivités locales de 1988 (texte du jugement). L’arrêt du 3 juillet 2018 de la Cour d’appel confirme le jugement du 28 juin 2016.

L’arrêt rendu est commenté en anglais par le professeur Robert Wintemute (professeur de droits de l’homme au King’s College de Londres), dans un article publié dans la newsletter de septembre 2018 (p. 5) de l’association « British Committee for the Universities of Palestine » (BRICUP).

L’arrêt de la haute cour de justice d’Angleterre sera probablement lu avec intérêt par les juges de la Cour européenne des droits de l’homme. Ces derniers statueront dans les prochains mois sur le recours porté par des membres de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) contre deux arrêts de la chambre criminelle de la Cour de cassation française du 20 octobre 2015 qui pénalisent l’appel au boycott des produits israéliens.

Rapportée à la situation en France, une lecture attentive de l’arrêt du 3 juillet 2018 peut donner lieu à trois observations

- L’arrêt mentionne spécifiquement que les citoyens peuvent, dans le cadre de la liberté d’expression, appeler au boycott de produits. Il ajoute que l’appel au boycott de produits constitue un geste de solidarité politique bien connu vis-à-vis de groupes opprimés à l’étranger, comme cela a été le cas lors des appels au boycott des produits sud-africains durant la période de l’apartheid. Il considère que l’appel au boycott des produits formulé par les élus de Leicester ne constitue pas un appel à la discrimination raciale ou nationale, prohibé par la loi de 2010 sur l’égalité. La généralité de la formule retenue par la Cour ne laisse guère de place au doute. Si la résolution du conseil municipal ne porte que sur le boycott des produits des colonies israéliennes (illégales au regard du droit international), l’appel au boycott de tous les produits israéliens (y compris ceux qui ne sont pas issus des colonies) semble aussi devoir être protégé par la liberté d’expression.

- L’arrêt mentionne spécifiquement qu’un conseil municipal, constitué de conseillers municipaux élus par les citoyens, est en droit d’appeler au boycott de produits dans le cadre d’un geste de solidarité politique. En l’espèce, la résolution adoptée était de nature politique et relevait bien de la liberté d’expression. Selon la Cour, il est en outre constant, dans cette affaire, que la résolution adoptée est sans effet sur la politique d’achat et d’appel d’offres de la municipalité. L’arrêt ne se prononce pas sur le pouvoir des conseils municipaux ou des maires d’ordonner des mesures administratives de boycott, mais il semble bien que la réponse serait alors assez différente. En effet, l’arrêt souligne que le maire, en tant que chef de l’administration municipale, est soumis au respect d’une réglementation (celle de 1988 sur les collectivités locales et celle de 2010 sur l’égalité) qui pourrait lui interdire une pratique de boycott des produits israéliens pour les achats et les appels d’offres de la municipalité. En ce sens, l’arrêt ne se place pas en contradiction avec l’arrêt rendu le 16 juillet 2009 par la Cour européenne des droits de l’homme (n°10883/05 Willem c/ France}]), qui semble opérer une distinction entre l’appel au boycott relevant d’un choix du consommateur et du citoyen, et celui lancé par le responsable d’une administration publique qui est soumis à des obligations légales précises ( Voir §37 et 38 de l’arrêt).

- L’arrêt accorde une importance particulière aux éléments de contexte qui entourent l’appel au boycott. L’arrêt souligne que la résolution a été adoptée lors d’un débat au conseil municipal au cours duquel les partisans comme les opposants au texte ont pu s’exprimer. La résolution adoptée contient un préambule qui appelle au respect des valeurs de tolérance, diversité, unité et de non-discrimination, valeurs que les différentes communautés de la ville sont invitées à respecter. La résolution reconnait le droit à l’existence de l’Etat d’Israël. Et enfin, la résolution critique la politique israélienne de manière modérée et s’appuie sur des opinions ou décisions d’organismes internationaux. Pour la Cour, l’ensemble de ces éléments montre bien que le conseil municipal de Leicester ne peut être soupçonné d’avoir adopté un texte discriminatoire ou de nature antisémite.

Ainsi, après la Cour suprême américaine le 2 juillet 1982, voici donc que la plus haute Cour de justice d’Angleterre s’est prononcée en faveur d’un droit à l’appel au boycott des produits. Ces décisions ne sont finalement guère surprenantes, en ce qu’elles proviennent de juridictions d’Etats anglo-saxons où la tradition de l’appel au boycott est solidement ancrée dans les mœurs de la vie politique et militante. En France, où cette tradition est moins établie, la Cour de cassation a pour l’instant retenu une analyse différente, au détriment de la liberté d’expression.

L’émergence durable du mouvement BDS en France et de nouvelles pratiques citoyennes de boycott (Voir par exemple I-boycott) pourraient l’amener à reconsidérer sa position.

Ghislain Poissonnier, magistrat.

Source: AURDIP




Omar Barghouti, cofondateur de BDS : « Nous en perdons certaines, mais nous gagnons la plupart des batailles »

Pour Omar Barghouti, la campagne mondiale pour boycotter Israël est en bonne voie d’atteindre ses objectifs.

Omar Barghouti est un militant palestinien pour les droits de l’homme, auteur, et cofondateur du mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), la campagne mondiale pour le boycott d’Israël (Kevin van den pour Intal/Flickr)

Zahra Hankir – Middle East Eye – 29 novembre 2017

 

La semaine dernière, la Knesset d’Israël a adopté un vote préliminaire sur un projet de loi qui autorisera les Israéliens à intenter un procès à toute personne et tout groupe appelant au boycott des colonies de peuplement du pays. Avec cette loi, le demandeur n’a aucun besoin de prouver l’existence de dommages précis, et l’indemnisation pourra monter jusqu’à 500 000 shekels (plus de 120 000 €).

D’après la presse, Yoav Kish, le membre de la Knesset qui a soumis le projet, a déclaré qu’Omar Barghouti, militant palestinien pour les droits de l’homme, auteur, et cofondateur du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), qui est un résident permanent d’Israël, pourrait être poursuivi en vertu de la nouvelle loi.

Barghouti cependant voit cela comme un signe que la campagne mondiale pour le boycott d’Israël a gagné une telle popularité que ses adversaires doivent recourir à des « mesures désespérées » pour enrayer sa progression.

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Des manifestants pro-palestiniens portent des pancartes annonçant la marche BDS contre l’aide américaine à Israël, le 22 août 2016, Beverly Hills, CA (AFP)

« En raison de l’échec d’Israël à arrêter la croissance impressionnante du mouvement BDS et sa conquête des cœurs et des esprits dans le monde entier, Israël et ses groupes de pression ont recours aux mesures répressives, désespérées et peut-être illégales d’une guerre juridique qui vise à étouffer le mouvement », déclare Barghouti, 53 ans, à Middle East Eye.

Le projet de loi proposé est la plus récente de toute une série de motions en Israël, aux États-Unis et ailleurs dans le monde, qui visent à réduire l’impact du mouvement BDS.

Le BDS, qui se définit comme un mouvement qui « œuvre pour mettre fin au soutien international à l’oppression d’Israël contre les Palestiniens, et pour faire pression sur Israël pour qu’il se conforme au droit international », se trouve de plus en plus sous les feux des projecteurs alors qu’il fait face à un examen par des détracteurs qui vont de législateurs nord-américains à des militants étudiants en Autriche.

Cet examen, dit Barghouti, est une conséquence des nombreux succès du BDS, et il n’a pas entamé son optimisme. En fait, la campagne est en bonne voie d’atteindre ses objectifs, affirme le fondateur du BDS.

Controverses sur les campus

Alors que Barghouti était au Royaume-Uni plus tôt ce mois-ci pour prendre la parole à la London School of Economics – LSE (l’École d’économie et de sciences politiques de Londres) et à l’Université de Cambridge, des militants étudiants ont accusé ces deux universités de censurer les évènements qui mettent en vedette le fondateur du BDS.

Selon ces étudiants, l’Université de Cambridge aurait menacé d’interdire l’évènement à moins que les organisateurs ne retirent sa présidence à l’universitaire palestinienne Ruba Salih, se déclarant préoccupée quant à sa neutralité. Salih, qui enseigne à l’École des études orientales et africaines (SOAS), a par la suite été remplacée par Paul Mylrea, le directeur des communications de l’Université.

Lors d’un autre évènement sur le mouvement BDS, la LSE a demandé aux universitaires qui animaient la rencontre de remplacer la présidente qui était prévue, Ayca Cubukcu, une universitaire turque spécialisée dans le Moyen-Orient, par un universitaire « indépendant » nommé.

Cubukcu a ainsi été remplacée par Eric Neumayer, professeur au département de géographie de la LSE.

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« Les défenseurs des droits de l’homme ont seulement la ‘haine’ de l’injustice, de l’oppression, de l’apartheid, et des autres formes de déni des droits » (Kevin van den pour Intal/Fllickr)

 

Barghouti n’est pas préoccupé par ces revers et les autres. Au contraire, ils semblent avoir renforcé sa détermination. « Nous rejetons la sélectivité négative » dit-il, en notant que des dizaines d’associations d’étudiants sur les campus au Royaume-Uni, au Canada, aux États-Unis et ailleurs, ont mis en œuvre avec succès des mesures BDS.

De multiples syndicats d’étudiants au Royaume-Uni – dont le Syndicat national des étudiants, organisation de tutelle – ont effectivement soutenu les motions liées au BDS. Le syndicat des étudiants de la SOAS de Londres a été l’un des premiers du pays à approuver le BDS. Des syndicats d’étudiants au King’s College de Londres, à l’Université de Manchester, à l’University College de Londres, et à l’Université de Liverpool, ont adopté des résolutions similaires, entre autres.

Comme les syndicats d’étudiants sont agréés en tant qu’organisations caritatives au Royaume-Uni, ils ont l’obligation légale de soutenir les opinions de leurs membres.

Certaines universités ont pris du recul par rapport aux motions BDS en disant que les syndicats d’étudiants sont des entités distinctes des écoles elles-mêmes. La Commission sur les organisations caritatives serait en train d’enquêter pour savoir si les syndicats d’étudiants enfreignent la loi en soutenant le BDS.

Aux États-Unis, les conseils d’étudiants à l’UCLA, à Stanford et à l’université de Californie de Berkeley, ont adopté diverses résolutions de désinvestissement contre des entreprises affiliées à l’occupation militaire et aux colonies de peuplement israéliennes.

D’un autre côté, rien qu’au cours des trois dernières semaines, des dirigeants étudiants de l’Université du Maryland et de l’Université d’Ottawa au Canada, ont rejeté des motions de soutien aux boycotts d’Israël. Ces militants affirment qu’adopter le BDS « nuirait aux juifs et aux Israéliens » et créerait un précédent négatif pour les groupes faisant l’objet de discrimination aux États-Unis et au Canada.

Diverses formes de législation anti-BDS ont également été débattues ou promulguées aux États-Unis. Par exemple, le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a fait adopter en mai un projet de loi qui interdit aux organismes d’État de faire travailler les entreprises qui boycottent Israël.

En octobre, l’Union américaine pour les libertés civiles a intenté un procès, au niveau fédéral, contre l’État du Kansas, faisant valoir qu’une loi anti-BDS violait le au premier amendement.

 

La Déclaration de Balfour

La venue de Barghouti au Royaume-Uni plus tôt ce mois-ci coïncidait avec le 100è anniversaire de la Déclaration de Balfour, cet accord qui a facilité la création de l’État d’Israël et qui a déclenché l’exode palestinien.

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Un Palestinien tient une banderole avec, écrit en anglais, « Boycott, le désinvestissement et les sanctions » lors d’une manifestation en juin 2013 près de la colonie juive de Bat Ayin, à l’ouest d’Hébron en Cisjordanie (AFP).

 

Le Royaume-Uni est resté drastiquement en deçà de ce qu’il doit aux Palestiniens.

« Le peuple palestinien tient à ce que le Royaume-Uni expie pour son rôle dans la destruction sioniste de la Palestine, le nettoyage ethnique des Palestiniens autochtones », dit Barghouti. « Au-delà des excuses, le Royaume-Uni doit mettre fin à sa complicité profonde dans les crimes et les violations des droits de l’homme commis par Israël contre le peuple palestinien ».

« À tout le moins, il doit mettre un terme à son commerce d’armes et à ses recherches militaires avec Israël, interdire l’importation des produits des entreprises israéliennes et internationales impliquées dans l’occupation militaire et l’apartheid israéliens, et mettre fin à la complicité des entreprises et institutions britanniques dans ces violations ».

Le Département pour les communautés au Royaume-Uni et le Gouvernement local ont tenté d’interdire les boycotts « inappropriés » par les conseils et les mairies, afin de les empêcher « d’imposer des restrictions aux entreprises et aux pays qu’ils utilisent – particulièrement en introduisant des boycotts sur les produits d’Israël ». Un porte-parole du Parti travailliste, le dirigeant Jeremy Corbyn, a qualifié l’an dernier cette initiative d’attaque contre la démocratie locale. En juin, la Haute Cour du Royaume-Uni jugeait que les tentatives de restreindre les boycotts « éthiques » d’Israël étaient illégales.

Mais le 2 novembre, Theresa May dînait avec le Premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, avec une foule de dignitaires, pour célébrer l’anniversaire de la Déclaration de Balfour, déclarant que la Grande-Bretagne est « fière » de son « rôle de pionnier dans la création de l’État d’Israël ».

 

« En progression »

« Le BDS, comme tous les mouvements des droits de l’homme et sociaux, ne progresse pas de façon linéaire » dit Barghouti. « Nous en perdons certaines, mais nous gagnons la plupart des batailles, donc la direction générale est en progression ».

Parmi les plus récentes victoires de BDS figurent la décision des fonds de pension danois Sampension de mettre sur liste noire quatre entreprises israéliennes qui offrent une variété de services dans les colonies de peuplement, notamment des opérations bancaires, des constructions et télécommunications, et, autre victoire, la plus importante organisation agricole de l’Inde qui s’est jointe au mouvement.

Le réalisateur britannique Ken Loach a fait don du produit des projections israéliennes de son film primé, I Daniel Blake, aux organisations populaires palestiniennes.

Parmi les pays où des responsables politiques ont exprimé leur soutien au BDS, mouvement fondé en tant que collectif en 2005 et qui s’inspire de la lutte de l’Afrique du Sud contre l’apartheid, se trouvent le Chili, la Bolivie, le Venezuela et l’Afrique du Sud, entre autres.

« Cette impressionnante croissance du BDS au niveau mondial explique pourquoi Israël a créé tout un ministère qui se consacre à la lutte contre le mouvement, et pourquoi il attribue des ressources financières et humaines massives à cette guerre », indique Barghouti.

 

« Des batailles remarquables »

Israël a effectivement intensifié ses efforts contre le BDS. Le 14 novembre, le ministre des Affaires stratégiques, Gilad Erdan, déclarait que l’État est en train de passer de la « défensive à l’offensive » contre la campagne BDS, commentant la décision d’Israël de refuser l’entrée à sept membres d’une délégation de responsables européens qui soutiennent la campagne.

Cette évolution a été ancrée dans une loi promulguée cette année et qui impose, pour les militants du boycott anti-Israël, une interdiction d’entrer en Israël.

En octobre, le directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient à Amnesty International/États-Unis s’est vu interdire l’entrée en Cisjordanie occupée via la Jordanie alors qu’il venait visiter les membres de sa famille, après le décès de son père.

Amnesty a critiqué une loi adoptée par la Knesset en 2011 qui érige en infraction tout appel à un boycott contre Israël ou ses colonies de peuplement, en soutenant que la législation « aurait un effet effrayant sur la liberté d’expression en Israël ».

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Une soixantaine de personnes manifestent devant l’endroit où la vétéran de la résistance palestinienne, et deux fois pirate de l’air, Leila Khaled, sera présente à une initiative BDS, le 13 février 2015, au Cap.  (AFP)

 

De son côté, Erdan déclarait en 2015 que la campagne BDS est basée sur « une duperie et une déformation de la réalité. Elle espère qu’en empilant mensonge sur mensonge dans la salle du conseil, sur les campus des collèges, et à l’assemblée des Églises, elle arrivera à obscurcir la vérité. C’est immoral, et c’est anti-paix ».

En 2016, Netanyahu déclarait lors d’un sommet des Nations-Unies que « le BDS n’a rien à voir avec les droits de l’homme, rien à voir avec la justice ».

Et d’ajouter que : « La raison pour laquelle nous devons combattre le BDS, c’est parce que c’est faux ; c’est un scandale moral ».

Quant aux militants anti-BDS qui ont mené la campagne en faveur de certaines de ces mesures législatives, ils affirment souvent que le BDS nourrit « la haine ».

À ces critiques, Barghouti répond : « BDS est ancré dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’est un mouvement inclusif qui adopte une solide plate-forme antiraciste, et qui promeut la liberté, la justice, et l’égalité ».

« Les défenseurs des droits de l’homme ont seulement la ‘haine’ de l’injustice, de l’oppression, de l’apartheid, et des autres formes de déni des droits » ajoute-t-il.

 

Intersectionnalité

Selon Barghouti, le BDS est, fondamentalement, une campagne intersectionnelle qui « reconnecte la lutte palestinienne pour la liberté aux luttes internationales pour la justice raciale, autochtone, économique, sexuelle, sociale et climatique ».

« L’intersectionnalité de la lutte palestinienne pour la justice avec les autres luttes pour la justice dans le monde, à la lumière de la xénophobie, de l’extrême droite raciste à l’ère de Donald Trump, Marine Le Pen, Netanyahu et d’autres », est particulièrement pertinente et opportune, dit Barghouti.

Les partisans du BDS sont en effet très divers. La campagne compte des fonds de pension, des Églises, des syndicats, des associations académiques, des mouvements sociaux et des groupes LGBTQ parmi ses partisans ou adhérents. En 2016, le mouvement Black Lives Matter (Les vies des Noirs comptent) a approuvé le BDS sur sa plate-forme politique, critiquant les États-Unis pour leur fourniture d’aides militaires à Israël.

Les partisans et les membres BDS de la Campagne US pour les droits des Palestiniens ont, en retour, exprimé leur solidarité avec les luttes pour les droits civiques aux États-Unis.

Ces deux communautés se sont réunies pour réaliser une vidéo parlée, When I See Them I See Us (Quand je les vois, je nous vois), qui met en vedette Angela Davis, Lauryn Hill et différents artistes noirs et palestiniens, et elle a été diffusée.

D’éminentes personnalités publiques, dont les écrivains Arundhati Roy, Junot Diaz et Naomi Klein, la philosophe Judith Butler et le lauréat du prix Nobel Desmond Tutu, ont investi tout le poids de leur célébrité et de leurs prouesses intellectuelles dans la campagne.

Aux deux extrémités opposées du débat sur le boycott culturel se trouvent Radiohead et Roger Waters de Pink Floyd. Quand le groupe Radiohead s’est produit à Tel Aviv en juillet, rejetant les appels de BDS au boycott de l’État, il a été accueilli par un examen attentif des partisans de la campagne, et par un enthousiasme en Israël.

Selon le magazine Variety, un journal israélien a encouragé les habitués du concert à brandir les drapeaux israéliens lors du spectacle de soutien à l’État.

L’animateur de Radiohead soutenait à l’époque que « jouer dans un pays ne veut pas dire soutenir son gouvernement ».

Pendant ce temps, Waters a constamment maintenu son soutien au BDS malgré les critiques de certains de ses pairs, disant : « C’est la seule chose que j’ai vue qui n’a eu absolument aucun effet ».

Un boycott culturel et académique, en plus d’un boycott économique, est nécessaire, affirme Barghouti, parce ce qu’il souligne « le rôle pernicieux que jouent les institutions académiques d’Israël et, dans une moindre mesure, ses institutions culturelles, dans la planification, la mise en œuvre, la justification ou le blanchiment de ses crimes flagrants commis contre le peuple palestinien ».

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Zahra Hankir est une journaliste libanaise indépendante, basée à Londres, spécialisée dans le Moyen-Orient. Elle édite actuellement un livre d’essais par des journalistes femmes arabes, qui devrait être publié par Penguin Books en 2019.

 

http://www.middleeasteye.net/in-depth/features/facing-opposition-bds-founder-says-anti-israel-boycott-undeterred-415787540

Traduction : JPP pour BDS 34

 




Les athlètes palestiniens disent… Boycottez Puma! Pas de jeu loyal en terre palestinienne volée

31 octobre 2018
par Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)

Joignez les actions sur les réseaux sociaux et organisez une campagne #BoycottPuma pour inciter le fabricant global de sportswear à mettre fin à son soutien des colonies illégales d’Israël qui chassent les familles palestiniennes hors de leurs terres.

La pression monte sur Puma pour que la marque mette fin à son sponsoring de l’Association israélienne de Football (IFA). L’IFA inclut des clubs des colonies israéliennes illégales construites sur des terres palestiniennes volées. Plus de 200 clubs sportifs palestiniens ont envoyé une lettre exhortant Puma à mettre fin à son contrat de sponsoring.

Rien que la semaine dernière, plus de 1000 tweets ont exhorté Puma à faire de la fin de son soutien aux appropriations illégales de terres par Israël une priorité dans la campagne #REFORM pour la justice sociale que la marque a récemment lancée.

Nous savons que les dirigeants de Puma nous écoutent. Augmentons la pression pour convaincre Puma de faire le saut pour les droits palestiniens.

Aujourd’hui, avec les athlètes palestiniens, nous lançons un boycott de Puma jusqu’à ce que la marque mette fin à sa complicité dans le blanchiment par le sport des crimes de guerre et des violations des droits humains par Israël.

Joignez les actions sur les médias sociaux et commencez à organiser une campagne #BoycottPuma dans votre région !

Pourquoi boycotter Puma?

Puma sponsorise l’Association israélienne de football (IFA), qui encourage les clubs de football basés dans les colonies israéliennes illégales à participer à ses championnats et à ses compétitions.

L’occupation militaire israélienne expulse des familles palestiniennes, y compris les enfants, de leurs foyers, pour laisser la place à ces colonies. Les colonies israéliennes sont considérées comme des crimes de guerre selon le droit international.

En juillet dernier, il a été annoncé qu’Adidas ne sponsorisait plus l’IFA après une campagne internationale et la remise de 16 000 signatures au siège d’Adidas.

Nous pouvons le faire encore une fois.

Joignez les actions sur les réseaux sociaux #BoycottPuma et diffusez l’appel au boycott !

Les athlètes et les clubs sportifs palestiniens ont déjà démarré la campagne #BoycottPuma !

Suivez leur inspiration !

  1. Imprimez un panneau Boycott Puma, voir ci-dessous.

  2. Prenez une photo de vous ou de votre groupe tenant ce panneau.

  3. Postez la photo sur les réseaux sociaux en utilisant le hashtag #BoycottPuma.

Organisez une campagne Boycott Puma dans votre région

Il y a de nombreuses façons de s’impliquer dans une campagne Boycott Puma. Vous pouvez organiser un boycott de l’équipement sportif Puma par les consommateurs, promouvoir le désinvestissement de la compagnie (pour que les fonds d’investissement et de pension socialement responsables vendent leurs actions Puma), et faire campagne pour mettre fin aux contrats de sponsoring avec la compagnie. Contactez-nous pour plus d’information sur la manière de commencer une campagne Boycott Puma.

Joignez l’appel palestinien à boycotter Puma ! Ensemble, nous pouvons faire en sorte que Puma
 fasse le saut en faveur des droits palestiniens.

Pancarte disponible :

Source: PACBI

Traduction: C.G pour BDS France




Témoignage: « Chantons pour eux, pas contre eux » – Dominique Grange

Ce texte est le témoignage de Dominique Grange, chanteuse engagée signataire de l’appel des 80 artistes contre la Saison France-Israël, lors d’un débat au stand de BDS France au cours de la dernière Fête de l’Humanité, en septembre 2018.

Un grand merci, tout d’abord, aux camarades de BDS qui m’ont invitée. Je suis touchée et fière d’avoir ici, aujourd’hui, l’opportunité de pouvoir publiquement réaffirmer mon soutien au peuple palestinien et mon adhésion profonde et entière à toute forme de Boycott impulsé par la Campagne BDS, notamment ce boycott culturel qu’exercent de nombreux artistes dans de nombreux pays, à l’égard d’un régime qui bafoue quotidiennement les principes fondamentaux du Droit International et de la Justice, violant les droits humains d’un peuple qu’il a spolié de ses biens et de ses terres et pratiquant le terrorisme d’État contre qui ose lui résister.

Pour moi, cette prise de conscience a pris racine il y a déjà longtemps. Je sais où et comment ça a commencé : je suis de cette génération née pendant, ou juste après la seconde guerre mondiale, une génération dont les familles ont vécu l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, ou en ont été chassées pour être expédiées vers les camps de la mort. Et en grandissant, j’ai entendu, puis lu les témoignages de ce qu’elles ont subi tout au long de ces cinq années sous la botte ennemie, quand seuls régnaient, l’arbitraire et la terreur -avec le soutien d’un gouvernement collaborationniste- et que la résistance populaire, à mesure qu’elle s’organisait, était l’objet de représailles sanglantes. Notre génération a grandi avec cette menace et la hantise que tout cela puisse recommencer…

D’autres guerres ont ensuite éclaté, mais elles étaient différentes : des guerres de Libération nationale, cette fois. J’étais encore petite au moment de la guerre d’Indochine, puis adolescente pendant la guerre d’Algérie, que le gouvernement français nomma tout d’abord « les évènements » d’Algérie ! Peu à peu, des mots nouveaux sont entrés dans ma tête via les nouvelles qui nous parvenaient sur l’unique chaîne d’une petite télé en noir et blanc que mon père avait achetée pour suivre les « Actualités »: impérialisme, colonisation, pacification, nettoyage, racisme, torture…mais aussi Front de Libération Nationale, Lutte armée, Guerre populaire, Résistance à l’occupant, Moudjahids… Alors, à partir de la Guerre d’Algérie, bien qu’encore très jeune, j’ai choisi mon camp.

En mai 68, le rejet de l’oppression et de toute forme d’autoritarisme a trouvé un terreau idéal au sein de notre génération dont les vingt ou trente premières années de vie venaient d’être si profondément marquées par les guerres. Nous étions prêts car notre conscience révolutionnaire s’était forgée dans les échos de luttes dans lesquelles nous nous reconnaissions: luttes anticolonialistes et anti-impérialistes, pour l’émancipation et l’autonomie des peuples.

En février 1969, sont nés les premiers Comités Palestine, à l’initiative de la Gauche prolétarienne et d’ouvriers maghrébins proches, pour « soutenir la lutte révolutionnaire du peuple palestinien contre le sionisme et contre l’impérialisme -avec à sa tête l’impérialisme américain-, et appuyer activement le mouvement de Libération Nationale de la Palestine ». La cause du peuple palestinien est alors devenue celle de nombreux jeunes comme moi, que le mouvement révolutionnaire de mai 68 avait mis en mouvement et qui ne s’avouaient pas vaincus par l’apparent « retour à la normale », ni par la répression policière dont ils avaient parfois été l’objet, pour la première fois de leur vie. Le massacre dit « de Septembre noir » (en 1970) par l’armée du roi Hussein de Jordanie dans les camps de réfugiés palestiniens fit près de 3.500 victimes et environ 11.000 blessés. Ce crime de masse contre le peuple palestinien a mobilisé très largement les travailleurs arabes en France et également toute une partie de la jeunesse, lycéens, étudiants, intellectuels, artistes, y compris dans des actions de rue violemment réprimées, au quartier latin, à l’Ambassade de Jordanie… Depuis lors, beaucoup d’entre nous avons soutenu sans réserve la résistance du peuple palestinien. Aussi, au jour d’aujourd’hui, cinquante après, le boycott culturel d’Israël est pour moi non seulement une évidence mais un devoir. Les artistes portent une responsabilité énorme lorsqu’ils acceptent d’aller pratiquer leur art en public, à l’invitation de ce gouvernement israélien scélérat et de son armée terroriste qui, depuis 70 ans, inflige à tout un peuple, dans la plus totale impunité et le silence des nations, humiliations, spoliations, violences, actes de torture, incarcérations et détentions administratives sans fin (comme pour Salah Hamouri), punitions collectives, expulsions, destructions de maisons, violations des libertés les plus essentielles, assassinats…!

La saison croisée France-Israël ne peut pas nous laisser sans réaction face à une aussi grossière entreprise de blanchiment de crimes. Que les Francofollies, entre autre, – le Festival fondé par Jean-Louis Foulquier en 1985 pour donner une nouvelle tribune à la jeune et bonne chanson française engagée – puissent être ainsi « exportées » vers Israël sans la moindre protestation de ceux qui ont contribué à lui donner son essor – Renaud, Lavilliers… entre autres ! –, est parfaitement insupportable. Nombre d’artistes revendiquent un certain apolitisme, une neutralité de bon ton qui leur évite de s’interroger sur le contexte dans lequel ils vont exercer leur art et de comprendre qui ils servent en acceptant de le faire dans un Etat ultras-sécuritaire où, contrairement à ce qu’on leur fait miroiter, « il ne fait pas bon vivre » pour tout le monde ! Cette soi-disant « neutralité » ne peut que réjouir ceux qui oppriment les Palestiniens. Aussi, les artistes ont-ils un rôle essentiel à jouer : nous n’avons pas le droit de rester neutres ! Mais sans doute un grand nombre ne l’a-t-il pas encore compris … L’appel au boycott par des organisations de la société civile palestinienne est pourtant une forme de résistance simple qui nous est proposée pour en finir avec une « collaboration »  culturelle qui ne peut trouver d’excuses tant que le gouvernement israélien poursuivra impunément sa politique de colonisation et d’apartheid.

En 2010, je suis allée chanter à Ramallah, en Cisjordanie occupée et par la suite, j’ai écrit une chanson, « Détruisons le Mur ! », pour témoigner de la douleur, de l’enfermement, de l’interdiction du droit au retour pour les exilés, et de toutes les injustices que subissent chaque jour les Palestiniens soumis à l’apartheid israélien. Parce qu’elle témoigne de la réalité, cette chanson est mon boycott à moi pour contribuer à désamorcer toute tentative de blanchiment de crimes de la part d’Israël…Je regrette seulement que le silence de nombre de mes « collègues » chanteur(se)s concernant l’occupation israélienne reste assourdissant. Pourquoi ne se sont-ils/elles pas élevé(e)s massivement contre les bombardements qui ont dévasté Gaza en 2008, puis en 2014 ? Pourquoi ne les entend-on pas aujourd’hui, protester contre les tireurs d’élite israéliens qui, chaque vendredi depuis le 30 mars 2018, lors de la Grande Marche du Retour, assassinent des enfants palestiniens, des membres des équipes de secours, des journalistes, des photographes, en blessant et en mutilant des milliers d’autres ? Je le répète, nous les chanteur(se)s, avons une responsabilité particulière parce que nous sommes « visibles » et « audibles » ! Nous paraissons en public, nous avons des micros pour porter la voix des plus faibles, de ceux qui n’ont pas la parole et résistent jour après jour, souvent au prix de leur liberté, voire de leurs vies. Aussi, j’espère que cet appel à la solidarité sera entendu et que nous serons nombreux à poursuivre le boycott de la Saison croisée France-Israël, les Francofollies, l’Eurovision, et toute manifestation culturelle organisée par Israël dans le but de masquer sa politique criminelle, raciste et génocidaire à l’égard du Peuple palestinien.

Et puisque nous, chanteurs/chanteuses, avons le pouvoir de briser le silence, refusons de nous rendre complices de ces crimes et soutenons la résistance héroïque des Palestiniens contre la colonisation et l’occupation militaire:

CHANTONS POUR EUX, PAS CONTRE EUX !

Dominique Grange, le 15 septembre 2018

(Chanteuse engagée à perpétuité)