La « saison » de propagande France-Israël se termine en fiasco

Ali Abunimah – 3 décembre 2018

Des militants manifestent le 30 novembre à Paris devant le siège de la télévision publique française, exhortant le diffuseur à ne pas « blanchir l’apartheid israélien en transmettant le prochain concours de l’Eurovision » (BDS France)

Un énorme travail de propagande, sponsorisé par les gouvernements français et israélien, a été un échec, ont reconnu les responsables israéliens.

La dite Saison France-Israël  était constituée de centaines d’événements « culturels » soutenus par les deux gouvernements, se déroulant sur six mois jusqu’à la fin novembre.

« Nous espérions que la culture aurait un impact diplomatique. Nous avons mis des sommes énormes dans cette opération, qui n’a eu aucun succès concernant l’image d’Israël en France », a dit la semaine dernière au journal Le Monde une source diplomatique israélienne.

BDS France, association qui soutient la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions, célèbre la reconnaissance de cet échec comme une victoire du militantisme pour la défense des droits des Palestiniens.

La Saison France-Israël a été une tentative « d’opération de blanchiment, pour laver l’État d’Israël de ses crimes contre le peuple palestinien, ses constantes violations du droit international et des droits de l’Homme universels», a déclaré samedi BDS France, faisant remarquer que des dizaines d’artistes français, dont le légendaire réalisateur Jean-Luc Godard, avaient déclaré qu’ils n’y coopéreraient pas.

« Le public français n’est pas tombé dans le panneau et la propagande ne marche plus du tout », a ajouté BDS France. « Les défenseurs et complices de l’apartheid israélien sont de plus en plus isolés, et notre solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la campagne BDS est plus forte que jamais. »

Les militants ont tenu des rassemblements contre les événements de la Saison France-Israël dans tout le pays, et l’un des premiers événements programmés – à l’université de Lille – a alors dû être abandonné.

« Beaucoup de ces événements présentés en France dans le programme de la Saison France-Israël ont eu lieu devant un maigre public », a dit BDS France. « Les préparatifs se sont déroulés dans une semi-clandestinité et les événements ont été annoncés à la dernière minute, tant les deux gouvernements craignaient des manifestations publiques. »

Rebuffade française

S’est ajouté à la déception d’Israël, selon Le Monde, le fait que le président Emmanuel Macron n’a pas tenu sa promesse d’aller en Israël pendant la saison.

En juin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a eu droit à un accueil sur tapis rouge de la part de Macron pour l’ouverture à Paris au Grand Palais de la Saison France-Israël.

Cependant, des manifestants traitant Netanyahu de criminel de guerre et accusant Macron d’être son complice ont réussi à bloquer les Champs Élysées.

A la cérémonie d’ouverture, Macron avait promis d’aller en Israël pendant la Saison France-Israël, mais cela s’est conclu par une défection.

A l’irritation d’Israël, s’est ajouté le fait que le Premier ministre français Edouard Philippe a lui aussi annulé son projet d’assister à l’ouverture de la saison conjointe en Israël.

Bien que des difficultés d’emploi du temps aient été alléguées pour l’expliquer, Philippe est revenu sur sa promesse de faire ce voyage en automne, et il n’y a toujours pas de date dans son agenda pour y satisfaire.

Bien que la Saison France-Israël ait été lancée avec fracas, elle s’est achevée dans l’expression d’un gémissement, alors que seul le ministre français de la Culture, et aucun responsable israélien de haut rang, assistait le 29 novembre à la cérémonie de clôture à Tel Aviv.

La rebuffade du gouvernement français est signe qu’il se sent incapable d’ignorer ce que ressent le public, malgré la politique résolument pro-israélienne de l’administration Macron.

Manifestations contre l’Eurovision

Après la campagne réussie contre la Saison France-Israël, BDS France a déclaré que sa « prochaine étape, c’est la mobilisation contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël ».

Des manifestations se sont poursuivies à travers l’Europe pour ne pas autoriser Israël à accueillir la prochaine édition du célèbre concours de chansons.

Le 30 novembre, des militants ont manifesté à Paris dans les locaux de la télévision publique française, exhortant le diffuseur à ne pas « blanchir l’apartheid israélien en transmettant le prochain concours de l’Eurovision ».

En Grande Bretagne, des militants ont tenu des rassemblements similaires devant les locaux de la BBC à Londres et à Manchester.

 

Et il y a déjà eu des manifestations le mois dernier à l’extérieur des concerts de Netta Barzilai, gagnante pour Israël de l’Eurovision 2018, largement utilisée en tant qu’élément des efforts de propagande internationale, officiellement soutenus, du pays.

 

Même l’Organisation de Libération de la Palestine, qui est sous le contrôle du chef de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, longtemps opposée au mouvement BDS, tente de s’y rallier – même si c’est de façon limitée.

L’OLP a demandé à l’Union Européenne de Radio-Télévision, organisme international qui produit l’Eurovision, de ne pas diffuser le concours dans les colonies israéliennes de la Cisjordanie occupée.

Il n’est pas certain qu’empêcher sélectivement la diffusion dans les seules colonies israéliennes soit même techniquement réalisable.

« Donner à Israël le privilège d’héberger l’Eurovision 2019 équivaut à l’en récompenser et à l’aider à dissimuler ses décennies d’occupation militaire et ses graves violations des droits nationaux et fondamentaux des Palestiniens », a déclaré la semaine dernière Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’OLP contrôlé par Abbas.

« A tout le moins, l’Union Européenne de Radio-Télévision (EBU) doit s’assurer que les colonies illégales d’Israël dans tout le territoire palestinien occupé soient strictement exclues de toute diffusion des activités de l’Eurovision. »

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : The Electronic Intifada




L’impact de BDS en 2018

BNC | 29 novembre 2018

Cher supporteur,

Aujourd’hui, c’est la Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien, et nous célébrons les avancées extraordinaires que le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens a obtenues avec votre soutien. Nous dévoilons les crimes et la politique d’apartheid d’Israël et nous organisons une pression pour y mettre fin.

S’il vous plait,  faites un don pour nous aider à faire encore mieux l’année prochaine.

Voici simplement quelques faits saillants de l’impact direct et indirect de BDS en 2018 :

  •  Juste la semaine dernière, Airbnb a décidé de ne plus profiter des colonies israéliennes tout à fait illégales sur la terre volée aux Palestiniens. Ceci faisait suite à une campagne internationale menée par la coalition d’organisations #StolenHomes (maisons volées), affiliée au mouvement BDS pour les droits des Palestiniens, et des organisations de défense des droits de l’Homme.
  •  Plus tôt ce mois-ci, Ilhan Omar est entrée dans l’histoire en devenant le premier membre du Congrès américain à souscrire publiquement à BDS en séance.
  •  Rashida Tlaib, première femme palestino-américaine élue au Congrès, a fait l’éloge du mouvement BDS et a soutenu la réduction de l’aide militaire américaine à Israël.
  •  Des mobilisations à travers le monde ont convaincu l’équipe nationale de football d’Argentine, menée par son capitaine Lionel Messi, à annuler sa rencontre amicale avec Israël.
  •  La chanteuse vedette Lana Del Rey est devenue l’une des 19 artistes à se retirer du Festival Meteor d’Israël, après que des milliers de fans et de militants du monde entier l’ait exhortée à respecter l’appel au boycott des Palestiniens. Shakira et Lorde font partie des autres grandes artistes qui ont annulé leurs concerts cette année en Israël. Plus de 100 DJ et artistes de musique électronique ont rejoint le boycott culturel sous le #DjsForPalestine.
  •  D’importantes organisations du mouvement des femmes indiennes, qui représentent plus de 10 millions de femmes, ont souscrit au mouvement BDS et réclamé la libération de tous les enfants palestiniens prisonniers.
  • Amnesty International a appelé à un embargo sur les armes pour Israël. Elle a dénoncé les États Unis et l’Union Européenne pour leurs accords militaires avec Israël et les a tenus pour responsables de « l’alimentation de violations massives » des droits fondamentaux des Palestiniens.
  •  Le Parti Travailliste britannique a récemment voté le gel des ventes d’armes à Israël. En Irlande, un ministre d’État et 50 députés irlandais ont appelé l’Irlande à cesser de fournir des armes à Israël. Plus tôt, Dublin est devenue la première capitale européenne à souscrire à BDS pour les droits des Palestiniens.
  •  Des parlementaires d’Espagne et du Portugal ont pris position pour les droits des Palestiniens et ont dénoncé les crimes de guerre d’Israël et sa loi raciste « d’État-nation du peuple juif ». Plusieurs villes d’Italie et l’État espagnol ont appelé à un embargo des armes sur Israël.
  •  Le Mouvement Black lives matter  a émis une vigoureuse déclaration de solidarité avec le peuple palestinien et a appelé les États Unis à mettre fin à son aide militaire annuelle de 38 milliards de dollars à Israël.
  •  40 organisations internationales juives pour la justice sociale reconnaissent que le mouvement BDS a un engagement reconnu dans le « combat contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme et de fanatisme ». Elles condamnent les tentatives pour étouffer la critique de la politique israélienne.
  •  Le Prix Nobel 2018 de Chimie, le professeur George P. Smith, a exprimé son soutien au mouvement BDS et à la baisse de l’aide militaire américaine à Israël.
  •  Adidas a cessé de parrainer l’Association de Football d’Israël (IFA), qui comprend des équipes basées dans les colonies illégales construites sur la terre volée aux Palestiniens, à la suite d’appels venus de plus de 130 clubs de sport palestiniens.
  •  Des syndicalistes et des militants des droits de l’Homme de Tunisie et du monde arabe ont obligé la compagnie maritime israélienne Zim à suspendre ses trajets vers la Tunisie.
  •  La Fédération Canadienne des Étudiants, qui représente plus de 500.000 étudiants, vient de voter à son Assemblée Générale annuelle le soutien au mouvement BDS.
  •  Leeds est devenue la première université britannique à se désinvestir de sociétés impliquées dans le commerce des armes avec Israël, suivant ainsi une campagne BDS par des militants de la solidarité avec la Palestine. L’université a désinvesti plus de 1.2 million de dollars d’avoirs de corporations qui font du commerce de matériel militaire avec Israël.
  •  Les Quakers sont devenus la première église du Royaume Uni à dire qu’elle « n’investira dans aucune société qui profite de l’occupation [militaire israélienne] ». Récemment, plusieurs églises américaines ont elles aussi voté le désinvestissement des sociétés israéliennes et internationales complices des violations des droits fondamentaux des Palestiniens par Israël.
  •  Depuis l’Afrique du Sud,Nkosi Zwelivelile Mandela, membre du parlement et petit-fils de Nelson Mandela, a affirmé le rôle essentiel joué par BDS pour mettre fin à l’apartheid israélien.

S’il vous plait faites un don à votre collecte de fonds de fin d’année, et aidez notre mouvement à devenir encore plus fort l’année prochaine.

Ensemble nous pouvons, et nous réussirons à faire des mots « liberté, justice et égalité » non pas une aspiration, mais une réalité.

Solidairement,

Omar Barghouti

Comité National BDS (BNC) palestinien

Le Comité National BDS palestinien (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Elle conduit et soutient le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits des Palestiniens.

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : BNC




Décision d’Airbnb de quitter les colonies illégales d’Israël : une victoire partielle pour les droits humains et contre l’impunité

Le 20 novembre 2018

Par le Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC) / États-Unis

Nous saluons la décision d’Airbnb de cesser ses activités commerciales dans les colonies illégales d’Israël en territoire palestinien occupé, suite à une campagne mondiale menée par Human Rights Watch et un certain nombre d’organisations affiliées au mouvement BDS pour les droits des Palestiniens.

C’est un premier pas dans la bonne direction qu’Airbnb cesse de profiter du vol par Israël des terres appartenant aux autochtones palestiniens et de leurs ressources naturelles.

Airbnb, cependant, se contredit en ne supprimant pas de ses listes les biens situés dans des colonies israéliennes illégales à Jérusalem-Est occupé, y compris dans la Vieille-Ville. Toutes les colonies israéliennes dans des territoires palestiniens – et syriens – constituent des crimes de guerres selon le droit international. Jérusalem-Est ne fait pas exception.

Le tourisme socialement responsable et les pèlerinages devraient exclure tout logement illégal. L’industrie israélienne du tourisme utilise les maisons volées à des réfugiés palestiniens, par exemple, comme hôtels, chambres à louer, restaurants et autres.

La campagne contre Airbnb devrait continuer jusqu’à ce que la compagnie respecte entièrement ses obligations en matière de droits humains.

Nous reconnaissons aussi le rôle d’Airbnb au niveau mondial dans la détérioration systématique du droit au logement et du travail syndiqué dans le secteur hôtelier. Nous sommes solidaires avec ceux qui s’organisent pour que la compagnie rende des comptes sur ces sujets.

Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC)

Le Comité national du mouvement palestinien BDS (BNC) est la plus grande coalition au sein de la société civile palestinienne. Il mène et soutient le mouvement mondial Boycott, Désinvestissement et Sanctions movement pour les droits des Palestiniens.

Traduction : MUV pour BDS France
Source : The Palestinian BDS National Committee (BNC), États-Unis




Dublin devient la première capitale européenne à soutenir le BDS en faveur des droits des Palestiniens et rejette Hewlett Packard pour complicité avec l’apartheid israélien

« Dublin a répondu de la manière la plus forte à ce jour aux massacres commis dernièrement par Israël contre des manifestants palestiniens sans armes dans la bande de Gaza, occupée et assiégée. C’est le succès le plus impressionnant du mouvement BDS depuis le début de 2018. »

Par Palestinian Boycott, Divestment and Sanctions National Committee (BNC)  / Irlande

11 avril 2018 — Lundi (9 avril) Dublin est devenue la première capitale européenne à soutenir le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) en faveur des droits des Palestiniens. Mentionnant « le blocus et le siège inhumains infligés à Gaza » par Israël, le Conseil municipal de Dublin s’est engagé à mettre fin à tous ses contrats commerciaux avec Hewlett Packard (HP), ses sociétés de marque et entreprises dérivées, toutes ciblées par BDS, y compris DXC Technology, étant donné leur complicité dans les graves violations des droits humains des Palestiniens commises par Israël.

Hier (mardi 10 avril), Israël a essayé vainement d’empêcher le maire de Dublin d’entrer sur le territoire alors qu’il devait assister à des réunions à Ramallah. Les autorités israéliennes ont confondu son titre et son nom, suscitant les moqueries d’activistes des médias sociaux, palestiniens ou non. Le maire Mícheál MacDonncha participe à des rencontres avec des Palestiniens dans les territoires palestiniens occupés.

Des dizaines de milliers de Palestiniens se sont rassemblés pour manifester pacifiquement contre le siège et revendiquer les droits des réfugiés palestiniens, qui constituent la majorité à Gaza, à revenir dans le foyer originel dont ils ont été déplacés par la force, ces droits leur étant reconnus par les Nations unies.

Abdulrahman Abunahel, coordinateur à Gaza du BNC, coalition palestinienne qui impulse le mouvement mondial de BDS en faveur des droits des Palestiniens, s’est exprimé en ces termes :

Dublin a répondu de la manière la plus forte à ce jour aux massacres commis dernièrement par Israël contre des manifestants palestiniens sans armes dans la bande de Gaza, occupée et assiégée. C’est le succès le plus impressionnant du mouvement BDS depuis le début de 2018.

Alors que les gouvernements des États-Unis et de l’Europe sont totalement complices des crimes d’occupation et d’apartheid commis par Israël, le peuple irlandais, avec sa longue tradition de lutte contre le colonialisme, a montré que les hommes et les femmes de conscience se tiennent du bon côté de l’histoire, contre l’oppression et pour la liberté, la justice, l’égalité et la dignité humaine.

Au bout de 70 ans de dépossession, 50 ans d’autorité militaire, et un siège destructeur de 10 années qui nous asphyxie dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde, nous avons besoin de cette solidarité authentique, surtout sous la forme du BDS. Rien que dans les deux dernières semaines, l’armée israélienne, appliquant une politique du « tirer-pour-tuer-ou-mutiler », a déjà tué à Gaza 30 civils palestiniens et en a blessé plus de 3 000.

La mesure prise par le Conseil municipal de Dublin en excluant les sociétés HP constitue un pas important vers la fin des liens en matière militaire et de sécurité avec Israël et des entreprises qui rendent possible son système d’oppression. L’exigence la plus importante présentée par les Palestiniens en réaction au dernier massacre commis par Israël consiste à demander un embargo militaire similaire à celui qui avait été mis en œuvre par les Nations unies contre l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Grâce aux femmes et aux hommes de Dublin, aux partisans irlandais des droits palestiniens en d’autres lieux et au nombre croissant de militants du BDS dans le monde entier, nous, Palestiniens, dans nos heures les plus sombres, avons la certitude de ne pas être seuls, et de pouvoir, toutes et tous ensemble, incurver l’arc de l’histoire dans la direction de la justice. »

Cette victoire du soutien aux droits des Palestiniens s’inscrit dans le sillage de deux autres victoires récentes en Irlande. Au début de ce mois, l’Association nationale irlandaise des enseignants (Irish National Teachers Organisation, INTO), forte de plus de 40 000 membres, a adopté une résolution qui reflète la position sur la Palestine du Congrès irlandais des syndicats (Irish Congress of Trade Unions, ICTU), fort de 800 000 membres en accordant un plein soutien au mouvement BDS et à ses aspirations. Et, il y a moins d’une semaine, l’Union des étudiants d’Irlande (Union of Students in Ireland, USI), qui représente 374 000 étudiants de l’enseignement supérieur, a voté de la même manière.

Aujourd’hui même (11 avril), Cork, la troisième ville d’Irlande, a exhorté le gouvernement irlandais à « condamner » le « massacre récent » de civils palestiniens par l’armée israélienne à Gaza et à « prendre des mesures diplomatiques contre Israël en expulsant un certain nombre de ses diplomates et en reconnaissant l’État de Palestine. »

Les violations des droits humains des Palestiniens perpétrées par Hewlett Packard sont confirmées par de nombreux éléments. Non seulement HP fournit à l’armée israélienne des services et de la technologie qui permettent l’occupation militaire et le siège de Gaza par Israël ainsi que des technologies biométriques qui donnent au gouvernement israélien les moyens de mettre en œuvre son système de ségrégation raciale contre les Palestiniens, mais HP s’est montré complice d’Israël en équipant le système carcéral israélien, tristement célèbre pour sa pratique de la torture et d’autres atteintes aux droits humains.

Les campagnes de BDS pour les droits humains des Palestiniens ont déjà infligé à HP des dommages sur le plan financier et sur celui de la réputation. Plusieurs mouvements chrétiens des États-Unis ont déjà retiré leurs investissements chez HP au niveau national, et 26 églises chrétiennes, dans tout le pays, se sont engagées à être des églises sans HP qui refusent d’acheter le moindre produit HP. La campagne contre HP a suscité le soutien de groupes de croyants, d’associations étudiantes et de syndicats du monde entier. Face à une telle pression, HP a procédé à un remaniement de ses structures qui ne change rien au degré de complicité des sociétés impliquées et ne les protège pas contre les campagnes de BDS.

En prenant cette décision, Dublin rejoint des dizaines de collectivités locales en Espagne, en Norvège, en Suède, en France, au Royaume-Uni, en Belgique et en Australie qui ont adopté des résolutions de soutien au BDS ou ont pris l’engagement d’éviter de conclure des transactions avec des sociétés visées par le mouvement BDS en raison de leur complicité avec les violations des droits humains des Palestiniens commises par Israël.

Le Comité national palestinien du BDS (Palestinian BDS National Committee, BNC) est la coalition la plus vaste de la société civile palestinienne. Elle anime et soutient le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour les droits des Palestiniens.




Les principales victoires de BDS en 2017

Il n’a fallu que quatre jours à une célèbre chanteuse pour annuler son spectacle à Tel-Aviv, en réponse à la demande expresse de ses fans de respecter la ligne de piquetage.

La décision prise par Lorde, la veille de Noël, de retirer son show à Tel-Aviv de sa tournée mondiale – en faisant remarquer que prévoir la spectacle en premier lieu « n’était pas la bonne décision » – a marqué la fin d’une année réussie pour le mouvement BDS dirigé depuis la Palestine.

2017 a vu le mouvement en faveur des droits palestiniens s’amplifier grâce notamment à toute une série d’artistes, d’athlètes, d’hommes politiques, de travailleurs culturels, d’organisations confessionnelles, d’étudiants, de syndicats et autres activistes.

Israël en a pris bonne note, évidemment.

Plus tôt, cette année, d’importants groupes de pression israéliens ont admis dans un rapport secret – dont une version complète a été récupérée et publiée par The Electronic Intifada – qu’ils n’étaient pas parvenus à contrer le mouvement de solidarité avec la Palestine, malgré un important accroissement de leurs dépenses.

Le rapport soulignait l’incapacité d’Israël à endiguer la « croissance impressionnnante » et les « succès significatifs » du mouvement BDS et il développait nombre de stratégies, reprises par le gouvernement israélien, visant à inverser la détérioration de la position d’Israël.

De même, en mars, le principal stratège anti-BDS israélien reconnaissait que le mouvement de boycott gagnait du terrain, malgré les dizaines de millions de dollars de subsides du gouvernement israélien et la formation de tout un ministère gouvernemental concentré uniquement sur le combat contre BDS.

Prenant la parole lors d’une conférence anti-BDS à New York, l’ambassadeur d’Israël Danny Danon déclarait que « le mouvement BDS est toujours actif et puissant. Chaque jour, des groupes universitaires et religieux, des syndicats d’étudiants et des sociétés d’investissement deviennent la proie des appels au boycott ».

« Notre moment Afrique du Sud est proche »

Au moment où les stratèges et représentants israéliens s’inquiétaient grandement de leur incapacité à endiguer la marée BDS, des sondages au Royaume-Uni, au Canada et aux États-Unis révélaient tous que le soutien du grand public au boycott et aux sanctions contre Israël gagnait en intensité.

En Californie, le chapitre du Parti démocrate de l’État a approuvé une résolution – sans qu’il y ait eu de débat – qui condamnait les implantations illégales d’Israël en Cisjordanie occupée ainsi que le refus d’accès opposé par Israël aux activistes qui critiquaient l’État.

Cette résolution faisait également état, et c’est remarquable, de son soutien aux organisateurs qui s’engagent dans le mouvement BDS et qui sont confrontés sur les campus à une répression croissante de la part des autorités de l’État et des autorités fédérales.

En décembre, au Royaume-Uni, la responsable du développement au sein du Parti travailliste, Kate Osamor, une solide alliée du leader de l’opposition Jeremy Corbyn, tweetait explicitement son approbation à propos de BDS.

En été, la Haute Cour de Londres a décrété que le gouvernement conservateur avait agi illégalement en essayant d’empêcher des conseils locaux du Royaume-Uni de désinvestir de firmes impliquées dans l’occupation militaire israélienne, ce qui a porté un vilain coup aux représentants d’Israël cherchant à criminaliser le mouvement BDS.

Pendant ce temps, confronté aux tentatives manifestes d’Israël de le réduire au silence et de saper la popularité de BDS, Omar Barghouti, le cofondateur du mouvement BDS, a invité instamment les gens du monde entier à intensifier les campagnes de boycott en disant que c’était la meilleure façon de soutenir le peuple palestinien.

Barghouti s’est vu décerner le prix Gandhi de la paix pour son travail en tant que défenseur des droits de l’homme. L’an dernier, il a été frappé par Israël d’une interdiction de voyage et a reçu des menaces ouvertes de la part des principaux ministres de l’État.

En mars, Barghouti encensait un rapport – qu’on peut qualifier d’historique – publié par les Nations unies et qui concluait qu’Israël est coupable du crime d’apartheid. Ce rapport s’attirait les louanges des Palestiniens et la colère d’Israël et de ses alliés.

Barghouti déclarait que le rapport de l’ONU était un signe pour les Palestiniens de ce que « notre moment Afrique du Sud est proche », et il ajoutait que le rapport était « un indicateur solide de ce que l’apartheid israélien est destiné à disparaître, comme ce fut le cas en Afrique du Sud ».

Il faisait en outre remarquer que le rapport « peut très bien constituer le premier rayon de lumière menant à des sanctions contre le régime israélien de l’occupation, du colonialisme d’implantation et de l’apartheid ».

Voici quelques-unes des autres victoires du mouvement BDS en 2017, telles que les rapporte The Electronic Intifada.

Athlètes, écrivains, chefs cuisiniers et artistes ont laissé tomber Israël

En février, des footballeurs professionnels américains ont annulé une tournée de propagande en Israël. Parmi ces footballeurs, le joueur des Seattle Seahawks, Michael Bennett, a annoncé qu’il « ne se laisserait pas utiliser » par le gouvernement israélien pour blanchir les violations par ce dernier des droits palestiniens.

« Je veux être une  »voix des sans-voix », a ajouté Bennett, « et je ne puis l’être en accomplissant ce genre de voyage en Israël. »

En été, un groupe de cinéastes, d’artistes et de présentateurs ont annulé leurs apparitions prévues à TLVFest, le plus important festival du film LGBTQ d’Israël, à Tel-Aviv, suite à des appels à le faire émanant d’activistes palestiniens gays et de supporters du boycott.

Ces annulations très en vue en guise de soutien de la campagne BDS ont incité The Jerusalem Post à admettre que, si le festival « se déroule depuis plus d’une décennie, il n’a toutefois jamais dû faire face à une campagne aussi efficace ».

Plus tard, en automne, certains des chefs cuisiniers les plus connus de la planète ont annulé les « Tables rondes », une initiative de propagande sponsorisée par le gouvernement israélien et qui recourt à la cuisine internationale pour redorer le blason d’Israël.

« Le festival des Tables rondes a lieu dans le même temps que l’armée et les colons israéliens vivant illégalement sur les terres volées aux Palestiniens agressent les Palestiniens pendant leur récolte annuelle des olives », a expliqué Zaid Shoaibi, du PACBI, la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël.

Et l’association littéraire PEN America a révélé posément qu’elle n’acceptait plus de fonds du gouvernement israélien pour son festival annuel des Voix du monde, suite à des appels émanant de plus de 250 écrivains, poètes et éditeurs connus.

L’association avait essuyé de sévères critiques pour s’être servie de fonds en provenance du gouvernement israélien, lequel emprisonne des journalistes et écrivains palestiniens en Israël et en Cisjordanie occupée en raison de leur travail.

BDS est appliqué par des villes, des églises, des groupes politiques et des syndicats

En mai, la plus grande et la plus influente des organisations syndicales norvégiennes a appelé au boycott total d‘Israël, quelques jours à peine après que la muncipalité norvégienne de Lillehammer avait adopté une résolution de boycott des produits israéliens en provenance des colonies.

Lillehammer est devenue la troisième ville de Norvège à appeler au boycott des colonies, après Tronheim et Tromsø.

En avril, le conseil municipal de Barcelone a voté le maintien du droit de boycotter Israël, il a condamné l’occupation des terres palestiniennes par Israël, il a réclamé la fin du blocus de Gaza et il a promis de faire en sorte que la politique d’achat de la ville exclurait les sociétés qui tirent profit des violations des droits de l’homme par Israël.

En juillet, la secte de l’Église mennonite des États-Unis, forte de 95 000 membres, a rallié le nombre sans cesse croissant de congrégations chrétiennes ayant entrepris des dernières années des actions de soutien aux droits de l’homme des Palestiniens.

Dans une résolution approuvée par 98 pour 100 des délégués lors de sa convention de Floride, l’Église mennonite a voté la condamnation de l’occupation militaire israélienne et le soutien au désinvestissement des sociétés tirant profit des violations des droits palestiniens.

Le 7 juillet, la Communion mondiale d’Églises réformées a appelé les plus de 80 millions de fidèles de ses congrégations membres à examiner leurs investissements concernés par la situation en Palestine.

Un mois plus tard, les Socialistes démocrates de l’Amérique (DSA) ont voté massivement pour un soutien à l’appel BDS.

« De la même façon que nous avons répondu à l’appel au boycott de l’Afrique du Sud durant l’apartheid, nous sommes solidaires avec le peuple palestinien », a déclaré le vice-directeur national des DSA.

Les DSA, qui sont la plus importante organisation socialiste démocratique des États-Unis, avec plus de 25 000 membres, ont vu le nombre de leurs affiliés multiplié par quatre suite à la résurgence de la politique de gauche aux États-Unis et en Europe, et tout particulièrement depuis la campagne présidentielle du sénateur Bernie Sanders, en 2016.

Au Royaume-Uni, les membres juifs du Parti travailliste ont fondé un nouveau groupe – Jewish Voice for Labour (une voix juive pour le Labour) – qui se présente comme un défi au groupe de pression existant en faveur d’Israël, lequel se prétend le représentant des membres juifs du parti.

Le document de fondation de Jewish Voice for Labour défend fermement « le droit des partisans de la justice pour les Palestiniens de s’engager dans des activités de solidarité telles que le boycott, le désinvestissement et les sanctions ».

Toujours au Royaume-Uni, le principal syndicat des enseignants du pays a lancé une action de boycott de HP en raison du rôle du géant de la technologie dans l’occupation israélienne.

G4S continue à être mis au ban

La première société de sécurité privée du monde, G4S, a continué à subir de lourdes pertes financières dans le monde entier depuis qu’on s’est davantage penché sur le fait qu’elle tire profit des violations des droits de l’homme.

G4S a contribué à faire fonctionner les prisons israéliennes où l’on torture des prisonniers palestiniens et elle a équipé des prisons, centres de détention et installations de déportation pour jeunes tant aux États-Unis qu’au Royaume-Uni.

La société a également été impliquée dans des violations concernant le travail et les droits de l’homme en Afrique et dans des installations à l’étranger où l‘Australie enferme des réfugiés et des demandeurs d’asile.

Un institut de recherche équatorien a annoncé en février qu’il avait laissé tomber son contrat avec G4S après avoir rencontré des activistes.

Suite à une campagne menée par BDS Jordanie, les Femmes de l’ONU en Jordanie ont résilié leur contrat avec G4S en octobre, et c’est la cinquième agence des Nations unies à procéder de la sorte dans ce pays.

De même, le conseil des transports de Sacramento, en Californie, s’est décidé à résilier son contrat de sécurité avec G4S, suite au travail des activistes BDS afin de mettre en lumière le rôle de la société dans les violations des droits en Palestine et aux États-Unis.

L’an dernier, G4S a annoncé qu’il laissait tomber toute une série d’affaires controversées, y compris sa filiale en Israël et ses activités dans la détention de jeunes aux États-Unis.

The Financial Times a décrit cette mesure comme une tentative de G4S de se distancier de « services susceptibles de nuire à sa réputation ».

Mais les activistes du monde entier ont exprimé le désir de maintenir la pression sur la société aussi longtemps qu’elle resterait complice des violations des droits de l’homme des Palestiniens.

Des étudiants se sont battus

Partout aux États-Unis, des étudiants universitaires ont continué à mobiliser en faveur des droits des Palestiniens en dépit de la répression croissante appliquée par les administrations et les groupes de pression pro-israéliens à l’étranger.

Des résolutions de désinvestissement ont été passées à l’Université Tufts de Boston, à l’Université du Michigan, à l’Université de l’État de Californie – Long Beach et au Collège communautaire de De Anza, en Californie.

Une résolution adoptée par des étudiants de l’Université de Wisconsin-Madison a été votée à l’unanimité en vue de soutenir une autre résolution de masse appelant l’université à laisser tomber ses liens avec des sociétés tirant profit des incarcérations massives, du vol de terres indigènes, de la violence policière, du mur frontière entre les États-Unis et le Mexique, des injustices économiques à l’encontre des personnes de couleur et des violations des droits humains des Palestiniens par Israël.

À New York, des étudiants de l’Université Fordham ont argué de violations de leurs droits pour s’organiser et se réunir en un tribunal, défiant ainsi la décision d’un administrateur d’interdire l’association Students for Justice in Palestine (Étudiants pour la Justice en Palestine).

Et, au Royaume-Uni, la Semaine de l’apartheid en Israël, une série d’événements mondiaux annuels censés conscientiser autour de la politique d’apartheid d’Israël, a eu lieu sur plus de 30 campus universitaires à travers tout le pays, malgré une campagne de répression soutenue par le gouvernement.

Des défis à la législation anti-BDS

Deux procès au niveau fédéral ont été intentés par l’American Civil Liberties Union (ACLU Union américaine des libertés civiles), en vue de contester la constitutionnalité fondamentale des lois anti-BDS des États à titre individuel et de la fédération des États.

Les groupes de pression pro-israéliens ont intensifié leur promotion des législations visant à museler la liberté d’expression et à créer une liste noire des partisans des droits palestiniens. Au 23 décembre, 23 États avaient adopté des lois anti-BDS.

Un projet de loi – contre le boycott d’Israël – est également en attente au Congrès et pourrait infliger d’importantes amendes et de longues peines de prison aux sociétés et à leur personnel si on juge qu’ils abondent dans le sens d’un boycott d’Israël ou de ses colonies réclamé par une organisation internationale.

En octobre, un procès a été intenté contre l’État du Kansas au nom d’une professeure de mathématiques de l’enseignement supérieur, Esther Koontz, qui participe au boycott de la consommation de produits israéliens.

Koontz est membre de l’Église mennonite des États-Unis, qui a fait passer une résolution de désinvestissement des sociétés qui tirent profit des violations des droits palestiniens.

En décembre, selon l’ACLU, un autre procès a été intenté contre l’État de l’Arizona au nom d’un homme de loi ayant un contrat avec le gouvernement afin de fournir des conseils juridiques à des personnes emprisonnées. L’homme participe au boycott d‘Israël.

En Oregon, trois projets de loi séparés visant le mouvement BDS n’ont pas bénéficié d’une audition, suite à des pressions constantes des activistes des droits de l’homme et des dirigeants religieux de l’État.

Les projets étaient soutenus par des groupes communautaires juifs qui s’organisent dans tout le pays pour combattre le mouvement en faveur des droits palestiniens.

Des activistes déclarent que l’échec de ces projets de loi devrait encourager les participants aux campagnes à riposter à d’autres mesures anti-BDS des autorités des États et du Congrès américain.

Nora Barrows-Friedman est corédactrice en chef de The Electronic Intifada, et elle est l’auteure de In Our Power : US Students Organize for Justice in Palestine (En notre pouvoir : Des étudiants américains s’organisent pour la justice en Palestine) (Just World Books, 2014).


Source: The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal pour Plate-forme Charleroi Palestine




Le mouvement BDS fête ses 12 ans, et voici 12 nouvelles qui montrent que notre mouvement connaît un succès grandissant

9 Juillet 2017

Comité BDS national palestinien ( Palestinian BDS National Committee )

Le 9 Juillet 2017 marque la douzième année du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cela fait 12 ans qu’une coalition aussi large que diversifiée à travers la société palestinienne a surmonté d’incroyables obstacles pour s’unir autour de trois droits fondamentaux palestiniens et sur un chemin de lutte non-violente, inclusive et antiraciste pour les atteindre. Malgré la fragmentation, l’occupation militaire, la ségrégation et la dépossession, nous nous sommes réunis pour affirmer le droit de notre peuple à la liberté, la justice, l’égalité et à la dignité.

L’appel au BDS de 2005 incarne un soutien massif palestinien pour exiger la fin de l’occupation militaire israélienne et le démantèlement de son mur illégal, la fin de son système institutionnalisé et légalisé de discrimination raciale, qui correspond à la définition d’apartheid selon l’ONU, et le droit des réfugiés à retourner sur leur terre, comme stipulé dans le droit international.

Inspirés par le mouvement anti apartheid sud africain et le mouvement des droits civiques américain, des groupes représentant tous les Palestiniens en appellent aux personnes de conscience à travers le monde à adopter ces moyens de pressions en soutien à la lutte pour nos droits. Le BDS demande le boycott et des initiatives de désinvestissement dans les milieux académique, culturel, économique et sportif et à faire pression sur les états afin qu’ils prennent des sanctions significatives contre Israël jusqu’à ce qu’il remplisse pleinement ses obligations devant le droit international.

Vous ne nous avez pas laissé tomber.

BDS fête ses 12 ans cette semaine et voici 12 nouvelles qui montrent l’impact grandissant de notre mouvement en 2017 :

1. Un rapport de l’ONU a établit qu’Israël impose un système d’apartheid sur la totalité du peuple palestinien et appelle à des mesures de BDS pour mettre fin à ce régime d’apartheid.

2. L’église Mennonite aux USA vient de voter à 98% pour un désinvestissement des entreprises qui tirent profit de l’occupation israélienne. Cela fait suite à l’adoption de pratiques similaires ces dernières années par plusieurs églises protestantes, dont l’Église Presbytérienne, l’Église Unie du Christ et l’Église Méthodiste Unie. La résolution des Mennonites encourage aussi les membres de l’église à boycotter les produits venant des colonies israéliennes illégales construites sur des terres volées aux Palestiniens.

3. Une victoire du droit au boycott : le parlement espagnol a affirmé que le droit de soutenir les droits des Palestiniens par le BDS est protégé par la liberté d’expression et d’association. Le gouvernement du Royaume Uni a perdu son procès contre Palestine Solidarity Campaign et ses alliés dans une décision affirmant l’interdiction pour le gouvernement de restreindre le droit des autorités locales à se désengager de sociétés complices des violations par Israël des droits humains des Palestiniens. Le parlement suisse a stoppé les tentatives du lobby israélien de criminaliser le soutien au BDS.

4. La plus grande fédération syndicale de Norvège, représentant près d’un million de travailleurs, a adopté un boycott complet d’Israël afin d’obtenir les droits des Palestiniens selon le droit international.

5. Le syndicat des médecins libanais ne travaille plus avec G4S, la plus grande entreprise de sécurité au monde, à la suite d’une campagne menée par des militants de boycott au Liban, préoccupés par la complicité  de la société dans les violations israéliennes des droits humains palestiniens.

G4S a également essuyé ses premières pertes en Équateur, où un institut de recherche ne renouvela pas son contrat avec l’entreprise à la suite d’une campagne BDS. La direction d’une  compagnie californienne de transports  ne renouvela pas son contrat avec G4S après qu’une coalition pour les droits humains et du travail, dont des militants BDS, mirent en lumière le rôle de la société dans des violations des droits humains en Palestine et aux États-Unis.

Ces avancées font suite à de nombreuses victoires du BDS dans les années passées contre G4S en Jordanie, Colombie, Finlande, Royaume Uni, Afrique du Sud, au Parlement Européen, parmi d’autres pays et institutions, qui ont forcé la société à vendre la plupart de ses marchés israéliens illégaux.

6. Le plus important opérateur de transports publics d’Israël a perdu un contrat de 190 millions d’euros pour la gestion des transports publics en Hollande.

7. Le conseil municipal de la ville de Barcelone a adopté un guide des pratiques éthiques qui exclue les entreprises impliquées dans l’occupation militaire israélienne. Dans les années passées, des dizaines de conseils municipaux en Espagne se sont déclarés  “zones libres de l’apartheid israélien.”

8. Une coalition palestinienne d’organisations chrétiennes  appelé le Conseil Mondial des Eglises à soutenir le mouvement BDS pour les droits humains palestiniens.

9. Une vague de boycotts a touché le festival international du film LGBT de Tel Aviv : des artistes du monde entier ont respecté la ligne du boycott culturel palestinien. Un réalisateur primé Sud-africain, dont le film avait été programmé pour faire l’ouverture du festival, figurait parmi les artistes qui annulèrent leur participation au festival.

10. Deux universités chiliennes annulèrent des évènements sponsorisés par l’ambassade israélienne, et des conseils d’étudiants dans plusieurs universités des États-Unis et d’ailleurs ont voté diverses mesures BDS.

11. Le gouvernement israélien a subi un revers embarrassant après que six joueurs de la Ligue National de Football (NFL) des États-Unis sur onze refusèrent un voyage de propagande tous frais payés, organisé pour améliorer l’image terni d’Israël.

12. Les campagnes de BDS prennent de l’ampleur parmi les citoyens palestiniens d’Israël. En coordination avec les partenaires BDS en Corée du Sud, le Comité BDS des Citoyens Palestiniens d’Israël (BDS48) a lancé une campagne pour boycotter et se désengager de Hyundai Heavy Industries (HHI) jusqu’à ce que la société mette fin à sa complicité dans les violations israéliennes des droits humains palestiniens, particulièrement à Jérusalem et dans le Naqab (Néguev).

Traduction: LG pour BDS France

Source: Comité National Palestien

 




Onze signes de la croissance continue de BDS en dépit de la guerre que mène Israël pour le réprimer

    Le BNC, 7 Juillet 2016

33333-600x400Des militants palestiniens ont lancé des campagnes populaires de boycott en Cisjordanie au cours des derniers mois

 

Le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) à direction palestinienne a été lancé il y a 11 ans comme moyen non violent et efficace pour des personnes et organisations progressistes du monde entier, pour soutenir la lutte du peuple palestinien pour nos droits sous l’égide du droit international.

Inspiré par la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud et par le mouvement américain pour les droits civils, BDS est aujourd’hui largement reconnu pour son impact stratégique dans le défi qu’il lance au soutien international au régime israélien d’occupation, au colonialisme de peuplement et à l’apartheid exercé sur le peuple palestinien.

Ayant échoué à arrêter la propagation enthousiasmante du mouvement BDS dans le monde, Israël a lancé une guerre désespérée et dangereuse de répression et de diabolisation contre le mouvement, qui n’est pas sans nous rappeler les moments les plus sombres du Maccarthisme aux États Unis.

Pour autant, le soutien à BDS non seulement n’a cessé de croître, mais s’est accéléré. Des gouvernements occidentaux, des partis politiques majeurs et les plus grosses organisations mondiales de défense des droits humains ont récemment reconnu BDS comme moyen légitime de défendre et de faire campagne pour la liberté des Palestiniens, la justice et l’égalité.

Ce qui suit est un aperçu des développements du mouvement BDS en 2016. Nous avons aussi publié un tour d’horizon des succès les plus marquants de BDS en 2014 et 2015.

 

  1. Notre campagne pour le Droit au Boycott (#RightToBoycott) reçoit un soutien dans la population et de la part de gouvernements

À la demande d’Israël, les gouvernements des États Unis, du Royaume Uni, de France, du Canada et d’ailleurs cherchent à réprimer BDS. Israël a interdit de déplacement Omar Barghouti, cofondateur du mouvement BDS, et annonce que son statut de résidant pourrait être remis en cause.

Des organisations importantes et même des gouvernements admettent que la guerre engagée par Israël pour réprimer BDS est une remise en cause dangereuse des libertés fondamentales.

Des représentants des gouvernements de Suède, d’Irlande et des Pays Bas ont publiquement justifié le droit à défendre et à faire campagne pour les droits des Palestiniens dans le cadre du droit international, via BDS, et des organisations comme Amnesty International, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et l’Union Américaine pour les Libertés Civiles ont fait de même.

Plus de 23 000 personnes ont signé notre appel à l’ONU au sujet de #RightToBoycott et un témoignage a été récemment présenté en ce sens au Conseil des Droits Humains de l’ONU.

À la suite d’autres journaux américains parmi les principaux, le Los Angeles Times a publié mardi un éditorial intitulé « les boycotts d’Israël sont une forme protégée de liberté d’expression ».

Loin de ralentir le soutien à notre mouvement BDS, la guerre antidémocratique que mène Israël pour le réprimer a apporté au mouvement davantage de notoriété et une audience renouvelée.

 

  1. La campagne Stop G4S gagne de la puissance et s’étend dans le monde

 g4sAction #StopG4S pour la journée 2016 des prisonniers palestiniens au Liban

 

La campagne internationale de pression sur G4S pour qu’il mette fin au rôle qu’il joue dans le système carcéral israélien, dans la police, les checkpoints et les colonies illégales, a rencontré des succès impressionnants en 2016.

La campagne BDS a conduit directement G4S à la perte de contrats avec trois agences de l’ONU en Jordanie, avec un revendeur important en Colombie et à un fonds du gouvernement koweïtien qui a désinvesti de G4S. Cela s’inscrit dans la suite d’une série de victoires dans les campagnes menées ces deux dernières années, au cours desquelles des associations et des investisseurs dans le monde entier, depuis la Fondation Bill et Mélinda Gates jusqu’à l’Église Méthodiste Unitaire, ont fait de même.

Des syndicats et des groupes de campagne aux USA, en Égypte, en Uruguay, au Chili et au Liban intensifient leur campagne G4S et celle-ci est activée dans plus d’une douzaine de pays.

Lors de la réunion de ses actionnaires en juin, G4S a répété l’annonce faite en mars, selon laquelle il a l’intention de vendre sa filiale israélienne. La compagnie n’est toutefois pas allée jusqu’à certifier qu’elle mettrait fin à tous les aspects de son engagement dans le système carcéral israélien ou dans d’autres violations des droits humains.

 

  1. Nos campagnes contre la complicité des entreprises sont plus efficaces que jamais

 0clip_image006Une campagne à Bahia, au Brésil, qui a réussi à obtenir des autorités de l’État qu’elles cessent de collaborer avec la compagnie des eaux israélienne, Mekorot.

 

En janvier, le géant français des télécom a mis fin à son contrat de franchise avec Partner Communications en réponse à une campagne en France et en Égypte sur le soutien de Partner à l’occupation israélienne.

Le même mois, la compagnie irlandaise CRH a vendu sa filiale israélienne, les ciments Nesher, à la suite d’une pression publique sur la fourniture de ciment par Nesher au mur israélien de l’apartheid et aux colonies.

Reebock, le géant des vêtements de sport, a annulé la livraison d’une édition spéciale d’un modèle de baskets célébrant le « Jour de l’indépendance israélienne », suite à une énorme protestation sur les réseaux sociaux.

En avril, l’état brésilien de Bahia est la dernière entité publique en date à mettre fin à sa collaboration avec la société des eaux de l’État israélien, Mekorot, sur le rôle qu’elle joue dans le vol de l’eau palestinienne.

  1. Des gouvernements locaux rejoignent le mouvement BDS et se déclarent Zones libres de l’apartheid israélien

Plus de 50 municipalités espagnoles se sont déclarées, par vote, Zones libres de l’apartheid israélien.

En France, le conseil municipal de Bondy, en banlieue parisienne, a voté « de ne plus acheter de produits des colonies israéliennes » et il a déclaré le boycott légitime comme tactique.

Au Royaume Uni, la Cour Suprême a pris une décision le mois dernier en vue de favoriser les conseils municipaux qui soutiennent le boycott de l’occupation israélienne, ce qui confirme leur droit de le faire dans le cadre d’un procès intenté par un lobby pro israélien.

  1. Des Églises américaines importantes désinvestissent de sociétés complices

Des églises et des confessions religieuses dans tous les États Unis prennent des décisions en soutien au désinvestissement et autres mesures de redevabilité contre le régime d’oppression d’Israël.

L’Église Presbytérienne (USA) a récemment poursuivi son action sur la base de son vote de 2014 en soutien au désinvestissement de ceux qui profitent de l’occupation, par une série de motions comprenant un appel à la société américaine RE/MAX pour qu’elle mette fin à son implication dans la vente de maisons dans les colonies israéliennes illégales et par un appel à « l’étude et à la prière » de l’appel palestinien au BDS.

En janvier, l’Église Méthodiste Unitaire a annoncé qu’elle désinvestissait des banques israéliennes qui financent l’occupation. L’Alliance Baptiste a annoncé en avril qu’elle désinvestirait des sociétés complices de l’occupation israélienne. La Conférence des Supérieurs Majeurs, un groupe de dirigeants catholiques, a publié en mars une déclaration de soutien au boycott et aux actions de désinvestissement.

 

  1. Le soutien au boycott académique et à BDS sur les campus continue à se développer

 0clip_image008Militants de l’Université du Chili lors de leur campagne victorieuse pour le referendum

À ce jour en 2016, des syndicats étudiants et des associations de plus de dix universités ont voté le soutien au désinvestissement ou à d’autres mesures de BDS.

Au Royaume Uni, le vote des étudiants de University College à Londres et de l’Université d’Edimbourg fait de leurs syndicats les derniers en date à adopter BDS et la campagne des Étudiants Noirs du syndicat national étudiant a réaffirmé par un vote son soutien à BDS et sa défense du mouvement BDS contre les efforts d’Israël et du gouvernement britannique pour le réprimer.

L’activisme sur les campus se développe aussi actuellement en Amérique Latine : plus de 200 universitaires brésiliens se sont engagés à soutenir le boycott académique. En janvier, les étudiants de l’Université du Chili ont voté le soutien à BDS.

 

  1. La 12ème Semaine de l’Apartheid Israélien a été la plus importante à ce jour

La semaine de l’apartheid israélien de cette année a été la plus importante à ce jour, des groupes s’étant mobilisés dans plus de 225 villes et campus universitaires. La croissance de la semaine de l’apartheid israélien dans des pays d’Amérique latine et dans le monde arabe est particulièrement stimulante.

 

  1. Des partis politiques de premier plan s’engagent dans des actions liées à BDS ou soutiennent le droit à BDS

En avril, deux partis politique néerlandais distincts, D66 et le parti de gauche vert, ont voté des motions appelant à des sanctions vis-à-vis d’Israël.

Pas plus tard que la semaine dernière, l’Internationale Socialiste (SI) a déclaré reconnaître la légitimité et l’efficacité de BDS. SI est une énorme association regroupant plus de 150 partis politiques socialistes et sociaux-démocrates de plus de 100 pays dans le monde. Elle comporte de nombreux partis de gouvernement, notamment d’Allemagne, d’Afrique du Sud, de France, du Chili, d’Italie, du Mexique, du Portugal, entre autres.

 

  1. Les plus gros syndicats mondiaux continuent à rejoindre et à soutenir le mouvement BDS

Quelques uns des plus gros syndicats du Royaume Uni ont récemment apporté leur soutien à la campagne Stop G4S en appelant la compagnie à mettre fin à son rôle dans les prisons israéliennes, les checkpoints et l’armée.

En mai, la Fédération Uruguayenne des Travailleurs des Services et du Commerce (FUECYS) a appelé au boycott des produits israéliens et a demandé aux entreprises en Uruguay de casser leurs liens avec le régime d’apartheid israélien.

 

  1. L’ ONU crée une base de données des corporations qui facilitent l’occupation israélienne

Le 24 mars, le Conseil des droits humains de l’ONU a pris un engagement sans précédent en décidant de créer une base de données intégrant toutes les corporations dont les activités contribuent à l’entreprise de colonisation illégale d’Israël dans les Territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem Est.

 

  1. Le mouvement BDS est plus stimulant et bien organisé en réseau que jamais

En considérant la croissance et la force de notre mouvement alors qu’il entre dans sa douzième année, nous sommes stimulés par la détermination et l’engagement de ceux qui mènent d’incroyables campagnes et des organisations qui forment notre mouvement.

Le mouvement palestinien BDS construit de nouveaux liens et des relations avec les luttes pour la justice raciale, de genre, économique, sociale et climatique dans le monde. La compréhension que cette lutte pour les droits des Palestiniens est partie prenante d’une lutte mondiale plus large  pour un monde basé sur la liberté, la justice, l’égalité des droits et une paix globale pour tous, s’élargit.

Le mouvement BDS inspire les Palestiniens et les gens de conscience de par le monde pour dire la vérité à ceux qui ont le pouvoir, défier les structures de pouvoir hégémoniques, racistes, et pour affirmer que les droits des Palestiniens doivent être respectés et mis en œuvre.

Traduction SF pour BDS France

Source: BDS Movement




À la surprise générale, la France refuse le drone israélien

Ali Abunimah – The Electronic Intifada – 5 février 2016

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Le 20 juin 2015, au Salon international de l’aéronautique à Paris-Le Bourget, des militants ont organisé un « die-in » près du pavillon d’Elbit Systems.
(BDS France)

Les militants de la campagne BDS en France se félicitent de la décision prise par l’armée de leur pays de ne pas acheter le drone Watchkeeper, un drone fabriqué sur le modèle d’un drone utilisé par Israël lors de ses centaines d’agressions meurtrières contre les civils palestiniens.

Watchkeeper est fabriqué dans le cadre d’un projet commun entre le plus gros fabricant d’armes d’Israël, Elbit Systems, et la filiale britannique de Thales en France.

Defense News a rapporté que le « Watchkeeper était ultra-favori pour être sélectionné », mais à la place, le gouvernement français a préféré le drone Patroller, fabriqué par un consortium national, Sagem (Safran).
Une victoire pourtant morose

Plus de 8000 personnes ont signé une pétition lancée par BDS France en septembre demandant au ministère de la Défense de ne pas opter pour le drone israélien.

BDS France indique que dans le cadre de sa campagne contre le drone israélien, des milliers de cartes postales ont été adressées au Président François Hollande.

« Si le choix de Sagem ne marque pas une totale indépendance vis-à-vis d’Israël, l’abandon du drone de Thales-Elbit est un succès pour la campagne BDS », dit le groupe militant.

Le Patroller de Sagem est à 80 % français, selon Defense News, alors que le Wathckeeper ne l’est qu’à 10 %. On ignore s’il peut y avoir un élément dans le Patroller qui serait israélien.

Mais à l’inverse de ses autres victoires, BDS France adopte un ton morose : « Nous ne pouvons pas fêter le choix pour de telles armes, choix qui pourrait ouvrir la voie à des drones équipés d’armes, dans l’armée française, quand de tels armes peuvent tuer ou aider à tuer des civils, comme l’armée israélienne le fait à Gaza ».

Defense News informe que Sagem, Thales et le bureau d’approvisionnement militaire du gouvernement français ont refusé de commenter la décision.

« Testés sur le terrain » sur les Palestiniens

En 2014, le Royaume-Uni a déployé ses nouveaux drones Watchkeeper en Afghanistan.

Watchkeeper est basé sur le drone Hermes 450 d’Elbit, qu’Israël a « testé sur le terrain lors de ses agressions contre Gaza qui ont fait de nombreux morts palestiniens, dont des enfants », a déclaré l’organisation caritative britannique War on Want dans un rapport de 2013.

Ce rapport, « Des drones pour tuer : complicité britannique dans les crimes d’Israël contre le peuple palestinien », indique que plus de 800 Palestiniens ont été tués par les drones israéliens entre 2006 et 2011.

Et parmi eux, Mamoun al-Dam, 12 ans, tué par une frappe de drone israélien dans la bande de Gaza occupée, le 20 juin 2012, alors qu’il jouait au football.

En juillet dernier, lors du cinquième anniversaire de l’agression israélienne de l’été 2014 contre Gaza, des militants au Royaume-Uni ont bloqué quatre usines d’Elbit Systems.

Et notamment l’usine qui fabriquait les moteurs pour les drones qui ont été utilisés dans les agressions d’Israël contre Gaza.

Quelques semaines plus tôt, des militants français avaient organisé un « die-in » devant le pavillon d’Elbit Systems au Salon international de l’aéronautique de Paris-Le Bourget, l’un des évènements annuels les plus importants au monde pour la vente d’avions militaires et civils.

 

https://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/surprise-move-france-rejects-israeli-drones
Traduction : JPP pour BDS FRANCE




Grande victoire ! Fin de l’accord Orange/Partner Communications

Orange : l’année 2016 commence bien pour la campagne BDS en France

{english below]

La Campagne BDS France, le 6 janvier 2016

Un article du journal israélien Haaretz publié le 3 janvier révèle que le groupe Orange va mettre fin à son accord avec la société israélienne Partner Communications dès le mois prochain. Ainsi il aura fallu six ans à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour faire plier Orange et convaincre sa direction de couper les liens avec une entreprise complice de la colonisation brutale et des crimes de l’Etat israélien.

En effet, c’est en 2010 qu’une organisation israélo-palestinienne, Who Profits, signale la présence d’Orange dans les colonies israéliennes et la fourniture de services réservés exclusivement aux colons et aux soldats israéliens d’occupation. La Campagne BDS France est alors alertée, et elle interpelle les syndicats de France Télécoms, leur demandant de prendre position contre cette présence en parfaite contradiction avec la charte éthique de l’entreprise. En 2011, c’est donc SUD PTT qui porte d’abord la contestation au sein de l’entreprise, très vite rejointe par la CGT. Malgré cela, Orange renouvelle son contrat avec l’entreprise israélienne Partner Communications en mai 2011.

En 2012, l’AFPS, Association France Palestine Solidarité, lance une grande pétition citoyenne pour faire pression sur Orange, et une action commune est organisée entre la Campagne BDS France, l’AFPS, SUD PTT et la CGT lors de l’Assemblée Générale du groupe en juin 2012. La campagne, avec la participation du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI), prend alors deux formes : d’une part, des actions citoyennes devant les agences Orange dans toute la France, actions d’information et de collectes de signatures via une pétition par cartes postales adressées à la direction d’Orange; d’autre part, des initiatives directement auprès de la direction d’Orange, du gouvernement français et du ministère palestinien des télécommunications. A l’occasion du Forum Social Mondial de Tunis en 2013, les cartes postales sont traduites en arabe et la campagne est étendue à la Tunisie, mais aussi à l’Espagne, grâce à la coordination de la campagne BDS en Palestine. La campagne se diffuse sur Facebook et Twitter, mais aussi dans la presse généraliste.

En 2015, le site d’information Electronic Intifada révèle que, lors de l’attaque israélienne meurtrière sur Gaza de l’été 2014, Partner Orange a sponsorisé deux unités de combat et fournit des services gratuits, des générateurs, des chargeurs et des tablettes aux soldats, ternissant encore un peu plus l’image de l’entreprise. La stupeur est de rigueur, et se renforce avec la publication du rapport « Les liaisons dangereuses d’Orange », un réquisitoire rédigé par les associations françaises de protection des droits humains dans le monde dont le CCFD, la FIDH, la LDH, et l’association palestinienne Al-Haq.

La campagne est alors étendue au Maroc, mais surtout à l’Egypte, un pays clé dans la stratégie d’Orange qui souhaite y renommer sa filiale Mobinil (30 millions d’abonnés) en « Orange Egypte ». Un communiqué commun est publié entre BDS France et BDS Egypte: c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Stéphane Richard, le président d’Orange, annonce alors son intention de retirer sa marque du marché israélien de téléphonie mobile. La machine est lancée et ses dénégations n’y feront rien: huit mois plus tard, plus aucun téléphone portable en Israël ne mentionnera la marque Orange. Cette défaite est particulièrement cuisante pour Haim Saban, principal investisseur de Partner Communications, qui avait déclaré la guerre à la campagne BDS.

Bien-sûr nous resterons vigilants jusqu’à la rupture définitive de l’accord d’Orange avec Partner Communications, et nous continuerons inlassablement de dénoncer les investissements, même réduits, qu’Orange maintient en Israël. Bien sûr, pour les Palestiniens, la colonisation continue et Partner Communications maintient ses 200 antennes relais et installations téléphoniques illégales, l’occupation israélienne continue à tuer plus d’un Palestinien par jour en moyenne, Gaza vit toujours sous un blocus insupportable et la moitié des Palestiniens du monde sont toujours empêchés de rentrer chez eux. Mais aujourd’hui, il y a deux raisons de se féliciter. D’une part, grâce aux pressions coordonnées de la campagne BDS dans le monde entier, l’entreprise française Orange ne participera plus aux exactions de Partner Communications dans les colonies israéliennes. Et d’autre part, il s’agit d’une nouvelle leçon pour les investisseurs étrangers qui doivent comprendre qu’ils ne peuvent désormais plus impunément tirer profit d’une des dernières situations coloniales dans le monde.

A l’aube d’une nouvelle année, ce retrait d’Orange des colonies ne fait que s’ajouter à une longue série de victoires (Veolia, G4S, mais aussi sur le terrain du boycott culturel et universitaire) qui augurent du succès d’une campagne qui contribuera inévitablement, tôt ou tard, à libérer les Palestiniens de leur condition de servitude sur leur propre terre.


Revue de presse :

Article dans Haaretz:
http://www.haaretz.com/israel-news/business/.premium-1.695206

Traduction ici:
http://collectif69palestine.free.fr/spip.php?article958

Résumé ici:
http://www.pourlapalestine.be/les-liens-entre-orange-et-son-partenaire-israelien-rompus-en-fevrier/

Article dans Electronic Intifada:
https://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/frances-orange-dumps-israeli-affiliate-backed-gaza-war

Traduction ici:
http://www.info-palestine.net/spip.php?article15829

Réaction du BNC palestinien:
https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1103391729705686&id=115083011869901

Réaction de SUD PTT:
http://www.solidaires.org/Orange-sans-Partner-Enfin

Déclaration officielle d’Orange:
http://www.orange.com/fr/Presse-et-medias/communiques-2016/Orange-prend-acte-du-rebranding-de-Partner

Réaction de l’AFPS:
http://www.france-palestine.org/L-entreprise-israelienne-Partner-confirme-la-resiliation-de-son-contrat-avec

Déclaration du BNC:
http://bdsmovement.net/2016/orange-drops-israel-affiliate-following-bds-pressure-13648

Article dans le Figaro:
http://bourse.lefigaro.fr/indices-actions/actu-conseils/orange-la-licence-de-marque-est-arretee-avec-partner-4903573


Orange: 2016 gets off to a good start for the BDS France Campaign

BDS France Campaign, 6 January 2016

An article published on 3 January in the Israeli newspaper Haaretz revealed the news that the French telecom group Orange will next month put an end to its agreement with the Israeli company Partner Communications. Six years of campaigning by the Boycott-Divestment-Sanctions movement have made Orange yield and convinced its leadership to break the links with a company complicit in the brutal colonisation and crimes of the Israeli State.

It was in 2010 that an Israeli-Palestinian organisation, Who Profits, reported that Orange was present in the Israeli colonies and was providing services exclusively to the settlers and occupation soldiers. The BDS France Campaign responded to this alert by contacting the France Telecom unions, asking them to take a stand against such a presence which flew in the face of the company’s charter of ethics. In 2011 SUD PTT was the first union to express its opposition within the company and was rapidly joined by the CGT, a major confederation of French trade unions. Nevertheless, in May 2011 Orange renewed its contract with Partner Communications.

In 2012, the France-Palestine Solidarity Association (AFPS) launched a wide petition to put pressure on Orange, and a joint action was organised by the BDS France Campaign, AFPS, SUD PTT and the CGT during the annual meeting of the Orange group in June 2012. The campaigning, with the participation of the National Collective for a Just and Lasting Peace between Palestinians and Israelis (CNPJDPI), was subsequently carried out in two ways: on the one hand, with citizen protests in front of Orange branches all over France, and actions to inform the public and collect signatures via a petition in the form of postcards addressed to the Orange management; on the other hand, direct approaches were made to the Orange management, the French government and the Palestinian minister for telecommunications. The postcards were translated into Arabic during the World Social Forum in Tunis in 2013 and the campaign spread to Tunisia and also to Spain, thanks to the BDS campaign coordination in Palestine. The campaign was publicised on Facebook and Twitter and also in the mainstream press.

In 2015, an exposé by the Electronic Intifada information website tarnished the company’s image even further: during the murderous Israeli attack on Gaza in the summer of 2014, Partner Orange had sponsored two combat units and provided free services to the military in the form of generators, chargers and iPads. The astonishment at that news was further reinforced by the publication of the report “Orange’s dangerous liaisons”, a charge-sheet drawn up by associations for the protection of human rights, including the International Federation for Human Rights, the French League of Human Rights and the Catholic Committee Against Hunger and for Development, together with the Palestinian association Al-Haq.

The campaign then spread to Morocco and above all to Egypt, a key country in Orange’s strategic plan, which aimed to rename its subsidiary Mobinil, with its 30 million subscribers, as “Orange Egypt”. A joint press release was issued by BDS France and BDS Egypt, and that was the final straw. Stéphane Richard, president of Orange, subsequently announced his intention to withdraw the brand from the Israeli mobile-telephone market. The ball was rolling and his denials changed nothing: now eight months later, no portable telephone in Israel will have any mention of the Orange brand. This is a particularly crushing defeat for Haim Saban, a major investor in Partner Communications, who had declared war on the BDS campaign.

Of course, we will remain vigilant until the Orange-Partner Communications agreement has been definitively broken, and we will go on tirelessly denouncing the investments, even though reduced, that Orange still maintains in Israel. And of course, for the Palestinians the colonisation goes on apace and Partner Communications still has its 200 cell towers and telephone installations, all of them illegal, the Israeli occupation continues to kill at least one Palestinian per day, Gaza is still living under an unbearable blockade, and half of the world’s Palestinians are still being prevented from returning home. But today there are two reasons for celebration: firstly because, thanks to the coordinated pressure from the BDS campaign around the world, the French company Orange will no longer participate in Partner Communications’ abuses in the Israeli colonies. Secondly, this is a lesson for foreign investors who have to understand that it is no longer risk-free to profit from one of the last colonial situations existing in the world today.

As a new year begins, Orange’s withdrawal from the colonies can be added to a long series of victories – Veolia, GS4, and many in the sphere of the cultural and academic boycott – which bodes well for a campaign that will inevitably, sooner or later, help to free the Palestinians from their state of servitude on their own land.




BNC : Les actions étonnantes que nous avons réalisées en 2014

Le Comité National Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BNC), la coalition des organisation de la société civile palestinienne qui luttent pour conduire et soutenir le mouvement de boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), remercie chaleureusement chaque personne qui a soutenu et contribué au mouvement BDS cette année.
Si vous le pouvez, pensez à faire un don à l’occasion de notre tout premier appel de fonds. Cela nous aidera à produire les ressources et les recherches dont notre mouvement a besoin pour avoir un impact encore plus grand en 2015.

En janvier, Scarlett Johansson aide à populariser BDS

L’année a commencé avec une controverse internationale à propos de la décision de Scarlett Johansson, au top des acteurs d’Hollywood, de devenir ambassadrice de Sodastream, la fabrique israélienne de siphons dont l’usine se trouve dans une colonie israélienne illégale.
Ce fait a particulièrement attiré l’attention parce que la star de « Lost in Translation » était aussi ambassadrice d’Oxfam, une ONG internationale qui condamne les colonies israéliennes illégales. Oxfam a été confronté à une énorme pression pour laisser tomber Johansson et critiquer publiquement sa décision.
Finalement, c’est Johansson qui a mis fin à la saga en cessant d’être représentante d’Oxfam, mais pas avant que les réseaux sociaux se soient enflammés autour de son soutien au régime d’apartheid d’Israël et que le mouvement BDS ait fait l’objet d’une attention sans précédent de la part des media internationaux. Le prix de l’action Sodastream a alors subi la première de nombreuses attaques à la baisse.

Un fonds de pension néerlandais géant désinvestit de banques israéliennes.

Dans un mouvement qui a créé le socle sur lequel d’autres fonds européens ont suivi le mouvement par la suite, le fonds de pension néerlandais PGGM a annoncé qu’il désinvestissait des dizaines de millions d’euros de cinq des plus grandes banques israéliennes, à cause de leur implication dans les crimes d’Israël contre les Palestiniens. Ce fonds gère les pensions de retraite de 2,5 millions de gens.

Veolia perd un contrat avec Boston de 4,5 milliards de dollars
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Les membres de la campagne BDS de Boston ont fêté la perte de la multinationale française Veolia d’un contrat de 4,5 milliards de dollars, à la suite d’une campane vigoureuse dénonçant la fourniture de services de cette société aux colonies israéliennes illégales.

Les Amis de la Terre International rejoignent une campagne BDS croissante
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Le mois de janvier a aussi vu les Amis de la Terre International annoncer leur soutien à la campagne contre la compagnie nationale des eaux israélienne Mekorot et d’autres campagnes de boycott et de désinvestissement.

Le chanteur norvégien Moddi annule un concert annoncé en Israël.

Sa décision a été une réponse directe à une campagne vigoureuse sur les réseaux sociaux menée par des militants BDS à Gaza.

Février – Israël panique tandis que davantage de fonds désinvestissent

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Le mois de février a aussi vu le démarrage de la Semaine de l’Apartheid Israélien, qui s’est tenue dans plus de 160 villes de plus de 32 pays.

Des investisseurs danois et luxembourgeois désinvestissent d’Israël.

Le fonds de pension d’État luxembourgeois FDC exclut neuf banques et sociétés israéliennes importantes et une société étatsunienne pour leur implication dans les colonies israéliennes et dans les violations des droits humains dans les territoires palestiniens occupés. En même temps, la plus grande banque danoise, la Banque Dankse a mis sur liste noire la banque israélienne Hapoalim pour sa participation à la construction des colonies.

Israël et ses soutiens paniquent et attaquent la liberté de parole, par peur du boycott
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Suite au scandale Scarlett Johansson et à toute une série de décisions de désinvestissement de sociétés et d’investisseurs européens, le gouvernement israélien discute de la possibilité d’actions juridiques et d’intervention de ses services de sécurité pour contrer le mouvement BDS. Aux USA, le législateur des États de New York et du Maryland prend en vain des mesures en vue de faire passer une loi conduisant à retirer les fonds publics de toute institution ou association universitaire solidaire de BDS.

Une Union étudiante du Royaume Uni annule un contrat G4S
sur son rôle dans les prisons israéliennes.

L’Union des étudiants de l’université de Kent dans le sud-ouest de l’Angleterre vote l’annulation de son contrat avec G4S suite au tollé devant son rôle dans le non respect des droits humains en Palestine.

Mars – la compagnie des Eaux israélienne perd un contrat de 170 millions de dollars avec l’Argentine

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La municipalité de Buenos Aires suspend un contrat d’eau de 170 millions de dollars avec Mekorot, à la suite d’une campagne sur le rôle de Mekorot dans le système israélien « d’apartheid de l’eau ». Mekorot a ensuite été ciblé dans une semaine d’action engagée lors de la Journée Mondiale de l’Eau.

Victoire à Galway par le vote de l’Union étudiante irlandaise qui rejoint le mouvement BDS.

La motion, qui a été votée à presque 2 contre 1 à l’université nationale d’Irlande à Galway, suit la décision de l’Union des professeurs d’Irlande de s’associer au boycott universitaire d’Israël, en 2013.

Avril – D’autres mauvaises nouvelles pour SodaStream et Mekorot

Cannes-Film-Festival-Sodastream-ActionLe réseau Earth Day (jour de la Terre) rompt ses liens avec Sodastream     
SodaStream avait été partenaire de l’initiative du Jour de la Terre au titre de ses efforts pour verdir son rôle au sein de l’apartheid israélien jusqu’à ce que la pression de BDS le convainque d’abandonner ses liens avec l’exportateur israélien. Sodastream tente de « verdir » son rôle dans l’apartheid israélien en s’auto promotionnant ami de l’environnement.

Une compagnie d’État israélienne perd un marché au Portugal.

Mekorot est face à un deuxième grand recul au moment où la compagnie des eaux de Lisbonne, EPAL, a annoncé qu’elle mettait fin à un accord d’échange technologique, sous la pression de députés portugais et de groupes militants.

Le mouvement de désinvestissement continue à s’étendre sur les campus étatsuniens.

Les étudiants de l’université du Nouveau Mexique, de l’université Wesleyan dans le Connecticut et de l’université Riverside en Californie votent le soutien au désinvestissement de sociétés qui aident Israël dans sa violation du droit international. En même temps, la plus importante pétition d’étudiants jamais vue dans l’histoire de la Floride, appelle au désinvestissement.

La plus grande union d’enseignants d’Europe se joint à l’appel pour le boycott d’Israël.

L’Union Nationale des Enseignants du Royaume Uni vote l’appui à la politique de boycott du Congrès des Syndicats du Royaume Uni.

Mai – La Fondation Bill Gates désinvestit de G4S sur son rôle dans les prisons israéliennes

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La Fondation Bill Gates, une des plus grandes fondations privées du monde, désinvestit de G4S.

Une pétition signée par plus de 14 000 personnes ainsi que des manifestations devant les bureaux de la Fondation à Londres, Johannesburg et Seattle a appelé la Fondation Gates au désinvestissement de G4S à cause de son rôle dans la fourniture d’équipements et de services aux prisons dans lesquelles Israël détient et torture les prisonniers politiques palestiniens.

L’UE interdit les exportations de volailles des colonies israéliennes illégales.

La décision a été prise de mettre en œuvre l’engagement européen de ne pas reconnaître la souveraineté israélienne sur le territoire palestinien occupé, qui a résulté de la pression d’organisations de base et de plaidoyer.

Juin – Des presbytériens étatsuniens désinvestissent et G4S annonce son retrait des prisons.

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Des années d’action à la base sont payantes et l’Assemblée Générale de l’Église Presbytérienne (USA) à Détroit vote le désinvestissement de ses parts de trois corporations – Hewlett Packard (HP), Motorola Solutions et Caterpillar – sur la base des rapports bien documentés sur leur complicité dans l’oppression et le déni des droits humains des Palestiniens.

La pression de BDS force G4S à annoncer son retrait des prisons.

Tandis que plus de 100 héroïques prisonniers politiques palestiniens continuaient leur plus longue grève de la faim et en étaient au 55ème jour, la compagnie de sécurité britannique G4S annonce qu’elle mettra fin à son rôle dans le système carcéral israélien, mais pas avant 2017 cependant. Cette décision résultait de la campagne BDS qui avait coûté à la compagnie des millions de dollars de contrats et forcé la Fondation Bill Gates et l’Église Méthodiste Unitaire étatsunienne, la plus grande église protestante, à désinvestir de la compagnie.
Pour autant, la campagne contre G4S est en place pour continuer jusqu’à ce que le retrait des prisons soit effectif et que G4S cesse d’avoir un rôle dans les colonies et l’armée d’Israël.

Victoires britanniques dans la campagne Sodastream.

La grande chaîne de supermarchés John Lewis du Royaume Uni a arrêté de stocker Sodastream et une boutique Sodastream de Brighton a fermé suite à des campagnes à forte visibilité sur le rôle de Sodastream dans les colonies illégales en Cisjordanie et dans le nettoyage ethnique dans le désert du Néguev en Israël.

Le fonds de pension géant néerlandais ABP désinvestit de sociétés d’armement israéliennes.

Aryt Industries Ltd. Et Ashot Ashkelon étaient sur une liste noire pour leur rôle dans la production de munitions à fragmentation.

Juillet – Le massacre d’Israël à Gaza prompts des sanctions internationales et des actions de boycott

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Palestiniens de Gaza, des gouvernements et des gens de conscience se sont mobilisés dans le monde et ont fait pression sur Israël pour qu’il se plie au droit international et respecte les droits humains.

Les éléments clef sont notamment :

  • Le vote du Parlement chilien pour la suspension des négociations d’un nouvel accord d’échange économique avec Israël et le rappel des ambassadeurs du Brésil, du Chili, de l’Équateur et du Pérou.
  • Un appel à un embargo militaire sur Israël lancé par six prix Nobel et des douzaines de célébrités, est signé par 60 000 personnes.
  • Des centaines de milliers de gens participent à des manifestations exigeant la fin du siège de Gaza et appelant les gouvernements à imposer un embargo sur les armes et à appliquer des sanctions à Israël.
  • Le conseil municipal de Dublin vote une résolution appelant à un embargo militaire et à la suspension de l’accord d’association UE-Israël.
  • Au moins 12 municipalités de Turquie, un grand nombre d’associations professionnelles de premier plan et un syndicat important lancent des appels pour le boycott des produits israéliens.

17 membres de l’UE se mobilisent contre la complicité d’entreprises avec les crimes d’Israël.
Avant le déclenchement de l’attaque sur Gaza, plus de 17 gouvernements européens avaient publié des directives en ligne avertissant les entreprises du risque inclus dans le commerce et les autres liens économiques avec les colonies israéliennes illégales. Ces décisions interviennent à la suite de campagnes d’organisations de base et de plaidoyer sur ce sujet.

Août – Des centaines de milliers de gens descendent dans la rue et les navires israéliens dont bloqués aux USA.

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Le 9 août, des centaines de milliers de gens descendent dans les rues, prenant part au Jour de Colère lancé par des groupes de Gaza. Desmond Tutu, le héros anti-apartheid, a dit que cette journée a été la plus grosse mobilisation jamais vue sur un seul sujet.

Des milliers de personnes soutenant les droits des Palestiniens dans la Baie de San Francisco ont pris part à des vigies et à des manifestations qui ont empêché un navire israélien de décharger au port d’Oakland pendant quatre jours consécutifs. À la fin du mois d’août, le déchargement de navires israéliens a été empêché ou troublé dans les ports d’Oakland, de Tacoma, de Seattle et de Long Beach.

Autres événements-clef du mois d’août :

  • Les principaux exportateurs alimentaires israéliens font état d’une vague sans précédent d’annulations de commandes en provenance d’Europe à mesure que le boycott populaire d’Israël s’intensifie.
  • En Cisjordanie, les ventes de produits israéliens chutent de 50%, du fait de l’augmentation du boycott.
  • Le président bolivien Evo Morales, Fidel Castro et une série de personnalités d’Amérique centrale et d’Amérique latine appellent au BDS et à des sanctions gouvernementales.
  • L’exécutif de l’Union Nationale des Étudiants du Royaume Uni, qui représente 7 millions d’étudiants britanniques, a voté une motion de soutien à BDS, de même que d’autres unions dans toute l’Amérique latine.
  • Le bureau de gestion Soros de l’investisseur milliardaire George Soros, vend ses parts dans Sodastream sous la pression de ses partenaires du Moyen Orient.

Photo credit: Adri Nieuwhof

Septembre – Veolia annonce se retirer d’Israël quand les autorités du Koweit lui suppriment un contrat de 750 millions de dollars

Les autorités du Koweit annoncent retirer Veolia d’un contrat de 750 millions de dollars suite à une campagne de groupes koweitiens et du Comité National Palestinien de Boycott, désinvestissement, Sanctions (BNC).

Veolia annonce la vente de sociétés israéliennes
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C’est aussi en Septembre que la multinationale française Veolia, qui a perdu des milliards de dollars de contrats du fait de campagnes sur ses servies dans les colonies israéliennes illégales, déclare avoir l’intention de « se retirer du marché israélien » et de vendre l’essentiel de ses intérêts en Israël au cours de 2015.
La campagne contre Veolia doit continuer jusqu’à ce que Veolia retire effectivement toutes ses participations aux violations israéliennes du droit international, dont son implication dans le projet israélien illégal de tramway.

Walden Bello fait un discours au Congrès des Philippines, appelant à l’annulation d’un contrat avec Elbit.

Le député philippin Walden Bello, écrivain et professeur ajoute sa voix à la campagne appelant le gouvernement philippin à annuler son contrat avec la société d’armement israélienne Elbit.

L’ANC se joint à l’appel pour un boycott total d’Israël, y compris des interdiction de voyages, en solidarité avec la Palestine.

Les membres et dirigeants de l’ANC ne devraient pas voyager en Israël, du moment que le parti est solidaire de la Palestine : c’est ce qu’a déclaré lundi Gwede Mantashe, le secrétaire général de l’ANC.

L’UEFA, l’Union Européenne des Associations de Football se prononce contre la candidature de Jérusalem à une coupe.

L’Union Européenne des Associations de Football rejette la candidature d’Israël pour l’accueil de la coupe européenne 2020, suite à une campagne d’équipes sportives palestiniennes et de groupes militants en Europe.

Plus de 640 artistes suisses et d’acteurs culturels exigent que la Conseil fédéral suisse suspende sa coopération militaire avec Israël.

Octobre – SodaStream annonce la fermeture de son usine située dans une colonie illégale

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Sodastream annonce qu’elle va fermer son usine de Mishor Adumim, une colonie israélienne illégale, après l’intense campagne de boycott contre cette compagnie qui a vu des détaillants et des investisseurs dans le monde entier couper leurs liens avec elle.
Pour autant, Sodastream révèle qu’elle pourra bénéficier du déplacement de Palestiniens par Israël dans le Néguev et déclare que l’usine va rester ouverte encore quelque temps en 2015. La campagne contre Sodastream continue.

Le Koweit boycotte 50 sociétés sur la base de leur rôle dans les colonies israéliennes illégales.

Les sociétés sur liste noire comprennent les cibles phare de BDS, telles que Veolia, Volvo, les ciments Heidelberg, Dexia, Pizzarotti et Alstom.

G4S perd un contrat avec le gouvernement irlandais.

Les militants palestiniens ont fait campagne contre G4S quand ils ont été informés du contrat et du rôle de G4S dans les prisons israéliennes et aux checkpoints.

Des militants de Los Angeles bloquent le déchargement d’un cargo israélien pendant deux jours.

La coalition de Los Angeles « Bloquez le Bateau » a remporté une nouvelle victoire en retardant de plus de 34 heures un cargo israélien.

Israël exclu d’exercices militaires en Italie après des protestations.

La pression publique force le gouvernement italien à exclure l’armée israélienne d’exercices militaires auxquels elle devait prendre part.

Novembre – Des syndicats et partis européens de premier plan appellent à l’arrêt du pacte commercial UE-Israël

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Plus de 300 partis politiques, de syndicats et de groupes de campagne appellent à la suspension de l’accord d’association UE-Israël qui facilité des échanges commerciaux sans restriction entre l’UE et Israël.
Les signataires de l’appel comprennent Podemos, le parti de gauche actuellement en tête des sondages en Espagne, le Congrès des syndicats irlandais et d’autres syndicats importants d’Espagne, du Danemark, de France et de Belgique.

D’autres campus étatsuniens et britanniques votent le ralliement à BDS.

L’université de Californie à Los Angeles devient la sixième des neuf campus de premier cycle du système universitaire californien à appeler au désinvestissement, tandis que le plus important referendum jamais fait en milieu étudiant à l’université d’Exeter appelle l’association des étudiants à rejoindre BDS.

Une campagne importante contre G4S remporte un succès aux États Unis.

Durham est la première municipalité des USA à boycotter une entreprise pour son rôle dans la violation israélienne du droit international.

Décembre – Elbit Systems perd un contrat clef au Brésil

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L’État brésilien de Rio grande do Sul annule un contrat de premier plan de collaboration avec la compagnie d’armement israélienne Elbit Systems dans la vague de protestations sur le rôle de cette compagnie dans l’oppression des Palestiniens.

L’Union des étudiants travailleurs des USA est le premier syndicat à soutenir BDS.

Les étudiants travailleurs de l’université de Californie ont eu un vote déferlant en soutien à la campagne de boycott sous direction palestinienne, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël.

Déclaration d’Olive d’une conférence de l’ONU appelant à l’action.

La conférence internationale des gouvernements et des organisations de la société civile appuyée par l’ONU, en soutien aux droits des Palestiniens a appelé les municipalités à se mobiliser en soutien aux droits des Palestiniens.

Plus d’infos sur :

http://www.bdsmovement.net/2014/round-up-13017#sthash.pveIBRJp.dpuf

Traduction SF pour BDS France




Omar Barghouti devant une salle comble à Columbia : Israël n’a pas de réponse au BDS

Philippe Weiss, 6 décembre 2014

L’apparition d’Omar Barghouti à l’université Columbia mardi soir a été ressentie comme un jalon dans le mouvement palestinien de solidarité aux USA. Une grande salle de la fac de droit était bondée et l’ambiance était festive. Des sommités de la communauté participaient, parmi elles Lila Abu-Lughod, Rula Jebreal, Rashid Khalidi, Rebecca Vilkomerson, Nadia Abu El-Haj, Dorothy Zellner et Lia Tarachansky. Le discours de Barghouti a été extrêmement optimiste. Il a dit que le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions remportait des victoires bien plus vite que les organisateurs n’avaient imaginé quand ils ont commencé il y a neuf ans, plus vite que le mouvement sud-africain n’avait progressé. Et le mouvement BDS reçoit le soutien « secret » de l’administration Nétanyahou, qui fait tout son possible pour faire la preuve qu’une démocratie juive est un sophisme.

Le suspense de l’attente que les soutiens d’Israël s’expriment fit long feu, on n’eut pas le genre de show habituel en de telles occasions. La professeure de droit Katherine Franke avait invité la foule à ne pas se comporter civilement dans la discussion sur une des questions morales les plus contestées de notre époque, et à la fin, un homme à l’arrière dit qu’il avait une question courte.

« Croyez-vous que le peuple juif a un droit à l’autodétermination ? » Et si oui, « Où devrait-il être ? ».

Barghouti répondit que ce n’était pas à lui, comme Palestinien, de décider si les communautés juives constituent une nation, ni où elles devraient avoir un Etat. Quoiqu’il fit remarquer qu’il n’y a pas de consensus mondialement parmi les juifs sur s’ils forment ou non un peuple, c’est un débat récent, et en fait jusqu’en 1945 la majorité des juifs ne soutenaient pas une souveraineté juive. Puis il dit fermement :

« Une chose que je sais : pas à mes dépens. S’ils sont une nation et ont un droit à l’autodétermination, pas à mes dépens. Ceci ne leur donne pas le droit de nous expulser ni de prendre notre terre. »

L’audience éclata en applaudissements, la première fois en deux heures qu’un orateur était interrompu par des applaudissements. Barghouti en vint rapidement aux autres questions. L’interrogateur sortit de la salle.

Ceci résume l’esprit de cet événement. Son titre était, « Le moment sud-africain de la Palestine ? ». Barghouti dit qu’enfin la Palestine semblait s’approcher de ce moment. L’orateur Mahmood Mamdani dit qu’il n’en est rien. Je traiterai de l’analyse de Mamdani dans quelques jours. Mais en attendant, voici un résumé des remarques de Barghouti.

Barghouti commença en citant la déclaration de Zeev Jabotinsky de 1923 disant que parce que les Palestiniens n’accepteront jamais la saisie sioniste de leurs terres, les Sionistes doivent construire un « mur de fer » et convaincre les Palestiniens qu’il est impossible de résister à la colonisation. Barghouti dit que dans la vue géopolitique de l’époque, il était réaliste pour les sionistes de conclure que les Palestiniens abandonneraient la lutte, et si Jabotinsky pouvait voir le Président Mahmoud Abbas aujourd’hui, il « ferait la fête dans sa tombe : ‘Voyez, je vous l’avais dit, ils ont laisser tomber’ ».

Mais l’histoire récente montre que les Palestiniens n’ont pas abandonné, et en réalité ils inspirent la sympathie et l’attention du monde.

« Les dernières discussions en Israël sur la loi de l’État-nation juive a mis sur l’avant-scène la possible divulgation de tout le projet sioniste. Et ce ne sont pas mes paroles, ce sont les paroles de certains leaders très importants en Israël, qui le disent. Ce qui se passe, c’est que le caractère d’oxymore d’une identité « juive et démocratique » de l’État d’Israël se révèle.

Je peux comprendre la frustration de l’extrême droite en Israël. « Pourquoi le monde entier, même les USA, est contre nous sur cette nouvelle loi ? Pourquoi sont-ils aussi furieux ? Nous n’avons jamais cessé de le faire, nous ne faisons que formaliser ».

Depuis sa mise en place en 1948, Israël a discriminé en permanence par la loi les Palestiniens du pays. Autrement qu’en les nettoyant ethniquement, bien sûr. Alors pourquoi tout le monde est-il si mécontent quand ils essaient de codifier l’identité juive de l’État ? Certains disent que c’est aux dépens de l’identité démocratique. Quelle identité démocratique ? Quand vous avez 50 lois qui discriminent contre une minorité parmi vos citoyens, ce n’est pas de la démocratie….

Ce que font Nétanyahou et son gouvernement d’extrême droite, c’est de démonter cet oxymore. Il ne peut plus exister. Soyons vraiment honnêtes, oubliez la démocratie. Il s’agit d’une ethnocratie… C’est un État juif suprématiste. Alors – pas de faux semblant de démocratie. Et il s’agit d’un développement très important parce qu’il révèle la nature réelle d’Israël. Le masque de la soi-disant démocratie d’Israël a été jeté. »

Barghouti continua sur les tactiques et les succès du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions.

« Nous le voyons comme notre but, dans le cadre de ce que le mouvement BDS  fait dans ce pays: détromper les Américains du mythe d’un empire bénéficiant à tous… Seulement quand la majorité des gens de ce pays réaliseront qu’Israël ne sert pas l’intérêt général des Américains, mais les intérêts d’1%. La grande majorité des Américains ne peuvent nullement bénéficier de ce qu’Israël fait au peuple palestinien.

Shabtai Shavit, un ancien chef du Mossad a écrit dans Haaretz il y a une quinzaine de jours que pour la première fois de sa vie, il s’inquiétait réellement de l’avenir du projet sioniste. Shabtai Shavit n’est pas un gauchiste. Ce n’est pas votre Che Guevara typique mais un sioniste endurci honnête et bon teint. Il s’inquiète vraiment, vraiment… Il dit : l’Europe se ferme devant nous, les marchés européens, même les USA, notre meilleur ami, la relation ne peut pas être pire, c’est un abîme sans précédent. Et le troisième point qu’il mentionne comme indicateur de son désespoir, c’est que les campus universitaires occidentaux, comme le vôtre, sont les incubateurs des futurs dirigeants de leur pays. Il dit : nous perdons la bataille du soutien pour Israël dans le monde universitaire. De plus en plus d’étudiants juifs se détournent d’Israël. Le mouvement BDS mondial a grandi et pas mal de juifs en sont membres.

C’est une des rares fois où un leader israélien mentionne la dimension juive du mouvement BDS. Elle est complètement ignorée. »

Barghouti a dit que quand il a écrit un éditorial pour le New York Times en janvier, « Pourquoi Israël craint le boycott », il a dû insister pour inclure le fait que BDS a un soutien juif petit mais fort. Ce fut un « point extrêmement difficile que j’ai eu à négocier avec le New York Times ».

Lors de ses venues aux États-Unis, on lui demande systématiquement d’en rabattre sur le troisième pilier de l’appel BDS, honorer le droit au retour des réfugiés palestiniens. En vérité, c’est le droit le plus significatif du peuple palestinien. Le pourcentage de Palestiniens réfugiés, en incluant ceux déplacés à l’intérieur d’Israël, avoisine 69 %. « C’est pourquoi, absolument, le droit au retour est le droit le plus significatif de l’appel BDS ».

Ensuite, Barghouti est allé décrire le grand succès du mouvement, et pourquoi il croit qu’Israël s’approche de son moment sud-africain.

L’appel BDS a été modelé sur l’appel sud-africain de boycott et de désinvestissement, mais on ne fait pas du copier-coller. Il y a des différences importantes. « Sur plusieurs aspects, Israël est un système pire que l’apartheid sud-africain ». Israël a commis un nettoyage ethnique et des massacres qui sont pires que les épisodes sud-africains, comme lui ont dit ses partenaires.

« « Nous n’avons jamais vu de bombes de F16 sur nos Bantoustans. Nous n’avons jamais vu de plaques d’immatriculation différentes sur les voitures ». Et ainsi de suite. »

Israël un système plus sophistiqué et évolué d’oppression que l’Afrique du Sud. Et le mouvement BDS s’est développé plus vite qu’en Afrique du Sud.

« Depuis que le mouvement BBS a été lancé, nous avons réalisé bien plus en neuf ans que ce que nous avions pensé possible à l’origine. En vérité, le mouvement est parti bien, bien plus rapidement qu’en Afrique du Sud. Il y a de nombreuses raisons à cela. Israël est au centre de l’univers ; les Israéliens tendent à y croire – mais d’une certaine façon, ils y sont, à cause du pouvoir des USA, de l’holocauste, de nombreux facteurs. Internet. »

Les communiqués du mouvement antiapartheid sud-africain à ses supporters dans l’université de Columbia venaient par quelques fax clandestins dans le sous-sol de quelqu’un, dit Barghouti. Maintenant, les médias sociaux et les e-mails rendent ces communications vastes et instantanées.

En 2013, Israël a classé officiellement BDS comme « menace stratégique », quand il a transféré la lutte contre le mouvement du ministère des affaires étrangères, un ministère de propagande, au ministère des affaires stratégiques.

« Pourquoi Israël, une puissance nucléaire toujours très puissante économiquement, serait-elle effrayée de cette nuisance non violente comme ils nous ont qualifié au début ? Eh bien, j’aurais très peur à leur place. Je peux être un peu plus malin qu’eux sur le moyen de la combattre. Mais je ne vais pas leur dire. [Rires]. Je pense que leur Q.I. est en baisse. Je ne sais pas ce qui arrive au sionisme. Mais quand je venais étudier ici, les sionistes étaient très malins… Soit les personnes malignes ont abandonné le sionisme soit le Q.I. moyen des sionistes a baissé, mais vraiment ils ne pensent pas de façon cohérente. Parce qu’ils ne sont pas parvenus à une seule tactique intelligente pour combattre BDS…depuis 2005. Je ne vais pas me rendre arrogant. Je veux dire, sérieusement, que nous ne sommes pas sérieusement défiés. Ça devient une porte ouverte. »

Pendant des années la bataille a porté sur l’image d’Israël. Israël a injecté des milliards pour requalifier le pays en démocratie libérale, en paradis pour les homosexuels, les scientifiques, les artistes et les entrepreneurs et pour exploiter abusivement le génocide des juifs pour renforcer son image, a dit Barghouti. Et pourtant il lutte en impopularité avec la Corée du Nord qui n’a rien dépensé en propagande.

« À nouveau le problème est – si on parle de QI, – vous faites un massacre à Gaza et ça [la campagne d’image] disparaît d’un seul coup. Ça ne marche pas. OK vous pouvez exporter vos ballerines et vos musiciens. Mais alors vous commettez un grand crime de guerre et ça s’évanouit. Les gens ne sont pas idiots. »

Barghouti décrivit une liste des triomphes du BDS lors des une ou deux dernières années, dont beaucoup dans les communautés universitaires et religieuses. Il y a un an, il n’aurait pas pu dire si le mouvement avait un impact économique sur Israël. Maintenant il peut. Il cita les désinvestissements bancaires en Europe et la vente par Bill Gates d’actions dans un entrepreneur pour les prisons israéliennes, G4S.

Il y eut une époque dit-il, où la phrase « Made in Afrique du Sud » était « toxique, intouchable ». Il ajoute : « Nous n’en sommes pas là, mais nous nous en rapprochons ».

Israël a aidé cette tendance.

« Ils ne viennent pas avec des solutions rationnelles au BDS. Pas qu’il y ait une solution facile… Il n’y aura pas de solution jusqu’à ce que le système d’oppression qui a été révélé au monde… principalement grâce au mouvement BBS et au gouvernement d’apartheid [,finisse]. Nous devons en louer Nétanyahou. Sans lui nous ne serions pas parvenus aussi loin à présent. Cela pourrait avoir pris plus, bien plus de temps, mais grâce au gouvernement israélien, notre plus grand soutien clandestin dans le monde, nous avançons bien plus vite. »

Il ressort de plus en plus que le Moment sud-africain d’Israël arrive enfin, a-t-il dit.
Voir plus à: http://mondoweiss.net/2014/12/netanyahu-barghouti-celebratory#sthash.uDF2Fwqe.dpuf

Traduction : JBB-CCIPPP




Boycott universitaire aux Etats-Unis en 2014

Si toutes les universités étasuniennes ne rejoignent pas encore la campagne BDS, la plupart sont conduites à l’envisager, et donc à discuter de la Palestine sur les campus, dans les syndicats étudiants etc.

Dans l’article suivant, Tithi Bhattacharya revient sur 2014, année spectaculaire pour le boycott universitaire aux Etats-Unis.

La crainte israélienne du boycott est enracinée dans les victoires tactiques historiques sur le colonialisme

Tithi Bhattacharya, Electronic Intifada, le 4 Décembre 2014
http://www.pourlapalestine.be/index.php?option=com_content&view=article&id=1922:la-crainte-israelienne-du-boycott-est-enracinee-dans-les-victoires-tactiques-historiques-sur-le-colonialisme&catid=76:partout-il-y-a-des-gens-qui-agissent
http://electronicintifada.net/content/israels-fear-boycott-rooted-tactics-historic-victories-against-colonialism/14075

  1. University of California, Los Angeles: le 26 février 2014, rejetée
  2. Arizona State University: le 18 mars 2014, reportée
  3. University of Michigan, Ann Arbor: le 25 mars 2014, rejetée
  4. Loyola University: le 27 mars 2014, véto
  5. University of Michigan-Dearborn: le 28 mars 2014, votée
  6. Cornell University: le 10 avril 2014, reportée
  7. San Diego State University: le 23 avril 2014, rejetée
  8. University of California, Santa Barbara: le 23 avril 2014, rejetée
  9. University of California, Riverside: le 23 avril 2014, votée
  10. Wesleyan University: le 4 mai 2014, votée
  11. University of California, Davis: le 8 mai 2014, rejetée
  12. University of New Mexico: le 10 mai 2014, véto
  13. University of Washington: le 20 mai 2014, rejetée
  14. DePaul University: le 23 mai 2014, votée
  15. University of California, Santa Cruz: le 27 mai 2014, votée
  16. UAW 2865 (treize mille travailleurs et étudiants de neuf campus de l’Université de Californie): le 4 décembre 2014, votée

De plus, l’Association des études sur la paix et la justice, l’Association des langues modernes, l’Association nationale des études féminines et l’Association américaine d’anthropologie envisagent également prochaînement de soumettre au vote des résolutions BDS…




« Un tournant décisif » : L’université de Californie à Santa Cruz vote le désinvestissement

Nora Barrows-Friedman jeudi 29 mai 2014 – 15:38

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Logo du Comité pour la Justice en Palestine de l’UCSC.

 

Le Conseil étudiant de l’Université de Californie à Santa Cruz a voté une motion de désinvestissement tôt mercredi matin.

Par 22 voix pour et 14 contre, Santa Cruz est le cinquième Conseil étudiant des neuf campus de premier cycle de l’université de Californie à voter le désinvestissement, faisant ainsi du désinvestissement une position majoritaire des dirigeants des Conseils étudiants de premier cycle en Californie.

Les Universités de Californie d’Irvine, de San Diego, de Riverside et de Berkeley ont voté de même dans l’année et demie écoulée.

La résolution votée à Santa Cruz exige que la Direction de l’Université de Californie retire ses investissements des sociétés américaines qui profitent des violations des droits humains de la part d’Israël, notamment General Electric, Hewlett-Packard, Lockheed Martin, Caterpillar et Elbit. Jusqu’à présent la direction n’a pas manifesté de prise en compte des appels des étudiants au désinvestissement.

Dans son communiqué de presse, le Comité étudiant du campus pour la Justice en Palestine annonce que la résolution a été soutenue par un large éventail de groupes étudiants alliés tels que les sections de UCSC du Mouvement Etudiant Chicano d’Atzlan, les Etudiants Autonomes et les Etudiants Musulmans. La résolution a aussi été soutenue par l’Association des Etudiants Sikhs, l’Alliance des Etudiants Africains/Noirs, l’Alliance étudiante des Indiens Nord-américains, l’Union des Etudiants Queer et des membres de la communauté au sens large.

« La résolution a également été soutenue par plusieurs organisations extérieures au campus telles que Boycott de l’intérieur, le Comité d’action Santa Cruz-Palestine et le Forum Solidaire de la Palestine de l’Université du Cap » a ajouté le Comité Justice pour la Palestine (CJP).

Bataille rangée

Cette victoire pour le désinvestissement survient après l’échec d’une résolution semblable à l’université de Santa Cruz et après des années d’une bataille féroce entre les militants de la solidarité avec la Palestine et des groupes anti-palestiniens dans le campus et en dehors.

Tammi Rossman-Benjamin est salariée de l’université de Santa Cruz. C’est une raciste notoire, une incitatrice des chiens de garde sionistes de l’Initiative Amcha qui pratique la diffamation et le harcèlement vis-à-vis des étudiants et des profs qui s’expriment contre la politique israélienne, faisant souvent l’amalgame entre le militantisme solidaire de la Palestine et l’antisémitisme. Rossman-Benjamin a été vue en 2013 tenant sur une vidéo des propos racistes et islamophobes sur des étudiants impliqués dans le militantisme solidaire de la Palestine.

Cette année, l’Intifada électronique a révélé qu’Amcha avait espionné des étudiants, notamment de Santa Cruz, qui participaient à une délégation en Palestine. L’université de Californie n’a pas encore engagé de procédure contre le harcèlement d’Amcha ni contre Rossman-Benjamin elle-même pour ses propos racistes.

Elaine Ejigu, une étudiante, a déclaré à l’Intifada électronique que plusieurs membres du Conseil étudiant de Santa Cruz ont participé à des voyages de propagande en Israël tous frais payés et que de ce fait « nous ne pensions pas qu’ils allaient être prêts à nous écouter cette année. Des étudiants et des anciens élèves pensaient que c’était l’année dernière que nous avions une chance de faire passer la résolution, mais nous avons continué de toute façon. A à notre grand étonnement, c’est passé. »

Ejidu a affirmé que cette victoire du désinvestissement envoie à des groupes tels qu’Amcha le message selon lequel « un nombre croissant d’étudiants sur les campus de premier cycle, dont des Juifs et/ou des Israéliens sont ouverts au désinvestissement et qu’ils ne sont pas antisémites, ce n’est pas la question. L’enjeu, c’est celui des sociétés qui participent à la violation des droits humains liée à l’occupation ».

Louvoyer face aux tactiques d’intimidation

Nadya Tannous, une ancienne étudiante diplômée de Santa Cruz, membre du réseau des anciens élèves du Comité pour la justice en Palestine a dit à l’Intifada électronique qu’elle est fière des membres du Conseil étudiant qui ont « louvoyé face à des tactiques d’intimidation pour protéger les intérêts des étudiants ». En tant qu’étudiante palestinienne, Tannous a dit sa gratitude envers le Conseil étudiant pour avoir revendiqué « qu’à l’avenir les frais d’études ne soient plus employés à l’oppression directe de ma famille et de ma communauté en Palestine ».

Tannous a souligné l’importance du soutien de tous les groupes d’étudiants qui ont appuyé cette résolution.

« Il ne s’agissait pas seulement de la Palestine – il y a eu convergence de gens de différents milieux. Le fait de se rassembler tous en une coalition de divers groupes étudiants nous renforce pour la poursuite non seulement d’autres campagnes pour le désinvestissement des groupes qui profitent de la violation des droits humains, mais aussi du soutien mutuel dans la lutte pour la représentation de nos intérêts, à nous étudiants de couleur, sur le campus. »

Le CJP ajoute, dans son communiqué de presse, que cette dernière victoire se situe dans le contexte de victoires des résolutions de désinvestissement aux Etats Unis, en particulier dans le système de l’Université de Californie. « C’est un défi à la politique antidémocratique du Conseil d’administration de l’université de Californie qui refuse de désinvestir de corporations sur la base de leur implication dans les violations des droits huais perpétrées par Israël ».

« Nous sommes à un tournant décisif » a dit Tannous.

Traduction SF pour AURDIP




Les succès de la campagne de boycott d’Israël malgré ses moyens restreints

Asa Winstanley – Middle East Monitor – 20 décembre 2013

 

Deux faits indirectement liés qui se sont déroulés aux États-Unis durant cette semaine (du 20 décembre) m’ont frappé d’une manière toute particulière. Le premier, c’est que ce fut une grosse semaine pour la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS). Les membres de l’Association des études américaines (ASA) ont voté en faveur du boycott universitaire d’Israël. Et l’Association des études amérindiennes et autochtones (NAISA) a, elle aussi, approuvé le BDS.

Deux autres victoires BDS significatives ont eu lieu cette année (2013), l’une en mai quand le professeur Stephen Hawking décida de rejoindre le boycott universitaire d’Israël, et l’autre en mars, quand la stratégie de « lawfare » (guerre juridique) du lobby pro-israélien contre le BDS lancée devant les tribunaux britanniques s’est trouvée sérieusement ébranlée. Ronnie Fraser, directeur de l’organisation Les Amis universitaires d’Israël a essayé d’intenter un procès au Syndicat des universités et facultés pour ne serait-ce que porter le débat du BDS devant les tribunaux. Il a échoué, un tribunal du travail l’ayant débouté de sa demande.

Je suis un partisan du mouvement BDS depuis des années et c’est de près que je suis ses progrès lents mais réguliers. Le Comité national palestinien chargé en début de cette année de coordonner et diriger le mouvement mondial a publié une ligne du temps interactive qui enregistre les nombreux succès au cours des huit années précédentes. Ces réalisations sont d’autant plus impressionnantes à la lumière des maigres moyens dont disposent les militants des campagnes pro-palestiniennes pour faire progresser la cause. BDS est un phénomène palestinien, et les militants qui ont adhéré à la cause sont de véritables militants issus du peuple.

Ce qui m’amène au deuxième fait qui a attiré mon attention cette semaine. C’est un billet à Mondoweiss à propos d’une nouvelle liste des gros salaires dans les organisations juives à but non lucratif aux États-Unis. Et les groupes pro-Israël y figurent en bonne place.

Abraham Foxman, de la Ligne anti-diffamation, est payé selon cette liste 688 000 $/an (plus de 500 000 €). Le directeur de l’AIPAC (Comité américain pour les affaires publiques israéliennes) empoche plus d’un demi-million de dollars. Pendant que le directeur général du Fonds national juif, quasi-gouvernemental aux États-Unis, (partie intrinsèque du régime foncier d’apartheid d’Israël), Russell Robinson, doit probablement se sentir lésé en ne recevant que la bagatelle de 344 000 $ de salaire annuel.

On peut dire sans se tromper qu’un seul de ces salaires pourrait financer toutes les organisations pro-palestiniennes pendant plusieurs années, et pourtant ce sont ces organisations sous-financées qui remportent de plus en plus d’étapes importantes dans la lutte pour la constitution d’un contre-siège BDS contre Israël. Pas étonnant que les organisations sionistes soient inquiètes. Les recommandations du tristement célèbre Institut Reut (Tel Aviv) à l’intention d’Israël pour le « sabotage » des groupes pro-palestiniens pour la justice estiment que le BDS est autant une menace pour le système d’apartheid d’Israël qu’une résistance armée. Reut qualifie le premier de « réseau de délégitimation » et la seconde de « réseau de résistance ».

Les partisans d’Israël semblent toujours ne pas voir la principale force du BDS : qu’il fait partie d’une campagne morale mondiale pour la justice en Palestine. Comme l’écrit l’universitaire Steven Salaita, à propos de la décision de l’ASA de rejoindre le boycott universitaire cette semaine : « C’est très simple, vraiment. Les Palestiniens ont expliqué. Et les gens ont compris. »

L’une des principales raisons du succès du mouvement BDS pour mobiliser des militants, c’est le fait que ses trois exigences sont justes, faciles à comprendre et qu’elles ont recueilli un consensus parmi la population palestinienne : la fin de l’occupation, le retour des réfugiés et des droits égaux pour tous.

Même si le BDS n’est seulement qu’un aspect de la lutte palestinienne plus globale pour la libération, il est devenu aujourd’hui « la nouvelle et constante adresse de la solidarité internationale à la résistance collective et au combat du peuple palestinien, » comme l’écrit le journaliste palestinien Ramzy Baroud cette semaine.

BDS s’avère aussi très difficile à vaincre pour Israël. Ce que celui-ci appelle sa stratégie « lawfare » – bloquer les militants du mouvement dans les tribunaux – se révèle de plus en plus sans espoir, comme le montrent le procès perdu de Ronnie Fraser et bien d’autres affaires en France.

Ce qui est ma crainte, alors que BDS se développe lentement mais sûrement, c’est qu’Israël puisse utiliser ses atouts secrets mondiaux pour porter le concept de « sabotage » à un niveau plus agressif que les affaires judiciaires. Le temps nous le dira. Néanmoins, les apologistes des crimes de guerre israéliens en sont encore à boucher les fissures du barrage avec leurs doigts. C’est pour eux qu’arrive BDS.
Rédacteur-en-chef adjoint de The Electronic Intifada , Asa Winstanley est un journaliste d’investigation qui vit à Londres .
Middle East Monitor : https://www.middleeastmonitor.com/articles/inquiry/8906-boycott-israel-campaign-succeeding-despite-minimal-resources

Traduction : JPP pour BDS France




Campagne de BDS contre Israël : l’année 2014 verra-t-elle un tournant décisif ?

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Il est à la fois curieux et surprenant de constater qu’Israël se sente vulnérable alors qu’il se trouve au sommet de sa puissance économique et militaire, notamment en matière de nucléaire. Cette fois, l’ironie veut que la menace provienne d’un mouvement non-violent ancré dans le droit international et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Au mois de juin de cette année, le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahu a en effet déclaré que le mouvement mondial de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), dirigé par les Palestiniens, représente une « menace stratégique » pour le régime israélien d’occupation, de colonisation et d’apartheid. Pour cela, Netanyahu a décidé de confier la responsabilité totale de la lutte contre le BDS au Ministre des Affaires Stratégiques.

Cette évolution spectaculaire reflète l’échec de « Brand Israel », une campagne israélienne bien huilée menée par le Ministre des Affaires Étrangères depuis le lancement du mouvement BDS en 2005, et dont la stratégie consistait à utiliser la culture comme instrument de propagande en faisant appel à des artistes et des écrivains israéliens dans l’objectif de présenter au monde entier une « meilleure image d’Israël. »

C’est en effet grâce aux gens de conscience depuis les quatre coins du monde, qui ont compris qu’on pouvait mettre fin à l’impunité d’Israël au moyen d’une résistance populaire en Palestine même et associée à une pression et responsabilité internationale à la fois efficace, moralement cohérente et permanente.

C’est cette prise de conscience qui a donné un grand élan aux campagnes de BDS. Plusieurs de ceux qui étaient jusqu’ici des partisans et des sympathisants d’Israël ont fini par s’en éloigner à cause, entre autres, 1) du brutal blocus israélien sur la Bande de Gaza, 2) de la construction sauvage de colonies illégales et du mur de séparation en Cisjordanie occupée, 3) de sa « stratégie de judaïsation » à Jérusalem, en Galilée, dans la Vallée du Jourdain et dans le Naqab (Le Néguev), comme démontré par des rapports officiels de l’ONU 4) de l’adoption de nouvelles lois racistes, et enfin 5) du déni des droits des réfugiés.

Il convient donc de considérer que les succès du mouvement de BDS au cours des dernières années seraient le facteur qui a ébranlé le régime Israélien. Le soutien en décembre 2012 du Congrès National Africain (The African National Congress) ; le soutien au BDS et l’annulation d’évènements qui devaient inclure les noms d’artistes et de groupes de musique de renommée mondiale ; la décision prise par l’éminent scientifique Stephen Hawking et qui consistait à appliquer le boycott et à annuler sa participation à une conférence à l’Université Hébraïque ; et la dernière vague de résolutions en faveur du boycott adoptées par des associations universitaires US, sont des éléments qui conforte l’analyse selon laquelle le mouvement de BDS atteindra bientôt le niveau de la mobilisation internationale contre l’apartheid en Afrique du sud.

Quant à sa position aux yeux de l’opinion publique mondiale, il faut reconnaitre que la réputation d’Israël s’est quelque peu érodée depuis un certain temps déjà. Deux facteurs majeurs en sont la cause. Il s’agit, premièrement, de la force morale du mouvement de BDS, y compris sa composante israélienne anticolonialiste cruciale. Et en second lieu, le changement politique israélien qui s’est clairement orienté vers l’extrême droite. Dans un sondage réalisé en 2013 par la BBC, les résultats ont fait ressortir la concurrence entre Israël et la Corée du Nord, perçus par la grande majorité des personnes en Europe et ailleurs, comme le troisième ou le quatrième des pires pays au monde.

Qu’est-ce que la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions ?

Le 9 juin 2005 a été le jour où l’appel au BDS était pour la première fois lancé par une alliance de plus de 170 organisations palestiniennes : syndicats, réseaux de réfugiés, ONG et associations locales. Le message transmis ce jour était un appel aux organisations de la société civile internationale et aux gens de conscience, afin qu’ils « imposent un boycott général et mettent en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, emboitant ainsi le pas aux mesures appliquées en Afrique du Sud durant la période où sévissait l’apartheid. »

Plus précisément, le BDS appelle à la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967, avec le démantèlement du mur et des colonies, la fin du système israélien de discrimination raciste contre ses citoyens palestiniens et le droit au retour inhérent et reconnu par l’ONU des réfugiés Palestiniens dans leur terre d’origine.

Ces trois droits fondamentaux correspondent aux trois composantes majeures du peuple palestinien : les citoyens de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est (38% de la population palestinienne d’après des statistiques de 2011), ceux du territoire de 1948 qui vivent sous le régime d’apartheid israélien (12%) et ceux de la diaspora, en exil (50%). Plus de deux tiers des Palestiniens ont le statut de réfugiés ou sont des personnes déplacées à l’intérieur de leur pays.

Agir et s’imposer avec diplomatie et délicatesse

Pour Desmund Tutu, Roger Waters, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, Arundhati Roy, Marcel Khalife et Aijaz Ahmed – personnalités publiques jouissant d’une forte influence – la conclusion est on ne peut plus claire : c’est la même lutte menée en Afrique du sud du temps de l’Apartheid qui doit être suivie aujourd’hui. En effet, le mouvement de BDS est absolument indispensable pour obliger Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international.

En faisant appel aux gens de conscience, partout dans le monde, afin d’aider à mettre fin au système israélien d’oppression à trois facettes, le mouvement de BDS n’entend pas solliciter une action héroïque mais plutôt l’accomplissement et le respect d’une profonde obligation morale qu’est le renoncement à la complicité dans l’oppression.

Chaque année, les pays occidentaux, à l’instar des États-Unis et de l’Allemagne offrent des milliards de dollars à Israël, sans oublier le commerce militaire lucratif. De ce fait, les contribuables de ces pays occidentaux subviennent aux violations israéliennes du droit international pendant que leurs programmes sociaux domestiques subissent des coupes sombres, que le chômage atteint des niveaux alarmants et que l’environnement se fait massacrer et détruire. Tirer un trait sur la complicité avec les crimes israéliens ne joue pas en faveur du peuple palestinien seulement, mais il conviendra sans nul doute aux « 99% » des personnes aux quatre coins du monde qui luttent contre une guerre perpétuelle et pour une justice socio-économique.

S’appuyant sur son influence mondiale, le mouvement de BDS dirigé par la principale coalition dans la société civile palestinienne, le BNC [BDS National Committee] enregistre une percée à travers le monde, couronnée par d’importantes victoires.

Quelques jours auparavant, The American Studies Association [l’Association des Études Américaines] a adopté le principe du boycott universitaire d’Israël avec un ratio de soutien stupéfiant de 2:1 de l’ensemble de ses membres. En avril, The Association for Asian-American Studies [L’Association pour les Études Asiatiques Américaines] est devenue la première instance universitaire américaine à adopter le boycott d’Israël. Dans la même période, The Federation of French-Speaking Belgian Students (La Fédération des Étudiants Belges Francophones) qui compte 100 000 membres a également adopté le boycott des institutions universitaires israéliennes, tout comme le Syndicat des Enseignants Irlandais. En mars 2011, l’Université de Johannesburg a rompu des liens avec l’Université Ben Gourion à cause des violations des droits de l’homme.

Pour leur part, les Conseils d’Étudiants à travers plusieurs universités nord-américaines, dont l’Université de Californie, Berkeley, ont opté pour le désinvestissement de toutes les sociétés qui tirent profit de l’occupation israélienne.

Une liste de plus en plus longue

A travers des millions de membres – originaires, entre autres, d’Afrique du sud, de Grande-Bretagne, d’Irlande, d’Inde, du Brésil, de Norvège, du Canada, d’Italie, de France, de Belgique et de Turquie – ce sont les principales fédérations syndicales internationales qui ont apporté leur soutien au mouvement de BDS

Veolia qui est une société complice avec l’occupation israélienne, a perdu ou a dû se retirer d’appels d’offres qui valent des milliards de dollars, principalement en Suède, en Grande-Bretagne, en Irlande et maintenant aux États-Unis.

Le militantisme du BDS en Norvège, en Afrique du Sud, au Parlement Européen et dans plusieurs Universités Britanniques et ailleurs, a pu frapper G4S, la plus grande société de services de sécurité à l’échelle mondiale. L’entreprise fait actuellement face à d’importants échecs tout à fait significatifs résultant de son implication dans les prisons israéliennes où des détenus Palestiniens, notamment des enfants se font torturer. Elle est également impliquée dans plusieurs projets qui enfreignent le droit international.

En Grande-Bretagne, la cinquième plus grande chaîne de supermarché Co-op a adopté la politique de boycott des sociétés qui opèrent dans les Territoires Palestiniens Occupés.

L’an dernier, The United Methodist Church [L’Église Méthodiste Unie] a appelé au boycott des produits en provenance des colonies israéliennes. Une décision suivie par l’Église Presbytérienne Américaine et l’Église Unie du Canada. L’Église Mennonite Américaine est allée encore plus loin en décidant de ne pas investir dans les entreprises impliquées dans l’occupation israélienne.

Pour sa part, le gouvernement néerlandais a publiquement « dissuadé » les entreprises de son pays à renoncer au business avec les entités israéliennes opérant dans les Territoires Palestiniens Occupés, ce qui a poussé la plus grande entreprise de construction aux Pays-Bas, Royal Haskoning DHV, à se retirer d’un projet de traitement des eaux usées avec la municipalité israélienne de Jérusalem-Est occupée. Dans le même contexte, l’entreprise publique des eaux Vitens a également résilié un contrat avec l’entreprise israélienne des eaux, Mekorot.

Il en va de même pour le gouvernement britannique qui a publié une directive sur l’implication des entreprises dans les colonies illégales israéliennes. Ces étapes suivent la publication des directives européennes contre le financement des projets et entités israéliens dans les Territoires Palestiniens.

Deutsche Bahn, la compagnie allemande des chemins de fer et qui est contrôlée par le gouvernement, s’est retirée d’un projet israélien qui empiète et confisque la terre palestinienne occupée. Des responsables du Ministère allemand des Affaires Étrangères ont informé des représentants de la société civile palestinienne qu’ils ont recommandé à toutes les institutions académiques allemandes d’éviter tout échange avec l’université d’Ariel, une colonie israélienne en Cisjordanie.

Il est vrai que la violente répression israélienne, sa politique de nettoyage ethnique et son blocus à l’encontre des Palestiniens augmentent jour après jour. Néanmoins, nous demeurons confiants et convaincus que nous surmonterons les obstacles et que nous vaincrons. Grâce au mouvement de BDS, aujourd’hui devenu mondial et ayant réussi à conquérir les cœurs et les esprits des peuples, il se pourrait bien que nous atteignons le point ou tout basculera.

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Omar Barghouti est militant Palestinien indépendant des droits de l’homme et membre fondateur du mouvement de BDS. Il est l’auteur de « Boycott, Divestment, Sanctions : The Global Struggle for Palestinian Rights, » (Haymarket : 2011).

Du même auteur :

- Le succès ultime d’Israël pourrait bien signer la fin de son régime colonial – 9 octobre 2013
- Le mouvement BDS expliqué – Pourquoi j’ai boycotté Israël – 28 février 2013
- A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël – 25 octobre 2012
- BDS : Les Palestiniens veulent « toute la panoplie des droits » – 27 juin 2012
- BDS pour les droits des Palestiniens : « L’égalité ou rien ! » – 6 mai 2012
- BDS, des armes économiques pour relayer la politique – 31 décembre 2011
- Un criminel de la Haganah témoigne sur la Nakba – 30 décembre 2011
- Veolia toujours impliquée dans les violations israéliennes du droit international – 24 novembre 2011
- L’obstacle fondamental sur le chemin d’une solution à un État – 18 novembre 2011
- Ashton : l’attaque des colons contre la mosquée en Cisjordanie sape la paix au Proche-Orient – 12 septembre 2011
- Le dernier masque de démocratie tombe – 6 août 2011

22 décembre 2013 – Al Jazeera English – Vous pouvez consulter cet article en anglais à :
http://www.aljazeera.com/indepth/op…
Traduction : Info-Palestine.eu – Niha




Alarmes israéliennes

Le 4 mars 2013, le premier ministre israélien s’exprimait, comme chaque année, lors de la convention de l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis. Les sujets abordés par M. Benyamin Netanyahou n’ont guère surpris les observateurs : défense de la sécurité d’Israël, Syrie, nucléaire iranien, exigences vis-à-vis des négociateurs palestiniens, etc. Mais, ce jour-là, un sujet nouveau a occupé un quart du temps de parole de l’intervenant : la campagne internationale Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) menée contre la politique d’Israël. Le sigle fut cité à dix-huit reprises…

Lancée en juillet 2005 par cent soixante-douze organisations palestiniennes (1), cette campagne préconise des «mesures de sanction non violentes (…) jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international (2)». Les mesures recommandées sont de trois types : boycott de l’économie et des institutions israéliennes, retrait des investissements étrangers, sanctions contre l’Etat et ses dirigeants.

Lors de la conférence de l’Aipac, M. Netanyahou a accusé les promoteurs de BDS de «faire reculer la paix», de «durcir les positions palestiniennes» et de «rendre improbables les concessions mutuelles». A la critique des fondements et des objectifs de la campagne s’est ajouté le déni de son efficacité : à en croire le premier ministre, elle n’entamerait en rien la prospérité économique israélienne.

Le paradoxe manifeste entre l’attention consacrée à BDS et l’affirmation de son inefficacité ne serait qu’apparent. «Le fait que le mouvement va échouer ne signifie pas qu’il ne doit pas être vigoureusement combattu», explique M. Netanyahou, trahissant ainsi le dilemme majeur des officiels israéliens : reconnaître que BDS affecte leur pays, c’est encourager les artisans de la campagne; l’ignorer, c’est leur laisser le champ libre.

Avocats et adversaires de BDS s’accordent sur un point essentiel : le mouvement a connu, dans la période récente, des développements sans précédent, que même ses organisateurs n’osaient espérer. Ainsi, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a évoqué le risque d’isolement que courrait Israël en cas d’échec des pourparlers en cours.

A Munich, le 1er février 2014, il a averti : «En ce qui concerne Israël, on voit se construire une campagne croissante de délégitimation. Les gens y sont sensibles. On parle de boycott, et de toutes sortes de choses.» Ces propos ont suscité une avalanche de critiques en Israël, certains accusant — à tort — M. Kerry de justifier le boycott et d’utiliser BDS pour faire pression sur le gouvernement israélien afin de lui imposer un accord défavorable à ses intérêts.

Les récentes victoires de la campagne expliquent l’inquiétude des autorités américaines. Fin janvier 2014, le fonds souverain de la Norvège, le plus important du monde avec 629 milliards d’euros d’en-cours (3), a ajouté à sa «liste noire» deux compagnies israéliennes, Africa Israel Investments et Danya Cebus, en raison de leur rôle dans la construction de colonies à Jérusalem. Invoquant le même motif, l’un des principaux fonds de pension néerlandais, PGGM (150 milliards d’euros d’en-cours), a retiré plusieurs dizaines de millions d’euros de cinq banques israéliennes.

De son côté, le gouvernement allemand a annoncé qu’il refuserait désormais de subventionner les entreprises de haute technologie israéliennes situées dans les colonies de Jérusalem ou de Cisjordanie.

L’« affaire Sodastream»

En outre, la campagne BDS a remporté récemment des victoires dans d’autres domaines que l’économie. En février dernier, l’American Studies Association, une société savante de cinq mille membres, a adopté, par 66% des suffrages, une résolution préconisant la rupture des relations avec les institutions universitaires israéliennes. Ce coup de tonnerre dans le milieu académique suivait le désistement, en mai 2013, du célèbre astrophysicien Stephen Hawking d’une conférence organisée en Israël. Un mois plus tôt, la Teachers Union of Ireland (TUI, quatorze mille membres) avait voté une motion de soutien à la campagne BDS, et dénoncé Israël comme un «Etat d’apartheid».

Pour M. Omar Barghouti, un des principaux animateurs du mouvement, ces succès importent autant, sinon davantage, que ceux obtenus dans le secteur économique : «L’impact de ce boycott institutionnel par des organisations importantes, comme l’American Studies Association, va bien au-delà de l’Université et installe la campagne BDS
comme un sujet de débat légitime dans les médias (4).»

Toutefois c’est très probablement l’«affaire Sodastream» qui a révélé l’ampleur prise par le mouvement de solidarité avec les Palestiniens. La multinationale israélienne fabrique des appareils de gazéification des boissons, en particulier dans la colonie de Maale Adumim, située près de Jérusalem. Sodastream est depuis longtemps la cible de BDS.

En janvier 2011, l’association israélienne Who Profits, spécialisée dans l’étude des entreprises bénéficiant de la colonisation, l’accusait dans un rapport d’exploiter les ressources et la main-d’oeuvre palestiniennes. Les divers groupes impliqués dans la campagne ont ciblé les appareils Sodastream, ainsi que les enseignes qui les vendent, comme Darty en France.

Pour redorer son image, l’entreprise s’est offert les services de la comédienne Scarlett Johansson, l’une des actrices fétiches du réalisateur Woody Allen. Elle a tourné un spot pour la marque, qui devait notamment être diffusé le 2 février dernier lors de la finale du Super Bowl (le championnat de football américain). Mais la publicité a été rapidement repérée, détournée et parodiée par les artisans de BDS pour dénoncer la colonisation et la caution que lui apportait la comédienne.

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Ils ont ensuite interpellé l’organisation non gouvernementale (ONG) Oxfam, active dans les territoires palestiniens, qui comptait depuis 2007 l’actrice parmi ses ambassadrices. Le 30 janvier, l’ONG a annoncé la rupture : «Bien qu’Oxfam respecte l’indépendance de ses ambassadeurs, le rôle de promotion de l’entreprise Sodastream par Mme Johansson est incompatible avec celui d’ambassadrice mondiale d’Oxfam. (…) Oxfam est opposé à tout échange commercial avec des
colonies israéliennes, illégal en vertu du droit international (5).»

L’«affaire Sodastream» a immédiatement rebondi en France. Alertés par des militants propalestiniens, plusieurs dessinateurs ont découvert que l’entreprise figurait parmi les partenaires officiels du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Dans une lettre ouverte rendue publique le 31 janvier, plus d’une centaine d’entre eux, parmi lesquels une dizaine d’anciens primés, ont exprimé leur indignation. Se déclarant «surpris, déçus et en colère de découvrir que Sodastream est un sponsor officiel du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême», les signataires ont demandé aux organisateurs «de couper tous les liens entre le Festival et cette entreprise honteuse».

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Le dessinateur Jacques Tardi et la chanteuse Dominique Grange ont de leur côté regretté «avoir été pris en otage par ceux qui dirigent [le Festival] et n’ont pas estimé nécessaire de nous informer que l’édition de cette année était en partie financée par une entreprise installée dans les territoires palestiniens occupés, cautionnant ainsi la politique de colonisation de l’Etat d’Israël, le blocus de Gaza et les violations récurrentes des droits du peuple palestinien».

L’«affaire Sodastream» témoigne des limites objectives, pour ne pas dire des contradictions, de la stratégie israélienne de lutte contre BDS. Quoi que puisse en dire M. Netanyahou, les autorités israéliennes considèrent cette campagne comme une «menace stratégique». En juin 2013, le premier ministre israélien lui a d’ailleurs consacré une réunion restreinte. Il a confié la responsabilité de la lutte contre cette «entreprise de délégitimation d’Israël» à son ministre des affaires stratégiques, M. Yuval Steinitz, désormais chargé de la coordination des organes de sécurité, de renseignement et de diplomatie affectés à la lutte contre les «menaces stratégiques» — au nombre desquelles le nucléaire iranien figure au premier chef.

Cette nouvelle attribution du ministère, réputé pour ses opérations de déstabilisation et de désinformation, révèle à quel point Israël prend au sérieux la campagne BDS. Mais la contre-attaque est-elle efficace?

Rendre l’occupation respectable

La stratégie consistant à combattre BDS tout en feignant de l’ignorer pourrait en effet se retourner contre ses utilisateurs. De la campagne publicitaire de Sodastream au parrainage d’initiatives culturelles, en passant par les invitations adressées à des intellectuels ou à des artistes de renommée internationale, la tactique israélienne vise à rendre respectables l’occupation et la colonisation. Bien souvent, elle a surtout pour résultat de faire naître l’indignation dans des secteurs jusqu’alors peu ou pas mobilisés.

Les déclarations de Mme Tzipi Livni, ministre de la justice, illustrent cette impasse : «Nous vivons dans une bulle. Le pays entier est déconnecté de la réalité internationale. (…) Le boycott avance et progresse uniformément et de manière exponentielle. Ceux qui ne veulent pas le voir finiront bien par l’éprouver (6).» La riposte choisie manque d’efficacité parce qu’elle se situe quasi exclusivement sur le terrain du discours, et oublie la nature de plus en plus visible de l’obstination israélienne à refuser tout compromis avec les Palestiniens.

L’activisme des militants ne suffit pas à expliquer le développement de la campagne BDS, même s’il joue un rôle moteur. La mobilisation se nourrit de la réalité de la politique israélienne : du blocus de Gaza et des bombardements meurtriers à l’hiver 2008-2009 aux perpétuelles relances de la construction dans les colonies, en passant par l’assaut meurtrier contre la «flottille de la liberté» en mai 2010.

Grâce à la campagne BDS et à son implantation à la base, le mouvement de solidarité avec les Palestiniens atteint progressivement les échelons intermédiaires, voire supérieurs, de certaines institutions. Révélatrice d’une indignation grandissante face à la politique israélienne, cette dynamique ne pourra être défaite par une stratégie  de «dédiabolisation» de Tel-Aviv.
«Piétiner les droits des Palestiniens au nom de notre droit exclusif à la terre risque d’aboutir à un ostracisme international d’Israël, et si cela se produit, ce ne sera pas de l’antisémitisme (7)», a averti récemment, avec lucidité, l’historien israélien Zeev Sternhell.
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Julien Salingue
Source: http://www.monde-diplomatique.fr/2014/06/SALINGUE/50475
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(1) Pour plus de détails sur les origines de la campagne BDS, lire Willy Jackson, « Israël est-il menacé par une campagne de désinvestissement ? », Le Monde diplomatique, septembre 2009.
(2) Cf. l’intégralité de l’appel sur www.bdsfrance.org [http://www.bdsfrance.org]
(3) Ce fonds d’Etat géré par la Banque de Norvège est alimenté par les revenus du pétrole et les placements à l’étranger, www.regjeringen.no [http://www.regjeringen.no]
(4) Jan Walraven, « BDS is on the rise [http://palestinemonitor.org/details.php?id=c9ut5wa6325y6r8i8ocqj] », Palestine Monitor, 24 février 2014.
(5) « Israël-Sodastream : Scarlett Johansson n’est plus ambassadrice pour Oxfam [http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?eid=153195&cid=19&fromval=1] », dépêche de l’Agence France-Presse du 30 janvier 2014.
(6) « Livni : We’re living in bubble, disconnected from world [http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-4471199,00.html] », Ynetnews, 30 décembre 2013.
(7) Catherine Gouëset, « Pourquoi le boycott commence à faire peur à Israël [http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-le-boycottcommence-
a-faire-peur-a-israel_1320947.html
] », 6 février 2014.




Des militants s’opposent au Festival du film israélien au Kenya

Lettre ouverte au Centre culturel français à Nairobi
source: info-palestine.net

Les institutions culturelles et universitaires israéliennes, de même que les produits culturels comme les films contribuent directement à maintenir, défendre ou blanchir l’oppression contre les Palestiniens, alors que la nation juive cherche délibérément à améliorer son image internationale.

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Tel Aviv : ils sont des centaines d’Israéliens à manifester dans le quartier pauvre de Hatikva contre la communauté migrante africaine.
(Photo : R. Shutzer/AFP/Getty images)

 

Alliance française,
Loita/Monrovia Street – Nairobi, Kenya

à l’Alliance française, 6 juin 2013

Objet : le Festival du film israélien à Nairobi, 2013

Il a été porté à notre attention que l’Alliance française allait accueillir le Festival du film israélien du 11 au 15 juin, présenté par l’Ambassade d’Israël. En tant que Kenyans et personnes soucieuses de la justice sociale et des droits humains, nous tenons à vous exprimer notre point de vue sur la tenue d’une telle initiative.

Pour commencer, nous voulons attirer l’attention sur les nombreuses violations des droits humains qu’Israël commet régulièrement. Dès sa création en 1948, Israël a cherché à supprimer définitivement et massivement la population palestinienne indigène du pays, afin de créer un État juif. Depuis, Israël s’oppose aux droits fondamentaux palestiniens à la liberté, à l’égalité, à l’autodétermination par le nettoyage ethnique, la colonisation, la discrimination raciale et l’occupation militaire (1). Israël viole également, de façon répétée et systématique, les droits humains et le droit humanitaire internationaux, et ne tient aucun compte des résolutions des Nations-Unies.

Pour donner juste quelques exemples : depuis 2006, quand le Hamas a gagné les élections à Gaza, les Palestiniens dans la bande de Gaza ont été paralysés par les sanctions économiques imposées par Israël. En 2008 et 2009, au cours des 22 jours de l’opération militaire Plomb durci, on estime qu’Israël a tué 1387 Palestiniens à Gaza, notamment des familles et des enfants, et qu’il a utilisé à plusieurs reprises des munitions à phosphore blanc sur des zones peuplées, comme cela a été méticuleusement documenté par Human Rights Watch. En novembre 2012, Israël a bombardé Gaza une nouvelle fois dans l’opération Pilier de défense. Selon B’Tselem, le centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés, 167 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Plus de la moitié étaient des civils.

En Cisjordanie occupée, un territoire tenu sous le contrôle des checkpoints militaires, Israël a continué de construire des colonies sur la terre occupée, en dépit du fait que ces colonies sont considérées comme illégales en droit international. Ce ne sont là que quelques-unes des violations qu’Israël perpétue en Palestine occupée. Nous n’avons pas parlé en détail de la détention des prisonniers politiques, du déplacement des communautés bédouines, du harcèlement et des humiliations quotidiennes des Palestiniens sur les checkpoints, du nivelage des terres aux bulldozers, de l’arrachage des oliviers et ainsi de suite.

Il n’y a pas que les Palestiniens à avoir souffert des politiques mises en œuvre par le gouvernement israélien ou à avoir été assassinés par l’armée israélienne. En 2003, une militante américaine de la paix, Rachel Corrie, est morte écrasée sous un bulldozer par les Forces de défense israéliennes (FDI). En 2010, 9 militants turcs à bord d’un navire humanitaire se dirigeant vers Gaza, le Mavi Marmara, ont été tués dans une opération israélienne. Il y a seulement trois jours, Israël a pris la décision d’expulser 60 000 migrants d’Érythrée et du Soudan vers un troisième pays non précisé. L’année dernière, des dizaines de demandeurs d’asile africains ont été blessés dans des émeutes raciales violentes à Tel Aviv (2).

Dans un rapport officiel commandé par le gouvernement sud-africain en 2009, le Conseil de recherches en sciences humaines a confirmé qu’Israël, par sa politique et ses pratiques, se rend coupable du crime d’apartheid. Beaucoup d’autres, notamment des Sud-Africains qui ont connu directement l’oppression raciale, par exemple le lauréat du Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, ont dit de la vie sous la répression israélienne qu’elle était semblable, voire pire, que celle sous l’apartheid en Afrique du Sud (3).

Des gens de partout dans le monde condamnent la politique d’Israël envers les Palestiniens. Beaucoup ont rejoint la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) qui appelle au boycott d’Israël jusqu’à ce que les droits palestiniens soient reconnus en toute conformité du droit international. Des citoyens israéliens soutiennent fortement eux aussi l’appel aux campagnes de BDS.

Il est important de souligner que les institutions culturelles et universitaires israéliennes, de même que les produits culturels comme les films, contribuent directement à maintenir, défendre ou blanchir l’oppression des Palestiniens alors que la nation juive cherche délibérément à améliorer son image internationale par le biais de collaborations universitaires et culturelles. Dans le cadre du boycott, des universitaires, des artistes et des consommateurs font campagnes contre de telles collaborations et tels « relookings ». (4)

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Surtout, un certain nombre d’artistes, spécialement des musiciens, cinéastes et écrivains, ont refusé de se produire en Israël ou ont annulé leurs spectacles prévus après une pression du mouvement BDS, notamment Bono, Snoop Dogg, Jean-Luc Godard, Elvis Costello, Gil Scot Heron, Carlos Santana, Devendra Banhart, Dustin Hoffman, Meg Ryan, Faithless, les Pixies, Cassandra Wilson, Cat Power et Zakir Hussain. L’auteur britannique John Berger, l’écrivain indien Arundhati Roy, la poétesse étatsunienne Adrienne Rich, les Britanniques Ken Loach, réalisateur, et Paul Laverty, scénaristes, sont parmi d’autres voix éminentes qui ont rejoint l’appel BDS (5).

Alors que les Kényans et d’autres soutiennent la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et la fin de l’apartheid, nous exhortons l’Alliance française à annuler le Festival du film israélien et à trouver les moyens de faire monter la sensibilisation sur l’occupation en Palestine. Il est paradoxal que l’ambassade israélienne veuille utiliser ce Festival pour « célébrer ses 50 ans de relations avec le Kenya » et « améliorer l’opinion des Kényans sur la vie et la culture israéliennes » quand le Kenya a vécu sa propre histoire de colonisation, avec ce qui l’accompagne, les violations, tortures et répressions. Pour nous, célébrer nos cinquante années d’indépendance et reconnaître ceux qui ont combattu et sont morts pour elle, il est impératif que nous nous positionnions contre la colonisation et l’oppression des autres.

S’il vous faut des raisons supplémentaires pour annuler le Festival, alors nous voulons attirer votre attention sur certains thèmes problématiques de films qui seront projetés. Les films Tourner à gauche à la fin du monde et Feu de camp dépeignent tous les deux les colonies qui, comme indiqué ci-dessus, sont illégales en vertu du droit international. Aucun film n’aborde cette réalité au contraire, les films détournent l’attention en abordant des thèmes tels que l’amour romantique et les communautés culturelles.

Ce Festival du film pourrait paraître comme un événement public anodin, mais en réalité, il ne l’est pas. Soutenir les produits culturels d’Israël pendant que les Palestiniens se battent pour se libérer de l’occupation israélienne c’est s’affirmer politiquement. Nous vous exhortons, en tant que personnes qui croient dans les droits de tous les peuples à vivre dans la dignité et libres de toute oppression, à vous tenir solidaires de la lutte palestinienne pour l’autodétermination et aux côtés des personnes dans le monde qui se sont engagées dans la campagne de Boycott, Sanctions et Désinvestissements contre Israël.

Sincèrement,

Comité Solidarité Palestine – Kenya

Notes

(1) Campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (en ligne) : Apartheid, Colonisation et Occupation

(2) The Guardian, (en ligne), Des demandeurs d’asile africain blessés dans des émeutes raciales à Tel Aviv – 24 mai 2012

(3) Artistes sud-africains contre l’Apartheid

(4) Mouvement BDS, (en ligne), Introduction au BDS

(5) Mouvement BDS (en ligne), Victoires BDS

12 juin 2013 – Pambazuka News – traduction : Info-Palestine/JPP




2012 : Une année de succès pour BDS dans le monde

Des actions de boycott et des victoires ont eu lieu dans le monde entier, en 2012 (Nedal Eshtayah / APA images)

 

Janvier :

Février :

  • La chanteuse américaine Cat Power a annulé son spectacle en Israël.
  • Au Canada, le corps estudiantin de l’Université de Regina a adopté une motion BDS « en tant que moyen d’exercer des pressions sur Israël afin qu’il se plie aux lois internationales et aux droits de l’homme ».
  • La chanteuse de jazz américaine Cassandra Wilson a annulé son spectacle à Holon. Elle a déclaré : « En tant qu’activiste des droits de l’homme, je m’identifie au boycott culturel d’Israël. »
  • Les produits de la firme israélienne de cosmétiques Ahava — qui pille les ressources de la mer Morte en Cisjordanie occupée et produit des cosmétiques dans une colonie illégale tout en les étiquetant « made in Israel » — ont été retirés des rayons partout au Japon. DaitoCrea, le distributeur japonais de la ligne de cosmétiques d’Ahava, a annoncé qu’il cesserait immédiatement de stocker les produits d’Ahava en raison de la politique frauduleuse de cette société en matière d’étiquetage.
  • Un juge a rejeté un procès intenté par un groupe de pression israélien contre Olympia Food Co-op à Washington, aux États-Unis, protégeant ainsi la décision de la coopérative de ne pas stocker de produits israéliens et de maintenir le boycott.

Mars :

  • Des étudiants en licence de l’Université de Carleton à Ottawa, au Canada, ont adopté par une majorité écrasante une résolution de soutien des désinvestissements dans les sociétés tirant profit de l’occupation israélienne et des violations des droits de l’homme.
  • L’Université de Glasgow n’a plus repris l’eau Eden Springs (une firme israélienne) dans ses cafeterias.
  • L’organisation mondiale de justice pour l’eau, Blue Planet, a officiellement adopté les BDS et a condamné la discrimination sur le plan de l’eau et les mesures d’inaccessibilité à l’égard des Palestiniens appliquées par Israël.
  • Les tentatives du gouvernement israélien de promouvoir Israël en tant que havre d’« accueil pour les homosexuels » tout en nouant des liens avec les communautés LGBT aux États-Unis et ailleurs dans le monde (ce qu’on appelle communément le « pinkwashing ») ont échoué à Seattle, Tacoma et Olympia, Washington.
  • Les produits Ahava ne sont plus distribués par une importante chaîne de magasins en Norvège. 
  • M.E.Ch.A., la plus importante association de la jeunesse latino-américaine (Latin@) aux États-Unis, a décidé par une majorité écrasante de répondre favorablement à l’appel palestinien aux BDS (Latin@ est un terme neutre pour Latino – masculin – et  Latina – féminin.) L’annonce a été faite le 30 March, qui marque à la fois la Journée palestinienne de la Terre — commémorant les assassinats, les blessures et les arrestations massives de Palestiniens qui, en 1976, avaient protesté contre les confiscations de terre — et la Journée César Chávez, célébrant le dirigeant mexicain des droits civiques mexicain qui avait mené des actions de boycott et de grève pour les droits des travailleurs agricoles.

Avril :

  • L’association des étudiants en candidature de l’Université du Massachusetts, à Boston, a adopté une résolution afin de désinvestir chez Boeing, une société américaine qui tire profit des violations des droits de l’homme par l’armée israélienne.
  • Le deuxième Mediterranean Delight International Belly Dance Festival (danse du ventre), qui devait se tenir à Marrakech, a été annulé en raison d’une intervention manifeste des autorités marocaines, qui ont subi des pressions de groupes palestiniens de solidarité dans l’ensemble des milieux religieux et culturels du Maroc. En outre, le Festival de danse du ventre était sponsorisé en partie par la société israélienne Sea of Spa, qui entretient des liens avec Ahava.
  • L’Association égyptienne de football a boycotté Adidas du fait que la société sponsorisait le marathon de Jérusalem.
  • La chaîne britannique de supermarchés The Co-op a décidé d’étendre son boycott des marchandises produites dans les colonies israéliennes des territoires palestiniens occupés à un boycott total des sociétés israéliennes qui se procurent la moindre marchandise dans les colonies.
  • Le groupe de musiciens irlandais Dervish a annulé une série de spectacles en Israël, déclarant qu’il ne souhaitait pas rompre le boycott.

Mai :

Juin :

Juillet :

L’Église presbytérienne des États-Unis a décidé de boycotter les produits des colonies israéliennes, même si sa résolution en faveur du désinvestissement total a échoué à deux votes près seulement.

Août :

Septembre :

Octobre :

Novembre :

Décembre :

On peut trouver d’autres succès des BDS et de l’activisme sur cette excellente liste, très complète, établie par Don’t Play Apartheid Israel, et nous encourageons nos lecteurs à la consulter.
2012 a été une année de développement important, pour le mouvement de boycott dirigé par les Palestiniens.

A coup sûr, 2013 construira du solide sur ces victoires dans le monde entier.

 

Publié sur The Electronic Intifada le 2/1/2013. Traduction pour ce site : JM Flémal.




Bravo aux espoirs du foot français !

La Campagne BDS France tient à féliciter les dirigeants et les joueurs de l’Equipe de France Espoirs pour avoir volontairement perdu leur match retour de barrage, synonyme de non-participation à l’Euro 2013, compétition dont nous dénonçons la tenue en Israël à travers notre campagne Carton Rouge contre l’Apartheid Israélien.

Les Palestiniens sont les premiers à vous remercier. Bien que favoris de la compétition, comme en témoignent vos victoires lors du premier tour, vous avez finalement été sensibles à leur message, « Don’t Play For Apartheid ! », relayé lors de notre intrusion sur la pelouse du Stade Océane du Havre au match aller. Nous savions que leur sort – des millions de Palestiniens discriminés en Israël, sous colonisation de peuplement et sous occupation militaire en Cisjordanie ou à Gaza, réfugiés partout dans le monde – vous préoccupait. Le monde ferme les yeux et se tait face aux violations quotidiennes du droit international et des droits humains, tandis que vous les refusez dignement.

Au nom de la justice, vous avez préféré perdre lourdement ce match et renoncer à participer à ce tournoi, malgré l’absence des Bleuets depuis les trois dernières éditions, malgré les critiques et malgré les risques.

Par ce choix vous montrez qu’en plus de votre talent vous avez des valeurs. Par cet acte, vous apportez enfin de l’espoir dans ce monde, et vous restez fidèles aux principes éthiques du sport. Par ce geste, vous faites un bien fou au football, notre passion commune, constamment discrédité par l’opinion public, les politiques et les médias qui dénoncent le mauvais comportement des joueurs ou des supporters, mais jamais celui des dirigeants qui soutiennent les régimes racistes en leur accordant le privilège et l’honneur d’organiser une compétition internationale.

Avec tous les gens de conscience à travers le monde, nous vous saluons et nous vous applaudissons chaleureusement. Mais le combat pour la fin de l’apartheid et de l’occupation en Palestine, pour l’application définitive du droit international, ne s’arrête malheureusement pas là. Malgré votre élimination, nous continuerons à appeler au boycott sportif de la compétition auprès de nos camarades européens et à exiger que celle-ci soit annulée.

Rejoignez-nous ! Aidez-nous non seulement à persuader vos homologues norvégiens, anglais, italiens, allemands, espagnols, hollandais et russes à se retirer du tournoi, mais aussi à faire pression auprès de l’UEFA pour qu’il n’ait définitivement pas lieu !

N’oubliez pas de signer la pétition ici

Campagne BDS France 😉




Nouvelle victoire de BDS : Abigail DISNEY renonce à tous ses actifs dans AHAVA

Disney, petite-fille du cofondateur de Walt Disney, est la toute dernière personnalité de premier plan à exprimer son soutien au boycott des produits des colonies illégales en Cisjordanie.

Abigail Disney est un investisseur dans Shamrock Holdings, le fonds d’investissement de la famille Disney, qui détient une participation dans Ahava.

La principale usine d’Ahava est située dans une colonie israélienne, et est détenue par des sociétés profondément investies dans le projet d’Israël de colonisation illégale.

Ci-dessous, un extrait de sa déclaration :

« Même si je tiendrais toujours mes collèges et collaborateurs en très haute estime, je ne peux pas en bonne conscience profiter ni de ce qui est techniquement le « pillage » de ressources naturelles sous occupation ni d’une société qui implante son usine dans une colonie israélienne en Cisjordanie occupée. En raison de contraintes juridiques et financières compliquées je ne suis pas en mesure, au moment présent, de retirer mon investissement, mais je ferai don du capital que j’ai investi comme des bénéfices que j’aurai réalisés au cours de ma participation à des organisations qui oeuvrent pour mettre fin à cette exploitation illégale. »

Ahava a été la cible d’une campagne de boycott à travers le monde. Aux États-Unis, le groupe anti-guerre Codepink a mené la charge avec sa campagne « Beauté volée ». Partie intégrante du mouvement mondial pour le Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) qui cible les violations israéliennes des droits humains, le mouvement pour le boycott d’Ahava a accumulé des victoires impressionnantes.

Par exemple, les récentes décisions de l’Afrique du Sud et du Danemark pour étiqueter les produits des colonies comme « fabriqués dans les colonies » auront un impact sur les ventes d’Ahava dans ces pays. Avant ces décisions, des produits comme ceux d’Ahava étaient étiquetés, à tort, comme étant des produits « venant d’Israël », au lieu des colonies illégales en Cisjordanie implantées sur des terres palestiniennes saisies. L’Église presbytérienne a également adopté récemment le boycott des produits des colonies, et a plus particulièrement désigné Ahava comme une société que l’Église devait rejeter.

16 juillet 2012 – The Council for the National Interest – Traduction : Info-Palestine.net

Source : http://www.haaretz.com/news/diploma…

Photo :Abigail Disney, petite-fille de du cofondateur de Disney, Roy Disney(Paige K. Parsons)