Lettre de BDS France à Jean-Jacques Urvoas, Ministre de la Justice

Monsieur Jean-Jacques Urvoas
Ministre de la Justice
1 place Vendôme
75042 Paris cedex 01

Paris, le 23 février 2016

Lettre recommandée avec A.R.

Monsieur le Ministre,

Suite à votre nomination récente en tant que ministre de la Justice, nous espérons qu’elle permettra de mettre fin à une injustice qui nous tient à cœur.

Dans votre lettre du 20 novembre 2015 à votre prédécesseure Christiane Taubira, vous vous inquiétez de la mise en œuvre persistante par les parquets des recommandations contenues dans la circulaire émise le 2 février 2010 par Madame Michèle Alliot Marie, Garde des sceaux à cette date.

Vous précisez que cette circulaire constitue un détournement de la loi sur la presse du 29 juillet 1881 destiné à pénaliser un appel à boycott qui relève de la liberté d’expression.

Il s’agit en effet de l’appel au boycott des produits israéliens. Des jugements, ainsi que vous le rappelez, ont relaxé des militants poursuivis pour cette pratique, qui consiste à sensibiliser la population au  non-respect du droit international par l’Etat d’Israël. L’Union européenne elle-même dont la France a pris, ainsi que vous le soulignez, des dispositions qui vont dans le sens de l’abrogation de la circulaire Alliot Marie.

Nous ajoutons que cette circulaire affirme que la Campagne BDS appellerait au boycott de produits cashers, ce qui est purement diffamatoire et contraire à ce que nous précisons dans notre charte (http://www.bdsfrance.org/qui-sommes-nous/charte-de-la-campagne-bds-france/).

Elle a permis par ailleurs à la Cour de cassation, ainsi que vous l’évoquez dans votre lettre, de confirmer le 20 octobre dernier la condamnation  de militants en cour d’appel de Colmar.

Nous espérons que vos nouvelles responsabilités vous permettront donc de retirer la circulaire Alliot Marie et de manifester ainsi votre attachement à la démocratie, à la liberté d’expression et aux libertés fondamentales. Une grande partie de nos concitoyens ne comprendrait pas que le gouvernement français ne retire pas  cette  circulaire qui  criminalise une lutte pacifique et citoyenne contre les abus manifestes d’un Etat qui ne respecte pas le droit.

Nous vous demandons de bien vouloir nous rencontrer à ce sujet.

Dans l’attente d’une réponse, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de notre respectueuse considération.

La Campagne BDS France.




Face aux défenseurs d’un régime colonial, raciste et d’apartheid, nous ne nous laisserons pas intimider !

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La Campagne BDS France, le 8 mars 2016

Les amis de l’Etat raciste, colonial et d’apartheid israélien essaient tout ce qu’ils peuvent pour tenter de faire croire que le mouvement BDS serait raciste et/ou illégal pour détourner l’attention de l’opinion publique du sort tragique imposé au peuple palestinien.

Le dimanche 6 mars à Paris lors de la manifestation dans le cadre de la journée internationale de luttes pour les droits des femmes, un incident inédit et grave s’est produit. Des policiers en civil ont observé la manifestation puis interpellé une jeune femme vêtue du T-Shirt « Boycott Israël Apartheid / Justice en Palestine » qu’ils ont conduite au commissariat. Les manifestan-te-s solidaires se sont arrêté-e-s et ont scandé des slogans en soutien à la Campagne BDS jusqu’à ce que Hasna soit relâchée du commissariat. Elle est convoquée le lundi 14 mars à 14H au commissariat rue des Ours au motif : « Provocation à la haine en raison de l’origine par écrit »

En juin 2015, Benyamin Netanyahou a lancé un appel afin de constituer un « large front » et mener la guerre contre BDS. Les dirigeants français, menés par le premier ministre (lui-même se déclarant « éternellement lié à Israël ») se sont depuis lors engagés plus encore dans la répression politique de la Campagne internationale BDS afin de soutenir le criminel de guerre au pouvoir à Tel-Aviv : Cela se traduit entre autre par le vote d’un vœu présenté en Conseil de Paris par le PS, parti de la maire Anne Hidalgo, et LR, pour condamner la campagne BDS et par les intimidations et procès politiques à l’encontre des militants BDS qui appellent au respect du droit international

Le 7 mars, lors du dîner du CRIF ; officine au service de la politique criminelle d’un état qui viole le droit international depuis sa création, le 1er ministre de la France n’a pas hésité à surenchérir « « Et puis (…) il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël» !

Face aux succès grandissants du mouvement BDS dans le monde, qui est un mouvement citoyen, antiraciste et non-violent pour les droits fondamentaux du peuple palestinien, Israël n’a pas d’autre ressource que d’essayer de faire interdire BDS pour cause d’antisémitisme.

Mais aujourd’hui la grande majorité de l’opinion publique ne se laisse plus embarquer dans l’ignoble chantage à l’antisémitisme, et de plus en plus de Juifs ont rallié la Campagne BDS. Coloniser un pays, écraser le peuple autochtone, le pousser à bout et lui imposer un régime d’apartheid au nom des Juifs du monde entier, qui se risque à contester que cela ne peut que favoriser l’antisémitisme ?

Nous rappelons, au 1er Ministre, au Ministre de l’intérieur ainsi qu’au Ministre de la Justice, le courrier en date du 20 novembre 2015 adressé à Mme Taubira alors Ministre de la Justice par Jean-Jacques Urvoas, Président de la Commission des Lois et député du Finistère, membre du Parti Socialiste :

Aujourd’hui, Les politiciens qui soutiennent le régime israélien d’apartheid sont à court d’arguments : ils amalgament l’antisionisme avec l’antisémitisme et le terrorisme, ils prennent les juifs du monde entier en otage, voulant obstinément en faire les complices des crimes de guerre et d’apartheid d’un état qui leur est étranger. Ils osent prétendre que BDS est illégal mais cautionnent les violations constantes du droit international et des droits humains par l’état israélien.

Nous ne plierons pas, BDS continuera, nous resterons aux côtés du peuple palestinien et des anticolonialistes israéliens jusqu’à ce que les 3 objectifs de la campagne BDS soient réalisés : mettre fin à la colonisation, à l’occupation et démanteler le mur, gagner l’égalité des droits des Palestiniens d’Israël, et appliquer la résolution 194 de l’O.N.U. sur le droit au retour des réfugiés palestiniens.

www.bdsfrance.org

campagnebdsfrance@yahoo.fr




Le boycott fait ses preuves contre tous les apartheids

par Loic Dupont et Anya Bouamama, 25 ans et 23 ans
http://www.humanite.fr/monde/le-boycott-fait-ses-preuves-contre-tous-les-aparth-555383

Aujourd’hui, des milliers d’organisations à travers le monde appellent à ce mode d’action contre Israël.

À l’heure où Madiba est réduit à être une icône, il semble nécessaire de réaffirmer quel a été son combat. Rendre hommage à Nelson Mandela, c’est avant tout poursuivre sa lutte : contre le régime d’apartheid, contre le racisme et pour l’égalité entre les peuples.

Sa lutte, c’est aussi un soutien avéré à celle du peuple palestinien, comme en témoignent ses paroles : « Nous savons bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens. » Il est certain que les liens entre les luttes des peuples sud-africain et palestinien sont forts et nombreux.

En 2011, une session du Tribunal Russell sur la Palestine, cour formée par des personnalités, des citoyens et des associations, s’est tenue au Cap. Les conclusions ont montré l’existence, en Israël, d’un régime d’apartheid tel qu’il est défini dans le droit international, à partir de trois critères. Tout d’abord, deux groupes distincts peuvent être identifiés : juifs israéliens et Arabes palestiniens. Des actes inhumains sont commis à l’encontre du groupe dominé : blocus de Gaza, destructions d’habitations, check-points, attaques sur les civils palestiniens, mur de séparation, etc. Enfin, ces actes sont commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé de domination d’un groupe sur l’autre : statut privilégié des juifs sur les non-juifs israéliens, contrôle des check-points par l’armée, existence de deux systèmes juridiques différents en Cisjordanie, droit militaire pour les Palestiniens et droit civil pour les colons israéliens. Cette politique d’apartheid a même un nom officiel en Israël : « hafrada », « séparation » en hébreu.

Ahmed Kathrada, camarade de lutte et de détention de Mandela, est par exemple engagé dans la campagne internationale de libération de Marwan Barghouti, membre du Fatah condamné cinq fois à vie et détenu depuis 2002, et de tous les prisonniers palestiniens.

L’arme du boycott, porté par un fort mouvement de solidarité internationale, a aussi été un outil indispensable à la chute du régime raciste sud-africain. Cette action revêtait une dimension économique, contre les oranges Outspan, ou encore contre les entreprises qui collaboraient avec l’État, comme Shell et Total. Elle avait aussi une dimension académique et sportive.

Depuis 2005, plus de 170 organisations palestiniennes lancent l’appel BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël. À l’instar des combattants sud-africains, les Palestiniens appellent à un boycott total, qui montre déjà ses résultats. Un éditorialiste du quotidien Haaretz s’inquiétait hier des premiers succès de cette campagne. « L’analogie pourrait alimenter la conviction qu’Israël aujourd’hui peut être mis à genoux de la même manière que l’Afrique du Sud hier », écrit-il.

En France, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, refuse d’abroger la circulaire visant à engager des poursuites contre les personnes participant aux actions de boycottage des produits israéliens.




Procès de Perpignan : soutien et mobilisation

Compte rendu du procès des militants BDS à Perpignan, 20 juin 2012

Les militants BDS étaient nombreux à venir soutenir lors de leur procès Bernard, Jeanne et Yamina, militants de la campagne poursuivis par des plaignants tels que le « Bureau National de Vigilance contre l’Antisémitisme » (BNVCA) pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » parce qu’ils ont participé il y a plusieurs années dans une grande surface à une action pacifique de sensibilisation au boycott des produits provenant d’Israël.

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Le procès a porté sur les enjeux politiques de cette inculpation dont la France a l’apanage, les militants ailleurs bénéficiant de leur liberté d’expression pour dénoncer la politique d’un Etat et appeler à sa mise au ban tout comme l’Afrique du Sud de l’Apartheid par exemple. Il n’y a aussi qu’en France qu’une ministre de l’intérieur, en l’occurrence Michèle Alliot-Marie a pu satisfaire la demande d’un lobby tel le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en donnant l’instruction au parquet de poursuivre en justice les militant-e-s de la Campagne BDS (circulaire toujours pas retirée par la garde des sceaux actuelle Christiane Taubira

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Sont intervenus comme témoins Paul Alliès (dont le témoignage peut être lu ici: http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-allies/210613/boycott-et-critique-de-la-politique-israelienne , André Rosevègue de l’Union Juive Française pour la Paix et Michel Warchawski venu spécialement de Jérusalem, qui ont tous les trois faites de très bonnes et complémentaires interventions. Michel Warchawski a notamment rappelé, en défendant la Campagne BDS, qu’il avait reçu le prix des droits de l’Homme des mains de Christiane Taubira.

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Les plaignants ont expliqué qu’ils ne représentaient pas Israël, mais que la campagne BDS incitait à des actes antisémites en France. Ils se sont bien gardés d’en apporter le début d’un élément de preuve.

A l’agacement des avocats des officines sionistes, de nombreuses prises de parole se sont succédées  pendant l’après-midi au pied du tribunal, prononcées par des associations nationales ou locales, des témoins ou des accusés. Les animations autour du stand de la campagne BDS et d’autres stands du mouvement de solidarité ont sensibilisé un large public. Nous avons la conviction que la campagne BDS et les droits des Palestiniens vaincront !

Malaise chez les plaignants quand le procureur a demandé finalement… une condamnation minimale.Ce que nous voulons nous, c’est l’acquittement!

Le délibéré sera rendu le 14 août à 14h.

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Photos :

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Communiqués de soutiens :

Revue de presse :




Solidarité avec les 3 de Perpignan et les 7 d’Alençon, par la Gauche anticapitaliste

La Gauche anticapitaliste apporte son soutien total aux militants en procès à Perpignan le 20 juin et Alençon le 27 juin pour avoir appelé au boycott citoyen d’Israël tant que cet Etat ne respecte pas les droits humains du peule palestinien.

C’est une situation d’apartheid que connaît le peuple palestinien. La stratégie israélienne consiste à le découper en morceaux. Le refus du droit au retour dans leurs foyers de millions de réfugiés les assignent dans des camps depuis trois générations. Avec l’annexion de Jérusalem Est se poursuit la « judaïsation » de la vieille ville, avec son cortège de destruction de maisons et d’expulsions. Les « Palestiniens de 48 », même « citoyens israéliens », sont privés des droits fondamentaux d’accès au travail, au logement, à la terre. L’occupation de la Cisjordanie s’accompagne d’une poursuite de la colonisation, où Mur et routes réservées permettant le vol de la terre et de l’eau. Le blocus de Gaza en fait une prison à ciel ouvert. Israël viole délibérément résolutions de l’ONU et recommandations de la Cour Internationale de Justice.

Comme l’a établi le Tribunal Russell sur la Palestine, la situation est à bien des égards pire que celle que vivaient les Noirs d’Afrique du Sud, et elle s’aggrave malgré la résistance populaire en raison d’un rapport des forces totalement déséquilibré.

Il n’y aura pas de perspective de paix sans que soit rendu justice au peuple palestinien. Il faut pour cela que soit mis fin à l’impunité que la « communauté internationale » accorde à cet Etat et à ses responsables politiques et militaires coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité.

Devant l’inertie délibérée des instances internationales, la société civile palestinienne (plus de 170 de ses organisations) nous demande de boycotter les produits et les institutions de cet Etat, d’exiger que les entreprises et sociétés retirent leurs investissements de ce pays, et que des sanctions soient infligées. C’est la campagne BDS, qui est un acte de moralité publique. Il est insupportable que la France soit LE pays qui prétend criminaliser cette réponse citoyenne à l’appel d’un peuple en danger.

Il est insupportable que la circulaire adressée aux Procureurs par Madame Alliot-Marie, Garde des Sceaux, pour leur enjoindre de poursuivre tout appel au boycott n’ait pas encore été abrogée par Mme Taubira et le nouveau gouvernement.

Il est insupportable que l’on fasse peser sur nos camarades le soupçon infamant d’antisémitisme quand il ne s’agit que de critiquer la politique d’un Etat. Disons le clairement : les accusations lancées par les représentants autoproclamés d’une « communauté juive » relèvent de la prophétie autoréalisatrice. En prétendant qu’il y a antisémitisme quand il y a critique d’Israël, en prétendant que Juif = sioniste au moment où cette idéologie se dévoile totalement dans sa dimension colonialiste, ils favorisent la résurgence de cet antisémitisme qu’ils affirment combattre.

Les militants de Perpignan et d’Alençon, et ceux qui ultérieurement risquent de devoir également répondre de leurs actions devant d’autres tribunaux, ont notre total soutien.

La Gauche anticapitaliste, membre du Collectif national pour Une Paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, membre de la campagne BDS France, attend que ces camarades soient relaxés, et espère que la campagne prendra une nouvelle vigueur, imposant à nos gouvernants de suspendre l’accord d’association entre l’Unon Européenne et Israël et de ne plus recevoir les criminels de guerre en déroulant devant eux le tapis rouge, mais de les poursuivre en justice.

Gauche anticapitaliste