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FC Barcelona: Ne Jouez pas en Israël

Nous sommes alarmés d’apprendre que le FC Barcelone, un club vénéré par des milliers de Palestiniens amoureux du football, veut organiser un match en Israël le 31 juillet 2013. [1]

Lorsque le Président du club, Sandro Rosell, est venu à Tel Aviv, le 21 février dernier, il a indiqué que son intention est de « contribuer aux efforts de consolidation des ponts de paix et de dialogue entre communautés israéliennes et palestiniennes. La meilleure façon dont nous puissions le faire est avec un ballon. » [2]

Le Président de l’Association Palestinienne de Football, Jibril Rajoub, a répondu froidement à cette proposition. Nous pensons qu’il est dans son droit d’agir ainsi.

Les footballeurs palestiniens, comme tous les Palestiniens – qu’ils vivent sous occupation militaire en Cisjordanie, à Jérusalem Est ou à Gaza, qu’ils soient citoyens de seconde classe en Israël, ou encore réfugiés exilés à l’étranger – font face à une discrimination incessante de la part de l’état israélien.

Il a fallu au joueur de l’équipe nationale de football, Mahmoud Sarsak, trois mois de grève de la faim et des protestations internationales, pour que les autorités israéliennes soient finalement forcées de le libérer de prison, en juillet dernier. [3] Il y était emprisonné depuis 2009, sans condamnation ni procès, sous le coup de la « Loi des combattants illégaux », une loi israélienne illégale au regard du Droit international. Comme Rajoub l’avait expliqué à l’époque : « Pour les athlètes de Palestine, il n’y a pas de réelle liberté de mouvement et les risques d’être arrêté, détenu, voire même tué sont toujours dans leurs esprits ».

Pas plus tard qu’en novembre 2012, les attaques israéliennes sur Gaza ont tué plus de 140 Palestiniens, dont de jeunes garçons qui jouaient au football. Leur mort a conduit à juste titre à une condamnation émanant de 52 footballeurs internationaux, parmi lesquels Frédéric Kanoute, Demba Ba, Abou Diaby, Pape Diop et Moussa Sow. [4]

Le gardien de l’équipe olympique, Omar Abu Rois, et le joueur palestinien Mohammed Nimr sont en ce moment même en prison en Israël.

Il n’est pas possible de venir à bout de telles injustices « avec un ballon ». Une idée pareille ne sert que les intérêts de l’état israélien, qui coopte avec cynisme le concept « de construction de ponts » et le principe d’échanges culturels et sportifs, afin de se positionner comme un « état normal ». Pour autant, l’occupation militaire, les mesures accentuant la colonisation et le système d’apartheid imposés par Israël à la Palestine, ne sont pas des politiques relevant d’un état « normal ». La plupart des Palestiniens considèrent ces exercices de normalisation [5] comme des tentatives délibérées d’affaiblir la montée en puissance de la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël [6], calquée sur le mouvement anti-apartheid qui a contribué à établir la liberté, la justice et l’égalité pour les noirs en Afrique du Sud.

Les supporters du FC Barcelone sont connus pour leur admirable sens de la solidarité avec le peuple de Palestine. La suggestion d’organiser un match avec une équipe commune de joueurs israéliens et palestiniens, faite par les dirigeants du club, part peut-être d’une bonne intention, mais le temps n’en est pas encore venu. Ce temps viendra le jour où Israël reconnaîtra les droits fondamentaux des Palestiniens, en se retirant des terres qu’il occupe illégalement depuis 1967, en garantissant l’égalité des droits aux citoyens palestiniens d’Israël, et en honorant le Droit au Retour des réfugiés expulsés depuis 1948.

C’est pourquoi nous en appelons au FC Barcelone d’annuler son projet de déplacement en Israël, et de plutôt consacrer ses efforts à soutenir les Palestiniens dans leur lutte pour le droit de vivre, et de jouer à ce superbe sport, libres de toutes formes de discrimination.
Signez la pétition ici

BDS Catalunya
Red Solidaria Contra la Ocupación de Palestina (RESCOP)

 

[1] “Palestinian leaders give support to FC Barcelona’s peace initiative”
http://www.fcbarcelona.com/club/detail/article/palestinian-leaders-give-support-to-fc-barcelonas-peace-initiative

[2] FC Barcelona – Meeting: Sandro Rosell and Shimon Peres
https://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=9xp_rTbazI8

[3] “Palestinian footballer Mahmoud Sarsak calls for Israel to be stripped of privilege of hosting UEFA football tournaments”
http://www.bdsmovement.net/2012/mahmoud-sarsak-uefa-appeal-9826

[4] “European footballers declare support for Palestine”
http://www.kanoute.com/EUROPEAN-FOOTBALLERS-DECLARE-SUPPORT-FOR-PALESTINE_ad-id!35-l!en.ks

[5] Definition of “normalisation” according to the Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)
http://pacbi.org/etemplate.php?id=1749

[6] Appel de la Société Civile Palestinienne Appel au Boycott, aux Sanctions et aux Retraits des Investissements contre Israël jusqu’à ce qu’ilapplique le Droit International et les Principes Universels des Droits de l’Homme, 9 Juillet 2005
http://www.bdsmovement.net/call#French

 

Le RESCOP est constitué des 38 organisations suivantes de l’Etat espagnol :
(http://www.nodo50.org/causapalestina/)

Acsur-Las Segovias
Asociación Al-Quds de Solidaridad con los Pueblos del Mundo Árabe (Málaga)
Asociación Andaluza por la Solidaridad y la Paz – ASPA
Asociación de Amistad Palestina-Granada «Turab»
Asociación Hispano Palestina Jerusalén (Madrid)
Asociación Pro-Derechos Humanos de Andalucía
Asociación Unadikum
BDS Catalunya
BDS Madrid
Castelló per Palestina
Comité de Solidaridad con la Causa Árabe (Madrid, Asturias)
Comité de Solidaridad con los Pueblos – Interpueblos (Cantabria)
Comunidad Palestina en Canarias
Comunitat Palestina de Catalunya
Coordinadora de apoyo a Palestina (La Rioja)
Ecologistas en Acción (Confederal)
Fundación IEPALA
Fundación Mundubat
Gipuzkoako palestinaren aldeko plataforma
Izquierda Anticapitalista
Komite Internazionalistak (Euskal Herria)
MEWANDO (Euskadi)
Movimiento Solidaridad Internacional Catalunya – ISM Cataluña / Valencia
Mujeres en Zona de Conflicto – M.Z.C.
Mujeres por la Paz – Acción Solidaria con Palestina (Canarias)
Palestinarekin Elkartasuna (Euskal Herria)
Paz Ahora
Paz con Dignidad
Plataforma de Solidaridad con Palestina (Sevilla)
Plataforma Palestina Ibiza
Plataforma Solidaria con Palestina de Valladolid
Red de Jóvenes Palestinos
Red Judía Antisionista Internacional – IJAN
Sodepau
Sodepaz
Sodepaz Balamil
Taula per Palestina (Illes Balears)
Xarxa de Solidaritat amb Palestina de València




Pourquoi nous devons boycotter le championnat Juniors UEFA en Israël

Par Football Beyond Borders

Cette article a été écrit par Jasper Kain et Timesh Pillay, membres de Football Beyond Borders (Football au-delà des Frontières). L’Association a visité la région en 2011 et a fait un film sur l’expérience. Plus d’information à : www.walksoflifefilms.com.

Ça arrange nombre de personnes qui y gravitent de vanter la nature progressiste du football, mais en réalité, cette affirmation sert de plus en plus à masquer d’autres comportements. Bien qu’elle ait agi récemment contre le racisme dans le football, la FIFA vient de récompenser la Russie, où le football est englué dans un scandale raciste, par le droit d’accueillir la Coupe du Monde en 2018, ce qui pose des questions sur ses véritables intentions. De même, dans trois mois, le championnat UEFA des moins de 21 ans qui aura lieu en Israël en juin révèle l’hypocrisie de cette rhétorique anti-raciste.

Le stade de Gaza, bombardé par l’aviation sioniste à la mi-novembre 2012 (après une première destruction partielle en 2006)
L’UEFA (l’Association du Football européen) a récemment fêté 10 ans de collaboration avec Football contre le Racisme en Europe (FARE), affirmant fièrement que l’organisme a « utilisé la plateforme publique et commerciale massive que constituent les plus grands matches de football d’Europe pour faire passer un message de tolérance zéro pour toute forme de racisme et discrimination, au profit de davantage de respect pour la diversité« .

Le racisme peut prendre de nombreuses formes, pourtant c’est dans ses expressions verbales qu’il a secoué le « beau jeu » ces dernières années, tant sur le terrain qu’à l’extérieur. Chez nous, il y a eu les affaires, qui ont défrayé la chronique, de l’ancien capitaine d’Angleterre John Terry et de l’attaquant uruguayen Luis Suarez, tous les deux condamnés pour insultes racistes. Un peu plus loin, des jouers de l’équipe noire junior d’Angleterre ont été accueillis par des cris de singe par des supporters serbes à Krusevac.

Dans la foulée, l’Association anglaise de Football a demandé que l’équipe nationale serbe soit bannie du tournoi. La punition décidée par l’UEFA a poussé le ministre britannique du Sport Hugh Roberston à déclarer sa « déception » ajoutant que « le racisme est tout-à-fait inacceptable et que nous devons prendre des sanctions sévères pour aider à le combattre. »

Cette même équipe d’Angleterre ira en Israël cet été pour participer à la compétition des championnats européens des moins de 21 ans. Ils doivent jouer leur match contre Israël au Stade Teddy, du Beitar Jérusalem, l’équipe la plus populaire et la plus controversée d’Israël. Suite à l’arrivée dans le club de deux jouers tchétchènes musulmans, des supporters ont mis le feu à leur immeuble administratif. L’incendie criminel a été allumé par « La Familia », un groupe de supporters qui a gagné en force ces dernières années et qui incarne un courant politique de la société israélienne modelé sur son fanatisme juif, son aversion des Musulmans et sa tendance à traiter les Arabes et autres minorités ethniques du pays comme des êtres inférieurs.

Ce n’est pas particulièrement nouveau. Un coup d’oeil sur les 60 dernières années révèle la formation d’un système généralisé de politiques publiques qui institutionnalisent un traitement séparé et inégal. A l’intérieur d’Israël, les Juifs jouissent de privilèges enracinés dans des institutions telles que le droit et l’éducation, tandis que les Arabes, au mieux, sont condamnés à un statut de citoyens de seconde classe. Dans les territoires occupés, c’est encore pire. Des checkpoints empêchent la libre circulation, de nouvelles colonies érodent le peu qui reste de terre palestinienne, et la semaine dernière, une compagnie d’autobus en Cisjordanie a annoncé qu’elle allait mettre en oeuvre des services distincts pour les Palestiniens et les Israéliens après des plaintes sur la sécurité par des Israéliens.

Le football n’est pas à l’abri de ces dures réalités. Les Palestiniens qui vivent de l’autre côté du mur sont confrontés à des barrages routiers et de grosses difficultés pour jouer. Depuis février l’an dernier, deux footballeurs du club al-Amari sont détenus en Israël sans inculpation ni procès. Ceci après le cas très médiatisé de Mahmoud al-Sarsak, footballeur de l’équipe nationale palestinienne, emprisonné pendant 3 ans sans inculpation ni procès et libéré seulement récemment après 92 jours de grève de la faim. Le gardien de but de l’équipe olympique Omar Abu Rois et le joueur de l’équipe de Ramallah Mohammed Nimr sont eux aussi détenus sans inculpation dans les prisons israéliennes. Le 10 novembre 2012, l’armée israélienne a bombardé le stade de Gaza, tuant quatre jeunes qui jouaient au football.

Le bombardement aérien de novembre l’an dernier a poussé plus de 50 footballers professionnels à signer une pétition lancée par Frédéric Kanoute, qui déclare qu’organiser le tournoi en Israël serait considéré « comme une récompense pour des actes contraires aux valeurs du sports« . Il s’agit d’une démarche importante, étant donné en particulier l’existence protégée des footballeurs modernes, avec des agents et des conseillers qui les encouragent souvent à éviter « la politique » et à se concentrer sur leur potentiel commercial.

Il est important de tirer des leçons historiques dans notre évaluation de la situation. Le lauréat du Prix Nobel de la Paix Desmond Tutu décrit les checkpoints qui régissent la vie quotidienne des Palestiniens comme une réminiscence d’une Afrique du Sud qui, heureusement, n’existe plus. Le documentaire « Fair Play » réalisé en 2010 brosse un tableau éloquent du boycott sportif en Afrique du Sud, qui a défié le régime sur la scène internationale tout en frappant au coeur la culture blanche sud-africaine. L’arène du football, comme sport national d’Israël, peut être ciblée pour délégitimer davantage le régime, avec un boycott contribuant à la position de principe des footballeurs de haut niveau basés en Europe.

Certains critiquent cette position, disant qu’elle cible des citoyens israéliens innocents. Au contraire, ce sont les institutions qui dirigent le système d’occupation et de ségrégation qui sont exposées aux actions d’envergure, comme dans le cas du mouvement anti-apartheid sud-africain. D’autres suggèrent que la tactique de boycott est purement symbolique et inefficace. Toutefois, l’approche publique et internationale du boycott sportif rend possible un changement d’attitudes, la construction de ponts vers une vision commune de justice et d’égalité centrée sur une autre relation en terre d’Israël-Palestine.

Il faut prendre en compte les appels croissants à boycotter le championnat d’Europe des moins de 21 ans. Alors que la réalité de l’apartheid continue chaque jour, il est temps que l’UEFA décide si elle est une organisation qui prône « la tolérance zéro pour toute forme de racisme et de discrimination« , ou si elle est complice de la persécution systématique d’un peuple.

Des groupes s’organisent à travers l’Europe. Des pétitions demandent que les gouvernements débattent de la question. Des manifestations contre le tournoi junior de l’UEFA ont lieu dans toute l’Europe. Le vendredi 24 mai, les Londoniens vont défiler sur Park Lane pour donner un carton rouge au tournoi raciste de l’UEFA, pendant son congrès annuel. Pour plus d’informations, participez à cette réunion publique : jeudi 14 mars, 19h, salle G51, bâtiment principal de l’Ecole d’études orientales et africaines, à Londres.

Source : Think Football

Traduction : MR pour BDS-33