Le boycott fait ses preuves contre tous les apartheids

par Loic Dupont et Anya Bouamama, 25 ans et 23 ans
http://www.humanite.fr/monde/le-boycott-fait-ses-preuves-contre-tous-les-aparth-555383

Aujourd’hui, des milliers d’organisations à travers le monde appellent à ce mode d’action contre Israël.

À l’heure où Madiba est réduit à être une icône, il semble nécessaire de réaffirmer quel a été son combat. Rendre hommage à Nelson Mandela, c’est avant tout poursuivre sa lutte : contre le régime d’apartheid, contre le racisme et pour l’égalité entre les peuples.

Sa lutte, c’est aussi un soutien avéré à celle du peuple palestinien, comme en témoignent ses paroles : « Nous savons bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens. » Il est certain que les liens entre les luttes des peuples sud-africain et palestinien sont forts et nombreux.

En 2011, une session du Tribunal Russell sur la Palestine, cour formée par des personnalités, des citoyens et des associations, s’est tenue au Cap. Les conclusions ont montré l’existence, en Israël, d’un régime d’apartheid tel qu’il est défini dans le droit international, à partir de trois critères. Tout d’abord, deux groupes distincts peuvent être identifiés : juifs israéliens et Arabes palestiniens. Des actes inhumains sont commis à l’encontre du groupe dominé : blocus de Gaza, destructions d’habitations, check-points, attaques sur les civils palestiniens, mur de séparation, etc. Enfin, ces actes sont commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé de domination d’un groupe sur l’autre : statut privilégié des juifs sur les non-juifs israéliens, contrôle des check-points par l’armée, existence de deux systèmes juridiques différents en Cisjordanie, droit militaire pour les Palestiniens et droit civil pour les colons israéliens. Cette politique d’apartheid a même un nom officiel en Israël : « hafrada », « séparation » en hébreu.

Ahmed Kathrada, camarade de lutte et de détention de Mandela, est par exemple engagé dans la campagne internationale de libération de Marwan Barghouti, membre du Fatah condamné cinq fois à vie et détenu depuis 2002, et de tous les prisonniers palestiniens.

L’arme du boycott, porté par un fort mouvement de solidarité internationale, a aussi été un outil indispensable à la chute du régime raciste sud-africain. Cette action revêtait une dimension économique, contre les oranges Outspan, ou encore contre les entreprises qui collaboraient avec l’État, comme Shell et Total. Elle avait aussi une dimension académique et sportive.

Depuis 2005, plus de 170 organisations palestiniennes lancent l’appel BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) contre Israël. À l’instar des combattants sud-africains, les Palestiniens appellent à un boycott total, qui montre déjà ses résultats. Un éditorialiste du quotidien Haaretz s’inquiétait hier des premiers succès de cette campagne. « L’analogie pourrait alimenter la conviction qu’Israël aujourd’hui peut être mis à genoux de la même manière que l’Afrique du Sud hier », écrit-il.

En France, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, refuse d’abroger la circulaire visant à engager des poursuites contre les personnes participant aux actions de boycottage des produits israéliens.




Déclaration de l’Assemblée de convergence « Palestine » au FSM de Tunis

A Tunis, cette Assemblée de convergence se réunit au FSM (Forum social mondial) à un moment d’intense lutte populaire en Palestine contre l’apartheid israélien, la colonisation et l’occupation et pour une application totale des droits inaliénables du peuple palestinien. Nous apprécions à sa juste valeur la place centrale dévolue à la Palestine lors de ce forum social à Tunis.

L’Assemblée de convergence veut réaffirmer son soutien à la résistance populaire palestinienne et son engagement total pour réaliser les objectifs suivants :

  • Le droit à l’autodétermination pour le peuple palestinien contre l’occupation coloniale et les colonies
  • La réaffirmation de l’importance du vote à l’Assemblée générale des Nations unies pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine
  • La fin de l’apartheid et le démantèlement du mur
  • La liberté pour les prisonniers politiques
  • La fin du blocus de Gaza et la libération de la Palestine
  • Le droit au retour en application de la résolution 194 des Nations unies
  • La fin de la judéisation de Jérusalem et des bouclages

Nous dénonçons toutes les complicités avec l’Etat d’Israël (Etats, institutions et corporations) qui permettent l’impunité d’Israël. A cet égard, nous dénonçons la politique des Etats-Unis et la mauvaise utilisation de leur veto aux Nations unies.

P1010175

Afin de réaliser ces objectifs, nous soutenons les actions et campagnes ci-dessous pour :

  • Renforcer et étendre le mouvement BDS au niveau international (il faut lancer une mobilisation particulière contre G4S, la plus grande compagnie de sécurité internationale, qui travaille avec Israël pour les prisons et les points de contrôle)
  • La suspension de l’Accord d’association UE-Israël (sur la base de l’article 2). Il existe un précédent : le cas du Sri Lanka.
  • Suspendre le commerce des armes avec Israël
  • La libération des prisonniers palestiniens
  • Mettre fin au blocus de Gaza par des actions comme la Flottille et l’Arche de Gaza
  • Porter plainte contre les crimes commis par Israël devant la CPI
  • Demander la réouverture de la Commission spéciale des Nations unies contre l’apartheid et demander la dissolution du Quartette
  • Soutenir les réfugiés palestiniens qui risquent l’expulsion en Syrie ou d’autres pays
  • Les syndicats qui soutiennent les droits sociaux et du travail des Palestiniens
  • Les missions civiles en Palestine
  • Faire connaître les conclusions du Tribunal Russell sur la Palestine, qui dénoncent les crimes israéliens et exigent l’application du droit international

Nous travaillerions à construire un fort mouvement de solidarité internationale pour la Palestine. Nous continuerons à utiliser le processus des forums sociaux pour renforcer le mouvement de solidarité avec la Palestine.

P1010729




« Justice en Palestine » Motion adoptée au 26e congrès de la CGT-INRA

Les violations du droit international par les autorités israéliennes, notamment le blocus de Gaza et la poursuite délibérée de la colonisation en Cisjordanie, ne connaissent pas de répit, sans oublier les conditions d’incarcération des prisonniers politiques.

La CGT-INRA considère que le respect des droits du peuple palestinien, tous ses droits, y compris le droit au retour des réfugiés, et la réparation des torts causés à ce peuple, sont des conditions indispensables pour une solution réellement pacifique et durable au Proche Orient.

Elle fait siennes les conclusions des quatre premières sessions du tribunal Russel pour la Palestine dénonçant d’une part les manquements de l’UE, la responsabilité des entreprises intervenant dans les territoires occupés et d’autre part, qualifiant les pratiques de l’Etat israélien à l’encontre de la population palestinienne, aussi bien sur le territoire israélien que dans les territoires palestiniens occupés, de violation de « l’interdiction internationale de l’apartheid ».

L’amplification des opérations de colonisation est un obstacle à la paix. La CGT- INRA rappelle son attachement à une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens à l’intérieur de frontières sûres et reconnues.

La CGT-INRA conteste l’attribution par l’UEFA à Israël de la phase finale de la coupe d’Europe de football des jeunes de moins de 21 ans.

La CGT-INRA confirme son engagement dans la campagne BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions) pour imposer notamment des sanctions contre Israël en tant que puissance occupante tant qu’il refuse d’appliquer le droit international, les résolutions des Nations Unies et l’avis de la Cour internationale de Justice concernant le mur d’annexion en Cisjordanie, la colonisation constante de la Cisjordanie dont Jérusalem-Est, et le blocus de Gaza. La France doit agir pour que l’UE suspende l’accord d’association UE / Israël.

La CGT-INRA demande que cessent les poursuites judiciaires qui frappent les militant-e-s du boycott. Concernant la campagne « La Palestine à l’ONU », la CGT-INRA se félicite de l’admission de la Palestine comme Etat Observateur de l’ONU en novembre 2012. Elle approuve le vote français en ce sens et considère que la France doit en tirer toutes les conséquences. Elle considère ce fait comme une étape dans la nécessaire reconnaissance d’un Etat palestinien souverain. La France doit reconnaître explicitement l’État de Palestine sur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale et voter, au conseil de sécurité, pour l’admission de la Palestine à l’ONU comme État de plein droit.

Lac de Maine – mars 2013