La Paillade : la campagne contre les dattes de l’apartheid porte ses fruits !

La campagne menée par le comité BDS France 34 depuis 2013 à La Paillade porte ses fruits ! Pas trace de dattes de l’apartheid israélien ce samedi matin, 7 mai 2016 aux halles de La Paillade, ni au Centre commercial voisin, St. Paul. Nous y avons même rencontré un commerçant ami, tout heureux et fier de nous montrer les dattes qu’il a réussi à trouver : « product of Palestine » en provenance de la région de Tubas en Cisjordanie occupée.

UN QUARTIER POPULAIRE GHETTOÏSÉ

La Paillade est la « banlieue » de Montpellier. Quartier populaire construit à distance de la Ville de Montpellier (on ne mélange pas les pauvres et les riches), habité depuis 1967, il compte aujourd’hui plus de 28 000 habitants en très grande majorité issus d’Afrique du nord, majoritairement du Maroc puis d’Algérie.

Décidé par le maire de droite François Delmas qui voulait caser ses amis et soutiens politique : les pieds-noirs, le quartier est très vite devenu, en raison du nombre de logements sociaux et des processus de ghéttoïsation, un quartier dont la population est issue de l’immigration coloniale avec toutes les discriminations et tout le racisme d’Etat que cela implique.

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G. Frèche est arrivé à la mairie en 1977  et y a régné jusqu’en 2004 (décédé en octobre 2010). C’est donc sous le règne du Parti socialiste que La Paillade s’est développée. Le succès passager de l’équipe de football  connue nationalement ne parviendra pas à masquer la violence de la discrimination à l’égard des populations de ce quartier ghéttoïsé. il n’est que de citer G. Frèche exprimer le racisme décomplexé avant l’heure :

«Ici, c’est le tunnel le plus long du monde : vous entrez en France et vous ressortez à Ouarzazate», commente-t-il au sujet de la liaison centre-ville/La Paillade,  lors de l’inauguration d’un nouveau tramway le 30 juin 2000. Le même jour, il déclare au sujet d’une femme voilée. «Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n’a que les oreillons et on lui tient les oreilles au chaud».

L’autocrate ira jusqu’à rebaptiser,  comme une simple marque de produit, La Paillade en « La Mosson », mais les habitants et tous leurs amis soucieux de préserver l’histoire du quartier et de ses luttes continuent à le nommer « La Paillade. »

LA PAILLADE POUR LA PALESTINE

C’est surtout depuis le terrible hiver 2008-2009 que les Pailladins et Pailladines sont mobilisés pour la Palestine. Comme partout dans le monde, l’attaque meurtrière de la Bande de Gaza par l’armée israélienne contre toute la population civile, a été le détonateur d’une mobilisation qui s’est à nouveau manifestée avec force l’été 2014. C’est à La Paillade, avec des habitants du quartier,  que le tout jeune comité BDS 34 a mené sa première action de boycott dans une grande surface (http://www.dailymotion.com/video/xcpau1_bds-france-comite-de-montpellier-ma_news).

Et depuis, même si ça reste insuffisant de l’avis du comité, de nombreuses actions ont été menées (Manifestations pour le soutien à Gaza, contre la Journée sioniste dite de Jérusalem et des actions de boycott…) qui ont fait que des liens se sont créés. Certains-nes sont devenus des militants réguliers, d’autres sont là en cas de coup dur et on sait qu’on peut compter sur eux et puis il y a tous ceux et celles qui ne viennent qu’aux manifestations ou qui nous rencontrent sur la place de la comédie et avec lesquels et lesquelles, d’une manif à l’autre, d’une action de terrain à l’autre on se reconnait, se salue et on partage cette chaleureuse et forte solidarité  avec le peuple Palestinien.

LA CAMPAGNE CONTRE LES DATTES DE L’APARTHEID : UN DÉMARRAGE DIFFICILE

C’est en 2013 que le Comité BDS France 34 a lancé à l’approche du Ramadan la campagne contre les dattes israéliennes en provenance de la Vallée du Jourdain occupée. L’appel des paysans palestiniens à cesser le commerce avec les entreprises agroalimentaires israéliennes date de février 2013 et mentionne, concernant les dattes deux principales entreprises: Mehadrin (Colonie  Beqa’ot en particulier)  et Hadiklaim qui elle aussi cultive les dattes dans la Vallée du Jourdain (colonies de Beit Ha’ Arava et Tomer).

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centre de stokage d’emballages mehadrin dans la colonie de Beqa’ot (2013)

Nous avions ciblé La Paillade (les Halles des 4 saisons et le centre commercial St. Paul fait de nombreuses petites boutiques) et le quartier « Plan Cabannes » situé en ville proche du centre et où en raison de la vétusté des habitations et donc des bas loyers, de nombreux immigrés se sont installés à proximité d’un quartier de gitans sédentarisés. Même si le quartier se « boboïse » il reste encore un centre de vie avec de nombreuses boutiques tenues par des maghrébins.

Nous sommes intervenus chaque année avant le Ramadan, nous sommes intervenus 2,3 fois sur les lieux dans chaque boutique. A u début ça n’a pas été facile car  en l’absence du BDS, les commerçants et même l’ensemble de la population était peu regardante sur l’origine des produits. Le Comité avait décidé d’une méthode progressive : une première fois par petits groupes de 5 ou 6 avec des tracts, les militants montraient les produits expliquaient leur origine, présentaient l’appel Palestinien et engageaient la discussion. Cela représentait une trentaine de boutiques pour les deux quartiers. Des tracts étaient laissés chez les commerçants coopérants dont certains acceptaient même des affiches.

En vérité lors des seconds passages les produits étaient toujours là. Alors nous avons fait des interventions à quinze ou vingt, avec sono et banderole dans et devant les magasins.

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En 2014, des interventions plus insistantes à St. Paul

Nous nous sommes adressés aux gens assis aux terrasses des cafés, aux passants. Nous avons fait en sorte que presque toutes les manifestations de l’été 2014 passent par le Plan Cabannes et là nous avons fait des prises de paroles pour dénoncer la présence des produits illégaux des colonies israéliennes et la gravité qu’il y avait à commercer en plein bombardements de Gaza avec l’Etat criminel israélien…

Voici (ci-dessous) un court extrait d’une intervention du 23 août 2014, en pleine attaque israélienne contre Gaza,  dans les halles des 4 saisons à la Paillade au cours de laquelle on combinait l’appel à la prochaine manifestation hebdomadaire et l’appel au boycott des dattes israéliennes. Nous n’avons pas ménagé ce commerçant qui systématiquement nous envoyait promener. Le contexte terrible de Gaza permettait ce genre d’intervention qui a été applaudie par de nombreuses personnes et qui l’a conduit à changer sa position.

Nous avons rencontré ce commerçant ce matin du 7 mai 2016 et il était tout content de nous dire que ses « Medjoul » venaient d’Afrique du Sud distribuées par Kartsens.

« La dernière fois ça m’a suffit  » nous a t-il dit.

Chacun sait que Karstens Farms, une compagnie agricole sud-africaine de premier plan soutenue par un des principaux organes financiers d’Afrique du Sud, la Industrial Development Corporation (IDC), a coupé ses relations avec la coopérative israélienne Hadiklaim, et a aussi entrepris de n’entrer dans aucune relation future avec aucune entreprise israélienne complice dans l’occupation israélienne illégale de la Palestine.

AU FINAL, UN ACCUEIL CHALEUREUX ET UNE VICTOIRE POUR LES PALESTINIENS !

A La Paillade ce matin, aux halles comme à St. Paul,  l’accueil a été  vraiment chaleureux. Nous avons diffusé un tract et proposé aux commerçants de mettre l’affiche. Nous n’avons eu que très peu de refus ( en raison de l’absence du patron les salariés n’ont pas voulu apposer l’affiche).

Et pas une seule datte illicite !

Le moment le plus touchant a été quand un commerçant, avec qui nous avions eu en 2014 une discussion un peu vive,  nous a montré, radieux, ses dattes palestiniennes de la région de Tubas, à 25km au nord-est de Naplouse (en zone A).

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Une trentaine de boutiques ont accepté l’affiche, y compris des bouchers, des boulangers etc. qui ne sont pas directement concernés par le commerce avec Israël.

Nous avons par contre trouvé en deux endroits des mandarines Jaffa et des avocats Mehadrin. Ces deux commerçants ont accepté l’affiche et les tracts. Ils ont dit ne pas être informés pour Mehadrin… affaire à suivre, on reviendra.

 




Libération : Le boycott d’Israël n’est pas de l’antisémitisme

Tribune
Par Eric Hazan

D’un côté, il y a ceux qui défendent un Etat juif tout puissant ; de l’autre, des partisans d’un Etat commun où Juifs et Arabes vivraient en égaux. Entre les deux, la question de la souveraineté d’Israël.

D’après Manuel Valls, «l’antisionisme est tout simplement le synonyme d’antisémitisme». Ce propos n’est pas surprenant de la part d’un homme politique pour lequel «l’état d’urgence, c’est l’Etat de droit», et qui entend lutter contre le chômage en facilitant les licenciements.Mais sérieusement, qu’est-ce au juste que «l’antisionisme ?»

Il y a deux réponses possibles. La première, celle des dîners du Crif, repose sur deux assertions successives : l’Etat d’Israël parle au nom des Juifs du monde entier ; par conséquent, être «antisioniste», critiquer la politique israélienne, c’est dénigrer non seulement le gouvernement israélien, mais la population du pays et l’ensemble de tous les Juifs – c’est de l’antisémitisme.

Cette façon de voir occulte deux points essentiels : la grande majorité des Juifs vivent ailleurs qu’en Israël et parmi eux, nombreux sont ceux qui n’approuvent pas sa politique ; d’autre part, critiquer un gouvernement ne signifie nullement que l’on accuse la population du pays. Non, condamner la politique coloniale d’Israël n’a rien à voir avec l’antisémitisme.

La deuxième réponse à la question qu’est-ce que «l’antisionisme ?» est d’ordre historique. Au début du XXe siècle, quand Theodor Herzl invitait les Juifs d’Europe à partir pour la Palestine, beaucoup d’entre eux s’y opposaient, notamment les ouvriers révolutionnaires polonais du Bund. Ils étaient antisionistes, les seuls peut-être à avoir mérité ce terme qui n’a plus guère de sens aujourd’hui.

Par la suite, dans l’entre-deux-guerres, la présence juive en Palestine étant un fait accompli, plusieurs intellectuels juifs de grand renom comme Hannah Arendt, Martin Buber ou Gershom Scholem dirent et écrivirent que cette présence ne pouvait plus être remise en cause, mais qu’il fallait surtout éviter que s’établisse une souveraineté juive sur la Palestine. En octobre 1947, alors que le statut de la Palestine était encore en discussion à l’ONU, Arendt prit la parole devant la commission internationale chargée d’éclairer l’Assemblée générale, et plaida en faveur d’une fédération, d’un Etat binational sur le territoire de la Palestine mandataire.

Aujourd’hui, les termes du débat sont les mêmes. Il y a d’un côté ceux qui défendent un Etat juif souverain, le plus puissant et le plus homogène possible, qui travaille à judaïser tout le territoire de la Palestine historique en maintenant en sujétion ses habitants non juifs, les Palestiniens d’Israël et ceux des Territoires occupés. Et de l’autre côté, il y a ceux pour lesquels les quelque 11 millions d’êtres humains habitant entre le Jourdain et la mer ont tous le droit de vivre en égaux dans un Etat commun. (On peut laisser de côté la solution des deux Etats, fiction destinée à faire accepter le statu quo).

Pour ceux, Juifs ou Arabes, qui soutiennent la création d’un tel Etat, la présence juive en Palestine ne se discute plus depuis longtemps, c’est la souveraineté juive qui est le cœur du litige. Le boycott d’Israël est pour eux un moyen d’en finir avec cette souveraineté. Les accuser de vouloir la «destruction d’Israël», d’être des antisémites, c’est utiliser une fois de plus Auschwitz pour légitimer la politique coloniale du gouvernement israélien. Le boycott n’est pas une arme contre les Juifs israéliens. Bien au contraire, il les aide à faire un jour partie intégrante de la région du monde où leurs aînés ont été autrefois conduits, à quitter leurs habits de colons pour devenir des égaux vivant enfin en paix dans un pays réconcilié.

Eric Hazan

Source: Libération




Appel à Carlos Santana : « ne fêtez pas l’apartheid, annulez votre concert à Tel Aviv »

PACBI | 2 mai 2016

Veuillez signer cette pétition qui demande à Carlos Santana d’annuler son prochain concert à Tel Aviv, cliquez ici.

« Exactement comme nous disions à l’époque de l’apartheid qu’il était malvenu que des artistes internationaux se produisent en Afrique du Sud dans une société fondée sur des lois discriminatoires et une exclusivité raciale, il serait tout aussi néfaste que l’Opéra de Cape Town se produise en Israël. »

Desmond Tutu, 26 octobre 2010

Cher Carlos Santana,

Jérusalem occupée, le 12 avril 2016 

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI) vous demande d’annuler votre concert programmé pour le 30 juillet 2016 à Tel Aviv. Nous vous demandons de respecter notre ligne militante et de rejoindre les centaines d’artistes du monde entier qui ont refusé de se produire en Israël tant que celui-ci continue à dénier leurs droits fondamentaux aux Palestiniens au mépris de la législation internationale. (1)

La société palestinienne a demandé aux artistes internationaux de soutenir le boycott culturel d’Israël, comme ils avaient refusé d’entretenir l’apartheid en Afrique du Sud en solidarité avec la lutte des opprimés pour la liberté, la justice et l’égalité. (2) Avec l’isolement croissant d’Israël dans le monde, de moins en moins d’artistes souhaitent être associés à son régime d’occupation, de colonialisme et d’apartheid. (3)

En tant que personnage public, vous avez usé de votre influence pour promouvoir des causes sociales et les droits civiques, dont les droits des enfants. Vos fans dans le monde entier, non seulement vous apprécient en tant que remarquable virtuose du monde de la musique, mais ils admirent profondément aussi votre engagement dans les rendez-vous sociaux, tels que votre rôle dans l’établissement en 1998 de la Fondation Milagro, organisation qui « profite aux enfants défavorisés et vulnérables à travers le monde ». Comment ce louable engagement envers les droits de l’Homme peut-il s’accorder avec le fait de jouer dans un pays qui viole constamment ces droits ?

Israël se sert des prestations des artistes internationaux comme d’un aval à ses crimes et pour distraire l’attention du monde de la condition des Palestiniens. (4) Indépendamment de vos intentions, la machine de propagande d’Israël utiliserait votre prestation à Tel Aviv pour camoufler ses crimes contre le peuple palestinien en général et les enfants en particulier, y compris le déni de leurs droits fondamentaux à un accès sans entraves à l’éducation, à des soins de santé appropriés, à la liberté de circulation et, souvent, même au droit à la vie.

La section palestinienne de Défense Internationale des Enfants (DCI) a collecté des renseignements sur la longue série de crimes contre les enfants palestiniens, y compris la violence des mauvais traitements et la torture des enfants prisonniers. (5)

Rien qu’en 2014, en incluant l’attaque brutale contre Gaza, les forces militaires israéliennes ont tué des centaines d’enfants palestiniens, d’après les chiffres de l’ONU, incitant Leila Zerrougui, Représentante Spéciale à l’ONU du Secrétariat Général pour les Enfants et les Conflits Armés, à recommander d’inclure l’armée israélienne dans la liste des forces armées responsables du meurtre et des mutilations d’enfants.

Le degré d’incitation contre les Palestiniens de la part des fonctionnaires et des colons illégaux a atteint des niveaux sans précédent dans la société israélienne. Presque quotidiennement, de jeunes Palestiniens sont tués dans des exécutions extrajudiciaires condamnées par Amnesty International et d’autres associations de droits de l’Homme. (6) Les tribunaux militaires d’Israël détiennent actuellement 406 enfants en prison, et 670 détenus administratifs, retenus sans procès ni jugement en bonne et due forme et soumis de la torture et des mauvais traitements. (7)

Selon un récent sondage, 48 pour cent des Israéliens soutiennent l’expulsion des Palestiniens et 79 pour cent sont d’accord pour que les Israéliens bénéficient de plus de droits que les Palestiniens. (8) Ces statistiques ne sont pas sans conséquence alors que les Palestiniens sont la cible principale du fanatisme croissant d’Israël provoqué depuis le plus haut sommet du gouvernement. (9)

Sur votre page Facebook, vous mentionnez que votre concert est ouvert « à quiconque souhaite y assister ». (10) Les Palestiniens dans leur écrasante majorité sont des réfugiés à qui, jusqu’à aujourd’hui, on dénie le droit de revenir chez eux. A quelques minutes du lieu de votre concert, presque 2 millions de Palestiniens sont sous un blocus illégal et inhumain dans la Bande de Gaza, privés même du droit de reconstruire leurs maisons détruites par Israël pendant le dernier massacre en 2014. (11)

Les Palestiniens de Cisjordanie vivent eux aussi derrière un mur, déclaré illégal en 2004 par la Cour Internationale de Justice, utilisé pour isoler leurs communautés et pour qu’Israël s’approprie leurs terres. (12) Des centaines de checkpoints et d’obstacles à la circulation privent les Palestiniens de leur liberté de mouvement, y compris à l’intérieur de la Cisjordanie. (13) Les Palestiniens d’Israël sont soumis à plus de 50 lois qui leur impose une discrimination fondée sur la race. (14)

La donation du montant de votre concert à Médecins sans Frontières ne le rend pas moins problématique. C’est la même chose que jouer dans les années 1980 dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, contre la volonté de l’écrasante majorité des opprimés qui s’y trouvaient, et de donner les bénéfices à quelque œuvre de charité. Alors que nous soutenons le fait de faire des dons à cette louable organisation, ce ne peut être aux frais d’une contribution au camouflage des violations flagrantes des droits des Palestiniens par Israël.

Nous faisons appel à votre solidarité de principe pour ne pas saper notre résistance non-violente à l’oppression d’Israël. Nous vous exhortons à vous tenir du bon côté de l’histoire comme vous l’aviez fait pendant l’apartheid en Afrique du Sud.

Sincèrement vôtre,

PACBI

13 avril 2016

 

[1] Voyez ici, ici et ici des exemples de promesses de boycott culturel par des centaines d’artistes, quelques unes des voix prépondérantes dans leur domaine.

[2]  https://bdsmovement.net/activecamps/cultural-boycott
[3]  http://www.nytimes.com/2014/02/01/opinion/sunday/why-the-boycott-movement-scares-israel.html
[4]  https://electronicintifada.net/content/behind-brand-israel-israels-recent-propaganda-efforts/8694

 [5] Voir aussi le dossier 2016 de Human Rights Watch « La police israélienne maltraite les enfants détenus ».

[6] https://www.amnesty.org/en/documents/mde15/2633/2015/en/
[7] http://www.addameer.org/israeli_military_judicial_system/administrative_detention
[8] https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2016/03/08/how-israels-jewishness-is-overtaking-its-democracy/
[9] http://www.alternet.org/world/prime-sinister-new-faces-netanyahus-new-israeli-government
[10] https://www.facebook.com/carlossantana/posts/10153621244536359
[11] http://www.theguardian.com/world/2015/sep/02/gaza-becoming-uninhabitable-as-society-can-no-longer-support-itself-report
[12] http://www.aljazeera.com/indepth/features/2012/12/20121225825178322.html
[13] http://www.ochaopt.org/documents/ocha_opt_the_humanitarian_monitor_2016_01_05_english.pdf
[14] http://mondoweiss.net/2015/06/database-discriminatory-israel/

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : PACBI




Intervention à Londres le 20 avril 2016 de Jean-Guy Greilsamer

Par Jean Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

À l’occasion d’un meeting pour la libre expression de BDS

Bonsoir à tou-te-s,

Je remercie la section de Waltham Forest de la “Palestine Solidarity Campaign” de m’avoir invité.

D’abord je me présente. Je suis né en 1946, suis retraité, suis issu d’une famille juive rescapée du génocide nazi, et ai eu une éducation juive jusqu’à la Bar Mitzvah. Je précise qu’en tant que Juif j’ai eu une enfance normale, parce qu’à l’époque de mon enfance la communauté juive n’était pas encore traversée par des tendances paranoïaques comme aujourd’hui, et mes parents ne passaient pas leur temps à me harceler pour que j’honore la mémoire du génocide.

Je milite dans la campagne BDS de France et depuis 2003 à l’UJFP, qui est solidaire des droits du people palestinien et participe à la Campagne BDS.

Je vais vous parler de la situation française concernant le mouvement BDS, d’abord du contexte en France et ensuite des perspectives d’avenir en France et dans les autres pays concernés par BDS

Le contexte français est spécifique pour plusieurs raisons.

D’abord, BDS est un sujet sensible en France parce que la France est le pays d’Europe qui comporte la plus importante population juive (environ 600 000, bien que le nombre soit difficile à évaluer) et aussi la plus importante population arabe et arabo-musulmane (environ 6 000 000 ou plus, mais c’est également difficile à estimer)

Maintenant je vais vous parler d’une part des faiblesses et d’autre part des bonnes potentialités de BDS en France

D’abord les points faibles.

Il y a en France un lobby sioniste agressif, qui attaque le mouvement BDS.
Et il y a en même temps une situation difficile à cause des attaques générales contre les libertés sous prétexte de lutte contre le terrorisme et du fait de l’ainsi nommé “état d’urgence”

Le lobby sioniste se compose d’une part du CRIF (le sigle signifie « Conseil Représentatif des Institutions Juives de France ») et des officines sionistes qui portent plainte contre les militants BDS, et d’autre part de notre gouvernement. 
Le gouvernement considère le CRIF comme son partenaire officiel représentant la communauté juive de France, alors qu’en fait cet organisme, qui ne représente qu’une petite partie de la communauté juive, est une courroie de transmission de la politique israélienne. 
La majorité de la population juive française est certes sioniste, mais elle est traversée comme toute population par une diversité de courants d’opinion. Et l’UJFP à laquelle j’appartiens est un courant minoritaire, mais pas minuscule.
Il est important de dissocier le CRIF et le gouvernement, parce que rien n’oblige le gouvernement français à développer une politique sioniste. Croire que le gouvernement est obligé d’obéir au CRIF serait accréditer les clichés complotistes et antisémites selon lesquels les Juifs auraient par essence vocation à chercher à dominer le monde.
Je signale aussi le poids de la LICRA (« Ligue Internationale contre le Racisme et l’antisémitisme »). La LICRA est une ONG soi-disant antiraciste mais qui en réalité poursuit également BDS en justice, comme c’est le cas d’un procès contre des militants BDS à Toulouse. La LICRA est l’interlocuteur privilégié du gouvernement sur les questions de l’antiracisme.

Notre gouvernement, formé par le parti « socialiste », et surtout son premier ministre actuel Manuel Valls, amalgame l’antisionisme et BDS à l’antisémitisme, et ne dément pas l’amalgame que fait le gouvernement israélien avec le terrorisme.

En général la nature des attaques contre BDS en France, qui s’inscrivent dans les attaques contre les libertés, est soit d’essayer de déclarer que BDS est illégal, soit de condamner BDS. Dans les deux cas BDS est présenté comme antisémite ou comme un obstacle à une paix juste entre Israéliens et Palestiniens.

L’objectif de ces attaques est d’intimider les militants de BDS et d’essayer de faire croire à l’opinion publique que BDS est illégal.
Dans certaines mairies le but est d’interdire aux services municipaux de mettre à disposition de la Campagne BDS des services qui pourraient lui être utiles, par exemple des salles de réunion.

Depuis février 2010 une circulaire, appelée « circulaire Alliot Marie », du nom de la ministre de la Justice de l’époque, recommande aux juges de poursuivre les militants qui appellent au boycott des produits israéliens. Mais une circulaire n’est pas une loi, et la majorité des juges n’a pas appliqué cette circulaire.

En octobre 2015, un arrêt de la Cour de cassation (la plus haute Cour en France) a confirmé un jugement qui a condamné le boycott des produits israéliens. Cet arrêt déclare que le boycott de produits israéliens constitue une discrimination contre des producteurs et des fournisseurs en raison de leur appartenance à une « nation », en l’occurrence la soi-disant « nation » israélienne.
En mars dernier, un autre arrêt de la Cour de Cassation a confirmé une condamnation d’un autre groupe de militants pour cette raison et aussi pour « entrave à la liberté du commerce ».

Mais il s’agit là de seulement deux arrêts de la Cour de Cassation. Des arrêts précédents de cette Cour déclarent que le boycott n’est pas illégal parce qu’il relève de la liberté d’expression, et la majorité des procès ont abouti à des relaxes.
En fait, il n’y a pas en France de loi anti-BDS : BDS n’est donc pas illégal.

Un autre point faible du contexte en France est l’évolution négative de l’élite intellectuelle.
Alors que pendant longtemps la scène des intellectuels de renom en France était beaucoup marquée par des figures intellectuelles anticolonialistes, aujourd’hui ce sont des intellectuels sionistes ou islamophobes (ce qui se rejoint) qui tiennent le haut du pavé. Ce phénomène, qui ne concerne pas que le regard sur Israël et la Palestine, relève de ce que certains qualifient de « droitisation » de la société.

Mais la Campagne BDS en France, ce n’est pas seulement ses points faibles, c’est aussi ses bonnes potentialités. 

C’est ce que je vais aborder maintenant.
Le point fort essentiel est qu’il existe dans la population française une réelle empathie pour le peuple palestinien. On peut dire que la moyenne de la population française est plus sensible à la cause du peuple palestinien et à la dangerosité de l’Etat d’Israël que ne l’est la moyenne des politiciens, qui est beaucoup plus frileuse.
Lorsque nous intervenons dans des lieux publics ouverts, beaucoup de gens manifestent leur sensibilité, signent volontiers des pétitions de solidarité ou pour dénoncer la politique d’Israël et de ses alliés, ou prennent notre défense quand nous sommes agressés verbalement par des sionistes.
Un sondage a établi que 2/3 des Français ont une image négative d’Israël, et lorsque les gens sont interrogés sur quels sont selon eux les Etats les plus dangereux dans le monde, pour la majorité Israël se trouve dans le peloton de tête.

Nous pouvons constater qu’il existe une résistance réelle aux mesures répressives contre BDS
Sur les cent plaintes qui ont été intentées contre des militants, la plupart ont été classées sans suite et la majorité des autres se sont soldées par des relaxes. 
Suite à la confirmation par la Cour de cassation de la condamnation des militants de la région de Mulhouse, les interventions BDS ont pu quand même continuer, ce qui n’aurait pas été possible si la majorité de la population française soutenait la politique d’Israël.

Par ailleurs, les victoires de la campagne BDS en France ne sont pas à minimiser.
BDS France a contribué de façon importante à la faillite de l’entreprise israélienne d’exportation de fruits et légumes Agrexco et à des victoires contre Sodastream, retiré des exposants d’un salon à vocation écologique et récemment retiré du sponsoring du festival de la BD d’Angoulême. Nous avons contribué aussi à la rupture de l’accord entre Orange et la société israélienne Partners Communications et au retrait total de Veolia d’Israël. 
Deux firmes ont annulé leur participation à un projet de funiculaire destiné à relier Jérusalem à des colonies illégales, après que ces firmes aient été averties par les ministères français des Finances et des Affaires Etrangères ainsi que par des mouvements de solidarité avec le peuple palestinien des problèmes juridiques et des risques encourus.

Sur le front du boycott culturel, nous avons également obtenu des victoires.

Il existe en France un potentiel de mobilisation important, notamment parmi les jeunes issus de l’immigration. Pour eux, qui subissent souvent les politiques racistes dans les banlieues, le peuple palestinien est à la fois un symbole et une forte réalité de la figure de l’opprimé. Le peuple palestinien est victime depuis longtemps d’une politique coloniale et les jeunes issus de l’immigration subissent souvent les conséquences de la politique coloniale française, passée ou présente.

Dans la situation de désarroi ou de confusion politique aujourd’hui en France, beaucoup de gens qui étaient engagés dans un parti politique préfèrent à présent s’engager prioritairement dans la campagne BDS. Je ne veux pas ici juger leur comportement, mais rapporter cette situation. Ces militants nous disent : « Dans BDS au moins je sais pourquoi je me bats ».
De même beaucoup de gens qui étaient peu engagés dans une démarche collective ou qui papillonnaient entre diverses causes humanitaires, franchissent le pas de s’engager dans le mouvement BDS et nous disent que ce type d’engagement par ses dimensions citoyennes, antiracistes et non-violente leur convient tout à fait.

Un point important est que BDS rentre en résonnance avec des causes importantes ici même : 
 L’antiracisme : ce qui est en jeu aussi bien en Israël et Palestine qu’ici, c’est le vivre ensemble dans l’égalité et la justice quelles que soient nos origines, et le refus de l’idéologie du choc des civilisations  
 L’anticolonialisme : la France a une longue expérience des politiques coloniales et des mobilisations anticoloniales, et la politique israélienne contre le peuple palestinien est la plus longue guerre coloniale contemporaine qui concerne directement le monde occidental
 Les valeurs de justice, liberté et égalité en général que symbolise le peuple palestinien, que ce soit dans le monde du travail ou dans toute la société
 Les mouvements anti-guerre, parce qu’Israël est un Etat dangereux pour la paix dans le monde et que nous avons à combattre en France un gouvernement très va-t-en guerre ami d’Israël 
 Le respect du droit international, parce que la persistance de l’impunité d’Israël signifierait la défaite du droit international et son remplacement par le droit du plus fort

Tout ce contexte fait de BDS en France un engagement non seulement pour soutenir un autre peuple, mais aussi un engagement interne à la société française.

Il nous appartient de mettre en œuvre ou d’inventer les médiations nécessaires pour développer cet engagement, pour l’enraciner dans la population.

J’aborde maintenant la dernière partie de mon exposé : quelles sont les perspectives du mouvement BDS, aussi bien en France que dans les autres pays impactés par BDS

J’ai évoqué les victoires auxquelles le mouvement BDS a participé en France.
Il y a eu beaucoup d’autres succès importants dans d’autres pays, par exemple chez vous contre G4S, qui en France n’est qu’une petite société.
Tous ces succès sont globalement plus importants que ceux que la campagne de boycott de l’Afrique du Sud avait capitalisé 10 ans après son lancement. 
Et ils produisent des résultats encourageants.
Ainsi des exportations israéliennes commencent à baisser, qu’il s’agisse des produits des colonies ou même de l’industrie d’armement (sauf l’Europe concernant les exportations d’armes, qui augmentent). Les investissements de pays étrangers diminuent aussi : ainsi en 2014 les investissements ont été de 46 % inférieurs à 2013.
Les Palestiniens des territoires occupés ont eux-mêmes diminué leurs importations d’Israël : de 24% en 2014 par rapport à 2015.
Le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, qui condamne la colonisation, a décidé le jeudi 24 mars de dresser une liste noire des entreprises opérant dans les territoires occupés par Israël.
Les succès des boycotts culturel, universitaire, syndical dérangent l’Etat d’Israël tout autant que le boycott économique, parce qu’ils le décrédibilisent.
Il ne faut pas bien-sûr crier victoire prématurément, parce que l’économie israélienne est encore forte et les capacités agressives d’Israël et de ses alliés sont encore importantes.
L’économie israélienne est encore forte notamment pour la vente du matériel de répression, parce qu’Israël met en avant que ce matériel a été testé sur les Palestiniens, mais la campagne internationale pour l’embargo contre le commerce d’armes avec Israël progresse. 
Le gouvernement de Netanyahou a mis en place une structure chargée de lutter activement contre BDS. Celle-ci fonctionne au sein du Ministère des questions stratégiques, dont elle constitue un département. Ses effectifs sont notamment des militaires ou des anciens des services de renseignements.
Sa mission est de récolter toutes les informations utiles sur la pratique de BDS dans les pays où ce mouvement est actif, d’analyser ses activités, de connaître ses principaux militants et, surtout, d’établir une stratégie « anti-boycott » avec l’aide du ministère des Affaires Etrangères.
Des gens sont payés par Israël pour surveiller les réseaux sociaux. Une structure de conférenciers va être mise en place pour vanter dans les campus américains les mérites de la soi-disant « seule démocratie du Moyen-Orient ».
Israël essaie désespérément de faire interdire BDS dans divers pays ou de le limiter, non seulement en France, mais aussi dans d’autres pays dont le vôtre, les Etats-Unis et le Canada.
Une conférence internationale anti-BDS a eu lieu récemment à Jérusalem.
Il est actuellement négocié le « TTIP », qui est un traité de libre-échange économique entre l’Union européenne et les Etats-Unis.
Ce n’est pour l’instant qu’un projet. Il est question d’y inclure une clause qui interdirait toute négociation économique entre un partenaire américain et un partenaire européen « qui discriminerait Israël » ou qui soutiendrait, participerait ou promouvrait une initiative de Boycott, de Désinvestissement ou de Sanctions à l’encontre d’Israël ! En gros, le rejet formel et explicite de BDS serait une condition sine qua non de signature du TTIP !
Mais nous avons vu que malgré ces points, BDS progresse inexorablement et que l’impopularité d’Israël continue d’augmenter.
Les accusations d’antisémitisme contre les militants BDS ne tiennent plus la route dans l’opinion publique : l’opinion publique internationale a bien compris que ce discours ignoble est utilisé pour tenter d’écraser le peuple palestinien.
Israël ne pourra pas continuer indéfiniment sa politique : son économie finit par se fragiliser, l’industrie touristique chute malgré toute les opérations de promotion, les dépenses de sécurité sont exorbitantes par rapport aux besoins sociaux du pays, le bilan migratoire est nul, l’image d’Israël dans l’opinion publique internationale continue de se dégrader.

BDS est un engagement fort pour la justice, la liberté et l’égalité, un engagement clair et nécessaire dans notre période inquiétante liée aux conséquences des tensions internationales que nous vivons.
C’est un devoir moral et politique.
Et de même qu’il a été mis fin à l’apartheid en Afrique du Sud, il sera mis fin aussi à l’apartheid israélien !

le lien pour la traduction en anglais
http://www.ujfp.org/spip.php?article4879&lang=en
Traduction : A.S.



Action BDS à Strasbourg le 30 avril

!cid_969D3EC6230D4A238C0C48755269D4E3@paorPCSamedi 30 avril  nous étions plus d’une quinzaine à sillonner Strasbourg  pour défendre le droit au boycott et appeler les Strasbourgeois à rejoindre la campagne  BDS jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international.

Ce fut une opération réussie, 1000 tracts distribués, beaucoup de discussions avec des passants de tous âges très intéressés. La pluie nous a arrêté au bout de deux heures. La question posée à la fin par certains des participants: c’est quand la prochaine action ?

Et   dimanche 1er mai, outre la manif du 1er mai, présentation du livre de l’UJFP: “Une voix juive contre le racisme” sur  RBS, (91,9FM) de 15h à 16h30 à l’invitation de la CARES, suivie d’une demi-heure sur la culture palestinienne de 16h30 à 17h


 Ne soyons pas complices de la COLONISATION de la Palestine par Israël !

Pour faire respecter le droit international et suivant l’exemple de la lutte pacifique contre l’apartheid en Afrique du Sud, la société civile palestinienne a lancé en 2005 un appel aux peuples du monde en vue d’imposer de larges boycotts à Israël, des retraits d’investissement et des sanctions. Les trois exigences indissociables du peuple palestinien :

  1. Fin de l’occupation de la Palestine (Cisjordanie, Jérusalem-Est, Bande de Gaza) et de la colonisation
  1. Egalité absolue des droits accordés aux Juifs et aux Palestiniens d’Israël, dont la nationalité
  1. Droit des réfugiés au retour et à l’indemnisation, comme stipulé par la résolution 194 de l’ONU du 11 décembre 1948.

Cet appel, c’est la campagne « BDS ». Elle fait l’objet de menaces en France

Défendons les libertés et le droit au boycott !

Face aux violations du droit international par Israël,

la campagne BDS, non-violente et antiraciste, ne vise pas les personnes mais la politique coloniale d’occupation israélienne ainsi que ses institutions qui pratiquent la violence et l’apartheid. Selon le droit international – y compris les récentes directives de l’U.E. – tous les produits des colonies sont illégaux.

Boycott des entreprises et institutions économiques, culturelles, scientifiques, militaires, sportives… d’Israël ;

Désinvestissement des entreprises qui contribuent à la colonisation et à la violation des droits des Palestiniens, notamment celles qui sont implantées dans les colonies ;

Sanctions diplomatiques et juridiques et, en particulier, suspension des accords de coopération privilégiée entre Israël et l’Union Européenne.

Pour ma part, je boycotte :

Fruits et Légumes (exportateur MEHADRIN)

Oranges, Clémentines, Pamplemousses, Tomates cerise, Avocats, Pommes de terre, Patates douces, Kakis, Kumquats, Cerises, etc..

(JAFFA, RIK ROK, 3 AMOURS, CARMEL, CORAL, TOP, KEDEM, CRYSTAL, ECO FRESH )

Herbes aromatiques (Aneth, Menthe, Persil, etc.)

Médicaments : TEVA (génériques), Ratiopharm

Sodastream : Machines à gazéifier l’eau + les sirops

Dattes “israéliennes” Medjoul (exportateur HADIKLAIM)

(CARMEL, JORDAN RIVER, KING SOLOMON)

Boissons : Jus de pamplemousse (FRUITÉ PUR JUS DU MONDE), Jus d’orange (JAFADEN), Vin (GREEN VALLEY)

Produits de beauté : AHAVA et lingettes pour bébé, démaquillantes, pour ménage.

ET VOUS, QU’EN   PENSEZ-VOUS ?

Signer l’appel :

http://www.bdsfrance.org/petition-nous-appelons-au-boycott-des-produits-israeliens

Campagne BDS France —   Site : www.bdsfrance.org

Pour nous contacter à Strasbourg : cjacp@orange.fr – Page FB : www.facebook.com/CJACPalestine/

 




Déclaration de solidarité féministe de l’Institut Simone de Beauvoir avec le mouvement palestinien BDS

Le 17 février 2016, des représentant-e-s des enseignants, du personnel, des titulaires de bourses de recherche et des chercheurs associés de l’Institut Simone de Beauvoir (SdBI) ont voté à l’unanimité  leur soutien à la résolution ci-dessous concernant l’appel palestinien pour un mouvement de boycott, de désinvestissement et de sanctions :

En tant qu’universitaires, militant-e-s, enseignant-e-s féministes et intellectuel-le-s publics, nous reconnaissons l’interconnexion des formes systémiques d’oppression. Dans cet esprit, nous ne pouvons ignorer l’injustice et la violence, dont la violence sexuelle et la violence basée sur le genre perpétrée contre les Palestiniens et les autres Arabes de Cisjordanie, de la bande de Gaza, au sein d’Israël et dans les monts du Golan, tout autant que le déplacement colonial de centaines de milliers de Palestiniens au cours de la Nakba en 1948. Le traitement discriminatoire, l’exclusion, le siège militaire et l’apartheid imposés par Israël sur ses propres citoyens palestiniens comme sur ceux résidant dans les territoires occupés constituent une violation flagrante du droit international, des résolutions de l’ONU, et des droits humains fondamentaux. En ce moment même, nos collègues en Palestine font face à des violations quotidiennes de leurs droits humains, dont leurs droits académiques à la liberté de parole, à se réunir, à s’associer et à se déplacer. En même temps, les institutions israéliennes d’enseignement supérieur n’ont pas contesté mais ont au contraire légitimé la politique d’oppression d’Israël et ses violations. Ces violations, qui ont un impact sérieux sur la vie quotidienne et sur les conditions de travail des universitaires, des étudiants et de la société palestinienne dans son ensemble, sont aussi permis par les impôts et le soutien tacite des puissances occidentales, faisant ainsi de chaque contribuable au Canada et en occident un complice de la perpétuation de ces injustices. Nous, membres du SdBI engagés pour la justice, la dignité, l’égalité et la paix, affirmons notre opposition aux injustices qui se produisent depuis longtemps sans discontinuer en Palestine et que nous voyons comme partie intégrante des multiples formes d’oppression que nous étudions et enseignons. Nous affirmons aussi l’engagement de SdBI aux principes des droits humains, de la justice et de la liberté pour tous, dont la liberté académique. L’Institut Simone de Beauvoir a eu une longue tradition d’accueil de féministes engagées pour la paix. Au cours des années, le SdBI a organisé ou sponsorisé de nombreuses activités BDS ou des activités de la semaine de l’Apartheid israélien. Aussi, par fidélité aux principes ci-dessus et dans le droit fil de l’histoire du SdBI comme de ses engagements actuels, décidons, au nom du SdBI, d’endosser l’appel de la société civile palestinienne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS) contre les entités économiques, militaires, académiques et culturelles et contre les projets sponsorisés par l’État d’Israël. Ce faisant nous rejoignons le consensus international en plein développement et ajoutons nos voix à un grand nombre d’associations universitaires et d’entités qui ont adopté de semblables résolutions ces dernières années.

Nous ajoutons nos voix à celles qui ont déclaré leur soutien à BDS parce que nous croyons que le boycott, le désinvestissement et les sanctions sont les moyens non violents les plus efficaces pour réaliser la paix et la justice dans la région. L’Institut Simone de Beauvoir reconnaît que BDS soulève beaucoup de questions et suscite des débats enflammés. En tant qu’éducateur-trice-s et étudiant-e-s féministes, nous promouvons le dialogue ouvert et une approche éducative pour comprendre les problèmes.  Dans les pages suivantes, nous soulignons quelques uns des principes-clef de la résolution et ce qu’elle implique. Nous fournissons aussi une liste de ressources pour de plus amples lectures sur le sujet (voir page 12).

Institut Simone de Beauvoir, Université Concordia, Montréal, 13 avril 2016

Plus d’informations sur: https://bdsmovement.net/2016/simone-de-beauvoir-institutes-statement-of-feminist-solidarity-with-the-palestinian-boycott-divestment-and-sanctions-bds-movement-13984#sthash.tzWSADzQ.dpuf

Traduction SF pour BDS France et pour l’AURDIP




Pourquoi nous faisons Appel : Pas d’infraction sans intention

COMMUNIQUÉ

Procès consécutif à la plainte de la LDH contre deux porte-parole du Comité BDS France 34

POURQUOI NOUS FAISONS APPEL : PAS D’INFRACTION SANS INTENTION

Le 6 avril 2016 le tribunal a rendu son jugement.  Il nous a déclarés coupables de : « Contestation de l’existence de crime contre l’humanité (…)» et de « Provocation à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ( …)» et nous a condamnés à une amende de 3000 € dont 1000 € avec sursis et 1€ x 2 à toutes les parties civiles.

Sans doute le tribunal a-t-il compris que nous ne sommes ni négationnistes, ni racistes. En effet, le décalage entre les réquisitions du Parquet et celles des parties civiles qui se sont comportées en procureurs bis et la peine prononcée, ainsi que l’Euro symbolique pour les parties civiles peuvent être interprétés comme une volonté de relativiser l’acte commis.

Néanmoins, pour nous qui combattons tous les racismes et aussi le négationnisme, ce jugement est profondément injuste car il nous assimile aux auteurs de ces actes monstrueux, ce qui est inacceptable.

Dans une telle affaire, il ne peut y avoir d’infraction que s’il y a une intention. Or, nous n’avons jamais eu l’intention de publier un tel texte, et dès que nous avons été avertis que ce texte abject était accessible en cliquant sur l’image, nous l’avons retiré sans délai, car ce texte exprime tout ce que nous rejetons.

C’est la raison pour laquelle nous avons fait appel de ce jugement, il y va de notre honneur et de notre dignité de citoyen. C’est aussi la défense de nos libertés à toutes et à tous, car le principe doit rester que notre responsabilité ne peut pas être engagée sans la preuve d’une intention coupable.

 

Saadia et Husein

Avec le soutien du Comité BDS France 34

Montpellier le 25 avril 2016




Une victoire : Mehadrin absent du salon MEDFEL pour la 3e année consécutive.

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Du 26 au 28 avril 2016, comme chaque année et depuis 2010 se tient dans cette période à Perpignan : le MEDFEL. C’est le plus important salon professionnel dédié à la filière des fruits et légumes méditerranéens. Plus de 6000 acheteurs fréquentent le salon qui accueille plus de 300 exposants ; stands, conférences, espaces de rendez-vous, restauration etc.

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Les actions répétés de la Coalition contre Agrexco avec le Collectif Palestine 66, puis du comité BDS France 66 ont fini par convaincre les organisateurs que l’entreprise Mehadrin qui a pris le relais d’Agrexco, n’était pas la bienvenue en raison de l’illégalité de bon nombre de ses produits cultivés dans les colonies israéliennes de la Vallée du Jourdain en particulier.

Ce matin un représentant du comité BDS France 66 est allé visiter le MEDFEL et a constaté que pour la troisième année constitutive il n’y avait aucune entreprise israélienne de fruits et légumes représentée. Pour s’assurer du fait il est allé à l’accueil :

  • Bonjour, je ne trouve pas le stand de l’entreprise Mehadrin, c’est une entreprise israélienne je crois…
  • L’hôtesse recherche dans ses documents et confirme : en effet cette entreprise n’est pas représentée.
  • Oui déjà l’an dernier je ne l’ai pas trouvée… mais il n’y avait pas eu un problème ?
  • Oui en effet il y a eu des manifestations de protestation et depuis elle n’est pas revenue.

On imagine facilement le sourire de contentement du militant BDS !

Aujourd’hui quand on clique sur la carte à Israël voici la réponse

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LA LUTTE PAYE !

Dès l’inauguration du salon en 2010, Israël tenait pavillon et l’entreprise Agrexco était présente. Le projet d’implantation d’un terminal fruitier dans le port de Sète destiné à accueillir 2 bateaux d’Agrexco par semaine chargés de fruits et légumes de l’apartheid était en cours. Depuis un an déjà la Coalition contre Agrexco menait campagne contre la venue de ce géant de l’agroalimentaire à Sète.

Rien d’étonnant à ce que la même Coalition soit présente au MEDFEL pour dénoncer la présence de l’entreprise coloniale Agrexco.

 

L’année suivante (2011) les organisateurs avaient mis en place un système de pré-inscription pour filtrer les interventions intempestives mais c’était compter sans la détermination et la ruse des BDS qui ont réussi à franchir les blocages.

Pour la seconde fois l’inauguration du salon était compromise en raison de la présence des entreprises criminelles israéliennes. Rappelons que l’exploitation économique des territoires occupés (palestiniens) constitue selon la IVconvention de Genève un crime de guerre.

En 2012 le système de filtrage et les fouilles systématiques à l’entrée du salon ne nous ont pas permis de rentrer mais nous avons choisis les bonnes heures d’affluence pour manifester diffuser nos tracts et appeler au boycott du stand de l’entreprise Mehadrin en raison de l’illégalité de ses produits.

Dès 2013 l’entreprise Mehadrin n’apparaissait plus dans la liste officielle des exposants même si cette année là elle était présente « en douce », pour ne plus apparaître à partir du salon 2014.




Un parti des Pays-Bas vote des sanctions contre Israël

Adri Nieuwhof

Lors de son congrès national du 16 avril, le parti libéral D66 – D pour « démocrates » – a appelé ses législateurs à promouvoir les demandes de l’Union européenne afin qu’Israël mette un terme à la construction de colonies dans les territoires occupés, ainsi qu’à d’autres violations des droits de l’homme.

La résolution de D66 – adoptée à une majorité de 75 % – stipule que, si Israël ne tient pas compte des demandes, l’accord associatif entre l’UE et Israël « pourrait être (en partie) suspendu ».

C’est la première fois, en fait, qu’un parti politique néerlandais exprime son soutien à des sanctions contre Israël en raison des violations permanentes par ce dernier de l’article 2 de l’accord entre l’UE et Israël, lequel article soumet les privilèges commerciaux à des conditions de respect des droits de l’homme fondamentaux.

D66 occupe actuellement 12 des 150 sièges à la Chambre basse du Parlement néerlandais et 10 sièges sur 75 au Sénat. Il occupe également 4 des 26 sièges des Pays-Bas au Parlement européen.

Ron Eisenmann, président du groupe de lobbying hollandais en faveur d’Israël, CIDI, n’a pas tardé à accuser D66 de sectarisme anti-juif – répétant ainsi des accusations qu’Israël et ses alliés ont fréquemment lancées à l’adresse du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

« Le monde est à feu et à sang, mais D66 adopte une motion contre Israël. On va vers deux poids deux mesures avec BDS et l’antisémitisme », a tweeté Eisenmann.

Mais la résolution de D66 est tout simplement un appel à réclamer des comptes à Israël en raison de ses violations systématiques et permanentes des lois internationales.

Des dizaines de membres du Parlement européens et 46 organisations humanitaires internationales ont également réclamé la suspension de l’accord entre l’UE et Israël en tant que moyen de pression sur Israël pour qu’il mette un terme à ses abus.

L’activisme des jeunes

La résolution, présentée par la section des jeunes de D66, a été le résultat d’une approche profonde des droits de l’homme, a déclaré Bart Vosmer, secrétaire politiques des Jeunes Démocrates, dans The Electronic Intifada.

Et d’ajouter que les Jeunes Démocrates avaient discuté des violations des droits de l’homme dans le monde et en Palestine en particulier et qu’ils en étaient venus à la conclusion que des sanctions pouvaient constituer une option afin de modifier cette situation.

En tant que parti libéral, D66 soutient le commerce, mais il veut également promouvoir les lois internationales, a expliqué Vosmer.

Il a également fait remarquer que les priorités commerciales octroyées par l’accord entre l’UE et Israël sont soumises à des conditions de respect des droits de l’homme.

L’appel en vue de la suspension de l’accord a donné lieu à un débat très animé, au cours duquel le parti a même été accusé de vouloir « isoler » Israël.

Mais Vosmer a répondu que les Jeunes Démocrates avaient infirmé cette allégation en disant que les violations par Israël des droits de l’homme duraient depuis de nombreuses années et que de très nombreux rapports et preuves le confirmaient.

Les Jeunes Démocrates, qui comptent 5 500 membres, constituent l’un des plus importants mouvements de jeunes des Pays-Bas. Il recherchera la coopération avec des organisations européennes sœurs afin de réaliser son objectif.

En attendant, les libéraux ont posé un exemple à l’adresse du Parti de la gauche écologique et du Parti socialiste, les deux principaux partis hollandais de gauche, qui vont devoir eux aussi adopter une position tranchée du même genre.


Publié le 18 avril 2016 sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal

adrinieuwhofAdri Nieuwhof est une avocate des Droits de l’Homme, installée en Suisse et collaboratice de l’Electronic Intifada. Vous trouverez d’autres articles du même auteur sur ce site.




BDSFrance34 solidaire des prisonniers palestiniens et présent à Nuit Debout

Samedi 23 avril 2016, le Comité BDS France 34 était présent place de la Comédie. Les drapeaux palestiniens flottaient fièrement pendant que Camille au micro dénonçait le système d’emprisonnement massif des Palestiniens par Israël. Nous avions commencé notre stand à 16h de façon à tuiler avec Nuit debout dont l’AG commençait à 18H. AG à laquelle la porte parole du Comité est intervenue pour présenter le BDS.

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Après l’action de boycott des produits illégaux chez LIDL la semaine dernière, le comité avait décidé de commémorer la « journée des prisonniers Palestiniens » (17 avril) en expliquant aux montpelliéraines -nes la gravité et l’illégalité de ces détentions massives d’hommes, femmes et même enfants.

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De nombreuses personnes ont écouté attentivement les explications pendant que d’autres se pressaient au stand pour signer les pétitions, acheter les brochures et s’informer sur nos activités. Une trentaine de personnes ont laissé leurs coordonnées.

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Vers 18h l’AG de Nuit Debout qui se tenait juste à côté de notre stand a commencé et notre porte parole y est intervenue. Malheureusement 2 mn c’est vraiment très court!!

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La bataille du boycott d’Israël gagne du terrain

Article de l’Agence France Presse

NDLR : Contrairement à ce qu’affirme l’auteur de l’article, la campagne BDS n’est pas interdite en France. La confirmation en octobre 2015, par la Cour de cassation, de la condamnation de militants qui avaient mené une opération de boycott de produits israéliens, est loin d’avoir force de loi. Elle est contredite par d’autres jugements, et les militants condamnés viennent de porter un recours auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.

 

Quand le bruit a couru que la firme de cosmétiques Ahava se retirait de Cisjordanie occupée, les Israéliens se sont alarmés d’une décision prise sous la pression tandis que les militants du boycott ont crié victoire.

La société israélienne, qui exporte boues et crèmes à base de sels et minéraux de la mer Morte, a indiqué en mars qu’elle installait une usine supplémentaire en Israël sans toutefois confirmer qu’elle fermait son entreprise en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis près d’un demi-siècle par l’Etat hébreu.

Malgré ce flou, c’était déjà un succès pour les militants de BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Depuis qu’ils ont lancé leur campagne –qui appelle au boycottage des produits israéliens mais aussi des relations culturelles ou académiques avec Israël tant que durera l’occupation–, elle semble aujourd’hui franchement décoller.

Ce mouvement est né il y a dix ans en Cisjordanie où plus de 2,8 millions de Palestiniens vivent en tension permanente avec 600.000 colons israéliens dont la présence est considérée comme le principal obstacle à la paix par la communauté internationale, qui rappelle régulièrement que ces constructions –fortement subventionnées par l’Etat hébreu– sont illégales.

Depuis, BDS s’est invité dans les tribunaux, les universités et même les Parlements à Paris, Londres ou aux Etats-Unis.

Ses soutiens font valoir que des entreprises ont quitté sous sa pression la Cisjordanie, comme l’entreprise israélienne de boissons SodaStream en 2015. Le géant britannico-danois de la sécurité G4S, lui, s’est même retiré d’Israël.

‘Menace stratégique’

Des entreprises en Cisjordanie se targuent pourtant de s’agrandir, faisant fi du boycott mais aussi de l’Union européenne qui a décidé d’étiqueter comme tel les produits originaires des colonies des Territoires occupés.

Quoi qu’il en soit, Israël assure prendre BDS au sérieux et a débloqué cette année 31 millions de dollars pour lutter contre cette campagne, qui constitue une «menace stratégique» selon des dirigeants israéliens.

Le ministre des Affaires stratégiques Gilad Erdan a récemment dit vouloir «torpiller en temps réel BDS et même avoir une longueur d’avance sur lui».

De son côté, BDS dit s’inspirer de la lutte anti-apartheid des années 1980 et dément formellement des accusations d’antisémitisme formulées par ses détracteurs.

«Ils ne peuvent pas répondre avec leurs outils traditionnels, (nous) accuser d’être terroriste ou financé par des terroristes parce que le monde peut facilement voir que ce n’est pas vrai», affirme à l’AFP Jamal Jouma, membre du Comité exécutif du BDS à Ramallah. «Donc ils tentent de criminaliser le mouvement à l’international» en le taxant d’antisémitisme.

L’ONG israélienne Goush Shalom, qui milite contre l’occupation, affirme qu’une myriade d’entreprises ont quitté la Cisjordanie ces dernières années et que même les petites compagnies sont maintenant sous pression.

Mais certains assurent qu’ils ne plieront pas. Yaakov Berg, qui produit chaque année 250.000 bouteilles de vin Psagot dans le territoire occupé, dit avoir refusé des offres de plusieurs millions de dollars parce que ses investisseurs lui demandait de se relocaliser en Israël. «Je ne partirai jamais d’ici», affirme-t-il.

Impact limité

Globalement, l’impact sur l’économie israélienne reste limité. Les colonies ne comptent que pour 2 à 3% du commerce israélien et selon le Conseil Yesha, qui représente les colons, elles accueillaient 890 usines en 2015 contre 680 en 2011.

Mais, note Ofer Zalsberg de l’International Crisis Group, de grosses entreprises qui auraient volontiers investi dans les colonies il y a encore cinq ans y réfléchissent désormais à deux fois.

Et pour Israël, la crainte aujourd’hui, c’est que BDS fasse changer les règles du jeu, assure M. Zalsberg.

L’Etat hébreu redoute notamment des mesures qui pourraient aller jusqu’à exclure les colons des procédures d’obtention automatique de visas vers les Etats européens dont bénéficient les Israéliens.

Ben-Dror Yemeni, journaliste israélien, mène campagne contre BDS mais reconnaît que «pour l’instant, la bataille se joue au niveau des opinions publiques occidentales et les militants BDS pourraient la gagner».

«C’est tellement facile de vendre cette propagande anti-Israël», juge-t-il.

Israël préfère donc miser sur la voie judiciaire. 40 avocats planchent depuis deux ans sur une stratégie, rapporte Ron Lauder, qui dirige le Congrès juif mondial. «Sur le front juridique, nous sommes gagnants», s’est-il récemment félicité.

La stratégie a porté des fruits: la France a interdit BDS en octobre et sept Etats américains ont adopté des résolutions le condamnant. Le Parlement canadien s’est aussi exprimé en ce sens.

Mais ces restrictions ne découragent pas le mouvement pro-boycott, qui promet de maintenir la pression sur Israël.

Article repris dans plusieurs médias :

 




Action BDS à Saint Etienne le 16 avril 2016

A Saint-Etienne le 16 avril dernier, nous étions plus de 20 à demander à Lidl d’arrêter de vendre les produits Mehadrin de l’apartheid israélien.
De nombreuses personnes ont accepté de signer la pétition appelant Lidl à stopper ce commerce immoral avec Israel, tant que cet état persistera dans la colonisation et l’apartheid.
Un remerciement chaleureux à l’équipe Nuit Debout Sainté qui a participé à cette action avec nous !
La convergence des luttes est en marche 😉
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Stop aux produits de l’apartheid israélien chez LIDL

SAMEDI 16 AVRIL JOURNÉE NATIONALE D’ACTION CONTRE L’APARTHEID ISRAÉLIEN CHEZ LIDL ET COMMÉMORATION DE LA JOURNÉE NATIONALE DES PRISONNIERS

« Je suis client de Lidl,
je REFUSE de voir des PRODUITS ILLÉGAUX ISRAÉLIENS dans vos rayons
et vous demande de RETIRER VOTRE PLAINTE contre les militants BDS ! »

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ACTIONS DANS DEUX MAGASINS LIDL QUI ONT DÉPOSÉ PLAINTE CONTRE LE COMITÉ BDS FRANCE 34

Actions pour demander que LIDL cesse le commerce des produits illégaux avec l’entreprise israélienne Mehadrin.

Malgré de nombreuses interventions expliquant que les produits de cette entreprise sont des produits illicites et frauduleux non seulement LIDL continue de les distribuer mais maintenant il poursuit en justice les militants qui osent dénoncer la fraude et les violations du droit.

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Selon la IV convention de Genève, l’exploitation économique des territoires illégalement occupés (les colonies) par Israël constitue un crime de guerre. Les entreprises, dont Mehadrin, qui cultivent ces fruits et légumes dans les colonies devraient être jugées pour crimes de guerre et leurs produits saisis et interdits de pénétrer sur le sol européen.

De plus pour ne pas payer les taxes douanières les entreprises israéliennes étiquettent les produits des colonies « made in Israël », ce qu’ils n’ont évidemment pas le droit de faire. Seule l’Autorité Palestinienne peut étiqueter les produits cultivés sur son territoire.
Voilà ce que les militants expliquent aux clients devant le magasin.

Pour montrer à la direction que les clients sont solidaires de l’action BDS, on leur remet un bulletin à l’entrée afin qu’ils le laissent aux caisse. 145 papillons de solidarité avec BDS et contre les plaintes de LIDL ont été remis aux caisses des deux magasins ce samedi.

Par ailleurs une militante se présentant comme une employée de LIDL appelait avec dérision à acheter les bons produits pas cher de l’apartheid….

 


Les militants BDSF34 sont restés une heure environ au Lidl
Cévennes et 1h 15 au Lidl de Celleneuve. 200 tracts ont été distribués,
145 papillons remis aux caisse des magasins par les clients.

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Une majorité écrasante d’entre eux a témoigné son soutien et sa
solidarité avec la campagne BDS et demande instamment à Lidl de changer
sa politique d’achat et de management !

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Iran, Israël : vers un Moyen-Orient sans armes nucléaires ?

En cette « journée de la terre en Palestine », plus de 60 personnes ont assisté le 30 mars 2016 à la conférence de Patrice Bouveret [1] à Clermont-Ferrand.

Cette conférence était organisée dans le cadre de l’Appel du 26 avril de la Compagnie théâtrale Brut de béton production [2], en partenariat avec AFPS 63, Puy-de-Dôme Nature Environnement, ATTAC 63, LDH 63 et Amis du Temps des Cerises, et accueillie dans la salle Conchon, avec le soutien de la municipalité de Clermont-Ferrand.

La vidéo de la conférence est aussi accessible ici : https://amistempsdescerises.wordpress.com/2016/04/05/un-moyen-orient-sans-armes-nucleaires-patrice-bouveret/

 

Patrice Bouveret a rappelé les responsabilités de la France dans le développement des capacités nucléaires de l’État d’Israël, dès sa création en 1948. La France a été le premier partenaire militaire d’Israël de 1950 à 1967. Des ingénieurs israéliens étaient présents en Algérie durant tous les essais nucléaires français, jusqu’à ce que De Gaulle y mette un terme pour garantir l’autonomie de la France dans ce domaine. Puis il mit en place un embargo sur la coopération militaire, suite à la guerre de 1967, qui sera progressivement aboli sous Mitterrand.

L’Afrique du Sud, à l’époque de l’apartheid, a fourni de l’uranium et mis à disposition ses zones désertiques pour probablement au moins un essai israélien. Les États-Unis ont aussi fourni un réacteur nucléaire civil et de l’aide technique (avec un frein sous Kennedy qui voulait garder le monopole US). Plus récemment l’Allemagne a fourni plusieurs sous-marins permettant de lancer des têtes nucléaires (une tête miniaturisée a plus de 10 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima).

Le nucléaire israélien est opérationnel depuis les années 70, avec actuellement un stock d’au moins 80 têtes (pour comparaison, la France aurait environ 300 têtes). Des enjeux nucléaires ont été présents dès les guerres de 1967 et de 1973. La stratégie israélienne est toutefois de rien révéler ni reconnaitre sur son potentiel nucléaire, sur son obtention, sur les risques de cette course aux armes de destruction massive, tout en ne signant pas le Traité de non-prolifération depuis 1970 (comme l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord) afin que les États-Unis continuent à les soutenir. Cette non reconnaissance leur évite en outre d’être poursuivis ou inspectés, et d’avoir à participer à des négociations sur le désarmement nucléaire.

Une utilisation de l’arme nucléaire détruirait une grande partie du Moyen Orient et serait suicidaire du fait des retombées radioactives inévitables sur le territoire israélien. Mais Israël poursuit la modernisation de son arsenal nucléaire, sans qu’aucune sanction ne soit prise à son encontre par la communauté internationale. Au contraire, plusieurs États, dont la France, contribuent à soutenir l’industrie militaire d’Israël.

Les ambitions nucléaires d’autres États de la région (Syrie, Irak, Égypte, Arabie saoudite, Iran) n’ont pas abouti à ce jour. Si on veut vraiment mettre un coup d’arrêt à la prolifération nucléaire au Moyen-Orient, il faut sortir du deux poids deux mesures. Pourquoi Israël a droit à la bombe et pas les autres ? Poser cette question souligne toute l’absurdité de l’attitude actuelle, car ce qui alimente la prolifération et le risque d’une guerre nucléaire dans cette région du monde est bien la possession par Israël de cette arme de destruction massive.

Et si aujourd’hui un accord a été trouvé avec l’Iran, sans la mise en route d’un processus de négociation pour une zone au Moyen-Orient sans armes de destruction massive, demain ce sera au tour d’un autre pays — Arabie saoudite, Égypte… — de vouloir se doter de l’arme nucléaire, au minimum d’en maîtriser toutes les technologies, de devenir pays du seuil selon la terminologie en usage.

Un tel processus est en discussion au sein des Nations Unies depuis… 1974 ! Mais il est bloqué par le Conseil de sécurité (où siègent les 5 grandes puissances nucléaires, États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine) et il manque une réelle volonté politique qui ne pourra être obtenue que par une importante mobilisation citoyenne. La résistance de la société civile à la nucléarisation s’est toutefois ralentie depuis la fin du 20ème siècle.

Le débat suite à la conférence a été très animé et très riche : qui a la bombe H ? ; armes nucléaires tactiques (non adaptées à la géographie du Proche Orient) ; bombe à neutrons ? ; utilisation des armes à uranium appauvri (et notamment leur utilisation catastrophique en Irak) ; risque de dissémination de matières fissiles et de déchets nucléaires, utilisables pour des « bombes sales » par des groupes terroristes ; possibilités d’attaques terroristes armées ou informatiques sur les centrales nucléaires ; développement de la guerre électronique, et des drones, notamment par les USA et Israël ; développement et commerce lucratif de nouvelles armes de guerre urbaine testées sur les Palestiniens, notamment à Gaza ; multiplication des guerres conventionnelles dans les pays pauvres sur fond de « paix armée » entre les pays riches ou puissants ; poids du nucléaire dans la présidentialisation de notre régime politique, qui freine une gestion démocratique ; comment les sociétés civiles pourraient imposer à leurs gouvernants de travailler sur la prévention des conflits et sur des stratégies défensives, plutôt que de poursuivre la fuite en avant sur les armes offensives et les conquêtes néo-coloniales.

En conclusion, ce sombre état des lieux renforce la nécessité de la lutte non-violente de soutien aux Palestiniens, notamment par le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions, dont la prochaine action à Clermont-Ferrand a été annoncée pour le 2 avril.

[1Patrice Bouveret, journaliste, co-fondateur et actuel directeur de l’Observatoire des armements, centre d’expertise indépendant crée en 1984 à Lyon (69). Notre objectif est d’étayer les travaux de la société civile sur les questions de défense et de sécurité et ce, dans la perspective d’une démilitarisation progressive. L’Observatoire intervient sur deux axes prioritaires : le contrôle des transferts et de l’industrie d’armement ; l’élimination des armes nucléaires.

[2APPEL du 26 avril : Il est temps que les individus éclairés de notre temps, conscients de l’imminence d’une nouvelle catastrophe nucléaire civile ou/et militaire, aient du courage et se lèvent. /…/ Le 11 mars 2016 sera la journée de commémoration (5 ans après) du début de la catastrophe de Fukushima et le 26 avril (30 ans après) celle du début de la catastrophe de Tchernobyl. /…/ Qu’une insurrection des artistes, intellectuels et scientifiques convainque les citoyens d’en finir avec notre avenir contaminé par la radioactivité. Et que mille spectacles, livres, tableaux, ballets, concerts, reportages, bals, colloques, carnavals, poèmes, expositions et recherches s’épanouissent. (http://www.brut-de-beton.net./appel.php )

 




BDS : manif et Nuit Debout à Clermont-Ferrand, 9 avril

nuit debout clermont 2 Trois militant-e-s AFPS 63 et BDSF 63 ont distribué environ 1.000 tracts « Liberté d’expression et droit au boycott » durant la manifestation du 9 avril (près de 3.000 personnes) contre le projet de loi sur le travail. Puis, à l’arrivée de la manifestation, vers 17h, une dizaine d’entre elles/eux ont installé un stand place de Jaude à proximité du podium installé pour Nuit Debout Clermont-Ferrand (https://www.facebook.com/events/984786428264739/?active_tab=posts ).

(http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/2016/04/10/nuit-debout-fait-converger-les-militants-et-les-luttes-a-jaude_11864729.html )

Le stand, sous un barnum et une banderole BDS bien visible « Pas de produits de la colonisation », et entouré de 4 drapeaux palestiniens, proposait des tracts, des brochures, des t-shirts « Boycott Israël Apartheid » (3 vendus), des badges « Palestine » et 3 pétitions à signer.

Un militant AFPS-BDSF est intervenu au cours de la première AG des participants (près de 300 personnes) pour expliquer la participation des militants BDS à cet événement de convergence des luttes, et appeler à la liberté de porter le t-shirt « Boycott Israël Apartheid » qu’il portait, avec de nombreuses approbations dans l’assistance. Il est ensuite intervenu sur la situation en Palestine, sur le mouvement BDS palestinien et en France, sur la jeunesse, dans une émission en direct au siège voisin de Radio Campus (http://www.campus-clermont.net/onair/podcast/player/?date=2016-04-09&time=18 de 18h54 à 19h06 et de 19h28 à 19h33) puis, à nouveau, devant plus de 500 personnes qui allaient assister vers 21h sur la place de Jaude à la projection du film « Merci patron », et dont certains ont crié « Vive la Palestine ».

Notre stand a reçu, jusque vers minuit, de nombreux visiteurs/teuses, participant à Nuit Debout, ou simples passants sur cette place du centre ville, attirés par notre banderole.  Plus de 100 signatures des pétitions ont été recueillies, ainsi que beaucoup d’encouragements, et des contacts pour recevoir nos informations sur nos prochaines actions.

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Déclaration d’Amnesty International contre les menaces visant Omar Barghouti et les militant-e-s BDS

Israël doit protéger les défenseurs des droits humains

Un soldat israélien dans la Vieille ville d’Hébron © Jacob Burns/Amnesty Interna

Un soldat israélien dans la Vieille ville d’Hébron © Jacob Burns/Amnesty International

[15/04/2016]

Arrestations et détentions arbitraires, blessures, actes de torture, restrictions imposées aux associations: les actes d’intimidation et attaques à l’encontre des défenseurs des droits humains se multiplient en Israël et dans les territoires occupés.

Les actes d’intimidation du gouvernement israélien ainsi que les attaques et menaces imputables aux colons se multiplient. Cette escalade a créé un environnement de plus en plus dangereux pour les personnes qui défendent les droits humains en Israël et dans les territoires palestiniens occupés. Les droits de la population palestinienne à la liberté d’expression et d’association dans les territoires palestiniens occupés sont régulièrement violés. Des initiatives législatives récentes affectent de plus en plus les juifs israéliens qui critiquent le gouvernement et ses pratiques.

INTIMIDATION D’OMAR BARGHOUTI

Au cours d’une conférence anti- BDS qui s’est tenue le 28 mars 2016 à Jérusalem, des ministres israéliens ont lancé des appels évoquant des menaces, y compris de violences physiques à l’encontre des militants du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS). Ces propos font craindre pour la sécurité et la liberté d’Omar Barghouti, défenseur palestinien des droits humains, ainsi que d’autres militants du mouvement.

Omar Barghouti, cofondateur et porte-parole de BDS, fait campagne pour qu’Israël ait à rendre des comptes pour les violations des droits humains, entre autres violations du droit international. Il préconise le recours à des moyens non violents à cette fin. Il a été personnellement attaqué dans des commentaires et des déclarations faites par des participants à la conférence, dont des ministres, qui l’ont décrit comme une menace à éliminer.

Une déclaration particulièrement alarmante a été faite par le ministre des Transports, du Renseignement et de l’Énergie atomique, qui a appelé Israël à s’engager dans des « éliminations civiles ciblées » de leaders du BDS avec l’aide des services de renseignement israéliens. Cette expression évoque les « assassinats ciblés », un terme qui décrit la politique israélienne prenant pour cible les membres de groupes armés palestiniens. D’autres ministres ont qualifié de menaces les  les militants du BDS et appelé à leur faire « payer le prix » de leur action, avant d’expliquer que cela ne signifiait pas des « violences physiques ». Le ministre de l’Intérieur, a déclaré envisager de retirer le statut de résident permanent en Israël d’Omar Barhouti et de le priver du droit de voyager librement. Celui-ci  a confié à Amnesty International être très inquiet pour sa sécurité et celle de sa famille.

LES MENACES DE MORT CONTRE IMAD ABU SHAMSIYEH

Le 24 février 2016, Imad Abu Shamsiyeh, un habitant palestinien de Hébron, a filmé l’exécution extrajudiciaire présumée d’Abed al Fatah al Sharif par un soldat israélien. La vidéo a été diffusée par l’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem, ce qui a entraîné l’arrestation du soldat, qui fait l’objet d’une enquête. Depuis la diffusion de la vidéo Imad Abu Shamsiyeh a reçu des menaces de mort proférées par des Israéliens vivant dans les colonies illégales voisines, et par le biais d’appels téléphoniques et de messages. Des colons israéliens ont également jeté des pierres sur sa maison. Cet homme avait déjà été attaqué à maintes reprises par des colons israéliens vivant à proximité de son domicile, à titre de représailles parce qu’il recueillait des informations sur les atteintes aux droits humains. Le Palestine News Network a également signalé que des soldats israéliens avaient fait une descente à son domicile dans la nuit du 29 mars, officiellement pour vérifier l’identité de défenseurs locaux et étrangers des droits humains qui vivaient chez lui à la suite des menaces

MENACES DE MORT CONTRE LE PERSONNEL D’AL HAQ

Al Haq est l’une des ONG palestiniennes de défense des droits humains les plus éminentes et respectées. Ces derniers mois, elle a été la cible – ainsi que d’autres ONG palestiniennes- d’une campagne continue visant à porter atteinte à son travail au moyen d’appels téléphoniques et de courriels anonymes. En février et en mars 2016, un membre du personnel d’Al Haq ainsi que le directeur de l’ONG ont reçu des menaces de mort  directement liées à l’action de l’organisation auprès du Tribunal pénal international (TPI) de La Haye.

Liberté d’expression partout ! Les jeunes de la Lucha en RDC sont des prisonniers d’opinion : ils doivent être libérés SIGNEZ

L’ARRESTATION ET L’EMPRISONNEMENT DE MANIFESTANTS PACIFIQUES

Les autorités israéliennes ont arrêté de manière arbitraire Issa Amro et Farid al Atrash, défenseurs palestiniens des droits humains, à la suite d’une manifestation pacifique à Hébron le 26 février 2016 pour réclamer la levée des restrictions discriminatoires imposées dans la ville. Les deux hommes ont été inculpés par un tribunal militaire et remis en liberté par la suite

Ils avaient organisé une manifestation non violente pour commémorer les 22 ans de la fermeture pour la première fois par les autorités israéliennes de la rue al Shuhada (rue des Martyrs) dans la Vieille ville, et réclamer la levée des restrictions discriminatoires. Les forces israéliennes ont réagi en utilisant une force excessive et ont tiré des grenades assourdissantes et lacrymogènes sur la foule.

Lire aussi : Escalade de la violence en Israël et dans les territoires palestiniens occupés

UNE PARLEMENTAIRE EMPRISONNÉE

Khalida Jarrar, parlementaire palestinienne et défenseure des droits humains, a été condamnée, le 6 décembre 2015, à 15 mois d’emprisonnement à l’issue d’un procès inique devant un tribunal militaire. Ses avocats ont affirmé que les autorités n’avaient fourni aucun élément de preuve étayant leurs accusations.

UNE ORGANISATION DE SOLDATS DANS LE VISEUR DES AUTORITÉS

Breaking the Silence est une organisation israélienne établie par des soldats israéliens pour informer le public israélien sur les pratiques de l’armée dans les territoires palestiniens occupés, y compris celles qui sont abusives ou criminelles. Depuis décembre 2015, cette organisation fait l’objet d’une campagne gouvernementale concertée visant à nuire à ses activités. Le ministre de la Défense, Moshe Ya’alon, a interdit, le 14 décembre, à Breaking the Silence de s’entretenir avec des soldats israéliens. Cette mesure a été suivie, le 15 décembre, d’une interdiction par le ministre de l’éducation de parler à des lycéens. Les deux ministres ont affirmé que l’organisation répandait des « mensonges » contre l’armée, bien qu’aucune preuve de fabrication n’ait jamais été trouvée dans les témoignages qu’elle publie.

Le ton particulièrement violent et la fréquence des invectives proférées par les plus hauts responsables gouvernementaux contre Breaking the Silence est en contradiction totale avec leurs responsabilités et semble avoir pour objectif d’intimider l’organisation et de dissuader les soldats de parler avec ses représentants.

LES TEXTES LÉGISLATIFS ISRAÉLIENS VISANT À RESTREINDRE LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

Les autorités israéliennes ont adopté ces dernières années un certain nombre de lois qui restreignent l’espace d’opposition aux politiques et aux actes du gouvernement. Citons, entre autres, les lois qui privent de financement public les organisations qui commémorent la nakba (catastrophe) – déplacement forcé massif des Palestiniens au moment de la création d’Israël en 1948 – et qui érigent en « délit civil » l’appel au boycott par une institution ou un citoyen israélien d’institutions ou d’entreprises israéliennes en réponse à l’occupation israélienne ou aux colonies illégales.

Des textes législatifs en instance semblent avoir pour objectif de restreindre la liberté d’expression et d’association. Le 24 février, le ministère israélien de la Justice a donné son approbation préliminaire au projet de loi de « loyauté culturelle » qui, s’il est adopté, accordera au gouvernement le pouvoir de retirer à titre rétroactif le financement d’activités culturelles « contraires aux principes de l’État ». Le 10 février 2016, celle-ci a adopté en première lecture le « projet de loi sur la transparence des ONG » qui impose de nouvelles exigences de rapports sur les financements des organisations dont plus de 50 % des fonds proviennent de gouvernements étrangers. Ceci pénaliserait la plupart des organisations israéliennes qui examinent les violations des droits humains commises en Israël et dans les territoires palestiniens occupés, ou qui sont opposées à l’occupation.

Des groupes israéliens de défense des droits humains ont fait valoir que cette loi était injuste et discriminatoire car ils doivent déjà révéler leurs sources de financement et que ce texte n’a pas d’incidence sur la très grande majorité des ONG pro-gouvernementales dont le financement provient essentiellement de sources privées (et qui sont soumises à moins d’exigences de rapports).

Source:

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression/Actualites/Israel-doit-proteger-les-defenseurs-des-droits-humains-18155




Appel juif pour le BDS

PÉTITION ADRESSÉE À : Manuel Valls, Premier ministre

Pour signer la pétition

La guerre menée par l’État d’Israël contre le peuple palestinien n’est ni raciale, ni religieuse, ni communautaire : c’est une guerre coloniale.

Depuis des décennies, le peuple palestinien subit l’occupation, la colonisation, le blocus, la fragmentation, la négation de tout droit, l’emprisonnement massif, les destructions de maisons, les exécutions extrajudiciaires, le vol de la terre et de l’eau, les pires discriminations…

Le fait d’être juif/ve n’implique aucune obligation d’allégeance à Israël ni à sa politique criminelle.

Je suis juif/ve et avant tout attaché-e aux droits, aux libertés et à la justice pour tous.

A ce titre, j’appelle :

  • à boycotter Israël parce le crime prétend se faire en mon nom. Je refuse que le peuple palestinien paie pour des crimes (l’antisémitisme, le génocide nazi) commis par les sociétés européennes.
  • à boycotter Israël parce que les dirigeants occidentaux sont complices de la politique israélienne et que, sans sanctions, le rouleau compresseur colonial se poursuivra.
  • à boycotter Israël parce que je suis fidèle à une longue tradition de Juifs/ves considérant que la lutte pour leur émancipation et contre l’oppression qu’ils/elles ont subie est indissociable de la lutte pour l’émancipation de l’humanité.
  • à boycotter Israël parce que la politique de ce pays n’est pas seulement criminelle contre les Palestiniens, elle met sciemment les Juifs/ves en danger.
  • à boycotter Israël pour les mêmes raisons qu’on a boycotté I’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid.
  • à boycotter Israël parce que la situation faite au peuple palestinien viole les droits humains les plus fondamentaux et qu’elle doit cesser. C’est le peuple palestinien qui a lancé cet appel au BDS et les anticolonialistes israéliens nous adjurent de boycotter leur pays.

Je refuse la justice d’exception qui veut criminaliser le BDS et museler la solidarité envers les droits des Palestinien-ne-s.

Pour signer la pétition

Premiers signataires :

Eitan Altman
Eliane Bennarosh
Rony Brauman
Sonia Dayan-Herzbrun
Sonia Fayman
Georges Federmann
Gisèle Felhender
Jean-Guy Greilsamer
Georges Gumpel
Éric Hazan
Samy Johsua
Marcel-Francis Kahn
Hubert Krivine
Laurent Lévy
Daniel Lévyne
Gus Massiah
Jean-Claude Meyer
Maurice Rajsfus
André Rosevègue
Catherine Samary
Michèle Sibony
Pierre Stambul

Puis :

Pierre Abécassis, Danièle Abramovici, Houria Ackermann, Diane Adam, Estrella Amselem-Goulpeau, Georges Auspitz, Dani Awa, Valérie Barki, Bénédicte Bauret, Claudie Baykov, Michèle Beltizer-Kaufski, Déborah Benarrosch, Patrick Benattar, Maxime Benatouil, Léa Benhaim, Sarah Benichou, Andrée Bensoussan, Belinda Benzelikha, Piotr Berkman, Jean-Louis Berneman, Liliane Bernhardt, Michèle Bielinski, Suzanne Bigonski, Michel Bilis, Rudolf Bkouche, Isabelle Bloch, Cath Blot-Zweig, Pierre Bochet, Jocelyne Bof, Corine Boksenbaum, Leila Bon-Paparelas, Richard Borenstein, Pessi Borrell, Christiane Botton, Nathan Boumendil, Valérie Brulant, Jacques Bude, Kurt Brainin, Danae Bravarski, Nicolas Burki, Valérie Cabanne, José Camus, Paola Canarutto, Jean-Marc Capallero-Rabinovitz, Thierry Caruana, Noëlle Cazenave-Liberman, Elsa Cernogora, Patrick Chailonick, Gérard Chaouat, Bernard Chapnik, Monique Clamens, Alain Cohen, Dred Cohen, Fabien Cohen, Viviane Cohen, Liliana Cordova-Kaczerginski, Marc Cramer, Léon Crémieux, Annie Cyngiser, Jonathan Daitch, Eléonore Darmon, Gabriel Darmon, Joss Dray, Serge Elbilia, Marie Elhaimer, Joëlle Ellert, Emmeline Fagot, Sarah Faik, Daniel Felhendler, Naomi Fink, Lisa Forman, Angéline Forster, Giorgio Forti, Carl Freeman, Sabah Gaier, Jean-Louis Gass, Dominique Geiger, Eve Geissler, Henri Goldman, Huguette Gonçalvès, Armand Gorintin, Lona Goudswaard, Claude Grunspan, Jeanine Guebhardt, Michel Guichaoua, Arlette Hamon, Dominique Hamon, Sam Hass, Gilles Helft, Georges Hicter, Bernard Hild, Catherine Hivert, Francis Houart, Jean-Marc Izrine, Nicole Kahn, Claudine Katz, Sarah Katz, Alfred Kaufman, Natascha Keijsers, Lionel Khelifi, Martine Kleinberg, Christian Klowskowsky, Hélène Korb, Françoise Kowal, Jacqueline Krings, Catherine Kulgowski, Jacqueline Laksander, Camille Lakser, Iwan Lambert, Daniel Lartichaux, Florence Lédérer, Thérèse et Alexandre Lederman, Nicole Lefeuvre, Fabienne Lévi, Emmanuelle Lévy, Adeline Liebman, Daniel Lobato, Joseph Maatouk, Monique Marconis, Alain Marcu, Joelle Marelli, Maurice Margenstern, Jean-François Marx, Sonia Marzo, Véronique Marzo, Claude Mawas, Franck Mérat, Fabienne Meslem-Oréfice, David Michalska, Danielle Michel, Vivien Mierzejewski, Gabriel Mifsud, Yoram Moati, Henri Montalbano, Odile Montalvo, Marie-Françoise Monteil, Viviane Montias-Baruch, Micheline Morisi, Maarten Muskens, Anne-Marie Natanson, Dominique Natanson, Anouk Nathan, Josiane Olff-Nathan, Perrine Olff-Rastegar, Martine Olff-Sommer, Tony Orengo, Béatrice Orès, Henri Osinski, Marie-France Osinski, Valérie Osouf, René Ouazana, Shirly Paklak, Valérie Peter, Thomas Petit-Pszenny, Alain Pire, Claire Portnoy, Jenny Prager, Léon Pulvermacher, Sylvie Rabie, Michèle Rahem, Michèle Rajnchapel-Granat, Jocelyne Rajnchapel-Messaï, Jocelyne Rack, Michal Raz, Evelyne Reberg, Suzanne Rosenberg, Olivier Rubens, Michel Ruff, Jonathan Ruff-Zahn, Elie Saïd, Christine Salomon, Dominique Salomon, Eric Samochwal, Sylvie Schneider, Noémie Schonker, Danièle Schulmann, Pablo Seban, Joelle Sedran, Elias Seidowsky, Fausto Serakowski, Jean-Noël Sfeir, Tali Shapiro, Eyal Sivan, Claude Smith, Béatrice Stambul, Michel Staszewski, Irène Steinert, Ester Stekelberg, José Stérenzy, Sacha Stern, Paul Sztulman, Pierre Tchérukine, Noëlle Teffri, Isabelle Tessaro, Danièle Touati, Marie Trevisan, Jean-Marc Turine, Daniel Ullmann, Martine Ullmann, Josiane Usai, Dominique Ventre, Michel Vescovi, Roland Vignis, Joseph Vitagliano, Monika Vykoukal, Richard Wagman, Mady Wajnblum, Fanny Walberg, Laura Watermann, Josette Wehrstedt, Guillaume Weill, Laurent Weill, Véronique Weinberger, Suzanne Weiss, Gérard Weissenstein, Abraham Weitzfeld, Raymond Wofsy, David Yana, Myriam Zémour, Jean-Pierre Zemmour, Robert Zimmerman …

Pour signer la pétition

Signez, faites signer, diffuser dans vos réseaux , partager cette pétition, pour qu’une voix juive pour la justice et l’égalité des droits se fasse entendre plus fortement.


Informations complémentaires : 

- Plus de 1600 signataires le 6 avril.
- Cet appel est paru dans le journal l’Humanité du 4 avril page 15 et dans son édition numérique : http://www.humanite.fr/appel-juif-pour-le-bds-603628




Action BDS chez RCF Lyon : L’office du tourisme d’Israël n’est pas le bienvenu à Lyon !

rcm2-250rcmCarte-c3cf0RCF Lyon (Radio Chrétienne Francophone) organisait une rencontre, ce mardi 5 avril, sur le thème ‘’Le pèlerinage en Terre Sainte aujourd’hui’’ et ce en présence de la Directrice Générale et du Directeur de la Communication de l’Office du Tourisme d’Israël.

Les militants de la campagne BDS se sont « invités » aux festivités afin de rappeler la situation faite aux palestiniens, tracts (voir ci-dessous) affichettes ; l’Apartheid israélien fut à nouveau dénoncé avec force. Surpris, les organisateurs et la forte délégation israélienne furent quelques peu nerveux, voire agressifs. Les militants BDS sereins et pacifiques, comme à leur habitude, calmèrent les ardeurs parfois belliqueuses.

Ils dénoncèrent « l’office du tourisme » comme instrument de propagande ! A cet égard, la carte d’Israël sur leur site (voir ci dessous ) est éloquente : annexion totale de la zone C de 60% de la Cisjordanie et annexion du Golan !

BDS sera là chaque fois que nécessaire face aux ambassadeurs de l’Apartheid.

TRACT DIFFUSE

L’office du tourisme d’Israël n’est pas le bienvenue à Lyon ! …Tant que les Palestiniens qu’ils soient chrétiens, musulmans … ou non religieux… vivent sous apartheid et occupation

Le Pape devant le mur de l'apartheid (mai 2014)

RCF Lyon (Radio Chrétienne Francophone ) invite à une rencontre, ce mardi 5 avril, sur le thème ‘’Le pèlerinage en Terre Sainte aujourd’hui’’ et ce en présence de la Directrice Générale et du Directeur de la Communication de l’Office du Tourisme d’Israël.

Occasion pour nous de rappeler qu’il ne peut y avoir de relations normalisées avec l’État d’Israël et ses missi dominici. Les pèlerinages doivent être l’occasion de rappeler, et de toucher du doigt, la violence faite aux palestiniens. L’invitation de représentants officiels d’un Etat qui ne respecte en rien les droits humains, est une insulte aux victimes et un encouragement pour Israël à poursuivre sa politique.

- Rappelons que les Palestiniens de Gaza vivent toujours dans les décombres occasionnés par Israël durant l’été 2014 et sous un siège qui dure depuis bientôt 10 ans.

- Rappelons qu’en Cisjordanie plus de 200 Palestiniens, dont une majorité de jeunes, ont été abattus depuis le 1er octobre avec le « permis de tuer » accordé par Netanyahu.

- Rappelons que le bouclage des Territoires palestiniens, le vol de terres, la destruction de maisons et la colonisation se poursuivent et s’accélèrent.

Face à cela, les États occidentaux, sont inactifs, au mieux, voir complices.

C’est pourquoi nous avons rejoint la campagne pacifiste BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) à l’appel de 170 organisations de la société civile palestinienne pour mettre fin à l’impunité d’Israël.

Comme l’indique le grand journaliste israélien Gidéon Lévy :

« Oui, je parle des boycotts et des sanctions qui sont largement préférables aux bains de sang. C’est la vérité, même si elle est amère. Les Etats-Unis et l’Europe se sont suffisamment prosternés devant Israël. Et sans aucun résultat, malheureusement. Dorénavant le monde doit adopter un autre langage, qui sera peut-être compris. Après tout, Israël a prouvé plus d’une fois que le langage de la force et des sanctions est son langage préféré. »




La CGT Éduc’action rejoint la campagne BDS

Unknown

Loin de chercher une solution juste et pacifique avec les Palestiniens, Israël, à travers ses gouvernements successifs, s’engage toujours plus dans la violence de l’occupation, de la colonisation, la violation des droits humains et du droit international.

Face à l’impunité de l’État Israélien, aux violations du droit et à l’inaction des grandes puissances internationales, à commencer par notre gouvernement, la CGT Éduc’action a décidé de rejoindre l’appel lancé en 2005 par 179 organisations de la société civile palestinienne pour une campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) contre l’État d’Israël tant que celui-ci ne se conformera pas au droit international et aux différentes résolutions de l’ONU.

Parce que nous sommes résolument ancré-es dans le camp de la Paix, parce que notre syndicalisme n’a pas de frontières, nous sommes résolu-es à agir dans le cadre de cette campagne BDS pour arriver à une paix juste et durable qui passe par :

– la fin de l’occupation et de la colonisation des terres Palestiniennes et le démantèlement du Mur,
– la reconnaissance des droits fondamentaux des citoyen-nes arabo-palestinien-nes d’Israël à une égalité absolue,
– le respect des droits des réfugié-es palestinien-nes à revenir dans leurs maisons comme le stipule la résolution 194 de l’ONU.

Montreuil, le 1er avril 2016

Source: http://www.unsen.cgt.fr/actualit-mainmenu-352/communiqus-mainmenu-444/1982-la-cgt-educ-action-rejoint-la-campagne-bds




Lettre ouverte au gouvernement allemand et à l’Académie des sciences et des Humanités de Göttingen

« Ne collaborez pas avec les crimes culturels d’Israël dans le pillage des parchemins de la Mer Morte et respectez le droit international »

Jérusalem occupée, 26 mars 2016— La campagne Palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) appelle le gouvernement allemand et l’Académie des Sciences et des Humanités de Göttingen à s’abstenir de collaborer avec le gouvernement israélien et ses institutions complices dans le recollement de fragments du parchemin de la Mer Morte.

L’Académie des Sciences et des Humanités de Göttingen, l’Autorité israélienne des Antiquités, l’Université de Haïfa et l’Université de tel Aviv sont sur le point de joindre leurs efforts pour collaborer à un projet financé par la Coopération Germano-israélienne, un programme du ministère allemand de l’Éducation et administré par la Fondation allemande pour la recherche. Les parchemins de la Mer Morte, volés à Jérusalem Est pendant l’invasion militaire israélienne de 1967 et l’occupation de la Cisjordanie, font partie du patrimoine culturel palestinien qu’Israël s’est illégalement approprié au cours de la répression coloniale du peuple palestinien.

Le gouvernement allemand sera en situation de violation de la Convention de 1954 de La Haye pour la protection de la propriété culturelle en cas de conflit armé, qu’il a signé avec Israël. Le premier protocole de la Convention oblige l’Allemagne à assumer la garde des parchemins à leur entrée sur le sol allemand, selon l’article 2 de la Convention. L’Allemagne est aussi signataire de la Convention sur les moyens d’interdire et de prévenir l’importation illicite, l’exportation et le transfert de la propriété de biens culturels (1970). Cette Convention met hors la loi l’importation, l’exportation ou le transfert de propriété de biens culturels.

Ainsi qu’il a été stipulé par le Comité International de la Croix Rouge(CICR) : « l’obligation de rendre des biens culturels exportés est aussi reconnue dans plusieurs déclarations, auxquelles l’Allemagne est partie, en lien avec l’occupation qu’elle a exercée pendant la seconde guerre mondiale[3]. L’Allemagne a réaffirmé le principe selon lequel « les vols et la destruction de biens culturels par le régime nazi de même que le déplacement de biens culturels par l’Union soviétique pendant et après la seconde guerre mondiale ont été des violations du droit international ». L’enlèvement par Israël de biens culturels du territoire palestinien occupé est une violation du droit international.

Le gouvernement allemand coopère également, dans le cadre de ce projet, avec l’Autorité Israélienne des Antiquités (AIA) basée à Jérusalem Est. Israël a illégalement annexé Jérusalem, un acte qui n’est pas reconnu par l’ONU ni par l’UE, Allemagne inclue, qui impose sa souveraineté sur les Palestiniens et qui étend ses colonies sur leur territoire. En coopérant avec une entité du gouvernement israélien dont le siège est dans Jérusalem Est occupée, l’Allemagne non seulement manque de se soumettre à ses obligations en vertu du droit international de ne pas reconnaître des actes délictueux commis par la puissance occupante ; elle trahit aussi son opposition de principe à l’occupation israélienne et elle légitime l’annexion illégale par Israël de Jérusalem et sa politique de nettoyage ethnique de la ville.

Depuis 1967, des centaines de milliers d’objets précieux ont été illégalement déplacés par l’Autorité Israélienne des Antiquités (AIA), par des soldats israéliens et par des marchands d’antiquités agissant illégalement, de Cisjordanie occupée et de la bande de Gaza, en violation du droit international. La confiscation et le vol du patrimoine culturel palestinien font partie des tentatives d’Israël pour effacer la mémoire et l’identité culturelle palestiniennes. Le patrimoine palestinien est le reflet des identités et des croyances des divers groupes qui ont vécu sur cette terre au cours des siècles, qui comprennent des Païens, des Musulmans, des Chrétiens et des Juifs.

Dans le cadre des efforts d’Israël pour « sioniser » l’histoire de la Palestine de manière à nier que cette terre a toujours été celle de groupes indigènes multiculturels et multireligieux, Israël a prolongé l’expulsion de la terre et des bien palestiniens, par le pillage des trésors culturels palestiniens, dont des livres, des manuscrits, des papiers personnels, des photos et des oeuvres d’art. Depuis 1948, le pillage de dizaines de milliers de livres palestiniens a été systématique, dans le cadre d’une opération conjointe de la Haganah – qui est devenue l’armée israélienne – et de la bibliothèque nationale d’Israël.

Comme l’a remarqué l’expert en droit américain David Neressian :

« Le génocide culturel s’étend au-delà d’attaques sur les éléments physiques et/ou biologiques d’un groupe et cherche à éliminer plus largement ses institutions… des éléments de génocide culturel sont manifestes lorsque des activités artistiques, littéraires et culturelles sont restreintes ou interdites et lorsque des trésors nationaux, des bibliothèques, des archives, des musées, des objets et galeries d’art sont détruits ou confisqués ».

Les institutions académiques israéliennes qui participent à ce projet sont gravement complices des violations des droits humains par Israël. L’Université de Haïfa se dit « fière d’être un foyer académique des forces de sécurité (israéliennes) ». L’université a un partenariat organique avec le régime israélien d’occupation, de colonialisme et d’apartheid vis-à-vis des Palestiniens. L’université a aussi férocement réprimé ses étudiants palestiniens(des citoyens de second ordre en Israël) par des mesures limitant leur liberté académique et leur liberté d’expression, en conformité avec la politique que mène l’État contre eux[8].

Sous prétexte de fouilles archéologiques, l’université de Tel Aviv (TAU) est déjà active dans le pillage et le vol du patrimoine culturel palestinien de Jérusalem Est, en coopération avec des organisations illégales de colons israéliens. Des colons israéliens harcèlent tous les jours violemment les habitants palestiniens de Silwan où se pratiquent les fouilles, avec le soutien de l’armée israélienne qui tente de les chasser de chez eux. TAU a non seulement conçu des dizaines d’armes utilisées par les forces d’occupation israéliennes, mais son Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) s’attribue le mérite du développement de la dite Doctrine de Dahiya, soit une doctrine de force disproportionnée adoptée par l’armée israélienne en vue de « la destruction de l’infrastructure nationale (civile) et d’imposition de souffrances intenses dans la population (civile) » comme moyens de vaincre une résistance non étatique autrement ‘impossible’ à vaincre[10].

En coopérant avec ces deux institutions académiques israéliennes, l’Académie des Sciences et des Humanités de Göttingen admet tacitement une complicité profonde dans l’oppression des Palestiniens et un pur et simple encouragement à la violation du droit international dans le maniement des parchemins de la Mer Morte volés par Israël au territoire palestinien occupé.

Nous appelons le gouvernement allemand à respecter le droit international et à s’abstenir de légitimer le vol par Israël du patrimoine culturel palestinien et la falsification de notre histoire indigène. Cette collaboration est non seulement profondément complice de l’oppression exercée par Israël sur les Palestiniens, mais elle trahit aussi l’engagement allemand à rendre le patrimoine pillé dans des territoires occupés, une leçon de son passé nazi, et elle trahit ainsi son opposition déclarée à l’annexion par Israël de Jérusalem Est. Nous appelons l’Académie des Sciences et des Humanités de Göttingen à s’abstenir de coopérer avec les universités de Haïfa et de Tel Aviv, deux entités gravement impliquées dans le montage de la brutale occupation et de l’oppression de dizaines d’années des Palestiniens.

Traduction: Sonia F. pour BDS France

Source: PACBI