L’année où BDS est devenu la préoccupation n°1 des Juifs américains

Alors que les efforts de BDS ont commencé il y a plus de dix ans, et qu’ils n’ont pas atteint le niveau d’impact obtenu par le même travail en Europe, les partisans du BDS se prévalent d’une progression.

Cette année universitaire, « nous sommes confrontés à la plus organisée des campagnes de diabolisation d’Israël et d’agressions contre les étudiants pro-Israël jamais vue », écrit le directeur général de Hillel, Eric Fingerhut, dans une lettre du 22 décembre aux membres du conseil de Hillel International. « Nous étions préparés, » écrit-il, citant le travail de Hillel auprès de 250 professionnels de campus, en communication et autres formations, et les projets d’en faire venir de nombreux en Israël en janvier.

La sphère universitaire est une question majeure, avec les résolutions BDS portées devant les gouvernements d’étudiants et les syndicats d’étudiants diplômés, aussi bien que devant les associations universitaires et les professeurs de facultés. La prochaine tentative est attendue à la conférence annuelle de l’Association historique américaine (AHA), un groupe de 14 000 membres qui se réunit début janvier à New York City.

BDS est devenu un sujet central pour la communauté juive américaine organisée, laquelle le considère comme une menace à long terme. Cette année, de nouvelles coalitions se sont formées et les initiatives pour les combattre se sont intensifiées en ripostant aux orateurs et événements anti-Israël sur les campus de facultés, avec d’autres pro-Israël. Un nouveau livre de près de trois dizaines d’essais, « Ce que l’on reproche aux boycotts universitaires d’Israël », édité par Cary Nelson et Gabriel Noah Brahm, vient juste de paraître.

Suscitée en partie par la guerre de Gaza de l’été dernier, « nous avons, certes, assisté à une recrudescence de l’activité anti-Israël en début de semestre mais simultanément avec une montée spectaculaire de l’activisme pro-Israël. Le mouvement n’a jamais été aussi vaste, il n’a jamais été aussi fort, » dit Jacob Baime, directeur exécutif de la Coalition Israël sur les campus. « Nous observons au moins quatre ou cinq initiatives pro-Israël pour chaque initiative anti-Israël. L’activisme pro-Israël l’emporte de loin sur l’activisme anti-Israël dans l’ensemble. Il se présente une foule d’intervenants pro-Israël pour chaque intervenant anti-Israël » sur un campus, dit-il.

On a vu l’une des rares résolutions BDS à obtenir l’approbation dans un système de collèges à l’université de Californie, dont les membres du syndicat d’étudiants diplômés ont approuvé le 10 décembre une résolution appelant le système de l’UC et le syndicat international unifié des travailleurs de l’automobile « à désinvestir les sociétés impliquées dans l’occupation et l’apartheid israéliens ». Le syndicat a 13 000 adhérents qui travaillent comme aide-enseignants et assistants dans neuf campus de l’UC.

Un peu plus de la moitié des 2100 adhérents du syndicat qui ont voté se sont engagés personnellement à ne participer à aucune recherche, conférence, événement ou programme d’échange qui serait parrainé par des universités israéliennes.

Une autre résolution BDS a été voté à l’université catholique DePaul de Chicago, où le désinvestissement l’a emporté de justesse lors d’un référendum d’étudiants en mai.

Une mesure similaire a été par contre rejetée par le syndicat des étudiants diplômés de l’université de la ville de New York.

Les opposants au BDS disent qu’aux États-Unis, « la campagne BDS a été un échec complet. Ils n’ont pas vraiment réussi à convaincre quiconque, sauf une poignée d’étudiants et quelques professeurs, et cela en aucune manière ne contribuera à la paix ou à améliorer le sort des Palestiniens, » a dit Mitchell Bard, directeur exécutif de l’entreprise coopérative israélo-américaine, un groupe qui fait venir des universitaires israéliens sur les campus américains.

« S’agissant des campus, le boycott a été un échec colossal, » dit-il. « Il y a environ 2000 collèges de quatre années aux États-Unis, et dans la dernière année universitaires, il y a eu 16 ou 17 résolutions de désinvestissements, et ils en ont perdu au moins 12. »

Andrew Kadi, un professionnel en technologie de l’information, d’origine palestinienne, à Washington DC, est coprésident de la Campagne US pour la fin de l’occupation israélienne. Dans un entretien, il a contesté la façon de voir de Bard. Si « cela a été un échec complet, alors pourquoi investir autant d’argent pour essayer de s’y opposer ? Toutes les organisations juives explicitement sionistes dans le pays semblent s’investir très lourdement par millions afin de s’opposer au BDS, » dit Kadi.

« Je ne vais pas m’avancer ici et essayer de dépeindre le boycott comme la plus grande victoire cette année. C’est un processus à long terme. Il a fallu dix à quinze années à ce genre de campagnes pour contribuer à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud, à de telles campagnes pour avoir un impact au niveau politique. »

Kadi reconnaît que BDS est beaucoup plus influent en Europe. « Aux USA, dit-il, nous avons encore un long chemin à parcourir. »

La mort par le morcellement

Les organisations juives américaines réajustent leur stratégie afin d’aboutir à des changements à long terme, s’orientant vers le développement de relations avec des partenaires potentiels plutôt que de rester réactives à chaque nouvelle initiative BDS.

« Tous les dirigeants de notre communauté croient qu’il nous faut étendre nos efforts. Nous croyons tous que ce n’est pas seulement une question juive, c’est une question américaine, » dit Baime. « Nous voyons des étudiants pro-Israël actifs en politique devenir de nouveaux alliés, au-delà des cercles pro-Israël traditionnels. »

Le Projet David, par exemple, développe un programme  pour qu’avec cette trêve hivernale, un étudiant pro-Israël et deux ou trois dirigeants non juifs de campus soit invités à un voyage en Israël. Cette année, il fait participer 32 campus. L’année prochaine, dit Philip Brodsky, directeur exécutif du groupe, ils prévoient d’en faire participer 40.

« La communauté a évolué en comprenant que chaque lutte ne doit pas se porter au niveau nucléaire, » dit Bard. « Différents outils sont nécessaires. »

« Il y a des raisons de s’inquiéter à propos de la désaffection croissante à l’égard d’Israël, préoccupation car, même si aujourd’hui nous avons des soutiens, dans dix ans nous aurons un gros problème, » dit Geri Palast, directeur du Réseau Action Israël. Son réseau, qui soutient le travail pro-Israël à Hillels, à JCRC (Conseil des relations communautaires juives) et dans des groupes non juifs comme des Églises et des organisations noires et latinos, est un partenariat entre des Fédérations juives d’Amérique du Nord et le Centre juif pour les affaires publiques, et qui a un budget annuel de 1,5 million de dollars.

Dans une décennie, « aurez-vous une communauté évolutive en Amérique qui ne soit plus aussi favorable à Israël comme elle l’est aujourd’hui du fait d’avoir grandi dans cet environnement ? C’est à cela que vous devez penser – pas à la résolution elle-même. »

« C’est la mort par des milliers de morcellements, » dit Bard. « Les gens semblent sentir que nous devons la vaincre partout afin qu’ils ne perdent pas pied ou l’assurance dont ils besoin pour réussir ».

Ethan Felson, vice-président de la JCPA, la branche relations communautaires de la communauté juive organisée, dit qu’il devrait y avoir un intérêt positif pour les efforts anti-BDS. « Nous essayons de développer un mouvement en soutien d’une paix incarnée dans deux États pour deux peuples, sans se battre contre des croque-mitaines, » dit-il.

Felson traque les efforts BDS parmi les Églises chrétiennes et dit anticiper les résolutions de désinvestissement, telle que celle votée en juin par l’Église presbytérienne (USA), qui devraient être proposées dans à peu près toutes les grandes confessions protestantes dans l’année qui vient.

Un accès au monde universitaire

Les partisans de BDS disent que leurs efforts cette année ont abouti à des succès.

« Les initiatives de BDS ont été extrêmement efficaces, » dit Sydney Levy, directeur du plaidoyer d’Une Voix juive pour la Paix (JVP), qui se présente elle-même comme partie prenante du mouvement BDS. La décision de Durham, en Caroline du Nord, de renoncer à un contrat d’un million de dollars avec G4S, une entreprise multinationale de sécurité, pour le travail de cette entreprise dans les prisons et sur les chekcpoints sécuritaires israéliens est un exemple de leur réussite, dit Levy.

Un autre en est la décision de SodaStream de déplacer son usine d’une zone industrielle de Cisjordanie vers une ville du sud d’Israël. Le fabriquant des appareils produisant de l’eau de Seltz à domicile a dit en novembre qu’il la déplaçait pour des raisons purement commerciales. Mais, a déclaré Levy à Ha’aretz, le fait « qu’elle se retire d’une colonie montre le succès de la campagne BDS ».

Au-delà, peut-être, de cet exemple, la lutte de BDS n’a pas d’influence sur la politique israélienne, dit Felson de la JCPA. « Même si les Israéliens connaissent le mouvement BDS, ce n’est pas un élément moteur. Les dirigeants israéliens prennent leurs décisions et les électeurs israéliens prennent leurs décisions sur la base de facteurs autrement plus tangibles, comme la sécurité, leurs intérêts économiques et leurs préoccupations politiques. Ils sont pas sensibilisés sur l’isolement international. Ils sont habitués aux Nations-Unies et à l’Union européenne et à ceux, ici et là, qui prétendent qu’ils devraient disparaître. »

BDS n’a pas plus d’impact sur l’opinion des Américains à propos d’Israël, dans l’ensemble. Dans des groupes de discussion avec des Américains non juifs influents « nul ne sait ce qu’est BDS » dit une source, qui veut rester anonyme. « Il consomme beaucoup de notre énergie mais il n’a pas beaucoup de portée. Nous pensons que le monde entier est BDS. Cela ne va pas jusque-là. »

Une arène dans laquelle les défenseurs de BDS ont notamment réussi cette année, c’est le monde universitaire, où être pro-boycott et pro-désinvestissement est devenu presque une unité de valeur pour la bonne foi progressiste.

« Nos contacts sur les campus sont très alarmés par la façon dont la question palestinienne est présentée, comme une sorte de porte d’entrée pour les gens qui veulent se voir comme des défenseurs des opprimés, » dit Gideon Aronoff, directeur général d’Ameinu, une organisation sioniste libérale qui a démarré Le Troisième Récit (TTN) en 2013. Cette année, le TTN a lancé un forum pour les universitaires qui s’opposent tant à l’occupation qu’au boycott des universités israéliennes.

« Sa capacité à devenir une sorte de bonimenteur pour être bien à gauche est très inquiétante. Quand il survient ce genre de question se voulant idéologique, il devient difficile de la contrer avec des arguments factuels. Cette transition s’est produite cette année, » dit Aronoff.

La prochaine bataille ?

Lors d’une conférence le mois prochain de l’Association historique américaine (AHA), de 14 000 membres, il y aura une table ronde avec des historiens « critiques de la politique israélienne », dit l’un des organisateurs, Van Gosse, et deux résolutions condamnant Israël seront proposés à la réunion.

Les Historiens contre la guerre (HAW), un groupe s’est créé en 2003 pour s’opposer à l’occupation américaine de l’Iraq, tentent de mettre l’occupation israélienne sur l’agenda de l’AHA.

Leurs résolutions réprimandent Israël pour « les actes de violence et d’intimidation de l’État d’Israël contre les chercheurs palestiniens et leurs collections d’archives, des actes qui peuvent détruire le sens de l’identité historique des Palestiniens aussi bien que l’histoire elle-même », pour « le refus d’Israël d’autoriser les étudiants de Gaza de voyager pour poursuivre un enseignement supérieur à l’étranger, et même dans les universités de Cisjordanie », et « pour sa politique du refus de laisser entrer des ressortissants étrangers qui cherchent à promouvoir le développement éducatif dans les territoires palestiniens occupés. »

« Si vous bougez un grand organisme comme l’AHA, qui possède une vraie réputation, cela change les consciences et les opinions, » dit Gosse, maître de conférence en histoire à la faculté Franklin et Marshall en Pennsylvanie, et membre de l’HAW et de l’AHA. « Si nous stimulons le débat sur ces questions, c’est parce nous cherchons cela, » dit Gosse, qui a donné lui-même de l’argent à JVP.

L’AHA n’a pas abordé les questions internationales durant ses quatre années comme directeur exécutif de l’AHA, dit Jim Grossman, mais auparavant elle a pris position pour la liberté des universitaires en Russie. Grossman a refusé de dire s’il est juif ou pro-Israël, en disant, « mes opinions sur cela sont sans intérêt. S’il y a des historiens dont les droits en tant qu’universitaires, notamment la liberté universitaire, sont entravés, alors nous parlerons en leur nom. »

L’AHA s’est jointe à plusieurs autres associations universitaires qui ont mis des résolutions anti-Israël à leur registre l’année passée, mais l’AHA est la plus importante, de loin. L’Association d’études du Moyen-Orient (MESA) a adopté une politique le mois dernier permettant à ses 2700 membres de boycotter Israël. L’Association d’études américaines (ASA), avec 5000 membres, a voté une résolution pour boycotter les universités et institutions israéliennes, en décembre 2013, mais les universitaires israéliens ont été autorisés à participer à sa conférence cette année.

L’Association américaine d’anthropologie (AAA) a rejeté une mesure anti-boycott à sa conférence annuelle le mois dernier, au lieu de nommer un groupe de travail pour soumettre ses recommandations à sa conférence de 2015. L’Association du langage moderne (MLA), avec près de 24 000 membres, a rejeté une motion pour le boycott d’Israël à sa conférence en juin.

Selon certains historiens pro-Israël, membres de l’AHA, ils travaillent en coulisse pour essayer de saborder les tentatives de boycott à l’Association historique américaine (AHA).

« L’idée que l’AHA aurait un quelconque impact sur la politique d’Israël pour la Cisjordanie, ou pour pousser les parties à la négociation est ridicule, » dit David Greenberg à Ha’aretz. Greenberg est maître de conférence en histoire, journalisme et communication à l’université Rutgers du New Jersey. « Il y a une campagne mondiale de délégitimation d’Israël. Chaque petit élément fait une différence. En soi, ce n’est important mais dans la mesure où il contribue à l’idée qu’Israël devrait être un État paria, c’est une mauvaise chose. C’est mauvais pour l’AHA, les membres juifs sont écartés et il se crée des divisions ».

Les points de vue des jeunes universitaires sur BDS peuvent être une menace pour leurs perspectives de carrière, dit-il.

« Les gens qui soutiennent ne serait-ce que modérément Israël sont dans une sorte de position délicate dans le monde universitaire. Si vous êtes étudiant diplômé ou professeur non titulaire, vous affrontez vraiment un fort climat anti-Israël dans de nombreux départements et votre avenir pourrait être en jeu, » dit Greenberg. « Ce n’est pas un secret qu’il n’y a presque aucun conservateur dans la profession d’historien. Le soutien à Israël est devenu synonyme de position conservatrice. Quiconque à voir avec un soutien à Israël est confronté à une inquiétude légitime d’avoir à en souffrir ».

« Vous devriez pouvoir dire, ‘je suis sioniste’ et quand même obtenir votre titularisation et que les gens ne s’en soucient pas. Cela ne devrait pas affecter les jugements sur votre bourse d’études. Pourtant, c’est le cas. »

http://www.aurdip.fr/the-year-bds-became-the-number-one.html

http://www.haaretz.com/jewish-world/jewish-world-features/.premium-1.633972

Traduction : JPP pour l’AURDIP




La reconnaissance de la Palestine, le BDS et la survie d’Israël

Que se passe-t-il dans les parlements européens ? Au cours du dernier mois et demi, la Chambre des Communes britannique, les parlements espagnols, français, portugais et irlandais ont tous reconnu le « droit » éternel d’Israël à être un État raciste par une reconnaissance, dont on fait grand cas, d’un supposé État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, régions de la Palestine qu’Israël a occupées en 1967.

Ces initiatives ont succédé à l’exemple du nouveau gouvernement centre gauche de la Suède qui a décidé, peu après son entrée en fonction, de « reconnaître l’État de Palestine », dans le cadre de la « solution à deux États ».

Comme il n’existe aucun État palestinien à reconnaître au sein des frontières de 1967, ni d’aucune autre, ces initiatives politiques sont destinées à éviter la mort de la solution à deux États, dont l’illusion a assuré, pendant des décennies, la survie d’Israël en tant qu’État juif raciste. Ces résolutions parlementaires visent en réalité à imposer, de facto, les conditions qui empêcheront l’effondrement d’Israël et son remplacement par un État qui garantisse des droits égaux à tous ses citoyens et ne se fonde pas sur des privilèges coloniaux et raciaux.

Contrairement au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lequel croit pouvoir obliger le monde à reconnaître, de jure, un plus grand Israël raciste annexant les territoires qu’Israël a occupé en 1967, les parlements européens insistent sur le fait qu’ils ne font que garantir la survie d’Israël, en tant qu’État raciste, qu’au sein des frontières de 1948 et sur toutes les nouvelles terres des territoires de 1967 que l’Autorité palestinienne (AP) – collaborant avec Israël – accepte de concéder sous la forme d’« échanges de territoires ».

Le parlement du Danemark et le Parlement européen lui-même sont les derniers organismes à envisager des votes garantissant la survie d’Israël dans sa forme actuelle dans les frontières de 1948 seulement. Même la Suisse neutre a accepté, à la demande de l’AP, d’accueillir une réunion des signataires de la Quatrième Convention de Genève pour discuter de la seule occupation israélienne de 1967. Comme on pouvait s’y attendre, en plus des colonies juives, les grandes colonies de peuplement dans le monde – les États-Unis, le Canada et l’Australie – se sont opposées à la réunion et n’y participeront pas.

Ces initiatives se déroulent alors que le soutien international au mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), initié par les Palestiniens, connaît une évolution accélérée en direction du grand public aux États-Unis et en Europe occidentale. Parmi les associations universitaires qui appellent au soutien de BDS : l’Association des études asiatiques et américaines (AAAS), l’Association des études amérindiennes et indigènes (NAISA), l’Association des études américaines (ASA) et l’Association des anthropologues américains (AAA) (qui vient par son vote de rejeter une résolution anti-BDS).

Une exception, MESA, Association des études moyen-orientales, dont les membres ont récemment voté pour se donner le droit de débattre du BDS, et dans le processus, ils ont accordé bien involontairement une année pleine aux sionistes pour faire pression et préparer le rejet d’une résolution BDS que les membres auraient pu être amenés à voter l’année prochaine.

Même le Centre universitaire d’études de Palestine à Columbia – qui avait refusé avec insistance en avril 2011 d’accueillir et parrainer une conférence et une dédicace par Omar Barghouti, et avait accueilli à la place un orateur, le 4 avril 2013 (une conférence fermée, sur invitation uniquement), qui s’en était pris à Barghouti pour tenter de délégitimer PACBI -, même ce Centre a récemment inversé la tendance, et a invité Barghouti lui-même pour donner une conférence ce mois-ci. Barghouti est cofondateur de PACBI, la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël.

Que signifient toutes ces initiatives ?

Les racistes libéraux d’Israël exposés

Le contexte de ces mesures est en lien avec la récente conduite du gouvernement Netanyahu dont l’impatience met dans l’embarras les politiciens racistes libéraux d’Israël – ceux qui préfèrent une démarche plus calme mais pour atteindre les mêmes objectifs politiques racistes. La situation est devenue si insoutenable que les sionistes libéraux américains fervents, conduits par nul autre que Michael Walzer, professeur émérite à l’Institut d’étude avancée à Princeton, se sont sentis obligés d’intervenir.

Walzer, bien connu pour ses justifications de toutes les conquêtes d’Israël comme « guerres justes », et un groupe de personnalités partageant les mêmes points de vue s’appelant eux-mêmes « les universitaires pour Israël et la Palestine », ont récemment demandé au gouvernement américain d’imposer une interdiction de voyager aux politiciens israéliens de droite qui soutiennent l’annexion de ce qui reste de la Cisjordanie.

Si les gouvernements israéliens successifs ont montré une détermination inébranlable pour renforcer le droit d’Israël à être un État raciste sur toute la Palestine historique, ils l’ont fait par la ruse du « processus de paix » qu’ils s’étaient engagés à maintenir pendant les décennies à venir sans aucune résolution.

Cette stratégie a très bien fonctionné pendant les deux dernières décennies, sans pratiquement de réaction de la part de l’Autorité palestinienne, laquelle est redevable de son existence même à ce « processus » sans fin. Plus récemment, la direction politique du Hamas, particulièrement sa branche au Qatar où est basé le dirigeant du groupe Khaled Meshal, a également recherché le meilleur moyen de se joindre à ce projet.

Mais comme la politique en cours de Netanayhu est d’infliger des horreurs au peuple palestinien sur tous les territoires que contrôlent Israël – une politique qui a montré le « processus de paix » pour le simulacre qu’il a toujours été, aussi bien que pour la revendication d’Israël à être « démocratique », et comme l’un des plus frauduleux –, le consensus international que les libéraux israéliens ont construit au cours des décennies, pour protéger du monde l’horrible réalité d’Israël, se trouve affaibli, si ce n’est menacé d’un effondrement total.

Les libéraux israéliens prennent conscience que ce que Netanyahu est en train de faire constitue une menace pour l’ensemble de leur projet et pour la survie même d’Israël comme État raciste. C’est dans ce contexte que les parlements européens se sont précipités au secours des libéraux d’Israël en leur garantissant la survie d’Israël dans sa forme raciste par la reconnaissance d’un État palestinien qui est inexistant « dans les frontières de 1967 ».

C’est aussi dans ce même contexte que les gouvernements européens, l’an dernier, ont commencé à parler du BDS comme d’une arme possible qu’ils pourraient utiliser pour menacer le gouvernement Netanyahu s’il persistait dans son refus de « négocier » avec les Palestiniens (l’utilisation européenne de la menace BDS se limitant à une menace de boycotter uniquement les produits des colonies israéliennes dans les territoires occupés), c’est-à-dire, pour conserver l’illusion d’un « processus de paix » continuel. C’est là qu’est le dilemme pour les partisans du BDS.

BDS : un moyen ou une fin en soi ?

PACBI, basée à Ramallah, a toujours affirmé clairement que BDS est un instrument, un moyen à utiliser pour atteindre des objectifs stratégiques – à savoir la fin de l’occupation par Israël des terres palestiniennes en 1967 et depuis, la fin du racisme israélien institutionnalisé au sein des frontières de 1948 d’Israël, et le retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres et dans leurs foyers. Ces dernières années cependant, BDS a été transformé, de moyens devenant une fin en soi. Beaucoup de ceux qui sont solidaires des Palestiniens ont commencé à articuler leurs positions en tant que positions soutenant BDS comme un objectif plutôt que comme un moyen.

Les récents votes d’organisations universitaires en sont un bon exemple. Alors que trois de ces organisations qui ont voté pour BDS ont déclaré leur soutien à la fin de l’occupation de 1967, deux seulement, NAISA et AAAS, se sont explicitement opposées à la politique raciste de l’État d’Israël contre ses propres citoyens palestiniens.

Seule, la résolution de NAISA a mis en doute les lois et les structures racistes israéliennes. ASA, par contre, n’a cité que l’occupation des territoires de 1967, pendant que l’Association du langage moderne (MLA) ne censurait Israël que pour son déni de la liberté universitaire pour les universitaires et étudiants palestiniens, sans condamner l’occupation ni le racisme de l’État israélien. La résolution de MESA ne mentionne même aucun des objectifs du BDS.

Bien que ces résolutions constituent une étape dans la bonne direction, et dans de nombreux cas, qu’elles soient le résultat de batailles longues et acharnées par des membres profondément engagés pour tous les droits palestiniens, elles ne vont pas la plupart du temps jusqu’à articuler des positions qui s’accordent avec les objectifs explicites du BDS. En effet, aucune de ces organisations ne mentionne le troisième objectif de BDS, à savoir le droit au retour des réfugiés palestiniens, qu’Israël persiste à refuser au mépris des résolutions des Nations-Unies et du droit international, afin de préserver une majorité juive dans le pays.

Comme les politiciens européens l’ont reconnu, BDS peut maintenant être utilisé comme moyen pour atteindre des finalités dont ceux qui l’ont adopté peuvent décider. Le monopole des Palestiniens sur les prises de décision, par le biais de PACBI, du Comité national de boycott et de sa détermination des objectifs du BDS, n’est pas garanti.

Différentes parties se déclarant solidaires des Palestiniens peuvent écarter, et écartent, totalement PACBI, devenant l’une seulement des nombreuses organisations internationales qui soutiennent BDS, arguant que chaque partisan de BDS peut déterminer ses propres objectifs qu’il estime appropriés. En bref, le soutien accru à BDS aux États-Unis et en Europe ne s’étend pas nécessairement à un soutien accru aux objectifs de mettre un terme au racisme israélien, à l’occupation d’Israël et à l’exil des réfugiés palestiniens, mais plutôt à un soutien à utiliser simplement le BDS comme moyen pour parvenir à ce que ceux qui l’utilisent déterminent comme le but à atteindre.

Comme je l’ai écrit et expliqué depuis la signature des Accords d’Oslo en 1993, toutes les « solutions » proposées par les gouvernements occidentaux et arabes et par les libéraux israéliens et de l’AP, pour mettre fin au soi-disant « conflit israélo-palestinien », toutes s’appuient sur la garantie de la survie d’Israël comme un État juif raciste indemne. Toutes les « solutions » qui n’offrent pas une telle garantie sont rejetées a priori comme non réalisables, non pragmatiques, et même antisémites. Les récentes tentatives visant à coopter BDS, avec cet objectif justement, sont dans la ligne de cet engagement.

Cela explique la soudaine dégradation de la menace BDS, de quelque chose d’intouchable par les responsables européens et américains et les universitaires et militants libéraux – qui ont assimilé son but ultime comme non seulement refusant de garantir la survie d’Israël en tant qu’État raciste, mais aussi visant spécifiquement au démantèlement de toutes ses structures racistes –, à quelque chose qui sera, de plus en plus sûrement, adopté par la plupart d’entre eux, car il peut désormais servir à sécuriser la survie d’Israël.

Les Palestiniens et leurs défenseurs doivent être vigilants à propos de cette cooptation du BDS, et ils doivent reconnaître qu’avec la réalisation d’une intégration viennent aussi de sérieux risques. À moins de réaffirmer que ce soutien à BDS est un soutien à tous les objectifs explicites que PACBI a fixés initialement, alors cette récente et apparente « transformation » dans les attitudes, laquelle n’est absolument pas une transformation en réalité, va déboucher sur une pente glissante – l’objectif final qui est, hélas, trop familier aux Palestiniens pour qu’ils le retrouvent une fois encore.

En raison de l’absence continue d’un mouvement de libération palestinien indépendant, représentatif et unifié, capable d’articuler une stratégie cohérente et de conduire la lutte de libération, BDS va continuer, contrairement aux objectifs déclarés de PACBI, à être utilisé au mieux comme une « menace » pour Israël pour qu’il cesse son occupation de 1967. Cela n’est rien de moins qu’un écran de fumée pour pérenniser les autres formes du contrôle colonial d’Israël sur la Palestine historique et les Palestiniens, et pour préserver son racisme institutionnalisé et légal.

Plutôt que d’appeler la communauté internationale à adopter BDS sans un engagement explicite pour ses objectifs, les Palestiniens doivent insister pour que celles et ceux qui leur sont solidaires adoptent BDS comme une stratégie, et non comme un but, afin de provoquer la fin du racisme et du colonialisme d’Israël sous toutes ses formes, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières de 1948.

Sinon, BDS peut être, et sera, utilisé au renforcement de la colonisation de peuplement juive, et du projet libéral israélien qui la soutient.
Joseph Massad est professeur d’histoire politique et intellectuelle arabe moderne à l’université de Columbia. Son dernier livre : L’Islam dans le libéralisme, (presse de l’université de Chicago)

The Electronic Intifada : http://electronicintifada.net/content/recognizing-palestine-bds-and-survival-israel/14123

Traduction : JPP pour BDS FRANCE




Comptes rendus des actions BDS « Orange » du 20 décembre


Action Nationale BDS réussie au HAVRE contre Orange !

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Action Nationale BDS réussie à GRENOBLE contre Orange !!

Une quinzaine de personnes des différentes organisations du groupe de coordination BDS grenoblois  se sont retrouvés au centre ville de Grenoble, au nouveau et très chic centre commercial « Caserne de Bonne » pour une action contre le contrat entre Orange et la société de téléphonie israélienne Partner qui installe ses antennes et ses boutiques en Palestine occupée et vend ses services aux colons et à l’armée. La galerie commerciale étant privée, nous n’étions pas devant mais à 50m de la boutique Orange. En effet si on s’installe devant la boutique on est viré par la police, ce qui ne nous laisse pas assez de temps pour travailler tranquillement.

En effet à Grenoble on ne fait pas beaucoup de bruit lors de nos animations, mais on distribue des tracts (350 ce coup là), on discute beaucoup avec les gens (très réceptifs quoique ce samedi pressés par leurs courses de noëëël), et on fait signer beaucoup de cartes postales, 101 ce samedi, score correct en une heure et demie de présence.  Nous avions l’autorisation de la Mairie, pompiers et policiers municipaux étaient très aimables.

Trois d’entre nous sont passés dans la boutique. Nous avons expliqué au  responsable du magasin ce qu’on faisait devant chez lui, on lui a suggéré de faire remonter ça à sa hiérarchie, et il nous a dit que tant qu’il n’y a pas de trouble dans sa boutique il n’était pas obligé. On lui a dit que « alors d’accord, si vous insistez, on passera foutre le bordel, mais pas aujourd’hui, désolé« .

Entre samedi 13 et samedi 20 décembre il y a eu 15 actions contre Orange en France. Il faut maintenir et augmenter la pression contre Orange pour que les discussions avec la direction aboutissent.

Les cartes postales ont été envoyés au PDG et à l’agence régionale aujourd’hui, avec la lettre d’accompagnement.

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Le groupe de coordination BDS à Grenoble :  Union Juive Française pour la Paix ; Centre d’Information Inter Peuples, Cercle Juif pour une Paix Juste, Confédération Nationale du Travail, Échirolles Palestine Solidarité, Fédération Syndicale Unitaire, Association France Palestine Solidarité de l’Isère ; Les Alternatifs-Isère, Nouveau Parti Anticapitaliste, Pour une Alternative à Gauche 38, Solidaires Étudiants. bds.gre.38@gmail.com


Action Nationale BDS réussie à Nîmes contre Orange !!
ORANGE DOIT CESSER SA COMPLICITE
AVEC LA COLONISATION ISRAELIENNE

Double action à Nîmes :

– devant la boutique Orange où nous avons eu un impact fort puisqu’elle a baissé le rideau tout le temps de notre intervention. 300 tracts distribués, environ 200 signatures, et dans l’ensemble un bon accueil et des échanges intéressants avec les personnes interpelées. Le courrier que nous avions préparé sera adressé directement au PDG.

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– dans le magasin Carrefour où nous avons ciblé sur Sodastream, dattes Medjoul, avocats Mehadrin …

Nous avons été cernés par un groupe impressionnant de membres de « la sécurité » qui nous ont empêchés de circuler et voulaient nous faire sortir.

Alors qu’ils voulaient nous isoler, ils ont produit le contraire car nos voix ont largement porté et les clients se sont attroupés, et pour la plupart, solidaires.

200 tracts et listes boycott diffusés.

Ils ont fait venir un huissier pour faire le constat de notre action … de même que la police (en petit nombre). Une plainte de Carrefour pourrait suivre …

PS – le directeur qui a refusé de prendre notre courrier nous a dit qu’on était pas sympas un jour pareil où ils attendaient 15000 personnes ! hi hi ! c’est bien pour ça qu’on était là !


Action Nationale BDS réussie à Paris Chatelet contre Orange !! Nous étions une quinzaine de  militant-e-s à être intervenus ce samedi 20 décembre à Paris, à la boutique Orange rue de Rivoli (Chatelet).

Quelques PHOTOS de notre action:

https://plus.google.com/photos/103443993096431512362/albums/6095013259637941521?hl=fr
Pendant plus d’une heure et demi, nous avons distribué environ 1000 tracts, fait signer la pétition, discuter avec des passants/clients.

Le directeur nous a confirmé qu’il ferait remonté l’information à la direction d’Orange.

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Action Nationale BDS réussie à Béziers contre Orange !!

Action Boycott contre Orange au polygone Béziers. Le magasin a dû fermer ses portes.

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Action boycott Orange réussi la boutique a baissé sa grille un bon moment  !!

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Action Nationale BDS réussie à Orléans contre Orange !!

Le collectif BDS Orléans vient d’organiser une action bds Orange. Elle à eu lieu devant une agence Orange dans le centre ville. Cible stratégique, elle est devant le parvis du centre commercial le plus fréquenté d’Orléans. 500 tract ont été distribués et plusieurs personnes furent surprise de découvrir la complicité d’Orange.

Très bon accueil du directeur de l’agence, à qui nous avons préciser que nous reviendrons.

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Il semblait lui surpris de connaître le partenariat entre Orange et Partner Communications…

Nous étions peu nombreux (7 personnes) mais tout c’est bien passée pour la reprise de notre activité.

Pour le collectif BDS Orléans


Action Nationale BDS réussie à Lyon contre Orange  !!

Le 20 décembre, rue Victor Hugo à Lyon, plus d’une vingtaine de militants ont répondu présents à l’appel du Collectif 69 et de l’AFPS Lyon pour une action ciblée sur Orange, dans le cadre de la campagne nationale lancée par BDS, les 13 et 20 décembre, à la veille des fêtes de fin d’année (voir ci-après). Une centaine de signatures (pétition et cartes Orange) a été recueillie. Un millier de tracts a été distribué.
Orange avait demandé à un huissier d’être présent et celui-ci a pris des photos de notre action. Orange est donc très « attentif » à nos actions, actions que nous renouvellerons l’année prochaine tant que la situation sera la même.

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Action Nationale BDS réussie à Montélimar contre Orange aujourd’hui !!

Amis BDS ,

Le 20 décembre, la mère Noël et les rois mages , ont demandé à Orange de Montélimar – Drôme- de désinvestir d’Israël et de ses colonies en Palestine …

On lâche rien  Hasta la victoria !

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Action Nationale BDS réussie à Lille contre Orange aujourd’hui !!

Nous étions une dizaine devant la boutique Orange, rue Neuve et piétonnière de Lille, en ce samedi très commercial, pour rappeler que la société Orange doit cesser son partenariat avec la société de téléphonie mobile israélienne Partner installée en Palestine occupée et qui travaille avec l’armée d’occupation.

Le tract a été remis aux salariés de la boutique avec demande de transmission à la direction régionale d’Orange.
Plusieurs d’entre-eux ont signé la pétition (à l’extérieur de la boutique) qui a recueilli 53 nouvelles signatures.

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Lors de cette mobilisation, pendant une bonne heure, nous avons distribué plus de 700 tracts et rappelé aux passants/consommateurs :
–  » Orange, entreprise coloniale, viole le droit international »
– « l’entreprise Orange viole les droits humains et contribue aux massacres des enfants palestiniens »,
– « Orange viole le droit international, ne collaborez pas avec Orange ! »
– « l’entreprise coloniale Orange doit quitter la Palestine occupée ».

Si certains refusaient le tract à l’entrée du magasin, beaucoup l’ont pris en sortant…
Quelques personnes qui avaient l’intention d’y entrer, ont fait marche arrière !
Plusieurs jeunes ont demandé à pouvoir emporter des tracts pour les diffuser à leurs connaissances.

Et des échanges toujours très intéressants.

Notre 2ème action devant cette boutique en appelle d’autres, tant que cette entreprise n’aura pas rompu ce contrat inique, qui bafoue le droit le plus élémentaire du peuple palestinien à recouvrer sa terre.

Mireille
pour AFPS 59/62-BDS


Action BDS ‪#‎Orange‬ à ‪#‎Metz‬ le 20 décembre 2014 :

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Collectif BDS Metz.

Action BDS ‪#‎Orange‬ à St Etienne le 20 décembre 2014 :

Aujourd’hui action BDS Orange à 15h devant centre 2 et à 16h à l’agence du centre ville, nous avons pu expliquer aux passants le rôle d’orange dans la colonisation en Palestine… Nous avons recueilli de nombreuses signatures pour la pétition et on peut dire que le responsable d’orange était très en colère, malgré les appels à la police, tout s’est bien passé, les forces de l’ordre sont passés plusieurs fois devant nous sans nous déranger dans notre action…

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Merci à tous les militants BDS qui ont passé cet aprèm dans le froid après une opération qui s’appelle « ou sont les produits israéliens » à Auchan… Un indice : pas du tout à leur place !

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Et merci à tous ceux qui se sont déplacés pour nous soutenir, pour venir signer la pétition, et tous ceux plus globalement qui nous encouragent à continuer !
La vie change avec orange… Sauf pour les palestiniens !

Collectif Stéphanois de soutien au peuple Palestinien


D’autres villes vont prochainement envoyer leurs compte rendus.




La répression échoue à stopper la campagne BDS croissante sur les campus nord américains !

Le soutien historique apporté en décembre 2013 au boycott universitaire des institutions israéliennes de la part de l’Association des Études Américaines, qui suivait de quelques mois celui de l’Association des Études Asiatiques Américaines, a réussi à briser le mur maccarthiste de peur et d’intimidation que les sionistes ont créé au sein du monde universitaire aux États Unis.

Un certain nombre d’associations universitaires de renom ont emboîté le pas et ont pris des résolutions en appui au mouvement d’ensemble BDS conduit par les Palestiniens. On compte parmi eux l’Association des Études Indigènes et Natives Américaines, l’Association des Études Ethniques Critiques, l’Association de Littérature Africaine, l’Association des Études de Paix et de Justice et, plus récemment, l’Association Nationale des Études sur les Femmes. L’Association des Études Moyen Orientales a massivement voté pour légitimer le soutien au BDS.

En même temps, de nombreuses organisations étudiantes des campus étatsuniens et canadiens ont voté différentes résolutions ; au cours des deux dernières années, six résolutions de ce type ont été votées rien que dans l’ensemble universitaire de Californie.

Tandis que le mouvement BDS s’étend rapidement au cœur de l’empire US, le soutien-clef d’Israël, le gouvernement israélien et les organisations sionistes intensifient leurs efforts de répression de BDS sur les campus pour museler les voix qui s’élèvent de plus en plus et qui appellent à ce que cesse le régime d’occupation d’Israël, le colonialisme des colons et l’apartheid.

En février 2014, le gouvernement israélien a tenu une réunion secrète pour l’adoption d’une nouvelle stratégie visant à combattre le mouvement BDS dans le monde, admettant ainsi indirectement la faillite de sa stratégie antérieure basée sur de la propagande. Le ministère des Affaires Stratégiques, désormais en charge du combat contre BDS, a requis 100 millions de shekels pour mener une campagne agressive contre le mouvement ; les fonds ont été réservés pour « du matériel de RP (relations publiques), des campagnes énergiques juridiques et médiatiques contre des organisations pro-boycott »[1]. Le ministère des Affaires Stratégiques a déjà fourni à la branche de renseignements de l’armée israélienne un budget de plusieurs millions de shekels dans le but de renforcer la surveillance militaire de telles organisations[2].

Les répercussions des tentatives désespérées d’Israël pour supprimer BDS, notamment après l’échec de sa campagne « Marque Israël », qui a déversé des centaines de millions de dollars en propagande destinée au blanchiment de l’oppression du peuple palestinien, se font maintenant sentir sur les campus au Royaume Uni, en Europe et en Amérique du Nord[3]. C’est particulièrement sensible depuis l’assaut brutal d’Israël sur Gaza l’été dernier, qui a mis à nu la brutalité de ce régime aux yeux du monde et l’a laissé plus vulnérable et moins défendable.

Des organisations sionistes, émanant souvent d’universités occidentales, essaient maintenant de réprimer les étudiants qui s’organisent, passant au seul moyen qui leur reste – la coercition pure et simple et l’interdiction de la liberté de parole. Mais cette tactique s’est déjà retournée contre eux, aliénant les libéraux et donnant un élan imprévu à BDS.

Aux États Unis, des groupes anti-palestiniens ont commencé à « menacer régulièrement des administrations universitaires de procédures juridiques et à encourager la répression contre les groupes du SPJ (Étudiants pour la Justice en Palestine) »[4]. Les soutiens d’Israël au Royaume Uni emploient la même tactique[5]. Israël et ses lobbyistes tentent de criminaliser le soutien à BDS sur les campus  en vue de fermer de force les espaces légitimement dévolus à l’activité militante d’étudiants et à l’expression universitaire de critiques du régime israélien ou même de sa politique. Israël est bien en train de promouvoir un « nouveau McCarthisme » glaçant qui exige une loyauté inconditionnelle et qui punit sévèrement la dissidence[6].

L’exemple le plus éclatant de cette escalade de la répression est le cas du Professeur palestinien-américain Steven Salaita. Après qu’on lui ait offert un poste permanent à l’Université d’Illinois à Urbana Champagne, Salaita a été visé pour avoir dénoncé sur les réseaux sociaux le dernier massacre d’Israël à Gaza. Le résultat d’une pression sioniste sur l’université a fait que la nomination au poste prévu du professeur Salaita a été annulée. Des milliers d’enseignants aux USA se sont manifestés en soutien au cas de Salaita et ont dénoncé la décision politique de l’université comme atteinte à la liberté de parole.

Le ciblage de ceux qui critiquent Israël ne s’arrête pas à la question de la Palestine ; il a des implications plus larges envers tous ceux qui s’organisent pour la justice sociale en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. Le cas de Steven Salaita illustre clairement le danger que les administrations universitaires ne deviennent des agents qui facilitent le contrôle de l’expression légitime de soutien aux luttes de Ferguson à Gaza et à bien d’autres. Il met aussi l’accent sur la façon dont la militance pour la Palestine et pour BDS devient la ligne de front pour la défense de la liberté d’expression et pour la dissidence sur des campus qui sont de plus en plus sous l’influence des grandes entreprises en Amérique du Nord.

Lors du lancement récent d’une campagne de désinvestissement à l’université de Toronto, des organisateurs du BDS ont été l’objet d’attaques racistes et sexistes par la fanatique Ligue de défense Juive. Au lieu de protéger les étudiants et de soutenir leur droit à la liberté de parole, l’administration de l’université a capitulé devant la contrainte et a annulé l’événement BDS, au lieu de faire sortir du campus un groupe accusé d’un discours de haine[7]. Et pourtant, les campagnes BDS se répandent au Canada.

Le vent a tourné et BDS a bâti un mouvement pour les droits humains à large base internationale, qui se tient fermement aux côtés de la lutte des Palestiniens pour mettre fin aux violations par Israël du droit international, de la justice et de l’égalité. Ce mouvement ne saurait être facilement arrêté. La décision de désinvestissement prise par l’organisation étudiante de UCLA le 20 novembre, le montre à l’évidence. C’est par une victoire écrasante qu’une large coalition d’organisations étudiantes a voté une résolution de désinvestissement, malgré une campagne agressive lancée par l’organisation sioniste Hillel, dont le budget annuel 2012 était de 1,8 millions de dollars, et qui a été jusqu’à louer les services d’une agence de relations publiques pour combattre BDS sur le campus[8]. Les étudiants ont réussi à vaincre ces forces de répression et d’intimidation en s’organisant collectivement.

Les gens de conscience dans le monde se font entendre et se tiennent du bon côté de l’histoire. Leurs voix « annoncent la fin de l’apartheid israélien. Le temps passe » [9]

15-12-2014

Traduction SF pour l’AURDIP

 


[1] http://www.bdsmovement.net/2014/lawyers-mossad-fight-bds-11750

[2] Ibid

[3] http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=1182

[4] http://electronicintifada.net/blogs/nora-barrows-friedman/costly-pro-israel-pr-campaign-fails-stop-ucla-divestment

[5]http://electronicintifada.net/blogs/hilary-aked/documents-reveal-pro-israel-lawfare-attack-university-college-london

[6] http://pacbi.org/etemplate.php?id=2596

[7] http://www.utgsu.ca/2014/11/04/press-release-divest-event/

[8] http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=2621

[9] http://www.middleeasteye.net/columns/gaza-and-global-rage-14376521




Dans la liste 2014 des influents : les boycotteurs

Beth McMurtrie – Associations des Études américaines – 14 décembre 2014

Le mouvement pour le boycott d’Israël est un mouvement international. Ci-dessus, des manifestants rassemblés en août à Berlin.

 

Comme organisation nationale, l’Association des Études américaines (ASA) est relativement petite. Mais son impact cette année sur le discours politique a été énorme. En votant en faveur du boycott universitaire d’Israël, son organe exécutif composé de 18 membres a provoqué un âpre débat nationalement et internationalement, au sein de l’enseignement supérieur et au-delà.

Sur la relation avec Israël, et sur la façon dont ils sont traités, les Palestiniens ont longtemps attiré des discussions passionnées. Mais la  décision prise  quelques jours  avant le Nouvel An par une seule association disciplinaire, de 4000 membres, affirmant qu’elle ne travaillerait plus avec les universités israéliennes a recadré la question de nouvelles façons. Quel est le rôle de l’enseignement supérieur israélien dans les affaires gouvernementales ? Les boycotts vont-ils à l’encontre de la liberté universitaire ? Et de quelle liberté parlons-nous exactement ?

L’ASA n’était pas la première association universitaire à prendre une telle position, mais elle était la première dont les actions – avant le vote du comité exécutif et après l’adoption du boycott par ses membres – ont autant attirer l’attention. Des centaines d’articles d’information et articles d’opinion ont traité de l’initiative de l’association : The New York Times à lui seul a publié plus d’une douzaine d’articles. Cette attention a obligé les universitaires partout dans le monde à prendre parti, révélant de profondes divisions et une diversité des approches.

De nombreux universitaires qui s’opposent à la façon dont sont traités les Palestiniens par Israël ont débattu avec des collègues des raisons pour lesquelles ils pensaient que les boycotts étaient une erreur. Des présidents étonnés se sont trouvés à devoir expliquer les actions – et dans certains cas à choisir de prendre du recul – d’une poignée de professeurs sur leur campus. Quant aux enseignants qui depuis longtemps ont pris fait et cause pour les droits palestiniens, ils ont dit qu’ils pouvaient enfin s’exprimer de façon publique. De nombreux universitaires des deux bords ont été horrifiés quand deux membres du Congrès des États-Unis ont déposé un projet de loi – qui depuis a été bloqué – visant à refuser des fonds fédéraux aux institutions qui soutenaient les boycotts.

Le vote a également incité les partisans du mouvement plus large de Boycott, Désinvestissement et Sanctions à faire avancer leur programme. (Le mouvement a des racines plus profondes en Europe mais il a fait plus récemment une percée aux États-Unis.) Ils ont eu un succès mitigé. En juin, l’Association du Langage moderne a rejeté une résolution qui critiquait le traitement par Israël des universitaires d’origine palestinienne souhaitant entrer en Cisjordanie. Et ce mois-ci, l’Association des Anthropologues américaines a infligé une défaite à une résolution qui s’opposait au boycott universitaire d’Israël, laissant la question d’actualité pour l’année prochaine.

L’avenir de l’Association des Études américaines s’est trouvé lui aussi incertain. Plus de 80 présidents d’universités se sont manifestés comme opposants au boycott, à l’instar de l’Association américaine des Professeurs d’université et d’autres organisations de l’enseignement supérieur. Plusieurs universités ont retiré leur adhésion institutionnelle. Mais l’association a déclaré que le nombre de ses membres avait augmenté d’environ un millier et que la collecte de fonds atteignait un niveau record.

La controverse a continué à suivre l’ASA. En novembre, à la première réunion après le vote du boycott, le sujet a dominé la conversation, et l’organisation a été accusée d’avoir planifié l’interdiction de la présence de représentants d’universités israéliennes (Ce qui ne s’est pas fait).

On ne sait pas clairement combien de personnes ont pu changer d’opinion au cours de ce débat d’une année. Et les questions demeurent. La plus évidente est de savoir si le boycott a eu un quelconque effet. Dans un sens spécifique, non. L’ASA dit qu’elle refuserait de travailler avec des universités israéliennes, mais elle n’a jamais encore reçu de proposition pour lui en donner l’occasion.

À un niveau plus large, cependant, le vote a laissé une marque indélébile. « Nous sommes entrés dans la presse grand public et nous avons soulevé un certain nombre de discussions non visibles auparavant sur Israël-Palestine, » dit la présidente de l’ASA, Lisa Duggan, professeur à l’université de New York. « En ce sens, nous avons fait ce que nous voulions ».

 

The Chronicle of Higher Education : http://chronicle.com/article/2014-INFLUENCE-LIST-/150845/
Traduction : JPP pour l’AURDIP




Avec ou sans la loi sur « l’État-nation », Israël est un Etat colonial et d’apartheid

Posté le 10 décembre 2014 par le Comité National BDS Palestinien

Une déclaration du Comité National BDS Palestinien à l’occasion de la Journée des Droits de l’Homme de l’ONU

Palestine Occupée, le 10 décembre 2014 – Depuis l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de la Résolution 194 des Nations Unies les 10 et 11 décembre 1948, l’ONU a affirmé, à de nombreuses occasions, les droits fondamentaux du peuple palestinien, dont le droit au retour des réfugiés dans leurs maisons et leurs biens, et le droit du peuple palestinien à l’auto-détermination. Cependant, l’ONU ne s’est toujours pas occupée des violations graves et persistantes par Israël de la législation internationale qui empêchent l’exercice de ces droits par les Palestiniens et la mise en cause d’Israël pour ces infractions.

Au bout de soixante-six ans, et à l’occasion de la Journée des Droits de l’Homme de l’ONU 2014, le Comité National Palestinien (BNC) de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS), qui représente tous les secteurs de la société civile palestinienne, réitère sa demande aux Nations Unies et aux Etats membres de reconnaître enfin ce qui est si facile à vérifier : Israël n’est ni un Etat démocratique fondé sur la loi, ni une puissance temporairement occupante telle que définie dans la législation humanitaire internationale. Israël est un régime criminel, colonialiste et d’apartheid, qui opprime et déplace systématiquement les Palestiniens dans le but d’acquérir un contrôle permanent sur un « Etat exclusivement juif » sur la très grande majorité du pays, dont la plupart des Territoires Palestiniens Occupés en 1967 (TPO).

Les éléments de l’apartheid israélien

Le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale définit l’apartheid comme des actes inhumains « commis dans le contexte d’un régime institutionnalisé d’oppression et de domination systématiques d’un groupe racial sur un autre groupe racial, ou d’autres groupes raciaux, et commis dans l’intention de maintenir ce régime. »

L’article 1 de la Convention Internationale sur l’Elimination de toutes Formes de Discrimination Raciale définit la « discrimination raciale » comme « n’importe quelle distinction, exclusion, restriction ou préférence fondée sur la race, la couleur, l’héritage ou l’origine nationale ou ethnique, dont le but serait d’annuler ou d’affaiblir la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice, sur un pied d’égalité, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales dans les champs politique, économique, social, culturel, ou tout autre champ de la vie publique. »

Discrimination raciale institutionnalisée 

L’oppression raciale et la domination d’Israël sur les Palestiniens sont institutionnalisées dans la législation nationale, même sans le nouveau projet de loi raciste sur « l’État-nation juif » qui a été approuvé par le ministère israélien en novembre 2014. Que ce projet de loi soit finalement adopté ou pas par le parlement, la législation israélienne existante permet déjà : 

  • La définition d’Israël en tant que « Etat du peuple juif » et l’impossibilité de se présenter aux élections législatives pour les partis politiques qui récusent ce principe (Loi fondamentale : La Knesset (1985), l’Amendement 9 de 1985). 
  • La réclamation de souveraineté de l’ »Etat du peuple juif » sur le pays tout entier, y compris les TPO (Décret, N° 29 sur 5708 de 1948, sur la zone de Juridiction et d’Autorité). Une autre loi autorise le gouvernement à incorporer à l’État des zones nouvellement saisies (Décret sur la Loi et l’Administration du 27 juin 1967, section 11 B). Sur cette base, Israël traite les TPO comme son propre territoire, exploitant ses ressources naturelles, étendant ses colonies illégales de peuplement juif et annexant Jérusalem Est. Les cartes israéliennes officielles présentent la zone entière de la Palestine mandataire comme Israël, sans aucune référence à des territoires palestiniens occupés. Ainsi, la législation nationale israélienne contredit le concept et les règles de l’occupation selon la législation humanitaire internationale. 
  • L’attribution des « droits nationaux » et de la démocratie aux Juifs seulement. Selon la législation israélienne, il n’y a pas de nationalité israélienne, seulement une « nationalité juive » distincte de la citoyenneté. [1] Le statut et les droits supérieurs de nationaux sont réservés aux personnes classifiées comme « juives » dans la loi israélienne du Droit au Retour (1950), y compris pour les nouveaux immigrants et colons des TPO. La Cour Suprême d’Israël a rejeté les démarches de citoyens qui voulaient être classifiés « Israéliens » dans l’état-civil national, arguant du fait que l’accepter serait une menace pour le fondement de l’identité d’Israël en tant qu’Etat juif pour le peuple juif. 
  • Le droit à l’égalité est omis dans les Lois Fondamentales d’Israël, qui ont le pouvoir d’une constitution. La loi israélienne dite des droits de l’Homme (Loi Fondamentale : Dignité Humaine et Liberté de 1992) exige la conformité aux valeurs d’Israël en tant que « Etat juif et démocratique » et autorise la discrimination raciale sur cette base. Les services des droits de l’Homme de l’ONU ont répétitivement appelé Israël à abroger ou a amender cette loi en accord avec les normes internationales, et même le Département d’État américain a régulièrement critiqué Israël pour son système de « discrimination institutionnelle, juridique et sociétale ». 

En l’absence de droit fermement établi à l’égalité qui pourrait être un atout en justice, le système juridique israélien comporte un myriade de lois discriminatoires additionnelles qui sapent les droits fondamentaux des Palestiniens, y compris les citoyens palestiniens d’Israël. Encore plus important, la législation nationale israélienne, ainsi que les règlements militaires modelés sur la législation nationale israélienne, ne reconnaissent pas l’existence du peuple palestinien, leur statut indigène et leurs droits à la terre, ni leur statut de citoyens selon la législation du Mandat britannique. 

Par exemple : 

  • La Loi israélienne sur la Citoyenneté (1952) exclut les (descendants des) réfugiés palestiniens de tout accès aux droits civiques, faisant d’eux des apatrides définitivement empêchés de revenir. La même loi fait des Palestiniens qui se sont retrouvés sous l’autorité israélienne après la Nakba de 1948, ainsi que de leurs descendants, des « citoyens israéliens », c’est-à-dire avec le statut d’individus sans identité nationale, ni droits indigènes ou collectifs. 
  • L’Inscription dans la Loi israélienne (1952) et l’Inscription dans les ordonnances israéliennes (1974) , qui s’appliquent à Jérusalem Est occupée dans le contexte de l’annexion illégale, y transforment les Palestiniens en « résidents permanents », dans un statut de quasi-étrangers qui ne leur garantit même pas le droit de rester, de partir et de revenir dans leur pays et qui constitue la principale base juridique des continuelles révocations de résidence et déportations de Palestiniens de Jérusalem Est. 
  • S’appuyant sur les règlements militaires qui ont attribué aux Palestiniens ailleurs dans les TPO un statut aussi précaire de « résidents », Israël a abrogé l’état civil et a déporté 140.000 Palestiniens de Cisjordanie et 108.878 de la Bande de Gaza en 1994. Depuis lors, le régime militaire d’Israël traite les Palestiniens de Cisjordanie comme des quasi-citoyens de l’Autorité Palestinienne. Bien que conservant un contrôle total sur l’AP, y compris sur les registres de la population, Israël ne revendique aucune responsabilité concernant les droits fondamentaux de la population palestinienne. Israël inclut aussi la Cisjordanie (le soi-disant district de Judée Samarie) dans ses statistiques démographiques officielles, mais omet de mentionner la population palestinienne qui s’y trouve. 
  • Une série de lois israéliennes régule la confiscation systématique et irrévocable de la terre et des propriétés palestiniennes, et les transfère dans les possessions permanentes de l’État et dans le Fond national Juif (FNJ). Parmi ces lois, on trouve la Loi sur le Bien des Absents (1950), la Loi sur le Droit au Développement (Transfert de Propriété) (1950), le décret sur l’Acquisition de Terre pour le Bien Public (1943) et la Loi fondamentale : La loi israélienne qui régule l’annexion de Jérusalem Est occupée comprend par ailleurs une provision qui permet de réclamer les propriétés juives d’avant 1948 à Jérusalem Est, mais pas de réclamer les propriétés palestiniennes d’avant 1948 à Jérusalem Ouest (Loi sur (la Régulation) des Affaires juridiques et administratives (version consolidée), 1970). 
  • Enfin, une autre série de lois israéliennes transmet le statut et les fonctions publiques d’Israël et des TPO – principalement dans l’administration et le développement de la terre (affectée aux Palestiniens), dans les services publics et communautaires – à des organisations sionistes privées mandatées pour approvisionner exclusivement le « peuple juif » (Loi « statutaire » de 1952 de l’Agence Juive – Organisation Sioniste Mondiale ; Loi Keren Kayemet Le-Israël de 1953 ; Convention avec la Direction Sioniste de 1954). Le résultat de ces lois, associées aux lois ci-dessus du régime de la terre et de la propriété, est que 93 % de la terre en Israël sont passés sous le contrôle de l’État et sont administrés par l’Autorité de la Terre d’Israël (ILA, précédemment Administration de la Terre d’Israël), dans laquelle le FNJ dispose d’une « influence décisive » par la loi, s’assurant que la terre est utilisée exclusivement au bénéfice des Juifs.

Cet assemblage juridique discriminatoire est complété par un état d’urgence toujours en vigueur depuis 1948 et par un jeu de règlements d’urgence. C’est la base de la confiscation des biens palestiniens selon la Loi sur le Bien des Absents, et des actes inhumains tels que la torture, la détention administrative et les démolitions punitives de maisons, commis au nom de la « sécurité », tous en violation des lois et des standards internationaux.

Ségrégation raciale

La ségrégation raciale, c’est-à-dire la séparation forcée et le traitement inégal des populations juive et palestinienne vivant sur le même territoire est un élément de plus dans le système israélien d’oppression et de domination raciales institutionnalisé. La ségrégation raciale (en Hébreu : hafrada) est une politique israélienne officielle qui a été fermement condamnée par le Comité pour l’Elimination de la Discrimination Raciale de l’ONU. Par exemple, le maintien de « services arabes » et de secteurs séparés « juifs » et « arabes » dans l’administration publique d’Israël, ainsi que les régimes d’oppression militaire qui en découlent pour les Palestiniens mais pas pour la population juive, d’abord sur les citoyens palestiniens (1948-1966), puis dans les TPO depuis 1967.

Actes inhumains d’apartheid

Dans le contexte de ce système institutionnalisé de discrimination raciale et de ségrégation, et partant du nettoyage ethnique massif des Palestiniens en 1948, Israël, en tant qu’ »Etat du peuple juif », a inversé la propriété et le contrôle de la terre, changé la composition démographique du pays, et obtenu le contrôle effectif de tout le territoire de la Palestine d’avant 1948. Alors que la plupart des Palestiniens vivaient en citoyens en Palestine jusqu’en 1948, environ la moitié des 11.800.000 Palestiniens vivent aujourd’hui à l’étranger, et près de 70 % sont des réfugiés ou des déplacés de l’intérieur. Alors qu’au moins 90 % de la terre de la Palestine historique appartenaient à des Palestiniens avant la Nakba de 1948, les Palestiniens ne contrôlent réellement aujourd’hui que quelques 10 % de la terre (3 % en Israël, 40 % dans les TPO).

Israël maintient des millions de Palestiniens dans un état sans fin de réfugiés et d’exil forcé. Depuis le « désengagement unilatéral » de Gaza (2005) et la déclaration de l’AP menée par le Hamas comme « entité hostile » (2007), Israël a poursuivi une politique de séparation permanente de la Bande Gaza occupée du reste du pays, dans le but de se débarrasser de la minuscule bande de terre avec sa vaste population palestinienne (1.700.000), la plupart réfugiés (75%) avec des réclamations en suspens de leur terre confisquée par Israël et de leurs maisons (détruites) à quelques kilomètres seulement de là.

Ailleurs, Israël continue à déposséder et à déplacer de force les Palestiniens qui sont restés dans le pays en tant que citoyens d’Israël, résidents de Jérusalem Est occupée, ou sous l’autorité de l’armée israélienne en Cisjordanie occupée. Israël détruit ou s’approprie le patrimoine, les biens communs et les maisons des Palestiniens, confisque les propriétés les ressources naturelles palestiniennes, et refuse les services suffisants aux populations qu’il a privées de ses propres moyens de subsistance et de développement.

Alors que tout ce qui est décrit plus haut s’effectue graduellement comme une affaire de routine administrative, Israël recherche et exploite par ailleurs régulièrement des situations de conflit armé et de crise aigus, comme récemment dans la Bande de Gaza et Jérusalem Est occupés, situations qui jettent un voile de « sécurité » et de « contre-terrorisme » sur l’exécution de ces politiques agressives et sur l’oppression de la résistance palestinienne, au moyen de campagnes punitives et de punition collective.

Les violations par Israël des lois humanitaires internationales et des droits de l’Homme ne sont pas les violations occasionnelles d’un Etat de droit, ni des crimes de guerre accidentels d’une puissance occupante autrement respectueuse de la loi. Fondé sur un système juridique qui définit Israël comme l’État d’une « nation juive », exige la souveraineté dans les TPO et applique discrimination raciale et ségrégation, Israël a systématiquement et délibérément opprimé le peuple palestinien indigène, afin de miner et d’hypothéquer l’auto-détermination et dans l’intention de maintenir son régime de domination juive-israélienne et de l’étendre dans les TPO.

Comme cela a été confirmé par des universitaires renommés de droit international [2], les politiques et décisions israéliennes appliquées toutes ensemble dans ce but contre les Palestiniens rejoignent la définition d’ « actes inhumains » (crimes) d’apartheid dans la Convention sur l’Apartheid de 1973 et le Statut de Rome de la CPI, en particulier : le transfert forcé de population ; la persécution (privation systématique et grave des droits fondamentaux à cause de l’appartenance à un groupe racial) ; le meurtre, la torture, l’emprisonnement illégal et autres privations sévères de liberté physique, et la persécution à cause de l’opposition à l’apartheid.

A l’occasion de cet anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de l’ONU, le BNC exhorte les Etats, les Nations Unies et les individus engagés à assumer pleinement leurs responsabilités face aux graves violations et crimes commis par Israël. Tous les Etats doivent adopter des mesures, y compris des sanctions, afin de mettre fin au colonialisme, à l’apartheid et au transfert de population pratiqués par Israël. Aucun Etat ne doit porter reconnaissance, aide et assistance à leur maintien et les responsables doivent être traduits en justice.

Nous appelons les gens de conscience à travers le monde à intensifier les campagnes BDS pour isoler le régime israélien colonial et d’apartheid sur les terrains académique, culturel, économique et militaire, afin d’amener Israël à se soumettre totalement à ses obligations envers les lois internationales. Ceci doit comporter une pression sur les sociétés pour qu’elles mettent fin à leur complicité économique et sur les institutions pour qu’elles se désinvestissent. Il faut aussi accroître la pression sur les gouvernements pour qu’ils adoptent enfin des mesures efficaces, à commencer par un large embargo militaire, de même que la suspension des accords de libre-échange et de coopération avec Israël.

 

[1] Comme souligné par Miloon Kothari, ancien Rapporteur Spécial de l’ONU pour un Logement Décent, la traduction israélienne officielle de la loi Ezrahut (Hébreu pour Citoyenneté) (1952) en « Loi sur la Nationalité » est trompeuse. Exposé du Rapporteur Spécial pour un logement décent comme partie du droit à un mode de vie décent, Miloon Kothari, Commission sur les Droits de l’Homme de l’ONU, cinquante neuvième session, 15 juin 2002, note de bas de page #4, p.23.

[2]Voir, par exemple, Tribunal Russell pour la Palestine, Session de Cape Town (2011), résumé des conclusions

et aussi, Rapporteur Spécial John Dugard, A/HRC/4/17 (29 janvier 2007) ; Rapporteur Spécial de l’ONU Richard Falk, A/HRC/16/72 (10 janvier 2011), résumé des conclusions.

Source : BNC
http://www.bdsmovement.net/2014/with-or-without-new-nation-state-law-israel-is-a-settler-colonial-apartheid-state-12921




Orange doit cesser sa complicité avec la colonisation israélienne

En cette période de cadeaux de fin d’année, la société Orange va vendre de nombreux smartphones, tablettes et autres matériels de ce genre.
N’oublions pas que cette société, attachée à son chiffre d’affaires, est complice de la colonisation israélienne.

Elle a renouvelé en 2011 un accord de partenariat avec la société israélienne Partner Communications, opérateur de téléphonie qui participe directement aux activités de colonisation en Cisjordanie et sur les hauteurs du Golan.

Cette société dispose de plus de 320 antennes et installations de réseau de télécoms sur des terres confisquées au peuple palestinien au seul bénéfice des colons et de l’armée d’occupation, profite des sévères restrictions imposées par l’armée israélienne aux opérateurs palestiniens et conserve à son profit des taxes et autres montants dus aux Palestiniens. Le partenariat d’Orange porte sur l’usage de la marque Orange, l’aide technique et l’achat groupé de matériel avec des économies d’échelle importantes.

Ainsi Orange, dont le principal actionnaire est l’Etat français, se rend complice d’une politique de colonisation et d’apartheid condamnée par de multiples résolutions auxquelles la France a souscrit : résolutions du Conseil de sécurité et de l’assemblée générale des Nations unies,  IVème Convention de Genève, lignes directrices de l’Union européennes proscrivant tout financement au bénéfice des colonies israéliennes, mise en garde par le Ministère des Affaires Etrangères (et par 16 autres pays européens) des ressortissants et des entreprises tentées d’investir dans les colonies israéliennes. Cette mise en garde a d’ailleurs été publiée sur le site  d’Orange !

De plus la colonisation est un crime de guerre en droit pénal français.

La Campagne BDS France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international), exige avec le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens qu’Orange mette fin à ses accords avec l’entreprise Partner Communications.

Nous vous appelons à signer les pétitions et les cartes postales destinées au président d’Orange et à faire connaître au réseau commercial d’Orange toute l’importance que vous attachez à ce sujet.

Face à la dépossession, la répression, les massacres de cet été et le blocus à Gaza, et à l’humiliation permanente que l’Etat d’Israël impose au peuple palestinien, nous vous invitons à rallier la campagne BDS. Cette campagne, internationale, a été lancée en 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne.

Elle s’inspire du mouvement  qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, se répand dans de nombreux pays (y compris en Israël) et remporte d’importants succès.

La Campagne BDS France – www.bdsfrance.orgcampagnebdsfrance@yahoo.fr




Comptes rendus des actions BDS « Orange » du 13 décembre

Compte rendu action BDS à Montpellier :

Le Comité BDS France34 détourne à son profit l’opération de Com’ d’ORANGE !!

Un changement de programme rondement mené !
Une information de dernière minute nous a amené à modifier nos plans d’actions pour le samedi 13/12/2014. Nous avions prévu une action en grande surface (car nous ne lâchons pas le boycott Mehadrin et Sodastream qui restent nos deux entreprises cibles principales) et en sortant du magasin, une action contre l’agence Orange dans la Galerie Marchande (tracts, scènes de la vie en Palestine, prises de parole etc.)
Mais Orange a annoncé samedi matin par voie de presse une grande opération de com’… que nous avons détourné au profit du BDS et contre Orange qui l’avait amère !

1- Nous avons déplacé notre action de boycott sur un LDL du centre ville (voir compte rendu en fin d’article)

2 –  Nous avons couvert l’événement d’Orange afin de dénoncer leurs connexions avec les objets coloniaux d’Israël et l’entreprise « Partnair Communication » et ainsi leur pourrir totalement leur opération de Com’ (qu’ils ne sont pas prêts d’oublier !).

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Dès que les 3 personnages lumineux sur (courtes) échasses sont apparus et ont commencé à diffuser leurs pub nous sommes intervenus et les avons encerclés de nos panneaux pendant que d’autres diffusaient (800 tracts dans les rues bourrées de monde) et qu’à tour de rôle d’autres militants prenaient la parole pour dénoncer le contrat, la colonisation et expliquer l’appel BDS, le blocus de Gaza, la mort du ministre etc.

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Nous avions commencé par nous excuser auprès des 3 personnes, disant que cette action évidemment ne les visaient pas, que nous étions désolés pour eux, que nous respections leur travail mais que c’était trop grave et que nous nous devions d’intervenir contre Orange.

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Après une quinzaine de minutes ils ont renoncé à diffuser car nous faisons écran avec le public. Le responsable a voulu continuer, a tenté diverses opérations (séparer les 3 personnages etc). mais chaque fois nous nous sommes arrangés pour les « marquer à la culotte » . Ils ont du réduire de moitié les 2h annoncés, ils n’ont rien diffusé et même éteint le placard « Orange » que l’un d’eux portait sur la poitrine ! Il y a même des gens qui nous ont félicité car ils ont cru que les personnages illuminés faisaient partie de notre manifestation (le top!). En effet rien ne les identifiait en tant qu’Orange.

Ils n’ont fait qu’une infime partie du parcours annoncé, n’ont pas osé aller place de la Comédie et au final ils sont resté plus de 20mn à ne rien faire devant une autre succursale Orange (pendant que nous donnions nos explications au micro).

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et enfin ils sont revenus à leur point de départ. Sûr qu’Orange réfléchira à deux fois avant d’annoncer à l’avance ce type d’opération de pub à Montpellier car ils nous ont fourni les moyens médiatiques pour développer nos idées !!
Bravo au Comité BDSFrance 34 qui a su s’adapter dans l’urgence et tirer partie de la situation!

+ action BDS en prélude à LIDL sur ce lien :
https://bdsf34.wordpress.com/2014/12/14/13122014-le-comite-bds-france34-detourne-a-son-profit-loperation-de-com-dorange/


CR action ORANGE de la Coalition BDS 63, 13 décembre 2014 :

Le 13 décembre 2014, la Coalition BDS 63 (40 orgas) a organisé une action BDS ORANGE à Clermont Ferrand, dans le cadre de deux journées d’action nationales de BDS France. Cette action a eu lieu alors que la colonisation de la Palestine se poursuit (Cisjordanie et Jérusalem-Est), que le blocus de Gaza n’est pas levé et que les massacres de l’été 2014 n’ont pas été sanctionnés, que les provocations des extrémistes et du gouvernement israéliens s’intensifient et provoquent la révolte de la population palestinienne.

Seize militants (AFPS, ATTAC, CGT, FSU, LDH, PCF, RESF, SUD, UrgGaza) ont installé 2 banderoles et 2 pancartes BDS et un panneau avec les 4 cartes de la Palestine, devant la nouvelle grande boutique, place de Jaude. Ils ont distribué  600 tracts et collecté 80 signatures de la pétition pour le retrait d’Orange de son partenariat avec Israël dans les colonies en territoires palestiniens occupés. Ils ont discuté avec les passants sur ce partenariat Orange (peu connu de la plupart d’entre eux), et sur la solidarité avec les Palestiniens et le mouvement BDS. Ils ont pris un nombre significatif de contacts pour les informations et actions futures. La direction de la boutique a fait intervenir la police, qui nous a demandé de retirer deux petites pancartes BDS qui étaient appuyées sur le mur du magasin ! Voir les photos, tract et pétition  joints. De nombreux passants nous ont encouragés ; quelques autres ont manifesté leur hostilité à notre action.

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Compte rendu Action BDS contre Orange à Perpignan

salam a toutes et tous, l’action BDS contre Orange sur le quai Vauban s’est très bien passé, nous sommes entrés dans le magasin avec nos affiches et nous avons pu distribué quelques tracts aux clients qui n’étaient pas au courant de cette relation d’Orange avec la société israélienne Partner Communication

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La directrice qui était au courant de cette collaboration qui fait de Orange complice de crimes de colonisation est arrivé et nous avons pu lui demander de faire remonter à sa hiérarchie.

Nous sommes restés devant l’agence a distribuer le tract appelant au boycott d’Orange tant qu’il ne cessera sa collaboration dans la colonisation de la Palestine occupé.

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Nous avons distribué plus de 400 tracts.

Le comité BDSFrance 66 continuera à faire des actions dans le cadre de la campagne BDS et vous invite à nous rejoindre sur toutes les actions BDS sur Perpignan et alentours.

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Parce que Boycotter est notre devoir !!

Cordialement Abdelaziz


Compte rendu action BDS à Valence contre Orange:

chers amis ,

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le 13 décembre 2014,   action  BDS  Orange  , rue Victor Hugo à Valence  ( Drôme) . Campagne   de sensibilisation , d’explications  et de distribution de 250 tracts de 14h à 16h . Excellent accueil de la population dont certains se sont joints à nous .   A reconduire le 20 décembre .

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On  lâche rien  !
Nébia


BDS Marseille, le 13 décembre sur la Canebière

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Quelques images de l’action BDS devant le magasin Orange du centre ville, le 13 décembre 2014. Nous étions une petite quinzaine de militants, et malgré le temps pluvieux, contacts nombreux et intéressants (dont un responsable national Orange), 300 tracts distribués durant 1h30 mn. Contact plus tendu avec le responsable du magasin orange en fin d’action

https://picasaweb.google.com/lh/sredir?uname=106857434195732360109&target=ALBUM&id=6095589351844880449&authkey=Gv1sRgCJ7uh6X23aX-ggE&feat=email




Solidarité contre la Batsheva Dance Company

Phia Ménard
Compagnie Non Nova
5 rue de Bruxelles – CS 33744
44337 Nantes Cedex 3

Boris Charmatz
Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne
38 rue Saint-Melaine – CS 20831
35108 Rennes Cedex 3

Dimitri Chamblas
Same Production
15 rue Chabrol
75010 Paris

Paris le 11 décembre 2014

Chers Phia Ménard, Boris Charmatz et Dimitri Chamblas,

On vous annonce avec vos compagnies et vos œuvres, « Vortex », « L’après-midi d’un foehn », « Aatt enen tionon » et « À bras-le-corps », au Festival International « Santiago a Mil 2015 » au Chili début janvier 2015, où d’autres artistes et groupes internationaux vont participer, y compris la Batsheva Dance Company d’Israël avec la pièce « Decadence ».

Pour Ohad Naharin (chorégraphe & directeur artistique de la Batsheva Dance Company) la danse est « une forme d’illusion, un moment unique qui permet d’échapper à la réalité ». D’autre part, « Pour moi (c’est) un moyen de visualiser le monde dans lequel je vis ». Peut-être ce manque de cohérence n’est-il pas un accident. Pour se rendre véritablement compte du monde dans lequel vit Ohad Naharin, il est conseillé de prendre refuge dans des illusions.

Parmi d’autres, la Batsheva Dance Company est financée par le Ministre de la culture d’Israël et, ce qui pourrait sembler surprenant, par le Ministre des affaires étrangères d’Israël. Au-delà de cela, elle participe à l’initiative « Brand Israel » du gouvernement israélien. L’objectif de cette initiative, lancée en 2006, est de redorer l’image internationale d’Israël par des performances d’artistes et de groupes tels que la Batsheva Dance Company. Cette campagne est une réponse du gouvernement d’Israël au nombre croissant de manifestations autour du monde qui s’opposent aux violations des droits humains et du droit international de la part d’Israël, culminant de façon dramatique l’été dernier lors du siège de la population civile de Gaza. Par le biais d’une « culture » soi-disant non politique, l’image d’un pays démocratique normal devrait être perçue, au lieu de celle dont des millions de personnes à travers le monde sont les témoins.

Dans un article paru en 2008 dans le quotidien israélien Haaretz, l’écrivain israélien Yitzhak Laor a décrit comment cela fonctionne. Des artistes israéliens, dont les performances à l’étranger sont financées par l’État, signent un contrat dans lequel ils sont définis en tant que fournisseurs de services. Ils promettent au ministère qu’ils vont promouvoir « les intérêts politiques de l’État d’Israël par la culture et l’art » ce qui comprend « une image positive d’Israël ».

Arye Mekel, Chef adjoint du département de la culture du Ministère des affaires étrangères d’Israël, a annoncé en 2009, « nous enverrons à l’étranger des romanciers et des écrivains très connus, des compagnies de théâtre, des expositions (…) De cette façon, vous montrez le visage plus joli d’Israël, pour que nous ne soyons pas connus purement dans le contexte de la guerre. » Au même moment, Israël était en train de bombarder Gaza avec des bombes au phosphore, et d’autres armes interdites, et a refusé par la suite de façon catégorique l’investigation par une commission de l’ONU des crimes de guerre commis.

Malgré tout, la Batsheva Dance Company s’est proposée comme ambassadrice de l’État d’Israël. Par conséquent, à chaque performance au festival international d’Édimbourg et ailleurs lors de sa tournée au Royaume Uni, la compagnie a rencontré des manifestations massives à l’extérieur et à l’intérieur des théâtres où elle se produisait, avec le slogan « ne dansez pas avec l’apartheid israélien ». Le même scénario s’est ensuite reproduit à Rome et à Turin, en Italie.

La Campagne BDS France soutient ses camarades de la Campagne BDS Chili dans leur protestation contre la présence de la Batsheva Dance Company. Nous partageons leur horreur face aux crimes d’un État au service duquel la Batsheva Dance Company danse pour « nier la réalité », ou en tout cas pour amoindrir la réalité de l’occupation, de l’apartheid et du refus d’accorder leurs droits humains aux Palestiniens. Détail particulièrement perfide dans ce contexte, « Decadence » fait des emprunts à la tradition musicale arabe.

Évidemment, en tant que membres de la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État israélien tant que celui ci ne respectera pas le droit international), nous faisons la différence entre un État et ses citoyens, et sachez que nous avons des liens avec des artistes, des intellectuels et des activistes israéliens qui œuvrent pour les droits des Palestiniens.

La liberté des arts, de l’expression et de la presse est un atout précieux. Mais elle doit également s’accompagner d’une certaine responsabilité. Par exemple, nous supposons que vous ne voyez pas vos œuvres comme sans aucun rapport avec le monde qui les entoure.

Nous vous écrivons donc à propos de vos performances à Santiago de Chile, où vous vous trouverez dans la compagnie douteuse de la Batsheva Dance Company, et où vous serez amenés à vous positionner face aux manifestations organisées par la Campagne BDS Chili.

Comme Peter Brook, Ken Loach, Jean-Luc Godard, Susan Sarandon, Meg Ryan, Cassandra Wilson, Annie Lennox, Cat Power, Lhasa, Stevie Wonder, Salif Keita, Gilles Vigneault, Nigel Kennedy, Roger Waters, Peter Gabriel, Elvis Costello, Carlos Santana, Gil Scott-Heron, Massive Attack, Angela Davis, Naomi Klein ou Eduardo Galeano, nous espérons pouvoir vous compter parmi les artistes de conscience qui rejoignent la campagne internationale de boycott culturel de toutes les institutions israéliennes telles que la Batsheva Dance Company.

Selon votre engagement, si vous ne pouvez pas annuler votre participation à ce festival, vous pourriez par exemple exprimer votre malaise auprès des organisateurs de « Santiago a Mil 2015 » face à la participation d’une troupe de danse représentant officiellement l’Etat d’Israël. Vous pourriez également refuser de partager tout événement public avec cette troupe. Vous pourriez enfin faire une déclaration publique en ce sens au Chili et, à votre retour en France, signer l’appel de la Campagne BDS France ?

Nous comptons sur vous, et nous restons à votre entière disposition pour vous fournir toute autre information que vous jugeriez utile sur cette question.

La Campagne BDS France
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr
www.bdsfrance.org




Omar Barghouti devant une salle comble à Columbia : Israël n’a pas de réponse au BDS

Philippe Weiss, 6 décembre 2014

L’apparition d’Omar Barghouti à l’université Columbia mardi soir a été ressentie comme un jalon dans le mouvement palestinien de solidarité aux USA. Une grande salle de la fac de droit était bondée et l’ambiance était festive. Des sommités de la communauté participaient, parmi elles Lila Abu-Lughod, Rula Jebreal, Rashid Khalidi, Rebecca Vilkomerson, Nadia Abu El-Haj, Dorothy Zellner et Lia Tarachansky. Le discours de Barghouti a été extrêmement optimiste. Il a dit que le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions remportait des victoires bien plus vite que les organisateurs n’avaient imaginé quand ils ont commencé il y a neuf ans, plus vite que le mouvement sud-africain n’avait progressé. Et le mouvement BDS reçoit le soutien « secret » de l’administration Nétanyahou, qui fait tout son possible pour faire la preuve qu’une démocratie juive est un sophisme.

Le suspense de l’attente que les soutiens d’Israël s’expriment fit long feu, on n’eut pas le genre de show habituel en de telles occasions. La professeure de droit Katherine Franke avait invité la foule à ne pas se comporter civilement dans la discussion sur une des questions morales les plus contestées de notre époque, et à la fin, un homme à l’arrière dit qu’il avait une question courte.

« Croyez-vous que le peuple juif a un droit à l’autodétermination ? » Et si oui, « Où devrait-il être ? ».

Barghouti répondit que ce n’était pas à lui, comme Palestinien, de décider si les communautés juives constituent une nation, ni où elles devraient avoir un Etat. Quoiqu’il fit remarquer qu’il n’y a pas de consensus mondialement parmi les juifs sur s’ils forment ou non un peuple, c’est un débat récent, et en fait jusqu’en 1945 la majorité des juifs ne soutenaient pas une souveraineté juive. Puis il dit fermement :

« Une chose que je sais : pas à mes dépens. S’ils sont une nation et ont un droit à l’autodétermination, pas à mes dépens. Ceci ne leur donne pas le droit de nous expulser ni de prendre notre terre. »

L’audience éclata en applaudissements, la première fois en deux heures qu’un orateur était interrompu par des applaudissements. Barghouti en vint rapidement aux autres questions. L’interrogateur sortit de la salle.

Ceci résume l’esprit de cet événement. Son titre était, « Le moment sud-africain de la Palestine ? ». Barghouti dit qu’enfin la Palestine semblait s’approcher de ce moment. L’orateur Mahmood Mamdani dit qu’il n’en est rien. Je traiterai de l’analyse de Mamdani dans quelques jours. Mais en attendant, voici un résumé des remarques de Barghouti.

Barghouti commença en citant la déclaration de Zeev Jabotinsky de 1923 disant que parce que les Palestiniens n’accepteront jamais la saisie sioniste de leurs terres, les Sionistes doivent construire un « mur de fer » et convaincre les Palestiniens qu’il est impossible de résister à la colonisation. Barghouti dit que dans la vue géopolitique de l’époque, il était réaliste pour les sionistes de conclure que les Palestiniens abandonneraient la lutte, et si Jabotinsky pouvait voir le Président Mahmoud Abbas aujourd’hui, il « ferait la fête dans sa tombe : ‘Voyez, je vous l’avais dit, ils ont laisser tomber’ ».

Mais l’histoire récente montre que les Palestiniens n’ont pas abandonné, et en réalité ils inspirent la sympathie et l’attention du monde.

« Les dernières discussions en Israël sur la loi de l’État-nation juive a mis sur l’avant-scène la possible divulgation de tout le projet sioniste. Et ce ne sont pas mes paroles, ce sont les paroles de certains leaders très importants en Israël, qui le disent. Ce qui se passe, c’est que le caractère d’oxymore d’une identité « juive et démocratique » de l’État d’Israël se révèle.

Je peux comprendre la frustration de l’extrême droite en Israël. « Pourquoi le monde entier, même les USA, est contre nous sur cette nouvelle loi ? Pourquoi sont-ils aussi furieux ? Nous n’avons jamais cessé de le faire, nous ne faisons que formaliser ».

Depuis sa mise en place en 1948, Israël a discriminé en permanence par la loi les Palestiniens du pays. Autrement qu’en les nettoyant ethniquement, bien sûr. Alors pourquoi tout le monde est-il si mécontent quand ils essaient de codifier l’identité juive de l’État ? Certains disent que c’est aux dépens de l’identité démocratique. Quelle identité démocratique ? Quand vous avez 50 lois qui discriminent contre une minorité parmi vos citoyens, ce n’est pas de la démocratie….

Ce que font Nétanyahou et son gouvernement d’extrême droite, c’est de démonter cet oxymore. Il ne peut plus exister. Soyons vraiment honnêtes, oubliez la démocratie. Il s’agit d’une ethnocratie… C’est un État juif suprématiste. Alors – pas de faux semblant de démocratie. Et il s’agit d’un développement très important parce qu’il révèle la nature réelle d’Israël. Le masque de la soi-disant démocratie d’Israël a été jeté. »

Barghouti continua sur les tactiques et les succès du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions.

« Nous le voyons comme notre but, dans le cadre de ce que le mouvement BDS  fait dans ce pays: détromper les Américains du mythe d’un empire bénéficiant à tous… Seulement quand la majorité des gens de ce pays réaliseront qu’Israël ne sert pas l’intérêt général des Américains, mais les intérêts d’1%. La grande majorité des Américains ne peuvent nullement bénéficier de ce qu’Israël fait au peuple palestinien.

Shabtai Shavit, un ancien chef du Mossad a écrit dans Haaretz il y a une quinzaine de jours que pour la première fois de sa vie, il s’inquiétait réellement de l’avenir du projet sioniste. Shabtai Shavit n’est pas un gauchiste. Ce n’est pas votre Che Guevara typique mais un sioniste endurci honnête et bon teint. Il s’inquiète vraiment, vraiment… Il dit : l’Europe se ferme devant nous, les marchés européens, même les USA, notre meilleur ami, la relation ne peut pas être pire, c’est un abîme sans précédent. Et le troisième point qu’il mentionne comme indicateur de son désespoir, c’est que les campus universitaires occidentaux, comme le vôtre, sont les incubateurs des futurs dirigeants de leur pays. Il dit : nous perdons la bataille du soutien pour Israël dans le monde universitaire. De plus en plus d’étudiants juifs se détournent d’Israël. Le mouvement BDS mondial a grandi et pas mal de juifs en sont membres.

C’est une des rares fois où un leader israélien mentionne la dimension juive du mouvement BDS. Elle est complètement ignorée. »

Barghouti a dit que quand il a écrit un éditorial pour le New York Times en janvier, « Pourquoi Israël craint le boycott », il a dû insister pour inclure le fait que BDS a un soutien juif petit mais fort. Ce fut un « point extrêmement difficile que j’ai eu à négocier avec le New York Times ».

Lors de ses venues aux États-Unis, on lui demande systématiquement d’en rabattre sur le troisième pilier de l’appel BDS, honorer le droit au retour des réfugiés palestiniens. En vérité, c’est le droit le plus significatif du peuple palestinien. Le pourcentage de Palestiniens réfugiés, en incluant ceux déplacés à l’intérieur d’Israël, avoisine 69 %. « C’est pourquoi, absolument, le droit au retour est le droit le plus significatif de l’appel BDS ».

Ensuite, Barghouti est allé décrire le grand succès du mouvement, et pourquoi il croit qu’Israël s’approche de son moment sud-africain.

L’appel BDS a été modelé sur l’appel sud-africain de boycott et de désinvestissement, mais on ne fait pas du copier-coller. Il y a des différences importantes. « Sur plusieurs aspects, Israël est un système pire que l’apartheid sud-africain ». Israël a commis un nettoyage ethnique et des massacres qui sont pires que les épisodes sud-africains, comme lui ont dit ses partenaires.

« « Nous n’avons jamais vu de bombes de F16 sur nos Bantoustans. Nous n’avons jamais vu de plaques d’immatriculation différentes sur les voitures ». Et ainsi de suite. »

Israël un système plus sophistiqué et évolué d’oppression que l’Afrique du Sud. Et le mouvement BDS s’est développé plus vite qu’en Afrique du Sud.

« Depuis que le mouvement BBS a été lancé, nous avons réalisé bien plus en neuf ans que ce que nous avions pensé possible à l’origine. En vérité, le mouvement est parti bien, bien plus rapidement qu’en Afrique du Sud. Il y a de nombreuses raisons à cela. Israël est au centre de l’univers ; les Israéliens tendent à y croire – mais d’une certaine façon, ils y sont, à cause du pouvoir des USA, de l’holocauste, de nombreux facteurs. Internet. »

Les communiqués du mouvement antiapartheid sud-africain à ses supporters dans l’université de Columbia venaient par quelques fax clandestins dans le sous-sol de quelqu’un, dit Barghouti. Maintenant, les médias sociaux et les e-mails rendent ces communications vastes et instantanées.

En 2013, Israël a classé officiellement BDS comme « menace stratégique », quand il a transféré la lutte contre le mouvement du ministère des affaires étrangères, un ministère de propagande, au ministère des affaires stratégiques.

« Pourquoi Israël, une puissance nucléaire toujours très puissante économiquement, serait-elle effrayée de cette nuisance non violente comme ils nous ont qualifié au début ? Eh bien, j’aurais très peur à leur place. Je peux être un peu plus malin qu’eux sur le moyen de la combattre. Mais je ne vais pas leur dire. [Rires]. Je pense que leur Q.I. est en baisse. Je ne sais pas ce qui arrive au sionisme. Mais quand je venais étudier ici, les sionistes étaient très malins… Soit les personnes malignes ont abandonné le sionisme soit le Q.I. moyen des sionistes a baissé, mais vraiment ils ne pensent pas de façon cohérente. Parce qu’ils ne sont pas parvenus à une seule tactique intelligente pour combattre BDS…depuis 2005. Je ne vais pas me rendre arrogant. Je veux dire, sérieusement, que nous ne sommes pas sérieusement défiés. Ça devient une porte ouverte. »

Pendant des années la bataille a porté sur l’image d’Israël. Israël a injecté des milliards pour requalifier le pays en démocratie libérale, en paradis pour les homosexuels, les scientifiques, les artistes et les entrepreneurs et pour exploiter abusivement le génocide des juifs pour renforcer son image, a dit Barghouti. Et pourtant il lutte en impopularité avec la Corée du Nord qui n’a rien dépensé en propagande.

« À nouveau le problème est – si on parle de QI, – vous faites un massacre à Gaza et ça [la campagne d’image] disparaît d’un seul coup. Ça ne marche pas. OK vous pouvez exporter vos ballerines et vos musiciens. Mais alors vous commettez un grand crime de guerre et ça s’évanouit. Les gens ne sont pas idiots. »

Barghouti décrivit une liste des triomphes du BDS lors des une ou deux dernières années, dont beaucoup dans les communautés universitaires et religieuses. Il y a un an, il n’aurait pas pu dire si le mouvement avait un impact économique sur Israël. Maintenant il peut. Il cita les désinvestissements bancaires en Europe et la vente par Bill Gates d’actions dans un entrepreneur pour les prisons israéliennes, G4S.

Il y eut une époque dit-il, où la phrase « Made in Afrique du Sud » était « toxique, intouchable ». Il ajoute : « Nous n’en sommes pas là, mais nous nous en rapprochons ».

Israël a aidé cette tendance.

« Ils ne viennent pas avec des solutions rationnelles au BDS. Pas qu’il y ait une solution facile… Il n’y aura pas de solution jusqu’à ce que le système d’oppression qui a été révélé au monde… principalement grâce au mouvement BBS et au gouvernement d’apartheid [,finisse]. Nous devons en louer Nétanyahou. Sans lui nous ne serions pas parvenus aussi loin à présent. Cela pourrait avoir pris plus, bien plus de temps, mais grâce au gouvernement israélien, notre plus grand soutien clandestin dans le monde, nous avançons bien plus vite. »

Il ressort de plus en plus que le Moment sud-africain d’Israël arrive enfin, a-t-il dit.
Voir plus à: http://mondoweiss.net/2014/12/netanyahu-barghouti-celebratory#sthash.uDF2Fwqe.dpuf

Traduction : JBB-CCIPPP




Soutien du syndicat étudiant US UAW 2865

Historique : UAW 2865, le syndicat des étudiants salariés de l’université de Californie, devient le premier grand syndicat de salariés U.S.  à soutenir, par un vote d’adhésion, le désinvestissement d’Israël

 

UAW 2865 – Conseil exécutif – 11 décembre 2014

En solidarité avec les salariés et étudiants palestiniens.

Par leur vote, les adhérents approuvent l’appel au désinvestissement à 62 % :

52 % se sont engagés à soutenir le boycott universitaire.

« C’est une victoire décisive pour la justice pour les Palestiniens. Après des mois de campagne, cela est encourageant pour nous qu’autant d’adhérents aient participé à ce vote et aient fait entendre leur voix. C’est un hommage à l’engagement de nos adhérents pour tout ce qui concerne la justice sociale. Ce vote est la première étape de notre engagement pour la solidarité avec les Palestiniens sous occupation confrontés à des lois discriminatoires, et nous continuerons à agir pour une solidarité concrète dans le cadre de notre participation plus large aux luttes antiracistes et anticoloniales. »

Kumars Salehi, adhérent

« Nous nous consacrons à créer un lien entre les mouvements étudiants et salariés aux États-Unis et les mouvements étudiants et salariés dans les autres parties du monde, dont la Palestine. En tant qu’étudiants-salariés luttant contre les agressions qui frappent l’éducation ici, en Californie, et les mesures répressives de plusieurs décennies contre le monde salarié en général aux États-Unis, nous savons que la solidarité internationale des salariés nous rend plus forts, et nous soutenons les étudiants et les salariés palestiniens et l’ensemble de la société palestinienne dans leur lutte de plusieurs décennies contre la dépossession, l’occupation et l’apartheid. »

Loubna Qutami, adhérente

UAW 2865, syndicat de salariés qui représente plus de 13 000 aides-enseignants, assistants et autres étudiants-salariés de l’université de Californie, est maintenant le premier grand syndicat de salariés des États-Unis à avoir organisé un vote de ses adhérents en réponse à l’appel de la société civile palestinienne pour les boycott, désinvestissement et sanctions contre l’occupation israélienne et en solidarité avec l’auto-détermination palestinienne. Le vote a approuvé le soutien à 65 % (près des deux tiers) des adhérents votants. Plus de 2100 adhérents ont voté, un hommage à la démocratie syndicale.

La mesure demande :

1 – à l’université de Californie de se désinvestir des sociétés impliquées dans l’occupation et l’apartheid israéliens ;

2 – à UAW International de se désinvestir de ces mêmes sociétés ;

3 – au gouvernement des États-Unis de mettre fin à l’aide militaire à Israël.

4 – 52 % des adhérents votants se sont engagés à « ne pas participer à des recherches, conférences, événements, programmes d’échanges, ou tout autre activité, qui seraient parrainés par des universités israéliennes complices dans l’occupation de la Palestine et la politique coloniale de l’État d’Israël » jusqu’à ce que ces universités prennent les mesures permettant de mettre fin à leur complicité avec la dépossession, l’occupation et l’apartheid.

1136 adhérents ont promis d’observer le boycott universitaire, une réflexion sur les façons dont les étudiants salariés agissent concrètement pour mettre en œuvre la solidarité.

 

En juillet, le Conseil conjoint du syndicat, composé de 83 responsables élus de neuf campus universitaires de Californie, a publié une lettre ouverte exposant les grands axes du soutien à l’appel de la société civile palestinienne pour les Boycott, Désinvestissement, et Sanctions (BDS) « contre les institutions publiques et les sociétés qui profitent de l’apartheid et de l’occupation israéliens des Palestiniens ». Cette lettre ouverte annonçait l’intention d’organiser un vote des adhérents sur cette question au cours de la prochaine année universitaire. Le Conseil conjoint d’UAW 2865 a pris ces mesures pour répondre à l’appel à la solidarité de tous les grands syndicats palestiniens, dont l’Association palestinienne des enseignants d’université, la lettre ouverte du Conseil conjoint a été suivie de quatre mois de débat interne avant l’élection et d’un engagement profond des adhérents de tout le pays.

Le but de la stratégie mondiale non violente de BDS est qu’Israël arrête la confiscation des terres et les violations des droits de l’homme contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, qu’il reconnaisse les droits des citoyens palestiniens d’Israël alors qu’il existe plus de 50 lois israéliennes discriminatoires à leur encontre, et qu’il respecte le droit des réfugiés palestiniens, conformément à la législation internationale, à revenir dans leurs foyers.

UAW 2865 rejoint plusieurs syndicats de salariés du Royaume-Uni et d’Irlande, UNITE de Nouvelle-Zélande, CUPE au Canada, COSATU en Afrique du Sud, et de nombreux syndicats de dockers à travers le monde. Il rejoint aussi ces voix citoyennes de plus en plus nombreuses du mouvement salarié aux États-Unis, notamment celles de la base du syndicat international des Dockers (ILWU – Local 10) qui ont soutenu les grévistes de la communauté et réussi à empêcher les navires israéliens de décharger leurs marchandises, tout comme ils s’étaient investis dans le mouvement contre l’apartheid d’Afrique du Sud, et les centaines de syndicalistes qui ont signé la déclaration Labor for Palestine. Au sein même d’UAW, Local 2865 suit le précédent des travailleurs arabo-américains de l’automobile à Détroit, en 1973, qui ont protesté contre l’achat d’obligations israéliennes pour financer les saisies des terres palestiniennes. Tout comme les salariés noirs de chez Polaroid aux États-Unis qui ont lancé un boycott de leur société pour aider aux carnets de l’apartheid pour les Sud-Africains, nous soutenons les salariés des autres industries ayant un syndicat UAW à faire pression sur leurs employeurs pour qu’ils s’engagent dans des pratiques commerciales socialement responsables afin que cesse l’occupation illégale des Palestiniens.

Dans sa majorité, le syndicat des étudiants diplômés et salariés rejoint les conseils des étudiants diplômés de l’université UC Berkeley, UC San Diego, UC Riverside, UC Irvine, et UCLA, qui ont adopté des résolutions en soutien au désinvestissement.

Nous sommes infiniment reconnaissants pour l’énorme soutien de nombreuses personnes et organisations, notamment pour ces lettres de soutien de plus de 700 sympathisants des communautés juives, de salariés féministes et homosexuels, faisant le lien entre la campagne et la répression contre la militante féministe palestino-américaine Rasmea Odeh, parmi les lettres de beaucoup d’autres groupes qui ont été postées sur une page Facebook en soutien à l’initiative.

 

Pour plus d’informations, voir : uaw2865.org

Contacts Presse : Union Contact : Katy Fox-Hodess (UAW 2865 Executive Board), katyrose chez gmail.com, 510-705-3144

http://www.uaw2865.org/?p=15179

traduction : JPP pour l’AURDIP

http://www.aurdip.fr/historic-uaw-2865-uc-student.html




Regards sur la Palestine à Clermont-​​Ferrand – Ciné – débat « The Lab »

90 personnes ont assisté à la projection de The Lab, film documentaire du réalisateur israélien Yotam Feldman, dimanche 7 décembre 2014, au Cinéma le Rio à Clermont-​​Ferrand, en partenariat avec Association France Palestine Solidarité 63.

Après les mas­sacres per­pétrés par l’armée israé­lienne à Gaza, le dernier en juillet-​​août 2014, et les agres­sions per­ma­nentes contre l’ensemble de la popu­lation pales­ti­nienne, ce film sur le commerce très lucratif des armes testées sur les Palestiniens est d’une brû­lante actualité (*).

« The Lab » est un outil de sen­si­bi­li­sation efficace pour la Cam­pagne BDS contre la coopé­ration mili­taire avec Israël. A l’issue de la pro­jection la quasi-totalité des spectateurs ont participé à un débat animé par Sivan Halévy, membre de BDS France, sur le film, sur la société israélienne (ses inégalités, discriminations, fuite en avant décomplexée et besoin de guerre), sur « LesAmiEs de Tarabut – LAT » (Tarabut-Hithabrut est un mouvement israélien anticolonial juif/arabe), et sur la nécessité d’intensifier la cam­pagne BDS (Boycott – Dés­in­ves­tis­sement – Sanctions).

L’AFPS 63 présentait aussi 3 tables de presse (brochures, tracts et pétitions), de vente de produits et d’artisanat palestiniens, et de dégustation de pâtisseries et jus de fruits, qui ont permis de prolonger les échanges. Le montant des ventes solidaires a été de 600 euros. Plusieurs citoyen(ne)s ont laissé leur contact pour nos futures actions, et des dizaines de stickers « TEVA, j’en veux pas » ont été collés sur les cartes Vitale des spectateurs.

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(*) Le réa­li­sateur Yotam Feldman dévoile l’industrie mili­taire israé­lienne et son fonc­tion­nement. Il montre le rôle de cette industrie au sein de la société et de l’économie israé­liennes. 20% des expor­ta­tions israé­liennes sont mili­taires ou d’ordre mili­taire et Israël est main­tenant le qua­trième plus gros expor­tateur de matériel mili­taire, pour des millards de dollars. Le com­plexe militaro-​​industriel israélien déve­loppe et teste de nou­velles armes.

Il raconte comment le gou­ver­nement d’Israël utilise la guerre contre les Pales­ti­niens pour inventer, uti­liser et vendre des armes au monde entier. Cela fait froid dans le dos…Ce qui fait la valeur des armes qu’il vend, c’est qu’elles sont TESTÉES en vraie grandeur sur les Palestiniens ! Il pose la question de manière très crue : Israël a-​​t-​​il intérêt à faire la paix ?

http://​www​.agen​ce​me​dia​

Le matériel mili­taire, sophis­tiqué, tel les drones sans pilotes, a été testé contre le peuple pales­tinien et répond aux stan­dards des guerres modernes. L’Etat d’Israël l’exporte alors aux puis­sances occi­den­tales, inté­ressées à pouvoir s’en servir contre les peuples sous domi­nation colo­niale ou néo-​​coloniale, ou pour briser les révoltes de leurs peuples contre les consé­quences de la crise du capitalisme.

Voir aussi : http://www.france-palestine.




Appel du BNC : Aidez le mouvement BDS à atteindre de nouveaux sommets

Voir la VIDEO du BNC

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Cet été, dans la bande de Gaza, Israël a lancé son plus sanglant massacre de Palestiniens. Plus de 2190 Palestiniens ont été tués et Israël a visé délibérément les civils et les infrastructures civiles.
Mais 2014 a aussi vu un niveau sans précédent de solidarité avec la lutte palestinienne. Des centaines de milliers de gens ont descendu dans la rue pour protester contre l’attaque d’Israël sur Gaza, et le mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) acquiert un soutien massif des personnes et des organisations dans le monde.
Grâce aux campagnes dévouées et créatives des militant-e-s du monde, entier, le mouvement BDS commence à avoir un réel impact.
Les exportateurs israéliens se plaignent d’avoir plus de mal à exporter leurs produits à cause de la montée du boycott.
Les grandes sociétés commencent à réaliser qu’être associées à l’apartheid israélien, c’est mauvais pour les affaires, et de grands fonds de pension désinvestissent des entreprises criminelles qui participent aux crimes israéliens.
‘La marque Israël’ est de plus en plus toxique. Les dirigeants israéliens s’inquiètent qu’Israël devienne rapidement un Etat paria.
Mais nous avons tant à faire en plus !

Le Comité national du BDS palestinien, coalition de la société civile palestinienne qui dirige le mouvement BDS mondial, lance son premier appel de collecte de fonds.
Nous envisageons de nouveaux horizons ambitieux.
Avec votre soutien, nous prévoyons de développer des campagnes encore plus percutantes, de réaménager le site BDSmovement.net en une ressource multilingue pour le mouvement et de publier toute une gamme de matériels de recherche et de campagne pour une meilleure efficacité de la campagne BDS.
S’il vous plait, soutenez BDS dès ce jour en faisant un don qui nous aidera à faire de 2015 l’année de nouveaux sommets du mouvement de boycott. Ce sera une réelle contribution à la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité.

Pour faire un don : http://bnc.believe.in/appeal/help-the-bds-movement-reach-new-heights-2/ 

25$ – Pourrait payer des posters, des stickers et d’autres matériels pour nous aider à communiquer sur BDS à un public plus nombreux. Donnez 25$ ou plus et recevez un message de remerciements téléchargeable représentant une œuvre d’art de l’animation ci-dessus.

100$ – Pourrait financer la transformation de BDSmovement.net en un portail multilingue pour le mouvement BDS. Donnez 100$ ou plus et recevez un T-shirt exclusif représentant une œuvre d’art de l’animation ci-dessus.

250$ – Pourrait financer des recherches de pointe sur la criminalité des entreprises qui soutiennent l’apartheid israélien. Donnez 250$ ou plus et recevez un exemplaire du bol artistique « Old News from Palestine » du projet Disarming Design.

Traduction: JPB pour BDS France




Boycott universitaire aux Etats-Unis en 2014

Si toutes les universités étasuniennes ne rejoignent pas encore la campagne BDS, la plupart sont conduites à l’envisager, et donc à discuter de la Palestine sur les campus, dans les syndicats étudiants etc.

Dans l’article suivant, Tithi Bhattacharya revient sur 2014, année spectaculaire pour le boycott universitaire aux Etats-Unis.

La crainte israélienne du boycott est enracinée dans les victoires tactiques historiques sur le colonialisme

Tithi Bhattacharya, Electronic Intifada, le 4 Décembre 2014
http://www.pourlapalestine.be/index.php?option=com_content&view=article&id=1922:la-crainte-israelienne-du-boycott-est-enracinee-dans-les-victoires-tactiques-historiques-sur-le-colonialisme&catid=76:partout-il-y-a-des-gens-qui-agissent
http://electronicintifada.net/content/israels-fear-boycott-rooted-tactics-historic-victories-against-colonialism/14075

  1. University of California, Los Angeles: le 26 février 2014, rejetée
  2. Arizona State University: le 18 mars 2014, reportée
  3. University of Michigan, Ann Arbor: le 25 mars 2014, rejetée
  4. Loyola University: le 27 mars 2014, véto
  5. University of Michigan-Dearborn: le 28 mars 2014, votée
  6. Cornell University: le 10 avril 2014, reportée
  7. San Diego State University: le 23 avril 2014, rejetée
  8. University of California, Santa Barbara: le 23 avril 2014, rejetée
  9. University of California, Riverside: le 23 avril 2014, votée
  10. Wesleyan University: le 4 mai 2014, votée
  11. University of California, Davis: le 8 mai 2014, rejetée
  12. University of New Mexico: le 10 mai 2014, véto
  13. University of Washington: le 20 mai 2014, rejetée
  14. DePaul University: le 23 mai 2014, votée
  15. University of California, Santa Cruz: le 27 mai 2014, votée
  16. UAW 2865 (treize mille travailleurs et étudiants de neuf campus de l’Université de Californie): le 4 décembre 2014, votée

De plus, l’Association des études sur la paix et la justice, l’Association des langues modernes, l’Association nationale des études féminines et l’Association américaine d’anthropologie envisagent également prochaînement de soumettre au vote des résolutions BDS…




BDS : Une université de plus

Communiqué de presse : Suite a une victoire historique pour le mouvement BDS, les etudiants du premier cycle a Concordia invitent tous les etudiants a l’action

Montréal, le 8 décembre 2014

Les étudiants ont voté ‘Oui’ aux boycotts, désinvestissements et sanctions contre l’occupation et la ségrégation des Palestiniens par Israël

BDS-demo

Les étudiants du premier cycle de l’université Concordia ont voté ‘Oui’ aux boycotts, désinvestissements et sanctions contre l’occupation illégale du territoire palestinien et l’oppression de son people, et invitent tous les étudiants à se joindre au comité BDS. “En participant à ce mouvement global de la société civile pour les droits humains des Palestiniens, les étudiants soulignent l’engagement de notre campus pour la justice sociale et la responsabilité morale collective,” a dit Javier Hoyos, président du comité ‘Oui aux BDS.’

“Nous remercions les étudiants pour leur force de caractère et leur courage en contestant la complicité de notre université avec les violations des droits humains internationaux,” a ajouté Hoyos. “Nous sommes ravis que les étudiants aient eu l’occasion, au moment du vote, de lire l’information accompagnant la question modifiée, car ceci leur a permis de prendre une décision informée en dépit de la diffamation du mouvement BDS par l’opposition et de son changement de la question à peine quelques heures avant l’ouverture du scrutin.”

La question initiale proposée par le comité pour le Oui affirmait que le mouvement BDS s’oppose à l’occupation de la Palestine par Israël jusqu’à tant que ce dernier respecte la loi internationale et les principes universels des droits humains. Au travers de son occupation et de ses colonies, Israël transgresse de nombreuses résolutions des Nations Unies, tout comme les conventions de Genève. Rappelons aussi que la Cour internationale de justice a décrété que le mur d’Israël est illegal. Le vote pour les BDS à Concordia représente un pas en avant dans la pression efficace et non-violente pour qu’Israël remplisse ses obligations à l’intérieur de la loi internationale, en suivant l’exemple du mouvement global de boycott pour abolir l’apartheid en Afrique du Sud.

Donc les BDS visent la fin de l’occupation et la colonisation du territoire palestinien par Israël et la démolition du mur; la pleine égalité pour les citoyens arabo-palestiniens d’Israël; et le respect du droit au retour des réfugiés palestiniens tel que stipulé dans la résolution 194 des Nations Unies.

Le mouvement BDS s’oppose à toute forme de racisme et ne vise aucun individu, mais plutôt les institutions complices de l’apartheid israëlien. “Notre prochain pas sera d’inviter les étudiants de notre université à se joindre au comité BDS et à continuer de mener une recherche approfondie au sujet des liens de l’université Concordia avec des institutions complices de l’occupation israëlien,” a dit Hoyos.

Les résultats du référendum de vendredi soir veulent dire que les deux plus grandes associations étudiantes accréditées à l’université Concordia appuient dorénavant la campagne BDS; la Concordia Student Union (CSU) se joint maintenant à la Graduate Students’ Association (GSA) qui a endossé le mouvement BDS en janvier 2013.

Contact:

Javier Hoyos, président du comité ‘Oui aux BDS’
concordiabds [at] gmail [dot] com

https://yestobds.wordpress.com

https://www.facebook.com/concordiabds




La crainte israélienne du boycott est enracinée dans les victoires tactiques historiques sur le colonialisme

Cette semaine, l’UAW 2865, qui représente treize mille travailleurs étudiants de neuf campus de l’Université de Californie, est devenu le premier syndicat aux États-Unis à rallié le mouvement sous direction palestinienne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre Israël.

Le choix du syndicat, le 4 décembre, tombe dans le sillage d’une période capitale d’organisation de BDS dans les campus des écoles et au sein d’organisations savantes – un processus marqué par une victoire spectaculaire de notre camp lorsque l’ Association des études américaines s’est prononcée massivement pour les BDS en décembre 2013. Elle suivait en cela l’Association des études asiatiques et américaines qui, en avril 2013, était devenue la première association savante à adopter les BDS.

Et ce, malgré – et en réponse à – la violence déchaînée par Israël sur les vies des Palestiniens et leurs foyers au cours de cet été, lors de la campagne militaire génocidaire contre Gaza.

Une façon d’évaluer notre succès consisterait à mesurer le degré d’indignation des organisations sionistes, telle la Ligue anti-diffamation.

Cette ligue a établi une liste alphabétique de tous les campus universitaires qui, en 2014, ont envisagé ou choisi les BDS. Ce nombre, pour la seule année 2014, est impressionnant : quinze, dont cinq conseils estudiantins qui, en fait, ont adopté une motion BDS, généralement à une énorme majorité.

« Plus déconcertante encore, peut-être », estime la Ligue anti-diffamation, « c’est l’ampleur à laquelle le soutien aux BDS s’est infiltré dans le domaine de l’érudition. »

Suite au vote de l’Association des études américaines, plusieurs organisations savantes – y compris l’Association des études sur la paix et la justice, l’Association des langues modernes et l’Association nationale des études féminines – ont également adopté ou envisagent de soumettre au vote les résolutions BDS.

Il se fait aussi que le 4 décembre — le jour où l’UAW 2865 votera à propos des BDS — marque le premier anniversaire de la victoire de l’Association des études américaines.

La tactique des dépossédés

Sans aucun doute, la veille du vote et son lendemain verront une escalade de la propagande sioniste contre les BDS. Il est donc important de faire deux remarques, lorsque nous nous organiserons en vue de l’avenir :

Primo, historiquement, le boycott est une tactique utilisée par les dépossédés contre les puissants.

Ce n’est pas une tactique nouvelle. Le boycott a des racines profondes dans la lutte anti-impérialiste, et ce, au niveau international.

Les Palestiniens figurent parmi bien d’autres combattants anti-impérialistes dont la riche et fière histoire de lutte mérite qu’on la rappelle aujourd’hui – pas simplement parce qu’elle devrait faire partie de notre mémoire historique collective, mais aussi parce que ces combattants l’ont emporté sur leurs oppresseurs.

Secundo, la tactique des BDS présente des difficultés particulières pour Israël et ses alliés, parce qu’il s’agit d’un mouvement international et qu’il n’est pas lié à des États nations particuliers ou à leurs dirigeants.

L’appel de 2005 aux BDS en provenance de la société civile palestinienne a constitué à la fois un signal important et un appel à la solidarité.

Ç’a été le signal que le peuple palestinien ne pouvait plus dépendre des élites dirigeantes arabes pour lui assurer une victoire légitime, en raison de leurs compromis avec le néolibéralisme et l’impérialisme américain.

Par conséquent, ç’a été un appel à la solidarité à ceux sur qui les Palestiniens pouvaient compter : tout un ensemble de citoyens internationaux qui pouvaient se tenir à leurs côtés, souvent contre le gouvernement même de leurs pays respectifs.

Mais ces caractéristiques des BDS méritent d’être examinées.

Isoler les impérialistes

Le boycott, en tant que tactique de résistance, tire son nom d’un certain capitaine Charles Boycott.

Boycott était un agent agraire de l’Irlande du dix-neuvième siècle ; il gérait les biens fonciers d’un important propriétaire terrien, Lord Erne, dans le comté de Mayo. Boycott était connu pour sa cruauté et sa brutalité remarquables envers les Irlandais qui travaillaient sur ses terres.

Mais tout ne se passa pas très bien pour le capitaine Boycott, dans cette histoire. Quand il tenta d’expulser ses métayers irlandais en 1880, les travailleurs, organisés par la Ligue irlandaise de la terre, soumirent Charles Boycott à un « boycott ».

Toute la communauté participa à la campagne en vue d’isoler les impérialistes. Les travailleurs arrêtèrent le travail sur ses terres, des magasins refusèrent de le servir ; il ne trouva même plus personne pour faire ses lessives.

Finalement, Boycott quitta l’Irlande en 1880, mais pas avant de nous léguer le verbe « boycotter », en hommage aux centaines d’Irlandais ordinaires qui l’avaient chassé de leur terre.

La campagne suivante de boycott massif menée à bien fut le mouvement swadeshi, au Bengale, dans l’Inde alors occupée par les Britanniques. Lors d’une réunion à l’Hôtel de Ville bondé de Calcutta, le 7 août 1905, d’éminents nationalistes du Bengale lancèrent un appel au boycott de toutes les marchandises et institutions britanniques afin de protester contre la décision du vice-roi de l’époque, Lord Curzon, de procéder à la partition du Bengale et d’alimenter les tensions religieuses entre hindous et musulmans.

La décision des nationalistes bengalis de boycotter le pouvoir colonial était une fois de plus enracinée dans l’internationalisme. Son inspiration venait en partie du boycott chinois des marchandises américaines en protestation contre les lois racistes d’immigration – et cette tactique fut jugée valable par les nationalistes bengalis radicaux.

Le boycott de 1905 s’est épanoui en une campagne de résistance passive à grande échelle, marquée par des incinérations publiques de marchandises britanniques, par le boycott des écoles, collèges, tribunaux et lieux de travail britanniques et par l’exigence d’une indépendance totale vis-à-vis du pouvoir colonial.

Activistes et volontaires prirent la parole devant des rassemblements de masse, organisèrent des conférences dans des villages, composèrent de magnifiques chansons et poèmes sur la mère patrie, rédigèrent des pièces de théâtre de rue et instaurèrent même leurs propres cours d’arbitrage en tant qu’instances judiciaires parallèles aux tribunaux britanniques.

Lord Curzon, connu pour son racisme et son arrogance impériale, fut forcé de revenir sur la partition du Bengale et, finalement, de retourner en Angleterre.

L’année 1905 s’avéra une inspiration et un banc d’essai partiel pour le mouvement de Gandhi qui allait éclore dans les années 1920 et suivantes. En fait, le boycott économique des marchandises britanniques se révéla bien plus intense au cours des campagnes des années 1921-22 et 1930 et il embarrassa beaucoup les principaux industriels de la Grande-Bretagne.

La marque de fabrique de la lutte pour la liberté

Le boycott des marchandises et institutions britanniques devint une marque de fabrique de la lutte indienne pour la liberté en général et, au niveau international, il inspira des tactiques similaires, entre autres, en Afrique du Sud.

Tout au long des années 1950, le Congrès national africain et ses alliés furent les fers de lance de plusieurs campagnes de boycott contre l’État d’apartheid. Un document de l’exécutif national de l’ANC, daté de 1958, affirmait que « de nouvelles méthodes de lutte devaient émerger (…). Nous ne pouvons plus compter sur les formes anciennes. »

Le mouvement acquit lentement le soutien international dans les années 1960, dut affronter des actes de violence brutale de la part de l’État sud-africain, comme le massacre de Sharpeville, ainsi qu’une opposition tenace des gouvernements américain et britannique dans les années 1980.

Margaret Thatcher, la Première ministre britannique, qualifia l’ANC d’« organisation terroriste ». Son porte-parole, Bernard Ingham, fit du bruit en déclarant que tous ceux qui croyaient que l’ANC formerait jamais un gouvernement en Afrique du Sud « n’avaient en aucun cas les pieds sur terre ».

Et, pourtant, Nelson Mandela sortit de 27 années d’emprisonnement pour apparaître sous le soleil sud-africain en février 1990 – ce qui constitua le début de la fin pour le pouvoir de la minorité blanche.

Le boycott avait bel et bien fonctionné.

Le boycott d’un régime colonial d’implantation a donc un fier passé anti-impérialiste et une longue histoire de succès.

Les révolutionnaires de l’ANC qualifièrent cette stratégie d’« arme dévastatrice » lors qu’elle était utilisée conjointement avec des « organisations sympathiques à l’étranger ». Et c’est effectivement le cas.

Au contraire des Sud-Africains et des Indiens, les Palestiniens de la Palestine historique n’ont pas le même pouvoir stratégique sur l’État d’Israël.

Si, en Afrique du Sud et en Inde, les peuples indigènes – les Sud-Africains noirs et les Indiens – cessaient tout travail pour et avec le régime colonial, celui-ci tomberait. Les colonisés surclassaient en nombre, et de loin, les colonisateurs.

Ce n’est pas le cas en Palestine.

Les Palestiniens vivant dans l’État d’Israël constituent aujourd’hui une population minoritaire, comparée à la population coloniale de l’implantation israélienne – et cela constitue d’autant plus une raison pour laquelle le droit au retour pour les réfugiés palestiniens devrait être une revendication absolument non-négociable. Pour l’ensemble de la Palestine historique, la population juive israélienne et la population palestinienne sont à peu près égales en nombre.

Cela signifie que, numériquement, les Palestiniens à l’intérieur de la Palestine ne peuvent exercer la même pression stratégique sur les colons que celle exercée par leurs homologues indiens ou sud-africains.

Mais le reste d’entre nous le pouvons.

Nous sommes nombreux

Le reste d’entre nous qui réclamons la justice en Palestine pouvons honorer l’appel à la solidarité émanant de Palestine et faire une campagne en faveur du boycott, du désinvestissement et des sanctions contre l’État d’apartheid d’Israël.

À mon avis, il ne fait pas de doute que les Palestiniens ont fourni l’arête combattante dans les luttes de la fin du vingtième siècle. J’irais même jusqu’à dire que les Intifadas – les révoltes – en particulier et la résistance palestinienne en général ont fourni l’inspiration et la confiance en ce qui allait être appelé le Printemps arabe.

Mais ils ne peuvent gagner ce combat en restant dans l’isolement, et ceci n’est pas uniquement leur combat.

Primo, il y a le fait que les Palestiniens sont en majeure partie une population désarmée résistant à l’un des États les plus militarisés de la planète et qui se sert de forces mortelles contre tout le monde, y compris les enfants, en toute impunité.

Secundo, la plupart des armées israéliennes sont équipées en armes par des pays du Nord, globalement, avec les États-Unis en tête. Cela signifie que nous pouvons exercer des pressions sur nos propres gouvernements afin de mettre un terme au génocide en Palestine.

Nous pouvons bloquer les bateaux israéliens, nous pouvons adopter des résolutions BDS dans nos conseils estudiantins, dans nos syndicats et dans nos organisations professionnelles. Nous pouvons obliger des sociétés à fermer leurs usines en territoire palestinien illégalement occupé.

Tout cela, nous pouvons le faire parce que, numériquement, nous sommes nombreux. Et les gens qui soutiennent l’apartheid israélien peuvent être puissants, mais ils sont peu nombreux.

Si l’apartheid israélien tombe, ce ne sera pas une victoire uniquement pour la Palestine. Parce que ce sera un tel coup massif contre l’impérialisme mondial qu’il en résultera pour nous comme un goût de libération.

C’est pourquoi il est important de nous rappeler la riche tradition, profondément internationaliste, du boycott lorsque nous nous apprêtons à introduire des résolutions BDS dans nos écoles, syndicats et organisations communautaires.

Précisément comme ce sera le cas pour l’UAW 2865 en ce 4 décembre.

Parce que les boycotts ont derrière eux un passé de victoire.

Tithi Bhattacharya est professeur en histoire de l’Asie du Sud à l’Université Purdue, elle milite depuis longtemps pour la justice en Palestine et elle est membre de l’équipe éditoriale de l’International Socialist Review.

Publié sur The Electronic Intifada le 2 décembre 2014. Traduction pour ce site : JM Flémal.

 

Source: http://www.pourlapalestine.be/




Elbit Systems perd un marché essentiel après des manifestations pour la Palestine au Brésil

L’État brésilien de Rio Grande do Sul a annulé un accord majeur de collaboration avec l’entreprise militaire israélienne Elbit Systems suite aux protestations sur le rôle de la firme dans l’oppression des Palestiniens.

Les mouvements sociaux et les syndicats brésiliens, avec des groupes palestiniens, ont demandé aux autorités d’annuler l’accord en raison du rôle d’Elbit dans la construction par Israël du Mur illégal d’apartheid en Cisjordanie occupée et de sa relation étroite avec l’armée israélienne.

Tarson Nuñéz, coordinateur du département Relations internationales du gouvernement du Rio Grande do Sul, a présenté ainsi cette décision du gouvernement :

« Notre gouvernement a toujours donné une place centrale à la promotion de la paix et des droits de l’homme, et il considère que les exigences des mouvements sociaux et de voix importantes doivent être entendues. L’annonce d’aujourd’hui en est une conséquence logique. »

Les drones fournis par Elbit Systems ont été testés pendant l’agression récente d’Israël contre Gaza qui a tué plus de 2100 Palestiniens, et le prix de l’action Elbit est monté depuis le massacre, les investisseurs anticipant une hausse des commandes d’une technologie qui fut utilisée pour la première fois durant les attaques.

Le gouverneur du Rio Grande do Suyl, Tarso Genro, avait signé en avril 2013 un accord de coopération en matière de recherche qui faisait d’Elbit la première société militaire israélienne à diriger des projets militaires brésiliens. Elbit devait avoir accès à un financement public et à des technologies produites par quatre universités locales. Les manifestations qui se sont déroulées et le manque de soutien fédéral ont affaibli le projet. Dans sa lettre ouverte, Genro déclare le protocole d’entente « vide de sens ».

Un projet de 17 millions de dollars pour la construction d’un satellite militaire fait partie des projets annulés par l’annonce de mardi.

L’annonce a été reçue comme une victoire essentielle pour le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), une campagne à direction palestinienne qui recherche l’isolement d’Israël sur le plan international, du style de celui de l’Afrique du Sud.

Jamal Juma’, coordinateur de la campagne palestinienne « Stop the Wall », membre du Comité national du BDS, une coalition d’organisations qui dirige le mouvement BDS, a déclaré :

« Elbit Systems est devenu un symbole de la construction par Israël d’un mur d’apartheid en Palestine occupée, et de son agression militaire contre notre peuple. Si Israël peut poursuivre ses violations des droits de l’homme, c’est seulement grâce à une collaboration internationale et notamment à des accords comme celui que le gouvernement du Rio Grande do Sul a maintenant annulé. »

« Après le massacre des Palestiniens par Israël dans la bande de Gaza, nous espérons que d’autres gouvernements prendront des mesures pour mettre fin à toute coopération militaire avec Israël ».

Des organisations brésiliennes, parmi elles la fédération syndicale CUT, la Marche mondiale des Femmes et des groupes étudiants locaux, et des partis politiques, ont tous fait pression sur les autorités du Rio Grande do Sul pour l’annulation de l’accord avec Elbit Systems, et ils ont même bloquer les entrés d’un local appartenant à une filiale d’Elbit, AEL Sistemas. L’ambassade de Palestine et la Fédération palestinienne au Brésil sont à plusieurs reprises intervenues avec le gouvernement.

Le recteur de l’université qui dirige la recherche aérospatiale dans la région a déclaré que l’université ne travaillerait avec Elbit Systems sur aucune recherche qui pourrait être d’ordre militaire, remettant ainsi en cause la viabilité du protocole d’entente.

Antonio Lisboa, secrétaire aux Relations internationales à la fédération syndicale Cut, a dit :

« Cette décision du gouvernement du Rio Grande do Sul reflète une opposition croissante à la politique d’apartheid d’Israël. Le gouvernement brésilien doit maintenant couper tous ses liens militaires avec Israël, un État qui pratique le terrorisme d’État contre les Palestiniens ».

En 2009, le Fonds de pension de l’État norvégien s’est désinvesti d’Elbit Systems, et plus d’une douzaine d’investisseurs institutionnels ont depuis suivi cet exemple.

Les usines d’Elbit au Royaume-Uni et en Australie ont été occupées durant le récent massacre de Gaza par Israël.

Les gouvernements et les autorités locales interviennent de plus en plus contre la complicité entrepreneuriale avec les violations israéliennes du droit international. Au moins 17 gouvernements de l’Union européenne ont prévenu les entreprises sur les risques à faire des affaires dans les colonies israéliennes illégales. La multinationale à base française Veolia a perdu plus de 20 milliards de dollars de contrats avec des autorités locales parce qu’elle fournit des services d’infrastructures dans les colonies israéliennes illégales.

Rio Grande do Sul avait déjà déclaré jouer un rôle important s’agissant de la question de la Palestine quand, en 2012, le Forum social mondial « Free Palestine » s’est tenu à Porto Alegre.

Mahmoud Nawajaa, coordinateur avec le Comité national palestinien du BDS, a dit :

« Cette décision est un exemple important de la façon dont l’organisation à la base du mouvement BDS peut influencer et changer la politique d’un gouvernement. En début de cette semaine, nous nous sommes réunis sous l’égide des Nations-Unies pour discuter de mesures efficaces pour coordonner une politique par les gouvernements locaux visant à exclure des contrats publics les entreprises qui aident Israël a violer le droit international ».

Jamal Juma’, de « Stop the Wall » d’ajouter :

« La décision d’aujourd’hui donne un espoir à tous les Palestiniens qui résistent contre le système brutal d’apartheid d’Israël. Nous remercions tous ces mouvements et militants qui ont rendu possible cette victoire en faveur des droits des Palestiniens. »

http://www.bdsmovement.net/2014/elbit-systems-loses-key-brazil-deal-12878

Traduction : JPP pour BDS France




La Campagne BDS France demande au Cirque du Soleil de ne pas blanchir l’apartheid

La lettre de BDS-Québec:

LETTRE___la_direction_du_Cirque_du_Soleil.pdf

                                                                                     
                                                                                             Illustration réalisée par l’artiste Palestinien Nidal Elkhairy




Note de l’ONG Whoprofits sur TEVA

Note de « Whoprofits » sur TEVA – TEVA PHARMACEUTICAL INDUSTRIES

Une entreprise pharmaceutique mondiale et le plus grand fabricant de médicaments génériques au monde. La société développe, produit et commercialise des médicaments génériques, innovateurs et de marque. Teva est présent actuellement dans environ 60 pays et a environ 45 000 employés à travers le monde.

Teva est la plus grande société commerciale (et industrielle) du marché israélien de par ses capitaux propres, son bénéfice net, son bénéfice d’exploitation et sa valeur de marché. La société est également, par le volume des ventes, le plus grand fournisseur de produits et de services de santé sur le marché israélien. Teva est distributeur de produits et services de santé, y compris des produits de soins destinés au grand public, des fournitures d’hôpitaux, équipements de dialyse et fournitures jetables, et des services de diagnostic et de soins à domicile. Une filiale israélienne – Salomon, Levin et Elstein, fournit le soutien logistique pour les ventes de Teva et ses activités de distribution en Israël, y compris la distribution des produits de succursales de plusieurs sociétés pharmaceutiques multinationales.

En tant que partie dominante de l’industrie pharmaceutique israélienne, Teva bénéficie des avantages créés par l’occupation israélienne des terres palestiniennes qui permettent à l’entreprise d’exploiter le marché palestinien. « Des raisons de qualité et de sécurité » en conjonction avec les justifications économiques et politiques créent un marché captif palestinien pour les entreprises israéliennes et multinationales.

Le Protocole de Paris, une annexe aux Accords d’Oslo, qui régit les relations financières entre Israël et le futur Etat palestinien, a assujetti les deux entités à la même enveloppe d’imposition. Par conséquent, les Palestiniens continuent de dépendre de la politique israélienne, de sa législation et de ses services douaniers pour l’ importation et l’exportation des marchandises. Cette dépendance a d’importants effets économiques négatifs sur l’industrie pharmaceutique palestinienne. Divers obstacles génèrent des surcoûts qui nuisent au développement de l’industrie locale : le fardeau de la licence annuelle requise pour les matières premières importées, les coûts de livraisons « dos-à-dos » venant de et allant vers la Cisjordanie et la Bande de Gaza, les coûts d’expédition des médicaments en vrac via la Jordanie, l’exclusion des grands marchés arabes ainsi que ceux en Israël, et l’incapacité de l’industrie de Gaza à se développer et s’agrandir en raison de l’ interdiction d’exporter.

Teva, comme d’autres entreprises israéliennes et multinationales, jouit de plusieurs façons de la situation mentionnée ci-dessus. La société bénéficie d’un accès facile au marché palestinien, sans frais de douane ni points de contrôle, par exemple sans changement de camion aux points de contrôle de la cargaison. Les agents de Teva n’ont pas  à  modifier leurs produits pour les vendre dans les Territoires Palestiniens Occupés. Ainsi, l’entreprise peut vendre des médicaments non étiquetés en arabe. Teva rencontre peu ou pas de concurrence par l’industrie des médicaments génériques moins chers, à cause de l’obligation par le Ministère de la santé israélien de n’utiliser que des médicaments enregistrés en Israël et de son extension au marché palestinien.

Pour plus de renseignements, consulter notre rapport sur l’industrie pharmaceutique : économie captive:

http://www.whoprofits.org/sites/default/files/captive_economy_0.pdf

Traduction : M L et JPB pour BDS France




Mobilisation BDS à Carrefour de St Pierre des corps

La coordination BDS37 a conduit le samedi après midi 15 novembre une action de boycott, essentiellement sur les produits Sodastream (mais aussi les lingettes) à l’hypermarché Carrefour de St Pierre des corps (Tours).

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De nouvelles personnes sont venues renforcer notre coordination BDS depuis la dernière attaque de Gaza, si bien que nous étions 25 militants présents sur cette action.

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En dépit de la présence de nombreux vigiles (peu visibles sur la vidéo), nous sommes restés près d’une heure dans le magasin, avant de sortir de notre propre chef, sans incident.