Home»A CLASSER»Adidas : l’Apartheid n’est pas fair play, abandonne le sponsoring du marathon de Jérusalem

Adidas : l’Apartheid n’est pas fair play, abandonne le sponsoring du marathon de Jérusalem

0
Shares
Pinterest Google+
image_pdfimage_print

alt 

Palestine occupée, 17 février 2011

Le comité national palestinien de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BNC), la coalition la plus large d’organisations et de syndicats de la société civile palestinienne, appelle Adidas à se retirer du sponsoring du premier marathon de Jérusalem, le 25 mars 2011, afin de ne pas devenir complice des crimes de guerre et des violations des droits de l’homme par Israël. Israël continue, d’une manière systématique, son projet de «judaïsation» (1) de Jérusalem par une politique de nettoyage ethnique pratiquée sur la population palestinienne pour changer la réalité démographique de la ville occupée, en violation de la quatrième convention de Genève et du droit humanitaire international.

Un rapport récent, produit par la mission de l’Union Européenne a Jérusalem, indique que «l’expansion continue des colonies, l’urbanisme restrictif, la démolition et l’exclusion permanente, l’inégalité dans les politiques éducatives, l’accès difficile aux soins médicaux, l’approvisionnement insuffisant en ressources et en investissements, et la question du statut précaire de résident n’ont pas seulement de graves conséquences humanitaires mais ils sapent la présence palestinienne à Jérusalem» (2). Le sponsoring par Adidas du marathon organisé par la mairie de Jérusalem, responsable de l’application des politiques mentionnées ci-dessus, sera perçu comme un feu vert aux violations israéliennes des lois internationales à Jérusalem et ailleurs.

La mairie de Jérusalem, un nœud clé de la structure officielle israélienne de colonialisme et d’apartheid, est un des principaux violateurs des droits des Palestiniens. Depuis sa création, la mairie a été un instrument majeur de la colonisation de Jérusalem, ville occupée par les Israéliens. La mairie est particulièrement célèbre pour son rôle dans la promotion et l’approfondissement d’une des politiques d’apartheid urbain les plus frappantes dans le monde. La municipalité continue de s’engager activement dans le nettoyage ethnique illégal et progressif des Palestiniens Jérusalémites, les démolitions de maisons et de biens Palestiniens et l’arrêt permanent du développement des quartiers palestiniens. (3)

La participation d’Adidas au marathon se voit sur les panneaux d’affichage autour de la ville et dans les colonies juives illégales où le marathon aura lieu. Selon un rapport récent de Human Rights Watch (4): «les Palestiniens font face à des discriminations liées à leur appartenance ethnique et à leur origine. De ce fait ils sont privés de l’électricité, de l’eau, de l’éducation, de l’accès aux routes alors que de l’autre côté, les colons juifs profitent de ces privilèges», de plus «l’économie contribue et tire profit directement de ces discriminations envers les Palestiniens». HRW a demandé aux entreprises d’«enquêter sur, empêcher et réduire ces violations y compris la fin des pratiques israéliennes de discrimination», allant jusqu’à stopper toute opération qui ne peut pas être séparée des pratiques discriminatoires israéliennes.

Le marathon fait partie d’un processus continuel pour institutionnaliser la mainmise d’Israël sur la ville occupée. Israël a occupé militairement l’ouest de Jérusalem en 1948, après avoir dépeuplé 38 villages palestiniens et s’être approprié les terrains et les biens des résidents. Les habitants sont devenus réfugiés et Israël a nié leurs droits y compris le droit au retour stipulé par l’ONU. La communauté internationale ne reconnait aucune partie de Jérusalem comme capitale d’Israël parce que selon la résolution 181 de l’AG de l’ONU (1947) Jérusalem, a été établi en tant qu’un corpus separatum sous un régime international. Ce statut a été confirmé par le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien. En 1967, Israël a occupé Jérusalem-Est, l’annexant unilatéralement comme une partie de «sa capitale unie». Étant donné ces facteurs, les gouvernements n’approuvent pas les actes israéliens à Jérusalem y compris la manipulation raciste pour changer la composition démographique en faveur des juifs israéliens. L’ONU a déclaré plusieurs fois que «tous les actes menés par Israël, la puissance occupante, pour imposer ses lois, juridictions et administrations dans la ville sainte de Jérusalem sont illégales, nulles et non avenues et sont invalides, et appelle Israël à cesser ces mesures illégales et unilatérales» (7). Le partenariat d’Adidas avec la mairie de Jérusalem, à l’est ou à l’ouest, viole ces préceptes des lois internationales.

De plus, les organisateurs du marathon ne cachent pas que l’événement sera un outil de promotion de l’image d’Israël à l’extérieur. Les coureurs vont passer par les sites principaux de Jérusalem. Les autres sponsors sont le ministère du tourisme et EL AL, la compagnie aérienne d’Israël. Le marathon est ouvertement utilisé par Israël pour promouvoir l’image de son État comme destination attractive de vacances et pour dissimuler sa politique d’occupation, de colonisation et d’apartheid. Ceci est contradictoire avec la déclaration d’Adidas: «en règle générale, nous n’influençons pas les processus politiques, nous mettons l’accent sur les athlètes et leurs besoins pour le marathon». (8)
Selon la convention internationale contre l’apartheid dans le sport: «les relations sportives avec un quelconque pays qui pratique l’apartheid dans le sport tolèrent et renforcent l’apartheid». (9)

Selon une étude juridique Sud-Africaine récente faisant autorité, Israël est un État occupant, colonial et d’apartheid (10). Israël empêche des millions de Palestiniens d’accéder à leur capitale Jérusalem située à quelques minutes de chez eux. Ceci fait partie du régime de séparation, qui comprend le mur, déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice en 2004, et la politique des permis de résidence.
John Dugard, rapporteur spécial des droits de l’homme dans les Territoires Palestiniens Occupés à l’ONU et expert des lois internationales, a déclaré ceci par rapport à la situation des Palestiniens, en particulier à Jérusalem :
« Les similitudes entre la situation des Jérusalémites de l’Est et les noirs de l’Afrique du sud pendant l’apartheid concernent principalement les droits à la résidence. Il y avait les « Lois sur les zones réservées » en Afrique du sud. A Jérusalem-Est, il y a une classification territoriale similaire à celle pratiquée en Afrique du sud concernant le mariage, les lieux de résidence, l’accès a l’école ou a l’hôpital». (11)

Il n’est donc pas surprenant que le site web du marathon de Jérusalem parle de Jérusalem Est comme «habité surtout par d’anciens citoyens jordaniens» (12), De ce fait, le site web présente les Palestiniens comme des étrangers et non comme le peuple indigène de cette terre. Cette attitude est en accord avec la suppression de la présence historique des Palestiniens dans la ville y compris la vague en cours de démolitions de maisons palestiniennes à Silwan. Ceci afin de faire de ce quartier un « parc archéologique » et un «centre touristique» (13) pour les colons extrémistes au détriment de la population palestinienne qui vit sous la peur permanente de harcèlements violents. (14) Le rapporteur spécial de l’ONU, Richard Falk, a commenté ce plan: «la loi internationale ne permet pas à Israël de détruire les maisons palestiniennes pour permettre la mise en place du projet du maire: un jardin ou quoi que ce soit d’autre». Il ajoute aussi que le plan «doit être vu dans le contexte de l’effort israélien systématique pour expulser les Palestiniens de Jérusalem-Est». Ceci arrive après des décennies de crimes israéliens comprenant l’effacement de plus de 500 villages palestiniens en 1948, la destruction du quartier des Maghrébins dans la vieille ville en 1967 et plus récemment la profanation du cimetière historique de Ma’man Allah («Mamilla») de Jérusalem-Ouest dans le but de construire un soi-disant «musée de la tolérance». Les athlètes du marathon vont passer par tous ces sites.

Le sponsoring du marathon n’est pas seulement en conflit avec la loi internationale mais il viole aussi clairement l’engagement d’Adidas pour les « règles auxquelles la société s’attend de la part d’une entreprise responsable» et « toutes les lois, directives, et lignes directrices applicables» (15). Le Comité national palestinien de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BNC) fait appel à Adidas pour qu’il cesse immédiatement son accord de sponsoring du marathon de la mairie de Jérusalem. Le BNC fait également appel au personnes de conscience du monde entier pour qu’elles fassent pression sur Adidas et qu’ainsi Adidas respecte ses engagements en annulant son sponsoring non éthique. Un refus d’Adidas d’annuler sa participation à l’évènement mettrait l’entreprise en infraction avec l’obligation la plus basique: ne pas être complice de crimes de guerres et de violations des droits de l’homme. Ceci violerait également l’appel palestinien au BDS en 2005, une forme efficace, populaire et non violente de lutte contre Israël jusqu’à ce qu’il respecte le droit international.

Par conséquent, ceci ferait de l’entreprise une cible de l’action de boycott des consommateurs dans le monde entier. Nous rappelons aussi aux managers d’Adidas, que selon le principe de responsabilité pénale individuelle en vertu du droit international, les PDG des entreprises peuvent être poursuivis individuellement comme responsables pour des infractions au droit international y compris les crimes de guerre. (16) La complicité, en dissimulant des crimes de guerre et en les normalisant, est un crime sérieux qu’Adidas devrait prendre en considération attentivement.

« L’impossible n’est rien» proclame le principal slogan d’Adidas. Mettre fin à la complicité avec l’apartheid et les crimes de guerre d’Israël devrait donc être tout à fait réalisable.

BNC

{youtube}yWcb-GclBzU{/youtube}

 

[1] Voir par exemple: UN Special Rapporteur, Prof. John Dugard, Human Rights Situation in Palestine and other Occupied Arab Territories (A/HRC/7/17, January 2008).
[2] http://www.bbc.co.uk/news/world-middle-east-12150792
[3] La politique de la municipalité de Jérusalem est bien documentée. Voir par exermple : www.alhaq.org/pdfs/Report%20-%20The%20Jerusalem%20Trap.pdf
[4] « Separate and Unequal » (2010) http://www.hrw.org/node/95113
[5] http://unispal.un.Org/UNISPAL.NSF/0/651C804E6815FB28852575DF004B7C4C
[6] UN OCHA (page 14) : http://www.ochaopt.org/documents/ocha_opt_planning_crisis_eastjerusalem_april_2009_english.pdf
[7] http://umspal.un.Org/UNISPAL.NSF/0/567A1DA2BA02909F852578290053DD1D
[8] Correspondance avec des clients conscients
[9] http://treaties.un.org/doc/Publication/UNTS/Volume%201500/volume-1500-l-25822-English.pdf
[10] http://www.hsrc.ac.za/Document-3227.phtml
[11] http://www.guardian.co.uk/world/2006/feb/06/southafrica.israel
[12] http://www.jerusalem.muni.il/jer_sys/marathon11/eng/Marathonlnner.asp?BHtml_id=-1&Button_id=0&msg_id=11833&src=kataveMessage.asp?msg_id=11833&blog_id=0
[13] Pourquoi 88 foyers arabes ont reçu des avis d’expulsion : http://www.csmonitor.com/World/Middle-East/2009/0226/p04s01-wome.html
[14] La fouille qui divise Jérusalem : http://www.guardian.co.uk/world/2010/may/26/jerusalem-city-of-david-palestinians-archaeology
[15] http://www.adidas-group.com/en/sustainability/vision_and_governance/sustainability_principles/default.aspx
[16] Les crimes de guerre concernent les violations sérieuses des lois et coutumes de la guerre et de la loi humanitaire internationale, applicables aux conflits armés internationaux ou locaux. Le statut le la Cour criminelle internationale contient une liste complète des crimes de guerre, qui incluent: le meurtre délibéré, la torture, les traitements inhumains, l’application délibérée de souffrances ou de graves blessures, la destruction extensive ou l’appropriation de biens sans justification militaire, la déportation ou le transfert ou le déplacement de populations civiles et les attaques dirigées intentionnellement contre des populations civiles. Ils comprennent aussi les crimes contre la propriété tells que le pillage ou la destruction ou la saisie illégale de biens. Voir aussi : International Commission of Jurists, Corporate Complicity& Legal Accountability, 2008, Volume 2, p 4. Source : http://www.diakonia.se/Documents/public/IN_FOCUS/lsrael_Palestine/Report_Illegal_Ground/Report_Mul-T-lock_081021.pdf

Previous post

A propos des "documents Palestine", le BNC communique

Next post

Monsieur Aznavour, je vous demande de rendre le prix Scopus !