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Au gouvernement britannique : Pourquoi permettez-vous à G4S, d’assurer la sécurité des JO ?

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Donald Macintyre révèle le scandale qui s’amplifie à propos d’une entreprise qui travaille aussi dans les colonies juives « illégales » en Cisjordanie.
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Des militants manifestent contre G4S devant la Bourse de Londres, hier 7 juin.

Donald Macintyre The Independent
Source:
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=12281

Le gouvernement va être contesté au parlement la semaine prochaine à propos des services fournis aux colonies israéliennes, dans les territoires palestiniens occupés, par l’entreprise qui a été choisie pour assurer la sécurité aux Jeux olympiques 2012 de Londres.

G4S, désigné « fournisseur officiel des services de sécurité et de transports de fonds aux Jeux olympiques », opère également dans les colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, colonies considérées par le Royaume-Uni – et par presque tous les autres pays représentés aux Jeux – comme illégales en vertu du droit international.

L’éminent homme d’affaires et pair travailliste, Lord Holllick, va déposer une question écrite lundi demandant aux ministres quelles mesures ils ont prises pour s’assurer que la société basée au Royaume-Uni ne fournisse pas les services de sécurité dans les colonies illégales en Cisjordanie. G4S, qui se targue d’être « un groupe leader mondial en matière de solutions de sécurité » a déjà grossi ses effectifs de 10 400 nouveaux salariés pour les JO.

Son initiative fait suite à une condamnation internationale récente de l’expansion coloniale d’Israël, que le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, est déterminé à poursuivre. Cette semaine, il vient d’annoncer des projets – très vite dénoncés par les États-Unis – de construction de 850 nouveaux logements juifs en Cisjordanie, pour compenser l’évacuation ordonnée par la Cour suprême d’un avant-poste colonial où s’étaient installées 30 familles.

William Hague (ministre des Affaires étrangères – conservateur) a condamné lui aussi à plusieurs reprises les colonies, disant en avril que «  l’activité de colonisation israélienne, systématique, illégale, constitue la menace la plus grave et la plus directe pour la viabilité de la solution à deux États… la politique du gouvernement israélien est illégale en vertu du droit international, elle est contreproductive, déstabilisante et provocatrice ».

G4S a déjà été critiqué pour la fourniture et la maintenance des équipements de détection de plusieurs check-points militaires en Cisjordanie. Il a fourni aussi les systèmes de sécurité pour le centre d’Ofer, près de Ramallah – qui abrite une prison et un tribunal militaire où des détenus palestiniens, notamment des enfants, sont enfermés et jugés -, et le siège de la police pour la Cisjordanie, dans le Corridor E1 qui relie l’importante colonie de Maale Adumim à Jérusalem et dont la construction a fortement été contestée par la communauté internationale, y compris l’administration Bush aux États-Unis.

En réaction aux pressions, le groupe a décidé de « résilier » les contrats concernant Ofer, les check-points et le quartier général de la police de Cisjordanie, tout en indiquant qu’il ne lui sera pas possible d’aller au bout de ce processus avant 2015. Mais il dit aussi que les contrats avec les détaillants et les banquiers israéliens qui opèrent dans les colonies ne seront pas modifiés, de même que pour certains systèmes de sécurité pour les particuliers. G4S installe et entretient des systèmes d’alarme sur ces commerces de détails et autres commerces en Cisjordanie, et fournit un « petit nombre » d’agents sécurité pour « prévenir les vols d’objets durant leur transport ou dans les magasins de détail ».

Dans la colonie ultra-orthodoxe de Modiin Illit cette semaine, un garde sécurité, en uniforme et portant l’insigne de la société, a travaillé dans une succursale locale de Zol Veshefa, chaîne nationale israélienne de supermarchés ; son logo a aussi été affiché dans le magasin Yesh Hakol Vebezol. Les deux magasins desservent les 40 000 résidents juifs de la colonie. La société, qui disait ne pouvoir indiquer quelle était la part dans les 120 millions de recettes de sa succursale israélienne de l’an dernier qui venait de Cisjordanie, a participé également à une journée d’orientation au collège d’Ariel, dans la colonie d’Ariel.

N’ont pas non plus été résiliés les contrats de fournitures et de services des systèmes de sécurité périphérique et des salles de contrôle dans les prisons à l’intérieur d’Israël, notamment celles où se trouvaient des détenus parmi les 1500 qui ont participé récemment à la grève de la faim contre les conditions de détention et la détention administrative sans procès.

Certaines ONG israéliennes soulignent que l’incarcération de prisonniers palestiniens à l’intérieur d’Israël est une violation de l’interdiction de la Quatrième Convention de Genève de transférer des prisonniers hors d’un territoire occupé. La Cour suprême a longtemps soutenu que le droit national – s’agissant des dispositions d’urgence régissant la détention – prévalait sur le droit international relatif à de tels transferts.

La détention des prisonniers, à l’instar des check-points, a été mise en évidence dans un rapport de 2010 du département gestion des actifs de la Co-operative, qui indique que G4S avait des problèmes pour sa « proximité avec les violation des droits humains » pour ses fonds sous contrôle éthique.

G4S répond : « Notre politique s’est toujours conformée au droit international dans chacune des juridiction où nous opérons. Nous prenons notre responsabilité morale très au sérieux et fonctionnons selon des normes élevées partout dans le monde. » En mars 2011, il a engagé un professeur danois en droit international, Hjalte Rasmussen, qui a examiné ses opérations en Cisjordanie et a conclu que G4S « ne violait aucune loi nationale ou internationale ».

Un contrôle de gestion ultérieur est arrivé à la conclusion que, « un certain nombre de nos contrats avec des entreprises privées pour des services de sécurité et de surveillance traditionnels n’étaient ni discriminatoires ni controversés et… aidaient à assurer la sûreté et la sécurité pour le grand public quel que soit son contexte ».

En fait, les Palestiniens sont empêchés par l’armée de pénétrer dans les colonies israéliennes sans autorisation. Emily Shaeffer, avocate israélienne défendant les droits humains, a cependant affirmé hier que la non-discrimination que revendique le groupe était un « faux-fuyant », ajoutant : « Même s’il s’avérait que les affaires dans les colonies étaient accessibles également aux Palestiniens… la simple présence d’une colonie civile israélienne, résidentielle et commerciale, dans un territoire occupée, constitue sans aucune équivoque une violation du droit international ».

Le Foreign Office lui-même a signé un contrat de trois ans, de 27 millions de livres, en mars 2010, avec G4S pour des services de sécurité au Royaume-Uni et en Afghanistan. Le FCO (Foreign and Commonwealth Office) a déclaré hier que G4S apportait un « service de qualité » qui protégeait son personnel. Et d’ajouter : « Nous avons exprimé clairement notre position sur les colonies à G4S et aux autres entreprises privées qui opèrent en Israël et dans les Territoires occupés. »

Christian Aid (ONG chrétienne britannique) a dit que « les sociétés internationales telles que G4S ne devaient (rien faire) qui contribue à violer les droits humains dans le territoire palestinien occupé, et notamment traiter des affaires dans les colonies illégales… Travailler dans ces colonies ne fait que perpétuer leur existence, consolider l’occupation, obstruer le développement économique palestinien et mettre ainsi la paix elle-même hors d’atteinte. »

Environ 70 manifestants ont protesté lors de l’assemblée générale du groupe hier, contre son « épouvantable bilan sur les droits humains » en différents endroits, et notamment dans les prisons israéliennes.

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Du même auteur :

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8 juin 2012 – The Independent – traduction : Info-Palestine.net/JPP


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