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Le Musée d’histoire naturelle de Londres attaqué pour ses liens avec Israël

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Le Musée d’histoire naturelle est aujourd’hui accusé par un groupe d’éminents universitaires et personnalités culturelles d’aider à enfreindre le droit international en menant un projet de recherche qui implique une société israélienne de cosmétiques située dans une colonie « illégale » en Cisjordanie occupée.

Dans une lettre à l’Independent (ci-dessous), des scientifiques éminents et les cinéastes Mike Leigh et Ken Loach dénoncent le Musée de Londres – le quatrième le plus visité en Grande-Bretagne – pour sa collaboration en matière de recherches avec Ahava/Dead Sea Laboratories (DSL), qui vend des produits de beauté à base de minerais extraits de la mer Morte.

Le Musée, qui dispose d’une importante équipe de recherche universitaire, est coordinateur dans le projet Nanoretox, un projet financé par l’Union européenne qui cherche à identifier la dangerosité des nanoparticules pour la santé humaine et l’environnement – des matériaux manufacturés microscopiques que les scientifiques développent pour des usages multiples, depuis le traitement du cancer jusqu’au double vitrage.

Ahava-DSL, qui est l’une parmi des dizaines d’autres institutions et sociétés impliquées dans le projet, dont les deux Universités des Collèges de Londres, a son siège en Israël, mais pour l’essentiel, ses activités s’exercent à Mitzpe Shalem, une colonie juive sur la rive de la mer Morte, en Cisjordanie.

Les colonies dans les Territoires occupés sont déclarées illégales en vertu du droit international par les Nations-Unies et la Cour internationale de Justice. Mais en dépit de la condamnation internationale, le gouvernement israélien persiste à prétendre qu’un grand nombre des colonies, notamment les plus de 120 de Cisjordanie, ne sont pas illégales.

Dans leur lettre, les 21 signataires, dont l’éminent biologiste Sir Patrick Pateson, président de la Société zoologique de Londres, et l’intellectuel de premier plan Sir Jonathan Miller, affirment que le lien du Musée d’Histoire naturelle avec Ahava-DSL fait de lui un « coordinateur dans une activité qui va à l’encontre du droit international ».

Ils déclarent : «  (Avaha-DSL) extrait, transforme et exporte des ressources palestiniennes pour générer des profits qui vont au financement d’une colonie illégale. Le projet colonial d’Israël a été jugé… comme violant le droit international. Les organisations qui aident et encouragent ce processus peuvent elles aussi être considérées en infraction.

« Nous estimons comme quasiment inconcevable qu’une institution nationale ayant le statut de Musée d’histoire naturelle se soit mise dans cette position. Nous appelons le Musée à prendre des mesures immédiates pour mettre fin à son implication dans (le projet) et à instaurer les garanties qui protègent contre tout enchevêtrement de ce genre. »

Le projet Nanoretox a débuté en décembre 2008 et doit se terminer à la fin de cette année, même si, selon les militants de la campagne (de boycott), l’implication d’Ahava-DSL vient seulement d’être portée à leur attention. La société, qui a mené une recherche très élaborée sur les nanoparticules pour ses produits, a été nommée pour fournir les matériaux et réaliser les tests de toxicité pour le projet.

Le Musée d’histoire naturelle a défendu hier son rôle dans la recherche, disant qu’Ahava-DSL avait été choisie sur une liste de partenaires scientifiques approuvée par la Commission européenne, et laissant entendre que toute décision de boycott du projet serait une remise en cause de la « liberté universitaire ».

Dans un communiqué, le professeur Ian Owens, directeur du musée et professeur de sciences a déclaré : «  Nous travaillons dans des limites politiques et juridiques établies par les décideurs, et nous ne participerons à aucun boycott universitaire ou d’enseignement qui pourrait réduire la liberté universitaire ».

Ahava-DSL, qui a fait l’objet d’une campagne de boycott qui a ciblé ses boutiques en Europe et en Amérique, n’a pas répondu aux demandes de commentaires. La société a dit précédemment que la boue et les matériaux de DSL utilisés dans ses produits étaient extraits sur un territoire israélien à l’extérieur des Territoires occupés, et que Mitzpe Shalem n’était pas une colonie illégale.

Le 17 janvier 2012 – The Independent

(JPG)

Lettre :

Le Musée doit rompre ses liens en Cisjordanie

C’est extraordinaire, mais vrai, l’un de nos grands musées nationaux est coordinateur dans une activité qui enfreint le droit international. Ce musée, c’est le Musée d’histoire naturelle (de Londres), qui collabore en matière de recherche avec une firme commerciale israélienne située dans une colonie illégale, dans la Cisjordanie palestinienne.

Cette firme, c’est Ahava/Dead Sea Laboratories, dont l’activité est la fabrication de cosmétiques à partir de la boue, une boue extraite sur les rives de la mer Morte. Ahava/DSL est située à Mitzpe Shalem, une colonie située à dix kilomètres de l’autre côté de la Ligne verte. La collaboration avec le Musée passe par un projet financé par l’Union européenne appelé Nanoretox, dans lequel le Kings College de Londres, l’Imperial College et un certain nombre d’institutions étrangères sont également impliqués. Le Musée est le partenaire coordinateur pour ce projet.

Ahava/DSL est située en territoire occupé. Elle extrait, transforme et exporte des ressources palestiniennes pour générer des profits qui vont au financement d’une colonie illégale. Le projet colonial d’Israël a été jugé par la Cour international de Justice comme violant le droit international. Les organisations qui aident et encouragent ce processus peuvent elles aussi être considérées en infraction. Nous estimons comme quasiment inconcevable qu’une institution nationale ayant le statut de Musée d’histoire naturelle se soit mise dans cette position.

Nous appelons le Musée à prendre des mesures immédiates pour mettre fin à son implication dans (le projet) et à instaurer les garanties qui protègent contre tout enchevêtrement de ce genre.

Signataires :

Professeur Sir Patrick Bateson, membre de l’Académie des Sciences, Université de Cambridge
Professeur Malcolm Levitt, membre de l’Académie des Sciences, Université de Southampton
Professeur Tim Shallice, membre de l’Académie des Sciences, SISSA, Trieste
Mike Leigh
Ken Loach
Jonathan Miller
Victoria Brittain
La Baronne Jenny Tonge
Dr Gillian Yudkin
Professeur Laurence Dreyfus, membre de l’Académie de Grande-Bretagne, Université d’Oxford
Professeur Jacqueline Rose, membre de l’Académie de Grande-Bretagne, Université Queen Mary de Londres
Professeur Jonathan Rosenhead, École de Londres des Sciences économiques
Professeur John Armitage, Université de Bristol
Professeur Haim Bresheeth, Université de Londres-Est
Professeur Barry Fuller, Université du Collège, Londres
Professeur Colin Green, Université du Collège, Londres
Dr Ghada Karmi, Université d’Exeter
Professeur Adah Kay, Cité universitaire
Professeur David Pegg, University d’York
Professeur Steven Rose, Université ouverte
Professeur Lynne Segal, Collège Birkbeck

Le 17 janvier 2012 – The Independent

17 janvier 2012 – The IndependentThe Independent – Logo : Campagne Solidarité Palestine/Grande-Bretagne – traduction : JPP

Source: Info-Palestine.net

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