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Les Palestiniens envisagent un boycott total d’Israël si les négociations échouent

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John Reed et John Thornhill, Ramallah, le 19 mars 2014

 

Les tentatives des États-Unis pour sortir de l’impasse dans les pourparlers pour une paix au Moyen-Orient n’ont abouti à aucun accord sur les principales questions qui divisent les deux côtés, et les Palestiniens sont en train de mettre au point actuellement des plans de réserve face à l’échec attendu des négociations, a déclaré un haut dirigeant palestinien.

Nabil Shaath, responsable des relations internationales du mouvement Fatah qui dirige en Cisjordanie, a fait savoir que les Palestiniens envisageaient de « suivre la voie de l’Afrique du Sud » et de soutenir un boycott total d’Israël, en plus de reprendre les démarches pour une reconnaissance par les organismes internationaux, et notamment par la Cour pénale internationale.

« Nous sommes en opposition totale à la plupart des exigences israéliennes, exigences qui, d’une façon ou d’une autre, ont été acceptées par les Américains, » a dit Mr Shaath mardi, quelques heures après la rencontre de lundi à Washington de Mahmoud Abbas, Président palestinien, avec Barack Obama, Président U.S., et John Kerry, secrétaire d’État.

Il a indiqué que les Palestiniens n’étaient pas d’accord avec ce qu’il a présenté comme étant des propositions israéliennes appuyées par les U.S.A., concernant le statut de Jérusalem, les réfugiés, les frontières et l’exigence israélienne de reconnaître le pays en tant qu’État juif.

« Les Américains n’ont pas joué honnêtement leur rôle de médiateur » a dit Mr Shaath, en faisant ressortir le contraste avec ce qu’il présente comme la volonté de l’Administration Obama de soutenir les exigences israéliennes dans les négociations d’une façon plus stricte que ne l’avaient fait les anciens Présidents U.S., George Bush senior et Bill Clinton, dans les cycles de négociations antérieurs pour la paix. « Ils sont beaucoup plus proches de ce qu’ils pensent convenir pour les Israéliens. »

Mr Shaath a dit aussi qu’à un mois et demi du terme des négociations, la date limite étant avril, « nous sommes plus éloignés que nous ne l’avons jamais été » dans les négociations passées à Annapolis, Taba et Camp David.

Il a affirmé qu’un échec dans les pourparlers mettrait les Palestiniens face à un choix entre « deux directions », dont celle d’un appel au boycott d’Israël. La position officielle de Mr Abbas aujourd’hui est de soutenir le boycott des colonies juives, plutôt qu’un boycott global d’Israël, ce serait donc une initiative qui pourrait amener les Israéliens à réagir en retenant à la source des recettes fiscales ou en retirant les permis de travail aux Palestiniens.

« Si tout s’effondre, ce sera pourtant la seule chose logique à faire », a-t-il dit en parlant du boycott. « Je sais que ça va nous coûter cher, mais nous n’allons pas revenir à la lutte armée, donc la seule chose à faire sera un boycott et une campagne internationale. »

Selon Mr Shaath, les Palestiniens sont en quête d’un forum international pour de nouvelles négociations, comme on l’a vu dans les conflits avec l’Iran et la Syrie, avec les États-Unis impliqués aux côtés de pays européens et d’autres, dont l’Arabie saoudite et l’Égypte.

Ces commentaires sont les dernières manifestations de dirigeants palestiniens et israéliens se positionnant pour un échec des pourparlers.

Mr Kerry la semaine dernière a déclaré lors d’une séance au Congrès que la méfiance entre les deux côtés était plus grande que jamais, tout en affirmant qu’un accord de paix restait possible.

Tzipi Livni, responsable des négociations pour le côté israélien, a déclaré mardi lors d’une conférence qu’Israël pourrait refuser la libération du quatrième prisonnier palestinien, sur un groupe total de 26, prévue pour le 29 mars, si on ne parvenait pas d’ici là à un accord avec les Palestiniens sur un cadre de négociations pour un statut final.

Ce groupe devrait comporter des habitants arabes d’Israël et de Jérusalem-Est convaincus de crimes violents, ce qui a provoqué la colère de certains Israéliens.

Mr Shaath a dit également que si Israël revenait sur cette libération, les Palestiniens déposeraient des demandes d’adhésion auprès d’organismes internationaux où ils pourraient demander réparation pour ses actes dans les territoires occupés, une initiative planifiée depuis longtemps mais différée en raison des pressions des États-Unis et d’Israël.

« Ce serait une violation de l’accord convenu – et cela veut dire que nous saisirions immédiatement la Cour internationale de Justice et la Cour pénale internationale. »

Selon des dirigeants palestiniens, depuis que les négociations ont repris en juillet, 56 Palestiniens ont été tués et près de 900 blessés par les troupes et les forces de sécurité israéliennes, et Israël a commencé la construction de plus de 10 500 logements dans les colonies juives, sur les terres palestiniennes.

 

 

The Financial Times : http://www.ft.com/intl/cms/s/0/dd918620-aeb5-11e3-aaa6-00144feab7de.html?siteedition=intl#axzz2wUUvAjSC

Traduction : JPP pour BDS FRANCE

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