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Les « Punks contre l’Apartheid » lancent officiellement leur site, sur le réseau BDS

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« Passez le mot, rejoignez-nous et rappelez-vous :
le racisme n’est pas punk, et l’apartheid ne mérite aucun spectacle. Vive le punk ! Vive la Palestine !
»

« En tombant sur l’initiative » d’une demande au rocker punk légendaire, et militant pour la justice sociale, Jello Biafra et à son groupe, L’École de Médecine de Guantanamo, pour qu’ils annulent leur représentation à Tel Aviv en juin dernier – et Biafra a fini par l’annuler -, des militants pour les boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) ont, avec le groupe des Punks contre l’Apartheid (Punks Against Apartheid – PAA), annoncé le lancement officiel d’un site et d’un réseau militant.
Les PAA ont eu le rôle moteur dans l’appel à Biafra pour qu’il annule son concert, et cet appel s’est renforcé rapidement avec un large soutien d’artistes, musiciens et militants de la solidarité du monde entier qui ont signé une déclaration en ligne, adressée directement à Biafra. Immédiatement après l’annulation du spectacle, les PAA ne s’en sont pas tenus là : ils étaient motivés pour s’engager et étendre le mouvement croissant du BDS, et ils ont continué leurs appels à Biafra pour qu’il se penche davantage sur son analyse politique afin de comprendre la situation des Palestiniens sous le système d’apartheid d’Israël.
Le rock punk et son histoire de lutte politique
Sur le site des PAA , punksagainstapartheid.com , les visiteurs peuvent trouver les informations, en anglais, arabe, hébreu et coréen, sur le mouvement BDS dirigé par les Palestiniens – particulièrement sur le boycott culturel– et sur la façon dont la scène du rock punk en général s’inscrit dans le mouvement.
Le rock punk a toujours été anti-autoritariste, anticolonialiste, et antiraciste en son coeur ; et les PAA déclarent dans leur rubrique Points of unity (déjà approuvée par des poids lourds du rock punk, comme Propagandhi, Angelic Upstars, Tanzila Ahmed, The Oppressed, Oi Pollio, The Shondes, Sabina England et d’autres de la communauté militante punk) :
  • 1 – Nous, Punks contre l’Apartheid, pesons pour fomenter une plus grande solidarité entre la communauté punk mondiale et le combat pour la libération palestinienne.
  • 3 – Nous ne nous produirons pas, ni ne participerons de quelque manière que ce soit dans des évènements qui suggèrent une fausse symétrie ou une responsabilité partagée entre les « deux côtés » dans l’oppression coloniale continue du peuple palestinien et son système d’apartheid.
  • 4 – Nous cherchons, dans toute la mesure du possible, à utiliser notre art, notre musique et notre expression à fournir un soutien informationnel et une solidarité réelle à la cause de la libération palestinienne.
  • 5 – Nous soutiendrons le boycott culturel d’Israël jusqu’à ce qu’il se plie à ses obligations morales et juridiques de reconnaissance du droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination.
Les PAA ajoutent dans leur rubrique sur le boycott culturel que l’occupation israélienne illégale et la structure colonialiste de peuplement, d’apartheid de l’État sont l’antithèse des valeurs des artistes et musiciens :
Les Punks ont une longue histoire de politisation de leur public et de diffusion d’un message contre-culturel net dénonçant la complaisance de l’industrie dominante de la musique ; en tant que Punks et citoyens inspirés par cet héritage, nous espérons conserver l’intégrité de cet histoire en exprimant notre soutien indéfectible à la résistance palestinienne à l’occupation, et convaincre les autres Punks de faire de même !!
Dans l’annonce de leur lancement officiel, les PAA indique que le mouvement BDS a eu des victoires et été défié durant les six derniers mois où ils ont fait campagne.
D’un côté, il y a eu des victoires : l’annulation de la représentation de Tuba Skinny, au Festival de jazz de la mer Rouge, et l’annulation de Natacha Atlas. Il y a eu aussi des revers, comme la décision de promoteurs de concerts d’intenter un procès aux groupes BDS libanais pour leur boycott du spectacle de Placebo à Beyrouth l’été dernier.
Ce que tout cela souligne cependant, c’est que la lutte, comme toujours, se poursuit. Ajouter à cet ensemble le mouvement mondial des Occupés (« Occupez Wall Street ! pas la Palestine ! » et nous obtenons un terreau fertile pour une résistance culturelle véritable, substantielle, incluant la campagne BDS en cours.
Nous espérons sincèrement, frères et sœurs, que vous nous rejoindrez alors que nous nous développons et que nous continuons à forger des liens entre ce mouvement et le mouvement punk mondial, que nous connaissons et que nous aimons tant… Et restez en contact avec notre campagne à venir pour convaincre les Punks moldaves, Zdob si Zdub, d’annuler leur représentation à Tel Aviv, qui est reportée en mars.

Alex Billet, cofondateur de PAA et contributeur à The Electronic Intifada, a récemment été interviewé sur la station CKUT de la radio Roots Rock Rebel de Montréal, sur le lancement des PAA et les diverses campagnes de boycotts culturels dans lesquelles les PAA se sont engagés. Vous pouvez écouter cet entretien ici.

Comme l’écrivent les PAA dans leur annonce de lancement :
« Passez le mot, rejoignez-nous et rappelez-vous : le racisme n’est pas punk, et l’apartheid ne mérite aucun spectacle. Vive le punk ! Vive la Palestine ! »

Les Punks contre l’Apartheid sont un réseau mondial émergent de musiciens, artistes, et militants qui s’inspirent de l’histoire et de l’éthique du rock punk. Nous sommes opposés à toutes formes d’oppression, d’exploitation et de racisme – particulièrement au régime d’apartheid d’Israël et à son terrorisme colonial. Les politiques du gouvernement israélien tant dans les territoires occupés qu’en « Israël proprement dit » envers les Palestiniens relèvent tout droit de l’apartheid. Nous avons pour objectif de soutenir le combat palestinien contre lui par tous les moyens dont nous disposons.

Nous exhortons les artistes – et surtout les Punks ! – à répondre à l’appel du peuple palestinien pour le Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël. Nous refusons de jouer en Israël ce qui serait une violation de cet appel palestinien pour le boycott culturel, et nous refusons de prêter nos voix à tout évènement cherchant à blanchir la réalité de l’apartheid. Les Punks ont une longue histoire de politisation de leur public et de diffusion d’un message contre-culturel net dénonçant la complaisance de l’industrie dominante de la musique. Durant la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, les groupes punks dans le monde ont répondu à l’appel pour la solidarité. En tant que Punks et citoyens inspirés par cet héritage, nous espérons conserver l’intégrité de cette histoire en exprimant notre soutien indéfectible à la résistance palestinienne à l’occupation et convaincre les autres punks à faire de même.

30 novembre 2011 – The Electronic Intifada – traduction : JPP
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