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Netflix, il est temps d’abandonner les séries qui glorifient les crimes de guerre

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Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI)

Les Palestiniens pressent Netflix d’abandonner la série « Fauda » créée par d’anciens membres des escadrons de la mort de l’armée israélienne, qui légitime et encourage la violence raciste et les crimes de guerre.

Ramallah occupée, 29 Mars 2018  La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI) appelle Netflix à abandonner la série policière « Fauda » parce que c’est un outil raciste anti-arabe de la propagande israélienne qui glorifie les crimes de guerre de l’armée israélienne contre le peuple palestinien. Faute de quoi, Netflix encourt le risque d’une pression populaire non-violente, voire d’une procédure sur sa responsabilité juridique.

PACBI fait intégralement partie du mouvement BDS non-violent pour la liberté, l’égalité et la justice en Palestine. Ce mouvement a été nominé pour le prix Nobel.

Ajoutant l’insulte à l’injure, Netflix prévoir la sortie de la saison deux en mai prochain, mois qui marquera le soixante dixième anniversaire de la Nakba de 1948, l’expulsion de masse de la majorité de la population indigène palestinienne de ses maisons et la destruction de centaines de ses villes et villages. Des historiens, dont des savants palestiniens et israéliens célèbres, ont documenté cette campagne systématique et délibérée de nettoyage ethnique.

La série « Fauda » fait la promotion de et légitime les actes de violence commis contre les Palestiniens dans le territoire palestinien occupé, par les escadrons de la mort de l’armée israélienne – ceux qu’on appelle les « Mistaravim » (déguisés en Arabes). Les auteurs du scénario, qui étaient membres de cette unité, ont basé la série sur les crimes de guerre commis par ces escadrons contre des Palestiniens.

Par exemple, l’unité secrète « Yasam » de l’armée israélienne, qui a inspiré les créateurs de Fauda, opère à visage découvert, habillée comme des civils arabes, ce qui s’apparente à de la « traîtrise » en droit humanitaire international. Elle est aussi responsable de nombreux assassinats ciblés, d’exécutions extra judiciaires et du meurtre et de l’arrestation violente de manifestants palestiniens non armés, dont de jeunes enfants. De plus, elle contrevient de façon répétée à l’inviolabilité des universités et hôpitaux palestiniens. Ces actes aussi constituent des crimes de guerre en droit international.

En aseptisant et en banalisant ces crimes, Fauda est directement complice de la promotion et de la justification de ces graves violations des droits humains. Comme il est écrit dans un article du quotidien Haaretz, Fauda a « rendu romantiques les aspects les plus répugnants de l’occupation israélienne ».

Le mois dernier, le président israélien Reuven Rivkin a accueilli une célébration qui a rassemblé l’équipe de Fauda, des dirigeants de l’escadron de la mort camouflé « Yamas » et des centaines de soldats israéliens. À cette rencontre, l’équipe de la série a exprimé sa gratitude envers Yamas en tant que « source d’inspiration » de la série et de « protecteurs de la vie ». Rivlin a exprimé sa « gratitude » et sa « fierté » de la série.

L’appropriation et la promotion de « Fauda » par l’armée et l’establishment politique israéliens révèlent son rôle significatif dans les efforts de marketing d’Israël comme dans sa campagne de propagande pour camoufler ses crimes de guerre contre le peuple palestinien.

Sur la base de ce qui précède, PACBI en appelle à Netflix pour qu’il suspende la production de la saison trois de la série, qu’il s’abstienne de diffuser la saison deux et qu’il retire la saison un de sa prestation.

L’abandon de Fauda ne créerait pas un précédent pour des services de streaming tels Netflix et HBO.

Face au développement du mouvement #MeToo, Netflix a suspendu son travail avec l’acteur Kevin Spacey après que celui-ci a été accusé d’inconduite sexuelle. Il a produit la dernière saison de House of Cards sans lui et sans son rôle. Le service a aussi dit qu’il ne diffuserait pas Gore, un film produit par Spacey dans lequel il jouait.

Netflix, HBO et d’autres services de streaming ont rompu leurs relations avec le comédien Louis C.K. accusé d’inconduite sexuelle. HBO a supprimé tous ses projets du service. Le distributeur de cinéma The Orchard a annulé la diffusion de son film. Et Disney a re doublé sa voix dans une série animée dans laquelle il était précédemment intervenu.

Netflix a mis au point une norme de responsabilité sociale en mettant fin à sa collaboration avec Kevin Spacey et Louis C.K. Cette norme doit maintenant inclure le refus de séries qui légitimisent et encouragent la violence raciste et les crimes de guerre.

La liberté d’expression est protégée par le Premier Amendement de la constitution américaine. Mais cette protection ne s’applique pas à la justification de ou à l’incitation à des « actions illicites imminentes » dont fait partie la violence raciale israélienne et ses violations flagrantes des droits humains des Palestiniens.

Netflix, soyez corrects et supprimez Fauda !

Source: PACBI

Traduction SF pour BDS France

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