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Solidaires des prisonniers : Se débarrasser du carcan d’Oslo et se tourner résolument vers le BDS

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José Luis Moraguès – ccippp-bdsfrance
publié le mardi 8 mai 2012.


L’unité du peuple palestinien contre la division d’Oslo

Aujourd’hui la Campagne BDS, lancée à l’appel des Palestiniens en 2005 est portée par l’immense majorité de la population civile palestinienne de l’intérieur comme de l’extérieur. Une société civile qui depuis la « mort d’Oslo » et face aux renoncements, compromissions et parfois collaboration de l’Autorité Palestinienne a choisi de s’extraire du carcan d’Oslo pour mettre au coeur de son devenir les revendications stratégiques fondamentales. La prise en compte des trois composantes du peuple Palestinien et donc des trois revendications fondamentales (fin de la colonisation, fin des discriminations des palestiniens de 48 et le retour des réfugiés) sont les seules à même de reconstruire l’unité du peuple Palestinien et lui donner la force et la légitimité qui lui revient pour exiger et imposer son droit à l’autodétermination. Les divers-ses porte paroles du BNC (Comité National Palestinien du BDS) ne cessent de le marteler.

Toutes les luttes engagées aujourd’hui par chacune des 3 composantes du peuple palestinien, que ce soit en Palestine de 48, dans la Cisjordanie et Gaza occupés et par les réfugiés où qu’ils soient, joignent à leur propre revendications les revendications des deux autres composantes du peuple palestinien. C’est une donnée incontestable.

Le BDS nous remet à l’offensive

Le volet, inséparable des revendications fondamentales c’est le moyen d’y parvenir. La demande explicite que les Palestiniens adressent au mouvement de solidarité, c’est de mettre en œuvre le BDS dans sa double dimension : en tant que stratégie palestinienne (prise en compte des 3 composantes du peuple palestinien) et en tant que mode d’action international de lutte, le B, le D et le S.

Jusqu’à ces dernières années, c’est Israël qui décidait de l’agenda du mouvement de solidarité. Faute de stratégie palestinienne nous étions condamnés à dénoncer, condamner au coup par coup, une fois accomplis, les crimes d’Israël . Quand bien même étions nous offensifs nous étions réduits à la réaction défensive. L’Appel BDS et l’affirmation d’une stratégie et d’une demande palestinienne opèrent un renversement radical de la situation. Désormais c’est le mouvement de solidarité sous direction palestinienne qui fixe l’agenda des actions et des campagnes. C’est lui qui est à l’offensive et qui a l’initiative. C’est Israël qui prend les coups, qui enregistre les défaites et qui est contraint à réagir. Et ses réactions le délégitiment chaque fois plus.

La bataille des prisonniers révèle la nouvelle stratégie de l’Appel BDS

Chaque nouvelle lutte palestinienne s’articule aux revendications fondamentales et se prolonge dans le mouvement de solidarité par le BDS.

De ce point de vue la bataille des prisonniers est exemplaire.

- En Palestine, les prisonniers articulent leurs revendications immédiates et urgentes aux revendications stratégiques des 3 composantes du peuple palestinien. Ils articulent leurs revendications à leur libération et à la libération de la Palestine. Comme l’écrit le prisonnier Ameer Makhoul :  » La bataille pour les Palestiniens, et pour toutes celles et ceux dans le monde qui s’opposent à l’occupation et au colonialisme, est contre l’occupation et l’État occupant, et pour la libération nationale, pour le rétablissement de la patrie et le retour de ses habitants aujourd’hui réfugiés et exilés. »

Oslo n’a produit qu’un mode de  » gestion » de l’occupation, or il ne saurait y avoir de « bonne » gestion de l’occupation pas plus qu’une bonne gestion de l’emprisonnement. L’occupation est la cause des emprisonnements !

Dans l’article intitulé « L’égalité ou rien » Omar Bargouthi ne dit pas autre chose : « Le droit des Palestiniens à l’égalité n’est ni négociable ni relatif ; il est la condition sine qua non d’une paix juste en Palestine et dans la région. Comme Edward Saïd le disait : « L’égalité ou rien ! ». On pourrait paraphraser et dire :  » Le droit des prisonniers à la liberté n’est ni négociable ni relatif … ect. c’est « la liberté ou rien »…

- Au mouvement de solidarité international les prisonniers demandent la prise en compte de cette double dimension et d’inventer le prolongement de leur lutte dans les actions BDS spécifiques ou non.

La Campagne BDS internationale doit inclure la question des prisonniers Cela signifie que notre contribution à leur bataille passe, bien sûr, par l’information et la sensibilisation auprès de nos sociétés civiles de la double dimension de leur lutte. Mais cela signifie aussi que nous devons être capables d’articuler cette information à des actions BDS et que la question des prisonniers, comme l’apartheid, la colonisation et les violations multiples doit prendre sa place aux côtés des arguments majeurs qui justifient le boycott d’Israël. Mentionner les prisonniers dans les lettres de dissuasion adressées au artistes qui veulent se produire en Israël ou dans les tracts qui appellent au boycott de Mehadrin est tout aussi justifié et nécessaire que de parler du mur, des colonies ou du blocus de Gaza. Comme le mur ou le vol des terres et de l’eau,les prisonniers sont une constante de l’occupation. Ils doivent devenir une constante de notre argumentation et actions BDS.

Les convergences et les connexions contre les cloisonnements

Le cloisonnement des problématiques et des luttes est l’arme de nos adversaires.

Comment le mouvement de solidarité pourrait-il cloisonner et isoler la lutte contre la colonisation de celles contre le blocus de Gaza, du retour des réfugiés, de la libération des prisonnier, de la fin des discriminations à l’égard des palestiniens de 48 etc. ? Ces problèmes ne concernent-ils pas un seul peuple, le peuple Palestinien ? ces problèmes n’ont-ils pas une seule cause, l’état colonial et d’apartheid d’Israël ?

Que l’on décide de mettre l’accent sur l’une ou l’autre des problématiques en raison des circonstances et des urgences ponctuelles peut très bien se faire en lien avec les autres composantes du problème. Enfin, comment le mouvement de solidarité pourrait-il priver ces luttes de leur débouché concret dans les actions BDS qui constituent aujourd’hui les seules victoires remportées depuis des décennies ?

José Luis Moraguès – ccippp-bdsfrance

7/05/2012

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http://www.petitionpublique.fr/?pi=…

Lire aussi :

« La dimension stratégique de la bataille des prisonniers politiques Palestiniens et les tâches du mouvement de solidarité internationaliste »

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