Des militants s’opposent au Festival du film israélien au Kenya

Lettre ouverte au Centre culturel français à Nairobi
source: info-palestine.net

Les institutions culturelles et universitaires israéliennes, de même que les produits culturels comme les films contribuent directement à maintenir, défendre ou blanchir l’oppression contre les Palestiniens, alors que la nation juive cherche délibérément à améliorer son image internationale.

JPEG - 34.7 ko
Tel Aviv : ils sont des centaines d’Israéliens à manifester dans le quartier pauvre de Hatikva contre la communauté migrante africaine.
(Photo : R. Shutzer/AFP/Getty images)

 

Alliance française,
Loita/Monrovia Street – Nairobi, Kenya

à l’Alliance française, 6 juin 2013

Objet : le Festival du film israélien à Nairobi, 2013

Il a été porté à notre attention que l’Alliance française allait accueillir le Festival du film israélien du 11 au 15 juin, présenté par l’Ambassade d’Israël. En tant que Kenyans et personnes soucieuses de la justice sociale et des droits humains, nous tenons à vous exprimer notre point de vue sur la tenue d’une telle initiative.

Pour commencer, nous voulons attirer l’attention sur les nombreuses violations des droits humains qu’Israël commet régulièrement. Dès sa création en 1948, Israël a cherché à supprimer définitivement et massivement la population palestinienne indigène du pays, afin de créer un État juif. Depuis, Israël s’oppose aux droits fondamentaux palestiniens à la liberté, à l’égalité, à l’autodétermination par le nettoyage ethnique, la colonisation, la discrimination raciale et l’occupation militaire (1). Israël viole également, de façon répétée et systématique, les droits humains et le droit humanitaire internationaux, et ne tient aucun compte des résolutions des Nations-Unies.

Pour donner juste quelques exemples : depuis 2006, quand le Hamas a gagné les élections à Gaza, les Palestiniens dans la bande de Gaza ont été paralysés par les sanctions économiques imposées par Israël. En 2008 et 2009, au cours des 22 jours de l’opération militaire Plomb durci, on estime qu’Israël a tué 1387 Palestiniens à Gaza, notamment des familles et des enfants, et qu’il a utilisé à plusieurs reprises des munitions à phosphore blanc sur des zones peuplées, comme cela a été méticuleusement documenté par Human Rights Watch. En novembre 2012, Israël a bombardé Gaza une nouvelle fois dans l’opération Pilier de défense. Selon B’Tselem, le centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés, 167 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Plus de la moitié étaient des civils.

En Cisjordanie occupée, un territoire tenu sous le contrôle des checkpoints militaires, Israël a continué de construire des colonies sur la terre occupée, en dépit du fait que ces colonies sont considérées comme illégales en droit international. Ce ne sont là que quelques-unes des violations qu’Israël perpétue en Palestine occupée. Nous n’avons pas parlé en détail de la détention des prisonniers politiques, du déplacement des communautés bédouines, du harcèlement et des humiliations quotidiennes des Palestiniens sur les checkpoints, du nivelage des terres aux bulldozers, de l’arrachage des oliviers et ainsi de suite.

Il n’y a pas que les Palestiniens à avoir souffert des politiques mises en œuvre par le gouvernement israélien ou à avoir été assassinés par l’armée israélienne. En 2003, une militante américaine de la paix, Rachel Corrie, est morte écrasée sous un bulldozer par les Forces de défense israéliennes (FDI). En 2010, 9 militants turcs à bord d’un navire humanitaire se dirigeant vers Gaza, le Mavi Marmara, ont été tués dans une opération israélienne. Il y a seulement trois jours, Israël a pris la décision d’expulser 60 000 migrants d’Érythrée et du Soudan vers un troisième pays non précisé. L’année dernière, des dizaines de demandeurs d’asile africains ont été blessés dans des émeutes raciales violentes à Tel Aviv (2).

Dans un rapport officiel commandé par le gouvernement sud-africain en 2009, le Conseil de recherches en sciences humaines a confirmé qu’Israël, par sa politique et ses pratiques, se rend coupable du crime d’apartheid. Beaucoup d’autres, notamment des Sud-Africains qui ont connu directement l’oppression raciale, par exemple le lauréat du Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, ont dit de la vie sous la répression israélienne qu’elle était semblable, voire pire, que celle sous l’apartheid en Afrique du Sud (3).

Des gens de partout dans le monde condamnent la politique d’Israël envers les Palestiniens. Beaucoup ont rejoint la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) qui appelle au boycott d’Israël jusqu’à ce que les droits palestiniens soient reconnus en toute conformité du droit international. Des citoyens israéliens soutiennent fortement eux aussi l’appel aux campagnes de BDS.

Il est important de souligner que les institutions culturelles et universitaires israéliennes, de même que les produits culturels comme les films, contribuent directement à maintenir, défendre ou blanchir l’oppression des Palestiniens alors que la nation juive cherche délibérément à améliorer son image internationale par le biais de collaborations universitaires et culturelles. Dans le cadre du boycott, des universitaires, des artistes et des consommateurs font campagnes contre de telles collaborations et tels « relookings ». (4)

JPEG - 14.8 ko

Surtout, un certain nombre d’artistes, spécialement des musiciens, cinéastes et écrivains, ont refusé de se produire en Israël ou ont annulé leurs spectacles prévus après une pression du mouvement BDS, notamment Bono, Snoop Dogg, Jean-Luc Godard, Elvis Costello, Gil Scot Heron, Carlos Santana, Devendra Banhart, Dustin Hoffman, Meg Ryan, Faithless, les Pixies, Cassandra Wilson, Cat Power et Zakir Hussain. L’auteur britannique John Berger, l’écrivain indien Arundhati Roy, la poétesse étatsunienne Adrienne Rich, les Britanniques Ken Loach, réalisateur, et Paul Laverty, scénaristes, sont parmi d’autres voix éminentes qui ont rejoint l’appel BDS (5).

Alors que les Kényans et d’autres soutiennent la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et la fin de l’apartheid, nous exhortons l’Alliance française à annuler le Festival du film israélien et à trouver les moyens de faire monter la sensibilisation sur l’occupation en Palestine. Il est paradoxal que l’ambassade israélienne veuille utiliser ce Festival pour « célébrer ses 50 ans de relations avec le Kenya » et « améliorer l’opinion des Kényans sur la vie et la culture israéliennes » quand le Kenya a vécu sa propre histoire de colonisation, avec ce qui l’accompagne, les violations, tortures et répressions. Pour nous, célébrer nos cinquante années d’indépendance et reconnaître ceux qui ont combattu et sont morts pour elle, il est impératif que nous nous positionnions contre la colonisation et l’oppression des autres.

S’il vous faut des raisons supplémentaires pour annuler le Festival, alors nous voulons attirer votre attention sur certains thèmes problématiques de films qui seront projetés. Les films Tourner à gauche à la fin du monde et Feu de camp dépeignent tous les deux les colonies qui, comme indiqué ci-dessus, sont illégales en vertu du droit international. Aucun film n’aborde cette réalité au contraire, les films détournent l’attention en abordant des thèmes tels que l’amour romantique et les communautés culturelles.

Ce Festival du film pourrait paraître comme un événement public anodin, mais en réalité, il ne l’est pas. Soutenir les produits culturels d’Israël pendant que les Palestiniens se battent pour se libérer de l’occupation israélienne c’est s’affirmer politiquement. Nous vous exhortons, en tant que personnes qui croient dans les droits de tous les peuples à vivre dans la dignité et libres de toute oppression, à vous tenir solidaires de la lutte palestinienne pour l’autodétermination et aux côtés des personnes dans le monde qui se sont engagées dans la campagne de Boycott, Sanctions et Désinvestissements contre Israël.

Sincèrement,

Comité Solidarité Palestine – Kenya

Notes

(1) Campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (en ligne) : Apartheid, Colonisation et Occupation

(2) The Guardian, (en ligne), Des demandeurs d’asile africain blessés dans des émeutes raciales à Tel Aviv – 24 mai 2012

(3) Artistes sud-africains contre l’Apartheid

(4) Mouvement BDS, (en ligne), Introduction au BDS

(5) Mouvement BDS (en ligne), Victoires BDS

12 juin 2013 – Pambazuka News – traduction : Info-Palestine/JPP




La réponse de BDS France au Nouvel Observateur et à Julien Clerc

j clercSuite à des erreurs et approximations dans l’article du Nouvel Observateur titré « Julien Clerc chantera en Israël malgré les pressions » et publié en date du 3 juin dernier, la Campagne BDS France tient à préciser plusieurs choses.

D’une part, il ne s’agit pas d’une « association créée par la société civile palestinienne au début des années 2000 », mais bien d’une campagne initiée en 2005 par une coalition de 173 associations de la société civile palestinienne et qui s’est développée depuis lors à l’échelle internationale. Cette campagne « Boycott, Désinvestissement, Sanctions » contre le régime d’apartheid israélien s’inspire de la campagne victorieuse contre l’apartheid en Afrique du Sud.

En effet, en juillet 2005, soit un an exactement après l’avis de la Cour Internationale de Justice demandant le démantèlement du mur de l’apartheid construit par la puissance occupante israélienne, 173 organisations, forces syndicales et associations palestiniennes ont lancé l’appel au BDS, dont voici un extrait :

« Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international ».

Loin de « menaces » que jamais aucun membre de la Campagne BDS n’a exercé à l’encontre d’artistes, notre démarche vise à informer et sensibiliser les artistes et intellectuels qui sont invités à participer à la vie culturelle israélienne, les incitant à la réflexion sur le sens de cette participation qui est aujourd’hui un acte politique.

Il aurait été ensuite juste au niveau factuel de préciser que Vanessa Paradis est très loin d’être la seule artiste à avoir annulé son concert à Tel Aviv.

De nombreuses artistes de premier plan ont refusé de jouer en Israël, dont Elvis Costello, Carlos Santana, Eric Clapton, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Devendra Banhart, Annie Lennox, Natacha Atlas, Brian Eno, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra…

Dernièrement, c’est le célèbre physicien Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence en Israël.

Cette liste de personnalités soutenant la campagne BDS est très loin d’être exhaustive, nombreux étant ceux qui ont choisi d’être du côté de la justice et du droit (cf. liste sur ce site).

 

La réponse de la Campagne BDS France aux explications de Julien Clerc :

Cher Julien Clerc,

Vous dites que vous irez chanter en Israël car le HCR à qui vous avez demandé conseil a indiqué « qu’il n’y avait pas d’obstacle institutionnel à aller chanter à Tel-Aviv ».

S’il n’y a pas « d’obstacle institutionnel », vous, le chanteur engagé, ne pouvez ignorer ce que signifiera votre concert à Tel Aviv en termes de caution donnée à la politique israélienne et de déni de la réalité de l’occupation, de la colonisation et du système de discriminations mis en place par cet État.

Israël se sert – et le revendique – des artistes étrangers pour tenter de blanchir ses crimes de guerre contre la population palestinienne sous sa domination.

Cher Julien Clerc, vous ne souhaitez probablement pas ségréguer votre audience et vos fans, mais Israël le fait. Nous ne pouvons imaginer que vous puissiez accepter cette situation… « A quoi sert une chanson si elle est désarmée ?

Vous dites aussi : « Pourquoi demander à un chanteur français de prendre parti dans un conflit que les chefs d’État des plus grandes nations n’ont pas réussi à régler ? »

Cher Julien Clerc, n’est-ce pourtant pas l’insuffisance de ces mêmes chefs d’État que votre rôle d’ambassadeur de bonne volonté au HCR vient suppléer ?

Les chefs d’État ne font pas tout et c’est précisément parce que dans ce conflit en particulier, la communauté internationale ne joue pas son rôle que la campagne citoyenne BDS a été initiée. Elle repose sur l’idée que chaque citoyen du monde peut, et doit agir, pour la justice et la paix sans attendre son chef d’État. C’est cette idée et la désillusion face à leurs dirigeants qui conduit aujourd’hui en Israël même, les anti-colonialistes à appeler à boycotter leur propre Etat et à vous écrire pour vous demander de ne pas venir jouer en Israël :

« Tel Aviv est la nouvelle Sun City, et nous demandons à des artistes comme vous de ne pas jouer dans cette ville. Comme l’Afrique du Sud de l’apartheid, le gouvernement israélien essaie d’exploiter les représentations et concerts internationaux en Israël, comme le vôtre, pour faire passer le pays pour un ‘lieu cool, amical et démocratique’. Au vu de ce qui précède, nous voudrions vous demander de ne pas vous produire en Israël pour l’instant.

Nous avons tous un rôle à jouer et surtout vous, qui en tant qu’ambassadeur au HCR ne pouvez ainsi dire : « De ma fenêtre, je ne peux que prêcher la tolérance mutuelle et souhaiter qu’israéliens et Palestiniens arrivent un jour à vivre ensemble. »

Desmond Tutu, prix nobel de la Paix, fervent soutien de la Campagne citoyenne BDS déclarait : « Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp. »

Resterez vous neutre face à l’injustice cher Julien Clerc ?
Nous espérons sincèrement que non, et nous vous réitérons notre demande de rencontre.
Article du Nouvel Obs :http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20130603.OBS1728/info-obs-julien-clerc-chantera-en-israel-malgre-les-pressions.html

Voir tout le dossier sur Julien Clerc




Lettre de la Campagne BDS France à Tinariwen

Paris, le 19 Avril 2013
wavelabinc@gmail.com rab@sasa.demon.co.uk

Chers membres de Tinariwen,

Vous êtes en ce moment en tournée aux Etats-Unis puis vous viendrez en Mai en Europe et au Maroc. Bien que la date n’apparaisse pas sur votre site internet, vous êtes programmés au festival « PlugFest » dans le désert du Néguev, en Israël.

Faisant vous même partie d’un peuple opprimé, vous n’êtes pas sans connaître la situation dans laquelle vivent les Palestiniens, qu’ils soient de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, d’Israël ou même réfugiés.

Mais peut-être ne savez-vous pas que les Palestiniens ont appelé les artistes internationaux à ne pas jouer en Israël tant que cet Etat continue d’ignorer toutes les résolutions des Nations unies, de bafouer le droit international et de priver le peuple palestinien de ses droits humains les plus élémentaires.

Vous pouvez lire l’appel ici : http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=11&Itemid=13&lang=fr#CR

En voici un extrait :

« Puisque les institutions académiques israéliennes (essentiellement contrôlées par l’État) et la vaste majorité des intellectuels et universitaires Israéliens ont, soit contribué directement au maintien, à la défense ou à la justification des formes d’oppression susmentionnées, soit ont été complices par leur silence,

Etant donné que toutes les formes d’intervention internationales ont jusqu’à présent échoué à forcer Israël à se conformer au droit international ou à mettre fin à sa répression des Palestiniens, ce qui s’est manifesté de multiples façons, dont des sièges, des tueries indiscriminées, des destructions gratuites et le mur colonial raciste,

[…] Nous, universitaires et intellectuels palestiniens, appelons nos collègues dans la communauté internationale à boycotter complètement et en permanence toutes les institutions académiques et culturelles israéliennes pour contribuer à la lutte pour terminer l’occupation, la colonisation et le système d’apartheid israéliens, en appliquant ce qui suit :

Retenez-vous de participer à toute sorte de coopération, collaboration ou projet culturel conjoint, académique ou culturelle, avec des institutions israéliennes […] »

Ces trois dernières années, de nombreux artistes de premier plan ont répondu à cet appel en refusant de se produire en Israël. Parmi eux, nous pouvons citer Oumou Sangaré, Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray est une artiste qui a donné un concert en 2011, mais elle l’a regretté et n’y retournera pas. Elle a déclaré publiquement : « J’ai pris conscience et je n’aurais absolument pas joué si j’avais su même un peu de ce que je sais maintenant ».

Se produire en Israël aujourd’hui, c’est comme faire une déclaration de complicité politique. Vous pensez peut être pouvoir jouer en Israël simplement en tant qu’artiste pour un concert comme un autre sur votre tournée mais votre présence sera interprétée pour dépeindre cette société coloniale impitoyable comme normale, et les atrocités incessantes contre le peuple palestinien comme une chose à ignorer. Israël admet ouvertement qu’il utilise les événements culturels comme des outils de propagande, et il utilisera votre image pour tenter de camoufler quelque chose de très systématique et de très répugnant.

Il va sans dire que si vous jouez en Israël, ce sera devant une audience ségréguée, parce qu’aucun de vos fans palestiniens de Gaza ou de la Cisjordanie toute proche, n’aura le droit de venir vous écouter.  Est-il imaginable qu’au cours de la longue lutte contre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, vous y auriez voyagé pour jouer pour les suprématistes blancs ?

Nous espérons sincèrement que vous y réfléchirez. Nous vous demandons de vous retenir de participer au « PlugFest » et à toute autre concert en Israël tant que cet état ne respectera pas le droit international.

Il y a une vague – toute une vague internationale de gens qui soutiennent la justice pour les Palestiniens par des boycotts consommateurs, des boycotts universitaires, des boycotts culturels. Annulez votre concert et surfez sur cette vague. S’il vous plaît, n’y allez pas.

Sincèrement Vôtre,

Loic, pour la Campagne BDS France

www.bdsfrance.org

campagnebdsfrance@yahoo.fr




Lettre de la Campagne BDS France à Alicia Keys

Scroll down to read the original in English

Alicia Keys

c/o Jeff Robinson

MBK Entertainment

240 West 35th Street, 18th Floor

New York, NY 10001

USA

 

le 8 avril 2013

Chère Alicia Keys,

Ici en France, vos fans se réjouissent de votre venue en juin à Paris. Mais nous sommes consternés d’apprendre que les organisateurs de votre tournée ont inclus dans votre programme un concert le 4 juillet à Tel-Aviv.

Peut-être ne savez-vous pas que les Palestiniens ont appelé les artistes internationaux à ne pas jouer en Israël tant que cet Etat continue d’ignorer toutes les résolutions des Nations unies, de bafouer le droit international et de priver le peuple palestinien de ses droits humains les plus élémentaires.

Peut-être ne savez-vous pas que lors des trois dernières années, de nombreux artistes de premier plan ont répondu à l’appel en refusant de paraître en Israël ; et que d’autres qui avaient initialement accepté ont annulé leur représentation, préférant montrer leur soutien à la lutte du peuple palestinien contre l’oppression israélienne.

Ceux-ci incluent Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray est une artiste qui a donné un concert en 2011, mais elle l’a regretté et n’y retournera pas. Elle a déclaré publiquement : « J’ai pris conscience et je n’aurais absolument pas joué si j’avais su même un peu de ce que je sais maintenant ».

L’occupation israélienne dure maintenant depuis des décennies et fait de la vie des Palestiniens un enfer sur terre. C’est une occupation qui engloutit la terre palestinienne pour construire de grandes colonies illégales et des routes réservées aux colons. C’est une occupation qui vole l’eau – 80 % des eaux de la Cisjordanie sont prises par Israël pour que les colons sur leurs collines aient des pelouses vertes et remplissent leurs piscines tandis que dans les villages en contrebas les Palestiniens n’ont pas d’eau courante. C’est une occupation qui tue, torture, humilie, qui emprisonne hommes, femmes et enfants sans charges ni procès, qui détruit les maisons, pousse les Palestiniens vers des ghettos fermés et, à l’aide de check-points, de routes coupées et d’un système de permis digne de l’Apartheid, empêche les Palestiniens d’aller au travail, les enfants d’aller à l’école, les agriculteurs de récolter, les femmes enceintes et les grands malades d’atteindre l’hôpital.

La violence israélienne n’épargne personne. Rien que la semaine dernière, Hasan Barhoush, un vieux fermier chétif de 80 ans, a été attaqué brutalement par un groupe de colons israéliens et est maintenant soigné à l’hôpital de Tulkarem. Un autre groupe de colons a jeté des pierres sur un bus scolaire près de Naplouse, brisant les fenêtres et blessant de jeunes enfants dont sept ont dû être hospitalisés. Aucun Israélien ne sera puni pour une telle sauvagerie. Ce n’était qu’un autre jour ordinaire en Palestine occupée.

Nous pensons que vous êtes trop intelligente pour ne pas réaliser que se produire en Israël aujourd’hui, c’est comme faire une déclaration politique. Israël admet ouvertement qu’il utilise les événements culturels comme des outils de propagande, et il utilisera votre image pour tenter de camoufler quelque chose de très systématique et de très répugnant. Quelle que soit votre croyance de pouvoir aller là simplement en tant qu’artiste, votre présence sera interprétée pour dépeindre cette société coloniale impitoyable comme normale, et les atrocités incessantes contre le peuple palestinien comme une chose à ignorer. Nous espérons sincèrement que vous y réfléchirez.

Il va sans dire que si vous jouez à Tel-Aviv, ce sera devant une audience ségréguée, parce qu’aucun de vos fans palestiniens de Gaza ou de la Cisjordanie toute proche, n’aura le droit de venir vous écouter.   Est-il imaginable qu’au cours de la longue lutte contre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, vous y auriez voyagé pour jouer pour les suprématistes blancs ? Si votre réponse est Non, alors vous souhaitez déjà boycotter un système cruel et injuste.

Il y a une vague, Alicia – toute une vague internationale de gens qui soutiennent la justice pour les Palestiniens par des boycotts consommateurs, des boycotts universitaires, des boycotts culturels. Annulez votre concert et surfez sur cette vague – S’il vous plaît, n’y allez pas.

Sincèrement vôtre,

Campagne BDS France

CICP – 21 ter rue Voltaire

75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/

 

————-

 

Alicia Keys

c/o Jeff Robinson

MBK Entertainment

240 West 35th Street, 18th Floor

New York, NY 10001

USA

 

April 8, 2013

Dear Alicia Keys,

All your fans here in France are excited that you’re coming to Paris in June. But we’re dismayed to learn that the organizers of your tour have included in your schedule a performance on July 4th in Tel Aviv.

Maybe you don’t know that the Palestinians have appealed to international artists not to play in Israel while it continues to ignore all United Nations resolutions, flout international law, and deprive the Palestinian people of their most elementary human rights.

Maybe you don’t know that in the past three years many prominent artists have responded to the appeal by refusing to appear in Israel, and others who had initially accepted to play there have cancelled their performances, preferring to show their support for the struggle of the Palestinian people against Israeli oppression.

They include Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, the late Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray is one artist who did perform there in 2011, but she regretted it and won’t be going back. She stated publicly: “I had a reality check and I definitely would not have played there if I had known even the little that I know now.”

Israel’s occupation has endured now for decades, and makes the Palestinians’ life a hell on earth. It’s an occupation that gobbles up Palestinian land to build vast illegal settlements and settlers-only roads. It’s an occupation that steals water – 80% of the West Bank’s water is taken by Israel so that the settlers on their hilltops can have green lawns and fill their swimming pools, while in the villages below Palestinians have no running water. It’s an occupation that kills, tortures, humiliates, that imprisons men, women and children without charge or trial, bulldozes houses, herds Palestinians into walled ghettos and, through the checkpoints, roadblocks, and an apartheid-like pass system, prevents Palestinians from going to work, children from going to school, farmers from harvesting their crops, pregnant women and the critically ill from reaching hospital.

Israeli violence spares no one. Just last week, Hasan Barhoush, a frail 80-year old farmer, was brutally attacked by a group of Israeli settlers and now lies in hospital in Tulkarem. A different group of settlers hurled rocks at a school bus near Nablus, shattering windows and wounding young children, seven of whom had to be hospitalized. No Israeli will be punished for such savagery. That was just another ordinary day in occupied Palestine.

We think you’re too smart not to realize that performing in Israel today is like making a political statement.   Israel openly admits to using cultural events as a propaganda tool, and it will use your image in an attempt to camouflage something very systematic and very ugly. However much you believe that you can go there simply as an artist, your presence will be spun to paint this ruthless colonial society as being normal, and the unrelenting atrocities against the Palestinian people as something to be ignored. We sincerely hope you will think again.

It goes without saying that if you play in Tel Aviv, it will be before a segregated audience, because none of your Palestinian fans either in Gaza or in the West Bank just a short drive away, will be allowed to come and hear you. Is it conceivable that, during the long struggle against apartheid South Africa, you would have travelled there to perform for the white supremacists? If your answer is No, then you’re already willing to boycott a cruel and unjust system.

There’s a wave, Alicia – a whole international wave of people supporting justice for the Palestinians via consumer boycotts, academic boycotts, cultural boycotts.   Cancel your gig and ride that wave – Please don’t go.

Yours truly,

BDS French Campaign

CICP – 21 ter rue Voltaire

75011 Paris, France

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/