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L’étiquetage des produits des colonies : ​progrès ou faux semblant ?

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Le 11 novembre 2015, la Commission européenne a demandé à ses 28 États membres de mettre en œuvre l’étiquetage des produits originaires des colonies israéliennes, pour informer les consommateurs.

Ce souci d’informer les consommateurs des conditions éthiques et politiques effroyables dans lesquelles les fruits et légumes israéliens sont produits, c’est justement ce qui a valu récemment la condamnation par la cour de cassation de douze militants de la campagne BDS !

Au-delà de ce constat, et des gesticulations hypocrites du premier ministre israélien Benyamin Netanyahu qui, coutumier des manipulations​ indécentes de l’antisémitisme​, identifie cette décision ​au boycott de l’Allemagne Nazie contre les juifs​, ces mesures constituent​ elles un réel « progrès » ? En réponse à cette question, nous voulons souligner quelques aspects problématiques de cette décision.

Les produits des colonies sont issus d’une politique illégale et de crimes de guerre. Par conséquent, les commercialiser, avec ou sans étiquette, c’est se rendre complice de cette politique et de s​es crimes.

​La politique d’un État de droit et qui se revendique du respect des décisions de l’ONU, y compris dans le cadre de l’UE, devrait être d’interdire les produits illégaux​ et non de les labelliser. Vendrait-on de l’héroïne sur les marchés publics en indiquant juste que c’est une drogue impropre à la consommation?

​E​tiqueter un produit issu d’une colonie revient donc à normaliser ce produit, qui peut être vendu comme tous les autres. Bien que résultant ​d’une politique illégale, le consommateur reste libre de l’acheter ou non. Cette attitude participe de la déréglementation internationale qui accompagne le soutien inconditionnel d’Israël par de nombreux États. On sait, en France et en Europe, ce que cette politique de déréglementation coûte au salariat, à l’université, à la santé publique… C’est une manœuvre mortelle pour nos droits.

​L’avancée qu’avait constitué, début 2014, les recommandations de l’UE de proscrire toute subvention et tout financement profitant aux colonies​ est ainsi remise en question. En effet,​ recommander aux entreprises européennes de ne pas investir dans les colonies illégales au regard du droit international, et labelliser dans le même temps leurs produits en les laissant entrer sur le marché européen, constitue une double injonction paradoxale. C’est ​l’interdiction de la commercialisation de ces produits en Europe à laquelle la Commission européenne doit procéder. Signaler leur origine n’est pas suffisant.

La Campagne BDS France a plus d’une fois publié des articles condamnant l’insuffisance de l’étiquetage des produits des colonies (*).

De fait, l​es ventes des produits des colonies ont déjà commencé à diminuer, grâce au travail d’information et d’alerte de milliers de militants​ de la campagne BDS en France, en Europe et dans le monde. Le mouvement international pour le boycott, le désinvestissement et des sanctions contre l’Etat israélien ​ne cesse de ​progresser devant la politique d’écrasement du peuple palestinien pratiquée par Israël, et devant ses violations du droit international, ​un droit auquel tous les citoyens européens sont attachés.

La Campagne BDS France

www.bdsfrance.org
campagnebdsfrance@yahoo.fr

(*) pour plus d’information:

http://www.rtbf.be/info/opinions/detail_que-doivent-faire-la-belgique-et-l-europe-face-aux-produits-des-colonies-israeliennes?id=8965071
http://www.plateforme-palestine.org/Produits-des-colonies-israeliennes-en-France-et-en-Europe-etiqueter-ou

http://www.mehadrindegage.org/content/etiquetage-ou-interdiction-des-produits-des-colonies-0

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