La LDH de Perpignan soutient les inculpés – communiqué

La Ligue des Droits de l’Homme de Perpignan appelle à soutenir Bernard Cholet, Jeanne Rousseau, Yamina Tadjeur, militant-es du Collectif « Paix et Justice en Palestine » 66, dont l’audience en correctionnelle au Tribunal de Perpignan se déroulera le lundi 24 Janvier à 14 heures.

Ces personnes, parmi d’autres, ont mené une action pacifique en mai dernier dans un hypermarché de Perpignan, afin d’attirer l’attention des consommateurs sur l’étiquettage mensonger de certains produits estampillés « en provenance d’Israël », alors qu’ils sont le fruit de l’exploitation du travail des populations palestiniennes des territoires occupés.

Quel crime ont donc commis ces citoyen-nes pour mériter une accusation aussi infamante de « provocation publique à la discrimination » et encourir des peines lourdes ? S’être dressés contre l’occupation et la colonisation accélérée de la Palestine par Israël. S’être révoltés contre l’impunité dont jouit un État qui viole pourtant ouvertement le droit international et les résolutions des Nations unies. Et avoir décidé de prendre leurs responsabilités en appelant eux-mêmes au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre cette politique condamnée par la grande majorité des opinions française, européenne et mondiale.

Nous devons réfuter haut et fort cette accusation basée sciemment sur un amalgame inacceptable, et défendre la liberté constitutionnelle d’expression, laquelle inclut à l’évidence la critique de la politique menée par un Etat étranger, quel qu’il soit.

La Ligue des Droits de l’Homme demande, avec 50 autres organisations, la relaxe immédiate de ces 3 militant-es, avec le soutien de Michel Warschawki, personnalité et auteur bien connu en Israël, et de Stéphane Hessel, lui aussi empêché dans sa liberté d’expression en France même à propos du boycott des produits issus des territoires palestiniens.

Nous appelons à rejoindre le grand rassemblement unitaire de soutien qui est organisé à partir de 13h le lundi 24 Janvier devant le Tribunal de Perpignan et Place Arago.

Ligue des Droits de l’Homme 66 – ldh66@ldh-france.org
3, avenue de Belfort – 66000 PERPIGNAN

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Collectif Solidarité Palestine de l’Ardèche méridionale (Csp Am)

Procès BDS: Tous derrière les militants poursuivis !
Lundi 24 janvier à Perpignan.




Hessel : interdit à Normale Sup, acclamé au Panthéon

Stéphane Hessel avec son bonnet phryigien au Panthéon, Paris 5e (19 janvier 2011)
Stéphane Hessel avec son bonnet phryigien au Panthéon, Paris 5e (19 janvier 2011) / AFP/Boris Horvat

A l’appel de la LDH, du Front de gauche, d’associations pro-palestiniennes, les manifestants protestaient contre l’annulation par la directrice de Normale Sup, Monique Canto-Sperber, d’un débat sur le conflit israélo-palestinien avec l »auteur d' »Indignez-vous » (plus de 700.000 exemplaires vendus).

Résultat : le colloque prévu s’est tenu place du Panthéon, attirant, comme l’a noté ironiquement la déléguée générale de l’Autorité palestinienne auprès de l’Union européenne Leïla Shahid, beaucoup plus de monde que s’il s’était tenu rue d’Ulm.

Hessel : « rendre compte de ce qu’on a vu à Gaza »

Parmi les participants qui se sont succédé à la tribune sous la bannière « Solidarité Palestine: contre la censure et la répression, pour la défense des libertés » : le journaliste du Monde Diplomatique Dominique Vidal, le journaliste et pacifiste israélien Michel Wasrchawski et « le plus jeune » d’entre eux Stéphane Hessel (93 ans), qui a remporté la palme des applaudissements.

Très applaudie aussi, une jeune Israélienne étudiante à l’Ecole normale supérieure (ENS) qui a tenu, comme les autres, à dénoncer le rôle décisif et revendiqué du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives) dans l’annulation du débat.

« La liberté de l’information est bafouéee par une action comme celle-là »

Devant une foule acquise, Stéphane Hessel, qui avait enfilé le bonnet phrygien distribué par des militants pro-palestiniens, a dit « sa reconnaissance » à ses « amis venus pour s’indigner de ce qu’on dénie la possibilité de tenir une réunion pacifique, au cours de laquelle on donnerait simplement la voix à des gens qui ont été récemment à Gaza et qui veulent rendre compte de ce qu’ils ont vu là-bas ».

« Ce qui est à mon avis insupportable, c’est qu’au dernier moment, l’accès à une salle où nous devions nous réunir pacifiquement nous soit refusé, sans aucune raison particulière. La liberté de l’information est bafouée par une action comme celle-là », a poursuivi l’ancien résistant , en disant « penser que c’est (la ministre de l’Enseignement supérieur) Valérie Pécresse qui a relayé le désir du Crif de ne pas laisser parler librement sur Gaza ». Avec humour, il a aussi noté qu’il était interdit à Normale Sup où il fut étudiant il y a soixante-dix ans. Et de conclure, en scandant les syllabes, par son désormais célèbre : « In-di-gnez-vous ! »

Comme prévu, le débat a aussi porté sur la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre l’occupation des territoires palestiniens.

Michel Tubiana estime que « le Crif joue avec le feu »

Dans une tribune publiée sur Mediapart, le président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme Michel Tubiana estim que le « Crif joue avec le feu » et dénonce « une communautarisation accrue du débat politique »: « Le CRIF prend le risque de laisser croire qu’il y aurait une sorte de signe d’égalité entre les juifs pris collectivement ou individuellement, et la politique des autorités israéliennes. Cette double prise d’otage, qu’elle vise à interdire tout débat sous prétexte d’antisémitisme ou qu’elle vise à identifier tout juif à l’action gouvernementale israélienne, ne peut que conduire qu’à une communautarisation accrue du débat politique. »

 

>> Lire aussi sur France2.fr :« Indignez-vous, l’inattendu best-seller de Noël »

>> Lire aussi  « Stéphane Hessel soutient la campagne BDS » (15 juin 2010)

Source : http://culture.france2.fr/livres/actu/hessel-interdit-a-normale-supacclame-au-pantheon-66910391.html




La « collaboration » des producteurs de Gaza : nouvelle tentative d’intox, nouvel échec d’Israël/Agrexco

On sait que derrière l’opération « fraises de Gaza » lancée par Agrexco/Carmel début décembre 2009 il y a l’état d’Israël tout entier.  L’entreprise d’état Agrexco/Carmel  emblème de la politique agricole israélienne a été choisie pour tenter de réhabiliter l’image de l’état israélien bien mal en point après les massacres et crimes de guerre perpétrés lors de la guerre contre Gaza l’hiver dernier. La méthode consiste à présenter Agrexco/Carmel comme une entreprise au service des Palestiniens qui exporterait leur produits, faisant vivre ainsi plus de 10 000 personnes dans la bande de Gaza. L’objectif était de miner de l’intérieur la Coalition contre Agrexco en lui faisant accepter les produits palestiniens de Gaza exportés par Agrexco sous le  label Coral (qui est un label israélien cf. le site agrexco). Du coup plus question de refuser l’arrivée des bateaux d’Agrexco à Vado (Italie) Sète (France) Valencia (Espagne) ou les avions chargés de fleurs à Liège et Londres. Bref c’en était fini de la campagne européenne contre Agrexco. La réponse cinglante du BNC Palestinien (Comité national Palestinien du BDS) signée de toutes les organisations paysannes palestiniennes et de tous les comités de résistance populaire, appelant au « boycott total d’Agrexco » et  renouvelant son soutien total à la Coalition contre Agrexco a fait de l’opération israélienne un fiasco total (lire la déclaration du 22/12/09 : (http://coalitioncontreagrexco.net/node/37).
Nouvelle tentative :  « La collaboration des producteurs de Gaza aux côtés des israéliens à Sète » : nouvel échec !
Le 18 janvier 2010  à l’occasion de l’arrivée, comme tous les mardis, du bateau Agrexco/Carmel à Sète, Israël a tenté une nouvelle opération de désinformation et de basse propagande.  Le CRIF, succursale israélienne en France, a invité les médias à une conférence de presse en territoire israélien, sur le bateau Agrexco/carmel à quai à Sète. L’invitation intitulée « Une rencontre fortement symbolique entre Israéliens et Palestiniens de Gaza dans notre région sur le port de Sète » affirme «  le soutien (du CRIF) à l’existence de 2 états, israéliens et palestiniens, vivant côte à côte dans le respect et la sécurité » et annonce la présence à la conférence de presse «  de producteurs Palestiniens de Gaza qui font un voyage d’étude en Europe, afin d’analyser les besoins du marché européen et de pouvoir développer leur activité agricole en conséquence« .
La manoeuvre n’est pas seulement grossière,  elle est ignoble. Pendant la guerre de Gaza les israéliens ont utilisé sur leurs chars des palestiniens comme boucliers humains pour pénétrer dans les villes. Dans cette version soft des boucliers humain, mais relevant du même principe odieux, Israël met en avant des producteurs Palestiniens pour pénétrer sans difficulté dans le port de Sète et ailleurs et ainsi forcer le boycott d’Agrexco. Mais la manoeuvre a lamentablement échoué pour la simple raison que les Palestiniens ont refusé de venir à Sète et de se prêter à cette mascarade sur le bateau israélien. Le directeur d’Agrexco a annoncé penaud qu’ils avaient reçu un ordre de Ramallah leur interdisant de venir… Pas de palestiniens, pas de « rencontre fortement symbolique », pas de photos de cette prétendue collaboration « vieille de 30 ans ». Comme l’a dit très justement une journaliste en sortant : « C’était un non événement ». Un nouvel échec pour Israël/Agrexco dans leur cynique tentative pour utiliser les palestiniens de Gaza contre les intérêts de leur propre peuple !
La collaboration des élus c’est une affaire qui marche !
Si « rencontre hautement symbolique » il y a eu, c’est entre les israéliens et « nos » élus. Il y en a qui n’ont honte de rien : Christian Bourquin, président du conseil Régional Languedoc-Roussillon (PS), François Commeinhes, maire de Sète (UMP) et Max Lévita (PS) représentant la mairie de Montpellier ont assisté à la mascarade. Invités par le CRIF L.R, nos élus sont allés faire la courbette au directeur d’Agrexco et au représentant du ministre de l’agriculture israélien qui avait fait le déplacement. Rien ne les y obligeait. Le même jour où le CRIF, ligotant la liberté d’expression, réussissait à interdire à Paris un meeting de Stéphane Hessel interdisant par là l’expression de l’ambassadrice de la Palestine Leila Shahid, le CRIF L.R se présentait ici comme l’ami des palestiniens. Par leur présence nos élus ont participé activement à cette tentative de désinformation visant à banaliser les agissements d’une entreprise coloniale qui vole les terres et l’eau des palestiniens, qui fraude les douanes et viole le droit international.  Par leur présence nos élus ont soutenu ouvertement Israël ! Ils auront à rendre compte, un jour ou l’autre,  de cette collaboration active avec un état criminel condamné par l’assemblée générale de l’ONU pour crimes de guerre !
Etre à la hauteur du courage des palestiniens
Revenons sur les questions que se posent certains sur le boycott des produits exportés par Agrexco en provenance de Gaza.  Il faut le dire haut et fort, les palestiniens n’ont pas le choix ! ils cultivent, ils travaillent et exportent pour Agrexco selon ses intérêts et le bon plaisir d’Agrexco. Et quand ils viennent en Europe dans ce contexte, c’est par chantage et menaces israéliennes cela ne fait aucun doute ! Pas question de faire le moindre reproche à ces Palestiniens, nous savons qu’ils sont contraints par la situation que le blocus aggrave d’autant plus.
Mais pour autant, devrions nous renoncer à nous opposer à Agrexco ?
Ce sont les ouvriers palestiniens qui dans leur grande majorité construisent les colonies, devrions nous pour autant renoncer à lutter contre les colonies et la colonisation ?
Ce sont les Palestiniens qui ont construit le mur, devrions pour autant renoncer à la lutte contre le Mur ?
Il faut entendre ce que nous disent et ce que nous demandent les Palestiniens (extrait de la déclaration du 22/12/09) :
« La campagne de lobbying d’Israël au service d’Agrexco doit être considérée comme une autre tentative désespérée d’Israël et des ses groupes de pression bien huilés pour contrer la montée rapide de la campagne BDS, en peignant le boycott comme « contre-productif » et « nuisible aux Palestiniens ». En plus de sa fausseté, c’est un argument paternaliste que nous rejetons. L’appel BDS a été signé par plus de 170 partis politiques, syndicats, ONG, réseaux et associations agricoles palestiniens représentant tout le spectre de la société civile palestinienne : sous occupation en Cisjordanie et à Gaza, en Israël et en exil. De plus, un boycott total de Carmel-Agrexco a été approuvé par la totalité des syndicats et comités agricoles et de fermiers Palestiniens. Quoique bien conscients du prix que nos agriculteurs pourraient payer du fait d’un boycott complet de Carmel Agrexco, nous considérons le BDS comme le moyen de solidarité le plus efficace pour provoquer la fin des différentes formes d’oppression par Israël qui empêchent nos agriculteurs et le peuple tout entier de jouir de la liberté et des droits de l’homme. »

Ce sont eux qui font les sacrifices en nous demandant le « boycott total d’Agrexco ».  Ne pas répondre à leur demande serait non seulement les laisser se sacrifier pour rien mais  bien plus grave, ce serait les trahir. Nous devons être à la hauteur de leur courage et des sacrifices qu’ils acceptent d’endurer.
JLM
18/01/2011



Une action de projection : Les artistes contre l’occupation « Tokyo »

Une action de projection : Les artistes contre l’occupation ont projeté sur le mur d’une boutique à Tokyo en lui remerciant de boycotter Israël le 12 déc 2010.




Elisabeth Guigou : « le boycott a un sens politique »

http://www.mediapart.fr/journal/france/170111/elisabeth-guigou-le-boycott-de-produits-israeliens-est-un-acte-politique

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Elisabeth Guigou, députée (PS) de Seine-Saint-Denis et ancienne ministre de la Justice, explique son soutien aux militants poursuivis pour discrimination devant les tribunaux français, en raison de leur participation à la campagne de boycott des produits israéliens BDS. Elle revient sur sa rencontre avec le Garde des Sceaux, Michel Mercier, en appelle à l’Europe et prévient contre toute forme d’amalgame avec des discriminations raciales ou religieuses.

> Lire aussi : « Pourquoi j’ai apporté mon soutien à Stéphane Hessel »




Boycott ? Oui ! Culturel ? Aussi !


La campagne BDS

Face à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’Etat d’Israël, pour le forcer à respecter le droit international et les droits humains des Palestiniens, même les défenseurs d’Israël en sont réduits à demander : « Pourquoi ne boycotter que Israël et pas aussi les autres pays qui ne respectent pas non plus le droit international ? ». Au-delà de l’argument d’efficacité, la justification principale de cette stratégie (car le BDS est avant tout une stratégie) est qu’elle répond à un appel à la solidarité qui nous vient des Palestiniens eux-mêmes, depuis 2005[1]. Ce sont eux qui, aujourd’hui, nous demandent de mettre en œuvre cette campagne, et qui en définissent les contours.

Si BDS recueille un soutien populaire grandissant, c’est que l’opinion publique a fini par se lasser du « processus de paix » promis par nos dirigeants et jamais mis en place. Face à l’impuissance, si ce n’est à la collaboration active des gouvernements occidentaux dans la colonisation de la Palestine, la Campagne BDS[2] est une initiative non-violente dont peuvent s’emparer toutes les personnes solidaires du peuple palestinien, chacune à sa façon, en tant que militants politiques, consommateurs, professeurs, artistes, sportifs ou autres. La popularité de cette approche résulte également de sa résonance avec le boycott contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980. Le succès historique de cette campagne est une source d’inspiration pour les Palestiniens qui espèrent voir une solidarité similaire se mettre en place dans le monde entier.

Critiques du boycott culturel

Certains voudraient voir la campagne BDS se limiter aux biens de consommation, et en exclure l’art et la culture. Examinons les arguments en faveur d’une telle position, qui sont souvent les mêmes dans les domaines culturels et universitaires. Ils relèvent de quelques préjugés pourtant régulièrement démentis par des faits aisément vérifiables : le premier d’entre eux est que ce type de boycott va nous couper des artistes et des universitaires israéliens, pourtant les plus progressistes de leur société. L’appel au boycott, tel que défini par les Palestiniens, ne concerne que les institutions de l’Etat israélien, pas les individus. La campagne BDS n’empêche donc pas les rencontres avec des artistes israéliens, en particulier s’ils sont progressistes, pour faire avancer nos causes communes. Néanmoins, contrairement aux idées reçues, ces artistes, universitaires et intellectuels israéliens progressistes sont peu nombreux et ostracisés par leurs collègues qui, dans leur écrasante majorité, font corps avec les politiques d’occupation, de colonisation et de discrimination de leur gouvernement. D’aucuns pourraient donc, au contraire, attendre des intellectuels, comme lors de la lutte contre l’apartheid sud-africain, d’être à l’avant-garde de la prise de conscience humaine et politique de la détresse palestinienne. Dans ce cas, la campagne de pression internationale devrait porter en premier lieu sur les artistes et universitaires israéliens, plutôt que de les laisser dans leurs tours d’ivoire.

Un autre préjugé, qui dépasse le cadre moyen-oriental, affirme qu’on ne peut pas mélanger l’Art et la politique. Vraiment ? Les artistes israéliens ne sont-ils pas également des citoyens israéliens ? Leur art n’est-il pas influencé par la situation géopolitique et humaine dans laquelle ils se trouvent ? Et si ce n’est pas le cas, n’est-ce pas un luxe que la colonisation leur procure, mais qui est interdit aux artistes palestiniens ? Si l’on ne peut pas mélanger l’art et la politique alors pourquoi les artistes palestiniens sont-ils discriminés, en tant que Palestiniens, mais aussi en tant qu’artistes, avec moins d’accès aux ressources financières pour créer et diffuser leurs œuvres ? La culture est tellement politique que des artistes et intellectuels tels que Ghassan Kanafani ou Naji Al Ali furent assassinés par les services secrets israéliens, et que Annemarie Jacir, Cat Stevens ou Noam Chomsky se sont vus refuser le droit d’entrer en Israël.

La culture comme arme de guerre

L’art est tellement politique que l’Etat d’Israël l’utilise de plus en plus pour tenter de redorer son blason terni par le sang des 1400 Gazaouis massacrés en 2009 ou des 9 Turcs assassinés en 2010. Il finance profusion de festivals de littérature israélienne, d’évènements autour de l’anniversaire de Tel-Aviv, de tournées de troupes nationales de danse, etc. Cette campagne de marketing consiste à jeter de la poudre culturelle aux yeux du grand public, pour se donner une image positive, cultivée, moderne, « normale » en quelque sorte… Mais si Israël veut être traité comme un Etat « normal », il doit renoncer à l’impunité dont il bénéficie aujourd’hui. Tant que ce ne sera pas le cas, il sera montré du doigt, et aucun festival n’y changera quoi que ce soit.

Mise en œuvre du boycott culturel

L’appel palestinien définit très bien le cadre dans lequel le boycott culturel contre l’Etat israélien doit être mis en œuvre. Puisqu’il s’agit d’un boycott institutionnel, les Palestiniens ne nous demandent pas de boycotter des individus ou des groupes d’artistes en raison de leur nationalité israélienne. C’est donc, pour le moment, un boycott “doux”, contrairement au boycott de l’Afrique du Sud qui s’étendait également aux artistes, à titre individuel. En second lieu, le boycott ne s’applique aux évènements culturels en dehors d’Israël que s’ils sont financés ou soutenus par une agence gouvernementale israélienne (ministère, ambassade, consulat…), ou explicitement sioniste (le Fond National Juif, ou KKL, par exemple).

Les artistes

A titre individuel, un artiste peut simplement refuser de se produire en Israël, mais c’est à titre collectif que le boycott prend tout son sens politique : lorsque cette décision est rendue publique et qu’elle s’accompagne d’autres initiatives semblables. Depuis les bombardements sur Gaza, ce mouvement prend une ampleur considérable et il n’est pas une semaine sans qu’on apprenne qu’un artiste de premier plan annule un voyage prévu en Israël, profitant parfois de l’occasion pour écrire de véritables pamphlets dénonçant les conditions dans lesquelles vivent les Palestiniens. Rien que pour l’année 2010, les acteurs Meg Ryan et Dustin Hoffman, le metteur en scène Mike Leigh[3], les écrivains Henning Mankell, Iain Banks[4] et Alice Walker[5], les musiciens Carlos Santana, Devendra Banhart[6], Tommy Sands, Elvis Costello[7], Gil Scott-Heron, Annie Lennox[8] et les groupes The Klaxons, Gorillaz, The Pixies, Leftfield, Faithless[9], Tindersticks et Massive Attack[10] ont renoncé à se rendre en Israël !

Plus de 500 artistes montréalais[11] réunis dans la première des organisations « Artists Against Apartheid », plus de 150 artistes irlandais[12] et une centaine d’intellectuels norvégiens[13] se sont également engagés par écrit à boycotter Israël. Ils rejoignent ainsi des cinéastes (Ken Loach, Jean-Luc Godard…), des musiciens (Roger Waters, Brian Eno, Gilles Vigneault, Lhasa…), ou des écrivains de tous les pays (l’Uruguayen Eduardo Galeano, l’Indienne Arundhati Roy, le Sud-africain Andre Brink, la Canadienne Naomi Klein, le Brésilien Augusto Boal, l’Italien Vincenzo Consolo, l’Anglais John Berger, les Américaines Adrienne Rich, Sarah Schulman ou Judith Butler…).

Les citoyens

Pour ce qui est des évènements qui se déroulent en Israël, les militants ou les citoyens peuvent tenter de convaincre les artistes ressortissants de leurs pays de ne pas y participer et, si possible, de rendre leur décision publique. Dans le cas de Leonard Cohen, les nombreux courriers envoyés n’avaient pas réussi à lui faire annuler sa tournée en Israël en 2009, mais elles ont convaincu Amnesty International qui avait, au départ, prévu de s’associer à ces concerts, de se retirer de cette farce pseudo humanitaire et indirectement pro-gouvernementale[14].

Pour ce qui est des évènements qui se déroulent dans le reste du monde, le boycott doit s’attaquer à la stratégie israélienne de tentative d’amélioration de son image de marque internationale (le « rebranding »). Un festival de cinéma fera-t-il oublier les massacres et le blocus de Gaza ? Une exposition de peinture blanchira-t-elle l’assaut meurtrier de la Flottille de la Liberté ? La décision de participer ou de ne pas participer à ces manifestations culturelles revêt désormais un sens politique, car elle est identifiée comme un soutien ou comme une dénonciation de l’Etat d’Israël et de sa politique d’oppression. A titre individuel, le spectateur responsable refusera donc d’y collaborer ! A titre collectif, le citoyen responsable tentera d’élargir le soutien à la campagne de boycott, en revendiquant sa position, voire en la publiant. Le but de la campagne BDS n’est-il pas aussi de reprendre la parole dans les médias ? De parler de la Palestine et, qui plus est, d’en parler avec nos termes ?

Boycott de l’intérieur [15]

Si certains en France pensent que le boycott devrait se limiter aux produits de consommation et ne pas s’étendre à l’art, à l’éducation et à la culture, en Israël, paradoxalement, c’est le contraire qui se produit. Alors que seul un petit groupe d’Israéliens est convaincu par le boycott économique, une coalition beaucoup plus large, de 150 personnalités, universitaires, écrivains, artistes et acteurs israéliens a signé l’été dernier une pétition appelant à boycotter les manifestations culturelles et universitaires dans les colonies des territoires occupés depuis 1967[16]. Aux côtés d’intellectuels connus pour leur engagement contre l’occupation, tels Niv Gordon, Gideon Levy ou Shlomo Sand, on trouve des personnalités généralement plus discrètes comme l’historien Zeev Sternhell ou les célèbres écrivains David Grossman, A.B. Yehoshua et Amos Oz. Tandis qu’ils étaient sévèrement critiqués par le gouvernement israélien, ces personnalités israéliennes ont reçu une lettre de soutien de 150 autres artistes[17], principalement américains et anglais, dont Vanessa Redgrave, Cynthia Nixon ou Tony Kushner. Au-delà de ce coup d’éclat récent, les Palestiniens en appellent aux artistes israéliens progressistes de ne pas participer à des évènements culturels, festivals ou expositions financés par le gouvernement israélien. Certains, tel le cinéaste Eyal Sivan, le musicien Gilad Atzmon, l’éditrice Yaël Lerer ou l’écrivain Aharon Shabtai, se conforment à cet engagement moral.

Si nous dénonçons les discriminations que subissent les Palestiniens et, singulièrement, les artistes palestiniens, notre rôle est aussi de lutter contre cette discrimination. Car la politique israélienne, au-delà d’un simple favoritisme budgétaire, tente d’éteindre la résistance palestinienne en niant sa culture. Dans un contexte d’occupation coloniale, l’art palestinien contemporain est éminemment influencé par la situation politique. L’art palestinien est politique, et comment pourrait-il en être autrement ? La poésie de Mahmoud Darwish est politique, les écrits d’Edward Saïd ou de Ghassan Kanafani sont politiques, l’art plastique d’Emily Jacir est politique, les films de Michel Khleifi sont politiques, etc. A travers l’art de ces femmes et de ces hommes, ce sont l’histoire, la vie, les revendications et les souffrances des Palestiniens qu’on apprend à mieux connaître. A travers la musique « classique » de Rim Banna, du Trio Joubran ou de Kamilya Jubran, autant qu’à travers le rap de DAM, Ramallah Underground ou Shadia Mansour, c’est une culture vivante qui s’exprime et qui tente de nous transmettre une vérité qu’on ne lit pas dans les journaux. Au-delà du boycott des institutions culturelles israéliennes, il est donc également important d’écouter ce que les artistes palestiniens ont à nous dire…

Conclusion

Rappelons que le droit international exige de l’Etat israélien qu’il mette fin à l’occupation des terres arabes et au blocus de Gaza, qu’il démantèle le Mur de séparation, qu’il cesse toute discrimination basée sur l’origine ethnique ou religieuse et qu’il respecte le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs villages.

On aurait souhaité que « les deux parties » négocient une paix juste, mais l’histoire démontre que le dominant ne cède jamais de bon cœur aux exigences, même légitimes, du dominé. Pour que le colonisateur cesse de coloniser, il faut que le prix que lui coûte la colonisation soit plus élevé que celui qu’elle lui rapporte. Ce « prix » aujourd’hui ne se mesure pas en vies humaines, ni même en monnaie sonnante et trébuchante. Le prix que nous tentons de faire payer à l’Etat d’Israël est celui de sa réputation, en le montrant du doigt. La pression exercée par le boycott en général, et le boycott culturel en particulier, ne vise pas à ruiner les Israéliens, ni même à les priver de tout accès à la culture, elle ne vise qu’à rétablir la justice. La campagne BDS cessera lorsqu’Israël respectera, au minimum, les résolutions de l’ONU et de la Cour Internationale de Justice.

Les artistes ont joué un rôle clé pour isoler le régime d’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980, alors même que les gouvernements occidentaux poursuivaient leurs relations diplomatiques et économiques, dans une complicité criminelle. Aujourd’hui encore, il est trop tôt pour attendre de nos gouvernements de mettre Israël au ban des nations, ou même au banc des accusés ! Mais les artistes peuvent et doivent montrer la voie, suivis par les citoyens que nous sommes tous, pour qu’enfin cesse l’oppression du peuple palestinien.

Dror

[1] Appel des Palestiniens au BDS contre Israël : http://bdsmovement.net/?q=node/52#French

[2] Relais français de la campagne BDS internationale : http://www.bdsfrance.org/

[3] Déclaration de Mike Leigh :
http://artsbeat.blogs.nytimes.com/2010/10/18/war-of-words-after-mike-leigh-cancels-israeli-trip/?ref=movies

[4] Déclaration de Iain Banks :
http://www.guardian.co.uk/world/2010/jun/03/boycott-israel-iain-banks

[5] Déclaration de Alice Walker : http://electronicintifada.net/v2/article11319.shtml

[6] Déclarations de Devendra Banhart et de Tommy Sands :
http://english.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=8365&Itemid=56

[7] Déclaration d’Elvis Costello :
http://www.elviscostello.com/news/it-is-after-considerable-contemplation/44

[8] Déclaration d’Annie Lennox :
http://www.haaretz.com/culture/annie-lennox-i-have-no-interest-in-going-to-israel-1.318380?localLinksEnabled=false

[9] Déclaration de Maxi Jazz, de Faithless : http://www.maxijazz.co.uk/Welcome.htm

[10] Déclaration de Robert Del Naja, de Massive Attack :
http://www.newstatesman.com/music/2010/09/israel-interview-boycott-naja

[11] 500 artistes montréalais contre l’apartheid israélien : http://www.tadamon.ca/post/5824

[12] 150 artistes irlandais s’engagent à boycotter Israël : http://www.ipsc.ie/pledge/

[13] 100 intellectuels norvégiens : http://akulbi.net/

[14] Déclaration d’Amnesty International à propos de la tournée de Leonard Cohen :
http://www.france-palestine.org/article12450.html

[15] Relais israélien de la campagne de boycott : http://boycottisrael.info/

[16] 150 artistes israéliens boycottent les colonies israéliennes :
http://www.haaretz.com/print-edition/news/150-academics-artists-back-actors-boycott-of-settlement-arts-center-1.311149

[17] 150 artistes américains et anglais soutiennent les 150 artistes israéliens :
http://jvp.org/campaigns/making-history-support-israeli-artists-who-say-no-normalizing-settlements-4




Vanessa Paradis annule son concert en Israël – Communiqué de la Campagne BDS France

  La Campagne BDS France avait envoyée le 27 décembre dernier une lettre ouverte à l’attention de l’artiste l’invitant à refuser de se produire dans le pays de l’apartheid et des crimes de guerre. Une lettre signée par plusieurs israéliens membres du groupe « Boycott de l’intérieur » lui avait également été envoyée afin de lui demander de ne pas accepter d’être complice de la politique israélienne en donnant un concert dans ce pays.

A travers les invitations faites à différents artistes à se produire en Israel, l’état israelien veut redorer son image alors que les palestiniens continuent à subir l’apartheid, l’occupation, la colonisation et les crimes de guerres.

Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, les Pixies ou Massive Attack, entre autres, avaient déjà annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes.

Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’apartheid, la campagne « BDS » initiée en 2005 par toutes les composantes de la société civile palestinienne appelle au Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre l’État d’Israël jusqu’à ce qu’il applique le droit international et les principes universels des droits de l’homme.

La Campagne BDS France
campagnebdsfrance@yahoo.fr

Voir aussi à ce sujet :
 http://www.purepeople.com/article/vanessa-paradis-annule-sa-venue-en-israel-suite-a-des-pressions-politiques_a71988/

et la lettre qui avait été envoyée à Vanessa Paradis par la campagne BDS France




Victoire du mouvement BDS sur Ahava en Grande-Bretagne et au Canada

Victoire du mouvement BDS : les magasins John Lewis en Grande-Bretagne et les magasins La Baie au Canada cessent de vendre les produits Ahava

Campagne Solidarité Palestine

La décision de John Lewis représente une nouvelle victoire du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) en pleine expansion. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de sociétés qui tirent profit de l’occupation illégale israélienne.

Les produits Ahava, manufacturés sur la terre palestinienne, deviennent trop brûlants pour être gardés. L’une des plus importantes enseignes britanniques de distribution, John Lewis, (28 grands magasins, 174 supermarchés, des filiales de vente en ligne) refuse aujourd’hui de vendre cette marque toxique. Le distributeur canadien The Bay (HBC – 92 magasins) confirme lui aussi qu’il a cessé de commercialiser les produits Ahava (1).

La décision de John Lewis représente une nouvelle victoire du mouvement BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions) en pleine expansion. Les consommateurs refusent d’acheter les produits de sociétés qui tirent profit de l’occupation illégale israélienne.

Le directeur général de John Lewis, Andy Street, écrit dans une lettre datée du 7 janvier à la Campagne Solidarité Palestine (CSP) : « En tant que distributeur socialement responsable, John Lewis prend très au sérieux le traitement des salariés et leurs conditions de travail. Nous attendons de tous nos fournisseurs qu’ils respectent non seulement la législation, mais aussi les droits, les intérêts et le bien-être de leurs employés, de leurs communautés et leur environnement. » Et de terminer en disant : « S’agissant de votre demande spécifique concernant les produits Ahava de la Mer Morte, je peux vous confirmer que John Lewis a cessé de vendre ces produits précis ».

Sarah Colborne, directrice des campagnes et opérations CSP, déclare :

« CSP se félicite de la décision de John Lewis d’arrêter la vente des produits Ahava. La poursuite des agressions d’Israël contre la population palestinienne – qu’elle vive sous le blocus brutal de la bande de Gaza, sous l’occupation illégale de la Cisjordanie dont Jérusalem-Est, ou qu’elle subisse les agressions permanentes à l’intérieur d’Israël – a conduit à un bouleversement sismique dans l’opinion publique à l’égard du mouvement pour la paix et la justice afin que les Palestiniens obtiennent un soutien massif internationalement.

« Les laboratoires Ahava de la Mer Morte, entreprise israélienne de cosmétiques, ont monté leur usine de production, avec un centre d’informations pour les visiteurs, dans la colonie israélienne illégale de Mitzpe Shalem, en Cisjordanie. La société est possédée à 44 % par la colonie Mitzpe Shalem et une autre colonie, Kalia, de sorte que les profits dégagés par Ahava subventionnent des colonies illégales.

« L’usine de production Ahava se trouve dans une colonie israélienne illégale, sur une terre palestinienne qui a été volée. Ses produits de beauté ne peuvent dissimuler le rôle qu’Ahava joue dans la sale occupation d’Israël. Ahava et les autres sociétés qui profitent de l’occupation israélienne illégale reçoivent un message clair des consommateurs qui refusent d’acheter leurs produits. Alors que les gouvernements, dont le nôtre, sont incapables de mettre fin aux violations par Israël du droit international et des droits humains, nous pouvons, nous tous, agir en refusant d’acheter les produits israéliens et rejoindre le mouvement de BDS. La Campagne Solidarité Palestine continuera de s’assurer que les sociétés qui profitent de l’occupation israélienne paient le prix de leur complicité des crimes d’Israël ».

En 2005, la société civile palestinienne a lancé un appel international aux boycotts, désinvestissements et sanctions contre Israël (2). CSP a lancé sa campagne nationale de boycotts en 2002, et elle soutient les manifestations qui ont lieu toutes les deux semaines devant le magasin Ahava à Covent Garden, Londres.

(1) – The Bay a confirmé avoir cessé la vente des produits Ahava ; son directeur général, Bonnie Brooks, déclare le 13 janvier dernier, « La Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) a abandonné les ventes des produits de beauté Ahava d’abord parce les résultats des ventes déclinaient depuis plusieurs années. » Et de reconnaître que « Bien que cette décision ait été prise par HBC uniquement pour des raisons commerciales, elle coïncide dans le temps avec une campagne agressive de différents groupes recommandant un boycott des produits Ahava ».

(2) Appel sur le site BDS France
http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=86%3Aappel-palestinien-bds&catid=1%3Apresentation&Itemid=1

Notamment sur cette entreprise coloniale :

Ahava traduite en justice suite à la campagne de boycott menée contre elle – Adri Nieuwhof – The Electronic Intifada

Les laboratoires de la Mer Morte : l’affaire Ahava – Nancy Kricorian

Washington – 14 janvier 2011 – Common Dreams.org
http://www.commondreams.org/newswire/2011/01/14-0
traduction : JPP




Le CRIF revendique la censure de Stéphane Hessel et l’atteinte à la liberté d’expression à l’ENS

 Voir et signer l’appel.

Le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) revendique cette victoire de la censure, et remercie ses amis : Valérie Pécresse (ministre de l’enseignement supérieur), Bernard-Henry Lévy, Alain Finkielkraut, Claude Cohen-Tanoudji, Arielle Schwab. Tous, selon lui, seraient intervenus activement pour bâillonner Stéphane Hessel et ses prestigieux soutiens.

Mobilisées pour les droits démocratiques et contre les menaces visant Stéphane Hessel et les prévenus de la campagne BDS, de nombreuses personnalités devaient effectivement s’exprimer à la tribune ou par des messages :

300 personnes étaient déjà inscrites pour cette conférence, exclusivement annoncée sur Mediapart. La direction de l’ENS a déjà reçu de nombreux mails de protestation, auxquels elle répond par le déni…
Le comportement indigne de la directrice d’un des hauts lieux de l’intelligence française et de celles et ceux qui ont fait pression sur elle pose de nombreuses questions auxquelles nous répondrons, avec nos invités et amis, lors du rassemblement auquel appellent les organisations ayant soutenu cette conférence.

Rendez-vous mardi 18 janvier à 18h30 pour un grand rassemblement contre la censure et pour le respect des libertés démocratiques.

Nul n’a le droit d’interdire aux citoyens de ce pays de dénoncer l’impunité des violations israéliennes du droit international et la collusion de notre gouvernement avec la droite extrême au pouvoir en Israël !
L’annonce du lieu du rendez-vous sera publiée vendredi 14 janvier à 17h précises ici.

Organisations signataires : AFPS (Association France Palestine Solidarité), CCIPPP (Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien), CJPP5 (Comité Paix Juste Palestine 5ème), Génération Palestine, GUPS (Union Générale des Etudiants de Palestine, UJFP (Union Juive Française pour la Paix).

Vous trouverez aussi ici un extrait de l’intervention de Stéphane Hessel mercredi 12 janvier chez Frédéric Taddéi dans l’émission « Ce soir ou jamais » sur France 3. Il s’exprime sur une de ses principales indignations : la politique du gouvernement israélien à l’encontre des Palestiniens : http://www.mediapart.fr/club/edition/soutenons-stephane-hessel-et-les-pacifistes-de-la-campagne-bds/video/140111/stephane-he

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Emir Kusturica, s’il te plaît, ne te rends pas en Israël

Chaque jour, Israël commet des violations du droit international et des droits de l’homme, et des crimes d’apartheid.  En se produisant là-bas, un artiste offre son image à ce pays, image dont il se sert pour polir la sienne, se fondre dans la culture « civilisée » et ainsi banaliser ses crimes. Des cinéastes comme Ken Loach, Jean-Luc Godard ou Meg Ryan, des musiciens comme Elvis Costello, les Pixies ou Massive Attack ont publiquement refusé de participer à des festivals en Israël et Naomi Klein refuse elle aussi tout rapport avec Israël. S’il te plaît, Emir, fais comme eux, ne te rends pas en Israël.

En te produisant là-bas, tu légitimes tous ces crimes et tu lies ainsi l’image de notre pays d’origine commun à un Etat criminel ; la Serbie n’a pas besoin de cela !

Tu es originaire, comme moi, d’un pays que le racisme et la peur de l’autre ont contribué à dévaster. Or c’est bien cette peur de l’autre, habillée en lutte pour sa survie, qui conduit Israël à toutes ses exactions. L’asymétrie des forces est tellement criante, comment prendre au sérieux aujourd’hui ce discours grotesque de légitime défense pour justifier les civils massacrés, les enfants mutilés par un missile alors qu’ils jouent sur le toit de leur maison, des familles entières expulsées de leurs maisons et forcés d’assister à leur destruction ? Que dire du pathétique zoo de Gaza, où l’on avait peint des rayures sur un âne pour faire croire aux enfants que c’était un zèbre ? Il aurait eu toute sa place à côté du zoo de Belgrade dans Underground. En te rendant en Israël, tu participes et vis-à-vis de la société israélienne et vis-à-vis de la communauté internationale à cette normalisation de l’immoralité, à rendre invisible la souffrance de tout un peuple. S’il te plaît, Emir, ne sois pas complice de ces tristes similarités, ne te rends pas en Israël.

Tu te réfères, comme moi, au Che et ton internationalisme te mène partout dans le monde. La lutte du peuple palestinien est aussi une lutte internationaliste. Elle défie le colonialisme, représenté par l’Etat d’Israël, largement soutenu par les Etats-Unis et l’Europe, ceux-là mêmes qui hier bombardaient nos familles et nos amis à Belgrade et ailleurs dans le pays. S’il te plaît, Emir, ne te trompe pas de route, ne te rends pas en Israël.

Tu prônes la Révolution, comme moi, pour un monde meilleur, débarrassé des puissances de l’argent et du pouvoir capitaliste qui a besoin de la guerre pour se maintenir. Israël produit les armes les plus ignobles, il le revendique et en est fier, et ses mêmes drones testés pour martyriser les civils palestiniens servent ensuite à surveiller les quartiers populaires en France. S’il te plaît, Emir, ne fais pas crédit à cette économie de guerre, ne te rends pas en Israël.

Tu es passionné de foot, comme moi, mais sais-tu que les Palestiniens ne peuvent même pas construire de stade, ou même simplement nettoyer un vieux terrain ? Les gosses sont privés de sport et les balles qu’ils connaissent le mieux marquent des buts de mort. Tu t’imagines adolescent à Sarajevo, sans moyen de courir derrière un ballon et de retrouver tes amis ? S’il te plaît, Emir, quelle honte si ton concert était programmé dans un stade israélien, ne te rends pas en Israël.

Ta musique déjantée est pleine de vie, comme les Balkans, comme la Palestine ; on ne peut y penser qu’avec un sourire et l’envie de danser. Mais les palestiniens, eux, ne pourront pas l’entendre, la partager, la vivre, car ils ne peuvent se rendre sur les lieux de tes concerts. S’il te plaît, Emir, comment pourrais-tu jouer pour leurs geôliers à deux pas de chez eux, ne te rends pas en Israël.

Les Palestiniens sont un peuple qui résiste, comme les Serbes. Les Palestiniens reconstruisent, encore et encore, comme les Belgradois depuis des siècles et des siècles, punis à chaque fois pour cette résistance. Les Palestiniens se sentent seuls au monde, comme les Serbes lors des bombardements de 1999, lorsque à Belgrade on taggait des croix gammées sur le centre culturel français de Knez Milos et qu’on se demandait comment la sœur française avait pu les abandonner. Aujourd’hui les Palestiniens, et nous, citoyens de conscience du monde, on se demande comment tu peux abandonner le peuple Palestinien en allant côtoyer ses bourreaux. Emir, s’il te plaît, du fond de mon cœur, je te demande pour toutes ces raisons, de ne pas aller en Israël.

La campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) a été lancée par la société civile palestinienne en 2005, suite à des dizaines d’années de lutte contre Israël et sa politique d’apartheid. Les palestiniens font appel aux citoyens de conscience du monde afin de faire pression sur Israël pour qu’il respecte enfin le droit international et les droits des palestiniens et que prenne fin le plus long conflit de l’histoire récente.
Les Palestiniens nous demandent de boycotter tous les produits israéliens, mais aussi de pratiquer un boycott sportif, culturel et universitaire.
La campagne BDS demande tout simplement l’application du droit international, à savoir :
le droit au retour pour tous les réfugiés ;
la fin de la colonisation, de l’occupation et le démantèlement du Mur ;
la fin de l’apartheid pour les palestiniens de 48 (dits « Arabes israéliens »).

Molimte Emir, ne idi u Israel !
Hvala ti puno moy druz

Helene

____________________________________________

Please Emir, do not go to Israel

Dear Emir,

I saw that you are going to Israel to give a couple of concerts. Please Emir, do not go to Israel.

Every day, Israel violates international law and human rights, and commits crimes of apartheid. By playing there, an artist offers his image to this country, image that Israel uses to polish its own image, and to melt into the « civilized » culture, thus making its crimes benign. People like Ken Loach, Jean-Luc Godard or Meg Ryan, musicians like Elvis Costello, the Pixies or Massive Attack publicly refused to play in Israel, and Naomi Klein is in this campaign as well. Please Emir, do the same thing, do not go to Israel.

By playing there, you give legitimacy to all these crimes and you link the image of our common country of origin to a criminal state; Serbia does not need that!

You are coming, like me, from a country that racism and fear of the other contributed to destroy. But it is indeed this fear of the other, under cover of struggle for its survival, that drives Israel into all these crimes. The asymmetry of forces between Israel and Palestine is so obviously enormous, how can we seriously give credit to this grotesque self defense rhetoric to justify mass massacres of civilians, kids mutilated by a missile while they were playing on the roof of their houses, entire families expelled from their homes and forced to watch as their homes are being destroyed? What could be said about the pathetic Gaza zoo, where strips had been painted on a donkey to make kids believe it was a zebra? It would have fitted perfectly in the Belgrade zoo in Underground. By going to Israel, in the eyes of the Israeli society and of the international community, you participate in normalizing immorality, making invisible the suffering of a whole people. Please Emir, do not be an accomplice of these sad similarities, do not go to Israel.

You are referring, like me, to Che Guevara, and your internationalism takes you everywhere across the world. The struggle of the Palestinian people is also an internationalist struggle. It defies colonialism, represented by the state of Israel, largely backed by the United States and by Europe, these very same countries that, yesterday, were bombing our families and friends in Belgrade and everywhere else in the country. Please Emir, do not take the wrong road, do not go to Israel.

You talk about the Revolution, like me, for a better world, a world in which we could have gotten rid of financial and capitalist powers that rely war to maintain themselves. Israel produces the most ignominious weapons, and is proud of it, and these drones that are used to martyr Palestinian civilians are then used here in France to monitor our popular suburbs. Please Emir, do not give credit to this economy of war, do not go to Israel.

You are crazy about soccer, like me, but do you know that Palestinians cannot even build a soccer stadium, or even just clean up an old field? Kids are deprived of sport and the shots they know best score death goals. Can you picture yourself as a teenager in Sarajevo, unable to run after a ball and to meet up with your friends? Please Emir, what a shame if your concerts were programmed in an Israeli stadium, do not go to Israel.

Your music is crazy, and full of life, like the Balkans, like Palestine ; I cannot think about it without a smile on my face and an urge to dance. But Palestinians cannot listen to it, cannot share it, cannot live it, because they cannot go where you are giving your concerts. Please Emir, how could you play for their jailers so close to their homes, do not go to Israel.

The Palestinian people are a people that resist, just like the Serbian people. Palestinians rebuild, again and again, like the people from Belgrade has done for centuries, always punished for this resistance. Palestinians feel alone in the world, like the Serbs during the 99 bombings, when in Belgrade the French cultural center of Knez Milos was covered with nazi symbols and that we asked ourselves how the French sister could have abandoned Serbia. Today Palestinians, and us, citizens of the world, we ask ourselves how you could abandon the Palestinian people by going and keeping close to their torturers. Please Emir, from the bottom of my heart, really, I am asking you, for all these reasons, not to got to Israel.

The BDS (Boycott Divestment Sanctions) campaign was launched by the Palestinian civil society in 2005, after decades of struggle against Israel and its apartheid system. Palestinians are asking us, citizens of the world, to pressure Israel in order to have Israel finally respects international law and Palestinian rights, thus putting an end to the longest conflict of recent history.
Palestinians ask us to boycott all Israeli products, as well as to engage in a sport boycott, cultural and academic boycott as well.
The BDS campaign simply asks for the application of international law, that is to say :
The right of return for all refugees;
The end of colonization, occupation and the dismantlement of the Wall;
The end of apartheid for Palestinians of 1948 (also called « Arab Israelis »).

Molimte Emir, ne idi u Israel !
Hvala ti puno moy druz

Helene

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Emir, s’il te plaît, ne te rends pas en Israël

 

 

 

 

 

Cher Emir,

 

J’ai appris que tu vas te rendre en Israël pour y donner un concert. S’il te plaît, Emir, ne te rends pas en Israël.

 

Chaque jour, Israël commet des violations du droit international et des droits de l’homme, et des crimes d’apartheid.  En se produisant là-bas, un artiste offre son image à ce pays, image dont il se sert pour polir la sienne, se fondre dans la culture « civilisée » et ainsi banaliser ses crimes. Des cinéastes comme Ken Loach, Jean-Luc Godard ou Meg Ryan, des musiciens comme Elvis Costello, les Pixies ou Massive Attack ont publiquement refusé de participer à des festivals en Israël et Naomi Klein refuse elle aussi tout rapport avec Israël. S’il te plaît, Emir, fais comme eux, ne te rends pas en Israël.

 

En te produisant là-bas, tu légitimes tous ces crimes et tu lies ainsi l’image de notre pays d’origine commun à un Etat criminel ; la Serbie n’a pas besoin de cela !

 

Tu es originaire, comme moi, d’un pays que le racisme et la peur de l’autre ont contribué à dévaster. Or c’est bien cette peur de l’autre, habillée en lutte pour sa survie, qui conduit Israël à toutes ses exactions. L’asymétrie des forces est tellement criante, comment prendre au sérieux aujourd’hui ce discours grotesque de légitime défense pour justifier les civils massacrés, les enfants mutilés par un missile alors qu’ils jouent sur le toit de leur maison, des familles entières expulsées de leurs maisons et forcés d’assister à leur destruction ? Que dire du pathétique zoo de Gaza, où l’on avait peint des rayures sur un âne pour faire croire aux enfants que c’était un zèbre ? Il aurait eu toute sa place à côté du zoo de Belgrade dans Underground. En te rendant en Israël, tu participes et vis-à-vis de la société israélienne et vis-à-vis de la communauté internationale à cette normalisation de l’immoralité, à rendre invisible la souffrance de tout un peuple. S’il te plaît, Emir, ne sois pas complice de ces tristes similarités, ne te rends pas en Israël.

 

Tu te réfères au Che, comme moi, et ton internationalisme te mène partout dans le monde. La lutte du peuple palestinien est aussi une lutte internationaliste. Elle défie le colonialisme, représenté par l’Etat d’Israël, largement soutenu par les Etats-Unis et l’Europe, ceux-là mêmes qui hier bombardaient nos familles et nos amis à Belgrade et ailleurs dans le pays. C’est en Palestine, pas en Israël, que le Che s’est rendu dans les années 60 pour soutenir la lutte du peuple palestinien. S’il te plaît, Emir, ne te trompe pas de route, ne te rends pas en Israël.

 

Tu prônes la Révolution, comme moi, pour un monde meilleur, débarrassé des puissances de l’argent et du pouvoir capitaliste qui a besoin de la guerre pour se maintenir. Israël produit les armes les plus ignobles, il le revendique et en est fier, et ses mêmes drones testés pour martyriser les civils palestiniens servent ensuite à surveiller les quartiers populaires en France. S’il te plaît, Emir, ne fais pas crédit à cette économie de guerre, ne te rends pas en Israël.

 

Tu es passionné de foot, comme moi, mais sais-tu que les Palestiniens ne peuvent même pas construire de stade, ou même simplement nettoyer un vieux terrain ? Les gosses sont privés de sport et les balles qu’ils connaissent le mieux marquent des buts de mort. Tu t’imagines adolescent à Sarajevo, sans moyen de courir derrière un ballon et de retrouver tes amis ? S’il te plaît, Emir, quelle honte si ton concert était programmé dans un stade israélien, ne te rends pas en Israël.

 

Ta musique déjantée est pleine de vie, comme les Balkans, comme la Palestine ; on ne peut y penser qu’avec un sourire et l’envie de danser. Mais les palestiniens, eux, ne pourront pas l’entendre, la partager, la vivre, car ils ne peuvent se rendre sur les lieux de tes concerts. S’il te plaît, Emir, comment pourrais-tu jouer pour leurs geôliers à deux pas de chez eux, ne te rends pas en Israël.

 

Les Palestiniens sont un peuple qui résiste, comme les Serbes. Les Palestiniens reconstruisent, encore et encore, comme les Belgradois depuis des siècles et des siècles, punis à chaque fois pour cette résistance. Les Palestiniens se sentent seuls au monde, comme les Serbes lors des bombardements de 1999, lorsque à Belgrade on taggait des croix gammées sur le centre culturel français de Knez Milos et qu’on se demandait comment la sœur française avait pu les abandonner. Aujourd’hui les Palestiniens, et nous, citoyens de conscience du monde, on se demande comment tu peux abandonner le peuple Palestinien en allant côtoyer ses bourreaux. Emir, s’il te plaît, du fond de mon cœur, je te demande pour toutes ces raisons, de ne pas aller en Israël.

 

La campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) a été lancée par la société civile palestinienne en 2005, suite à des dizaines d’années de lutte contre Israël et sa politique d’apartheid. Les palestiniens font appel aux citoyens de conscience du monde afin de faire pression sur Israël pour qu’il respecte enfin le droit international et les droits des palestiniens et que prenne fin le plus long conflit de l’histoire récente.

Les Palestiniens nous demandent de boycotter tous les produits israéliens, mais aussi de pratiquer un boycott sportif, culturel et universitaire.

La campagne BDS demande tout simplement l’application du droit international, à savoir :

le droit au retour pour tous les réfugiés ;

la fin de la colonisation, de l’occupation et le démantèlement du Mur ;

la fin de l’apartheid pour les palestiniens de 48 (dits « Arabes israéliens »).

 

 

Molimte Emir, ne idi u Israel !

Hvala ti puno moy druz

 

 

 

Helene




Concert pour l’apartheid au Théâtre Mogador ? Le 31 janvier prochain

A moins que conformément à la volonté du KKL de masquer sa réelle vocation, vous ayez été victime de sa propagande mensongère: Cette organisation se présente en effet comme une organisation environnementale et la première organisation verte d’Israël.
En réalité ses prétentions prétendument écologiques ne sont qu’un prétexte pour masquer sa volonté de pratiquer activement depuis sa création «la rédemption de la terre du peuple juif», la colonisation des terres palestiniennes et l’expropriation des autochtones palestiniens de leurs terres à travers notamment des confiscations de terrains. Son projet et ses moyens sont ceux de la conquête et de la dépossession arbitraire du peuple palestinien et de son patrimoine. Les deux-tiers des terres gérées directement par le KKL, et la totalité des terres dites « d’Israël » que le KKL cogère avec l’Etat, sont des terres volées aux Palestiniens expulsés de leur pays en 1948.

 

Dans la longue liste des violations flagrantes du droit international dont le KKL est responsable, il faut souligner outre l’appropriation des terres des palestiniens expulsés, le fait que les milliers d’arbres que l’organisation se vante d’avoir plantés l’ont été l’ont été sur les ruines des villages palestiniens de Galilée et du Néguev dynamités en 1948, et sur les territoires occupés depuis 1967.
Par exemple: nous vous rappelons que le KKL a planté grâce à des fonds canadiens, le «Canada Park » sur les ruines des villages cisjordaniens de Latroun et d’Emmaus, rasés par Ariel Sharon en 1967.

Enfin aujourd’hui, le KKL lève des fonds français pour planter «le Parc de France» sur les terres expropriées des villages entourant Jérusalem, entre les colonies de Maale Adoumim et Jérusalem Est. Ainsi ce serait un parc «français» qui permettrait de parachever les contours du «grand Jérusalem» voulu par les colons.
Le KKL réunit aussi des fonds pour financer la «judaïsation du Néguev» en expulsant et regroupant les Bédouins qui le peuplent dans des villes-réserves, comme il en a récolté pour financer des «aires de repos» pour le bien-être des soldats rentrant de Gaza. Ce processus de colonisation, dans ces divers aspects est considéré comme autant de crimes de guerre par la Quatrième Convention de Genève.

En outre, les terres gérées par le KKL sont gérées selon des critères explicitement racistes.

A travers tous ces motifs, la présence de cette organisation au Théâtre Mogador, dont l’activité principale est le spectacle, ne pourrait qu’apparaître indécente et insupportable à tout défenseur des droits de l’Homme informé sur les objectifs et les réalisations véritables du KKL.

Le Théâtre Mogador  avait déjà accueilli le KKL par le passé, nous vous appelons donc à ne pas accepter d’être complices du vol des terres palestiniennes, des violations des droits humains et du droit international.

Nous restons à votre entière disposition pour toute information complémentaire sur le KKL.

La Campagne BDS France

Campagnebdsfrance@yahoo.fr




Lettre ouverte à Madame Michèle Alliot Marie, Ministre des Affaire Etrangères Démolition de l’Hôtel

Cependant ne vous rendez-vous pas compte que les protestations verbales, les condamnations de principe, n’ont absolument aucun effet sur la réalité ? Il est vrai qu’au delà des paroles, le commerce entre l’Europe et Israël est florissant, les accords technologiques et militaires (avec un état accusé de crime de guerre par un rapport de l’ONU) n’ont jamais été aussi nombreux.

N’est-il pas temps, enfin que la France adopte des sanctions réelles ? sans quoi sa politique complaisante ne pourra qu’être  taxée de complicité.

En attendant que vous prouviez la sincérité du gouvernement par des actes concrets de sanctions, la société civile a le droit et le devoir de s’impliquer dans la campage « Boycott Désinvestissement Sanction » lancée par la société civile palestinienne en 2005.

Veuillez agréer, Madame la Ministre etc.

Pour le collectif, Jérôme Faÿnel Président.

« La France condamne vivement la démolition de l’hôtel Shepherd, à Jérusalem-Est, en vue de la construction d’une nouvelle colonie. Cette démolition fragilise la perspective d’un règlement durable du conflit, dans lequel Jérusalem est appelée à devenir la capitale des deux États, Israël et le futur État de Palestine.

Notre position sur les colonies est claire et constante. Elle a été réaffirmée unanimement par l’Union européenne dans les conclusions du Conseil Affaires étrangères du 13 décembre dernier : les colonies, y compris celles de Jérusalem-Est, sont illégales au regard du droit international et constituent un obstacle à la paix.  »

 

COLLECTIF 69 DE SOUTIEN AU PEUPLE PALESTINIEN c/o Maison du Peuple, 147, av. du Gal Frère, 69008 LYON
  courriel :
palestine69@orange.fr Agenda et actions : http://collectif69palestine.




France 3 retire un produit des colonies des lots à gagner dans l’émission « Slam »

Bonjour,

Vous êtes vivement mécontente (sic) à propos du cadeau offert aux candidats, lors de l’émission « Slam » diffusée sur France 3 tous les jours à 16h40.

Vous déplorez que ce divertissement puisse offrir à ses candidats un produit de la marque « Sodastream ». Vous souhaitez obtenir des explications, sur le choix de France Télévisions d’offrir un produit qui est fabriqué dans une colonie israélienne installée en Cisjordanie.

Je vous pris d’accepter mes excuses au nom de la chaîne pour cette réponse tardive.

Je vous remercie d’avoir pris le temps d’écrire à France 3 pour nous faire part de votre intérêt.

Votre courriel a été transmis à l’équipe de « Slam », qui en a pris connaissance. Cette dernière attache une grande importance aux avis des téléspectateurs, car ils lui permettent de prendre du recul et de faire évoluer l’émission en fonction également des attentes du public.

Je vous informe que la fabrication des dotations distribuées au cours des jeux et émissions de divertissement de France Télévisions, respectent les règlementations internationales en vigueur.

En outre, j’ai le plaisir de vous informer que la « carafe soda club » n’est actuellement plus proposée aux candidats du jeu « Slam », sur France 3.

Au nom des animateurs et de l’ensemble des équipes du groupe France Télévisions, je vous présente mes meilleurs voeux et je vous souhaite de très agréables moments en compagnie des programmes de France 3.

Bien cordialement,

Delphine Wasser Relations Téléspectateurs

http://www.france-palestine.org/article16429.html




BDS 2010 : plus puissant que l’épée

Il y a deux ans aujourd’hui, le 27 décembre, Israël lançait son invasion de la bande de Gaza, perpétrant 22 jours d’assassinats et de chaos, tuant 1400 civils et en laissant 5400 autres infirmes à vie. Depuis lors, il maintient le siège d’un million cinq cent mille Gazaouis, provoquant des centaines d’autres morts inutiles. Pour le rapport Goldstone des Nations-Unies, ces actes sont des crimes de guerre.

Israël reste impuni, se cachant dans les jupons de ses lobbyistes US qui, sans relâche, font monter la pression sur tout membre du Congrès, sénateur et sur le Président lui-même pour faire obstacle à toute condamnation d’Israël pour ses crimes.

Mais les tentatives d’Israël pour intimider les Palestiniens ont échoué. Ce qu’Israël a réussi par contre c’est de confirmer, et de façon indubitable, à des millions dans le monde, quel était son calendrier inhumain, raciste.

Les deux années passées ont vu une prise de conscience, par les citoyens du monde, de la situation désespérée des braves Gazaouis. Ont été organisés plus d’une dizaine de convois et flottilles, dont les bateaux de Free Gaza qui brisèrent le siège à cinq reprises, la Marche de la Liberté pour Gaza, la Flottille de la Liberté pour Gaza – des gens de toutes confessions et nationalités qui ont risqué leur vie pour acheminer aux Gazaouis une aide en urgence.

La plus récente, la Caravane de solidarité Asie/Gaza, la première à venir du sud de l’équateur, représente 18 pays. Elle est arrivée en Turquie la semaine dernière, partie d’Inde et après avoir traversé le Pakistan et l’Iran. Elle a fait coïncider son « invasion » pacifique de Gaza avec l’anniversaire du jour d’infamie d’Israël.

Ces efforts pour porter secours aux Gazaouis qui souffrent sont essentiels, mais ils sont aussi loin d’être suffisants. Ils peuvent être conçus dans le cadre de tactiques positives pour une guerre non violente, par les Palestiniens et par toute personne de bonne volonté, contre l’apartheid d’Israël. Cette guerre a pris le nom de Boycotts, Désinvestissements et Sanctions (BDS). Les buts de cette guerre sont de pénaliser Israël tant sur le plan politique qu’économique, pour qu’il mette fin au siège et conclut une paix juste avec les Palestiniens.

Politiquement, BDS a convaincu de plus en plus de gouvernements de légitimer la Palestine, et même d’aller jusqu’à délégitimer un Israël d’apartheid. Ces mesures d’importance comprennent notamment :
–  Le Venezuela et la Bolivie qui ont rompu leurs relations diplomatiques avec Israël en 2009 après l’invasion de Gaza, et le Nicaragua après l’agression contre la Flottille de la Liberté en mai 2010.
–  La Bolivie, le Brésil, l’Argentine et l’Équateur qui ont reconnu une Palestine « libre et indépendante » sur les frontières de 1967, en 2010, (et le Chili le 7 janvier 2011 – ndt) avec le Paraguay à suivre au printemps (et l’Uruguay prévu en 2011 – ndt).
–  La Norvège et la Grande-Bretagne qui ont rehaussé la représentativité de l’Autorité palestinienne au niveau de consulat, avec une année nouvelle qui promet que de nouveaux pays européens suivront.
–  Le conseil municipal d’Édimbourg qui a refusé la soumission présentée par la société française Véolia pour à assurer des services publics, en raison de sa complicité avec les crimes israéliens.
–  Également en Écosse, le conseil municipal de Stirling qui a approuvé une campagne globale de boycotts contre « l’agression et le mépris manifestes d’Israël à l’encontre du droit international ».
–  Marrickville, en Australie, ville jumelée avec Bethléhem depuis 2007, qui a voté récemment le soutien à une campagne globale BDS.

Israël fait le siège de la bande de Gaza. BDS appelle le monde à « faire le siège du siège », à priver Israël de ses marchés à l’export et à l’import, à faire pression sur lui pour qu’il conclut une juste paix avec ses prisonniers.

On compte de nombreuses victoires sur ce front économique, en 2010 aussi. Par exemple :
–  Le Qatar qui a rompu ses relations avec Israël.
–  Des accords qui ont été annulés par la Turquie, le Royaume-Uni, l’Égypte, et les États du Golf.
–  Une société turque qui a exigé des sociétés israéliennes qu’elles signent un document condamnant le massacre israélien à Gaza pour pouvoir continuer à commercer. Les entrepreneurs israéliens en Turquie doivent maintenant cacher leur identité.
–  MUJI, au Japon, qui a abandonné ses projets d’investissements en Israël, confronté à des pressions immenses de la part de citoyens du Japon et de Corée du Sud.
–  Des directives de l’Union européenne qui exigent des supermarchés qu’ils indiquent l’origine des produits sur les étiquettes pour permettre aux consommateurs de faire la distinction entre les produits palestiniens, israéliens et ceux venant des colonies.
–  Les fonds de pensions néerlandais PFZW qui se sont débarrassés des sociétés israéliennes dans leur portefeuille. Les principaux fonds d’investissements suédois et norvégiens ont vendu leurs parts dans toutes les sociétés israéliennes impliquées dans les constructions dans les colonies et la construction du mur de séparation.
–  Le parlement chilien qui a adopté un boycott des produits israéliens venant des colonies.
–  Des sociétés comme Multilock qui ont décidé d’arrêter toute activité en Cisjordanie suite à des pressions d’organisations des droits de l’homme.

Des dizaines de groupes BDS dans le monde, y compris aux USA, organisent des manifestations de chants, de danse, ou autres, devant et à l’intérieur de magasins qui vendent des produits israéliens, exhortant les directions et les clients à rejoindre le boycott. (*)

Mais le plus grand impact sur Israël, comble d’ironie, vient des Palestiniens assiégés eux-mêmes. L’Autorité palestinienne a déclaré illégal tout produit des colonies destiné à être vendu dans les magasins palestiniens. Le marché cisjordanien représente 200 millions de dollars/an pour les affairistes israéliens, avec certaines usines dans les colonies qui vendent jusqu’à 30 % de leur production sur le marché palestinien. Dix-sept usines à Mishor Adumin, vaste zone industrielle entre Jérusalem-Est et Jéricho, ont dû fermer leurs portes, conséquence directe du boycott par l’Autorité palestinienne.

Alors que 22 000 Palestiniens étaient employés par des entreprises coloniales, l’Autorité palestinienne a mis en place un fonds de 50 millions de dollars pour, à la fois, dissuader les Palestiniens d’aller travailler dans les colonies et aider ceux qui perdent leur emploi en raison du succès de BDS.

Les médias économiques d’Israël ne portaient pas de jugements sur les manquements politiques et moraux d’Israël, BDS les oblige à se réveiller. The Marker a mis en garde devant le développement du boycott des entreprises israéliennes de haute technologie par des sociétés européennes et états-uniennes qui considèrent qu’elles ne peuvent plus investir en Israël pour des raisons morales. Nehemia Strassler, analyste économique de premier plan en Israël, s’en est pris au ministre israélien de l’Industrie, du Commerce et du Travail, Eli Yishai, qui a appelé l’armée à « détruire une centaine de maisons dans Gaza pour chaque roquette qui tombe sur Israël ».

« L’opération dans la bande de Gaza nuit à l’économie. Les images horribles vues à la télévision et les propos tenus par des personnalités politiques, en Europe et en Turquie, ont modifié le comportement des consommateurs, d’entrepreneurs et d’investisseurs potentiels. De nombreux consommateurs européens boycottent les produits israéliens en pratique. Des intellectuels appellent à une guerre économique contre nous et au renforcement d’un boycott officiel et total par les consommateurs. »

Le monde est en train de changer sous nos yeux. Il y a cinq ans, le mouvement anti-Israël se limitait à l’extrême gauche ou aux Arabes et musulmans. Aujourd’hui, la campagne a intégré le courant dominant dans une alliance de principe rouge et verte – de gauche et musulmane.

Le boycott est une arme particulièrement efficace contre Israël parce qu’Israël est un petit pays qui dépend de ses exportations et importations. BDS a été la clé pour mettre fin au régime d’apartheid en Afrique du Sud et il alimente en énergie les citoyens du monde pour qu’il en soit de même avec l’apartheid israélien.

Et on doit cela à l’opération Plomb durci d’Israël, qui a permis au monde de voir Israël pilonner la bande de Gaza avec ses bombes, en direct, à la télévision.

L’artiste israélo-américain, Theordore Bikel, converti tout récemment à BDS, cite le légendaire violoncelliste Pablo Casals, qui refusait de jouer dans l’Espagne fasciste disant : « Mon violoncelle est mon arme ; je choisis là où je joue, quand je joue, et devant qui je joue ».

Il y a beaucoup d’armes bien plus puissantes que l’épée.

Eric Walberg écrit pour Al-Ahram Weekly.
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9937




Procès BDS : Tous derrière les militants poursuivis !

Le 24 janvier prochain, 3 militants de Perpignan seront cités à comparaître au
tribunal de Perpignan pour avoir participé à une action BDS.

La Campagne BDS France appelle à une large mobilisation, et un départ
groupé en train est prévu de Paris afin de participer au rassemblement
que nos camarades organisent dès 13H devant le tribunal.

Pour vous inscrire et pour les détails pratiques, merci d’écrire à :
solidariteprocesbds@yahoo.fr

Un meeting est aussi organisé à l’ENS le 18 janvier
prochain en soutien à tous les militants poursuivis:

http://www.mediapart.fr/club/edition/soutenons-stephane-hessel-et-les-pacifistes-de-la-campagne-bds/article/080111/solidarit

Attention, réservation obligatoire à:
reserver@collectifpaixjustepalestine.org




Vanessa Paradis et Johnny Depp, ne permettez pas à l’Etat d’Israël de se servir de votre réputation

 Vanessa Paradis et Johnny Depp, ne permettez pas à l’Etat d’Israël de se servir de votre réputation pour blanchir ses crimes !

Par Boycott from Within, Israel – 04-01-2011


 
Chers Vanessa Paradis et Johnny Depp,
Nous sommes des citoyens israéliens. Nous avons appris que Vanessa Paradis a prévu de se produire en Israël le 10 février 2011, et que vous devez rencontrer ensemble le Président israélien Shimon Peres. Vous ne le savez peut-être pas, mais une campagne est en cours de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre Israël, motivée par sa politique d’apartheid et d’occupation. Nous, citoyens israéliens, adhérons à cette campagne, et nous vous exhortons à saisir cette occasion pour prendre position sur une question cruciale pour les droits de l’homme et donc pour des vies humaines.
Vous vous demandez peut-être ce que tout cela signifie, et ce que vous avez à voir là-dedans. Et vous pouvez avoir l’impression d’être plongés dans une situation qui a priori ne vous concerne pas. Cependant, nous espérons vous aider tous les deux à dépasser votre impression de déconnexion, vous montrer la réalité du monde glauque dans lequel vous entrez, et vous donner l’opportunité de choisir de faire la différence. Ne vous méprenez pas ; par votre statut de célébrités, le choix que vous ferez aura un effet instantané sur les vies de millions d’enfants, de femmes et d’hommes.
Les Palestiniens vivent sous un régime militaire brutal qui pratique une politique d’apartheid dans ce qui est connu sous le nom d’Israël et des Territoires occupés. L’armée qui contrôle toute la vie palestinienne, sous la menace des fusils, est l’armée d’Israël. Ce qui veut dire que les Palestiniens sont à la merci de cette armée contrôlée par le gouvernement israélien, qui, depuis plus de 60 ans, assassine, mutile, arrête les civils, tout en volant leurs terres par la force brutale et extrême.
Tandis que les colonies israéliennes illégales s’épanouissent en Territoires palestiniens, sous le couvert de « croissance naturelle« , la terre palestinienne est volée, les maisons sont démolies, des communautés entières sont laissées sans abri, dans les territoires occupés comme à l’intérieur d’Israël (contexte).
Le système de l’occupation israélienne est beaucoup trop complexe pour qu’une lettre si courte puisse l’examiner dans sa totalité (nous serons heureux de répondre à toutes questions que cette complexité soulève), mais il est important pour nous de vous informer de la deuxième partie de l’histoire :
En 2005, la société civile palestinienne (étudiants, syndicalistes, groupes de femmes, groupes pour les droits de enfants et beaucoup d’autres), a demandé d’une seule voix que les gens, les institutions, les Etats et les entreprises cessent toute coopération avec Israël. C’est ainsi qu’est né le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions. Nous soulignons : si les Palestiniens avaient des droits égaux en Israël et dans les territoires occupés, en vertu de la loi d’Israël, ils n’auraient aucune raison d’en appeler à la Cour et à la communauté internationales.
Comment tout ceci vous concerne-t-il ? Tout comme l’appel lancé dans les années 80 aux artistes qui envisageaient de se produire à Sun City, en Afrique du Sud, nous faisons aujourd’hui appel à vous. Dans l’asymétrie des relations entre l’Etat d’Israël en expansion et les morceaux de terre laissés aux Palestiniens, vous produire à Tel Aviv et sympathiser avec des hommes politiques israéliens sont des actes profondément partisans. L’appel que nous vous adressons, Mlle Paradis et M. Depp – en tant qu’individus, en tant qu’artistes-créateurs culturels, en tant que célébrités ayant de l’influence, est celui-ci : S’il vous plaît, ne divertissez pas l’apartheid ! S’il vous plaît, ne légitimez pas les personnalités responsables de cet apartheid au détriment de ses victimes. S’il vous plaît, souvenez-vous qu’une jeune fille qui aime votre musique et vit dans le village cisjordanien de Bil’in ne sera pas autorisée par Israël à venir vous entendre et vous voir à Tel Aviv.
De plus, compte tenu de l’empressement que vous avez exprimé à rencontrer le président israélien Shimon Peres (rapporté par nos médias locaux), nous pensons que nous devons aborder cette question de façon spécifique. Réfléchissez à ce qui suit :
Shimon Peres est tristement célèbre pour une longue liste de crimes de guerre présumés, comme il est l’architecte des diverses politiques israéliennes mises en place en violation grave du droit international et au mépris flagrant des droits de l’homme universellement reconnus, notamment :
– Shimon Peres a été à l’origine ou a soutenu plusieurs guerres d’agression au cours desquelles l’infrastructure civile a été ciblée et de nombreux civils innocents ont été ou tués ou mutilés, dont de nombreux enfants (notamment l’opération « Raisins de la Colère » en 1996).
– Shimon Peres a été le cerveau du programme israélien d’armes de destruction massive, faisant d’Israël la 4ème superpuissance nucléaire au monde aujourd’hui.
– Shimon Peres a ordonné l’enlèvement et le harcèlement brutal de Mordechai Vanunu, dénonciateur israélien de l’arsenal nucléaire, qui a été illégalement drogué et enlevé par le Mossad en septembre 1986 et maintenu en isolement absolu pendant 11 années. Même après avoir purgé ses 18 ans de prison, il est toujours persécuté.
– Shimon Peres s’est opposé avec véhémence à l’application du droit international, comme ce fut le cas lorsqu’il a refusé de laisser les tribunaux espagnols appliquer la juridiction universelle contre les criminels de guerre israéliens, ou lors de son attaque sur la légitimité et les conclusions du rapport de la commission d’enquête des Nations Unies conduite par le juge Goldstone suite à l’opération Plomb Durci contre Gaza (décembre 2008-janvier 2009).
– Shimon Peres a été une des forces motrices du développement des colonies illégales en Cisjordanie palestinienne occupée.
Cette liste est loin d’être exhaustive, mais nous pensons vous en avoir suffisamment dit à cet égard. Il est également important pour nous de préciser que votre rencontre avec Shimon Peres est d’ores et déjà utilisée à des fins de propagande, comme on peut s’en rendre compte dans le commentaire à un article annonçant cette rencontre : « Je ne suis pas un fan… mais s’ils aiment Israël… je les AIMERAI et je serai un de leurs plus grands fans… »
Il n’y a aucune échappatoire à ce que votre présence ici ne soit pas interprétée comme un acte politique. Ce ne sera donc pas une manifestation joyeuse autour de votre musique et de vos films. Au lieu de cela, elle aura pour effet de contribuer à l’image de normalité d’Israël et de son gouvernement aux yeux du monde. C’est pourquoi nous vous demandons de la reconsidérer.
S’il vous plaît, ne permettez pas à l’Etat d’Israël de se servir de votre réputation pour blanchir ses crimes !
Nous vous encourageons à vous informer plus avant et à suivre votre conscience,
Oshra Bar
Ofra Ben Artzi
Adi Dagan
Rachel Giora
Neta Golan
Iris Hefets
Shir Hever
Samieh Jabbarin
Liad Kantorowicz
Naomi lyth
Edo Medicks
Dorothy Naor
Ofer Neiman
David Nir
Itai Ryb
Tali Shapiro
Eyal Sivan
Jonatan Stanczak
Elian Weizman
Au nom du BOYCOTT ! En soutien à l’appel palestinien BDS,

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14819&type=communique&lesujet=Boycott

Boycott from Within.

                                      




BDS Culturel: lettre a Juan Carlos Caceres

Juan Carlos Caceres
c/o Vivement Ce Soir
Lot. Codani
Route de la mer
20260 Lumio

Paris, le 27 décembre 2010

Cher Juan Carlos Caceres,

Nous vous écrivons à la veille de votre participation prévue au Red Sea Winter Jazz Festival, dans l’espoir que vous annuliez votre voyage.

Vous ne savez peut-être pas que ce festival est parrainé par le gouvernement israélien, qui parraine en outre la dépossession des Palestiniens de leurs maisons, ainsi que de nombreuses lois discriminatoires à l’égard des « non-juifs », dans un système antidémocratique que l’on peut qualifier d’apartheid. De telles initiatives culturelles étatiques cherchent à masquer, derrière une propagande de « plaque tournante culturelle dynamique », une politique brutale et, pour la résumer en un seul mot, coloniale.

En réaction à des décennies d’oppression, couplées avec l’échec de toutes formes d’intervention internationale et de tentatives de paix, le peuple palestinien appelle les artistes de conscience au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions (BDS), jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international et aux principes universels des droits humains. Ce mouvement s’inspire de la lutte menée par les Sud-Africains contre l’apartheid. Une multitude d’artistes, récemment Elvis Costello, Gil Scott-Heron ou Carlos Santana, a répondu à l’appel au boycott et a annulé des spectacles prévus en Israël.

Vous avez étudié la culture des peuples autochtones et des peuples opprimés en Argentine, indiens et noirs. Vous avez voulu en révéler « l’histoire niée » par 150 ans de racisme des immigrés venus d’Europe. Vous ne pouvez donc pas être insensible à l’histoire et à la culture niée, sous vos yeux, du peuple palestinien, autochtone et opprimé par l’Etat israélien. Dans ce cas, comment pourriez-vous ne pas écouter son appel ?

Alors que certains ne manqueront pas d’interpréter votre concert comme un soutien politique, et pas seulement culturel, à l’Etat d’Israël, nous espérons au contraire pouvoir vous compter parmi les artistes qui se joindront à l’appel non-violent au boycott d’Israël, et en particulier au RSWJF, et ainsi, aider à atteindre l’égalité des droits et la justice en Palestine-Israël.

En réponse à l’appel palestinien à la solidarité internationale, refusez de jouer pour l’apartheid.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information, et pour vous rencontrer si vous le souhaitez.

 

Dror Warschawski pour la Campagne BDS France

 

 Campagne BDS France

21 ter rue Voltaire 75011 Paris

http://www.bdsfrance.org/

campagnebdsfrance@yahoo.fr

 


Label:
Mañana
17 rue Pascal
75005 Paris
Tel : 01 45 35 54 19
contact@mananamusic.com

Tourneur:
Vivement Ce Soir
Lot. Codani
Route de la mer
20260 Lumio
Tel : 04 95 46 29 82
magali@vivementcesoir.fr
www.vivementcesoir.fr




Lettre ouverte a Vanessa Paradis

Vanessa Paradis
Universal Music France
20 rue des Fossés Saint Jacques
75005 Paris

Paris, le 27 décembre 2010

Chère Vanessa Paradis,

Nous avons appris qu’après votre tournée française acoustique, vous alliez reprendre la route et faire une série de concerts à l’étranger, notamment en Israël, à l’Opéra de Tel-Aviv, le 10 février 2011.

« Parfois on regarde les choses telles qu’elles sont en se demandant pourquoi », cette phrase, extraite de l’une de vos ballades, rappelle aujourd’hui la situation du pays dans lequel vous vous apprêtez à jouer. Si l’on regarde les choses telles qu’elles sont, on ne peut ignorer l’occupation militaire de la Cisjordanie, la poursuite de la colonisation sur les terres palestiniennes et le déni des droits humains les plus fondamentaux des Palestiniens, comme l’accès à l’eau ou à une éducation de qualité. Tels qu’ils sont, 600 check-points entravent la circulation de milliers de personnes qui ne peuvent se rendre au travail, à l’école ou… à votre concert. Telles qu’elles sont, les véritables politiques d’apartheid, menées par le gouvernement israélien, discriminent les citoyens arabes d’Israël et nient le droit au retour de milliers de réfugiés palestiniens qui cherchent à regagner leurs maisons.

On se demande pourquoi : pourquoi une telle impunité, pourquoi le soutien de l’Union Européenne, des Etats Unis et des pays voisins, à un Etat qui a massacré, il y deux ans à peine, la population de Gaza, sans défense et maintenue sous embargo depuis plusieurs années ; un Etat qui, il y a quelques mois, n’a pas hésité à tirer à bout portant sur des militants pacifistes qui venaient apporter une aide humanitaire dans le cadre de «  La flottille humanitaire pour Gaza ».

« Parfois on les regarde telles qu’elles pourraient être en se disant pourquoi pas ». Pourquoi pas, nous aussi, réagir face à cette impunité, de façon non-violente ? C’est dans ce cadre, devant l’échec de toutes formes d’intervention internationale et de tentatives de paix, et inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’apartheid que s’inscrit la campagne « BDS » initiée en 2005 par toutes les composantes de la société civile palestinienne. Il s’agit d’un appel au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions contre l’Etat d’Israël, jusqu’à ce qu’il applique le droit international et les principes universels des droits de l’homme.

Aujourd’hui, de nombreuses personnalités de vos deux familles artistiques ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que cet Etat ne changera pas sa politique. Parmi les cinéastes, Ken Loach, Jean-Luc Godard, Meg Ryan, Dustin Hoffman ou Mike Leigh. Parmi les musiciens, Roger Waters, Brian Eno, Annie Lennox, Carlos Santana, Elvis Costello, Gil Scott-Heron, Gorillaz, les Pixies, Massive Attack, Gilles Vigneault ou Lhasa, entre autres, ont récemment annulé leurs prestations artistiques dans différentes villes israéliennes.

Vous qui avez participé à de nombreux concerts caritatifs, vous qui êtes mère, vous qui êtes marraine d’une association qui réalise les rêves des enfants, nous vous demandons de penser aux milliers d’enfants palestiniens qui n’ont pas la chance aujourd’hui de pouvoir rêver, ni même de mener une vie normale, d’avoir accès à l’éducation, à l’eau ou à la santé.

Alors que certains ne manqueront pas d’interpréter votre concert comme un soutien politique, et pas seulement culturel, à l’Etat d’Israël, nous espérons au contraire pouvoir vous compter parmi les artistes du monde entier qui se sont joints aux appels au boycott d’Israël tant que celui-ci n’aura pas rempli ses obligations envers le droit international et reconnu pleinement les droits des Palestiniens.

Nous restons à votre entière disposition pour tout supplément d’information. 

La Campagne BDS France
CICP
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/

D’autres adresses ou il est possible de lui écrire:

Vanessa Paradis
Universal Music France
20 rue des Fossés St Jacques
75005 PARIS 

Vanessa Paradis
Agence Adéquat
80 rue d’Amsterdam
75009 Paris




Une lettre ouverte de la bande de Gaza à Thomas Quasthoff: Ne pas oublier la bande de Gaza

Une lettre ouverte de la bande de Gaza à Thomas Quasthoff: Ne pas oublier la bande de Gaza et du camp de concentration « Tell It Like It Is! »

Monsieur Thomas Quasthoff,

Nous sommes un groupe d’artistes, chanteurs, des universitaires et des étudiants de Gaza, et notre seule faute est d’être Palestiniens. Pour cela, M. Quasthoff, nous sommes prisonniers ainsi que nos familles. L’ Organisations des Droits de l’homme affirme avec raison que notre bande de GAZA est la plus grande prison a ciel ouvert de l’histoire moderne. Il a été porté à notre connaissance que vous avez l’intention de venir faire une représentation dans l’Apartheid d’Israël. L’état ou vous prévoyez de venir a commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité contre nous, la population indigène de la Palestine.

Nous, à Gaza, nous sommes dans un cadre hermétiques, siège médiéval imposé depuis 2006 par l’état où vous avez décidé de venir les divertir. Ce blocus a coupé la vie principale  de biens et de personnes qui entrent dans la bande de Gaza suite à de graves pénuries de vivres, produits de base et surtout des articles comme le ciment qui est vital pour reconstruire les 17000 + maisons qui  ont été détruites par les attaques israéliennes. Les blessés ne sont pas autorisés à Voyager à l’étranger pour recevoir des soins médicaux nécessaires: par conséquent, 400 patients malades sont morts parce qu’ils n’avaient pas de solution, mais on du rester dans la bande de Gaza assiégée, où ils ont passé leurs derniers jours, au grand désespoir de leurs familles.  Pensez vous chanter pour eux?

En plus de ce siège barbare, en hiver 2008-9, Israël a attaqué Gaza, crimes de guerre et violations des droits humains contre une population dont plus de la moitié, sont estimé 800,000, sont des enfants. Au cours de cette 23-jours attaques impitoyables, 1.417 personnes ont été tuées, des centaines d’autres gravement blessés. Les crimes ont été relatées en détail dans le rapport des Nations Unies Goldstone. Le 2 Décembre, 22 organisations internationales, dont Amnesty, Oxfam, Save the Children, Christian Aid. Aide médicale pour les Palestiniens a produit un rapport intitulé espoirs déçus, la continuation du blocus de Gaza , à nouveau un autre appel pour un arrêt complet de l’état de siège, en soulignant  les effets dévastateurs sur la population civile et il ya une semaine de Human Rights Watch a publié le Distincts et inégaux rapport qui dénonçait la politique israélienne comme «l’apartheid». Pourtant, encore nous attendons que les gens se levent dans le monde entier pour prendre des mesures contre la politique d’apartheid; de simples paroles font qu’il est facile pour Israël de poursuivre sa politique de génocide contre notre peuple avec l’immunité.

Si vous décidez d’agir contre votre conscience et de jouer en Israël, s’il vous plaît rappellez vous, rappellez vous que les survivants souffrent, et les voix des 434 enfants tués lors des attaques de 22 jours qui parfois s’attardent dans le silence de nos nuits noires. Se souvenir de ceux qui ne savent pas lire,ne peuvent plus étudier ou aller à l’école et a l’université à la suite de ce siège médiéval d’Israël. N’oubliez pas les agriculteurs qui sont tirés comme des lapins par la gâchette facile des soldats israéliens alors qu’ils récoltent leurs cultures sur leurs terres. Et n’oubliez pas vos collègues chanteurs qui n’ont jamais quitté la bande de Gaza et qui rêvent de collaborer avec des artistes internationaux, tels que vous. Nous, artistes et chanteurs, attendons  que vous exprimiez votre solidarité avec nous. Comment acceptez-vous la suppression de nos voix? Même les instruments de musique sont interdits d’être introduits dans Gaza! Savez-vous que la plupart des gens dont votre public aura servi ou servent dans l’armée d’occupation israélienne?

Les forces israéliennes ont envahi la terre de Gaza, l’air et la mer. Décorticage tout autour de nous, des millions de morceaux de métal pointus comme des poignards,des bruits sourd dans nos maisons, nos voitures, nos routes, nos enfants par leurs hélicoptères Apache, des F16, F15s, F35s, de chars Merkava, canonnières, et les bombes illégale au phosphore blanc ont été expérimentées sur nous. Les gens n’avaient pas d’abri. Beaucoup d’entre eux ont quitté leurs maisons pour se cacher dans les écoles de l’UNRWA en pensant qu’ils seraient en sécurité. Malheureusement, ils ont eu tort!  Non seulement les écoles ont été bombardés avec des gens et des animaux a l’interieur mais aussi les mosquées, les voitures, les universités, les usines, les terres agricoles et les fermes. Ce fut une guerre ignoble, environ 1434 civils dont 434 enfants ont été tués et près de 5.300 blessés, dont certains de façon permanente. Beaucoup ont succombé à leurs blessures après être resté sous les décombres pendant plusieurs jours, des saignements parce que les forces israéliennes n’ont pas autorisé les ambulances a venir les sauver. Aux yeux des décideurs politiques israéliens notre tort «c’est d’etre PALESTINIENS» signifie que nous devrions être expulsés, humiliés, emprisonnés et privés des droits les plus fondamentaux de l’homme . La misère dont nous avons souffert au cours de ces jours ne peut être exprimée en mots, peu importe comment nous essayons. Les chanteurs d’entre nous ont essayer de traduire cette horreur en chansons. Nous avons pensé que vous montrerez de la sympathie avec nous les victime, et non avec l’agresseur!

On nous dit que vous êtes «un homme qui a quelque chose à dire – en tant que musicien et en tant qu’être humain. Et que [vous] ne craignez pas de le dire. « Nous, les musiciens de la bande de Gaza, sommes fiers d’avoir un chanteur comme vous qui parle contre toutes les formes d’oppression. Nous nous demandons si vous avez effectué à Sun City lors de la grande époque de l’Apartheid! Comment et Qu’avez-vous ressenti la souffrance de Miriam Makeba, Hugh Masekela, Abdulla Ibrahim- quelques musiciens sud-africains noirs? Les artistes qui ont été tués, emprisonnés ou expulsés par le régime d’apartheid Sud Africain?

Une foule de musiciens ont déjà rejoint le Boycott Désinvestissement et Sanctions appel de 2005 en refusant de jouer en Israël, Des artistes comme  Santana, Annie Lennox, Faithless, Elvis Costello, The Pixies, Gil Scott Heron, Massive Attack, Leftfield, Gorillaz Sound System et Devendra Bernhart . Nous espérons que vous vous rejoindrez ces artistes courageux. Pour nous, votre dernier album d’inspiration, « Tell It Like It Is », est un rappel de ce qu’un intellectuel palestinien Edward Saïd a appelé «la vérité au pouvoir »

Il est grand temps de prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux crimes de guerre d’Israël contre les enfants, les femmes et les hommes, il est temps de se tenir sur le côté droit de l’histoire et faire une différence en chantant des chansons de liberté et de « dire les choses comme il est! »

Gaza assiégée, Palestine occupée

Signé par:

Jiab Abou Bassam (Singer)

Fadl Lelli (Compositeur)

Samir Shataly (Chorographer)

Iamial El-Agha (Musicien)

Nasr Naim (Compositeur)

Samir Mousa (Singer)

Zinaty Ibrahim (Musicien)

Ibrahim Lulu (joueur de oud)

Mohammed Abu Eisha (Musicien)

Basem Shakhsa (Chef d’orchestre)

Abu Hamad Sahalah (Compositeur)

Wael Yazji (Compositeur)

Mohammed El Masri (Compositeur)

Hassan Kharoubi (Musicien)

Hassan Aklram (Singer)

Mohammed Bardawil (joueur de oud)

Okacha Rami (Singer)

Samir Shatali (chorégraphe)

Yasin Abu Ali (directeur)

Zuhair Balbisi (Acteur)

Fatouh Sami (Acteur)

Khatib Hassan (Acteur)

Inas Saqqa (Actrice)

Taleb Majeda (Actrice)

Abu Humaid Hazem (directeur)

Wael Hajjou (Acteur)

Jawad Harrouda (Acteur)

Saïd Eid (Réalisateur, Acteur)

Hassan Aydi (directeur)

Sido Abou Mohammed (directeur)

Naser Ahmed (dramaturge)

Naser Mohammed (dramaturge)

Badra Majed (Cartoonist)

 

Enseignant de l’Université de l’Association en Palestine

Les étudiants palestiniens de la campagne pour le boycott universitaire d’Israël (PSCABI)

 

Publié le 31-12-2010




Faire du beurre avec des fraises

Une sorte de flottement dans la conception du boycott des produits exportés par Agrexco.

Cela est vraisemblablement du au fait, heureux, qu’un tout petit relâchement des serres du blocus autorise une circulation de quelques marchandises et aussi peut être au respect du à la « prestigieuse » appellation : origine Gaza et aux paysans qui les produisent. ( ???)

C’est très certainement en toute bonne foi ( ???) que certains pourraient objecter aux boycotteurs des fraises Gazagrexco que refuser l’entrée sur le marché français et européen à ces fraises serait aller à l’encontre des intérêts des paysans palestiniens de Gaza. Cela les priverait de revenu, condamnerait la récolte, empêcherait la promotion d’un produit de qualité et de notoriété…. Le retour au blocus total en quelque sorte. Paradoxal !

Nous pourrons nous interroger plus tard sur les aspects de « qualité et de « notoriété » concepts fabriqués par la politique des colonisateurs et des commerciaux à leur solde.

Alors il nous faut rappeler plusieurs éléments qui fondent notre engagement et notre solidarité aux paysans et au peuple palestinien.

Le premier reste la solidarité avec la population paysanne victime tant de la colonisation que du blocus. Vols de terres, vols de l’eau, vols des savoir faire, destruction systématique des cultures etc…Entraves ou interdiction de commercialisation….

Le second c’est l’écoute et l’acceptation politique de l’appel au boycott intégral des activités commerciales des firmes agro alimentaires israéliennes émis par la société palestinienne. Quels que soient les produits commercialisés.

Au-delà de ces deux principes il faut rappeler ce sur quoi reposent les politiques coloniales :

Occupation militaire du territoire, expulsions des paysans (usagers ou propriétaires) des terres qu’ils travaillent, accaparement des ressources en eau, « embauche » des paysan-ne-s expulsée-s comme « travailleurs » précaires. Mise en place d’un système commercial sous les fourches caudines duquel doivent passer toutes les productions et les organisations de producteurs quand il y en a. Politiques systématiques d’exportation des productions « contractualisées » accompagnées d’un intense lobbying auprès des administrations et institutions internationales ayant a charge l’observation, l’administration et le contrôle des échanges commerciaux et de leur légalité.

Cette mécanique de spoliation et d’exploitation des ressources et des hommes fonctionne ici comme elle fonctionne ailleurs en Afrique, en Europe de l’Est ou en Amérique du Sud.

Si nous n’avons aucun grief à formuler à l’encontre des produits (fraises de Gaza, haricots verts du Burkina, tomates et poivrons du Maroc….etc) ni à l’encontre des producteurs de ces produits, en revanche il nous faut dire haut et fort que c’est le même système colonialiste ou néo colonialiste qui génère ce type de production et d’esclavage. Que le métier du paysan, où qu’il soit dans le monde c’est d’abord de nourrir lui-même, sa famille et la population qui lui est géographiquement proche.

La vocation du métier de paysan n’est pas d’engraisser les hauts de bilan des firmes agro alimentaires. Mais bien plus de tirer parti des ressources partagées des territoires sur lesquels il vit, de maîtriser ses savoir faire souvent ancestraux, de défendre les systèmes agraires locaux et de transmettre à ses pairs une mémoire et une (des) techniques susceptibles d’assurer une sécurité alimentaire pour les populations locales, même et surtout dans les situations les plus difficile agronomiquement parlant. La vocation des paysans du monde n’est pas d’organiser une compétition sur un terrain de jeu dont les dimensions et les règles sont fixées par des affairistes, spéculateurs et prédateurs de droits.

C’est cette prise de conscience dans le mouvement paysan international que nous ne sommes pas, paysans, en concurrence les uns avec les autres mais opposés aux règles commerciales, militaires, coloniales imposées par le libre échangisme et les PAS (plans d’ajustement structurels) qui fit naître à la fois la possibilité de construire des argumentaires et mobilisations communs entre plusieurs catégories sociales et naître la Via Campesina.

Alors, ne tombons pas dans le piège grossier tendu par Agrexco et ses patrons israéliens.

Souvenons nous que les plantations intensives de fraises sur le territoire de Gaza ne sont pas survenues par hasard mais après l’arrachage par les blindés de milliers de citronniers cultivés par les paysans palestiniens. Rappelons nous des chantages à l’exportation de ce produit afin de ruiner définitivement les paysans gazaouis : Tiens toi tranquille sinon pas d’export. Moyennant quoi des tonnes de fraises ont pourri sans même pouvoir être mises à disposition de la population de gaza qui a d’ailleurs vraisemblablement d’autres besoins alimentaires de base. N’oublions pas que les plans de développement de l’agriculture sont dictées par les firmes agro alimentaires coloniales et que le « libre arbitre », le libre choix du paysan colonisé ou victime de blocus, la demande sociale locale n’ont pas droit de cité dans ces spéculations.

Il nous faut crier partout que ces fraises :
- Viennent d’un territoire, Gaza effectivement, mais n’ont rien de Gazouis…
- Sont produites sous la contrainte des exportateurs dont Agrexco est le principal, qui musellent économiquement Gaza.
- Que les paysans n’ont pas d’autres choix dans la situation actuelle du blocus et du besoin de survie
- Qu’il faut casser ce blocus et que briser l’activité de la firme Agrexco est un des éléments central de cette bagarre contre le blocus.

Il nous faut aussi crier partout :
- que le paysan de Gaza est obligé d’acheter des plants « fabriqués » par des pépiniéristes israéliens.
- qu’aucune garantie de prix ne peut être obtenue
- que l’immense pauvreté de la majorité de la population de Gaza ne peut permettre l’obtention d’un prix rémunérateur pour les producteurs de ces fraises
- qu’Israël systématise ses livraisons de surplus agricoles (prétexte faussement humanitaire…) sur Gaza ce qui a un effet dépressif évident (et recherché) sur le revenu des paysans palestiniens sans pour autant suffire à la population.
- Que les paysans palestiniens sont capables (évidement) de travailler à la production de denrées alimentaires dont le peuple de Gaza a besoin. Et qu’il faut les aider par nos actions de boycott à retrouver cette vocation et participer en brisant le blocus à l’élévation du niveau de vie des habitants de Gaza.

Il nous faut en permanence rappeler :
- que l’essence même d’Agrexco est d’être une entreprise coloniale ou au service de politiques coloniales.
- Qu’il ne peut y avoir une face de son activité noire et une autre face blanche.
- Que se battre contre les activités d’Agrexco, y compris celles survenant sur le territoire de Gaza, c’est participer du combat pour la reconquête de l’autonomie du peuple palestinien.
- Que c’est en cassant les mécanismes économiques mis en place par l’occupant (les occupants) que pourront s’ouvrir pour les peuples victimes d’apartheid, de colonisation, de spoliation des perspectives nouvelles, porteuses d’espoir pour les populations locales et exemples dont pourront s’inspirer, ici ou là, les hommes et femmes militants pour les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et pour la reconnaissance en droit international du principe de souveraineté alimentaire.

Enfin il nous faut dire :
- que la fraise est un produit fragile
- qu’elle ne supporte pas plus de deux jours de frigo sans perdre ses qualités organoleptiques.
- qu’elle peut rester rouge et attractive au-delà de ces jours sous réserve d’avoir été traitée. Comment ? : par ionisation (radiation) qui permet de tuer tout germe, bactérie, organisme vivant, vitamines et autres composants du fruits. Israël est le troisième pays exportateur de fruits et légumes à utiliser ce procédé technique mortifère et dangereux pour la santé du consommateur.
- que ces champs de fraises comme d’autres ont subi sinon les attaques directes du moins les retombées des attaques et particulièrement la dispersion dans l’atmosphère des phosphores, radiums et autres gâteries expérimentales que l’armée de l’état colonial expérimente systématiquement sur la population de Gaza.

Pour finir :
- la société européenne n’est pas demanderesse de produits hors saison.
- cette demande fictive est fabriquée par l’industrie l’agro alimentaire quel que soit l’origine de son capital.
- la construction de ces « besoins » fictifs entraîne inéluctablement la disparition de milliers de paysans sur les territoires victimes des importations. (effets des subventions à l’exportation ou usages de passe droits)
- le bilan énergétique de ce type de circulation de marchandise est catastrophique.
- le bilan social de ce type d’activités n’est jamais fait (conditions d’exploitation des paysans prolétarisés, conditions d’exploitation des travailleurs saisonniers) et encore moins le bilan « qualitatif » ( pesticides, herbicides, résidus…).

Pour toutes ces raisons nous réaffirmons notre solidarité avec les paysans et la société palestinienne et appelons sans réserve au boycott des fraises exportées par Agrexco, fussent elles de Gaza.

Nicolas Duntze, duntzenico.la@orange.fr

Paysan, Confédération paysanne, membre de Via Campesina.