Débat TV5 Monde « Apartheid, la fin d’un tabou »

Pour en débattre :

– Tal Dor, militante pacifiste israélienne.

– Michel Bôle-Richard, ancien journaliste au quotidien Le Monde, correspondant en Afrique du Sud de 1984 à 1990 puis en Israël et dans les territoires palestiniens occupé de 2006 à 2009, auteur de « Israël le nouvel apartheid », aux éditions LLL.

– En duplex de Jérusalem, Michel Warschawski, journaliste et militant pacifiste israélien, co-fondateur et président du Centre d’information alternative de Jérusalem, co-auteur de « Un autre Israël est possible », aux Editions de l’Atelier.




La Non-violence comme stratégie

lundi 26 janvier 2015, par Jean-Marie Muller

Il convient de distinguer, non pas pour les séparer, mais pour ne pas les confondre, la non-violence comme philosophie (voir l’article), qui est la recherche d’un sens à l’existence et à l’histoire, et la non-violence comme stratégie, qui est la recherche de l’efficacité dans l’action. La philosophie est l’amour de la sagesse. Elle implique un choix, une option, une décision personnelle. Mais encore faut-il que l’individu puisse faire ce choix en toute connaissance de cause. Pour cela, il faut que cette connaissance lui soit proposée dans le cadre d’un enseignement. Ce doit être l’objet de l’éducation. Mais n’est-ce pas l’un des drames de nos sociétés que l’éducation n’offre pas à nos enfants un enseignement portant sur la philosophie de la non-violence. Quels sont les moments, quels sont les lieux qui sont proposés à nos enfants pour qu’ils puissent réfléchir sur la non-violence ? L’éducation n’offre plus aux jeunes qu’un savoir technologique qui vise à les rendre compétitifs dans la rivalité économique qui va bientôt les opposer. Et cet apprentissage risque de ne pas leur laisser le loisir de réfléchir sur le sens même de leur existence et de construire des convictions fortes pour affronter l’avenir. Il faudrait certainement repenser l’éducation dans ce sens.

Cette sagesse ne doit pas nous amener à nous retirer du monde pour cultiver notre jardin intérieur. Au contraire, elle doit nous amener à nous engager dans les conflits du monde pour la justice et la liberté. Faire preuve de bienveillance vis-à-vis de ceux qui souffrent une situation d’injustice, c’est leur manifester notre solidarité, c’est être prêts à agir en leur faveur et, le cas échéant, à mener avec eux une lutte pour qu’ils obtiennent la reconnaissance de leurs droits.

En janvier 1942, lorsque Gandhi défend sa politique devant le Congrès de toute l’Inde, c’est en faisant valoir son efficacité qu’il justifie le choix de la non-violence comme stratégie en vue d’obtenir l’indépendance. « La non-violence m’est un credo, affirme-t-il, le souffle de ma vie. Mais je ne l’ai jamais proposée à l’Inde comme un credo ou d’ailleurs à quiconque sauf, à l’occasion, lors de conversations informelles. Je l’ai proposée au Congrès comme une méthode politique destinée à résoudre des problèmes politiques. Il est possible que ce soit une méthode nouvelle, mais elle n’en perd pas pour cela son caractère politique. (…) Comme méthode politique, elle peut toujours être changée, modifiée, transformée, abandonnée même en faveur d’une autre. Si donc je vous dis que notre politique ne doit pas être abandonnée aujourd’hui, je vous parle sagesse politique. C’est de la perspicacité politique. Elle nous a servi dans le passé, elle nous a permis de parcourir de nombreuses étapes vers l’indépendance et c’est en tant qu’homme politique que je vous avertis que ce serait une grande faute d’envisager son abandon. Si j’ai entraîné le Congrès derrière moi toutes ces années, c’est en ma qualité d’homme politique [1]. » Ce texte est très important, car il montre clairement que si pour Gandhi, la non-violence est ce qu’il appelle un « credo », c’est-à-dire un choix existentiel qui donne sens à sa vie, c’est-à-dire le principe même de la vérité, il propose la méthode de l’action non-violente à ceux-là mêmes qui ne font pas ce choix.

La fin et les moyens

L’un des principes fondamentaux de la stratégie de l’action non-violente, c’est de rechercher des moyens qui soient cohérents avec la fin. Il faut récuser une fois pour toutes le vieil adage selon lequel « la fin justifie les moyens », ce qui revient à dire qu’une fin juste justifie des moyens injustes. C’est le contraire qui est vrai : des moyens injustes pervertissent une fin juste. « Les moyens, affirmait Gandhi, peuvent être comparés à une graine et la fin à un arbre ; il existe le même rapport intangible entre les moyens et la fin qu’entre la graine et l’arbre [2]. »

Un autre proverbe exprime mieux la sagesse des nations : « Qui veut la fin veut les moyens », à condition que nous l’entendions correctement, c’est-à-dire : « Qui veut une fin juste, doit vouloir des moyens justes. » Au demeurant, nous pouvons assez vite nous mettre d’accord sur la fin : tout le monde ne recherche-t-il pas le bonheur de l’humanité, tout le monde ne prétend-il pas vouloir la justice ? La vraie question est celle des moyens. Le XXème siècle a été dominé par des idéologies qui affirmaient toutes que la violence était le moyen nécessaire, légitime et honorable pour agir dans l’histoire et nous devons bien reconnaître aujourd’hui la faillite de ces idéologies. Ainsi, l’idéologie communiste avait-elle sans aucun doute pour fin de construire une société où il n’y aurait plus d’exploitation de l’homme par l’homme. Malheureusement, il est vite apparu que les moyens mis en œuvre, ceux précisément de la violence, étaient en contradiction avec cette fin et que celle-ci était sans cesse repoussée vers des lendemains qui ne sont jamais arrivés.

Il convient de conjuguer l’espérance au présent et alors que nous sommes toujours tentés de le faire au futur. Ainsi, la promesse que porte la violence se conjugue-t-elle toujours au futur. On raconte l’histoire de ce barbier qui avait accroché sur sa boutique une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « Demain, je rase gratuitement », mais qui, chaque matin, oubliait de changer sa pancarte. Si bien que le jour du rasage gratuit était toujours repoussé à plus tard et qu’il fallait chaque jour payer la facture… Je crois que les violents portent une pancarte de la même sorte : « Demain, nous apporterons la paix » et qu’ils oublient également, chaque matin, de changer de pancarte. Et chaque aujourd’hui est un jour de destruction et de mort. Albert Camus disait : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent [3]. » La non-violence veut conjuguer la justice, la liberté, la dignité au présent. Elle ne veut utiliser que des moyens qui déjà, par eux-mêmes, réalisent la fin. Et la victoire de la non-violence est déjà dans l’action non-violente elle-même. Car celle-ci donne sens au présent.

Le principe de non-coopération

Quelle était l’analyse de Gandhi par rapport au colonialisme britannique ? C’était de dire : ce qui fait la force de l’oppression coloniale britannique, ce n’est pas tant la capacité de violence des Anglais que la capacité de résignation, de soumission, d’obéissance passive des Indiens. Il affirmait : « Ce ne sont pas tant les fusils britanniques qui sont responsables de notre sujétion que notre coopération volontaire [4]. » Dès lors, pour se libérer du joug qui les opprime, les Indiens doivent cesser toute coopération avec le système colonial, avec ses lois et avec ses institutions. « Une nation de 350 millions de personnes, assure Gandhi, n’a pas besoin du poignard de l’assassin, elle n’a pas besoin de la coupe de poison, elle n’a pas besoin de l’épée, de la lance ou de la balle de fusil. Elle a seulement besoin de vouloir ce qu’elle veut et d’être capable de dire « Non », et cette nation apprend aujourd’hui à dire « Non » [5]. »

Certes, toute vie en société implique l’existence de lois. Dès que nous voulons jouer ensemble, il nous faut élaborer une règle du jeu et le jeu n’est possible que si chacun respecte la règle. Celui qui triche s’élimine lui-même. Dans une société démocratique, la fonction de la loi est de garantir la justice pour tous les citoyens et, plus particulièrement, pour les plus défavorisés et les plus faibles d’entre eux. Gandhi, qui était avocat, avait parfaitement conscience que le bon citoyen doit obéissance aux bonnes lois qui protègent les droits des plus faibles contre les plus puissants. Mais, malheureusement, les lois sont généralement édictées par les puissants et il n’est pas rare qu’elles aient pour fonction de défendre leurs privilèges. Le citoyen responsable se doit de désobéir aux lois injustes. Ce qui fonde la citoyenneté, ce n’est pas la discipline mais la responsabilité. Être responsable, c’est apprendre à juger la loi avant de lui obéir. L’obligation de la loi ne doit pas effacer la responsabilité de la conscience des citoyens. C’est à tort que les idéologies dominantes ont fait de l’obéissance une vertu. Et les religions n’ont pas été en reste pour partager cette erreur funeste en prétendant que toute autorité venait de Dieu. Il manque dans les bibliothèques des monastères des traités sur la sainte désobéissance…

Henri David Thoreau, qui veut parler en homme pratique et en citoyen, prend soin de préciser qu’il ne se situe pas du point de vue de ceux qui se disent anarchistes et demandent d’emblée « point de gouvernement ». Ce qu’il veut d’emblée c’est « un meilleur gouvernement [6] ». Il affirme que, pour remplir son devoir de citoyen, l’individu ne doit pas orienter son comportement selon les obligations de la loi, mais selon les exigences de sa conscience. « Ne peut-il exister de gouvernement, s’interroge-t-il, où ce ne seraient pas les majorités, en quelque sorte, qui trancheraient du bien et du mal, mais la conscience ? (…) Le citoyen doit-il jamais un instant, si peu que ce soit, abdiquer sa conscience au législateur ? À quoi bon la conscience individuelle alors ? Je crois que nous devrions être hommes d’abord et sujets ensuite. Il n’est pas souhaitable de cultiver le même respect pour la loi et pour le bien. La seule obligation que je dois assumer est de faire à tout moment ce que j’estime juste. [7]. » Il constate que, par l’effet du respect qu’ils témoignent pour la loi, « les gens les mieux intentionnés se font chaque jour les agents de l’injustice [8] ».

Nos démocraties ne sont que des démocraties de représentation fondées sur la loi du nombre. Mais la loi de la majorité de ne garantit pas le respect du droit. Être véritablement démocrate, ce n’est pas respecter la loi, mais respecter le droit. C’est pourquoi la désobéissance civile aux lois injustes est un devoir civique. Pourquoi la désobéissance est dite civile ? En France, lorsque des cinéastes et des écrivains ont fait appel à la désobéissance civile à une loi qui interdisait aux citoyens d’accueillir chez eux des immigrés en situation irrégulière, les journalistes ont préféré parler de « désobéissance civique ». Certes la désobéissance aux lois injustes est « civique » en ce sens qu’elle est une action citoyenne. Mais Gandhi parlait bien de « désobéissance civile ». En quoi la désobéissance est civile ? Le dictionnaire historique de la langue française nous dit que le mot civilis a deux sens. Tout d’abord, il s’oppose à militaris : est civil ce qui n’est pas militaire. Mais ce n’est pas en ce sens que la désobéissance est civile. Des militaires peuvent très bien mener des actions de désobéissance civile. J’ai fondé le Mouvement pour une Alternative Non-violente avec un ancien général de l’armée française, Jacques de Bollardière, qui avait refusé d’obéir aux ordres demandant aux soldats français de pratiquer la torture à l’encontre des Algériens. Par la suite il a démissionné de l’armée française et il est redevenu un civil, mais c’est en tant que militaire qu’il a pratiqué cette désobéissance civile à propos de la torture. Il existe un second sens du mot civilis. Il s’oppose alors à criminalis : est civil ce qui n’est pas criminel. Nous retrouvons cette même racine étymologique dans les mots civilité, civilisé…

Ainsi la désobéissance est civile en ce sens qu’elle n’est pas criminelle, en ce sens qu’elle est respectueuse de la vie de tous les citoyens, fussent-ils des adversaires politiques, c’est-à-dire, en définitive, en ce sens qu’elle est non-violente. La désobéissance « criminelle », c’est-à-dire qui n’est pas « civile », c’est la violence. Toute violence, en effet, est une désobéissance à la loi qui interdit aux citoyens tout recours à la violence. Selon sa définition classique, l’État est l’institution qui, sur un territoire donné, possède le monopole de la violence légitime. L’État justifie ce monopole, qui désarme les citoyens, en affirmant qu’il assure ainsi la paix publique. Nous savons bien que, dans la réalité, les choses se passent souvent différemment et que l’État n’hésite pas à recourir à la violence pour faire prévaloir sa raison en privant les citoyens de leurs libertés fondamentales.

« La désobéissance civile, écrit Gandhi, est une révolte, mais sans aucune violence. Celui qui s’engage à fond dans la résistance civile ne tient simplement pas compte de l’autorité de l’État. Il devient un hors la loi qui s’arroge le droit de passer outre à toute loi de l’État contraire à la morale. C’est ainsi que, par exemple, il peut être amené à refuser de payer des impôts. (…) En fait, il se met dans une position telle qu’il faudra le mettre en prison ou recourir contre lui à d’autres moyens de coercition. Il agit ainsi quand il estime que la liberté physique dont il jouit en apparence est devenue un intolérable fardeau. Il tire argument du fait qu’un État n’accorde de liberté personnelle que dans la mesure où le citoyen se soumet à la loi. Cette soumission aux décisions de l’État est le prix que paye le citoyen pour sa liberté personnelle. C’est donc une escroquerie d’échanger sa propre liberté contre sa soumission à un État dont les lois sont, totalement ou en grande partie, injustes [9]. » Cela implique de discerner quelles lois sont justes et lesquelles sont injustes. Ce discernement n’est pas toujours facile, mais sa difficulté ne saurait être un prétexte pour nous y soustraire sous peine de devenir des citoyens irresponsables.

Défier la répression

Toute action directe non-violente, et plus particulièrement toute action de désobéissance civile, est un défi aux pouvoirs publics. Celui qui enfreint la loi se met de lui-même, et délibérément, dans une situation où il risque de subir la répression de l’État. Gandhi insistait beaucoup sur le fait que celui qui s’engage dans la résistance civile ne doit pas fuir la répression. La cohérence même de l’action non-violente exige en effet de faire face à la répression. Le fait même d’obliger l’État à recourir à des moyens de coercition à l’encontre des citoyens désobéissants constitue un élément essentiel de la stratégie de l’action non-violente. Cette répression va faire apparaître sur la place publique les véritables enjeux du conflit et l’opinion publique va ainsi se trouver prise à témoin et en quelque sorte obligée de se prononcer.

La lutte non-violente n’a pas une structure bi-polaire. Elle ne se réduit pas à l’affrontement entre, d’une part, les résistants et, d’autre part, ceux qui ont le pouvoir de décision, les décideurs. La structure de la lutte non-violente est tri-polaire. Il se crée ce que j’appelle une « triangularisation » du conflit. Le troisième pôle du conflit, c’est l’opinion publique. Il y a donc trois acteurs : les résistants, les décideurs et l’opinion publique. Et la bataille décisive est précisément celle de l’opinion publique. Convaincre les décideurs sera très difficile, surtout lorsqu’il s’agit des pouvoirs publics. Certes, les décideurs sont des femmes et des hommes, et je ne dis pas cela par principe, qui, comme tout un chacun, sont capables de comprendre les exigences de la justice. Mais, en même temps, ils risquent fort de se trouver prisonniers de leur propre pouvoir, d’être les otages du système qu’ils ont pour fonction de défendre. S’ils ne se laissent pas convaincre par la justesse de notre cause, peut-être se laisseront-ils contraindre par la pression de l’opinion publique. C’est pourquoi nous devons nous employer à convaincre l’opinion publique, c’est-à-dire, non pas peut-être la majorité de nos concitoyens, mais du moins une forte minorité d’entre eux.

Le choix de la non-violence peut être décisif pour gagner la bataille de l’opinion publique. Le recours à la violence risque fort de discréditer les résistants auprès de l’homme de la rue. Si nous utilisons la violence, nous ne créons pas un débat public sur l’injustice que nous combattons, mais sur la violence que nous commettons. Nous pouvons en être sûrs, ce sont les images de nos violences qui feront la une des médias et celles-ci ne pourront qu’indisposer l’opinion publique. La violence constitue un écran entre les acteurs de la résistance et l’opinion publique qui cache à ses yeux le bien-fondé de la cause pour laquelle la bataille est livrée. La violence fait passer les résistants pour des casseurs et elle justifie la répression à leur encontre, car il est logique que les casseurs soient les payeurs. Je n’ai rien à dire si je me retrouve en prison pour une action violente. En revanche, si je m’y trouve pour une action non-violente, je peux dire les raisons pour lesquelles j’y suis. La non-violence ne permet pas d’éviter la répression, mais elle la prive de toute justification. Et c’est la violence de la répression qui risque fort de discréditer les pouvoirs publics. Vous le voyez, ici, le choix de la non-violence n’est pas une question de morale, mais de réalisme et d’efficacité.

« Une minorité, Thoreau, est sans pouvoir tant qu’elle se conforme à la majorité ; ce n’est même pas alors une minorité. Mais elle est irrésistible lorsqu’elle fait obstruction de tout son poids. S’il n’est d’autre alternative que de garder tous les hommes justes en prison (c’est moi qui souligne), ou bien d’abandonner la guerre et l’esclavage, l’État n’hésitera pas à choisir. Si un millier d’hommes devaient s’abstenir de payer leurs impôts cette année, ce ne serait pas une initiative aussi violente et sanglante que celle qui consiste à les payer et à permettre ainsi à l’État de commettre des violences et de verser le sang innocent. C’est là en fait la définition d’une révolution pacifique (c’est moi qui souligne), si tant est que pareille chose soit possible [10]. »

Une question se pose : la destruction de biens matériels peut-elle trouver sa place dans le cadre d’une stratégie de l’action non-violente ? Certes, la violence utilisée contre les biens matériels n’est pas immorale en soi : ils n’en souffrent pas. Mais, là encore, une telle destruction peut indisposer une large partie de l’opinion publique et s’avérer ainsi contre-productive par rapport à la fin recherchée. Le fait de casser les vitrines de magasins ou de mettre le feu à des voitures n’a jamais fait avancer la moindre cause. Et de telles destructions vont encore servir à justifier la répression. Il convient donc, toujours par réalisme, de les éviter.

En revanche, un certain sabotage technologique peut parfaitement s’intégrer dans une stratégie de l’action non-violente. Il s’agit alors de mettre hors d’usage certains instruments ou certains équipements de l’adversaire. Pour cela, il n’est pas nécessaire de les détruire, il suffit d’enlever telle ou telle pièce nécessaire à leur fonctionnement. Pendant l’occupation allemande en France, certains employés des chemins de fer faisaient de la résistance, non pas en faisant sauter les ponts, mais simplement en enlevant quelques pièces qui pouvaient être très petites mais qui étaient nécessaires au fonctionnement de la locomotive. Ainsi, le train ne pouvait pas partir, ni les troupes ni le matériel militaires ne pouvaient être transportés. De même, au cours d’une grève, certains ouvriers peuvent enlever telle ou telle pièce d’une machine afin qu’aucun briseur de grève ne puisse la faire marcher. Ils en prennent le plus grand soin, ils l’huilent et la déposent dans un tissu, afin de pouvoir la remettre à sa place le jour de la victoire…

Il y a donc de sérieux arguments, d’ordre purement stratégique, à faire valoir pour faire l’option de la non-violence. Il convient encore de souligner que l’action directe non-violente est nécessaire à la respiration même de la démocratie. Il n’est pas vrai que les bons citoyens doivent s’en tenir à voter pour élire leurs représentants dans les différentes instances politiques. En réalité, par le vote, le citoyen délègue son pouvoir, il ne l’exerce pas. Pourquoi parler d’action directe ? Parce qu’il s’agit d’agir directement sur la place publique de la cité, sans passer par l’intermédiaire des institutions sociales ou politiques. Tout l’enjeu des mouvements de résistance civile, c’est de créer un espace public où les citoyens peuvent prendre la parole pour s’exprimer directement à l’intention à la fois de l’opinion publique et des pouvoirs publics. L’action directe et la résistance civiles sont des engagements essentiellement civiques et les pouvoirs publics auraient mauvaise grâce à accuser ceux qui en prennent la responsabilité d’incivisme.

Nous devrions tous nous mettre d’accord sur quelques propositions aussi simples qu’élémentaires. Si la non-violence est possible, elle est préférable. N’est-il pas ? Et si la non-violence est préférable, il nous faut en étudier les possibilités. N’est-ce pas encore logique ? Or, précisément, c’est ce que, jusqu’à présent, nous n’avons pas fait. Ma proposition est donc humble et modeste : étudions les possibilités de la non-violence en commençant par le commencement. Il ne s’agit pas de nous situer dans une problématique du tout ou rien. Mais avouons qu’en ce qui concerne la non-violence, nous sommes plus près du rien que du tout. Ne rêvons pas du tout, mais ayons la sagesse de nous éloigner du rien. Sinon, il n’est pas sûr que nous puissions encore apprendre l’espérance à nos enfants.

Notes

[1] Gandhi, The Collected Works of Mahatma Gandhi, Ahmedabad, The Publications Division, Ministry of Information and Broadcasting, Government of India, 1965, Vol. 75, p.220.

[2] Gandhi, Hindswaraj or Indian Rule, Ahmedabad, Navajivan Publishing House, 1938, p. 71.

[3] Albert Camus, L’homme révolté, Paris, Gallimard, col. Idées, 1951 p. 365.

[4] Gandhi, Tous les hommes sont frères, Paris, Gallimard, Col. Idées, 1969, p. 247.

[5] Gandhi, The Collected Works of Mahatma Gandhi, op.cit., Vol 48, p. 363.

[6] Henry David Thoreau, La désobéissance civile, Bats et Paris, Utovie & Robin des Bois, traduction de Jean-Pierre Cattelain, 1993, p. 7. Le texte anglais a été publié notamment dans Civil Disobediance : Theory and Practice, Edited by Hugo Adam Bedau, Pegasus, 1970.

[7] Ibid., p. 7-8.

[8] Ibid., p. 8.

[9] Gandhi, Tous les hommes sont frères, op.cit., p. 251.

[10] Ibid., p. 24-25.




Fin du commerce des entreprises agroalimentaires israéliennes avec le Port de Sète

Le 15 avril 2013 sonne le glas du commerce des entreprises agroalimentaires avec le port de Sète. Le Cala Pira, un des deux bateaux d’Agrexco, rebaptisé par Cosiarma, filiale du groupe italien Orséro (GF Group) a effectué son dernier débarquement de fruits et légumes en provenance d’Israël. Après la liquidation d’Agrexco en septembre 2011, Cosiarma avait repris une partie du trafic des fruits et légumes israéliens vers le terminal frigorifique Reefer Terminal Sète (RTS).

Construit pour Agrexco ce terminal ultramoderne de 23 200m2 frigorifiques, d’un coût de 26 millions d’€ et qui devait accueillir 200 000 tonnes de produits frais et créer 300 emplois est désormais désert.

Un choix doublement condamnable

C’est en janvier 2009, en pleine guerre israélienne contre Gaza que le président de Région G. Frêche avait annoncé l’arrivée à Sète de l’entreprise israélienne Agrexco/Carmel. Cette guerre (1450 morts palestiniens dont 450 enfants !) avait provoqué la condamnation unanime d’Israël dans le monde entier. Pour faire accepter cette entreprise israélienne à la population indignée de la région, G. Frêche a usé d’un montage mensonger : « Agrexco = Emplois ». Il a clamé dans tous les médias qu’Agrexco allait créer 300 emplois et présenté les opposants à Agrexco comme des opposants à la création d’emplois dans le port de Sète. Le tout accompagné d’annonces d’investissements fabuleux qui allaient faire du port de Sète le premier port français de la Méditerranée.

La Coalition contre Agrexco avait immédiatement doublement dénoncé le projet. D’une part de vouloir faire d’un état criminel le partenaire économique N°1 de la Région au mépris de toute morale et d’autre part de faire croire aux créations d’emplois et au développement du port de Sète au mépris des paysans de la Région.

En juillet 2011 à l’annonce de la faillite d’Agrexco la Coalition contre Agrexco avait déclaré :

« Nous avons dit combien l’argument de l’emploi était malhonnête et qu’il s’agissait avant tout de privatiser la main d’œuvre portuaire afin de la précariser au maximum et la mettre en concurrence pour en finir avec les restes du statut des dockers. 

Nous avons dit que le type de développement libéral choisit par la région allait à l’encontre non seulement des emplois salariés de Sète mais aussi des emplois paysans de la Région. G. Frêche était vraiment la « tête de pont » du sionisme dans la Région, son successeur a visiblement choisi de marcher dans ses pas. Dommage pour lui car l’entreprise disparue, il sera pour les opposants à Agrexco celui qui a collaboré jusqu’au bout avec Israël et pour ceux qui avaient cru aux promesses des emplois Agrexco, il sera celui qui trahit ses engagements. »

Les travailleurs du port, les paysans et les contribuables font les frais des cadeaux aux grosses entreprises du commerce portuaire.

En 2009 Agrexco avait quitté le port de Marseille où il travaillait avec l’entreprise Sea Invest. Jugeant les coûts de Sea Invest trop élevés Agrexco s’était tourné vers GF Group qui a été invité à s’installer à Sète par la Région L.R. Ce départ s’était soldé par de nombreux licenciements à Marseille et par la privatisation à Sète de nombreuses activités au détriment des dockers et des travailleurs du port de Sète.

Aujourd’hui le trafic des fruits et légumes repart vers Marseille. Plus exactement à Fos puisque les décideurs locaux, au grand mécontentement des dockers, ont dédié les bassins de Marseille-Est au tourisme et l’activité industrielle à Fos sur Mer. On assiste également au déplacement de Sète à Marseille des entreprises Zim et Cosmed, un temps présentées comme les « sauveurs » du port de Sète après la faillite d’Agrexco en 2011 et qui visiblement pourraient bien être les nouveaux bénéficiaires de l’opération.

Tout ceci n’empêche pas l’actuel président de Région de poursuivre dans la même logique mensongère les annonces médiatiques. Depuis le lancement à grand bruit du « Parlement de la mer » à l’annonce éhonté : « d’ici à 2020, la Région a prévu d’investir 300 millions d’euros dans la plateforme et de créer, ainsi, 3000 emplois » (L’accent du Sud N°24). Les surenchères continuent…mais il se garde bien de dire combien de travailleurs et dockers vont aller pointer au chômage à Sète.

Mehadrin dégage !

Pour le mouvement de solidarité à la Palestine et en particulier pour la Campagne BDS France (Boycott Désinvestissement Sanctions) le département des Bouches du Rhône (13) devient une zone prioritaire. En effet Marseille est l’unique lieu de débarquement maritime des entreprises agroalimentaires israéliennes et dans la zone artisanale du Barret à Chateaurenard se trouvent le siège social pour la France de l’entreprise agroalimentaire israélienne Mehadrin ainsi que ses entrepôts de reconditionnement des fruits et légumes. Mehadrin qui a su tirer partie de la liquidation d’Agrexco pour accéder à cette place est aujourd’hui le N°1 de la production et de l’exportation agroalimentaire israélienne.

Dans un appel lancé le 9 février 2013 par 17 organisations paysannes et comités populaires palestiniens « Campagne contre le Commerce avec les Entreprises Agroalimentaires Israéliennes (CCEAI)» Mehadrin est désignée comme la cible principale de cette campagne en Europe. Une Marche « Mehadrin dégage ! » d’Avignon à Chateaurenard est prévue le samedi 29 juin 2013 dans le cadre du démarrage de cette campagne contre les entreprises agroalimentaires israéliennes.

Campagne CCEAI (contre le Commerce avec les Entreprises Agroalimentaires Israéliennes)
dans le cadre de la Campagne BDS France




Appel au boycott et liberté d’expression

LA RÉPRESSION DE L’APPEL AU BOYCOTT DES PRODUITS ISRAÉLIENS EST-ELLE CONFORME AU DROIT À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION* ?

PAR François DUBUISSON**

RÉSUMÉ

La mise en oeuvre par un ensemble d’ONG d’une campagne de boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) visant l’État d’Israël a donné lieu à des condamnations pénales en France, fondées sur une législation interdisant l’entrave discriminatoire de l’exercice normal d’une activité économique quelconque. L’étude entend montrer que cette pénalisation des appels au boycott des produits israéliens pose des graves problèmes de compatibilité au droit à la liberté d’expression. D’une part, l’incrimination de l’appel au boycott des produis israéliens procède d’une interprétation extensive des termes de la loi, destinée à l’origine à ne viser que la mise en oeuvre par les opérateurs économiques français des mesures de boycott décidées par des États étrangers. D’autre part, il ressort de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme que les associations militantes bénéficient d’une liberté d’expression particulièrement étendue dans l’exercice de leurs activités politiques, à laquelle la répression de l’appel au boycott apporte une limitation disproportionnée.

Telechargez le document (21 pages)




« Cultures d’injustice » : la brochure

Injustice agricole
Commerce international avec les compagnies agricoles israéliennes et destruction de l’agriculture palestinienne

Feuilletez la brochure en ligne ici.

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Prix pour les comités : 0,50€ (Plus frais de port) à vendre au public 1€ Commandes à partir de 20. mehadrindegage@gmail.com

Sommaire :

Introduction

4

1.

L’agriculture à Gaza

6

 

Le siège israélien

7

 

Les « zones tampon »

7

 

La pêche

9

2.   L’agriculture en Cisjordanie

10

 

Dépossession et déplacement

11

 

Restrictions de mouvement

11

 

Apartheid hydrique

12

 

Violence

13

3.

Commerce international avec les compagnies israéliennes

14

 

Financer la colonisation

15

 

Soutien au siège de Gaza

16

 

Exploitation des fermiers palestiniens

16

 

Profils des compagnies

18

4.

Mettre fin à la complicité internationale

20

 

Etiquetage

21

 

Mettre fin à l’importation des produits des colonies

22

 

Mettre fin au commerce avec les compagnies complices 

23

Appel à faire cesser le commerce international

 

avec les compagnies agricoles israéliennes

24

Cartes: Gaza et la Cisjordanie

26

Références

28


Cette présentation est publiée par les organisations suivantes :

Agricultural Guiding and Awareness Society
Al Ahleya Society for Development of Palm and Dates
Al Sattar Garbee Association for Developing Countryside and Farmer Applied Research Institute – Jerusalem Society (ARIJ)
Arab Center for Agricultural Development
General Union of Palestinian Agricultural Cooperatives & Peasants Land Research Center
Palestinian Agricultural Relief Committees (PARC)
Palestinian Boycott, Divestment and Sanctions National Committee Palestinian Farmers Association
Palestinian Farmers Union (PFU)
Palestinian NGO Network
Popular Struggle Coordination Committee
Stop the Wall
Union of Agricultural Work Committees (UAWC)
Union of Palestinian Agriculture Engineers

- Traduit de « Farming Injustice, International trade with israeli agricultural companies and the destruction of Palestinian farming », publié par les organisations palestiniennes agricoles et de la société civile.

- Traduit de « Farming Injustice, International trade with israeli agricultural companies and the destruction of Palestinian farming », publié par les organisations palestiniennes agricoles et de la société civile.



Déclaration de l’Assemblée de convergence « Palestine » au FSM de Tunis

A Tunis, cette Assemblée de convergence se réunit au FSM (Forum social mondial) à un moment d’intense lutte populaire en Palestine contre l’apartheid israélien, la colonisation et l’occupation et pour une application totale des droits inaliénables du peuple palestinien. Nous apprécions à sa juste valeur la place centrale dévolue à la Palestine lors de ce forum social à Tunis.

L’Assemblée de convergence veut réaffirmer son soutien à la résistance populaire palestinienne et son engagement total pour réaliser les objectifs suivants :

  • Le droit à l’autodétermination pour le peuple palestinien contre l’occupation coloniale et les colonies
  • La réaffirmation de l’importance du vote à l’Assemblée générale des Nations unies pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine
  • La fin de l’apartheid et le démantèlement du mur
  • La liberté pour les prisonniers politiques
  • La fin du blocus de Gaza et la libération de la Palestine
  • Le droit au retour en application de la résolution 194 des Nations unies
  • La fin de la judéisation de Jérusalem et des bouclages

Nous dénonçons toutes les complicités avec l’Etat d’Israël (Etats, institutions et corporations) qui permettent l’impunité d’Israël. A cet égard, nous dénonçons la politique des Etats-Unis et la mauvaise utilisation de leur veto aux Nations unies.

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Afin de réaliser ces objectifs, nous soutenons les actions et campagnes ci-dessous pour :

  • Renforcer et étendre le mouvement BDS au niveau international (il faut lancer une mobilisation particulière contre G4S, la plus grande compagnie de sécurité internationale, qui travaille avec Israël pour les prisons et les points de contrôle)
  • La suspension de l’Accord d’association UE-Israël (sur la base de l’article 2). Il existe un précédent : le cas du Sri Lanka.
  • Suspendre le commerce des armes avec Israël
  • La libération des prisonniers palestiniens
  • Mettre fin au blocus de Gaza par des actions comme la Flottille et l’Arche de Gaza
  • Porter plainte contre les crimes commis par Israël devant la CPI
  • Demander la réouverture de la Commission spéciale des Nations unies contre l’apartheid et demander la dissolution du Quartette
  • Soutenir les réfugiés palestiniens qui risquent l’expulsion en Syrie ou d’autres pays
  • Les syndicats qui soutiennent les droits sociaux et du travail des Palestiniens
  • Les missions civiles en Palestine
  • Faire connaître les conclusions du Tribunal Russell sur la Palestine, qui dénoncent les crimes israéliens et exigent l’application du droit international

Nous travaillerions à construire un fort mouvement de solidarité internationale pour la Palestine. Nous continuerons à utiliser le processus des forums sociaux pour renforcer le mouvement de solidarité avec la Palestine.

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BDS France au Forum Social Mondial

La Campagne BDS France est présente au Forum social mondial de Tunis cette semaine. Une vingtaine de militants BDS France participeront aux activités liées à la Palestine (plusieurs dizaines sont au programme), et en particulier à la dizaine sur les thématiques spécifiques de boycott, de désinvestissement et de sanctions contre l’Etat israélien. Ainsi, Génération Palestine, l’Union Juive Française pour la Paix, le réseau international juif antisioniste IJAN, Solidaires, la Campagne Civile pour la Protection du Peuple Palestinien, Stop Apartheid Toulouse et le collectif 69 sont représentés parmi les membres de la Campagne française, plus évidemment une large délégation d’Attac, récemment entrés dans BDS France.
Déjà, la marche inaugurale du Forum à travers la capitale tunisienne a montré une très forte présence de Palestiniens (environ 500 venus de Palestine et de partout dans le monde, plus les étudiants palestiniens de Tunis) et de militants pour la justice au Proche-Orient reconnaissables à leurs keffiehs et drapeaux dispersés tout au long de la manifestation.
Le Forum de Dakar en 2011 avait permis de consolider le caractère central de la stratégie BDS dans la lutte pour les droits des Palestiniens, et au-delà même pour les enjeux altermondialistes comme cause emblématique. Les Sénégalais s’étaient montrés très sensibles à la justice en Palestine, tout comme les Tunisiens se sentent directement impliqués. Ainsi, l’objectif du Forum de Tunis sera-t-il de renforcer les convergences internationales entre les très nombreux et divers réseaux relayant BDS en Europe et dans le Monde, et particulièrement de formaliser une liste de contacts BDS francophones pour notamment de l’échange de matériels de campagne.

Pour nous contacter à Tunis : Magali, 97906856




Stéphane Hessel, homme droit et de Droit

Chapeau bas, l’Indigné !

En 2010, suite à l’attaque israélienne de la première Flottille de la Liberté pour Gaza, Stéphane Hessel affirmait son soutien à la campagne BDS.

En février 2011, suite à la censure gouvernementale d’une conférence sur l’apartheid israélien à l’Ecole Normale Supérieure, Stéphane Hessel rassemblait des centaines de personnes devant le Panthéon pour défendre la liberté d’expression et dénoncer les poursuites judiciaires contre les militants pour la justice au Proche-Orient (cf. photo).

C’est dans ce même Panthéon que, deux ans plus tard, une pétition est lancée pour que son rôle de résistant, de diplomate international et de militant des droits humains soit reconnu en lui donnant sa place dans ce lieu symbole de reconnaissance aux grands hommes. Juste un symbole. Déjà un symbole. Signez la pétition.


La Palestine pleure Stéphane Hessel

Palestine occupée, le 27 Février 2013

Le Comité National palestinien pour le BDS (BNC) pleure la perte tragique de notre camarade, partenaire et ami Stéphane Hessel.
Partisan réfléchi et raisonné du mouvement mondial initié par la société civile palestinienne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), Stéphane Hessel dégageait espoir et inspiration.
En tant que co-auteur de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, il a pu apprécier en profondeur la nécessité de plaider pour l’égalité des droits pour tous les êtres humains, indépendamment de leurs identités. Cela ainsi que le fait qu’il était un survivant de l’Holocauste, ont été des facteurs décisifs de son soutien au BDS, malgré le prix élevé qu’il a dû payer. Il a écrit :
« (…) les multiples campagnes [BDS] dans le monde entier (…) présentent la façon la plus prometteuse de surmonter l’échec des gouvernements du monde à résister à l’intransigeance et au comportement débridé d’Israël »
Israël et ses puissants groupes de lobby l’ont calomnié, ont fait pression sur les universités pour le censurer et ont fait tout leur possible pour faire taire sa singulière voix morale. Ses pensées et principes, après tout, contestaient l’occupation brutale, le colonialisme et l’apartheid. Stéphane manquera sincèrement aux Palestiniens.

Comité National du BDS (BNC)

 Télécharger le communiqué en anglais




4e rencontre nationale de la Campagne BDS France

4e week-end national de formation et d’échanges de la Campagne BDS France
Une campagne de citoyens ici, pour la justice là-bas
Communiqué final de la Campagne

Les 19 et 20 janvier 2013, se sont réunis à Bègles (33) une centaine de militants de la Campagne BDS France, actifs dans une quarantaine d’organisations et une vingtaine de comités locaux différents. Le fort taux de nouveaux venus a confirmé le succès d’une campagne en plein développement. Etaient réunis des femmes et hommes d’âges et d’origines très divers, engagés dans d’autres réseaux, qu’ils soient syndicaux, associatifs, politiques ou étudiants, ou simplement des citoyens se sentant concernés par la justice dans le monde, qu’ils soient ou non déjà allés en Palestine.

Ainsi, débats de plénières et ateliers ont permis d’affiner nos stratégies de boycotts institutionnel, culturel, universitaire, économique, et sportif, en échangeant de nouvelles idées, souvent à partir d’expériences menées dans d’autres pays comme par exemple la campagne « Artists against apartheid » présentée par Stefan Christoff de Montréal. Les discussions sur le plan judiciaire ont pu ouvrir de nouvelles perspectives d’utilisation du droit en France au-delà de notre défense contre des attaques uniques au monde.

Quatre ans après son lancement, la Campagne a assis sa légitimité et son efficacité par de nombreuses victoires en terme de mobilisation militante, d’impact médiatique, de refus d’artistes de se produire en Israël, de désinvestissements économiques et de sanctions mises en œuvre par quelques pays.

Bien qu’Israël n’ait pas besoin des autres pour détruire sa propre image à l’extérieur à travers une politique toujours plus extrême et inique, les militants BDS peuvent revendiquer leur contribution à une destabilisation notoire de l’Etat israélien et un appui croissant de l’opinion publique. Pour preuves concrètes les actions de terrain dans les supermarchés qui recueillent de plus en plus de soutien explicite du public, et les buzz internet suscités par des interpellations ou soutiens d’artistes ou de sportifs.  Désormais, comme l’a dit Rafeef Ziadah du BNC (Comité national palestinien de BDS), « c’est le moment de mettre encore plus de pression dans l’opinion publique pour consolider le statut de paria d’Israël« .

Prochain rendez-vous national : le 9 février, pour la journée d’action internationale et le lancement d’une campagne spécifique contre l’agriculture coloniale israélienne. L’occasion de rappeler la cible prioritaire européenne de la campagne qu’est la société d’exportation de produits agricoles Mehadrin.

A mille lieux de l’image de haine que des lobbys à gros sabots renvoient de la Campagne, cette rencontre de citoyens engagés a marqué le vrai visage de la Campagne : une œuvre collective, déterminée, non-violente et vivante déclinée dans la diversité pour la promotion de la justice pour tous les Palestiniens et d’une Paix véritable pour tous dans la région.
Jusqu’à ce qu’Israël cède et change.

En 2013, dénonçons la politique israélienne persistante de colonisation, d’apartheid et d’épuration ethnique. Respectons et encourageons le boycott !

Boycott Désinvestissement Sanctions

Campagne BDS France –  www.bdsfrance.orgcampagnebdsfrance@yahoo.fr



Les entreprises implantées dans les colonies ne profitent pas aux Palestiniens

Par Adri Nieuwhof

Article publié sur The Electronic Intifada le 14 janvier 2013.

Les entreprises qui tentent de justifier leurs activités dans les colonies israéliennes en revendiquant le fait qu’elles donnent du travail à des travailleurs palestiniens « tentent de façon flagrante de détourner l’attention publique de l’occupation israélienne et des épreuves quotidiennes endurées par les Palestiniens, » peut-on lire dans le rapport de « Who Profit’s ? » [Qui profite ?] – un projet de recherche de la Coalition des Femmes pour la Paix de Tel-Aviv.
Les activités économiques et commerciales basées dans les colonies profitent de l’occupation des terres palestiniennes et de l’exploitation des ressources de la Palestine. Elles ont la chance de bénéficier de dispositions économiques et de taxes avantageuses de la part du gouvernement israélien, et ont accès à la main d’œuvre palestinienne bon marché.

De plus, elles bénéficient d’une application laxiste par Israël des normes environnementales et de sécurité. C’est pourquoi les représentants de ces activités installées dans les colonies ne peuvent être pris au sérieux quand ils affirment représenter les intérêts des travailleurs palestiniens.

Les entreprises implantées dans les colonies ne profitent pas aux Palestiniens

Octobre 2012 – des manifestants palestiniens, internationaux et israéliens protestent dans un supermarché Rami Levi, dans la colonie illégale de Shaar Binyamin, à Al-Quds occupée, contre l’occupation israélienne et appellent au boycott des produits israéliens (photo Yotam Ronen, ActiveStills)

Ci-après un résumé du rapport de Who Profit’s (1) :

Exploitation

En 2011, environ 37.000 travailleurs palestiniens ont travaillé dans des conditions très dures dans des colonies israéliennes de Cisjordanie occupée. Des violations graves des droits des travailleurs sont observées dans les entreprises industrielles situées dans les colonies, car les règles du Droit du travail israélien ne s’y appliquent pas. Par exemple, les ouvriers palestiniens qui travaillent dans les colonies gagnent un salaire bien inférieur au salaire minimum israélien. De plus, leurs salaires sont souvent retenus, leurs droits sociaux niés, et ils sont exposés à des conditions de travail dangereuses sur leur lieu de travail.

Afin de pouvoir travailler dans une colonie, les Palestiniens doivent faire la demande d’un permis de travail auprès de l’Administration Civile israélienne, un organe militaire qui supervise l’occupation en Cisjordanie . Le Shin Bet, le service de sécurité intérieure d’Israël également connu sous le nom de Shabak, doit approuver l’octroi d’un tel permis et peut l’annuler à tout moment. Le fait de s’engager dans des activités syndicales ou politiques peut conduire à l’annulation d’un permis de travail.

10.000 ouvriers palestiniens travaillent sans permis dans les colonies israéliennes. Ils travaillent essentiellement dans la Vallée du Jourdain, durant la saison de la récolte des olives et de celle des dattes, et on trouve parmi eux des enfants qui n’ont pas plus de 12 ans.

Restrictions

Les travailleurs palestiniens ne choisissent pas par préférence de travailler dans une colonie. Une étude non publiée réalisée en 2011 par le Dr Majid Sbeih – citée par Who Profit’s – révélait que 82% des ouvriers palestiniens préféreraient quitter leurs emplois dans les colonies si une solution alternative convenable leur soit accessible. Pour autant, le marché du travail palestinien ne peut pas offrir suffisamment d’emplois du fait de son économie en ruines après 45 ans d’occupation militaire par Israël. Les investissements privés sont indispensables au développement économique. Dans le cas présent, le système de restrictions administratives et physiques mis en place par Israël représente le plus gros obstacle à l’investissement privé en Palestine, selon un rapport de la Banque Mondiale datant de 2012. Le développement économique en Palestine est encore aggravé par l’annexe économique des Accords d’Oslo – le Protocole de Paris – qui impose des restrictions sévères en matière de fabrication, d’exportation et d’importation de biens en provenance et à destination de la Cisjordanie et de Gaza.

Cet accord commercial ne promeut pas vraiment le libre échange, mais cherche au contraire à protéger les multinationales et les sociétés israéliennes de toute compétition avec des entreprises locales [palestiniennes]. De plus, cette situation empêche le développement d’une économie palestinienne indépendante, et la maintient tel un marché captif destiné à Israël et aux multinationales.

Exiger des comptes

Les sociétés implantées dans les colonies sont responsables de leur conduite vis-à-vis des Palestiniens et devraient être tenues de rendre compte de leurs actions. La base de données de Who Profit’s fournit une vue d’ensemble exhaustive de toutes les sociétés ayant des activités dans les colonies, y compris Sodastream dont le principal site de production se trouve à Mishor Adumin, une zone industrielle située dans une colonie illégale de Cisjordanie .

Richard Falk, rapporteur spécial des Nations Unies, a récemment souligné les activités d’un certain nombre de sociétés, dans un rapport remis à l’Assemblée Générale de l’ONU. Falk nomme spécifiquement Véolia, une entreprise française qui possède et régit la décharge de Tovlan située dans la Vallée du Jourdain ; la société de cosmétiques Ahava qui possède une usine dans la colonie de Mitzpe Shalem et qui utilise des ressources naturelles palestiniennes en provenance de la Mer Morte ; Mul-T-Lock/Assa Abloy qui possède une unité de fabrication dans la zone industrielle de Barkan ; et Cemex qui possède les entreprises industrielles israéliennes Readymix dont plusieurs usines sont implantées en différents points de Cisjordanie .

Falk a appelé les Campagnes BDS à « poursuivre avec vigueur leurs initiatives de boycott, de désinvestissement et de sanctions » (BDS) contre les sociétés mentionnées dans ce rapport, jusqu’à ce qu’elles mettent leurs politiques et leurs pratiques en conformité avec les lois et les normes internationales.

Les activistes BDS ne devraient pas permettre aux sociétés basées dans les colonies de distraire l’attention publique de l’occupation israélienne et de l’exploitation des travailleurs palestiniens, en les laissant affirmer qu’elles leur fournissent du travail. Ils devraient au contraire rappeler à tous que tous les syndicats et les partis politiques, ainsi que quasiment toutes les organisations composant la société civile palestinienne soutiennent l’appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre d’Israël.

(1) « Palestinian workers in settlements », Who Profits, January 2023.
– Résumé du rapport (en anglais) : http://whoprofits.org/content/palestinian-workers-settlements
– Rapport complet (en anglais), 4 pages, PDF : http://whoprofits.org/sites/default/files/palestinian_workers_in_settlements_wp_position_paper.pdf

Source : Electronic Intifada

Traduction : CR pour ISM

 




Alençon : un procès « politique » ?

Publié dans Tendance Ouest le 10-01-2013 par E.M

7 ornais, militants pro-palestiniens, étaient convoqués cet après-midi devant le tribunal correctionnel d’Alençon,après une opération de boycott de produits originaires d’Israël, dans une grande surface alençonnaise. A l’hypermarché Carrefour de Condé/Sarthe (près d’Alençon), ils avaient manifesté et appelé au boycott de produits « Made in Israël ».

Le magasin n’a pas porté plainte et n’est pas partie civile.

Mais le Bureau National de Vigilance contre l’antisémitisme a déclenché une procédure judiciaire.

Les 7 militants convoqués devant la justice

Empêcher la vente de clémentines produites en Israël, est-ce un acte antisémite ? C’est ce que tenteront de démontrer les avocats du BNV, mais aussi ceux d’Avocats sans frontières (pro-sioniste), et de l’Alliance France-Israël, qui sont désormais également parties civiles, de même que la chambre de commerce franco-israélienne.

Selon les militants ornais, de telles manifestations contre des productions israéliennes ont lieu dans de nombreux pays à travers le monde, mais seule La France, les juge. Quelques 80 militants sont actuellement en procès à Perpignan, Mulhgouse, Pontoise, et ailleurs. C’est la conséquence d’une directive de Michèle Alliot Marie, lorsqu’elle était au gouvernement.

Une directive que n’a toujours pas modifiée Christiane Taubira

Certes, tous les jugements se sont toujours soldés par des relaxes. Mais sous l’ancien gouvernement, le parquet a fait appel a chaque fois.

En raison de l’abscence d’un avocat, retenu à la Cour d’Appel de Paris, l’audience des ornais a donc été reportée au jeudi 27 juin à 9h.

L’avocat de la Chambre de Commerce France/Israël a déjà prévenu : des audiences de ce type durent en général 8 à 10h.

En attendant, les militants ornais comptent bien renouveler des opérations de boycott. Au Palais de justice d’Alençon, ils étaient soutenus aujourd’hui par une soixantaine de manifestants.

Ecoutez sur le site de Tendance Ouest 2 militants,  à la sortie de l’audience, Joseph Montier et Alain Bertin.




Appel à campagne contre les sociétés agricoles israéliennes le 9 février

L’injustice agricole : Cessons tous les échanges avec les entreprises agricoles israéliennes

9 février : journée internationale d’action et lancement de la campagne.

Voir la carte des mobilisations en France : http://goo.gl/maps/7q3kS

Les organisations agricoles palestiniennes et le Comité national palestinien du BDS (le BNC) appellent au lancement de campagnes dans le monde entier, le 9 février, contre les sociétés d’exportation agricole israéliennes, au vu de leur profonde complicité avec les violations continuelles par Israël du droit international et des droits humains palestiniens. Après le succès de la campagne contre l’ancienne société israélienne leader  de l’exportation de produits agricoles Agrexco, et au regard du consensus international croissant sur le devoir d’imposer l’interdiction effective de commercer avec les colonies israéliennes illégales, nous invitons les mouvements sociaux, les organisations non gouvernementales, les syndicats et les militants des droits de l’Homme à prendre des initiatives créatives et efficaces le 9 février en soutien aux agriculteurs palestiniens qui défendent leurs terres et leurs ressources naturelles.

La vente et l’achat de biens d’entreprises agricoles israéliennes, comme Mehadrin et Hadiklaim, finance et récompense la continuelle exploitation et colonisation illégales israéliennes de la terre palestinienne, et minent encore plus les chances d’une paix juste fondée sur le droit international et le respect des droits humains universels. Comme cela a été démontré dans la lutte pour mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud et le large mouvement de solidarité internationale qui l’a soutenue, les citoyens peuvent faire la différence en s’abstenant d’acheter les produits des entreprises complices et en s’employant à convaincre leurs supermarchés de cesser de faire affaires avec eux.
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L’agriculture est une part vitale de l’économie palestinienne et du patrimoine national, mais les agriculteurs palestiniens sont chassés de leurs terres et empêchés d’y accéder. Israël exploite systématiquement les ressources naturelles palestiniennes en violation du droit international et met en œuvre une série de restrictions sur l’agriculture palestinienne dans les territoires occupés de Cisjordanie et la bande de Gaza, tout en permettant aux sociétés agricoles israéliennes de tirer profit de l’implantation des colonies illégales.

Comme les organisations palestiniennes agricoles l’ont noté, les entreprises israéliennes d’exportation de produits agricoles sont au cœur du système israélien de domination sur le peuple palestinien. Elles font partie intégrante du processus en cours de colonisation et de destruction environnementale de la terre et de l’agriculture palestiniennes, du vol de l’eau, et de l’abus des droits des travailleurs palestiniens, y compris des enfants travailleurs.

Les supermarchés devraient suivre l’exemple du Groupe Co-Operative au Royaume-Uni, qui s’est engagé à mettre fin à tout commerce avec une société exportant des produits des colonies illégales israéliennes. Les gouvernements doivent s’acquitter de leur obligation légale et morale d’agir en faveur de l’autodétermination palestinienne et d’interdire toutes les formes de commerce et de coopération avec les entreprises israéliennes d’exportations agricoles complices de l’entreprise de colonisation illégale. Les hommes et femmes de conscience du monde entier peuvent s’assurer que ces mesures soient prises. Nous comptons sur votre soutien pour mettre fin au « business as usual » avec les entreprises agricoles d’Israël en tant que contribution à notre lutte pour la liberté, la justice et l’égalité.

Approuvé par :

Le Bureau national de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BNC)
General Union of Palestinian Peasants and Cooperatives (Union Générale des Paysans et Coopératives Palestiniens)
Palestinian Agricultural Relief Committees (PARC)
Palestinian Farmers Union (Union des agriculteurs palestiniens)
Popular Struggle Coordination Committee  (Comité Populaire de coordination des luttes)
Stop the Wall
Union of Agricultural Work Committees (Union des comités du travail agricole)
Union of Palestinian Agriculture Engineers (Union des ingénieurs agricoles palestiniens)

Pour nous faire part des campagnes et actions que vous prévoyez ou pour discuter de vos idées, merci de contacter info@bdsmovement.net, ou, en France campagnebdsfrance@yahoo.fr

Source : site du BNC (original en anglais)




Deux nouveaux contrats compromis pour Veolia à Londres et Saint-Louis

La Campagne BDS vient de porter deux nouveaux coups contre Veolia :

 

Touché par la campagne de boycott, Véolia se retire d’un important appel d’offres à Londres

par Ali Abunimah

Dans un contexte de forte opposition à sa candidature, Véolia, le profiteur de l’occupation israélienne de la Palestine, a retiré son offre pour un contrat important à Londres alors que les compétiteurs sont dans la phase finale de la procédure.

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Novembre 2012 – Manifestation contre Véolia à Londres – Photo : No2VAG

« L’Autorité du service de gestion des déchets du nord de Londres (NWLA), a reçu l’avis des Services Environnementaux de Véolia qu’ils ne concourent plus à l’appel d’offres pour le service des déchets ni pour un contrat de leur réutilisation sous forme de combustible, » ont fait savoir le 21 décembre les autorités qui chapeautent l’ensemble de ces services dans l’agglomération londonienne. La déclaration confirme en même temps que « Véolia avait été sélectionné en liste courte pour les deux contrats, » qui recouvrent une valeur totale de quatre milliards de livres sterling (3, 25 milliards d’euros). L’annonce a été faite alors que se développait une campagne contre la participation de Véolia, menée par l’association No to Veolia Action Group.

En novembre dernier, Richard Falk, le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires Palestiniens occupés, avait écrit au NLWA pour l’inviter à ne pas attribuer ces contrats à Véolia « à cause de sa profonde et permanente complicité avec des violations israéliennes du droit international. » Il avait prévenu le NLWA que « permettre à Véolia de disposer de fonds public peut violer l’obligation juridique internationale du Royaume-Uni de ne pas faciliter des violations israéliennes du droit international. »

Véolia et ses diverses filiales sont impliquées dans un certain nombre de projets israéliens dans des colonies – illégales au regard du droit international – dans les territoires palestiniens occupés, dont la mise en place et l’exploitation du tramway de Jérusalem et l’exploitation de la décharge de Tovlan.

L’intervention de Falk a été relevée par les médias qui ont ensuite développé des critiques à l’égard du Conseil de Hackney, une d’autorités dépendante du NLWA, pour avoir empêché un membre de l’association opposée à Véolia de prendre la parole à une de ses réunions. Les groupes lobbyistes israéliens s’étaient plus tard vantés publiquement du rôle qu’ils avaient joué dans cet acte de censure.

Faisant bon accueil à ces nouvelles, Yael Kahn, porte-parole du No To Veolia Action Group, a indiqué dans un communiqué de presse : « Notre stratégie pour forcer les conseillers à considérer sérieusement et à discuter publiquement les questions en jeu, et les actions prévues [par l’association] ont joué un rôle certain et permis d’atteindre notre but d’éliminer Véolia de l’appel d’offres du NLWA. » L’ingénieur Rob Langlands, un autre membre du groupe, a déclaré de son côté que les propositions de Veolia n’auraient en plus pas été rentables ni favorables du point de vue de l’environnement : « Je vois avec grand plaisir qu’en raison de l’implication actuelle de Véolia dans les colonies israéliennes, ses offres ont été maintenant mises à la poubelle. »

Devoir se retirer de ce concours à Londres est le dernier revers pour ce profiteur multinational de l’occupation israélienne, qui s’est vu refuser des contrats dans plusieurs villes européennes à la suite des campagnes des militants de la solidarité avec la Palestine. Dans ce qui peut être une première aux États-Unis, la ville de St Louis, dans le Missouri, à cette semaine refusé un contrat avec Véolia en attendant les résultats d’une enquête sur les activités de la société, après une campagne du Comité de Solidarité de St Louis avec la Palestine. La radio publique locale a signalé que la décision était due à des « soucis concernant les pratiques en matière des droits de l’homme de la société, ainsi que sur sa situation financière. »

21 décembre 2012 – The Electronic Intifada – Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/blogs…
Traduction : Info-Palestine.eu


Les habitants de St Louis (Missouri) s’insurgent contre la signature d’un contrat avec Veolia accusé de violer les droits humains

A 14h30 mercredi 19 décembre 2012, au cours d’une réunion dans le bureau du maire, le Conseil de l’estimation et de répartition de la ville de St. Louis* (Board of Estimate & Apportionment), a refusé d’approuver un contrat entre la ville et Véolia tant que la firme n’aurait pas fait l’objet d’une enquête approfondie.

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Rassemblement contre Véolia – Photo : US Campaign to End the Israeli Occupation

La décision a été prise à cause de l’implication de la multinationale dans la discrimination ethnique imposée à la Palestine et du nombre d’appels téléphoniques, de mails et de réunions exprimant des « inquiétudes concernant le respect des droits humains par l’entreprise et sa situation financière  » comme l’a dit la radio publique nationale de St Louis.

Dans les six heures qui ont précédé le vote, les membres du Conseil on reçu plus de 200 mails chacun leur demandant de retarder la signature du contrat. Leurs téléphones n’ont pas cessé de sonner et les militants ont aussi envoyé des messages aux officiels sur Twitter. Les membres du Comité de Solidarité pour la Palestine de St Louis et la Voix Juive pour la Paix de St Louis sont venus à la réunion exprimer leur opposition à Véolia.

Le Conseil qui comprend le maire de St Louis, Francis Slay, le contrôleur, Darlene Green, et le président du Conseil des Echevins, Lewis Reed, ont reconnu qu’ils ne pouvaient pas approuver en conscience un contrat qui soulevait autant de questions. Auparavant, le Comité pour la Solidarité avec la Palestine de St Louis avait distribué un tract qui décrivait la manière dont Véolia avait profité de l’occupation israélienne illégale de la Palestine et de sa politique d’apartheid ainsi que le mépris de la multinationale pour l’environnement, ses pratiques désastreuses en matière de gestion de personnel et de management, la corruption, les pots de vin, les détournements, les fraudes et enfin son échec à se réformer malgré ses promesses.

Quand le Maire Slay a soumis le contrat à l’approbation, le président Reed a demandé que le vote soit repoussé afin de pouvoir d’effectuer une enquête sur les pratiques de la firme. Le Commissaire à l’eau et le maire continuaient de soutenir que Véolia était la firme qu’il leur fallait, mais Green qui était d’accord avec Reed a montré le contraire avec éloquence : « Nos citoyens ne sont pas satisfaits. Et je veux respecter leurs demandes, le mal qu’ils se sont donné et leur désir ’d’enquêter sur Véolia’… Ce n’est pas notre argent ; c’est leur argent. Point… Vous, [les citoyens] vous avez de l’importance. Donc tâchons de tirer les choses au clair. »

Reed a exprimé la crainte que le contrat ait été ajouté à l’ordre du jour à la dernière minute suite à la protestation des écologistes, des salariés, du mouvement de solidarité avec la Palestine et d’autres groupes indignés par l’épouvantable réputation de l’entreprise. En dépit du fait que les gens ont été pris de cours, les organisateurs locaux ont réussi à mobiliser des centaines de personnes. Cette victoire a montré que les gens ordinaires avaient le pouvoir de s’opposer aux multinationales et d’exiger la transparence en matière de contrats publics.

Selon Sandra Tamari, une membre américo-palestinienne du Comité de Solidarité avec la Palestine de St Louis, qui assistait à la réunion : « Je remercie le Conseil de l’estimation et de répartition de la ville de St. Louis pour sa décision éthique. Ma famille vit en Cisjordanie occupée où Israël a mis en place un système routier ségrégationniste et des bus ségrégationnistes dont certains appartiennent à Véolia. Si nous essayions de monter dans ces autobus, ma famille et moi serions repoussés à cause de notre race et de notre religion, comme c’est arrivé aux Palestinian Freedom Riders il n’y a pas longtemps. Je n’ai pas envie qu’une firme qui opprime mon peuple gagne de l’argent chaque fois que j’ouvre le robinet. Si la ville est contre la ségrégation aux États-Unis, elle ne doit pas soutenir des multinationales qui collaborent avec des pays ségrégationnistes. »

Après avoir gagné cette première victoire, les habitants de St Louis vont redoubler d’efforts pour qu’il ne soit plus question du contrat une fois pour toutes. Il est temps que St Louis se débarrasse de Véolia.

Note :

* Selon la Charte St. Louis Ville, le Conseil de l’estimation et de répartition se compose du maire, Contrôleur et président du Conseil des Echevins. Le Conseil de l’E & A est l’exécutif de la Ville de gouvernement et approuve tous les achats de la ville immobiliers, les crédits et le budget de la Ville de fonctionnement annuel.

20 décembre 2012 – Saint Louis Palestine Solidarity Committee, Mondoweiss – Pour consulter l’original : http://mondoweiss.net/2012/12/contract-following-activist.html]
Traduction : Info-Palestine.eu – Dominique Muselet




Roger Waters confirme son boycott dans Paris Match

(…)

Lors des premières dates de “The Wall” en 2010, certains critiques se sont élevés contre les images religieuses que vous diffusez durant le concert. Les avez-vous pris en compte ?
C’est une polémique montée par un lobby juif américain qui pleurniche pour n’importe quoi. Ils ont vu le concert et ont crié à la récupération de l’étoile de David. Mais mon message est bien plus limpide. Il y a des croissants, des faucilles, des marteaux, des croix, je veux juste montrer que l’on est bombardé par les symboles, l’idéologie et le commerce. Et que cela n’est pas bon. Mais, vous le savez peut-être, je suis très impliqué dans le conflit israélopalestinien, j’étais juré dans le tribunal pour la paix en Palestine de New York. Ce qui me vaut d’être souvent surnommé en Israël le “nazi juif”…

Vous n’irez donc pas jouer “The Wall” à Tel-Aviv ?
Certainement pas ! Je suis pour le boycott d’Israël, j’y ai beaucoup réfléchi. Tout comme cela n’aurait pas été approprié d’aller chanter en Afrique du Sud pendant l’apartheid, quand Mandela était encore sous les verrous. La Cour internationale de justice a tranché : l’occupation des territoires et de la bande de Gaza est illégale, le blocus imposé par le gouvernement est illégal, la construction du mur est illégale. C’est pour me battre contre cela que je fais de la musique.Point final

Interview complète : http://www.parismatch.com/Culture-Match/Musique/Actu/Roger-Waters-va-faire-tomber-les-murs-449728/




Salon Aéromart : deux entreprises israéliennes renoncent à venir

 

Les manifestants réclament le boycott militaire d’Israel

Ces deux entreprises, IAI et Elbit Systems, ont des activités à vocation militaires. Elles construisent notamment des drones utilisés récemment par l’armée israélienne pour bombarder certaines cibles palestiniennes de la bande de Gaza en novembre dernier.
Au dernier moment, elles ont décidé de ne pas participer au Salon. 

Les manifestants, bloqués par les forces de l’ordre, ont crié des slogans anti-israéliens et appellé à un embargo militaire d’Israel.

La manifestation s’est dissoute sans incidents.


Aeromart réunit un millier d’entreprises aéronautiques et leurs fournisseurs à Toulouse

Un millier d’entreprises aéronautiques et leurs fournisseurs venus de quarante-cinq pays se rencontrent pendant trois jours à Toulouse du 4 au 6 décembre, pour la 9ème édition d’Aeromart, la première convention d’affaires mondiale du secteur.

Source : France 3




Reconnaissance de la Palestine par l’ONU : le réel, le virtuel

par Michel Warschawski, Alternative Information Center (AIC)

 
Si, comme le dit Netanyahu, la reconnaissance de la Palestine à l’ONU n’a aucune conséquence pratique, nous avons besoin de prendre des mesures qui transformeraient cette reconnaissance virtuelle en une réalité tangible. Ces mesures doivent être le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS). De réelles sanctions internationales feraient ravaler ses mots à Netanyahu en un tournemain et donneraient à la reconnaissance formelle de l’Etat palestinien une réalité tangible. Cependant, cela nécessite une puissante mobilisation citoyenne pour forcer la main à la Hollande, Merkel et à d’autres pour qu’ils arrêtent leur politique hypocrite par laquelle ils donnent d’une main la reconnaissance des Palestiniens, et favorisent de l’autre les relations de l’UE avec Israël.

 

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BDS peut connecter le virtuel à la réalité (Illustration: Solidarité)

« N’en faisons pas toute une affaire, cette résolution n’a aucune conséquence pratique », a déclaré Benjamin Netanyahu après le vote massif de l’Assemblée générale des Nations Unies en faveur de la reconnaissance de la Palestine comme « Etat non-membre ». Pas toute une affaire, peut-être, mais peut-on rester indifférent au fait qu’Israël se retrouve de nouveau isolé, les seuls ayant voté avec Israël contre la résolution étant les États-Unis, le Canada et la République tchèque ? J’ai oublié : les îles Marshall, la Micronésie, Nauru et Palau ont également soutenu la position israélienne.

La position européenne a été hautement significative. Menée par la France (pour une fois, nous pouvons reconnaître François Hollande et Laurent Fabius), l’Espagne, l’Italie, la Grèce, la Suède et la Belgique ont voté en faveur de la reconnaissance, et l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la Bulgarie et la Roumanie, qui avaient initialement annoncé qu’ils voteraient contre l’admission, se sont finalement abstenu. « Nous avons perdu l’Europe » a déclaré un haut fonctionnaire du ministère israélien des Affaires étrangères immédiatement après le vote.

Israël n’a jamais été aussi isolé sur la scène internationale. L’arrogance coloniale d’Israël et les atrocités sanglantes de son gouvernement d’extrême-droite ont même réussi à repousser les Etats qui, il n’y a pas si longtemps, étaient considérés comme des amis de l’Etat juif.

Ceci dit, il est bon de refroidir l’enthousiasme du président Abbas. Le Premier ministre israélien n’avait pas tout-à-fait tort quand il a déclaré que la résolution n’a aucune conséquence pratique. Ces mêmes voix des Etats européens n’ont-elles pas voté en faveur de l’amélioration récente des relations entre l’Union européenne et l’État d’Israël ?

La reconnaissance de la Palestine comme Etat non membre reste de l’ordre du virtuel. Pourtant, dans le territoire palestinien occupé, qui a été reconnu comme Etat, ce qui est bien réel, ce sont les plans coloniaux centralement programmés et mis en œuvre méthodiquement, qu’Israël a créés il y a longtemps. Dans ce processus de colonisation, la frontière entre Israël et la Cisjordanie (la dite « Ligne verte ») est un petit morceau de terre qui laisse moins de place à l’Etat que ne l’avait reconnu l’ONU.

Si, comme le dit Netanyahu, la reconnaissance de la Palestine à l’ONU n’a aucune conséquence pratique, nous avons besoin de prendre des mesures qui transformeraient cette reconnaissance virtuelle en une réalité tangible. Ces mesures doivent être le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS). De réelles sanctions internationales feraient ravaler ses mots à Netanyahu en un tournemain et donneraient à la reconnaissance formelle de l’Etat palestinien une réalité tangible. Cependant, cela nécessite une puissante mobilisation citoyenne pour forcer la main à  la Hollande, Merkel et à d’autres pour qu’ils arrêtent leur politique hypocrite par laquelle ils donnent d’une main la reconnaissance des Palestiniens, et favorisent de l’autre les relations de l’UE avec Israël.

Source : Alternative Information Center




Lettre d’info BDS France – juillet 2012

Cliquez ici pour visualiser la Lettre en ligne

 juillet 2012

puce C’est un peu la théorie du boomerang : quand une campagne pour la justice commence à s’ancrer fermement dans l’opinion publique, elle retourne la force d’attaque de ses adversaires contre eux. C’est ainsi que lors de l’Université d’été de la solidarité internationale à Lyon, les activités sur la Palestine ont vu leur présence remarquée justement grâce aux dénonciations du CRIF et autres pressions politiques propres à renforcer la « solidité » des liens de « solidarité » entre associations, soudées pour exercer leur liberté d’expression malgré leur diversité d’action.

L’équipe d’animation de la campagne BDS France

puce Les succès de la Campagne

Deux femmes étatsuniennes s’engagent, chacune à leur façon :

  • Alice Walker, auteure de la Couleur pourpre a refusé l’autorisation d’une traduction de son œuvre primée, évoquant ce qu’elle appelle l’« État apartheid » d’Israël.
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puce Ça bouge !  
  • « Carton rouge pour l’apartheid israélien » est une campagne sur le boycott sportif d’Israël, qui consiste en plusieurs actions, notamment contre la tenue de l’Euro Espoir en Israël en 2013. Des personnalités comme Eric Cantona, Ken Loach ou Noam Chomsky se sont mobilisées à cette occasion. 
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Pétition, vidéo et information sur le site dédié de cette Campagne.

  • Dernières interpellations de la campagne BDS aux chanteurs du groupe Tandem et à Richard Bona pour leur visite prévue au Festival de Jazz d’Eilat.

puce Boîte à outils

puce En image

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puce Les pendules à l’heure

  • Certains disent : « Le boycott est une démarche trop radicale ! » 
    • Nous répondons : « Au contraire ! Le 4 juillet, Omar Barghouti a tenu un discours très explicite à la Cité internationale de Lyon pour rappeler que le boycott est le niveau 1 de notre engagement. Se prémunir de toute complicité avec la politique israélienne, c’est le minimum de ce que nous pouvons et devons faire, individuellement et collectivement. Ensuite viennent des niveaux d’engagement plus impliquant de solidarité active auprès des Palestiniens. » 

Lire l’article d’Omar Barghouti « Les Palestiniens veulent toute la panoplie des droits ».

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Visitez régulièrement le site www.bdsfrance.org, mis à jour quotidiennement avec les dernières actualités en France et dans le Monde concernant BDS.

La Campagne BDS France est composée de 50 organisations soutenant l’appel international BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions)lancé par les Palestiniens.
campagnebdsfrance@yahoo.fr




Sur la rhétorique des « deux côtés »

Il en est ainsi des artistes qui disent vouloir se produire en Israël, mais aussi « de l’autre côté » (sous-entendu « du Mur ») ; des politiques qui serrent la main des leaders israéliens, mais aussi des leaders palestiniens ; des institutions qui collaborent avec des organismes israéliens, mais aussi palestiniens ; des collectivités qui font de la coopération décentralisée avec des villes israéliennes, mais aussi palestiniennes ; des déclarations qui incriminent Israël mais aussi la Palestine ; etc.

Pourtant, égalité n’est pas équité. L’égalité consiste à traiter 2 personnes exactement de la même manière. L’équité consiste à prendre en compte le contexte pour traiter les 2 personnes de façon à les rendre plus égales, dans un souci de justice. C’est pour cela, par exemple, que nous ne payons pas tous les mêmes impôts.

Quand j’étais petite et que je me chamaillais avec ma sœur, ma mère nous traitait de la même façon, en nous disant « la plus intelligente est celle qui s’arrête en premier ». Parce qu’elle n’avait pas vu qui avait commencé la dispute et parce que, dans le fond, elle savait bien que nous étions toutes les deux un peu responsables et qu’aucune injustice grave n’avait eu lieu qui mérite de punir l’une plus que l’autre. Elle nous demandait alors de « faire la paix ».

Le regard des « arbitres » occidentaux sur le Proche-Orient adopte malheureusement cette attitude paternaliste : Israël et Palestine seraient pareils à des frères qui s’entendraient comme chien et chat et à qui il faudrait de temps en temps rappeler qu’il faut être sage et « faire la paix ».

Ce paradigme « équilibriste », ou « équilibriciste » est non seulement faux, mais fondamentalement injuste. Il repose sur une vulgaire analogie d’avec les deux camps symétriques de la guerre froide, sur une paresse intellectuelle refusant la complexité des choses, sur un déni inconscient de l’injustice profonde de la situation, ou sur cette vision un peu niaise d’un conflit lointain. Il est injuste à plusieurs titres :

D’abord, les 2 parties ne se valent pas : Israël est un Etat reconnu par les institutions et les traités commerciaux, avec une armée puissante qui est au cœur de sa politique ; la Palestine n’est qu’un Etat en devenir, sous occupation et désarmé. Israël est un territoire uni et en expansion par la colonisation ; la Palestine est un territoire scindé et de plus en plus morcelé, qui n’a même pas le contrôle de ses frontières.

Par ailleurs, le discours sur « les 2 côtés » donne la dangereuse illusion d’un statu quo à partir d’une frontière fixe. La vision qui en découle est celle d’un cessez-le-feu, où seules quelques bombes et roquettes passeraient d’un côté à l’autre du Mur de temps à autre. Pourtant, le Mur dit de « séparation » ne sépare pas « les deux » : il est presque toujours érigé au sein même du territoire palestinien pour en annexer une partie. Et avec la construction quotidienne des colonies, ces annexions continuent sans cesse, diminuant chaque jour le territoire palestinien comme peau de chagrin. La situation n’est donc pas statique mais le fruit d’un rapport de force actif de dominant à dominé qui va en s’accroissant et qui mise sur le temps pour s’imposer par des principes de faits accomplis supposés irréversibles (dans la destruction des habitations, villages et champs palestiniens, autant que dans la construction des colonies, infrastructures et mur israéliens). Et ce bulldozer continuellement à l’œuvre n’est pas que du côté « palestinien » : à l’intérieur d’Israël même, la Nakba, qui a expulsé de chez eux 85% des Palestiniens en 1948, continue quotidiennement pour ceux qui y étaient restés et leur descendance : l’épuration ethnique est toujours en marche à chaque fois qu’un village est détruit, qu’une maison est rasée, chaque fois qu’un Palestinien ayant la citoyenneté israélienne se la voit retirée sous n’importe quel prétexte, l’obligeant à partir.

La rhétorique des « 2 côtés » conduit également à mettre dos à dos « propalestiniens » et « proisraéliens ». Or, ceux qu’on appelle des « propalestiniens » sont en fait, en Palestine, en Israël et partout dans le monde, des partisans de la justice au Proche-Orient, qui ne défendent pas un peuple pour son identité, mais parce qu’il subit des injustices au regard de valeurs universelles, et parce que la paix, qui doit suivre la justice, sera aux bénéfices de tous. Par ailleurs, de nombreux Palestiniens sont eux-mêmes des citoyens israéliens, et de nombreux israéliens juifs se revendiquent de la défense des droits des Palestiniens. Ceux qu’on appelle « proisraéliens » sont surtout les partisans d’une idéologie colonialiste d’un autre temps. L’objectif de cette idéologie n’est pas la défense de la société israélienne – en quoi l’instauration d’un régime belliciste, liberticide et d’apartheid leur serait-elle profitable, à terme ? A part peut-être pour quelques fanatiques. Son objectif est surtout la défense des intérêts économiques et politiques de l’Etat d’Israël en tant que source de profit réelle ou supposée pour la communauté de ses partisans.

Quand on reconnaît que la balance de la justice penche plus lourdement d’un côté que de l’autre, quelle logique défend qu’on la rééquilibre en mettant le même poids sur chacun de ses plateaux ? Qui peut croire que la situation se réglera naturellement à force que l’arbitre appelle les deux parties à faire des efforts, des concessions, des compromis, des propositions… « de chaque côté » ? L’arbitre ne voit-il pas que l’un des camps tient l’autre à la gorge ? Que le premier n’a pas intérêt à entendre les appels à la paix, et que le second ne pourra rien faire tant qu’il est à genoux ? Ne voit-il pas qu’il ne s’agit pas d’un jeu où chacun a la même mise de départ, mais de la loi du plus fort qui s’appliquera jusqu’à ce que mort s’ensuive ? Combien de temps continuera-t-on encore à agiter le drapeau blanc sous le nez des « 2 parties » au lieu de se décider à peser pour ceux dont les droits humains à la souveraineté, à la sécurité, à l’accès à l’eau, à la liberté de circulation, au travail, à la santé, à l’éducation… sont quotidiennement bafoués ?

Chaque conscience et chaque institution doit se positionner. Que ceux qui endossent le costume d’arbitre international arrêtent au minimum de soutenir le côté du plus fort avec leurs contrats, invitations, coopération, relations commerciales… Chaque fois qu’un Etat, une entreprise ou une institution inscrit le mot « Israël » sur la liste de ses partenaires, elle rajoute un poids dans la balance du côté du plus fort, en cautionnant activement une politique d’occupation, de colonisation et d’apartheid assumée par un gouvernement qui s’en prend actuellement jusqu’aux ONG israéliennes. Inscrire à côté le mot « Palestine » n’annule pas le premier, mais démontre simplement un manque de cohérence et d’éthique, compte tenu de la situation.

Être neutre revient à être indifférent, donc complice de la situation qui s’aggrave au bénéficie du plus fort. Le discours équilibriciste n’est donc ni plus ni moins qu’une collaboration active à la politique israélienne. Dans ce contexte, toutes les coopérations, aides ou collaborations avec des institutions palestiniennes perdent leur sens si elles viennent en parallèle ou en contrepoids de collaborations avec Israël. D’ailleurs, si Israël respectait les droits des Palestiniens à vivre par eux-mêmes et à agir librement, ceux-ci n’auraient besoin d’aucune coopération ou aide au développement pour pallier les effets de la domination coloniale.

Il n’y a pas « deux côtés » symétriques au Proche-Orient. Il y a une justice universelle défendue de part et d’autre du Mur, et il y a ceux qui ne veulent pas voir que cette justice est inéluctable.

Magali Audion

La rhétorique gentillette des « 2 côtés », symbolisée par ces naïfs drapeaux côte à côte et la colombe, ne résiste pas à la réalité totalement asymétrique de la domination coloniale :
Sur la photo ci-dessous, des colonies israéliennes se construisent autour d’un dispensaire palestinien de Ras El ‘Amoud à Jérusalem-Est, en 2009.

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Sur la photo ci-dessous, deux ans après, la colonie a abattu une partie du mur du dispensaire, a recouvert la cour et érige ses herses contre qui voudrait s’y opposer.

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Sur la normalisation et les boycotts partiels

Co-résistance ou coexistence

Au cours du temps, à la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI), nous avons régulièrement défini notre position sur la normalisation, dans le but d’acquérir de nouveaux alliés et d’éclaircir les prémisses des échanges israélo-palestiniens pour nos partenaires. Il est important de noter que dans le mouvement BDS, il y a plusieurs partenaires israéliens qui soutiennent aussi nos droits globaux conformément au droit international, dont la Coalition des femmes pour la paix et Boycott ! Soutien de l’intérieur à l’appel palestinien BDS [1]. De plus, à la lecture de l’appel BDS de 2005 [2], soutenu par la majorité écrasante de la société civile palestinienne, on peut noter un appel explicite aux consciences israéliennes pour qu’elles s’associent au mouvement pour la liberté, la justice et l’égalité des droits pour tous. Par conséquent, ce qui importe pour définir la normalisation, ce n’est pas tant la collaboration avec les Israéliens que la substance et les bases de cette collaboration.

Normalisation, c’est la traduction française du mot arabe tatbi’, « faire que quelque chose d’anormal paraisse normal ». Comme PACBI l’a déclaré auparavant :

« Il est pertinent de considérer la normalisation comme une « colonisation de l’esprit », par laquelle l’opprimé en vient à croire que la réalité de l’oppresseur est la seule réalité « normale » admissible, et qu’il faut s’accommoder de l’oppression. Ceux qui s’engagent dans la normalisation, soit ignorent cette oppression, soit l’acceptent comme un status quo supportable. Dans un effort pour blanchir ses violations du droit international et des droits humains, Israël cherche à se relooker, ou à se présenter comme normal – voire « éclairé » — via un réseau complexe de relations et d’activités recouvrant les domaines high-tech, culturels, juridiques, LGBT et d’autres » [3].

La tentative de se servir de Palestiniens et/ou d’Arabes comme des cache-sexes constitue un autre aspect de la normalisation [4]. Lors de l’application des directives du mouvement BDS pour le boycott international universitaire et culturel Israël, PACBI rencontre quelquefois des cas où des dénigreurs du boycott essaient de racheter leur conscience, et avec cela une certaine base morale, en utilisant des pions palestiniens (plus rarement d’autres Arabes) comme cache-sexes pour dissimuler leur complicité dans les violations du droit international et des droits des Palestiniens par Israël. Tandis que la liste des « cache sexes » disponibles diminue d’année en année, grâce à l’expansion impressionnante de la conscience BDS parmi les Palestiniens et dans le monde arabe, il en reste qui sont prêts à accepter que leurs noms soient utilisés dans les programmes politiques cyniques des violateurs du boycott international.

De ce qui précède, on peut voir que la normalisation s’applique aux relations qui transmettent une image fausse ou trompeuse de normalité, ou de symétrie, ou de parité, alors qu’il existe une relation manifestement anormale et asymétrique d’oppression coloniale et d’apartheid [5].

Pour que les relations israélo-palestiniennes ne soient pas de la normalisation, il faut au départ deux conditions : (1) la partie israélienne doit soutenir les droits complets et exhaustifs de tous les Palestiniens, en accord avec le droit international et (2) la relation elle-même doit impliquer une forme de résistance à l’occupation par Israël et aux violations du droit international. Les Israéliens qui soutiennent nos droits exhaustifs selon le droit international et qui luttent avec les Palestiniens contre le mur, contre les checkpoints et contre les autres formes d’apartheid sont nos partenaires. Les relations avec eux ne sont pas de la normalisation. Par contre, les activités telles que celles de « Seeds of Peace » [6], « One Voice » [7] et d’autres organisations semblables sont des cas clairs de normalisation, quoi que déclarent ceux qui sont impliqués dans ces projets. Ils présentent de manière trompeuse les Palestiniens et les Israéliens comme s’ils étaient sur le même pied, et n’ont pas de position claire sur comment mettre fin aux multiples niveaux du système d’oppression israélien.

Comme l’a dit un leader militant de la jeunesse palestinienne, la seule relation normale entre communauté oppressive et communauté opprimée est la co-résistance, pas la coexistence [8]. La coexistence ne pourra se produire (éthiquement parlant) qu’après la fin de l’oppression, quand les deux côtés bénéficieront de droits égaux.

Boycott partiel ou complet Israël ?

Après avoir échoué à ralentir les progrès du BDS, motivés par une véritable peur de la disparition du sionisme et avec pour programme explicite « sauvons l’apartheid israélien », certains sionistes soi-disant de gauche ont récemment essayé de brouiller les choses en suggérant un boycott sioniste-compatible pour saboter le mouvement BDS à direction palestinienne [9], qui attire un nombre croissant de jeunes militants juifs en Occident, particulièrement sur les campus. Le BDS est un mouvement éthiquement cohérent basé sur les droits, ancré sur le droit international et les droits humains universels. En tant que tel, le BDS rejette et ne peut pas coexister avec un quelconque racisme, y compris le sionisme. Un « BDS sioniste » est aussi logique qu’une « égalité raciste » !

Le BDS ne consiste pas à sauver Israël comme État d’apartheid, qui abandonnerait certaines terres occupées densément peuplées par des Palestiniens pour faire d’Israël un état d’apartheid plus pur, et pour prolonger la vie de cet apartheid pour des années supplémentaires. Le BDS concerne la réalisation des droits palestiniens, dont le droit primordial et inaliénable à l’autodétermination, en mettant fin aux trois niveaux du système colonial et racial d’oppression : colonialisme, occupation et apartheid.

Bien sûr, le PACBI et le comité national du BDS (le BNC) promeuvent un boycott complet jusqu’à ce qu’Israël mette fin à son système d’oppression à trois niveaux, et pas seulement à son occupation de la Cisjordanie et de Gaza. La raison principale pour cette position, c’est que d’après le droit international, Israël en tant que puissance occupante porte la responsabilité de l’occupation et de toutes ses manifestations (colonies, mur, sièges, démolitions de maisons, etc.), sans compter les autres violations graves du droit international hors du champ de l’occupation, telles que les déplacements forcés, le déni du droit des réfugiés et le crime d’apartheid (donc un nombre croissant de spécialistes du droit sont maintenant convaincus qu’Israël se rend coupable). Le mouvement BDS appelle à boycotter Israël en tant qu’État responsable du refus des droits palestiniens, comme l’Afrique du Sud a été la cible du boycott de son régime d’apartheid, comme la Chine est la cible de certains boycotts dus à son occupation du Tibet et comme le Soudan est la cible de certains boycotts dus à ses crimes au Darfour. Il n’y a qu’en Israël que nous entendons des objections au boycott de l’État responsable des violations flagrantes du droit international et où nous entendons des suggestions de ne boycotter que certaines manifestations de ces violations (les colonies) et pas la cause première.

Néanmoins, le BDS est entièrement sensible au contexte. Ceci veut dire que ceux qui soutiennent le BDS décident dans leur contexte particulier de ce qu’il faut boycotter ou désinvestir, comment poursuivre leurs objectifs locaux, comment construire des alliances, comment mener campagne, — en tenant compte de leurs propres contextes politiques, culturels et organisationnels. Des partenaires peuvent décider de ne boycotter que des compagnies impliquées dans l’occupation israélienne, et ceci convient très bien si c’est une tactique, et pas sur la base d’un rejet de principe d’un boycott complet quand les circonstances le permettent. C’est la force du BDS de ne pas être un mouvement centralisé, dogmatique et dirigiste. C’est un mouvement moralement cohérent et citoyen qui a pour dénominateur commun les principes des droits humains et du droit international, et plein de créativité et d’initiatives quand il s’agit de mettre en jeu les différentes formes de BDS dans chaque contexte.

Que les supporters Britanniques, Américains, Allemands ou Français du BDS souhaitent ou non faire campagne pour un boycott sélectif est entièrement leur affaire, ceci va sans dire, car nous croyons aux initiatives locales adaptées au contexte comme il dit plus haut. Mais nous espérons sincèrement qu’ils respecteront le droit palestinien à l’autodétermination, et ne tenteront pas de parler à notre place quand il s’agit d’exprimer nos droits exhaustifs et les stratégies de résistance civile, car ce serait de la condescendance inadaptée à une relation de partenariat dans la lutte pour une paix juste – la seule paix que les communautés opprimées du monde peuvent jamais rechercher.

Comme ce fut le cas dans la lutte internationale contre l’apartheid en Afrique du Sud, prendre conseil des représentants très représentatifs des opprimés, dans ce cas de la direction palestinienne du mouvement BDS – le BNC – et respecter les directives de boycott établies par la grande majorité de la société opprimée, voila ce qui constitue une obligation pour toute personne de conscience ou pour tout groupe réellement solidaire des opprimés. Ceci doit être compris dans le contexte d’un mouvement mondial décentralisé basé sur le respect des tactiques des partenaires et du choix des cibles, tant que les principes généraux du mouvement sont préservés.

Notes : [1] http://boycottisrael.info/

[2] http://www.bdsmovement.net/call

[3] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…

[4] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…

[5] http://www.russelltribunalonpalesti…

[6] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…

[7] http://www.pacbi.org/etemplate.php?…

[8] http://www.maannews.net/eng/ViewDet…

[9] http://www.nytimes.com/2012/03/19/o…

[10] http://www.kairospalestine.ps/sites…

[11] http://www.kairospalestine.ps/sites…

[12] http://www.oikoumene.org/en/news/ne…

publié le samedi 7 avril 2012.
Source : PACBI « Debating BDS : On Normalization and Partial Boycotts”
http://www.pacbi.org/etemplate.php?…

Source en français : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11703 (traduction JPB-CCIPPP)




Affaire Soda Club

La société Brita était accusée par les douanes allemandes d’importer des produits de la marque Soda Club en Europe en mentionnant qu’ils sont fabriqués en Israël (et ils bénéficient à ce titre d’exonérations de droits de douane, conformément aux accords entre l’UE et Israël). Mais ces produits sont fabriqués dans les colonies israéliennes de peuplement, donc dans les Territoires Palestiniens Occupés.

Pour la Cour de Justice de l’Union Européenne, dans son arrêt du 25 février 2010 « des produits originaires de Cisjordanie ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel de l’accord CE-Israël ».

Voici le communiqué de presse:

 

Cour de justice de l’Union européenne

COMMUNIQUÉ DE PRESSE n° 14/10

Luxembourg, le 25 février 2010

Arrêt dans l’affaire C-386/08

Firma Brita GmbH / Hauptzollamt Hamburg-Hafen

Des produits originaires de Cisjordanie ne peuvent bénéficier du régime douanier préférentiel de l’accord CE-Israël

L’affirmation des autorités israéliennes selon laquelle des produits fabriqués en territoires occupés bénéficient du traitement préférentiel accordé aux marchandises israéliennes ne lie pas les autorités douanières de l’Union.

La Communauté européenne a successivement conclu deux accords d’association euro-méditerranéens, le premier avec Israël (accord CE-Israël 1 ) et le second avec l’Organisation de libération de la Palestine (accord CE-OLP 2 ), cette dernière agissant pour l’Autorité palestinienne de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Ces accords prévoient notamment que les produits industriels originaires d’Israël et des territoires palestiniens peuvent être importés dans l’Union européenne en exemption des droits de douane et que les autorités compétentes des parties coopèrent en vue de déterminer l’origine exacte des produits bénéficiant du régime préférentiel.

Brita est une société allemande qui importe des gazéificateurs d’eau ainsi que des accessoires et des sirops, fabriqués par un fournisseur israélien, Soda-Club, dont le site de production est implanté à Mishor Adumin, en Cisjordanie, à l’est de Jérusalem.

Brita a voulu importer en Allemagne des marchandises fournies par Soda-Club. La société a communiqué aux autorités douanières allemandes que les marchandises étaient originaires d’Israël et a donc souhaité bénéficier du régime préférentiel de l’accord CE-Israël. Soupçonnant que les produits étaient originaires des territoires occupés, les autorités allemandes ont demandé aux autorités douanières israéliennes de confirmer que ceux-ci n’avaient pas été fabriqués dans ces territoires.

Alors que les autorités israéliennes ont confirmé que les marchandises en question étaient originaires d’une zone sous leur responsabilité, elles n’ont toutefois pas répondu à la question de savoir si elles avaient été fabriquées en territoires occupés. Pour cette raison, les autorités allemandes ont finalement refusé d’accorder à Brita le bénéfice du régime préférentiel, au motif qu’il ne pouvait pas être vérifié avec certitude que les marchandises importées relevaient du champ d’application de l’accord CE-Israël.

Brita a attaqué en justice cette décision et le Finanzgericht Hamburg (tribunal des finances de Hambourg, Allemagne) demande à la Cour de justice si les marchandises fabriquées en territoires palestiniens occupés, dont l’origine israélienne est confirmée par les autorités israéliennes, peuvent bénéficier du régime préférentiel instauré par l’accord CE-Israël.

Dans son arrêt de ce jour, la Cour constate que chacun des deux accords d’association a un champ d’application territorial propre : l’accord CE-Israël s’applique au territoire de l’État d’Israël tandis que l’accord CE-OLP s’applique au territoire de la Cisjordanie et de la bande de Gaza.