Crimes de guerre présumés à Gaza: des Palestiniens veulent que la CPI aille plus vite

Cette démarche de plainte auprès de la Cour Pénale Internationale entre dans le volet Sanctions du BDS.

 

AFP – 19/07/2017

Des avocats palestiniens et groupes issus de la société civile ont pressé mercredi la Cour pénale internationale (CPI) d’accélérer son examen préliminaire et d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés à Gaza, Jérusalem-Est et en Cisjordanie occupée.

« Depuis deux ans, la Palestine fait l’objet d’un examen préliminaire », a expliqué l’avocat français Gilles Devers qui représente les Palestiniens. « A Gaza, nous pensons que deux ans c’est trop long », a-t-il ajouté.

En janvier 2015 la CPI a entamé un examen préliminaire afin de déterminer si elle dispose d’assez d’éléments pour ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés depuis l’été 2014 et le conflit dans la bande de Gaza entre Israël, d’une part, et le Hamas islamiste et ses alliés, d’autre part. L’examen concerne aussi bien les agissements palestiniens que ceux d’Israël. La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, n’est tenue par aucun délai pour décider d’ouvrir ou non une enquête.

L’Autorité palestinienne a soumis à la CPI des dossiers mettant en lumière, selon elle, des crimes de guerre israéliens, notamment dans la bande de Gaza, et des crimes liés à la colonisation comme les transferts forcés de population.

Contrairement aux Palestiniens, Israël n’est pas membre de la CPI et accuse également les Palestiniens de crimes de guerre.

Depuis La Haye mercredi, les militants palestiniens ont affirmé à des journalistes que l’examen préliminaire était au point mort et ont appelé l’Autorité palestinienne et la CPI à accélérer leurs efforts.

Les avocats, représentant 448 victimes identifiées et plus de 50 syndicats et organisations, ont remis un épais dossier au bureau de la procureure de la CPI. Selon eux, ces documents montrent « clairement que des crimes relevant de la juridiction de ce tribunal ont été commis » durant le conflit à Gaza en 2014, mais aussi en Cisjordanie occupée. Mme Bensouda a « l’obligation » de passer au stade de l’enquête, a affirmé l’avocat Gilles Devers aux journalistes.

Le dossier a été constitué par plus de 30 avocats dans les Territoires palestiniens. C’est la première fois que des populations civiles, dont des médecins, agriculteurs, pêcheurs et professeurs, en appellent directement à la CPI.

La guerre de juillet-août 2014 a été la plus longue et la plus dévastatrice des trois guerres dans la bande de Gaza depuis 2008. Selon l’ONU 2.251 Palestiniens dont 551 enfants ont trouvé la mort.

Source : https://www.lorientlejour.com/article/1063114/crimes-de-guerre-presumes-a-gaza-des-palestiniens-veulent-que-la-cpi-aille-plus-vite.html

 


Communiqué de presse de Gilles DeversPlus de 50 syndicats, associations et organisations palestiniennes ainsi que 500 victimes individuelles déposeront une plainte devant la Cour Pénale internationale (CPI) le mercredi 19 juillet 2017. La plainte concerne trois crimes :

– le blocus de Gaza,
– l’agression israélienne de l’été 2014,
– la colonisation israélienne de la Palestine.

L’hôpital Al Aqsa, qui fut une victime directe de l’agression israélienne, est le premier plaignant.

La société palestinienne a pris cette initiative étant donné le manque de volonté politique de la part de l’Autorité palestinienne, qui n’a pas déposé plainte devant le TPI et ne soutient pas la procédure.

Bien qu’elle ait ratifié le traité du TPI en décembre 2014 et qu’elle ait fait une déclaration rétroactive jusqu’à juin 2014 pour que le tribunal ait compétence pour l’agression militaire israélienne à Gaza pendant l’été 2014, l’Autorité palestinienne n’a pas porté plainte en tant qu’État.

Le procureur a ultérieurement ouvert un « examen préliminaire » ; la procédure du TPI est progressive et notre action vise à la faire avancer de la phase « examen préliminaire » à la seconde, « ouverture de l’enquête ».

Selon le Statut de la Cour, le procureur doit ouvrir une enquête lorsqu’une base raisonnable existe qui permet de penser qu’un crime entrant dans la juridiction de la Cour a été commis (Art 53).

Il y a clairement une base raisonnable pour croire que des crimes entrant dans la compétence du tribunal ont été commis à Gaza et en Palestine, et les preuves que nous présentons aujourd’hui devraient convaincre le procureur de la nécessité d’ouvrir une enquête complète.

La situation actuelle ne peut certainement pas continuer si l’objectif de la CPI de mettre fin à l’impunité doit être réalisé.

Une conférence de presse aura lieu le mercredi 19 juillet 2017 à 13h au Mercure Hotel Den Haag Central, Spui 180, 2511 BW Den Haag, Paesi Bassi, à La Haye (Pays-Bas). La délégation déposera ensuite la plainte à la CPI, le rendez-vous étant confirmé pour 15h.

Contacts :

– Julie Webb-Pullman (Anglais) +972 595 251720 jwebbp@gmail.com SKYPE: juliewp
– Ashraf Nasrallah (Arabe) +972 598 877727 arngazapl@gmail.com
Gilles Devers (Français) +33 6 14 26 31 69 gilles@deversavocats.com

18 juillet 2017 – Traduction et publication du Communiqué : ISM-France

Source : http://chroniquepalestine.com/depot-plainte-tribunal-penal-international-israel-rendre-compte-crimes/#comment-505




5 mythes sur le boycott d’Israël que chaque amoureux du théâtre devrait prendre en compte

21 Juillet 2017

Dan Fishback est un dramaturge new-yorkais et membre du Jewish Voice for Peace Artists Council. Sa comédie musicale « The Material World » a été nommée dans les 10 meilleures pièces de 2012 par Time Out New York.

Depuis qu’un groupe de comédiens de haut rang a demandé au Lincoln Center d’annuler les prochaines représentations d’une pièce de théâtre financée par le gouvernement israélien,  la communauté dramaturge de la ville de New York est ébranlée par la gêne. Bien que beaucoup de professionnels du théâtre soutiennent la cause palestinienne, peu, en leur for intérieur, sont prêts à annuler une pièce, particulièrement dans un contexte actuel peu favorable à la culture, où le président prévoit de supprimer la NEA et que des soutiens de Trump interrompent Jules César.

Dans l’ère anti-culture de Trump, tous ceux qui travaillent dans le milieu de la culture souhaitent d’avantage de liberté d’expression et non moins. Alors pourquoi tant d’entre nous, de la gauche culturelle, soutiennent le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’Etat d’Israël ?

En tant que dramaturge juif qui croit fortement que le BDS est le seul chemin vers une paix juste en Israël/Palestine, il est important pour moi que mes camarades artistes de théâtre comprennent ce qu’est le boycott, et ce qu’il n’est pas. Il existe tant de mythes au sujet de ce mouvement. La couverture médiatique lui est presque entièrement négative, et aujourd’hui 42 sénateurs, aussi bien Républicains que Démocrates, soutiennent un projet de loi visant à rendre illégal le soutien au BDS.

Un bref coup d’œil sur la campagne BDS pourrait nous diaboliser et il ne vous permettrait pas d’évaluer la situation catastrophique des Palestiniens ; vous ne pourriez évaluer à quel point le BDS est nécessaire à leur liberté, ni même comment le boycott fut méticuleusement élaboré dans le but de défendre les principes fondamentaux de la liberté d’expression.

Mythe 1: Nous boycottons toutes les pièces israéliennes

Nous ne boycottons pas les “pièces de théâtre israéliennes” en général, mais plutôt les pièces financées par l’état israélien, ou produites par des institutions qui soutiennent activement l’occupation. A titre d’exemple, au prochain festival du Lincoln Center, nous n’appelons pas à boycotter une pièce, qui pourtant est israélienne : nos détracteurs se gardent bien de le mentionner

Par exemple, les compagnies de théâtre que nous boycottons (Ha’bima et Cameri) acceptent toutes les deux des financements de l’état israélien et se produisent régulièrement dans les colonies illégales des territoires palestiniens occupés, qu’Israël continue de maintenir et de répandre en violation du droit international.

Ce n’est donc pas la nationalité des artistes qui nous importe, mais bien leur complicité dans une structure politique oppressive.

En pourtant, des voix pro-israéliennes comme Jonathan Greenblatt de la Ligue Anti-Diffamation attaque le boycott, en disant :

“Lorsque vous rejetez une œuvre d’art en vous basant sur sa seule origine nationale et lorsque vous essayer d’empêcher les autres de la voir et d’en tirer leurs propres conclusions, ce n’est pas une position politique. C’est un préjudice, pure et simple.”

Bien sûr nous ne boycottons pas une pièce “en nous basant uniquement sur ses origines nationales”. Mais, comme souvent, nos critiques ne prennent pas la peine d’écouter notre point de vue, ou même de lire les grands principes du boycott. Il est plus facile pour eux de diffuser des mensonges et, ironiquement, de “diffamer” leurs opposants.

Mythe 2: Boycotter une pièce c’est toujours de la censure

En vérité, tout comme l’appel au BDS exclu de boycotter sur la base de la nationalité, il exclu tout aussi explicitement toute censure basée sur le contenu de l’œuvre. Nous nous focalisons uniquement sur les relations de l’artiste à l’état d’Israël.

Une des principales raisons pour lesquelles nous nous focalisons autant sur les financements de l’état pour les voyages est que, pour accepter ces financements, les artistes doivent officiellement accepter de devenir des instruments de propagande. Le contrat dit :

“[L’artiste] est conscient que le but de faire appel à ses services est de promouvoir les intérêts politiques de l’état d’Israël via la culture et l’art, tout en contribuant à créer une image positive d’Israël.”

En fait, la raison explicite de ce financement est d’utiliser la culture afin de distraire le monde des brutalités de l’occupation. Et ceci n’est pas une théorie du complot, Israël l’admet. Ils ont créé le bureau de la “Brand Israel” en 2005 avec cet objectif. Un élu a même déclaré : “nous voyons la culture comme un outil de hasbara [“propagande” en hébreu] de premier choix, et je ne fais pas de différence entre hasbara et culture.”

Dans ce contexte, ce n’est pas que BDS “censure” l’œuvre, c’est que BDS résiste à une campagne de propagande élaborée dans le but d’influencer la politique internationale.

Les militants anti-boycott disent souvent que cette approche n’a pas de sens aux vues des nombreux artistes israéliens en tournée qui sont critiques du gouvernement israélien. Mais je réponds à ça que cet art “critique” n’est pas une partie négligeable de la campagne de propagande de la Brand Israel, il en est en fait le centre. Israël désire activement que les citoyens étatsuniens imaginent qu’Israël est un endroit où les idées sont exprimées librement, et non, en fait, un endroit où soutenir le BDS est un délit et où la culture palestinienne est activement effacée.

Mythe 3: le boycott culturel porte atteinte à l’échange libre d’idées, nécessaire pour changer les choses

Honnêtement, l’appel pour le BDS n’arrête pas les artistes israéliens de voyager aux Etats-Unis – il leur demande seulement de rejeter les financements d’état, par principe. Si quelqu’un empêche vraiment l’échange libre d’idées, c’est l’état d’Israël, qui cherche systématiquement à détruire la culture palestinienne basée sur l’identité des artistes et le contenu de leurs œuvres.

Il y a des exemples évidents, comme l’arrêt des subventions et l’intimidation des théâtres palestiniens à l’intérieur d’Israël. Mais il y aussi les injustices plus circonstancielles, comme les différentes manières qu’Israël a de limiter les déplacements des Palestiniens, d’entraver leur accès à l’éducation et de supprimer l’histoire culturelle palestinienne du territoire.

Donc quand Israël envoie des danseurs, acteurs ou réalisateurs israéliens autour du monde, se vendant comme le lieu de la diversité des voix artistiques, ils cachent la réalité : Israël est un lieu d’anéantissement culturel, où les Palestiniens doivent se battre, non seulement pour l’autonomie politique et la justice économique, mais pour leur langue, leur histoire et leur voix culturelle.

L’appel au BDS a pour objectif, à long terme, de libérer ces voix, afin d’avoir plus de culture, et non moins.

Mythe 4: le boycott est antisémite car il ostracise Israël

Nombre de détracteurs du BDS disent : “Il se peut qu’Israël fasse des choses horribles, mais d’autres pays sont encore pires ! Pourquoi ne pas les boycotter?” Avec cette logique, il est vrai qu’il semble antisémite que, de tous les pays du monde, nous nous concentrions uniquement sur l’état juif.

La réalité est que, contrairement à ces autres pays, Israël est un endroit où une population oppressée a spécifiquement demandé le boycott à la communauté international, comme forme de solidarité. Lorsqu’une population oppressée appelle à des formes d’aides spécifiques, nous avons la responsabilité de prendre au sérieux ses demandes.

Outre le contexte spécifique de l’appel palestinien au boycott, il existe nombre de raisons pour lesquelles un étatsunien devrait concentrer ses énergies politiques sur Israël/Palestine, entre autres :

  • Un supporter du BDS pourrait être Palestinien, ou avoir de la famille ou des amis palestiniens. Cela pourrait être très personnel.
  • Un supporter du BDS pourrait être juif et en avoir assez qu’Israël utilise son identité à des fins politiques oppressives.
  • Un supporter d’Israël pourrait savoir comment le gouvernement donne des milliards de dollars U.S à Israël chaque année, et se sentir personnellement responsable de l’occupation que tous les contribuables étatsuniens, en vérité, financent. En d’autres termes, nous sommes déjà tous impliqués.

Mythe 5: BDS n’est pas la manière la plus efficace de protester contre les crimes d’Israël

Un argument que les sionistes libéraux donnent souvent contre le BDS est qu’eux aussi sont contre l’occupation par Israël de la Cisjordanie et la Bande de Gaza, mais que le boycott n’est pas une forme de résistance efficace contre cette injustice. “Cela met les gens trop mal à l’aise,” disent-ils, “et la cible est trop large.” Ils pensent que les militants BDS ont l’air de brutes quand nos campagnes impactent même les “bons” Israéliens qui ne sont pas activement impliqués dans l’oppression des Palestiniens.

Pour répondre à cette accusation, je dois faire un immense pas en arrière. Quand j’étais enfant, les sionistes libéraux autour de moi me disaient, encore et encore, que si les Palestiniens ne pratiquaient que la non-violence, ils auraient un état viable. Maintenant nous y sommes, plus d’une décennie du mouvement non violent le plus large pour les droits humains palestiniens depuis que  750 000 Palestiniens furent expulsés de chez eux en 1948, et qu’est-ce qu’on entend ? On entend que le BDS, lui aussi, est la mauvaise tactique. On entend qu’il faut quelque chose d’encore plus doux.

A cela, je répondrai simplement : il n’y a pas de temps, et la situation est trop désespérée : Israël n’a pas de volonté politique de démanteler l’occupation ; les Etats-Unis continuent d’envoyer des milliards de dollars pour soutenir le siège de Gaza ; même les politiciens étatsuniens de gauche font la courbette au lobby israélien ; et même des sionistes libéraux comme Bernie Sanders sont appelés “antisémites” pour avoir affirmé tièdement l’humanité des Palestiniens.

Nous ne pouvons plus attendre que nos politiques poussent Israël à respecter les droits humains des Palestiniens. Nous ne pouvons plus dire : “Non, CECI n’est pas la bonne manière de se battre” chaque fois que les Palestiniens tentent d’obtenir justice. Au bout d’un moment, il faut prendre position pour la dignité humaine, même si cela nous rend mal à l’aise, et même si ce n’est pas comme ça que nous ferions “normalement” les choses. Car aussi longtemps que l’oppression des Palestiniens correspond à notre signification du mot “normal”, nous permettrons que cela continue.

source: http://forward.com/scribe/377463/5-myths-about-israel-boycotts-that-every-theater-lover-should-consider/

Traduction: Lauriane G. pour BDS France




Des artistes palestiniens demandent à Thom Yorke de Radiohead : « Pouvez-vous nous entendre ? »

17 juillet 2017

Dans une lettre au chanteur vedette de Radiohead, Thom Yorke, des artistes palestiniens rappellent au groupe qu’il n’est jamais trop tard pour revenir du bon côté de l’histoire.

 

Cher Thom Yorke,

Nous sommes des artistes palestiniens et nous écrivons pour vous demander une seule chose, comme beaucoup d’autres l’ont fait avant nous, que vous respectiez les souhaits de la majorité absolue de la société civile palestinienne et ne transgressiez pas la limite que nous avons clairement définie.

Notre appel au boycott répondait à des décennies de violations des droits de l’Homme par Israël, sa politique d’apartheid, son nettoyage ethnique continu, les démolitions de maisons, le déni des droits des réfugiés, les dix ans de siège de Gaza et les colonies illégales en Cisjordanie occupée. Le régime israélien nous soumet à la fragmentation, à l’occupation et au colonialisme de peuplement.

En tant qu’artistes palestiniens, nos libertés de réunion et d’expression, de même que nos autres droits fondamentaux, sont gravement limitées par le régime israélien. Nous sommes obligés d’attendre des heures à l’un des nombreux checkpoints militaires qui découpent la Cisjordanie occupée, incapables d’aller participer aux répétitions et aux concerts, sans parler de nos engagements à l’étranger. A Gaza, nous sommes sous blocus depuis dix ans, blocus installé pour nous garder « au régime ».

Des générations de familles palestiniennes sont toujours des réfugiées de la Nakba, « catastrophe », quand, en 1948, selon une campagne planifiée de nettoyage ethnique, les Palestiniens ont été déplacés hors de Palestine. Ce qui nous amène au concert que vous avez prévu sur les ruines d’un village palestinien, Jarisha. La plupart des Palestiniens ne pourraient pas assister à votre spectacle bien sûr, piégés dans la machine brutale de l’occupation israélienne ou vivant dans des camps de réfugiés hors de la Palestine historique, avec l’interdiction de revenir dans leur patrie par les lois racistes d’Israël qui nous empêchent d’exercer notre droit fondamental au retour.

Préserver votre statut de groupe politiquement progressiste tout en continuant à servir ainsi le gouvernement israélien s’avère impossible pour vous. Les filières officielles des médias sociaux de l’ Etat d’Israël ont souscrit à vos déclarations qui ont rejeté nos demandes de discussions avec vous. Peut-être avez vous l’intention de dire quelque chose depuis la scène à Tel Aviv, bien que vous ne puissiez pas à nouveau faire référence à des « putains de gens ». Mais c’est votre présence même qui manifeste votre soutien à la politique évidente de ce régime de blanchiment de ses crimes contre les Palestiniens au moyen d’activités culturelles. Peu importe ce que vous direz, vous ne pourrez changer le fait que vous aurez choisi de rejeter le dialogue avec les Palestiniens qui vous ont demandé d’annuler.

Déclarer simplement que vous ne soutenez pas Netanyahu ne changera pas le fait que le gouvernement israélien utilisera, et utilise déjà, votre concert et votre statut à des fins politiques spécifiques, c’est à dire : détourner l’attention de ses crimes contre les Palestiniens. En tant que fonctionnaire du ministère israélien des Affaires étrangères, Nissim Ben-Sheetrit a dit en 2005 : « Nous voyons dans la culture un outil de hasbara [propagande] de premier plan, et je ne fais pas de différence entre hasbara et culture. » Votre concert et d’autres comme le vôtre sont essentiels pour le programme de « Marque Israël ».Comme l’a écrit la semaine dernière le Jerusalem Post, vos commentaires ont fait partie des « meilleures hasbaras dont Israël ait bénéficié dernièrement ».

De même que tous les artistes progressistes ont boycotté Sun City en Afrique du Sud de l’apartheid, les Palestiniens vous ont appelé à boycotter Tel Aviv, vous demandant de refuser de participer à l’embellissement du régime d’occupation et d’apartheid qui existe et dénie aux Palestiniens nos droits inaliénables. Que vous ayez jusqu’ici complètement et consciemment ignoré les voix de la majorité absolue de la société palestinienne, y compris celles des plus éminents artistes, qui ont appelé au boycott culturel d’Israël, c’est décourageant Thom, mais il n’est jamais trop tard.

Vous pouvez choisir, soit de divertir l’apartheid israélien, sans tenir compte des appels des Palestiniens colonisés et brutalisés, soit d’être du bon côté de l’histoire et refuser de servir à la prolongation de l’injustice et de l’oppression coloniale. Vous ne pouvez pas choisir les deux.

Il n’est jamais trop tard pour revenir du bon côté de l’histoire.

Signé par :

Salim Abu Jamal, producteur et réalisateur

Raed Andoni, réalisateur

Asma’a Azaizeh, poète

Mohammad Bakri, acteur et réalisateur

Saleh Bakri, acteur

Ziad Bakri, acteur et cinéaste

Samir Eskanda, musicien

Mahdi Fleifel, réalisateur

Annemarie Jacir, cinéaste et poète

Remi Kanazi, poète

Hannah Khalil, auteure de théâtre

Kiras Khoury, acteur

Ramzi Maqdisi, acteur

Rakan Matasi, réalisateur

Jowan Safadi, musicien

Kareem Samara, musicien

 

Source: bdsmovement

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Lettre demandant au Centre Lincoln d’annuler les représentations théâtrales « Brand Israël » du gouvernement israélien

Si vous êtes artiste de théâtre et souhaitez signer cette lettre, merci de nous contacter et de donner votre nom et une identification se rapportant au théâtre .

 

À Katherine Farley, Présidente du conseil d’administration, Centre Lincoln

À Debora L. Spar, Présidente, Centre Lincoln

 

Chères Madame Farley et Madame Spar,

 

Nous défendons les arts et les droits de l’homme et en tant que tels, nous vous écrivons pour exprimer notre préoccupation profonde devant l’accueil par le Centre Lincoln du Théâtre national israélien Ha’bima et du Théâtre Cameri de Tel Aviv, du 24 au 27 juillet, pour des représentations de la pièce « Jusqu’à la fin de la terre ». Le site du Centre Lincoln indique que ces représentations seront produites « avec le soutien du Bureau des Affaires culturelles d’Israël en Amérique du Nord ». Il est profondément préoccupant que le Centre Lincoln, l’une des institutions culturelles mondiales majeures, aide le gouvernement israélien à mettre en pratique sa stratégie méthodique « Brand Israel », qui consiste à utiliser les arts et la culture pour détourner l’attention des décennies de colonisation violente, d’occupation militaire brutale et de déni des droits fondamentaux du peuple palestinien par cet État. Nous demandons au Centre Lincoln d’éviter de se rendre complice de « Brand Israel », en annulant ces spectacles de Ha’bima et Cameri.

 

En 2006, le ministère des Affaires étrangères d’Israël (MoFa) a lancé sa stratégie de relations publiques « Brand Israel » qui vise à « changer l’image » d’Israël en présentant ce pays comme « utile et moderne », tout en « évitant toute discussion sur le conflit avec les Palestiniens ». Une composante importante de « Brand Israel » consiste en la promotion du pays en tant que milieu progressiste des arts et de la culture. Cela a été exprimé par un responsable du MoFa qui, suite à l’une de ces agressions militaires périodiques d’Israël contre la bande de Gaza, a déclaré au New York Times, « Nous allons envoyer à l’étranger des romanciers et des écrivains connus, des compagnies de théâtre, des expositions…  De cette façon, vous montrez un visage enjolivé d’Israël, et nous ne sommes pas perçus uniquement dans le contexte de la guerre ». Le soutien annoncé par le « Bureau des Affaires culturelles d’Israël en Amérique du Nord » pour la représentation de Ha’bima et Cameri au Centre Lincoln entre précisément dans cette stratégie du gouvernement israélien.

 

 

En plus de ce partenariat avec le gouvernement, les Théâtres Ha’bima et Cameri se sont rendus longtemps et activement complices de l’occupation et de la colonisation de la Cisjordanie, en se produisant à maintes reprises dans les colonies de peuplement illégales en dépit des appels d’artistes de conscience, d’Israël et du monde, leur demandant de ne pas agir ainsi. En 2016, Ha’bima s’est produit dans la colonie radicale de Kiryat Arba à Hébron, et Ha’bima et Cameri ont donné de multiples représentations dans la colonie d’Ariel, qui s’enfonce de 12 miles au sein de la Cisjordanie occupée, en violation flagrante du droit international. De nombreux artistes israéliens ont protesté contre ces représentations à Ariel, et ont refusé d’y apparaître. À ces protestations d’artistes israéliens, sont venues s’ajouter en 2010 celles de plus de 150 professionnels internationaux du théâtre et du cinéma. Au Royaume-Uni en 2012, un groupe d’éminents acteurs, dramaturges et directeurs, a publié une lettre dans le Guardian demandant au Théâtre du Globe de Shakespeare d’annuler une représentation de Ha’bima en raison de son rôle dans la légitimation des colonies israéliennes. Néanmoins, Ha’bima et Cameri continuent de se produire dans les colonies.

 

Compte tenu de ce contexte, le Centre Lincoln ne peut pas prétendre qu’accueillir ces théâtres avec le soutien du gouvernement israélien n’est qu’un patronage apolitique des arts, quand ces institutions israéliennes sont directement impliquées dans le soutien de la répression du peuple palestinien, et notamment des artistes de théâtre palestiniens. Pour ne citer que quelques-uns des nombreux exemples d’artistes palestiniens visés par la répression du gouvernement israélien : les artistes et employés du Théâtre de la Liberté à Jénine ont fait maintes fois l’objet d’arrestations et de harcèlements. En juin 2015, le gouvernement israélien a coupé le financement d’un théâtre dirigé par des citoyens palestiniens d’Israël, et menacé le financement d’un autre théâtre pour des décisions artistiques liées aux droits des Palestiniens. Le Théâtre National Palestinien à Jérusalem-Est a été victime, pendant des années, d’un harcèlement persistant et de menaces de fermeture par le gouvernement israélien. La liberté de mouvement de tous les artistes palestiniens est fréquemment restreinte par les autorités d’occupation israéliennes, alors que les artistes israéliens parcourent le monde en toute liberté.

 

Nous ne soulevons ici aucune préoccupation concernant le fond des artistes, ou leur nationalité, mais plutôt sur la complicité structurelle d’institutions avec un calendrier répressif d’un l’État qui viole de façon répétée le droit international. Une autre programmation du Centre Lincoln, notamment les autres spectacles au Festival international du 10 au 30 juillet, fait apparaître ses intentions admirables en mettant en avant des voix variées dans la région, en permettant aux arts de fonctionner comme ils le peuvent et de façon précieuse pour initier la pensée critique, faciliter le questionnement actif et ouvrir un espace à la compréhension interculturelle. Mais en accueillant les Théâtres Ha’bima et Cameri, et en vous associant de la sorte au gouvernement israélien, le Centre Lincoln soutient lui aussi, activement, des décennies de déni des droits des Palestiniens par Israël. Cela fait maintenant 50 ans que les Palestiniens vivant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza sont soumis à un régime d’occupation militaire et de colonisation, et 69 ans que ceux vivant en Israël sont des citoyens inégaux, soumis à plus de 50 lois discriminatoires, et que les autres vivent comme réfugiés dans une diaspora, et à qui il est dénié le droit au retour dans leur patrie, tel que garanti par le droit international.

 

Telles sont nos raisons pour exhorter le Centre Lincoln à respecter l’appel de la société civile palestinienne au boycott de ces institutions culturelles israéliennes qui se rendent complices du déni des droits des Palestiniens. Cet appel s’inspire de ce mouvement mondial de boycott qui a aidé à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud. Pour aider à faire pression sur le gouvernement israélien afin qu’il mette fin à 69 ans de dépossession et d’exil palestiniens, et à 50 ans d’occupation militaire, nous vous demandons d’annuler les représentations de Ha’bima et Cameri en juillet.

 

Nous serions très heureux de vous rencontrer pour discuter plus avant de ces questions.

 

Source: ADALAH-NY

Traduction : JPP pour BDS France

 

 




Radiohead devrait se joindre au boycott culturel d’Israël – pourquoi ne veulent-ils pas me rencontrer pour en discuter ?

Leur refus entêté de répondre aux nombreuses critiques concernant leur concert fâcheux à Tel Aviv me fait penser qu’ils ne veulent entendre qu’un seul côté – celui qui soutient l’apartheid.

11 Juillet 2017 – Ken Loach

J’ai été étonné de lire dans Rolling Stone que Thom Yorke pense que les critiques concernant le concert prévu de Radiohead à Tel Aviv ne sont que des “jets de merde” en public contre le groupe, sans leur avoir parlé en privé. C’est à la fois inexact et – même si c’était exact – assez hors de propos.

Que ce soit pendant l’apartheid d’Afrique du Sud par le passé ou pendant l’apartheid d’Israël de nos jours, lorsqu’une communauté oppressée demande à des artistes connus internationalement  de ne pas prêter leurs noms aux tentatives des oppresseurs d’étouffer leurs violations des droits humains, il en va de notre obligation morale de tenir compte de leurs appels. Il devrait s’agir d’eux et de leurs droits humains, pas de nous et de notre sentiment de fierté.

 

J’ai aussi cru comprendre que plusieurs artistes avaient approché Radiohead en privé ces derniers mois, dont des artistes palestiniens et israéliens progressistes, et leur ont demandé une rencontre pour leur expliquer la nécessité de respecter le boycott culturel d’Israël, demandé par la société civile palestinienne. Autant que je sache, ces demandes ont été ignorées.

J’ai moi-même approché le manager de Radiohead pour une proposition de rencontre, aux côtés d’artistes palestiniens. Cette offre a été faite plusieurs fois ces trois dernières semaines. A ce jour je n’ai reçu aucune réponse, que ce soit du groupe ou du manager.

Cela est profondément décevant. Je ne sais pas qui conseille Radiohead, mais leur refus entêté de répondre aux critiques concernant leur concert fâcheux à Tel Aviv me fait penser qu’ils ne veulent entendre qu’un seul côté – celui qui soutient l’apartheid.

Yorke a dit qu’il ne penserait jamais à me dire “où travailler ou bien quoi faire ou boire.” Au contraire, moi je pense que nous devrions tous discuter de comment répondre aux appels d’une communauté oppressée. Dans ce cas, Radiohead devraient écouter leurs amis qui leur disent qu’en jouant à Tel Aviv ils sapent non seulement la lutte pour les droits humains mais aussi la réputation de Radiohead.

Les musiciens, artistes, écrivains, réalisateurs, organisations culturelles palestiniens nous ont demandé de nous engager dans un boycott culturel institutionnel d’Israël, tout comme cela avait été fait pendant l’apartheid en Afrique du Sud.  Ils nous ont demandé, au minimum, de nous abstenir de saper leur lutte pour mettre fin à l’occupation militaire israélienne, qui aura 50 ans cette année, à la colonisation de leurs terres et à son système d’apartheid qui domine chaque aspect de leurs vies.

Yorke nous reproche de “balancer” le mot apartheid. La définition correspond, trop bien. Les hommes, femmes et enfants palestiniens sont dégagés de chez eux pour voir des colons israéliens s’y installer ; ils regardent leurs maisons se faire détruire alors que la construction illégale de maisons pour Juifs seulement continue de confisquer des terres palestiniennes ; ils voyagent sur des routes soumises à la ségrégation raciale et subissent l’humiliation aux check points et barrages routiers israéliens.

Les Palestiniens savent que les artistes qui ne respectent pas leur stratégie non- violente, peu importent les intentions, finissent par blanchir et aider à perpétuer cette injustice, alors qu’Israël continue d’ignorer le droit international et les résolutions de l’ONU.

Moi, ainsi que d’autres, désirons toujours rencontrer Yorke et ses collègues, avec des artistes palestiniens. Radiohead est un groupe important pour beaucoup de gens à travers le monde, pas seulement parce qu’ils sont d’éminents musiciens talentueux, mais aussi parce qu’ils sont perçus comme un groupe politiquement progressiste. Aucun d’entre nous ne veut les voir faire l’erreur d’avoir l’air de soutenir ou de cacher l’oppression israélienne. S’ils vont à Tel Aviv, ils ne l’oublieront probablement jamais.

Souvenez-vous de ce que le héros sud-africain contre l’apartheid, Desmond Tutu, nous a souvent dit : il n’est pas de neutralité dans les situations de grave injustice. Radiohead doit décider s’ils sont du coté de l’oppressé ou de celui de l’oppresseur. Le choix est simple.

 

Traduction: L.Gr pour BDS France

Source: Independent




L’Église mennonite des États-Unis vote massivement pour un filtre des investissements liés à l’occupation israélienne

 

Le Réseau mennonite Palestine-Israël (Menno-PIN) salue l’adoption réussie de la résolution “À la recherche de la paix en Israël et en Palestine”, par l’Église mennonite des États-Unis, lors de sa convention biennale à Orlando (Floride) aujourd’hui. La résolution a été massivement approuvée, avec le soutien d’approximativement 98% des 548 votants.
La résolution déclare que l’Église s’oppose au joug militaire israélien d’un demi-siècle sur les Palestiniens dans les territoires occupés et s’engage à « retirer ses investissements des compagnies qui profitent de l’occupation ». La résolution recommande aussi aux membres de l’Église d’éviter l’achat de biens associés à l’occupation ou produits dans des colonies israéliennes bâties sur les terres palestiniennes occupées, en violation du droit international et de la politique officielle des États-Unis depuis longtemps, et de promouvoir l’arrêt de l’aide militaire américaine et de la vente des armes au Moyen-Orient.
L’ Église mennonite des États-Unis rejoint l’Église presbytérienne (USA), l’Église méthodiste unifiée, l’Église unifiée du Christ, les Quakers, les Universalistes unitariens, l’Église luthérienne évangélique d’Amérique, et d’autres, qui ont pris des mesures économiques pour défendre les droits humains palestiniens.
“Cette résolution est une réponse, attendue depuis longtemps, à l’Appel palestinien chrétien à l’Église”, a déclaré Joy Lapp, professeur de religion à Iowa Wesleyan University et l’un des fondateurs de Menno-PIN. “Aujourd’hui nous exprimons notre solidarité avec leurs efforts courageux, non-violents, pour la justice et l’égalité ».
La résolution cible les manières dont les Mennonites ont causé des préjudices tant aux Palestiniens qu’aux Juifs et indique des étapes concrètes pour réparer ces torts. Elle aborde la réalité persistante de l’anti-sémitisme dans le monde et analyse dans quelle mesure les Mennonites américains sont complices des souffrances juives historiquement, actuellement et théologiquement. Les membres de l’Église sont invités à construire des relations avec les communautés de Palestiniens américains, de Musulmans et de Juifs aux États-Unis.
Menno-PIN est impatient de travailler avec le personnel de l’Église et ses membres pour implémenter fermement cette résolution dans les années à venir.

Le Réseau mennonite Palestine-Israël est un réseau de base de Mennonites travaillant pour la paix et la justice en Palestine-Israël.

 

Media Contact: Rev. Tom Harder;
316-617-9755; tlharder1@gmail.com

 

Traduit de l’anglais, version originale : https://www.fosna.org/mennonite-win-release?platform=hootsuite




Les transports de Sacramento lâchent G4S

Les militants de Sacramento se félicitent de la décision de la direction des transports de la capitale de la Californie de ne pas renouveler son contrat de sécurité avec G4S, après une campagne mettant en lumière le rôle de l’entreprise dans des violations des droits en Palestine et aux USA.

G4S, la plus grande société de sécurité au monde, participe au fonctionnement de prisons israéliennes où des Palestiniens sont torturés et gère des prisons pour mineurs, des équipements de détention et de déportation aux USA et au Royaume Uni.

La société est également impliquée dans des violations des droits humains et du travail en  Afrique dans les équipements offshore où l’Australie détient des réfugiés et des demandeurs d’asile.

Pendant plus de 20 mois, des militants de SacRideHuman – une coalition d’une douzaine d’associations pour les droits humains et du travail, de groupes religieux et de défense de la Palestine – ont fait campagne auprès de la direction des transports régionaux de Sacramento pour rediriger des fonds auparavant dépensés dans des contrats de 3 ans chez G4S en emplois internes et syndiqués.

Sacramento Regional Transit a annoncé qu’il forme d’ores et déjà 30 nouveaux fonctionnaires pour remplacer les emplois privés à la fin de ce mois-ci, date de fin du contrat de G4S. La société de transport a déclaré que transférer les emplois en interne permettrait d’économiser 200 000 dollars par an.

Les militants poussèrent également la ville à ne pas privilégier les multinationales aux entreprises locales.

“C’est un exemple puissant de la force et de la profondeur de l’impact que peut avoir une campagne menée par des coalitions de convergences de luttes,” explique Friends of Sabeel Amérique du Nord, un groupe chrétien œcuménique solidaire de la Palestine qui faisait partie de la coalition.

Maggie Coulter, une militante de SacRideHuman, a expliqué à The Electronic Intifada que les campagnes couronnées de succès prennent du temps à construire et demandent des connections avec ceux qui partagent un intérêt dans les droits humains, civique et du travail.

“Si nous n’avions pas fait équipe avec d’autres militants, des églises, et des personnes d’autres organisations, je suis sûre que G4S aurait vu son contrat [renouvelé],” nous dit Coulter.

“Le résultat c’est que nos efforts ont fait la différence.”

Contrats non renouvelés

G4S a perdu des millions de dollars de contrats à travers le monde par les effets directs de la campagne soutenue de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

L’année dernière, G4S a annoncé qu’il abandonnait une liste de marchés controversés, dont sa filiale israélienne et ses services de détention de mineurs aux USA.

The Financial Times décrit ce changement comme une tentative de G4S de prendre des distances avec “des activités endommageant sa réputation.”

Les militants ont promis de maintenir la pression sur l’entreprise aussi longtemps qu’elle restera complice des violations des droits humains des Palestiniens.

G4S a toujours des parts chez Policity, un centre d’entrainement de la police israélienne. L’entreprise fournit également ses services à Shikun & Binui, un groupe immobilier opérant dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée.

En Février, un important institut de recherche en Equateur n’a pas renouvelé son contrat avec G4S, s’associant à une grande chaine de restaurant en Colombie et plusieurs agences de l’ONU au Liban et en Jordanie ont laissé tombé l’entreprise.

“G4S viole les droits humains et du travail à travers le monde,” a déclaré à The Electronic Intifada Rochelle Watson, une organisatrice nationale de Friends of Sabeel Amérique du Nord.

“Cette victoire à Sacramento illustre comment un mouvement de convergences de luttes est ce dont nous avons besoin pour libérer nos communautés de sociétés aux pratiques de travail atroces, qui tirent profit de systèmes défaillants d’incarcération de masse et d’occupation,” explique Watson.

Les militants de Sacramento continuent de faire pression sur les élus de la ville pour “passer à l’étape suivante et arrêter de signer des contrats avec des entreprises qui tirent profit des violations des droits humains,” déclare Estevan Hernandez, militant pour les droits du travail.

Traduction: LG pour BDS France

Source: The Electronic Intifada

 




PETITION : Contre la coopération de l’UE avec Elbit dans le cadre du projet « FlySec »

Etant donné les complicités de la société d’armement israélienne Elbit Systems dans la violation des droits humains, ainsi que dans le non‐respect du droit international, nous demandons :

  • à la Commission européenne d’exclure Elbit Systems et toutes les autres entreprises militaires israéliennes de tous les programmes européens.
  • à l’Université du Luxembourg, à la société de l´aéroport du Luxembourg ainsi qu’à l’ensemble des autres partenaires d’annuler leur participation au projet européen Flysec qui bénéficie du savoir‐faire acquis par Elbit Systems au détriment des Palestiniens

Logo pétition Signer la pétition

 

https://www.youtube.com/watch?v=YBR08KvzFms

 

Elbit a profité jusqu’à présent d’une contribution de l’UE à hauteur de 403 750 € pour sa participation dans le projet FLYSEC, lequel projet, sur le plan technique, intègre les nouvelles technologies en matière de vidéo-surveillance, de traitement intelligent à distance de l’image et de biométrie, combinées avec de magistrales analyses des données, avec l’open-source intelligence (renseignement à l’origine de source ouverte) et le crowdsourcing (externalisation ouverte) (5). Une telle technologie à double usage est grandement utilisée dans les applications militaires, tels que les systèmes de sécurité et de surveillance.


Plus d’informations sur le projet de financement par l’UE des sociétés et institutions militaires israéliennes via Horizon 2020




Des musiciens israéliens à Thom Yorke : Annuler le concert de Radiohead abîmera la façade « comme si de rien n’était » d’Israël

La rédaction de Mondoweiss, le 29 juin 2017

Cher Thom Yorke,

Nous sommes des musiciens israéliens qui vous écrivons au sujet de votre concert programmé en Israël pour le 19 juillet. Ce que nous avons compris, c’est que l’appel public vous exhortant à respecter la ligne de piquetage palestinienne et à annuler ce concert n’a été publié qu’après qu’un appel privé soit resté sans réponse. De la même façon, nous ne diffuserons une lettre publique que si nous n’arrivons pas à engager le contact avec vous en privé.

Nous aimerions répondre directement à un commentaire que vous avez fait dans Rolling Stone. Faisant allusion à Roger Waters, Desmond Tutu et aux nombreux autres artistes et personnalités publiques qui vous ont exhorté à respecter l’appel au boycott culturel, vous avez dit que vous « ne compreniez simplement pas pourquoi donner un concert de rock ou une conférence à l’université [leur pose problème] ».

Nous avons un grand respect pour Roger Waters et Desmond Tutu, mais leurs problèmes ne sont pas le sujet, comme ils seraient certainement les premiers à le reconnaître. Waters, Tutu et les autres se sont adressés à vous pour répondre à une demande de solidarité faite par les Palestiniens. L’appel au boycott culturel pour mettre fin aux graves violations des droits de l’Homme par Israël bénéficie d’un très large soutien des Palestiniens. Pour eux, il est clair que divertir leurs oppresseurs à ce moment là témoigne d’une indifférence à leurs souffrances et contribue à les perpétuer.

Tout artiste international qui se produit en Israël devient un outil de propagande pour le gouvernement israélien. Les représentations internationales en Israël servent le gouvernement dans son programme de blanchiment de ses crimes de guerre contre les Palestiniens en créant une atmosphère ‘comme si de rien n’était’ dans laquelle le statu quo, réalité de la colonisation et de l’occupation militaire pour les Palestiniens, est normalisé. Maintenir cette atmosphère dépend fortement de la création d’une façade présentant Israël comme un Etat dynamique, avancé, progressiste, doté d’une scène culturelle riche et diversifiée.

En 2003, le ministère israélien des Affaires étrangères a décidé de s’investir dans une stratégie de relations publiques pour « donner une nouvelle image d’Israël », détournant l’attention loin des crimes de guerre d’Israël en mettant en avant les réussites culturelles et scientifiques d’Israël. Il va sans dire que le gouvernement, qui vient juste de célébrer ses 50 ans de gestion militaire brutale de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza palestiniennes occupées, ne devrait pas être soutenu, même non intentionnellement. On ne devrait pas donner au gouvernement, qui a légiféré pour interdire même la commémoration du déplacement de la majorité de la population indigène palestinienne en 1948, la possibilité de déclarer que des artistes et des musiciens défendent sa politique.

On ne peut empêcher l’effet d’une représentation en Israël, même avec les meilleurs intentions. Quelque déclaration que vous souhaitiez pouvoir faire sur scène serait éclipsée par le fait que vous aurez outrepassé la ligne établie par la très grande majorité des organisations de la société civile palestinienne. Par contre, si vous décidiez de ne pas jouer, cela enverrait un message fort au gouvernement israélien comme quoi leur politique raciste et les graves violations des « droits fondamentaux des Palestiniens ne seront pas normalisées ». Cela enverrait aussi un message au peuple palestinien disant que vous les soutenez de façon très concrète dans leur lutte.

Israël est de plus en plus connu pour être l’endroit avec lequel les artistes avant-gardistes qui se soucient d’égalité et de liberté veulent peu avoir à faire. Nous sommes convaincus que cette réalité contribuera à pousser le gouvernement israélien à changer sa politique injuste et aidera à convaincre les entreprises de se désinvestir d’Israël, exactement comme elles l’ont fait dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Annuler votre concert abîmera la façade « comme si de rien n’était » que les représentations internationales en Israël perpétuent.

Nous vous prions de revenir sur cette violation de l’appel des Palestiniens au boycott. Nous restons prêts à parler avec vous de toute question ou inquiétude que vous pouvez avoir et restons à votre disposition pour échanger avec vous.

Sincèrement,

Ohal Grietzer
Michal Sapir (Afor Gashum)
Alma Ben Yossef (Lif’Oof)
Aviad Albert (finkelbert)
Yoav Barak
Ben Romen
Yonathan Eldan (You’re Next Records)
Yonathan Shapira

 

Traduction : J. Ch. pour BDS France




La plus grosse société de transport public israélienne perd un contrat de 190 millions d’euros avec les Pays-Bas, suite à la campagne BDS locale

Le mois dernier, Egged Bus Systems (EBS), une filiale d’Egged Israel Transport Cooperative Society, le plus gros opérateur de transport public d’Israël, a loupé une proposition de contrat de gestion de dix ans portant sur le transports publics de la province de Hollande-Septentrionale, aux Pays-Bas. Ce contrat était estimé à 19,1 millions d’euros par an, pour une valeur totale de 190,1 millions d’euros.

Egged Bus Systems a perdu cette offre après que des activistes BDS hollandais eurent lancé une campagne accusant sa société mère israélienne de favoriser de graves violations des droits humains palestiniens et des lois humanitaires internationales.

Spécifiquement, Egged Cooperative met en service des bus exclusivement réservés aux Juifs et reliant la quasi-totalité des colonies illégales d’Israël, construites sur des terres palestiniennes volées en Cisjordanie militairement occupée, y compris des avant-postes éloignés et Jérusalem-Est.

Les bus d’Egged empruntant les itinéraires de bus entre les colonies israéliennes sont interdits aux Palestiniens. Ces véhicules sillonnent un vaste réseau de routes construites de façon à relier sans interruption les colonies illégales situées de part et d’autre du mur illégal de séparation israélien et les villes se trouvant dans l’Israël d’aujourd’hui.

Par conséquent, la société soutient, en même temps qu’elle en tire profit, un système de bus à ségrégation raciste qui facilite activement le maintien et l’expansion des colonies illégales d’Israël, qui sont elles-mêmes considérées comme crimes de guerre par les lois internationales.

Sonja Zimmermann, du Centre de services et de recherche sur la Palestine (DocP), une coalition de militants BDS hollandais pour les droits palestiniens, a déclaré :

Nous sommes très heureux de ce résultat, puisque notre gouvernement régional a rejeté l’offre d’Egged portant sur la gestion du système de transport public de la Hollande-Septentrionale.
Les gens peuvent désormais monter dans un bus sans contribuer à financer les bus de l’apartheid israélien qui pratiquent des discriminations à l’égard des Palestiniens, et sans contribuer à la normalisation des allers et retours entre Tel-Aviv et les colonies illégales réservées aux juifs et construites sur des terres palestiniennes volées.
Il n’y a rien de normal dans l’oppression subie quotidiennement par les Palestiniens et je me sens confortée de voir que nos campagnes BDS aux Pays-Bas bénéficient d’un soutien populaire croissant et qu’elles affichent des résultats.

Riya Hassan, représentante du BNC (Comité national palestinien pour les BDS) auprès des campagnes européennes, a déclaré de son coté :

Félicitations à tous les activistes, organisations et collectifs aux Pays-Bas qui ont surenchéri avec succès sur leurs premières campagnes BDS afin d’exclure une société de transport israélienne qui tire profit de la ségrégation appliquée dans les services de bus, routes et colonies israéliennes illégalement construites sur des terres palestiniennes volées.
Vous avez contribué à faire en sorte que le conseil régional de la Hollande-Septentrionale s’en tienne à ses obligations à l’égard des lois internationales en n’aidant ni encourageant les graves violations des droits palestiniens par Israël.
Egged Cooperative a également été accusée d’exposer ses conducteurs palestiniens au danger et de ne pas les protéger suffisamment des violences des extrémistes israéliens. En 2014, une centaine de chauffeurs de bus palestiniens d’Egged avaient démissionné, craignant des agressions de la part des colons israéliens et après qu’un chauffeur palestinien de la ligne de Jérusalem, Yusuf Hassan al-Ramouni avait été retrouvé mort, pendu, dans un bus d’Egged.

Egged Bus Systems était l’une des quatre sociétés ayant soumissionné en vue de ce très lucratif contrat de transport public aux Pays-Bas. La société qui a finalement décroché le contrat, Connexxion, une société hollandaise, fournira des bus et gérera le transport public en Hollande-Septentrionale à partir de juillet 2018 et ce, durant les dix années à venir.

Connexxion est elle-même une filiale de Veolia, un géant français qui a été complice de l’occupation israélienne jusqu’au moment où une vaste campagne BDS lui a coûté des soumissions dans le monde entier, pour une valeur estimée à plus de 20 milliards de dollars, ce qui l’a contrainte à abandonner le marché israélien. Veolia et Connexxion ont mis un terme à leur complicité dans les violations israéliennes des droits humains palestiniens, mais doivent toujours payer des dommages et intérêts aux communautés palestiniennes qu’elles ont lésées et les participants à la campagne exigent aujourd’hui encore qu’elles s’exécutent.


Publié 21 juin 2017 sur BDS Movement
Traduction : Pourlapalestine.be Jean-Marie Flémal

Le Comité national palestinien pour les BDS (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Elle dirige et soutient le mouvement BDS mondial.

 




Action BDS au salon de l’aéronautique et de l’espace le Samedi 24 juin 2017

Une vingtaine de militant-e-s de la campagne BDS France (Boycott/Désinvestissement/Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international), accompagnés de militant-e-s du collectif « Les Désobeissants » ont lors d’une action non-violente perturbé le stand de l’entreprise israélienne Elbit Systems, principal fournisseur de drones tueurs à l’armée israélienne (notamment lors du dernier massacre dans la bande de Gaza en 2014) au 52e salon de l’aéronautique et de l’espace ce samedi 24 juin 2017.

https://youtu.be/MSrb-bBgcTA

PHOTOS : https://goo.gl/photos/Pj8JXp94h1CCbdkk7

VIDEO: https://www.youtube.com/watch?v=MSrb-bBgcTA

Cette action de solidarité avec le peuple palestinien a été encouragée et suivie avec sympathie par les nombreuses personnes présentes sur les lieux.

 

La campagne BDS appelle à un embargo militaire immédiat et des sanctions contre l’Etat d’Israël jusqu’à ce qu’il applique le droit international.

Pour la campagne BDS France, les sociétés d’armements israéliennes présentes à ce salon (Elbit Systems, Raphaël…) sont coupables de crimes de guerre, et doivent être jugées et condamnées par la Cour pénale internationale.

Annick Coupé d’ATTAC a déclaré lors de l’action:

En France, la société civile se mobilise en réponse à l’appel de la société civile palestinienne. L’association ATTAC est un mouvement attaché à la solidarité, à la justice et au droit international : à ce titre l’association a pris position en faveur de la Campagne BDS en soutien aux droits fondamentaux du peuple palestinien. C’est le sens de notre présence dans cette action.

Verveine Angeli, du syndicat Solidaires a ajouté :

« Nous sommes là en tant que syndicalistes solidaires des travailleurs et travailleuses et de la population en Palestine qui ne peuvent pas vivre et travailler sous la contrainte de l’occupation israélienne. »

Jean Guy Greilsamer, de l’Union Juive Française pour la Paix :

« Le peuple palestinien a lancé le mouvement BDS pour mettre fin à la politique coloniale, d’apartheid et d’épuration ethnique pratiquée par Israël au nom des Juifs du monde entier. De plus en plus de Juifs participent à la Campagne BDS, qui continuera jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international. »

Ci-dessous, la déclaration lue par deux militantes de la Campagne BDS France lors de l’action au salon de l’aéronautique et le tract distribué lors de celle-ci.

EMBARGO MILITAIRE CONTRE ISRAËL !

GAZA, GAZA, ON N’OUBLIE PAS !

ISRAËL  APARTHEID: BOYCOTT !

SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN !

STOP ARMING ISRAEL !

Campagne BDS France – www.bdsfrance.orgcampagnebdsfrance@yahoo.fr

Vidéo de l’action :

Intervention de deux militantes de la Campagne BDS France à Paris lue pendant l’action le 24 juin 2017 au salon du Bourget

Nous sommes des militant-e-s de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet état respecte le droit international.)

Nous sommes ici samedi 24 juin au salon international de l’aéronautique du Bourget pour dénoncer la présence des principales entreprises militaires israéliennes.

L’une d’entre elle, ELBIT Systems – que vous voyez ici – produit et a utilisé du phosphore blanc contre la population civile de Gaza, ce qui constitue un crime de guerre.

Lors de la dernière attaque israélienne à Gaza en 2014, l’armée israélienne a assassiné plus de 2250 Palestiniens, dont plus de 550 enfants selon l’Unicef.

La présence de ces entreprises militaires israéliennes est une grave insulte à la mémoire de milliers de victimes innocentes à Gaza.

Elbit Systems vend la MORT ! En effet, ce que vous devez savoir aujourd’hui c’est que le principal argument marketing utilisé par ELBIT Systems pour vendre ses armes et ses équipements militaires est de les avoir « testés » sur le terrain.

Nous savons ce que signifie « testé sur le terrain » cela signifie que les Palestiniennes et les Palestiniens servent aussi de cobayes.

Elbit Systems est l’un des plus grands profiteurs de l’occupation et de la colonisation israéliennes.

85% des drones israéliens sont fabriqués par Elbit Systems. Ces drones sont de véritables engins de mort et de surveillance de toute une population à Gaza et en Cisjordanie occupée.

ELBIT Systems fournit également l’électronique du mur de l’apartheid qui s’étend sur des centaines de kilomètres en Cisjordanie occupée. Ce mur sépare les Palestiniens de leur proches, les agriculteurs de leurs champs, au profit de colonies illégales israéliennes.

Au delà d’ELBIT Systems, nous appelons à un embargo militaire contre Israël. Nous demandons à notre gouvernement d’arrêter de vendre et d’acheter des armes à Israël.

Nous dénonçons également toute coopération militaire conjointe avec l’armée israélienne, comme celle de novembre 2016 ou des F15 de l’armée israélienne ont survolé le ciel de Corse.

Parce que la vie des Palestiniens compte, nous continuerons à nous mobiliser pour répondre à l’appel lancé par le Comité Palestinien pour le Boycott Militaire contre Israël, et nous sommes déterminés à intensifier cette campagne BDS pour la justice.




Le gouvernement britannique battu au tribunal par les militants BDS pour les droits fondamentaux des Palestiniens

 

22 juin 2017 / Campagne de Solidarité avec la Palestine (CSP-UK)

UK, War on Want (Guerre à la Pauvreté), Campagne Contre le Commerce des Armes, Quakers, Administration Locale des Régimes de Retraites, pensions, Hugh Lanning, Ben Jamal

Le tribunal a déclaré qu’il était illégal que le gouvernement restreigne les conseils municipaux dans l’exercice de leur liberté de conscience et dans le désinvestissement de leurs pensions des sociétés israéliennes complices de la violation des droits fondamentaux des Palestiniens.

 

* Le gouvernement britannique a agi illégalement en essayant d’empêcher les conseils municipaux de poursuivre le boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre l’État d’Israël via leurs régimes de retraites.

* Les militants pour la Palestine ont accueilli triomphalement le jugement présenté au mouvement BDS, qui déclare : « Ce jour est une victoire pour la Palestine, pour la démocratie locale et pour l’état de droit. »

* Le juge du tribunal administratif Sir Ross Cranston a accordé le 22 juin la révision judiciaire établissant que le gouvernement avait agi dans un but malhonnête.

La Campagne de Solidarité avec la Palestine a remporté aujourd’hui une victoire essentielle pour le mouvement pacifique Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre le gouvernement britannique. Guerre à la Pauvreté, Campagne Contre le Commerce des Armes et les Quakers ont défendu la contestation juridique avec des déclarations de témoins. CSP était représentée dans les débats par Bindmans LLP, Nigel Giffin QC et Zac Sammour.

Le gouvernement conservateur minoritaire en difficulté a subi un nouveau coup puisque certaines parties des investissements de sa Directive par l’Administration Locale des Régimes de Retraites (ALRR) ont été abolies comme illégales.

La Directive a été annoncée en septembre 2016 par le Département des Communautés et Administrations Locales, spécifiquement pour restreindre les campagnes de désinvestissement contre les entreprises israéliennes et internationales impliquées dans les violations du droit international par Israël, ainsi que pour protéger l’industrie de la défense britannique. Ceci s’est passé malgré une consultation publique qui indiquait que 98 % des consultés pensaient que c’était ce qu’il ne fallait pas faire. Les bénéficiaires de retraites auraient été obligés d’investir dans des sociétés complices d’atteintes aux droits de l’Homme, en contradiction avec leur conscience et leurs croyances.

Le tribunal administratif a déclaré aujourd’hui que le gouvernement avait agi dans un but malhonnête en cherchant à utiliser la législation sur les retraites pour poursuivre sa propre politique étrangère et de défense. En conséquence, les parties concernées de la Directive étaient tenues pour illégales et cessaient de restreindre ALRR dans ses décisions sur les pensions.

En 2005, la société civile palestinienne a appelé à une campagne de boycott, de désinvestissement et de mesures de sanctions jusqu’à ce qu’Israël se conforme à ses obligations selon le droit international. Elle a pris modèle sur le boycott anti-apartheid sud-africain réussi dans les années 1980. Divers conseils locaux ont répondu à l’appel palestinien en votant des motions pour boycotter les produits issus des colonies illégales israéliennes. Les militants ont demandé aux conseils d’envisager de se désinvestir des sociétés complices des violations des droits de l’Homme en Cisjordanie occupée, telles que Hewlett Packard (HP).

Hugh Lanning, président de la CSP, a dit :

Ce jour est une victoire pour la Palestine, pour la démocratie locale et pour l’état de droit. Absolument tout le monde a le droit de protester pacifiquement contre les violations des droits fondamentaux des Palestiniens par Israël. Ce jugement maintient le droit des conseils municipaux et de leurs fonds de pension d’investir éthiquement sans que le gouvernement du moment intervienne politiquement.

Ben Jamal, directeur de la CSP, a dit :

Notre récent sondage YouGov montre que 43 % du public pense que BDS est raisonnable. Nous ne pouvions pas être plus heureux que ce droit ait été maintenu par le tribunal le mois même où l’occupation illégale de la Palestine atteint ses cinquante ans. CSP poursuivra sa campagne pour la justice pour le peuple palestinien avec une vigueur renouvelée.

Jamie Potter, partenaire dans l’équipe de Droit Public et des Droits de l’Homme de Bindmans LLP, a dit :

Ce résultat est un rappel au gouvernement qu’il ne peut interférer malhonnêtement dans l’exercice de la liberté de conscience et protester dans le but de poursuivre son propre calendrier.

Note aux rédactions :

* Le Département des Communautés et Administrations Locales a émis en septembre 2016 une directive ALRR qui déclarait que ‘le désinvestissement et les sanctions contre les industries de défense britanniques et des nations étrangères sont inappropriées, sauf lorsque des sanctions juridiques officielles, des embargos et des restrictions ont été mises en place par le gouvernement’.

* Cette directive a été décidée malgré une consultation publique sur ce sujet d’où il résultait que 98 % des consultés étaient vigoureusement contre ces projets.

*La Campagne de Solidarité avec la Palestine a demandé en décembre 2016 une révision judiciaire des nouvelles mesures du gouvernement pour ALRR.

*Le nouveau sondage YouGov à propos du regard des Britanniques sur la Palestine montre que 43 % du public considère le mouvement BDS comme raisonnable.

Source: bdsmovement

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Un ‘Code de Déontologie’ israélien pour étouffer officiellement la Liberté Académique – les Palestiniens exhortent à intensifier le BDS

16 juin 2017 / par la Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI)

Le ministère israélien de l’Education a proposé à l’université un « code de déontologie » qui institutionnaliserait une politique qui existe non officiellement pour étouffer la liberté académique.

Le ministre israélien d’extrême droite, pro-colons, de l’Education Naftali Bennett défend un nouveau « code de déontologie » qui interdirait aux professeurs d’université israéliens d’exprimer leurs « opinions politiques ».

Ce nouveau code interdirait aussi aux professeurs d’appeler ou de participer à un boycott académique d’Israël, ou même aux collèges ou départements universitaires de ses colonies de collaborer à des « organisations politiques ». On exigerait des institutions universitaires qu’elles organisent des comités dont le travail consisterait à surveiller l’activité politique des professeurs, à donner suite à des plaintes des étudiants et à prendre des mesures disciplinaires contre les transgresseurs.

L’ensemble des règles proposées, qui vont être soumises à l’approbation du Conseil de l’Enseignement Supérieur présidé par Bennett, ont été formulées par Asa Kasher, professeur à l’université de Tel Aviv et auteur du « code de déontologie » pour l’armée israélienne depuis le milieu des années 1990.

Kasher est bien connue pour fournir des arguments « éthiques » pour justifier les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité d’Israël à Gaza.

Commentant la conduite de l’armée israélienne pendant le massacre de Gaza en 2014, qui a tué plus de 2.200 Palestiniens, dont plus de 500 enfants, Kasher a dit : « Le chiffre des pertes n’est pas pertinent – il ne parle ni de négligences ni d’aucun acte répréhensible. »

Les nouvelles règles font partie de l’attaque dangereuse et incessante d’Israël contre la liberté académique. Si on les rend effectives, le code de conduite deviendra un nouvel élément de la complicité des institutions universitaires israéliennes dans le programme politique de l’État, qui cible d’abord et avant tout les universitaires et les étudiants palestiniens.

Les citoyens palestiniens d’Israël sont depuis longtemps confrontés aux restrictions de leur activité politique, sur les campus universitaires et au dehors. Les étudiants et les universitaires palestiniens sont également l’objet d’une discrimination généralisée dans les institutions israéliennes d’enseignement supérieur et il existe d’importantes divergences de financement entre les écoles palestiniennes et juives d’Israël.

Dans le territoire palestinien occupé, les restrictions israéliennes sur les déplacements, des checkpoints au système kafkaïen des permis de circuler, rendent les déplacements à l’intérieur et entre la Cisjordanie, dont Jérusalem Est, et Gaza, aussi bien qu’à l’étranger, une perspective difficile sinon impossible. Les personnes invitées dans les universités palestiniennes, dont et même spécialement les réfugiés palestiniens, sont à la merci d’Israël pour entrer.

Les raids militaires israéliens, les tirs à balle réelle et de gaz lacrymogènes ne sont pas rares sur les campus palestiniens.

Pendant l’attaque militaire de 2014 sur Gaza, Israël a ciblé au moins 153 écoles palestiniennes, dont 90 gérées par les Nations Unies, ainsi que la plus grande université de Gaza.

A l’étranger, les universitaires et étudiants palestiniens, ainsi que leurs soutiens, sont activement visés et réprimés par des lobbies influents et l’administration des universités exposées à leur intimidation et leur harcèlement.

Alors que certains dirigeants d’universités israéliennes ont émis des signes de critiques du code de conduite proposé, ils étaient eux mêmes connus pour avoir mis en place de façon informelle une politique similaire. Les institutions qu’ils dirigent ont non seulement gardé le silence face à l’étendue du déni des droits fondamentaux des Palestiniens, dont la liberté académique, mais, à de nombreuses reprises, ils ont directement soutenu ou justifié la répression incessante de l’éducation palestinienne et ont mené des actions pour réduire au silence les universitaires et les étudiants qui critiquent la politique de l’État palestinien.

Le nouveau « code de déontologie » proposé par le gouvernement israélien institutionnalise ce qui est souvent et déjà une politique non officielle. Ceux qui souhaitent sincèrement défendre la liberté académique pour tous devraient soutenir le boycott des institutions universitaires israéliennes jusqu’à ce qu’elles reconnaissent la totalité des droits du peuple palestinien, tels que consacrés dans le droit international, et mettent fin à toute forme de complicité avec les violations de ces droits par Israël.

Traduction : J. Ch. pour BDS France




L’IPSC salue la décision du Syndicat des Musiciens d’Irlande de boycotter l’Israël d’apartheid

16 juin 2017 | IPSC | Actualités

La Campagne de Solidarité Irlande Palestine (IPSC) salue et félicite chaleureusement le Syndicat des Musiciens d’Irlande (MUI) pour avoir voté une motion de soutien au boycott culturel de l’Israël d’apartheid. Un boycott culturel d’Israël a été demandé par la société civile palestinienne depuis 2004. La motion a été votée le 1er mars à l’Assemblée Générale Annuelle de MUI au Liberty Hall de Dublin et dit ce qui suit :

« Le Bureau du Syndicat des Musiciens d’Irlande exhorte ses membres, à la vue du mépris répété et continu par Israël du droit international et du droit humanitaire, de boycotter toutes les activités culturelles financées par l’État d’Israël et de refuser tout engagement en Israël, sauf s’il s’agit d’un événement en soutien de l’égalité des droits pour les Palestiniens. Nous pensons qu’il faut poursuivre ce genre d’approche jusqu’à ce qu’Israël reconnaisse l’Egalité des Droits pour les Palestiniens et respecte le Droit international. »

Nous félicitons le MUI pour avoir voté cette motion qui témoigne d’une solidarité essentielle avec le peuple palestinien qui en est maintenant à sa 69ème année de nettoyage ethnique, de dépossession et d’apartheid. Cette année marque également le 50ème anniversaire de l’occupation militaire par Israël de Jérusalem Est, de la Cisjordanie et de Gaza.

En 2005, quelque 170 organisations de la société civile palestinienne ont lancé un appel au Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) contre l’État d’Israël « jusqu’à ce qu’Israël se soumette à son obligation de reconnaître le droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination et se conforme totalement au droit international ».

Depuis lors, la campagne BDS a pris de plus en plus d’ampleur et bénéficie d’un grand soutien en Irlande où quelque 549 travailleurs culturels ont signé depuis 2010 avec l’IPSC le Voeu des Artistes Irlandais de Boycotter Israël. Parmi les signataires, on trouve des cinéastes, des romanciers, des peintres, des sculpteurs, des danseurs, des compositeurs, des musiciens interprètes et autres, y compris de nombreux membres d’Aosdana.

L’IPSC invite les membres du Syndicat des Musiciens d’Irlande – et tous les artistes créateurs et interprètes d’Irlande – à signer cette promesse et salue à nouveau cette motion. Soutenir la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité pour la Palestine, c’est choisir d’être du bon côté de l’histoire.

 

Source: IPSC

Traduction : J. Ch. Pour BDS France




Thom Yorke, voilà pourquoi vous devriez boycotter Israël

Opinion

Le temps n’est-il pas venu de nous défaire de cette distinction artificielle entre les « gentils » Israéliens et l’occupation brutale dont ils sont responsables ?

Gideon Levy – 11 juin 2017

 

Quiconque s’interroge sur la justesse et l’efficacité d’un boycott pour combattre l’occupation israélienne, devrait écouter les contre-arguments de Thom Yorke de l’orchestre de rock britannique Radiohead et du président de Yesh Atid, Yaïr Lapid. Ce que proposent ces personnalités de Radiohead et de Yesh Atid : de la propagande de bas étage. Leurs contre-arguments pourraient convaincre  toute personne de conscience dans le monde entier – de soutenir le boycott. Yorke, qui ne connaît pas le mouvement de boycott et Lapid, qui est un ardent opposant  du mouvement de Boycott, Désinvestissement, Sanctions, se sont enrôlés dans l’opposition au mouvement. Leur raisonnement en dit beaucoup plus sur eux que sur le mouvement BDS.

Boycotter est un moyen d’action légitime. Israël, en tant qu’État, en fait usage et prône que d’autres pays devraient suivre son exemple. Certains citoyens israéliens aussi le pratiquent. Il y a un boycott du Hamas à Gaza, des sanctions contre l’Iran. Il y a des boycotts de magasins non kasher, des boycotts contre la consommation de viande, et des complexes touristiques des plages turques. Et le monde aussi fait du boycott, en imposant des sanctions à la Russie depuis l’annexion de la Crimée.

La seule question est de savoir si Israël mérite une telle punition, semblable à celle infligée à l’Afrique du Sud de l’apartheid dans une époque antérieure, et si ces actes sont efficaces. Et une question supplémentaire : quels autres moyens n’ont pas été essayés contre l’occupation et n’ont pas échoué ?

Yorke dirige sa colère contre son collègue de rock Roger Waters, peut-être l’artiste le plus exalté de ceux qui protestent actuellement, qui a sollicité Yorke pour que celui-ci reconsidère le concert de son orchestre à Tel Aviv le 19 juillet.

Dans une interview récente au magazine Rolling Stone, Yorke a expliqué ses raisons : jamais il n’imaginerait de dire à qui que ce soit où aller travailler.

Pense-t-il que les ateliers clandestins ou les mines sanguinaires de diamant sont des lieux de travail légitimes ? Est-il correct de solliciter des gens pour ne pas travailler avec eux ? Les produits des colonies sont-ils seulement plus éthiques ? « Le type de dialogue qu’ils veulent instaurer est du genre blanc ou noir. J’ai un problème avec ça » a dit Yorke à Rolling Stone. Quel problème ? N’est-ce pas blanc et noir ? N’est-ce pas occupant et occupé ? Oppresseur et dépossédé ?

« Je ne peux tout simplement pas comprendre pourquoi aller donner un spectacle de rock est un problème pour eux » dit Yorke.

Hello, est-ce que je parle à Radiohead ? OK. Le problème n’est pas le spectacle, le problème c’est le public.

Le temps n’est-il pas venu de nous défaire de cette distinction artificielle entre les Israéliens qui se voient comme bons et justes – Bonsoir, Tel Aviv ! Comme c’est merveilleux d’être ici ! – et l’occupation brutale dont ils sont responsables ? Le temps n’est-il pas venu de les punir d’une façon non violente pour les crimes dont chacun d’eux est partie prenante ?

Et comment punir un peuple entier ? Le seul moyen  non violent est de les boycotter. Peut-être cela les réveillera-t-il de leur aveuglement. Waters a demandé à Yorke de ne pas divertir les Israéliens parce qu’ils ne le méritent pas tant que l’occupation continue à une demi-heure de route de la salle de concert du Parc Yarkon où Radiohead doit se produire. Il n’y a pas demande plus juste.

Et Yaïr Lapid, étant Yaïr Lapid, est bien plus démagogue et populiste. Avec un drapeau israélien en toile de fond et un autre à la boutonnière – parce que juste un drapeau n’est pas assez convaincant, il était interviewé la semaine dernière par un des intervieweurs les plus brillants et incisifs au monde, Tim Sebastian, sur la radio allemande Deutsche Welle. Lapid a critiqué Sebastian par ces mots : « il pense que son rôle est de représenter les Palestiniens plutôt que la vérité », preuve que Lapid ne comprend rien au bon journalisme. Mais ses arguments contre le boycott ont été encore pires.

Lapid était fier d’être parmi les premiers à combattre le boycott, comme si c’était une sorte de mission épique derrière des lignes ennemies. Il « sait » que BDS est financé par le Hamas – après tout, c’était dans le Wall Street Journal. Et aussi que le mouvement est lié au grand mufti de Jérusalem qui a collaboré avec les nazis.

Et quiconque est encore à convaincre, reçoit le coup final avec la déclaration suivante : BDS appelle à la libération de ceux qui ont pendu des gays à des poteaux téléphoniques et de ceux qui pensent acceptable de battre leur femme et d’assassiner des Juifs et des Chrétiens. C’est cela BDS. L’occupation, ça va.

Et si c’est cela BDS et l’occupation aux yeux de ce candidat au poste de premier ministre, nous ferions mieux de garder l’actuel, Benjamin Netanyahou.

Si c’est cela le niveau d’argumentation et de connaissance de Lapid, alors il est clair qu’il n’y a pas d’opposition au parti Likoud de Netanyahou ni à l’occupation. Et si c’est le cas il n’y a pas autre chose à faire que soutenir BDS.

Source: Haaretz

Traduction SF pour BDS France




De grandes universités chiliennes se tournent vers l’appel BDS, annulent des évènements parrainés par l’ambassade israélienne

Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) – 8 juin 2017

Deux universités chiliennes annulent des évènements parrainés par l’ambassade israélienne où l’un des orateurs est un dirigeant des fouilles archéologiques illégales en Cisjordanie palestinienne.

Les étudiants de l’université du Chili demandent à ce qu’il soit mis fin aux relations avec les institutions académiques israéliennes.

Les campagnes BDS menées par les étudiants ont amené deux grandes universités chiliennes à annuler des évènements coparrainés par l’ambassade israélienne et où l’un des orateurs était Joe Uziel, directeur de l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA). Lundi, le Département d’anthropologie de l’Université Alberto Hurtado a annoncé l’annulation de l’évènement, et hier, la Faculté des sciences sociales de l’Université du Chili a fait de même.

BDS Chili a mis l’accent sur les raisons qui ont motivé la campagne d’annulation de l’évènement :

 « Les universités ne peuvent être des complices passifs de graves violations des droits de l’homme. L’État d’Israël maintient une occupation, une colonisation et un régime d’apartheid illégaux contre le peuple palestinien, et l’ambassade israélienne, au Chili, est le représentant de ce régime. En outre, l’Autorité des antiquités d’Israël est une entité gouvernementale qui est basée illégalement à Jérusalem-Est occupée, et qui réalise des excavations illégales en Cisjordanie palestinienne occupée. Certaines de ces excavations illégales sont dirigées par un orateur invité, Joe Uziel. »

La confiscation et le vol du patrimoine culturel palestinien font parties des tentatives d’Israël visant à effacer la mémoire et l’identité culturelle palestiniennes. Depuis 1967, l’IAA est profondément impliquée dans les crimes culturels et de graves violations du droit international, tels que la suppression et le pillage de centaines de milliers d’objets précieux du Territoire palestinien occupé (TPO), notamment de Jérusalem-Est. Craignant les campagnes BDS, Israël a tenté de d’empêcher que les informations concernant ses travaux archéologiques sur le TPO soient rendues publiques et de camoufler ses violations en promouvant  à l’étranger de tels évènements.

Sharaf Qutaifan, de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a déclaré :

 « À travers l’Autorité des antiquités d’Israël, Israël tente d’enterrer l’histoire de la population autochtone de la Palestine, laquelle a toujours été le foyer de groupes de cultures et de religions diverses. Il s’agit d’une extension de la politique d’Israël pour l’expulsion et le vol culturel, une politique qu’il a mis en pratique contre les Palestiniens depuis sa création. Israël détient un bilan inquiétant de pillages des terres et des biens, des trésors culturels et même des livres et œuvres d’art palestiniens, pillages qui se poursuivent encore aujourd’hui.

« Nous saluons les étudiants chiliens pour avoir fait pression sur le Département d’anthropologie de l’Université Alberto Hurtado et la Faculté des sciences sociales de l’Université du Chili pour qu’ils prennent des positions de principe. Les institutions académiques ne devraient pas prêter leur réputation au déni d’Israël des droits des Palestiniens. Nous espérons voir toute les universités chiliennes totalement libérées de l’apartheid israélien. »

BDS Chili a fêté la victoire :

« Nous nous réjouissons des décisions de l’Université Alberto Hurtado et de l’Université du Chili. Le peuple palestinien attend des actes de principe de solidarité en soutien de leurs droits humains et du respect du droit international. Ces annulations démontrent la détermination des étudiants chiliens à dénoncer l’oppression israélienne et à œuvrer pour l’interruption des relations de nos universités avec les institutions complices de l’apartheid israélien. »

Cette nouvelle information est un pas de plus dans le boycott académique grandissant d’Israël au Chili. L’an dernier, les étudiants de la Faculté de droit à l’Université du Chili ont massivement voté pour le soutien au BDS, comme l’avaient fait plus de 90 % des étudiants en sciences sociales. À l’Université catholique du Chili, le conseil des étudiants a également voté une résolution BDS à une large majorité.

Les annulations sont aussi un autre coup porté à l’Autorité des antiquités d’Israël. Fin 2016, le 8e Congrès archéologique mondial a publié une résolution condamnant les excavations d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, et appelé les éditeurs académiques internationaux à refuser de publier les travaux liés aux recherches archéologiques dans ces régions.

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a été lancée en 2004 pour contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens. PACBI recommande le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes étant donné leur complicité profonde et persistante dans le déni d’Israël des droits des Palestiniens, tels que stipulés dans la législation international.

Visitez PACBI sur : https://bdsmovement.net/pacbi et suivez-nous sur Twitter @PACBI

 

Source: PACBI

Traduction : JPP pour BDS FRANCE

 

 

 




Lisez la réponse de Roger Waters à Yorke sur la controverse Radiohead Israël

Par Rolling Stone

il y a 2 jours

 Roger Waters a répondu aux remarques de Thom Yorke à propos des prochains concerts de Radiohead en Israël et du mouvement BDS, déclarant que « la version de Yorke ne dit pas tout. »

 

Thom Yorke Brise le Silence sur la Controverse à propos d’Israël

« C’est vraiment perturbant que des artistes que je respecte pensent que, après tant d’années, nous ne sommes pas capables de prendre des décisions morales par nous mêmes « , dit le chanteur de Radiohead.

 En avril, plus de 50 personnalités éminentes, dont Waters,Thurston Moore, Desmond Tutu et le réalisateur Ken Loach, ont signé une pétition exhortant Radiohead à annuler son concert du mois prochain en Israël dans le cadre du mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) lancé en 2005.

 Yorke a fini par briser le silence sur l’appel au boycott d’Israël dans sa récente interview avec Rolling Stone, dans laquelle il a critiqué l’approche des pétitionnaires.

« Il est profondément affligeant que, plutôt que d’entrer personnellement en contact avec nous, ils aient choisi de nous couvrir de merde publiquement », a dit le chanteur.

 Pourtant, dans une déclaration à Rolling Stone, Waters raconte qu’il a essayé plusieurs fois « d’engager le dialogue » avec Yorke à propos des concerts en Israël avant la pétition du 23 avril, mais le chanteur de Radiohead « a interprété ma tentative pour engager la conversation comme une menace » et, en colère, a réagi en interrompant la communication.

 « J’ai fait tous les efforts possibles pour entrer personnellement en contact avec [Yorke] et souhaite toujours avoir cette conversation », a écrit Waters, ajoutant qu’aujourd’hui 5 juin, c’est le 50ème anniversaire de l’occupation de la Palestine par Israël ».

 « Cinquante ans à vivre sous occupation militaire. Cinquante ans d’un peuple sans droits civiques. Cinquante ans sans pouvoir recourir à la loi. Cinquante ans d’apartheid », a écrit Waters.

 

Lisez ci-dessous la déclaration complète de Waters :

 

J’ai lu l’interview de Thom Yorke dans Rolling Stone. Elle nécessite une réponse car elle ne dit pas tout.

 Le 12 février, espérant entamer un dialogue, j’ai envoyé en courriel exprimant mon inquiétude sur le fait que Radiohead franchissait la ligne de piquetage de BDS pour jouer en Israël. Quelques heures plus tard, Thom a répondu. Il était en colère. Il avait interprété ma tentative pour engager le dialogue comme une menace. Alors, j’ai à nouveau essayé.

 « Salut Thom,

 Je suis désolé. Ma lettre ne se voulait pas agressive. Je te tendais la main pour savoir si nous pouvions avoir la conversation dont tu parlais dans ta réponse. Est-ce possible ?

 Amicalement, R. »

 

Pas de réponse. Et le silence a prévalu pendant trois semaines, jusqu’au 4 mars où j’ai envoyé une requête cordiale à Thom lui demandant à nouveau que nous parlions.

 Dans l’interview de Thom avec Andy Greene de Rolling Stone, faisant référence à Ken Loach et à moi, il dit : « Il est profondément affligeant que, plutôt que d’entrer personnellement en contact avec nous, ils nous aient couverts de merde publiquement. »

 Ce n’est pas vrai, Thom. J’ai fait tous les efforts possibles pour entrer personnellement en contact avec toi, et j’aimerais toujours avoir cette conversation.

 « Ne pas parler n’est pas une option. »

 Aujourd’hui, c’est le 50ème anniversaire de l’occupation de la Palestine par Israël. Cinquante ans à vivre sous occupation militaire. Cinquante ans d’un peuple sans droits civiques. Cinquante ans sans pouvoir recourir à la loi. Cinquante ans d’apartheid.

 L’appel au boycott de BDS est là pour lever le voile sur l’impasse de la population occupée de Palestine, à la fois ceux de Palestine et ceux qui ont été déplacés à l’étranger, et pour promouvoir l’égalité des droits civiques pour toutes les personnes qui vivent entre le Jourdain et la Méditerranée, quelle que soit leur nationalité, leur race ou leur religion. Toute vie humaine est sacrée, tout enfant est notre enfant, l’exceptionalisme est toujours notre ennemi. Il n’y a pas Nous ou Eux, il y a seulement Nous.

 Restiamo umani (Restons humains).

 Amicalement,

 Roger Waters

 

Source: Rolling Stone

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Radiohead, NE JOUEZ PAS LA CARTE ISRAËL

Lettre au groupe

vendredi 2 juin 2017

 

Une réplique aux commentaires de Thom Yorke de Radiohead

 

Cher Thom,

 

Mettons une chose au clair. Vous dites que vous n’êtes pas heureux que les gens vous « couvrent de merde » en public plutôt que d’essayer d’engager le contact. Bon, nous avons essayé de l’engager. Nous vous avons envoyé des courriers par la poste, nous avons poliment essayé de les remettre à un membre du groupe lors d’un événement public, nous avons appelé vos agents et vos publicistes, et vous nous avez ignorés. Pas même un accusé de réception, rien du tout. Nous avons essayé d’ouvrir un dialogue et c’est vous qui avez refusé. C’est vous.

 

A Glastonbury, je serai l’un de ces gens « à distance… agitant des drapeaux ». Si cela vous importe vraiment, venez parler avec nous Thom. Mais n’osez pas nous ignorer et ensuite vous plaindre que les gens n’essaient pas d’entrer en contact.

 

Exiger des gens qu’ils ne vous disent pas ce que vous devez penser, c’est tout à fait votre droit. Vous voulez simplement qu’on ne critique pas vos choix. Eh bien, Thom, vous êtes le plus grand groupe au monde et cela vous a rendus très riches. Et en plus, vous avez été politiquement clairs toutes ces années. Maintenant, vous voulez avoir le droit de faire ce que vous voulez sans être critiqués ? C’est tout à fait votre droit. Sommes nous obligés de croire que vous n’avez pas réalisé que ce concert provoquerait des critiques ?

 

Vous dites qu’il est « ahurissant » que les gens ne vous croient pas capables de prendre vos propres décisions, et pourtant, il semble que vous pensiez que c’est bien de faire un affront aussi évident. Vous n’êtes vraiment pas aussi politiquement mature que vous le pensez. Peut-être devriez vous écouter un peu plus les autres.

 

Vous semblez penser que l’appel au BDS vient d’un groupe d’artistes plutôt que de la société civile palestinienne. C’est le peuple palestinien qui vous a demandé de boycotter et, si vous vous apprêtez à légitimer votre concert à Tel Aviv, c’est à eux que vous devriez vous adresser. Dire que vous êtes peinés parce que Ken Loach n’a pas appelé vous permet d’éviter l’essentiel, qui est que vous jouez sur une terre occupée, à l’encontre les souhaits d’un peuple opprimé. Et vous ignorez les voix de ce peuple. Cela vous est égal ?

 

Vous accusez les gens de lancer le mot « apartheid ». Vous vous rendez bien compte que l’un des signataires de la lettre est Desmond Tutu, non ? Vous vous rendez bien compte que le rapport de mars des Nations Unies a explicitement établi qu’Israël impose un apartheid au peuple palestinien ? Si vous aviez vraiment quelque respect que ce soit pour les Palestiniens, ou pour les artistes qui risquent leur carrière pour exprimer ce qu’ils pensent, vous ne diriez pas quelque chose d’aussi désinvolte et méprisant. La situation est sérieuse et aucun d’entre nous n’en parle avec légèreté. Mince, montrez un peu de respect.

 

Finalement, en tant que fan, je suggère que vous alliez écouter « A Reminder » (Aide-mémoire). Quand vous nous avez demandé d’adhérer à cette chanson, je suppose que ce sont les commentaires d’aujourd’hui que vous aviez en tête.

 

Il n’est pas encore trop tard pour changer d’avis.

 

Seamus

Fans de Radiohead pour la Palestine

 

Source:  radioheaddontplayisrael

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Une vague de boycotts frappe le festival israélien de films LGBT

Une vague de boycotts frappe le festival israélien de films LGBT, de la part d’artistes internationaux qui répondent à l’appel au boycott culturel demandé par les palestiniens

Des artistes refusent que leur art couvre les violations graves par Israël des droits des êtres humains

29 mai 2017  –  Au moins cinq des douze intervenants étrangers prévus au Festival international de films LGBT de Tel Aviv du 1er au 10 juin se sont retirés, d’après les informations reçues, après que des militants palestiniens queer et leurs soutiens du mouvement BDS ont appelé au boycott de cet événement de propagande « pinkwahsing » qui fournit une couverture progressiste aux violations graves perpétrées par Israël contre les droits humains des Palestiniens.

Par respect pour l’appel palestinien au boycott culturel, John Trengove, le réalisateur sud-africain lauréat de prix s’est retiré de la soirée d’ouverture du TLVFest. Dans une lettre aux organisateurs, Trengove a écrit :

« Avec la douleur de la lutte contre l’apartheid encore fraîche dans notre conscience collective, le problème est, comme vous pouvez l’imaginer, très sensible pour beaucoup de Sud-Africains…. Sachant ce que je sais, il me semble impératif de retirer ma participation… Il est impossible de passer par-dessus le fait que le festival (et ma participation) pourrait servir à faire diversion par rapport aux violations des droits des êtres humains commises par l’État d’Israël 

Trengove a ensuite ajouté :

Un boycott rigoureux contre TOUTES les initiatives du gouvernement (israélien) est nécessaire…En tant que Sud-Africain, j’ai une expérience de première main de la façon dont les boycotts ont aidé à amener une transformation démocratique et donc j’ai décidé d’ajouter mon nom et ma voix à l’initiative du boycott d’Israël.

Trengove a été suivi par la lauréate de l’Emmy Award des USA, Catherine Grund qui est productrice, réalisatrice, scénarise et organisatrice, par sa co réalisatrice Daresha Kyi et par toute l’équipe de Aubin Pictures qui a produit le documentaire Chavela sur la chanteuse mexicaine renommée Chavela Vargas. Ils ont tous déclaré leur soutien à l’appel au boycott. L’actrice canadienne Fawzia Mirza a aussi annulé sa participation par respect pour l’appel.

Selon les media, la réalisatrice allemande Hélène Hegemann, l’actrice suisse Jasna Fritzi Bauer et Nadia Abraham, une Palestinienne vivant au Danemark dont la participation au jury du festival et à un panel était prévue, ont également annulé. Le résultat est que la totalité de la programmation du panel Les Femmes dans le Cinéma a été retirée du site du festival.

Dans une lettre aux organisateurs du festival, Catherine Gund et Dareshka Kyi ont écrit :

Le TLVF est soutenu par des entités gouvernementales israéliennes qui sont profondément complices de violations du droit international que sont la guerre en cours, la répression des Palestiniens et l’occupation des terres palestiniennes… Des événements culturels tel ce festival visent à couvrir ces violations… au niveau personnel et politique, nous ne pouvons soutenir cela. Nos films, qui mettent en avant une vision de paix et de liberté, ne devraient pas figurer dans un événement culturel financé par le gouvernement israélien. Nous sommes solidaires du boycott.

La lettre se concluait par ce qui suit :

Nous, de Aubin Pictures, producteurs de Chavela, prendrons toutes les mesures que nous pourrons en soutien au boycott. Aucun des réalisateurs et aucun des autres représentants du film ne seront présents à ce festival. Nous ne ferons aucune communication dans la presse qui mette en valeur ce festival. Et nous nous engageons à travailler avec des queers palestiniens et leurs alliés dans le mouvement BDS tandis que nous continuons la diffusion de Chavela dans le monde d’une manière sure, respectueuse et en soutien au boycott culturel palestinien dans un effort pour soutenir partout les droits humains des Palestiniens.

Haneen Maikey, réalisateur de Al-Qaws pour la Diversité Sexuelle et de Genre dans la Société Palestinienne, a fait le commentaire suivant :

En tant que militants queers palestiniens, nous accueillons chaleureusement le soutien d’artistes qui ont des principes tels John Trengove, Catherine Gund et Daresha Kyi, qui ont refusé de laisser leur art couvrir les graves violations israéliennes de « pinkwashing » envers les droits humains des Palestiniens. Ils ont rejeté l’usage cynique par le gouvernement israélien de la culture LGBTQI et d’événements pour feindre une unité brisée aux dépends d’autres ; ils affirment au contraire leur engagement pour un monde plus libre et plus juste pour tous.

Un porte-parole de la Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI) a dit :

Nous félicitons ces cinéastes pour avoir entendu notre appel à ne pas briser le piquet de grève et à soutenir notre lutte non violente pour la liberté, la justice et l’égalité. Leurs déclarations témoignent d’une approche nuancée et d’une grande attention aux appels des opprimés.

Leur soutien éthique au boycott culturel non-violent d’Israël pour que les Palestiniens jouissent de leurs droits humains révèle le caractère orwellien dans la façon qu’a Yaïr Hochner, le directeur du festival, de présenter les actions de boycott du BDS comme de la « violence » alors que le festival tente de déguiser des décennies de violence israélienne, de nettoyage ethnique et d’occupation militaire par le pinkwashing.

PACBI a ajouté :

Le mouvement BDS croit fermement que l’art a le pouvoir d’amener le changement et que les artistes ont la responsabilité morale de ne pas permettre que leur art perpétue ou couvre l’oppression.

L’art sponsorisé par des institutions gouvernementales complices de crimes contre les opprimés, perd ce pouvoir et n’est alors rien de plus qu’un outil de blanchiment ou de pinkwashing (rosissement) des violations des droits des êtres humains. Tout comme des artistes refusaient de se produire à Sun City à l’époque de l’apartheid sud-africain, de plus en plus d’artistes refusent à Israël l’opportunité d’utiliser leur art pour cacher son régime d’occupation de plusieurs décennies, son colonialisme de peuplement et l’apartheid contre le peuple palestinien.

 

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI) a été lancée en 2004 pour contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité pour les Palestiniens. PACBI défend le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes, étant donné leur complicité profonde et persistante au déni par Israël des droits des Palestiniens tels qu’inscrits dans le droit international.

Voyez le site de PACBI https://bdsmovement.net/pacbi

et suivez-nous sur Twitter @PACBI

Source: bdsmovement

Traduction: SF pour BDS France

 




Un cinéaste sud-africain primé annule sa participation au Festival israélien de films LGBT

26 mai 2017

Campagne Palestinienne pour le boycott académique et culturel (PACBI) d’Afrique du Sud

Le cinéaste sud-africain John Trengove se retire du Festival International de films LGBT de Tel Aviv.

Le texte de l’encart est traduit plus bas.

 

26 mai 2017 — Hier, John Trengove, un cinéaste sud-africain primé, a annulé sa participation au Festival International de films LGBT de Tel Aviv (TLVFest).

Son film, The Wound (La Blessure), est programmé pour la soirée d’ouverture du festival le 1er juin.

Dans sa lettre (reproduite ci-dessous) adressée aux organisateurs du festival les informant de l’annulation de sa participation, Trengove a dit :

« Si j’imagine bien que les organisateurs du festival TLV sont bien intentionnés et progressistes, il m’est cependant impossible de passer par-dessus le fait que le festival (et ma participation) pourraient servir à faire diversion par rapport aux violations des droits des êtres humains commises par l’État d’Israël ».

Il a ajouté :

« Avec la douleur de la lutte contre l’apartheid encore fraîche dans notre conscience collective, le problème est, comme vous pouvez l’imaginer, très sensible pour beaucoup de Sud-Africains…. Sachant ce que je sais, il me semble impératif de retirer ma participation ».

Dans sa lettre, Trengove reconnaît qu’il ne peut pas retirer son film de la projection en Israël parce qu’il est déjà vendu à un distributeur pour être projeté.

Il a dit :

« J’accepte le fait que cette situation est hors de mon pouvoir, même si mon souhait serait que le film ne soit pas projeté en Israël tant que les conditions actuelles persistent ».

Des militants palestiniens queer et la Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI) ont chaleureusement accueilli la décision de Trengove de respecter le piquet de grève  et d’annuler sa participation au festival de cinéma.

Hind Awwad du PACBI a dit :

La société civile palestinienne remercie chaleureusement John Trengove  pour sa solidarité de principe et sa décision de respecter notre piquet de grève en annulant sa participation au TLVFest. Nous espérons que des artistes internationaux le suivent et annulent leur participation, privant ainsi le gouvernement israélien d’une opportunité d’utiliser leur nom pour couvrir et déguiser ses crimes sous la promotion des LGBT (pink wash).

Des militants queer palestiniens et leurs soutiens ont appelé les cinéastes internationaux à annuler leur participation au TLVFest sponsorisé par le gouvernement israélien. Leur appel fait partie d’une campagne plus large exhortant les cinéastes, artistes et entreprises LGBTQI à boycotter la Tel Aviv Pride, que les militants queer palestiniens décrivent comme un exercice de pink washing destiné à brouiller le fait que « sous l’arc en ciel, Israël cache 69 ans d’occupation, de colonialisme et d’apartheid ».

 

Lettre de John Trengove à Yaïr Hochner, directeur du TLVFest :

Cher Yaïr,

C’est avec un regret sincère que je dois vous informer que je ne participerai pas au TLVFest la semaine prochaine. Au cours des derniers jours, j’ai été contacté par des organisations militantes et par des membres du milieu du cinéma sud-africain, me pressant de respecter le boycott culturel contre Israël et particulièrement le TLVFest. Avec la douleur de la lutte contre l’apartheid encore fraîche dans notre conscience collective, le problème est, comme vous pouvez l’imaginer, très sensible pour beaucoup de Sud-Africains.

La question  du pink washing m’a aussi été mise en évidence. Si j’imagine bien que les organisateurs du festival TLV sont bien intentionnés et progressistes, il m’est cependant impossible de passer par-dessus le fait que le festival (et ma participation) pourraient servir à faire diversion par rapport aux violations des droits des êtres humains commises par l’État d’Israël

Je comprends que ma décision est bien tardive et j’en suis sincèrement désolé. Ma naïveté et mon désir que mon film et les problèmes humains qu’il soulève soient vus aussi loin et aussi largement que possible m’ont conduit à accepter votre invitation, voici plusieurs semaines. Malheureusement, sachant ce que je sais, il me semble impératif de retirer ma participation.

Je comprends aussi que le film est vendu, non seulement pour une projection mais aussi pour une distribution en Israël. J’accepte donc que la situation soit hors de mon pouvoir, même si mon souhait serait que le film ne soit pas montré en Israël tant que les conditions actuelles persistent.

J’espère que vous accepterez ma décision, dans l’esprit dans lequel elle est conçue, qui n’est pas une attaque personnelle contre vous ou votre équipe, mais qui est motivée par ce que des convictions personnelles et politiques profondes réclament de moi.

Sincèrement

John Trengove

 

La Campagne Palestinienne pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (PACBI) a été lancée en 2004 pour contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité pour les Palestiniens. PACBI défend le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes, pour leur complicité profonde et persistante avec le déni israélien des droits des Palestiniens tels que stipulés dans le droit international.

 

PACBI https://bdsmovement.net/pacbi 

Twitter @PACBI

Source: PACBI

Traduction SF pour BDS France