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23/02/26

Communiqué sur la Berlinale

La Berlinale, Festival International du Film de Berlin, a fermé ses portes le 22 février 2026. Le jury était présidé cette année par le réalisateur allemand Wim Wenders.

Tous les medias s’accordent à dire que cette 76ème édition du festival a été particulièrement agitée et marquée par des polémiques liées au contexte du génocide à Gaza.

« La Berlinale a été émotionnellement chargée », a reconnu la directrice du festival Tricia Tuttle lors de la cérémonie de clôture. Le jury avait préféré, lors de la conférence de presse d’ouverture, le 12 février, ne pas s’exprimer sur le génocide à Gaza, visiblement embarrassé par le soutien de l’Allemagne à Israël1.

Dès le début du festival, la réponse de Wim Wenders2 à la question concernant la position du festival par rapport au génocide à Gaza, a déclenché une série de faits qui, du point de vue du mouvement BDS et de la Campagne BDS France qui appellent au boycott culturel depuis plus de 20 ans, ne peuvent que nous réjouir et nous renforcer dans notre détermination : la culture est politique, elle est le reflet de la politique, l’art n’est pas neutre, il a aussi pour fonction d’améliorer le monde par son engagement dans les causes justes. 

De l’annonce de Arundhati Roy, écrivaine et militante indienne, annulant sa venue à la Berlinale en raison des mots du président Wim Wenders qui a refusé de condamner l’action d’Israël à Gaza, jusqu’au retrait de deux films restaurés, en solidarité avec le cinéma palestinien, à l’action de la Tunisienne Kaouther Ben Hania, réalisatrice de La Voix de Hind Rajab, nommé à l’Oscar du meilleur film étranger, qui a refusé le prix qui lui était attribué, lors du gala Cinema for Peace, organisé en marge du festival, en passant par la publication d’une lettre ouverte adressée à la Berlinale3, signée par 81 réalisateur·rices et acteur·rices, dénonçant le “silence” du festival sur la situation à Gaza et appelant le festival à déclarer son opposition au génocide et aux crimes perpétrés par l’État israélien, la Palestine aura été finalement largement mise en lumière.

Comme indiqué par Le Monde, Abdallah Al-Khatib, réalisateur palestinien né en Syrie, a pris la parole, keffieh sur les épaules, après avoir obtenu le prix de la meilleure première fiction pour Chronicles from the Siege (section Perspectives). « La Palestine sera libre et bientôt on aura un festival à Gaza », a-t-il affirmé, ajoutant que l’Allemagne est « complice du génocide commis à Gaza par Israël ».  /…/ « Aucun enfant ne devrait avoir besoin de superpouvoirs pour survivre à un génocide », a souligné, de son côté, la réalisatrice libanaise Marie-Rose Osta, en écho au jeune héros de sa fiction, doté d’étonnants pouvoirs – Someday a Child, Ours d’or du meilleur court-métrage.

Nous gageons même que de plus en plus d’acteurs·rices culturel·les seront amené·es, dans les mois et les années qui viennent, à refuser la frilosité et le silence devant l’injustice, refuser la complicité silencieuse et sauront s’opposer publiquement par des actes fermes et non-violents à la terrible violence d’un régime génocidaire.

La Campagne BDS France

  1. Le Monde, 22 février 2026 ↩︎
  2. « Nous devons rester en dehors de la politique… Nous sommes le contraire de la politique… » ↩︎
  3. Transmise par l’AFP et publiée par Libération  le 17/02/2026 ↩︎