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Deux refuzniks israéliens expliquent pourquoi ils soutiennent le BDS

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Le Mouvement BDS

Notre difficulté à comprendre la réalité complexe de la Palestine et Israël était fondée sur la difficulté de reconnaître que des crimes étaient commis en notre nom, quotidiennement, du fait d’être citoyens israéliens. Nous sommes nés comme citoyens israéliens, et pour cette raison, on a pris la décision pour nous que nous devions supporter le fardeau du financement de l’occupation. Avec le temps, nous sommes arrivés à la compréhension qu’aussi longtemps que ces crimes continuaient, ils seront commis en notre nom et à nos frais.

Pour cette raison, nous sommes arrivés à la conclusion que nous devions diriger nos efforts à y mettre fin, plutôt que de sombrer dans des sentiments futiles de culpabilité et de honte.
Comme citoyens d’Israël (et comme Juifs) on nous a demandé de participer à l’occupation – au-delà du soutien financier – en rejoignant l’armée israélienne. Quand nous avons compris qu’en rejoignant l’armée israélienne, on soutiendrait une occupation criminelle et on soutiendrait le refus des droits élémentaires, personnels et collectifs à la nation palestinienne, nous avons décidé de prendre une position publique et de refuser de servir l’occupation et l’apartheid israélien.
Il est raisonnable d’assumer que nous serons emprisonnés pendant quelques mois à cause de cette décision, avant d’être finalement libérés de l’obligation de faire le service militaire. C’est le prix que nous avons choisi de payer pour provoquer la fin du statu quo, dans lequel nous coopérons personnellement aux crimes commis par l’Etat d’Israël. Notre refus ne mettra pas fin à l’occupation et l’apartheid continuera probablement à se développer, mais nous pouvons faire en sorte de secouer un peu le système et d’apporter notre critique dans le discours public.
Mais ce ne sont pas seulement les Israéliens qui participent – activement ou passivement – à l’occupation et aux crimes de guerre commis par Israël. Des organisations puissantes avec des intérêts puissants alimentent l’occupation en lui envoyant de l’argent et en soutenant politiquement les actions d’Israël ; ce sont des entreprises, des commerçants d’armes, des organisations politiques extrémistes et des fanatiques d’Amérique, d’Europe et d’autres endroits. Nous sommes tristes de dire que les administrations US continuent aussi à financer les crimes de guerre d’Israël. Mais nous pouvons agir ensemble, dans le monde entier, en condamnant le financement et la légitimation du gouvernement d’Israël, et finalement provoquer la fin du soutien international à sa politique.

Nous, en tant que communauté, pouvons provoquer la fin de la normalisation de l’occupation.
Chacun de nous, bien sûr, choisit le moyen qu’il juge le plus adéquat pour combattre les crimes d’Israël – mais en ce moment, il semble que la politique palestinienne souhaite observer le BDS – Boycott, Désinvestissements, Sanctions – dirigé contre les entreprises et les institutions israéliennes. Le BDS est la réalisation d’un appel de Palestiniens publié en 2005, qui depuis est devenu l’outil central dans la lutte non violente contre la violation israélienne des droits humains.
Comme nous l’avons dit plus haut, ce mouvement cherche à réaliser trois choses par des moyens de sa lutte non violente : la promotion du droit au retour des réfugiés palestiniens, la fin de l’occupation des Territoires palestiniens occupés, et la fin contre la discrimination des Palestiniens qui vivent en Israël.
Se défaire d’une occupation est un processus délicat, complexe, et multiface, mais nous devrions tous et pouvons tous prendre part à sa disparition. Le moyen que nous avons choisi, Noam et Alom pour se défaire de l’occupation est en déclarant publiquement notre refus de servir dans l’armée, en même temps que le militantisme et le soutien de l’appel BDS palestinien.

Les citoyens dans le monde qui ont la possibilité de boycotter Israël devrait accorder une réflexion à l’appel palestinien et essayer de s’y rallier – chacun d’entre nous dans sa propre communauté, au mieux de nos capacités – et ne pas laisser une condamnation passive de la politique d’apartheid d’Israël suffire. On devrait plutôt choisir un moyen actif pour stopper les crimes d’Israël.
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Au sujet de Noam Gur et Alon Gurman
Noam Gur, 18 ans, Qiryat Motzkin, refuse de servir dans l’armée d’occupation et sera probablement emprisonné le 16 avril 2012.
Alon Gurman, 19 ans, Tel Aviv, refuse de servir dans l’armée d’occupation et sera probablement aussi emprisonné le 16 avril 2012.

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