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G4S perd son contrat avec le parlement européen

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Communiqué du BNC, co-signé par les 13 organisations palestiniennes de prisonniers et des droits Humains, signataires de l’Appel BDS de 2005

17 avril 2012

Aujourd’hui, jour des prisonniers palestiniens, les organisations de la société civile et les droits humains palestiniennes soussignées saluent tous les prisonniers politiques palestiniens, particulièrement ceux qui se sont engagés par des grèves de la faim dans une désobéissance civile courageuse pour protester contre la violation des droits de l’homme et du droit international. L’emprisonnement est un élément névralgique du système d’occupation, de colonialisme et d’apartheid d’Israël contre le peuple palestinien. Nous appelons à intensifier la campagne mondiale Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) en visant les entreprises qui profitent directement du système carcéral israélien. En particulier, nous appelons à agir pour demander des comptes à G4S, la première entreprise sécuritaire internationale, qui aide à maintenir et qui profite du système carcéral israélien [1], pour sa complicité avec les violations israéliennes du droit international.

L’emprisonnement des Palestiniens est une forme de violence institutionnalisée israélienne recouvrant tous les stades du processus carcéral. Les prisonniers politiques palestiniens subissent systématiquement torture et mauvais traitements pendant leur arrestation et leur détention dans les mains de l’armée israélienne et ils sont privés fréquemment et sans raison des visites de leurs familles et d’avocats. Les punitions collectives à grande échelle, en particulier les périodes prolongées d’isolement, les attaques de prisonniers par les forces militaires spéciales et le refus de l’accès à l’éducation sont utilisées contre les prisonniers palestiniens pour tenter de supprimer toute forme de désobéissance civile dans les prisons. En avril 2012, il y a 4610 prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, dont 203 enfants, six femmes et 27 membres du conseil législatif palestinien. 322 Palestiniens sont actuellement détenus en détention administrative, sans charges ni procès [2].

La gravité de l’injustice et des sévices subis par les prisonniers politiques palestiniens a été le motif pour qu’à différents occasions, de nombreux prisonniers commencent des grèves de la faim pour protester contre les dures conditions, la torture, les mauvais traitements et l’utilisation arbitraire de la détention administrative par Israël. Si les récentes grèves de la faim de Khader Adnan, qui a stoppé sa grève après 66 jours, et de Hana Shalabi, qui a terminé la sienne après 43 jours, ont produit des accords individuels, la politique d’Israël et de son Service des Prisons reste inchangée. Elle vise maintenant à réprimer les grévistes de la faim par des mesures punitives ainsi qu’en coupant leur contact avec les avocats et la famille. À ce jour, on estime que plus de 1000 prisonniers politiques palestiniens se sont associés dans une grève de la faim déclarée, en plus d’au moins huit autres prisonniers déjà en grève de la faim déclarée, dont Bilal Diab et Thaer Halahleh qui sont en grève de la faim depuis le 29 février 2012.

Au vu de cette campagne montante de désobéissance civile de l’intérieur des prisons, nous demandons des comptes à toutes les sociétés qui à la fois permettent que les violations permanentes des droits de prisonniers palestiniens par Israël soient commises impunément et en profitent directement. Spécifiquement, nous appelons à agir pour accuser G4S, la compagnie sécuritaire Anglo danoise dont la branche israélienne a signé un contrat en 2007 avec l’autorité des prisons d’Israël pour fournir des systèmes de sécurité aux principales prisons israéliennes [3]. G4S a fourni des systèmes aux prisons de Ketziot et de Megiddo, qui détiennent les prisonniers politiques des territoires palestiniens occupés à l’intérieur d’Israël en violation du droit international [4]. La société a aussi fourni des équipements à la prison d’Ofer, situées en Cisjordanie occupée, et aux centres de détention Kishon et Moskobiyyeh, où les organisations des droits humains ont documenté la torture et les mauvais traitements systématiques des prisonniers palestiniens, y compris des enfants [5]. G4S continue de fournir des équipements aux prisons israéliennes [6].

Qui plus est, G4S est impliqué dans d’autres aspects de l’apartheid israélien et du régime d’occupation : il a fourni des équipements et des services au checkpoints israéliens de Cisjordanie qui font partie du mur illégal israélien et aux terminaux qui isolent le territoire occupé de Gaza. G4S a aussi signé des contrats d’équipements et de services pour le quartier général de la police israélienne en Cisjordanie et pour des entreprises privées situées dans les colonies illégales israéliennes [7]. Un panel d’experts juridiques a conclu que G4S peut être tenu pour criminellement responsable de ses activités de soutien au mur illégal d’Israël et d’autres violations du droit international [8].

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Nous saluons la nouvelle de l’annonce par l’Union européenne qu’elle n’a pas renouvelé ses contrats pour les services de sécurité avec G4S [9] suite à la pression des groupes qui font campagne pour les droits des Palestiniens, et nous saluons la décision précédente de l’association des étudiants de l’université des lignes de bloquer son contrat avec G4S [10]. Nous appelons les autres institutions publiques et de la société civile et les compagnies privées à emboîter le pas et à mettre fin à leur relation avec cette compagnie qui agit au service de l’apartheid et des autres violations du droit international par Israël. Nous demandons que la direction palestinienne interdise G4S des appels d’offres publics et privés, et demandons la stricte application de la législation du boycott dans le monde arabe contre les compagnies qui coopèrent avec le système carcéral israélien.

Nous prenons aussi note que G4S est contesté activement ailleurs dans le monde par d’autres groupes de la société civile pour son rôle dans des régimes controversés de déportation et d’emprisonnement, des violations des droits des travailleurs, des violations des standards universels des droits humains et dans son implication dans la privatisation des services publics. Travaillons ensemble pour dénoncer non seulement G4S, mais aussi les rôles de l’emprisonnement et des compagnies sécuritaires privées comme moyen politique pour faire taire et intimider des communautés dans le monde entier.

Dans le contexte des grèves de la faim et de l’échange de prisonniers très médiatisé d’octobre 2011, la question des prisonniers palestiniens a reçu une attention accrue dans les milieux internationaux. Pourtant, malgré cela et les critiques de ces pratiques par les organismes des Nations unies, aucun changement institutionnel concernant les violations des droits humains commises contre les prisonniers politiques et détenus palestiniens n’a été fait par Israël [11]. Pour essayer de contrer le refus par Israël de changer ses pratiques et l’impunité de ses innombrables violations des droits humains, des mesures alternatives, telles qu’empêcher la participation de sociétés comme G4S, s’avèrent être une des quelques mesures efficaces restantes pour faire pression sur Israël afin qu’il se conforme au droit international. Cette chaîne de complicité internationale n’a que trop duré.

 

Addameer Prisoners’ Support and Human Rights Association Sahar Francis, directeur général.

Aldameer Association for Human Rights Khalil Abu Shammala, directeur général.

The Palestinian Boycott, Divestment and Sanctions National Committee (BNC) Ismat Quzma, coordinateur.

Al Mezan Center for Human Rights Issam Younis, directeur général.

Badil Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights Najwa Darwish, directeur général.

Defence for Children International Palestine Section Rifat Kassis, directeur général.

Ensan Center for Human Rights and Democracy Shawqi Issa, directeur général.

Hurryyat – Centre for Defense of Liberties and Civil Rights Helmi Al-araj, directeur général.

Jerusalem Center for Legal Aid and Human Rights Issam Aruri, directeur général.

Ramallah Center for Human Rights Studies Iyad Barghouti, directeur général.

The Palestinian Non-Governmental Organizations Network Allam Jarrar, membre du comité de direction.

Women’s Centre for Legal Aid and Counselling Maha Abu Dayyeh, directeur général.

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BNC

(traduction JPB-CCIPPP)

 

[1] http://www.israeli-occupation.org/d…

[2] http://www.addameer.org/files/Broch…

[3] http://www.israeli-occupation.org/d…, p.7

[4] L’article 77 de la quatrième convention de Genève interdit le transfert de prisonniers du territoire occupé vers le pays occupant.

[5] http://www.israeli-occupation.org/d…, p14-15

[6] http://corporateoccupation.files.wo…, p.135

[7] Ibid.

[8] http://www.russelltribunalonpalesti…, p.18

[9] http://ted.europa.eu/udl?uri=TED:NO… (inscription exigée)

[10] http://www.bdsmovement.net/2011/edi…

[11] Concluding Observations of the Committee on the Elimination of Racial Discrimination, Israel, CERD/C/ISR/CO/14-16, 9 mars 2012 ; Concluding Observations of the Human Rights Committee, Israel CCPR/C/ISR/CO/3 ; Concluding Observations of the UN Committee against Torture, Israel, CAT/C/ISR/CO/4,14 mai 2009 ; Voir “Statement by Robert Serry UN Special Coordinator for the Middle East Peace Process on Palestinian Prisoners, 10 février 2012 ; “Statement by the United Nations Special Rapporteur on the situation of human rights in the Palestinian territories occupied since 1967,” 20 février 2012.

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