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La « saison » de propagande France-Israël se termine en fiasco

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Ali Abunimah – 3 décembre 2018

Des militants manifestent le 30 novembre à Paris devant le siège de la télévision publique française, exhortant le diffuseur à ne pas « blanchir l’apartheid israélien en transmettant le prochain concours de l’Eurovision » (BDS France)

Un énorme travail de propagande, sponsorisé par les gouvernements français et israélien, a été un échec, ont reconnu les responsables israéliens.

La dite Saison France-Israël  était constituée de centaines d’événements « culturels » soutenus par les deux gouvernements, se déroulant sur six mois jusqu’à la fin novembre.

« Nous espérions que la culture aurait un impact diplomatique. Nous avons mis des sommes énormes dans cette opération, qui n’a eu aucun succès concernant l’image d’Israël en France », a dit la semaine dernière au journal Le Monde une source diplomatique israélienne.

BDS France, association qui soutient la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions, célèbre la reconnaissance de cet échec comme une victoire du militantisme pour la défense des droits des Palestiniens.

La Saison France-Israël a été une tentative « d’opération de blanchiment, pour laver l’État d’Israël de ses crimes contre le peuple palestinien, ses constantes violations du droit international et des droits de l’Homme universels», a déclaré samedi BDS France, faisant remarquer que des dizaines d’artistes français, dont le légendaire réalisateur Jean-Luc Godard, avaient déclaré qu’ils n’y coopéreraient pas.

« Le public français n’est pas tombé dans le panneau et la propagande ne marche plus du tout », a ajouté BDS France. « Les défenseurs et complices de l’apartheid israélien sont de plus en plus isolés, et notre solidarité avec le peuple palestinien dans le cadre de la campagne BDS est plus forte que jamais. »

Les militants ont tenu des rassemblements contre les événements de la Saison France-Israël dans tout le pays, et l’un des premiers événements programmés – à l’université de Lille – a alors dû être abandonné.

« Beaucoup de ces événements présentés en France dans le programme de la Saison France-Israël ont eu lieu devant un maigre public », a dit BDS France. « Les préparatifs se sont déroulés dans une semi-clandestinité et les événements ont été annoncés à la dernière minute, tant les deux gouvernements craignaient des manifestations publiques. »

Rebuffade française

S’est ajouté à la déception d’Israël, selon Le Monde, le fait que le président Emmanuel Macron n’a pas tenu sa promesse d’aller en Israël pendant la saison.

En juin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a eu droit à un accueil sur tapis rouge de la part de Macron pour l’ouverture à Paris au Grand Palais de la Saison France-Israël.

Cependant, des manifestants traitant Netanyahu de criminel de guerre et accusant Macron d’être son complice ont réussi à bloquer les Champs Élysées.

A la cérémonie d’ouverture, Macron avait promis d’aller en Israël pendant la Saison France-Israël, mais cela s’est conclu par une défection.

A l’irritation d’Israël, s’est ajouté le fait que le Premier ministre français Edouard Philippe a lui aussi annulé son projet d’assister à l’ouverture de la saison conjointe en Israël.

Bien que des difficultés d’emploi du temps aient été alléguées pour l’expliquer, Philippe est revenu sur sa promesse de faire ce voyage en automne, et il n’y a toujours pas de date dans son agenda pour y satisfaire.

Bien que la Saison France-Israël ait été lancée avec fracas, elle s’est achevée dans l’expression d’un gémissement, alors que seul le ministre français de la Culture, et aucun responsable israélien de haut rang, assistait le 29 novembre à la cérémonie de clôture à Tel Aviv.

La rebuffade du gouvernement français est signe qu’il se sent incapable d’ignorer ce que ressent le public, malgré la politique résolument pro-israélienne de l’administration Macron.

Manifestations contre l’Eurovision

Après la campagne réussie contre la Saison France-Israël, BDS France a déclaré que sa « prochaine étape, c’est la mobilisation contre la tenue de l’Eurovision 2019 en Israël ».

Des manifestations se sont poursuivies à travers l’Europe pour ne pas autoriser Israël à accueillir la prochaine édition du célèbre concours de chansons.

Le 30 novembre, des militants ont manifesté à Paris dans les locaux de la télévision publique française, exhortant le diffuseur à ne pas « blanchir l’apartheid israélien en transmettant le prochain concours de l’Eurovision ».

En Grande Bretagne, des militants ont tenu des rassemblements similaires devant les locaux de la BBC à Londres et à Manchester.

 

Et il y a déjà eu des manifestations le mois dernier à l’extérieur des concerts de Netta Barzilai, gagnante pour Israël de l’Eurovision 2018, largement utilisée en tant qu’élément des efforts de propagande internationale, officiellement soutenus, du pays.

 

Même l’Organisation de Libération de la Palestine, qui est sous le contrôle du chef de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas, longtemps opposée au mouvement BDS, tente de s’y rallier – même si c’est de façon limitée.

L’OLP a demandé à l’Union Européenne de Radio-Télévision, organisme international qui produit l’Eurovision, de ne pas diffuser le concours dans les colonies israéliennes de la Cisjordanie occupée.

Il n’est pas certain qu’empêcher sélectivement la diffusion dans les seules colonies israéliennes soit même techniquement réalisable.

« Donner à Israël le privilège d’héberger l’Eurovision 2019 équivaut à l’en récompenser et à l’aider à dissimuler ses décennies d’occupation militaire et ses graves violations des droits nationaux et fondamentaux des Palestiniens », a déclaré la semaine dernière Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l’OLP contrôlé par Abbas.

« A tout le moins, l’Union Européenne de Radio-Télévision (EBU) doit s’assurer que les colonies illégales d’Israël dans tout le territoire palestinien occupé soient strictement exclues de toute diffusion des activités de l’Eurovision. »

Traduction : J. Ch. pour BDS France

Source : The Electronic Intifada

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