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L’ANC réclame le boycott des produits israéliens

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La Conférence des délégués de l’ANC exige plus de solidarité avec la Palestine.

Mandy Rossouw, City Press

 

Un boycott contre tous les produits importés d’Israël se fera si les membres de l’ANC (le Congrès national africain) parviennent à leurs fins.
Lors de la conférence politique du parti au gouvernement, qui s’est close vendredi, les délégués ont exprimé leur préoccupation à propos du manque de vigueur de la campagne de l’ANC en solidarité avec la Palestine.
« Beaucoup de membres ont déclaré qu’il fallait faire plus pour le boycott des produits importés d’Israël vers l’Afrique du Sud », dit Lindiwe Zulu, conseillère présidentielle pour les relations internationales et membre de la sous-commission de l’ANC pour les relations internationales.
Zulu a déclaré à la presse que les délégués estimaient qu’il fallait « être plus visible sur la Palestine ».
Dans une initiative visant à contrecarrer Israël, les délégués veulent un boycott total des produits israéliens pour montrer que la solidarité de l’ANC avec la Palestine n’a pas changé.
Récemment, ce fut un sujet de débat lors de la réunion du Comité national exécutif en mai, peu après que le ministre du Commerce et de l’Industrie, Rob Davies, eut annoncé que les produits des territoires occupés devaient être étiquetés en tant que tels.
Ce qui a immensément agacé Israël, car pour l’État juif, la bande de Gaza et la Cisjordanie ne sont pas occupées. Il estime que ces régions appartiennent légitimement à Israël.
Jeudi, le Parti chrétien-démocrate africain (ACDP) et le Parti de la liberté Inkatha (IFP) se sont joints à des groupes juifs dans une marche qui s’opposait à l’étiquetage des produits des territoires occupés.
D’après le dirigeant de l’ACDP, Kenneth Meshoe, la marche a attiré environ 1600 personnes et un mémorandum a été déposé au siège du département du Commerce et de l’Industrie à Pretoria. L’ACDP pense que l’Afrique du Sud ne doit pas prendre parti dans la crise du Moyen-Orient mais plutôt se positionner comme un médiateur crédible, toujours selon Moshoe.
Pour les lobbyistes pro-israéliens, si l’annonce sur l’étiquetage devient une loi, les entreprises israéliennes vont refuser d’étiqueter leurs marchandises et dès lors, elles vont arrêter de les exporter vers l’Afrique du Sud, initiative qui pourrait avoir un impact sur certaines industries, notamment l’industrie des produits de beauté. Un étiquetage des marchandises qui indiquerait « Cisjordanie » pourrait être examiné, disent les lobbyistes pro-israéliens, mais pas « territoires occupés ».
Les groupes de pressions pro-palestiniens veulent que l’Afrique du Sud s’implique dans la campagne de Boycotts, Désinvestissements et Sanctions (BDS) pour forcer Israël à parvenir à un accord à propos de la terre palestinienne. Le gouvernement sud-africain se méfie d’une telle démarche qui pourrait créer une tension entre l’Afrique du Sud et les États-Unis, allié important d’Israël.
Par ailleurs, Zulu a annoncé que le Swaziland (pays d’Afrique australe enclavé par l’Afrique du Sud et bordé par le Mozambique ) avait finalement accepté les conditions d’un prêt de 2,4 milliards de l’Afrique du Sud. Zulu a dit que l’ANC sera avec le Cosatu (Congrès des syndicats sud-africains) pour prendre position avec fermeté contre les abus du gouvernement swazi, en particulier l’emprisonnement de militants du Swaziland.
« Il y a en a qui croupissent en prison sans aucune perspective de connaître les accusations ou d’être jugés. Cela doit cesser. » a-t-elle dit. Et d’avertir que pour l’Afrique du Sud, il serait regrettable d’avoir à « attendre trop longtemps » pour traiter de manière décisive avec le Swaziland.
« Nous ne voulons pas la même situation que celle que nous avons connue avec le Zimbabwe, où nous avons attendu trop longtemps. Nous ne devons pas attendre qu’éclate une violence généralisée. »
Elle a dit aussi que l’ANC veut que le gouvernement sud-africain mette au point un code de conduite pour les entrepreneurs qui commercent avec le reste de l’Afrique.
« Nous avons eu un assez grand nombre de plaintes de pays africains à propos de nos milieux d’affaires. Il doit exister un recours institutionnel pour le cas où nos gens ne font pas ce qu’ils devraient » a-t-elle déclaré.

Voir aussi :
1er juillet 2012 – City Press

traduction : JPP

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