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Les faits saillants du boycott culturel et du soutien des travailleurs de la culture à la Palestine : résumé 2014

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Don’t Play Apartheid Israel (DPAI)

 

Janvier 2014 : L’artiste norvégien Moddi a courageusement annulé son concert programmé en Israël et il écrit : « J’ai fait le choix d’annuler ma représentation à Tel Aviv le 1er février. C’est, sans comparaison, la décision la plus difficile que j’ai jamais prise en tant qu’artiste, et qui fait mal presque autant qu’elle semble juste. Ce qui motive ma décision, c’est la situation en Israël et dans les régions qu’il contrôle. Bien que la musique puisse être une arène exceptionnelle pour un débat public, le débat sur ces territoires est mal employé depuis longtemps (1) ».

Jasiri X fait avancer le message sur le boycott d’Israël avec la diffusion de sa vidéo musicale Checkpoint, en rappant « Soutenez le BDS, ne donnez pas un sou au checkpoint (2) ».

Le musicien français Titi Robin fait preuve d’une étonnante solidarité avec le peuple palestinien, son annulation de son concert prévu en Israël est particulièrement significative sachant qu’il s’y est déjà produit dans le passé. Il déclare « Ces voyages m’ont amené finalement à prendre cette décision, laquelle me semble, après longue réflexion, être la plus honnête concernant l’évolution de la situation (3) ».

 

Février 2014 : D’importants caricaturistes internationaux, dont Siné, Tardi et Joe Sacco, se mobilisent contre la présence de Sodastream au Festival international de la bande dessinée à Angoulême, en France. Quatre-vingt-neuf dessinateurs signent sur une lettre ouverte demandant aux organisateurs de se joindre au boycott de Sodastream [55].

 

Mars 2014 : La People’s Books Co-op à Milwauke, Wisconsin, USA, a voté son rattachement au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) contre Israël. En soutien au boycott culturel, la PBC ne participera à aucune cérémonie ou festival israélien officiel, et déclinera toute proposition de participation ou d’intervention en Israël (5).

Les fondateurs de Pink Floyd, Roger Waters et Nick Mason, décident d’un commun accord de soutenir le mouvement BDS, et ils exhortent tous les groupes qui ont l’intention de jouer en Israël de reconsidérer la question, en soulignant que « Jouer en Israël aujourd’hui revient moralement à jouer à Sun City en plein apartheid sud-africain ; quelles que soient vos intentions, franchir les lignes de piquetage c’est fournir la propagande dont se sert le gouvernement israélien pour tenter de blanchir la politique de son régime injuste et raciste (6) ». Waters est un partisan, un défenseur du mouvement BDS depuis quelques années maintenant.

Jouer en Israël aujourd’hui, en cette période où la solidarité avec les Palestiniens est de plus en plus forte, c’est une déclaration politique retentissante. Ce tweet de l’Associated Press est révélateur de la dimension prise aujourd’hui par le BDS.

« @Beyonce n’ira pas en Israël pour un concert. Son agent @APEntertainment fait savoir que les articles à propos d’une représentation de Bey à Tel Aviv sont inexacts [7]. »

Le philosophe et militant Grace Lee Boggs et l’acteur et militant Danny Glover dénoncent l’inclusion du film « Un révolutionnaire américain : l’évolution de Grace Lee Boggs » dans un festival du film israélien sous parrainage gouvernemental. Dans une déclaration ferme, il affirme, « Nous sommes solidaires du peuple de Palestine, et nous soutenons leur appel à un boycott culturel et universitaire d’Israël ». Ceci a été adressé à The Electronic Intifada et cosigné par une dizaine d’autres personnes impliquées dans le documentaire primé qui se concentre sur la vie et l’œuvre de Boggs, âgé de 98 ans (8).

Le groupe new yorkais The Shondes écrit, approuvant et soutenant le boycott culturel, « Nous soutenons le mouvement de Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS) parce qu’il pousse Israël à se conformer au droit international : pour la fin de l’occupation illégale, pour assurer aux réfugiés leur droit au retour dans leurs foyers, et pour garantir la pleine égalité de droit des citoyens palestiniens d’Israël (9) ».

Plus de cent artistes et intellectuels – dont Judith Butler, Lucy Lippard, Chantal Mouffe, Walid Raad, Marthe Rosler, et Gayatri Spivak – respectent le boycott culturel en signant une lettre publique appelant les participants à l’exposition itinérante « Vivre en forme » des Creative Times, à se retirer parce qu’elle est actuellement à l’affiche dans une institution ayant « un rôle central dans le maintien de l’occupation injuste et illégale de la Palestine. »

La missive venait en réponse aux révélations que l’exposition sur les pratiques sociales, organisée par Nato Thompson, avait tourné en Israël pendant six mois à l’insu même des participants, de même qu’à Technion, l’université de Haïfa qui a de nombreux liens en recherche et développement avec l’armée israélienne et l’industrie de la technologie de défense (10).

 

Juillet : Le groupe britannique Massive Attack, dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban, pour soutenir BDS (Getty Images).

Juillet 2014 : Israël se lance dans une agression violente contre la population vivant à Gaza, et qui est maintenue sous un siège illégal. Trompeusement appelée par Israël, Opération Bordure protectrice, au final elle a tué plus 2200 personnes (dont 510 enfants).

Après avoir eu connaissance de l’appel lancé par les Palestiniens pour le boycott, le désinvestissement et des sanctions contre Israël, le rappeur américain Talib Kweli annonce sur twitter qu’il respectera le BDS. Kweli devait apparaître dans un Festival international de hip-hop, funk et groove prévu mi-août en Israël (11).

Selon les médias israéliens, Pearl Jam soutient implicitement le boycott culturel. Le premier chanteur de Pearl Jam, Eddie Vedder, a effectivement dénoncé l’agression d’Israël contre les Palestiniens (toutefois sans l’évoquer) lors d’un concert : « Je le jure putain de Dieu, il y a des gens qui cherchent une raison pour tuer. Ils cherchent une raison pour franchir les frontières et prendre le contrôle de terres qui ne leur appartiennent pas. Ils doivent foutre le camp, et s’occuper de leur putain d’affaires. Nous ne voulons par leur donner notre argent. Nous ne voulons pas leur donner nos impôts pour bombarder des enfants (12) ». Un article en hébreu fait savoir qu’il n’a pas été possible de faire venir Pearl Jam en Israël, et il conclut implicitement que la raison pour laquelle cette tentative a échoué, c’est le boycott (13).

Un énorme effort coordonné a été entrepris pour demander à Neil Young d’annuler son concert prévu en Israël. Roger Waters fait partie de ceux qui ont contacté Young, déclarant « Woody Guthrie se retournerait dans sa tombe ! Neil Young ! (14) ». La spéculation a circulé que Young autoriserait Israël à manipuler la raison de son annulation. Les gradins et les clôtures n’ont jamais été installés pour son concert à Tel Aviv, les billets ont été remboursés, et il n’a pas déclaré qu’il le reprogrammait.

De nombreux groupes et festivals sont annulés alors que fait rage en ce moment l’offensive d’Israël, et comme on pouvait s’y attendre, Israël prétend de façon douteuse que les concerts sont annulés pour des raisons de sécurité. Les militants BDS continuent d’exhorter tous les artistes à respecter le boycott. Dans le même temps, de nombreux artistes soutiennent les Palestiniens sur twitter (15). Waka Flocka Flame et French Montana sont deux de ces groupes à twitter leur soutien à la Palestine.

Les prix Nobel de la paix, l’archevêque Desmond Tutu, Adolfo Peres Esquivel, Jody Williams, Mairead Maguire, Rigoberta Menchú et Betty Willilams, se sont joints à d’autres personnalités pour soutenir un embargo militaire d’Israël. Parmi les autres signataires, Noam Chomsky, Roger Waters, la dramaturge Caryl Churchill, le rappeur étatsunien Boots Riley, le président de la Confédération syndicale internationale João Antonio Felicio, et le secrétaire général de la Confédération syndicale sud-africaine, Zwelinzima Vavi. Une telle coopération étendue à un si large spectre de personnes est significative (16).

Le très influent magazine Ebony publie, « Pourquoi les Noirs doivent se mettre avec la Palestine », établissant des parallèles avec les injustices ; « À l’instar de l’appel des Palestiniens aux gens de conscience pour boycotter et se désinvestir des entreprises qui soutiennent leur oppression, nous pourrions appeler les gens à l’étranger pour qu’ils fassent pression afin de mettre un terme au « Nouveau Jim Crow »… aux incarcérations de masse (17) ».

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Août : Sinéad O’Connoar porte un t-shirt GAZA, en solidarité, lors son concert à Londres.

La chanteuse irlandaise annule son spectacle (prévu en septembre), refusant de se soumettre aux pressions pour qu’elle joue, et assurant à ses fans qu’elle n’avait pas auparavant était informée du boycott culturel (18). Durant sa représentation d’août à Londres, la chanteuse portait un t-shirt avec écrit, GAZA, (voir la photo).

Des artistes culturels ont rejoint 21 000 personnes en signant une lettre à David Cameron, demandant des sanctions militaires contre Israël. Parmi les signataires, le légendaire rockeur Peter Gabriel, Jemima Khan, Bobby Gillespie de Primal Scream, Robert Del Naja de Massive Attack, Brian Eno et Bryan Adams, les écrivains Will Self, Hanif Kureishi, Ahdaf Soueif, Esther Freud, Laura Bailey et William Dalrymple, de même que les acteurs David Morrissey, Maxine Peake et Alexei Sayle (19).

Brian Eno, du fameux Roxy Music, joue un rôle actif dans la presse en affirmant que la British Broadcasting Corporation (BBC) : « …semble considérer la vie des Palestiniennes comme de moindre valeur, moins digne d’intérêt (20). »

Le groupe primé et de vieux militants politiques, Massive Attack, utilise son créneau sur Longitude Festival à Dublin, Irlande, pour mettre en valeur sa solidarité avec les Palestiniens de Gaza. Un message lumineux derrière les artistes dit : « Gaza est occupée (sic) ou soumise à des restrictions depuis 1948 (21) ».

Dépassant l’indignation devant les crimes d’Israël contre l’humanité, et répondant oralement à l’appel pour le BDS, des artistes font front commun dans « Boycotter Israël ». Le rappeur norvégien Don Martin, Immortal Technique, El Tipo Este du duo cubain Obsesion, le rappeur parisien Tonto Noiza, et Tumi Molekane de Johannesburg, donnent des informations aux auditeurs sur le BDS en différentes langues (22).

L’écrivaine à succès du New York Times Ayelet Waldman twitte son soutien à BDS, disant que, bien qu’elle soit israélienne, et qu’elle aime son pays, et qu’elle fût autrefois opposée au BDS, elle est prête à donner une chance au BDS (23).

Le Hollywood Reporter, la plus importante publication couvrant l’industrie du spectacle, tente d’expliquer le large soutien apporté par les célébrités aux Palestiniens, écrivant, « Pourquoi Young Hollywood est plus disposé à remettre en question la politique d’Israël (24) ».

La chanteuse, moultes fois primée, Selena Gomez twitte à ce qu’elle appelle #wearethenextgeneration pour être ce changement, à propos de l’humanité, de prier pour Gaza (25). Son tweet reste sur twitter.

D’éminentes personnalités juives, des Palestiniens, et d’autres, défendent la Palestine dans une vidéo puissante avec Jonathan Demme (prix de l’Académie), Gloria Steinem, Tony Kushner (prix Pulitzer), Diana Buttu, Chuck D, Eve Ensler, Brian Eno, Roger Waters, Mira Nair (prix de l’Académie), Wallace Shawn, Naomi Klein, Raj Patel, Noura Erakat, Alison Bechdel, Urvashi Vaid, et beaucoup d’autres (26).

Le boycott culturel d’Israël est le thème central des conversations, où l’on spécule sur la véritable raison qui amena le retrait du spectacle de la troupe de danse israélienne du programme du salon de l’Edinburg Festival Fringe (27).

Magic Johnson avait de fortes chances de jouer au basket devant 5000 soldats des forces armées israéliennes lors de l’inauguration d’une arène nouvellement ouverte. Il a été indiqué que la municipalité de Jérusalem avait été surprise quand il refusa de participer à l’évènement.

Le Hollywood Reporter note à nouveau un soutien aux Palestiniens alors que des récipendiaires d’Oscars, Penelope Cruz, Javier Bardem et Pedro Almodovar, dénoncent le génocide israélien dans une lettre ouverte ; parmi les autres signataires, les réalisateurs Montxo Armendariz et Benito Zambrano, à côté d’acteurs comme Lola Herrera, Eduardo Noriega et Rosa Maria Sarda ; et de musiciens comme Amaral et Nacho Campillo, entre autres (28). Leur soutien fait aussi les gros titres dans plusieurs publications importantes de langue espagnole comme Eldiaro.es.

La vidéo « La Palestine pleure du SANG » est diffusée par SLM, un duo populaire français de rap utilisant des images de Gaza avec une musique fascinante (29a).

Yaakov Shwekey, connu pour jouer précédemment pour l’armée israélienne, annule son concert programmé en Israël (29aa).

Robert Del Naja et Grant Marshall, de Massive Attack, se rendent dans le camp de réfugiés de Bourj el-Barajneh, au Liban (voir photo), et ils y parlent de leur « amour et de leur engagement » à soutenir dans leur détresse les jeunes réfugiés palestiniens. Del Naja affirme, « Il est important d’attirer l’attention sur ces Palestiniens qui vivent au Liban depuis 1948 : tous les jeunes gens que je rencontre qui ne sont pas nés en Syrie sont nés au Liban, et tous attendent de rentrer chez eux (29b) ».

Le groupe vétéran américain Kansas se désiste de son concert planifié en Israël, aucun projet de reprogrammation n’est fixé, et les remboursements de tous les billets sont effectués (29bb).

Golden Globe et le lauréat du prix de l’Académie, Asghar Farhadi, se joignent à Nasrin Sotoudeh pour créer une campagne appelée « Arrêter de tuer » pour aborder les massacres à Gaza. Farhadi est considéré par le magazine Time (2012) comme l’une des cent personnes les plus influentes au monde (30).

 

Août 2014 : L’engagement d’artistes irlandais à soutenir le boycott culturel d’Israël atteint les 500 signatures, une étape importante pour un si petit pays, et parmi eux, des artistes créatifs et de scène résidant tous sur l’île d’Irlande. Plus de 200 artistes ont signé en raison de l’attaque meurtrière d’Israël contre Gaza (31).

La musicienne Anoushka Shankar, fille du très apprécié Ravi Shanikar, s’exprime sur l’attaque d’Israël contre Gaza : « Je ne peux rester silencieuse. Il s’agit d’un génocide (32) ». La déclaration de Shankar est remarquable, en ce sens que la musicienne avait antérieurement contourné le boycott culturel en venant jouer en Israël. Son choix de devenir désormais une artiste de conscience est louable.

Dans une victoire énorme pour le BDS, le Tricycle Theater refuse d’accueillir le Festival du film juif du Royaume-Uni qui invoquait son parrainage israélien (32a). Dans un revirement magistral, le célèbre réalisateur irlandais, Lenny Abrahamson (pourtant ancien partisan d’Israël et défenseur de l’attaque d’Israël contre le Liban) annonce publiquement : « En tant que cinéaste d’origine juive, je soutiens pleinement la position du Tricyle (32aa) ».

Souvent vacillant d’un côté ou de l’autre, Russel Brand plaide en faveur du BDS, appelant les grosses entreprises à retirer leurs fonds des sociétés israéliennes qui aident à l’oppression du peuple de Gaza (33). Sa vidéo se propage très vite.

Beaucoup d’autres musiciens continuent d’annuler leurs concerts prévus en Israël alors que le mois d’août s’avance et que les dégâts sur Gaza sont rendus publics.

Les réalisateurs sud-coréens Park Chan-wook (Oldboy, Stoker, Joint Security Area) et Ryoo Seung-wan (The Berlin File, The Unjust) font partie des 100 personnalités publiques, à côté d’universitaires, d’experts juridiques et de personnalités religieuses, à signer une pétition et à la remettre à l’ambassade israélienne à Séoul. La pétition fait référence aux actions d’Israël à Gaza comme à un « massacre de civils » et demande à Israël de « cesser immédiatement ». Toujours dans la pétition, les actions d’Israël sont qualifiées de « crimes de guerre ». Les gouvernements de Corée du Sud, d’Europe, et des États-Unis sont invités à se conformer à ce que l’on appelle des sanctions militaires contre Israël (34).

S’agissant de l’annulation par Lana Del Rey, le Wondering Sound écrit : « C’est un triste rebondissement que l’excellent album de Del Rey soit nommé Ultraviolence, rendant son annulation d’autant plus tragiquement opportune (35) ». Quand les musiciens changent leur date en Israël, ils le font pour soutenir l’État israélien, que ce soit intentionnel ou non.

Le trompettiste de jazz Terence Blanchard et le saxophoniste Marcus Strickland se retirent du Festival de jazz de la mer Rouge, évènement parrainé par le gouvernement israélien.

Un groupe de personnalités politiques de haut niveau, en majorité d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes – dont le Président bolivien Evo Morales, l’écrivaine états-unienne Alice Walker, le Président hondurien déposé Manuel Zelaya (qui a signé de son nom courant « Mel Zelaya »), l’ancien Président cubain Fidel Castro, le musicien cubain Silvio Rodrigiuez, l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano, et d’autres – signent une déclaration avec des mots très forts de solidarité avec le peuple palestinien et soutenant le BDS (36).

De nombreux acteurs norvégiens signent une déclaration remarquée approuvant le mouvement BDS, et insistant pour que le Théâtre national norvégien ne soit pas utilisé pour normaliser les actions illégales d’Israël. Les acteurs Siri Austeen, Camilia Edg-Tverbakk, Chris Erichsen, Trine Falch et des dizaines d’autres l’ont signée (37).

Tout au long du mois d’août, d’autres célébrités twittent encore en soutien à la Palestine, et remettent en cause les actions d’Israël, notamment Mia Farrow, John Legend et le footballeur Joey Barton.

G4S est l’entreprise britannico-danoise qui assure les services de sécurité sur les check-points, dans les prisons et les centres d’interrogatoires en Israël. Quand le légendaire musicien Pete Wylie apprend que la ville de Liverpool a payé pour des services de G4S, il fait valoir : « Je ne peux pas le tolérer, ni travailler avec un Conseil qui croit bon de s’engager avec G4S, » en annulant sa venue au Festival international de la musique de la ville, soutenant ainsi le BDS (38).

L’initiative de Wylie suit la campagne plus large de groupes de solidarité avec la Palestine qui avaient rencontré des auteurs, acteurs, musiciens et d’autres artistes liverpuldiens pour qu’ils signent une lettre ouverte au Conseil de la ville, lui reprochant ses contrats avec G4S. Les signataires de la lettre – qui se réfère à la « misère et au carnage épouvantables en Palestine » – comprennent des écrivains comme Frank Cottrell Boyce, Alan Gibbons et Jimmy McGovern, et l’acteur, producteur et scénariste Alexei Sayle, à côté de plusieurs dizaines d’autres artistes (38).

Le comédien de renom Bill Bailey donne sa voix pour une nouvelle vidéo, puissante, appelant à l’aide médicale pour Gaza (39).

La Société des études sur le cinéma et les médias, le Caucus du Moyen-Orient (MEC), écrit une lettre ouverte qui approuve le BDS (40).

Le musicien Bryan Adams, prix Grammy, un Oscar (parmi bien d’autres prix), utilise twitter : « …et le blocus israélien de #Gaza vient d’entrer dans sa huitième année, laissant son 1,7 million d’habitants sans ressources (41) ».

La changeuse algérienne renommée Souad Massi explique avec conviction pourquoi elle soutient le boycott culturel d’Israël alors que, « maintes et maintes fois (42) »,il lui a été proposé des réservations en Israël.

Le réalisateur en vogue Ken Loach intervient à la cérémonie du prix de la Fondation Katrin Cartlidge (Festival du film de Sarajevo) pour honorer les réalisateurs palestiniens Abdel Salam Shehadeh et Ashraf Mashharawi, et il lance un appel pour un « boycott absolu de toutes les réalisations culturelles soutenues par l’État israélien ». Et d’ajouter, en se référant au boycott, « Il faut qu’Israël devienne un État paria (43) ».

Le 20e Festival annuel du film à Briston, Angleterre, refuse publiquement les fonds de l’ambassade israélienne afin de conserver un « statut politique neutre » (44) ».

« L’oppression de l’un nous concerne tous », dit la majorité des artistes et participants à la 31e Exposition biennale de l’art de São Paulo, laquelle a refusé de soutenir la normalisation de l’occupation israélienne en cours du peuple palestinien, « Nous croyons que le financement culturel de l’État israélien contribue directement au maintien, à la défense et à la disculpation de ses violations du droit international et des droits de l’homme (45) ».

Des chanteurs populaires libanais utilisent twitter pour sensibiliser leurs fans sur Gaza (46).

L’écrivain et universitaire Marcelo Svirsky se lance dans sa « Marche pour le BDS », de Sydney à Canberra, une distance de 287 km. Il est fêté par des sympathisants BDS du personnel de l’université de Sydney (49).

 

Septembre 2014 : Des concerts avec des contributions financières au profit de Gaza ont lieu dans le monde entier, bien trop nombreux pour pouvoir être énumérés ici.

Le spectacle « Spot on Israël » d’Amsterdam n’est pas parvenu à normaliser les relations néerlandaises avec Israël pendant son séjour avec la « première dame du théâtre israélien Habima ». On peut voir dans une vidéo les courageux militants se faire agresser, et puis arrêter, pour une manifestation qui a interrompu le petit spectacle financé par l’État israélien (47).

De nombreux écrivains, dont Junot Diaz et Eliot Weinberger, signent leur accord avec le boycott culturel « Il est profondément regrettable que le Festival du livre de Brooklyn ait choisi d’accepter des fonds du gouvernement israélien, juste quelques semaines après l’assaut sanglant de 50 jours d’Israël contre la bande de Gaza qui a fait 2100 tués palestiniens – dont 500 enfants –, qui a déplacé le quart de la population, détruit des maisons, écoles et hôpitaux, et qui aboutit à de nombreuses potentialités de crimes de guerre (48) « .

Le Conseil fédéral suisse est appelé par plus de 640 Suisses, artistes et acteurs culturels suisses, à suspendre toute coopération militaire avec Israël, notamment à annuler la récente commande de drones Hermes 900 d’Elbit, des drones qui ont été testés à Gaza et qui sont destinés à être utilisés par les Renseignements suisses pour surveiller la propre population de la Suisse (50).

Des artistes internationaux de premier plan font don de leur œuvre pour la création d’une série d’affiches probantes pour Gaza (29).


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Octobre : L’écrivain américain à succès, originaire de la République dominicaine et professeur à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), Junot Dias, approuve le boycott culturel d’Israël.

Octobre 2014 : Les Beach Boys ne précisent pas quelle est leur raison, mais ils ont annulé leur concert prévu en Israël comme indiqué par Ha’aretz et bien d’autres médias (51).

Israël choisit tout particulièrement les festivals internationaux de film pour tenter de se construire une nouvelle image, assignant souvent aux ambassades israéliennes locales le rôle de sponsors financiers des festivals. En Belgique, le Festival du film juif n’a pas fait exception. L’Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB) a vaillamment protesté contre cela en retirant sa participation et son parrainage du Festival du film juif à Bruxelles (52).

L’écrivain à succès du New York Times Junot Diaz (voir la photo), qui a reçu le prix Pultizer pour son roman « La brève et merveilleuse vie d’Oscar Wao » et obtenu le prestigieux « Genius Grant » (la Bourse des génies) du prix MacArthur, a approuvé la Campagne étatsunienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (USACBI). Diaz affirme : « S’il existe un arc moral à l’univers, alors la Palestine sera finalement libre. Mais ce jour promis n’arrivera jamais à moins que nous, les personnes de notre monde éprises de justice, combattions pour mettre fin au cruel fléau de l’occupation israélienne. (53) »

La superstar du hip hop Chuck D, du groupe novateur Public Enemy, a également signalé son approbation de l’USACBI (53).

Mira Nair réaffirme son ferme soutien au boycott culturel en rejoignant de nombreux autres artistes dans une lettre ouverte demandant à l’Institut mondial de la musique (New York) de ne pas produire le propagandiste israélien Idan Raichel (54).

http://refrainplayingisrael.blogspot.fr/2015/01/cultural-boycott-highlights-and.html


Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

NOTES
[3] In the French Press:
[12] At 5:22
[39]

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