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Les Palestiniens répondent à Adidas : « Suivez vos propres conseils, mettez fin à votre parrainage des équipes de football israéliennes dans les colonies de peuplement illégales »

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22 juin 2018 – Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturelle d’Israël/Allemagne (PACBI)

Dans une réponse d’Adidas, le géant allemand en articles de sport a prétendu qu’« il agit d’une manière politiquement neutre ». Or, en tant que sponsor de la Fédération d’Israël de football, qui comprend les clubs basés dans les colonies de peuplement illégales sur une terre palestinienne volée, Adidas est tout sauf « politiquement neutre ».

Adidas répondait ainsi à la lettre du 12 mars 2018 de plus de 130 clubs de football et associations de sport palestiniens qui demandent à Adidas d’abandonner son parrainage de la Fédération d’Israël de football (IFA), qui accueille les clubs basés dans les colonies d’Israël illégales.

Nous nous félicitons de l’engagement d’Adidas à « faire respecter les critères et les normes des droits de l’homme », et de son appel à la FIFA pour que celle-ci respecte les droits de l’homme et le droit international « sur la question des équipes des colonies israéliennes ».

Nous appelons Adidas à suivre ses propres conseils : respecter le droit international et les droits de l’homme des Palestiniens en mettant fin à son parrainage de l’IFA tant que celle-ci accueille les clubs basés dans les colonies israéliennes illégales.

Ces colonies de peuplement israéliennes sont une violation des droits de l’homme des Palestiniens. Elles sont construites sur des terres palestiniennes volées, et elles réduisent la liberté de mouvement des Palestiniens, leur accès à l’eau, à leurs terres fertiles et moyens de subsistance.

En outre, selon la Quatrième Convention de Genève, les colonies de peuplement israéliennes constituent des crimes de guerre. Ce qui fait qu’Adidas se rend complice des graves violations israéliennes des droits de l’homme du fait de son parrainage de l’IFA.

Dans sa lettre, Adidas dit aussi : « Adidas agit d’une manière politiquement neutre ». Mais comme le déclarait autrefois le leader anti-apartheid d’Afrique du Sud, l’archevêque Desmond Tutu : « Si tu es neutre en situation d’injustice, alors tu as choisi le côté de l’oppresseur ». Adidas ne se contente pas de vendre ses produits à la Fédération nationale de football d’un État impliqué dans une occupation illégale qui dure depuis des décennies et dans les graves violations des droits de l’homme qui en découlent. Adidas la parraine. Adidas, par conséquent, est tout sauf « politiquement neutre » dans ce cas.

Effectivement, Adidas n’a pas su mettre fin à son parrainage de la Fédération d’Israël de football quand les snipers israéliens ont tiré sur Mohammad Khalil Obeid, un footballeur de 23 ans, le touchant aux deux jambes, et sur Alaa Al-Daly, un cycliste de 21 ans, atteint dans sa jambe droite dont il a dû être amputé. Pour tous les deux, leur carrière professionnelle s’est achevée sous les balles israéliennes. Obeid a déclaré à Amnesty International, « En tant que joueur (de football) palestinien, ma vie a été détruite… Je rêvais de jouer au football à l’étranger, et de lever le drapeau palestinien à l’étranger ».

Se cramponnant à un espoir et tenant à nourrir leur passion pour ce jeu admirable, les Palestiniens amputés, ayant perdu des membres dans les attaques répétées d’Israël contre Gaza, ont formé récemment un club de football.

Adidas affirme qu’elle fonctionne conformément aux principes directeurs des Nations-Unies. Or, c’est sur la base de ces principes directeurs que le Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies a établi une base de données des entreprises qui se font les complices de l’occupation israélienne. Adidas prend ainsi le risque de se voir incluse dans cette base de données. Son parrainage n’en fera pas simplement la cible d’un boycott populaire, mais aussi de campagnes de désinvestissement institutionnel, y compris au niveau de l’État.

Sur son site internet, Adidas déclare que lorsqu’elle trouve « des impacts négatifs potentiels ou réels » sur les droits de l’homme, elle « s’engage à réduire ou éliminer ces impacts » et qu’elle le fait aussi pour « remplir une obligation fondamentale en tant qu’entreprise responsable, c’est-à-dire, de ne causer aucun préjudice s’agissant de l’exercice et de l’épanouissement des droits de l’homme ».

Adidas a mis fin à son parrainage de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme suite à des scandales de dopage et de corruption.

Nous demandons instamment à Adidas de « ne causer aucun préjudice » aux droits de l’homme des Palestiniens, et d’annuler son parrainage complice de la Fédération d’Israël de football.

 

Source: PACBI

Traduction : JPP pour BDS FRANCE

 

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