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Lettre de musiciens, universitaires et étudiants de Gaza à Tom Jones

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28/08/13

Gaza assiégée, Palestine occupée

 Cher Tom,

Nous sommes un groupe de musiciens, universitaires et étudiants palestiniens de la Bande de Gaza assiégée, en Palestine. Malgré le blocus de nos frontières terrestres, aériennes et maritimes par Israël, nous continuons d’apprécier l’âme, la vitalité et la passion de vos chansons. Israël nous a privés de nos maisons, de nos oliviers, de nos familles et communautés, de notre liberté de voyager et même de nos instruments de musique. C’est pour cette raison que, depuis les rues bondées des camps de réfugiés de Gaza, nous vous appelons à annuler votre prestation à Tel Aviv, la Sun City du Moyen-Orient, cet octobre. Nous vous demandons d’honorer l’appel mondial au boycott, désinvestissement et sanctions contre le régime israélien d’apartheid, de la même manière que vous et d’autres artistes célèbres ayant des valeurs ont refusé de divertir l’Afrique du Sud de l’apartheid.

Après que les Nations Unies ont approuvé qu’un boycott culturel soit imposé à l’Afrique du Sud régie par l’apartheid en 1980, vous vous êtes engagé à ne plus vous y produire. Le mouvement gallois anti-apartheid vous a persuadé « sans beaucoup de difficulté de ne pas revenir en Afrique du Sud« , et c’est tout à votre honneur [1]. C’est dans cette tradition de refus de divertir l’apartheid et le racisme que nous vous demandons de tenir compte de l’appel à boycotter Israël tant qu’il refusera à nous, Palestiniens, nos droits humains les plus élémentaires.

Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale a décrit ce que nous impose Israël comme « équivalent à l’apartheid » [2]. Israël a violé davantage de résolutions de l’ONU que n’importe quel autre pays, et un rapport récent du Conseil des Nations Unies pour les droits de l’homme a recommandé des sanctions jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international [3].

Après s’être rendu en Cisjordanie, l’archevêque Desmond Tutu a déclaré que les Palestiniens « sont opprimés à un niveau dont les idéologues de l’apartheid n’auraient jamais pu rêver pour l’Afrique du Sud. » [4]. Après leur longue expérience de lutte contre l’inégalité et le racisme, n’est-ce pas suffisant que l’archevêque Tutu et d’autres héros anti-apartheid appellent au boycott du système israélien d’apartheid ?

Si vous chantez en Israël, sachez qu’une grande partie de votre public fera ou fait son service militaire dans l’armée israélienne. Pour nous à Gaza, peu importe qui nous sommes, des soldats en arme, des chars Merkava, des drones et des F16 nous refusent l’occasion de venir vous écouter. Nous sommes punis parce que nous appartenons à cette terre et que nous portons son identité. A cause de ces restrictions, la grande majorité d’entre nous n’a jamais quitté la Bande de Gaza. La surface de Gaza est cinquante fois plus petite que votre patrie, le Pays de Galles. Pourtant notre population représente la moitié de la vôtre, ce qui signifie que nous sommes piégés dans une des zones les plus densément peuplées de la planète.

Lors des huit jours de bombardements terriblement destructeurs de novembre dernier, les forces israéliennes ont tué plus de 170 personnes (dont 33 enfants) et blessé plus de 1700 autres [5]. Leur crime ? Être nées palestiniennes.

Pouvez-vous acceptez que 1,7 million d’entre nous dans la Bande de Gaza, dont plus de la moitié sont des enfants, soient collectivement punis dans ce que les principaux organismes de défense des droits de l’homme appellent « la plus grande prison à ciel ouvert du monde » ? Pouvez-vous accepter que les Palestiniens constituent la plus grande communauté de réfugiés au monde, ethniquement nettoyés de leur terre mais à qui on a nié le droit de rentrer chez eux ? Pouvez-vous accepter que la politique israélienne inclut l’interdiction d’entrée des instruments de musique, de telle sorte que tant de voix splendides de nos jeunes ne seront jamais entendues à l’extérieur ?

En juin de cette année, lors du concert Agit8 à Londres, vous vous êtes joint à l’appel pour mettre fin à la pauvreté (http://www.one.org/international/blog/12371/) en chantant, « Seigneur, aide les pauvres et les nécessiteux » et « Aidez les enfants sans mères » [6]. Ce sont des objectifs louables et nous vous demandons de vous joindre à notre appel de ne pas divertir le pays qui inflige systématiquement une pauvreté affreuse à notre peuple à Gaza et fait régulièrement de nos enfants des orphelins. L’appel de 2005 pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël est approuvé par l’écrasante majorité des organisations de la société civile palestinienne [7], et il a été entendu par un grand nombre d’artistes et chanteurs du monde entier, tels que Roger Waters, Annie Lennox, Elvis Costello, Stevie Wonder, Vanessa Paradis, The Pixies et Carlos Santana [8].

Nos revendications sont fondées sur le droit international, les innombrables résolutions des Nations Unies et l’espoir de vivre avec les mêmes libertés fondamentales que quiconque dans le monde. Nous exigeons la fin de l’occupation illégale des terres palestiniennes par Israël, le retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers et la pleine égalité pour les citoyens palestiniens qui vivent en Israël. Ce n’est pas une utopie ; c’est un appel à l’égalité qui nous est refusée depuis qu’Israël a été créé sur les ruines des réfugiés palestiniens.

Lorsqu’on vous l’a demandé, vous avez tiré un trait sur l’Afrique du Sud de l’apartheid. Nous vous demandons maintenant de maintenir la pression déjà imposée par un nombre croissant de musiciens qui refusent de se produire en Israël jusqu’à ce que les Palestiniens obtiennent les mêmes droits et la même dignité que chacun est en droit d’attendre. Depuis le ghetto de Gaza, nous vous demandons de tenir compte des appels au boycott, au désinvestissement et aux sanctions et d’annuler votre concert du 26 octobre prochain à Tel Aviv, la Sun City du Moyen-Orient.

Jafra of Gaza Band
Mohammed J. Akkila (chanteur)
Ismail Harazine (flutiste)
Rami Abu Shabaan (musicien)
Ahmed Irshi (chanteur)
Bashor Bseiso (musicien)
Iyad Abu Lilah (batteur)
Mohammed Said el-Susi (rappeur)
Osama Said El Susi
Iyad Zumlut (musicien)
Haidar Eid

Traduction: MR pour la Campagne BDS france

Source : http://www.odsg.org/co/index.php?option=com_content&view=article&id=2959%3Aopen-letter-from-gaza-to-tom-jones-sing-for-freedom-and-justice-not-apartheid-and-ethnic-cleansing

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