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Lettre ouverte à Alanis Morissette

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Lettre ouverte à Alanis Morisette : Il faut que vous sachiez que c’est l’apartheid, ne jouez pas en Israël.

Chère Alanis Morissette,

Nous écrivons pour vous demander de ne pas franchir le piquet de grève palestinien pour jouer en Israël en décembre. Tandis que nous écrivons, le peuple de Gaza, qui habite dans la plus grande prison à ciel ouvert du monde, subit chaque nuit des attaques aériennes israéliennes, à quelques kilomètres de là où vous joueriez devant un public ségrégué. La semaine dernière, des activistes humanitaires qui essayaient de briser le siège illégal et immoral de Gaza ont été enlevés dans les eaux internationales ; on leur a tiré dessus avec des Tasers et emprisonnés en Israël. Leur crime ? Ils montraient leur solidarité envers le peuple palestinien.

Le mois dernier, les Nations Unis ont publié un rapport : « Gaza in 2020, a Liveable Place? » (Gaza en 2020, un endroit viable ?) [1] se focalisant sur la situation précaire à Gaza, en particulier en ce qui concerne l’électricité, l’eau, l’éducation et l’emploi. Les 1,6 millions de Gazaouis, en majorité des réfugiés et avec plus d’une moitié d’enfants, sont enfermés dans un minuscule morceau de terre ; leur moindre déplacement est contrôlé par Israël et leurs droits humains élémentaires refusés ; ils sont terrorisés par les drones et par des incursions militaires constantes. Pouvez-vous imaginer de tels traitements sur les êtres humains ? Pouvez-vous imaginer faire un spectacle pour un Etat qui fait cela ? Amnesty International, une organisation que vous avez déjà soutenue, a consigné les crimes de guerre israéliens à Gaza, comme beaucoup d’autres ONG. [2]

Si c’était la seule violation des droits humains, ceci devrait suffire pour que vous ne jouiez pas à Tel-Aviv. Mais Israël est aussi coupable d’énormes violations des droits humains contre le peuple palestinien vivant en Cisjordanie et contre les citoyens palestiniens d’Israël. En novembre 2011, le Tribunal Russell sur la Palestine a conclu qu’Israël pratique l’apartheid contre le peuple palestinien [3]. Sa session à New York ce mois-ci a vu les dépositions d’Alice Walker, d’Angela Davis, de Roger Waters, parmi d’autres et a constaté ce qui suit :

« Parmi ces violations du droit international, plusieurs sont sanctionnées pénalement : crimes de guerre (colonies israéliennes, traitements inhumains, tortures, attaques systématiques, destruction de maisons, déplacements forcés de population, punitions collectives, Projet de Code de l’ICL de 1996 sur les crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité, Art. 20 ; 4ième GC, Art. 147, loi de Rome Art. 8, crimes contre l’humanité (persécutions définies par le Tribunal criminel international (ICC en anglais), loi citée ici comme l’expression des coutumes internationales, Art. 7), et le crime de l’apartheid (Convention de l’ONU de 1973, Art. 1 ; à propos de l’apartheid et de la persécution, voir les conclusions de ce Tribunal à Capetown, 2011). à cause de leur caractère systématique, nombreux, flagrant, et parfois criminel, ces violations sont d’une gravité particulièrement grande. » [4]

L’Archevêque Desmond Tutu a décrit la situation ainsi : « J’ai été dans le Territoire occupé palestinien, et j’ai été témoin des routes et des logements attribués de façon discriminatoire, ce qui me rappelle tellement les conditions vécues en Afrique du Sud sous le système raciste de l’Apartheid. Des boycotts, des désinvestissements et des sanctions internationales contre le régime d’Apartheid, combinés à la lutte des masses au sein de l’Afrique du Sud, ont conduit à notre victoire. Exactement comme nous disions pendant l’apartheid qu’il était inopportun pour les artistes internationaux de se produire en Afrique du Sud dans une société fondée sur les lois discriminatoires et l’exclusivité raciale, il serait mal et injuste (…) de se produire en Israël ». [5]

Comme moyen pour résister à cet apartheid, la société civile palestinienne, comme son équivalent Sud-Africain pendant leur lutte, a appelé au boycott d’Israël jusqu’à ce qu’il se conforme avec au droit international et aux Principes universels des droits humains. La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI en anglais) appelle [6] au BDS, appelé par plus de 200 organisations de la société civile; les soutiens internationaux s’amplifient tous les jours parmi les artistes qui respectent cet appel, sont notamment inclus : Santana, Cat Power, Elvis Costello, Cassandra Wilson, Massive Attack, Jello Biafra, Faithless, Leftfield, Gorillaz, Pixies, feu Gil Scott Heron et bien d’autres qui refusent de se produire pour l’apartheid. S’il y a le moindre doute de ce que l’Etat profite des spectacles des artistes comme approbations de sa politique, l’extrait de la citation du Ministre des Affaires étrangères israélien déclarant qu’il « ne voit pas de différence entre propagande et culture », devrait chasser ce doute. En effet, le « twitter » officiel de l’Etat s’est vanté de votre prestation imminente dès qu’elle a été annoncée. [7]

Cette semaine même, la Conférence internationale de solidarité du Congrès national africain (ANC) a voté le soutien de la campagne menée par la Palestine pour le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël, cimentant les liens entre les deux luttes contre l’apartheid.

Quand un artiste se produisant la semaine dernière a demandé à son interlocuteur israélien si les Palestiniens pouvaient venir à son spectacle, la réponse a été : « Il faut qu’on se renseigne ». Alanis, faire un spectacle devant un public ségrégué n’est pas digne de vous, et ce serait une déception terrible pour beaucoup de vos fans.

Tous les jours, le peuple palestinien subit l’oppression israélienne avec dignité et un courage immense – il vous demande seulement de ne pas traverser sqn piquet de grève. En solidarité avec lui, nous vous demandons de ne pas vous produire pour l’apartheid. Alanis, s’il vous plait, annulez !

Meilleurs souvenirs,

 

Ne vous produisez pas pour l’état d’ apartheid israélien

Nous sommes un groupe de 950 membres, représentant beaucoup de pays, qui croyons qu’il est essentiel pour les musiciens et autres artistes d’être attentifs à l’appel du PACBI et de rejoindre le boycott d’Israël. Cela est essentiel afin d’œuvrer pour la justice envers le peuple palestinien occupé, ou dans les camps de réfugiés et en exil dans le monde entier.

Notes:
[1] http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/104094048-Gaza-in-2020-A-livable-place.pdf
[2] http://www.amnesty.org/en/news-and-updates/report/impunity-war-crimes-gaza-southern-israel-recipe-further-civilian-suffering-20090702
[3] http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/south-africa
[4] http://www.russelltribunalonpalestine.com/en/sessions/future-sessions
[5] http://www.timeslive.co.za/local/article727749.ece/Tutu-urges-Cape-Town-Opera-to-call-off-Israel-tour
[6] http://www.pacbi.org/etemplate.php?id=1801
[7] http://refrainplayingisrael.blogspot.ie/2012/09/alanis-morissette-why-apoptygma-berzerk.html

[8] http://electronicintifada.net/blogs/ali-abunimah/israel-far-worse-apartheid-south-africa-says-anc-chair-pretoria-conference-backs

 

Source: http://zazafl.wordpress.com/2012/10/30/open-letter-to-alanis-morissette-you-oughta-know-its-apartheid-dont-play-israel/

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