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20/03/12

Rencontre débat sur le pinkwashing contre les palestiniens le 20/03 (BDS)

Je vous adresse une invitation (en pièce jointe) pour une rencontre et un espace de réflexion sur les stratégies de communication de l’Etat d’Israel contre les palestiniens.
J’appartiens à un collectif de militants issus d’horizons différents qui avions déjà organisé une rencontre sur le thème de l’instrumentalisation des combats féministes et LGBT à des fins racistes contre les populations musulmanes, des quartiers populaires, noires et arabes. Cette manipulation politique, loin de se limiter à la France, trouve son paroxysme dans la communication de l‘Etat d’Israel à l’international. Se créant une réputation de « paradis gay » soucieux des droits humains, Israel peut continuer d’opprimer les palestiniens sur la justification qu’ils seraient un peuple rétrograde et barbare. Cette rhétorique fonctionne à merveille.
Pour construire la riposte en France et au delà, il est temps de s’enrichir des réflexions de celles et ceux qui, lassé-e-s qu’on parle en leur nom, tentent de déjouer cette variante gay-friendly de la guerre « juste ».
Haneen Maikey sera parmi nous le 20 mars ! Cette militante queer dirige l’association palestienne Al-Qaws qui est un exemple au sens où ses membres luttent à la fois contre l’homophobie dans les sociétés palestinienne et israélienne et contre l’occupation, le racisme des israéliens. Al-Qaws est engagée au sein de la campagne BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions) dont elle viendra nous rendre compte.
Nous comptons sur votre présence.
Noria

Combattre le Pinkwashing
Au coeur du mouvement queer arabe
Un repas de soutien à la Rôtisserie nous a permis de largement financer la venue exceptionnelle de
Haneen Maikey et Ramzi Kumsieh
Ces militant•e•s palestinien•ne•s sont membres de l’association Al-Qaws pour la diversité sexuelle et de genre dans la société
palestinienne, et participent activement à la campagne Palestinian Queers for BDS (appel de la société civile palestinienne au
boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre l’apartheid et l’occupation de la Palestine).

Rencontre-débat avec
Haneen Maikey et Ramzy Kumsieh
le mardi 20 mars 2012 à 19h
au Vieux-Saumur (1er étage)
10 rue de Belleville – 75020 – Paris – M°Belleville

L’Europe entière est le terrain d’une large opération de cooptation
des mouvements féministes, queers et « LGBT » blancs par les forces
réactionnaires à l’offensive contre les musulmans, les immigrés, et toutes
les personnes non-blanches en général.
The Guardian a notamment
souligné que la formation d’extrême droite britannique English Defense
League compte plus de 115 membres au sein de sa commission gay.
D’autre part, en Allemagne, la Fédération gay et lesbienne a émis des
déclarations qui pointent explicitement les musulman•e•s comme
les ennemi•e•s de la « communauté gay ».
En France, par exemple, le
7 mai 2011 le mouvement des identitaires appelait à un kiss-in devant
la « grande mosquée » de Lyon pour « combattre l’homophobie dans les
pays islamiques, et l’homophobie d’une petite minorité de musulmans
en France. » Plus largement, l’argument qui associe l’homophobie et
le sexisme aux communautés issues de la colonisation participe d’une
nouvelle dynamique raciste, et tend à opposer durablement les combats
antiracistes aux luttes contre les oppressions sexuelles et de genre.

Et il ne faudrait pas sous-estimer la part active des groupes « LGBT »
dans l’élaboration de ce dispositif idéologique : ce qu’il faut mettre en
discussion, c’est tout un répertoire de tactiques qui s’inscrivent dans un
militantisme occidental hégémonique, des modes de visibilisations aux
solidarités internationales.

Car cet alignement se fait aussi en appui du redéploiement de
l’impérialisme. Bien au-delà de l’Europe, cette rhétorique s’érige déjà en
stratégie de guerre. Selon The New York Times, dès 2005, et ce avec l’aide de
directeurs marketing américains, le gouvernement israélien a déployé une
vaste campagne, « Brand Israel », en direction principalement des hommes
entre 18 et 34 : cette campagne a été mise en oeuvre en vue d’offrir à cet
État colonial un visage attractif et moderne. En 2009, The Israel Project
a publié un dictionnaire des « mots qui marchent » pour défendre la
politique d’Israël en mettant l’accent sur le fait que la « démocratie »
israélienne respecte « les droits des femmes ».

Ce plan marketing s’est
progressivement dirigé à l’attention de la « communauté LGBT ». Dès lors,
en 2010, ce sont 90 millions de dollars qui ont été investis par l’office de
tourisme de Tel Aviv pour se donner des allures de destination de vacances
sur mesure pour les gays du monde entier. Ce type de financement
fleurit, souvent à la faveur d’un arsenal culturel, pour donner un visage
gay‑friendly à Israël. Les ambassades israéliennes financent des festivals
de films gays et lesbiens, aux États‑Unis comme en Europe. En France, la
venue d’une cinéaste israélienne au festival de films féministes et lesbiens
Cineffable avait donné lieu à un partenariat entre les organisateurs
et organisatrices du festival et l’ambassade d’Israël – l’ambassade
finançait en effet la venue de la cinéaste.

 La campagne pour le Boycott
culturel de l’État d’Israël (PACBI) a révélé en 2008 que les contrats qui
relient les artistes Israélien•ne•s à leur gouvernement, lorsque celui-ci
finance leur déplacement, contiennent une clause qui définit le but de la
collaboration : « promouvoir les intérêts politiques de l’État d’Israël […] et
créer une image positive d’Israël. »

Un mouvement grandissant à l’échelle internationale dénonce cette
tactique de pinkwashing : une stratégie délibérée pour occulter la
violation systématique des droits des Palestinien•ne•s derrière un
visage moderne, symbolisé par la vitalité des espaces gay en Israël.

Ces redéploiements impérialistes comme cette régénérescence du
racisme impliquent de nouvelles analyses et des discussions stratégiques
pour questionner les modes d’organisation LGBT et féministes
occidentaux hégémoniques. C’est à cette nécessaire remise en cause que
s’attèle Al‑Qaws depuis la Palestine et au sein d’un réseau plus large de
mouvements queer arabes.