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Lettre de BDS France à Amadou et Mariam et à Salif Keita

English version below

Paris le 18 juin 2013

Cher Salif Keita, chers Amadou et Mariam, chers artistes maliens,

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Vous êtes invités prochainement à venir vous produire en Israël.

Israël n’est pas un pays comme les autres. Son gouvernement, depuis de nombreuses années, piétine le droit international. A Jérusalem, par exemple, 2000 maisons palestiniennes ont été détruites, 14000 Palestiniens se sont vus retirer leur permis de séjours et 5300 enfants palestiniens ne sont pas scolarisés. A Gaza, maintenue sous blocus depuis 7 ans, toute une population périt faute d’avoir accès aux droits les plus fondamentaux. Le Mur et les check-points empêcheront la plupart des Palestiniens de Cisjordanie de venir assister à vos concerts qui seront, dans les faits, ségrégués. Dans les frontières même d’Israël, les citoyens arabes palestiniens, chrétiens ou musulmans, vivent dans une situation proche de celle de l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1980 : ils n’ont pas les mêmes droits et n’ont qu’un accès limité aux services dont bénéficient les citoyens juifs israéliens. Enfin, dans le reste du monde, Israël refuse toujours le droit au retour de millions de réfugiés palestiniens, bafouant ainsi les nombreuses résolutions de l’ONU. On peut décrire une telle situation par un vocabulaire riche, mais un mot s’impose à tous : la colonisation de la terre de Palestine par l’État israélien.

C’est pour toutes ces raisons qu’en 2005 la société civile palestinienne s’est résolue à demander le soutien de la société civile internationale pour mettre en place la campagne BDS (pour Boycott, Désinvestissements et Sanctions). Inspirés par la lutte des Sud-Africains contre l’apartheid, les Palestiniens appellent à cesser toute collaboration avec des institutions gouvernementales israéliennes jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international. Suivant l’appel des Palestiniens, nous ne boycottons jamais des individus, mais nous appelons au boycott, entre autres, des événements culturels quand ceux-ci sont organisés par des instances reliées au gouvernement israélien.

Face à l’impunité d’Israël, des militants et des citoyens de conscience relaient cet appel au BDS partout dans le monde. Des artistes de tous les pays et de tous styles musicaux ont entendu et répondu positivement à cet appel. Citons par exemple Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Annie Lennox, Cat Power, Andy Kasrils, Ewok, Lhasa, Vanessa Paradis, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Gil Scott-Heron, Jello Biafra, Les Pixies ou Massive Attack, mais aussi Peter Brook, Susan Sarrandon et de nombreux metteurs en scène et comédiens du monde entier.
Chers artistes maliens, l’invitation que vous recevez fait suite à celles que de nombreux autres artistes de votre pays ont reçues. Alors qu’Oumou Sangaré l’a déclinée, Vieux Farka Touré ou Fatoumata Diawara l’ont acceptée. Il n’est pas étonnant que vous soyez invités, vu votre immense talent et celui de nombre de vos compatriotes. Ce qui est étonnant c’est que ces invitations arrivent si soudainement, alors justement que le gouvernement israélien instrumentalise une dangereuse division en Afrique entre « Noirs » et « Arabes ». Chers artistes, ne soyez pas les otages de telles politiques cyniques et meurtrières.

Chers artistes africains, le gouvernement israélien s’est récemment illustré par des politiques extrêmement brutales envers ses immigrés (appelés « infiltrés »), philippins et africains en particulier. Il leur interdit d’envoyer de l’argent dans leur pays, les arrête et les enferme dans des camps, avant de les expulser sans ménagement. On a récemment vu des émeutes racistes contre les Noirs dans les rue de Tel Aviv, où un député a décrit l’immigration africaine comme un « cancer de la société israélienne ». Certes, votre présence fera oublier cette abjection, mais est-ce vraiment votre intention ?

Chers artistes maliens, la colonisation, son cortège d’injustices, de souffrances et de crimes ne vous sont pas étrangers, ils appartiennent aussi à l’histoire du Mali.

Ne vous méprenez pas : que vous le souhaitiez ou non, vos concerts seront interprétés comme un soutien au régime colonial israélien, et pas comme un simple événement culturel.

Nous espérons, au contraire, pouvoir vous compter parmi les artistes de conscience qui se sont joints au boycott.
Nous restons à votre entière disposition pour vous fournir toute autre information utile sur cette question.

Linda, pour la Campagne BDS France

Campagne BDS France
21 ter rue Voltaire
75011 Paris
campagnebdsfrance@yahoo.fr

« Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp. »
Desmond Tutu

On the same subject:
Entre Mandela et Netanyahou, Salif Keita fera-t-il le grand écart ? / Will Salif Keita do the splits between Mandela and Netanyahu?
http://tinyurl.com/lq27583
L’Israfrique passe aussi par la musique:
http://tinyurl.com/m5vgscm

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English version:
Letter from BDS France to Amadou and Mariam and to Salif Keita

18 June 2013

Dear Salif Keita, Dear Amadou and Mariam, Dear Malian artists,

You have been invited to go and perform soon in Israel.

Israel is not a country like others. Its government has for many years been trampling on international law. In Jerusalem, for example, 2,000 Palestinian homes have been destroyed, 14,000 Palestinians have had their residence permits withdrawn and 5,300 Palestinian children are not being schooled. In Gaza, which has been kept under blockade for 7 years, a whole population is perishing, with no access to their most elementary rights. In the West Bank, the Wall and the check-points deprive Palestinians of freedom of movement and will prevent them from coming to attend your concerts, which will therefore be segregated. Even within Israel’s borders, Palestinian citizens, be they Christian or Muslim, live under a system akin to the apartheid which formerly existed in South Africa: they do not have equal rights and have only limited access to the services enjoyed by Israel’s Jewish citizens. And Israel still refuses to recognize the right to return of millions of Palestinian refugees around the world, thus mocking numerous United Nations resolutions. One may use many words to describe such a situation, but one word is essential: the colonisation of Palestinian land by the State of Israel.

For all of these reasons, Palestinian civil society appealed in 2005 to international civil society to launch the BDS campaign (Boycott-Divestment-Sanctions). Inspired by the South African struggle against apartheid, the Palestinians ask that all collaboration with Israeli governmental institutions cease until Israel respects international law. In line with the Palestinian appeal, we do not boycott individuals but we call for the boycott of cultural events when these are organised by bodies linked to the Israeli government.

Faced with Israel’s impunity, activists and conscientious citizens are spreading the BDS appeal all over the world. International artists, of all musical styles, have heard and responded positively to the appeal: they include Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Annie Lennox, Cat Power, Andy Kasrils, Ewok, Lhasa, Vanessa Paradis, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Gil Scott-Heron, Jello Biafra, The Pixies and Massive Attack, as well as Peter Brook, Susan Sarandon, and numerous other directors and actors around the world.

Dear Malian artists, the invitations you have received follow those extended by Israel to other artists from your country. Whereas Oumou Sangaré declined the invitation, Vieux Farka Touré and Fatoumata Diawara accepted. It is not surprising that you be invited, given your great talent and that of many of your compatriots. What is surprising is that these invitations should all arrive so suddenly, at a time when the Israeli government is exploiting a dangerous division in Africa between “Blacks” and “Arabs”. Dear artists, don’t become hostages of such cynical and murderous politics.

Dear African artists, the Israeli government is notorious for its extremely brutal policy towards its immigrants (labelled as “infiltrators”), particularly those from Africa and the Philippines. They are forbidden from sending money to their countries, they are arrested and confined in camps, before being summarily deported. Racist riots against the Blacks recently took place on the streets of Tel Aviv, where a member of parliament described African immigration as “a cancer in Israeli society”. Your presence in Israel will no doubt distract from these deplorable incidents, but is this really what you want?

Dear artists, colonisation and its trail of injustice, suffering and crimes are no strangers to you, they are also part of the history of Mali. Make no mistake: whether you like it or not, your concerts will be interpreted as support for the Israeli colonial regime, and not as mere cultural events.

We hope to be able to count you among the artists of conscience who have joined the boycott. We are of course ready to provide you with any further information on this issue.

Linda, for the BDS French Campaign

Campagne BDS France

21 ter rue Voltaire

75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.fr

www.bdsfrance.org

If you are neutral in situations of injustice, you have chosen the side of the oppressor.
Desmond Tutu

On the same subject:
Entre Mandela et Netanyahou, Salif Keita fera-t-il le grand écart ? / Will Salif Keita do the splits between Mandela and Netanyahu?
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L’Israfrique passe aussi par la musique:
http://tinyurl.com/m5vgscm




Des militants s’opposent au Festival du film israélien au Kenya

Lettre ouverte au Centre culturel français à Nairobi
source: info-palestine.net

Les institutions culturelles et universitaires israéliennes, de même que les produits culturels comme les films contribuent directement à maintenir, défendre ou blanchir l’oppression contre les Palestiniens, alors que la nation juive cherche délibérément à améliorer son image internationale.

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Tel Aviv : ils sont des centaines d’Israéliens à manifester dans le quartier pauvre de Hatikva contre la communauté migrante africaine.
(Photo : R. Shutzer/AFP/Getty images)

 

Alliance française,
Loita/Monrovia Street – Nairobi, Kenya

à l’Alliance française, 6 juin 2013

Objet : le Festival du film israélien à Nairobi, 2013

Il a été porté à notre attention que l’Alliance française allait accueillir le Festival du film israélien du 11 au 15 juin, présenté par l’Ambassade d’Israël. En tant que Kenyans et personnes soucieuses de la justice sociale et des droits humains, nous tenons à vous exprimer notre point de vue sur la tenue d’une telle initiative.

Pour commencer, nous voulons attirer l’attention sur les nombreuses violations des droits humains qu’Israël commet régulièrement. Dès sa création en 1948, Israël a cherché à supprimer définitivement et massivement la population palestinienne indigène du pays, afin de créer un État juif. Depuis, Israël s’oppose aux droits fondamentaux palestiniens à la liberté, à l’égalité, à l’autodétermination par le nettoyage ethnique, la colonisation, la discrimination raciale et l’occupation militaire (1). Israël viole également, de façon répétée et systématique, les droits humains et le droit humanitaire internationaux, et ne tient aucun compte des résolutions des Nations-Unies.

Pour donner juste quelques exemples : depuis 2006, quand le Hamas a gagné les élections à Gaza, les Palestiniens dans la bande de Gaza ont été paralysés par les sanctions économiques imposées par Israël. En 2008 et 2009, au cours des 22 jours de l’opération militaire Plomb durci, on estime qu’Israël a tué 1387 Palestiniens à Gaza, notamment des familles et des enfants, et qu’il a utilisé à plusieurs reprises des munitions à phosphore blanc sur des zones peuplées, comme cela a été méticuleusement documenté par Human Rights Watch. En novembre 2012, Israël a bombardé Gaza une nouvelle fois dans l’opération Pilier de défense. Selon B’Tselem, le centre d’information israélien pour les droits de l’homme dans les territoires occupés, 167 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne. Plus de la moitié étaient des civils.

En Cisjordanie occupée, un territoire tenu sous le contrôle des checkpoints militaires, Israël a continué de construire des colonies sur la terre occupée, en dépit du fait que ces colonies sont considérées comme illégales en droit international. Ce ne sont là que quelques-unes des violations qu’Israël perpétue en Palestine occupée. Nous n’avons pas parlé en détail de la détention des prisonniers politiques, du déplacement des communautés bédouines, du harcèlement et des humiliations quotidiennes des Palestiniens sur les checkpoints, du nivelage des terres aux bulldozers, de l’arrachage des oliviers et ainsi de suite.

Il n’y a pas que les Palestiniens à avoir souffert des politiques mises en œuvre par le gouvernement israélien ou à avoir été assassinés par l’armée israélienne. En 2003, une militante américaine de la paix, Rachel Corrie, est morte écrasée sous un bulldozer par les Forces de défense israéliennes (FDI). En 2010, 9 militants turcs à bord d’un navire humanitaire se dirigeant vers Gaza, le Mavi Marmara, ont été tués dans une opération israélienne. Il y a seulement trois jours, Israël a pris la décision d’expulser 60 000 migrants d’Érythrée et du Soudan vers un troisième pays non précisé. L’année dernière, des dizaines de demandeurs d’asile africains ont été blessés dans des émeutes raciales violentes à Tel Aviv (2).

Dans un rapport officiel commandé par le gouvernement sud-africain en 2009, le Conseil de recherches en sciences humaines a confirmé qu’Israël, par sa politique et ses pratiques, se rend coupable du crime d’apartheid. Beaucoup d’autres, notamment des Sud-Africains qui ont connu directement l’oppression raciale, par exemple le lauréat du Prix Nobel de la paix Desmond Tutu, ont dit de la vie sous la répression israélienne qu’elle était semblable, voire pire, que celle sous l’apartheid en Afrique du Sud (3).

Des gens de partout dans le monde condamnent la politique d’Israël envers les Palestiniens. Beaucoup ont rejoint la campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (BDS) qui appelle au boycott d’Israël jusqu’à ce que les droits palestiniens soient reconnus en toute conformité du droit international. Des citoyens israéliens soutiennent fortement eux aussi l’appel aux campagnes de BDS.

Il est important de souligner que les institutions culturelles et universitaires israéliennes, de même que les produits culturels comme les films, contribuent directement à maintenir, défendre ou blanchir l’oppression des Palestiniens alors que la nation juive cherche délibérément à améliorer son image internationale par le biais de collaborations universitaires et culturelles. Dans le cadre du boycott, des universitaires, des artistes et des consommateurs font campagnes contre de telles collaborations et tels « relookings ». (4)

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Surtout, un certain nombre d’artistes, spécialement des musiciens, cinéastes et écrivains, ont refusé de se produire en Israël ou ont annulé leurs spectacles prévus après une pression du mouvement BDS, notamment Bono, Snoop Dogg, Jean-Luc Godard, Elvis Costello, Gil Scot Heron, Carlos Santana, Devendra Banhart, Dustin Hoffman, Meg Ryan, Faithless, les Pixies, Cassandra Wilson, Cat Power et Zakir Hussain. L’auteur britannique John Berger, l’écrivain indien Arundhati Roy, la poétesse étatsunienne Adrienne Rich, les Britanniques Ken Loach, réalisateur, et Paul Laverty, scénaristes, sont parmi d’autres voix éminentes qui ont rejoint l’appel BDS (5).

Alors que les Kényans et d’autres soutiennent la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et la fin de l’apartheid, nous exhortons l’Alliance française à annuler le Festival du film israélien et à trouver les moyens de faire monter la sensibilisation sur l’occupation en Palestine. Il est paradoxal que l’ambassade israélienne veuille utiliser ce Festival pour « célébrer ses 50 ans de relations avec le Kenya » et « améliorer l’opinion des Kényans sur la vie et la culture israéliennes » quand le Kenya a vécu sa propre histoire de colonisation, avec ce qui l’accompagne, les violations, tortures et répressions. Pour nous, célébrer nos cinquante années d’indépendance et reconnaître ceux qui ont combattu et sont morts pour elle, il est impératif que nous nous positionnions contre la colonisation et l’oppression des autres.

S’il vous faut des raisons supplémentaires pour annuler le Festival, alors nous voulons attirer votre attention sur certains thèmes problématiques de films qui seront projetés. Les films Tourner à gauche à la fin du monde et Feu de camp dépeignent tous les deux les colonies qui, comme indiqué ci-dessus, sont illégales en vertu du droit international. Aucun film n’aborde cette réalité au contraire, les films détournent l’attention en abordant des thèmes tels que l’amour romantique et les communautés culturelles.

Ce Festival du film pourrait paraître comme un événement public anodin, mais en réalité, il ne l’est pas. Soutenir les produits culturels d’Israël pendant que les Palestiniens se battent pour se libérer de l’occupation israélienne c’est s’affirmer politiquement. Nous vous exhortons, en tant que personnes qui croient dans les droits de tous les peuples à vivre dans la dignité et libres de toute oppression, à vous tenir solidaires de la lutte palestinienne pour l’autodétermination et aux côtés des personnes dans le monde qui se sont engagées dans la campagne de Boycott, Sanctions et Désinvestissements contre Israël.

Sincèrement,

Comité Solidarité Palestine – Kenya

Notes

(1) Campagne de Boycott, Désinvestissements et Sanctions (en ligne) : Apartheid, Colonisation et Occupation

(2) The Guardian, (en ligne), Des demandeurs d’asile africain blessés dans des émeutes raciales à Tel Aviv – 24 mai 2012

(3) Artistes sud-africains contre l’Apartheid

(4) Mouvement BDS, (en ligne), Introduction au BDS

(5) Mouvement BDS (en ligne), Victoires BDS

12 juin 2013 – Pambazuka News – traduction : Info-Palestine/JPP




La réponse de BDS France au Nouvel Observateur et à Julien Clerc

j clercSuite à des erreurs et approximations dans l’article du Nouvel Observateur titré « Julien Clerc chantera en Israël malgré les pressions » et publié en date du 3 juin dernier, la Campagne BDS France tient à préciser plusieurs choses.

D’une part, il ne s’agit pas d’une « association créée par la société civile palestinienne au début des années 2000 », mais bien d’une campagne initiée en 2005 par une coalition de 173 associations de la société civile palestinienne et qui s’est développée depuis lors à l’échelle internationale. Cette campagne « Boycott, Désinvestissement, Sanctions » contre le régime d’apartheid israélien s’inspire de la campagne victorieuse contre l’apartheid en Afrique du Sud.

En effet, en juillet 2005, soit un an exactement après l’avis de la Cour Internationale de Justice demandant le démantèlement du mur de l’apartheid construit par la puissance occupante israélienne, 173 organisations, forces syndicales et associations palestiniennes ont lancé l’appel au BDS, dont voici un extrait :

« Nous, représentants de la Société Civile Palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international ».

Loin de « menaces » que jamais aucun membre de la Campagne BDS n’a exercé à l’encontre d’artistes, notre démarche vise à informer et sensibiliser les artistes et intellectuels qui sont invités à participer à la vie culturelle israélienne, les incitant à la réflexion sur le sens de cette participation qui est aujourd’hui un acte politique.

Il aurait été ensuite juste au niveau factuel de préciser que Vanessa Paradis est très loin d’être la seule artiste à avoir annulé son concert à Tel Aviv.

De nombreuses artistes de premier plan ont refusé de jouer en Israël, dont Elvis Costello, Carlos Santana, Eric Clapton, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Devendra Banhart, Annie Lennox, Natacha Atlas, Brian Eno, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra…

Dernièrement, c’est le célèbre physicien Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence en Israël.

Cette liste de personnalités soutenant la campagne BDS est très loin d’être exhaustive, nombreux étant ceux qui ont choisi d’être du côté de la justice et du droit (cf. liste sur ce site).

 

La réponse de la Campagne BDS France aux explications de Julien Clerc :

Cher Julien Clerc,

Vous dites que vous irez chanter en Israël car le HCR à qui vous avez demandé conseil a indiqué « qu’il n’y avait pas d’obstacle institutionnel à aller chanter à Tel-Aviv ».

S’il n’y a pas « d’obstacle institutionnel », vous, le chanteur engagé, ne pouvez ignorer ce que signifiera votre concert à Tel Aviv en termes de caution donnée à la politique israélienne et de déni de la réalité de l’occupation, de la colonisation et du système de discriminations mis en place par cet État.

Israël se sert – et le revendique – des artistes étrangers pour tenter de blanchir ses crimes de guerre contre la population palestinienne sous sa domination.

Cher Julien Clerc, vous ne souhaitez probablement pas ségréguer votre audience et vos fans, mais Israël le fait. Nous ne pouvons imaginer que vous puissiez accepter cette situation… « A quoi sert une chanson si elle est désarmée ?

Vous dites aussi : « Pourquoi demander à un chanteur français de prendre parti dans un conflit que les chefs d’État des plus grandes nations n’ont pas réussi à régler ? »

Cher Julien Clerc, n’est-ce pourtant pas l’insuffisance de ces mêmes chefs d’État que votre rôle d’ambassadeur de bonne volonté au HCR vient suppléer ?

Les chefs d’État ne font pas tout et c’est précisément parce que dans ce conflit en particulier, la communauté internationale ne joue pas son rôle que la campagne citoyenne BDS a été initiée. Elle repose sur l’idée que chaque citoyen du monde peut, et doit agir, pour la justice et la paix sans attendre son chef d’État. C’est cette idée et la désillusion face à leurs dirigeants qui conduit aujourd’hui en Israël même, les anti-colonialistes à appeler à boycotter leur propre Etat et à vous écrire pour vous demander de ne pas venir jouer en Israël :

« Tel Aviv est la nouvelle Sun City, et nous demandons à des artistes comme vous de ne pas jouer dans cette ville. Comme l’Afrique du Sud de l’apartheid, le gouvernement israélien essaie d’exploiter les représentations et concerts internationaux en Israël, comme le vôtre, pour faire passer le pays pour un ‘lieu cool, amical et démocratique’. Au vu de ce qui précède, nous voudrions vous demander de ne pas vous produire en Israël pour l’instant.

Nous avons tous un rôle à jouer et surtout vous, qui en tant qu’ambassadeur au HCR ne pouvez ainsi dire : « De ma fenêtre, je ne peux que prêcher la tolérance mutuelle et souhaiter qu’israéliens et Palestiniens arrivent un jour à vivre ensemble. »

Desmond Tutu, prix nobel de la Paix, fervent soutien de la Campagne citoyenne BDS déclarait : « Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp. »

Resterez vous neutre face à l’injustice cher Julien Clerc ?
Nous espérons sincèrement que non, et nous vous réitérons notre demande de rencontre.
Article du Nouvel Obs :http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20130603.OBS1728/info-obs-julien-clerc-chantera-en-israel-malgre-les-pressions.html

Voir tout le dossier sur Julien Clerc




Lettre ouverte à Julien Clerc de la campagne BDS France

Pour relayer la campagne qui vise à faire annuler le concert de Julien Clerc à Tel Aviv en juillet, partagez, et diffusez largement la vidéo ci-dessus dans vos réseaux ! Et n’oubliez pas de l’interpeller à votre tour, par exemple sur la page facebook de cette campagne ou sur la sienne où vous pouvez laisser vos messages !

Lettre ouverte de la Campagne BDS France à Julien Clerc

Julien Clerc
VMA Voyez mon Agent
20 Avenue Rapp
75007 Paris
Paris, le 24 février 2013

Julien Clerc,

Un concert de vous est annoncé le 7 juillet prochain à l’Opéra National de Tel Aviv.

C’est vous, l’ambassadeur de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, que nous voudrions interpeller aujourd’hui. Vous ne pouvez ignorer les 4 millions de réfugiés palestiniens encore aujourd’hui (d’après l’UNRWA: agence des Nations Unies chargée des réfugiés palestiniens) alors que l’Assemblée générale des Nations unies a voté le droit au retour des réfugiés palestiniens dans sa résolution 194 du 11 décembre 1948… c’était il y a 64 ans.

Le rôle que vous assumez comme ambassadeur n’est-il pas aussi celui de porte parole pour les droits de ces millions de personnes déracinées par la force ?
Vous qui chantiez « Partir Partir, même loin de quelqu’un ou de quelqu’une même pas pour aller chercher fortune oh partir sans rien dire vivre en s’en allant», vous ne pouvez ignorer que vivre en s’en allant c’est le quotidien d’une trop grande part de la population palestinienne quand elle peut encore vivre, entre les incursions militaires régulières meurtrières sur Gaza assiégée, les nombreux check points qui rendent la circulation impossible en Cisjordanie, les privations quotidiennes d’eau, d’électricité, de nourriture, et l’arbitraire de la justice israélienne qui détient dans ses prisons plus de 4600 prisonniers politiques palestiniens dont 210 enfants.

Nous vous proposons aussi de lire le rapport remis le 31 janvier 2013 par une mission internationale de l’ONU chargée d’étudier l’impact des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés: « L’ampleur des violations commises par Israël s’agissant de la dépossession de terres, des évictions, des démolitions de logement et des expulsions de Palestiniens confirment le caractère généralisé de ces violations. La violence et l’intimidation à l’encontre des Palestiniens est motivée par le désir de chasser les populations locales de leurs terres, permettant ainsi l’expansion des colonies de peuplement ». (1)

Cher Julien Clerc, irez vous chanter en Israël sachant que le peuple palestinien ne pourra venir vous applaudir car il est relégué derrière un mur de séparation que la Cour Internationale de Justice a condamné par ces mots: « L’édification du mur qu’Israël, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupé, y compris à l’intérieur et sur le pourtour de Jérusalem-Est, et le régime qui lui est associé, sont contraires au droit international ».Pouvez-vous cautionner par votre présence et votre chant la politique d’oppression quotidienne exercée en toute impunité sur la population palestinienne?

Pouvez -vous, vous l’ambassadeur de bonne volonté faire comme si vous ne saviez pas?

Nous vous le demandons, dites non ! N’acceptez pas de « blanchir » par votre présence et votre chant ce que certains appellent la démocratie israélienne.
Démocratie qui ne concerne aujourd’hui qu’une partie de la population de ce pays, alors que l’autre palestinienne doit se contenter dans le meilleur des cas d’ une
citoyenneté de seconde zone et subit un régime de discriminations légales.

La campagne BDS (Boycott-Désinvestissements-Sanctions), nous tenons à vous le préciser, n’est pas une campagne contre les Israéliens, elle ne vise pas des
personnes, mais un régime politique et ses institutions. C’est une campagne internationale pacifiste qui vise, à la demande de la société civile palestinienne
soutenue par la frange la plus progressiste des citoyens israéliens , à briser l’impunité accordée à Israël quoiqu’il fasse, en boycottant le régime israélien et ses
institutions tant qu’il ne respectera pas le droit international.

La campagne BDS s’inspire de la campagne contre l’Apartheid en Afrique du Sud et à présent on compte de nombreuses personnalités artistiques qui ont choisi en leur âme et conscience de ne pas participer à cette politique d’Apartheid en la cautionnant par leur présence. Elles ont choisi de ne pas se produire en Israël tant que son gouvernement ne respectera pas le droit international. Parmi elles: Cassandra Wilson, Natacha Atlas, Cat Power, Jello Biafra, Lhasa, Gilles Vigneault, Roger Waters, Elvis Costello, Carlos Santana, Annie Lennox, Vanessa Paradis, Gil Scott-Heron, Les Pixies ou Massive Attack, et aussi Peter Brook, Susan Sarrandon et de nombreux acteurs et comédiens du monde entier.

Julien Clerc, vous le chanteur engagé pour de nombreuses causes humanitaires ;des Enfoirés à Chanteurs sans frontières, de l’action mondiale contre la pauvreté au soutien aux réfugiés, ne fermez pas les yeux, n’ignorez pas les innombrables violations des droits humains exercées par un régime aujourd’hui d’extrême droite et qui ne cherche qu’à se renforcer du fait de la présence d’artistes tels que vous.

Nous vous proposons d’annuler ce concert pour servir la cause de la justice, et du respect du droit, en conformité avec vos engagements de toujours. Nous serions très honorés de pouvoir vous rencontrer pour discuter avec vous de tout ceci si vous le souhaitez, et nous restons à votre entière disposition pour vous fournir toute information utile. .

Linda, pour la campagne BDS France

« Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp. »
Desmond TuTu

La Campagne BDS France

(1) http://www.un.org/french/newscentre/pdf/2013/31012013Fr.pdf
(1)http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=29734&Cr=Isra%EBl&Cr1=colonies#.USXcLvKLVfQ




Lettre de la Campagne BDS France à Tinariwen

Paris, le 19 Avril 2013
wavelabinc@gmail.com rab@sasa.demon.co.uk

Chers membres de Tinariwen,

Vous êtes en ce moment en tournée aux Etats-Unis puis vous viendrez en Mai en Europe et au Maroc. Bien que la date n’apparaisse pas sur votre site internet, vous êtes programmés au festival « PlugFest » dans le désert du Néguev, en Israël.

Faisant vous même partie d’un peuple opprimé, vous n’êtes pas sans connaître la situation dans laquelle vivent les Palestiniens, qu’ils soient de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, d’Israël ou même réfugiés.

Mais peut-être ne savez-vous pas que les Palestiniens ont appelé les artistes internationaux à ne pas jouer en Israël tant que cet Etat continue d’ignorer toutes les résolutions des Nations unies, de bafouer le droit international et de priver le peuple palestinien de ses droits humains les plus élémentaires.

Vous pouvez lire l’appel ici : http://www.bdsfrance.org/index.php?option=com_content&view=article&id=11&Itemid=13&lang=fr#CR

En voici un extrait :

« Puisque les institutions académiques israéliennes (essentiellement contrôlées par l’État) et la vaste majorité des intellectuels et universitaires Israéliens ont, soit contribué directement au maintien, à la défense ou à la justification des formes d’oppression susmentionnées, soit ont été complices par leur silence,

Etant donné que toutes les formes d’intervention internationales ont jusqu’à présent échoué à forcer Israël à se conformer au droit international ou à mettre fin à sa répression des Palestiniens, ce qui s’est manifesté de multiples façons, dont des sièges, des tueries indiscriminées, des destructions gratuites et le mur colonial raciste,

[…] Nous, universitaires et intellectuels palestiniens, appelons nos collègues dans la communauté internationale à boycotter complètement et en permanence toutes les institutions académiques et culturelles israéliennes pour contribuer à la lutte pour terminer l’occupation, la colonisation et le système d’apartheid israéliens, en appliquant ce qui suit :

Retenez-vous de participer à toute sorte de coopération, collaboration ou projet culturel conjoint, académique ou culturelle, avec des institutions israéliennes […] »

Ces trois dernières années, de nombreux artistes de premier plan ont répondu à cet appel en refusant de se produire en Israël. Parmi eux, nous pouvons citer Oumou Sangaré, Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray est une artiste qui a donné un concert en 2011, mais elle l’a regretté et n’y retournera pas. Elle a déclaré publiquement : « J’ai pris conscience et je n’aurais absolument pas joué si j’avais su même un peu de ce que je sais maintenant ».

Se produire en Israël aujourd’hui, c’est comme faire une déclaration de complicité politique. Vous pensez peut être pouvoir jouer en Israël simplement en tant qu’artiste pour un concert comme un autre sur votre tournée mais votre présence sera interprétée pour dépeindre cette société coloniale impitoyable comme normale, et les atrocités incessantes contre le peuple palestinien comme une chose à ignorer. Israël admet ouvertement qu’il utilise les événements culturels comme des outils de propagande, et il utilisera votre image pour tenter de camoufler quelque chose de très systématique et de très répugnant.

Il va sans dire que si vous jouez en Israël, ce sera devant une audience ségréguée, parce qu’aucun de vos fans palestiniens de Gaza ou de la Cisjordanie toute proche, n’aura le droit de venir vous écouter.  Est-il imaginable qu’au cours de la longue lutte contre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, vous y auriez voyagé pour jouer pour les suprématistes blancs ?

Nous espérons sincèrement que vous y réfléchirez. Nous vous demandons de vous retenir de participer au « PlugFest » et à toute autre concert en Israël tant que cet état ne respectera pas le droit international.

Il y a une vague – toute une vague internationale de gens qui soutiennent la justice pour les Palestiniens par des boycotts consommateurs, des boycotts universitaires, des boycotts culturels. Annulez votre concert et surfez sur cette vague. S’il vous plaît, n’y allez pas.

Sincèrement Vôtre,

Loic, pour la Campagne BDS France

www.bdsfrance.org

campagnebdsfrance@yahoo.fr




Lettre de la Campagne BDS France à Alicia Keys

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Alicia Keys

c/o Jeff Robinson

MBK Entertainment

240 West 35th Street, 18th Floor

New York, NY 10001

USA

 

le 8 avril 2013

Chère Alicia Keys,

Ici en France, vos fans se réjouissent de votre venue en juin à Paris. Mais nous sommes consternés d’apprendre que les organisateurs de votre tournée ont inclus dans votre programme un concert le 4 juillet à Tel-Aviv.

Peut-être ne savez-vous pas que les Palestiniens ont appelé les artistes internationaux à ne pas jouer en Israël tant que cet Etat continue d’ignorer toutes les résolutions des Nations unies, de bafouer le droit international et de priver le peuple palestinien de ses droits humains les plus élémentaires.

Peut-être ne savez-vous pas que lors des trois dernières années, de nombreux artistes de premier plan ont répondu à l’appel en refusant de paraître en Israël ; et que d’autres qui avaient initialement accepté ont annulé leur représentation, préférant montrer leur soutien à la lutte du peuple palestinien contre l’oppression israélienne.

Ceux-ci incluent Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, feu Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray est une artiste qui a donné un concert en 2011, mais elle l’a regretté et n’y retournera pas. Elle a déclaré publiquement : « J’ai pris conscience et je n’aurais absolument pas joué si j’avais su même un peu de ce que je sais maintenant ».

L’occupation israélienne dure maintenant depuis des décennies et fait de la vie des Palestiniens un enfer sur terre. C’est une occupation qui engloutit la terre palestinienne pour construire de grandes colonies illégales et des routes réservées aux colons. C’est une occupation qui vole l’eau – 80 % des eaux de la Cisjordanie sont prises par Israël pour que les colons sur leurs collines aient des pelouses vertes et remplissent leurs piscines tandis que dans les villages en contrebas les Palestiniens n’ont pas d’eau courante. C’est une occupation qui tue, torture, humilie, qui emprisonne hommes, femmes et enfants sans charges ni procès, qui détruit les maisons, pousse les Palestiniens vers des ghettos fermés et, à l’aide de check-points, de routes coupées et d’un système de permis digne de l’Apartheid, empêche les Palestiniens d’aller au travail, les enfants d’aller à l’école, les agriculteurs de récolter, les femmes enceintes et les grands malades d’atteindre l’hôpital.

La violence israélienne n’épargne personne. Rien que la semaine dernière, Hasan Barhoush, un vieux fermier chétif de 80 ans, a été attaqué brutalement par un groupe de colons israéliens et est maintenant soigné à l’hôpital de Tulkarem. Un autre groupe de colons a jeté des pierres sur un bus scolaire près de Naplouse, brisant les fenêtres et blessant de jeunes enfants dont sept ont dû être hospitalisés. Aucun Israélien ne sera puni pour une telle sauvagerie. Ce n’était qu’un autre jour ordinaire en Palestine occupée.

Nous pensons que vous êtes trop intelligente pour ne pas réaliser que se produire en Israël aujourd’hui, c’est comme faire une déclaration politique. Israël admet ouvertement qu’il utilise les événements culturels comme des outils de propagande, et il utilisera votre image pour tenter de camoufler quelque chose de très systématique et de très répugnant. Quelle que soit votre croyance de pouvoir aller là simplement en tant qu’artiste, votre présence sera interprétée pour dépeindre cette société coloniale impitoyable comme normale, et les atrocités incessantes contre le peuple palestinien comme une chose à ignorer. Nous espérons sincèrement que vous y réfléchirez.

Il va sans dire que si vous jouez à Tel-Aviv, ce sera devant une audience ségréguée, parce qu’aucun de vos fans palestiniens de Gaza ou de la Cisjordanie toute proche, n’aura le droit de venir vous écouter.   Est-il imaginable qu’au cours de la longue lutte contre l’Afrique du Sud de l’Apartheid, vous y auriez voyagé pour jouer pour les suprématistes blancs ? Si votre réponse est Non, alors vous souhaitez déjà boycotter un système cruel et injuste.

Il y a une vague, Alicia – toute une vague internationale de gens qui soutiennent la justice pour les Palestiniens par des boycotts consommateurs, des boycotts universitaires, des boycotts culturels. Annulez votre concert et surfez sur cette vague – S’il vous plaît, n’y allez pas.

Sincèrement vôtre,

Campagne BDS France

CICP – 21 ter rue Voltaire

75011 Paris

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/

 

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Alicia Keys

c/o Jeff Robinson

MBK Entertainment

240 West 35th Street, 18th Floor

New York, NY 10001

USA

 

April 8, 2013

Dear Alicia Keys,

All your fans here in France are excited that you’re coming to Paris in June. But we’re dismayed to learn that the organizers of your tour have included in your schedule a performance on July 4th in Tel Aviv.

Maybe you don’t know that the Palestinians have appealed to international artists not to play in Israel while it continues to ignore all United Nations resolutions, flout international law, and deprive the Palestinian people of their most elementary human rights.

Maybe you don’t know that in the past three years many prominent artists have responded to the appeal by refusing to appear in Israel, and others who had initially accepted to play there have cancelled their performances, preferring to show their support for the struggle of the Palestinian people against Israeli oppression.

They include Elvis Costello, Cat Power, Roger Waters, Cassandra Wilson, Stanley Jordan, Carlos Santana, Devendra Banhart, Annie Lennox, Eric Clapton, Brian Eno, U2, Coldplay, Bruce Springsteen, Massive Attack, Gorillaz Sound System, The Pixies, Tuba Skinny, Pete Seeger, the late Gil Scott-Heron, Jello Biafra… Macy Gray is one artist who did perform there in 2011, but she regretted it and won’t be going back. She stated publicly: “I had a reality check and I definitely would not have played there if I had known even the little that I know now.”

Israel’s occupation has endured now for decades, and makes the Palestinians’ life a hell on earth. It’s an occupation that gobbles up Palestinian land to build vast illegal settlements and settlers-only roads. It’s an occupation that steals water – 80% of the West Bank’s water is taken by Israel so that the settlers on their hilltops can have green lawns and fill their swimming pools, while in the villages below Palestinians have no running water. It’s an occupation that kills, tortures, humiliates, that imprisons men, women and children without charge or trial, bulldozes houses, herds Palestinians into walled ghettos and, through the checkpoints, roadblocks, and an apartheid-like pass system, prevents Palestinians from going to work, children from going to school, farmers from harvesting their crops, pregnant women and the critically ill from reaching hospital.

Israeli violence spares no one. Just last week, Hasan Barhoush, a frail 80-year old farmer, was brutally attacked by a group of Israeli settlers and now lies in hospital in Tulkarem. A different group of settlers hurled rocks at a school bus near Nablus, shattering windows and wounding young children, seven of whom had to be hospitalized. No Israeli will be punished for such savagery. That was just another ordinary day in occupied Palestine.

We think you’re too smart not to realize that performing in Israel today is like making a political statement.   Israel openly admits to using cultural events as a propaganda tool, and it will use your image in an attempt to camouflage something very systematic and very ugly. However much you believe that you can go there simply as an artist, your presence will be spun to paint this ruthless colonial society as being normal, and the unrelenting atrocities against the Palestinian people as something to be ignored. We sincerely hope you will think again.

It goes without saying that if you play in Tel Aviv, it will be before a segregated audience, because none of your Palestinian fans either in Gaza or in the West Bank just a short drive away, will be allowed to come and hear you. Is it conceivable that, during the long struggle against apartheid South Africa, you would have travelled there to perform for the white supremacists? If your answer is No, then you’re already willing to boycott a cruel and unjust system.

There’s a wave, Alicia – a whole international wave of people supporting justice for the Palestinians via consumer boycotts, academic boycotts, cultural boycotts.   Cancel your gig and ride that wave – Please don’t go.

Yours truly,

BDS French Campaign

CICP – 21 ter rue Voltaire

75011 Paris, France

campagnebdsfrance@yahoo.fr

http://www.bdsfrance.org/




2012 : Une année de succès pour BDS dans le monde

Des actions de boycott et des victoires ont eu lieu dans le monde entier, en 2012 (Nedal Eshtayah / APA images)

 

Janvier :

Février :

  • La chanteuse américaine Cat Power a annulé son spectacle en Israël.
  • Au Canada, le corps estudiantin de l’Université de Regina a adopté une motion BDS « en tant que moyen d’exercer des pressions sur Israël afin qu’il se plie aux lois internationales et aux droits de l’homme ».
  • La chanteuse de jazz américaine Cassandra Wilson a annulé son spectacle à Holon. Elle a déclaré : « En tant qu’activiste des droits de l’homme, je m’identifie au boycott culturel d’Israël. »
  • Les produits de la firme israélienne de cosmétiques Ahava — qui pille les ressources de la mer Morte en Cisjordanie occupée et produit des cosmétiques dans une colonie illégale tout en les étiquetant « made in Israel » — ont été retirés des rayons partout au Japon. DaitoCrea, le distributeur japonais de la ligne de cosmétiques d’Ahava, a annoncé qu’il cesserait immédiatement de stocker les produits d’Ahava en raison de la politique frauduleuse de cette société en matière d’étiquetage.
  • Un juge a rejeté un procès intenté par un groupe de pression israélien contre Olympia Food Co-op à Washington, aux États-Unis, protégeant ainsi la décision de la coopérative de ne pas stocker de produits israéliens et de maintenir le boycott.

Mars :

  • Des étudiants en licence de l’Université de Carleton à Ottawa, au Canada, ont adopté par une majorité écrasante une résolution de soutien des désinvestissements dans les sociétés tirant profit de l’occupation israélienne et des violations des droits de l’homme.
  • L’Université de Glasgow n’a plus repris l’eau Eden Springs (une firme israélienne) dans ses cafeterias.
  • L’organisation mondiale de justice pour l’eau, Blue Planet, a officiellement adopté les BDS et a condamné la discrimination sur le plan de l’eau et les mesures d’inaccessibilité à l’égard des Palestiniens appliquées par Israël.
  • Les tentatives du gouvernement israélien de promouvoir Israël en tant que havre d’« accueil pour les homosexuels » tout en nouant des liens avec les communautés LGBT aux États-Unis et ailleurs dans le monde (ce qu’on appelle communément le « pinkwashing ») ont échoué à Seattle, Tacoma et Olympia, Washington.
  • Les produits Ahava ne sont plus distribués par une importante chaîne de magasins en Norvège. 
  • M.E.Ch.A., la plus importante association de la jeunesse latino-américaine (Latin@) aux États-Unis, a décidé par une majorité écrasante de répondre favorablement à l’appel palestinien aux BDS (Latin@ est un terme neutre pour Latino – masculin – et  Latina – féminin.) L’annonce a été faite le 30 March, qui marque à la fois la Journée palestinienne de la Terre — commémorant les assassinats, les blessures et les arrestations massives de Palestiniens qui, en 1976, avaient protesté contre les confiscations de terre — et la Journée César Chávez, célébrant le dirigeant mexicain des droits civiques mexicain qui avait mené des actions de boycott et de grève pour les droits des travailleurs agricoles.

Avril :

  • L’association des étudiants en candidature de l’Université du Massachusetts, à Boston, a adopté une résolution afin de désinvestir chez Boeing, une société américaine qui tire profit des violations des droits de l’homme par l’armée israélienne.
  • Le deuxième Mediterranean Delight International Belly Dance Festival (danse du ventre), qui devait se tenir à Marrakech, a été annulé en raison d’une intervention manifeste des autorités marocaines, qui ont subi des pressions de groupes palestiniens de solidarité dans l’ensemble des milieux religieux et culturels du Maroc. En outre, le Festival de danse du ventre était sponsorisé en partie par la société israélienne Sea of Spa, qui entretient des liens avec Ahava.
  • L’Association égyptienne de football a boycotté Adidas du fait que la société sponsorisait le marathon de Jérusalem.
  • La chaîne britannique de supermarchés The Co-op a décidé d’étendre son boycott des marchandises produites dans les colonies israéliennes des territoires palestiniens occupés à un boycott total des sociétés israéliennes qui se procurent la moindre marchandise dans les colonies.
  • Le groupe de musiciens irlandais Dervish a annulé une série de spectacles en Israël, déclarant qu’il ne souhaitait pas rompre le boycott.

Mai :

Juin :

Juillet :

L’Église presbytérienne des États-Unis a décidé de boycotter les produits des colonies israéliennes, même si sa résolution en faveur du désinvestissement total a échoué à deux votes près seulement.

Août :

Septembre :

Octobre :

Novembre :

Décembre :

On peut trouver d’autres succès des BDS et de l’activisme sur cette excellente liste, très complète, établie par Don’t Play Apartheid Israel, et nous encourageons nos lecteurs à la consulter.
2012 a été une année de développement important, pour le mouvement de boycott dirigé par les Palestiniens.

A coup sûr, 2013 construira du solide sur ces victoires dans le monde entier.

 

Publié sur The Electronic Intifada le 2/1/2013. Traduction pour ce site : JM Flémal.