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Tribunal Russel pour la Palestine et BDS

Une conséquence cruciale des conclusions du TRP est le soutien au développement de la Campagne BDS – c’est-à-dire de Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Le TRP a caractérisé la politique israélienne comme étant une politique d’apartheid et donc sujette aux sanctions ciblant tout régime d’apartheid.
Dans la synthèse des conclusions de sa troisième session, qui a eu lieu en Afrique du Sud à Cap Town entre les 5 et 7 novembre 2011 le Tribunal exhorte explicitement : « la société civile mondiale (y compris tous les groupes et individus qui travaillent de leur mieux en Israël et en territoire palestinien occupé pour lutter contre le système de domination raciale qui y règne) à reproduire l’esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, notamment en conscientisant les parlements nationaux par rapport aux conclusions de ce Tribunal et en soutenant la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) »

Cette déclaration est renouvelée à plusieurs reprises dans les conclusions finales formulées à Bruxelles.

Ainsi dans une partie intitulée « Futures actions et pistes pour l’avenir. Les initiatives de la société civile » nous pouvons lire :

« Le Tribunal renouvelle son soutien et se félicite de la campagne BDS, qui doit s’intensifier au sein de l’Union européenne et s’étendre à d’autre Etats, organisations régionales et institutions intergouvernementales »

Et plus loin :

« Le Tribunal promeut l’idée d’un partenariat entre les organes de l’ONU et la société civile afin de faire pression sur Israël sur les questions de BDS en s’inspirant directement de l’expérience du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970, 1980 et 1990 »

Tout ceci me conduit à vous donner des précisions sur l’histoire, les fondements et le contenu du mouvement BDS, puis à vous expliquer que la Campagne BDS ça marche, et qu’il faut donc persévérer dans cette voie.

La campagne BDS a été lancée le 9 juillet 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite.

Ces associations déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international»

Puis ces associations de la société civile palestinienne énoncent les 3 objectifs du mouvement BDS :
« 1. Mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le Mur ;

A ce premier objectif s’est ajouté depuis 2005 l’exigence de mettre fin au blocus de Gaza.
2. Reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respecter, protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU »

La campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.

Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009. Le site de la Campagne BDS France est : www.bdsfrance.org

La campagne se déploie selon plusieurs axes, comme c’était le cas du boycott de l’Afrique du Sud : les boycotts économique, sportif, universitaire et culturel.

Le boycott économique appelle les consommateurs ou n’importe organisme à ne pas se rendre complices d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens, qu’ils viennent des colonies de Cisjordanie ou du territoire israélien dans les frontière de 1967. Il vise aussi certaines sociétés non israéliennes qui participent directement à la répression du peuple palestinien.

Parmi l’ensemble de ces cas, citons les campagnes qui ciblent les entités suivantes :

  • la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies,

  • les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte,

  • la société qui commercialise les produits Sodastream (dont le gazéificateur),

  • Keter (qui fournit du petit matériel d’équipement),

  • les médicaments génériques TEVA (pour lesquels il est régulièrement fait une publicité sur France Info),

  • la société anglo-danoise G4S qui équipe les prisons israéliennes de son matériel dit de sécurité,

  • la société américaine Caterpillar, qui participe à la destruction du patrimoine palestinien et est complice de l’écrasement par ses bulldozers de citoyens Palestiniens et aussi de la militante pacifiste Rachel Corrie.

D’autres campagnes visent à ce que des sociétés se désinvestissent de leurs partenariats complices de la politique coloniale israélienne.

Ainsi la société Orange, qui a conclu un partenariat avec l’entreprise israélienne Partner Communications, qui installe des antennes et relais sur des terres confisquées aux Palestiniens pour le seul bénéfice de l’armée ou des colons. Ainsi aussi Veolia qui gère une déchetterie au service des colons et a d’importants projets d’investissements en Israël.

Venons-en à présent au boycott sportif, pour attirer l’attention sur le fait qu’il dénonce notamment la politique israélienne qui consiste à empêcher le peuple palestinien de pratiquer librement les sports et à se doter des moyens nécessaires, et qui consiste aussi à emprisonner arbitrairement des joueurs récalcitrants.

Les boycotts universitaire et culturel visent quant à eux des initiatives sponsorisées par l’Etat d’Israël. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et nous les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes. Des responsables israéliens de haut niveau avouent d’ailleurs eux-mêmes que la culture leur est très utile pour leur propagande.

BDS remporte d’importants succès, et particulièrement au cours de la dernière période.

Signalons la faillite en 2011 de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, les grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom, qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies, et Veolia, dont le cours de l’action a chuté, la crise de la banque franco-belge Dexia qui participe au financement des colonies …

D’importantes sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation, et récemment PGGM, la plus grande société de gestion de fonds de pension des Pays-Bas, a décidé de retirer l’ensemble de ses investissements de cinq grandes banques d’Israël. En Grande Bretagne, Hollande et Suisse des directions de grandes surfaces ont décidé de retirer de leurs étalages les produits des colonies, se conformant ainsi à l’esprit des lignes directrices de l’Union Européenne, aussi nommées « guidelines » entrées en application le 1er janvier 2014 et visant à proscrire tout financement et toute subvention aux sociétés travaillant pour les colonies.

Vivens, le plus gros fournisseur d’eau potable des Pays-Bas, a depuis peu mis fin à sa coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.
Dans des pays tels que l’Afrique du Sud, la Norvège, la Grande Bretagne, les Pays Bas, de très importantes fédérations syndicales renoncent aux services et aux contrats avec des firmes internationales complices de l’occupation, telles que Veolia et G4S.
D’importantes universités ont également rompu leurs relations, notamment en Afrique du Sud ou même aux Etats-Unis. Récemment l’une des principales institutions universitaires américaines, l’American Studies Association (ASA) a invité tous ses membres à couper toutes relations de nature institutionnelle avec les universités israéliennes.Diverses églises importantes se réclamant de divers courants religieux appellent aussi à BDS.

La Campagne BDS jouit également du soutien d’artistes de renom international, qui sont de plus en plus nombreux à refuser ou à annuler des tournées en Israël, d’intellectuels et de personnalités publiques jouissant d’une grande influence, dont des membres ou des parrains du Tribunal Russell : Desmond Tutu, Roger Waters des Pink Floyds, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, le cosmologue Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence de haut niveau en Israël …

Avant de conclure sur les perspectives du mouvement BDS, je veux signaler 2 questions importantes qui mobilisent la Campagne BDS France, questions que je ne développerai pas pour ne pas dépasser le temps qui m’est imparti.

La première c’est notre engagement actif contre le KKL, ou Fonds National Juif, qui est un organisme paraétatique israélien qui est depuis plus d’un siècle le fer de lance de la dépossession du peuple palestinien. Les dons à l’antenne française du KKL bénéficient d’une déductibilité d’impôts, cet organisme se faisant passer pour une association d’intérêt général, écolo et de bienfaisance, et nous sommes actuellement mobilisés contre le projet du KKL France de tenir le 2 février prochain une grande journée de propagande au Palais Brongniart à Paris.

La seconde question est que la France est le seul pays où des militants de la Campagne BDS sont poursuivis en justice, ce qui est conforté par la circulaire Alliot Marie, qui assimile les actions de sensibilisation à BDS à des appels à la discrimination raciale. Nous exigeons, avec de nombreuses associations, le retrait de cette circulaire et la relaxe des militants poursuivis, ce que d’ailleurs de nombreux juges comprennent.

Et je tiens à souligner que cette situation ne nous empêche pas de développer le mouvement BDS et ne fléchit pas notre détermination.

Quelles sont les perspectives du mouvement BDS ?

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme, les mouvements anti-guerre, les mouvements pour la justice sociale. Elle est porteuse de valeurs universelles.

Ce n’est pas sans raison que Netanyahou le premier ministre israélien, et d’autres ministres de ce pays ont déclaré que le mouvement BDS est une menace stratégique pour Israël. Il est significatif aussi qu’une centaine de grands patrons israéliens, redoutant le succès des appels au boycott, lancent un appel pour la paix avec les Palestiniens. Quand de son côté Omar Barghouti, co-fondateur de la Campagne BDS, pose la question « L’année 2014 verra-telle un tournant décisif pour la Campagne BDS ? », nous accueillons ce propos avec optimisme.

L’année 2014 a été déclarée année de la Palestine par décision de l’ONU. Nous veillerons à ce qu’elle soit en même temps l’année de BDS. Les régimes d’apartheid ne durent pas jusqu’à la fin des temps. L’Etat d’Israël fait et continuera de tout faire pour essayer de réduire le développement de BDS et pour vider de leur substance des mesures telles que les lignes directrices de l’Union Européenne.

Nous continuerons de nous y opposer résolument. Nous continuerons nos activités militantes avec enthousiasme, parce que les droits des peuples et la vraie justice sont de notre côté.

L’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il le sera aussi en Palestine et Israël !

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

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2012 : Une année de succès pour BDS dans le monde

Des actions de boycott et des victoires ont eu lieu dans le monde entier, en 2012 (Nedal Eshtayah / APA images)

 

Janvier :

Février :

  • La chanteuse américaine Cat Power a annulé son spectacle en Israël.
  • Au Canada, le corps estudiantin de l’Université de Regina a adopté une motion BDS « en tant que moyen d’exercer des pressions sur Israël afin qu’il se plie aux lois internationales et aux droits de l’homme ».
  • La chanteuse de jazz américaine Cassandra Wilson a annulé son spectacle à Holon. Elle a déclaré : « En tant qu’activiste des droits de l’homme, je m’identifie au boycott culturel d’Israël. »
  • Les produits de la firme israélienne de cosmétiques Ahava — qui pille les ressources de la mer Morte en Cisjordanie occupée et produit des cosmétiques dans une colonie illégale tout en les étiquetant « made in Israel » — ont été retirés des rayons partout au Japon. DaitoCrea, le distributeur japonais de la ligne de cosmétiques d’Ahava, a annoncé qu’il cesserait immédiatement de stocker les produits d’Ahava en raison de la politique frauduleuse de cette société en matière d’étiquetage.
  • Un juge a rejeté un procès intenté par un groupe de pression israélien contre Olympia Food Co-op à Washington, aux États-Unis, protégeant ainsi la décision de la coopérative de ne pas stocker de produits israéliens et de maintenir le boycott.

Mars :

  • Des étudiants en licence de l’Université de Carleton à Ottawa, au Canada, ont adopté par une majorité écrasante une résolution de soutien des désinvestissements dans les sociétés tirant profit de l’occupation israélienne et des violations des droits de l’homme.
  • L’Université de Glasgow n’a plus repris l’eau Eden Springs (une firme israélienne) dans ses cafeterias.
  • L’organisation mondiale de justice pour l’eau, Blue Planet, a officiellement adopté les BDS et a condamné la discrimination sur le plan de l’eau et les mesures d’inaccessibilité à l’égard des Palestiniens appliquées par Israël.
  • Les tentatives du gouvernement israélien de promouvoir Israël en tant que havre d’« accueil pour les homosexuels » tout en nouant des liens avec les communautés LGBT aux États-Unis et ailleurs dans le monde (ce qu’on appelle communément le « pinkwashing ») ont échoué à Seattle, Tacoma et Olympia, Washington.
  • Les produits Ahava ne sont plus distribués par une importante chaîne de magasins en Norvège. 
  • M.E.Ch.A., la plus importante association de la jeunesse latino-américaine (Latin@) aux États-Unis, a décidé par une majorité écrasante de répondre favorablement à l’appel palestinien aux BDS (Latin@ est un terme neutre pour Latino – masculin – et  Latina – féminin.) L’annonce a été faite le 30 March, qui marque à la fois la Journée palestinienne de la Terre — commémorant les assassinats, les blessures et les arrestations massives de Palestiniens qui, en 1976, avaient protesté contre les confiscations de terre — et la Journée César Chávez, célébrant le dirigeant mexicain des droits civiques mexicain qui avait mené des actions de boycott et de grève pour les droits des travailleurs agricoles.

Avril :

  • L’association des étudiants en candidature de l’Université du Massachusetts, à Boston, a adopté une résolution afin de désinvestir chez Boeing, une société américaine qui tire profit des violations des droits de l’homme par l’armée israélienne.
  • Le deuxième Mediterranean Delight International Belly Dance Festival (danse du ventre), qui devait se tenir à Marrakech, a été annulé en raison d’une intervention manifeste des autorités marocaines, qui ont subi des pressions de groupes palestiniens de solidarité dans l’ensemble des milieux religieux et culturels du Maroc. En outre, le Festival de danse du ventre était sponsorisé en partie par la société israélienne Sea of Spa, qui entretient des liens avec Ahava.
  • L’Association égyptienne de football a boycotté Adidas du fait que la société sponsorisait le marathon de Jérusalem.
  • La chaîne britannique de supermarchés The Co-op a décidé d’étendre son boycott des marchandises produites dans les colonies israéliennes des territoires palestiniens occupés à un boycott total des sociétés israéliennes qui se procurent la moindre marchandise dans les colonies.
  • Le groupe de musiciens irlandais Dervish a annulé une série de spectacles en Israël, déclarant qu’il ne souhaitait pas rompre le boycott.

Mai :

Juin :

Juillet :

L’Église presbytérienne des États-Unis a décidé de boycotter les produits des colonies israéliennes, même si sa résolution en faveur du désinvestissement total a échoué à deux votes près seulement.

Août :

Septembre :

Octobre :

Novembre :

Décembre :

On peut trouver d’autres succès des BDS et de l’activisme sur cette excellente liste, très complète, établie par Don’t Play Apartheid Israel, et nous encourageons nos lecteurs à la consulter.
2012 a été une année de développement important, pour le mouvement de boycott dirigé par les Palestiniens.

A coup sûr, 2013 construira du solide sur ces victoires dans le monde entier.

 

Publié sur The Electronic Intifada le 2/1/2013. Traduction pour ce site : JM Flémal.




Caterpillar retiré du Fonds de pension TIAA-CREF

WeDivest.org

Une victoire pour les défenseurs du désinvestissement

Le 16 mars 2003, un bulldozer Caterpillar, conduit par un soldat israélien, a tué la militante états-unienne, Rachel Corrie, alors qu’elle s’opposait pacifiquement à la démolition de maisons palestiniennes à Rafah, dans la bande de Gaza.
Le fonds de pension géant TIAA-CREF a retiré Caterpillar de son portefeuille du Fonds à critère social. Le 1er mai 2012, les données financières affichées sur le site de TIAA-CREF chiffraient les actions du Fonds à critère social dans la société Caterpillar à 72 943 861 $. Aujourd’hui elles sont à zéro.
« Nous applaudissons à cette décision » dit la rabbin Alissa Wise, directrice des campagnes de Jewish Voice for Peace (JVP), et coordinatrice nationale de la campagne We Divest. Il est grand temps que TIAA-CREF applique sa devise Des services financiers pour le bien de tous quand il s’agit d’Israël et de la Palestine.
Depuis 2010, We Divest exhorte TIAA-CREF à abandonner Caterpillar et d’autres sociétés qui encouragent et profitent de l’occupation militaire et la colonisation par Israël, et depuis 45 ans, de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de la Bande de Gaza palestiniennes.
« En vendant des bulldozers équipés militairement à Israël, Caterpillar se rend complice des violations systématiques d’Israël contre les droits humains palestiniens » dit la rabbin Wise. « Nous sommes heureux de voir que la communauté d’investissement socialement responsable semble le reconnaître et commence à agir de façon appropriée. »
Caterpillar fait l’objet de critiques croissantes de la part des organisations des droits de l’homme ces dernières années alors qu’elle continue à fournir des bulldozers à Israël qui les utilise pour démolir les maisons des civils palestiniens et détruire les cultures et les terres agricoles dans les territoires occupés, et pour construire des colonies illégales, réservées aux juifs, sur la terre palestinienne.
Dans les semaines qui viennent, beaucoup vont être attentifs à l’assemblée générale de l’Église presbytérienne (USA) qui se tiendra à Pittsburg, et où les membres de la commission auront à voter sur une motion pour se désinvestir de Caterpillar et de deux autres sociétés, Motorola Solutions, et Hewlett-Packard, qui sont toujours dans le Fonds à critère social de TIAA-CREF.
Le mois dernier, Friends Fiduciary (Les Amis de la Fiduciaire), une institution quaker, s’est désinvestie pour un montant de 900 000 $ d’actions dans Caterpillar déclarant : « Nous sommes mal à l’aise pour défendre notre position sur ces valeurs ».
Ce que pensent les autres
– Omar Barghouti, militant palestinien des droits de l’homme et membre fondateur du mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) : « CAT est sorti du sac des sociétés socialement responsables de TIAA-CREF, merci à la campagne exaltante menée par JVP et ses partenaires, avec sagacité, persistance et habileté tactique. La société civile palestinienne, représentée par le Comité national BDS (BNC), apprécie grandement ces efforts et pense que plus de pressions encore finiront par convaincre TIAA-CREF de s’acquitter pleinement de son obligation morale et, au bout du compte, de se désinvestir de CAT et de toutes les sociétés complices des violations graves et croissantes du droit international et des droits humains ».
– Cindy et Craig Corrie, parents de Rachel Corrie : « Depuis près d’une décennie, nous assistons à des atteintes aux droits humains perpétrées avec le matériel de Caterpillar en Cisjordanie et à Gaza, et nous nous sommes à ces milliers de personnes qui demandent à la société d’arrêter de soutenir ces actes. Nous sommes extrêmement satisfaits que TIAA-CREF ait pris cette décision. Quand les gouvernements et les sociétés veulent ignorer leurs responsabilités, nous devons refuser de profiter nous-mêmes de leurs violations. Notre famille salue, et remercie, TIAA-CREF pour sa décision qui pousse chacun de nous devant ses responsabilités ».
– Jennifer Bing, directrice du Programme pour le Moyen-Orient du bureau de Chicago d’American Friends Service Committee (AFSC), organisation membre du comité de coordination de la campagne We Divest : « En tant qu’institution cliente de TIAA-CREF, qui s’est elle-même désinvestie de Caterpillar, c’est pour nous un encouragement de voir que cette première et grande décision faire un grand pas vers la création d’un portefeuille libéré de l’occupation que mes collègues et moi-même sommes impatients d’avoir comme option de placement ».
– Samia Shafi, d’ Adalah-New York, organisation membre du comité de coordination de la campagne We Divest : « Cette petite et premier mesure montre que TIAA-CREF n’est pas insensible aux pressions en faveur des droits humains des Palestiniens. Notre campagne We Divest va continuer ses pressions sur TIAA-CREF jusqu’à notre victoire totale pour le désinvestissement hors de toutes les sociétés du portefeuille TIAA-CREF qui tirent profit des violations des droits humains des Palestiniens. »
– Anna Baltzer, organisatrice nationale de la Campagne US pour la Fin de l’Occupation israélienne – une coalition de plus de 380 organisations à travers le pays – et membre du comité de coordination de la campagne We Divest : « Après des années de refus de Caterpillar de modifier ses pratiques, nous sommes heureux que cette société américaine, TIAA-CREF, et d’autres comme elle, prenne conscience que soutenir la politique d’occupation et d’apartheid d’Israël a un prix élevé. On ne peut plus traiter comme on le faisait avec de telles institutions. Le vent est en train de tourner ».
Contexte
La Mission responsabilité du comité d’investissements (MRTI) de l’Église presbytérienne (USA) a tenté, en vain, de négocier avec Caterpillar avant d’appeler au désinvestissement sélectif. Le rapport de MRTI sur son engagement à l’égard des sociétés sur les questions liées à Israël/Palestine, note que :
« La complicité de Caterpillar dans les activités non pacifiques a conduit l’assemblée générale de 2010 à dénoncer les profits que fait cette entreprise par son implication dans les violations des droits de l’homme. Malheureusement, en dépit d’un soutien important en faveur de la résolution des actionnaires appelant à réexaminer sa politique des droits de l’homme, Caterpillar s’est faite encore plus intransigeante. Elle a coupé toute communication avec les actionnaires religieux. Caterpillar persiste à n’accepter aucune responsabilité dans l’utilisation finale de ses matériels. »
En 2004, Amnesty International a exhorté Caterpillar à prendre des mesures en réaction à l’usage, sur lequel elle est parfaitement informée, qui est fait de ses bulldozers pour violer le droit international dans les territoires occupés, notant que « des milliers de familles ont eu leur maison et leurs biens détruits sous des lames fabriquées aux États-Unis pour l’armée israélienne ».
Human Rights Watch, le Haut-Commissariat pour les droits de l’homme, et l’Église presbytérienne (USA) ont tous formulé des recommandations similaires à Caterpillar, en vain.

En 2003, un bulldozer Caterpillar, conduit par un soldat israélien, a tué la militante états-unienne, Rachel Corrie, alors qu’elle s’opposait pacifiquement à la démolition de maisons palestiniennes à Rafah, dans la bande de Gaza.

À propos de TIAA-CREF
TIAA-CREF est une société de services financiers américaine gérant 487 milliards de dollars US d’actif (au 31 mars 2012) et est le principal fournisseur de services de retraite dans les domaines scolaire, médical, culturel et de la recherche. TIAA-CREF Asset Management offre des services de conseils et de gestion de portefeuille au groupe de sociétés TIAA-CREF par l’intermédiaire des entités suivantes : Teachers Advisors, Inc., TIAA-CREF Investment Management, LLC et Teachers Insurance and Annuity Association® (TIAA®). Teachers Advisors, Inc., est conseiller en placements inscrit et filial en propriété exclusive de Teachers Insurance and Annuity Association (TIAA).

Source

Voir aussi :

Un important fonds de pension américain confirme son désinvestissement d’une firme israélienne – Ora Coren – Ha’aretz
et sur Caterpillar :
Neuvième anniversaire de l’acte de solidarité de Rachel Corrie à Gaza – Cindy et Craig Corrie – AIC
Le Comité de l’Église presbytérienne pour le désinvestissement de Caterpillar, Hewlett-Packard et Motorola – Adam Horowitz – MondoWeiss

21 juin 2012 – WeDivest – traduction : JPP