1

La plus grosse société de transport public israélienne perd un contrat de 190 millions d’euros avec les Pays-Bas, suite à la campagne BDS locale

Le mois dernier, Egged Bus Systems (EBS), une filiale d’Egged Israel Transport Cooperative Society, le plus gros opérateur de transport public d’Israël, a loupé une proposition de contrat de gestion de dix ans portant sur le transports publics de la province de Hollande-Septentrionale, aux Pays-Bas. Ce contrat était estimé à 19,1 millions d’euros par an, pour une valeur totale de 190,1 millions d’euros.

Egged Bus Systems a perdu cette offre après que des activistes BDS hollandais eurent lancé une campagne accusant sa société mère israélienne de favoriser de graves violations des droits humains palestiniens et des lois humanitaires internationales.

Spécifiquement, Egged Cooperative met en service des bus exclusivement réservés aux Juifs et reliant la quasi-totalité des colonies illégales d’Israël, construites sur des terres palestiniennes volées en Cisjordanie militairement occupée, y compris des avant-postes éloignés et Jérusalem-Est.

Les bus d’Egged empruntant les itinéraires de bus entre les colonies israéliennes sont interdits aux Palestiniens. Ces véhicules sillonnent un vaste réseau de routes construites de façon à relier sans interruption les colonies illégales situées de part et d’autre du mur illégal de séparation israélien et les villes se trouvant dans l’Israël d’aujourd’hui.

Par conséquent, la société soutient, en même temps qu’elle en tire profit, un système de bus à ségrégation raciste qui facilite activement le maintien et l’expansion des colonies illégales d’Israël, qui sont elles-mêmes considérées comme crimes de guerre par les lois internationales.

Sonja Zimmermann, du Centre de services et de recherche sur la Palestine (DocP), une coalition de militants BDS hollandais pour les droits palestiniens, a déclaré :

Nous sommes très heureux de ce résultat, puisque notre gouvernement régional a rejeté l’offre d’Egged portant sur la gestion du système de transport public de la Hollande-Septentrionale.
Les gens peuvent désormais monter dans un bus sans contribuer à financer les bus de l’apartheid israélien qui pratiquent des discriminations à l’égard des Palestiniens, et sans contribuer à la normalisation des allers et retours entre Tel-Aviv et les colonies illégales réservées aux juifs et construites sur des terres palestiniennes volées.
Il n’y a rien de normal dans l’oppression subie quotidiennement par les Palestiniens et je me sens confortée de voir que nos campagnes BDS aux Pays-Bas bénéficient d’un soutien populaire croissant et qu’elles affichent des résultats.

Riya Hassan, représentante du BNC (Comité national palestinien pour les BDS) auprès des campagnes européennes, a déclaré de son coté :

Félicitations à tous les activistes, organisations et collectifs aux Pays-Bas qui ont surenchéri avec succès sur leurs premières campagnes BDS afin d’exclure une société de transport israélienne qui tire profit de la ségrégation appliquée dans les services de bus, routes et colonies israéliennes illégalement construites sur des terres palestiniennes volées.
Vous avez contribué à faire en sorte que le conseil régional de la Hollande-Septentrionale s’en tienne à ses obligations à l’égard des lois internationales en n’aidant ni encourageant les graves violations des droits palestiniens par Israël.
Egged Cooperative a également été accusée d’exposer ses conducteurs palestiniens au danger et de ne pas les protéger suffisamment des violences des extrémistes israéliens. En 2014, une centaine de chauffeurs de bus palestiniens d’Egged avaient démissionné, craignant des agressions de la part des colons israéliens et après qu’un chauffeur palestinien de la ligne de Jérusalem, Yusuf Hassan al-Ramouni avait été retrouvé mort, pendu, dans un bus d’Egged.

Egged Bus Systems était l’une des quatre sociétés ayant soumissionné en vue de ce très lucratif contrat de transport public aux Pays-Bas. La société qui a finalement décroché le contrat, Connexxion, une société hollandaise, fournira des bus et gérera le transport public en Hollande-Septentrionale à partir de juillet 2018 et ce, durant les dix années à venir.

Connexxion est elle-même une filiale de Veolia, un géant français qui a été complice de l’occupation israélienne jusqu’au moment où une vaste campagne BDS lui a coûté des soumissions dans le monde entier, pour une valeur estimée à plus de 20 milliards de dollars, ce qui l’a contrainte à abandonner le marché israélien. Veolia et Connexxion ont mis un terme à leur complicité dans les violations israéliennes des droits humains palestiniens, mais doivent toujours payer des dommages et intérêts aux communautés palestiniennes qu’elles ont lésées et les participants à la campagne exigent aujourd’hui encore qu’elles s’exécutent.


Publié 21 juin 2017 sur BDS Movement
Traduction : Pourlapalestine.be Jean-Marie Flémal

Le Comité national palestinien pour les BDS (BNC) est la plus grande coalition de la société civile palestinienne. Elle dirige et soutient le mouvement BDS mondial.

 




Les gouvernements irlandais et néerlandais rejoignent la Suède en se prononçant pour le droit d’appeler au BDS

Comité national palestinien du BDS – 28 mai 2016

– Le ministre des Affaires étrangères néerlandais dit que le BDS « est protégé par la liberté d’expression ».

– Le ministre des Affaires étrangères irlandais dit que le BDS est un « point de vue politique qu’on est en droit d’avoir », et que son ministère exerce une surveillance sur la répression d’Israël à l’encontre du cofondateur du mouvement BDS, Omar Barghouti.

– 352 organismes européens sont intervenues auprès de l’Union européenne pour qu’elle soutienne le droit au boycott.

– 23 000 personnes ont lancé un appel aux Nations-Unies sur #RightToBoycott

Les gouvernements néerlandais et irlandais ont déclaré publiquement que les appels au boycott d’Israël sont légitimes, avec le ministre des Affaires étrangères néerlandais qui affirme que défendre et mener campagne pour les droits des Palestiniens au moyen du mouvement non violent de Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël, sont « protégés par la liberté d’expression ».

Ces déclarations ont porté un sérieux coup à la guerre de répression incessante d’Israël qui a conduit les gouvernements du Royaume-Uni, de France, du Canada ainsi que des législatures d’État aux USA, à introduire des législations antidémocratiques et à prendre d’autres mesures répressives afin de saper le mouvement BDS. Israël a également reconnu qu’il utilisait ses services de renseignements pour espionner des militants BDS à l’étranger.

Le ministre des A.E. irlandais, Charles Flanagan, répondant à une question posée par un parlementaire, le député Paul Murphy, à propos des attaques d’Israël contre le mouvement, a dit que le BDS n’est pas soutenu par le gouvernement irlandais, mais que c’est « un point de vue politique qu’on est en droit d’avoir ».

En réponse à une question concernant l’interdiction de voyager d’Israël et ses tentatives pour révoquer le droit à résidence du cofondateur du mouvement BDS et défenseur des droits humains, Omar Barghouti, Flanagan a déclaré que le ministère des A.E. irlandais « surveillera les développements en cours » et, « Je ne suis pas d’accord avec les tentatives de diabolisation de ceux qui défendent cette politique (BDS) ». Le Congrès des syndicats irlandais a demandé au gouvernement irlandais de faire pression sur Israël pour que celui-ci respecte les droits des défenseurs des droits humains palestiniens.

Israël a imposé une interdiction de voyager à Omar Barghouti, qui vit à Acre dans ce qui est actuellement Israël avec sa famille, et paraît impatient de révoquer son droit à résidence pour le punir de son plaidoyer en faveur du BDS.

En réponse à une question similaire du député Vert de gauche, Rik Grashoff, le ministre des A.E néerlandais, Bert Koenders, a affirmé que les « déclarations ou les rencontres concernant le BDS sont protégées par la liberté d’expression et la liberté de se réunir, telles que consacrées par la Constitution néerlandaise et la Convention européenne des droits de l’homme ».

Révélant qu’Israël soulève régulièrement la question du BDS lors de ses rencontres bilatérales avec le gouvernement néerlandais, Koenders a réitéré l’opposition de son gouvernement au boycott d’Israël, mais il a insisté que de « donner son aval au BDS relève de la liberté d’expression ».

Riya Hassan, coordinatrice de l’Europe pour la Comité national palestinien du BDS (BNC), la plus large coalition de la société civile palestinienne, qui conduit le mouvement BDS mondial, a déclaré :

« Avec les Pays-Bas et l’Irlande qui rejoignent la Suède dans le soutien du droit de défendre et de mener campagne pour les droits palestiniens tels que stipulés dans la législation internationale au moyen du BDS, la tentative d’Israël de faire déclarer illégal le BDS en Europe et d’y forcer ses partisans au silence en a pris un sérieux coup ».

En mars 2016, la ministre des A.E. suédoise réaffirmait les principes démocratiques fondamentaux, déclarant que le BDS « est un mouvement de la société civile », et que « les gouvernements ne devaient pas s’ingérer dans les opinions d’une organisation de la société civile ».

Plus de 350 organisations européennes des droits de l’homme, syndicats, groupes religieux et partis politiques, dont certains n’ont pas encore approuvé le BDS, ont fait appel à l’Union européenne pour qu’elle soutienne le droit de boycotter Israël en raison de son occupation et de ses violations des droits des Palestiniens. Des déclarations similaires ont été faites par Amnesty International et Human Rights Watch.

Riya Hassan a ajouté :

«  Les attaques d’Israël contre notre mouvement semblent se retourner contre lui, elles ont conduit des gouvernements européens et certaines des plus importantes organisations des droits de l’homme, et des partis politiques, à travers toute l’Europe et le monde, à s’exprimer pour prendre la défense de notre droit à recommander le BDS.

« Dans toute la société civile européenne, il y a une reconnaissance qui se propage rapidement du mouvement BDS en tant que forme légitime d’une défense des droits de l’homme, non violente, populaire, en faveur des droits, stipulés par les Nations-Unies, du peuple palestinien ».

Plus de 23 000 personnes ont signé un appel exhortant les Nations-Unies à prendre des mesures pour soutenir et protéger les droits des défenseurs des droits de l’homme palestiniens, israéliens et internationaux, défenseurs qui mènent une campagne non violente pour les droits des Palestiniens, notamment à travers le mouvement BDS. L’appel sera adressé au Haut-Commissaire des Nations-Unies pour les Droits de l’homme dans les prochains jours.

Hassan d’ajouter : « Nous sommes extrêmement reconnaissants à chacune de ces 23 000 personnes d’avoir signé notre appel exhortant les Nations-Unies à protéger notre droit à faire campagne pour les droits des Palestiniens, et nous avons plus que jamais l’espoir que la guerre juridique, d’espionnage et de propagande, désespérée d’Israël contre notre mouvement des droits humains finira par échouer ».

La croissance impressionnante au cours de ces dernières années du soutien au mouvement BDS, dans les grands syndicats, les églises et les fonds de pension, ainsi que parmi les gouvernements étudiants, les associations universitaires et les mouvements antiracistes, les groupes LGBTQ et les artistes à travers le monde, a incité l’establishment israélien à admettre l’impact stratégique du BDS.

Le fait que de grandes entreprises européennes, telles que Veolia, Orange et G4S, aient abandonné, ou annoncé leurs projets de quitter le marché israélien suite à des campagnes BDS est lui aussi particulièrement préoccupant pour Israël.

Les attaques lancées par Israël contre la liberté d’expression et les droits civils en Europe, aux États-Unis et au Canada, entre autres, ont été considérées par les militants des campagnes BDS comme promouvant un « environnement menaçant de mauvais traitements, intimidations et répressions ayant toutes les caractéristiques de l’ère du maccarthysme aux États-Unis, et des pires jours du régime d’apartheid en Afrique du Sud ».

Fatin Al Tamimi, présidente de la Campagne de solidarité Irlande-Palestine, a salué la déclaration du gouvernement. Madame Tamimi a déclaré :

« À un moment où nos amis se font agresser en Grande-Bretagne, en France, aux USA et ailleurs, au moyen d’une législation antidémocratique, il est revigorant que la campagne BDS ait été reconnue par le gouvernement irlandais comme un mouvement légitime et démocratique pour la justice en Palestine.

« Il est, bien sûr, décevant que le gouvernement ne soutienne pas activement lui-même la campagne BDS, pour l’instant, mais néanmoins, nous allons continuer à faire campagne pour que des sanctions, notamment un embargo sur les armes, soient imposées à Israël, jusqu’à ce qu’il se plie à son droit intentionnel et à ses obligations en matière de droits de l’homme. »

 

Pour plus d’informations : bdsmovement.net/righttoboycott

https://bdsmovement.net/2016/briefing-bds-a-legitimate-human-rights-movement-14056

https://bdsmovement.net/2016/irish-dutch-join-sweden-right-to-boycott-14143

Traduction:  JPP pour BDS France




BDS, c’est la liberté d’expression, dit le gouvernement hollandais

 Bruxelles 24/05/16 (Photo : Kamel Diop)
Bruxelles 24/05/16
(Photo : Kamel Diop)

The Electronic Intifida, 25/05/16

Les Pays-Bas ont affirmé que le militantisme appelant au boycott, au désinvestissement et aux sanctions contre Israël était une forme de liberté d’expression.

En réponse à des questions parlementaires émanant du député des Verts de gauche, Rik Grashoff, le ministre hollandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, a dit que « les déclarations ou rassemblements concernant BDS sont protégés par la liberté d’expression ou de rassemblement, telle qu’elle est reprise dans la Constitution hollandaise et dans la Convention européenne des droits de l’homme ».

Koenders a également déclaré que le gouvernement hollandais discutait régulièrement de BDS avec Israël et qu’il lui a fait clairement savoir qu’il « était opposé au boycott d’Israël mais que le fait de soutenir BDS était conforme à la liberté d’expression ».

Les commentaires du ministre hollandais des Affaires étrangères constituent un sérieux camouflet pour les efforts incessants d’Israël en vue de criminaliser BDS et de réduire au silence les partisans des droits palestiniens.

Sur l’insistance d‘Israël, les gouvernements des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, du Canada et d’autres pays encore ont décidé d’introduire des législations antidémocratiques et de prendre d’autres mesures répressives pour saper le mouvement BDS.

Récemment, Israël a imposé une interdiction de voyager de facto au cofondateur de la campagne BDS et défenseur des droits de l’homme des Palestiniens, Omar Barghouti, et, qui plus est, il semble bien avoir l’intention de lui ôter son statut de résident.

Israël a également déclaré qu’il utilisait ses services de renseignement pour espionner les militants BDS à l’étranger.

La prise de position du gouvernement hollandais vient juste après qu’en Ontario, la province la plus peuplée du Canada, les législateurs ont rejeté une loi qui visait à punir le militantisme pro-BDS.

Les groupes et législateurs spécialisés dans les libertés civiques ont mis en garde contre le fait que la loi aurait violé les droits fondamentaux de la libre expression.

Précédemment, le gouvernement suédois avait été le seul d’Europe à reconnaître que BDS est un mouvement civique et que les gouvernements ne devraient pas tenter de l’interdire.

En mars, la ministre suédoise des Affaires étrangères a dit dans The Electronic Intifada que BDS était « un mouvement de la société civile » et que « les gouvernements ne devraient pas se mêler des points de vue d’une organisation de la société civile ».

S’unir pour défendre BDS

Dans un développement de la question, quelque 352 organisations de 19 pays ont publié une déclaration demandant instamment à l’Union européenne de protéger BDS comme une forme de liberté d’expression.

Depuis de nombreuses années, il s’agit de la déclaration la plus largement signée par des organisations européennes à propos de la Palestine.

La liste des signataires comprend le Congrès irlandais des syndicats, la Fédération unie norvégienne des syndicats du commerce, l’importante coordination de la société civile belge, le CNCD, et l’organisation catholique française Terre Solidaire.

Podemos, le parti politique espagnol de gauche, qui a remporté 21 pour 100 des voix du peuple lors des dernières élections, a également soutenu la déclaration.

Les groupes pressent instamment la Commission européenne, la bureaucratie qui gouverne l’UE, d’introduire « des directives sur les droits de l’homme garantissant la liberté d’expression et le droit de boycotter et de recourir à tous les autres moyens dont vous disposez pour soutenir les citoyens européens dans leur lutte en vue de sauvegarder les droits de l’homme fondamentaux ».

Parmi les signataires figurent également six partis irlandais, dont le Sinn Féin et la Parti des verts irlandais ; en France, le Parti de la gauche, le Parti communiste et le Nouveau Parti anticapitaliste et parmi les syndicats, on trouve la FIOM/CGIL italienne et, en France, l’Union syndicale solidaire.

En outre, plus de 30 organisations belges, dont la fédération syndicale ABVV/FGTB et l’importante organisation chrétienne Broederlijk Delen  ont sorti leurs propres déclarations, invitant instamment le gouvernement belge à résister aux appels des groupes pro-israéliens contre BDS.

Amnesty International et Human Rights Watch ont également publié des déclarations en réponse aux attaques contre le mouvement BDS et ses militants.

Il s’avère que les attaques dangereuses et désespérées d’Israël contre le mouvement BDS ont quelques conséquences inattendues : elles poussent des gouvernements européens et certaines des organisations mondialement les plus connues à déclarer leur foi en l’entière légitimité du mouvement BDS.

L’appel à l’ONU en faveur de #RightToBoycott (droit de boycott)

Le Comité national palestinien BDS (BNC) invite les partisans de la liberté d’expression et des droits palestiniens à cosigner un appel au haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, lui demandant d’entreprendre des actions pour protéger les droits des militants BDS palestiniens, israéliens et internationaux

Le BNC a également publié un briefing juridique complet, intitulé « BDS : un mouvement légitime des droits de l’homme qui doit être respecté et protégé par les États ». Ce document propose un contexte et une analyse des plus utiles.

Traduction : JMF pour BDS France

Source: The Electronic Intifada





Un parti des Pays-Bas vote des sanctions contre Israël

Adri Nieuwhof

Lors de son congrès national du 16 avril, le parti libéral D66 – D pour « démocrates » – a appelé ses législateurs à promouvoir les demandes de l’Union européenne afin qu’Israël mette un terme à la construction de colonies dans les territoires occupés, ainsi qu’à d’autres violations des droits de l’homme.

La résolution de D66 – adoptée à une majorité de 75 % – stipule que, si Israël ne tient pas compte des demandes, l’accord associatif entre l’UE et Israël « pourrait être (en partie) suspendu ».

C’est la première fois, en fait, qu’un parti politique néerlandais exprime son soutien à des sanctions contre Israël en raison des violations permanentes par ce dernier de l’article 2 de l’accord entre l’UE et Israël, lequel article soumet les privilèges commerciaux à des conditions de respect des droits de l’homme fondamentaux.

D66 occupe actuellement 12 des 150 sièges à la Chambre basse du Parlement néerlandais et 10 sièges sur 75 au Sénat. Il occupe également 4 des 26 sièges des Pays-Bas au Parlement européen.

Ron Eisenmann, président du groupe de lobbying hollandais en faveur d’Israël, CIDI, n’a pas tardé à accuser D66 de sectarisme anti-juif – répétant ainsi des accusations qu’Israël et ses alliés ont fréquemment lancées à l’adresse du mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

« Le monde est à feu et à sang, mais D66 adopte une motion contre Israël. On va vers deux poids deux mesures avec BDS et l’antisémitisme », a tweeté Eisenmann.

Mais la résolution de D66 est tout simplement un appel à réclamer des comptes à Israël en raison de ses violations systématiques et permanentes des lois internationales.

Des dizaines de membres du Parlement européens et 46 organisations humanitaires internationales ont également réclamé la suspension de l’accord entre l’UE et Israël en tant que moyen de pression sur Israël pour qu’il mette un terme à ses abus.

L’activisme des jeunes

La résolution, présentée par la section des jeunes de D66, a été le résultat d’une approche profonde des droits de l’homme, a déclaré Bart Vosmer, secrétaire politiques des Jeunes Démocrates, dans The Electronic Intifada.

Et d’ajouter que les Jeunes Démocrates avaient discuté des violations des droits de l’homme dans le monde et en Palestine en particulier et qu’ils en étaient venus à la conclusion que des sanctions pouvaient constituer une option afin de modifier cette situation.

En tant que parti libéral, D66 soutient le commerce, mais il veut également promouvoir les lois internationales, a expliqué Vosmer.

Il a également fait remarquer que les priorités commerciales octroyées par l’accord entre l’UE et Israël sont soumises à des conditions de respect des droits de l’homme.

L’appel en vue de la suspension de l’accord a donné lieu à un débat très animé, au cours duquel le parti a même été accusé de vouloir « isoler » Israël.

Mais Vosmer a répondu que les Jeunes Démocrates avaient infirmé cette allégation en disant que les violations par Israël des droits de l’homme duraient depuis de nombreuses années et que de très nombreux rapports et preuves le confirmaient.

Les Jeunes Démocrates, qui comptent 5 500 membres, constituent l’un des plus importants mouvements de jeunes des Pays-Bas. Il recherchera la coopération avec des organisations européennes sœurs afin de réaliser son objectif.

En attendant, les libéraux ont posé un exemple à l’adresse du Parti de la gauche écologique et du Parti socialiste, les deux principaux partis hollandais de gauche, qui vont devoir eux aussi adopter une position tranchée du même genre.


Publié le 18 avril 2016 sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal

adrinieuwhofAdri Nieuwhof est une avocate des Droits de l’Homme, installée en Suisse et collaboratice de l’Electronic Intifada. Vous trouverez d’autres articles du même auteur sur ce site.




Pas de contrat de transport pour EBS dans la province de la Frise aux Pays Bas

Communiqué de presse, Teherne, Pays Bas, 8 décembre 2015

Après une campagne victorieuse du groupe d’action La Frise pour la Palestine, les autorités de la province de la Frise aux Pays Bas ont décidé de ne pas conclure un contrat de quatre ans pour les transports publics d’un montant de 12 millions d’euros par an à EBS/EGGED mais à Arriva.

EBS est sur la sellette du fait de l’implication de sa maison mère EGGED dans la violation des droits humains dans le territoire palestinien occupé. EGGED est accusé de complicité avec la politique de colonisation illégale d’Israël et avec l’exploitation de bus ségrégés dans les territoires palestiniens occupés.

Il n’est pas clairement établi que la complicité d’EBS dans les violations de droits humains ait été un facteur-clé dans la décision de la Province. Auparavant, le gouvernement provincial de la Frise avait exprimé une préoccupation quant à la possibilité qu’EBS engage une action en justice en cas d’exclusion liée à son comportement sur les droits humains en Palestine. Mais la Province se serait de toutes façons retrouvée en difficulté si elle avait agi en sens contraire du « Plan d’Action National des activités économiques et des droits humains ». Ce Plan implique que les organes gouvernementaux n’aient pas de liens économiques avec des sociétés engagées dans des violations des droits humains. Le gouvernement provincial aurait alors fait face à des plaintes de la part du groupe d’action.

En choisissant Arriva sur la base du fait qu’ils présentaient le meilleur plan de transport, la Province a évité tous ces problèmes.

Après l’intense campagne contre EBS, le groupe d’action La Frise pour la Palestine est très satisfait du résultat final de la procédure d’appel d’offres.

Traduction SF pour BDS France
Source : http://www.docp.nl/no-public-transport-concession-for-ebs-in-friesland-in-the-netherlands/




Pas de bus d’apartheid à Harlem, félicitations à BPP !

Le 21 janvier, le Gouvernement de la Province de Harlem, Pays-Bas, a annoncé sa décision de faire le choix de Connexxion comme future compagnie de transports publics pour Harlem et Ijmond. Ceci veut dire que EBS, filiale européenne de l’israélienne EGGED, s’est retrouvée bredouille. La Large Plate-forme pour la Palestine (BPP) de Harlem a mené une forte campagne de pression contre l’octroi de ce contrat à EBS/EGGED, à cause de son implication dans la politique coloniale d’Israël.

 

EGGED gère les lignes de bus qui desservent toutes les colonies illégales d’Israël. Ces lignes ne sont pas accessibles aux Palestiniens. EGGED est donc non seulement complice de la colonisation illégale d’Israël sur la terre palestinienne, mais elle applique aussi la politique d’apartheid israélienne contre les Palestiniens.

Le Centre des Services et de la Recherche sur la Palestine (DocP) se réjouit de l’issue de cette démarche et félicite la BPP pour le succès de sa campagne.

Vous trouverez ci-dessous le communiqué que la Large Plate-forme pour la Palestine de Harlem a émis hier.

 

Bien à vous,

Sonja


COMMUNIQUE DE PRESSE

La Large Plate-forme pour la Palestine de Harlem (BPP) est heureuse que la compagnie de bus EBS n’ait pas obtenu le contrat de 10 ans des transports publics par bus à Harlem et Ijmond. La compagnie, qui est complice de la violation des lois internationales par Israël dans les Territoires Palestiniens Occupés, a perdu les 320 millions d’euros du contrat. En décembre 2014, la BPP a mené une vaste campagne contre l’entrée possible d’EBS. Avec succès, comme on le voit maintenant.

En décembre, la BPP a peint les mots « Pas de place pour l’apartheid dans les bus » à la station de bus de Tempelierstraat. Elle s’est aussi adressée au Comité Provincial dirigé par l’officier ministériel de la Chambre provinciale. La campagne a été soutenue par une pétition qui a recueilli 500 signatures en une semaine. Les normes de l’OCDE et les Principes de Gouvernance de l’ONU sur Affaires et Droits de l’Homme (UNGPs) ont constitué le thème majeur de la campagne. Ces directives, auxquelles les Pays Bas sont liés, exigent que les sociétés et les gouvernements soient informés des possibles violations des droits de l’Homme dans la série de sociétés avec lesquelles ils font des affaires. De telles violations ne devraient pas être tolérées. La BPP a participé avec le Comité à l’écriture d’un important document dans ce but.

EGGED, maison mère d’EBS, est coupable de gérer des bus qui ne sont pas accessible aux Palestiniens, instaurant ainsi un système d’apartheid. De plus, EGGED tire profit de ses lignes de bus vers les colonies illégales. Ces graves violations des directives ci-dessus auraient induit la responsabilité du Gouvernement Provincial.

Officiellement, EBS aurait été mis hors de course parce que Syntus et Connexxion étaient meilleurs. Quels critères ont été utilisés, cela n’est pas encore clair, mais les droits de l’Homme ont dû y jouer un rôle. La BPP veut en savoir plus sur les critères utilisés et considère que la liberté de l’information exige que l’on mette cela au clair.

La campagne de la BPP fait partie de la campagne mondiale pour Boycott, Désinvestissement et Sanctions. De plus en plus, les sociétés israéliennes subissent le choc de cette campagne. Le rejet d’EBS sera ressenti en Israël comme le résultat d’une protestation contre les crimes d’Israël en Palestine occupée.

 

Traduction : J. Ch. pour BDS France




Résumé des succès du BDS en 2013

 Par le BNC, comité national palestinien du BDS

10 janvier 2014

http://www.bdsmovement.net/2014/2013-round-up-11579

Janvier

Veolia se retire des enchères pour un contrat sur l’eau en Californie après les protestations contre ses violations des droits des Palestiniens

Le retrait de Veolia des enchères sur le contrat de 325 millions de dollars a fait suite aux efforts des citoyens du comté Yolo d’empêcher l’attribution du contrat à cause de l’implication de la compagnie dans l’infrastructure illégale des colonies israéliennes.

Cinq grands syndicats de Galice en Espagne adoptent le BDS

Cinq syndicats importants de la région de Galice dans l’État espagnol ont annoncé leur soutien au BDS.

L’association des étudiants de Concordia soutient la campagne BDS contre l’apartheid israélien

L’assemblée générale des étudiants de l’université Concordia de Montréal a voté sa participation au mouvement BDS à une grande majorité.

Une compagnie agricole sud-africaine coupe ses liens avec l’exportateur israélien Hadiklaim

Karsten Farms a aussi entrepris de n’établir aucune relation future avec aucune entité israélienne complice de l’occupation israélienne illégale de la Palestine.

Les magasins Sud-africains de jouets Reggies stoppent leur soutien au KKL-FNJ

Le KKL-FNJ est un organisme para étatique israélien directement impliqué dans les violations des droits humains contre le peuple palestinien. Auparavant Reggies soutenait, était partenaire et contribuait financièrement au FNJ Israélien.

Hyundai cesse ses relations avec une compagnie participant à la démolition de maisons

La compagnie coréenne Hyundai avait fourni des pelleteuses à la société israélienne AEG, utilisées par les autorités israéliennes pour détruire les maisons palestiniennes.

Le guitariste Stanley Jordan annule sa performance à l’Israeli Jazz Festival

Guitariste créatif et acclamé, Jordan avait été annoncé parmi les têtes d’affiche du festival.

Le groupe de Trash Metal Kreator annule son concert en Israël

Kreator, qui ont joué en Israël en 2006, ont annulé leur concert puis choisi de ne pas le reprogrammer.

Février

 alt

Des manifestations à Gaza et dans 40 villes européennes appellent à cesser le commerce avec les entreprises agricoles israéliennes

Les organisations agricoles palestiniennes ont lancé un appel à l’action de la société civile contre les compagnies israéliennes d’exportation agricole comme Mehadrin et Arava, en raison de leur rôle dans la colonisation de la Palestine et dans la destruction de l’agriculture palestinienne par Israël. L’appel et le document accompagnateur Farming Injustice (traduction : Cultures d’injustice) ont été lancées dans le cadre d’une journée d’action où des manifestations ont eu lieu à Gaza et dans 40 villes européennes.

Une commission d’enquête de l’ONU sur les colonies israéliennes appelle à des sanctions

Le rapport d’une commission d’enquête de l’ONU sur les colonies israéliennes illégales a appelé les Etats à accorder à Israël le traitement réservé aux Etats responsables de violations sérieuses similaires – c’est-à-dire une interdiction du commerce avec les colonies, et des boycotts et sanctions contre l’État d’Israël et ses institutions.

L’association des étudiants de l’université de Dundee vote pour la rupture des liens avec G4S

Les étudiants de l’association des étudiants de l’université de Dundee (DUSA) en Écosse ont voté à une grande majorité lors de leur assemblée générale annuelle la rupture des liens avec la société de sécurité anglo-danoise G4S pour son rôle dans le système carcéral et dans l’occupation israélienne.

Shuggie Otis annule son concert en Israël

Le chanteur compositeur légendaire Shuggie Otis a tranquillement annulé un concert en Israël

Mars

 alt

Des manifestations en Palestine et des actions internationales BDS marquent la Journée de la terre palestinienne

Les supporters internationaux de la lutte palestinienne pour la liberté, la justice et l’égalité ont marqué la Journée de la terre par des actions et initiatives pour approfondir les campagnes de boycott, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël.

Un syndicat étudiant australien quitte un concours de SodaStream

Le syndicat des étudiants de l’université La Trobe applique le soutien au BDS en annulant un concours dans lequel une machine SodaStream était annoncée comme prix. SodaStream est une compagnie israélienne dont les machines à boisson sont fabriquées dans une colonie israélienne illégale.

Les étudiants californiens votent le soutien au BDS

Les conseils étudiants des collèges de l’Université de Californie à San Diego, Irvine, Riverside et Berkeley ont voté le soutien.

Le conseil du Clackmannanshire devient le troisième gouvernement local écossais à soutenir le boycott d’Israël

« Tout comme les sanctions individuelles contre l’apartheid en Afrique du Sud ont conduit finalement à sa chute, les sanctions individuelles et collectives contre l’État d’Israël mettront fin à l’apartheid et à la souffrance en Palestine », a exprimé la motion du gouvernement local. Les conseils de West Dunbartonshire et de Stirling soutiennent aussi le boycott.

La fédération des étudiants de York soutient la campagne BDS

Le bureau de la fédération des étudiants de York au Canada vote le soutien au BDS par 18 voix contre 2 et appelle l’université de York à retirer ses investissements des sociétés qui vendent des armes et de l’équipement militaire à Israël.

Le droit des syndicats universitaires britanniques à boycotter Israël est confirmé par un conseil des prud’hommes

Les organisations pro-israéliennes ont complètement échoué dans leurs tentatives soutenues par le gouvernement israélien de faire juger discriminatoire par le conseil des prud’hommes la position pour le boycott du Syndicat des universités et collèges.

L’église mennonite des USA désinvestit des violations israéliennes des droits humains

Le conseil des directeurs du comité central mennonite a décidé à l’unanimité que le MCC US n’investira pas consciemment dans des compagnies qui bénéficient des produits ou des services utilisés pour perpétrer des actes de violence contre les Palestiniens.

Avril

G4S-Oslo-University

Action mondiale contre G4S pendant le jour des prisonniers

G4S fournit des équipements de sécurité aux prisons israéliennes, aux check-point et aux colonies. Des actions contre G4S ont été organisées dans 11 pays pour coïncider avec le jour des prisonniers politiques palestiniens. Les protestations se sont tenues devant les bureaux de G4S ; le Scottish Trade Union Congress et des associations du Moyen-Orient ont publié des déclarations soutenant la campagne contre G4S.

Le syndicat des étudiants de l’université de Toronto Scarborough (SCSU) devient le neuvième syndicat d’étudiants canadiens à rejoindre le mouvement BDS

Les étudiants belges appellent au boycott universitaire

Une fédération représentant 100 000 étudiants belges de l’éducation supérieure a appelé à un gel de tous les partenariats universitaires avec les institutions universitaires israéliennes.

L’association d’études des Américains d’origine asiatique approuve à l’unanimité une résolution de boycott

L’assemblée générale de l’association d’études des Américains d’origine asiatique (AAAS) des USA a voté à l’unanimité pour une résolution soutenant le boycott des institutions universitaires israéliennes.

Les étudiants du Sussex appellent l’université à résilier les contrats avec Veolia

Des milliers d’étudiants de l’université du Sussex en Grande-Bretagne ont voté une résolution pressant le syndicat étudiant à soutenir une campagne pour que l’université résilie son contrat avec Veolia à en raison du rôle de la multinationale française dans la gestion de l’infrastructure des colonies israéliennes illégales.

Le syndicat des enseignants d’Irlande soutien le boycott universitaire

La motion du congrès annuel du syndicat des enseignants d’Irlande, qui qualifie Israël d’ « État d’apartheid », appelle « tous les membres à cesser toute collaboration culturelle et universitaire avec Israël, y compris l’échange de scientifiques, d’étudiants et de personnalités universitaires, ainsi que toute coopération dans les programmes de recherche ». La motion a été adoptée à l’unanimité.

Les étudiants de Sydney soutiennent le boycott universitaire

« Israël n’écoute ni les mots ni les motions et continue de violer les droits humains et d’agir en violation du droit international. Comme en Afrique du Sud, un changement n’aura lieu que par des actions pacifiques de campagnes telles que le BDS », explique la déclaration approuvée par le Conseil représentatif des étudiants de l’université de Sydney.

L’association d’études des Américains d’origine asiatique s’associe au boycott universitaire

L’association d’études des Américains d’origine asiatique vote de soutien au boycott universitaire des institutions académiques israéliennes, devenant la première organisation universitaire des USA à le faire.

Mai

 Hawking

Stephen Hawking s’associe au boycott universitaire d’Israël

Le physicien de renommée mondiale Stephen Hawking s’est retiré d’une conférence en l’honneur du président israélien Shimon Peres. Une déclaration publiée par le comité britannique pour les universités de Palestine avec l’approbation de Hawking décrit cette décision comme « sa décision indépendante de respecter le boycott, basée sur sa connaissance de la Palestine, et sur l’avis unanime de ses propres contacts universitaires là-bas ».

La commission chargée des associations de bienfaisance ouvre une enquête sur la légalité de la discrimination raciale du KKL-JNF

La décision d’ouvrir une enquête fait suite à une demande de la campagne Stop the JNF à la commission chargée des associations de bienfaisance pour retirer le Fonds National Juif du registre britannique des associations de bienfaisance.

L’université de Sheffield vire Veolia

L’Université de Sheffield a décidé de ne pas renouveler son contrat de collection des ordures avec la corporation multinationale Veolia, à la suite d’une campagne débutée par la Palestine Society du campus et soutenue par le syndicat étudiant. La décision couronne une année d’activité intense et réussie des militants étudiants britanniques.

La United Church of Canada débute une campagne de boycott des colonies

Cette campagne a été intitulée Unsettling Goods: Choose Peace in Palestine and Israel.

Juin

Un diplomate sud-africain rejette les honneurs du KKL-FNJ

Un ancien ambassadeur sud-africain en Israël dit qu’il va retourner un certificat l’informant que 18 arbres ont été plantés en son honneur dans une forêt israélienne par le Fonds National Juif (FNJ) et le ministère israélien des affaires étrangères.

Plus de 150 organisations de solidarité sont solidaires des militants français confrontés à des actions judiciaires

Les militants français sont confrontés à des accusations criminelles pour leur activité de solidarité BDS depuis 2009.

La réalisatrice Mira Nair soutient le boycott culturel

La réalisatrice de Bombay ! et de Monsoon Wedding refusé une invitation à porter en Israël son dernier film ‘L’intégriste malgré lui’, citant l’appel palestinien au boycott culturel dans une série de Tweets.

Juillet

 alt

Les géants du rock US The Killers se retirent d’un concert en Israël

The Killers avaient déjà reçu la moitié de leurs honoraires pour le concert quand ils ont annoncé qu’ils annulaient la performance à la suite de lettres et d’appel des militants.

L’UE exclut les entités coloniales de la réception de prêts et de financements

Après des années de lobbying par la société civile sur cette question, l’UE a publié une directive empêchant les ministères, entités publiques et entreprises israéliennes opérant dans les territoires palestiniens occupés de recevoir des prêts, valant plusieurs centaines de millions d’euros par an, par la Banque d’Investissement Européenne. La directive stoppe aussi l’attribution de subventions aux ministères, entités publiques et entreprises privées israéliennes pour des activités prenant place dans les territoires occupés, même si leur siège est dans les frontières d’Israël d’avant 1967.

Les mouvements sociaux latino-américains appellent à la fin de l’accord de libre-échange avec Israël

La société civile des cinq pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Venezuela, Uruguay et Paraguay) ont adopté à nouveau au XVe sommet social un appel clair pour la fin de l’accord de libre-échange entre le Mercosur et Israël.

Une nouvelle frise chronologique interactive du mouvement BDS expose les succès

La frise chronologique, sur le site BDS movement.net, a été lancée pour commémorer le huitième anniversaire de l’appel BDS

Le fonds de pension géant étasunien TIAA-CREF désinvestit de SodaStream

« Quelle que soit la raison pour laquelle TIAA-CREF a laissé tomber SodaStream, nous y voyons une décision scrupuleuse », dit Sidney Levy de la campagne We Divest, qui mène campagne pour que TIAA-CREF désinvestisse des compagnies qui participent aux violations israéliennes du droit international.

Des distributeurs néerlandais boycottent les colonies

Les médias ont rapporté de Hollande que deux grandes chaînes de distribution du pays ont cessé de vendre des marchandises produites dans les colonies israéliennes.

Aout

 alt

Une grande banque scandinave désinvestit de Cemex à cause de l’extraction des ressources naturelles palestiniennes

Nordea a exclu la compagnie à la suite de l’engagement militant de l’organisation Aide du peuple norvégien (NPA) et du Syndicat norvégien des employés municipaux et généraux (NUMGE).

Des musiciens de jazz boycottent le festival de la mer Rouge

Les artistes de jazz étasuniens Chris Daddy Dave et Matt Schofield avec son groupe, le Matt Schofield Trio, ont annulé leurs performances dans le festival israélien de musique.

Septembre
alt

Sous la pression du boycott, Veolia abandonne le réseau de bus des colonies

Veolia a révélé qu’il cessera d’exploiter les lignes de bus pour colons en Cisjordanie occupée car la compagnie continue de perdre des contrats en Europe et aux USA à cause de son soutien à l’apartheid israélien. Veolia continue d’exploiter le projet illégal de tramway à Jérusalem.

Une firme hollandaise se retire d’une usine traitement d’eaux usées pour les colons de Jérusalem Est

Royal HaskoningDHV a annoncé qu’il se retirait d’un projet d’usine de traitement d’eaux usées à Jérusalem Est occupé à la suite de pressions du gouvernement hollandais.

Les Quakers de trois états des USA appellent au boycott et au désinvestissement

Le Lac Erie Yearly Meeting, une organisation Quaker régionale regroupant Ohio, Michigan et Pennsylvanie Ouest, est devenu le premier Yearly Meeting Quaker étasunien à adopter officiellement le boycott et le désinvestissement visant les sociétés complices de l’occupation israélienne.

Octobre

 g4s-securing-apartheid

Un syndicat norvégien termine son contrat avec G4S, un « acte de solidarité » avec les Palestiniens

Industri Energi, un syndicat pour les travailleurs des secteurs de l’énergie et de l’industrie lourde, a saqué G4S comme agence de sécurité de ses bureaux à cause du rôle de la compagnie dans les prisons israéliennes, les check-points et les colonies. La même semaine, l’association des enseignants de Londres Est a passé une résolution condamnant le rôle de G4S dans la détention des enfants palestiniens.

Les contrats liés aux colonies des territoires occupés pourraient être « criminels », avertit un expert de l’ONU

Richard Falk a dit que son bureau à essayé d’informer les sociétés, parmi lesquelles le groupe bancaire européen Dexia et la société immobilière étasunienne Re/Max que la poursuite de leurs pratiques dans les territoires pourrait être « problématique ».

Les boycotts forcent à l’annulation d’un festival de rock en Israël

Circus Maximus (Norvège), Haken (UK), et Bumblefoot (USA) étaient supposés jouer en Israël au festival de rock Progstage. Après leurs annulations qui ont suivi les discussions avec les militants BDS, le festival entier a été annulé.

Novembre

tiaa-creff-veolia

Un grand fonds de pension des USA désinvestit son fonds éthique de Veolia

Le fonds de pension géant étasunien TIAA-CREF a retiré Veolia Environnement du portefeuille de son Fonds de Choix Sociaux à la suite de la pression de la coalition We Divest.

St Louis jette le profiteur de l’occupation Veolia

L’opposition rencontrée par Veolia pour son rôle dans les colonies illégales israéliennes l’a conduit à se retirer de la ville. Veolia aurait dit que Saint-Louis « ne vaut pas le coup. Ça ne vaut pas les torts faits aux affaires [de Veolia]).

Une organisation de droits humains sud-africaine termine son contrat avec G4S

Le Trauma Centre du Cap a publié une déclaration s’opposant au rôle de G4S dans les prisons israéliennes où les Palestiniens sont détenus sans procès et torturés.

Le parti de gauche adhère à la campagne BDS

Le grand parti de gauche français, dont le leader Jean-Luc Mélenchon a gagné 11 % des voix aux élections présidentielles de 2012, s’est aussi engagé à soutenir les campagnes de BDS France.

La deuxième université norvégienne écarte G4S pour son soutien à l’apartheid israélien

L’université norvégienne de Bergen a choisi d’écarter G4S comme agent de sécurité à cause de son rôle dans le système carcéral israélien et dans les colonies illégales israéliennes.

La campagne de boycott coûte de contrats universitaires à G4S

Deux grandes universités britanniques ont choisi de ne pas accorder à G4S le contrôle de la sécurité des campus à la suite de campagnes des étudiants critiquant la compagnie

Décembre

La compagnie des eaux hollandaises Vitens boycotte la société des eaux de l’État israélien

Vitens, le premier fournisseur d’eau potable en Hollande, a mis fin à son accord de coopération avec la compagnie nationale des eaux d’Israël Mekorot à cause de son rôle dans le vol des eaux palestiniennes. Dans le même temps, le gouvernement hollandais prend des mesures pour empêcher qu’un forum d’affaires Israël-Hollande soit utilisé pour développer des liens avec les compagnies qui opèrent dans les colonies israéliennes illégales.

Le gouvernement britannique avertit les milieux d’affaires sur l’entreprise illégale israélienne de colonisation

Le gouvernement britannique a publié des conseils avertissant les milieux d’affaires sur les problèmes et les risques associés à la conduite d’affaires avec les colonies israéliennes illégales.

La Roumanie stoppe l’envoi de travailleurs du bâtiment en Israël en raison des colonies

Le gouvernement roumain a annoncé qu’il stoppera l’envoi de travailleurs du bâtiment en Israël si le gouvernement israélien ne s’engage pas à ce qu’ils ne travaillent pas en Cisjordanie.

Des détaillants de Rome boycottent SodaStream

La compagnie israélienne Sodastream est visée par une campagne internationale de boycott qui a comporté récemment 50 actions dans six pays.

Les campagnes de boycott prennent leur essor en Amérique latine

Les mouvements sociaux brésiliens mènent campagne contre l’accord de libre-échange entre le Mercosur et Israël, les groupes colombiens lancent une pétition Veolia et les militants mexicains protestent contre des événements de propagande israélienne.

Un syndicat hollandais élimine G4S pour son aide aux violations israéliennes des droits humains

AbvaKabo, un syndicat hollandais de 350 000 membres, a cessé ses relations avec G4S, une société de sécurité privée qui a équipé les prisons israéliennes en Cisjordanie occupée.

 

Traduction: JPB pour BDS France




Tribunal Russel pour la Palestine et BDS

Une conséquence cruciale des conclusions du TRP est le soutien au développement de la Campagne BDS – c’est-à-dire de Boycott, Désinvestissement, Sanctions contre Israël jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Le TRP a caractérisé la politique israélienne comme étant une politique d’apartheid et donc sujette aux sanctions ciblant tout régime d’apartheid.
Dans la synthèse des conclusions de sa troisième session, qui a eu lieu en Afrique du Sud à Cap Town entre les 5 et 7 novembre 2011 le Tribunal exhorte explicitement : « la société civile mondiale (y compris tous les groupes et individus qui travaillent de leur mieux en Israël et en territoire palestinien occupé pour lutter contre le système de domination raciale qui y règne) à reproduire l’esprit de solidarité qui a contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, notamment en conscientisant les parlements nationaux par rapport aux conclusions de ce Tribunal et en soutenant la campagne de Boycott, de Désinvestissement et de Sanctions (BDS) »

Cette déclaration est renouvelée à plusieurs reprises dans les conclusions finales formulées à Bruxelles.

Ainsi dans une partie intitulée « Futures actions et pistes pour l’avenir. Les initiatives de la société civile » nous pouvons lire :

« Le Tribunal renouvelle son soutien et se félicite de la campagne BDS, qui doit s’intensifier au sein de l’Union européenne et s’étendre à d’autre Etats, organisations régionales et institutions intergouvernementales »

Et plus loin :

« Le Tribunal promeut l’idée d’un partenariat entre les organes de l’ONU et la société civile afin de faire pression sur Israël sur les questions de BDS en s’inspirant directement de l’expérience du mouvement anti-apartheid en Afrique du Sud dans les années 1970, 1980 et 1990 »

Tout ceci me conduit à vous donner des précisions sur l’histoire, les fondements et le contenu du mouvement BDS, puis à vous expliquer que la Campagne BDS ça marche, et qu’il faut donc persévérer dans cette voie.

La campagne BDS a été lancée le 9 juillet 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne un an après la condamnation par la Cour Internationale de Justice du Mur dit de Séparation, condamnation restée sans suite.

Ces associations déclarent :

« Nous, représentants de la Société civile palestinienne, invitons les organisations des sociétés civiles internationales et les gens de conscience du monde entier à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël tels que ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid. Nous faisons appel à vous pour faire pression sur vos états respectifs afin qu’ils appliquent des embargos et des sanctions contre Israël. Nous invitons également les Israéliens honnêtes à soutenir cet appel, dans l’intérêt de la justice et d’une véritable paix. Ces mesures de sanction non-violentes devraient être maintenues jusqu’à ce qu’Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l’autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international»

Puis ces associations de la société civile palestinienne énoncent les 3 objectifs du mouvement BDS :
« 1. Mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le Mur ;

A ce premier objectif s’est ajouté depuis 2005 l’exigence de mettre fin au blocus de Gaza.
2. Reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; et
3. Respecter, protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU »

La campagne se développe dans de nombreux pays (en Europe, en Amérique, au Japon, au Maroc, etc), y compris en Israël où le mouvement « Boycott from Within » (Boycott de l’intérieur), bien que très minoritaire, apporte une aide précieuse à la Campagne BDS.

Elle a pris son essor en France depuis l’opération « Plomb durci » contre le peuple gazaoui au cours de l’hiver 2008-2009. Le site de la Campagne BDS France est : www.bdsfrance.org

La campagne se déploie selon plusieurs axes, comme c’était le cas du boycott de l’Afrique du Sud : les boycotts économique, sportif, universitaire et culturel.

Le boycott économique appelle les consommateurs ou n’importe organisme à ne pas se rendre complices d’une politique de violation du droit international et des droits humains en achetant des produits israéliens, qu’ils viennent des colonies de Cisjordanie ou du territoire israélien dans les frontière de 1967. Il vise aussi certaines sociétés non israéliennes qui participent directement à la répression du peuple palestinien.

Parmi l’ensemble de ces cas, citons les campagnes qui ciblent les entités suivantes :

  • la société Mehadrin, exportatrice de produits agricoles israéliens souvent issus des colonies,

  • les magasins Séphora qui commercialisent les produits de beauté Ahava issus de la Mer Morte,

  • la société qui commercialise les produits Sodastream (dont le gazéificateur),

  • Keter (qui fournit du petit matériel d’équipement),

  • les médicaments génériques TEVA (pour lesquels il est régulièrement fait une publicité sur France Info),

  • la société anglo-danoise G4S qui équipe les prisons israéliennes de son matériel dit de sécurité,

  • la société américaine Caterpillar, qui participe à la destruction du patrimoine palestinien et est complice de l’écrasement par ses bulldozers de citoyens Palestiniens et aussi de la militante pacifiste Rachel Corrie.

D’autres campagnes visent à ce que des sociétés se désinvestissent de leurs partenariats complices de la politique coloniale israélienne.

Ainsi la société Orange, qui a conclu un partenariat avec l’entreprise israélienne Partner Communications, qui installe des antennes et relais sur des terres confisquées aux Palestiniens pour le seul bénéfice de l’armée ou des colons. Ainsi aussi Veolia qui gère une déchetterie au service des colons et a d’importants projets d’investissements en Israël.

Venons-en à présent au boycott sportif, pour attirer l’attention sur le fait qu’il dénonce notamment la politique israélienne qui consiste à empêcher le peuple palestinien de pratiquer librement les sports et à se doter des moyens nécessaires, et qui consiste aussi à emprisonner arbitrairement des joueurs récalcitrants.

Les boycotts universitaire et culturel visent quant à eux des initiatives sponsorisées par l’Etat d’Israël. Nous nous adressons aussi aux artistes qu’Israël invite à des festivals pour avoir l’air d’être un Etat très ouvert à tous les courants culturels, et nous les exhortons à ne pas accepter de servir de caution morale destinée à blanchir Israël de ses crimes. Des responsables israéliens de haut niveau avouent d’ailleurs eux-mêmes que la culture leur est très utile pour leur propagande.

BDS remporte d’importants succès, et particulièrement au cours de la dernière période.

Signalons la faillite en 2011 de l’entreprise d’exportation de produits agricoles Agrexco, les grosses pertes de marchés pour les entreprises Alstom, qui a construit le tramway reliant Jérusalem à des colonies, et Veolia, dont le cours de l’action a chuté, la crise de la banque franco-belge Dexia qui participe au financement des colonies …

D’importantes sociétés de fonds de pension se désinvestissent de sociétés israéliennes travaillant pour l’occupation, et récemment PGGM, la plus grande société de gestion de fonds de pension des Pays-Bas, a décidé de retirer l’ensemble de ses investissements de cinq grandes banques d’Israël. En Grande Bretagne, Hollande et Suisse des directions de grandes surfaces ont décidé de retirer de leurs étalages les produits des colonies, se conformant ainsi à l’esprit des lignes directrices de l’Union Européenne, aussi nommées « guidelines » entrées en application le 1er janvier 2014 et visant à proscrire tout financement et toute subvention aux sociétés travaillant pour les colonies.

Vivens, le plus gros fournisseur d’eau potable des Pays-Bas, a depuis peu mis fin à sa coopération avec Mekorot, la compagnie nationale d’eau israélienne.
Dans des pays tels que l’Afrique du Sud, la Norvège, la Grande Bretagne, les Pays Bas, de très importantes fédérations syndicales renoncent aux services et aux contrats avec des firmes internationales complices de l’occupation, telles que Veolia et G4S.
D’importantes universités ont également rompu leurs relations, notamment en Afrique du Sud ou même aux Etats-Unis. Récemment l’une des principales institutions universitaires américaines, l’American Studies Association (ASA) a invité tous ses membres à couper toutes relations de nature institutionnelle avec les universités israéliennes.Diverses églises importantes se réclamant de divers courants religieux appellent aussi à BDS.

La Campagne BDS jouit également du soutien d’artistes de renom international, qui sont de plus en plus nombreux à refuser ou à annuler des tournées en Israël, d’intellectuels et de personnalités publiques jouissant d’une grande influence, dont des membres ou des parrains du Tribunal Russell : Desmond Tutu, Roger Waters des Pink Floyds, Naomi Klein, Alice Walker, Judith Butler, John Berger, Ken Loach, Angela Davis, le cosmologue Stephen Hawking qui a refusé de participer à une conférence de haut niveau en Israël …

Avant de conclure sur les perspectives du mouvement BDS, je veux signaler 2 questions importantes qui mobilisent la Campagne BDS France, questions que je ne développerai pas pour ne pas dépasser le temps qui m’est imparti.

La première c’est notre engagement actif contre le KKL, ou Fonds National Juif, qui est un organisme paraétatique israélien qui est depuis plus d’un siècle le fer de lance de la dépossession du peuple palestinien. Les dons à l’antenne française du KKL bénéficient d’une déductibilité d’impôts, cet organisme se faisant passer pour une association d’intérêt général, écolo et de bienfaisance, et nous sommes actuellement mobilisés contre le projet du KKL France de tenir le 2 février prochain une grande journée de propagande au Palais Brongniart à Paris.

La seconde question est que la France est le seul pays où des militants de la Campagne BDS sont poursuivis en justice, ce qui est conforté par la circulaire Alliot Marie, qui assimile les actions de sensibilisation à BDS à des appels à la discrimination raciale. Nous exigeons, avec de nombreuses associations, le retrait de cette circulaire et la relaxe des militants poursuivis, ce que d’ailleurs de nombreux juges comprennent.

Et je tiens à souligner que cette situation ne nous empêche pas de développer le mouvement BDS et ne fléchit pas notre détermination.

Quelles sont les perspectives du mouvement BDS ?

L’économie israélienne est certes encore forte, notamment pour ce qui concerne la vente de matériel à usage répressif, testé sur le peuple palestinien, mais la Campagne BDS progresse inexorablement. Elle entre en résonance avec d’autres causes, notamment l’antiracisme, les mouvements anti-guerre, les mouvements pour la justice sociale. Elle est porteuse de valeurs universelles.

Ce n’est pas sans raison que Netanyahou le premier ministre israélien, et d’autres ministres de ce pays ont déclaré que le mouvement BDS est une menace stratégique pour Israël. Il est significatif aussi qu’une centaine de grands patrons israéliens, redoutant le succès des appels au boycott, lancent un appel pour la paix avec les Palestiniens. Quand de son côté Omar Barghouti, co-fondateur de la Campagne BDS, pose la question « L’année 2014 verra-telle un tournant décisif pour la Campagne BDS ? », nous accueillons ce propos avec optimisme.

L’année 2014 a été déclarée année de la Palestine par décision de l’ONU. Nous veillerons à ce qu’elle soit en même temps l’année de BDS. Les régimes d’apartheid ne durent pas jusqu’à la fin des temps. L’Etat d’Israël fait et continuera de tout faire pour essayer de réduire le développement de BDS et pour vider de leur substance des mesures telles que les lignes directrices de l’Union Européenne.

Nous continuerons de nous y opposer résolument. Nous continuerons nos activités militantes avec enthousiasme, parce que les droits des peuples et la vraie justice sont de notre côté.

L’apartheid a été vaincu en Afrique du Sud, il le sera aussi en Palestine et Israël !

Jean-Guy Greilsamer, militant de la Campagne BDS France

alt




Israël s’approche du « point de basculement » de la campagne de boycott du style Afrique du Sud

Ce qui s’est passé ces derniers jours : la société néerlandaise de l’eau potable Vitens a rompu ses liens avec son homologue israélienne Mekorot ; la plus importante Église protestante du Canada a décidé de boycotter trois sociétés israéliennes ; le gouvernement roumain a refusé d’envoyer de nouveaux travailleurs de la construction ; et les universitaires de l’American Studies Association ont voté une mesure visant à rompre ses liens avec les universités israéliennes.

Alors que ceci se produit peu après que le gouvernement israélien ait capitulé devant le boycott des colonies afin d’être éligible à l’accord  de coopération scientifique Horizon 2000 de l’Union européenne, il est difficile d’échapper à la conclusion que le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissements et Sanctions) prend de la vitesse. Et cette évidence, si elle n’était pas encore apparue, est devenue plus claire et plus vive après la mort de Nelson Mandela.

Il y avait des arguments valables à la fois pour et contre la participation du Premier ministre Netanyahu  à la cérémonie de mardi en mémoire de Mandela, mais on ne peut nier que la façon dont le Premier ministre, incompétent, chaotique, dispendieux, ombrageux, a géré publiquement cette question sensible a suscité une publicité non désirée et aggravé une situation déjà précaire.

Le volet embarrassant a fait d’Israël « un cas à part », il a attiré l’attention des médias sur la collaboration passée d’Israël avec le régime d’apartheid et a fourni un appui précieux à ceux qui assimileraient les deux. Plus inquiétant encore, d’un point de vue israélien, l’analogie entre l’Israël d’aujourd’hui et l’Afrique du Sud d’hier pourrait aussi entretenir la conviction qu’Israël peut être mis à genoux de la même manière que l’a été l’Afrique du Sud à la fin des années soixante-dix et au début des années quatre-vingt.

Quand les Nations-Unies ont voté leur première résolution non contraignante appelant au boycott de l’Afrique du Sud, en 1962, s’y est opposé tout un ensemble de pays occidentaux, sous l’égide de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Mais la campagne populaire qui avait commencé avec les boycotts universitaires à la fin des années cinquante s’était progressivement déplacée sur le sport et les loisirs et de là s’était portée sur les boycotts institutionnels et les désinvestissements. En cours de route, le mouvement anti-apartheid avait couvert un espace de plus en plus vaste dans l’opinion publique occidentale, et finalement, il a même obligé les plus réticents des gouvernements, dont Israël et les États-Unis, à rejoindre le régime international des sanctions.

Dans un article de 1998, intitulé « Normes internationales, dynamiques et changement politique », les politologues Martha Finnemore, aujourd’hui de l’université George Washington, et Kathryn Sikking, de l’université du Minnesota, ont osé les bases du « cycle de vie » par lequel certaines normes se développent pour façonner le comportement des États et ensuite de la communauté internationale dans son ensemble. La première étape, affirment-elles, est l’« émergence de la norme », quand une nouvelle norme est défendue par les ONG et les « entrepreneurs de la norme ». La seconde est une « cascade de normes », quand les États rentrent dans le rang et adoptent la nouvelle norme. Et un prérequis pour l’évolution de la première vers la seconde étape est le « point de basculement » (« tipping point ») qui se produit quand une masse critique d’événements et les opinions convergent pour former une cascade de normes.

Dans le cas de l’Afrique du Sud, le premier « point de basculement » est survenu probablement lors des émeutes de Soweto en 1976, qui ont déclenché des manifestations et des campagnes de désinvestissements qui finalement ont couvert les universités, les fonds de pension et les sociétés multinationales américains. Le second « point de basculement » est venu après la rébellion des Sud-Africains noirs contre la constitution raciste de 1983 et l’imposition d’un état d’urgence permanent en 1984-1985, et il a amené dans les rangs le reste du monde.

Les « points de basculement » sont, bien sûr, difficiles à prévoir, et les efforts pour y parvenir ont été au centre de recherches multidisciplinaires très étendues ces dernières années. « Vous savez qu’il y existe une limite, mais c’est la nuit et le brouillard. Nous sommes vraiment très forts pour savoir où sont les limites une fois qu’on est tombés de la falaise, mais cela nous est guère utile, » comme le chercheur du lac écologiste et du « point de basculement », Stephen Carpenter, l’a déclaré aux USA en 2009.

Israël pourrait bien être très proche d’une telle limite. Parmi les nombreux développements qui pourraient être en train de créer la masse critique requise, on peut citer : le temps écoulé depuis l’attaque sur les Tours jumelles du World Trade Center en septembre 2001, qui a mis Israël dans le même camp que les États-Unis et l’Occident dans la Guerre contre le terrorisme ; l’isolement d’Israël dans la campagne contre le programme nucléaire de l’Iran ; qu’il n’y a plus à repousser des ennemis implacables tels Osama ben Laden, Mouammar Kadhafi, Mahmoud Ahmadinejad et, à un moindre degré, Yasser Arafat ; la sécurité relative et l’absence de terrorisme en Israël associées à sa propre dynamique colonialiste persistante ; et la contre-publicité générée par les révélations sur le racisme dans la société israélienne, par l’image de ses dirigeants comme étant incroyablement rigides et de droite, et la confrontation de son propre gouvernement avec les immigrants africains illégaux et les bédouins israéliens, dirigeants largement perçus comme grandement marqués de parti-pris et de préjugés.

Ces derniers jours, les hommes d’États américains semblent plus s’inquiéter du danger imminent de la délégitimation (d’Israël) que ne le sont les Israéliens eux-mêmes. Dans ses réflexions tant au Saban Forum qu’à l’AJDC (American Joint Distribution Committee) cette semaine, le secrétaire d’État John Kerry a présenté la délégitimation comme un « danger existentiel ». Le Vice-Président Joe Biden, intervenant au même forum de l’AJDC, est allé encore plus loin : « L’effort sur tous les fronts pour délégitimer Israël est le plus concentré que j’ai vu pendant mes 40 années de fonction. C’est la plus sérieuse menace, à mon avis, pour la sécurité et la viabilité à long terme d’Israël. »

Il faut toujours prendre en compte la possibilité que des développements imprévus renverseront complètement la tendance. À défaut, la seule chose qui peut éviter à Israël de franchir la limite et de « tomber de la falaise » sur la scène internationale est le processus de paix tant décrié de Kerry, qui tient à distance l’opinion publique et les gouvernements, et évite le « point de basculement » qui intensifierait de façon spectaculaire la campagne de boycott anti-israélienne.

Ceci ne fait que renforcer l’argument de Jeffrey Goldberg dans un article de Bloomberg de mercredi, que Kerry est le « meilleur ami d’Israël ». Il met aussi en avant, une fois encore, combien ceux qui critiquent contre Kerry, les opposants au processus de paix et les champions de la colonisation sont vraiment bornés, myopes et dangereusement délirants, (même si vous pouvez être sûrs que quand, et si, le processus de paix échoue et qu’Israël est plongé dans l’isolement de l’Afrique du Sud, ils pointeront leur doigt dans toutes les directions, sauf vers eux-mêmes).

Traduction : JPP pour BDS FRANCE
Chemi Shalev – Ha’aretz – 11 décembre 2013
http://www.haaretz.com/blogs/west-of-eden/.premium-1.562989




2012 : Une année de succès pour BDS dans le monde

Des actions de boycott et des victoires ont eu lieu dans le monde entier, en 2012 (Nedal Eshtayah / APA images)

 

Janvier :

Février :

  • La chanteuse américaine Cat Power a annulé son spectacle en Israël.
  • Au Canada, le corps estudiantin de l’Université de Regina a adopté une motion BDS « en tant que moyen d’exercer des pressions sur Israël afin qu’il se plie aux lois internationales et aux droits de l’homme ».
  • La chanteuse de jazz américaine Cassandra Wilson a annulé son spectacle à Holon. Elle a déclaré : « En tant qu’activiste des droits de l’homme, je m’identifie au boycott culturel d’Israël. »
  • Les produits de la firme israélienne de cosmétiques Ahava — qui pille les ressources de la mer Morte en Cisjordanie occupée et produit des cosmétiques dans une colonie illégale tout en les étiquetant « made in Israel » — ont été retirés des rayons partout au Japon. DaitoCrea, le distributeur japonais de la ligne de cosmétiques d’Ahava, a annoncé qu’il cesserait immédiatement de stocker les produits d’Ahava en raison de la politique frauduleuse de cette société en matière d’étiquetage.
  • Un juge a rejeté un procès intenté par un groupe de pression israélien contre Olympia Food Co-op à Washington, aux États-Unis, protégeant ainsi la décision de la coopérative de ne pas stocker de produits israéliens et de maintenir le boycott.

Mars :

  • Des étudiants en licence de l’Université de Carleton à Ottawa, au Canada, ont adopté par une majorité écrasante une résolution de soutien des désinvestissements dans les sociétés tirant profit de l’occupation israélienne et des violations des droits de l’homme.
  • L’Université de Glasgow n’a plus repris l’eau Eden Springs (une firme israélienne) dans ses cafeterias.
  • L’organisation mondiale de justice pour l’eau, Blue Planet, a officiellement adopté les BDS et a condamné la discrimination sur le plan de l’eau et les mesures d’inaccessibilité à l’égard des Palestiniens appliquées par Israël.
  • Les tentatives du gouvernement israélien de promouvoir Israël en tant que havre d’« accueil pour les homosexuels » tout en nouant des liens avec les communautés LGBT aux États-Unis et ailleurs dans le monde (ce qu’on appelle communément le « pinkwashing ») ont échoué à Seattle, Tacoma et Olympia, Washington.
  • Les produits Ahava ne sont plus distribués par une importante chaîne de magasins en Norvège. 
  • M.E.Ch.A., la plus importante association de la jeunesse latino-américaine (Latin@) aux États-Unis, a décidé par une majorité écrasante de répondre favorablement à l’appel palestinien aux BDS (Latin@ est un terme neutre pour Latino – masculin – et  Latina – féminin.) L’annonce a été faite le 30 March, qui marque à la fois la Journée palestinienne de la Terre — commémorant les assassinats, les blessures et les arrestations massives de Palestiniens qui, en 1976, avaient protesté contre les confiscations de terre — et la Journée César Chávez, célébrant le dirigeant mexicain des droits civiques mexicain qui avait mené des actions de boycott et de grève pour les droits des travailleurs agricoles.

Avril :

  • L’association des étudiants en candidature de l’Université du Massachusetts, à Boston, a adopté une résolution afin de désinvestir chez Boeing, une société américaine qui tire profit des violations des droits de l’homme par l’armée israélienne.
  • Le deuxième Mediterranean Delight International Belly Dance Festival (danse du ventre), qui devait se tenir à Marrakech, a été annulé en raison d’une intervention manifeste des autorités marocaines, qui ont subi des pressions de groupes palestiniens de solidarité dans l’ensemble des milieux religieux et culturels du Maroc. En outre, le Festival de danse du ventre était sponsorisé en partie par la société israélienne Sea of Spa, qui entretient des liens avec Ahava.
  • L’Association égyptienne de football a boycotté Adidas du fait que la société sponsorisait le marathon de Jérusalem.
  • La chaîne britannique de supermarchés The Co-op a décidé d’étendre son boycott des marchandises produites dans les colonies israéliennes des territoires palestiniens occupés à un boycott total des sociétés israéliennes qui se procurent la moindre marchandise dans les colonies.
  • Le groupe de musiciens irlandais Dervish a annulé une série de spectacles en Israël, déclarant qu’il ne souhaitait pas rompre le boycott.

Mai :

Juin :

Juillet :

L’Église presbytérienne des États-Unis a décidé de boycotter les produits des colonies israéliennes, même si sa résolution en faveur du désinvestissement total a échoué à deux votes près seulement.

Août :

Septembre :

Octobre :

Novembre :

Décembre :

On peut trouver d’autres succès des BDS et de l’activisme sur cette excellente liste, très complète, établie par Don’t Play Apartheid Israel, et nous encourageons nos lecteurs à la consulter.
2012 a été une année de développement important, pour le mouvement de boycott dirigé par les Palestiniens.

A coup sûr, 2013 construira du solide sur ces victoires dans le monde entier.

 

Publié sur The Electronic Intifada le 2/1/2013. Traduction pour ce site : JM Flémal.