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Thom Yorke, voilà pourquoi vous devriez boycotter Israël

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Opinion

Le temps n’est-il pas venu de nous défaire de cette distinction artificielle entre les « gentils » Israéliens et l’occupation brutale dont ils sont responsables ?

Gideon Levy – 11 juin 2017

 

Quiconque s’interroge sur la justesse et l’efficacité d’un boycott pour combattre l’occupation israélienne, devrait écouter les contre-arguments de Thom Yorke de l’orchestre de rock britannique Radiohead et du président de Yesh Atid, Yaïr Lapid. Ce que proposent ces personnalités de Radiohead et de Yesh Atid : de la propagande de bas étage. Leurs contre-arguments pourraient convaincre  toute personne de conscience dans le monde entier – de soutenir le boycott. Yorke, qui ne connaît pas le mouvement de boycott et Lapid, qui est un ardent opposant  du mouvement de Boycott, Désinvestissement, Sanctions, se sont enrôlés dans l’opposition au mouvement. Leur raisonnement en dit beaucoup plus sur eux que sur le mouvement BDS.

Boycotter est un moyen d’action légitime. Israël, en tant qu’État, en fait usage et prône que d’autres pays devraient suivre son exemple. Certains citoyens israéliens aussi le pratiquent. Il y a un boycott du Hamas à Gaza, des sanctions contre l’Iran. Il y a des boycotts de magasins non kasher, des boycotts contre la consommation de viande, et des complexes touristiques des plages turques. Et le monde aussi fait du boycott, en imposant des sanctions à la Russie depuis l’annexion de la Crimée.

La seule question est de savoir si Israël mérite une telle punition, semblable à celle infligée à l’Afrique du Sud de l’apartheid dans une époque antérieure, et si ces actes sont efficaces. Et une question supplémentaire : quels autres moyens n’ont pas été essayés contre l’occupation et n’ont pas échoué ?

Yorke dirige sa colère contre son collègue de rock Roger Waters, peut-être l’artiste le plus exalté de ceux qui protestent actuellement, qui a sollicité Yorke pour que celui-ci reconsidère le concert de son orchestre à Tel Aviv le 19 juillet.

Dans une interview récente au magazine Rolling Stone, Yorke a expliqué ses raisons : jamais il n’imaginerait de dire à qui que ce soit où aller travailler.

Pense-t-il que les ateliers clandestins ou les mines sanguinaires de diamant sont des lieux de travail légitimes ? Est-il correct de solliciter des gens pour ne pas travailler avec eux ? Les produits des colonies sont-ils seulement plus éthiques ? « Le type de dialogue qu’ils veulent instaurer est du genre blanc ou noir. J’ai un problème avec ça » a dit Yorke à Rolling Stone. Quel problème ? N’est-ce pas blanc et noir ? N’est-ce pas occupant et occupé ? Oppresseur et dépossédé ?

« Je ne peux tout simplement pas comprendre pourquoi aller donner un spectacle de rock est un problème pour eux » dit Yorke.

Hello, est-ce que je parle à Radiohead ? OK. Le problème n’est pas le spectacle, le problème c’est le public.

Le temps n’est-il pas venu de nous défaire de cette distinction artificielle entre les Israéliens qui se voient comme bons et justes – Bonsoir, Tel Aviv ! Comme c’est merveilleux d’être ici ! – et l’occupation brutale dont ils sont responsables ? Le temps n’est-il pas venu de les punir d’une façon non violente pour les crimes dont chacun d’eux est partie prenante ?

Et comment punir un peuple entier ? Le seul moyen  non violent est de les boycotter. Peut-être cela les réveillera-t-il de leur aveuglement. Waters a demandé à Yorke de ne pas divertir les Israéliens parce qu’ils ne le méritent pas tant que l’occupation continue à une demi-heure de route de la salle de concert du Parc Yarkon où Radiohead doit se produire. Il n’y a pas demande plus juste.

Et Yaïr Lapid, étant Yaïr Lapid, est bien plus démagogue et populiste. Avec un drapeau israélien en toile de fond et un autre à la boutonnière – parce que juste un drapeau n’est pas assez convaincant, il était interviewé la semaine dernière par un des intervieweurs les plus brillants et incisifs au monde, Tim Sebastian, sur la radio allemande Deutsche Welle. Lapid a critiqué Sebastian par ces mots : « il pense que son rôle est de représenter les Palestiniens plutôt que la vérité », preuve que Lapid ne comprend rien au bon journalisme. Mais ses arguments contre le boycott ont été encore pires.

Lapid était fier d’être parmi les premiers à combattre le boycott, comme si c’était une sorte de mission épique derrière des lignes ennemies. Il « sait » que BDS est financé par le Hamas – après tout, c’était dans le Wall Street Journal. Et aussi que le mouvement est lié au grand mufti de Jérusalem qui a collaboré avec les nazis.

Et quiconque est encore à convaincre, reçoit le coup final avec la déclaration suivante : BDS appelle à la libération de ceux qui ont pendu des gays à des poteaux téléphoniques et de ceux qui pensent acceptable de battre leur femme et d’assassiner des Juifs et des Chrétiens. C’est cela BDS. L’occupation, ça va.

Et si c’est cela BDS et l’occupation aux yeux de ce candidat au poste de premier ministre, nous ferions mieux de garder l’actuel, Benjamin Netanyahou.

Si c’est cela le niveau d’argumentation et de connaissance de Lapid, alors il est clair qu’il n’y a pas d’opposition au parti Likoud de Netanyahou ni à l’occupation. Et si c’est le cas il n’y a pas autre chose à faire que soutenir BDS.

Source: Haaretz

Traduction SF pour BDS France

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