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TLVFest frappé d’une vague d’annulations avant son ouverture cette semaine

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29 mail 2018/ par Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel (PACBI)

Brésil, France, Pakistan

Des artistes et des réalisateurs du Brésil, de France et du Pakistan annoncent leur retrait du Festival international de cinéma LGBT de Tel Aviv après des appels du collectif palestinien LGBT « Pinkwatching Israel » et des militants des droits humains du monde entier.

29 mai 2018  – La chanteuse brésilienne, artiste et militante, noire et transgenre Linn da Quebrada a annoncé qu’elle annulait sa participation au Festival international de cinéma LGBT de Tel Aviv 2018 (31 mai9 juin). Elle a été rejointe par des réalisateurs du Brésil et de France, qui, avec le Festival international des minorités Aks du Pakistan, ont aussi annulé leur participation au TLVFest. Les annulations répondent aux appels du collectif palestinien LGBT Pinkwatching Israel1 et des militants des droits humains dans le monde entier.

TLVFest est profondément complice de l’agenda de pinkwashing d’Israël, l’utilisation cynique des droits LGBT pour détourner l’attention du déni israélien des droits humains palestiniens depuis des décennies. Le Festival, qui a des liens étroits avec le gouvernement israélien, a refusé de prendre position contre les récentes atrocités d’Israël à Gaza ou contre son système global d’occupation militaire et d’apartheid.

Linn da Quebrada, une voix majeure des personnes noires et pauvres LGBT marginalisées au Brésil, devait participer à la Queer Party du Festival le 6 juin. Elle a déclaré :

« Sachant qu’en Israël il y a aussi des personnes qui souffrent d’oppression, dans leurs corps et dans leurs désirs, j’ai décidé d’annuler ma participation, de rejoindre le boycott culturel qui a grandi dans le monde entier ces derniers mois, comme une forme de protestation contre Israël et ses politiques de génocide contre les Palestiniens.

Nous avons parlé à beaucoup de gens, nous les avons écoutés, ici, là et avec cette perspective plus large et plus détaillée, nous avons décidé d’adhérer au boycott, afin de marquer notre désaccord avec le plan du gouvernement israélien et son occupation dans la région. »

En coordination avec l’annulation de Quebrada, les réalisateurs brésiliens Claudia Priscilla et Kiko Goifman ont annoncé qu’ils retiraient leur documentaire «  Bixa Travesty  » de TLVFest. Le film, qui a gagné le Teddy Award pour le meilleur documentaire au Festival international de cinéma de Berlin 2018, est un portrait biographique intime de la vie de Linn da Quebrada.

Goifman a annoncé sur Facebook :

« Nous avons décidé de BOYCOTTER TLVFest à cause de notre profond désaccord avec les politiques de génocide d’Israël. Nous avons annulé la participation du film « Bixa Travesty »ASSEZ DE MASSACRES. Respect pour le peuple palestinien. »

Par ailleurs, le Festival international des minorités Aks a annoncé qu’ils se retiraient d’un panel de réalisateurs de TLVFest. Aks, dont le logo a été retiré du site web du festival de Tel Aviv, a envoyé la déclaration suivante à Pinkwatching Israel :

« Après mure réflexion, le Festival international des minorités Aks a décidé de retirer son programme de courts métrages et sa participation au Festival de cinéma TLV. Aks a promu de longue date les droits humains et exprime sa solidarité avec les militants de Palestine, particulièrement les militants palestiniens queers2, qui s’opposent à la violation des droits civils palestiniens par le gouvernement israélien. »

Répondant à une lettre de militants queers palestiniens et français, le réalisateur français Sylvain Coisne a annoncé son intention de retirer son court métrage «  Dylan, Dylan ». Cependant TLVFest a informé le réalisateur que les tickets étaient déjà vendus et que la projection se ferait donc contre sa volonté.

Le réalisateur brésilien Calí dos Anjos et la productrice Bia Medeiros ont aussi annoncé le retrait de leur court métrage d’animation «  Tailor  » de TLVFest :

«  Par respect pour le peuple palestinien nous retirons le film « Tailor » de la compétition et du programme de TLVfest. »

Les annulations arrivent juste après le dernier massacre par Israël de plus de 100 Palestiniens à Gaza, ce que Human Rights Watch décrit comme des assassinats « délibérés » et « calculés ». L’année dernière, TLVFest avait aussi été frappée d’une vague d’annulations, dont celle du réalisateur sud-africain John Trengove.

Haneen Maikey, directrice de « alQaws pour la diversité de sexe et de genre dans la société palestinienne » a commenté :

« Pour la deuxième année consécutive, les réalisateurs queers se montrent solidaires des Palestiniens en refusant de prêter leur art pour « pinkwasher » les crimes de guerre israéliens. Se retirer du TLVFest 2018 expose l’utilisation cynique et délibérée par le gouvernement israélien de la culture queer et de sa visibilité pour couvrir la colonisation et l’occupation de la Palestine. Nous appelons d’autres artistes et réalisateurs participant à TLVFest à rejoindre, ou au moins à respecter, notre campagne de boycott et le mouvement grandissant d’artistes doués de principes qui demandent justice pour les peuples autochtones de Palestine ».

Hind Awwad de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel (PACBI) a salué les annulations et a appelé l’élan à se poursuivre :

« Nous sommes témoins d’une révolution continue dans le monde culturel : les artistes refusent de permettre à Israël d’utiliser leurs noms pour blanchir par l’art ses massacres en cours contre les manifestants palestiniens à Gaza demandant de mettre un terme au siège et d’accorder aux réfugiés le droit à retourner dans leurs foyers. Rien qu’au cours des dernières semaines, de nombreux artistes de la musique, du théâtre et du cinéma ont exprimé leur soutien au boycott culturel institutionnel d’Israël ou ont annulé leurs spectacles à Tel Aviv et leur participation à des événements sponsorisés par Israël.

Nous sommes profondément reconnaissants pour ces expressions de solidarité de la part des artistes et des collectifs se retirant de TLVFest 2018. L’exploitation par Israël d’événements LGBT pour «  pinkwasher » ses politiques meurtrières contre les Palestiniens devrait être universellement condamnée et isolée ; c’est une contribution minimale à notre lutte non-violente pour la liberté, la justice et l’égalité des droits ».

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a été initiée en 2004 pour contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens. PACBI défend le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes, étant donné leur complicité étroite et persistante dans le déni par Israël des droits palestiniens tels qu’ils sont stipulés dans le droit international. Visitez le site de PACBI à https://bdsmovement.net/pacbi et suivez-nous sur Twitter @PACBI

1 Le « Pinkwashing » (inspiré de « whitewashing », blanchiment, et de « pink », la couleur rose) désigne le fait de promouvoir, ou prétendre promouvoir, l’homosexualité ou les droits LGBT pour masquer des crimes. « Pinkwatching » jouant sur l’analogie entre wash (laver) et watch (surveiller) suggère au contraire une « veille » par les homosexuels sur ces crimes.

2 Sur l’usage complexe du mot « queer », on pourra lire par exemple https://fr.wikipedia.org/wiki/Queer.

Source: PACBI

Traduction: C.G pour BDS France

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