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22/06/22

Assemblée Générale de CAF : l’entreprise respectera-t-elle les droits de l’homme?

Date d'origine : 20/06/2022
Auteur : Richard Weindling et Santiago Gonzalez Vallejo de la campagne « CAF : Descendez du Train de l’Apartheid »
Source : BDS Movement
Traduit par : J.Ch

Le 11 juin 2022, à l’extérieur de la réunion de l’Assemblée Générale de CAF, des dizaines de manifestants ont rappelé au constructeur basque de trains son obligation de respecter les droits de l’homme et de mettre fin à ses affaires avec l’occupation violente de Jérusalem par Israël et son régime d’apartheid.

Le samedi 11 juin 2022, les actionnaires de CAF qui venaient à la réunion de l’Assemblée Générale du constructeur basque de trains ont choisi d’entrer par la porte de service des bureaux de la société à Beasin (Pays basque) plutôt que d’affronter les manifestants qui exprimaient fortement leur objection aux affaires que fait CAF avec le projet illégal d’Israël de tramway de Jérusalem (JLR).

A l’intérieur de la salle de réunion, Santiago Gonzalez, actionnaire de CAF et militant du Comité de Solidaridad con la Causa Arabe (CSCA), a affronté le Comité Exécutif de CAF avec plusieurs questions. Il a dit plus tard : « J’ai dit aux participants de la réunion que le bureau avait mal informé les investisseurs de CAF parce que le projet de tramway israélien ne se limitait pas à Jérusalem Ouest, mais se prolongeait dans Jérusalem Est occupée. J’ai éclairé les actionnaires sur le fait que la société est profondément impliquée dans les violations du droit humanitaire et des droits de l’homme en construisant la nouvelle Ligne Bleue qui s’étendra jusqu’aux – que de facto elle annexera – colonies illégales d’Israël à l’intérieur et autour de la Jérusalem palestinienne occupée. »

Il a aussi demandé au Comité Exécutif si la société se plierait aux recommandations récemment émises par le point de contact national (PCN) espagnol de l’OCDE. Le PCN avait demandé à CAF d’assurer la diligence nécessaire pour vérifier les informations qu’il a publiées sur le projet JLR et d’embaucher un expert indépendant pour examiner la politique de la société en ce qui concerne sa conformité avec les droits de l’homme.

Dans sa réponse, le président de CAF, Andres Arizkorreta, a cependant insisté une fois de plus pour dire qu’aucune des activités de CAF n’impliquerait de graves violations des droits de l’homme. Bien que le PDG ait mentionné qu’ils étudieraient les recommandations du PCN de l’OCDE, il a souligné le fait que CAF n’a aucune obligation de mettre en place ces recommandations non obligatoires.

A la suite de leur manifestation à l’extérieur du quartier général de la société, environ 50 manifestants, dont un certain nombre de résidents locaux et d’employés de CAF, ont défilé vers le centre ville et ont distribué, parmi la population de Beasin où CAF est le principal employeur, des dépliants pour éveiller l’attention sur la complicité de CAF dans les graves violations des droits fondamentaux des Palestiniens par Israël.

Parallèlement, des organisations de solidarité et des syndicats de toute l’Europe ont eux aussi exhorté les actionnaires de CAF à mettre fin à la complicité de CAF dans l’occupation violente de Jérusalem par Israël et son régime d’apartheid. Des milliers de courriels ont été envoyés aux représentants des principaux actionnaires de CAF, parmi lesquels la Banque norvégienne Norges, la société espagnole d’investissement de portefeuilles Cartera Social et la Kutxabank basque. Une tempête sur les réseaux sociaux a été menée en France où CAF a l’une de ses usines.

Rapide retour en arrière sur la complicité de CAF avec le régime d’apartheid israélien :

CAF, parallèlement à l’entreprise de construction israélienne Shapir, construit et exploite des lignes de tramway pour relier Jérusalem Ouest aux colonies illégales israéliennes en Cisjordanie occupée, projet qui fait intégralement partie du nettoyage ethnique et de la stratégie coloniale de peuplement du régime d’apartheid israélien.

Shapir est déjà citée dans la base de données du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU des sociétés identifiées comme profitant de l’entreprise coloniale de peuplement israélienne dans le territoire palestinien occupé. Étant donné que CAF répond à tous les critères, elle sera très probablement citée dans la prochaine mise à jour de cette base de données de l’ONU.

Un certain nombre de sociétés bien connues telles que Alstom, Siemens, Systra, Bombardier et Macquarie se sont retirées en 2019 de l’appel d’offres pour le projet JLR, dans certains cas en invoquant spécifiquement leur inquiétudes au sujet de son implication dans les droits de l’homme.

Plusieurs ONG ainsi que le Centre de Soutien Juridique Européen ont tiré la sonnette d’alarme et expliqué à CAF que son travail sur le JLR contribue directement à l’enracinement de l’annexion illégale par Israël de Jérusalem Est occupée et aux graves violations des droits fondamentaux des Palestiniens.

Opposition populaire au travail de CAF avec le JLR :

En 2019, avant que CAF se voie officiellement accorder le contrat du JLR, les représentants des travailleurs des principales usines CAF à Beasain et Irun ont émis une déclaration publique exhortant la société à se retirer de l’offre JLR. Néanmoins, le consortium conduit par CAF et Shapir a été choisi en août 2019 par le ministère des Finances d’Israël pour conduire le JLR.

En février 2020, les militants basques de BDS ont lancé la campagne « CAF : Descendez du Train de l’Apartheid ». La campagne a pris depuis une dimension internationale : CAF a perdu des offres et des contrats au Mexique, en Norvège et au Royaume Uni à la suite de campagnes pour son exclusion de contrats publics à cause de son implication dans le projet illégal JLR.

Les militants ont également soulevé la question de l’implication de la CAF dans le JLR dans plusieurs parlements, entre autres dans la région autonome basque, dont le gouvernement est un actionnaire de CAF, ainsi que dans les parlements espagnol et de Navarre et dans les parlements de Norvège et de l’UE.

Malgré la mauvaise volonté évidente de CAF pour respecter les droits de l’homme et le droit humanitaire international, les militants savent que CAF commence à avoir chaud. La pression internationale populaire et croissante se poursuivra jusqu’à ce que CAF mette un terme à ses activités avec le JLR et à ses graves violations des droits de l’homme.