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Israël est la nouvelle Afrique du Sud tandis que les appels au boycott se multiplient

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Jonathan Owen
The Independent

Madonna a entamé sa tournée mondiale la semaine dernière tandis que les militants exhortent à rompre les liens culturels.

Certaines parmi les plus grandes stars à travers le monde – de Madonna à Red Hot Chili Peppers – sont accusées, avec des réactions de plus en plus dures contre les artistes qui se produisent en Israël, de mettre leur profit avant les principes.
Des militants indignés par les violations des droits humains contre le peuple palestinien – symbolisées par la politique d’Israël de démolition de maisons de Palestiniens et autorisant les colons israéliens à s’emparer de leurs terres – demandent le boycott des lieux d’accueil israéliens dans le cadre d’une campagne qui fait écho aux manifestations des années quatre-vingt contre l’Afrique du Sud et le lieu infâme de Sun City.
 La semaine dernière, Madonna a essuyé les critiques pour avoir décidé de se produire en Israël comme coup d’envoi de sa tournée mondiale, jeudi dernier. «  En se produisant en Israël, Madonna a consciemment et honteusement prêté son nom pour essayer de faire oublier l’occupation et l’apartheid israéliens, elle a montré ainsi son désintérêt pour les droits humains » a dit Omar Barghouti, de la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël.

Les tentatives de Madonna pour détourner les critiques en offrant des billets gratuits aux militants locaux de la campagne ont obtenu l’effet inverse, recueillant un certain nombre de refus de cette offre.
Boycott from Within, organisation israélienne, a accusé la chanteuse de «  tentative flagrante de blanchiment des crimes israéliens ». Et Mr Barghouti d’ajouter : « Comme nous l’avons appris du combat sud-africain pour la liberté, divertir l’apartheid israélien ne doit jamais être qualifié de chanson pour la paix ».

L’agent de la star n’a pas voulu répondre aux demandes de commentaires.

Des actes tels que les crimes de guerre présumés commis lors de l’invasion de 2008 par Israël de la bande de Gaza, et les meurtres en 2010 de militants de la paix par les commandos israéliens sur un navire acheminant de l’aide, ont fait que la campagne anti-apartheid a pris une ampleur jamais vue en une génération. Saeed Amireh, 21 ans, militant pacifiste de Ni’lin en Cisjordanie, a dit : « Nous n’avons pas la liberté de nous déplacer. Ils ne veulent pas la paix ; ils veulent juste nous voir disparaître. Ils suppriment notre existence même. »

Les appels au boycott sont soutenus par des centaines d’artistes à travers le monde, du réalisateur Ken Loach à l’ancien leader des Pink Floyd, Roger Waters, et à l’écrivain Alice Walker. Des artistes comme Carlos Santana et Elvis Costello ont annulé des représentations sous la pression des militants ces dernières années ; Coldplay, U2 et Bruce Springsteen ont décliné les invitations à se produire en Israël sans pour autant soutenir publiquement le boycott. Paul McCartney, Elton John, Rihanna et Leonard Cohen sont de ceux qui ont ignoré les appels à ne pas y chanter.

Les Red Hot Chili Pepers, Lenny Kravitz et les Guns N’Roses ont en projet des spectacles en Israël cette année, ce qui a conduit le groupe des Artistes contre l’Apartheid à lancer cet appel : « Comme cela s’est fait dans le cas de l’apartheid sud-africain, n’hésitez pas à nous rejoindre dans le boycott culturel d’Israël, et aidez-nous en arrêtant de divertir l’apartheid ». La campagne a ébranlé l’industrie de la musique, amenant un groupe de cadres américains et israéliens à monter une Communauté créative pour la Paix, l’an dernier, pour tenter de contrer le boycott culturel.

Elle a également semé le trouble chez de hauts responsables politiques israéliens : une loi a été votée par la Knesset l’an dernier stipulant que celles et ceux qui appelleraient au boycott seraient poursuivis devant les tribunaux. Le gouvernement israélien a également mis en place une commission pour étudier la façon d’indemniser les promoteurs israéliens dans les cas d’ « annulations pour motifs politiques ».

La controverse sur le traitement par Israël des Palestiniens a provoqué des protestations aussi chez les acteurs. Emma Thompson est l’une des plus de 30 acteurs, réalisateurs et dramaturges, qui ont condamné le Théâtre du Globe de Londres pour avoir inclus la compagnie du Théâtre national d’Israël dans son Festival Shakespeare la semaine dernière.
L’ambassade israélienne a, ce week-end, rejeté les critiques d’Israël comme « mouvement anti-israélien » et le Conseil des représentants des juifs britanniques a prétendu que les comparaisons avec l’Afrique du Sud de l’apartheid étaient « une tentative spécieuse et désespérée d’une campagne de boycott défaillante ». Le président d’Israël, Shimon Peres, n’en a pas moins reconnu plus tôt cette année : « Si son image empire, Israël va commencer à souffrir des boycotts. Il existe déjà un boycott artistique contre nous, et les signes d’un boycott financier non déclaré commencent à émerger. »

La Co-op a annoncé un boycott des produits provenant des colonies de Cisjordanie, le mois dernier.

3 juin 2012 – The Independent – traduction : JPP

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