Home»ACTIONS ET EVENEMENTS»Appels»La maison Baramki : Absente/Présente

La maison Baramki : Absente/Présente

0
Shares
Pinterest Google+
image_pdfimage_print

La Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI) appelle la société civile internationale à soutenir ses efforts pour rendre la maison Baramki à Jérusalem à ses propriétaires palestiniens légitimes, la famille Baramki.

L’histoire

En 1932, l’éminent architecte palestinien Andoni Baramki a bâti sa stupéfiante maison à Jérusalem. Il l’a dédiée à son épouse, Eveline. En 1948, pendant la campagne sioniste de nettoyage ethnique, ou Nakba, la famille Baramki, comme des centaines de milliers de Palestiniens, a été déracinée et s’est retrouvée, pendant quelques temps, à Gaza, puis ensuite à Ramallah. La Maison Baramki avait été transformée en avant-poste militaire : le poste Turjeman. Elle est située sur la lisière entre ce qui est devenu Israël et ce qui est devenu la Cisjordanie , en face de la Porte Mandelbaum, le seul point de passage entre les côtés de la ville divisée de Jérusalem.

Après la guerre de 1967, Israël a occupé le reste de la Palestine historique et placé la Cisjordanie et la Bande de Gaza sous contrôle militaire. La Porte Mandelbaum a été retirée et l’avant-poste militaire abandonné.
Photo
La Porte Mandelbaum et la Maison Baramki

Andoni et Eveline Baramki étant résidents de Jérusalem Est maintenant occupée, les autorités israéliennes leur ont octroyé des cartes d’identité israéliennes. L’armée israélienne n’avait plus besoin de la maison comme avant-poste, alors la famille Baramki a pensé que sa demande de restitution de la maison allait enfin aboutir. Hélas, les autorités israéliennes ont rejeté la requête de la famille, en vertu de la loi raciste de 1950 sur les biens des absents (en anglais sur Unispal.un.org) qui a été utilisée pour piller les biens des Palestiniens ethniquement nettoyés pendant la Nakba et même les biens de ceux qui avaient été déplacés en interne et déclarés « présents-absents »(1). Cette loi inique reconnaît la présence des Palestiniens déplacés en interne comme « résidents ou citoyens » de l’État d’Israël, mais « absents » pour ce qui concerne leurs propriétés.

Jusqu’à sa mort en 1972, Andoni Baramki allait voir sa précieuse maison tous les jours. Il marchait autour plusieurs fois par jour, mais il n’a jamais été autorisé à y entrer.

Photo
Inscription au néon en hébreu, en arabe et en anglais sur la Maison Baramki : « Les oliviers seront nos frontières » [attention à l’invasion, les Provençaux ! (ndt)]

Après la mort de son père, Gabi Baramki a continué à essayer de récupérer la maison familiale, mais en vain. En 1999, la Fondation israélienne de Jérusalem a transformé la Maison Baramki en « Musée de la Couture« , dont la mission déclarée est l’espoir de « faire avancer le dialogue parmi nous malgré nos points de vue divergents. Nous devons nous engager dans un dialogue social fondé sur ce que nous avons en commun et ce qui nous unit plutôt que sur ce qui nous divise et nous éloigne. » Le projet a été rendu possible par le « soutien généreux de la famille allemande von Holtzbrinck« .

L’histoire de la Maison Baramki n’est qu’une histoire parmi des milliers d’autres semblables ; mais ce cas particulier est l’exemple d’une injustice encore plus grande. En août 2012, Gabi Baramki est décédé, laissant derrière lui un riche héritage de lutte pour les droits palestiniens et pour le développement des institutions scolaires palestiniennes. La lutte pour la liberté, pour la justice et l’égalité des droits, à laquelle Gabi a consacré toute sa vie, continue.

Photo
Gabi Baramki (1929-2012)

Nous, à PACBI, considérons ce Musée comme une incarnation de la criminalité israélienne, de l’hypocrisie, du vol des biens, de la colonisation, de l’oppression et du déni persistant de la présence même des Palestiniens et des droits qui l’accompagne. Nous exigeons l’application du droit international, et que la Maison Baramki soit restituée à ses propriétaires palestiniens légitimes, la famille Baramki.

Que peut-on faire ?

Suggestions d’actions :

● Empêcher Israël de participer à tout événement architectural ou cultural à moins qu’il ne rende la Maison Baramki à ses propriétaires légitimes, qu’il admette et répare l’injustice inhérente à la confiscation massive des biens dans le cadre de sa loi des « présents absents » et abroge cette loi raciste ;

● Soulever la question de la Maison Baramki lors de tout événement architectural et culturel dans lequel Israël peut être présent et insister sur le fait qu’Israël doit se conformer au droit international et rende les biens pillés à leurs propriétaires respectifs ;

● Explorer toutes les possibilités de tenir pour complice de ce crime la famille allemande von Holtzbrinck (Verlagsgruppe Georg von Holtzbrinck, Holtzbrinck family Publishing/Stuttgart, Allemagne ; revenus : 2.2 milliards de dollars US ; salariés : 12.600), puisque cette famille a grandement facilité le transfert d’une propriété privée palestinienne à une institution culturelle israélienne, en violation du droit international – et peut-être du droit allemand. Ce fonds généreux d’une société/famille allemande n’est qu’un exemple de la manière dont l’aide à Israël par l’Allemagne, l’Europe ou les États-Unis a fait de ces bienfaiteurs des partenaires dans les crimes commis par l’État d’Israël. Cette aide à Israël a invariablement aidé à dissimuler les vieux crimes d’Israël ou à faciliter les nouveaux ;

● Utiliser toutes les options juridiques possibles disponibles en vertu du droit international pour récupérer la Maison.

Quelles sont nos cibles ?

L’UNESCO, toutes les institutions architecturales et culturelles, et tous les organismes archéologiques et culturels mondiaux.

Références :
1) Pour plus d’informations, voir par exemple (en anglais) :
– Masalha, Nur (1992), Expulsion of the Palestinians: the Concept of « Transfer » in Zionist Political Thought, 1882-1948. Washington: Institute for Palestine Studies.
– Massalha, Nur (1997), A Land Without a People: Israël, Transfer and the Palestinians 1949-96. London: Faber and Faber.
– Tom Segev, Arlen Neal Weinstein (Tanslator) (1998) 1949, The First Israëlis, Henry Holt & Company, Bottom of Form.

Note ISM : Pour avoir une idée, s’il en était besoin, et surtout des preuves de la réécriture falsifiée de l’histoire par le régime sioniste, lire l’article « Jérusalem à nu« , sur le site du ministère israélien des Affaires étrangères, sur le soi-disant « Musée de la Couture ».

Photo
Les activistes israéliens de Boycott from Within Ronnie Barkan et Renen Raz rendent hommage à Gabi Baramki en appelant le musée israélien qui occupe la Maison Baramki à rendre la maison pillée à ses propriétaires légitimes

Source : Pacbi

Traduction : MR pour ISM

Previous post

Peter Brook décline l'invitation du théâtre Cameri en Israël

Next post

Mon nom est Samia Halaby (interview et dessins de Ethan Heitner)