Le festival Pop Kultur 21 de Berlin prend ses distances avec l’apartheid israélien

Par Boycott Pop-Kultur, le 31 août 2021

Nous saluons l’absence de l’ambassade d’Israël de l’apartheid parmi les partenaires de Pop-Kultur Berlin 2021. Il apparaît ainsi qu’il n’y a pas eu de partenariat officiel entre le festival et Israël cette année. Nous considérons cela comme une victoire partielle dans cette longue campagne de boycott du festival pour son racisme anti-palestinien et sa complicité flagrante avec le régime brutal d’apartheid, d’occupation et de colonialisme de peuplement d’Israël contre le peuple palestinien.

Si Pop-Kultur Berlin a établi un partenariat avec Israël cette année, il a choisi de le cacher complètement, refusant au régime d’extrême droite une impulsion qui lui est désespérément nécessaire pour sa marque de fabrique toxique. À la suite d’une campagne de boycott entamée en 2017 avec huit artistes, les têtes d’affiche Young Fathers se sont retirés en solidarité avec le peuple palestinien.

L’année suivante, six autres artistes se sont retirés à l’appel de Palestiniens, d’internationaux, d’Israéliens anti-apartheid et de groupes progressistes juifs et queer basés en Allemagne. Au lieu de mettre fin au partenariat du festival avec Israël de l’apartheid, le directeur du festival Pop-Kultur de Berlin a répondu en critiquant le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) dirigé par les Palestiniens, dans des termes racistes, anti-palestiniens et en insistant pour poursuivre ce partenariat dans les futures sessions.

En 2019, le festival a échoué à attirer les divers artistes progressistes recherchés par ses responsables de relations publiques. Il a filtré tous les artistes potentiellement invités, sur leur soutien aux droits des Palestiniens et au boycott culturel d’Israël, restreignant considérablement son programme et préfigurant l’évolution Maccarthiste des institutions culturelles allemandes vers le chauvinisme et une censure systématique.

Le mouvement BDS pour les droits des Palestiniens est inspiré par les boycotts historiques du régime d’apartheid d’Afrique du Sud et ceux intervenus pendant le mouvement étatsunien pour les droits civiques. Ses objectifs, ancrés dans le droit international, sont la fin de l’occupation de la bande de Gaza assiégée et de la Cisjordanie dont Jérusalem Est ; la pleine égalité pour les Palestiniens ayant la citoyenneté israélienne qui vivent sous l’apartheid ; et le droit au retour des réfugiés palestiniens. BDS rejette par principe toute forme de discrimination et de racisme, dont l’antisémitisme, l’islamophobie et la négrophobie.

Cette victoire partielle intervient dans un contexte en évolution rapide en Allemagne. En décembre dernier, des dizaines de dirigeants d’institutions culturelles allemandes, dont le directeur de l’institut Goethe, ont lancé l’initiative GG 5.3 Weltoffenheit (ouverture au monde) qui critique la résolution anti-BDS du Bundestag, déjà condamnée par des intellectuels juifs et israéliens. Cette initiative a défendu à juste titre le point de vue selon lequel « les accusations d’antisémitisme sont détournées pour isoler des voix importantes et pour déformer des positions critiques ».

Cette initiative a eu le soutien de plus de 1 400 artistes et travailleurs culturels d’Allemagne et internationaux, qui ont cité l’auteur noir américain James Baldwin : « On ne peut pas changer tout ce qu’on affronte, mais rien ne peut changer tant qu’on ne l’affronte pas ». Nous l’approuvons.

Le mois dernier, plus de 10 000 personnes ont manifesté à Berlin dans « la première Gay Pride internationaliste, antiraciste anticoloniale, anticapitaliste ». Des milliers de manifestants ont scandé « Liberté, liberté pour la Palestine »et ont demandé que l’Allemagne élargisse son cursus d’enseignement et y inclue son passé colonial.

Le techno club de Berlin a perdu plusieurs éléments de son programme, dont la partie queer avec ses badges en place depuis longtemps, du fait de son racisme anti-palestinien, de la censure et de son Maccarthisme contre les artistes internationaux qui défendent des principes en soutien aux droits des Palestiniens et au boycott culturel du secteur culturel complice d’Israël. Pour ces raisons, le mouvement BDS a appelé au boycott de Golden Pudel de Hambourg et de Conne Island de Leipzig.

Cette vague de changement s’inscrit dans la suite de plusieurs années d’aggravation de la répression anti-palestinienne au sein de l’élite culturelle, académique et politique allemande et d’une solidarité internationale encourageante avec les Palestiniens et les défenseurs du mouvement BDS, en retour.

Le changement reflète aussi des tendances internationales. À la suite des derniers massacres par Israël des Palestiniens de la bande de Gaza, où plus de 240 personnes ont été tuées dont 26 enfants, des milliers d’artistes dans le monde, dont des stars d’Hollywood, ont répondu par une solidarité significative, assurant de leur soutien à des mesures effectives visant à ce qu’Israël rende compte devant le droit international. Les signataires des appels de Musiciens pour la Palestine, de La Lettre contre l’Apartheid, des Arts Visuels pour la Palestine, parmi beaucoup d’autres, ont endossé des appels pacifiques d’artistes palestiniens et de la société civile plus largement, à mettre fin à la normalité apparente du régime d’apartheid israélien et du secteur culturel complice.

Cette année, la principale organisation de défense des droits humains à l’échelle mondiale, Human Rights Watch et le groupe de défense des droits humains le plus important d’Israël, B’Tselem, ont chacun publié en détails ce que les Palestiniens, les Sud-Africains, des juristes te beaucoup d’autres ont mis en avant depuis longtemps : Israël est un État d’apartheid. Dans ce contexte, nous saluons la distance que semble prendre le festival Pop-Kultur Berlin vis-à-vis d’Israël de l’apartheid.

Source : Boycott Pop-Kultur festival

Traduction SF pour BDS France