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04/07/23

Pop-Kultur doit clarifier son partenariat avec l’apartheid israélien

Le festival de Berlin a l’habitude de mentir aux artistes pour protéger son partenariat avec l’apartheid.

Date d'origine : 28/07/2023
Auteur : Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d'Israël
Source : BDS Movement
Traduit par : JS pour BDS France
https://bdsmovement.net/sites/default/files/pk23%20A.jpg

La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), membre fondateur du mouvement BDS dirigé par les Palestiniens, demande instamment aux artistes participants d’exiger du festival Pop-Kultur Berlin qu’il clarifie publiquement son partenariat actuel avec l’ambassade du régime d’apartheid israélien.

Un artiste qui devait se produire cette année a déclaré : « J’ai accepté l’invitation à me produire à la condition expresse qu’il n’y ait pas de participation financière de la part du gouvernement israélien. Le festival m’a assuré qu’il n’y aurait pas de financement de l’ambassade ou du gouvernement de ce pays cette année ».

Si les organisateurs du festival Pop-Kultur Berlin s’en tiennent à cette promesse, il s’agirait d’une étape bienvenue vers l’annulation de la complicité honteuse du festival dans le blanchiment d’art du régime d’oppression de l’apartheid israélien contre les autochtones palestiniens, qui dure depuis des dizaines d’années.

Les propres politiques d’ « inclusion » et de lutte contre la discrimination du festival sonneraient plus juste s’il mettait effectivement fin à son partenariat avec l’apartheid. Le respect de cette garantie irait également à l’encontre de la tendance à la hausse du racisme et de la répression anti-palestiniens à Berlin et en Allemagne en général. 

Cependant, étant donné les antécédents du festival en matière de malhonnêteté, de racisme et de manque de professionnalisme, nous demandons à tous les artistes participants d’exiger que Pop-Kultur déclare publiquement s’il a suspendu ou mis fin à son partenariat avec l’apartheid israélien, ou s’il tente simplement de le dissimuler.

De nombreux artistes du monde entier ont critiqué le racisme anti-palestinien et anti-arabe de Pop-Kultur, son attitude non professionnelle envers les artistes du festival, en particulier ceux de couleur, et ses tentatives cyniques de dissimuler son partenariat complice afin de dissuader un boycott.

Depuis 2017, au moins vingt artistes ont annulé leurs représentations au festival et se sont distanciés de son partenariat avec l’ambassade du régime d’apartheid israélien. L’un d’eux a déclaré qu’il s’agissait d’une « démonstration efficace de soutien au racisme, à la brutalité coloniale et au meurtre ».

Les années précédentes, la directrice du festival Pop-Kultur Berlin, Katja Lucker, a déclaré que la question de la fin du partenariat avec Israël « ne se posait pas« . Les organisateurs du festival ont même demandé aux artistes qui ne sont pas d’accord avec cette complicité choquante avec l’apartheid de « rester chez eux ».

Les principales organisations palestiniennes, internationales et israéliennes de défense des droits humains s’accordent à dire qu’Israël est un régime d’apartheid qui opprime les Palestiniens dans leur pays et en exil. Des groupes homosexuels basés à Berlin et des groupes juifs progressistes du monde entier ont soutenu notre campagne. 

Le gouvernement israélien actuel est le plus à droite, le plus sexiste, le plus bigot et le plus fondamentaliste qui ait jamais existé. Un ministre de premier plan se décrit lui-même comme un « homophobe fasciste ». Rien que cette année, l’apartheid israélien a assassiné plus de 170 Palestiniens, dont des enfants dans le ghetto assiégé de Gaza.

L’année dernière, le festival a incontestablement tenté de dissimuler le parrainage du régime d’apartheid israélien, en ne mettant à jour son site web avec le logo de l’ambassade que quelques jours avant le festival – une démarche cynique que les organisateurs pourraient réitérer.

Un artiste qui s’est néanmoins retiré du festival l’année dernière a déclaré que cette tromperie équivalait à « un piège … compromettant l’éthique et les moyens de subsistance de nombreux artistes ». Avec ce bilan déplorable, Pop-Kultur doit être poussé à clarifier le statut de son partenariat.

Si le festival revient sur sa parole et annonce que son partenariat avec  l’apartheid israélien n’a pas été suspendu, il perdra certainement tout ce qui lui reste de crédibilité auprès des artistes progressistes. Dans ce cas, nous invitons les participants à se retirer, comme beaucoup l’ont fait depuis 2017.