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Le tramway de Jérusalem est un symbole de l’oppression israélienne

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Adri Nieuwhof – The Electronic Intifada – 30 octobre 2014

En juillet, Muhammad Abu Khudair, 16 ans, était enlevé, et assassiné par un groupe d’Israéliens qui l’ont forcé à avaler de l’essence et l’ont brûlé vif.

Muhammad vivait à Shuafat, près d’une station du tramway de Jérusalem. Les manifestants palestiniens ont réagi aussitôt à la mort tragique de Muhammad en attaquant le tramway, celui-ci étant haï en tant que symbole de l’occupation israélienne de Jérusalem, ayant été conçu pour relier des colonies illégales de Cisjordanie à Jérusalem-Ouest.

Il est douloureux pour les habitants de voir les colons traverser leur quartier dans le tramway, en route vers les colonies installées sur une terre qui leur a été volée. Dans le même temps, les Palestiniens ne peuvent se déplacer librement, même dans Shuafat.

La ligne de tramway a été construite en plein milieu de la rue principale du quartier, ne laissant qu’une seule voie de circulation aux Palestiniens. Les huit feux qui se succèdent tout au long de la ligne dans Shuafat – un tous les 300 mètres – ralentissent davantage encore le trafic. Ces feux sont un fardeau : ils ne passent au vert que pour une dizaine de secondes.

Il n’est pas surprenant que ces feux furent la deuxième cible détruite par les manifestants, l’utilisateur Twitter de @BDS4Justice m’a dit dans un message qu’il m’a adressé : « Et quel soulagement. Jusqu’à maintenant, les Israéliens ne sont pas encore venus réparer les feux, et nous circulons impeccablement. » @BDS4Justice, connu aussi comme sous le nom de « Zalameh », est un habitant du quartier de Shuafat de Jérusalem.

Après la destruction de la station et deux semaines d’interruption de ses services, les employés de la multinationale à base française Alstom sont venus réparer la voie ferrée. Elle n’a pas été totalement réparée, mais suffisamment pour faire passer le tramway à travers le quartier au profit des colons israéliens. Les stations détruites à Shuafat n’ont pas été réparées et sont toujours fermées.

Les billets ne peuvent plus être achetés à la station, et de ce fait, le tramway se trouve maintenant pratiquement vide d’Arabes, dit Zalameh : « Personne ne monte ici et il n’y a qu’une ou deux personnes à y descendre, venant de l’Ouest, mais c’est vraiment minime. »

Répression

En 2011, le tramway est arrivé à Shuafat avec des gardes armés et des caméras de surveillance, renforçant le contrôle israélien sur les habitants palestiniens. Aujourd’hui, les gardes armés privés qui avaient été postés ici précédemment ont été remplacés par les forces israéliennes.

Le harcèlement israélien à Shuafat est « devenu véritablement insoutenable et pour une grande part, c’est dû au tramway, » dit Zalameh. Les forces armées israéliennes sont partout dans Shuafat – cinq soldats tous les 200 mètres. Les feux des gyrophares de leurs voitures ajoutent au sentiment de répression et « d’être surveillés ».

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Un panneau à la station du tramway de Shuafat indique : « Merci de noter que, provisoirement, les billets pour le tramway ne sont pas en vente à cette station ».

Le nombre en constante augmentation des arrestations à Jérusalem-Est reflète cette atmosphère de répression dure. Depuis juillet, près de 900 Palestiniens ont été arrêtés à Jérusalem, selon le ministre de la Sécurité intérieure d’Israël, Yitzhak Aharonovich, s’exprimant à une réunion d’une commission de la Knesset (Parlement d’Israël).

Le ministre déclara également qu’il était dans son intention de condamner à des amendes les parents des jeunes Palestiniens qui étaient accusés de jets de pierres : « Frapper les parents financièrement refrénera les enfants ».

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est en train d’accélérer la législation qui durcira les peines pour les Palestiniens qui jettent des pierres – c’est-à-dire qu’ils vont risquer des peines de prison pouvant aller jusqu’à 20 ans.

Sous surveillance

Le maire israélien de Jérusalem, Nir Barkat, est venu à Shuafat la semaine dernière avec son chef de la police. Avec une force de police énorme à leur remorque, ils ont donné une conférence de presse tout près du tramway. En altitude, un ballon équipé d’une caméra surveillait l’évènement. Ces nouveaux « ballons d’observation » transmettent des images haute résolution à la police et sont utilisés au-dessus de Shuafat et Beit Hanina, et d’autres quartiers palestiniens occupés à Jérusalem.

En août et sur une partie de septembre, la surveillance a été assurée par des drones qui survolaient Shuafat. « Nous avons eu des hélicoptères à survoler à haute et basse altitude tout Jérusalem, pendant des heures et des heures. » dit Zalameh.

Les deux multinationales françaises, Veolia et Alstom, jouent un rôle clé dans le tramway. L’Organisation de libération de la Palestine s’est opposée à la construction du tramway, car il porte tort à la population palestinienne et à son droit à l’autodétermination, et elle a saisi les tribunaux en France contre Veolia et Alstom. Le Comité national palestinien de BDS, une coalition de plus de 170 organisations de la société civile palestinienne, a lui aussi pris une position publique contre le projet.

En dépit de cette position palestinienne claire contre le projet, Veolia a tenté de réhabiliter le tramway avec des sondages d’opinion. La société a prétendu que les enquêtes montraient un haut niveau de soutien au projet dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est occupée. Cependant, la véracité des résultats n’a pu être contrôlée étant donné que Veolia n’a jamais fourni les informations concernant la méthodologie des enquêtes, des questions qui ont été posées, ou des caractéristiques de ceux qui y avaient participé.

N’empêche que le tramway de Jérusalem est devenu un symbole de l’occupation par Israël et de sa prise de contrôle de Jérusalem. C’est parfaitement clair avec la déclaration du maire Barkat, à la réunion du conseil municipal de septembre où il a dit que si les opérateurs du tramway arrêtaient le train de leur propre initiative, cela porterait atteinte à « notre souveraineté sur la cité ».

Donc, le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions va continuer à cibler Veolia et Alstom.

The Electronic Intifada : http://electronicintifada.net/blogs/adri-nieuwhof/jerusalem-light-rail-symbol-israeli-oppression

Traduction : JPP pour BDS France

Photo : Des ouvriers réparent la station du tramway à Shuafat, Jérusalem. Les Palestiniens l’ont détruite durant les manifestations contre l’assassinat de l’adolescent Muhammad Abu Khudair en juillet.
(Saeed Qaq/APa Images)
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